Dimanche 12 juillet 2026
La Reine de Shaba est très mal vue du Christianisme : avide de richesses, obsédée d'or et de matières précieuses, attirée par le faste du Roi Salomon symbolisé par le faste du Temple de Jérusalem (Beyt ha-Kadosh, en hébreu : la "Maison du Sacré", symbole du Judaïsme triomphant deux fois détruit et rasé : l'une par les Babyloniens en - 586 ; l'autre par les Romains, en 70) et le Palais tout proche ... Elle devient la maîtresse du Roi, lui fait un enfant adultérin nommé Ménélik, futur roi d'Ethiopie, l'amène à quitter Israël et à la suivre au Shaba où il reniera sa foi en le Dieu unique du Judaïsme pour s'accoquiner avec une sorte de polythéisme local, voire pour renier toute religiosité et mener une vie d'athée jouisseur.
Tout ce qu'il faut pour séduire ces chrétiens originels prêchant toutes les abstinences, toutes les frugalités, toutes les dévotions, toutes les privations, toutes les charités, tous les sacrifices, toutes les mortifications, ...
Bref, pour ce christianisme-là, la Reine de Shaba est bien une "femme maudite" et mérite toute sa place dans la présente collection.
Or, le strict texte biblique ne dit rien d'elle ; elle apparaît à peine dans le livre des Rois dont le texte sera presque recopié et bien raccourci dans le livre des Chroniques.
Sans chercher du tout à être vexant ou humiliant, on pourrait presque dire que la Reine de Shaba, dans la tradition biblique est "insignifiante" alors que, pour le christianisme originel, elle incarne la femme au sens le plus vil, le plus dépravé, le plus maudit qui soit.
Le Christianisme (et le Mahométisme après lui) devait donc pallier ce "blanc" biblique et fabriquer les légendes adéquates. Et ils ne s'en privèrent guère ...