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Samedi 31 octobre 2026

Le moteur de cette œuvre en construction qu'est l'Univers, est une bipolarité fondamentale, consubstantielle à l'Unité-même qui est à la fois Cosmique (matérielle) et Divin (spirituelle).

Un aimant magnétique est le bel exemple de cette bipolarité intrinsèque, avec ses pôles nord et sud inséparables (si l'on coupe un aimant en deux, on obtient deux petits aimants ayant chacun leur pôle nord et leur pôle sud). Cette bipolarité magnétique devient le moteur des mouvements de toutes les particules électriquement chargées qui passent à sa portée. Et l'on comprend qu'il est ridicule de prétendre que le pôle nord serait "Bien" ou "Beau", et que le pôle sud serait "Mal" ou "Laid". Ce qui pourrait être bien ou mal, beau ou laid, ce sont les trajectoires des particules soumises à l'influence de ces deux pôles ; mais non ces pôles eux-mêmes.

 Il en va de même sur le chantier des mondes où les éventuels jugements portent sur les effets et conséquence de la bipolarité, et non sur la bipolarité elle-même.

Mais quelle est donc la nature de cette bipolarité tant cosmique que divine ? La plus simple qui soit (ce qui prouve, une fois encore, que complexité et simplicité riment à merveille) ...

D'un côté, on trouvera la stabilité, la continuité, l'uniformité, la conservativité, la sécurité, l'accumulativité, la frugalité, la conformité, etc ... Bref : ce que les physiciens appellent l'Entropicité (le mot "entropie" est un cadeau que nous fait la thermodynamique en puisant dans les racines grecques : en-tropê désigne ce qui est perpétuellement "en retour" sur lui-même).

De l'autre côté, on trouvera la créativité, la constructivité, la complexité, l'imaginativité, la nouveauté, le risque, l'audace, etc ... Bref : ce que les physiciens appellent la Néguentropicité (qui n'est que l'expression du contraire, nèg, de l'entropie).

 N'est-ce pas là le moteur de notre vie quotidienne de devoir, perpétuellement, chercher le meilleur chemin de vie entre "rester" et "devenir" ?

  Cette bipolarité, dans le monde profane, est souvent vécue comme une souffrance ... La "sagesse" populaire est truffée de dictons en référence à cette bipolarité continuelle qui est le moteur de toute vie.

 Imaginons une situation simplissime : deux êtres (A et B) sont face à face et en désaccord total quant à un choix fondamental à faire lié à la bipolarité de le Vie.

Un exemple infantile : face à l'existence naturelle d'un bois, le chasseur veut le préserver afin de voir son gibier y proliférer alors que l'agriculteur veut tout défricher afin d'avoir un nouveau champ où semer du froment. Que faire ? Maintenir ou construire ? Garder ou transformer ?

Nos deux lascars sont donc en conflit c'est-à-dire que la tension monte entre eux au point de suggérer les pires solutions : A tue B, ou B tue A, ou A et B s'entretuent ... dans les trois cas, le problème est résolu et les tensions ont été dissipées (ce qui, secrètement, est l'objectif de tout système : minimiser optimalement les tensions conflictuelles internes).

Mais il y a aussi trois autres solutions qui ne passent pas par le meurtre ... Heureusement ! La première suggère que l'un des deux abandonne le bois à l'autre et aille exercer son art ailleurs, là où il n'y aura personne pour venir l'ennuyer. La seconde passe par la négociation (c'est là la naissance du droit et de la politique) : trouver un partage équitable de la situation afin que chacun puisse poursuivre son projet, selon des conditions telles que l'autre puisse faire de même.

 Enfin vient le sixième et dernier chemin de dissipation des tensions conflictuelles ...

Ne pourrait-on retravailler le petit bois de manière telle que l'on y fasse pousser des végétaux exploitables par le paysan tout en préservant l'habitat du gibier du chasseur ... Cela donnera du lapin aux truffes ou du faisan aux aromates ...

 Il ne s'agit pas de détruire la bipolarité (ce qui, par essence, est impossible puisqu'elle est intemporellement liée au Réel lui-même), mais de l'utiliser pour construire un étage supérieur de complexité qui permette aux aspirations apparemment contraires, de se mettre en place, et de s'épanouir selon une voie neuve et inédite : l'intelligence et la sagesse ont vaincu la violence et le conflit.

 Cette voie neuve est typiquement celle du Maître-Maçon qui refuse tant la violence et les conflit, que les arrangements et bidouillages politicards.

C'est la "voie de l'émergence" c'est-à-dire le cheminement par lequel on fait émerger une solution originale et plus complexe (sans être, pour autant plus compliquées car la complication naît, elle, de la cinquième voie : celle des "arrangements" négociés).

Il ne s'agit pas de nier ou de combattre la bipolarité intrinsèque au Réel, mais, au contraire, de l'utiliser dans l'intention de construire du neuf, de l'original, du durable et du satisfaisant pour toutes les parties ...

C'est cela la voie de l'Alliance !

 Et cette voie de l'Alliance peut aussi s'adresser à des problèmes spirituels, philosophiques et métaphysiques.

Par exemple : devant l'intransigeant autoritarisme de la religion catholique et ses inquisiteurs, la Renaissance a tenté divers chemins dont celui du conflit (les funestes guerres des religions entre catholicisme, protestantisme et anglicanisme). Elle a aussi tenté la voie de l'émergence en passant du stade simpliste de la croyance religieuse et des dogmes qui l'accompagnent, au stade émergent de la spiritualité et de la mystique (kabbale, alchimie, hermétisme, ...) dont est née la Franc-maçonnerie régulière spéculative qui est la nôtre aujourd'hui.

 Autre exemple : l'opposition de plus en plus flagrante, aujourd'hui, entre anthropocentrisme et cosmocentrisme ... avec le chemin destructeur de l'humanisme nombriliste et le chemin émergent du panenthéisme moniste.

 

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