Jeudi 07 mai 2026
La Mort et le FM sont de vieilles amies.
Depuis la naissance du grade de Maître au début du 18ème siècle, la Mort est devenue une épreuve initiatique qui dévoile un immense secret : la Mort n’existe pas !
La Mort individuelle est une illusion presqu’aussi absurde que la croyance en l’existence réelle d’un Moi individuel et personnel, indépendant de tout le reste de l’Univers.
La Vie est globale et regroupe en un seul organisme immortel toutes les manifestations vitales que l’on appelle un arbre, une herbe, une mésange, un renard … ou un humain.
La Vie est unique, unitaire, unitive et globale, et elle est éternelle et immortelle, voire intemporelle. Elle est un pilier coextensif au Réel lui-même comme la Matière qui fonde, comme l’Esprit qui imagine, ou comme l’Âme qui donne le sens de l’existence.
Tout ce qui fait partie de la Vie est vivant, mais tout fait partie de la Vie cosmique, du moindre grain de poussière aux galaxies les plus lointaines. Tout ce que nous appelons des êtres vivants ne sont que les épiphénomènes, des illusions, de manifestation de la vraie Vie éternelle qui est le moteur profond de l’évolution du cosmos dont chacun de nous n’est qu’une illusoire vaguelettes à la surface de l’Océan divin.
Mon cher Freddy, tout comme moi et tous nos FFF. : nous ne sommes ou n’avons été que des vaguelettes éphémères à la surface de l’océan de Vie qui construit ce vaste Temple de Salomon que nous appelons l’univers ou le cosmos. Nous ne sommes que des pierres de ce Temple, mais nous ne sommes pas ce Temple. En tant de VM de cette Loge, c’est moi qui ai eu le privilège de faire de toi un Maître Maçon et, donc, de te faire passer déjà par l’épreuve de la Mort.
C’est ce jour-là, il y a 40 ans que tu es mort, cher Freddy, ou plutôt que ce que tu croyais ton toi-même est mort. Depuis, tu as renoncé à toute individualité et tu es devenu le porteur de la fonction de Maîtrise sur le Chantier du Temple. Il y a 40 ans, le cadavre que j’ai relevé de terre par les cinq points de perfection, n’était déjà plus Freddy Malice ; il était devenu l’incarnation du Maître Hiram, l’Immortel Maître du Chantier du Temple de Salomon.
Celui que nous avons incinéré le 2 mai, n’était qu’une de ses multiples manifestations éphémères.
Tu es maintenant débarrassé de ton corps et tu renais en chacun de nous pour nous aider dans notre travail de Maître du le chantier du Temple de Salomon dans cette Jérusalem qui n’est pas une ville, mais un état d’esprit et une lumière de Foi et de Joie.
Cicéron disait : "Philosopher, c'est apprendre à mourir". Oui, sans doute, mais craindre la mort, c'est déjà perdre un peu de vie ...
La vie est un mystère, la mort est une certitude. Malgré son mystère, la vie nous séduit ; malgré sa certitude, la mort nous effraie.
Naître, c'est commencer à mourir ...Vivre, c'est apprendre à mourir ... La vie est une maladie mortelle ... Il faut donc, dès qu'on peut, dès qu'on veut, faire son deuil de sa propre vie ...
Elisabeth Kübler-Ross fut une rescapée d'Auschwitz. Elle immigra aux Etats-Unis dès la fin de la guerre et y fonda l'accompagnement des malades incurables et les soins palliatifs. Elle disait que le processus du deuil à faire de sa propre vie passe par cinq stades.
Le déni : on accepte pas l'idée de sa propre mort et l'on s'invente, avec beaucoup de religions, une vie éternelle, ailleurs, dans l'au-delà.
La culpabilisation : on n'accepte toujours pas sa propre mort et l'on rend Dieu responsable de ce scandale ; Dieu est cruel et sadique et l'existence devient un combat contre Lui …
La compensation : puisqu'il faut mourir, autant vivre à fond et compenser la mort à venir par du plaisir, du bonheur, de la fortune ou de la gloire …
L'effondrement : la mort est inéluctable et scandaleuse, plus rien n'a de sens et toutes les compensations sont absurdes ; avec Camus, on pense que la seule question de fond est celle du suicide.
La sublimation : puisqu'il faut mourir et que la vie est brève, alors il faut apprendre d'urgence à faire de chaque instant une œuvre d'art. La "bonne vie" disent les philosophes grecs.
Pour donner sens et valeur à son existence on peut choisir … Soit de réussir DANS la vie c'est-à-dire dans regard de l'autre, dans l'extériorité, dans la socialité, selon les normes et échelle sociales ... c'est la voie de l'humanisme. Soit de réussir SA vie par l'accomplissement de soi, par l'intériorité, par le développement personnel, ... c'est la voie de l'égotisme.
Ce sont deux impasses : le sacrifice de soi ou l'hypertrophie de soi ... Hegel proposerait sans doute une synthèse : réussir LA Vie c'est-à-dire accomplir tout l'accomplissable en soi et autour de soi ...
Outre le problème démographique que cela poserait, l'immortalité est un vieux rêve. Mais qui voudrait de l'immortalité ? Pour l'immortel plus rien n'a de valeur car tout peut se répéter invariablement. L'immortalité : l'éternel mortel ennui … Ce qui donne valeur aux êtres et aux choses, c'est précisément leur finitude.
L'opposé de la mort, ce n'est pas la vie ... L'opposé de la mort, c'est la naissance ! La Vie, elle, est éternelle et immortelle ...
Les mystiques parlent de la dialectique entre la vague et l'océan. La vague ne naît ni ne meurt ... elle émerge et retourne à la vie de l'océan. Chacun de nous est une vague à la surface de l'océan de la Vie éternelle. Entre naissance et mort, chacun manifeste la Vie à sa façon.
Quand on dit "je meurs" ou "je vais mourir", qui est ce "je" ?
Cet ego, ce "je", existent-ils vraiment ?
Descartes écrivait : "Je pense donc je suis" ... En réalité, ce "je" est pure illusion ; il faudrait écrire : "Il y a pensée, donc il y a existence".
Il y a pensée à travers "moi", il y a existence à travers "moi", il y a Vie à travers "moi" ...
Il est temps de nous recueillir …
Nous recueillir sur quoi ?
Sur ce qui fut mais qui n'est plus.
Sur ce qui nous manque.
Sur ceux qui nous manquent.
Sur nos Compagnons disparus.
Sur ceux-là qui sont partis loin, trop loin, de ceux-là qui ont laissé un trou béant dans nos cœurs, dans nos esprits, dans nos âmes …
Nous nous égarons dans les tristesses légitimes de la profanité. Chacun d'entre les humains a ses morts à pleurer, des manques parfois immenses que rien, jamais, ne comblera.
Chacun des humains, prisonnier des apparences et des illusions, ne sait quel mythe inventer pour adoucir ses souffrances face à la mort de ceux qui meurent.
Mais nous autres, initiés, ne savons-nous pas que la mort n'est que l'opposé de la naissance … Ne savons-nous pas que la Vie, elle, est éternelle et immortelle …
Mais ces souffrances existent bien et ces manquent existent bien … Ne faut-il pas apprendre à les exorciser … N'est-ce pas là Sagesse …
Nous pas exorciser la souffrance et le manque, mais en faire le deuil, les dépasser non dans l'oubli, mais dans la sublimation.
Le temps ne passe pas, il s'accumule.
Il s'accumule comme les cernes de l'arbre qui pousse. Chaque année, un cerne nouveau se construit qui enveloppera l'empilement des cernes des années précédentes.
La Vie engendre la Mémoire et le Mémoire s'accumule sous le Présent qui construit.
La mort n'existe pas. Elle est illusion. Elle est passage de la Vie à la Mémoire intemporelle et infinie où tout ce qui fut, continue d'être sans plus devenir.
La mort n'est qu'un passage …
... comme une porte non pas entre deux mondes, mais bien une porte entre deux modalité de la réalité du Réel.
Le parcours de la Vie nous fait passer de l’Équerre au Compas, du Carré au Cercle …
... il nous fait passer du Compagnon trucidé dont la "chair quitte les os", au Maître libéré qui renaît par les cinq points de perfection …
… il nous fait passer de la petite vie personnelle et locale à la grande Vie cosmique et globale au travers et au-delà de la mort …
... il nous fait passer non pas d'un monde à un autre comme le prétendent tous les dualismes et toutes les religions du Salut …
... il ne cherche aucunement l’Éternité ou l'Immortalité …
... mais il nous fait passer la temporalité à l'intemporalité …
... il nous fait rejoindre l'ineffaçable mémoire cosmique …
Mais alors, pourquoi cette tristesse qui nous ronge lorsque nous remémorons et commémorons nos morts ?
Mais alors pourquoi ce manque qui inscrit tant de vides dans nos cœurs et dans nos âmes ?
Parce que les Initiés restent, malgré tout, et bien heureusement, des êtres de chair et de sang.
Parce que l'indifférence ne serait qu'orgueil. Parce que la tristesse humaine et profane est le prix de la Joie divine et sacrée.
Parce que L'âme qui dépasse, ne renie ni le cœur qui ressent, ni l'intelligence qui comprend, ni la mémoire qui garde.
Parce que ce qui lie l'âme, le cœur, l'intelligence et la mémoire s'appelle la conscience.
La conscience du Réel et de sa propre réalité dont nous sommes tous des parties intégrantes.
La conscience est ce lien qu'il faut éveiller, par l'initiation, et qui appelle l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, qui appelle la construction de ce Temple qui sera l'œuvre de notre vie et qui nous dépassera à jamais.
Ce n'est pas moi qui suis !
Ce n'est pas moi qui existe, c'est la matière qui se façonne à travers moi.
Ce n'est pas moi qui vit, c'est La vie qui se vit à travers moi.
Ce n'est pas moi qui pense, c'est l'Esprit qui se pense à travers moi
En conséquence, ce n'est pas moi qui meurt, puisque ce "moi" est une illusion.
La Substance demeure ; seules les formes, les modalités et les mouvements se transforment.
Seule le Loi divine qui ordonne l'Ordre, est et demeure intemporelle.
La Matière est intemporelle.
La Vie est intemporelle.
L'Esprit est intemporel.
Aucun ne meurt jamais puisqu'aucun n'est jamais né.
La Matière de la pierre que nous taillons, la Vie du chantier où nous œuvrons, l'Esprit du Temple que nous construisons : voilà la porte de l'intemporalité au-delà de la mort.
Tout ce qui existe et que nous sentons ou vivons ou pensons, n'est qu'une vague à la surface de l'Océan.
Mourir, c'est passer de la vague à l'océan.
La vague manifeste l'océan, mais elle n'est pas l'océan.
La vague est une ondulation de surface, une onde éphémère, un tressaillement.
Et chacun d'entre nous, mes FFF.:, n'est qu'une vague à la surface de l'océan, un vague qui naît de l'océan, qui œuvre sur l'océan et qui retourne à l'océan. La mort n'est que ce retour.
Les vagues, ensemble, constituent la monde profane. Et chaque vague se prend pour un étant, pour un en-soi, pour un être distinct et distinguable … alors qu'il n'en est rien.
L'océan sous les vagues, qui les porte, les engendre et les reçoit, constitue le monde sacré.
L'océan ne nie pas les vagues, mais il les transcende.
Il leur donne sens et valeur.
Chaque humain ne vaut que par ses œuvres.
Aucun ne vaut par lui-même.
Le fait de naître ne donne aucune dignité particulière. Seulement un "être-là" pour en faire quelque chose.
Exister n'est pas vivre.
Vivre est bien plus qu'exister.
Vivre, c'est construire.
Vivre, c'est construire ce qui nous dépasse.
Vivre, c'est participer et contribuer à l'océan qui a fait de nous ses vagues qui le manifestons afin de le construire.
Vivre, au sens initiatique et sacré, c'est construire de la valeur d'intemporalité au-delà de la manifestation.
Vivre, c'est accomplir.
Mais, qu'y a-t-il donc à accomplir ?
Oui, si l'homme ne vaut que par ses œuvres, quelle est l'œuvre qui fera valoir les hommes et qui donnera sens et valeur à leur existence ?
La réalité du Réel est en construction. Et cette construction a son Architecte, elle a son chantier et elle a ses œuviers. Ce sont les trois pointes de notre Triangle : le Grand Architecte de l'Univers, le Chantier du Chapitre et les Compagnons de la Sainte Arche Royale.
Le Cercle se ferme ...
... et le Triangle y est inscrit.
La naissance et la mort ne sont qu'humaines.
Il faut apprendre à dépasser l'humain et à tendre vers le divin …
... oui, mais sans devenir inhumain.
Il faut donc viser le surhumain, ce qui dépasse l'humain … mais rester bien enraciné dans l'humain
Bien enraciné dans l'Univers de la Matière.
Bien enraciné dans la Vie de la Nature.
Bien enraciné dans l'Ordre du Cosmos.
Bien enraciné dans le respect et l'amour de soi et de l'autour de soi.
Bien enraciné dans l'accomplissement et l'épanouissement de soi et de l'autour de soi.
Bien enraciné dans la joie et la droiture en soi et autour de soi.
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Je crois d’autant moins à la « Justice » qu’on s’absolutise, qu’on la divinise, qu’on l’universalise.
Je crois plus en la justesse du rapport entre la souffrance réelle (que l’on provoque ou subit) et le mérite réel (que chacune des parties a accumulé).
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La pensée humaine est le résultat bipolaire d’une intelligence analytique et d’une intuition holistique. L’une sans l’autre est stérilement boiteuse.
Le savoir procède de l’intelligence analytique.
La connaissance procède de de l’intuition holistique.
Le drame des 19ème et 20ème a été de réduire la science à des savoirs et la philosophie à des connaissances. On a donc sombrer dans des délires scientistes d’une part et dans des déconnades idéologiques de l’autre.
Il est urgent de réapprendre à marcher avec deux jambes !