Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Janvier 2019

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

 

Le 01/01/2019

 

Les "gilets jaunes" : des remugles de rebuts fermentés d'humanité frelatée.

Les "gilets jaunes" : une mascarade carnavalesque sur fond de sentimentalisme insurrectionnel.

Les "gilets jaunes" : l'immense responsabilité des médias qui transforment de l'insignifiance en spectaculaire, de la médiocrité en idéologie.

Les "gilets jaunes" : le plus court chemin vers l'ochlocratie c'est-à-dire la tyrannie des gueulards et des caprices personnels.

Pour que le vin reste buvable, il faut que la lie reste au fond.

 

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Le 02/01/2019

 

Toute communauté humaine est semblable à un train avec une seule locomotive qui tire le tout vers l'avant, et avec une kyrielle de voitures et wagons derrière (sachant que les wagons de traîne sabotent toujours le train).

 

Des trains, il en est de nombreuses sortes, du tortillard au TGV, avec des missions bien différentes … et des prix de trajet allant du simple au quintuple.

Les premières grandes questions du voyageur sont : quel voyage veux-je faire ? dans quelles conditions ? et à quel prix ? Les réponses données sont de sa propre et libre, mais entière responsabilité !

Un réponse peut par exemple être : "Moi, je ne monte dans aucun train, je reste chez moi et quand je dois me déplacer, je pars à pied" … Voilà l'anarchisme.

 

Mais quel que soit le train et le voyage choisis, dans la locomotive, il faut cinq ingrédients indispensables : la mission du train (destination, horaire, escales), la maîtrise du réseau ferré (trajet optimal, déviation, pannes, …), le bon carburant de qualité en suffisance (c'est "l'écologie" du train), une machinerie d'avancement suffisamment puissante et en bon état (la mécanique de la motrice), et une bonne ingénierie de conduite (régulation, aiguillage, vitesse, …).

 

Toutes les idéologies politiques s'inscrivent facilement dans le cadre de cette métaphore en y ajoutant les rapports éventuels entre les usagers des voitures et wagons, et le personnel de la locomotive (et les propriétaires du train, ceux du réseau ferré, et les personnels et passagers des autres trains sur le même réseau, etc …).

 

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Du mathématicien René Thom :

 

" "La voie de crête entre les deux gouffres de l'imbécilité d'une part et du délire d'autre part n'est certes ni facile ni sans danger, mais c'est par elle que passe tout progrès futur de l'humanité."

 

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Pour les quelques lucides qui restent : quels sont nos possibles ?

 

Face à la rupture écologique (le passage inéluctable d'une défunte logique d'abondance, à une bien réelle logique de pénurie avérée depuis 1972), il y a cinq grands scénarii possibles :

 

  1. La tactique généalogique : prétendre que la Vie, en général, et l'homme, en particulier, s'adapteront, quoiqu'il arrive, et survivront autrement (… mais 60% des espèces actuelles ont déjà disparu).
  2. La tactique écolo-magique : nier la pénurie et prétendre que nous sommes assis sur des réservoirs infinis de ressources inépuisables (souvent non encore connus), … certes de plus en plus chères à extraire et à traiter (… mais toute la mésosphère est aujourd'hui très bien connue et il n'y a plus rien à en attendre)
  3. La tactique technologique : accepter le problème, mais croire, dur comme fer, que la technologie va résoudre tous les soucis (… mais au mépris total des lois de la physique et de la thermodynamique, … le mythe du "mouvement perpétuel").
  4. La tactique axiologique : reconnaître la pénurie généralisée et mettre en place des lois (faute de moralités), notamment fiscales, pour forcer les gens à vivre autrement, à accepter les restrictions et à se serrer les ceintures (c'est ce qu'a tenté Macron avec, en réponse, la dramaturgie débile des "gilets jaunes").
  5. La tactique téléologique : convaincre les humains que le bal est fini et que la fin de la récré a été sifflée, et enclencher des logiques de minimalisme heureux … en renonçant aux phantasmes, obsessions, mensonges et idoles de la Modernité (croissance, confort, assistanat, villes, emploi à vie, puissance théurgique des Etats, etc …).

 

Habité par un indéracinable pragmatisme et un profond scepticisme envers l'intelligence humaine en général, il me paraît clair que les trois premiers scénarii relèvent de la plus profonde ignorance de la réalité physique de l'univers - et de notre planète -  et de ses lois.

Le cinquième scénario (dit "angélique") me paraît absurde du fait des 85% de crétins illettrés et égotiques qui composent l'humanité et qui ne vivent que dans le Panem et circenses.

Ne reste donc que le quatrième scénario dit "autoritaire" ; il n'a aucune chance car les 85% susmentionnés, frères en bêtise de ces crétins de "gilets jaunes", ne pourront pas l'accepter et préfèreront le suicide collectif à la survie intelligente de base (la tyrannie des droits acquis).

 

Il ne reste alors qu'un sixième scénario : l'effondrement global que la plupart de mes collègues prospectivistes sérieux ont, eux-aussi, plébiscité.

Le système global s'effondre - avec ses immenses dégâts latéraux, ses guerres civiles, ses pulsions génocidaires,  ses migrations désespérées et inutiles,  etc …

Une minorité humaine parvient à survivre (1 à 2 milliards) et reconstruit un autre monde … sur base des très pauvres patrimoines naturels et culturels qui resteront.

C'est, au fond, le scénario "Arche de Noé".

 

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"Faire la fête" … c'est, à mes yeux, la parole, l'intention et l'action les plus absurdement débiles de l'humanité. C'est un moment de refus obstiné de ce que l'on est vraiment, de délitement de soi, de perte de contrôle ; un sommet de vulgarité et de bêtise,  de démesure et de saleté.

Il y a certes des commémorations ou des célébrations ou des communions religieuses, initiatiques, mystiques ; mais cela n'a rien ni à voir ni à faire avec la "fête". C'est, sans doute, pour avoir transformer la plupart des célébrations chrétiennes (Pâques, Ascension, Assomption, Pentecôte, Jours des Morts, Noël, Carême, Mardi-gras, etc …) en "fêtes" profanes, en débauches consuméristes, en explosions mercantilistes, que le christianisme a perdu toute crédibilité.

Le "faire la fête" est refus de la réalité, refus de la morale, refus de la culture, refus de la civilisation, refus de l'ascèse … Il n'est rien de plus négatif et négateur que "faire la fête".

 

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Rien n'est plus aristocratique que la liberté, car elle se fonde, se construit et se mérite, car elle est le refus absolu de toute médiocrité, de toute complaisance, de toute compromission, car elle s'oppose aux caprices, aux populaces, aux modes,  car elle n'est accessible qu'au tout petit nombre de ceux qui sont sortis de leur ego, de leur confort, de toutes leurs idolâtries, de tous leurs esclavages intérieurs, de toutes leurs "servitudes volontaires".

Des hommes libres, je n'en ai rencontrés que quelques uns : tous les autres n'étaient que des pantins.

 

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A propos du "Philosophie Magazine n° 125" …

Faire l'apologie de la "fête" est non seulement philosophiquement nul (l'apologie de l'hybris …), mais sociologiquement irresponsable à l'heure où l'éthylisme, les drogues et les sexualités violentes sont l'apanage d'une jeunesse débridée, déboussolée et en total effondrement civilisationnel.

 

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Le 03/01/2019

 

Lorsque l'administration prime la production, la faillite n'est plus très loin.

 

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D'Henry Corbin :

 

"Une recherche philosophique qui n'aboutit pas à une réalisation spirituelle personnelle, est une vaine perte de temps (…) La recherche d'une expérience mystique, sans une sérieuse formation philosophique préalable, a toutes les chances de se perdre (…) en illusions et égarements."

 

 

A propos d'Henry Corbin (1903-1978, membre actif depuis 1962 du RER), Eric Vinson écrit (c'est moi qui souligne) :

 

"L'édifice corbinien est (…) un appel lancé aux sociétés contemporaines matérialistes pour leur révéler les impasses de leur nihilisme. Et pour réveiller et mobiliser en leur sein 'ceux qui peuvent comprendre', comme une sorte de 'chevalerie spirituelle' d'un genre nouveau, à même d'amorcer un redressement individuel et collectif au service de l'essentiel. En cela, élitiste et douée d'une portée métapolitique discrète mais puissante, cette œuvre peut sembler subtilement 'antimoderne' à certains. Immense et pour une part encore à explorer, elle n'a en tout cas pas dit son dernier mot."

 

Je ne connais pas Henry Corbin, mais je trouve étonnant que dans la description qu'en donne Vinson, on retrouve tant de mots et d'expressions qui me sont chers (et que j'ai soulignés).

 

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En quoi les hommes pourraient être frères ? Ne sont frères que ceux qui ont même père et même mère ! Qui seraient ce "père" et cette "mère" ? Qu'est-ce qui est un "père" ? Qu'est-ce qui est une "mère" ?

Je ne vois qu'une seule réponse sérieuse : le "père", c'est le Dieu reconnu (au sens d'un unique principe souverain dont tous les autres découlent) ; la "mère", c'est la Tradition transmise (au sens d'une culture commune avec ses valeurs, ses rites, ses récits, ses symboles, ses langages, …). Ne sont "frères" que ceux qui vivent le même Dieu et la même Tradition.

Les autres ce sont, pour moi, soit des "profanes", soit des "goyim" ; et ces deux mots n'ont rien ni de péjoratif, ni de haineux.

 

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La cosmologie égyptienne ancienne, ne reconnaissait pas la continuité du temps. Celui-ci s'arrêtait à chaque fin de nuit et il fallait procéder aux rites convenables pour le relancer chaque jour.

Ce n'est pas le temps qui "portait" l'univers, mais bien les rites journaliers adéquats qui se créaient continument du temps pour que la Vie puisse s'y dérouler.

 

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Martin Luther, comme les Evangiles d'ailleurs (Mc:1;15 et 16;14-17, Lc:8;21), affirme que, pour le chrétien, le salut passe par la foi et non par les œuvres.

Cette idée est proprement calamiteuse …

Elle débouche naturellement sur de la violence comme dans Luc (19;26-27) :*

 

"Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n'a rien se verra enlever même ce qu'il a.

Amenez ici mes ennemis qui n'ont pas voulu que je régnasse sur eux et égorgez-les en ma présence."

 

Le Coran n'aurait pas dit mieux !

 

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Le Vatican a mis bien des livres à l'Index dont ceux de Descartes, Bergson ou Sartre ; mais il est un livre qui n'y fut jamais mis : "Mein Kampf" d'Adolf Hitler qui cite, de façon élogieuse, l'épisode de Jean (inspiré de Marc) où Jésus chasse, à coups de cordes nouées, les marchands ("des juifs cupides", bien entendu …) du Temple de Jérusalem.

Cet épisode est d'autant plus ridicule que les rites sacrificiels et expiatoires devaient s'effectuer sur des animaux "purs et parfaits" qui nécessitaient l'approbation des Lévites aux abords du Temple. Il ne s'agit pas de commerce lucratif mais de pratique religieuse. Faudrait-il incendier toutes les boutiques de missels et de bondieuseries aux abords des églises et monastères catholiques ?

Cela prouve, au moins, que les Evangiles ont été écrits après 70 et la destruction du Temple, par des Juifs (Marc et Matthieu) ou des Grecs (Luc et Jean) qui n'avaient pas une bonne connaissance des pratiques lévitiques.

 

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Après Averroès, l'islamisme sunnite s'est enfermé dans la non-pensée, le littéralisme et le dogmatisme ; le chiisme, le soufisme et l'hanafisme ont été partout, par lui, soit dénigré, soit persécuté, soit exterminé.

 

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Quid de l'évolution incontournable de la démographie humaine sur Terre :

  • La vitesse d'épuisement des ressources fait converger les calculs : un atterrissage démographique sous les 2 milliards est indispensable avant 2250 (+ ou - 50 ans).
  • Cet atterrissage peut encore être fait "en douceur", par décision et politique humaines : frugalité et minimalisme économiques et régulation drastique des naissances surtout en Afrique, mais aussi en Inde et en Indonésie.
  • Si, comme c'est probable, les humains ne prennent pas les choses en main à temps (c'est-à-dire, en gros, maintenant), c'est la biosphère et la Nature qui se chargeront de remettre de l'ordre sur cette planète (dérèglements climatiques, pandémies, épizooties, famines, effondrements de la biodiversité, désoxygénation par déforestation, …), assistées par des exactions humaines (guerres locales, massacre de migrants, …).

 

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Wakan Tanka : c'est le nom sioux du Grand Esprit immanent qui anime tout ce qui existe.

Nathalie Calmé écrit à propos de Wakan Tanka :

 

"Il s'agit en même temps du Dieu créateur, du Principe organisateur de la Réalité, du Grand Mystère qui préside aux destinées de chaque être. (…) Le Grand Esprit est un sacré qui se manifeste, un divin qui se rend présent, qui anime la Création, et les divers éléments qui la composent. Au Grand Esprit correspond (…) une multitude d'esprits qui habitent les animaux, les végétaux, les paysages et bien sûr les humains."

 

C'est, en gros, ce que je ne cesse d'écrire depuis quarante ans …

 

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Sohrawardi (1155-1191) fut surnommé le Sheikh al-Ishrâq (le maître de l'illumination) ; il mourut condamné à mort par les autorités persanes. Il écrit ceci :

 

"Sauve-nous, ô mon Dieu, de la prison de la Nature et des entraves de la Matière. (…) Je suis passé par la catastrophe. De l'espace supérieur je suis tombé dans l'abîme de l'Enfer, parmi des gens qui ne sont pas des croyants ; je suis retenu prisonnier (…)"

 

Ce texte est infâme. Rarement une telle haine du Réel a été exprimée. Rarement une telle absurdité dualiste et idéaliste a été célébrée avec autant de mépris et de dégoût pour ce qui existe.

 

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De Christian Bobin :

 

"Ce que les marchands ne vendent pas, est miraculeux."

 

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Nietzsche, dans "Naissance de la tragédie", pose deux champs opposés pour la créativité : le Rêve (Apollon) et l'Ivresse (Dionysos). Ces deux champs s'excluent mutuellement. Seul le second est ancré dans le Réel … et l'irréel (l'idéal, donc) n'existe pas et n'a aucune valeur.

Mais l'Ivresse dont parle ici Nietzsche n'est évidemment pas celle de l'éthylisme, de l'ivrognerie, de l'alcoolisme ; laissons cela aux Rimbaud et autres.

L'Ivresse en question est extatique, mystique ; celle de la célébration (et non de la fête) de la Vie et de l'Esprit qui animent tout le Réel.

Il s'agit d'une Ivresse élitaire et chevaleresque, celle du dépassement de soi, celle de la dédicace de soi, par delà bien et mal, à ce surhumain ineffable qui vivifie et spiritualise toutes les dimensions de l'existence.

 

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Ne pas confondre "sensibilité" d'une part, et "émotion" de l'autre.

L'émotionnel est haïssable parce que primaire et vulgaire.

La sensibilité, en revanche, est une écoute attentive et hautement spirituelle du Réel, qu'il soit intérieur ou extérieur.

L'émotion se subit. La sensibilité se cultive.

 

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Avant vingt-cinq ans, on ne connais rien à la vie - sauf, parfois, quelques unes de ses perversions dérisoires. Avant vingt-cinq ans, il convient donc de fermer sa grande gueule. C'est compris, les syndicats lycéens, les UNEF et autres satellites du socialo-gauchisme de merde ?

 

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Le but (rêve) est apollinien.

L'intention (l'ivresse) est dionysiaque.

 

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Sur les réseaux sociaux, aujourd'hui, il y a les deep fakes c'est-à-dire des vidéos qui simulent parfaitement l'image et la voix d'un personnage plus ou moins connu, afin de lui faire tenir un discours mensonger et totalement artificiel. Cette déviance, pour grave qu'elle soit, n'est que la suite logique de l'abjecte dérive des réseaux sociaux où plus rien ni personne n'est garant ni de la véracité, ni de l'authenticité, ni de la réalité de rien ni de personne.

Cela signifie, par exemple, qu'un discours "télévisuel", diffusé sur la Toile, de Macron ou Trump ou Poutine peut très bien n'être qu'un faux total, une presque parfaite simulation basée sur des transformations idoines de la physionomie et de la voix de la personne.

Ce fait même signe la mort des réseaux sociaux car même le plus crétin et le plus hypnotisé de leur aficionados va finir par comprendre que toute information est devenue désinformation systématique et que n'importe qui peut faire "dire" n'importe quoi à n'importe quel "avatar" de n'importe qui !

Les réseaux sociaux et tous leurs satellites ont toujours été, mais seront bientôt définitivement, non crédibles aux yeux du plus grand nombre.

Ils sont donc déjà obsolètes en tant que moyen d'information sérieuse.

Adieu, donc, FaceBook, LinkedIn et autres fadaises.

Tout ceci pointe vers une impérative nécessité : instaurer des autorités (mais non des pouvoirs) noétiques afin de crédibiliser (sans censurer) les informations au travers de gens alliant compétence et moralité qui diront, simplement, que ce qui est faux est faux et que le reste n'est que possible ou éventuellement probable.

 

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Un fait me donne bien du plaisir : un peu partout en Europe, la panoplie des "gilets jaunes" est à présent endossée par les gros cons réactionnaires (comme Le Pen et Mélenchon, en France) … C'est, en fait, parfaitement ce qu'ils sont. Purs produit de l'accouplement contre-nature de la nostalgie et du ressentiment.

Pouvoir ne rien faire (ou pas grand' chose, mais toujours mal) ; consommer n'importe quoi à tout va ; polluer tout ce qu'on veut comme on veut ; gaspiller comme des porcs ; prendre sa voiture pour deux cents mètres ; être payé bien au-delà de l'utilité réelle que l'on produit ; être protégé de tout grâce aux connards qui paient des impôts ; être remboursé de tout et subsidié pour tout ; etc …

 

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Il est temps d'écrire le "Livre noir du socialo-gauchisme" … Son presque dernier bastion en date, le Brésil, vient enfin de tomber ! Et, bien sûr, la presse "bien-pensante" hurle à la victoire de l'extrême-droite … en feignant de ne pas savoir que l'éducation nationale marxisante (comme en France) a permis, en quinze ans, au Brésil de se classer 58ème sur 65 en mathématiques, et 55ème en lecture. En revanche, l'apologie des LGBT et autres dégénérés y va bon train.

 

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Le pacte de Marrakech signe un idéalisme puéril, mais idéologiquement

irréaliste donc porteur de tous les dangers : remplacer les citoyennetés nationales par une unique citoyenneté mondiale. On reconnaît là l'idéal "universaliste" de la modernité et des "Lumières".

Il est clair que l'artificielle et factice citoyenneté nationale doit être balayée. Mais le mondialisme est la pure négation des évidentes réalités naturelles, raciales, culturelles et religieuses. Il existe des bassins racinaires continentaux qui rassemblent des réalités régionales cohérentes et autonomes.

Non, les hommes ne sont pas tous frères. Non, l'humanité n'est pas une. Non, l'homo sapiens sapiens n'existe pas et n'est qu'un phantasme humaniste : il existe des races, c'est-à-dire des hominidés hybrides provenant de souches différentes (africaniensis, neanderthalensis, floresiensis, denisovensis, …) qui ont entre elles plus de différences génétiques qu'il y en a en a entre chacune d'elles et le chimpanzé ou l'orang-outang.

Le monde humain réel est et restera profondément et définitivement multipolaire … ce qui n'empêche nullement l'entente cordiale et la coopération positive entre les divers bassins historico-culturels actuels … pourvu qu'ils cultivent le respect réciproque, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui pour certains d'entre eux.

 

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D'Elisabeth Lévy :

 

"(…) s'il y avait un moyen facile de transformer une foule d'individus en un être raisonnable défendant le bien commun, on n'aurait pas inventé la démocratie représentative."

 

… en un "être raisonnable défendant le bien commun" mais aussi compétent, stratège, géopolitologue, économiste, prospectiviste, statisticien …

Il faut, une bonne fois pour toutes, dire les choses : l'intelligence collective et la sagesse populaire, cela n'existe pas. Même à l'échelle d'un tout petit village de la ruralité comme le mien : il n'y a que des intérêts particuliers et des calculs sordides, des mesquineries et des jalousies. C'est cela l'humanité !

Se dédier au bien commun à long terme, avec équité et intelligence, relève soit du sacerdoce (auquel, en politique, je ne crois pas un seul instant), soit d'un intérêt personnel supérieur (le pouvoir, la gloriole, les privilèges, les "ors", le luxe, etc …).

 

Et de la même :

 

"(…) ce que les peuples, profondément, reprochent à leurs gouvernants depuis trente ans, ce n'est pas leur excès d'autorité, mais leur impuissance."

 

Exact ! Et c'est précisément là où le bât blesse : continuer à croire que le politique est maître de l'économique et du noétique. Toujours la même rengaine. La démocratie au suffrage universel a tout promis et plus encore ; pendant les trente glorieuses (une parenthèse paradoxale et irreproductible dans l'histoire des hommes), elle a pu faire semblant d'en tenir certaines (les plus faciles : pomper dans des poches pleines, pour remplir des poches déclarées vides), mais maintenant c'est fini.

Il faut que le politique reprenne sa vraie (et modeste) dimension : fournir, aux communautés, des territoires de qualité (infrastructures, paix intérieure et extérieure, …) ; le reste, tout le reste, ne relève pas de ses compétences contrairement à ce qu'il a voulu (et réussi à) faire croire depuis 1871.

Il faut que meure l'étatisme sous toutes ses formes.

 

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L'égalitarisme est un maladie gravissime, profondément française. D'où l'incapacité française à renoncer à l'étatisme monopolaire qui assassine ce pays et à accueillir le libéralisme tripolaire qui le relancerait.

L'origine de cet égalitarisme délétère est à chercher dans le pacte scellé jadis (12ème et 13ème siècles) entre la couronne (le pouvoir étatique central) et les communes (les bourgeois) contre les féodaux (les élites locales).

 

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De Patrice Gueniffey (qui pense faux, mais dit parfois vrai) :

 

"La bourgeoisie a toujours été plus révolutionnaire que le prolétariat, par nature profondément conservateur."

 

Voilà une profonde vérité éternelle que les socialo-gauchistes (entre autres ces gens de Paris, "ville de bobos-mollusques") et autres débiles marxistes devraient ruminer.

Et du même, à propos de la "République une et indivisible" :

 

"(…) elle a existé, mais uniquement quand l'Etat était fort ! Les Français n'arrivent pas à exister en tant que peuple par eux-mêmes. Il leur faut un ciment."

 

Dont acte ! La France en tant que telle, la République française en tant que telle n'existent pas (pas plus que l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, l'ex-Yougoslavie ou la Grande Bretagne …) : elles sont artificielles et factices. Sans un "Etat fort", tout cela se disloque et retourne à la réalité historique, culturelle et naturelle.

Ces chimères idéologiques et modernistes s'étiolent sans l'étatisme qui les imposent.

 

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Le 04/01/2019

 

Gilets jaunes : le grand ras-le-bol !

Les cons en ont de plus en plus marre d'être aussi cons ! Mais que fait l'Etat ? Les Français ne sont-ils pas égaux, surtout la masse des cons ? Les cons ne sont-ils pas des citoyens comme les autres ? Tous égaux ? Tous assistés ?

De plus, grâce aux socialo-gauchistes, depuis 1981, les cons sont devenus encore plus cons, de plus en plus incultes et ignares ; l'école égalitaire a fait s'effondrer l'intelligence ; les assistanats "sociaux" ont fait s'effondrer le courage et le goût de l'effort ; la connerie est devenue massive et les moins cons, c'est-à-dire les un peu plus intelligents et cultivés, sont vilipendés et traités d'élite …

On veut la vérité ? La voici : la technologie, par robotisation et algorithmisation interposées, nous fabrique un monde où il n'y aura plus de place pour les médiocres, les fainéants, les glandeurs, les crétins, etc … bref, pour les "gilets jaunes". Et maintenant …, ils le savent ou, plutôt, ils le pressentent ! Et ils se rebiffent. Et ils exigent.

 

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Le 05/01/2019

 

Il faut penser une philosophie de l'utilité en dépassant - et de loin - l'utilitarisme à l'anglo-saxonne, qui n'en est que la version vulgaire et démagogue (le "bonheur du plus grand nombre" - cfr. la philosophie politique et l'éthique sociale de Jeremy Bentham inspirées de David Hume).

Ralph Waldo Emerson, dans "La Nature", écrivait : "(…) une chose n'est bonne qu'autant qu'elle sert (…)". Ce qui ne sert à rien ne peut être ni bon, ni mauvais …

C'est une première approche de l'utilité : servir à quelque chose.

 

Et le pas suivant sera : servir quelque chose, être au service d'un projet !

En ce sens, la qualité d'un homme se mesure à deux aunes conjointes :

  1. la qualité du projet au service duquel il se met ;
  2. la qualité de sa contribution à ce projet.

Deux problématiques s'ouvrent : celle de choisir un beau et bon projet de vie, et celle d'y contribuer pleinement et efficiemment.

 

Mais que peut-on servir ? Il existe, naturellement toute une échelle de noblesse qui permet de départager les projets imaginables ; cette échelle va de l'égocentrisme le plus primaire (être au service exclusif de soi-même, ici et maintenant) à l'abnégation la plus mystique (être au service exclusif de Dieu, jusqu'au sacrifice de tout le reste).

Entre ces deux extrêmes, aussi vains l'un que l'autre à mes yeux (le "moi" est insignifiant et ne vaut aucune peine, et le Dieu personnel des monothéismes n'est qu'une fiction symbolique), les hommes se sont inventés bien des projets de vie auxquels ils se sont plus ou moins dédiés, avec des contributions très variables au fil de la vie : une famille, un patrimoine, une communauté civile ou religieuse,  une association sociale, une entreprise économique, un métier, un syndicat, un parti politique, une idéologie, une religion, une institution,  … voire "la paix dans le monde", "la lutte contre la faim ou la misère" ou "le bien de l'humanité".

 

Mais tout cela n'est qu'humain, beaucoup trop humain. Tout cela est anthropocentré : l'homme ou l'humanité ne servent à rien s'ils ne servent qu'à eux-mêmes. L'humanisme est l'apologie d'un égocentrisme collectif.

Il faut donc dépasser l'humain et servir la raison d'exister d'une humanité. Ce n'est donc pas dans l'homme qu'il faut chercher la réponse, mais hors de lui, à sa source même. Qu'est-ce qui justifie l'existence même de l'humanité ? Dès lors que l'on tiendra la réponse à cette question, on tiendra du même coup la formule de la raison de vivre des hommes.

 

L'humanité participe pleinement de la Vie sur Terre et, plus généralement, de la Vie cosmique. Comme toutes les espèces vivantes, la première raison de vivre des humains est la perpétuation de la Vie elle-même ; et non seulement sa perpétuation, mais aussi son accomplissement en plénitude. Et là, déjà, l'histoire humaine coince car l'humanité n'a vu dans la Vie autour d'elle qu'un réservoir en libre accès que l'on pouvait piller sans vergogne. C'est ce qui a été fait, avec une dramatique accélération ces deux derniers siècles. Au point qu'aujourd'hui, la Vie est en danger : l'extinction des espèces vivantes est catastrophique et les pollutions diverses (des terres, des eaux, des airs) rendent la biosphère globalement de plus en plus inviable. L'humain n'est ni le possesseur, ni le maître de la Nature ; il n'en est qu'une partie pleinement intégrante et doit y reprendre modestement, humblement sa petite place … et la servir et non s'en servir.

 

Mais l'humanité n'est pas qu'une espèce vivante ; elle est aussi une espèce pensante. Elle peut et doit être ce pont frêle et branlant qui permet de passer de la Vie à l'Esprit (comme l'algue bleue fut, sans doute, le pont improbable entre la Matière et la Vie). La logique cosmique - ou le Logos divin ou YHWH ou le Grand Architecte de l'Univers, peu importe le nom qu'on lui donne - est telle que le Réel évolue et que cette évolution conjoint trois moteurs : l'expansion, la complexification et l'unification. Devenir plus grand et profond, devenir plus complexe et subtil, devenir plus cohérent et unitaire. Le passage de la Vie à l'Esprit participe de ce deuxième moteur, celui de l'émergence du complexe et du subtil.

 

Qu'il le veuille ou non, au-delà de sa contribution à l'accomplissement de la Vie, la mission première de l'humain est de contribuer pleinement à l'avènement de l'Esprit, c'est-à-dire à la création d'une véritable noosphère (à surtout ne pas confondre avec les débiles "réseaux sociaux"), au développement des facultés de penser s'appuyant sur la mémoire, la sensibilité, la volonté, l'intelligence et la conscience.

Et là encore, l'échec est flagrant de deux points de vue :

  1. le pourcentage des humains ayant vraiment contribué au développement de l'Esprit sur Terre, a toujours été infime (il y a infiniment plus de crapules cupides et de crétins ignares, que de savants ou de philosophes) ;
  2. ce pourcentage est en train de s'effondrer partout où la culture est née (essentiellement l'Europe, la Chine et l'Inde) : la pensée humaine y a été terriblement restreinte à l'utilitaire domestique et n'est plus guère utile à l'Esprit.

 

Aujourd'hui, le bilan humain est très lourdement déficitaire. L'humanité a saigné la Vie à mort, et ne s'occupe guère de l'Esprit, l'ayant dévoyé au service de ses propres caprices puérils.

Aux yeux du Logos, l'humanité est un terrible échec.

Il faut alors prendre au sérieux cet avertissement sévère véhiculé par la Tradition (Gén.:6;5-7) :

 

Et YHWH verra combien grand [est] le mal de l'humain sur Terre et tout le travail des pensées de son cœur [est] seulement mauvais tout le jour.

Et YHWH regrettera comme il avait fait l'homme sur Terre et il s'affligera en son cœur.

Et YHWH dira : "J'effacerai l'humain que j'avais engendré de dessus les faces de l'humus ; de l'humain jusqu'au bétail jusqu'au rampant et jusqu'à l'oiseau du ciel, combien j'ai regretté comme je les ai fait".

 

*

 

Le mondialisme est mort. Les Etats nationaux sont morts (les "gilets jaunes" sont en train de les enterrer en croyant les revivifier).

Le présent est déjà continental (quatre moteurs : Euroland, Angloland, Sinoland, Indoland ; deux hinterlands hydrocarburiens : Russoland et Islamiland, deux paumés : Latinoland et Afroland).

Pour l'avenir, l'Europe doit devenir d'urgence (sinon, il n'y aura plus d'Europe, mais un terrain de jeu pour les autres continents) une fédération unifiant un réseau de régions socioéconomiquement autonomes ; il faut acter la disparition du niveau national qui a été instauré au 19ème siècle et qui ne correspond plus à rien.

 

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L'historien juif roumain Carol Iancu définit ainsi le judaïsme :

 

"(…) la croyance dans un Dieu transcendant et immanent, partout présent et nulle part matérialisé, Dieu qui est 'esprit'."

 

La définition me va bien : on n'y parle pas d'un Dieu personnel, hors du Réel.

Dieu y est Esprit, c'est-à-dire Logos, Architecte du Réel. Dieu y est immatériel "nulle part matérialisé", en amont de toutes ses manifestations matérialisées. Dieu y est immanent c'est-à-dire "partout présent" dans tout ce qui existe et procède de lui seul. Dieu y est transcendant c'est-à-dire qu'il englobe, contient et justifie tout ce qui existe.

Panenthéisme !

 

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Du médecin judéo-russe Léo Pinsker (1821-1871) :

 

"La judéophobie est une psychose. En tant que psychose elle est héréditaire, en tant que maladie transmise depuis 2 000 ans, elle est incurable. (…) Le Juif est considéré par les vivants comme un mort, par les autochtones comme un étranger, par les indigènes sédentaires comme un clochard, par les gens aisés comme un mendiant, par les pauvres gens comme un exploiteur millionnaire,, et par toutes les classes comme un concurrent qu'on déteste (…)."

 

Puisse Dieu faire que Pinsker se trompe …

 

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L'antique antijudaïsme (né chez les Grecs au 4ème s. avant l'ère vulgaire) a été racialisé au 19ème siècle en antisémitisme (ce qui est la pire des absurdités : il n'existe pas de "race juive" comme le démontrent, depuis longtemps, la biologie et la génétique) et idéologisé au 20ème siècle en antisionisme (ce qui est une pathologie purulente car la Judée est, depuis toujours et sans discontinuité, la patrie d'origine des Juifs malgré les phantasmes islamistes).

Aux sources profondes de l'antijudaïsme, il y a deux piliers.

Le premier pilier est le communautarisme, l'élitisme et le particularisme juifs qui "mettent à l'écart" tant par la pratique des rites que par l'alimentation, le souci de l'étude ou les impératifs de pureté : le Juif est perçu comme différent et distant, asocial et inassimilable, voire "supérieur".

Le second pilier est le rejet radical de toutes les formes d'idolâtrie, tant païennes que chrétiennes, tant idéologiques que religieuses, tant politiques qu'économiques ; le judaïsme se moque de toutes les idoles et ses éternels questionnements insistants sont autant de coups de poignard dans les chimères communes.

Il est patent que ces trois maladies mentales (antijudaïsme, antisémitisme et antisionisme) n'ont cours que dans les contrées chrétiennes et musulmanes (les deux religions-filles du judaïsme) ; les communautés juives chinoises et indiennes n'ont jamais connu ce genre d'ostracisme.

Il me semble clair qu'au fondement de l'antimaçonnisme, on trouvera exactement les deux mêmes griefs.

Et, comme par hasard, les procès sont les mêmes : complots de toute nature, perversions en tous genres, meurtres rituels, misanthropie, cosmopolitisme, apatridie, sédition, subversion, affairisme, etc …

 

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Nul n'est prophète en son pays … Phénomène récurrent …

Echec du bouddhisme (Siddhârta Gautama était indien) en Inde.

Echec du christianisme (Jésus était juif) parmi les Juifs.

Echec de l'islamisme (Mu'hammad était mecquois) parmi les Mecquois.

 

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De Pierre-Antoine Delhommais ("Le Point" n° 2418) :

 

"Les Français ne sont pas les Suisses. Viscéralement antilibéraux, effrayés par le concurrence et la mondialisation, indécrottablement socialistes dans l'âme, convaincus que l'Etat peut tout et leur doit tout, mus enfin par cette passion de l'égalité qui leur tient lieu de culture économique, les Français se contre-fichent éperdument, dans leur immense majorité, des déficits budgétaires, du solde de la balance commerciale, de la compétitivité des entreprises ou de l'attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux. Sans même parler de la dette publique, à propos de laquelle on attend toujours qu'une pétition citoyenne soit lancée pour dénoncer le rôle de l'Etat dans son envolée, pourtant synonyme de pertes catastrophiques de pouvoir d'achat pour les générations futures. Alors, vivement les RIC et vivement la faillite."

 

On ne saurait mieux dire … ce que je dis depuis quinze ans … Mais il y manque la dénonciation d'une indicible incapacité d'anticipation et d'un goût immodéré pour la fainéantise (les 35 heures, l'âge de la retraite, les 40% d'heures de travail efficaces) qui, tous deux, montrent que la vie quotidienne du Français ne dépend jamais de lui, mais des autres.

C'est décidé : je quitte la France ! Ras-le-bol des "gilets jaunes" et autres connards de base. Ras-le-bol de l'administration bureaucratique, tatillonne, dictatoriale, stérile et inefficace. Ras-le-bol de l'incurie et de l'impéritie politiques qui empêchent ce pays de sortir de ses archaïsmes socialo-gauchistes.

Ras-le-bol de l'égalitarisme, de l'antilibéralisme et de l'étatisme omniprésents.

Charles De Gaulle qui n'a jamais eu ni de "petit de", ni le grade confirmé de général, n'a dit qu'une seule chose d'intelligente : "Les Français sont des veaux (et non des bœufs) !".

Aujourd'hui, il suffit d'agiter un gilet jaune pour qu'ils courent à l'abattoir !

 

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Par son dénigrement ancestral de la sexualité - voire sa condamnation horrifiée et dégoûtée -, c'est le principe même de la Vie et de sa perpétuation que vilipende l'Eglise catholique, cette Eglise du culte de la Mort (fascinée par la croix, le crucifié, le souffrant, le mourant … et non par le Christ pancrator ou en gloire).

L'actuelle crise de la pédophilie ecclésiastique au sein du catholicisme n'a pas d'autre source que cette obsession paulinienne de la misogynie psychopathique.

S'il veut connaître un tant soit peu la vie réelle, un prêtre ou un maître, quelle que soit sa religion ou sa tradition, doit être marié et père. C'est bien le cas des rabbins, des popes et des pasteurs. Seuls les curés sont exclus du B.A.-BA de la vie.

 

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Le 06/01/2019

 

Il faut sortir de cette sempiternelle antienne qui chante, sur tous les tons, une "Europe berceau" de l'humanisme, de l'universalisme, de la dignité humaine et des "Lumières".  Tout cela est historiquement vrai mais, aujourd'hui, idéologiquement dépassé. Ces "idéaux" sont obsolètes.

Le monde réel est passé au-dessus de l'humain qui n'est plus ni le centre, ni le but, ni le sommet de quoique ce soit ; le monde réel est continentalisé et la concurrence entre les continents devient chaque jour plus acharnée. Et l'Europe continue de "chipoter" …

Pourtant, des sondages récents d'il y a quelques jours montrent très clairement qu'un grand nombre de Britanniques regrette déjà le Brexit (qui est une monstrueuse connerie démagogique), mais surtout que, selon les thèmes sondés, 70 à 80% des Européens sont favorables à une Europe plus fédérale et plus intégrée  aux plans fiscal, militaire, diplomatique, douanier, migratoire, … et à un euro renforcé et assaini, débarrassé du dollar américain.

Qu'attendent donc les politiques ? C'est très simple : si l'Europe fédérale se fait comme il le faut impérativement, le niveau national se videra et les politicaillons qui en vivent, seront relégués aux strapontins voire au chômage. Il ne veulent surtout pas scier la branche sur laquelle ils sont confortablement assis et, au risque majeur de renforcer les populismes et les nationalismes, hurlent à la perte de souveraineté nationale.

Lorsque l'Europe, faute d'un fédéralisme profond, sera devenue le terrain de jeu sans défense des autres continents (ce qu'elle est déjà en train de devenir), ils auront l'air malin avec leur souveraineté de pacotille.

 

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Les "gilets jaunes" - qui ne voient pas plus loin que le bout de leur gros nez - devraient comprendre que le problème n'est nullement la gouvernance de la France - et surtout pas celle de Macron qui est enfin un président libéral qui comprend quelque chose à l'économie, à l'Europe et à la géopolitique -, mais que le problème central français est la pesanteur obsédante de ses administrations, de ses bureaucraties, de ses fonctionnarismes, de ses procéduralités, de ses milliers de normes, de codes, de règlements de toutes sortes … bref de cette chienlit parisienne secrétée par l'ENA qui est un sommet d'inefficience … et qui coûte un bras chaque jour.

Il faut commencer par virer 75% des fonctionnaires … et puis, après, on pourra commencer à discuter, à réfléchir, à reconstruire un fonctionnement non jacobin, non centralisé, non administratif, non bureaucratique.

Former enfin un Etat qui ne possède rien (la pauvreté étatique est un gage de la prospérité sociétale), et qui ne fait rien (mais qui sous-traite tout à des entreprises privées).

 

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Être optimiste, ce n'est pas croire que le monde est bon, mais c'est croire qu'on peut l'améliorer.

Je ne suis plus sûr, aujourd'hui, de le croire tant la bêtise, l'ignorance et la cupidité humaines sont devenues monstrueuses.

 

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Michel Serres appelle "logique modale" une logique quaternaire et non binaire (inspirée par la logique Nagarjuna). Il suffit de remplacer les … par un verbe : être, exister, devenir, etc … :

 

  • Ce qui peut … (le possible).
  • Ce qui ne peut pas … (l'impossible).
  • Ce qui peut ne pas … (le contingent).
  • Ce qui ne peut pas ne pas … (le nécessaire).

 

Cette logique dite modale est inspirée du tétralemme de Nagarjuna (2 et 3ème s. PCN) :

 

  • Ni x
  • Ni non-x
  • Ni x et non-x
  • Ni x ni non-x

 

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De Michel Serres :

 

"(…) l'islam est plus politique et juridique."

 

… que spirituel et religieux. Oui, l'islamisme est une idéologie avant tout.

Et du même :

 

"Je ne sais pas si je crois en Dieu, c'et une question qui n'a pas de réponse, mais je sais que le divin est là, devant moi ; ce n'est pas une question de croyance mais d'évidence !"

 

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Le 07/01/2019

 

Du juriste Olivier Cayla :

 

"Dignité humaine: le plus flou des concepts …

Toute dispute consacrée au point de savoir sʼil convient de légiférer sur les questions 'de société' sʼarticule aujourd'hui autour dʼun argument unique : la 'dignité de la personne humaine'. Depuis quelques années, la référence rituelle à ce concept éthico-juridique semble en effet suffire à résoudre tout problème de définition de nos valeurs sociales fondamentales. Imagine-t-on pourtant un concept plus flou ? Dispose-t-on au moins des critères permettant dʼidentifier, parmi ses diverses interprétations possibles, celle qui apparaît à coup sûr comme étant 'la meilleure' ? (…) Au fond, le principe de « dignité de la personne humaine » présente toutes les caractéristiques de cette formule fixe mais vide, de ce « signifiant flottant », de cet « abracadabra », dont la profération liturgique accompagne lʼédiction de toute loi, pour fonder symboliquement lʼautorité de celle-ci grâce au ressort magique de sa forme sacrée."

 

Après Marc-Aurèle qui parlait de la dignité d'un homme (ce qu'il y a de plus admirable en lui, ce qui fonde son honneur et sa vertu), c'est sans doute Jean Pic de la Mirandole qui généralisa le concept : la dignité humaine, commune à tous les hommes. Depuis cette fumeuse "dignité humaine" est devenue un droit universel imprescriptible.

 

Comme presqu'à chacun de ses articles, la "Déclaration universelle des droits de l'homme" est tombée dans le panneau des slogans sans fond et des concept sans fondement ; ainsi en son préambule, on lit : "Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine (…) constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, (…)", et ainsi en son article premier : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité (…)".

 

Cette notion de dignité humaine pose deux questions :

  1. Pourquoi seulement humaine ? Pourquoi ne pas étendre cette "dignité" à tout ce qui porte sensibilité, mémoire, intelligence, volonté et conscience, bref à tout ce qui vit ? Un arbre qui produit gratuitement des tonnes d'oxygène frais par an n'est-il pas plus digne de respect et de soin qu'un cirrhotique ivrogne humain qui bat sa femme et viole ses enfants ?
  2. Pourquoi ce même ivrogne immonde devrait-il jouir de la même dignité et, donc, respect, qu'un Adolf Hitler ou qu'un Albert Einstein ?

 

L'étendard de la "dignité humaine" est aujourd'hui brandi à tout-va dès lors que l'on parle de prostitution, d'euthanasie, d'usage des drogues, d'avortement, de clonage, de déviances et perversions sexuelles, de violences conjugales ou autres, de soumission islamique de la femme, etc …

Loin de moi, de nier l'importance de ces problématiques, surtout à l'heure qu'il est où elles prennent des ampleurs inquiétantes. Mais je ne crois pas que ce concept "flou" et "bateau" de "dignité" soit d'une quelconque utilité pour les résoudre.

 

Je pense que l'on peut trancher le problème en définissant la dignité comme ce qui mérite le respect : on est digne lorsqu'on est digne de respect. On évacue ainsi le flou de la notion de dignité vers la notion de respect. Certes. Mais, on tombe là de Charybde en Scylla … si l'on ne définit pas, avec soin, la notion de respect.

 

Qu'est-ce que le respect ? Qui mérite respect ? Qu'est-ce qui, chez lui, mérite respect ? Et pourquoi ? Peut-on être digne de respect dans l'absolu ? Le respect que me rende des crapules ou des crétins, fait-il de moi un homme digne et respectable ? Est-ce dans les yeux des hommes (lesquels ? avec quelle statistique ? avec quelle durée ?) que l'on trouve la vraie dignité et le vrai respect ?

 

Observons que les politesses, courtoisies, courbettes, protocoles, codes de civilités, … humains participent de l'hypocrisie sociétale qui exploitent des "marques de respect", mais qu'ils ne sont que très rarement des expressions profondes d'un respect vécu et authentique. Alors ?

Au-delà de ces conventions et convenances humaines (qui doivent aussi être ressuscitées d'urgence si l'on veut que la vie quotidienne redevienne un peu vivable), la notion de "respect" est très fortement liée à la notion de "sacré" : chacun respecte ce qui, pour lui, est sacré.

 

Mais cette idée du "sacré" est également assez floue. Elle renvoie, trop souvent, vers des considérations religieuses, vers l'idée de sainteté (tant au sens religieux du catholicisme qu'au sens philosophique du taoïsme). Qu'est-ce qui est sacré pour chacun ? Qu'est-ce qui est "universellement" sacré ? La boucle risquerait de se fermer si l'on disait : est sacré (pour soi) ce qu'on respecte le plus ; ou bien il faut alors expliciter : c'est-à-dire ce qui est, pour soi, le plus essentiel, le plus fondamental, ce qui est le fondement, ce qui fonde l'existence et lui donne sens et valeur !

Est digne de respect, est sacré, est saint ce qui fait sens et ce qui fait valeur, ce qui engendre du sens spirituel et ce qui engendre de la valeur existentielle.

 

Et cette source de sens et de valeur, pour sacrée qu'elle soit, n'est pas à chercher dans l'homme, mais bien au-dessus et au-delà de lui. Ancrer la dignité de l'homme en lui-même, pour lui-même, par lui-même revient à hisser une sordide tautologie au rang de principe fondamental, c'est-à-dire à amplifier l'apologie du nombrilisme et du narcissisme humains … qui n'en ont guère besoin.

Le dignité de l'homme est en dehors de l'homme. La dignité de l'homme s'établit dans sa contribution active et volontaire à la Vie et à l'Esprit.

La dignité, le respect, la sacralité et la sainteté ne sont pas des droits de l'homme ; elles se méritent personnellement et exclusivement par les œuvres.

 

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Triste mais vrai constat d'une surnommée "Pervenche" sur la Toile :

 

" Les cerveaux, les entrepreneurs, les jeunes qualifiés, les gens ambitieux quittent la France pour plusieurs raisons : la pression fiscale, la mentalité hostile au travail, la dette, les restrictions à l’emploi, l’immigration, l’augmentation de l’islamisme, l’assistanat, la multiplication des normes et des contraintes. Ce n’est pas en faisant fuir les forces vives que le pays va s’enrichir. "

 

L'INSEE confirme, d'ailleurs, le déficit migratoire français !

 

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Un ignare ne sait rien.

Un crétin ne veut rien savoir.

Un abruti sait ne rien savoir et veut ne rien savoir.

Au moins, l'abruti est cohérent : il sait ce qu'il veut …, mais ne sait que cela.

 

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Le 08/01/2019

 

J'avoue qu'Onfray m'énerve de plus en plus.

D'après les interviews lus, dans son "Sagesse", il fera l'apologie de la "philosophie pratique" romaine CONTRE la philosophie grecque qualifiée de tous les noms d'oiseau ; je trouve cela indécent … lorsqu'on sait que la pensée romaine doit tout à la pensée grecque et n'en est qu'un mode dégénéré.

C'est un peu comme si, aujourd'hui, on se mettait à faire l'apologie de la lamentable "philosophie" (utilitariste ou analytique) américaine en l'opposant à toutes les écoles philosophiques européennes dont elle n'est qu'un vulgaire ersatz.

Onfray EST sa propre décadence !

 

La philosophie romaine (comme la "philosophie" américaine) est plus de la morale et du droit que de la métaphysique. Or il ne peut y avoir d'éthique sans une métaphysique pour la fonder. D'où mon intérêt plus marqué pour la pensée grecque qui s'attache aux fondamentaux. La morale n'en est qu'un sous-produit. La morale romaine (Cicéron, Epictète, Sénèque, Marc-Aurèle, …) a été très marquée par les stoïciens grecs (Zénon de Cittium, Chrysippe de Soles, …) mais en a considérablement dégradé la cosmologie ; parallèlement, le matérialiste romain Lucrèce n'est qu'un ersatz de Leucippe et Démocrite (les Abdéritains), et d'Epicure.

 

Ce que je reproche à Onfray, c'est qu'il est incapable de sortir des binaires simplistes : les Grecs contre les Romains, la gauche contre la droite, le populaire contre l'élitaire, l'athéisme contre la spiritualité, l'hédonisme contre l'eudémonisme, etc … Cet homme est totalement déséquilibré, tant physiquement que mentalement. Tout le contraire d'un sage ou d'un "philosophe", ami de la sagesse. Je pense d'ailleurs qu'Onfray est infiniment plus un moraliste qu'un philosophe authentique. Il est perpétuellement non dans la quête, mais dans le combat.

 

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De Lucas Silo à propos des "gilets jaunes" :

 

" Beaucoup attendent avec IMPATIENCE la fin de ce "mouvement" inepte et sans avenir politique qui n'aura servi que de défouloir à la France "d'en bas". Il est temps, grand temps, d'en finir avec ce carnaval toujours plus violent, toujours plus factieux et qui ne réjouit que les extrêmes."

 

Tout est dit ! Merci Monsieur Silo.

Oui, la kermesse est finie ou, en tous cas, doit finir !

Dans le même sens, Jérôme Béglé note dans "Le Point" :

 

" 50 000 salariés en chômage partiel ; une croissance économique durablement revue à la baisse ; une réputation touristique écornée ; un dessinateur de presse (Alex) qui porte plainte après avoir reçu une menace de mort consécutive à la publication dans Le Courrier picard d'une caricature d'Éric Drouet ; des représentants autoproclamés des Gilets jaunes qui refusent de condamner les coups de poing assénés par un ancien boxeur à un CRS ; d'autres qui se réjouissent bruyamment de la tentative d'intrusion d'un des leurs dans les locaux du porte-parole du gouvernement."

 

Tout ce cirque des "guignols jaunes" devient immonde et nauséabond !

Et de Sébastien Le Fol, dans la même veine :

 

"Le préalable à toute discussion doit être le rétablissement de l'ordre. Le gouvernement doit réaffirmer l'autorité de l'État. Il n'y a plus à tortiller. Il est temps de mettre hors d'état de nuire les séditieux qui tabassent les gendarmes, pénètrent de force dans les ministères ou menacent des députés. Ces factieux n'ont aucune intention de débattre. Ils veulent semer le chaos et renverser la République. Arrêtons de les qualifier de "manifestants". Ce sont des émeutiers."

 

Oui : stop ! Il faut siffler très fort la fin de la récré … ou taper très dur.

 

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C'est curieux cette opiniâtreté des chrétiens, pendant des siècles - de 1150 à 1761 -, à accuser, spolier, condamner, torturer et assassiner des Juifs au prétexte de "profanation" d'hosties ou de crucifix en catholicité (ou d'icônes entre le 8ème et le 18ème siècle en terres orthodoxes) … alors que les Juifs se fichent comme d'une guigne des superstitions chrétiennes.

Il est temps que les chrétiens et les musulmans comprennent que les Juifs se fichent éperdument des Evangiles et du Coran … au moins autant que la plupart des chrétiens et des musulmans se fichent du Tao-Té-King, des Védas ou des Upanishads.

 

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L'incapacité des Français à comprendre et admettre qu'ils sont les seuls responsables de leurs propres problèmes, tant collectifs qu'individuels, est incroyablement colossale.

Il leur faut, toujours et depuis toujours, des boucs émissaires. Ce n'est donc pas un hasard si l'antisémitisme moderne est né en France. Aujourd'hui, les boucs émissaires sont la mondialisation, le libéralisme, l'Union européenne, l'euro, les "élites",  l'immigration, les délocalisations, etc …

Il est temps de dire les choses : tous les problèmes français sont issus des mythes issus du jacobinisme, de l'étatisme, du socialisme, de l'égalitarisme, du clientélisme, du démagogisme et de l'idéologisme. Bref, d'une psychopathie dramatique : celle de croire que le politique est au-dessus de l'économique et du noétique.

 

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Le 09/01/2019

 

"La vérité est qu'il n'y a pas de vérité".

 

Magnifique paradoxe aporétique digne de la logique autoréférentielle ….

Mais continuons dans la même veine :

 

"Il n'y a pas de vérité, il n'y a que des croyances".

 

Que dit cette phrase ? Que ce que l'on croit vrai (pour soi ou pour tous) n'est pas forcément vrai et pourrait être faux. Soit. Donc pourrait sans doute être fausse, comme pure croyance, l'idée de croire qu'il n'y a pas de vérité, mais seulement des croyances. Auquel cas, il se peut qu'il y ait de vraies vérités qui ne sont pas des croyances.

On pourrait encore continuer :

 

"La logique est l'art de déduire, avec certitude,

des vérités secondes à partir de vérités premières."

 

D'abord, s'il n'y a pas de vérité, ni premières, ni secondes, une quelconque  logique est un art inutile et stérile. De plus, dire que la déduction est certaine, revient à affirmer une vérité quant à la fiabilité absolue de la déduction.

 

On comprend vite que ce genre de considérations, typiques de la "philosophie analytique" (héritière du logicien Bertrand Russel), est totalement oiseux.

C'est l'idée même de "vérité" (sous-entendu, au sens absolu) qui est foireuse.

Dès lors que l'on définit une vérité comme une proposition plausible et cohérente avec le reste des connaissances actuelles, le problème s'étiole autant pour la valeur de l'assertion elle-même que pour la valeur des déductions logiques que l'on fera à partir d'elle.

Ce que l'on perd en inutile et futile idéalité, se regagne en réalité, en fécondité, en efficacité et … en gain de temps.

 

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L'idée de pureté est spirituellement cruciale.

Le judaïsme lévitique met clairement l'accent sur l'idée de pureté (Thohar).

La Torah condamne toutes les hybridations, tous les métissages, toutes les confusions de nature et de genre ; elle impose de nombreux interdits alimentaires et sexuels ; elle enjoint la purification cultuelle et rituelle par le Vide des jeûnes et des abstinences, par l'Eau des ablutions (mer d'airain, miqwéh, …) et par le Feu des sacrifices.

Deux idées président à cet engouement pour la pureté.

Primo : il ne faut pas mélanger (par les actes) ce que Dieu a séparé.

Secundo : il ne faut pas se souiller (par les contacts) avec l'inadéquat.

 

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D'Angelus Silesius :

 

"Si le paradis n'est pas d'abord en toi,

Crois-moi, assurément, jamais tu n'y entreras.

 

Et aussi ("Bois à tes propres sources") :

 

"Insensé l'homme qui boit à la mare

Et oublie la fontaine qui jaillit en sa demeure."

 

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Le 10/01/2019

 

Dans toute communauté humaines, règnent quatre esprits :

 

  1. L'esprit bourgeois enclin à la matérialité  (ploutocratie).
  2. L'esprit populaire enclin à la socialité (ochlocratie).
  3. L'esprit savant enclin à l'intellectualité (technocratie).
  4. L'esprit aristocratique enclin à la spiritualité (théocratie).

 

On comprend aisément que ces quatre regards sur le monde sont assez généralement antagoniques voire incompatibles. Et pourtant, c'est l'essence même de l'utopie démocratique de vouloir faire converger ces quatre puissances. C'est la raison pour laquelle la démocratie est, à la fois, une utopie et une uchronie.

 

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Une des leçons à tirer des mouvances récentes, un peu partout (trumpisme, brexit, populisme hongrois, polonais, italien ou autre, "gilets jaunes", …), est celle-ci : l'embourgeoisement général, encouragé par le socialisme "rose" et amplifié par la télévision, d'abord, et par le numérique, ensuite, avait annihilé une bonne part de cette socialité dont a besoin l'esprit populaire.

 

Mais cet esprit populaire se réveille et veut recréer une socialité vécue au-delà de l'émiettement bourgeois de la société (chacun chez soi, chacun ses petites affaires, chacun ses petits intérêts), et au-delà des idéologies, des démagogies et des politiques de comptoir.

Quoique cela me répugne (moi qui n'appartient, en rien, ni à l'esprit populaire, ni à l'esprit bourgeois), la revendication première des "gens d'en-bas" est de se retrouver nombreux, mais entre soi (donc d'exclure les "étrangers"), de faire la "fête" ensemble (même si cette "fête" est de la castagne), de se faire croire que les médiocrités individuelles se diluent dans une force collective (même si une foule est un animal sauvage et primaire).

 

On sait, depuis toujours, que l'ochlocratie est calamiteuse. Il faut donc empêcher, à tout prix, que l'esprit populaire ne prennent le pouvoir. Si tel était le cas, les forces du chaos et du désordre viendraient à bout, rapidement, de ce qui reste de civilisation et de civilité, de droit et de prospérité.

Une foule ne peut que détruire. Jamais elle ne construit rien. Elle en est matériellement, intellectuellement, moralement et spirituellement incapable.

Et c'est cela qui désempare les gouvernants actuels : derrière l'esprit populaire, il n'y a rien de cohérent, rien d'idéologique, rien d'argumentable. Ils n'ont prise sur rien. Il n'y a là qu'un besoin de se retrouver "en famille", de s'y "amuser", de s'y enflammer d'émotions aussi superficielles que vaines et volatiles, de s'y sentir "fraternels", même si cette "fraternité de combat" n'est en fait que de la camaraderie de potaches.

 

L'esprit populaire a besoin de "fêtes". Qu'on lui en donne.

Panem et circenses. Evergétisme !

 

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De Fédor Dostoïevski :

 

"(…) la raison et la science, dans la vie des peuples, n'ont jamais eu, maintenant et depuis le début des siècles, qu'une fonction secondaire et auxiliaire."

 

Oh que oui ! Seule la tyrannie de l'émotion gouverne la populace.

 

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De Michel Houellebecq :

 

"Il faut arrêter cette course à la productivité qui empêche l'insertion des imbéciles, dont le nombre est malheureusement incompressible."

 

Arithmétiquement incontournable.

Economiquement infaisable.

 

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Il semble que l'on découvre enfin ce que je dis depuis des années (ce qui est confortable avec mon "Journal", c'est que tout est publié et jamais revisité ; donc tous mes écrits restent en l'état pour toute vérification utile …) : la Chine est un colosse au pied d'argile dont les succès économiques sont totalement artificiels … et intenables sur la durée. Il faut toute la violence d'un pouvoir totalitaire pour maintenir le "faire-semblant".

Son alter-ego, son symétrique, les Etats-Unis d'Amérique sont d'ailleurs, eux aussi, en train de sortir du "faire-semblant" de la grande prospérité et du plein-emploi (il n'y a presque pas de chômage, mais il y a 21% des ménages qui ne mangent que grâce aux bons d'alimentation fédéraux ; explication : la majorité des sans-emploi est sortie ou a été sortie des droits au chômage et, donc, des statistiques).

Tout cela ne signifie qu'une seule chose : c'est la grande chance de l'Europe, si elle se fédéralise vraiment, de devenir le moteur de l'économie et de la géopolitique mondiales. Encore faut-il que la masse absurde des minus habentes le comprendre à temps pour les élections de mai 2019.

 

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Le 11/01/2019

 

Comme l'éolien ou n'importe quelle technologie de substitution ou de "transition énergétique", la voiture électrique déplace les problèmes de ressources, mais ne les résout pas. Elle est au centre d'un enjeu plus politique et idéologique que réellement écologique. Elle déplace les pollutions de la ville vers les campagnes (où seront implantées les centrales électriques, nucléaires ou pas, supplémentaires nécessaires) et elle accélère l'épuisement de ressources déjà rares (lithium, par exemple).

 

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Prendre de l'héroïne ne fait pas des héros, mais des crétins qui vont mourir.

 

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Pour paraphraser Descartes …

Le doute est la chose du monde la moins partagée. Tout le monde croit n'en avoir aucun besoin.

 

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La modernité a scellé le divorce entre l'Utile et le Beau, entre l'artisan et l'artiste.

Tout au contraire, l'esthétique zen ne conçoit pas l'un sans l'autre.

Ainsi le Beau n'est sublime que s'il est Utile, que s'il ouvre des portes et des chemins vers le dépassement de soi, vers le plus-que-soi.

 

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Dans le Nature, rien n'est laid parce que tout ce qui s'y passe, est habité par une intention de Vie (et d'Esprit) qui, par essence, est magnifique.

L'homme, animal dénaturé, a perdu le sens de cette intention de Vie (et d'Esprit) et c'est lui qui, de ce fait, est la source de toutes les laideurs dans le monde tant de la Matière et de la Vie, que dans celui de l'Esprit.

L'homme cupide et narcissique pollue tout !

 

(inspiré par les propos du chorégraphe israélien Yuval Pick rencontré ce jour)

 

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L'haïku japonais est en fait une "formule magique" pour produire de la beauté poétique (cfr. Pascale Senk, rencontrée aussi ce jour). Cette magie repose sur trois règles :

 

  1. La célébration de l'instant et de l'impermanence foncière.
  2. Le célébration de la Nature dans ses détails comme dans sa plénitude.
  3. Un rythme formel très codifié : dix-sept syllabes réparties sur trois vers par cinq, sept et cinq.

 

De plus, le poème suggère, intrigue, invite … Il n'est que la moitié de l'œuvre ; l'autre moitié se construit dans l'esprit de celui qui reçoit cette poésie.

 

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Le 12/01/2019

 

Des "cahiers de doléances" circulent, en ce moment, en France. La plupart des critiques ou recommandations sont simplement fausses, injustifiées ou idiotes. Soit. Il fallait s'y attendre.

En revanche, de façon extrêmement récurrente, des critiques fondées et sérieuses méritent d'être épinglées :

 

  • Contre le jacobinisme et le centralisme étatique : "des lois votées à Paris et absolument inopérantes sur l'ensemble du territoire, tant il est diversifié géographiquement, culturellement, économiquement et démographiquement". Le découpage de la France par Hollande est globalement vilipendé, ne correspondant qu'à des calculs électoraux et faisant fi des réalités économiques, culturelles et historiques.
  • Contre la démagogie manipulatoire : "tout mensonge, toute dissimulation par omission ou [ruse] sémantique, toute interprétation frauduleuse par le biais d'un éclairage orienté, motive des sanctions sérieuses à l'encontre des politiques qui en font usage". En gros, le discrédit de la classe politique est presque total.
  • Contre la monarchie républicaine : "Assemblée constituante pour ébaucher une nouvelle Constitution approuvée par référendum; obligation de tenir des référendums nationaux ou locaux sur des sujets sensibles énumérés et dès lors qu'une pétition atteint un quorum suffisant de signatures pour déclencher un référendum national ou local; révocation possible d'un élu à mi-mandat; octroi du droit de sanction à la Cour des comptes.". Il faut impérativement délaisser les phantasmes d'une démocratie directe (les RIC sont une pure aberration).
  • Contre l'absurdité fiscale : "Les impôts sont nécessaires à un État démocratique qui veut se doter de services publics efficaces, mais, depuis quelques années, les prélèvements augmentent, mais les services publics disparaissent. Il faut redonner aux citoyens le choix de la destination de l'argent prélevé". C'est oublier que la majorité des impôts sert à financer les assistanats et le service de la dette souveraine qui, elle-même, sert, surtout, à … financer les assistanats.
  • Contre la bureaucratie européenne : "J'aimerais que l'Europe nous fasse rêver au lieu de nous imposer des normes inutiles qui ne font que faire gagner de l'argent aux importateurs de produits chinois. Le calibre des carottes est moins intéressant qu'un programme sur la paix dans le monde et une politique commune pour la sauvegarde de l'environnement". Confondre l'Union européenne avec les réglementations et normalisations demandées et votées par les Etats nationaux est plus que dommage …
  • Contre l'immigration invasive : "Acceptation de l'étranger qui, tout en respectant ses croyances, respecte nos lois et notre mode social. Les règles de notre société basées sur la laïcité ne doivent pas tolérer des dérogations dans la vie publique et professionnelle aux desiderata de toute mouvance religieuse". Un immigré, quel qu'il soit (j'en suis un), n'a aucun droit d'importer les lois de son ancien pays ou de sa religion ou de sa culture avec lui (celles-ci ne sont tolérables que circonscrites à la sphère privée, pour autant qu'elles ne soient imposées à quiconque, proche ou lointain) : il se soumet aux lois ambiantes, ou il part !

 

Le reste est globalement sans intérêt ou ne reflète que des phantasmes idéologiques (transition écologique, égalitarisme, …) ou des prurits personnels (trop de limitations de vitesse, pas assez d'assistanats, trop de taxes, …).

 

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Petit florilège du regretté Pierre Desproges :

 

"J'ai l'impression que quand le nombre d'individus se multiple, leurs intelligences se divisent d'autant."

 

"La sagesse populaire, on connaît. C'est elle qui a élu Hitler en 33."

 

"Si les hommes font moins de conneries en février, c'est parce qu'ils n'ont que 28 jours."

 

"De nombreuses personnes s'imaginent que, pour voir apparaître la Sainte Vierge, il suffit de ramasser du bois mort dans les Pyrénées-Orientales en enjambant des ruisseaux. C'est faux."

 

"Peu importe de passer pour une petit branleur. L'important, dans le vie, c'est d'arriver à la force du poignet."

 

"Sans pile, on perd la face."

 

"Il ne suffit pas d'être heureux. Encore faut-il que les autres soient malheureux."

 

"Je me suis fait auprès de ma femme une solide réputation de monogame."

 

Contre une "certaine presse" (pourquoi, il y a aurait plusieurs ?) :

 

"Des épistoliers vautours s'abattent flanqués de noirs chacals tapis derrière leur zoom fouille-merde. Ils viennent traquer les sanglots, les douleurs intimes, étaler les souffrances des uns, les intestins sanglants des autres, et putasser la mort pour vendre du papier."

 

"Je suis le contraire d'un artiste engagé.

Je suis un artiste dégagé."

 

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A méditer …

En acoustique : plus la longueur du tuyau est courte, plus la fréquence est lente et plus le son est bas.

En anthropologie : le plus la profondeur de la culture est courte, plus la réaction est lente et plus le niveau est bas.

 

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Avis aux jeunes qui étudient :

 

"Le seul débouché valable de tes études, c'est le métier et la virtuosité que tu en feras. Oublie le marché de l'emploi !"

 

Avis aux jeunes qui n'étudient pas :

 

"Suicide-toi tout de suite. Ça t'évitera beaucoup de souffrances et la nostalgie d'assistanats qui ne viendront plus jamais."

 

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Solidarité ?

Oui, avec tout ce qui vit dans la Nature "sauvage" … sans restriction.

Oui, avec ma famille, les frères, mes amis, mon village, mon terroir …

Au-delà, non : le reste de l'humanité dénaturée m'indiffère totalement (voire me dégoûte) puisqu'il pollue, pille et saccage "mon" monde.

Débarrassez-moi du lointain afin que je puisse choyer mon prochain.

Moi, misanthrope ? Oui ! car les 80% de l'humanité sont constitués d'animaux dénaturés, cupides, cruels, pilleurs et saccageurs qui sont des bêtes malfaisantes.

Yves Paccalet titrait judicieusement un de ces livres ainsi : "L'humanité disparaîtra, bon débarras !".

 

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Il existe cinq raisons pour lesquelles j'abandonne la lecture d'un livre :

 

  1. Il ne m'apprend rien et ne fait que reformuler des idées que j'ai déjà ou des savoirs que je possède déjà.
  2. Il est mal écrit (des phrases qui n'en finissent pas, des néologismes abscons, des jargonneries pédantesques) ou mal traduit (comme beaucoup de traductions de textes hébreux ou de philosophes allemands - le comble absolu : Hegel par Bernard Bourgeois …) et frise l'incompréhensible (quand il n'y sombre pas).
  3. Il  n'est qu'une logorrhée, un verbiage,  un snobisme verbal sans rien derrière, une profusion logomachique.
  4. Il dilue en cinq cents pages une idée, peut-être intéressante, qui demande cinq ou dix pages pour être totalement comprise (c'est typique des bouquins américains qui se croient obligés d'étayer par deux cent soi-disant exemples vécus, une évidence que tout le monde connaît).
  5. Lorsqu'il aborde un domaine sans intérêt pour moi (la psychologie, l'art ou le new-age, par exemple) sous l'attrait d'un titre ou d'un quatrième de couverture racoleurs et fallacieux.

 

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De Georges Brassens :

 

"Quand ils sont tout neufs

Qu'ils sortent de l'œuf

Du cocon

Tous les jeunes blancs-becs

Prennent les vieux mecs

Pour des cons

Quand ils sont d'venus

Des têtes chenues

Des grisons

Tous les vieux fourneaux

Prennent les jeunots

Pour des cons

Moi, qui balance entre deux âges

J'leur adresse à tous un message

Le temps ne fait rien à l'affaire

Quand on est con, on est con

Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père

Quand on est con, on est con."

 

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Le problème majeur, aujourd'hui, n'est pas de changer d'idéologie horizontale et de révolutionner le rapport entre les hommes. Le problème fond, aujourd'hui, est de retrouver une verticalité et de justifier l'humanité, son éthique, ses idéologies et ses valeurs, par rapport à ce qui dépasse radicalement l'humanité : la Vie et l'Esprit. Tous les débats sur le "comment" des humains sont oiseux, stériles et passablement ridicules tant que l'on n'a pas répondu à la question du "pour quoi" des humains !

On pérore sans limite sur l'opposition entre élitisme et égalitarisme, entre libéralisme et étatisme, entre convivialisme et individualisme, entre économisme et socialo-gauchisme. Tous ces débats sont futiles et agaçants tant que l'on n'aura pas répondu à la seule question qui vaille : au service de quoi l'homme est-il ? Car s'il n'est au service que de lui-même, il est une impasse sans le moindre intérêt.

 

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Vraiment, je crois que les mécanismes de régulation de la Nature sont multiples et incluent la compétition et la lutte pour la vie autant que le mutualisme, le commensalisme et la symbiose. La Vie et la Nature n'ont que faire des morales et des idéaux humains. Pourquoi toujours vouloir idéologiser les choses ? La Nature n'a qu'une seule intention : s'accomplir en plénitude. Et s'il faut, pour cela, exterminer un espèce (l'espèce humaine, par exemple), elle n'y voit aucun inconvénient. L'émergence et l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit lui importe infiniment plus que les prurits idéologiques des crétins humains.

 

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Les angélistes confondent, malheureusement, coopération et association, avec altruisme et solidarité.

 

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Il est vrai que la compétition et la concurrence ne sont que les derniers stratagèmes utilisés lorsque les processus de régulation moins épuisants (la synergie et ses dérivés) ont échoués. Mais ces mécanismes d'agressivité et de violence n'en existent pas moins pour autant.

La Nature n'a pas de morale. Elle fera tout ce qui est utile à son accomplissement, que cela soit, ou non, conforme aux aspirations moralisatrices des humains (qui, soit dit en passant, au vu de leur histoire, ne sont guère bien placé pour faire des leçons de morale à la Nature).

 

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Il est trop tard pour l'entraide. Les humains sont cinq milliards et demi de trop sur cette petite planète. Il faut que cinq milliards et demi (huit milliards en 2050) disparaissent. Le seul vrai problème, avant de parler d'entraide, d'altruisme ou autre, est là : la démographie.

Je sais : il est politiquement incorrect d'affirmer ce genre de choses. Pourtant, c'est le seul qui tienne : il y a beaucoup trop d'humains sur Terre. Tout le reste s'en suit, logiquement. Et la moraline gnangnan n'y sert à rien d'autre qu'à hypnotiser et endormir les consciences : la Terre et ses stocks (de plus en plus vidé) et sa capacité de régénérescence (de plus en plus affaiblie) ne peuvent porter durablement que moins de deux milliards d'humains (la population mondiale en 1926). Point-barre. Tout le reste, c'est du bavardage de café du commerce.

 

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La loi de la Vie, c'est l'association positive (la synergie), la coopération, le mutualisme, le commensalisme et la symbiose … mais jamais l'altruisme, la générosité, la bonté, l'angélisme, la gratuité, la gentillesse, l'égalité ou la solidarité (qui ne sont que des valeurs morales strictement humaines et occidentales).

Le seul problème est l'accomplissement, solitaire ou collectif, ce qui n'est pas avec, est contre ; et ce qui est contre, est combattu.

 

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Deux de mes éditeurs, spécialisés en spiritualité et philosophie, coup sur coup, viennent de me faire savoir que leur ligne éditoriale avait opté pour le pratico-pratique à bas prix de moins de 150 pages, destiné à un public peu instruit et peu critique …

Comment devenir Maître-Maçon en trois séances de vingt minutes tout en faisant son jogging ?

Comment acquérir la connaissance absolue en cinq minutes par jour pendant un mois (ou moins … week-ends exclus) ?

Comment découvrir Nietzsche au travers de vingt anecdotes sur la coupe de sa moustache ?

On fait, au mieux, de la socio-psychologie de comptoir, au pire, du charlatanisme pour primaires déboussolés. Bref : de la merde populacière.

Il n'y a là ni colère, ni amertume.

Je vois seulement que les éditeurs plutôt que de viser haut (avec des livres chers et de haute qualité, mais à petits tirages) rêvent encore de gros tirages "populaires" (comme les romans de gare - on confondrait alors, ce qui est un comble, Marc Halévy avec Marc Lévy … pour qui j'ai le plus profond respect car il est un vrai et bon professionnel de son type de littérature).

Les éditeurs sont confrontés à la concurrence déloyale des sites de la Toile et des publications gratuites qui y sont proposées. Pourquoi acheter un livre, alors que tant de gratuités s'offrent sur la Toile ? Parce que les éditeurs ne font plus leur métier qui n'est pas de faire des "success story" et des "best sellers" (ce n'est pas un hasard si ces expressions consacrées sont anglo-saxonnes), mais de garantir - comme les grandes marques - de la vraie qualité.

Tout cela est très dommage.  La lecture et l'intelligence se meurent (les best-sellers du moment sont les immondes vides signés François Hollande ou Ségolène Royal ou, pire encore, Michèle Obama - tous de gauche …).

La grande majorité se vautre dans l'inculture, l'ignorance et la barbarie. On ne lit plus ce qui fait plus de dix lignes ; on préfère des vidéos courtes (TedX maximum 17 minutes) … L'école et l'université sont devenues des rings idéologiques plutôt que des temples du savoir. Nous sommes en pleine dégénérescence. Le culte de l'étude et la culture helléno-judéo-chrétienne vont disparaître, engloutis par des tsunamis gorgés de salafisme ignare, de rap débile et ultra-violent, de street-art à vomir, de pornographisme, de séries Netflix affligeantes, de mangas navrants, de pop-music à deux accords au mieux, …

 

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En France, la République en Marche, aujourd'hui, est le seul rempart qui puisse nous éviter le populisme et l'euroscepticisme.

Si les populistes (l'ochlocratie) triomphent et si l'Europe s'effondre, il ne restera bientôt plus rien de la culture helléno-judéo-chrétienne.

Ce qui ne serait pas grave s'il venait une autre culture plus riche, plus vivace, plus féconde à la place. Mais rien de tel ne se profile à l'horizon.

 

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Le 13/01/2019

 

Le plus grand des risques financiers, aujourd'hui, est l'insolvabilité (celui des Etats, des entreprises et des ménages). Donc le risque à ne pas prendre est de financer la dette des autres (quel que soit cet "autre") par des prêts quelconques du genre bons du trésor (Etat) ou obligations (entreprises), et, plus généralement, par des placements boursiers (le plupart des fonds et produits dérivés financent ou manipulent de la dette).

Le mot d'ordre le plus général, aujourd'hui, est : désendettement ! L'argent n'est plus un produit que l'on peut acheter et vendre. Les monnaies sont toutes devenues des monnaies de singe, dollar américain en tête (surévalué d'au moins 20%).

Si l'on veut vraiment spéculer, il faut le faire hors Bourse et prendre des parts directes dans des petites entreprises construites sur de l'intelligence et de la virtuosité (et non sur une logique de masse et de prix bas).

Il faut comprendre que le temps n'est plus au capitalisme spéculatif, mais au capitalisme entrepreneurial.

 

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Les géopoliticiens ont l'art de compliquer les choses simples. Ils parlent d'unilatéralisme et de multilatéralisme , et affirme que notre époque voit le passage du second (symbolisé par le FMI et l'OMC) vers le premier.

De quoi parlent-t-ils ? D'économie politique globale.

L'unilatéralisme pense que l'économie mondiale serait un jeu à somme nulle : ce que les uns gagnent, est perdu par les autres. Le système serait purement mécanique. Ce que l'un possède, l'autre ne le possède pas (ce qui est radicalement faux dès lors que l'on parle de la ressource centrale de l'avenir : la ressource immatérielle). Tout serait linéaire et additif. C'est la doctrine du chacun chez soi et du chacun pour soi, défendue, par exemple, par Trump.

Le multilatéralisme pense que l'économie mondiale est un jeu à somme non nulle (l'unilatéralisme en étant, donc, un cas limite particulier), qui peut être aussi bien positive (tout le monde gagne) que négative (tout le monde perd).

Bref, l'unilatéralisme est une vision mécaniste et additive alors que le multilatéralisme est une vision organiciste et systémique.

 

Ainsi posé, le problème devient simple : l'unilatéralisme est un cas limite mécanique niant la complexité réelle du monde socioéconomique ; il n'aura donc que très rarement raison, mais il est commode et pratique pour toutes les doctrines politiques et idéologiques simplistes.

 

Comme déjà maintes fois exposé ici, notre monde actuel est un archipel de huit continents (quatre moteurs, deux hinterlands et deux paumés). Non seulement il est infiniment complexe (complexité amplifiée notamment par les évolutions éthologiques, écologiques et technologiques) et en crise majeure (pénuries, dérèglement climatique, démographie délirante, pollutions, perte globale de sens et de valeurs, …), mais ceux qui ont peur (Angloland, Euroland et Indoland) s'offrent, en victime, à ceux qui n'ont rien à perdre (Sinoland et Russoland du côté de la pression économique ; Latinoland, Islamiland et Afroland du côté de la pression migratoire).

 

Depuis 1945, l'Angloland s'est enfermé dans un rôle hégémonique que les autres (l'Euroland, surtout) lui ont offert sur un plateau d'argent ; il organise, depuis que ce rôle lui est contesté et refusé, un repli sur soi dans une posture d'unilatéralisme mercantiliste et protectionniste (cette posture n'est pas nouvelle ; elle est simplement devenue évidente avec Trump qui ne s'en cache plus, contrairement à ces hypocrites inefficaces que furent Clinton et Obama).

 

Ce n'est pas une raison pour que les autres moteurs (Euroland, Sinoland et Indoland) suivent son exemple. Tout au contraire, ceux-là devraient développer, entre eux, un multilatéralisme visant :

 

  • à éradiquer la peur de l'avenir (mais en restant très conscient des risques énormes et réels d'effondrement écologique), ainsi que l'esprit de prédation (chinoise) et de cupidité (spéculative),
  • à faire, de l'économie mondiale, un jeu à somme positive (tant pour l'homme que pour la Nature, c'est-à-dire pour la Vie et l'Esprit),
  • à contrer sévèrement les tensions démographiques et migratoires venant, surtout, de l'Afroland et de l'Islamiland (laissons l'Angloland se dépêtrer de la pression migratoire du Latinoland).

 

Pour le dire d'un mot simple (et maintes fois répété depuis vingt ans) : l'avenir de l'Europe est seulement en Europe, mais en partenariat avec la Chine et la Russie, contre les Etats-Unis, en barrant la route aux migrations venant d'Afrique et d'Islamie.

 

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Pour en finir avec l'idéologie décolonialiste … il faut affirmer quatre incontestables vérités :

 

  1. Il n'y a aucune corrélation entre colonisation et esclavagisme ; tout au contraire, l'esclavage a été abrogé en Europe au début du 19ème siècle, donc  avant la vague du colonialisme de la seconde moitié du même siècle ; la colonisation de l'Afrique et de l'Islamie a freiné puis brisé la machinerie esclavagiste arabe. Les clients de l'esclavagisme arabe ont été, principalement, les Espagnols, Portugais et Américains, entre 1492 et 1800, en quête de force de travail pour les Amériques (qui n'étaient pas des colonies, mais des territoires quasi vierges … aux amérindiens près qui y ont été infâmement exterminés)
  2. La colonisation de l'Afrique et de l'Islamie par l'Europe a été, économiquement parlant, une très mauvaise affaire qui a coûté, à l'Europe, bien plus qu'elle ne lui a rapporté.
  3. La décolonisation européenne de l'Afrique et de l'Islamie a permis une nouvelle colonisation de l'Islamie par le salafisme et de l'Afrique par les entreprises chinoises et indiennes.
  4. Depuis la décolonisation, soit depuis plus d'un demi siècle, les anciennes colonies, tant en Afrique qu'en Islamie, sont le terrain, le plus souvent, d'une paupérisation économique continue (malgré les "aides" financières colossales dont elles ont profité) et d'une tyrannie politique primaire (on voit s'y succéder des petits tyranneaux cupides et prédateurs).

 

Mon propos ne reflète aucune nostalgie coloniale que je ne connais pas, mais tente seulement de remettre les pendules de l'histoire à l'heure de la vérité.

Mon propos est que la colonisation de l'Afrique et de l'Islamie a été une très mauvaise affaire pour l'Europe et n'aurait jamais dû être entamée, ce qui aurait eu au moins une conséquence positive : il n'y aurait jamais eu cette explosion démographique qui, aujourd'hui, mène l'aventure humaine à l'effondrement.

 

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Il est assez flagrant et navrant de constater que les macro-économistes (ou les géopolitologues) ne connaissent rien et ne comprennent rien à la microéconomie (le fonctionnement et le gestion des entreprises dans l'économie réelle). Ils semblent oublier que la macroéconomie n'est que la résultante des activités microéconomiques. Ils théorisent des tendances statistiques (qu'ils appellent pompeusement des "lois" économiques) en ne voyant pas qu'elles ne sont que statistiques c'est-à-dire des résultats empiriques et non des causes explicatives. Et ils sont alors tout étonnés de voir que leurs "prédictions" (qui ne sont que des projections conjecturales assaisonnées d'idéologie plus ou moins assumée) sont quasi toujours déniées par la réalité.

Henri van der Eycken, mon professeur et patron en économie politique, disait souvent : "Les économistes se trompent toujours, mais ils savent expliquer, près coup, pourquoi ils se sont trompés". Maigre consolation …

 

Ce constat venu de la macroéconomie, peut se généraliser à toutes les pseudo "sciences humaines" qui ne sont jamais des sciences, mais seulement des supputations conjecturales et statistiques (souvent imprégnées d'idéologie), comme la sociologie, la psychologie, la médecine, l'éthologie, la politologie, la pharmacologie, la polémologie, etc …

Ces domaines de l'intellectualité ne sont pas des domaines de connaissance au sens strict et rigoureux de ce terme ; on y joue surtout aux apprentis-sorciers.

 

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Le progressisme est une fuite en avant.

Le conservatisme est une fuite en arrière.

Ces deux idéologies doivent être rejetées et combattues. Elles ont fait assez de torts et de morts.

La seule posture raisonnable est le constructivisme anidéologique, ancré dans le présent, assumant le Réel tel qu'il est et va, animé par une téléologie forte qui met l'activité humaine au service de ce qui la dépasse : la Vie et l'Esprit (toujours la même rengaine … mais je l'assumerai pleinement jusqu'à ma mort).

 

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Il faut impérativement et d'urgence dénoncer ce que mon collègue, l'économiste Henri Regnault (auteur de la série de publications intitulées "La Crise"), appelle les lobbies idéologiques (souvent en collusion avec des lobbies financiers ou économiques) : les partis politiques, les syndicats, les "think-tanks", les "associations" humanitaires ou écologistes (pro-bio, anti-nucléaire, …), les "organisations non gouvernementales", etc …

Aucun de ces machins n'a la moindre légitimité, ni la moindre crédibilité : ils ne font que véhiculer des slogans et qu'en polluer les espaces mentaux et intellectuels, avec la complicité des médias ou de la Toile.

Ces pollutions idéologiques sont l'antithèse de l'information sérieuse et fiable, quel qu'en soit le sujet. Chaque domaine a ses spécialistes et ce sont eux, et eux seuls, qu'il faut écouter et entendre. Et non les fabricants de phantasmes qui en tirent renommée ou fortune.

Malheureusement, ces pollueurs de l'esprit ne sont pas sans influence, surtout avec des slogans simplistes vers les esprits simplets (et il en a une grande majorité).

 

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Du biologiste et évolutionniste Stephen Jay Gould (1941-2002) :

 

"Kropotkine était un homme génial, presqu'un saint selon certains, qui se prononçait en faveur d'un projet de société selon lequel de petites communautés se fixeraient, par consensus, leurs propres règles au bénéfice de tous, éliminant ainsi le besoin de recourir, dans la plupart des cas, à un gouvernement central."

 

C'est ce que, inspiré par Pierre-Joseph Proudhon, j'ai appelé le "communalisme" qui fait de l'humanité de vastes réseaux intriqués de communautés de vie autonomes.

Les kibboutzim et moshavim israéliens étaient des communautés de ce type.

Par parenthèses : Kropotkine (1842-1921) - comme Proudhon (1809-1865) - était à peu près contemporain de Marx (1818-1883) ; tous deux s'opposaient bien sûr radicalement à lui et à ses tissus de crétineries.

 

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Hobbes disait de Descartes :

 

"S'il s'en était tenu à la géométrie, il aurait été le meilleur géomètre au monde … sa tête n'est pas faite pour la philosophie."

 

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On se saurait trop le répéter : la culture vient de la nature, la psychologie vient de la physiologie (ce qui annihile radicalement la pseudo "théorie du genre").

Ces termes, non seulement, ne s'opposent pas, mais les seconds émanent des premiers et les prolongent ; ils en conservent et en continuent, à la fois, le projet et les règles.

Cela aura été une des terribles erreur de la modernité que de (vouloir) croire l'esprit et la culture indépendants du corps et de la nature.

 

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Ma réponse à un ami qui me demande, à propos de Houellebecq, de me rebeller avec lui contre ce qu'il appelle "le climat de complaisance dans lequel se déroule actuellement le lancement de son dernier ouvrage, Sérotonine".

 

"Je vous dois une confidence me concernant.

Pour moi, outre la presse écrite dont 99% sont pourris et illisibles (seuls les éditoriaux du Point trouvent parfois grâce à mes yeux), le monde de l'écrit possède trois continents très disproportionnés :  il y a le tout petit continent des essais auquel mes ouvrages appartiennent (peu de tirage, lectorat restreint et élitaire d'intellectuels) ; il y a le minuscule îlot de la poésie mystique ; et il y a l'immense continent du "reste" dont je me fiche éperdument, qui ne me concerne pas, qui ne m'intéresse pas (je ne lis jamais de romans comme je ne vais jamais au cinéma ni aux spectacles, comme je ne regarde jamais la télévision - Je hais les racontars et les récits tant imaginaires que véridiques).

Je n'ai donc aucun avis sur Houellebecq que je trouve seulement physiquement laid et dépravé, avec des allures à la Louis-Ferdinand Céline dont je vomis - comme il se doit - l'antisémitisme.

Houellebecq est une machine marketing très bien rôdée : ça fait vendre (tant mieux pour son éditeur Flammarion qui, grâce à ses bénéfices, pourra éditer des livres intelligents qui, eux, ne rapporteront rien). Quant à moi, et pardon de heurter votre croisade, je me fiche comme d'une guigne de ce littérateur pornographe. Je vous avoue que les ventes de Houellebecq me font moins mal au ventre que celles des "mémoires" d'un François Hollande ou d'une Ségolène Royal ou, pire encore, d'une Michèle Obama, livres qui, malheureusement, se vendent très bien."

 

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La "chose politique" souffre aujourd'hui de trois grands malaises.

Le premier est qu'elle est devenue un champ de carriérisme professionnel où on entre en politique non plus comme on entrait dans les ordres, par vocation sacerdotale, mais plutôt comme on entre dans une grosse entreprise multinationale pour y gravir les échelons et y gagner gloire et fortune.

Le second est qu'elle s'appuie encore et toujours sur des modèles et doctrines idéologiques qui datent des soi-disant "Lumières" et qui sont totalement et irréversiblement obsolètes.

Le dernier est qu'elle requiert un système démocratique basé sur le suffrage universel et l'égalité des citoyens, qui, très naturellement et inéluctablement, a sombré dans la démagogie électoraliste et clientéliste.

Donc, en synthèse, tant les hommes que les discours et les systèmes n'ont plus aucune crédibilité.

 

Cela se traduit, confusément, idiotement, parfois violemment, par un mécontentement vague et indéfinissable de la grande masse des gens qui est, de plus en plus, dépourvue de culture et d'intelligence, et qui rêve d'un autre système, d'autres discours et d'hommes providentiels à la fois bon tyran et saint patron.

Tout ce micmac flou et inconsistant a été appelé "populisme". Soit !

C'est en tous cas ce qui se passe aujourd'hui, avec des variantes, dans les Amériques et en Europe, sur fond de décroissance matérielle, de pénurie de ressources, de dérèglement climatique, d'effondrement écologique, d'invasion technologique, d'implosion financiaro-boursière et de menaces migratoires.

 

Tous ces gens peu cultivés (les gens "d'en bas") cultivent nostalgie et ressentiment, et rendent les "élites" responsables de leur mal-être et de l'état du monde (alors qu'ils en sont eux-mêmes les seuls responsables, esclaves d'un confort bourgeois, d'une addiction consommatoire, d'un refus de l'effort et d'une obsession du divertissement).

 

Je ne suis même pas sûr que le problème soit de donner sens et valeur à un monde qui n'en a plus depuis que le nihilisme a envahi les âmes, les têtes et les cœurs ; ça, c'est une question aristocratique qui ne les touche même pas.

 

Le vrai problème que j'entrevois et qui m'inquiète, c'est que cette ambiance délétère arrive juste avant les élections européennes et risque d'affaiblir encore cette Europe dont l'union fédérale forte et la souveraineté réelle sont indispensables pour la guerre des continents qui se prépare, qui est déjà là.

 

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La Nature est le livre des œuvres de Dieu.

 

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Dans toute communauté humaine où la loi des grands nombres peut jouer (il suffit d'une centaine d'individus, même moins), quoique l'on fasse, quoiqu'il se passe, quels que soient les défis, les projets ou les enjeux, il y aura toujours cette fatalité statistique : 15% de lucides, 60% d'indifférents et 25% d'abrutis.

C'est ainsi. C'est frustrant, mais c'est ainsi.

Le problème, aujourd'hui, en France, c'est qu'on entend plus que les abrutis, qu'on ne parle plus que des abrutis !

Cela n'a, en soi, pas d'importance … sauf que les 60% d'indifférents, plutôt que de suivre les 15% qui voient clair et vont dans le bon sens, sont enclins à écouter ce qui fait le plus de bruit … et, pour deux-tiers d'entre eux (toujours la statistique d'airain), de suivre les abrutis ce qui porte la force dégénérative à 65%. Et là, la situation devient tragique.

 

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Le 14/01/2019

 

De Pierre Rabhi :

 

"Nous savons tous que l’entreprise est le pilier principal

sur lequel repose l’organisation du vivre ensemble."

 

Oui, bien sûr ! L'aventure entrepreneuriale est la seule qui puisse donner sens et valeur à l'activité humaine.

Une vraie entreprise -je ne parle pas des dinosaures bureaucratiques, tant privés que publics - est une authentique communauté de vie, où l'argent est un moyen et non un but (même s'il faut en produire pour assurer la continuité et nourrir le développement de l'aventure).

De façon globale, le politique fournit un territoire de qualité (paix, infrastructures) et le noétique fournit les modèles de qualité (connaissances, méthodes, normes), mais c'est l'économique qui est le cœur de la vie et de l'activité humaines, pour produire des utilités de qualité.

Et le fonctionnement de l'entreprise économique devrait être le modèle et l'exemple pour toutes les autres communautés de vie, qu'elles soient familiales ou associatives : suprématie du projet téléologique, ancrage généalogique, frugalité écologique, rigueur axiologique et efficience métabolique.

 

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La structure budgétaire d'une famille moyenne est faite de trois parties (source INSEE) : un sixième pour l'alimentation, un tiers pour le logement et la moitié pour le bien-être, les loisirs et le transport (et quasi rien pour l'éducation).

Voilà qui donne à penser !.

 

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Le 15/01/2019

 

De Denis Monneuse :

 

"Les gens dépensent beaucoup d’énergie à cacher qu’ils ne font rien."

 

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Le second verset du livre de la Genèse ne lasse pas d'engendrer de la perplexité métaphysique :

 

"Wé-ha-Erètz Haytah Tohou wa-Bohou (…)"

"Et la Terre (le territoire, l'espace) devint vide et confuse (…)."

 

A peine engendrée ("Dans un commencement, Il engendra des dieux avec le Ciel et avec la Terre"), le monde devient vacuité et confusion. Peut-être en sommes-nous toujours là. Peut-être la Lumière du premier jour, la Lumière invisible, la Lumière spirituelle n'a-t-elle toujours pas été engendrée. Peut-être sommes-nous toujours dans ce monde consistant en "une ténèbre sur les faces de l'abîme et un souffle de dieux palpitations sur les faces de l'eau". Peut-être sommes-nous toujours enfermés dans ce quaternaire originel et primordial …

 

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La grille de lecture de l'analyse transactionnelle est particulièrement pertinente pour la compréhension du cirque "gilets jeunes" en France.

Les "gilets jaunes" (comme toujours en ce qui concerne les "gens d'en bas", la populace, les foules, …) se cantonnent dans une posture typiquement "enfants rebelles" et attendent une posture symétrique de "parent" (nourricier - au travers d'assistanats divers - ou autoritaire - au travers de ripostes policières et juridiques). Emmanuel Macron, comme la plupart des gens évolués et civilisés, adopte une posture "adulte" (factuelle, non émotive, rationnelle, …) notamment avec son "grand débat" et sa "lettre au Français" (à moins que cette tactique ne vise qu'à faire basculer les pitres jaunâtres de la posture "enfant rebelle" vers celle "enfant créatif" ... mais en sont-ils capables ? J'en doute). La transaction "adulte-adulte" et "enfant-parent" est toujours croisée et a donc mené au conflit.

On remarquera, dans la même veine, que les pays européens (Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Luxembourg, Suède, …) ayant conservé une monarchie (c'est-à-dire un système "parent nourricier" institutionnalisé), ont beaucoup moins d'urticaires "populaires". De même, dans les pays ayant développé un comportement "adulte" (Allemagne, Portugal, Suisse, …) du fait de leur histoire.

 

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La Tradition est l'antithèse absolue de la Révolution.

Elle n'en est pas pour autant, que du contraire, porteuse d'avenir.

 

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Thérapie homosexuelle : guérir le mâle par le mâle.

 

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Une petite aumône transforme un mendiant en miséreux.

Une grosse aumône transforme un mendiant en envieux.

 

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Le 16/01/2019

 

De Paul Valéry :

 

" Patience, patience,

Patience dans l’azur !

Chaque atome de silence

Est la chance d’un fruit mûr !"

 

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Je ne résiste pas au plaisir de reproduire ceci …

Pierre-Antoine Delhommais imagine la lettre que Macron aurait dû envoyer aux Français. 

Mes chers compatriotes,

Ma cote de popularité, au plus bas selon les sondages unanimes, comme le large soutien que vous apportez depuis le départ, malgré ses violences, au mouvement dit des « gilets jaunes », indiquent aujourd'hui assez clairement que non seulement ma politique, mais aussi ma personne, font l'objet d'un rejet que l'on peut qualifier, sans exagération je crois, de franc et massif. Alors le moment est venu pour moi de vous dire, en ce début d'année 2019, que la réciproque est également vraie. Si dix-huit mois ont été nécessaires pour qu'éclate votre haine à mon égard, il m'a fallu nettement moins de temps pour ne plus pouvoir vous supporter.

Pour ne plus supporter vos jérémiades incessantes et vos plaintes continuelles, votre capacité inégalée dans le monde - les autres chefs d'Etat rencontrés lors des G20 me l'ont confirmé - à vous lamenter en permanence sur votre sort. A vouloir, aussi, tout et son contraire : à réclamer moins d'impôts mais plus de dépenses sociales, à militer pour le made in France mais à acheter toujours plus de produits importés, à hurler parce que l'Etat n'en fait pas assez dans la lutte contre le réchauffement climatique mais à vous révolter contre la hausse de la taxe carbone sur les carburants.

Déni. Vous m'aviez trouvé blessant quand j'avais évoqué un peuple de "Gaulois réfractaires". Je le reconnais volontiers, le mot était mal choisi. Ce n'est pas réfractaires que vous êtes, c'est ingouvernables. Par ignorance, bêtise ou aveuglement, probablement un peu les trois, vous continuez de vivre dans un complet déni de la réalité économique qui est celle de la France, celle d'un pays qui vit depuis des décennies au-dessus de ses moyens, endetté jusqu'aux oreilles, où l'on travaille moins qu'ailleurs, où l'on crée moins de richesse et de croissance qu'ailleurs. Ce qui ne vous empêche pas d'exiger le même niveau de vie et les mêmes hausses de pouvoir d'achat que celles qu'obtiennent, grâce à leurs performances économiques collectives, les Allemands, les Suédois ou encore les Américains. Vous êtes convaincus, et je suis d'accord avec vous au moins sur ce point, que la France va mal, et pourtant vous voulez que surtout rien ne change, vous vous opposez par principe aux réformes qui ont réussi chez nos voisins. Vous avez même l'arrogance de prétendre imposer notre modèle de société au reste du monde qui nous regarde pourtant, de façon assez objective, comme un pays à l'agonie. Vous vous donnez des grands airs révolutionnaires pour mieux cacher votre ultra-conservatisme.

Cagnottes. Je dois dire que l'indifférence que vous manifestez à l'égard de la situation de nos finances publiques m'a régulièrement mis dans des colères noires, m'a fait pousser des "nom de nom" et même des "sacrebleu" tonitruants qui ont résonné dans tout le palais de l'Elysée. Je tiens tout de même à vous rappeler, mes chers compatriotes, vous qui aimez tant les cagnottes, qu'il faudrait en lancer une où chacun d'entre vous verserait 35 000 euros pour éponger notre dette publique. Votre obsession de justice fiscale s'arrête visiblement au fait de léguer aux générations futures le soin de la rembourser avec leurs impôts.

Je ne supporte plus enfin votre détestation factice de l'argent - en premier lieu celui des personnes qui en gagnent plus que vous -, votre haine envieuse des riches et des « élites » - sauf quand il s'agit des joueurs de l'équipe de France de football -, votre jalousie maladive que vous maquillez en amour de l'égalité. Je ne supporte plus ces contempteurs en chef du "système" qui ont passé leur existence, comme sénateur ou héritière, à en vivre grassement. Ni ces pseudo-intellectuels déclinistes faussement préoccupés, eux qui n'en connaissent pas, par les problèmes de fins de mois d'un peuple dont ils méprisent par ailleurs les aspirations "bassement" matérialistes. Au premier rang desquels ce philosophe pour midinettes qui fait l'éloge de la sagesse romaine mais écrit, sans que cela offusque grand monde, des textes à mon encontre d'une vulgarité homophobe à vomir.

Gloubi-boulga. Inutile de vous préciser que je n'attendais strictement rien de l'organisation de ce grand débat national qui n'avait d'autre objectif, je peux maintenant vous l'avouer, que de satisfaire votre goût immodéré pour les palabres et votre propension pathologique à la procrastination. Il ne pouvait guère en résulter qu'un gloubi-boulga informe de propositions plus irréalistes et stupides les unes que les autres, probablement aussi quelques poudres de perlimpinpin dont vous possédez le secret de fabrication. Permettez-moi, mes chers compatriotes, de douter fortement de votre expertise et de votre sagesse en matière économique, vous qui avez constamment élu et même parfois réélu sans discontinuer depuis quarante ans, sur la foi de promesses électorales à dormir debout, des dirigeants parfaitement incompétents ayant conduit le pays au bord de la faillite.

Pour votre plus grand soulagement qui n'égale toutefois pas le mien, j'ai donc décidé de démissionner de la présidence de la République, annonce qui sera très certainement fêtée jusqu'au bout de la nuit, sur tous les ronds-points du pays, par des chenilles enflammées, dansées en chantant des "Macron Ciao" vous procurant des petits frissons de nostalgie révolutionnaire. Profitez-en bien. Je crains en effet que la mise en œuvre des résultats de vos référendums d'initiative citoyenne ne conduise très rapidement la France à se retrouver sous la tutelle du FMI, dont les "programmes d'ajustement structurel" vous feront paraître, en comparaison, comme incroyablement douce et protectrice la politique de réformes économiques que je menais. Alors, chers gilets jaunes et chers compatriotes, je vous souhaite bon vent et surtout, saperlipopette, bon courage.

 

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La peste soit des humains :

  • La peste soit des psychologues et autres psychosociologues (ou de leurs ersatz à bas prix appelés "coaches") qui, depuis les délires de Freud, pérorent sur des conjectures artificielles et puériles, scientifiquement dérisoires, mais avec l'assurance de grands savants redoutés ;
  • La peste soit de ces économistes-gourous qui croient à la croissance comme les abrutis croient au mouvement perpétuel, et qui ne veulent pas voir que toutes les ressources matérielles sont en pénurie et que les technologies déplacent les problèmes sans pouvoir les résoudre ;
  • La peste soit des thuriféraires managériaux de ce cirque professionnel où l'on parle de l'entreprise comme d'un joyeux jeu de société où l'on doit s'amuser, avec bienveillance, avec humanisme, avec des "papouilles" ludiques, des youkaïdi-youkaïda, du bien-être, de l'antistress … dans un monde entrepreneurial où les seuls mots d'ordre devraient être : lucidité, engagement, courage, effort, virtuosité et travail.
  • La peste soit des fainéants, des parasites, des ignares, des incultes, des profiteurs qui exigent toujours plus de ces assistanats que personne ne pourra plus jamais financer ;
  • La peste soit tant des mondialistes que des nationalistes qui ne veulent pas voir que la nouvelle réalité opérationnelle est à la fois continentale (la guerre économique entre les huit continents) et régionale (la totale autonomie socioéconomique des régions culturellement, historiquement et économiquement cohérentes) ;
  • La peste soit des ahuris qui ne voient pas que l'islamisme est le nouveau totalitarisme (comme le communisme en 1917 ou le nazisme en 1933), moins une religion primaire et cruelle, qu'une idéologie guerrière et impérialiste ;
  • La peste soit de ceux qui cultivent les nostalgies et les ressentiments, de ceux qui pleurnichent sur un Etat-Providence et sur un paradigme moderniste définitivement morts, de ceux qui vouent les "élites" aux gémonies, sans se rendre compte que les seuls responsables des misères humaines sont ceux qui les acceptent ;
  • La peste soit de ceux qui parlent encore de "progrès", ce fantasme désavoué radicalement durant les trois derniers siècles de l'histoire et dont les seuls titres de "gloire" s'appellent Verdun, Auschwitz, Hiroshima, Kolyma ou Bhopal.
  • La peste soit de ceux qui osent encore suggérer que les hommes sont égaux : ils ne le sont ni en nature, ni en droit, ni en mérite, ni en vertu, ni en talent ; tout ce qui existe, est unique, différent de tout le reste, pas forcément en bien ;
  • La peste soit des malades mentaux qui, au nom d'un humanisme trompeur, veulent encore faire de l'humain le centre, le but et le sommet du monde ; très majoritairement, l'humain est un animal dénaturé, crétin, borné, obscurantiste, cruel, méchant, destructeur, pilleur et parasite qui ne contribue en rien à l'accomplissement ni de la Vie, ni l'Esprit.

 

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Le "management"  n'est jamais une science ; parfois un art (proche du cirque ou de la roublardise).

Le management est une mythologie.

Dans le monde économique, les seules personnes admirables sont les entrepreneurs qui osent, qui risquent , qui portent, qui construisent.

Tous les autres ne sont que des porte-serviettes ou des parasites.

 

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De Néa :

 

"Négliger l'intériorité c'est devenir esclave des autres, du paraître, du jugement, c'est renoncer à son œuvre propre.

Négliger l'extériorité c'est devenir esclave de ses caprices, de ses envies, de ses pulsions, c'est sombrer dans l'égotisme, dans le narcissisme, dans le nombrilisme."

 

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Le 17/01/2019

 

Un Bon est un Con qui fait un Don.

 

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Le "coaching" est le forme huppée de l'assistanat, la réponse au fait que nous vivons dans un monde où de moins en moins de gens sont capables de se prendre en charge, de s'assumer, de penser par eux-mêmes, de prendre leurs propres décisions, bref : de vivre de façon autonome.

 

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C'est une erreur de croire que les jeunes sont plus aptes que les anciens à comprendre et à assumer leur époque.

 

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Je répète avec force et vigueur ma conviction : l'économie mondiale ne connaîtra plus aucune croissance. La guerre des continents a été déclarée. La finance mondiale va s'effondrer. Le taux de faillite d'entreprises s'accélère partout, et surtout en Europe ( accélération de 17% en 2018). La guerre économique est déclarée et les managers doivent cesser de jouer à colin-maillard.

Ce message est inaudible pour beaucoup ? Tant pis …

 

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Gaspard Koenig est, aujourd'hui, à peu près le seul théoricien français du vrai libéralisme. Il est en somme l'héritier de Raymond Aron. En conséquence, il est haï d'à peu près tous les idéologues, de gauche comme de droite (l'intelligentzia française est, depuis toujours, au moins aussi allergique au libéralisme que le peuple français).

 

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Ma définition du libéralisme est d'une simplicité enfantine : le libéralisme, c'est l'antiétatisme.

 

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On ne saurait jamais trop insister sur la corrélation étroite qui existe entre la joie (de vivre) et l'autonomie (de vie).

 

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Il est impérieux que les managers européens se transforment en officiers para-commandos et cessent de jouer aux animateurs de colonie de vacances.

 

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Nous vivons une époque où la plupart des gens trouvent quasi normaux des procédés totalement révoltants, totalitaires même : ceux de la tyrannie du politiquement correct et de la pensée unique, ceux des gardiens de la bien-pensance et des tribunaux d'exception, ceux des lynchages crapuleux dans les médias ou sur les réseaux sociaux, ceux des ukases de la populace et du bafouage nonchalant des droits et devoirs les plus élémentaires.

Tout cela est à vomir !

 

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De Glen Weyl :

 

"Pour moi, le libéralisme est fondamentalement une opposition à la vision historique d'un pouvoir centralisé et hiérarchique – à l'image de ce qu'est la tradition révolutionnaire jacobine française, par exemple. Malheureusement, lorsque vous dites cela, les gens vous classent tout de suite dans une autre catégorie : celle du partisan de l'individualisme radical, composé d'êtres isolés. C'est exactement l'opposition que nous essayons de dépasser. Nous n'appelons pas à remplacer les pouvoirs centralisés et hiérarchiques par une succession d'individus isolés, mais par de multiples communautés, diverses et décentralisées, qui émergeraient via des outils technologiques de plus en plus perfectionnés. Ma vision est donc celle d'un libéralisme sans individualisme."

 

C'est marrant cette tendance des pseudo-intellectuels américains, issus des usines californiennes à gadgets inutiles, de croire inventer génialement des doctrines … d'il y a près de deux siècles (ici le communalisme de Proudhon et Kropotkine).

 

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S'il est nécessaire de passer par les mathématiques pour faire comprendre une théorie physique, c'est que cette théorie est fausse.

Les mathématiques peuvent, éventuellement, servir à en décliner des conséquences ; jamais à en exprimer les fondements.

 

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Le 18/01/2019

 

Dans sa préface à "Les origines de la France contemporaine", Hippolyte Taine use d'une très belle et profonde métaphore. Il compare l'ensemble des institutions d'une société à une maison où la communauté des humains habite.

Les idéologies en font les plans et les dirigeants politiques et les fonctionnaires la bâtissent dans l'histoire réelle.

Je crains que cette métaphore ne soit fausse, pour la simple et bonne raison que, si "maison" il y a, celle-ci n'est en rien rigide et n'offre rien de stable : tout y est aussi plastique et labile que la population qui y vit.

Je crois plutôt qu'il existe une dialectique de conformation réciproque entre les institutions et les communautés. Ni les unes, ni les autres ne sont au service des autres ou des unes ; c'est là le leurre le plus puissant depuis toujours.  Les institutions ont leur vie et leurs intérêts propres qui leur sont bien plus prioritaires que ceux des communautés. Une institution n'est au service que d'elle-même, même si elle doit, parfois, composer et s'accommoder. De même, les communautés subissent les institutions bien plus qu'elles ne les souhaitent.

On comprend alors combien toutes les idéologies sont à côté de la plaque avec leurs plans précis et détaillés d'une maison qui n'existe pas et qui n'existera jamais.

Le seul vrai problème politique est celui de la nécessité ou non d'institutions. Sur ce thème, il n'y a que deux positions claires : celle du libéralisme qui plaide pour le moins d'institutions possibles, faisant confiance aux communautés autonomes pour s'autoréguler au mieux … et celle de l'étatisme (de gauche ou de droite, conservateur ou progressiste) qui exige d'institutionnaliser un maximum de choses et qui veut régenter ce maximum de choses. Très naturellement, puisque l'on voudrait y construire une "maison" solide et rigide, l'étatisme est l'arène d'une foire d'empoigne entre toutes ces vaines idéologies qui veulent toutes imposer "leur" plan génial. Inversement, le libéralisme, qui n'est pas une idéologie (puisqu'il ne propose aucun plan pour une maison qui n'existe pas) récuse, par nature et essence, toute forme d'idéologie.

Mais les communautés réelles sont-elles capables de prendre leur autonomie et de résoudre les vrais problèmes, dans un monde intriqué et complexe, sans avoir recours à des instances de connaissance et de compétence (qui, du coup, deviendraient des institutions sans trop le dire) ? La réponse est d'évidence négative, si l'on regarde les communautés populaires. Le libéralisme intégral n'est malheureusement viable que dans un monde de communautés instruites, intelligentes et compétentes … mais, en cas contraire, il dériverait vite vers l'ochlocratie, le populisme et l'anarchie bête et méchante.

La conclusion en est terrible : le libéralisme populaire (l'absence d'institutions dans un monde de communautés incompétentes) et l'étatisme démagogique (la puissance d'institutions aux mains de politiciens et fonctionnaires professionnels) sont aussi calamiteux l'un que l'autre, et conduisent l'un à la Terreur et l'autre à la Dictature.

C'est donc le principe démocratique même qu'il faut remettre en cause si l'on veut éliminer, à la fois, la Terreur des incompétents et la Dictature des carriéristes.

 

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L'insoluble et calamiteux problème de la France est d'être, au plus haut point, une nation idéologique.

La première institution française, c'est "le café du commerce".

 

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On taxe encore parfois "l'ancien régime" de féodal. Rien n'est plus faux. La féodalité est morte à la Renaissance. Ce que l'on nomme "ancien régime", c'est l'étatisme monarchique qui, à la fin du 19ème siècle, est devenu l'étatisme républicain et qui, dans la seconde moitié du 20ème siècle, avec le suffrage dit universel, s'est mué en étatisme populaire.

La féodalité, elle, reposait sur un réseau de fiefs autonomes fédérés, surtout, par l'Eglise et parfois, par une royauté symbolique. Mais cette royauté n'était pas monarchique ; elle n'a pu le devenir qu'après l'effondrement de la noblesse dans la tourmente absurde des croisades et la montée en puissance de la bourgeoisie marchande des villes.

 

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L'économique et le politique sont nés ensemble, au 16ème siècle, l'un par l'autre, l'un contre l'autre, l'un pour l'autre.

L'effondrement prochain de l'économique moderne induira, concomitamment, l'effondrement du politique moderne : retour à un fonctionnement de totale proximité géographique et/ou numérique.

 

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Il faut revenir à une population mondiale pouvant être nourrie correctement par une agriculture organique. Or, toutes les publications compilées par la FAO (Food and Agricultural Organisation), agence des Nations-Unies basée à Rome, venant d’agroéconomistes du monde entier, montrent que la limite est de 2 milliards de Terriens. Or nous atteindrons les 8 milliards en 2020 et les 10 milliards en 2050. La question est : comment revenir à 2 milliards (qui était la population mondiale en 1926) ?

 

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Le 19/01/2019

 

A lire ce que les "sociologues" écrivent sur les "gilets jaunes" et leurs simagrées, il est facile de démontrer à souhait que les "sciences sociales" ne sont pas des sciences, mais des conjectures où tout et son contraire peuvent être dit, selon l'humeur ou l'idéologie de l'auteur.

Les classes sociales n'existent pas. Selon le critère observé (richesse, revenu, intelligence, joie de vivre, addiction au téléphone ou à la télévision, achat de produits frais ou de saletés agro-industrielles, niveau d'instruction et/ou d'éducation, QI, ...), partout on trouvera des distributions gaussiennes avec un peu à un bout, un autre peu contraire à l'autre bout et beaucoup au milieu (in medio donc médiocres).

L'autre message de cette littérature, c'est que les crétins sont très nombreux, qu'ils se rendent compte qu'ils sont crétins et ne comprennent rien au monde réel en voie de complexification ; ils comprennent que la locomotive, ce n'est pas eux (ouf!) et que cette locomotive n'a que faire de leurs avis. Et heureusement ! Que deviendrait le réseau SNCF si les options de conduite d'un TGV devait faire l'objet d'un RIC ? Que les crétins regardent les séries américaines à la TV, surtout le samedi, jouent au foot, boivent beaucoup de bière, ... et surtout, bossent beaucoup plus !

 

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Le 20/01/2019

 

Du fait du carriérisme des politiciens et fonctionnaires professionnels qui composent l'élite démagogique, l'étatisme démocratique est devenu invivable (c'est ce que disent les "gilets jaunes").

Du fait de l'imbécillité, de l'ignorance et de l'incompétence des masses populaires (comme des "gilets jaunes"), le libéralisme global est également devenu invivable.

Ce "ni-ni" est critique à notre époque.

Le peuple souverain inféodant les institutions à ses caprices infantiles, est une calamité.

Les institutions étatiques soumettant les communautés réelles à ses décrets arbitraires, en est une autre.

 

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Le constructeur du royaume de France fut Louis XI (15ème siècle). Son glorificateur fut François Ier (16ème siècle). Son sauveur fut Henri IV (17ème siècle). Son destructeur fut Louis XIV (18ème siècle). Et son liquidateur fut Louis-Philippe (19ème siècle).

 

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Au mitan du 18ème siècle, 1% de la population totale de la France concentre 90% des privilèges et 60% (?) des patrimoines : la maison royale, les familles nobles, les communautés ecclésiastiques.

 

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En France, la modernité fut la victoire funeste de l'étatisme (d'abord royal, dès 1461 avec Louis XI, puis républicain, en 1870 avec la 3ème République, puis populaire, depuis 1945 avec De Gaulle) sur le communalisme féodal (de 987 à 1461).

Beaucoup de pays occidentaux ont partagé le même chemin quoique la plupart aient conservé un vestige d'étatisme royal.

L'heure est venue d'abattre tous ces étatismes  !

L'heure est venue de construire un fédéralisme continentaliste.

 

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De Sarah Bernhardt :

 

" Si j'ai de l'accent, Monsieur (et je le regrette beaucoup), mon accent est cosmopolite, et non tudesque. Je suis une fille de la grande race juive, et mon langage un peu rude se ressent de nos pérégrinations forcées."

 

Rosine Bernard (son vrai nom), comme ma mère, Rachel Bernard (devenu Bernaerts ; leur vrai nom originel était Bernal) sont toutes deux issues du même sarment juif sépharade d'Amsterdam (ces Juifs étaient appelés les "portugais").

Sarah était aussi affabulatoire et mythomane - et comédienne et tragédienne, mais avec bien plus de talent scénique -  que ma propre mère, Rachel.

Si j'en crois le buste fait de Sarah Bernhardt, par Jean-Désiré Ringel d'Illzach (1895), Rachel et elle se ressemblent étonnamment.

La devise de Sarah Bernhardt était : "Quand même" en référence à son audace et à son mépris des conventions (apologie du caprice revanchard : "maintenant que je suis célèbre et adulée, vous allez sentir combien je vous emmerde et vous allez payer cher ce que vous m'avez fait subir !").

 

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Les "gilets jaunes", quoique leur violence, leur ignorance, leur bêtise et leur populisme me répugnent profondément, témoignent de ce que je prédis depuis vingt ans : le divorce irréversible entre les institutions de pouvoir issues de la modernité (ce que l'on appelle, à tort, les "élites"), d'une part, et, d'autre part, la société civile et l'économie réelle (bref, pour reprendre mon vocabulaire : entre la courbe rouge et la courbe verte). Parce qu'ils sont incapables d'imaginer le nouveau paradigme en gestation (le courbe verte), des groupes populaires s'enferment dans une forme d'insurrection stérile (contre la courbe rouge) qui prêche le retour à une "pureté" utopique qui n'a jamais existé (la courbe noire, dans mon vocabulaire) : pureté du peuple, du sang, de la race, de la nation, de la classe sociale, de la souveraineté, de la démocratie directe, etc …

Comme toujours, si l'on prend les "gilets jaunes" pour un mouvement révolutionnaire, leur triomphe instaurerait une tyrannie plus terrible et répressive que la tyrannie démagogique qu'ils dénoncent à juste titre ; des répliques de la Terreur de Robespierre - comme les Français, quoiqu'on en dise, les aime … au comptoir du "café du commerce".

Sentimentalisme, mélancolie, cafardisme, hypocondrie et utopisme révolutionnaires de la tradition populaire française. Exaspérant !

 

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Le 21/01/2019

 

Les chiffres de l'OCDE sur les 15-34 ans résument tout le mal français : trois millions de jeunes totalement oisifs, dont 40 % issus de l'immigration.

Face à ces chiffres, deux lectures sont possibles …

Le victimisme gauchisant : la société française ne propose pas de travail au jeunes en général et aux jeunes immigrés en particulier … (procès en conservatisme et en racisme).

Le cynisme droitisant : beaucoup de jeunes français, surtout immigrés, se complaisent à parasiter la société … (procès en laxisme et parasitisme).

Alors qui est responsable et qui est victime : la société ou l'individu ?

 

Derrière ces vrais constats mais faux débats, se cachent deux faits majeurs.

Le fait que la société, cela n'existe pas : elle n'est qu'une abstraction idéologique commode, mais vide de contenu, qui amalgame une mosaïque de communautés divergentes.

Le fait que l'individu autonome, cela n'existe pas : un individu, surtout peu instruit, n'est que le reflet de la communauté qui l'engendre.

 

La difficulté vient du fait que, sociologiquement parlant, la notion de communauté de vie - malgré qu'elle soit la seule pertinente - est floue, avec des niveaux d'appartenance et de conformation très variés (la notion classique de "catégories socioprofessionnelles" est totalement biaisée et artificielle).

Mon ami Michel Maffesoli a remplacé la notion de "communauté de vie" peut-être trop vague, par celle, plus impliquante, de "tribu" ; l'idée de "tribu" renforce, sur le petit nombre, la puissance d'appartenance et de conformation, mais exclut, en fait, un grand nombre de personnes dont les appartenances sont molles et les conformations labiles.

 

L'utopie républicaine (de 1870 à 1945) a voulu imposer l'élimination de toutes les communautés au profit de la seule appartenance nationale et de la seule conformation citoyenne ("je vote, donc je suis").

Très symétriquement, l'utopie socialiste a condamné toutes les communautés différenciantes au nom de la seule égalité ("je me dissous, donc je suis").

La "société liquide" de Zygmunt Bauman semble dissoudre toutes les appartenances et conformations dans l'hyperconsommation généralisée ("je consomme, donc je suis").

Dans la réalité concrète, toutes ces doctrines uniformisantes récusent l'idée de socio-diversité, l'idée de la coexistence (plus ou moins pacifique) de communautés ou "tribus" plus ou moins différenciées … et sont de cuisants échecs tant politiques qu'intellectuels.

 

Ce sont ces concepts centraux d'appartenance et de conformation communautaires (ou tribales) qu'il faut revisiter. Qu'elle en soit consciente ou non, chaque personne est le produit d'une communauté et aura tendance, au moins dans l'enfance, à s'y conformer. L'adolescence, en général, induit des tendances, plus ou moins puissantes, à s'en émanciper surtout si l'appartenance à la communauté est plus "autoritaire" (aliénante) que "nourricière" (sécurisante). Ensuite, les vies étudiante, professionnelle, sociale vont inscrire la personne dans d'autres communautés de vie, plus ou moins attachantes, impliquantes ou tribalisantes. De là, il vient une multi-appartenance qui engendrera plus ou moins de tensions selon le degré de compatibilité des diverses communautés et de leur puissance de conformation.

 

En somme, le débat intérieur de chacun, devrait être une confrontation entre tribalisme (et ses exigences, voire ses dérives sectaires) et indifférentisme (et ses déshérences, voire ses dérives psychopathologiques).

Mais notre époque vit une autre confrontation : celle des mouvements centrifuges vers des tribalismes parfois violents et sectaires, et celle des mouvements centripètes vers des uniformismes (nationaux, citoyens, idéologiques, …) parfois tout aussi sectaires et violents. Et cela, les Etats nationaux ne sont pas du tout prêts ni à l'envisager, ni à l'organiser.

Cette évolution est pourtant inéluctable car intimement liée au changement de paradigme que nous vivons et au passage des organisations centralisées et hiérarchiques, à des organisations réticulées et autonomisantes.

 

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De Cicéron :

 

"Si nous prenons la nature pour guide, nous ne nous égarerons jamais"

 

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De Peter Rothenbühler, journaliste Suisse

 

"Chers 'gilets jaunes',

Sachez que, nous les Suisses, vous nous faites rire en réclamant un référendum d’initiative citoyenne. Savez-vous au moins ce que c’est ? Nous le savons :

pour se servir du droit d’initiative, il faut de la maturité politique, le respect des institutions, beaucoup de patience et, surtout, savoir perdre. Or ce n’est pas vraiment votre genre. Vous donnez une image déplorable de la France. Je ne comprends pas comment 52 % des Français peuvent encore soutenir un mouvement qui était certes sympathique au début, mais qui est devenu une marée désordonnée, sans service d’ordre, qui attire et intègre un ramassis d’individus louches et dangereux, des extrémistes, des cathos homophobes, des antisémites, des boxeurs écervelés et des rêveurs d’extrême gauche. Bref, une troupe de voyous qui vont 'casser du flic' le samedi, piller des magasins, détruire des radars et appeler à l’insurrection. Violents ou non-violents, vous exigez tous la démission du président. Croyez-vous vraiment que Macron est la source de tous les malheurs et qu’un autre serait capable de faire le bonheur de tous ? Quelle conception infantile de la politique ! Vous faites rire les Suisses, oui. Mais vous nous faites aussi peur. Un tout petit peu. N’exagérons rien."

 

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De Coluche :

 

"Les socialistes ont eu tort de venir au pouvoir.

Ils auraient dû faire comme Dieu :

ne jamais se montrer pour qu’on continue à y croire."

 

Ô comme il avait raison !

 

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Le 22/01/2019

 

Les médias, réduits à leur plus simple expression : le mot (les idées et leurs liens), l'image (la forme et les couleurs), le nombre (les grandeurs et leurs rapports) et le son (les mélodies et leur harmonie).

Mais il est un cinquième média, plus discret, plus invisible, plus global, plus mystérieux : le langage syntonique et synergique de l'intuition par résonance directe holistique : révélation, illumination, extase, effusion, …

 

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Jankélévitch : "La musique et l'ineffable" … : "La vraie musique humanise et civilise".

La philosophie convainc (par la sagesse).

La musique emporte, envoûte, enchante et façonne l'âme (par la magie).

Il y a là quelque chose de fascinant dans cette puissance qu'a la musique s'imposer, de l'intérieur, un être-au-monde existentiel qui dissout et relègue ce que la conscience la plus vive "pensait" l'instant d'avant.

La musique façonne l'âme de l'intérieur et se rit de l'intelligence.

Dès que surgit la musique pour prendre l'âme, la pensée et l'intelligence s'arrêtent et se taisent.

 

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Eternel lutte des Muses contre les Sirènes. Toutes enchantent, mais  les premières le font pour élever, sacraliser, déifier ; alors que les secondes le font pour avilir, dégrader, dégénérer.

Depuis l'entre-deux guerres, et de pire en pire, l'occident a largement choisi d'écouter goulûment le camp des Sirènes (tous les "arts" sont devenus populaires, vulgaires, médiocres visant les instincts les plus bas, les émotions les plus primaires, les passions les plus vicieuses, les sensations les plus violentes). Cela s'appelle la dégénérescence et la décadence.

 

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Orphée défia, par son chant, celui des Sirènes. Sa voix et son chant furent les plus forts, les plus beaux. Il triompha d'elles et sauva le bateau des Argonautes voguant vers la Toison d'Or.

Homère, dans son "Odyssée", raconte le combat d'Ulysse et de ses marins contre le "chant des Sirènes" … Elles sont trois : l'une joue de la lyre (apollinienne pour l'harmonie), l'autre de la flûte (dionysiaque pour la mélodie) et la troisième fait le chant (orphique pour la poésie des mots). Leur mission : appeler les hommes de la vie à la mort, et les y entrainer par leurs enchantements musicaux. Ulysse résista, enchaîné à son mat,  et cet échec des Sirènes fit s'accomplir leur destin : elles disparurent et moururent… quelque part du côté de Naples, entre Italie et Sicile, près des monstrueux Charybde et Scylla.

 

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La lyre (l'harmonie apollinienne) accompagne le chant (la mélodie orphique) alors que la flûte (la contre-mélodie dionysiaque) l'émule.

Triade essentielle …

 

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Orphée symbolise la puissance de domestication de la Nature au profit de l'homme : son chant amadoue, dompte, soumet les forces de la Nature et les met au service de l'homme. Il invente la technique par la douceur et la coopération : les lions attelés à la charrue et les panthères attelées aux chariots. Il élabore la culture à partir de la Nature. Tout à l'inverse, Prométhée se bat contre la Nature en volant la force des dieux (symbolisée par le puissance du feu).

Débat bien actuel entre technologies douces (immatérielles) et technologies dures industrielles), entre sacralisation montante et profanation descendante.

 

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Il est urgent de favoriser la mort de Prométhée (le voleur, le menteur, le mégalomane, le violent) et la résurrection d'Orphée et, avec lui, de l'harmonie apollinienne et de la mélodie dionysiaque (la Volonté de Puissance, l'Amour du Destin avec le Grand Oui à la Vie, l'Eternel Retour, le Surhumain).

Il faut organiser le passage urgent du paradigme prométhéen à un paradigme orphique.

 

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L'expression "religion populaire" est pléonastique. Toute religion  est essentiellement populaire puisqu'elle a pour mission première de rassembler un "peuple" autour d'une foi qui, pour être popularisée, doit être, forcément, exotérique, dogmatique, cléricalisée et liturgique. Parmi ces religions "populaires", on doit compter les quatre christianismes (surtout le catholicisme, l'anglicanisme et les protestantismes qui ont tourné le dos à toutes les formes d'ésotérisme, au contraire de l'orthodoxie), les deux islamismes (surtout sunnite), le brahmanisme et le confucianisme.

Tout le reste - et c'est beaucoup - devrait être appelé "traditions spirituelles", et est plutôt tourné vers l'ésotérique, l'apophatique, le mystique, l'initiatique et le dialogique (enseignement de maître à disciple). On trouve là le kabbalisme, le soufisme, le johannisme, la taoïsme, le védantisme, le maçonnisme, … et quelques autres.

Quant au judaïsme, fort malheureusement, depuis près de trois millénaires, il est une religion impopulaire … haïe, même, … conspuée et humiliée … parce que sans dogme et sans clergé, … parce qu'élitaire et communautaire … parce que stricte sur la praxis, mais libre sur la doxia … Le judaïsme est "l'anti-religion" par excellence.

 

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Le monstre apocalyptique du péril écologique plane sur nos têtes …

Que dis-je ? Il ne plane plus ; il s'est incrusté, profondément incrusté !

Il est dans nos assiettes, dans notre eau, dans notre air, dans nos vêtements, dans notre sommeil, dans nos cellules … Il saccage déjà nos sols, nos nappes phréatiques, nos forêts, nos rivières et nos océans … Il extermine toutes les espèces vivantes, végétales et animales … sauf - pour l'instant - la seule qui soit vraiment nuisible : l'humain.

 

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Si la Vie n'avait pas de sens, elle n'aurait aucune raison d'être, et elle ne serait pas.

S'il y a du vivant, c'est que la Vie à du sens.

S'il y a du pensant, c'est que l'Esprit a du sens.

Et si les humains cessaient de pleurnicher et s'ils comprenaient enfin ceci : aucun d'eux n'a le moindre sens par lui-même, en tant que tel, mais chacun peut et doit donner du sens à sa vie en se mettant au service de l'accomplissement de la Vie et de l'Esprit.

 

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Pour la porte, il n'y a ni dedans, ni dehors.

 

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Stop à la bien-pensance socialo-gauchiste. Stop à la pensée unique des bobos. Stop à la dictature insidieuse des minorités "progressistes" qui ne sont que dégénérées. Stop à la tyrannie de slogans surannés.

Chacun sa vie, chacun son opinion, chacun le droit de la dire, chacun le droit d'être respecté, chacun le devoir d'écouter, de réfléchir et de se taire.

 

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Encore et toujours, cette grande leçon de sagesse pratique : lorsqu'on n'a pas les moyens de sa politique, il vaut mieux avoir la politique de ses moyens.

 

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La mission d'un dirigeant, jeune ou pas, c'est de décider, et de décider, et de décider … et d'assumer les risques de ses décisions.

 

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Ne jamais confondre "entrepreneur", "salarié" et "fonctionnaire". Ce sont trois registres incompatibles.

 

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L'entreprise n'est pas un lieu de" démocratie" (heureusement !) ; le syndrome "gilets jaunes" et la pitrerie du RIC n'ont rien à y faire.

 

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Il n'y a pas d'intelligence collective ; c'est un mythe socialo-gauchiste à la mode chez les bobos ; tous les génies sont des solitaires ; il y a des meneurs et beaucoup de suiveurs ; un train, c'est UNE locomotive et beaucoup de wagons derrière.

 

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La force ne peut rien contre l'inertie. C'est une loi profonde de ma chère physique.

 

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Du philosophe juif austro-allemand Günther Anders - de son vrai nom Günther Siegmund Stern (1902-1992) -, élève de Husserl et Heidegger, premier époux de Hannah Arendt, auteur des cyniques "Sténogrammes philosophiques". Florilège :

 

"Ne te laisse honorer que par ceux que tu honores toi-même."

 

"Même la saleté a son code d'honneur."

 

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De ma complice Néa, avec tant de vérité :

 

" Notre monde économique et politique a choisi d'entrer dans une logique de violence. Violences délinquantes et contre-violences policières ; agressivité fiscale et fonctionnarisme réactionnaire ; terrorismes légaux et illégaux, intérieurs et extérieurs et contre-terrorismes des bien-pensants ;... etc."

 

La violence, bien réelle, dans toutes les dimensions de notre monde, est l'expression, immédiate, primaire et lancinante, du mal-vivre de l'entre-deux, du vide chaotique entre le paradigme moderne (prométhéen) qui n'est déjà presque plus là et du paradigme noétique (orphique) qui est loin d'être déjà là.

Il est ridicule de vouloir nier ou cacher les difficultés chaotiques de ce passage. Le processus de deuil, si bien décrit par Elisabeth Kübler-Ross, doit passer par toutes ses cinq étapes.

  1. Il y a eu le déni et l'aveuglement volontaire (depuis 1972) qui dure encore chez les abrutis du progrès, de la croissance et de la technologie "salvatrice".
  2. Il y a, maintenant, la colère sourde, confuse, incohérente des crétins, et la recherche de boucs émissaires (peu importe qui, pourvu qu'ils soient visibles et lynchables).
  3. Il y aura, dans la foulée, des négociations sans fin (oui, c'est inéluctable, mais … quand … comment … avec qui …. ? et si je te donne ça, tu me donnes quoi en échange … ?).
  4. Ensuite, il y aura la grande déprime, la grande vague suicidaire du "no future", le grand découragement, les grandes migrations, les grands "chants du cygne", les grands héroïsmes inutiles …
  5. Enfin, peut-être - car rien n'est moins sûr -, arriverons-nous à la sublimation (acceptation, assomption et construction du nouveau paradigme inéluctable) et à la mise en place des deux seules choses qui importent à la Vie (et à l'Esprit) pour pouvoir se déployer : la Paix et la Joie. Tout le reste n'est que détail, et intendance.

 

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La coïncidence est la preuve de la complicité des dieux …

 

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Le 23/01/2019

 

A propos d'une soi-disant guérison "miraculeuse" à Besançon …

Il n'y a jamais eu, il n'y a pas et il n'y aura jamais de "miracle" au sens d'un phénomène surnaturel échappant aux lois universelles de la physique. En revanche, il y a une médecine qui ne comprend et maîtrise à peu près que 20% de la psychophysiologie humaine. Le problème n'est pas le "miracle divin", mais l'ignorance médicale.

 

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D'un médecin anonyme sur la Toile, en parlant de l'impasse de la pédopsychiatrie française … :

 

"La pédopsychiatrie française a 30 ans de retard. La France est l’un des seuls pays qui n’a pas fait son aggiornamento. La pédopsychiatrie française est dirigée par des dinosaures qui fonctionnent plus sur des croyances (psychanalyse) que sur des bases scientifiques. Il est normal que cette discipline rebute les jeunes psychiatres qui ont une toute autre culture et qui rejettent cet archaïsme."

 

Ce qui m'intéresse dans cet avis, c'est qu'il met en avant ce que j'affirme depuis bien longtemps : la psychanalyse (comme toutes les soi-disant écoles "psychothérapeutiques") est une mythologie fantasmagorique sans aucun fondement scientifique. Il est temps de jeter Freud à la poubelle ou, à tout le moins, dans les oubliettes de l'histoire humaine (comme Marx, d'ailleurs, sur un autre registre).

 

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De John Lennon :

 

"J'ignore ce qui disparaîtra en premier, le rock'n'roll ou le christianisme."

 

Pure provocation du plus provocateur des Beatles. Mais derrière la provocation, le problème de la disparition prochaine du christianisme (au moins dans sa version catholique) est bien posé car cette disparition est en cours.

Toutes les enquêtes récentes montrent que la plupart des Français (mais ce doit être similaire ailleurs en Europe) qui s'affirment "catholiques", vivent un catholicisme assez déconnecté des dogmes et pratiques tels que définis par l'Eglise romaine, le Vatican et/ou le Pape.

Ainsi, la divinité de Jésus, la virginité mariale, la réalité des miracles, la résurrection même, l'efficacité des sacrements, l'historicité des récits évangéliques et apostoliques, la vérité des "martyres et persécutions" des premiers chrétiens, … sont très largement contestées sinon rejetées.

Je pense que, si résurgence du christianisme il devait y avoir, ce serait un christianisme intériorité sous la forme d'une "imitation de Jésus-Christ" toute personnelle, et sous forme de pratiques cultuelles communautarisées plus qu'ecclésiales. Un christianisme plus mystique, plus ésotérique, plus "vertical". Plus monastique, aussi, sur un mode plus orthodoxe.

 

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De Sébastien Le Fol :

 

"Une étude de Conspiracy Watch et de la Fondation Jean Jaurès parue en 2018 avait déjà révélé toute l'étendue de ce conspirationnisme. Ce phénomène social majeur concernerait un Français sur quatre. Plus des deux tiers des personnes interrogées par l'Ifop dans le cadre de cette enquête 'croient' à au moins une théorie du complot. Dix pourcents d'entre elles estiment possible que la Terre soit plate et non ronde. (…) Diffuser les savoirs, apprendre à se méfier de ses propres perceptions, adapter la démarche scientifique aux réalités du terrain..., telles sont les pistes explorées par ces démystificateurs. (…) pour des raisons de tact ou de respect, on s'empêche de critiquer de plus en plus de croyances. Ainsi, on évite un examen sérieux de leurs conséquences néfastes. Le politiquement correct est l'ennemi de la liberté de l'esprit. Au royaume des aveugles, le complotiste est roi."

 

L'esprit critique n'est pas forcément une question d'intelligence, mais plutôt de bon sens et de culture (générale au moins).

Derrière ces inquiétants et croissants phénomènes de croyance aux complotismes et aux conspirationnismes, apparaissent au grand jour des tendances tragiques : comme on sait depuis longtemps, les faits se brisent sur le mur des croyances, mais plus il y a de croyances, moins les faits (et, donc, le Réel) ont d'impact et plus les esprits s'enferment dans des mondes imaginaires (et sectaires) de plus en plus détaché de la réalité.

Le déni de réalité et l'enfermement dans l'imaginaire fantasmagorique engendrent une maladie mentale grave (la schizophrénie) et, malheureusement, bien connue. Il semble que, sociologiquement parlant, cette maladie soit même virulemment contagieuse.

 

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La notion de "Devoir" m'interpelle profondément, mais, pour échapper à sa connotation moralisatrice, je préfère user d'une circonlocution : "se mettre au service de" ce qui dépasse l'homme : ce peut être Dieu, le Sacré, le Bien, le Beau, le Vrai,  … et tout cela ensemble ; mais aussi - c'est la formule que je me suis imposée - au service de la Vie et de l'Esprit (qui peut être reformulée peut-être de manière moins profonde par : au service de la Nature et de la Culture, du Réel et du Divin, etc …).

 

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Lorsqu'on met l'emphase sur les "Droits de l'homme" et l'impasse sur les "Devoirs de l'homme", on sombre dans l'anthropocentrisme qui est l'autre nom de l'humanisme et qui n'est que narcissisme et nombrilisme de l'humain, par l'humain, pour l'humain, avec les immenses et tragiques dommages collatéraux dont nous commençons à payer le prix fort.

 

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D'Emmanuel Macron :

 

"Ceux qui oublient la valeur de la paix et répandent le mensonge se rendent complices des crimes du passé."

 

Parfait. Rien à ajouter !

 

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La France - mais pas qu'elle - est atteinte de démence sociétale.

Sociopathologie létale, d'origine idéologique, héritée de la Terreur de Robespierre, typiquement schizophrénique et paranoïde (délire de persécution) … et, manifestement, pas guérie du tout (cela fait longtemps qu'elle était en latence).

Pour rappel, le TLF définit la schizophrénie ainsi : "Psychose chronique caractérisée par une dissociation de la personnalité, se manifestant principalement par la perte de contact avec le réel, le ralentissement des activités, l'inertie, le repli sur soi, la stéréotypie de la pensée, le refuge dans un monde intérieur imaginaire, plus ou moins délirant".

Avec les "gilets jaunes" et les rétro-activistes, les complotistes et les conspirationnistes en tous genres, on est bien dans le délire grave …

Le déni de réalité a atteint un niveau démentiel !

 

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Le 24/01/2019

 

L'esthétique des "créateurs" d'aujourd'hui est basée sur la laideur, sur ce qui choque, sur l'inharmonie, … sur ce qui heurte la sensibilité (aïsthêsis)  et non sur ce qui la charme, l'envoûte, l'élève, la sublime.

 

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La postmodernité - au sens de Lyotard - signe la fin de tout universalisme.

Mais il ne faut pas confondre "universalisme" et "monisme" (ce qu'on fait les Deleuze, Derrida et autre Foucault). L'unité foncière du Réel - qui fonde toute métaphysique et toute physique sérieuses - n'exclut nullement, tout au contraire, la pluralité et la diversité des modalités.

 

La postmodernité - au sens de Welsch - signe la fin de tout

providentialisme.

Le TLF définit le providentialisme ainsi : " Croyance en une puissance supérieure, divine, qui gouverne le monde, veille sur le destin des individus ; en particulier, croyance dans le sage gouvernement de Dieu, en sa suprême sagesse."

L'étatisme et toutes les formes de socialisme relèvent d'une telle foi providentialiste laïcisée … à ceci près que pour partager un gâteau, il faut d'abord le fabriquer.

 

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De Gilles Deleuze :

 

"Et dans l'affirmation du multiple, il y a la joie pratique du divers. La joie surgit, comme le seul mobile à philosopher. La valorisation des sentiments négatifs ou des passions tristes, voilà la mystification sur laquelle le nihilisme fonde son pouvoir"

 

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Pascal représente une potentialité de la pensée qui est demeurée inexploitée.

 

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De Robert Steuckers en paraphrasant Marco Tarchi :

 

" (…) existe-t-il une gauche et une droite ou des gauches et des droites ? Toutes ces strates ne se combinent-elles pas à l'infini et n'est-on pas alors en droit de constater que la seule réalité qui soit en dernière instance, c'est un magma de desiderata complexes. La logique de la transgression va droit à ce magma et contourne les facilités dogmatiques, les totems idéologiques et partisans qui résument quelques bribes de ce magma et érigent leurs résumés en vérités intangibles et pérennes."

 

Eviter - que dis-je ? éradiquer - toute réduction idéologique !

 

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Notre époque, parce que torturée par le vide de son intériorité, s'exorcise elle-même (du moins le croit-elle) en hypertrophiant l'extériorité, notamment les problématiques politiques et économiques qui, pourtant, ne sont que des problématiques d'intendance et de logistique sans réel intérêt.

Le politique et l'économique n'ont qu'une seule mission et raison d'exister : procurer à chacun la quiétude du corps (paix et satiété) afin de pouvoir se consacrer à autre chose de plus riche, de plus profond, de plus essentiel.

 

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Il y a une corrélation claire et forte entre le penchant idéologique (politique et économique) d'une nation, et son vide spirituel.

Le cas de la France, hyper-laïcisée donc déspiritualisée, est typique : elle est atteinte, au plus haut degré de gravité, d'une terrible pathologie idéologique.

Cette pathologie détruit l'intelligence et enferme le sociétal dans d'éternelles discussions oiseuses et stériles sur le meilleur modèle à défendre pour un monde qui n'existe déjà plus.

 

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Quand il n'y a plus d'intentionnalité, on se noie dans les modalités.

 

Transcription : sans téléocratie (gouvernance par la mission, par la raison d'exister, au service d'un essentiel), il ne reste que de la bureaucratie.

 

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La différence entre les logiques prométhéennes et les logiques orphiques (et la question du passage d'un type à l'autre) est essentielle (cfr. supra : 22 janvier).

Le paradigme moderne fut totalement prométhéen, construit sur la violence mécanique et la dualisation conflictuelle, alors que le nouveau paradigme sera orphique, construit sur la congruence organique et l'unification fédérative.

La symbolique du "vol", d'un côté", et celle de la "musique", de l'autre, sont très riches et profondes. L'homme prédateur face à l'homme enchanteur.

 

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Il y a "crise" s'il y a rupture de la logique interne (cohérente et régulatoire) du processus.

Il y a "bifurcation" si le processus engendre une autre logique qui prend la relais.

Il y a "effondrement" dans le cas contraire.

En cas de crise, plusieurs scénarii de bifurcation (dont l'émergence) ou d'effondrement (dont la mort) sont, en général, possible.

Ces trois concepts (crise, bifurcation et effondrement), avec celui de "continuation" adaptative (absence de crise), fonde toute la dynamique constructiviste des processus.

 

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On appelle "paradigme", la conjonction durable des cinq logiques processuelles (généalogique, téléologique, écologique, axiologique et métabolique) d'un processus quelconque.

Ainsi, le paradigme de la modernité (1450-2000) était fondé sur :

 

  1. Un modèle historique (généalogique) du christianisme.
  2. Un modèle idéologique (téléologique) du progressisme.
  3. Un modèle économique (écologique) du mercantilisme[1].
  4. Un modèle noétique (axiologique) du mécanicisme.
  5. Un modèle politique (métabolique) de l'étatisme.

 

Ainsi sont nommément désignés les pires ennemis de la construction du nouveau paradigme qui DOIT prendre le relais de feu le paradigme moderne.

 

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En réaction à la réforme protestante, l'épouvantable contre-réforme catholique a entraîné le christianisme dans un ratage complet du virage qui menait de la religion populaire extériorisée à la spiritualité personnelle intériorisée.

Cette tradition spirituelle avait pourtant déjà connu des Denys l'Aréopagite, des Jean Scot Erigène, des Hildegarde de Bingen, des Eckhart de Hochheim, des Marguerite Porète, des Jan van Ruysbroek, des Hadewijch d'Anvers, des Jean Tauler, des Mathilde de Magdebourg, des Joachim de Fiore, … et aurait pu devenir christique et johanniste[2] … au lieu de continuer à s'enliser dans des fables puériles et des dogmes sans queue ni tête.

 

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De Wikipedia :

 

"Le pandéisme, du grec ancien ὰan ('tout') et du latin Deus ('Dieu'), est la combinaison du panthéisme et du déisme ; système philosophique suivant lequel on affirme l’identité substantielle de Dieu et du monde et où on n’admet d’autre Dieu qu’une substance infinie dont tous les êtres sont des modes. Dieu y est conçu comme un être suprême en dehors de toute révélation et de tout culte. Le pandéisme affirme à la fois la croyance en un Dieu créateur de l'univers, et celle en un Dieu devenu l'univers lui-même, sur lequel il ne peut donc plus intervenir comme une cause extérieure.

C'est un système philosophique qui s'appuie sur quatre thèses :

  1. Il existe un Dieu créateur (bien qu'il ne puisse faire l'objet d'une instrumentalisation religieuse).
  2. Dieu est devenu l'univers.
  3. Actuellement, tout ce qui est, existe non seulement par Dieu, mais en Dieu.
  4. Dieu n'est pas un être personnel distinct du monde, mais il lui est immanent (par opposition à l'idée d'un Dieu créateur transcendant)."

 

Au hasard d'une recherche sur Jean Scot Erigène, je découvre ce mot : pandéisme … Il me convient parfaitement !

 

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La modernité a commencé en posant, sur la table des doutes, le levier du "je" avec le cogito cartésien.

Le nouveau paradigme, lui (auquel, décidément, il manque un nom sérieux … je pense à "noocité"), trouvera son point d'appui sur la "table rase" dans le "il y a".

Le sujet et l'objet se sont tous deux évanouis. Enfin ! Et leur disparition bénie dévoile enfin le nouveau fondement : "Il y a projet et il y a trajet".

 

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La modernité n'a pas seulement inventé le "sujet" métaphysique cartésien et kantien, mais elle inventa aussi le "sujet" politique qui fut successivement sujet-du-Roi, bourgeois, sans-culotte, révolutionnaire, jacobin, conscrit, citoyen, contribuable, électeur, syndiqué, encarté, fiché, "gilet jaune" … et à qui l'on a fait comprendre qu'il ne devait plus être une personne au sens le plus libre, le plus intime et le plus cosmique qui soit.

La modernité s'est fondée sur l'extériorité contre l'intériorité.

La modernité fut le paradigme de l'assujettissement … au nom de l'émancipation.

Sacré paradoxe !

 

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L'unité de base du fait humain n'est ni l'individu, ni la société (et encore moins le "peuple", la "nation", la "race" ou autres abstractions vides de contenu).

L'unité de base du fait humain est la communauté qui, par émergence, engendre des individus et qui, par association, engendre des sociétés.

Et ce qui fonde une communauté, ce sont, complémentairement, une tradition ET une intention.

Une tradition sans intention se sclérose en folklore ou en dogme.

Une intention sans tradition n'est que château de cartes sur du sable.

 

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Le pouvoir est toujours illégitime, dans l'absolu, mais toujours nécessaire, dans la pratique, … tant que la masse des humains restera un ramassis de crétins cupides et retors.

Alors, n'essayons pas de légitimer le pouvoir par ses modalités, c'est-à-dire en invoquant les mânes de feues toutes les idéologies dont la désinence est en "cratie".

Le pouvoir se définit et acquiert autorité par sa finalité, par la mission qu'il s'assigne, au service de l'essentiel c'est-à-dire ni d'un homme, ni des masses, mais tout au-delà d'eux.

Le pouvoir n'a de sens et de valeur que s'il est aristocratique (au sens de Nietzsche et des penseurs grecs, pas au sens nobiliaire).

 

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Tout homme nait dans une communauté et, l'âge venant, a le droit absolu de la quitter pour la solitude ou d'autres communautés choisies. Mais s'il accepte librement d'appartenir à une communauté, alors il doit en accepter l'intention et la tradition, et il doit assumer le devoir d'y vivre à son service et le droit d'y déployer ses talents.

 

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Les obscures "Lumières" françaises (Rousseau, Montesquieu, Voltaire, …) doivent tout au mouvement de l'Enlightenment anglais et quasiment rien - et c'est bien dommage - à l'Aufklärung allemand (de Goethe à Kant).

Un exemple : la "déclaration universelle des droits de l'homme" (1948) serait évidemment la déclinaison récente de la "déclaration des droits de l'homme et du citoyen" de 1793 ; en oubliant, comme il se doit, un certain "habeas corpus act" (1679) et le "bill of rights" anglais (1689) ainsi que sa version constitutionnelle américaine (1789) qui lui sont antérieurs et ne lui doivent rien.

De même, Rousseau qui a plagié Hobbes (l'état de nature ; le contrat social) ou Voltaire qui n'est que le psittaciste  de Locke (tolérance) ou dont les "Lettres anglaises" portent bien leur titre.

Tout le marasme politique et social de la France des 19ème et 20ème siècles, depuis 1789 jusqu'à de nos jours, est issu d'un métissage contre nature entre la moderniste tradition libérale anglaise (individualisante et élitaire) et l'archaïque tradition étatiste française (socialisante et populaire).

 

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Le 25/01/2019

 

De Franz-Olivier Giesbert :

 

"Le prétendu 'modèle français' est à la dérive et fait eau de toutes parts. (…) Il y a quelque chose de surréaliste, voire de comique, à entendre une grande partie du 'microcosme' politico-médiatique ressasser, au mépris des faits, les mêmes fadaises sur l'ultralibéralisme qui aurait mis le pays à la rue alors que nous vivons, au contraire, sous la coupe d'un communisme mou."

 

Ah ! Enfin ! C'est dit !

 

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De Nicolas Baverez à propos de la folie britannique :

 

"La faible majorité de 51,9% en faveur du Brexit est issue de l'alliance contre nature entre la partie de la population marginalisée par la mondialisation et demandeuse de plus de protection avec la frange des élites de la City souhaitant s'émanciper de toute régulation pour créer un Singapour européen."

 

Je ne vois pas bien comment la "mondialisation" qui n'existe plus, peut "marginaliser" une population … à moins que l'on ne parle plus simplement des chômeurs non qualifiés qui, mondialisation ou pas, Union Européenne ou pas, dans un monde en décroissance (on dit "en récession", c'est plus politiquement correct), seraient, de toutes les manières, au chômage.

En revanche, il ne fait aucun doute que l'économie spéculative (spécialement anglo-saxonne, mais pas seulement) est l'ennemie numéro 1 de l'ordre financier européen. Il ne faut jamais oublier que la City fonctionne aussi beaucoup sur les fonds de pension et que ses forts rendements, à n"'importe quel prix, intéressent au plus haut point les retraités qui se fichent, comme d'une guigne, du reste du monde et de l'avenir (c'est d'ailleurs cette même frange des seniors qui avait fait capoter le référendum pour la sortie de l'Ecosse hors de la Grande-Bretagne).

 

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D'Eric Charmes :

 

"La vieille opposition entre villes et campagnes est dépassée. Elle continue à dominer nos représentations, alors qu'elle ne donne plus sens à nos réalités vécues. (…) Certaines campagnes sont même dans une situation nettement plus confortable que les villes voisines. Opposer la richesse des villes à la pauvreté des campagnes, c'est ne pas comprendre la réalité des inégalités territoriales."

 

Pour le dire autrement : les villes sont de purs produits de la centralisation moderniste et financière : elles vont dégénérer avec l'effondrement de cette modernité, s'appauvrir et devenir le repaire des pauvres, des immigrés et des marginaux de tous poils (et des fonctionnaires issus de la centralisation, tant qu'elle dure).  Elles sont devenues nocives et fabriquent des névrosés. Les gens sains s'en enfuient et vont s'installer à la campagne (ou, plutôt, dans les petites villes bourgeoises et provinciales). Quant aux campagnes, elles sont de moins en moins agricoles et deviennent le lieu de refuge de gens aisés et instruits qui peuvent fonctionner en télétravail.

 

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La gestion des affaires, tant publiques que privées, se complexifie à grande vitesse et demande de plus en plus de compétences techniques. La technocratie a donc de beaux jours devant elle … et c'est très bien (je préfère un compétent qui fait le boulot à un démagogue qui fait rêver). En revanche, une technocratie, laissée à elle-même, sans cap, sans projet, vire à la bureaucratie (genre "hauts fonctionnaires" énarques à la française). Il faut donc, au-dessus de la technocratie, pour l'orienter, une téléocratie forte et claire sur le projet collectif. Pour mener cette approche téléocratique à bien sans sombrer, à nouveau, dans les affres des idéologies, des partisanneries, des électoralismes et des démagogismes, il faut recourir à la stochastocratie.

Voilà donc le trio d'avenir : téléocratie, stochastocratie et technocratie. Exit la démocratie et la bureaucratie (et, surtout, l'ochlocratie).

 

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La modernité, dans toutes les dimensions, entérine le triomphe de la subjectivité (tant au sens commun de "non-objectivité" qu'au sens philosophique, proche mais plus général, de "lié-au-sujet") ; cela marque l'avènement d'un relativisme individualiste radical et la négation profonde de tout impact d'une quelconque "Tradition".

L'homme individuel devient seul juge de tout … quelles que soient ses facultés, capacités ou compétences.

 

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En s'adressant à chacune des cinq dimensions de l'esprit humain, une réalité, quelle qu'elle soit, se confronte à cinq critères différents d'évaluation :

 

  1. Face à la sensibilité : la volupté qu'elle procure.
  2. Face à la mémoire : l'originalité qu'elle offre.
  3. Face à l'intelligence : la technicité qu'elle démontre.
  4. Face à la conscience : la lucidité qu'elle illumine.
  5. Face à la volonté : la sacralité qu'elle suggère.

 

Ce sont les cinq critères esthétiques qui, séparés ou combinés, dépassent l'idée de "beauté".

 

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L'âme - ce qui anime - forge la volonté - ce qui veut - ; toutes deux pointent vers la vocation au service de l'essentiel ; et l'essentiel, c'est ce qui doit devenir, naturellement, le plus sacré.

Ainsi, demander : "quelle est ta vocation ?", revient à demander : "qu'est-ce qui est sacré pour toi ?" et : "qu'est-ce que tu veux faire de ta vie ?".

C'est au fond la question première, celle qui importe puisqu'elle fonde la téléologie personnelle de chacun ; tout le reste en découle.

Cette vocation personnelle a, certes, une généalogie (ancrée dans une personnalité singulière) et une axiologie (guidée par des valeurs éthiques) ; elle aura son écologie (une sensibilité ou un domaine de prédilection) et son métabolisme (sa dynamique propre, sa manière de s'exprimer et de se dérouler). Mais ces quatre questions sont subsidiaires ; elles prendront leur place spontanément, naturellement, paisiblement.

 

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De Vladimir Jankélévitch :

 

"La musique est d'un autre monde … (…)

une musique philosophale qui transmuerait les âmes."

 

La musique - l'authentique - est, de loin, le plus mystique et métaphysique des langages humains … elle seule apporte extase et plénitude. C'est en cela qu'o peut la reconnaître "authentique". Le reste n'est que divertissement.

 

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Derrière tous les masques, il y a des dieux qui se cachent.

Derrière tous les dieux, il y a le Réel divin qui se cache.

Derrière le Réel, il n'y a rien qui se cache.

 

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Je me suis résolu, il y a longtemps déjà, à laisser l'Esprit penser à travers moi qui ne le retient pas, qui n'en retient que ce que la main peut en écrire … et qui oublie aussitôt.

 

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Non pas vivre dans le Réel, mais vivre le Réel, au-delà de tous ses manifestations. Tel est le summum de la sagesse absolue.

 

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L'évidence du Divin immanent - le Logos, l'Ordre, la Cohérence, l'Architecture de la construction cosmique - n'a nul besoin de quelque "preuve" que ce soit. Il n'y a aucune opposition entre la Raison et la Foi, entre les religions et les sciences. Tout au contraire, si raison et sciences il y a, c'est que Logos - Dieu - il y a.

Le problème n'est pas Dieu.

Le problème est la spécification de Dieu comme personnel, comme extérieur à l'univers.

Le problème est la confusion tragique entre créativisme immanent et créationnisme transcendant.

Le problème est la superstition c'est-à-dire l'ensemble des croyances puériles en une relation anthropomorphique (paternelle) particulière entre Dieu et l'homme (Amour, Bonté, Miséricorde, Colère, Providence, Jugement, …).

Le problème est le dualisme théiste et les affabulations grotesques (parce que prises à la lettre et non comme des symboles demandant herméneutique) concernant le "pont" entre les deux mondes, ontiquement séparés, du Divin et de l'humain (Révélation, Miracle, Anges, Immortalité de l'âme personnelle, Vie après-la-mort, etc …).

Et le pire, c'est que toutes ces pitreries théologiennes sont superfétatoires, inutiles, stériles, faites sur mesure pour des populaces humaines ignorantes et crédules, incultes et stupides. Il n'est nul besoin de tous ces fatras pour animer une réelle foi, une réelle mystique, une réelle religiosité, une réelle spiritualité, une réelle extase, une réelle illumination.

 

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Qu'est-ce que la sagesse ? Vivre en adéquation avec le Réel, ce qui donne la joie.

Qu'est-ce que le Réel ? L'océan dont tout ce qui existe, émane.

La mystique exprime le Réel dans le langage de la sensibilité joyeuse.

La science exprime le Réel dans le langage de l'intelligence joyeuse.

La philosophie exprime le Réel dans le langage de la conscience joyeuse.

 

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De Jean-Noël Duhot en parlant du stoïcisme grec :

 

"La philosophie est à l'image de l'univers qui est continu et un. Le monde est un être vivant dans lequel tout est relié à tout. (…) l'univers est un tout harmonieusement ordonné. Cette harmonie exclut le hasard et le vide des atomistes. (…) Il faut donc  un Dieu immanent et omniprésent, dont la fonction est d'organiser et de maintenir, mais non de créer ex nihilo. (…) La matière est donc éternelle, mais c'est un substrat brut, dépourvu de qualité, que structure un principe actif, Dieu. (…) ce pneuma divin, feu artiste qui structure l'univers et le maintient, est évidemment rationnel ; principe d'organisation, il est la raison, le logos de l'univers. (…) l'idée d'une volonté divine unique s'exerçant en toute chose. (…) Le monde stoïcien est un et harmonieux, effet d'une action divine évidemment une elle aussi, bonne et toute-puissante. (…) L'univers continu des stoïciens refuse d'isoler quoi que ce soit : rien n'est séparé, tout est relié au tout.(…) Le seul mal véritable est le mal moral, celui que nous faisons."

 

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Le 26/01/2019

 

Le "modèle français" (que le monde entier nous envie, dit-on, mais que personne n'imite, voit-on) est simplissime : de moins en moins de gens travaillent vraiment à produire de la valeur d'utilité (mais il y a de plus en plus de fonctionnaires), ils travaillent de moins en moins (40 à 60% de travail productif sur les 35 heures réglementaires), mais tout le monde veut dépenser plus pour consommer plus. Alors ?

Le problème est simple et vieux comme le monde. C'est de la comptabilité de base. Lorsque les dépenses sont supérieures aux recettes, il n'y a que deux échappatoires : s'endetter et/ou vendre des actifs.

La France fait les deux. Déraisonnablement. Donc la solution : dépenser beaucoup moins (stop aux assistanats et aux parasitismes) et travailler beaucoup plus (à produire de la valeur d'utilité et non à "occuper un emploi" qui ne sert à rien).

 

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D'Alexis de Tocqueville :

 

"Sans institutions communales une nation peut se donner un gouvernement libre, mais elle n’a pas l’esprit de la liberté. "

 

En France, il faut déconstruire les délires mégalomaniaques et monarchiques de Charles De Gaulle, et revenir à une constitution réellement représentative comme le fut celle de la 3ème république (mais sans les délires laïcards et anticléricaux). Il faut rendre aux maires un vrai pouvoir local pour tout ce qui concerne les activités socioéconomiques locales. Il faut éliminer, purement et simplement, toutes les couches intermédiaires (agglomérations, départements et régions). Il faut remettre le gouvernement à sa juste place de pur exécutif et rendre à la chambre des représentants tout son pouvoir législatif. Ces représentants doivent être élus par les maires et être placés sous leur contrôle. Les maires doivent être les seuls à être élus directement par les citoyens. Les partis politiques doivent redevenir de simples associations, n'étant financées que par les cotisations de leurs membres (comme les syndicats, d'ailleurs). L'Etat et ses appareils doivent être réduit à la portion congrue. Tout ce qui ne ressortit pas de la paix commune, intérieure (justice et police) et extérieure (diplomatie et armée) et de l'aménagement infrastructurel du territoire global (les réseaux physiques et informationnels), doit être géré localement (y compris impôts, aides sociales, hospices, écoles, hôpitaux, universités, etc …).

 

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Avant de chercher ou de réclamer ta liberté, demande-toi de quoi tu es esclave ou prisonnier.

 

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De Klaus Seibold :

 

"Auch in Freiheit kann man gefangen sein. In sich selbst."

(Aussi en liberté, peut-on être prisonnier. En soi-même)

 

Chacun n'est prisonnier que des cachots qu'il se construit.

 

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Notre époque, ici, en France, est celle du déni généralisé.

On ne veut pas voir la réalité de la haine islamiste.

On le veut pas voir la fin de l'abondance.

On ne veut pas voir le déclin économique.

On ne veut pas voir la mort de l'Etat-providence.

On ne veut pas voir le cancer des banlieues de non-droit.

On ne veut pas voir la déliquescence médico-hospitalière.

On ne veut pas voir la montée de la dictature ochlocratique.

On ne veut pas voir la faillite des systèmes d'assistanat.

On ne veut pas voir l'inefficacité bureaucratique.

On ne veut pas voir le cynisme des non-services publics.

Etc …

 

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De François Margoulin (dont le film "Salafistes" a été censuré et interdit par l'ex-ministre de la culture, Fleur Pellerin) :

 

" En France, on oublie peu à peu ce qu'est réellement la liberté d'expression. On est dans la moralisation permanente des discours et des faits (…)."

 

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Le 27/01/2019

 

De Khalil Gibran :

 

"La pensée est un oiseau de l'espace qui, dans une cage de mots, ne peut voler."

 

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Malheureusement, une fois de plus, comme toujours en France, on donne au mot "libéralisme" un sens faussé. Le libéralisme est la lutte générale contre toutes les formes de pouvoir centralisé (mais non contre le principe même d'un pouvoir), donc contre toutes les formes d'étatisme. Cela n'a rien à voir ni avec le financiarisme capitaliste ou mercantiliste, ni avec l'individualisme (le libéralisme n'a rien de forcément individualiste et, au contraire, met en avant l'idée de communauté contre celle d’État).

 

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Parmi les erreurs hallucinantes de notre époque, relevons celles-ci :

 

  1. Notre monde est libéral, voire néolibéral ou ultralibéral … alors que partout les Etats et les bureaucraties (et leurs réglementations) se renforcent contre les libertés sociales et entrepreneuriales.
  2. Les "élites" tiennent le pouvoir sur les masses … alors que les authentiques élites n'ont absolument rien à voir ni avec les politiciens carriéristes, ni avec les "hauts fonctionnaires".
  3. Lesdites "élites" sont déconnectées de la réalité … alors que, tout au contraire, ce sont les masses qui continuent de vivre comme si le paradigme ambiant n'avait pas complètement transmuté.
  4. Le "peuple" sait mieux que quiconque ce qui est bon pour lui … alors que le "peuple" n'existe pas et que les masses sont de plus en plus ignorantes et incultes, enlisées dans un panem et circenses généralisé.
  5. Le monde est devenu hyper-individualiste … alors la personne est partout brimée et brocardée au profit de conglomérats sociaux protéiformes gangrenés par les "réseaux sociaux" et leur calembredaines.
  6. L'islam est une religion comme les autres … alors que partout, la cancer salafiste y développe ses infectes tumeurs et que la gent musulmane se gargarise de haine contre tout ce qui n'est pas elle.
  7. La croissance économique va redémarrer … alors que la logique d'abondance est définitivement morte et que l'économie est condamnée à récession, voire à la décroissance.
  8. La démocratie doit être renforcée … alors qu'il est patent que toute démocratie au suffrage universel doit inéluctablement dégénérer en démagogie électoraliste, clientéliste, manipulatoire et mensongère.
  9. La souveraineté nationale est indispensable … alors que cette souveraineté (issue artificiellement et récemment de la modernité centralisatrice) n'est que le fonds de commerce des Etats et des politiciens professionnels qui en vivent.
  10. Les grandes villes sont les pôles actifs de la société … alors qu'elles deviennent les centres névrotiques des mécanismes de paupérisation, de marginalisation, de bureaucratisation et d'immigration qui polluent la réalité socioéconomique.

 

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D'un anonyme sur la Toile :

 

" Le mot 'gratuit' est généralement utilisé pudiquement pour signifier que ce sont les autres qui paient. Rien n'est gratuit dans ce bas monde."

 

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De Sundar Pichai, PDG de Google – International :

 

"J’ai longtemps eu la naïveté de croire que la technologie pouvait tout résoudre. Je sais aujourd’hui que c’est faux. En fait, c’est un paradoxe : nous misons trop sur la technologie pour résoudre les problèmes de l’humanité et en même temps nous l’accusons à tort de tous ses problèmes. En tout cas, j’ai fait en sorte que mon petit garçon n’ait pas encore de téléphone portable."

 

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L'histoire humaine est un processus.

Ce processus est une concaténation intriquée de paradigmes.

Tout paradigme est "vivant" c'est-à-dire qu'il naît, se développe, mature, décline et disparaît. Dès qu'il entre en déclin, un nouveau paradigme se met en gestation.

A son acmé, tout paradigme est "froid", stabilisé. En revanche, son déclin, lors de la croisée de sa trajectoire avec la montée du nouveau paradigme, est "chaud" et ce croisement développe autour de lui, une zone de grande turbulence qui, pour résumer et simplifier, oppose les institutions de pouvoir de l'ancien paradigme (appelées, à tort, les "élites" dont le rôle essentiel est de garantir la pérennité du paradigme qui les a fait émergé dans sa phase de développement) et la socioéconomie réelle (appelée, souvent, "la société civile" ou "l'économie réelle") qui a déjà acté, instinctivement, inconsciemment, leur obsolescence.

Les rythmes de l'histoire sont scandés par des chiffres récurrents (mais sans aucune rigueur : il s'agit d'ordre de grandeur) : 3, 7 et 11.

Le cycle de base des activités humaines est de 11 ans (cycles chromosphériques solaires ?).

Le cycle économique est de 3 cycles de 11 ans (33 ans, donc) : le premier est génial, le second est délirant, le dernier est catastrophique (ce trio a été très bien vérifié depuis 1918 … et sans doute avant, mais l'exercice est à faire).

Une vie humaine personnelle est de 7 fois 11 ans (de 7 à 84 ans, hors petite enfance et sénilité).

Un cycle paradigmatique est de 7 fois 77 ans (539 ans, chiffre globalement vérifié - à plus ou moins 30 ans près - sur les histoires européenne, chinoise et indienne, voire musulmane, même si sa grande jeunesse ne la fait entrer que dans son troisième cycle, après le cycle des califats, puis le cycle ottoman … Tous ces cycles paradigmatiques sont synchrones entre eux).

Un cycle civilisationnel concatène 3 cycles paradigmatiques et totalise donc de l'ordre de 1617 (soit 147 cycles de 11 ans). Ainsi, la civilisation chrétienne (qui n'est pas la foi évangélique), si on la fait naître au concile de Nicée en 325, voit sa fin survenir vers 1942 (Auschwitz, Pie XII, etc …) qui signe aussi le déclin irrémédiable de la Modernité née, avec la Renaissance.

 

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Mon modèle de bifurcation est complet depuis 1993 et cela fait donc 25 ans (un quart de siècle !!!) que je l'expose, l'explique, le montre … 100 conférences par an, surtout dans le monde économique des entrepreneurs. L'écho de ce modèle ne fait que s'amplifier (surtout depuis 2007-2008). Mais les gens (dirigeants ou pas) ne changent guère de référentiel et de paradigme … Ils écoutent, entendent, comprennent et acquiescent, mais ne changent finalement pas grand' chose à leur mode de fonctionnement.

Alors : décourageant ? Pas forcément. J'aime bien la parabole de Pierre Rabhi à propos des "colibris" : chacun fait sa part, à son échelle.

 

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La cabane de Thoreau ? Oui, c'est ce que nous faisons, à peu près, ici dans le Morvan. Mais globalement, ça ne tient pas dans un monde en effondrement où tout et son contraire sont possibles … dès demain (il suffit de voir comment la crétinerie des "gilets jaunes" empoisonne  profondément l'avenir de la France et sa crédibilité socioéconomique …).

 

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Il reste alors un vieux principe juif que je recommande : voter avec ses pieds … Partir, aller ailleurs, s'exiler … Tu connais l'histoire du Juif errant ? Je suis à mon trentième déménagement, dans 12 pays et porté par cinq langues … Avec une seule conclusion : la connerie humaine est la même partout, partout aussi grave et destructrice … mais elle ne s'exprime pas, partout, de la même façon. Je ne supporte plus ni la connerie africaine, ni la connerie latine …

 

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Le 29/01/2019

 

Toute la modernité, depuis la Renaissance à la toute fin du 15ème siècle, n'a été qu'une immense démonstration d'orgueil humain … au nom d'une émancipation fantasmagorique et d'un progrès improbable.

L'humilité doit devenir une des vertus cardinales du nouveau paradigme, avec la frugalité.

L'humilité - mot dérivé de l'humus - offre ce double sens de regarder l'humus afin de se rappeler d'où l'on vient et où l'on retourne … et de regarder avec respect cette terre qui nous nourrit, nous supporte (ici aussi aux deux sens du verbe) et que nous pillons et saccageons.

 

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Un média titrait, ce jour : "Crise économique mondiale en vue" et, dans un interview sur ce thème, deux économistes, sûrement illustres, réinventent, à la fois, la roue et l'eau chaude.

En gros, à les lire, ce que j'affirme depuis des années, fait son chemin :

 

  1. l'économie mondiale sort d'une logique de croissance du fait de la pénurisation générale des ressources (les prix des matières premières ne peuvent que croître exponentiellement) ;
  2. les institutions n'ont plus du tout les moyens financiers de construire une "relance" aussi vaine qu'illusoire ; les endettements maxima sont atteints ; et les tricotteries monétaires des banques centrales deviennent dérisoires (les taux d'intérêt doivent donc remonter) ;
  3. la continentalisation des bassins socioéconomiques est en marche à pas rapides et entraine des guerres commerciales lourdes ;
  4. les pouvoirs d'achat baissent déjà, partout, et induisent une paupérisation quasi générale (les délires sur la fortune du 1% le plus riche sont risibles : ils ne sont riches que de "papier" boursier qui ne vaudra bientôt plus grand' chose) ;
  5. la mise au pas - sinon la mise en sourdine - de l'économie spéculative est indispensable parce qu'elle détruit l'économie réelle et qu'elle construit des patrimoines artificiels (surtout au profit des retraités) au détriment de revenus réels (au profit des entrepreneurs et des producteurs).

 

Aucune idéologie, aucune politique économique, aucune institution n'ont le moindre pouvoir réel sur toutes ces tendances fondamentales.

 

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Le 30/01/2019

 

Il y aura 120.000 fonctionnaires de moins en France … en 2022.

Ah ! Enfin une très bonne nouvelle. Moins d’État. Moins d'institutions. Moins d'administrations. Moins de paperasses et de procédures. Moins de contrôles. Moins de flicage administratif. Moins de normes. Donc BEAUCOUP moins de fonctionnaires. La France doit sortir de ses vieux réflexes socialo-communistes. L’État n'est pas là pour faire, mais pour faire faire. Pour faire, il y a des entreprises PRIVÉES !

 

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Le fait de normaliser et de banaliser l'anormalité est dans la logique de tous les processus de dégénérescence, de déclin, de décadence, de déchéance, de déliquescence et d'avilissement.

Ne plus oser regarder la réalité en face. Et en oublier les lois de la nature et de la vie au profit de mythes et fantasmes artificiels, "hors-sol", idéologiques, urbains et délirants.

 

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N'en déplaise aux hyperféministes décérébrées et aux rétro-sexualistes dégénérés, quand je vois une femme, c'est une femme que je vois, pas un homo sapiens. Et si elle est belle et/ou intelligente, c'est une femme belle et/ou intelligente que je vois (et jamais de la chair à viol - réduire la masculinité à de la pure propension au viol ou à la drague est simplement abject … mais c'est aussi le discours "admis" de quelques groupuscules aussi activistes et ridicules, qu'idéologiquement pervers).

L'unité de base de toute communauté vivante sexuée, c'est le couple : un homme et une femme, un mâle et une femelle. Désolé ! C'est ainsi que va la Nature depuis bien avant l'arrivée de l'homo sapiens.

 

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L'étymologie, encore une fois, ouvre les portes.

La "sagesse" vient de la très latine sapientia dérivant, elle-même du participe présent sapiens (qui signifie aussi "gourmet") du verbe sapere qui signifie : "goûter, savourer, avoir du goût, avoir de la saveur, …".

Le Sage est, ainsi, celui qui savoure le monde et la vie, qui est capable d'en ressentir toute la saveur profonde.

L'étymologie grecque est assez différente et se fonde sur la sophia qui pointe vers une "habilité" particulière dans un art, une science, un domaine quelconque.

Mais les deux voies convergent et se rejoignent pour désigner la "sagesse" comme "l'habilité à goûter le monde et la vie".

Et le philosophe est celui qui aime, pratique et poursuit cette quête difficile d'apprendre à savourer le monde et la vie.

 

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La devise qu'Immanuel Kant prête à l'Aufklärung allemande et qui est empruntée à Horace, était : Aude sapere … "Ose savourer !"

Pleurnicher sur les imperfections du monde et de la vie, au nom des caprices puérils d'humains immatures, est tellement plus facile …

 

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La féodalité était un système politique décentralisé, défini par des contrats locaux et individualisés, déterminant, dans un sens, le devoir du maître (seigneur ou suzerain) d'assurer la bonne paix et les bonnes infrastructures à tous ses inféodés (manants ou vassaux) et, en retour, son droit de jouir de privilèges divers, dûment spécifiés.

 

L'effondrement de la noblesse guerrière du fait des croisades (avec, pour conséquence, son incapacité à maintenir paix et infrastructures) et la montée en puissance des villes du fait de l'émergence d'une économie marchande (et de leur "franchise" loin des pouvoirs féodaux), ont entrainé l'émergence de la modernité fondée sur l'étatisme et le bourgeoisisme (le socialisme n'étant que l'aspiration du prolétariat à s'embourgeoiser).

 

Alors un nouveau "contrat" fut imposé de fait, un contrat bien plus étatique que "social". Il est temps de voir que Hobbes et, en bon plagiaire, Rousseau après lui, ont théorisé un pur fantasme : il n'y a jamais eu de "contrat social". L'Etat central, d'abord monarchique, puis républicain, puis populaire a pris le pouvoir et l'a gardé aux travers d'institutions toutes aussi artificielles les unes que les autres.

 

Mais le contenu du "contrat" entre la machinerie institutionnelle et la société civile est resté le même, depuis toujours semble-t-il : des impôts et des prestations (flux ascendants) contre de la paix et des services (flux descendants).

 

Aujourd'hui, le contrat "étatique" est rompu : trop d'impôts (sans plus beaucoup de prestations : avec la fin du service militaire, toutes les prestations se sont quasi financiarisées) contre plus assez de paix (la société civile est gangrenée par le cancer des activismes, salafismes, extrémismes, insurrections fascisantes à la "gilets jaunes", idéologismes socialo-gauchistes, marginalismes divers …) et plus assez de services (déliquescence des hôpitaux, écoles, universités, hospices, compagnies de transport, services postaux, … ; pesanteur inacceptable des règlements, normes, codes, procédures, contrôles, … ; fonctionnarisation ubuesque des administrations de plus en plus inefficaces et inutiles, …).

 

Aujourd'hui, l'idée moderniste d'étatisme a atteint son niveau maximal de nocivité ; les Etats nationaux doivent disparaître. De nouvelles institutions, non étatiques, doivent émerger pour restaurer le "contrat" de base : paix et services contre impôts et prestations.

La continentalisation générale qui est en cours à toute vitesse, aujourd'hui, plaide pour un nouveau "contrat" politique sur deux niveaux : l'un au niveau d'une vraie fédération européenne, l'autre au niveau des vraies petites entités régionales autonomes possédant une vraie cohérence socioéconomique, culturelle et historique.

Il n'y a pas d'autre issue !

 

Le logiciel démocratique, lui aussi pur produit de la modernité, a de même atteint et dépassé ses limites. Comment définir ce que seront la "bonne" paix, les "bons" services, les "bons" impôts et les "bonnes "prestations" du futur ? Les masses sont notoirement incapables de répondre à ces questions au-delà des intérêts personnels et du très court-terme. On peut l'expérimenter à loisir dans l'écheveau absurde des "revendications" contradictoires, triviales et vulgaires des "gilets jaunes" et des factions populistes.

Les masses ne comprennent et ne désirent que le panem et circenses.

A leur égard, l'évergétisme (cfr. Paul Veyne : "Le Pain et le Cirque") est la seule issue !

 

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Curieusement, le christianisme qui prône la charité des riches envers les pauvres, a tué l'évergétisme antique, à la fin de l'empire romain d'occident.

Incompatibilité des institutions ecclésiales et impériales, et concurrence entre elles sur les droits aux prélèvements et commissions institutionnelles.

 

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Le 31/01/2019

 

De "Solovski", sur la Toile :

 

" La grande distribution à la française est une malédiction tenace et pernicieuse, déflationniste par essence et idéologie, cause in fine de récession et de perte de compétitivité, totalement parasitaire en substituant le chantage au volume à l'éthique de l'investissement et de la valeur ajoutée. Jusqu'ici les politiques n'ont jamais eu le cran de lui briser les reins hypnotisés qu'ils sont par le panier de la ménagère."

 

Il faut combattre la grande distribution dans toutes ses dimensions. Il faut sortir radicalement de la logique mortifère des prix bas et enfin admettre que c'est la qualité qui compte et que la qualité a un prix. Moins mais mieux !

 

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Il est de tradition hindouiste que chacun choisisse un des dieux du panthéon afin de s'identifier plus particulièrement à lui et de lui rendre des dévotions plus appuyées. Il s'agit d'élire, en quelque sorte, un dieu-totem à l'imitation et au culte duquel on dédiera son existence.

Dans le panthéon biblique, c'est plus particulièrement El-Elyon (le "dieu d'en-haut" - le "dieu suprême"), le dieu du sage Mèlkhi-Tzédèq, que je prendrais en affection.

De lui, il est dit ceci (Gen.:14;18-22) :

 

"Et Mèlkhy-Tzédèq, roi d'accomplissement (Shalèm), fit sortir du pain et du vin et lui [était] prêtre pour El-Elyon. Et il le bénira et il dira : 'Béni [soit] Abram pour El-Elyon, acquéreur de ciel et de terre. Et El-Elyon t'a béni qui protégea tes pierres dans ta main' … et il lui donnera pour lui de la richesse de toute [sorte]. Et le roi de Sodom dira à Abram : 'Donne-moi l'âme et fais acheter de la prise pour toi'. Et Abram dira au roi de Sodom : 'J'ai levé (haram) ma main vers YHWH [qui est] El-Elyon, acquéreur de ciel et de terre'. "

 

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[1] Pris dans le sens d'une âpreté au gain matériel généralisée, d'une cupidité financière sans limite ; et non au sens de la doctrine économique ancienne qui faisait reposer la prospérité de la nation sur la possession des métaux.

[2] A ne pas confondre avec "johannite" qui pointe vers une vieille secte hérétique. Le johannisme est le nom donné à l'ésotérisme chrétien dans le lignée de Joachim de Fiore.

 

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NOUVEAU : Le Tome 18 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement)