Lundi 23 février 2026
De Philippe Silberzahn :
"Ce village d'Île de France l'annonce fièrement: passage à 30km/h!
On se dit: voilà une vraie volonté d'améliorer la sécurité.
En fait pas du tout. Dans ce village, les voitures passent à vive allure. Il n'est pas rare d'entendre une grosse cylindrée en pleine accélération là où la rue devient un peu droite en sortie. La limite de 50km/h est peu respectée. Il suffit de se mettre au bord de la route pour le constater. Il n'y a jamais de contrôle de vitesse.
Le passage à 30km/h n'est rien d'autre qu'un affichage. Plutôt que faire respecter la règle existante, on la durcit, pour donner l'impression qu'on agit. L'affichage de vertu, la communication, plutôt que le travail de fond, voilà la maladie de l'époque.
Interdire, c'est facile et ça impressionne en période de campagne. On donne l'impression de saisir un problème à bras le corps. Mais empêcher, ça réclame du travail de fond.
Voulez-vous interdire ou empêcher ? Prétendre ou résoudre ?"
Voilà le portrait parfait du politique face aux vrais problèmes comme l'alcoolisme au volant, comme le trafic des drogues, comme la maltraitance des femmes ou des enfants, comme la violence des bandes d'ultra-gauche, etc ...
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De Jared Cooney Horvath :
"L’explosion des écrans à l’école nuit au développement cognitif des enfants. Il entraîne une régression inédite des capacités cognitives des jeunes
Les écrans, même lorsqu’ils servent officiellement à « apprendre », entraînent surtout des habitudes de zapping, de survol et de multitâche, qui favorisent une connaissance superficielle, faite de fragments et de réflexes plutôt que de compréhension profonde.
Seules les connaissances lentement appropriées, consolidées en mémoire et reliées à l’expérience, deviennent l’ossature de notre personne et la base de notre liberté intérieure ; un environnement saturé d’écrans affaiblit précisément cette capacité de concentration et d’enracinement du savoir."
L'algorithmisation est une crétinisation à grande échelle !
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La coévolution de différentes espèces vivantes qui instaure des aides réciproques et des adaptations mutuelles, toutes transmissibles, brise clairement le dogme darwinien du "struggle for life".
Telle fourmi qui habite les aiguilles d'acacia qui badigeonne les feuilles d'un venin urticant pour que les girafes ne les broutent ...
Tel insecte volant qui développe un trompe pour sucer du nectar profond de façon à ce que sa tête transporte le pollen qu'elle a touché ...
Telle mangouste nocturne qui dort le jour dans le terrier d'écureuils mais qui, à la moindre alerte, sort et vient les défendre contre le cobra qui rampe ...
Ces coopérations qui deviennent des coévolutions transmissibles montrent un fait d'importance : la Vie est un tout dont chaque espèce n'est qu'une manifestation particulière en interaction forte avec toutes les autres. Le Vivant est une Unité globale et holistique.
Et l'humain dans tout cela ?
La Vie ayant atteint un niveau de complexité suffisant, il est devenu possible, il y a quelques dizaines de millénaires, de faire émerger la Pensée qui fait le Pont entre les manifestations de la Vie cosmique et celles de l'Esprit cosmique.
Ce fut la mission de l'humain d'établir ce pont ... ce qui amena, en l'humain, cette illusion absurde qu'il était au-dessus du monde vivant dont il pouvait disposer à sa guise puisque appartenant à un "autre monde supérieur" : celui de l'Esprit !
Quelle erreur ! Car l'Esprit cosmique ne peut se manifester qu'à travers la Matière cosmique et la Vie cosmique : l'Esprit seul est un vide qui tourne à vide !
Mais cela, l'humain commence seulement à le comprendre : la Matière, la Vie et l'Esprit ne sont que trois modes d'expression du Réel-Un qui s'y manifeste sur trois échelons successifs de complexité .
Il est donc urgent que l'humain rétablisse son Alliance essentielle et sacrée avec le Réel-Un au travers de l'Esprit, certes, mais aussi au travers de la Vie et de la Matière qui, eux aussi, manifeste l'Esprit cosmique et l'Intentionnalité qu'il porte.
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La science est née à l'étage mésoscopique : la terre, la mer, les arbres, les animaux, les roches, les cristaux ...
Puis, très vite, elle monta au niveau macroscopique et s'intéressa aux météores, à la lune, au soleil, aux astres, puis aux étoiles, aux galaxies ...
Parallèlement, mais plus lentement, elle enquêta au niveau microscopique : de quoi, donc, étaient faites toutes ces "choses" qui composent le monde, tant mésoscopique que macroscopique ? quels étaient les secrets de la matière et de la lumière ? On s'intéressa aux atomes et à l'énergie ...
Mais il fallut aller plus loin, vers l'infiniment grand, le gigascopique (le révolution relativiste), et vers l'infiniment petit, le nanoscopique (la révolution quantique), pour finir par entrevoir une immense vérité : le gigascopique et le nanoscopique disent la même chose, ils ne sont que les deux faces ultimes du même Réel-Un qui se manifeste dans tous les phénomènes, à quelque échelle que ce soit ...
C'est là que la physique rejoint la métaphysique pour ne faire plus qu'un avec elle. C'est là l'on touche la Réalité et l'Intentionnalité du Réel qui forment la Substance et l'Âme de tout ce qui existe. C'est là qu'apparaît cette vérité toute simple : n'existe que ce qui évolue et, pour évoluer, il faut avoir eu un parcours et avoir un projet car toute évolution n'est qu'accumulation mémorielle et dissipation tensionnelle.
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D'Olivier Bobineau :
"Nous sommes entrés dans l'ère du tout à l'ego."
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L'anthropologie (étude de l'humain) est un sous-domaine de la zoologie (étude des animaux), elle-même sous-domaine de la biologie (étude du vivant).
L'anthropologie regroupe cinq domaines d'étude : la physiologie (étude du fonctionnement du corps humain), la sociologie (étude des réseaux relationnels et décisionnels humains), l'économie (étude des logiques de ressources de vie), l'écologie (étude des interactions entre humains et monde non-humain) et la psychologie (étude du mental humain).
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Je ne crois pas que chaque humain possède une identité ou une individualité quelconques. En revanche, je crois que chacun possède une personnalité évolutive qui est la résultante de son parcours de vie, pétri dans le moule de son hérédité.
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La morale est au service de l'humain.
L'éthique est au service du Divin.
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La vie est portée par deux "puissances" (au sens nietzschéen) : la volonté de conservation (entropique) et la volonté d'accomplissement (néguentropique).
Il s'agit là non d'une dualité, mais d'une bipolarité.
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Il existe depuis longtemps une "escroquerie" monumentale du christianisme qui traduit par "Aime ton prochain comme toi-même" (approche égalitariste, universaliste et solidariste) la mitzwah juive qui dit littéralement (Lév.:19;18) : "(...) Tu aimes pour ton ami comme de toi-même (...)" (approche sélective, restrictive et élective).
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Nietzsche a raison de penser que le problème de la morale (le "bien" et le "mal" au sens collectif) n'est qu'une manifestation de "décadence" c'est-à-dire d'un vaste mouvement entropique qui tend à uniformiser les sociétés humaines sur un même moule comportemental et intellectuel (qu'amplifie l'algorithmisation actuelle qui nivelle par le bas, au moyen des réseaux sociaux).
Cette "décadence" est LE problème de notre époque qui répugne aux manifestations néguentropiques des émergences amorales (mais non immorales, pour autant).