Expertise & Prospective dans le monde réel

Lundi 30 mars 2026

Un système compliqué est un assemblage conservatif (le Tout est la somme de ses parties), parfois très sophistiqué, d'éléments fixes (analycisme) reliés entre eux par de nombreuses relations mécaniques (exemple : un avion de chasse).

Un système complexe est un organisme expansif (le Tout est plus que la somme de ses parties) sans parties fixes et distinguables (holisme) qui évolue globalement vers son plein accomplissement optimal (exemple : les vagues sur l'océan). 

*

 D'Albert Einstein : 

"La mort n'est pas la pire chose dans la vie : le pire, c'est ce qui meurt en nous quand on vit."

 *

 D'Eric-Emmanuel Schmitt :

 "La plus haute nuisance n'a donc rien à voir avec l'intelligence ou la bêtise. Un idiot qui doute est moins dangereux qu'un imbécile qui sait. Tout le monde se trompe, le génie comme le demeuré, et ce n'est pas l'erreur qui est dangereuse mais le fanatisme de celui qui croit qu'il ne se trompe pas. Les salauds altruistes qui se dotent d'une doctrine, d'un système d'explication ou d'une foi en eux-mêmes peuvent emporter l'humanité très loin dans leur fureur de pureté. Qui veut faire l'ange fait la bête."

 J'adore cette expression de "salauds altruistes" ... qui rappelle l'horreur de "donner sa chemise à de pauvres gens heureux" ...

Le seul vrai altruisme est de tout faire pour apprendre aux plus démunis à construire leur autonomie ! 

*

 D'un anonyme :

 "Les écolos en Suède abandonnent les écrans et l'enseignement numérique pour revenir à l'enseignement traditionnel :

apprendre avec des livres et écrire à la main.

Cette décision répond à une préoccupation croissante : l'usage excessif du numérique. Il s'agit de favoriser une meilleure concentration, une mémorisation plus durable et le développement des compétences en écriture autant d'éléments essentiels pour un apprentissage en profondeur.

L'objectif n'est pas de supprimer la technologie mais de rappeler que l'éducation ne repose pas uniquement sur les outils mais sur la capacité à comprendre, réfléchir et créer."

 Ah ! Enfin ! Un peu de bon sens : apprendre à, penser et non plus apprendre ce qu'il faut penser. 

*

 L'altruisme ce n'est pas "donner" (incitation au parasitisme), mais c'est "former" (incitation à l'autonomie). 

*

 De Gérard de Nerval dans son "Voyage en Orient" : 

"— Vos peuples, dit la reine Balkis, sont plus nombreux que les grains de sable de la mer… 

— Il y a des gens de tous pays, accourus pour vous voir ; et, ce qui m’étonne, c’est que le monde entier n’assiège pas Jérusalem en ce jour ! Grâce à vous, les campagnes sont désertes ; la ville est abandonnée, et jusqu’aux infatigables ouvriers de maître Adoniram… 

— Vraiment ! interrompit la princesse de Saba, qui cherchait dans son esprit un moyen de faire honneur à l’artiste : des ouvriers comme ceux d’Adoniram seraient ailleurs des maîtres. Ce sont les soldats de ce chef d’une milice artistique… Maître Adoniram, nous désirons passer en revue vos ouvriers, les féliciter, et vous complimenter en leur présence. 

Le sage Soliman, à ces mots, élève ses deux bras au-dessus de sa tête avec stupeur. 

— Comment, s’écrie-t-il, rassembler les ouvriers du temple, dispersés dans la fête, errant sur les collines et confondus dans la foule ? Ils sont fort nombreux, et l’on s’ingénierait en vain à grouper en quelques heures tant d’hommes de tous les pays et qui parlent diverses langues, depuis l’idiome sanscrit de l’Himalaya, jusqu’aux jargons obscurs et gutturaux de la sauvage Libye. 

— Qu’à cela ne tienne, seigneur, dit avec simplicité Adoniram ; la reine ne saurait demander rien d’impossible, et quelques minutes suffiront. 

À ces mots, Adoniram, s’adossant au portique extérieur et se faisant un piédestal d’un bloc de granit qui se trouvait auprès, se tourne vers cette foule innombrable, sur laquelle il promène ses regards. Il fait un signe, et tous les flots de cette mer pâlissent, car tous ont levé et dirigé vers lui leurs clairs visages. 

La foule est attentive et curieuse… Adoniram lève le bras droit, et, de sa main ouverte, trace dans l’air une ligne horizontale, du milieu de laquelle il fait retomber une perpendiculaire, figurant ainsi deux angles droits en équerre comme les produit un fil à plomb suspendu à une règle, signe sous lequel les Syriens peignent la lettre T, transmise aux Phéniciens par les peuples de l’Inde, qui l’avaient dénommée tha, et enseignée depuis aux Grecs, qui l’appellent tau. 

Désignant dans ces anciens idiomes, à raison de l’analogie hiéroglyphique, certains outils de la profession maçonnique, la figure T était un signe de ralliement. 

Aussi, à peine Adoniram l’a-t-il tracée dans les airs, qu’un mouvement régulier se manifeste dans la foule du peuple. Cette mer humaine se trouble, s’agite, des flots surgissent en sens divers, comme si une trombe de vent l’avait tout à coup bouleversée. Ce n’est d’abord qu’une confusion générale ; chacune court en sens opposé. Bientôt des groupes se dessinent, se grossissent, se séparent ; des vides sont ménagés ; des légions se disposent carrément ; une partie de la multitude est refoulée ; des milliers d’hommes, dirigés par des chefs inconnus, se rangent comme une armée qui se partage en trois corps principaux subdivisés en cohortes distinctes, épaisses et profondes. Alors, et tandis que Soliman cherche à se rendre compte du magique pouvoir de maître Adoniram, alors tout s’ébranle ; cent mille hommes, alignés en quelques instants, s’avancent silencieux de trois côtés à la fois. Leurs pas lourds et réguliers font retentir la campagne. Au centre, on reconnaît les maçons et tout ce qui travaille à la pierre : les maîtres en première ligne, puis les compagnons, et derrière eux les apprentis. À leur droite, et suivant la même hiérarchie, ce sont les charpentiers, les menuisiers, les scieurs, les équarrisseurs. À gauche, les fondeurs, les ciseleurs, les forgerons, les mineurs et tous ceux qui s’adonnent à l’industrie des métaux. 

Ils sont plus de cent mille artisans, et ils approchent, tels que de hautes vagues qui envahissent un rivage… Troublé, Soliman recule de deux ou trois pas ; il se détourne et ne voit derrière lui que le faible et brillant cortège de ses prêtres et de ses courtisans. 

Tranquille et serein, Adoniram est debout près des deux monarques. Il étend le bras ; tout s’arrête, et il s’incline humblement devant la reine, en disant : 

— Vos ordres sont exécutés. 

Peu s’en fallut qu’elle ne se prosternât devant cette puissance occulte et formidable, tant Adoniram lui apparut sublime dans sa force et dans sa simplicité. "

 Gérard de Nerval n'était vraisemblablement pas Franc-maçon, mais il était fasciné par les légendes qui se retrouvent développées en Maçonnerie : le Temple, Hiram (Adonhiram), Salomon (Soliman), le ternaire "Apprenti, Compagnon et Maître", etc ...

Site propulsé par Plone depuis 20 ans grâce à Netvaast