Jeudi 03 septembre 2026
Car "vivre", c'est bien plus et bien autre chose que seulement "exister". Chaque vie personnelle, tant dans l'extériorité que dans l'intériorité, est une quête permanente : le temps ne passe pas, il s'accumule en durée (Cfr. Bergson).
Chaque vie n'est que le reflet local et temporaire de la Vie cosmique puisque l'être humain n'est qu'une émergence (par 7, 9, 2 et 1 comme dans l'énigme), une vaguelette à la surface de l'océan cosmique qui est le Divin : la divine unité qui rend tout ce qui existe, solidaire amis aussi solitaire dans sa singularité. Car rien n'est l'égal de rien : tout est unique et différent. Mais toutes ces différences, il faut le comprendre, ne sont pas un handicap mais bien une opportunité incroyable de rencontres et de complémentarités.
Vivre, c'est s'unir : le sept des menstruations ne devient le neuf de la grossesse qu'après une rencontre et une union forte et puissante. Alors, seulement, le neuf fait gonfler le deux (la bipolarité constructive) qui va alimenté l'un : l'unité qui unit le deux pour qu'il ne fasse plus qu'un. La légende veut que le roi Salomon et la reine de Saba s'accouplent pour donner un fils au monde : Ménélik successeur de la reine sur le trône de Saba qui sera le promoteur du judaïsme salomonien au Yémen et en Ethiopie ... qui deviendront les Falashas c'est-à-dire, plus positivement, les Beta Israël.
Mais que l'on ne se leurre pas : vivre pleinement impose aussi le constat des différences incompatibles et inconciliables. Toute bipolarité – et le monde réel en est truffé – engendre aussi des conflits et des inégalités irréductibles puisque rien, en ce monde, n'est égal à rien d'autre, mais unique. Cela est vrai entre les humains, mais aussi avec tous les autres vivants de la Nature. L'égalité n'existe nulle part, ni dans l'absolu, ni dans le relatif (une égalité par rapport à une valeur ou un référentiel spécifiques) ; mais les inégalités existent bien, non dans l'absolu, mais relativement à telle ou telle dimension particulière de la vie et/ou de l'Esprit.
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Plutôt que le mot "Dieu" qui désigne le plus souvent un "dieu personnel", une "personne", un "personnage", un anthropomorphisme, il faudrait parler préférentiellement du Divin, c'est-à-dire ce qui fonde l'existence et l'évolution du Réel. Ce Divin est l'océan à la surface duquel se développe l'univers et dont émergent toutes les existences particulières, spécifiques et temporaires.
Et ce Divin qui fonde toute existence, évolue en accumulant les passés et s'accomplit dans le présent vers son plein épanouissement futur. Car le Divin est inaccompli et son propre accomplissement est l'Intentionnalité qui donne sens et mission à tout ce qui existe. Sa "couche" superficielle active, englobe l'accumulation progressive de toutes ses "couches" passée qui sont sa mémoire, et engendre, par émergence, tout ce qui existe et qui doit évoluer au service de son accomplissement à lui (c'est en cela qu'il est le "maître du monde").
Ce Divin est au-delà du temps, il est intemporel, "jamais né ni jamais mort" ... Il est accumulation de la durée, il se construit par accumulation de "couches" successives dont chacune, en son temps, a été un présent actif. Cette accumulation dans la durée explique l'expansion de l'univers car ce qui accumule, grossit et ce qui grossit voit sa surface s'agrandir.
La reine de Saba voit dans le "'Eyn-Sof" (le "sans fin", le "sans limite", en hébreu) de Salomon, ce Divin sous-jacent qui porte l'univers présent et lui donne un sens, une intentionnalité universelle. Et ce 'Eyn-Sof s'exprime, dans le judaïsme au travers d'une voix appelée YHWH, le Nom imprononçable et sacré que lui donne la Bible hébraïque. Et cette voix sacrée engendre les Elohim, les intentions et projets propres à chaque existence, tant personnelle que collective.
Elle comprend que le culte de la Lune et de quelques autres astres dont le Soleil, fondement de la culture sabéenne, n'est qu'idolâtrie trompeuse puisque la Lune, le Soleil et les autres astres ne sont, eux aussi, que des vagues à la surface du Divin.
Elle comprend aussi que la Foi (confiance, fidélité) sans croyances (dogmes, idoles) de Salomon participe de ce panenthéisme (dont l'étymologie grecque dit que "tout est dans le Divin" : pan-en-Théos).
Ce sens du Divin que la reine de Saba rencontre au travers de Salomon, donne un nouveau sens, une nouvelle direction, un nouveau but à sa vie : s'inscrire profondément dans l'Alliance avec ce Divin qui fonde et oriente l'existence de tout ce qui existe. Elle aussi, dans le moindre de ses gestes, dans la moindre de ses paroles, exprime ce Divin qui la fonde et dont elle émerge progressivement en bâtissant sa vie comme Salomon a fait bâtir le Temple de Jérusalem au travers d'Hiram, son architecte.
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Qu'est-ce que l'idolâtrie ? Tout esclavage personnel est une idolâtrie. L'idolâtrie est une sorte d'esclavage généralisé, un esclavage à des croyances, quelles que soient celle-ci. Être idolâtre, c'est mettre son existence, dans toutes ses dimensions (pensée, parole, action), au service de fantasmes, de caprices, de pseudo-valeurs, de pseudo-idéaux, bref : au service d'idoles que l'on adore servilement.
Une idole relève de l'imaginaire ; c'est une image que l'on se forge et qui symbolise ce que l'on veut vénérer soit pour favoriser un désir, soit pour exorciser une peur.
L'idole représente le dieu qui nous gouverne ; un dieu profane, le plus souvent ; un dieu qui peut prendre beaucoup de forme et correspondre à diverses dimensions de nos personnes ou de nos existences.
Se libérer de toutes les idoles … c'est se libérer de l'Imaginaire et retrouver le Réel, qu'il faut accepter et assumer tel qu'il est et tel qu'il va.
Se libérer de l'Imaginaire et de toutes ses fantasmagories, de toutes les illusions, de toutes les rêvasseries, de toutes les idéalisations, de tous les idéaux et de tous les idéalismes. Idole et idéal sont un seul et même mot dérivé de la même racine grecque : eidos qui signifie "forme", "image".
Se libérer de toutes les représentations imaginaires d'un monde autre, d'une vie autre, d'un soi-même autre … et revenir, pour l'assumer, au monde réel, à la vie réelle, au soi réel, au Réel !
La croyance relève de l'hypothèse et de la conjecture (déviant souvent vers l'illusion et la superstition). Elle relève de la "rationalité" sociale.
La Foi, elle, relève de l'intuition profonde. Elle relève de la rationalité épistémique.
Il existe donc une profonde différence de nature entre ces deux.
Aucune des deux ne peut prétendre ni à la vérité, ni à la certitude (même si la croyance y prétend) : ce sont deux formes de conviction. Mais la Foi restant de l'ordre de l'informulé (donc protégée des lacunes et biais des langages), elle relève de l'élan et non du discours, de l'Intentionnalité et non de la Logicité.
La Foi nourrit le comportement alors que les croyances le contraignent.
Les croyances fondent les religions.
La Foi nourrit la Spiritualité.
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A propos du livre "Le chaos qui vient ..." de Peter Turchin :
"À rebours d'une éventuelle "fin de l'histoire", les sociétés démocratiques se trouvent aujourd'hui mises à mal, défiées en leur sein par des mouvements adverses et des citoyens gagnés par la colère et le ressentiment. Tandis que les turbulences politiques se multiplient, que les dirigeants semblent parfois perdre pied, s'avance alors une double menace : l'effondrement, et la perspective de la guerre civile.
À ces questions brûlantes, Peter Turchin choisit de répondre par le temps long. À travers 10 000 ans d'histoire, parcourant plus de 700 sociétés de l'Égypte ancienne à la Chine impériale, en passant par la France médiévale, l'auteur américain fait dialoguer l'actualité avec la profondeur de l'histoire humaine sans se départir d'une méthode scientifique rigoureuse. Ses analyses, largement assises sur des données statistiques, offrent un constat clair : celui d'un inévitable effondrement des régimes caractérisés par le creusement des inégalités et l'excessive concentration du pouvoir aux mains des "élites", au détriment du reste de la population, mais également une voie de sortie pacifique, celle du renouvellement, en profondeur, de notre contrat social."