Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Janvier 2021 + lien vers le "tome 24" qui vient de sortir !

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/01/2021

RAS

Bonne année !

 

 

Le 02/01/2021

La fusion des départements de Bas-Rhin et du Haut-Rhin pour constituer la Communauté Européenne d'Alsace (CEA), est un signal important sur le chemin du passage hors de la courbe rouge (étatiste-pyramidale avec découpage administrative) vers à la courbe verte (continentale-réticulée avec découpage éco-culturel).

*

Pourquoi voudriez-vous que je côtoie les autres humains ? Ils sont majoritairement ignares, vulgaires, médiocres, incultes, méchants, envieux et idiots.

Moi, je vis pleinement avec ma femme adorée qui me comble de tout, ma chienne, des arbres feuillus et fruitiers, des mésanges, un rouge-gorge pas du tout farouche, quelques pics épeiches, une famille de faisans qui se pavanent dans mon jardin, des écureuils partout, quelques chevreuils ou renards qui passent, des chouettes qui nichent dans le tilleul à côté de ma chambre, des lavandes et une glycine énorme, des lilas pour le printemps … et, puis, j'ai trois mille livres (au moins) qui recèlent tout ce qui a été écrit d'intelligent depuis quatre mille ans.

Que pourrait donc m'apprendre un humain vivant qui n'ait pas déjà été mieux écrit bien avant lui et dans un autre sabir que le sien ?

 

Le couple, d'abord :chacun son chéri … et le reste dans les livres. La socialité doit se réduire au seul couple. Hors travail productif et réel en équipe (ou chacun est interdépendant de tous les autres), tout ce qui requiert plus de deux personnes ensemble au même moment, est soit perversion, soit perte de temps, soit fuite de soi.

Il faut prôner l'autonomie et l'autarcie affectives. Le conjoint seulement ... quant au reste : des fournisseurs. Rien de plus. L'humain est un animal asocial.

La socialité est une invention artificielle des parasites qui ne se suffisent pas à eux-mêmes et qui veulent pomper l'énergie vitale des autres, faute de pouvoir la générer par eux-mêmes.

Moins les humains s'occuperont les uns des autres, plus chacun aura la paix. Et la paix de tous est la résultante de la paix de chacun.

J'entends : "Il faut faire des choses ensemble, avec d'autres" … Ah oui ? Quoi ? Et pourquoi ? Et pour quoi faire ? Non ! Trois objections majeurs et politiquement incorrectes …

Solitaire (à deux) ? oui !

Misanthrope ? Oui !

Asocial ? Oui !

 

La socialité sert uniquement à former des couples ; dès que c'est fait, le couple s'isole pour vivre SA vie en paix, loin des autres … Et il ne reste alors, sur la piste de dance sociale et râpeuse, que les laissés-pour-compte qui s'agitent les couilles ou les nichons dans une avalanche de trop de décibels, de trop de palabres, de trop de falbalas qui tentent de remplir leur abyssal vide de vie.

Hors les parasites, aucun couple n'a besoin des autres pour vivre heureux : on a seulement parfois besoin de ce que "les autres" font, pour vivre replet (les autres alors sont juste des fournisseurs).

Ce sont les parasites qui ont inventé la "socialité". Selon l'étymologie grecque, un "parasite" est quelqu'un qui "se nourrit à côté de" lui.

 

La soi-disant nécessité de "socialité", de "vivre-ensemble", de "convivialité" est un sous-produit frelaté de l'humanisme moderne (la "famille humaine", la solidarité universelle, l'égalitarisme, la communion des opprimés), lui-même issu de la mièvrerie du christianisme : "Aimez-vous les uns les autres" (la Torah est bien plus claire : "Aime ton ami comme toi-même" … quant aux autres …) ou "Tous les hommes sont frères" (repris par Gandhi).

Aimer ? Je n'aime que mon conjoint ; avec tous les autres je compose pour qu'ils me fichent la paix en me fournissant ce que je souhaite. Même la relation avec les enfants du couple pose question : dès qu'ils ont fondé leur couple et qu'il y ait, ou non, fait des enfants, ils ne demandent que leur intimité et la paix dans leur foyer.

 

Quelqu'un qui cherche, constamment ou souvent, le contact avec les autres, prouve qu'il n'est pas complet, qu'il est en manque, qu'il lui manque l'autre moitié de lui-même : il lui manque "sa moitié".

Qui n'en connaît des myriades, de ceux-là : "Ah, il faut qu'on se voit ! – Ah, pour quoi faire ? – Il faut qu'on se parle ! – Ah, et de quoi ? – De tout de rien ! Il faut qu'on se voit quoi ? Pour passer un bon moment ensemble". Et voici l'aveu final qui dit tout : "Tu me manques". Non, mon pauvre, c'est toi qui t'es manqué.

 

La seule exception à toute cette asocialité, c'est la communion durable, impliquante et créative d'un tout petit groupe dans un projet commun qui les dépasse tous (et le couple est un tel projet à deux, une communion absolue).

C'est là que l'on passe de la socialité ouverte (le gnangnantisme social et snobinard) à la communauté fermée.

C'est là que l'on peut sortir du nombrilisme convivial en se mettant au service d'une construction qui dépasse ceux qui s'y impliquent.

 

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Le 03/01/2021

 

On le sait, la Franc-maçonnerie est un réseau mondial de Loges autonomes, regroupées en Grandes Loges nationales qui respectent la même Charte universelle et s'entre-reconnaissent mutuellement.

Cette pratique du travail en réseau collaboratif vient de loin.

Au moyen-âge, chaque chantier où opéraient des "œuvriers consacrés", constituait un nœud d'un réseau européen sur lequel circulaient librement les maçons munis d'une franchise : les francs maçons, donc.

Ces maçons francs ou franchisés étaient par ailleurs tenus d'obéir aux lois et de respecter la religion des pays où ils pouvaient travailler en paix ; dès le départ, et pour ces raisons, la spiritualité maçonnique toujours s'est développée au-delà de toutes les religions instituées et au-delà de toutes les politiques locales : les sujets de religion et de politique sont, d'ailleurs, encore aujourd'hui et pour toujours, strictement interdits en Loge.

 

On le comprend, donc, la vie et le travail en réseau sont aussi consubstantiels à la Franc-maçonnerie que la démarche initiatique ou la pratique fraternelle.

La vie en réseau lui est naturelle. Alors que le monde alentour, depuis des milliers d'années, cultive et pratique un tout autre modèle organisationnel : la pyramide hiérarchique.

Le modèle réticulé et le modèle pyramidal s'opposent en tout et c'est sans doute là qu'il faut voir l'origine de l'antimaçonnisme qui, tel l'antisémitisme et pour les mêmes raisons, sévit encore un peu partout.

Que ce soient les communautés juives, les chantiers épars des maçons francs ou les Loges des Francs-maçons, le même modèle d'organisation réticulée les rend suspects, parce que transversaux, aux autorités (religieuses et politiques) ancrées dans un seul lieu, selon un canevas strictement pyramidal qui institue des pouvoirs (alors que le réseau ne connaît que des fonctions).

Le réseau suppose l'autonomie. La pyramide impose l'obéissance. Autonomie et obéissance sont antinomiques. CQFD.

 

C'est dans leur pratique des réseaux transversaux qu'il faut chercher la haine que beaucoup portent tant aux Francs-maçons qu'aux Juifs (et à moi qui suis les deux …). L'autonomie au sein d'un réseau est incompatible avec la soumission au sein d'une pyramide hiérarchisée. Un Franc-maçon est un homme "libre et de bonnes mœurs". On ne peut pas être libre et obéissant à la fois.

Mais l'antimaçonnisme – comme l'antisémitisme – est alimenté par une autre conséquence de la vie autonome en réseau : l'esprit aristocratique.

 

Ce qui tient un système pyramidal ensemble, c'est la puissance du pouvoir accumulé à son sommet. Ce qui tient un système réticulé ensemble, c'est la force du projet commun, nourri par la foi et l'intelligence de ceux qui en participent et y contribuent.

Le Franc-maçon libre, dans son réseau de Loges autonomes, est au service d'un projet commun colossal : "la Construction du Temple de la spiritualité et de la sacralité universelles à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers" (excusez du peu …). Il n'est pas au service de son petit lui-même, de son petit nombril, de son petit confort, de son petit plaisir, …

Il est au service de l'au-delà de lui-même et c'est cela même qui fonde son aristocratisme !

 

Il est curieux que cette notion d'aristocratie ait pris une si vilaine connotation : on confond "aristocrate" et "nobliau". Quel dommage ! Quelle dérision ! Surtout lorsqu'on se souvient de l'étymologie grecque où l'Aristos est "le meilleur, le plus brave, l'excellent".

Bien sûr, cet aristocratisme (non du droit, mais du devoir) semble s'opposer à l'égalitarisme que le philosophisme et le socialisme ont tenté d'imposer au monde depuis deux siècles. Mais l'égalité n'existe pas. Rien n'est jamais égal à quoique ce soit d'autre. Tout est unique, donc tout est différent.

Soyons précis : l'aristocratisme, ce n'est pas se croire soi-même supérieur aux autres (cela c'est de l'orgueil, de la vanité, de l'arrogance … soit tout le contraire de l'aristocratisme). L'aristocratisme, c'est se savoir, s'accepter et s'assumer différent des autres et vouloir mettre ses propres différences donc ses talents, ses connaissances, ses forces et ses volontés au service de l'œuvre commune.

 

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Notre monde européen (et, plus généralement, le monde occidental c'est-à-dire européen d'origine) ne sait plus qui il est. Tout est fait pour le couper de ses Racines. Tout est fait pour en saborder l'Histoire. Tout est fait pour en déconstruire la Mémoire.

Partout, les rétro-activismes sévissent pour conspuer, en vrac, l'hétérosexualité, la blanchité, le patriarcat, le judéo-christianisme, l'helléno-latino-germanité, la colonisation, le capitalisme, l'esclavage, les croisades, le parlementarisme, le libéralisme, la technicité, etc …

Quel continent pourrait prétendre s'être construit sans erreurs, sans ignominies, sans bavures, sans félonies ? Les erreurs sont à la mesure de son génie ; l'un ne va pas sans l'autre. Il y a les constructions et il y a les pillages.

Le monde réel, tel qu'il est aujourd'hui, s'est construit comme il a pu, avec ce qu'il a pu, avec ses chefs-d'œuvre et avec ses turpitudes.

 

On confond tout (et c'est bien voulu par ces déconstructeurs de mémoire et d'identité) : connaître son histoire ne signifie nullement avoir le culte du passé ou cultiver la nostalgie perpétuelle, assumer une identité ne signifie nullement pratiquer l'ostracisme identitaire, avoir de vraies racines ne signifie nullement se vautrer dans un immobilisme passéiste.

L'histoire des hommes est irréversible et nous en sommes, chacun et tous, les héritiers que nous le voulions ou non.

Il n'y a aucun procès à faire, contre personne.

 

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La Modernité, depuis le Renaissance jusqu'à nos jours a été une vaste entreprise de désacralisation et de déspiritualisation de la vie et du monde. Au prétexte de libérer l'humain des chaînes du dogme et de la superstition, c'est toute la reliance de l'humain à lui-même, aux autres, à la Vie, au monde, au cosmos et au Divin que l'on a saccagée et brisée.

Ce saccage a abouti au nihilisme du 20ème siècle qu'avait bien prophétisé Nietzsche au travers de sa métaphore du "dernier homme".

Ce 20ème siècle n'a été qu'une longue suite ininterrompue de guerres mondiales militaires, diplomatiques, idéologiques, commerciales, financières, technologiques, monétaires, …

Il a aussi été le siècle de tous les pillages éhontés de toutes les ressources naturelles que notre petite planète avait mis des milliards d'années à fabriquer et à accumuler … et tout cela au nom du "progrès".

Mais de quel progrès s'agit-il ? Progrès technique, économique et médical ? Sans nul doute : on travaille moins, on consomme plus et on vit plus longtemps … c'est-à-dire, osons le reformuler : on s'ennuie plus jusqu'au suicide, on s'empiffre plus jusqu'à l'obésité et on se traine mal jusqu'aux mouroirs.

 

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Le temps n'est pas le contenant de l'évolution, il est le produit de l'évolutivité.

 

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Le 04/01/2021

 

De Claude Debussy :

 

"N'écoute les conseils de personne,

sinon du vent qui passe

et nous raconte les histoires du monde."

 

Toute l'histoire de l'univers est contenue dans le moindre brin d'herbe, dans le moindre ululement de chouette ….

Nous avons désappris à écouter et à entendre, à regarder et à voir …

 

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De Nassim Nicholas Taleb :

 

"La bureaucratie est un mécanisme par lequel une personne est confortablement coupée des conséquences de ses actes."

 

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De Gaspard Koenig tirant les conclusions de ses six mois de déconnexion par rapport à l'"information" :

 

"Mon cerveau se rebelle à la vue de tous ces titres décousus et criards. Je pense qu’une exposition à Twitter me conduirait à l’évanouissement. A-t-on vraiment besoin de toute cette information ? Il n’est sans doute pas inutile de connaître le nom du nouveau président des Etats-Unis, mais fallait-il perdre des dizaines d’heures à suivre et commenter le dépouillement ? Mieux vaut connaître ses voisins que les équipes de la Maison-Blanche. N’a-t-on pas atteint le stade où l’accumulation exponentielle d’informations obère notre capacité d’analyse ?

Imaginons un instant que les gens cessent de s’intéresser à ce qui ne les concerne pas immédiatement et personnellement. Certains phénomènes déplaisants disparaîtraient d’eux-mêmes, à commencer par le terrorisme,

qui existe uniquement par son impact disproportionné dans l’opinion publique. A quoi bon égorger d’infortunés innocents si personne ne le sait ? Les théories du complot s’effondreraient faute d’appétit pour les complots. Le populisme électoral aurait bien davantage de difficultés à se frayer un chemin dans nos consciences ; les concepts grossiers et les théories simplistes sur la mondialisation ou la justice sociale ne passionneraient personne. Quant à la dangereuse polarisation des opinions, elle laisserait naturellement la place à la confrontation quotidienne des expériences."

 

Les médias (sociaux ou classiques), comme les métastases, sont les propagateurs de tous les cancers sociaux, culturels, politiques, idéologiques, économiques … Ce sont les médias qui fabriquent les terroristes, les rétro-activistes, les complotistes, les "vedettes", les factions, les songes, les manifestes, les manifestations et leurs dégénérescences, …

Les médiocres ont besoin des médias pour faire parler d'eux.

Les média    s ont besoin des médiocres pour se vendre.

Voilà toute l'équation pandémique de notre temps !

 

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Qu'est-ce qu'une information ? Peut-être est-ce la question la plus importante et urgente de notre époque d'infobésité, d'infox et d'infox-dealer, de pullulement de médias de toutes sortes, sociaux ou pas, d'omniconnexion et de communication compulsive, d'accès à tous les savoirs, surtout les plus faux, les plus simplistes, les plus faciles.

Qu'est-ce qu'une information, au sens statique, en tant qu'objet par rapport à une donnée, un fait, une idée, une théorie, un mensonge, une idiotie, une ânerie, une tromperie, une révélation, une hypothèse, une plausibilité, etc … ?

Qu'est-ce qu'une information, au sens dynamique, en tant qu'élément déclencheur, propagateur, amplificateur, destructeur d'un processus de manipulation, de complotisme, de prosélytisme, de ralliement, etc … ?

Nous sommes irréversiblement entrés dans le paradigme noétique, c'est-à-dire dans l'ère du véhicule numérique. Comme jamais connu auparavant, le numérique est devenu un colossal amplificateur de n'importe quel processus informationnel ; il est intrinsèquement neutre et, donc, ne dépend que de l'usage que ceux qui le contrôlent, veulent en faire.

 

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Lorsqu'on dit qu'une application, qu'un écran, qu'un clavier, qu'un téléphone, etc … sont intelligents, on dit en fait que l'on a délégué à un programmeur, inconnu et insignifiant, le droit de nous imposer ses lubies alors qu'aucun des utilisateurs ne le lui a demandé.

Les 99% des "upgrades" que les fournisseurs de logiciel nous imposent, non seulement sont inutiles, mais ont l'art de rendre inutilisable ce qui était bien utile et simple.

 

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Le 05/01/2021

 

De ma complice Néa Bernard :

 

"Alors que les campagnes de vaccination font un grand tapage médiatique en ce début de nouvel an, de plus en plus d'experts s'interrogent sur la capacité des vaccins à lutter contre les nouveaux variants. D'autres "pensent" que les vaccins actuels seront/seraient efficaces contre ces souches. Si l'on transpose ce genre de raisonnement ça donne par exemple : nous pensons que nos avions vous amèneront à destination et ne devraient pas se cracher en plein vol. Qui auraient encore envie de prendre l'avion ? Et pourtant, c'est bien ce qui se passe avec les vaccins. Propagande et culpabilisation des 60% qui ne veulent pas de ces vaccins à ARN fabriqués dans la précipitation et encore en phase d'essai.  Nos experts et politiciens ne savent donc pas grand-chose sur ces vaccins : quels sont les effets secondaires, durée de protection, les vaccinés restent-ils contagieux... ? Mais ils voudraient vacciner la planète entière. Quand le Pr Raoult rendait compte des variants et mutations du Covid 19 déjà en août dernier, ce qui lui faisait douter de l'efficacité de ces vaccins qu'il n'hésitait pas à qualifier de science-fiction, tous ces savants voulaient le faire interner et le Conseil de l'Ordre a déposé deux plaintes à son encontre pour charlatanisme. Six mois plus tard, nos supposés scientifiques de l’Elysée découvrent avec consternation ce que sont les variants. Que des lumières dans ce conseil scientifique !  Karine Lacombe qui vient d'être décorée de la Légion d'Honneur pour son travail contre Covid-19 est un sous-marin de Big Pharma, elle a contribué à œuvrer avec la clique d'escrocs politiciens pour que l'Union Européenne achète pour 1 milliard de Remdésivir, médicament totalement inefficace et dangereux comme on le sait, et dénoncé déjà en mars par l’IHU de Marseille. Elle n’est pas médecin, elle est VRP de Big Pharma, ce qui fait dire à certains qu’elle est la plus grosse tapin de Gilead. 

La médecine moderne a atteint l’une de ses plus grandes limites dans son association illusoire et aveugle avec Big Pharma. Il faut admettre qu'elle fait fausse route depuis belle lurette et Covid-19 aura révélé l'obscurantisme et le cynisme de ces ribambelles de sociétés dites savantes et autres organisations sanitaires mafieuses. Tous ces apprentis sorciers risquent une fois de plus de se retrouver avec leurs potions de sorcellerie sur les bras. Ils s'activent pour inventer de nouveaux mensonges et de nouvelles perspectives apocalyptiques dans le but d’inverser la réalité et trouver de nouveaux boucs émissaires."

 

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Le 06/01/2021

 

En hébreu biblique, le "tout de ce qui existe" (le monde, l'univers) se nomme 'Olam ('Ayn, Waw, Lamèd, Mèm ; valeur 146 à 11 à 2 : la "tension bipolaire"), aussi écrit Olam (Waw, Lamèd, Mèm ; valeur 76 à 13 à 4 : la "matrice").

Ce mot s'associe avec Nitza'h (Noun, Tzadé, 'Hèt ; valeur 148 à 13 à 4 : la "matrice") qui dérive du verbe NTz'H qui signifie "triompher" et donne aussi Nètza'h : "la gloire, la victoire" ou "l'éternité" … Être éternel, n'est-ce pas la victoire sur le temps, n'est-ce pas la gloire de l'intemporel ?

 

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Une autre traduction des premiers versets du livre de la Genèse …

 

"Dans ma tête, tu ensemenceras des puissances avec le céleste et avec le terrestre. Et le terrestre advint consternant et vide, une ténèbre sur les faces d'un abîme et un souffle des Puissances, palpitations  sur les faces de l'eau. Et Il dira : "Puissances, il adviendra une Lumière" et il adviendra une Lumière. Et il verra des Puissances avec la Lumière ; comme [c'est] bon et il séparera des Puissances entre la Lumière et entre la ténèbre."

 

 

 

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Le 07/01/2021

 

Positiver, c'est assumer complètement tant le positif que le négatif de chaque situation, de chaque relation et de chaque configuration.

"Positiver", ce n'est jamais ni ignorer, ni travestir, ni masquer, ni écarter le négatif du Réel. C'est, tout au contraire l'accepter et l'assumer complètement.

 

C'est accepter et assumer complètement le négatif en tout … non par fatalisme, mais pour en faire quelque chose de positif, de constructif. Là est le nœud.

La notion de constructivité ou, mieux, de constructivisme est ici cruciale …

Le monde est un chantier et tout humain y est (peut et doit y être) œuvrier : c'est le sens de sa vie, c'est sa seule raison d'être. Mais le monde est parfois hostile et le chantier est souvent difficile, les obstacles foisonnent et la pierre est dure. Alors : positiver ?

 

Imaginons un monde fait de pièces métalliques de toutes les sortes, ferreuses et non ferreuses. Imaginons encore que l'on passe un aimant au-dessus de ce monde métallique. Le champ magnétique de l'aimant va "orienter" les pièces ferreuses dans le bon sens et, ainsi, les disposer favorablement pour son action …

 

Je pense que l'on aura compris le sens de ma métaphore. Mais dans le monde réel des hommes, sur le chantier réel du monde, qu'est-ce que cet aimant et qu'est-ce que ce champ magnétique ?

L'aimant, c'est le projet de vie que l'on porte (que l'on devrait porter) en soi et le champ magnétique, c'est la force de la volonté que l'on met à l'accomplir.

Il n'y a rien de miraculeux ou de mystérieux, là-dedans. Il n'est nul besoin de chercher quelque effet magique ou surnaturel que ce soit : le global et le local sont en interférences continuelles dans des relations d'interdépendance mutuelle. Le global contraint le local autant que le local oriente le global.

 

Le seul vrai problème est que bon nombre d'humains n'ont pas de vrai projet de vie autre que leur nombrilisme narcissique, autre qu'un hédonisme primaire, autre que le panem et circenses. Ceux-là  ne développent, autour d'eux, aucun champ de positivation. Ils subissent le monde parce qu'ils ignorent le chantier.

On ne peut rien positiver si l'on n'a pas décidé et voulu ce qui sera positif pour soi.

"Aucun vent n'est favorable pour celui qui ne sait où il va", disait Sénèque. A méditer !

 

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D'Etienne Gernelle :

 

"Il y a 30 ans, Jean-François Revel décrivait une France « de plus en plus étatisée et de moins en moins gouvernée ». Pas sûr que l’on ait beaucoup progressé…"

 

Il y a trente ans, sous le règne césariste de l'infâme Mitterrand, la France s'est encore, plus que jamais, enlisée dans les boues jacobines, bureaucratiques et démagogiques qui est au fondement de sa tradition républicaine.

La France n'a jamais été une démocratie saine. En revanche, elle a toujours été antilibérale et monarchique.

 

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En lisant les quelques feuillets de : "Qu'est-ce que le Royaume de Dieu ?" édité par les Témoins de Jéhovah, on comprend mieux que la croyance n'est pas la foi.

Les croyances exprimées sont simplement puériles :

  • véracité "non discutable" de textes bibliques mal traduits et extraits de leur contexte (notamment concernant la "rébellion" des humains contre Dieu-Jéhovah qui a dû les chasser de son Paradis terrestre, le jardin d'Eden),
  • incapacité des humains à diriger le monde et leur monde,
  • salut des humains par l'obéissance immédiate et absolue aux normes et décrets de Dieu-Jéhovah tels que donnés dans la Bible,
  • nomination, par Dieu-Jéhovah, de Jésus-Christ comme Roi de son Royaume (en 1914 … !),
  • instauration imminente d'une théocratie directe par le règne de Jésus-Christ et "nettoyage" de tous les mécréants,
  • délivrance imminente de toute souffrance et de la mort,
  • etc …

Mais en lisant ces fadaises (qui constituent un ensemble cohérent de simplisme et déni radical de toute réalité, notamment scientifique), je me disais que les croyances primaires des crétins sont beaucoup plus confortables que la foi initiatique des mystiques.

Le littéralisme abolit et rend inutile tout questionnement, tout doute, toute quête, toute recherche …

Le "Royaume de Dieu" est évidemment la solution radicale et définitive à tous les problèmes humains … Il suffit de croire et d'attendre.

 

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La culture juive est portée par trois piliers essentiels : l'intellectualité, l'autonomie et le constructivisme.

L'intellectualité souligne à l'avènement de l'Esprit au-delà de la Vie.

L'autonomie souligne le refus de tous les esclavages et de toutes les idolâtries.

La constructivisme souligne que le Réel s'accomplit en se construisant.

L'énoncé de ces trois piliers permet de comprendre qui devient antisémite : l'inintelligent (ignorant ou inculte ou stupide), le dépendant (de l'autorité ou de l'idéologie) et le fainéant (profiteur et jouisseur au service de son nombril). Dans les trois cas, l'antisémitisme reflète un ressentiment (inconscient, sans doute) face à un miroir qui montre la médiocrité là où elle est.

 

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De FOG :

 

"(…) deux dangers menacent la France : l'américanisation par le politiquement correct(pour la tête) et la soviétisation par l'hyper-bureaucratie (pour le reste du corps). (…) ceux qui nos gouvernent (…) ont laissé la main à la bureaucratie qui (…) ne fait rien mais (…) bloque tout."

 

Brillant diagnostic qui ne vaut pas que pour la France !

 

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Le "politiquement correct" n'est que la face émergée et nauséabonde de l'abyssale inculture américaine : "exaltation des communautarismes, haine de la laïcité, rejet de l'universalisme, obsession de la couleur de peau, culte des quotas, théorie du genre, dénonciation, ostracisation ("cancel culture"), …".

C'est cela le fumier infect sur lequel poussent tous les rétro-activismes, populistes et gauchistes.

 

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La Chine a enclenché son propre déclin … L'agressive fuite en avant va s'étioler, faute d'intelligence.

 

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De Nicolas Baverez :

 

"(…) le destin du 21ème siècle se noue autour de la lutte entre la démocratie et la démocrature, et qu'il sera sans doute tranché (…) par effondrement intérieur."

 

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De Bruno Le Maire :

 

"Je connais plus de fous parmi les responsables politiques que dans tout autre métier, car peu sont aussi éloignés de la réalité."

 

Mais bien évidemment : un politicien professionnel se nourrit d'idéologie pour cultiver son déni de réalité.

La seule réalité du politique, c'est l'intendance sociétale : sortir les poubelles, faire la vaisselle et gronder les enfants.

Comment peut-on encore croire au pouvoir politique au niveau national ? Quelle cécité !

 

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Les musulmans feront ce qu'il veulent en islamie, pour autant que cela existe un jour.

En attendant, ici, chez nous qui sommes très très majoritairement non-musulmans, ils feront seulement ce que nous tolérerons et rien de plus.

Pour nous, leur religion et tout ce qui tourne autour de leurs interdits ou de leurs susceptibilités, n'existe tout simplement pas.

 

 

 

le

 

 

 

Il faut combattre radicalement le suprémacisme musulman sous toutes ses formes.

 

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Je ne crois plus en la démocratie et je crois moins encore à toutes les formes de démocrature. Je ne crois toujours pas en la politique.

Le sous-système politique n'a qu'une seule fonction : établir et assurer une éthique saine et positive, libérale et humaine, pour prévenir et régler tous les conflits.

Tout le reste ne la regarde pas !

 

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* *

 

Le 08/01/2021

 

Portrait de Pierre Teilhard de Chardin par Henry de Monfreid :

 

"J'avais remarqué, écrit donc Monfreid dans Le feu de Saint-Elme, sur le pont des secondes un grand diable d'abbé́, maigre et vigoureux, dont les allures avaient quelque chose de trop viril pour ne pas faire un singulier contraste avec la componction et les gestes onctueux laissés par le séminaire comme la marque indélébile du sacerdoce. J'avais regardé avec sympathie cette longue figure

énergique et fine, où les traits accentués de rides précoces semblaient taillés dans du bois dur. L'œil pétillant et vif avait quelque chose de rieur sans être ironique. Il exprimait indulgence et bonté́. Très entouré, il parlait avec la vivacité́ de ceux qui se passionnent. Sa parole était prenante, elle allait jusqu'à l'âme

avec la puissance persuasive de celle de l'apôtre. Nos regards se croisèrent, et nous échangeâmes un sourire"

 

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Il faut le répéter : le seul rôle de la politique est de garantir une éthique, c'est-à-dire de prévenir et de régler tous les conflits sur son territoire (justice et police) et avec les autres territoires (diplomatie et armée). Tout le reste ne la regarde pas.

Elle ne doit pas s'occuper d'économie, de social, de culturel, de sanitaire, d'enseignement, d'infrastructurel, etc … ; tout cela relève et doit seulement relever de l'initiative privée et locale, individuelle ou collective.

Via l'impôt, la communauté doit seulement financer collectivement les juges, les policiers, les diplomates et les militaires (et les quelques fonctionnaires – personnellement responsables - vraiment indispensables pour administrer ce tout petit monde).

 

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D'Olivier Babeau (Institut Sapiens) :

 

"La vitesse à laquelle les réseaux sociaux ont tué la démocratie est stupéfiante. (…) La raison ne fait pas recette, c'est l'émotion qui est le déclencheur le plus efficace des réactions espérées par celui qui veut maximiser son nombre de likes et de retweets. (…) Pour chaque mot d'indignation ajouté à un tweet, le taux de partage augmente en moyenne de 17 %. Ceux qui essaient d'apporter un peu de raison et d'apaisement dans le flux de messages, où dominent l'émotion et les expressions excessives, rencontrent beaucoup de difficultés."

 

Les médias sociaux sont un véritable fléau dont on ne mesure pas encore les effets tyranniques au travers des censures et ostracisations, des complotismes et des infox qu'ils engendrent avec une puissance d'amplification inédite.

 

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Loi des effets pervers : toute interdiction induit une amplification.

L'attrait de l'interdit et le défi de désobéissance …

 

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L'humanité a eu bien du mal a trouver un concept métaphysique qui puisse exprimer la totalité du Tout qui existe. Longtemps (et le livre de la Genèse en témoigne), on désigna ce Tout par "le Ciel et la Terre" : le domaine des dieux et le domaines des humains. C'est la vision de Platon avec le domaine des Idées et le domaine des créatures de l'ombre. C'est aussi la vision d'Aristote avec le domaine supralunaire et le domaine sublunaire.

Et lorsqu'on parlait du "monde", c'est surtout du monde humain que l'on parlait soit comme totalité de l'humanité, soit comme totalité terrestre associant les humains et leur écosystème ; le monde était ce sur quoi l'homme peut avoir partiellement prise.

Et ce sur quoi l'humain n'a pas prise, a été nommé la Nature : le Monde humain s'oppose à la Nature, inhumaine ou surhumaine selon le regard.

 

La grande synthèse vint probablement d'Inde avec le concept de Brahman (un Tout en tant qu'Être éternel) et de Chine avec celui de Tao (un Tout en tant que Devenir perpétuel).

En occident, on resta longtemps (et certains restent encore) dans la dualité "Ciel et Terre" opposant un monde céleste, spirituel et divin à un monde terrestre, matériel et non-divin (soit humain, soit satanique).

Pourtant Newton fut sans doute un des premiers à avoir montré que le monde céleste (celui des astres supralunaires) et le monde terrestre (celui des "pommes" sublunaires) étaient soumis aux mêmes lois physiques et, en conséquence, formaient un Tout au-delà des vieilles dualités.

 

L'idée d'Univers fit alors son chemin (universus, en latin, signifie "tout entier, tout ensemble, pris en tant qu'unité"). Mais ce mot est infirme car l'univers n'est que la totalité des manifestations phénoménales sans être le Tout en tant que Tout, en tant que noumène radical et absolu.

Il fallait encore que surgisse l'idée de Kosmos c'est-à-dire d'Ordre (kosmos en grec qui est le contraire de chaos) et de cohérence : l'univers phénoménal est visiblement organisé avec ses récurrences et ces régularités.

 

L'univers exprime donc un Logos (que l'on assimile naturellement à l'Esprit cosmique, à l'Âme cosmique, au Divin, à Dieu, etc …), mais ne comprend pas ce Logos … ainsi le Tout exprime l'Un, mais est bien moins que cet Un.

C'est donc, in fine, ce concept du Un qui exprime le mieux l'idée de totalité absolue de tout ce qui existe, visible et invisible, connaissable et inconnaissable, expérimentable et inexpérimentable … mais ce Un est un concept tellement ouvert que l'on peut y inoculer tous les délires fantasmagoriques les plus magiques, les plus farfelus, les plus grotesques. Il faut donc restreindre le concept du Un pour le ramener à la totalité cohérente de tout ce qui existe vraiment.

 

C'est en cela que je crois que le concept du Réel est, de loin, le plus adéquat pour parler, d'un seul mot, de la totalité organisée et cohérente de tout ce qui existe vraiment.

Le Réel est l'unité absolue du Tout de l'Univers qui le manifeste, et de l'Esprit qui le structure.

Et, avec le concept de Ma'at, les anciens Egyptiens, déjà, avaient compris le Réel comme processus dynamique (comme "ordre en train de se faire") et non comme ordre statique (des lois et des structures données une fois pour toute). Cette idée fut perdue pendant plus de trois mille ans en Europe (à l'exception d'Héraclite d'Ephèse qui fut étouffé par Parménide et les atomistes).

 

Enfin, très tôt se posa la question des rapports entre l'Ordre cosmique et l'ordre humain (organisation des sociétés, des pouvoirs, des travaux, etc …). Longtemps deux thèses s'opposèrent. Celle d'un ordre humain devant s'intégrer harmonieusement dans l'Ordre cosmique d'essence et de nature supérieures. Et celle d'un Ordre cosmique maintenu grâce à l'ordre humain, les hommes étant les intendants des dieux dans le monde. L'idée d'une dialectique entre ces deux ordres est toute récente.

 

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De Jean-Sébastien Ferjou (Atlantico) :

 

"Si Donald Trump a incontestablement fait flamber le ressentiment d’une partie de l’Amérique, il est loin d’être le seul coupable. Le mépris récurrent affiché par ses élites pour une partie du peuple américain et le déni de réalité entretenu par les mêmes élites pour masquer les erreurs ayant produit nombre de fractures économiques et sociales du monde d’aujourd’hui ont sapé les fondements de la démocratie représentative."

 

Les vitrines technologiques artificielles et la prospérité financière apparente ne parviennent plus à masquer la médiocrité et l'archaïsme intellectuels et culturels. Trump n'en a été que l'amplificateur et le révélateur.

 

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Oui, nous changeons de paradigme.

Oui, nos modèles sont obsolètes.

Oui, la frugalité est à réinventer.

Non, le capitalisme entrepreneurial ne peut pas être confondu avec le financiarisme spéculatif.

Non, il n'y a pas paupérisation dans le monde, au contraire. Les inégalités augmentent peut-être (mais rien n'est jamais l'égal de rien, heureusement), mais la moyenne évolue dans le bon sens ce qui signifie que ceux qui avaient moins, ont plus, même si ceux qui avaient beaucoup, ont encore davantage.

Non, le misérabilisme, le victimisme et le sentimentalisme ne sont pas des solutions, mais des impasses contre-productives.

Oui, les vrais héros de l'humanité s'appellent Spinoza, Nietzsche et Einstein et certainement ni Gandhi, ni l'abbé Pierre, ni Martin Luther King … et encore moins cette fabrication artificielle de la CIA nommée Nelson Mandela.

Je ne partage aucunement le caritatisme chrétien. La pitié est une faute.

 

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Le 09/01/2021

 

La séquence numérologique de base est celle-ci : (1) l'Unité (le Divin) implique (2) la Bipolarité (le Ciel et la Terre), qui induit (3) l'Evolution (les trois Pères), qui engendre (4) la Matrice (les quatre Mères), d'où naît (5) la Vérité (les cinq livres de la Torah), qui appelle (6) l'Harmonie (les six traités de la Mishnah), dont émane (7) le Sacré (les sept branches de la Ménorah), qui appelle (8) l'Alliance (les huit jours de Milah) pour réaliser (9) l'Accomplissement (Tshouvah) du retour à l'Unité.

 

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Est "fidèle", celui qui met son pouvoir de Vie au service exclusif du Divin ; est un infidèle, celui qui le met à son service ou au service de la seule humanité (un "bienfaiteur de l'humanité" n'est pas nécessairement un Saint fidèle !).

Et il ne faut surtout pas confondre "fidèle" et "croyant" : il n'y a rien à "croire", mais il est vital d'être "fidèle" au Pacte d'Alliance.

 

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La circoncision est un acte symbolique fort. Il symbolise la libération du passage des énergies vitales fécondantes (le sperme), l'ouverture du canal de Vie qui va du Ciel (le Divin) à la Terre (l'humain). Ce flux fécondateur passe par le mâle pour atteindre la matrice femelle où s'opèrera la magie de la gestation.

 

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Il existe toute une dialectique symbolique entre le liquide de vie blanc (le lait de la mère, le sperme du père) et le liquide de mort rouge (le sang des meurtres et des menstrues) : le blanc et le rouge ne peuvent jamais être mélangés, puisque vie et mort sont incompatibles.

 

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Les grandes civilisations furent d'abord fluviales (Nil, Tigre, Euphrate, Gange,  Brahmapoutre, Yang-Tseu-Kiang, Rhin, Danube, …)

 Puis elles devinrent maritimes : Grèce, Rome, Phénicie, Scandinavie, …

L'Eau féconde l'Esprit !

 

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Héraclite d'Ephèse fut le premier philosophe grec à substantiver la totalité avec son "ta panta". Auparavant, "panta" (sans article) était un raccourci pour signifier "toutes choses". Mais "toutes choses" et "la totalité" n'ont pas du tout le même statut sur l'échelle des concepts métaphysiques.

 

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Note de lecture du livre du Prophète Ysha'yahou (Isaïe – 5ème s. ACN) …

 

  • (1;3) : "(…) Israël ne connaît pas et n'intellige pas." : le pont entre le Divin et l'humain est sur le point de se rompre …
  • (1;11) "Pourquoi, pour moi, vos nombreux sacrifices ? (…)" (sacrifice est à comprendre, ici, comme abattage d'animaux) … L'idée centrale est de laisser là les rites et de revenir à la pureté et à la fidélité par l'éthique. Hypocrisie et prostitution sont des mots-clés … Le grand procès fait ici oppose la théocentrisme biblique et l'anthropocentrisme historique.
  • Une éthique théocentrée peut devenir universelle et établir la Paix entre les nations. Cette éthique doit rejeter toutes les idoles et toutes les idolâtries (donc toutes les idéologies, tous les idéaux, toutes les illusions, tous les phantasmes, …). Alors seulement : (2:11 et 17) "(…) Sublime, YHWH lui seul [sera] en ce jour-là".
  • (7;14-15) : "Ainsi, mon Seigneur vous donnera un signe : Voici la jouvencelle enceinte et elle enfantera un fils et elle aura crié son nom Immanou-El (Dieu est avec nous). De crème et de miel il mangera pour sa connaissance d'abhorrer en mal et de choisir en bien." Le mythe messianique est lancé …
  • Partout sont condamnés les adeptes de toutes les mantiques : l'avenir n'est pas écrit, mais reste éternellement à construire.
  • (9;5) La foire au Messie continue : "Car il enfante, il enfante pour nous un fils, don pour nous, et la souveraineté adviendra sur son épaule et on criera son nom : Prodige, Conseiller de Dieu, Puissant, Père d'Eternité, Prince de Plénitude."
  • 9;11) "Le Syrien à l'orient et le Philistin (Palestinien) à l'occident, ils mangeront Israël à pleine bouche". Rien n'a changé !
  • (11;1-9) Ce texte célèbre décrit la vie dans la Royaume du Messie : "Puis un rameau sortira du tronc d'Yèshay et un rejeton naîtra de ses racines. Sur lui se posera le souffle de YHWH, le souffle de Sagesse et d'Intelligence, le souffle de Conseil et de Puissance, le souffle de Connaissance et de Crainte de YHWH. Et il respirera dans la Crainte de YHWH et il ne jugera pas selon ce que ses yeux voient et il ne prononcera pas selon ce que ses oreilles entendent. Et il jugera en justesse les indigents et (…)". Et tout à l'avenant dans ce manifeste gauchiste totalitaire d'il y a 2500 ans … Tout y est déjà, y compris "les lendemains qui chantent".
  • On remarquera, dans ce texte, l'apparition de sept des dix Séphirot : YHWH (Kétèr), Sagesse ('Hokhmah), Intelligence (Binah), Conseil (pour Bonté : 'Héssèd), Puissance (Guébourah), Connaissance (assimilé à Beauté – Tiphérèt) et Crainte de YHWH (assimilé à Gloire – 'Hod) … Les trois Séphirot qui restent (Victoire, Fondement et Royaume), n'apparaissent pas explicitement … sauf dans l'idée de Royaume de Dieu qui est omniprésente … mais qui une idéologie théocratique totalitaire et non une élévation spirituelle et mystique.
  • Etc …

 

De tous les Prophètes bibliques, c'est Isaïe qui a le plus été lu et qui a le plus été apprécié des chrétiens et des musulmans du fait que ce Prophète furieux ne cesse de conspuer, insulter, abaisser, condamner les Juifs. La tradition sera conservée, manifestement, par ceux qui ont lu ces imprécations avec jouissance.

C'est aussi dans ce livre que se développe le mythe du Messie, du "Rédempteur" (que les chrétiens identifient à Jésus, et les musulmans à Mu'hammad).

Les versets qui suivent, montrent comment l'idée de Messie a été inventée et traitée par Isaïe :

 

  • "Les juges et les conseillers seront rétablis." (Isaïe 1:26)
  • "Il sera un arbitre entre les nations et le percepteur de peuples nombreux." (Isaïe 2:4)
  • "(…) Seul Dieu sera grand en ce jour." (Isaïe 2:17)
  • "Un rameau sortira de la souche de Jessé." (Isaïe 11:1)
  • "Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de Dieu." (Isaïe 11:2)
  • "Il jugera les faibles avec justice, il rendra des arrêts équitables en faveur des humbles du pays (...) du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant." (Isaïe 11:4)
  • "(...) Les nations se tourneront vers lui." (Isaïe 11:10)
  • "Il sera un messager de paix." (Isaïe 52:7)
  • "Car Ma Maison sera appelée une maison de prières pour toutes les nations." (Isaïe 56:3-7)
  • "En ces jours-là, dix hommes de toute langue, de toute nation, saisiront le pan de l'habit d'un seul individu juif en disant : Nous voulons aller avec vous car nous avons entendu dire que Dieu est avec vous !" (Zacharie 8:23)
  • "Les cités en ruine d'Israël seront restaurées." (Ezéchiel 16:55)
  • "Les armes de guerre seront détruites." (Ezéchiel 39:9)
  • "Le Temple sera reconstruit." (Ezéchiel 40)
  • " Je gratifierai les peuples d'un idiome épuré, pour que tous invoquent le nom de l'Éternel et l'adorent d'un cœur unanime." (Sophonie 3:9)
  • "(...) Je ferai pénétrer ma loi en eux (la maison d'Israël), c'est dans leur cœur que Je l'inscrirai (...) Car, tous ils me connaîtront." (Jérémie 31:33-34)
  • "Il prendra la terre inculte et la rendra abondante et fertile." (Isaïe 51:3, Amos 9:13-15, Ezéchiel 36:29-30, Isaïe 11:6-9)

 

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Les Evangiles synoptiques  ont été écrits par des auteurs qui, rappelons-le, n'ont jamais connu Jésus, mais écrivaient à la botte de Paul, l'antisémite, qui, lui non plus, n'a jamais connu Jésus, mais qui croyait, dur comme fer, aux messages et imprécations d'Isaïe ; ces Evangiles furent donc inventés au plus près pour "coller" avec les prédictions d'Isaïe. En fait, c'est Isaïe, au travers de Paul, qui est l'inventeur du christianisme ; le juif Jésus, historique, n'y est qu'un prétexte.

 

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La Sagesse naît des limites.

 

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Rien de matériel n'est éternel.

La mémoire qui est dans le bois de l'arbre, ne perdure que tant que l'arbre est vivant.

Si l'arbre meurt, sa mémoire pourrit avec lui.

 

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Je hais l'idée même du monothéisme (qui n'est pas l'idée seulement d'un seul Dieu, mais surtout l'idée d'un Dieu seul hors de la réalité du Réel). Cette séparation ontique du Ciel et de la Terre me révulse. Elle est la source de tous les phantasmes, de toutes les illusions, de tous les "rêves", de tous les dogmatismes, de toutes les idéologies, de tous ces "idéaux" qui sont le cancer de l'humanité depuis des milliers d'années.

Croire qu'il puisse exister un "autre monde" qui soit "mieux" que le monde réel est une absurdité absolue. Mieux par rapport à qui ou à quoi ?

Le monde réel des humains, de la Matière, de la Vie et de l'Esprit reste à construire à la sueur de tous les fronts … et il n'y a pas de plan ; il n'y a que des règles !

 

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Le 10/01/2021

 

Petit florilège de Sénèque :

 

"Il faut nous attacher à ne pas suivre, comme des moutons, le troupeau qui nous précède."

 

"Si tu veux être heureux, être un homme libre, laisse les autres te mépriser."

 

"Il faut toute la vie pour apprendre à vivre."

 

"Apprends à être joyeux."

 

"Toute méchanceté a sa source dans la faiblesse."

 

"Ce qui importe, c'est l'opinion que tu as de toi-même et non l'opinion que les autres ont de toi. C'est par des moyens vils qu'on se fait aimer des êtres vils."

 

"Ne rends pas tes souffrances plus fortes encore, ne te charge pas de plaintes, légère est la douleur si l'imagination ne la grossit."

 

"L'espoir est la plus grande entrave à la vie. En prévoyant demain, aujourd'hui se perd."

 

"Quand tu auras désappris à espérer, je t'apprendrai à vouloir."

 

"Tu cesseras d'avoir peur quand tu cesseras d'espérer, car l'espoir est toujours accompagné de peur."

 

"Qu'y a-t-il de pénible à retourner d'où l'on vient ? Il vivra mal celui qui ne saura pas mourir."

 

"Personne ne peut porter longtemps le masque."

 

"Les douleurs légères s'expriment, les grandes douleurs sont muettes."

 

"Nous sommes souvent plus effrayés que blessés et nous souffrons de l'imagination plus que de la réalité."

 

"Seul l'arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c'est dans cette lutte que ses racines, mises à l'épreuve, se fortifient."

 

"Perdre la vie est perdre le seul bien que l'on ne pourra regretter d'avoir perdu puisque l'on ne sera plus là pour s'en rendre compte."

 

"Ne dis pas de toi-même ce que tu ne veux pas entendre d'un autre."

 

"C'est quand on n'a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien."

 

"La vie est pièce de théâtre. Ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée."

 

"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles."

 

"Rien ne nous est plus utile que de vivre tranquille, de parler peu avec les autres et beaucoup avec nous-mêmes."

 

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Au niveau cosmologique, deux ordres concurrents coexistent …

 

L'ordre pyramidal est un ordre hiérarchique évoluant par construction assembliste, selon une logique objectale (sphéroïdale, atomiste) ; un ordre mécanique, statique et uniformisant, basé sur la conservativité et la dépendance.

L'ordre réticulé est un ordre fractal évoluant par construction émergentielle, selon une logique processuelle (fractale, structuraliste) ; un ordre organique, dynamique et complexifiant, basé sur la créativité et l'autonomie.

 

Toute la physique classique ne s'est occupée que du versant pyramidal de l'ordre cosmique. La physique complexe s'occupe du versant réticulé et de son articulation avec le versant pyramidal.

 

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Depuis toujours, l'histoire humaine (comme l'évolution de la plupart des processus complexes) est le fruit d'une dialectique permanente entre deux modes organisationnels qui coexistent à l'échelle cosmologique : l'ordre pyramidal et l'ordre réticulé.

L'ordre pyramidal est un ordre hiérarchique et guerrier, étatique et sécuritaire, fondé sur le pouvoir et la puissance, d'essence masculine et spatiale (posséder), évoluant par construction assembliste ; un ordre mécanique, statique et uniformisant, basé sur la conservativité et la dépendance.

L'ordre réticulé est un ordre fractal et marchand, libéral et libertaire, fondé sur l'intelligence et l'échange, d'essence féminine et temporelle (devenir), évoluant par construction émergentielle ; un ordre organique, dynamique et complexifiant, basé sur la créativité et l'autonomie.

Cette bipolarité a, bien sûr, été transformée en dualité par les idéologies : d'un côté le libéralisme et de l'autre l'étatisme (plus ou moins totalitaire, autoritaire, velléitaire, interventionniste, démagogique, etc …).

En fait, ces deux ordres sont en dialogues permanents de façon à dissiper, dialectiquement et le plus optimalement possible, les tensions intracommunautaires et intercommunautaires. Plus le monde humain devient complexe, moins l'ordre pyramidal est efficace (c'est bien le cas aujourd'hui, en pleine période chaotique entre deux paradigmes).

Chaque paradigme définit, par essence, une modalité particulière de dialogue entre ordre pyramidal étatique et ordre réticulé libéral. Et, plus le monde devient complexe, plus la composante libérale doit devenir prépondérante, c'est-à-dire plus la composante étatique doit se limiter, comme déjà exprimer ailleurs, à maintenir la paix intérieure et extérieure en fixant les règles éthiques de l'activité libérale.

 

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La judéité n'est affaire ni de race (au sens génétique), ni de religion (au sens dogmatique), mais affaire de tradition culturelle, spirituelle et cultuelle.

 

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Le 11/01/2021

 

De Winston Churchill (1874 - 1965) :

 

"Le défaut du capitalisme, c'est qu'il répartit inégalement la richesse.

La qualité du socialisme, c'est qu'il répartit également la misère... "

 

 

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Ne pas confondre le doute fécond et le scepticisme pervers ...

 

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Yuval Noah Hariri disait récemment que le problème de la science est qu’elle découvre des vérités universelles alors que les gens qui se sentent au bord du chemin de la globalisation se regroupent en communautés dont la cohésion ne peut se faire qu’autour de croyances tribales qui leur servent de ciment. Ils ressentent l’universalisme comme une menace et la rejettent.

Il écrit :

 

"La science permet de créer des connaissances, donne des moyens pour agir sur le monde et ouvre sur des technologies et des applications. Mais savoir s’il faut ou non développer ces technologies n’est plus du domaine de la science et relève plutôt de l’éthique et de la gouvernance politique. Les ciseaux génétiques d’Emmanuelle Charpentier constituent une découverte fondamentale extraordinaire, mais qu’il faut bien sûr manier avec précaution. Fallait-il ou non construire la bombe atomique ? La question se posait à l’époque dans un contexte particulier, mais savoir s’il fallait établir l’équation E=mc² qui impliquait la bombe n’est pas questionnable ! C’est le manque de culture scientifique qui induit la défiance. Je suis frustré quand j’allume la télévision ou la radio d’entendre qu’on rabâche sans cesse les mêmes questions de petites stratégies ou tactiques politiciennes et qu’on ne parle quasiment jamais de science, alors qu’elle a pourtant un impact extraordinaire sur nos vies et qu’en comprendre les valeurs est essentiel. Le GPS, les lasers, l’IRM, les ciseaux génétiques et tous les appareils que nous utilisons tous les jours sont basés sur la science moderne, la physique quantique, la relativité ou la biologie moléculaire. Le rappeler en insistant sur l’importance de la science dans notre quotidien devrait être une mission importante des médias."

 

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Notre Bible judaïque actuelle est la compilation de textes.

La Torah originelle (le Pentateuque) fut écrite après le retour de Babylone sur base du Deutéronome (le "Livre de la Loi" de la réforme de Josias) et fondit le lévitisme. Les quatre autres livres de la Torah ne sont que des développements et des compléments ultérieurs). Le reste de cette compilation qu'est la Bible, a accumulé des récits pseudo-historiques ou sapientiaux de diverses origines.

Les récits concernant Josias, ne sont pas contemporains de lui. Loin s'en faut. L'histoire de Josias (roi sacrifié peu avant la grande déportation à Babylone) a été récupérée par la mouvance populaire des pharisiens contre l'élite sadducéenne du Temple qui, elle, perpétuait le lévitisme (exempt de tout messianisme) tel qu'établi par la Torah.

Je pense que le messianisme (comme la croyance en l'immortalité de l'âme, en la vie après la mort et en une résurrection des morts) est le fait du pharisaïsme. Le sadducéisme (l'orthodoxie lévitique du Temple) a toujours rejeté ces balivernes.

Mais, après la destruction du Temple par les Romains en 70, le sadducéisme, si fort lié au Temple, s'effondre avec lui (sauf à Alexandrie où le mariage se fait avec la philosophie grecque par Philon et d'où émergera la Kabbale dont le rabbinisme se méfiera toujours), et le pharisaïsme triomphe, fonde le rabbinisme et fera émerger le talmudisme.

Les débuts du christianisme forment un surgeon de cette même mouvance pharisienne (dont Jésus - comme Paul - est très clairement issu, même s'il a flirté avec le zélotisme puis avec la dissidence essénienne de Jean-le-Baptiste, toutes deux aussi virulemment anti-sadducéennes). Le christianisme naissant a d'ailleurs parfaitement récupéré ce pseudo-essénisme qui est à la source de tous les monachismes chrétiens.

La question qui me hante est celle-ci : où les pharisiens de la première heure (vers le 4ème ou 3ème s. avant l'ère vulgaire) ont-ils été chercher leur inspiration pour inoculer les croyances en le Messie, en l'immortalité de l'âme, en la vie après la mort et en la résurrection des morts, qui sont des croyances totalement étrangères au judaïsme originel ? On évoque généralement une piste connue : l'Egypte qui a toujours cru en une vie après la mort (cfr. momies, pyramides, mastabas), en un jugement de l'âme (la balance de Ma'at) en vue de son immortalité éventuelle (mettant en scène Osiris, Horus et Seth), et en la restauration des dynasties pharaoniques. Mais la tradition égyptienne est sotériologique et non eschatologique …

 

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Le 12/01/2021

 

La mise sous tutelle du judaïsme par le pharisaïsme est la suite inéluctable de la destruction du Temple et de l'effondrement du sadducéisme orthodoxe. Le centre en fut l'école de Yabnéh, autour de rabbi Akiba appuyée, notamment, sur la traduction déviante, en araméen (la langue populaire ; l'hébreu n'était plus que la langue sacerdotale), de la Torah sous le nom de "Targoum d'Onkelos". Suivra la rédaction de la Mishnah (2ème s.) dont les commentaires hiérosolymite et babylonien (les deux guémarot -  écrits entre 3ème et 6ème siècles) constitueront les deux Talmuds fondateurs du pharisaïsme rabbanite. Cette longue époque du 1er au 6ème siècle (étudiée avec zèle par mon ami l'historien Frédéric Morvan) montre l'incroyable collusion (initiée, sans doute, par "l'adopté" Paul de Tarse) entre l'élite rabbanite et la haute noblesse romaine (il ne faut jamais oublier qu'avant la prévalence chrétienne, la religion juive eut un énorme succès à Rome, avec de très nombreuses conversions) ... et de laquelle sortira le christianisme paulinien qui triomphera en 325 avec l'empereur Constantin.

 

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Philosophiquement, et sous l'influence chrétienne, on a aujourd'hui tendance à malencontreusement confondre :

 

  • la sotériologie qui regroupe les doctrines du salut personnel au-delà de la mort grâce à l'immortalité d'une âme personnelle, supposée apte à une autre vie éternelle, dans un autre monde, céleste ou spirituel, en tous les cas "divin" ;
  • l'eschatologie qui regroupe les doctrines de la fin des temps (de souffrances ?) accompagnée de la résurrection des morts, du jugement dernier et de la transformation radicale du monde en Royaume de Dieu où règnera, définitivement, la Paix, la Joie, la Douceur, l'absence de crime, de souffrance et de mort.

 

Il est curieux de constater que le christianisme véhicule les deux corps de doctrines en parallèle (la catholicisme est franchement sotériologique, alors que les témoins de Jéhovah sont outrageusement eschatologiques), alors que ces deux voies sont contradictoires : si l'âme pure est sauvée dès la mort de son porteur et a accès directement au paradis céleste, l'idée d'une fin du monde et d'une résurrection des morts devient totalement superfétatoires. Il faut choisir entre salut personnel dans un autre monde et salut collectif dans ce monde-ci !

 

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Ce qui m'intrigue, c'est la naissance de la dissidence pharisienne (les Péroushim, en hébreu : les "séparés") au 4ème siècle avant l'ère vulgaire et l'importation (d'Egypte ?) de croyances concernant "l'après-mort", étrangères à la Torah.

Ce qui m'intrique encore plus est que le salut eschatologique est très présent dans le judaïsme pharisien et rabbanite, alors que le salut sotériologique en est presque absent ... alors que, si la source d'inspiration d'une "après-mort" dans le pharisaïsme était égyptienne, ce serait la composante sotériologique qui serait dominante et non la composante eschatologique ... Alors : quelle est cette source d'inspiration eschatologique qui a abreuvé toute la littérature juive apocalyptique des trois derniers siècles avant l'ère vulgaire et dont le "Livre de l'Apocalypse" de Jean n'est qu'un plagiat christianisé.

 

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Messianisme et eschatologie vont évidemment de pair : le Messie annonce ou instaure les temps eschatologiques et fait basculer le monde de souffrance en un monde de plénitude (plérôme, parousie, etc …).

Dans le monde du judaïsme, le kabbalisme lourianique revivifie l'eschatologie messianique alors que les autres courants de la Kabbale ne s'y intéressent pas ou que très peu : le problème n'y est pas le temps et sa structure (ni les éventuelles issues individuelles ou collectives), mais l'atteinte spirituelle de l'intemporel.

 

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Il y a une différence abyssale entre l'immortalité (qui est religieuse et personnelle) et l'intemporalité (qui est mystique et impersonnelle).

 

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Les religions du salut proposent une sotériologie (salut personnel immédiat) ou une eschatologie (salut collectif à la fin des temps).

Les mystiques, quant à elles, visent l'intemporalité c'est-à-dire la fusion de soi, ici-et-maintenant et pour toujours (si possible), avec le Réel vivant qui engendre le temps tout en le dépassant.

Le temps étant second, toute sotériologie et toute eschatologie ne sont que des leurres ; le cheminement spirituel vise à atteindre ce qui est premier, au-delà de toute temporalité. Dès que le temps n'existe plus comme réalité (même s'il existe comme engendré par la réalité), toutes les notions d'immortalité s'étiolent immédiatement comme autant de mirages.

Le Réel est absolument impersonnel et toutes les personnes ne sont que des masques illusoires de théâtre.

Le salut des religions est toujours le salut d'une "personne" (individuelle ou collective, immédiate ou différée). Mais toute personne (per-sona) n'est qu'un masque théâtral au travers (per) duquel sonne (sona) c'est-à-dire se manifeste le Réel impersonnel.

 

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L'illusion mythique de l'immortalité n'est qu'une impasse facile et trompeuse qui masque le vrai chemin de l'intemporalité.

Elle est facile parce qu'elle est à la portée de n'importe quel esprit faible ayant peur de sa propre mort.

Elle est trompeuse parce qu'elle laisse croire en la réalité d'un quelconque ego nouménal.

 

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Oublie-toi toi-même et chemine vers l'intemporalité.

 

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Mourir, c'est rejoindre l'intemporel.

 

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La temporalité n'est que la mince couche extérieure du Réel.

 

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Le 13/01/2021

 

D'Eric Zemmour :

 

"Les juges ne rendent plus leurs décisions au nom du peuple français

mais au nom de leur idéologie."

 

Triste vérité ! Il est temps que la magistrature soit clairement et profondément nettoyée. Son vénérien noyautage socialo-gauchiste fait rimer "justice" avec "chaude-pisse".

 

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La spiritualité (voire la mystique) est unique, au-delà de toutes les traditions religieuses. Sinon, il s'agit de mysticisme, c'est-à-dire d'une forme d'hystérie religieuse à l'intérieur d'une de ces traditions.

 

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Chaque tradition religieuse est comme un arbre avec de bien nombreuses racines qui plongent parfois profondément (jusqu'à en rejoindre d'autres et se confondre avec elles), et de multiples branches, elles-mêmes subdivisées en sous-branches, mouvances, factions et sectes diverses.

La difficulté technique d'une philosophie des religions est de caractériser le "tronc" de chaque tradition religieuse (et ensuite, de voir ce qui en différencie les diverses branches) : y a-t-il quelque chose de réellement commun à toutes les doctrines et/ou pratiques qui se réclament d'une même "religion" ?

Pour la plupart des traditions religieuses, le "tronc" commun semble se référer à un texte fondateur : la Torah pour le Judaïsme, le Témoignage (Evangiles - canoniques ? – et Actes ; les Epîtres et l'Apocalypse sont plus problématiques) pour le Christianisme, le Coran (quelle version ?) pour l'Islamisme, le Tao-té-King pour la Taoïsme, les Entretiens pour le Confucianisme ; le cas de l'Hindouisme et du Bouddhisme sont beaucoup plus délicats à traiter puisque ces "religions" n'en sont pas vraiment, mais sont plutôt des "bosquets" spirituels et parfois religieux, dont les essences sont assez disparates (il n'y a vraiment pas grand' chose de commun entre le Bön "bouddhisé" tibétain et le Zen japonais qui est bien plus taoïste que bouddhiste …).

 

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Le rapport entre la spiritualité (mystique) unique et les nombreuses traditions religieuses est le même que celui entre le but à atteindre et les multiples chemins pour l'atteindre.

 

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Le nouveau paradigme qui vient sera spirituel (avec des pointes mystiques), mais ne sera plus religieux.

 

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La différence essentielle entre spiritualité et mystique tient en ceci que la spiritualité cohabite harmonieusement avec les autres dimensions de la vie, alors que la mystique est plus unidimensionnelle (voire obsessionnelle).

Un mystique consacre la totalité de sa vie à sa quête spirituelle, alors qu'un spirituel fonde toutes ses activités sur sa posture spirituelle et éthique, mais n'y consacre pas toutes ses énergies.

Le mystique s'écarte du profane alors que le spirituel l'assume.

 

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Chaque être, humain ou non (même prénommé Jésus), est une "personne consubstantielle au Père" … puisque "le Père" est un des noms du Divin qui est le Réel dont tout ce qui existe, émane et que tout ce qui existe, manifeste.

Derrière tous les masques au travers (per) desquels il "sonne" (sona), il n'y a qu'un seul et unique acteur !

 

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Le 14/01/2021

 

De Pierre-François Mansour :

 

"Sociologue portoricain né en 1956, Ramon Grosfoguel devient, en 2001, professeur à l’Université de Californie – à Berkeley, centre névralgique des études postcoloniales puis décoloniales aux États-Unis. Disciple d’Edward Saïd, Grosfoguel inscrit ses recherches dans une démarche postcoloniale : malgré l’indépendance des pays du Sud, les postcoloniaux estiment qu’il existe des résidus du colonialisme (sur les plans politique, culturel, économique et dans l’inconscient collectif) dans les pays du Sud mais aussi dans ceux du Nord. Leur postulat de base est que le capitalisme libéral, en favorisant la recherche de nouveaux marchés, aurait poussé les États européens à coloniser les pays du Sud dans une logique tant impérialiste que mercantile. En se référant à des auteurs majoritairement occidentaux (Foucault, Deleuze, Derrida, Guattari, Lacan, Lévi-Strauss, etc.), les premiers disciples d’Edward Saïd estiment que l’Occident devrait désormais tourner véritablement la page coloniale, reconnaître son lourd passé et se débarrasser de son racisme inconscient à l’égard des peuples 'subalternisés'. Tournant. Grosfoguel fait partie, quant à lui, de l’école postcoloniale « latino » (Enrique Dussel, Walter Mignolo, Anibal Quijano). Selon ces penseurs, la colonisation ne commence pas après la révolution industrielle, mais débute en 1492 – date de la 'découverte' des Amériques par Christophe Colomb –, soit près de trois siècles avant l’émergence du capitalisme en Europe. Ce n’est donc pas l’économie libérale qui pousse les États européens à coloniser le reste du monde, mais l’inverse : c’est la colonisation qui a permis la mise en place du capitalisme. Cette perspective, plus radicale dans sa critique d’un Occident intrinsèquement colonialiste (indépendamment de facteurs économiques), provoque au sein du mouvement un tournant 'décolonial', dont Grosfoguel est un des pères fondateurs. Il s’est progressivement rapproché du Parti des indigènes de la République et de ses alliés, estimant que ce mouvement militant incarne la révolution décoloniale dont la France aurait besoin. "

 

Tous les rétro-activismes doivent être combattus avec le plus extrême rigueur et la plus extrême vigueur. Refaire l'histoire est aussi absurde que de refaire la biologie. L'égalitarisme généralisé est une imbécilité majeure de notre époque. Il est temps de dire et de répéter que les individus, les cultures, les religions, les races, les sexes ou genres (ce qui est la même chose), les ethnies, etc … ne sont pas égaux, et ne le seront jamais, quel que soit le critère de comparaison utilisé !

Ghandi n'est l'égal de Hitler.

Spinoza n'est pas l'égal de Marx.

Einstein n'est pas l'égal de Lyssenko.

Mozart n'est pas l'égal de Chantal Goya.

Il est temps que les humains (surtout les petits crétins de Sciences-Po ou équivalents) comprennent que les lois de la Vie s'appliquent à eux aussi, notamment les lois de la sélection naturelle, de la complémentarité des sexes et de la conquête de territoires.

 

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Chaque religion est un ensemble de croyances.

Cet ensemble comprend un nombre plus ou moins limité et défini de croyances plus ou moins structurées, cohérentes, répertoriées, dogmatisées, partagées, etc …

Mais il s'agit toujours de croyances et non de Foi.

Concernant cette Foi, il n'est qu'une seule et unique question à laquelle il faut répondre par oui ou par non, sachant que la démonstration ne pourra jamais en être faite : le Réel est-il cohérent dans toutes ses dimensions ?

Si l'on répond affirmativement à cette question, alors la Foi est établie et le principe de cette cohérence holistique peut être appelé Dieu, Divin, Logos, Esprit, Tao, Brahman, Père … ou tout ce que l'on voudra.

Si la réponse est négative, alors on pourra parler d'athéisme vrai qui est la négation de la Foi, sous toutes ses formes.

Tout le reste est bavardage ! Les croyances ne sont que des ornementations, des illustrations, des illusions, des phantasmes, des colifichets, des ritualisations, des mythifications qui tentent – en vain – de spécifier, de clarifier, d'expliciter ou de répandre la Foi.

 

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Les spirituels (et les mystiques) s'occupe de la Foi.

Les religieux s'occupent des croyances.

 

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Qu'importent Abraham, Moïse, Lao-Tseu, Siddhârta Gautama, Zarathoustra, Jésus, Mu'hammad et tous les autres : ils ne sont que des personnages (largement imaginaires) sur la grande scène de la Foi dans l'histoire humaine.

 

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L'idée de théocratie a été, à mon sens, totalement pervertie.

Qu'est-ce qu'une théocratie ? Tout simplement un organisation sociétale dont le principe directeur n'est pas anthropocentré, mais bien théocentré. Cela signifie que l'organisation sociétale a pour vocation et pour mission, primordiales et prioritaires, d'élever le niveau spirituel des humains et d'inscrire toutes leurs activités dans cette élévation. Il s'agit donc de privilégier l'intériorité sur l'extériorité, la sacralisation sur la profanisation, la sainteté sur la profitabilité, etc …

Bien sûr, l'idée de théocratie a été totalement dévoyée et, avec le principe de "monarchie de droit divin", a servi de prétexte à la mise en place de dictatures humaines soi-disant bénies des dieux ou de Dieu : ce ne fut que de l'autocratie déguisée en théocratie. Une imposture et une duperie.

Il serait bon, en cette aube d'un nouveau paradigme, de repenser l'idée de mettre le "pour quoi" de la société humaine, avant son "comment". Vivre ensemble (harmonieusement, éthiquement, équitablement, justement, etc …), soit, mais pour quoi faire ?

Quelle mission l'humanité se donne-t-elle ? C'est en répondant à cette question qu'il faudra choisir entre théocratie et nombrilocratie.

 

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La notion de péché n'a rien à voir avec une quelconque "faute envers Dieu". Dieu se fiche, comme d'une guigne, des turpitudes humaines. N'est péché qu'une faute contre sa propre vocation spirituelle, contre la fidélité que l'on doit aux règles de vie que l'on s'est fixées, contre le chemin de sa propre élévation vers le Sacré et la Sainteté, contre la Foi, en somme, c'est-à-dire contre la cohérence du Réel.

Le péché n'est que l'autre mot pour désigner l'incohérence de l'action par rapport à la vocation.

Dans toutes les traditions spirituelles et religieuses, cette cohérence entre action et vocation fait l'objet de lois, de préceptes, d'ordonnances, de commandements, etc … pour aider chacun à y voir plus clair sur son chemin ; mais y contrevenir n'offense en rien le Divin qui ne peut que constater une erreur navrante noyée dans un océan d'actes divers et variés qui contribuent, ou pas, à construire le Réel dans le bon sens.

 

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L'idée centrale de l'eschatologie juive originelle s'ancre dans l'espoir d'une restauration de la lignée davidique, interrompue, au 7ème siècle avant l'ère vulgaire, par l'invasion de Nabuchodonosor, la destruction du Temple et la mort du dernier roi davidique du royaume de Judah.

Tous les anciens rois de la Maison d'Israël était des Oints d'huile sacrée (cfr. Samuel), donc des Messies ("oints" en hébreu) et des Christs ("oints" en grec).

L'espoir d'une restauration de la lignée davidique était donc, littéralement, une espérance messianique (mais qui, donc, ressortit d'une espérance politique et non pas d'une espérance spirituelle ou mystique).

Cette eschatologie n'implique nullement "une fin des temps" … mais seulement la fin d'une carence politique.

D'où, donc, vient cette idée d'une finitude de l'histoire humaine et d'une abolition du monde, idée qui s'installera durablement dans les mouvances pharisiennes, rabbiniques et talmudiques ?

Cette idée n'est, à ma connaissance, ni égyptienne, ni grecque, ni persane, ni indienne … D'où vient-elle ?

Il y a un saut énorme entre Isaïe (eschatologie politique) et Daniel[1] (eschatologie théologique). Que s'est-il passé entre ces deux visionnaires ? Est-ce Daniel lui-même qui a franchi le pas par extrapolation, ou s'est-il inspiré ailleurs, mais où ?

Quoiqu'il en soit, tout a été fait, dans les premiers écrits chrétiens, pour faire "coller" la vie de Jésus avec les prophéties d'Isaïe et pour faire de lui un "roi des Juifs" descendant direct de David, l'assimilant ainsi au Messie politique (ce qui fut le motif officiel de son exécution par les Romains - cfr. INRI). L'assimilation de Jésus au Messie théologique de Daniel est postérieure et est, sans doute, la conséquence de l'échec politique de Jésus en termes de restauration de la royauté davidique. Aux yeux de ses disciples (tous Juifs, ne l'oublions pas), Jésus est le Messie ; mais puisque, visiblement, il n'est pas le Messie politique d'Isaïe (malgré tous les efforts faits pour l'y assimiler), il est "forcément" le Messie théologique de Daniel.

Ainsi se déroula la divinisation de l'homme Jésus en "Fils du Père", Dieu en Dieu, deuxième personne de la même substance divine.

 

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La naissance du christianisme est la conséquence de l'échec de Jésus.

 

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Malgré qu'il soit, et de loin, le moins mauvais des "systèmes" jamais pratiqués dans le monde et dans l'histoire, le modèle politique de la Modernité occidentale (Etats-nations, Démocratie et Capitalisme) est désormais clairement obsolète pour au moins sept raisons :

 

  • les plateformes numériques mondialisées se sont octroyé un titanesque pouvoir de manipulation, de censure et d'ostracisme qu'aucun gouvernement n'est capable de contrer ;
  • les minorités rétro-activistes (déconstructionnistes des réalités scientifiques, biologiques et historiques) imposent, un peu partout, leurs diktats au nom d'une "morale" à rebours et d'un égalitarisme forcené ;
  • les démocratures et l'illibéralisme prolifèrent, un peu partout, sans vergogne ;
  • les socialo-populismes, un peu partout, prônent une idéologie du ressentiment et une apologie de la médiocrité ;
  • la décroissance matérielle est incontournable et les gesticulations politiques ne pourront rien contre la colère des frustrés ;
  • la chaotisation du monde et ses multiples manifestations, notamment pandémiques, ne sont pas terminées et vont atteindre leur paroxysme ;
  • les abstentionnismes s'amplifient, un peu partout, et les masses s'offrent en pâture au plus offrant en matière de panem et circenses.

 

Un nouveau modèle de gouvernance est indispensable et urgent si l'on veut éviter la guerre de tous contre tous.

Le modèle occidental ne doit pas être abrogé ; il doit être dépassé et sublimé.

Je reste persuadé que le chemin de ce dépassement oblige à passer de l'ordre pyramidal actuel à un ordre réticulé.

 

Pour rappel  …

 

Depuis toujours, l'histoire humaine est le fruit d'une dialectique permanente entre deux modes organisationnels : l'ordre pyramidal et l'ordre réticulé.

L'ordre pyramidal est un ordre hiérarchique et guerrier, étatique et sécuritaire, fondé sur le pouvoir et la puissance, d'essence masculine et spatiale (posséder), évoluant par construction assembliste ; un ordre mécanique, statique et uniformisant, basé sur la conservativité et la dépendance.

L'ordre réticulé est un ordre fractal et marchand, libéral et libertaire, fondé sur l'intelligence et l'échange, d'essence féminine et temporelle (devenir), évoluant par construction émergentielle ; un ordre organique, dynamique et complexifiant, basé sur la créativité et l'autonomie.

 

Si cette évolution du pyramidal vers le réticulé ne se fait pas, l'actuel pyramidal doux et démocratique sera remplacé par un pyramidal dur et dictatorial que préparent les sept pistes décrite plus haut.

 

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En grec, ce n'est pas par hasard que le mot Kosmos signifie, en même temps, Ordre et Beauté. Cohérence et Elégance.

Ce qui est beau est ordonné. Ce qui est ordonné est beau.

Ce qui est élégant est cohérent. Ce qui est cohérent est élégant.

 

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D'Héraclite :

 

"Le Cosmos s'est fait lui-même, ni pour les dieux, ni pour les hommes."

 

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L'histoire philosophique ne cesse d'opposer deux regards.

Est-ce l'intelligence humaine qui manifeste et reflète l'Intelligence cosmique, ou est l'intelligence humaine qui invente une supposée Intelligence cosmique et s'y projette ?

Cette opposition est celle qui met, face à face, cosmocentrisme (réalisme) et anthropocentrisme (subjectivisme).

Dans le premier cas, la science serait une approche du Réel ; dans le second cas, la science serait un phantasme sur le Réel.

Cette seconde posture me semble totalement intenable pour trois raisons :

 

  • Elle fait montre d'un orgueil humain démesuré, se posant, en somme, la pensée humaine comme maître de l'ordre universel.
  • Elle ne peut pas rendre compte de la convergence entre les prédictions théoriques et les résultats expérimentaux.
  • Elle serait incapable de l'idée même d'erreur puisqu'elle serait la seule intelligence qui invente tout.

 

Il me paraît plus raisonnable de concevoir un dialogue permanent entre une Intelligence cosmique qui fonde l'intelligence humaine et ladite intelligence humaine qui va à la rencontre de cette Intelligence cosmique dont elle procède.

La science, alors, serait le point de convergence de ce dialogue entre le Tout et la partie, entre l'intelligence humaine qui essaie de "deviner" le principe de cohérence d'une Intelligence cosmique dont elle procède et dont elle est un reflet.

 

Le fait de nier, purement et simplement, l'existence de ce principe de cohérence cosmique ou, ce qui revient au même, l'existence de cette Intelligence cosmique, revient à nier, purement et simplement, toute possibilité de science ce qui, manifestement, serait absurde au vu des résultats déjà obtenus et vérifiés, et des techniques efficientes qui en découlent et qui opèrent, de façon voulue et prévisible, sur le Réel.

 

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Le 05/01/2021

 

Il faut bien comprendre l'immense différence qui existe entre le judaïsme lévitique qui vise l'intemporalité (dominant de -650 à +70) et le judaïsme rabbanite qui vise l'immortalité (dominant de +150 à nos jours).

La période de transition, entre +70 et +150 tourne autour de trois pôles : la Judée avec pour centre Yabnéh et rav Akiba autour de la Mishnah, la Babylonie avec pour centre Pumpédita et rav Yéhoudah autour du Talmud, et l'Egypte avec pour centre Alexandrie et Philon autour de la proto-Kabbale.

Les noyaux judéen et babylonien ont fusionner pour donner le talmudisme, et le noyau alexandrin est entré en clandestinité pour engendrer le kabbalisme.

Le développement de ce "nouveau" judaïsme qui deviendra talmudiste, est parallèle et intriqué avec le développement du judéo-christianisme messianique et, par suite, du paléo-christianisme d'avant les Pères de l'Eglise (Augustin, Jérôme, etc ...).

Quelle est cette immense différence entre lévitisme et pharisianisme ?

Le lévitisme est une monolâtrie dans un contexte polythéisme (les dieux sont des forces et des puissances DANS le monde) et panenthéiste, et vise l'intemporalité (il ne croit pas en une quelconque vie après la mort, ni en l'immortalité de l'âme personnelle - Nishamah en hébreu).

Le pharisianisme est un monothéisme messianiste qui vise l'immortalité (eschatologique plus que sotériologique) après la mort.

 

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La plupart des nombre-clé de l'arithmosophie biblique ont une structure en (N+1). Ainsi :

 

  • Les sept jours de la semaine avec six jours ouvrés et un shabbat.
  • Les treize tribus d'Israël avec les douze tribus profanes et la tribu sacerdotale des Lévy.
  • Les neuf lumières de 'Hanoukah avec les huit allumages et le Shamash.
  • Les 613 ordonnances avec les 612 de l'Alliance (B'RYT : 2+200+10+400=612) et l'ordonnance mystique : Tzé, "Sors, pars, quitte".
  • Les 40 purifications (la traversée du désert) avec les 39 travaux interdits du Shabbat, et la sortie d'esclavage et d'idolâtrie.
  • Etc …

 

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Je déteste tout ce qui tombe du Ciel.

J'adore tout ce qui pousse de la Terre.

 

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Les grandes équations de la physique classique (Newton, Schrödinger et Einstein, en particulier) expriment une stricte équivalence entre deux regards.

L'un exprime l'évolution temporelle future du système étudié et l'autre exprime sa structure spatiale locale présente en explicitant deux éléments : l'un représente l'état présent interne du système et l'autre représente l'influence globale du reste de l'univers en ce lieu-là.

Bien sûr, on retrouve le ternaire fondamental, à savoir respectivement : la dynamique, le volumique et l'eidétique.

Mais ce qui est sous-jacent et implicite à toutes ces équations, c'est l'idée que l'évolution future est strictement déterminée par l'état local instantané du système comme rencontre, seulement à cet instant présent précis, d'un état interne et d'une influence externe.

Toute forme de mémoire ou d'intention (hors de l'instant présent, donc) en est exclue : tout est inclus dans le seul instant présent.

Voilà la grande différence entre mécanicisme et constructivisme.

 

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De Jean-Pierre-Yves Le Goff (historien du christianisme) :

 

"Il ne faut pas partir de l'objet construit, mais des circonstances et des conditions qui ont permis la construction. Alors l'objet fini peut apparaître sous un aspect extrêmement différent de celui que jusqu'alors on percevait."

 

Ce précepte est fondateur du constructivisme : pour comprendre ce qu'est un "objet", il faut d'abord s'enquérir de sa généalogie, de sa téléologie, de son écosystémie et de son axiologie car c'est de l'interaction de tout cela, au sein de son processus métabolique, qu'il résultera.

Faute de parcourir ce schéma, on ne comprendra jamais rien à cet "objet" qui restera l'écran des projection fantasmagorique de celui qui prétend en faire l'étude.

 

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Une des grandes maladies théologiques est de vouloir, à tout prix, "démontrer" de la véracité historique des faits relatés dans les récits des textes sacrés.

Ainsi, dans le judaïsme, il est plus que probable que ni Abraham, ni Isaac, ni Jacob, ni Moïse, ni David, ni Salomon (et ne parlons même pas d'Adam, d'Eve, de Noé, etc …) n'aient jamais existé. Et alors ?

Ainsi dans le christianisme, la vie de Jésus a été très largement (ré)inventée, pour la faire "coller" avec les prophéties d'Isaïe et Daniel ; du Jésus historique (ou des personnages qu'on a amalgamé dans sa personne), on ne connaît presque rien. Et alors ?

Ainsi dans l'islamisme, la vie historique de Mu'hammad est quasi inconnue et le Coran a été écrit, à plusieurs mains, sur plusieurs générations et après lui. Et alors ?

Ainsi dans le bouddhisme, de Siddhârta Gautama Sâkyamuni, on ne sait quasi rien. Et alors ?

Ainsi dans le taoïsme, personne ne peut être sûr que Lao-Tseu ait réellement existé. Et alors ?

Toutes ces quêtes d'historicité sont vaines, stériles et ridicules. Ce qui importe, ce n'est jamais l'historicité des personnages, mais bien la réalité et la fécondité des textes que la tradition a véhiculés (en les "reprisant" de droite et de gauche) et qui alimentent les quêtes et démarches spirituelles de ceux qui les étudient comme ils doivent l'être : comme des récits symboliques à ne jamais prendre au pied de la lettre et qui méritent une herméneutique riche et puissante, intelligente et inspirée.

 

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Toute épistémologie repose sur trois piliers : le Réel, l'Image et le Modèle.

Le Réel est ce qui existe et qui s'offre comme objet de toute recherche scientifique.

L'Image est l'ensemble (plus ou moins organisé et structuré) de toutes les données (plus ou moins précises et exactes) que les techniques (plus ou moins fiables) permettent de récolter à propos du Réel.

Le Modèle est la théorie que l'esprit invente pour rendre compte, de la manière la plus cohérente, consistante et plausible possible, de l'Image que l'on possède du Réel.

 

Le déconstructionnisme de Derrida revient à affirmer que toute démarche théorique est forcément esclave des idéologies ambiantes qui influencent, voire manipulent, le théoricien.

C'est sans doute un peu vrai, mais c'est sans la moindre importance, ni le moindre intérêt car la seule chose qui compte, est que le Modèle, d'où qu'il vienne et par quelque chemin qu'il soit advenu, rende compte, de la manière la plus fiable et la plus vérifiable, de la totalité et de tous les détails de l'Image qui a été constituée.

 

Il faut déconstruire le déconstructionnisme qui n'est qu'une tentative idéologique de tout ramener à de l'idéologie.

Le Réel et l'Image sont ce qu'ils sont, indépendamment de toute idéologie. Et tout Modèle qui en rend compte adéquatement, d'où que vienne son inspiration, est un bon Modèle, qu'il plaise ou non aux idéologies ambiantes.

 

Toute l'histoire de la pensée scientifique montre, à souhait, que le Modèle, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne, ne prend sens et valeur que dans son rapport de plausibilité à l'Image que l'on s'est faite du Réel.

Que cette Image soit influencée, elle aussi, par les idéologies ambiantes du fait des choix à faire entre telle ou telle technique de mesure, entre tel ou tel sujet d'étude, entre telle ou telle méthode, n'est pas dubitable. Mais cette emprise de l'idéologie sur la curiosité de l'esprit n'est jamais ni profonde, ni durable. L'histoire le démontre à souhait, de l'Inquisition à Lyssenko.

 

Les idéologies sont effectivement capables de faire dévier, pendant un temps et plus ou moins profondément, le cours de la recherche, mais, au final, cette influence est anecdotique dans la durée.

Il est donc faux de prétendre, comme le font les rétro-activismes à la mode, que toute connaissance et que toute culture sont forcément les fruits et les reflets d'une idéologie (évidemment occidentale, blanche, hétérosexuelle, patriarcale, judéo-chrétienne, philosophiste, etc …).

Toutes ces prétentions ne sont que des foutaises vaguement derridiennes n'ayant pour seul objectif que de décrédibiliser les savoirs sérieux et les connaissances réelles qui leur donnent radicalement tort.

 

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Le livre dit de Daniel est considéré, dans la tradition juive, comme venant d'un scribe et non d'un prophète (tout comme Job, Ezra ou Néhémie). Ce livre est écrit au 3ème siècle avant l'ère vulgaire (en hébreu et en araméen) ce qui fait de lui le plus récent des livres de la Bible hébraïque. Seuls les douze premiers chapitres font partie du canon juif. Les chapitres ultérieurs, canoniques pour le catholicisme et l'orthodoxie chrétienne, ont été écrits au 2ème siècle en grec.

 

Daniel a des visions. Dans l'une d'elle, la plus connue, il décrit la succession du Dieu lévitique. Le vieux Dieu ("l'Ancien des Jours") y est remplacé, pour "tous les siècles des siècles", par un Dieu jeune ("le Fils de l'Homme") qui  porte les messages messianiques et eschatologiques du pharisaïsme. Cette éradication du "vieux Dieu" juif fera les choux gras du christianisme et de l'islamisme.

Le livre du scribe Daniel fonde clairement l'eschatologie théologique comme extrapolation de l'eschatologie politique des prophètes (Isaïe en tête).

 

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Il ne faut jamais oublier que le canon de la Bible hébraïque a été établi et promulgué par des rabbins (de tradition pharisienne, donc) au début du haut moyen-âge ; avant eux, hors la Torat Moshéh (le Pentateuque) qui seule est sacrée, la notion de "canon" juif n'existait guère.

 

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Il faut bien se pénétrer de la différence colossale entre la quête d'immortalité (sotériologique ou eschatologique) et la quête d'intemporalité (mystique et initiatique).

Le fond de cette différence revient à décider si la "personne" (individuelle ou collective) est nouménale (c'est la thèse de la quête d'immortalité qui veut sauver le noumène personnel) ou épiphénoménale (c'est la thèse de la quête d'intemporalité qui veut dépasser l'épiphénomène personnel).

Ces deux thèses et ces deux quêtes sont incompatibles entre elles.

Du côté de la quête d'immortalité, on trouve le rabbinisme, les christianismes, les islamismes (c'est-à-dire les religions du Salut) et les animismes dont le shintoïsme et le bön tibétain.

Du côté de la quête d'intemporalité, on trouve le kabbalisme, le védantisme, le shivaïsme, le bouddhisme et le taoïsme (les spiritualités monistes et panenthéistes).

 

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La Bible hébraïque, selon le canon, est divisée en 24 livres. Ce nombre, en hébreu, s'écrit KD ce qui signifie "cruche".

La cruche est le récipient qui contient le vin de l'ivresse mystique …

 

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Dans "Le Point", Phébé parle de la biographie de Hitler par le prof. Simms de l'université de Cambridge :

 

"Ce n'était pas le communisme qu'Hitler haïssait par-dessus tout, mais le capitalisme en général et les États-Unis en particulier : « Le capitalisme anglo-américain contre lequel Hitler se révolta structura toute sa carrière politique. » La racine de l'antisémitisme hitlérien, ajoute Simms, « découlait de son hostilité à l'encontre de la finance internationale plutôt que de sa haine de la gauche radicale ». (…) Pour Simms, les communistes n'étaient pas la principale inquiétude d'Hitler. Ses anxiétés étaient plutôt dirigées contre les Britanniques et, surtout, contre les Américains. « Hitler devint un ennemi des Britanniques et des Américains avant de devenir un ennemi des juifs. En fait, il devint un ennemi des juifs à cause de son hostilité à l'encontre des puissances capitalistes anglo-américaines. »"Du fait de l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en 1941, l'ennemi absolu d'Hitler a longtemps été présenté comme étant la Russie communiste de Staline. Pour Brendan Simms cependant, il n'en est rien : le véritable ennemi du nazisme et de l'Allemagne était, selon Hitler, le capitalisme anglo-américain. Sa crainte d'une nation capitaliste ayant recueilli les meilleurs éléments européens par le biais de l'immigration eut une influence considérable sur sa vision du monde et sur sa haine des juifs."

 

Il est temps que l'on remette les pendule à l'heure : le national-socialisme est, avant tout, un socialisme antilibéral, comme le communisme. La différence ? Le premier est populiste et le second collectiviste. Mais l'essentiel n'est pas là du tout. Il s'agit de deux socialismes et de deux antilibéralismes. L'antisémitisme des deux camps (l'Allemagne nazie et l'URSS) ont la même source : le libéralisme autonomiste des Juifs.

 

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Le 16/01/2021

 

Dans tous les processus complexes, la séquence est la suivante :

  1. Un paradigme fonctionne sur sa logique interne propre (elle a cinq dimensions : généalogique, téléologique, axiologique, écosystémique et métabolique) ; il est en osmose avec son milieu ; il est résilient et  produit les adaptations utiles pour dissiper les tensions internes et externes, mais sans changer sa logique interne.
  2. Le milieu connaît des évolutions fortes que les sous-systèmes de régulation internes du paradigme ne parviennent plus à endiguer ; les cinq dimensions du paradigme finissent pas connaître une rupture irréversible.
  3. Le système, alors, entre en zone chaotique qui ne présente que deux issues possibles : l'effondrement ou l'émergence d'un nouveau paradigme viable (en général d'un niveau de complexité supérieur au paradigme perdu).
  4. Durant la période chaotique, de nombreux processus d'essais et erreurs se développent, s'hybrident, se combattent, etc ... en engendrant des tensions croissantes qui devront être dissipées par l'émergence du nouveau paradigme.
  5. Cette émergence se produit et parvient, peu à peu,  à dissiper les énormes tensions chaotiques liées à son effervescence interne et à ses conflits avec son milieu : le nouveau paradigme naît, encore fragile.
  6. Le nouveau paradigme se développe, se fortifie et finit par éliminer toutes les scories de la période chaotique pour n'en laisser nulle trace, volontairement, car il veut asseoir sa légitimité et sa puissance sans contestation possible (il réécrit l'histoire et se fonde une nouvelle généalogie).
  7. La transition s'achève et le nouveau paradigme est installé "pour les siècles des siècles" ... mais il ne sait pas que tout paradigme a une durée de vie limitée.

Ce processus est le même à tous les niveaux de complexité de la Nature, aux niveaux matériel, vital, social, mental, culturel, religieux, etc … Mais plus on monte dans l'échelle des complexités, plus le processus d'émergence prend du temps et de l'énergie du fait de la croissance exponentielle du nombre des scénarii possibles qu'il faut explorer.

 

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Le 17/01/2021

 

De mon ami Daniel Bertheau :

 

"Jean Pélissier nous rappelle que ces notions sont différentes. Dans une 'newsletters', il  nous propose d’atteindre la pleine conscience afin de gérer nos émotions :

'Et si c’était le grand secret pour apprendre à gérer nos émotions.

 

La pleine conscience est différente de l’état de vacuité que recherchent les bouddhistes. C’est un état d’esprit qui s’acquiert à force de pratiques pluriquotidiennes. On peut appeler cela : L’ici et maintenant.'

 

Les deux termes vacuité et pleine conscience interpellent car ils ne sont pas des synonymes. En effet, les définitions des termes 'Pleine conscience' et 'Vacuité' montrent qu’il s’agit de notions bien différentes.

 

  • La plein conscience peut être définie comme un 'état de conscience qui résulte du fait de porter son attention, intentionnellement, au moment présent, sans juger, sur l'expérience qui se déploie instant après instant' selon Kabat Zinn l’initiateur de la MBSR sur les bases du Vipassana du bouddhisme Theravada.

 

  • Pour le Bouddhisme tibétain la signification la plus proche de vacuité est : 'Tout est par nature interdépendant et donc vide d'existence propre'.

 

  • La vacuité, dans le Theravada, renvoie aux trois caractéristiques de l'existence. La simple expression 'vide de soi' résume les mots : impermanent, insatisfaisant (souffrance) et sans soi. Quand quelque chose est en perpétuelle évolution, dénué de tout élément permanent et stable, on peut aussi dire de lui qu’il est 'vide'."

 

La pleine conscience est un état de reliance profonde avec le Réel dans l'ici-et-maintenant. La vacuité est le reconnaissance qu'il n'y a pas d'Être puisque Tout est Un et pur Devenir.

Les deux notions ne sont pas contradictoires, mais elles pointent des concepts très différents.

 

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De Bertrand Piccard :

 

"L'écologie doit urgemment être retirée des griffes des politiciens qui la prenne en otage. Il ne devrait pas y avoir de parti écologiste, seulement des spécialistes de l’écologie dans tous les partis."

 

L'écologie est une science, pas une idéologie. Dès qu'elle devient idéologique, elle piétine toute science et n'est plus qu'un socialo-gauchisme ridicule et ignare.

 

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De Frank Lalou :

 

"Dieu se moque de ceux qui croient en lui ou ne croient pas."

 

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Sans la force du Divin en soi (c'est-à-dire la Foi vécue en la cohérence du Réel et en l'existence d'un Logos qui est le principe de cette cohérence), il est exclu d'atteindre la libération de soi, et de la Vie et de l'Esprit en soi.

Pour sortir du monde des illusions, il faut nourrir la certitude que, derrière ces illusions, il y a bien un Réel cohérent dont chaque humain n'est qu'une manifestation locale et éphémère, inscrite dans cette cohérence du Tout et, donc, qui a du sens et de la valeur par sa mission au sein même de cette cohérence.

 

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Toute démarche réellement spirituelle exige un immense acte de modestie, tout au contraire de l'immense orgueil des humains qui, presque toujours, ont tendance à croire que leur libération est leur fait à eux.

Mais alors : libération pour quoi faire ? Libération de quoi ? A quoi sert de se croire libre (par soi-même et pour soi-même) si cette liberté n'est pas mise au service de ce nous dépasse infiniment ?

La "liberté" pour soi et par soi, n'est pas la liberté. Elle n'est que la revendication du droit absolu au caprice !

 

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Le 18/01/2021

 

Du temps biblique qui va, linéaire, de la Création à l'Apocalypse, au temps hégélien qui est dialectique, en passant par le temps cyclique des philosophes grecs, poétisé par Hésiode dans "Des travaux et des jours", le temps de l'histoire a toujours intrigué … et inspiré tous les "voyants" qu'ils soient prophètes, aruspices ou charlatans.

 

En réalité, le temps des humains est quadruple.

Il y a le temps immobile de ce qui ne change pas ou si peu, au point de passer inaperçu : manifestation subtile et ténue de l'intemporalité sous-jacente.

Il y a le temps linéaire de ce qui évolue inexorablement en suivant la flèche du temps, toujours dans le même sens : ainsi, sur notre Terre, l'évolution marche inexorablement de l'élémentarité à la complexité.

Il y a le temps cyclique des jours, des lunaisons, des années, des générations, des paradigmes, des civilisations, des ères …

Et il y a le temps chaotique des événements qui forment l'écume de l'histoire humaine.

 

C'est le temps cyclique qui forge l'histoire des humains et ses rythmes bien plus réguliers et récurrents qu'il n'y paraît. Les changements de cycles, tels que nous en vivons un actuellement, est une période chaotique, turbulente et tumultueuse, riche en peurs, en résistances, en innovations et en défis. Tous les demi-millénaires, environ, un tel basculement se produit … ainsi, en Europe : la fin des cités grecques, la chute de l'empire romain, l'éclatement de la christianité, la renaissance … et aujourd'hui qui ne porte pas encore de nom.

 

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Le temps naturel sur la Terre est gigogne : les heures, les jours, les semaines, les lunaisons, les saisons, les années solaires, les cycles chromosphériques solaires, les glaciations, …

Le temps culturel de l'humanité l'est tout autant : le système humain, comme tous les systèmes complexes, connaît ce que les physiciens appellent des "fréquences propres" avec leurs harmoniques.

 

Tout ce qui vit, connaît une naissance, une croissance, une maturité, un déclin et une disparition. C'est vrai pour notre galaxie, pour cet arbre, pour mon existence personnelle, pour le paradigme socioculturel qui est encore le nôtre aujourd'hui et que l'on appelle encore "la modernité". Et ces durées de vie sont, pour chaque espèce, à peu près constantes et nommées espérance de vie moyenne. Elle est de 84 ans pour les personnes humaines … et elle est 567 ans (en moyenne, sans précision aucune évidemment) pour les cycle paradigmatiques.

 

On le montrera, le cycle de base de la vie humaine, tant personnelle que collective, est de sept ans. Et les cycles de vie, à toutes les échelles de temps, forment des groupes de trois : le premier qui va au bout de la découverte (le cycle du "génie"), le second qui va au bout de l'exaltation (le cycle de "folie") et le troisième qui va au bout de l'usure (le cycle de "catastrophe") … et ensuite un nouveau cycle de génie émerge pour relancer la dynamique sur un échelon supérieur de complexité.

 

L'histoire  humaine n'est pas déterministe. Elle se construit comme se construit un édifice, couches après couches. Mais l'on sait tous qu'un édifice, pour être solide, durable et splendide, doit obéir à certaines règles harmoniques qui rythment ses structures intimes pour lui donner consistance et cohérence.

 

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L'histoire humaine est une concaténation et une imbrication de paradigmes; la première partie de l'ouvrage, ci-dessus, l'aura montré. Mais quelle est la logique globale qui anime l'évolution socio-culturelle et politico-économique de l'humanité. Existe-t-il une telle logique ou est-ce le hasard ou la folie des humains qui guident une éternelle fuite en avant. La suite des époques qui se suivent sans se ressembler, est-elle cohérente ? Y a-t-il une logique constructive dans l'histoire humaine ? Pourquoi cette humanité échapperait-elle à cette logique interne qui guide l'évolution de tous les processus complexes ? La physique de la complexité connaît bien les modèles pour comprendre "l'âme" (ce qui anime) de ces processus. L'histoire humaine n'y échappe pas.

 

Chaque époque se façonne, comme elle peut, avec ce qu'elle peut, en tentant de dissiper les tensions, naturelles et culturelles, qui manifestent les divergences entre ses cinq pôles (universels) constitutifs :

  • une généalogie : tout processus est accumulatif et constitue une mémoire ; tout est toujours la suite de ce qui a précédé, en continuité ou en rupture …
  • une téléologie : tout processus est animé par une intention, un projet, une vocation ; quand il construit un temple, l'architecte vise la réalisation d'une idée imaginée sur ce qu'il a vu et appris …
  • une écosystémie : tout processus ne peut se construire qu'en absorbant des territoires et des ressources qui sont hors de lui, qui lui sont extérieurs, avec lesquels il doit négocier des relations pacifiques et harmonieuses, respectueuses et équitables …
  • Une axiologie : tout processus doit se donner des règles, des méthodes, des modèles afin de rendre son évolution la plus optimale possible, dans le respect de soi et de l'autour de soi, avec intelligence et éthique …
  • Un métabolisme : tout processus se construit, jour après jour, poussé par les quatre pôles qui viennent d'être décrits ; il doit trouver son "meilleur chemin" vers son destin en développant les activités nécessaires et utiles à ce dessein …

Ces cinq moteurs constituent les piliers fondamentaux de ce que j'ai appelé le constructivisme historique.

 

Lorsqu'on applique ce modèle très général à l'histoire humaine, on comprend immédiatement les ruptures et défis qui sont les ferments terribles de notre époque chaotique : l'effacement de l'histoire (et se réinvention fallacieuse) est en cours, le mythe du progrès est mort, l'épuisement écologique de la planète est patent, la science et l'éthique sont moquées et les activités sont partout en berne ou en délire …

Nous vivons la fin de plusieurs cycles d'ampleurs différentes, tant paradigmatiques que civilisationnelles !

 

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Il faut faire son deuil du paradigme moderne et de la civilisation évangélique, … voire de l'ère scripturale qui a débuté il y a plus de cinq mille ans, car la révolution numérique n'est peut-être plus de l'ordre de l'écriture.

Oui, c'est là une grande chance qui arrive si rarement dans l'histoire humaine : la conjonction de trois aboutissements qui appellent un renouveau, un nouvel âge de l'humanité.

 

Il convient donc de s'atteler à reconstruire l'humanité sur un échelon supérieur de l'échelle de la complexité. C'est maintenant et c'est notre responsabilité. Dès lors qu'un processus arrive en fin de vie et que l'on entre en zone chaotique, il n'y a que deux issues possibles : l'effondrement et la "fin des temps" promise par les collapsologues, ou l'émergence, la sortie du chaos "par le haut" avec de nouveaux paradigmes qui doivent maintenant être fondés.

 

La civilisation antique avait découvert la pensée : c'était l'enfance curieuse et le cosmocentrisme.

La civilisation évangélique avait imaginé de multiples esquisses pour un monde et un homme nouveaux : c'était l'adolescence rêveuse et l'anthropocentrisme.

Une nouvelle civilisation doit émerger maintenant, sans rien renier de sa généalogie : ce sera la maturité sérieuse et le téléocentrisme.

Qu'est-ce que le téléocentrisme ? La volonté non plus de vénérer les forces du cosmos (cosmocentrisme) ou de tout ramener au salut/bonheur des humains (anthropocentrisme), mais bien celle de donner du sens et de la valeur à ce que l'humanité fera au service de ce qui la dépasse immensément, au service de la Vie et de l'Esprit.

 

Les temps du nombrilisme et du narcissisme (euphémiquement appelés "humanistes") sont révolus : il est temps que les humains donne sens et valeur à l'humanité qui, au fond, n'est qu'un surgeon local et éphémère des puissances de Vie et d'Esprit qui animent le Réel.

 

Il faudra choisir ce qui, dans la généalogie humaine, doit être réactivé (sans rien oublier).

Il faudra définir quelle téléologie mettre en avant : l'humanité au service de quoi ?

Il faudra redessiner les rapports entre les humains et le Réel autour d'eux (la Nature), et sortir des logiques de pillage et de saccage.

Il faudra reconstruire les rapports entre les humains et le Réel en eux (l'Ethique), et dépasser toutes les idéologies, tous les esclavages et toutes les idolâtries.

Il faudra enfin refonder tout le métabolisme global de l'humanité et relancer les économies, les technologies et les activités quotidiennes, au sein d'une mosaïque humaine qui fonctionnera de façon réticulée et fractale.

 

La perspective est incroyablement complexe, mais, au fond, il n'y a rien de très compliqué là-dedans !

 

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La paradigme moderne est en train de mourir. Nous sortirons, vraisemblablement, de la période chaotique entre 2025 et 2030 (la pandémie coronavirale a sans doute été un déclencheur puissant) et nous saurons, alors, si les collapsologues de l'effondrement avaient raison, ou si la prospective d'une émergence aura triomphé (ce dont je ne doute pas).

Si l'on se place dans ce second scénario, le seul qui soit positif et porteur d'avenir, la question posée est : comment fonctionnera le monde vers 2050, lorsque les gravats et la poussière de l'effondrement moderne seront retombés.

 

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De Charles Dickens :

 

"Ce qui se déroule sous nos yeux est la pire et la meilleures de choses de l’histoire humaine."

 

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D'après la newsletter de mon ami François Introvigne :

 

"Nombre d'heures passées à boire et à manger dans une journée.

Les 5 premiers : France = 2h13 ; Grèce = 2h08 ; Italie = 2h07 ; Espagne = 2h06 ; Danemark = 1h59 ; Moyenne OCDE = 1h35.

Les cinq derniers : Mexique = 1h17 ; Irlande = 1h15 ; Afrique du Sud = 1h12 ; Canada = 1h05 ; États-Unis = 1h03."

 

Quel bonheur de vivre en France (dommage qu'il y ait le système bureaucratique, étatique et jacobin français) !

 

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Un fou se promène avec un infirmier dans l'immense parc de l'asile. Arrivé devant la grille, le fou observe les nombreux passants au-dehors et demande, soucieux, à l'infirmier : "Dites-moi la vérité, docteur, ils sont nombreux là-dedans ?"

 

Oh oui ! Bien trop nombreux !

 

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Le mythe de la "grande ville" est en train de s'effondrer.

Factuellement, les bilans migratoires des grandes villes sont négatifs : plus de gens les quittent que de gens ne s'y installent. Et cette donnée n'est que purement quantitative : qualitativement, ceux qui quittent sont plutôt des gens formés et diplômés, des professionnels, des personnes à assez haut potentiel, alors que ceux qui y arrivent sont plutôt des immigrés, plus ou moins légaux, plus ou moins trafiquants, plus ou moins mafieux, sans grande qualification.

Bref, les grandes villes deviennent des cloaques de l'humanité.

De plus, ceux qui y vivent, les vrais citadins, sont de plus en plus dénaturés, déracinés, névrosés, "hors sol", hallucinés, hypnotisés, désaxés, cherchant à combler le vide de leurs vies par une addiction phénoménale à leur téléphone portable et à leurs "connexions" avec des réseaux et des plateformes aussi vides qu'eux-mêmes.

 

Le délire des réseaux sociaux est une nocivité typiquement urbaine. Le centralisme aussi. La ville : le lieu absolu du pouvoir ! Oui, mais de quel pouvoir ? Celui qui ne sert plus à rien … Là, il n'y a pas d'entreprises réellement entrepreneuriales  ; il n'y a que des états-majors, des holdings, des financiers, des banques, les lobbies … bref, des parasites qui ne servent à rien, mais fauchent l'argent des entreprises réelles qui, elles, travaillent … loin des villes.

De plus, lorsque j'étais enfant dans la campagne de Flandre, on me vantait la "grande ville" où tout était beau, où tout était lumineux, où l'on pouvait acheter tout à n'importe quelle heure, sans compter les théâtres, les concerts, les musées, les expositions, les cinémas … et tous les spectacles.

 

Aujourd'hui, le regard change : une grande ville, c'est laid, ça pue, c'est pollué, c'est dangereux (n'importe quel rétro-activiste, islamiste ou dealer peut, en toute impunité, faire n'importe quoi … surtout s'il est "mineur"). La grande ville est redevenue la lieu de la grande dépravation, de la grande pourriture de tout.

On ne voit pas encore que, hors ces cloaques urbains, ici, chez nous en "province" comme ils disent, tout peut être livré à domicile sans déplacement, tout, que ce soit matériel ou immatériel ; alors, la grande ville pour quoi faire ?

La grande ville : un infâme bouillon de culture toxique pour parasites, virus et trafics, un cloaque fétide, la scorie infectieuse d'une modernité moribonde qui avait voulu tout concentrer au même endroit, un  athanor de la plus infecte des promiscuités.

 

Ce que je hais le plus, c'est la "Nature" urbanisée c'est-à-dire les stations touristiques où, avec force béton, acier et verre, on reproduit la vie urbaine "tout confort" dans des lieux qui, naguère, étaient naturels.

J'écris "naturels" et je n'ai pas dit "sauvages" … il n'y a , depuis longtemps, plus de territoires sauvages en Europe, tout a été colonisé par l'humain ; mais il existe encore beaucoup de lieux vivants où l'humain cohabite avec les autres espèces sans qu'elles aient à en souffrir. C'est cela l'écologie vraie, sans écologisme, sans le socialo-gauchisme verdâtre de ces citadins idéologisés qui n'ont jamais regardé un brin d'herbe de près.

 

Que les citadins restent chez eux et ne viennent plus nous polluer. Certains disent qu'ils sont malheureux en ville (ce que je comprends, même s'il existe de vrais abrutis) ? Qu'ils quittent donc le cloaque de leur ville. Le télétravail existe partout et, partout, par chez nous, il manque de bras pour des artisanats de tous genres et de tous niveaux, pour tous les métiers d'aide à la personne, pour tous les travaux manuels qui entretiennent et promeuvent la vie des faunes et des flores.

C'est en ville que sévit le vrai chômage. Ici, il n'y a que du chômage administratif et beaucoup de travail "au noir".

 

Que les citadins qui ont encore un peu d'amour propre et d'amour de la vie, plaquent ces saletés de métropoles, bougent leurs fesses et laissent là-bas toute la lie des rétro-activistes, des islamistes et des mafieux de tous ordres.

Ils seront les bienvenus, avec leur amour de la Vie, mais sans leurs règlements, sans leurs aprioris grotesques, sans leur mépris et sans leurs "exigences" consuméristes.

La Vie, la vraie, est simple et nue. Qu'ils se désencombrent, donc. Qu'ils abandonnent les oripeaux de leurs fantasmes de snobs ou de richards. Tout cela n'a aucun sens ici.

 

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Toute entreprise réelle de l'économie réelle doit appartenir à ceux qui la pilotent et jamais à ceux qui la financent.

Il faut une séparation totale entre "finance" et "management". La finance, comme les quatre autres ressources vitales de l'entreprise (matières, marchés, collaborateurs et savoirs), doit être justement et équitablement rémunérée. Mais rien de plus.

 

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Le 19/01/2021

 

Selon le livre de l'Exode, si l'œuvre du travail n'est pas consacrée au Divin, au-delà de l'humain, elle devra être brisée.

Bien sûr, il ne s'agit nullement d'iconoclasme. Il s'agit, bien plus profondément, de rappeler que rien d'humain n'a de sens ou de valeur par soi-même, s'il n'est consacré, sacrifié et sanctifié au service du "plus haut que soi".

Il s'agit d'un antihumanisme radical. L'humain n'est ni le centre, ni le sommet, ni le but de l'évolution du Réel.

Tout ce qui n'est qu'humain, est absurde, c'est-à-dire sans le moindre sens, sans la moindre signification, sans la moindre valeur.

 

Cet antihumanisme radical est aussi un anti-nombrilisme et un anti-narcissisme, un anti-anthropocentrisme.

L'humain n'est le centre de rien.

Sale coup pour l'éternel orgueil humain, pour cet humain orgueilleux qui se prend pour le nombril du monde, par lui-même et pour lui-même.

L'humain ? Un sale enfant capricieux qui ne vit que pour assouvir ses envies, prêt à tout piller, à tout saccager, à tout abîmer, à tout détruire pour cela, seulement pour cela.

Nietzsche comparait l'humain à la surface de la Terre à un pou dans une chevelure. La métaphore est parfaite. L'humanité est une espèce nocive et destructrice, prédatrice et malfaisante.

 

Mais elle peut, si elle le décide, si elle le veut vraiment, se rédimer en se consacrant totalement, profondément, par toutes ses œuvres, à sacraliser le monde, à sacraliser le Réel, à sacraliser la Vie et l'Esprit, en se consacrant à promouvoir, par tous les moyens, la Vie et l'Esprit cosmiques, sous toutes leurs formes, même les plus infimes, même les plus minuscules.

Mettre sa vie au service de la Vie.

Mettre son esprit au service de l'Esprit.

Savoir enfin que l'humain ne vit pas, mais que c'est la Vie qui se vit à travers lui.

Savoir enfin que l'humain ne pense pas, mais que c'est l'Esprit qui se pense à travers lui.

 

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Dans l'interprétation que l'on donne au formalisme quantique, on a tort de parler d'une particule comme d'une "onde" (de probabilité ou autre) ; il faudrait parler d'une vibration locale (de ce que j'ai appelé la Hylé prématérielle) dont la fonction d'onde (qu'il vaudrait mieux appeler "fonction d'état") permet de calculer la(les) fréquence(s).

La notion de quantification revient à ceci que, dans un ensemble de particules suffisamment proches, les fréquences s'harmonisent et le tout qu'elles forment n'est stable (harmonieux) que pour certaines valeurs bien précises de leurs fréquences. L'ensemble n'est stable que si ses éléments sont en résonance mutuelle.

Il n'y a pas de dualité onde-corpuscule ; il n'y a que des vibrations hylétiques locales (c'est-à-dire enfermées dans un volume défini) qui, lorsqu'on tente de les "regarder", se manifestent comme des "particules".

Quelque chose qui ressemble à ceci …

 
   

 

 

Et bien sûr, face à une vibration locale de ce type, les notions de position ou de vitesse sont "approximatives" en ce sens qu'une vibration est enfermée dans un volume local, mais n'a pas de localisation ponctuelle comme l'aurait un point matériel. Et il en va de même des notions de vitesse, d'énergie ou de durée (d'où les relations d'incertitude d'Heisenberg).

Ainsi, contrairement à l'interprétation de Max Born, il ne s'agit pas d'ondes de probabilité portant sur des mesures faites sur un grand nombre de "particules", mais bien d'une réalité vibratoire liée à chaque manifestation locale bien individuée.

Ce que cette interprétation "vibratoire" des manifestations dites "matérielles" implique, c'est une structure "cellulaire" (donc quantifiée) de l'espace volumique. L'espace volumique serait donc un ensemble de cellules locales (de volumes variables en fonction de ce qui s'y passe).

Le problème, alors, est de comprendre pourquoi l'espace volumique possède une telle structure "cellulaire" qui, d'ailleurs, est gigogne puisqu'un atome est enfermé dans sa "boîte" qui, elle-même, contient une "boîte" nucléaire et des "boîtes" électroniques, la "boîte" nucléaire étant, elle-même, une intrication de "boîtes" nucléoniques, etc … Et toutes ces boîtes" vibratoires, pour former un ensemble stable, doivent être en parfaite résonance et donc posséder un spectre commun de fréquences (mesurable par spectroscopie).

D'où provient cette structure "cellulaire" de l'espace volumique ? Est-elle une donnée apriori, ou est-elle une conséquence d'une organisation plus profonde ? Si l'on s'en tient aux seules dimensions topologiques et temporelles de l'espace des états, on ne peut que croire à une structure de l'espace-temps qui serait, apriori, quantifiée (cellulaire). Pour sortir de cet apriori "tombant du ciel", il faut faire intervenir les dimensions eidétiques de l'espace des états, c'est-à-dire la tension entre uniformité (entropie et intégration) et complexité (néguentropie et individuation). La structure cellulaire de l'espace-temps serait donc, alors, une structure dissipative "primordiale" imposant un compromis, partout, entre les deux pôles eidétiques : une vibration complexe localisée dans une cellule minuscule et noyée dans un ensemble globalisé de non vibration, de non activité et de non singularité.

 

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Le 20/01/2021

 

La Libération est au-delà de tous les interdits qui, eux, relèvent encore de l'esclavage et de l'idolâtrie.

 

On ne se libère pas contre l'interdit ; on se libère pour l'au-delà de tous les interdits, on se libère par une éthique de l'accomplissement de tout ce qu'il y a à accomplir en soi et autour de soi.

Il faut sourire de tous ces "mouvements de libération" (des peuples, du prolétariat, des colonisés, des femmes, des homosexuels, etc …) car ce sont de fausses "libérations" qui ne construisent rien, mais qui veulent détruire des murs de papier ; ils ne libèrent rien de rien, ils rêvent seulement d'imposer une nouvelle tyrannie à la place de la précédente.

Changer d'interdits ne libère de rien !

 

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Au contraire du judaïsme qui n'en fait qu'un usage rare, parcimonieux et toujours très symbolique, sur le ton du récit légendaire et anhistorique, tout le christianisme a été construit, par les disciples de Paul, sur la véridicité "historique" du surnaturel, des miracles et des guérisons miraculeuses.

Pour la Torah, le personnage-clé est l'homme Moïse ; pour les Evangiles, c'est le miracle et le surnaturel, incarnés dans un demi-dieu nommé Jésus.

Ce recours systématique au surnaturel et au miraculeux a permis, au christianisme, de pénétrer plus facilement dans les couches populaires, sans éducation, crédules, avides de merveilleux et d'espérance en un monde "magique" d'où leur condition misérable serait abolie.

 

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Métaphysiquement parlant, la notion même de "surnaturel" est absurde car, de deux choses l'une : ou bien rien de divin ne transcende l'apparence du monde réel, et il ne peut y avoir en ce cas la moindre place pour du surnaturel ; ou bien le monde apparent n'est que la manifestation d'un Réel plus profond qui fonde sa cohérence globale et il ne peut y avoir là, aucune place pour ces incohérences locales et sans intérêts que sont les "miracles". Pourquoi un Dieu organiserait-il à la perfection un monde pour se permettre le caprice de le désorganiser quand cela lui ferait plaisir (et pour des causes ridiculement anthropocentriques).

Dans le Réel, il n'y a rien de surnaturel. La surnaturalité y serait une aberration. En revanche, que du point de vue humain, il puisse y avoir des phénomènes surhumains, invisibles ou incompréhensibles à l'humain, rien n'est plus probable.

Ce ne sont pas là des "miracles" de Dieu qu'il faut admirer (il n'y en a pas et n'y en aura jamais), mais ce sont les infirmités humaines qu'il faut déplorer.

 

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La croyance au miracle est un indice fort d'une désespérance concrète.

Elle traduit une perte de confiance en la naturalité du monde et en sa cohérence globale en chemin vers plus d'accomplissement.

Le miracle est le dernier refuge d'une confiance brisée.

 

La croyance aux miracles est toujours plus forte dans les contrées et aux périodes chaotiques (en Judée au premier siècle, sous la tyrannie romaine, par exemple ; ou de nos jours, en pleine mutation paradigmatique ; ou à la Renaissance ; ou autour de l'an mil en plein basculement entre la fin de l'âge théologique et d'une christianité unitaire qui explose, et l'instauration d'une féodalité qui se cherche encore).

 

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La montée de la croyance aux miracles est toujours concomitante à celle de l'antisémitisme. Ce n'est pas un hasard.

 

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L'histoire occidentale a connu déjà six paradigmes :

 

  • Le paradigme mythologique de l'orientalité (-1250 à -700)
  • Le paradigme sapiential de l'hellénité (-700 à -150).
  • Le paradigme impérial de la romanité (-150 à 400).
  • Le paradigme théologique de la christianité (400 à 950).
  • Le paradigme sotériologique de la féodalité (950 à 1500).
  • Le paradigme idéologique de la modernité (1500 à 2050).

 

Par parenthèses, l'histoire juive suit parfaitement ce schéma paradigmatique …

 

  • Judaïsme mosaïque (-1250 à -700)
  • Judaïsme lévitique (-700 à -150).
  • Judaïsme pharisaïque (-150 à 400).
  • Judaïsme talmudique (400 à 950).
  • Judaïsme kabbalistique (950 à 1500).
  • Judaïsme laïque (1500 à 2050).

 

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Les paradigmes se regroupent par trois pour former une "civilisation".

La civilisation antique (orientalité, hellénité et romanité) va de -1250 à 400, et la civilisation évangélique (christianité, féodalité et modernité) va de 400 à 2050.

Chaque ère civilisationnelle est la concaténation d'un paradigme mythique (orientalité et christianité), puis d'un paradigme philosophique (hellénité et féodalité), puis d'un paradigme idéologique (romanité et modernité).

En toute bonne logique, nous devrions entrer, maintenant, dans une nouvelle ère civilisationnelle qui débute, sous nos yeux, par un nouveau paradigme mythique.

Nous assistons déjà à la construction des nouveaux grands mythes de l'ère qui vient.

 

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Les cinq grands mythes nouveaux que je vois poindre maintenant sont :

 

  • Un panenthéisme œcuménique du point de vue spirituel.
  • Un autonomisme réticularisé du point de vue politique.
  • Un écosystémisme frugal du point de vue économique.
  • Un noéticisme numérisé du point de vue pratique
  • Un constructivisme anidéologique du point de vue éthique.

 

Soit cinq mots-clés :

 

  • Sacralisation,
  • Réticulation,
  • Frugalisation,
  • Spiritualisation,
  •  

 

*

 

Jean-François Revel disait que l'idéologie, c'est "ce qui pense à votre place".

 

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Tautologie : je le dis donc c’est la preuve que c’est vrai !

 

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Un petit rappel : ce beau texte de Diane Tell à rappeler è tous les rétro-activistes complètement ignares et nauséabonds ...

 

"Si j'étais un homme"

 

"Moi, si j'étais un homme, je serais capitaine

D'un bateau vert et blanc

D'une élégance rare et plus fort que l'ébène

Pour les trop mauvais temps

 

Je t'emmènerais en voyage

Dans les plus beaux pays du monde

Te ferais l'amour sur la plage

En savourant chaque seconde

Où mon corps engourdi s'enflamme

Jusqu'à s'endormir dans tes bras

Je suis femme et quand on est femme

On ne dit pas ces choses-là

 

Je t'offrirais de beaux bijoux

Des fleurs pour ton appartement

Des parfums à vous rendre fou

Et juste à côté de Milan

Dans une ville qu'on appelle Bergame

Je te ferais construire une villa

Je suis femme et quand on est femme

On n'achète pas ces choses-là

 

Il faut dire que les temps ont changé

De nos jours, c'est chacun pour soi

Ces histoires d'amour démodées

N'arrivent qu'au cinéma

On devient économe

C'est dommage, moi j'aurais bien aimé

Un peu plus d'humour et de tendresse

Si les hommes n'étaient pas si pressés

De prendre maîtresse

Ah, si j'étais un homme

 

Je t'appellerais tous les jours

Rien que pour entendre ta voix

Je t'appellerais "mon amour"

Insisterais pour qu'on se voit

Et t'inventerais un programme

À l'allure d'un soir de gala

Je suis femme et quand on est femme

Ces choses-là ne se font pas

 

Il faut dire que les temps ont changé

De nos jours, c'est chacun pour soi

Ces histoires d'amour démodées

N'arrivent qu'au cinéma

On devient économe

C'est dommage, moi j'aurais bien aimé

Oui, un peu plus d'humour et de tendresse

Si les hommes n'étaient pas si pressés

De prendre maîtresse

Ah, si j'étais un homme

Je serais romantique."

 

*

 

Quand quelqu'un dit : "il est impossible de …", cela signifie : "je n'ai pas été capable de …".

 

*

 

Ce qui peut être juste (justice) pour les humains, doit d'abord être juste (justesse) pour l'univers.

Les humains doivent d'abord apprendre à vivre en parfaite harmonie avec les lois de la Matière, de la Vie et de l'Esprit ; ensuite, seulement, ils pourront vider leurs querelles puériles, s'il en reste.

C'est cela vivre en parfaite résonance avec le Cosmos, avec l'Ordre du Réel.

 

*

 

Les idéologies expriment un refus de l'ordre cosmologique.

C'est pour cela qu'elles font le malheur des stupides humains qui croient en elles. Elles sont le parangon du déni de réalité. Elle rejette le Réel tel qu'il est et va, et préfèrent fantasmer des mondes imaginaires et invivables.

 

*

 

Le principe premier du Réel est le principe de Simplicité maximale.

C'est sans doute cela que les humains ont le plus difficile à comprendre.

 

*

 

Trois tensions ontologiques.

Une dynamique de dissipation optimale des tensions.

Un principe de simplicité maximale.

Voilà tout l'ordre du Cosmos.

 

*

 

Socrate énumère les cinq "vertus" qui font tenir le Réel : la communauté, l'amitié, la régularité, la tempérance et la justice.

Malgré les déplorables anthropocentrismes et anthropomorphismes de ces "vertus" expriment (ce qui est bien le cœur du socratisme), elles sont traduisibles en termes métaphysiques :

 

  • interdépendance générale (principe d'unité),
  • constructivité générale (principe d'intentionnalité),
  • logicité générale (principe de rationalité),
  • économie générale (principe de simplicité),
  • harmonie générale (principe d'optimalité).

 

*

 

Socrate opère le fâcheux basculement entre réalisme (présocratique) et subjectivisme (post-socratique) : il invente, pour le malheur de l'humanité, l'humanisme et l'anthropocentrisme, donc le nombrilisme et le narcissisme humains.

Avec lui, l'humain se pose face à la Nature et non plus dans le Nature.

C'est absolument terrible cette horreur de considérer l'humain "hors sol", arraché au Divin et au Cosmique, placé dans une solitude absurde face au Réel, totalement déraciné … et tout cela, uniquement par orgueil ! Il n'y a pourtant pas de quoi être fier d'être humain …!

De Socrate à Sartre et consorts, il faut expurger toute l'histoire de la pensée philosophique de tout subjectivisme : le sujet n'existe pas puisqu'il n'est qu'une per-sonne, un masque au travers (per) duquel le Réel sonne (sona).

 

*

 

Socrate fait tout pour délier l'anthropologie de la cosmologie, et ambitionne de fonder celle-là indépendamment de celle-ci. Ce rêve est un cauchemar absurde que les humains n'ont pas fini d'expier (notamment, de nos jours, face aux rétro-activismes qui s'acharnent à imposer une morale et une idéologie artificiellement égalitaristes au mépris de la science, de la biologie, de la noologie et de la sociologie).

 

*

 

L'idéalisme de Platon tente de suturer l'abyssale déchirure socratique entre cosmologie et anthropologie, au moyen des Idées, en général, et de l'Idée de Bien, en particulier. Mais dans le monde des Idées, on nage en plein fantasme : c'est un grand sac vide, un grand fourre-tout où l'on peut tout mettre et son contraire.

Cette solution est totalement fallacieuse et bancale.

Il n'existe qu'une seule issue pour réparer l'erreur socratique : revenir au présocratisme et inféoder, une bonne fois pour toutes et totalement, l'anthropologie à la cosmologie. L'humain est un étant comme tout les autres, soumis à la même logicité cosmique que tous les autres.

Tout le reste n'est que bavardage ineptes pour littérateurs logorrhéiques … du genre toxique des Sartre, Derrida, Althusser, Deleuze et consorts qui ont empoisonné toute la philosophie de la seconde moitié du 20ème siècle, qui font encore tant de ravages sur les campus américains (les universités de l'ignorance) et qui se réimportent chez nous avec l'infect masque des rétro-activismes islamo-gauchistes, racialo-indigénistes, homo-genristes et socialo-populistes.

Tous ces déchets de la pensée pourrie sont des rejetons de l'humanisme socratique et de l'idéalisme platonicien ; il faut en être bien conscient.

 

*

 

L'éthique doit être inféodée à la physique (la physis des penseurs grecs : la Nature cosmique).

L'éthique n'est qu'un ensemble de règles efficaces pour accomplir la physis (le Réel cosmique). L'éthique n'est pas au service des humains, mais bien au service du Divin.

Il faut fonder d'urgence une éthique amorale (indépendante des mœurs, donc).

 

*

 

Entre le modèle et l'œuvre, entre le plan et la construction, entre la théorie et l'expérimentation, il s'établit un dialogue permanent, une dialectique dynamique et créative.

Il n'y a pas de modèle apriori, comme dans la théorie des Idées pures, parfaites, absolues et immuables de Platon.

Tout est toujours en construction poussé par la mémoire de ce qui a déjà été fait, et tiré par l'intention de faire ce qui reste possible.

 

*

 

En toute chose, en tout être, il faut décrypter l'intention qui l'anime.

 

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L'idée la plus funeste de toute l'histoire de la philosophie est celle qui clame que l'humain est totalement - ou même partiellement étranger - au reste de la Nature, au reste de l'Univers, au reste du Réel. Bref : cette idée absurde qui s'appelle le dualisme ontique.

Cette idée est celle du pythagorisme, du platonisme, de l'idéalisme, du gnosticisme, du manichéisme, du christianisme, du rabbinisme, de l'islamisme, du cartésianisme, du kantisme, du philosophisme, du subjectivisme, du phénoménologisme, de l'existentialisme, … bref : de 90% des écoles philosophiques occidentales qui ont oublié, effacé, combattu ou ignoré toutes les doctrines qui, comme l'ionisme, l'héraclitéisme, le stoïcisme, le kabbalisme, l'eckhartisme, le leibnizisme, … ou même le soufisme, rejoignent le monisme ontique (le panenthéisme) du védantisme, du taoïsme ou de certains bouddhismes.

Le dualisme ontique est la plus funeste et la plus saugrenue de toutes les idées philosophiques.

 

Mais il est une autre idée colossalement absurde et délétère présente au cœur de l'atomisme, de l'épicurisme, du cynisme, du cyrénaïsme, … : le matérialisme ou, mieux, le hasardisme qui nient tous deux, contre l'évidence, l'existence d'un principe de cohérence, dans toutes les dimensions du Réel (donc, entre autres, dans les dimensions topologiques - pour assurer la cohésion "géométrique" des étants - et temporelles - pour assurer la consistance et la convergence de leurs évolutions vers un accomplissement).

La complexité et la complexification croissante qui se développent, de-ci de-là, au sein du Réel ne peuvent être le fruit ni de rien (le matérialisme), ni d'une loterie aveugle (hasardisme). La complexification est toujours une réponse à des tensions ontiques intrinsèques qui orientent toutes les constructions matérielles et immatérielles selon la flèche du temps.

Une logicité immanente et omniprésente est indispensable, au sein du Réel, pour assurer cette cohérence (que ce Logos immanent soit nommé "Dieu", "Divin", "Esprit cosmique", "Âme universelle", "Tao", "Brahman" ou autre, est totalement indifférent).

 

Presque toute l'histoire de la philosophie en occident, n'a été que la longue histoire d'une lutte à mort entre idéalisme et matérialisme … deux postures aussi niaises et fausses, l'une que l'autre.       

 

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Le monde des dieux et des mythes est à l'intersection du monde profane des apparences et des illusions, et du monde sacré des réalités et des noumènes.

Les dieux sont des symboles du Réel, mais des illusions de l'humain.

 

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De Rémy Brague :

 

"La Bible (…) ne constitue pas un texte unique, mais une bibliothèque entière, composée de livres dont les genres littéraires, les auteurs, et les époques diffèrent. Il n'est donc pas question de tenter d'hypostasier quelque chose comme une 'vision biblique du monde'. L'unité de la Bible ne réside pas dans le texte lui-même, mais dans l'expérience du peuple d'Israël. (…) La Bible ne contient de la sorte aucune doctrine cosmologique unifiée, mais plutôt des éclairages divers (…)."

 

La Bible ne donne aucune "vision du monde", mais seulement une manière bien particulière de regarder le Réel.

Et d'ajouter, à très juste titre, mais bien mal écrit :

 

"(…) le but central et premier des textes de l'Ancien Testament : fonder et rappeler l'alliance exclusive entre le peuple d'Israël et son Dieu, qui lui a donné la terre sur laquelle il s'est installé."

 

J'aurais écrit les choses autrement : "Le but central et premier des textes de la Bible hébraïque ("l'Ancien Testament" est quelque chose qui n'existe pas, mais dont le nom est colporté par des chrétiens revanchards) : fonder et rappeler l'Alliance (avec majuscule !) entre la Maison d'Israël (qui n'est pas un "peuple", ni une "race", mais une culture, une mémoire et une tradition fortes et particulières) et sa divinité tutélaire nommée YHWH (et non pas "son Dieu"), qui lui a ouvert et montré le chemin vers la terre de la Promesse (l'histoire a forcé les Juifs à s'installer un peu n'importe où sur toute la Terre, et la Promesse va bien plus loin qu'un lopin de terre plus ou moins arable)".

 

*

 

 

Mon judaïsme en trois phrases :

 

  • La destination : éradiquer tous les esclavages et toutes les idolâtries.
  • Le chemin : l'Alliance indéfectible avec le principe de cohérence du Réel.
  • Le véhicule : la Torah et ses 613 ordonnances symboliques.

 

 

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Trois cohérences complémentaires : celle des mondes dans l'immensité physique, celle des évolutions dans la temporalité dynamique et celle des relations dans la modalité éthique.

 

Ces trois cohérences ont leur place, aussi, dans chaque humain digne de ce nom : cohérence physique, cohérence historique et cohérence noologique.

 

"Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas", dit la Table d'Emeraude d'Hermès Trismégiste.

 

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Tout l'ouvrage de la Genèse, au premier chapitre biblique, se construit sur trois "séparations", c'est-à-dire sur l'instauration de trois tensions fondamentales et créatrices :

 

  • celle entre Ténèbre et Lumière au premier jour,
  • celle entre Eau d'en-haut et Eau d'en-bas au deuxième jour,
  • et celle entre le Sec et l'Humide au troisième jour.

 

Trois tensions entre six pôles …

De la première, sortira le temps, ses rythmes et toute l'évolution dynamique décrite au quatrième jour.

De la deuxième, sortira la topologie des lieux et des volumes avec le firmament, les continents et les mers.

Et de la troisième, sortira la complexité du vivant avec, dans l'ordre : les herbes, les arbres, les nageants, les volants, les courants, puis les humains au sixième jour.

 

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L'espace est au service du temps.

C'est parce qu'il veut s'accomplir que le Réel engendre de l'espace afin de s'y accomplir.

La dynamique est première ; le topologique et l'eidétique suivent (dans cet ordre).

 

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Le 21/02/2021

 

De Marcus Tullius Cicero :

 

"Nescio quo modo inhaeret in mentibus quoddam augurium saeclorum futurorum, idque in altissimis animis ingeniisque maximis, et apparet facillime et apparet maxime"

 

"Je ne sais pas quel mode est attaché, en quelque sorte, aux esprits des aruspices des siècles futurs, ni ce qui apparaît le plus facilement ou apparaît le plus grandement à des âmes si élevées et à des génies si immenses."

 

Ce que Cicéron dit : ce que les bons esprits de demain parviendront à "extraire" des textes anciens, n'est pas prévisible …

En effet, ils les liront avec les "lunettes" de leur époque et y verront des idées qui n'y étaient pas forcément.

 

Cela fait trois mille ans que les textes bibliques sont lus et étudiés, que les interprétations, commentaires et herméneutiques s'empilent, sans forcément se contredire, que l'on en "déduit" des règles de conduite ou de gouvernance, des métaphysiques et des éthiques, tout cela qui n'avait probablement jamais effleuré les esprits de ceux qui écrivirent ces textes.

C'est cette richesse herméneutique, qui, sans doute, donne à ces textes saints leur caractère sacré.

Mais c'est aussi pour cela qu'il ne faut jamais ni les figer, ni les dogmatiser, ni les appauvrir en les rabaissant à leur seul sens littéral (par ailleurs parfois bien obscur) … afin de laisser la totale liberté à chacun d'y lire son propre message.

 

Il y a une différence abyssale entre : "ce que la Bible veut dire …" et "ce que la Bible me dit …".

C'est le reproche que l'on m'a fait, jadis, de temps à autre, lorsque je publiais des commentaires sur Nietzsche, Spinoza ou Lao-Tseu … Quelques rares olibrius m'écrivaient : "Vous n'avez rien compris à Spinoza" (notamment parce que je rejetais l'idée commune d'un Spinoza imprégné de déterminisme absolu et d'une totale absence de libre arbitre, mais qui, en même temps, prônait une éthique et une ascèse dont les pratiques impliquent un libre arbitre – ce qui ferait injure à l'intelligence logique de Spinoza). Bref. Je leur répondais, systématiquement : "Je ne dis pas ce que Spinoza a voulu dire, je ne dis que ce que Spinoza me dit". Réponse qui, bien sûr, faisait enrager les candidats à la police de la pensée et à toutes les inquisitions.

 

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Les trois vertus du voyageur (selon Ex.:12;11) …

La générosité (la ceinture aux reins), la discrétion (les chaussures aux pieds) et l'indulgence (le bâton à la main).

 

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Ce que je ne supporte pas du tout : tous les dualismes ontiques avec les idéalismes et les sotériologies qui les accompagnent. Ce sont des contes à dormir debout pour hypnotiser et engourdir les intelligences.

Ce que je ne supporte pas non plus : tous les nihilismes avec les matérialismes et les hasardismes qui les accompagnent. Ce sont des suicides intellectuels et philosophiques complètement stériles.

Entre ces deux "gouffres amers", il n'existe qu'une seule voie étroite mais de crête : le monisme panenthéiste et spiritualiste.

 

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Mon monisme panenthéiste exclut évidemment et radicalement toute forme de sotériologie (puisqu'il y faudrait un "autre monde" parallèle pour y loger le "salut") ; en revanche, il n'exclut pas forcément une forme d'eschatologie c'est-à-dire la possibilité d'une discontinuité temporelle (une bifurcation) et d'un saut du Réel vers un échelon supérieur de réalité.

De tels sauts ont déjà eu lieu : celui de la Prématière à la Matière (le mal nommé "big-bang"), de la Matière à la Vie, de la Vie à l'Esprit (qui n'en est qu'à ses tout débuts) …

 

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Ma haine absolue, radicale et inébranlable envers toute idéologie (ou religion, ce qui revient au même) s'enracine très profondément dans cette évidence que la complexité du Réel est infiniment supérieure à celle de l'esprit humain qui tente de l'enfermer dans une boîte (un modèle idéologique ou religieux) beaucoup trop petite pour lui.

La réalité du Réel est infiniment plus vaste, plus riche, plus complexe et plus variée que ne le sont les maigres images d'Epinal que l'esprit humain en imagine dans son orgueil imbécile à ce croire "maître et possesseur" des mondes.

La spiritualité comme la science doivent être des chemins de modestie, être débarrassées de tous les fantasmes, de toutes les illusions, de tous les caprices, de tous les mythes, de toutes les légendes et de tous les idéaux que les humains se sont fabriqués pour se rassurer quant à leur aspiration à la toute-puissance.

 

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Dans le pur fil de la tradition juive où il s'enracine, le Témoignage chrétien, spécialement dans l'Apocalypse de Jean, adhère fondamentalement à une vision strictement eschatologique du Salut, du moins dans ses textes saints.

Or, contre toute évidence, tout bon sens et toute logique, aujourd'hui - mais depuis longtemps – les diverses branches du christianisme ont adopté une vision majoritairement sotériologique du Salut, à travers ses croyances en l'immortalité de l'âme personnelle, en son jugement dès après la mort et en son accès immédiat ou différé au Paradis ou aux Enfers.

Cette même vague sotériologique a également – mais beaucoup moins profondément – infesté un certain judaïsme rabbinique talmudiste.

Comment a-t-on bien pu, ainsi, basculer du "salut du monde" au "salut de l'âme personnelle" ? Quelle est l'origine historique de ces croyances sotériologiques ?

Elles semblent avoir été injectées dans le proto-christianisme des 3ème et 4ème siècles de l'ère vulgaire, par l'influence qu'ont exercée sur lui, les religions romaines "à mystères". Mais à quelle source celles-ci s'abreuvaient-elles ?

A celles de l'Egypte et de la Mésopotamie anciennes, sans doute, vieux relents des animismes primitifs où le monde, déjà, était vu comme la superposition intriquée du monde des corps vivants et de celui des esprits défunts.

Ce serait donc l'option sotériologique qui serait – et de loin – la plus ancienne et la plus généralisée, alors que l'option eschatologique (apocalyptique) serait plus typiquement juive et née entre le 4ème et 2ème siècles avant l'ère vulgaire, d'abord sous la forme d'une eschatologie politique (Isaïe), puis sous la forme d'une eschatologie théologique (Daniel).

Toute la littérature apocalyptique juive des deux derniers siècles avant l'ère vulgaire, témoigne en ce sens.

 

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Une différence énorme existe entre la Bible hébraïque et le Coran musulman.

Dans la Bible, c'est la "Création", prise comme un tout, qui est offerte à l'admiration de l'homme pieux ; alors que, dans le Coran, seules des "créatures" individuées peuvent l'être, mais certainement pas le Tout qui est un concept absent de cette vision archaïque du Réel.

 

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Dans le Coran, tout a été créé par Allah (même les bateaux ! et même la mer pour porter les bateaux !) pour le bon service et le bon plaisir du bon musulman. Le monde et tout ce qu'il contient, ont été fait pour le bon musulman, à son usage, à son intention.

Mais en échange, le bon musulman doit totale soumission aux décrets d'Allah.

En gros, le musulman (mâle) est un fils aimé du Dieu et, tant qu'il lui obéit aveuglément, le bon musulman peut s'accaparer, s'amuser, user et abuser de tout ce qui existe (femme, enfant, infidèle, territoire, ressources, …) et qui est à sa libre disposition.

Le Père (Allah), l'enfant obéissant (le bon musulman) et le jouet (le monde et tout ce qu'il contient, dont la femme en première ligne) …

Quelle aberration ! Quelle pauvreté ! Quelle puérilité !

Mais on comprend aussitôt pourquoi l'islamisme a eu et a encore tant de succès auprès des populations incultes, ignares, attardées et analphabètes : quelle revanche ! Il suffit d'obéir – en apparence – à la loi coranique pour que tout soit permis et à disposition.

Rien de plus simpliste, rien de plus infantile.

Et si, pour obéir, il faut sacrifier sa vie, alors tout est rétribué au centuple avec les houris eu paradis. Qui dit mieux ?

 

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La plus grande erreur métaphysique est de croire que le Bien et le Mal sont des valeurs absolues, indépendantes de l'humain. Le Réel est neutre et est absolument amoral. Le "bien" et le "mal" sont toujours relatifs à celui qui ressent l'évolution de son milieu comme faste ou néfaste, comme positif ou négatif, comme heureux ou malheureux, comme douloureux ou joyeux, par rapport à ses ambitions ou ses désirs, à ses illusions ou à ses aspirations, à ses peines et douleurs, à ses plaisirs et joies.

Il n'y a pas, il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais de "morale", au sens impersonnel du terme. En revanche, il est du devoir de chacun de se doter d'une éthique personnelle (de règles de vie solides et strictes)  afin de réaliser au mieux sa propre vocation d'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

Dès lors que l'on se met à croire, erronément, qu'il existe un Bien absolu et un Mal absolu, vient immédiatement la question de leur "pourquoi". Pourquoi y aurait-il du "Mal" dans le Réel, indépendamment de l'humain qui le perçoit tel ? La réponse est simple : un tel "Mal (comme un tel "Bien") n'existe tout simplement pas. La souffrance humaine n'est un "mal" que pour l'humain qui la subit et pour lui seul (ou son immédiat entourage). Le reste du cosmos n'en a strictement rien à fiche : cela fait partie du jeu de l'évolution et des ajustements parfois localement douloureux que cela impose.

 

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Il n'existe pas d'autre mal que la douleur que chacun perçoit, éventuellement, pour soi.

Le stoïcisme l'avait parfaitement compris.

 

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Le Réel n'est ni bon, ni mauvais. Ces catégories lui sont totalement étrangères. Il est tel qu'il est et va tel qu'il va ; il n'a d'autre sensibilité que celle de son harmonie, de son optimalité et de son évolution globales.

Il faut cesser de prêter au Réel des sentiments humains. Il faut cesser tout anthropomorphisme.

L'esprit humain, dans le corps humain, se soucie-t-il des difficultés de vie et de survie, de santé ou de vieillesse de chacune de ses cellules particulières ?

 

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Le gnosticisme et le manichéisme ont été l'enclume et le métal avec lesquels on a forgé le christianisme à partir du 2ème siècle. Le judaïsme n'y a plus aucune part ; tout au contraire.

 

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Le mystique (ou l'authentique initié) ne peut que se sentir étranger à l'humanité.

Sa demeure est le Réel dont l'humanité n'est qu'une infime manifestation.

 

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Le 22/01/2021

 

La crise pandémique a au moins eu le grand mérite de remettre les pendules à l'heure dans le rapport entre la personne humaine et le monde humain.

Il y a la vitale communion de co-construction d'un tout petit groupe au sein d'un véritable projet de vie comme dans le couple, dans l'entreprise ou dans un égrégore authentique.

Il y a les très utilitaires échanges des ressources nécessaires à l'alimentation de ce projet de vie.

Et il y a tout le reste (le ludique, le superficiel, le futile, le frivole, l'inutile, l'amusement, les spectacles, les défoulements, etc …) qui ne sert à rien d'autre qu'à exciter sa libido, son égotisme, ses caprices, son nombrilisme, son narcissisme, son orgueil et sa vanité.

Ce que l'on appelle la "socialité" ou la "convivialité" relève, à 90 pourcents de cette troisième et superfétatoire catégorie grotesque.

 

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L'actuel jeu géopolitique tente en vain de renouer avec le mondialisme. Celui-ci est bien mort et ne se poursuit dans l'apparence que pour permettre à chaque grand continent (Euroland, Angloland et Sinoland) de se placer au mieux sur l'échiquier mondial pour en tirer un maximum d'avantages technologiques, économiques commerciaux et financiers à son seul profit (c'est ce que les Européens n'ont pas encore compris alors que les Chinois et les Américains l'ont bien compris depuis longtemps).

Ce jeu est malsain. Il tente de ressusciter des institutions mortes comme l'ONU, l'OTAN, le FMI, l'OMS, l'OIT, la BM et tant d'autres qui relevaient tous de la logique de la défunte "courbe rouge".

A l'horloge de la continentalisation, le centre des préoccupations doit être la quasi autarcie continentale, le géopolitique n'intervenant qu'à la marge, pour combler les manques d'auto-suffisance.

L'Euroland doit se détacher radicalement de l'Angloland et prendre toutes ses distances d'avec le Sinoland ; pour ce faire, elle doit se fédérer politiquement et construire sa totale indépendance surtout en matière technologique et numérique, en matière agricole et industrielle, en matière d'enseignement et de recherche … et, autant que ce soit possible, en matière énergétique.

 

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Dans l'histoire juive, il est une période fascinante : celle de l'émergence et de l'instauration du lévitisme. L'empire assyrien détruit, en -722, le royaume du nord (les dix tribus de ce royaume d'Israël disparaissent) et, durant la première moitié du 7ème siècle, subjugue le royaume du sud, celui de Judée où vivent les tribus de Judah et de Benjamin, et une partie de la tribu sacerdotale des Lévy. La main de fer d'Assurbanipal (aussi appelé Sardanapale) pèse de tout son poids sur toute la région durant la première grosse moitié du 7ème siècle.

C'est entre 639 et 609 que, sur la Judée, règne le roi Josias qui entame une profonde réforme religieuse dans son royaume : il veut y détruire radicalement toutes les formes d'idolâtries qui, insidieusement, s'y sont installées un peu partout.

Pour cela, il fait écrire le "Livre de la Loi" qui deviendra le "Deutéronome" et qui fonde le Lévitisme, assise de tout le Judaïsme ultérieur. Il chasse sans ménagement tous les prêtres et tous les cultes qui ne sont pas en parfaite conformité avec le "Livre de la Loi".

Mais l'empire assyrien s'affaiblit. Les Babyloniens finissent par le subvertir et, en -586, leur roi Nabuchodonosor envahit la Judée, détruit Jérusalem et son Temple, et déporte toutes ses élites à Babylone où il faudra attendre -538 et la victoire du Perse Darius sur les Babyloniens, pour que, sous la conduite d'Ezra, les élites judéennes enfin libérées reviennent au pays, reconstruisent le Temple de Jérusalem et "redécouvrent" le "Livre de la Loi" du roi Josias, l'appliquent avec vigueur et rigueur, et l'étoffent d'écrits complémentaires en commençant par la formalisation des rites et cultes de la tribu sacerdotale des Lévy (d'où le "Livre du Lévitique"), et en poursuivant par le recueil de légendes et mythes concernant la période archaïque (c'est le "Livre de la Genèse") et par le développement de l'épopée mosaïque dans deux livres (celui de "l'Exode" et celui des "Nombres", tous deux greffés sur et nourris par le "Livre de la Loi" de Josias).

Ainsi naît la Torat Moshéh (le Pentateuque) à laquelle, au fil des siècles suivants, viendront s'adjoindre d'autres textes : beaucoup écrits sur mesure et certains récupérés dans les trésors des anciennes traditions prophétiques pour former, progressivement, le Tanakh (la Bible hébraïque aux 24 livres).

 

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Plus on regarde les choses de près, moins elles sont géométriques.

La géométrie du monde est une illusion engendrée par la distance du regard.

Dans ses détails, plus rien n'est ni géométrique, ni géométrisable !

Il en va de même pour l'arithmétique : les choses ne paraissent séparées et distinctes, comptables et comparables, que si on regarde de loin.

De près, plus rien n'est ni arithmétique, ni arithmétisable !

Tout ce qui est mathématisé est approximatif, simplifié et idéalisé.

Le langage mathématique n'est efficace que de loin.

 

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Depuis longtemps, on sait que le Réel est cohérent, tant dans l'ordre temporel que dans l'ordre spatial ; mais depuis longtemps aussi, on s'étonne qu'il ne soit pas parfaitement régulier et ordonné.

Pourquoi, demande-t-on par exemple, les galaxies sont-elles si chaotiquement dispersées sur la voûte des cieux plutôt que d'être parfaitement rangées de façon régulière et maillée ?

Toute l'erreur provient de la mécompréhension du mot "cohérent". La cohérence dit seulement que le processus constructif à l'œuvre partout possède une logicité intrinsèque, mais elle n'affirme nullement un causalisme déterministe ; les choses arrivent et se passent où elles peuvent, quand elles peuvent et comment elles peuvent. Sans parler à proprement parler du "hasard", il y a de l'aléatoire dans le Réel, du circonstanciel, du configurationnel ; rien, jamais, nulle part, n'est parfaitement identique à quoique ce soit d'autre.

Le Réel n'est pas un assemblage mécaniste ; tout y est émergence créative et circonstancielle.

Rien n'est totalement reproductible à l'identique.

Tout est unique.

 

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Philon distingue, à juste titre, trois pôles métaphysiques, respectivement le théocentrisme, le cosmocentrisme et l'anthropocentrisme.

Il est temps d'apercevoir que la synthèse de ces trois postures appelle un téléocentrisme qui met tant les humains que les dieux ou les astres, au service d'une Intention transcendantale (donc unique et indépassable), immanente à tout ce qui existe.

 

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A leur état pur, le matérialisme de l'épicurisme et le dualisme du gnosticisme ont finalement disparu assez vite du paysage philosophique européen ; mais, sournoisement, silencieusement, ils sont restés en filigrane le premier de l'humanisme et le second du christianisme.

 

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Le Réel est Un, absolument Un. Mais le regard des humains est double. Pour la grande majorité, ce regard est et reste profane et il se cantonne à l'apparence et à l'illusion. Pour une minorité, le regard scrute au-delà de ce monde d'apparences et d'illusions et part à la recherche du Principe du Réel qui, pourtant, est partout déjà-là, immanent, holistiquement immanent.

 

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Le gnosticisme est plus ouvertement présent dans l'islamisme qu'ailleurs, ainsi, on lit dans le Coran :

 

"Ce bas-monde est une prison pour les croyants et un paradis pour les impies."

 

ou :

 

"Sois dans ce bas-monde comme si tu y étais étranger."

 

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Les organisations pyramidales sont fréquentes chez les animaux dits évolués. Mais les pyramides hiérarchiques trop étendues sont malades et délétères du fait qu'elles déconnectent le "haut" du "bas" du fait de l'immixtion d'une autre phénomène : le phénomène bureaucratique.

Pour que le pyramidal hiérarchique puisse fonctionner à peu près bien, l'univers dans lequel il évolue, doit satisfaire trois conditions : un monde tranquille (faible niveau d'activité), un monde stable (faible variance des règles) et un monde prévisible (faible densité d'imprévus).

La bureaucratie a pour fonction de "forcer" artificiellement ces trois conditions c'est-à-dire de faire baisser le niveau d'activité (grâce à l'esprit "fonctionnaire"), d'augmenter mécaniquement le niveau de stabilité (procédures, normes, quotas, etc ...) et d'instaurer une prévisibilité apparente (plannings, budgets, plans, etc ...).

On confond trop souvent hiérarchique et bureaucratique. Le hiérarchique est un type d'organisation qui peut donner de bons résultats lorsque le réticulé est trop mou ou trop lent (pas assez stimulé par l'adhésion forte au projet commun) ; mais le bureaucratique est toujours désastreux (la bureaucratie a une logique de prolifération identique à celle du cancer dans les organismes vivants et à leur dépens et détriment).

 

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La révolution copernicienne n'est pas tant le passage d'un monde géocentrique à un monde héliocentrique, que le passage d'un univers sphéroïdal (des couches, sphères ou "ciels" concentriques) à un univers fractal (des galaxies disséminées aléatoirement dans un espace "vide" que la relativité générale a tout de même reconnu sphéroïdal, fermé et limité).

 

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Le 23/01/2021

 

J'aime la notion proposée par le mot "ange", du moins dans son acception originelle grecque (aggélos) ou hébraïque (mal'akh) de "messager" ou, mieux, de "message" divin c'est-à-dire de "signe" ou de "symbole" apparaissant dans le regard que l'on porte sur certains aspects du Réel, tant intérieurs qu'extérieurs à soi.

On est, là, pas loin de l'idée d'un "esprit" dans l'acception animiste du terme, non dans le sens "spirite", mais dans le sens "spiritualiste" : toute chose, si l'on adopte le regard qu'il faut, est manifestation interpellante de l'Esprit cosmique ou de l'Âme universelle : tout ce qui existe "parle du Divin" à celui qui peut ou sait écouter et entendre les "anges qui passent".

 

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"Qu'est-ce que l'homme ?", demandait Kant.

Réponse : un mammifère terrestre (parmi beaucoup d'autres), mal adapté à la vie naturelle sauvage qui, pour survivre, a dû développer des aptitudes culturelles plus affûtées que les autres espèces. Ce développement de ses dimensions culturelles a engendré des ressentiments et rancœurs à l'égard de la Nature dont il se veut "maître et possesseur", et a provoqué, chez lui, des perturbations mentales diverses qui, souvent, l'éloignent complètement du Réel et l'enferment dans des fantasmes divers, plus ou moins nocifs, nuisibles et dommageables.

 

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Je n'ai jamais trouvé la moindre "beauté" à une voiture … ni à quelque machine ou artefact que ce soit, d'ailleurs. L'admiration que l'on peut ressentir pour un artéfact ne tient qu'à son utilité et à son utilisabilité. Le "design" est une pure arnaque.  Rendre "beau" un autobus ou une cafetière relève de la pure supercherie.

Quand je vois des crétins se pâmer devant une bagnole, je désespère vraiment de l'humanité.

La beauté est tout ailleurs ! De la Nature et des émotions transcendantes qu'elle nous procure.

 

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De FOG :

 

"Mais la grande absente (…) du discours présidentiel, c'est la France éternelle en crise morale, identitaire, métaphysique, qui se demande si elle est encore de son temps. La France des Lumières qui a perdu tant de batailles mais qui n'a pas perdu la guerre."

 

Quelle déception de lire ces inepties ! La "France", ça n'existe pas – encore moins "éternelle" - ! Les "Lumières" sont une chape d'obscurité navrante. Il faut cesser de ressasser ces incongruités nationalistes et philosophistes qui ne sont que de pures fantasmagories inventées et imposées par la fin du funeste 19ème siècle.

Bien sûr que la "France éternelle" n'est plus de son temps, puisqu'elle n'est qu'un fantasme hors du temps réel. Bien sûr que cette ineptie est en crise puisqu'elle n'existe pas. Bien sûr que le concept "France", purement imaginaire, n'a aucune consistance ni morale, ni identitaire, ni métaphysique … ni même historique.

La "France", une et indivisible, n'est qu'une invention ridicule, tardive et irréaliste de la 3ème république. La "France" n'est qu'une généralisation abusive et autoritaire, imposée par une "Île-de-France" royaliste et jacobine dont les "provinces" n'ont que faire !

 

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Nicolas Baverez indique les secteurs économiques "de pointe" de la France qui sont les plus menacés par la crise économique consécutive à la crise pandémique : l'aéronautique, le tourisme, l'hôtellerie, la restauration, l'événementiel et la culture. Et il renchérit en mettant l'accent sur les voyages d'affaire, le tourisme, le sport et la culture.

Alors, soyons clairs : ces "secteurs" vont tous disparaître et on le sait depuis bien avant la pandémie.

Voyager en avion est une absurdité à l'heure de la visioconférence et de la raréfaction des carburants pétroliers.

Le tourisme de demain sera de courte durée et de proximité.

L'hôtellerie et la restauration devront s'adapter à un monde où l'on ne se déplacera que rarement, mais où l'on s'inscrira dans une économie de saison et de proximité.

L'événementiel ne sert à rien et sera remplacé par les télé- et visio-interventions.

Le sport se fait, sans besoin de rien, là où l'on vit et sans nécessité particulière d'infrastructure.

Quant à la "culture", de quoi parle-t-on ? Des spectacles, du cinéma, des musées, des expositions ? Ils sont morts. Il n'existeront plus que sur la Toile.

Bref : tous ces secteurs, indépendamment de la pandémie, sont condamnés à mort. Et c'est tant mieux.

Et encore plus bref : tous les secteurs relevant du déplacement lointain et du spectacle mondain sont condamnés à mort !

Et c'est tant mieux !

 

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De Pierre-Antoine Delhommais :

 

"Il faut s'attendre en 2021 à une envolée record du nombre des faillites avec à la clé de centaines de milliers de suppressions d'emploi."

 

Certes. Cela s'appelle le darwinisme : la sélection naturelle des entreprises et des emplois qui auraient dû disparaître depuis longtemps. La pandémie ne fait que souligner le procès qu'il aurait fallu faire depuis longtemps, aux subventions et assistanats n'ayant pour seul but, sous acharnement thérapeutique, que de faire survivre des handicapés économiques condamnés à disparaître.

La seule politique économique est de séparer rigoureusement le politique et l'économique.

 

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De Hassen Chalghoumi :

 

"L'islam politique se repère toujours par l'importation du conflit israélo-palestinien. Il leur faut une cause fédératrice pour le monde arabo-musulman, parce que l'Oumma, la communauté mondiale des fidèles de l'islam, est un fantasme et n'a jamais existé. (…) Sans la cause palestinienne, la plupart des islamistes n'existent presque plus."

 

Merci, monsieur l'imam Chalghoumi. Enfin un peu de lucidité et d'air frais dans ce réduit glauque et nauséabond nommé "islamisme".

 

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De Jacques Ellul :

 

"La question (…) est une de celles qui me troublent le plus profondément, elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble, et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Église ait donné naissance à une société, à une civilisation, à une culture en tout inverses de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul ? [...] Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine, et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la chrétienté et l'Église. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce qui est dit. Or, il n'y a pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, donc véritable subversion."

 

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Le 24/01/2021

 

Il faudra bien, un jour, penser la différence fondamentale qui existe entre une économie de la propriété et une économie de l'usage. La propriété permet l'usage, mais ne l'implique pas forcément. Asymétriquement, l'usage n'implique aucunement la propriété. L'acte d'appropriation est une acte d'anticipation : posséder – donc avoir à sa disposition à tout moment – ce dont on pourrait, un jour, peut-être, avoir utilité et faire usage.

Depuis bien longtemps, la propriété a un caractère sacré, mais cette propriété était essentiellement familiale et non individuelle. C'est la modernité qui a inventé la propriété privée personnelle.

L'acte d'appropriation est corrélé à l'idée de rareté : ce qui est rare est convoité afin que son propriétaire puisse être sûr de l'avoir sous la main en cas de besoin. Ce qui est pléthorique n'appelle aucunement le besoin d'appropriation.

 

Mais dès lors que l'on passe d'une économie matérielle (où la rareté est liée à l'objet) à une économie immatérielle (où la rareté est liée au talent de celui qui produit l'idée) la notion d'appropriation perd de son sens : on ne peut pas s'approprier l'esprit de quelqu'un, au contraire de ses biens.

Cela signifie qu'une économie immatérielle devient, forcément, une économie de l'usage.

C'est cette transition que nous sommes en train de vivre aujourd'hui …

 

On a dit et répété que la notion de propriété était au fondement même du capitalisme. Rien n'est plus faux. Le capitalisme est un mode de financement d'un projet et implique un droit de jouissance d'une part des profits que le risque capitalistique a permis d'engendrer.

Le fait que, communément, celui qui finance (et assume donc le risque de l'entreprise), devienne propriétaire de ce qui est financé, n'est nullement une implication logique nécessaire.

Le fait de financer ne donne, on l'a vu, qu'un droit sur une part des profits, mais n'implique nullement la propriété de ce qui est financé. Bien au contraire, aujourd'hui, une entreprise fait des profits bien plus du fait des talents immatériels de ses dirigeants que du fait des investissements matériels permis par le financement.

La notion de "capitalisme" n'est concernée que par celle de financement et non par celle de management.

Une entreprise doit appartenir majoritairement à ceux qui la pilotent et non à ceux qui la financent (même si ceux-ci, à mesure du risque réel qu'ils prennent, peuvent avoir un certain droit de regard et de parole, mais non de décision).

Pour le dire d'une phrase, nous passons d'une économie de l'argent à une économie du talent !

 

L'argent n'est qu'un amplificateur de talent, mais ne le remplace jamais.

L'argent finance les investissements nécessaires pour que les talents puissent engendrer de meilleurs profits afin de rémunérer toutes les ressources utilisées, dont l'argent.

 

L'équation est :

 

P=(K+R).T

 

où P est le profit (engendré par la vente d'une propriété ou d'un droit d'usage), où T est le talent de pilotage, où K est le capital de financement et où R est l'ensemble des autres ressources mises en œuvre.

On note que si T=0, alors P=0, mais aussi que si K=0, alors P=R.T < (K+R).T

 

Cette équation, quelque simpliste et symbolique soit-elle, permet, enfin, de découpler radicalement finance (financement) et économie (pilotage d'entreprises), argent et talent.

Et, sous nos yeux, l'économie est en train de devenir, de plus en plus majoritairement, une économie de l'usage (et non de la propriété) et une économie immatérielle (ce sont les idées qui sont rares, et non plus les objets puisque nous entrons dans une logique de frugalité généralisée).

 

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Le 25/01/2021

 

Il est urgent de réactiver vivement les notions de "communauté de vie" ou de "réseau noétique" qui se construisent , à la fois, sur les notions cruciales d'autonomie personnelle et d'interdépendance mutuelle.

L'autonomie n'est pas le repli autarcique sur soi ; elle s'inscrit dans une vie communautaire sur tous les plans mais sans dépendance, dans l'interdépendance.

C'est l'idée de "communion" (malheureusement totalement falsifiée par le christianisme) qui, loin de ce christianisme, pointe vers le fait de "construire ensemble" (cum munire, en latin), chacun gardant son autonomie c'est-à-dire préservant le fait admis et souple d'être maître de ses propres "lois", de ses propres règles de vie, de ses propres valeurs, de ses propres outils et méthodes.

Mon boulanger Yann et moi sommes totalement autonomes, mais nous sommes interdépendants : il fabrique le pain que j'aime et je le lui achète au prix qu'il demande pour subvenir aux besoins de sa famille. Nos survies sont liées. De plus, nous partageons un ou deux petits projets communs pour le village. Nous y œuvrons ensemble, chacun dans le cadre de nos compétences et de nos disponibilités. Mais, encore une fois, nous restons totalement autonomes l'un de l'autre, malgré les liens d'amitié qui nous lient.

 

L'autonomie, assortie d'une libre et belle interdépendance est la condition première pour monter vers la Libération de la Vie et de l'Esprit au fond de soi.

Cette idée centrale de l'autonomie interdépendante,  porte un beau nom (lui aussi malheureusement terriblement galvaudé, notamment dans la devise républicaine française), c'est la Fraternité (au sens maçonnique : une autonomie personnelle totale, mais inscrite dans une communauté de généalogie – même Mère d'où l'on vient : l'Initiation rituélique – et de téléologie – même Père vers où l'on va : la Construction du Temple).

La pâque forge un telle Fraternité au sein de la Maison d'Israël dont la généalogie est unique : la Torah, et dont la téléologie est unique : hisser la vie et l'action humaine le plus haut vers le Divin sur les chemins de YHWH.

 

Tous les désastreux fantasmes morbides du "complot judéo-maçonnique" viennent de cette incapacité des crétins à comprendre cette notion de Fraternité spirituelle tournée vers la Gloire divine et surtout pas, comme le font les "indigènes", vers les institutions locales humaines.

 

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Il est intéressant de rappeler que la Gaule antique était, sur le même schéma réticulé des Cités grecques anciennes et des tribus de la Maison d'Israël, un réseau d'une centaine de Tribus autonomes (d'origines sédentaires ou nomades très diverses, souvent vaguement celtes) n'ayant entre elles qu'une appartenance commune à une spiritualité protéiforme, portée par le druidisme, et que des relations "contractuelles" de clientélisme (une forme d'interdépendance proche de l'évergétisme), mais aucune relation institutionnelle (même la coalition menée par Vercingétorix contre Jules César – et qui fit long feu – était d'essence contractuelle avec une visée strictement militaire à court terme).

Le principe d'autonomie radicale des Tribus était intangible et irréfragable.

La Gaule était une contrée, naturellement délimitée par la Méditerranée, les Pyrénées, l'Atlantique, le Rhin et les Alpes. Mais sur ce territoire très diversifié, il n'y eut jamais de "Nation unique", jusqu'à ce que l'inventât et l'imposât la troisième République et ses "hussards noirs" après 1870.

Autrement dit, malgré le fantasme des nationalistes et des populistes, la France, ça n'existe pas.

Il en va de même dans la presque totalité des pays d'Europe, même en Italie où l'empire romain n'a fait que recouvrir la mosaïque des cités et peuplades, d'un voile artificiel de lois et de croyances exprimées dans la langue du Latium.

Il me semble essentiel de gommer, une bonne fois pour toutes, le fantasme artificiel des Etats-Nations imposé dans la seconde moitié du 19ème siècle et qui ne correspond, en rien, aux vraies généalogies naturelles et culturelles des communautés régionales qui ont été enchaînées ensemble de force.

Partout, en Europe, il est urgent de rendre aux régions historiques leur totale autonomie, au sein d'une fédération "impériale" européenne. Les Etats-Nations doivent disparaître !

 

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Lu dans la Newsletter de mon ami François Introvigne :

 

"La pandémie a boosté le numérique. Les principaux acteurs sont américains. Les Chinois peinent à se mondialiser. Les Européens n'existent pas ! La mondialisation digitale n'a plus rien à voir avec celle du G7, du G20 ou de l'ONU. Le e-commerce, les services et les données passent d'un continent à l'autre, se moquant des régulations et des politiques. L'électronique Japonais qui faisait trembler le monde dans les années 1980-1990 a disparu des radars. Pour se résumer en matière de numérique, la mondialisation, c'est l'américanisation."

 

Il n'y a que vingt ans que je le clame sur tous les toits. Cette américanisation – euphémiquement nommée "mondialisation" - n'est pas que numérique, elle est financière, managériale, méthodologique, marketing, organisationnelle, bancaire, cinématographique, musicale, vestimentaire, …

Ce succès est très simple à expliquer. Le "système américain" – comme d'autres systèmes religieux ou idéologiques – est fondé, à la fois, sur la simplification outrancière de tout et l'idéalisation puérile en tout ; il est donc parfait pour embrigader tous les benêts manipulables à qui l'on promet que, pour pas cher, il pourront devenir tellement heureux (ici, plus tard ou au ciel).

Ce sont toujours les incultes, les ignares et les quasi analphabètes qui rallient en masse les doctrines les plus pauvres et les plus élémentaires ; qu'elles soient radicalement fausses et extrêmement destructrices de ressources naturelles et de progressions éthiques et spirituels, n'importe pas aux yeux de leurs affidés.

 

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De Jean de Kervasdoué :

 

"L'abandon de la vérité comme valeur ne conduit pas à la solidarité."

 

C'est la nouvelle antienne : il faut ressusciter de nouvelles ferveurs sur l'autel où l'on égorge et brûle la vérité scientifique. Peu importe que l'on soit dans l'erreur et le mensonge, pourvu que l'on y soit ensemble.

C'est le credo délétère et nauséabond de tous les rétro-activismes (écolo-gauchisme, islamisme, homosexualisme, indigénisme, black-bloquisme, véganisme, hyperféminisme, genrisme, décolonialisme, racialisme, gilet-jaunisme, socialo-populisme, …).

 

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Libérer de l'énergie, c'est forcément détruire ce qui la retenait ou ce qu'elle tenait.

L'énergie circulante (chaleur, lumière, électricité, vent, …) résulte de la destruction de molécules ou de noyaux dont cette énergie était le ciment.

Ce que les ignares en thermodynamique ignorent, c'est que la réversibilité n'existe pas : capturer de l'énergie est infiniment plus difficile à faire que la libérer (autrement dit, en termes techniques, les rendements dans un sens sont infiniment inférieurs aux rendements dans l'autre sens – fabriquer une bûche prend infiniment plus de temps et de travail que la brûler dans l'âtre).

Faire est difficile (et coûteux), défaire est facile.

Ce que les fumistes écologistes ne comprennent pas, c'est que les combustibles, fossiles ou non (uranium, charbon, pétrole, gaz, forêts, …), sont d'immenses réservoirs d'énergies capturées, à très haute densité, impossiblement ou très difficilement reconstituables ; alors que les énergies dites de substitution ne sont que des énergies circulantes (majoritairement d'origine solaire) que l'on doit, pour les rendre utilisables pour les activités humaines (domestiques et industrielles), reconcentrer avec des rendements toujours déplorables et, toujours, en utilisant de grandes quantités de ressources non renouvelables (pour fabriquer et entretenir les machines reconcentratrices comme les éoliennes, les panneaux solaires, etc …).

Il est tout de même sidérant que le second principe de la thermodynamique n'ait toujours pas été compris par les pitres qui parlent de "transition énergétique".

 

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L'écologisme est devenu une religion, c'est-à-dire un fatras de croyances sans fondements, de prières incantatrices, de sermons prêchi-prêchas, de grand' messes hystériques et extatiques, de gourous ignares et d'une minuscule grande prêtresse à peine pubère ?

Cette religion écologiste est devenue totalement obscurantiste, totalitaire et inquisitoriale, idéologique et antiscientifique, fanatique et terroriste.

Il faut que l'écologie triomphe très urgemment ; pour cela, il faut se débarrasser de l'écologisme !

 

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L'Europe des Nations, telle que nous la connaissons aujourd'hui au travers de l'UE, est un navrant "oxymore vivant" dans la stricte et dramatique mesure où les Etats-nations qui prétendent la constituer, ont été inventés au 19ème siècle (France, Allemagne, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Belgique, etc …) précisément pour briser les véritables généalogies historiques, régionales et locales (héritières des tribus celtes, grecques, italiques et autres) qui forment la réalité du tissu continental européen.

Les Etats-Nations ont engendré artificiellement les nationalismes (le cancer de toute géopolitique) par haine du continentalisme et des régionalismes ancestraux.

L'Europe des Nations doit céder le pas, urgemment, à une Europe fédérale des Régions autonomes.

Il faut donc "signer" l'abrogation pure et nette de tous les Etats-Nations.

 

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L'Européen est un héritier génétique de l'homme de Neandertal, un héritier linguistique des idiomes indo-européens et un héritier philosophique de l'helléno-judéo-christianisme.

Telle est l'identité européenne de base.

Ce sont ces trois piliers-là qui demandent, aujourd'hui, à être âprement proclamés et soutenus, dans un esprit de paix et de concorde, mais sans lâcheté ni compromission.

 

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Le 26/01/2021

 

Les cinq questions :

 

  1. Qui marche ? D'où vient-il ? Quelle est son expérience et son bagage ?
  2. Où va-t-il ? Quelle est sa destination ? Et sa motivation ?
  3. Dans quel territoire et avec quelles ressources marche-t-il ?
  4. Quels sont ses principes, ses critères et méthodes de marche ?
  5. Comment marche-t-il vraiment ?

 

Ces cinq questions permettent de décrypter la logicité globale de n'importe quel processus complexe.

 

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Spirituellement parlant, le processus de Libération est tout intérieur, tout intime, tout personnel.

Personne ne peut libérer quiconque à sa place. Chacun est le seul responsable de sa propre Libération spirituelle.

Le chemin peut en être indiqué, Les symboles et les rites peuvent en être fournis, mais la démarche est exclusivement personnelle.

C'est à soi et à soi seul de se libérer soi-même.

Pourquoi ? Parce que le processus de Libération se place face à son propre passé, à ses propres héritages, à ses propres croyances qui, tous, diffèrent singulièrement d'une personne à l'autre.

Ce ne sont pas les mêmes choses dont chacun peut et doit se libérer. Ce ne sont pas les mêmes chaînes qui entravent chacun. Chaque personne est unique et chaque passé personnel est unique, chaque héritage personnel est unique, chaque éducation reçue est unique, chaque personnalité est unique.

Bien sûr, il y a de grandes lignes de force communes : il existe beaucoup de croyances communes et beaucoup de servitudes volontaires communes, parce qu'il existe quelque chose de flou que l'on nomme "nature humaine" ou "culture ambiante" ou "us et coutumes". Mais là est le terreau, par la plante.

 

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D'Ibn Arabi (1165-1240 – fils d'un arabe et d'une berbère, originaire d'Andalousie) dans "Le Traité de l'Unité" :

 

"Tu ne peux cesser d'être, car tu n'es pas.

Tu es Lui et Lui est toi, sans aucune dépendance ou causalité. (…)

les choses n'ont aucune existence, ce qui n'existe pas ne peut cesser d'exister. (…) le tout est unique et l'unique est tout.

 

Cette idée, centrale dans toutes les métaphysiques monistes (ou panenthéistes), reprend la métaphore taoïste que seul l'océan existe dont les vagues superficielles ne sont que des manifestations sans posséder quelque être-en-soi que ce soit.

 

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Ibn Arabi, considéré comme le sommet de la mystique soufie et de l'ésotérisme musulman, reste enfermé dans un monisme radical et absolu qui se résume à une tautologie indépassable : "Un est Un" et, sur le Un, il n'y a rien à dire ni à penser.

Il est incapable de distinguer "dualité" et "bipolarité" et, en conséquence et par exemple, ne comprend pas la distinction entre l'Un absolu et le Tout de sa manifestation, et la dialectique entre le global (le Tout-Un) et le local (le Tout-dans-l'Un).

 

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Il est symptomatique que, dans son "Traité de l'Unité", Ibn Arabi mentionne à peine le prophète Mu'hammad et ne mentionne aucunement le Coran … Il y a une bonne raison cohérente à cela : puisque seul Allah ("Le Dieu", l'Un) existe, il est évident que Mu'hammad et le Coran n'existent pas et ne sont que de pures illusions humaines.

 

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Ibn Arabi élude complètement le fait que l'Un étant le seul existant, complètement immuable, parfait, achevé dans l'Être absolu et définitif qu'Il est, contient tout qui n'est autre que Lui, mais que ce tout qu'il contient, est évidemment en évolution permanente (les arbres poussent, le soleil se lève et se couche, le vent souffle, la mésange vole, …). Autrement dit, l'Un étant intemporel, comment se peut-il qu'il y ait de la temporalité à l'intérieur de l'Un.

Ce dilemme fut celui de Parménide d'Elée que Zénon d'Elée tenta en vain de résoudre et qui ne put aboutir qu'à l'atomisme abdéritain : l'Être immuable est tout entier dans chaque atome, mais les atomes immuables interagissent entre eux pour former, par hasard, des configurations variables et évolutives.

Jolie pirouette pour tenter de sauver le concept de l'Être immuable.

 

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L'idolâtrie commence dès que l'on croit à autre chose qu'à la vraie réalité du Réel. L'esclavage commence dès qu'il y a idolâtrie (religieuse ou idéologique).

 

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Les ternaires fondamentaux du panenthéisme moniste …

 

Et qu'est-ce que la "vraie réalité du Réel" ?

C'est le principe de cohérence qui assure la dissipation optimale entre les trois tensions universelles et omniprésentes.

 

Et quelles sont ces trois tensions universelles et omniprésentes ?

 

  1. Celle entre conservativité et constructivité, appelée tension dynamique qui produit les cycles, qui engendre le temps et qui vise le meilleur accomplissement de l'intention.
  2. Celle entre uniformité et complexité, appelée tension eidétique qui produit les formes, qui engendre la loi et qui vise le meilleur agencement des interdépendances.
  3. Celle entre sphéricité et fractalité, appelée tension topologique qui produit les volumes, qui engendre l'espace et qui vise la meilleure harmonie des encombrements.

 

D'un point de vue éthique, tout cela induit la recherche du meilleur équilibre évolutif entre, respectivement :

 

  1. Activité et stabilité ce qui condamne effervescence et parasitisme.
  2. Identité et réticularité ce qui condamne fatuité et égalité.
  3. Autonomie et interdépendance ce qui condamne égoïsme et charité.

 

Mais aussi trois quêtes, respectivement :

 

  1. Sérénité (Force)
  2. Perfection (Beauté)
  3. Harmonie (Sagesse)

 

Le tout posant sur trois piliers, respectivement :

 

  1. La Vie cosmique.
  2. L'Esprit cosmique.
  3. La Matière cosmique.

 

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Ce que j'ai répondu à une revue catholique sollicitant des articles de moi …

 

"(…) il faut que vous soyez conscient que je suis Juif (avec des études rabbiniques et kabbalistiques) et Franc-maçon (appartenant à des obédiences régulières et reconnues, totalement dédiées à la démarche spirituelle et initiatique, absolument étrangères aux pseudo-maçonneries laïcardes, anticléricales, politisées, déspiritualisées et athéisantes telles que nous les connaissons, malheureusement, en France - et dans quelques rares pays alentour ce qui, en tout, ne représente que 10% de la population mondiale qui se réclame de la Franc-maçonnerie - ; chez nous - 90% mondiaux, donc -, la foi en Dieu, Grand Architecte de l'Univers, et la référence révérencieuse à la Bible sont absolument indispensables)."

 

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Oui, les écolos mentent !

 

L'écologie, qui est une science et non une idéologie, est un domaine bien trop important et précieux pour le laisser en pâture aux ruminations délétères des écologistes !

 

Le livre de Jean de Kervasdoué intitulé : "Les écolos nous mentent" remet bien des pendules à l'heure. En voici mes critiques :

 

  • Déforestations par le feu : c'est un quasi faux problème malgré les spectaculaires reportages faits au Brésil et en Australie. Ces incendies (volontaires et absurdes) n'amputent pas le "poumon de l'humanité" car les arbres ne produisent pas plus d'oxygène qu'ils n'en consomment … En revanche, la diminution des surfaces forestières appauvrit la capture du carbone de l'atmosphère (l'absorption de CO2 par les végétaux qui le métabolisent).
  • Biodiversité : encore un faux problème (sauf dans les océans où la pêche intensive est un véritable fléau) ; sur terre, l'évolution de la biodiversité (ne pas confondre le nombre des espèces et le nombre des représentants par espèce) n'est pas vraiment ni connue, ni préoccupante, cependant on constate la disparition d'espèces utiles et la prolifération d'espèces nocives.
  • Insecticides : encore un faux problème notamment en matière d'extermination des abeilles et des pollinisateurs (les hécatombes sont réelles, mais peu corrélées avec l'usage des insecticides, en général, et des glyphosates, en particulier), mais une grande vigilance s'impose avec rigueur et vigueur.
  • Surpêche : un vrai problème (le plus grave actuellement) ; il faut promouvoir l'aquaculture, mais une aquaculture très bien faite et de haute qualité tant écologique que nutritionnelle (pas de farines de poissons pour nourrir les poissons).
  • Sylviculture : encore un problème qui se révèle assez faux, pourvu que l'on respecte deux conditions drastiques : il faut imposer partout des plantations en multi-essence (pas de monoculture, surtout de résineux) et interdire partout les coupes rases (appelées aussi "coupes-à-blanc).
  • Production agricole : elle est encore soutenable pour nourrir la population mondiale actuelle mais seulement si l'on recours à une agriculture intensive dans une logique agro-chimique, agro-industrielle et agro-mécanique généralisés ; sans une telle agriculture intensive et destructrice, nourrir la population mondiale n'est pas (plus) possible.
  • Pénurie d'eau douce : encore un faux problème en ce qui concerne l'agriculture (hors empoisonnement chimique des nappes phréatiques) et l'élevage (sauf pollution par les excréments) … L'eau ne se consomme pas ; elle circule (la molécule d'eau est très stable et ne se détruit jamais) ! Le vrai problème est l'accès aux eaux potables et l'évacuation des eaux usées. La seule vraie difficulté : les installations d'épuration des eaux usées ou sales coûtent très cher en ressources, en temps et en énergie.
  • Prolifération d'algues vertes : cette prolifération est mortifère pour les écosystèmes aquatiques et est liée au système N-K-P : c'est la teneur en azote, en potassium et en phosphore (surtout lui qui est peu dépendant des élevages porcins ou bovins) qui régule le développement des végétaux, donc la prolifération des animaux qui s'en nourrissent et des autres animaux qui se nourrissent de ceux-ci (cfr. le principe de Liebig).
  • Les (agri)cultures bios ou équivalentes, du fait de leurs rendements plus bas, nécessitent de bien plus grandes surfaces cultivées, donc plus de déforestations. Elles n'ont pas d'avantages très concluants par rapport à l'agriculture plus conventionnelle (elles polluent autant, mais différemment) ; de plus, leurs réglementations et normes sont aisément contournables (et généralement contournées ; le label "bio" est administratif, mais ne signifie pas grand' chose). Il faut, dans tous les cas, favoriser l'agriculture raisonnée.
  • Manger moins de viande – surtout rouge et charcutière – est une bonne idée, malgré qu'il n'y ait là ni danger réel significatif pour la santé, ni corrélation avec la prolifération des cancers colorectaux. Le végétalisme et le véganisme sont des aberrations pour ces omnivores naturels que sont les humains : une carotte ou une laitue que l'on mange crues, souffrent plus qu'un veau que l'on abat proprement (et dans les deux cas, il s'agit d'une vie à part entière que l'on détruit pour notre survie). Cependant, veiller à l'éthique des élevages et des abattages est absolument nécessaires ; ce n'est pas le fait de manger de la viande qui fait problème (ni pour la santé des humains, ni pour la pollution des sols et des airs), c'est la manière de produire cette viande qui, parfois, frise l'infâme.
  • Manger frais, fait "maison", varié, équilibré, local, de saison, à heures fixes et en quantités raisonnables : cela suffit amplement à la bonne santé. Les ennemis mortels de cette bonne hygiène alimentaire, ce sont l'industrie agroalimentaire et leurs dérivés fast-foods et sodas divers ! Cette bonne hygiène de vie demande qu'on lui consacre du temps (plutôt que de regarder d'ineptes séries américaines à la télévision) et consiste à faire, à peu près, le contraire de ce que vantent les publicités.
  • La peur des OGM relève de la même peur que celle du nucléaire (les mécanismes concernés sont invisibles) ; et ces peurs alimentent à souhait les mouvances antiscientifiques et anti-technologiques. Mais cela ne signifie pas qu'il faille donner, à toute technologie (visible ou invisible), un blanc seing aveugle. La Nature a développé une "sagesse" sélective et régulatrice reposant sur des milliards d'années d'essais et erreurs : l'aventure technologique humaine (qui n'a que quelques siècles) fait encore ses maladies infantiles et en essuie les plâtres. En matière de manipulations génétiques, n'oublions jamais que la loi de la sélection naturelle joue aussi pour les OGM (le seul risque réel, c'est que ce soit l'humanité qui soit "désélectionnée" par ladite loi). Dès que l'on touche au génétique, la plus extrême vigilance s'impose car les erreurs des apprentis-sorciers humains sont irréversibles : mais vigilance n'est ni véto, ni ukase.
  • En matière énergétique, outre la filière hydroélectrique qui est la plus parfaite, la seule solution durable, sérieuse et sécurisée est l'énergie nucléaire de fission. Brûler des combustibles carbonés est une absurdité, d'ailleurs en bout de course, et les technologies dites "renouvelables" (qui ne le sont pas du tout) ont des rendements non viables. De plus, l'impact sanitaire des centrales nucléaire est simplement nul (hors un seul cas : Tchernobyl qui fit, en tout et pour tout, 80 victimes dont 50 parmi les "liquidateurs" envoyés, après coup, pour maîtriser le désastre dû à des négligences politiques et techniques purement humaines ; Fukushima – qui a subi un tsunami et non un problème de centrale - n'a pas fait une seule victime "nucléaire", mais des milliers de noyades).
  • Les interférences entre des ondes hertziennes et le cerveau humain n'ont jamais pu être ni constatées, ni mesurées (au contraire des battements et ondes sonores émanant des éoliennes et des longs contacts entre téléphones portables et lobe temporal).
  • Le problème n'est pas de diaboliser les moteurs diésels (qui est un faux procès : le moteur diésel est moins polluant et plus performant que le moteur à essence) et de sanctifier les moteurs électriques (la production de l'électricité nécessaire à leur recharge implique une prolifération de nouvelles centrales électriques classiques ; oublions, à ce niveau, les fumisteries éoliennes et photovoltaïques … comme on peut oublier les dynamos vélocipédiques) ; le problème réel est de se déplacer le moins possible, le plus frugalement possible (aussi en commun), et le moins loin possible ; le problème est de cesser de prendre l'avion ; le problème est de cesser d'importer et de transporter tout et n'importe quoi, et surtout le non indispensable. Le slogan est : "Restez chez vous et vivez, produisez et consommez près de chez vous !"
  • Tous les dérivés de l'anthroposophie de Rudolf Steiner, dont la biodynamie, relèvent de la "pensée magique" et ne sont, comme l'homéopathie et bien d'autres débilo-thérapies, que de vastes fumisteries. Cela ne signifie nullement, que les activités agricoles, médicales et autres ne bénéficieraient pas grandement d'approches beaucoup plus systémiques et holistiques, et bien moins chimio-mécanistes.
  • La natalité nette baisse partout naturellement (et c'est urgent en Afrique et en Asie du sud-est) dès lors que le niveau de vie augmente, qu'une sécurité sociale minimale est assurée, que l'accès à l'eau potable est amélioré et que, surtout, les femmes sont mieux éduquées.
  • La confusion savamment et malhonnêtement entretenue entre "risque" et "danger" relève de la manipulation mentale de masse. Vivre est risqué, la preuve, : on finit tous par en mourir. Le risque est inhérent à la vie, le danger commence lorsqu'on ignore le risque ou qu'on le néglige.
  • Le problème est moins le réchauffement climatique que le dérèglement et la chaotisation climatiques. La vie peut s'adapter à un réchauffement modéré et progressif (l'échelle des temps y est cruciale), mais pas à des variations irrégulières, brutales et de grandes amplitudes comme nous le vivons ces derniers temps.
  • Le manque de bonne formation scientifique (et de culture générale de base) du fait de systèmes éducatifs médiocres (massivement gauchisants, nivelants, égalitaristes, littéraires et fonctionnarisés), induit un effondrement de l'esprit critique et de la rationalité minimale au profit d'une hégémonie de l'émotion reptilienne et de la tyrannie des imbécilités (complotistes ou autres) colportées par les "médias sociaux numériques" (qui sont tout sauf des "réseaux").

 

En conclusion de ce livre qui remet beaucoup de pendules à l'heure juste, sept idées me dominent :

 

  1. Il y a beaucoup trop d'humain sur Terre et il faut redescendre, en deux siècles maximum, à une population d'environ 2 milliards (la pression écologique de l'humanité sur le reste de la planète est devenue beaucoup trop forte) ; le fait que les prévisions "malthusiennes" faites depuis 50 ans ne se soient pas encore réalisées, s'explique simplement par le fait que l'on continue d'épuiser de plus en plus vite, les stocks de ressources, de plus en plus vides, sur lesquels nous sommes encore assis : "Jusqu'ici, tout va bien" … ;
  2. La production et la consommation globale moyenne de tout est beaucoup trop élevée et doit être diminuée de moitié : l'application systématique du principe Frugalité est vital pour la Vie en général et l'humanité en particulier (nulle part, dans le livre de Kervasdié, il n'est évoqué la pénurisation de toutes les ressources matérielles non renouvelables, minérales ou non ; sans doute est-ce dû à la croyance ridicule en le recyclage total et absolu de tout) ;
  3. Les décroissances démographique et matérielle sont urgentes et incontournables … ce qui n'implique ni une décroissance du bien-être, ni une décroissance de la joie de vivre.
  4. L'écologisme politique n'est pas un combat ni pour la Vie, ni pour la Santé, ni pour la Nature ; il est un combat gauchiste contre le libéralisme, contre le capitalisme et contre le technologisme (la Vie, la Santé et la Nature n'y sont que de fumeux prétextes à de vastes manipulations de l'opinion et à de crapuleuses impostures pseudo-scientifiques).
  5. Plus la technologie avance, plus il faut être critique et prudent envers elle, mais de façon rationnelle et scientifique, loin de tout émotionnalisme et de tout sensationnalisme.
  6. Une approche analytique, comme celle du livre, montre des choses qu'il faut voir, mais l'approche systémique et holistique manque qui est pourtant indispensable et encore plus parlante, car tous les facteurs étudiés se conjuguent, s'atténuent ou s'amplifient mutuellement.
  7. La seule attitude responsable et éthique est simple : favoriser le développement et le renforcement de la Vie sous toutes ses formes (pas seulement humaines ou pro-humaines) et dans toutes ses manifestations afin de sortir de l'anthropocentrisme délétère actuel. L'humain est le germe naissant de l'Esprit, certes, mais il ne peut exister d'Esprit sans Vie saine et forte pour le soutenir.

 

Ce qui me sidère, dans ce dossier, c'est la collusion anti-déontologique et anti-journalistique entre les médias (même réputés de "droite") et les factions écolo-gauchistes qui prétendent incarner la "bien-pensance", le "politiquement correct" et qui, quoiqu'ultra-minoritaires, font la loi dans l'opinion publique et terrorisent, en conséquence, les politiques qui n'osent plus contredire leurs inepties.

 

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De Pierre-André Taguieff :

 

"(…) 'Le chemin de la simple justice n'est pas facile à trouver entre les clameurs de la haine d'une part et les plaidoyers de la mauvaise conscience d'autre part', affirmait Camus en 1945. Ce constat reste d'actualité, quand des sectarismes menacent approches scientifiques et valeurs républicaines au nom du 'décolonialisme' : essentialisation des identités minoritaires, qui racialise les questions sociales et politiques, communautarismes exclusifs qui divisent et opposent les citoyens, instrumentalisations cyniques de minorités supposées victimes d'une imaginaire 'République blanche', attaques contre la liberté d'expression, les libertés académiques et la laïcité... L'imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l'extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les 'Blancs', gauchistes violents, islamistes plus ou moins masqués, complotistes, néo-féministes misandres... Des groupuscules identitaires extrémistes s'érigent en tribunaux d'inquisition, censurent des œuvres et imposent des 'déboulonnages'. Ces nouveaux épurateurs, mus par le ressentiment, invoquent un prétendu 'antiracisme politique' pour étendre le champ de l'intimidation."

 

La dénonciation systématique et ferme des rétro-activismes est une œuvre de salut public !

Le livre "L'imposture décoloniale - Science imaginaire et pseudo-antiracisme" de Taguieff va bien en ce sens !

 

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Il est assez curieux de voir que les non spécialistes attribuent à la Bible hébraïque (au livre de la Genèse supposément) la doctrine du géocentrisme défendue si longtemps par l'Eglise … alors que l'origine de cette doctrine est à chercher en Grèce antique et, spécialement, chez Aristote.

La Torah, quant à elle, ne postule, ni explicitement, ni implicitement, quelque géocentrisme que ce soit. La Bible ne parle que du regard des humains sur le monde qui les entoure, et ne parle jamais de la structure globale de l'univers qui regarde, certes, Dieu, mais aucunement les humains.

N'oublions jamais que la Bible hébraïque ne prétend jamais être un livre ni historiographique, ni scientifique ; elle est un récit mystique, spiritualiste et symbolique appelant une herméneutique, et rien d'autre.

 

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De Jean de Kervasdoué :

 

"(…) il demeure (…) crucial de ne pas confondre

 la recherche du vrai et celle du juste.""

 

Ne pas confondre "justesse" (le vrai) et "justice" (le juste).

Seul le "vrai" (-c'est-à-dire le plausible et le cohérent) a une valeur réellement surhumaine ; le "juste", lui, n'est que subjectif et relatif, purement humain.

 

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Le 27/01/2021

 

De Hannah Arendt :

 

"La liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie et si ce n'est pas les faits eux-mêmes qui font l'objet du débat."

 

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De Coluche :

 

"C'est parce qu'ils sont nombreux à avoir tort, qu'ils ont raison."

 

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D'après Gérard Bonner, les moteurs de recherche tendent à instaurer une "démocratie des crédules".

L'expression est juste et heureuse !

Mais je dirais même un "tyrannie des crédules".

 

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Quand on ne sait pas, on croit.

Ce sont ceux qui savent le moins, qui croient le plus.

Là où le savoir est maigre, la croyance prolifère.

 

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D'Arthur Chevallier :

 

"La France préfère l'idée de la liberté à la liberté."

 

et aussi, très d'actualité :

 

"La police de l'humour est, hélas, le symbole d'un puritanisme où la vie intellectuelle sombre. Si l'indignation est salutaire, elle révèle néanmoins l'illusion où nous sommes rendus. La conception du libéralisme, en France, diffère de celle des pays anglo-saxons, et ce, depuis les origines de la République. Force est de constater qu'à la liberté d'opinion, les gouvernements ont souvent préféré l'ordre public, pour le meilleur comme pour le pire."

 

… complété par ceci :

 

"Le puritanisme est un facteur aggravant. Il étouffe l'ironie, la dérision, l'humour, confond l'esprit de sérieux et l'intelligence, la lâcheté et la bravoure, les convictions et l'hypocrisie. L'Histoire le démontre : qui censure prend ses distances avec l'intelligence, la créativité, la culture aussi. Qui s'excuse d'avoir fait montre de légèreté participe à la comédie du pouvoir, où la pompe écrase la liberté. Cela étant, la France gagnerait à admettre qu'elle préfère, de loin, montrer la liberté aux autres qu'exercer la sienne."

 

… et encore ceci, enfin, qui résume tout, à la perfection :

 

"L'égalitarisme est un ressort supérieur au libéralisme,

c'est là une loi de la France"

 

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L'idée de "souveraineté du peuple" est proprement absurde.

D'abord, parce que le concept de "peuple", est vide : il existe des communautés de vie maintenues de force sous la férule d'un Etat, c'est-à-dire d'institutions qui sont des héritages des temps du pouvoir absolu dont on (une minorité de "révolutionnaires") a changé les règles du jeu. Il n'existe pas d'Etat sans Roi, fut-il mort décapité il y a longtemps.

Ensuite, parce que le concept de "souveraineté" est également vide : toute institution (royale ou républicaine) ne peut maîtriser qu'une poignée des paramètres qui déterminent ou influencent l'évolution réelle d'un système sociétal, quel qu'il soit.

 

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Le 28/01/2021

 

Après les inacceptables immixtions de Facebook dans le jeu des élections américaines, Mark Zuckerberg veut se concentrer sur les communautés "positives" et aider les gens à "s'amuser" …

De la médiocrité à la médiocrité … FesseBouc n'a jamais été rien d'autre qu'un terrain de défoulement mental pour handicapés culturels, une vitrine grande ouverte pour crétinisme exhibitionniste et voyeuriste.

Du côté des adeptes du panem et circenses (de la très grande majorité, donc), FesseBouc est le nouveau "cirque" où l'on s'étripe, où l'on se bat contre des bêtes empaillées, où l'on exhibe et où l'on complote.

Et ce n'est pas que le cas de FesseBouc ; tous les médias sociaux doivent être logés à la même enseigne.

 

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Il n'y a que deux idéologies possibles en matière socio-politique : le différencialisme (le libéralisme) et l'égalitarisme (le socialisme).

Le différencialisme fait des différences (qualitatives et quantitatives) entre les personnes, la source et le moteur de toutes les richesses (matérielles et immatérielles) d'une société.

L'égalitarisme, au nom d'une soi-disant "justice sociale" (concept soit vide, soit synonyme tautologique d'égalitarisme), veut éradiquer toutes ces différences.

Le différencialisme est néguentropique et promeut la complexité et la vie.

L'égalitarisme est entropique et promeut l'uniformité et la mort.

 

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Quand tout le monde est égal, tout le monde est esclave.

 

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Dans le Réel, rien n'est jamais l'égal de rien.

Dans le Réel, rien n'est jamais nul ; donc il y a toujours des différences. C'est cela qui fait sa richesse et sa complexité ; c'est cela qui induit la vitalité.

 

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L'égalité est contre-nature !

 

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Karl Marx : fils d'un renégat (le juif Herschel Marx Lévy devient le luthérien Heinrich Marx), ivrogne (son casier judiciaire en témoigne), parasite (il n'a gagné sa vie que de 1842 à 1843), flambeur (criblé de dettes que d'autres endossent).

On comprend sa haine de la spiritualité, de l'effort, du mérite, de l'argent gagné, etc …

 

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Jean-Jacques Rousseau est le fondateur de tous les gauchismes. Son "Contrat social" est la pire apologie du totalitarisme, sous les concepts aussi vides que racoleurs du bien général, de l'intérêt général et de la volonté générale.

Le bien général n'existe pas ; il n'existe que des biens particuliers.

L'intérêt général n'existe pas ; il n'existe que des intérêts particuliers.

La volonté générale n'existe pas ; il n'existe que des volontés particulières.

Ces trois notions "généralistes" et "généralisantes" sont de purs fantasmes. Excepté dans certains égrégores élitaires, ce qui prime partout, parmi les humains, c'est l'égocentrisme et le panem et circenses.

Jean-Jacques Rousseau est le prototype de l'écrivain irréaliste et onaniste qui se fait plaisir avec sa plume et ses concepts fumeux, mais qui ne vit pas ce qu'il écrit (écrire "Emile ou de l'éducation" et abandonner ses trois (?) enfants, ce n'est pas neutre).

De deux choses l'une …

Ou bien la société est libérale et sait que l'harmonie sociétale émerge de la dissipation naturelle des tensions entre les  intérêts et les volontés particuliers.

Ou bien la société est totalitaire et croit que l'harmonie sociétale résulte de l'assujettissement de tous à une idéologie préfabriquée à base de fantasmes idéalistes et irréalistes.

L'harmonie sociétale résulte toujours et ne s'impose jamais.

 

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La religion est l'opium du peuple … Rien n'est plus vrai. Et la pire des religions est le socialisme et ses si multiples chapelles (il n'y a aucune différence entre "religion" et "idéologie"). Le point ultime de ces religions et idéologies porte de nombreux noms : Dieu-le-Père, Allah, Jésus, Prolétariat, Peuple, Humanité, Nation, Capital, etc …

Et aucun n'a quoique ce soit à voir avec le Divin-sans-Nom.

Il ne s'agit que d'idolâtries ! C'est d'ailleurs cela l'idolâtrie (religieuse ou idéologique)  !

 

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Marx ne s'est absolument pas rendu compte qu'il a fondé une religion (le communisme) aussi exécrable que toutes les autres. Pire même car elle n'est pas viable sans une violence foncière et incontournable.

On peut faire semblant d'aller à la messe, mais on ne peut pas faire semblant de renoncer à toute liberté, à toute propriété, à toute identité, à toute personnalité, à toute individualité ; on ne peut pas faire semblant d'être esclave : on l'est !

 

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Le marxisme, le communisme, le socialisme (y compris le nazisme et le fascisme) et le gauchisme (y compris tous les révolutionnarismes qu'ils soient asiatiques ou latino-américains) sont les pires de toutes les religions qui ont asservi la personne humaine.

 

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Un mythe dominant, depuis longtemps, mais spécialement à notre époque, est la croyance fausse en une relation omniprésente d'oppresseurs à opprimés, de bourreaux à victimes, alors que cette relation détestable, malgré qu'elle existe malheureusement, n'est que très marginale et exceptionnelle.

Toutes les femmes ne sont pas violentées.

Tous les enfants ne sont pas incestueux.

Tous les salariés ne sont pas exploités.

Tous les noirs ne sont pas injuriés.

Tous les musulmans ne sont pas détestés.

Tous les blancs ne sont pas racistes.

Tous les homosexuels ne sont pas vilipendés.

Tous les automobilistes ne sont pas des chauffards.

Toujours, les généralisations abusives décrédibilisent le discours.

Cela frise souvent le ridicule, mais fait le fonds de commerce des rétro-activismes !

 

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Le socialisme est l'opium du peuple.

Ou, plutôt, puisque le "peuple" n'existe pas, l'opium des profiteurs, des planqués, des fainéants et des parasites.

 

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L'idolâtrie commence dès que l'on croit à autre chose qu'à la vraie réalité du Réel. L'esclavage commence dès qu'il y a idolâtrie (religieuse ou idéologique).

 

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De Richard Feynman :

 

"Cela m'ennuie toujours qu'il faille, à une machine à calculer, suivant les lois telles que nous les comprenons aujourd'hui, un nombre infini d'opérations logiques pour trouver ce qui se passe dans une région de l'espace aussi petite soit-elle et pendant un instant aussi court soit-il. Comment tout cela peut-il avoir lieu dans ce domaine réduit ? Pourquoi faut-il une quantité de logique infinie pour décrire ce qui va se passer dans une toute petite région d'espace-temps ? Aussi, j'ai souvent fait l'hypothèse qu'en fin de compte, la physique n'exigera pas d'énoncés mathématiques, qu'on finira par mettre la machinerie au jour et que les lois se révèleront très simples, comme un échiquier malgré sa complexité apparente."

 

Toute l'histoire de la science, de la physique et de la cosmologie complexes tient dans cette citation vieille de plus d'un demi siècle.

 

L'idée d'une "physique mathématique" est, au fond, aussi farfelue que celle d'une "littérature grammairienne". Les mathématiques sont un langage, et rien d'autre. Un langage inventé par les humains pour rendre compte de rapports divers entre des quantités diverses.

Comment croire que l'immense complexité de l'univers puisse se réduire à des rapports analytiques entre grandeurs conventionnelles ; c'est juste comique.

Les mathématiques ne sont utiles que dans les domaines où l'analycité et la quantifiabilité sont déterminantes, c'est-à-dire là où il n'existe pas ou peu de complexité. Ailleurs (c'est-à-dire presque partout), elles sont inopérantes.

 

Aujourd'hui, n'est scientifique que ce qui est analytique et quantifiable (et la "science" économique ou la "science" médicale prouvent tous les jours que la réduction à l'analytique et au quantifiable ne fonctionne pas).

Tout ce qui n'est pas de la science est alors considéré comme étant de l'idéologie. Cette bipolarité n'est pas fausse entre le scientifique (ce qui parle du Réel, au plus près de sa réalité surhumaine) et l'idéologique (ce qui parle de l'Imaginaire, au plus près des aspirations, spéculations et fantasmes humains), l'un s'opposant à l'autre. Mais il faut, pour cela, développer l'idée de scientificité et lui faire dépasser le seuil de la seule mécanicité. La voie des sciences complexes indique la direction à prendre pour répondre à cette question épineuse et de pleine actualité : comment faire de la science authentique, sans pour autant tout réduire à des rapports déterministes entre des quantités ?

 

Il faut donc refonder la science, non plus sur le modèle de lois mathématiques entre grandeurs mesurables, mais sur le modèle d'un ensemble cohérent :

 

  • de concepts incluant ceux de processus, d'émergence, de tensions (dynamiques, topologiques et eidétiques), de dissipation, de bipolarités, d'espace des états, etc …
  • de règles stipulant celles d'intentionnalité téléologique, de mémorialité généalogique, de logicité axiologique, de dialecticité systémique et d'optimalité métabolique.

 

Dans l'état actuel des choses, ce qui manque ce sont des outils de vérifiabilité de la cohérence des modèles qui seront construits à partir de ces concepts et de ces règles.

Pour les cas non complexes, le recours classique aux mathématisations, prédictions et expérimentations, reste valable. Pour les cas complexes, cette mathématisation n'étant plus possible, la méthode de validation doit être réinventée.

 

Il s'agit donc de réinventer l'idée de cohérence scientifique selon trois axes :

 

  • la cohérence entre les connaissances déjà acquises (lesquelles sont "certaines" ?) et les paradoxes à résoudre (lesquels sont effectifs ?) ;
  • la cohérence entre la complexité phénoménale (rendre complètement la vraie réalité du Réel) et la simplicité théorique (appliquer partout le principe du rasoir d'Occam sans idéalisations, ni simplifications, ni simplismes) ;
  • la cohérence entre l'expérimentation et la modélisation (voir ci-dessous).

 

Je voudrais, ici, développer un peu l'idée de cohérence entre modèle (ce que l'on pense) et image (ce que l'on expérimente), sachant que l'ancienne cohérence analytique, quantitative et factuelle (prévision, mesure) n'est, le plus souvent, plus possible.

Le mot-clé, ici, est le verbe "expérimenter" qui va bien plus loin que des verbes, classiques en épistémologie, comme "observer" ou "mesurer". C'est la notion d'expérience qu'il faut enrichir, sans perdre de rigueur procédurale.

Que peut-on "expérimenter" du Réel, que ce soit par les canaux des sens analytiques ou par le canal de l'intuition holistique ? Pour "enrichir" la notion d'expérience, au-delà de l'expérimentation analytique (au travers des cinq sens ou des prothèses technologiques qui les amplifient), il faudra bien y intégrer le canal de l'intuition holistique (qui, sans toujours le dire explicitement, a fondé et nourri l'œuvre de tous les grands théoriciens comme Newton, Maxwell, Einstein ou Schrödinger).

 

En quoi et selon quels critères, une expérience intuitionnelle (quoi vient s'ajouter aux expérimentations analytiques, sans les remplacer lorsqu'elles sont praticables) peut-elle être considérée comme scientifiquement valable (donc non idéologique) ?

Il me semble que les trois critères de pertinence d'une intuition scientifique sont les suivants :

 

  • cette intuition doit être partageable et discutée entre pairs ;
  • elle doit être féconde, c'est-à-dire porteuse de nouveaux éclairages qui fassent reculer la frontière entre connu et connaissable ;
  • elle doit renforcer les deux autres dimensions de la cohérence (celle entre connaissances acquises et paradoxes à résoudre, et celle entre complexité et simplicité).

 

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Le 29/01/2021

 

Le monde du Sacré peut être vu comme un monde séparé du monde du Réel. On nage alors en pleines eaux idéalistes et dualistes, pythagoriciennes ou platoniciennes, eaux qui arrosent abondamment tous les monothéismes qui considèrent le monde céleste et divin comme séparé du monde matériel et humain.

Mais, bien sûr, il y a l'autre regard qui est celui du monisme et du panenthéisme, qui affirme que le Sacré est le Réel et que le Réel est Sacré. Alors, l'initiation et le cheminement spirituel visent à dessiller l'humain et à le faire entrer dans un processus de sacralisation de tout ce qui existe en lui et autour de lui, à découvrir, à encenser et à bénir, en tout, la Matière, la Vie et l'Esprit qui reflètent le Logos, le Principe de Cohérence à l'œuvre dans le Réel, bref : le(la) Grand(e) Architecte de(dans) l'Univers.

Face au Sacré, la profanité (le monde profane) n'est pas à proprement parler un "monde", mais un "mode" ; un mode de vie ; un mode de vivre dans la cécité ou, au moins, dans l'aveuglement ; un mode de vie qui se nourrit des apparences et des illusions ; un mode de vie dans la servitude volontaire et dans les idolâtries ; un goût de vivre dans la médiocrité du contentement de soi, du nombrilisme et du narcissisme, sans se mettre au service d'une œuvre qui dépasse l'humanitude.

 

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L'histoire de l'humanité est un processus complexe comme tous les autres ; elle est la résultante de l'intrication de sous-processus historiques plus locaux, plus temporaires et plus restreints.

Elle est travaillée par les trois tensions universelles :

 

  1. Celle entre conservativité et constructivité, appelée tension dynamique qui produit des cycles périodiques.
  2. Celle entre uniformité et complexité, appelée tension eidétique qui produit des structures politiques.
  3. Celle entre sphéricité et fractalité, appelée tension topologique qui produit des communautés sociologiques.

 

L'histoire humaine n'est ni déterministe, ni aléatoire ; elle plutôt contingente. Les choses peuvent, ou pas, se passer, mais si elles se passent, elles ne se passent pas n'importe comment : il existe une logicité historique fondamentale qui s'applique à tous les niveaux, avec toujours les mêmes cinq polarités (généalogique, téléologique, écosystémique, axiologique et métabolique).

C'est l'expression particulière de chacune de ces cinq polarités (mémoire, vocation, interactions, modèle et pilotage) qui va caractériser une période, une politique et/ou une communauté qui sont les trois composantes de tout paradigme.

 

Une idéologie est toujours :

 

  • soit conservatrice, soit constructiviste (dans la dimension dynamique).
  • soit particulariste, soit universaliste (dans la dimension topologique),
  • soit égalitariste, soit différencialiste (dans la dimension eidétique).

 

Une communauté est toujours :

 

  • soit traditionnaliste, soit entrepreneuriale.
  • soit sectaire, soit prosélytique.
  • soit hiérarchisée, soit réticulée.

 

Une période est toujours :

 

  • soit stagnante, soit foisonnante.
  • soit cloisonnante, soit communicante,
  • soit routinière, soit créative.

 

*

 

Il est totalement incroyable que Marx et Engels aient tant conspuer les religions sans même se rendre compte que le communisme est une religion pire que les autres ; tout ce qu'ils ont écrit contre les religions, s'appliquent, avec encore plus de force, au communisme.

Même s'ils ont raison dans leur critique acerbe des religions, ce qu'ils en disent s'appliquent, au premier chef, à leur propre religion idéologique.

Un tel aveuglement, une telle myopie sont proprement rédhibitoires pour la doctrine qui en émane.

 

*

 

Le caractère proprement religieux de toutes les idéologies politiques doit absolument être souligné : chacune possède son credo, ses saints, ses règles, ses cultes, ses rites, ses prophètes, ses héros, ses martyrs, ses infidèles, ses mécréants, ses hérésies, ses chapelles, ses schismes, ses conciles, ses diables, ses icônes, ses curés, ses papes, ses autels, …

Si le 19ème siècle a combattu toutes les religions au nom du positivisme, il est essentiel que le 21ème siècle combatte toutes les idéologies au nom du libéralisme.

Toutes les religions doivent être dépassées et transcendées par la Spiritualité.

Toutes les idéologies doivent aussi être dépassées et transcendées par une approche holistique et systémique radicale du fonctionnement de toute communauté humaine.

 

*

 

Le vaste mouvement social de 1848, qui pollua presque toute l'Europe, trouve son origine dans l'explosion, en 1845, d'une bulle financière liée à la spéculation sur le développement des chemins de fer. Cette crise financière a enclenché une crise économique (chômage, baisse des pouvoirs d'achats, faillites …) qui a enclenché une crise sociale que, bien entendu, tous les comploteurs socialo-gauchistes de l'époque ont exploité au maximum, semant une pagaille sans nom.

Cette pagaille ne fut en rien le "printemps des peuples" inventé de toutes pièces (comme la "révolution française" ou la "commune de Paris") par les "historiens" socialistes de la fin du 19ème siècle.

Cette pagaille ne déboucha nullement sur une "révolution prolétarienne", espérée et "prévue" par ce cuistre de Marx, mais sur l'instauration des premières démocratures populistes (Louis Napoléon Bonaparte, Bismarck, Cavour, …), suivies par la montée des nationalismes, cause de la guerre de 1870, cause de la première guerre mondiale, cause de la création de l'URSS et de la seconde guerre mondiale, etc …,

Si l'on regarde en amont, on voit deux causes majeures aux grandes crises socio-économiques : la famine (la pénurie de ressources matérielles) et la spéculation (la loterie financiariste et anti-économique). Ces deux causes furent aussi celles des événements parisiens de 1789, suivis de la chute de la royauté, suivie des dictatures robespierrienne et napoléonienne.

Aujourd'hui, ces deux causes sont encore bien présentes, quoique sous d'autres formes.

 

*

 

Il faut être clair et l'histoire le démontre : du fait de son besoin intrinsèque de sécurité (bien plus que de liberté), la populace, en cas de crise, favorise toujours l'instauration de régimes autoritaires de type populiste.

La démocratie est un fantasme d'intellectuels.

La "démocratie" offre le pouvoir (kratein) au "peuple" (demos) qui n'en veut surtout pas ; lui ne désire que les panem et circenses garantis et sécurisés.

Raymond Aron avait infiniment raison de parler d'un "Opium des intellectuels".

 

*

 

La finance est l'anti-économie : l'économie est un rapport entre production et consommation ici et maintenant, autrement dit sur la réalité vécue. La finance est un pari glauque et grotesque sur ce qui n'est ni ici, ni maintenant, autrement dit sur ce qui n'est pas réel.

La financiarisme est le cancer de l'économie ; il lui ronge les tissu jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Il faut, en conséquence, distinguer radicalement le capitalisme entrepreneurial qui investit, à risque, dans l'économie réelle et le capitalisme spéculatif qui n'est qu'une vaste loterie qui tue des entreprises, des métiers, des marchés, des savoir-faire, etc …

 

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La censure est de l'autre côté. Moi, je ne censure personne, pas même moi-même. D'ailleurs je ne me relis jamais.

Une pensée se construit, peu à peu, au gré des lectures, des ruminations et des humeurs. Il faut la laisser libre !

Toute bien-pensance est une pensée esclave et étriquée, servile et médiocre.

La bien-pensance assassine la pensée.

 

*

 

Tout ce qui existe est gouverné par la triple dialectique de la construction et de la conservation (dynamique), de la prolifération et de la concentration (topologique), de la sophistication et de la simplification (eidétique).

Les tensions induites par ces dialectiques doivent être dissipées par la voie de la plus grande optimalité.

La seule vraie question qui reste, est : optimalité par rapport à quoi ?

Il y a deux éléments de réponse à cette question :

  • optimalité vers l'accomplissement de la vocation du processus,
  • optimalité par le chemin d'états le plus court.

 

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Selon Karl Marx, l'objectif de la Ligue des Communistes est de "renverser la bourgeoisie, d'établir la domination du prolétariat, d'abolir le vieille société bourgeoise fondée sur l'antagonisme de classe, et d'instaurer une nouvelle société sans classe et sans propriété privée".

Cette pensée brouillonne et redondante possède quatre mots-clés : bourgeois, prolétaire, classe et propriété.

Primo : nulle part les termes "bourgeois" et "prolétaire" ne sont définis clairement, ni ne couvrent la totalité de la réalité sociale dont on oublie les paysans, les artisans, les boutiquiers, les étudiants, les mères au foyer, les chômeurs, les malades, les handicapés, etc … Mais il est vrai que toute démagogie repose sur une dualisation simpliste, seule compréhensible par des esprits faibles.

Secundo : les "classes" sociales, cela n'existe tout simplement pas ; toute société n'est qu'un vaste entrelacs de gaussiennes sur des milliers de critères allant du plus pauvre au plus riche, du plus intelligent au plus bête, de plus cultivé au plus ignare, du plus violent au plus pacifique, du plus travailleur au plus fainéant, du plus positif au plus négatif, du plus joyeux au plus triste, du plus heureux au plus malheureux, etc … Et, surtout, tous ces critères n'ont aucune corrélation entre eux ce qui interdit toute "clusterisation" du tissu social en "classes sociales" (tous les riches ne sont ni tous intelligents, ni tous cultivés, ni tous joyeux, ni tous heureux, etc …).

Tertio : le seul "objectif" qui pourrait avoir un sens, dans tout ce galimatias sans queue ni tête, est la volonté d'abolir toute propriété privée : la collectivisation radicale, voilà la seule définition qui tienne du communisme … et c'est une totale aberration contre-nature. Toutes les expériences qui ont été tentées en grandeur réelle, même sur base volontaire (dans les kibboutzim israéliens, par exemple), se sont soldées par de cuisants échecs pour la simple et bonne raison que les humains ne sont égaux ni en courage, ni en confiance, ni en ardeur, ni en éthique, etc … et que les objets ne sont égaux ni en rareté, ni en utilité, ni en attrait, ni en efficacité, etc …. Le collectivisme implique une égalité qui n'existe pas, qui ne peut pas exister. C'est pourquoi, une idéologie collectiviste ou communiste (ce qui revient au même) ne peut se maintenir au pouvoir que par et dans la terreur et la violence.

 

*

 

Ce qui est le moteur de Karl Marx, c'est sa passion pour le révolutionnarisme (communiste) et sa haine pour le réformisme (socialiste). Il veut détruire. Son ressentiment appelle vengeance. Le marxisme est d'abord une idéologie de la haine. Comme tous les révolutionnarisme. Comme le nazisme d'hier. Comme l'islamisme oules rétro-activismes d'aujourd'hui. Il n'y a plus rien de rationnel, là dedans. Il n'y a plus que la barbarie destructrice du ressentiment et la haine d'un autre, imaginaire et fantasmé : ici, le "bourgeois".

Si ce cuistre de Marx pouvait voir, aujourd'hui, qu'il n'y a pas pire "bourgeois" que les "prolétaires" qui ne rêvent que de possessions, de loisirs, de vacances, de consommation … et qui votent, le plus souvent, pour l'extrême droite populiste.

 

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Le marxisme n'est qu'un fantasme d'intellectuels aigris (Marx compris), dont les "travailleurs" se fichent éperdument.

 

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L'actuelle et navrante résurgence de la dualisation sociétale entre oppresseurs et oppressés, ou entre bourreaux et victimes, dont je rassemble toutes les factions sous l'étiquette du "rétro-activisme", n'est qu'une resucée, à la mode, d'un marxisme aussi débile que débilitant.

La "lutte des classes" est seulement devenue la "lutte des races" ou la "lutte des sexes". Et l'intersectionnalité permet ce tour de passe-passe de mettre toutes les victimes dans le même sac et tous les bourreaux dans un même autre sac. Pratique.

Lorsqu'on se prétend victime, on s'octroie tous les droits, même à commettre les plus odieuses barbaries. Car ces "victimes" autoproclamées ne visent qu'un seul but : pourvoir devenir des bourreaux au nom de leurs fantasmes victimaires.  Ils aspirent à la violence ; une violence alimentée par le ressentiment aigre vis-à-vis de leur propre médiocrité, imputée à "d'autres" qu'ils s'inventent. S'ils vivent en larves, c'est forcément la faute de "certains autres" qu'il suffit de désigner en bouc émissaire … au travers de FesseBouc … logique !

 

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Marx n'est pas un philosophe ; c'est un idéologue.

Marx n'est pas un scientifique ; c'est un activiste.

Marx n'est pas un révolutionnaire ; c'est un imposteur.

Marx n'est pas un économiste ; c'est un parasite.

Marx n'est pas un héros du prolétariat ; c'est un horrible monument de haine et de ressentiment.

Marx n'intéresse plus personne et surtout pas les "classes laborieuses".

Marx n'est plus qu'un faire-valoir pour quelques piteux pseudo-intellectuels en mal d'émotion révolutionnariste.

Le marxisme est la plus grande escroquerie intellectuelle de tous les temps.

Marx et le marxisme doivent être, d'urgence, jetés aux poubelles de l'histoire.

 

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* *

 

Le 30/01/2021

 

D'Eric Zemmour :

 

"Le mode de scrutin n’est pas négligeable dans un régime parlementaire. Certains politologues à l’ancienne disaient qu’il déterminait à lui seul la vie politique d’un pays. Majoritaire à un tour, c’est l’Angleterre bipartisane. Majoritaire à deux tours, ce sont les alliances droite-gauche de la Ve République. La proportionnelle, c’est l’ingouvernabilité de la IVe République, de l’Italie ou d’Israël. Mais ces règles d’antan peuvent être contestées. La proportionnelle n’empêche pas la stabilité allemande."

 

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De Chantal de Rudder :

 

"La grande réussite des islamistes est d’avoir fait croire que le voile constituait une prescription coranique. Le port du voile est en fait une très ancienne coutume patriarcale largement partagée dans une zone qui va du bassin méditerranéen jusqu’aux confins de la Chine. Ma grand-mère juive tunisienne était voilée. Son voile, comme celui de ses compatriotes musulmanes, était couleur crème et n’avait rien à voir avec ces voiles noirs contemporains qu’on trouve désormais (…) sur la planète entière. Cet uniforme est relativement nouveau. Il appartient à la modernité de l’islam. Le tchador est le produit dérivé phare de l’islamisme. Il lui confère une visibilité quasi publicitaire. (…) Le voile est promu dans le monde pour affirmer une visibilité anti-occidentale."

 

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D'Ursula von der Leyen, présidente de la commission européenne :

 

"Ce qui est interdit dans le monde réel doit être aussi interdit en ligne."

 

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La religion originelle des Hébreux n'était pas du tout monothéiste, mais monolâtrique. YHWH était le dieu tutélaire de la Maison d'Israël, lié à elle par un pacte d'Alliance.

YHWH était un des Elohim (les "déités" au pluriel).

Le judaïsme n'est devenu monothéiste que dans les tous derniers siècles avant l'ère vulgaire dans la mouvance des hérétiques pharisiens (péroushim en hébreu, qui signifie "les séparés").

YHWH est un dieu jaloux (qan'a) des autres dieux : il veut garder la Maison d'Israël à sa dévotion et se méfie de tous les autres cultes alentour.

 

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Pour se libérer, l'humain doit quitter sa condition d'être particulier, local et éphémère, plongé dans le flot de la temporalité, afin de s'élever et d'atteindre l'intemporalité.

Il lui convient donc de "remonter" la Genèse des mondes humains et de parcourir, à l'envers, le processus d'émanations successives afin d'atteindre les fondements du Réel d'avant sa propre manifestation.

 

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En réponse à une question d'un de mes lecteurs sur la vitesse de la lumière et la raison pour laquelle cette vitesse est indépassable …

 

Tout, dans l'univers réel spatiotemporel, est limité (y compris la taille de l'univers lui-même qui est un hyper-sphéroïde en expansion). Rien n'y est infini (ni nul, d'ailleurs, puisque le zéro est l'inverse de l'infini).

Les vitesses n'échappent pas à cette règle. Aucune vitesse n'est infinie ; toutes les vitesses sont inférieures à une vitesse extrême appelée "célérité de la lumière dans le vide" et notée conventionnellement c.

 

Partout dans l'univers règne une loi qui dit que plus un "objet" est massif, plus il se déplace lentement : c'est la loi de l'inertie.

On peut immédiatement en déduire que la vitesse extrême sera celle de l'objet le plus léger (de masse la plus petite possible) lorsqu'il se déplace dans le milieu le moins "freinant" passible.

L'objet le moins massif a une masse nulle au repos : c'est le photon de lumière.

Le milieu le moins freinant possible est le vide.

Donc la vitesse extrême indépassable est celle de la lumière dans le vide.

 

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Par définition, les processus sont  les "objets" qu'étudie la physique complexe : la physique complexe est la physique des processus (et non des "choses" ou "systèmes" qui manifestent ces processus). Pour décrire un processus, trois regards sont nécessaires : sa forme volumique "externe", sa logique organisationnelle "interne" et son évolution temporelle. L'espace de représentation d'un processus (appelé l'espace des états) doit donc couvrir ces trois domaines : le domaine dynamique pour décrire ses évolutions dans le temps, le domaine topologique pour décrire ses volumes dans l'espace (géométrique) et le domaine eidétique (du grec eidos : "forme") pour décrire ses organisations logiques.

 

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Le principe d'optimalité qui régit l'organisation de tous les processus, se présente sous trois aspects :

 

  • L'optimalité de l'encombrement topologique (volumique, spatial).
  • L'optimalité de l'efficience dynamique (évolutif, temporelle).
  • L'optimalité de la dissipation eidétique (logicielle, organisationnelle).

 

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Le mythe n'appelle ni croyance ni historicité.

Personne ne demande de "croire" en un mythe et un mythe s'offre, non comme une historiographie dont il faudrait critiquer la vraisemblance, mais bien comme un récit appelant une herméneutique spirituelle.

Que Moïse ait historiquement existé ou pas, n'a strictement aucune importance. Ce qui importe, c'est de méditer ce récit de l'aventure mosaïque que raconte la Bible hébraïque, en hébreu, et d'en tirer, pour soi, de belles leçons de Vie et d'Esprit.

Croit-on vraiment que le dialogue entre une cigale et une fourmi ait été dûment enregistré au ras des pâquerettes, puis traduit en français par Jean de la Fontaine ? Ou savourons-nous la qualité du texte poétique et de la "morale" qui s'en dégage ?

C'est à cela que l'on reconnaît les esprits faibles et les esprits sectaires : la confusion entre véridicité (ce qui dit de la vérité) et historicité (ce qui s'est réellement passé).

Le mythe raconte de la vérité à celui qui est capable de le décrypter ; son éventuelle ou improbable historicité n'est qu'une vague toile de fond sans aucune importance.

Toutes les traditions spirituelles et religieuses sont fondées sur des mythes collationnés dans des textes dits sacrés dont l'exégèse tend, souvent infructueusement, de retrouver les vrais auteurs, les vraies époques et les vrais contextes. Mais cette critique historique chaut peu à celui qui cherche, dans cette tradition, un chemin vers plus d'authenticité, plus spiritualité, plus de sacralité ou plus véridicité pour lui-même. Et cela seul importe.

Un texte sacré ne s'entend pas, il se comprend - pour soi.

 

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Les Etats-Unis sont extrêmement pauvres en intelligence, mais bien riches en dollars. Ce sont les dollars qui drainent les meilleures intelligences du monde aux Etats-Unis qui les phagocytent.

C'est extrêmement simple : quand on est riche et malin, mais pas trop instruit, on achète les intelligences ailleurs et on les place dans une prison dorée.

Pour le comprendre, il suffit de regarder la nationalité d'origine des prix Nobel "américains" …

Il est temps que l'Europe se réveille et sortent ses euros pour garder les intelligences qu'elle fabrique mais qu'elle ne parvient pas à garder.

 

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Le 31/01/2021

 

De FOG :

 

"(…) l'homme blanc est devenu l'ennemi, l'incarnation vivante de la pollution, de l'esclavage, de la volonté de puissance, de l'abaissement de la femme. Bref, du Mal absolu."

 

 

Voilà qui n'est pas le procès de "l'homme blanc" : la pollution est l'inévitable conséquence de la survie et elle est bien pire dans les zones surpeuplées d'Afrique ou d'Asie ; l'esclavage a été inventé par les Noirs africains et développé par les Arabes ; la volonté de puissance (non pas au sens nietzschéen, mais au sens de "volonté de domination") est inséparable de la nature humaine, toutes races, ethnies ou cultures confondues ; l'abaissement de la femme est bien pire dans beaucoup de régions non blanches de la Terre.

C'est le procès de l'humain qui est ici fait, qu'il soit blanc, jaune, brun ou noir.

 

D'ailleurs, FOG lui-même écrit :

 

"(…) même s'il fut bien plus important que la traite occidentale des esclaves, le commerce arabo-musulman des Noirs du 8ème au 20ème siècles, castrateur systématique des mâles, restera toujours un sujet tabou, voire interdit."

 

Et du même :

 

"(…) les mouvements de contestation made in USA (…) réclament sans cesse des têtes à couper, au nom de l'antiracisme et de l'égalité sociale, valeurs qu'on ne saurait contester."

 

Objection, votre honneur !

Tout en condamnant fermement toute oppression de quiconque sur base de sa couleur de peau (ou de tout autre critère), je conteste l'antiracisme dès lors que celui-ci proclame l'égalité des races, ethnies, cultures ou religions qui sont toutes très différentes les unes des autres, et qui ne sont guère aptes aux mêmes œuvres.

Tout en réclamant pour chacun le droit (et le devoir) de s'accomplir au mieux de ses potentiels, je conteste l'égalité sociale car les humains ne sont pas égaux entre eux ni par leur nature, ni par leurs œuvres.

 

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Les guerres de demain (et d'aujourd'hui déjà) seront bien moins militaires que commerciales, monétaires, technologiques, informationnelles, sanitaires, écologiques et financières … donc, en gros : largement dématérialisées. Les victimes ne seront plus les corps, mais les esprits.

 

*

 

L'existence et le succès des théories du complot ne prouvent que deux choses : la majorité des humains est stupide et est incapable d'assumer la réalité. Elle a donc besoin d'une explication simpliste au fait que le monde évolue hors de son contrôle et souvent contre ses petits intérêts médiocres.

Un bouc émissaire doit donc urgemment être inventé, suffisamment haïssable pour être haï et pour être la cible de tous les ressentiments.

En gros, les théories du complot témoigne du fait que la majorité des humains est incapables d'assumer la complexité intrinsèque du Réel, son imprévisibilité et son indifférence à l'humain.

 

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De Fareed Zakaria :

 

"Nous vivons à une époque de progrès technologiques et scientifiques incroyables, mais nous vivons en même temps une époque où des millions d'Américains et d'Européens préfèrent croire à des mythes, à des mensonges."

 

37% des Américains adhèrent à une théorie du complot.

45% des Italiens et 55% des Espagnols … !!!

 

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Quelques aphorismes trouvés çà et là …

 

  • Quand vous êtes dans le doute, faites juste un pas en avant …
  • Faites la paix avec votre passé.
  • Débarrassez-vous de ce qui n'est pas nécessaire.
  • Personne n'est responsable de votre joie, sinon vous.
  • Aussi bonne ou mauvaise qu'une situation soit, elle va changer.
  • Le meilleur est à venir … si vous le voulez vraiment.
  • L'envie est une perte de temps. Vous avez déjà tout ce dont vous avez besoin.

 

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De Pierre Bayard :

 

"Parler de post-vérité suggère inévitablement l'idée que l'ère qui a précédé la nôtre serait celle de la vérité. Je doute que les victimes des grands récits politiques du XXe siècle, comme le nazisme ou le stalinisme, partagent cette vision ! Quant aux fake news, c'est un bric-à-brac où l'on range pêle-mêle les rumeurs, les légendes urbaines, les théories complotistes, les mensonges politiques, les canulars de mauvais goût, etc. Rien de tout cela, malheureusement, n'est nouveau ! La seule différence est qu'Internet est un outil de diffusion massive des informations, y compris en effet des pires fariboles. Mais n'oublions pas que c'est dans le même temps un formidable moyen de vérification, ce qu'ont bien compris les régimes totalitaires, comme la Chine, qui le contrôlent soigneusement."

 

Internet n'invente rien, mais amplifie tout, surtout ce qui capte, captive et capture sa cible : le plus grand nombre c'est-à-dire les crétins.

 

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[1] Daniel prophétise au milieu du 2ème s. avant l'ère chrétienne. Il sera, avec Isaïe, un des grands inspirateurs du christianisme.

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Nouveau : depuis ce 31/1/2021 : Le Tome 24 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).