L'Etre Urbain : urbanisme et systèmes complexes
Auteur : Jean-Sébastien Van Keymeulen -
Editeur : Editions Marane -
Année de publication : 2007
Collection :
idees -
ISBN :
2-930458-13-7
Genre : Essai -
Langue : Français -
Format : 130 x 210 mm -
Pages : 64
Public : Les urbanistes, architectes, responsables socio-politiques, investisseurs et habitants, devraient trouver à réfléchir l’organisation du territoire notamment en termes de dynamique, d’étalement et de déplacement car, au-delà de toutes considérations, la ville post-moderne, la ville du futur cherche déjà sa vocation.
Commande : Le livre est mis gratuitement à disposition en ligne sur ce site. Vous préférez découvrir le livre édités (format 13/21 cm, couverture quadri) ? : adressez un courriel aux Editions Marane : info@noetique.eu (15 euros TTC).
Une magistrale théorie de la dynamique urbaine, permettant de comprendre la ville comme processus d’évolution permanente. Il nous fait toucher du doigt la ville émergente et esquisse des scénarii futurs de notre habitat.
Préface par le professeur Jean-Louis Genard, directeur de la Cambre.
Auteur
Jean-Sébastien Van Keymeulen
Jean-Sébastien van Keymeulen est architecte. Diplômé de l’école d’architecture de La Cambre (Bruxelles), il conjugue les aspects théorique et pratique de sa discipline. Après avoir enseigné le projet d’architecture, il exerce l’art de construire au sein du bureau Lhoas & Lhoas. Ses écrits tentent de démystifier cette architecture qui nous entoure, qui fait partie de nos vies, mais qui effraye encore trop souvent. Cet Art magnifique qui se décline à toutes les échelles ; de l’urbanisme au design, de la ville à la petite cuillère. L’architecte tente modestement de jeter les bases d’un débat proactif sur l’avenir de cet espace qu’il nous appartient de façonner.
Livre
4ème de couverture
La conception romantique de la ville de proximité, la ville compacte, la ville d’hier, lieu de concentration des forces de travail autour de moyens de production lourds et fixes, est caduque.
La ville d’aujourd’hui, comme la société actuelle, privilégie le réseau, le transfert et l’accessibilité immédiate aux éléments vitaux. La ville est plus que la juxtaposition de ses immeubles, rues et squares, plus que les gens qui y habitent, plus que les quartiers qui la façonnent. Elle est un organisme vivant, un système complexe adoptant des configurations spatiales tributaires de ses potentialités, de ses opportunités et du temps dont elle dispose pour les développer.
Ce caractère dynamique rend obsolètes les instruments classiques de lecture et de mesure de la ville. Pour comprendre ce phénomène, il s’agit d'échapper au réductionnisme quantitatif et comptable. Changement de regard. Les sciences cartésiennes doivent être complétées et dépassées par des méta-modèles qualitatifs et intuitifs, imagés et visionnaires. La ville doit désormais être lue à travers les sciences de la complexité.
Préface
Comment penser la ville aujourd’hui ? Les instruments que nous a laissés l’histoire de l’urbanisme sont-ils encore pertinents pour la lire et la transformer ?
Ces questions sont évidemment essentielles à la fois parce que bien sûr la ville change, mais surtout parce le monde devient de plus en plus urbain et que, à la partition du monde entre Etats-Nations tend à se substituer un régime de concurrence entre les villes au sein d’une société globalisée et connexionniste. A l’impératif de construction des identités nationales et d’injonction au patriotisme, dominant depuis les 18e et 19e siècles, et qui a encadré les guerres et conflits tant du 19e (les guerres de l’expansion coloniale notamment) que du 20e (les grands conflits mondiaux) se substitue aujourd’hui l’exigence de penser une nouvelle urbanité dans et pour des villes de plus en plus confrontées au multiculturalisme, à des identités flexibles ou marquées profondément par la mobilité, mais aussi par la précarisation des populations dans un environnement de plus en plus soumis à la marchandisation. Et cela sous l’horizon de plus en plus rapproché de risques écologiques majeurs et d’une explosion démographique obligeant à réfléchir ce qui somme toute est la spécificité urbaine, c’est-à-dire la densité.
Les référentiels d’une telle réflexion sont nombreux. Passage du fordisme au post-fordisme, transition du gouvernement nationale vers la gouvernance urbaine, multiculturalisme ou communautarisme, démocratie participative ou délibérative plutôt que représentative, émergence d’une logique des flux venant concurrencer celle des lieux, urbanisme à pensée faible venant se substituer aux logiques planificatrices et à l’urbanisme top down, hypothèse d’une « troisième ville » succédant à la ville classique et à la ville fonctionnaliste… les modèles ne manquent donc pas.
L’intérêt de l’essai de Jean-Sébastien Van Keymeulen est
de se situer hors de ces référentiels habituels et de chercher à construire un
référentiel original en puisant ses sources dans le registre des sciences
physico-mathématiques récentes. Des sciences dont, par ailleurs l’évolution
elle-même n’est pas sans lien avec les évolutions sociologiques que je viens
d’évoquer. Descartes déjà illustrait le modèle de rationalité et
d’ordonnancement hiérarchisé du savoir et de la méthode auquel il a donné son
nom en évoquant les conditions qui font qu’une ville est « belle ».
Il n’est évidemment pas anodin que les théories de l’entropie d’abord, que le
principe d’incertitude plus tard, ou que plus récemment les hypothèses sur les
structures dissipatives, ou encore les théories des catastrophes ou des
fractales… aient vu le jour dans des contextes socio-historiques marqués par
l’incertitude, la complexité, le risque ou le chaos.
A l’inverse, il n’est donc pas étonnant que la référence à
ces théories puisse fonder un regard éclairant sur les transformations urbaines
et permettre d’en clarifier les logiques. En particulier, la lecture proposée
ici s’articule sur la tension entre deux modèles de développement urbain, l’un,
cristallin, attaché à des théorisations scientifiques déjà anciennes, l’autre,
fractal, attaché à des théorisations scientifiques tout à fait contemporaines.
Deux modèles pensés moins dans leur opposition que dans leur tension constante.
En mettant en évidence cette tension, constitutive du régime urbain,
Jean-Sébastien Van Keymeulen permet au lecteur de jeter un regard intéressant
et novateur sur nombre de processus urbains contemporains en en resituant les
enjeux, qu’il s’agisse de l’étalement ou de la densification, des
transformations de la temporalité ou des formes de la co-habitation urbaine.
La responsabilité d’un Institut d’enseignement de l’architecture est bien sûr de susciter la réflexion sur la ville, les formes et les conditions de son développement, les instruments de sa lecture et de sa transformation, bref, d’alimenter constamment le débat sur la ville et de le porter au sein de l’espace public. Quand, comme c’est le cas de La Cambre, cet Institut se situe au cœur de la capitale de l’Europe, cette responsabilité se trouve en quelque sorte multipliée. C’est que sans doute l’arrière-plan de cette réflexion n’est pas étranger au statut de Bruxelles et que le destin de Bruxelles en est un des aliments principaux. Mais c’est aussi que les premiers échos de cette parole publique sont susceptibles d’influencer la réflexion sur ce que l’Europe, première entité politique à pouvoir se penser sur le modèle post-national et, espère-t-on, à ambitionner de le faire, entend se donner comme capitale.
Il est donc particulièrement réjouissant que les réflexions de jeunes penseurs soient portées à un niveau de qualité tel que leur publication puisse s’envisager.
Jean-Louis Genard, Directeur de l’institut supérieur d’architecture « La CAMBRE »