Mercredi 29 avril 2026
L'hexagramme de dissipation tensionnelle.
L'essence du Réel est d'être une Unité absolue animée par une bipolarité aussi fondamentale que mystérieuse : d'une part, sa Substantialité qui fait sa réalité et engendre sa manifestation, et d'autre part, son Intentionnalité qui engendre son évolutivité vers l'accomplissement de sa plénitude.
Ce bipolarisme se trouve à toutes les échelles, tant au niveau le plus global qu'au niveau le plus spécifique.
Afin d'optimiser la dissipation de ces tensions, l'Intentionnalité a engendré une Logicité dont les manifestations connues de l'humain ont été appelées "les lois de la physique".
Lorsque l'intensité de ces tensions devient et telle qu'elle met en danger l'intégrité, la conservativité et l'accumulativité du Réel, le bipolarité engendre l'hexagramme des dissipations qui est une autre manière de formuler qu'il existe six scénarios de dissipation dont trois (le triangle dit entropique) sont destructeurs) et trois autres (le triangle dit néguentropique) sont ordonnateurs.
Le triangle entropique vise la destruction par l'uniformisation selon trois scénarios : soit un des deux pôles détruit l'autre et impose sa suprématie uniforme (deux scénarios donc), soit les deux pôles s'entredétruisent et annihilent la bipolarité.
Le triangle néguentropique vise la construction d'une solution permettant de dissiper les tensions bipolaires sans rien détruire.
Le premier est celui de la séparation des deux pôles, chacun ayant sont propre territoire n'empiétant aucunement sur celui de l'autre : "chacun chez soi".
Le second – le plus fréquent dans le monde organisé – est celui de la mise au point de règles du jeu de la cohabitation, voire de la collaboration entre les deux pôles, chacun gardant sa spécificité, mais collaborant avec l'autre afin de maintenir une "paix" tensionnelle.
Le troisième – le plus intéressant et le plus riche – est celui de l'émergence complexe qui consiste à dépasser la bipolarité et d'utiliser les énergies des tensions pour construire une troisième entité, de niveau supérieur, intégrant étroitement les deux anciennes dans une nouvelle entité généralement irréversible,
L'illustration a plus flagrante est donnée par les relations entre deux êtres humains très différents et, à première vue, incompatibles entre eux.
Le triangle destructeur est celui de la haine où chacun cherche à nuire ou à détruire (physiquement ou moralement) l'autre, jusqu'à l'effondrement d'un des deux, voire des deux.
Le triangle constructeur, lui, propose trois voies de règlement du conflit. Le premier est le "chacun chez soi et pour soi" : on se tourne le dos et l'on marque chacun son propre territoire que l'autre consent à respecter. Le deuxième consiste à organiser la collaboration pacifique entre les deux personnes qui pourtant se détestent mais qui, sur certains points peuvent se compléter et collaborer moyennant des règles du jeu très strictes.
Le troisième est le dépassement des antipathies et la découverte de voies de complémentarité afin de voir naître une fusion, une union, une équipe, une fraternité, une amitié ...
Il est évident que cette sixième voie est la plus difficile, mais elle est aussi la plus riche en réalité et en potentialités, la plus joyeuse, la lus enrichissante et la plus stable. Mais ne nions pas qu'elle est aussi la plus délicate à établir car il s'agit de transformer radicalement de l'énergie négative (haine, antipathie, animosité, méfiance ...) en énergie positive (confiance, connivence, complicité ...).
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Pourquoi le Réel-Un est-il doté d'une Substantialité ? Sinon il n'existerait pas puisqu'il ne serait que vide et néant absolu !
Pourquoi le Réel-Un est-il doté d'une Intentionnalité ? Sinon il n'aurait aucune raison d'exister !
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En appliquant les fondamentaux de la cosmosophie (Unité, Substantialité, Intentionnalité, Accumulativité, Logicité et Constructivité) et de sa suite logique qui est l'hexagramme de dissipation optimale des tensions (triangles entropiques et néguentropiques), on engendre toutes les sciences :
1. L'application à l'univers donne la cosmologie,
2. l'application à toute entité matérielle donne la physique (et la chimie et la biochimie en sous-produits),
3. L'application à la personne humaine et à ses bipolarités internes donne la psychologie,
4. L'application aux communautés humaines donne la sociologie (et la politique et l'économie en sous-produits),
5. l'application aux interactions entre l'humanité et la nature donne l'écologie,
6. etc ...
Bref : les fondamentaux de la cosmosophie (et l'hexagramme qui en découle) s'appliquent dans tous les domaines de la connaissance et refonde toutes les sciences.
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Bergson disait : " L’œil ne voit que ce que l'esprit est prêt à comprendre."
La plupart des humains ne voient que ce qu'ils s'attendent à voir, c'est-à-dire tout ce qui concerne la courbe rouge qui, effectivement, ne fait que décliner (c'est la loi de Maslow : "l'œil du marteau ne voit que des clous").
Mais en changeant de regard, on commence à voir clairement les avancées de la courbe verte : continentalisation, algorithmisation, autonomisation (rejet des salariats, fonctionnariats etc ...), écologisation, frugalisation, passage des messianisme (le bonheur plus tard si l'on obéit) aux eudémonismes (la joie maintenant si l'on ne nuit pas), l'effondrement des Etats-Nations et le montée des communautés de vie, ...
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Quant à la médiocrité profonde des masses, elle existe depuis toujours (même les philosophes grecs s'en plaignaient déjà). Seulement, avec l'âge moderne, depuis les obscures "Lumières", le démocratisme, l'égalitarisme, le solidarisme tremplin de tous les parasitismes, le nombrilisme, le consumérisme, le démagogisme, l'idéologisme, le populisme, le messianisme (économique et politique) n'ont fait qu'empirer les choses et diminuer spectaculairement le niveau d'instruction, de formation et de culture des masses incultes.
Il ne s'agit pas de détester la masse des "autres" (elle est ce qu'elle est et ne changera pas), mais de l'éviter et de ne fréquenter que cette minorité, tant éthique que cognitive, que, globalement, on pourrait appeler les "authentiques initiés".
Je ne hais personne (sauf les violents), mais je ne fréquente que cette "aristocratie" (au sens étymologique grec) spirituelle et intellectuelle qui patiemment, construit le monde de demain malgré l'ignorance, les vociférations et la vindicte des masses ignares.
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Le Réel est une Unité absolue car elle est un processus unique et intégré. La mise en doute de cette Unité foncière vient toujours de la sale habitude de décomposer le Réel en "choses" distinctes qui, en fait, ne sont qu'illusions .
Il n'existe aucune "chose", aucune "particule", élémentaire ou non, aucun "objet".
Il n'existe que des vaguelettes et des vagues à la surface d'un seul et unique océan ; aucune de ces vaguelettes n'existe en elle-même, par elle-même, pour elle-même.
C'est cela la grande révolution processuelle qui implique une révision totale et radicale de toutes les sciences et, surtout, de la physique, la plus fondamentale d'entre elles.
Une cosmologie unitaire et processuelle s'impose dorénavant contre tous les analycismes, tous les assemblismes, tous les réductionnismes, tous les déterminismes, tous les mécanicismes.
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Les icebergs, les écumes et les vapeurs ne contredisent en rien l'unité foncière de l'eau des océans.
L'eau peut se manifester selon divers "états", mais cela n'empêche nullement qu'il s'agisse toujours de la même et unique eau en parfaite continuité avec l'eau environnante peut-être dans d'autres états. où est la frontière réelle et objective entre l'iceberg et l'océan, entre la vapeur et le liquide ? Nulle part !
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La question grave d'aujourd'hui est celle-ci : sont les mathématiques (essentiellement quantitatives) le langage le plus adéquat pour modéliser les
processus (sont les architecture et formes complexes s'appuient aussi sur les critères qualitatifs) ?