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Le sens à venir de la vie humaine ...

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Notre époque vit un immense chaos où le sens se perd ...

Quel est le sens de l'humain ? A quoi sert-il ? Quelle est sa vocation sur Terre, dans l'Univers, dans le Cosmos ? Qu'est-ce qui peut lui donner sens et valeur ?

Au service de quoi l'humain est-il ?

Longtemps, les humains se sont inventés des concepts : la Cité, l'Empire, les dieux, Dieu, l'Eglise … ; peu importait leur crédibilité intrinsèque pourvu qu'ils fussent rassembleurs et susceptibles de fonder des lois.

Avec la Renaissance européenne et l'avènement de l'humanisme, l'humain se mit au centre de sa propre histoire et, un à un, sapa les concepts sur lesquels la vie commune s'était élaborée durant des millénaires.

L'humain devint mesure de toute chose. L'humain, de relatif qu'il était à ce qui le dépassait, devint son propre absolu … Il se sanctifia. Il se sacralisa. La déclaration des Droits de l'Homme de 1948 en fut l'apothéose.

Mais qu'est-ce qu'un individu parmi l'Humanité ? Et qu'est-ce que l'Humanité  sur Terre (l'écologie en a bigrement démontré la fragilité et le dérisoire) ? Et qu'est-ce que la Terre dans le système solaire ? Et qu'est-ce que le Soleil dans la Voie Lactée ? Et qu'est-ce que la Galaxie dans son Amas et cet Amas dans le Cosmos ?

Rien ! Insignifiance !

De l'insignifiance montée en absolu ! Il fallait l'oser. Et l'on a appelé cela la "philosophie des Lumières" … et aujourd'hui, pour reprendre le sous-titre d'un excellent livre de mon ami Michel Maffesoli : "Les Lumières sont éteintes".

 

La conclusion est simple : alors ?

D'un côté, les anciennes recettes sont éculées, usées jusqu'à la moëlle et la corde qui a pendu tant de réfractaires : des anciennes religions triomphantes, il ne reste que quelques bigots et quelques reliques, et des anciens empires, il ne reste que des nostalgies malsaines (voir Poutine, Xi-Jinping, Erdogan, al-Baghdadi, Trump, Orban, …).

De l'autre côté, l'humain ne peut pas être son propre "dieu" ; il est trop faible, trop ignorant, trop fragile, trop stupide, trop infantile pour cela.

Alors ?

 

D'un côté, les mythes.

De l'autre, l'Humain.

Des deux côtés : l'impasse. Alors ?

Donc ni mythocentrisme, ni anthropocentrisme ; que reste-t-il ? Le cosmocentrisme !

 

Je crois profondément qu'il existe deux grandes voies mystiques : celle du Salut (dualiste car le Salut est dans un autre monde) et celle de l'Accomplissement (moniste car il s'agit de l’accomplissement du Réel auquel appartient totalement le monde naturel qui est le seul et qui est le nôtre).

 

La voie du Salut dans un autre monde, née sans doute dans la religion égyptienne ancienne, est profondément celle du christianisme paulinien (reprise par une part du rabbinisme tardif, malgré la Torah qui, comme le lévitisme et le sadducéisme, ne croit ni en l'immortalité de l'âme personnelle, ni en un autre monde, ni au Jugement, ni au Salut - qu'y aurait-il donc à sauver ?), mais elle est aussi celle de l'islamisme et, en Franc-maçonnerie, celle du Rit (sic) Ecossais Rectifié (rite christique par essence, héritier de la Stricte Observance Templière - les mots parlent d'eux-mêmes).

La voie de l'Accomplissement, elle, est celle des spiritualités asiates (hindouisme et taoïsme, en tête) et, en Franc-maçonnerie, celle du Rite Ecossais Ancien Accepté (fort inspiré par les transmutations alchimiques du vil en noble) et du Rite Français ou Moderne (très parallèle, philosophiquement et historiquement, avec le REAA).

 

La voie du Salut passe par le refus du monde naturel et par les idées de rédemption et de messianité salvatrice.

La voie de l'Accomplissement passe par l'assomption radicale du monde naturel (le Réel qui est Tout-Un) et les idées de cheminement initiatique et spirituel, tout intérieur, visant à l'union entre la personne (l'âme personnelle en tant que ce qui anime - anima - l'existence) et le Réel  dans sa globalité et dans sa réalité (le Réel est animé, de l'intérieur, par le Divin immanent qui est l'Âme cosmique et qui donne sens et valeur la totalité de ce qui existe).

 

Ces deux voies (celle du Salut et celle de l’Accomplissement) sont totalement incompatibles entre elles (comme le dualisme et le monisme).

Mon adhésion à la voie de la spiritualité de l'Accomplissement est totale et radicale ; je l'appelle la Cosmosophie (moniste, spiritualiste, panenthéiste,  immanentiste, évolutionniste, réaliste (anti-idéaliste donc), héraclitéenne, spinoziste, nietzschéenne, bergsonienne, etc ...).

 

 

Tout ce qui existe a vocation intime et profonde, intrinsèque et naturelle, innée et universelle, de contribuer à l'accomplissement du Réel au travers de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

Faire du bien, c'est favoriser cet accomplissement et cela procure de la "joie" ; faire du mal, c'est le contrecarrer, voire l'empêcher, et cela induit de la "souffrance".

La contribution à l'accomplissement peut être fortuit (reçu, subi) ou construit.

 

La force de construction de l'accomplissement s'appelle le vertu.

La force de destruction de l'accomplissement s'appelle le vice.

 

La plupart des humains attendent, espèrent, désirent ou rêvent que leur accomplissement sera fortuit, sans effort de leur part, par la magie des idéologies politiques ou des religions théistes ; ils sont alors installés dans la servitude volontaire. Ils jouent sur la pitié, la charité, la commisération ; ils ne méritent que mépris. Ces humains-là ne sont que des parasites du Réel.

 

Les autres, ceux qui ont compris que la "joie" et la "souffrance" sont des constructions mentales volontaires, pratiquent soit la "vertu" de bonté et construisent de la "joie", soit le "vice" de méchanceté et construisent de la "souffrance" (la jouissance destructive des frustrés, des jaloux, des envieux, des sadiques, des toxiques, des bourreaux, …).

 

L'éthique, alors, consiste à ne pratiquer exclusivement que la vertu de bonté pour contribuer à l'accomplissement du Réel au travers de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

Au fond, l'humanité est tripartite : il y a une grande majorité de parasites, il y a la secte des toxiques (les malfaisants) et il y a l'aristocratie des constructeurs.

Ces trois catégories, quoique bien profondes, ne sont pas totalement étanches et il peut arriver d'y voir des transfuges, momentanés souvent, par coup du sort ou par erreur, généralement.

 

Pour le dire d'une seule phrase : il faut remette l'humain au service de l'évolution et de l'accomplissement du Cosmos, du Réel, du Un-Divin-Tout (la philosophie appelle cela le panenthéisme) ; ce Réel qui nous engendre et dont nous sommes tous une émergence et une manifestation singulière et particulière, est l'océan dont tout ce qui existe – l'humain compris – n'est qu'une vaguelette infime et éphémère.

Cela et cela seul, peut redonner sens et valeur à l'existence humaine : accomplir le Réel en soi (s'épanouir soi-même vers le haut) et autour de soi (c'est cela et cela seulement "aimer" son prochain) et contribuer ainsi au bel Accomplissement du Réel pris comme un Tout-Un vivant qui, en tout, évolue vers sa propre plénitude.

 

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