Samedi 19 septembre 2026
Le monde des Idées (ou des "Formes") de Platon, entièrement soumis à l'Idée de "Bien", est une absurdité ... dans la simple mesure où ces "idées et formes" sont les purs produits de l'induction humaine et n'ont absolument rien ni de surhumain, ni d'extra-humain ; cette "théorie" farfelue est donc typiquement anthropocentrique et nullement cosmocentrique. C'est d'ailleurs le cas partout dans les textes de Platon, sans parler de sa "République" qui est une apologie du totalitarisme. Platon est dualiste et cette dualité fut la source du christianisme, puis du mahométisme. Il est urgent de dépasser, une fois pour toutes, ces crétineries afin de revenir à un monisme pur, habité par une bipolarité fondamentale entre Conservativité substantielle et Intentionnalité logicielle.
*
Chez Aristote, en revanche, disciple puis contradicteur de Platon, on assiste à l'émergence d'un rationalisme empirique et à celle de la notion cosmique d'Intentionnalité qui anime le Réel ; cette pensée vise à atteindre la parfaite compréhension de l'Ordre et de l'Harmonie réels (non fantasmés par des humains) tels qu'ils s'expriment dans la réalité vécue par les humains. Tous les phénomènes résultent de l'action conjointe de quatre causes : la cause matérielle – les ressources et leurs propriétés – la Substantialité ; la cause efficiente – le travail qui la produit – l'Activité ; la cause formelle – la méthode qui engendre les phénomènes – la Logicité ; et la cause finale – le projet auquel répond le phénomène observé – l'Intentionnalité. Pour les humains, la métaphysique cosmique émerge de la connaissance physique du monde. Le Réel est comme un océan rempli de la Substance primordiale ; celle-ci fonde l'existence réelle de tout ce qui peuple le Réel-Un, de tout ce qui en participe et de tout ce qui le manifeste.
La science moderne s'est entièrement construite sur les principes d'Activité et de Logicité ; mais notre époque remet au centre de la physique fondamentale les questions de la Substantialité (c'est tout le problème posé par la révolution quantique) et de l'Intentionnalité (c'est tout le problème posé par la révolution relativiste).
L'Intentionnalité cosmique est nommée, par Aristote, le "moteur immobile" du grand Tout-Réel. Elle "n'est ni un Dieu personnel, ni un Dieu créateur, mais l'essence rationnelle du monde, la pensée intemporelle qui se pense elle-même" (cfr. Roberts Zimmer in : "Le grand livre des philosophes"). Cette vision qu'eut Aristote, fut reprise par Spinoza puis par Hegel.
*
La règle fondamentale du stoïcisme est : "Vis en harmonie !".
Mais éthiquement comme musicalement, "harmonie" ne signifie nullement "à l'unisson" : le monde humain parfait serait une éternelle symphonie improvisée mais harmonieuse, avec ses solistes, ses ténors, des instruments de haute qualité et une virtuosité pleine à tous les étages entre ceux qui jouent du triangle et les solistes les plus fameux.
L'harmonie de vie, c'est aussi faire le mieux avec "le disponible", sans chercher à forcer "l'indisponible".
*
La philosophie humaine a trois cibles : le Tout, les autres et le "soi".
Mais il est évident que les autres et le soi ne sont que d'infimes parties prenantes du Tout qui est le seul à donner le "la" de la symphonie cosmique.
Mais les autres et le soi sont aussi les cibles proches qui hantent continuellement la vie quotidienne des humains.
*
Le monde humain devrait devenir un immense réseau de personnes interagissant entre elles, dans leurs différences et sans égalitarisme, au travers de relations de complémentarité, de connivence et de collaboration.