Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - OCTOBRE 2020 + lien vers le tome 23 !

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

RAPPEL

Le séminaire "La Grande Bifurcation" se tiendra du 22 au 26 mars 2021

Information et inscription dès maintenant !

 

01/11/2020

 

Quand donc, dans le discours entre hommes et femmes, cessera-t-on de parler d'égalité et de parité pour, enfin, retrouver la complémentarité.

La Nature a inventé la différenciation sexuelle précisément pour qu'il y ait différence et donc complémentarité, pour que ce qui était unipolaire et médiocre, devienne bipolaire et efficient : mâle et femelle ont pu, chacun de leur côté, développer des efficiences nouvelles qu'un pauvre unisexué solitaire n'aurait jamais eu ni le temps, ni l'énergie, ni le courage de perfectionner.

Oui, la femme est merveilleusement différente de l'homme (et vice-versa, sans doute …) et cette différence dans ses spécificités physiques, affectives, mentales et spirituelles, est notre richesse à tous deux.

 

Et cessons de parler de la domination de la femme par l'homme (ou des violences conjugales unidirectionnelles). Bien sûr que, parmi les humains, il y a des dominateurs et des violents, des barbares et des salopards, des sadiques et des cruels (et plus souvent mâles que femelles … quoique …) … mais cessons de faire des généralisations plus qu'abusives.

Presque partout j'ai constaté que la norme n'est pas celle-là, n'est pas cette caricature du macho débile qui "roule des mécaniques", qui "fout des mandales" et qui "pince les fesses des nanas" ; presque partout j'ai vu des couples unis où la femme mène la barque de l'intérieur et où l'homme fait l'interface extérieur, où les décisions se prennent en commun mais où l'avis de la femme prédomine souvent, où l'affection, la tendresse et l'amitié réciproques est la règle d'or, où les enfants se tournent toujours vers leur mère par priorité, etc …

 

Je tiens à le répéter ici, encore une fois : l'unité de base du monde humain n'est pas l'individu isolé, mais le couple hétérosexuel ; tout le reste n'est qu'anomalie contre-nature, le plus souvent sympathique et bien tolérable (sauf quand cela  devient vindicatif et idéologique).

Surtout face aux fans de ces lesbiennes notoires que furent Simone de Beauvoir ou Judith Butler, il faut rappeler souvent que l'humain est un animal comme les autres et, donc, que c'est le sexe qui induit le genre, que c'est la biologie qui induit la psychologie et que c'est la nature qui induit la culture … et jamais l'inverse.

La Vie et la Nature ont voulu la différenciation sexuelle et il faut la respecter, la pratiquer et la magnifier (au lieu de la dénigrer comme c'est la mode aujourd'hui dans les officines ridicules du LGBT et de l'hyperféminisme).

 

La différenciation sexuelle induit, entre hommes et femmes, des répartitions de rôles et de fonctions pour lesquels la Nature a bien équipé les corps et les esprits, eux aussi bien différents. Et c'est tant mieux car c'est une richesse pour chacun que cette complémentarité des aptitudes et des talents.

 

Ce n'est pas la différenciation des sexes qu'il faut combattre ; ce qu'il faut combattre avec la plus extrême énergie, c'est l'uniformité que certains voudraient imposer au nom d'un égalitarisme suranné et mortifère. En termes physiciens, l'uniformité et l'égalité, cela s'appelle l'entropie maximale, c'est-à-dire la mort ! La Vie n'est possible et ne se nourrit que des différences qui doivent être clairement marquées, cultivées et assumées.

Les mots sont là : l'uniformité et l'égalité mènent à la médiocrité c'est-à-dire à la tyrannie de la "moyenne" (mediocris, en latin).

 

Bien sûr, on peut gloser à l'infini sur l'égalité des droits, l'égalité des chances, l'égalité des revenus (à productivité égale), etc … Toutes ces questions sont légitimes, mais sortent totalement du cadre de la différenciation sexuelle : elles se posent pour tous les individus humains entre eux, quel que soit leur sexe.

 

Je crains que ce faux débat sur l'égalité et la parité des sexes ne masque une tout autre question, bien plus profonde et bien plus terrible : celle du refus du couple comme unité fondamentale de l'humanité (et, par suite, le refus confus de la Nature et du Réel, et des contraintes qu'ils imposent à tout ce qui émane d'eux, humanité comprise).

Ce serait là l'expression ultime de l'individualisme forcené c'est-à-dire de cet égocentrisme narcissique et nombriliste qui est obsédé par l'accomplissement de soi, sans comprendre que celui-ci est impossible sans, aussi, l'accomplissement de l'autour de soi.

L'accomplissement de soi seul, pour soi seul, par soi seul est une totale absurdité nihiliste qui ne donne de sens à rien, surtout pas à l'existence personnelle qui n'est plus, alors, qu'une longue et morne masturbation solitaire, une sorte de suicide lent : celui du poisson rouge devenant fou à force de tourner en rond dans un bocal transparent appelé FaceBook ou autre.

 

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Le degré de civilité d'un humain se mesure à sa capacité de respecter la fragilité des choses et des êtres.

 

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Il est patent que chez les animaux supérieurs en général et les grands singes en particulier, la patrilinéarité n'existe pas. Les enfants sont ceux de leur seule mère – même s'ils sont adoptés collectivement par le groupe.

En revanche, et sauf exception, la patrilinéarité est quasi partout la règle, et depuis longtemps, chez les humains.

La matrilinéarité est naturelle alors que la patrilinéarité est culturelle.

Pourquoi ? Pour quoi ? Les paléoanthropologues n'ont pas encore réussi à trancher la question …

 

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Le tabou du sang est universel et immémorial : le sang de vie (le sang menstruel) et le sang de mort (le sang de l'abattage ou du sacrifice) ne peuvent jamais entrer en contact l'un avec l'autre.

 

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L'éthique, la morale, le droit et la justice sont trois notions différentes qui, parfois, convergent, mais pas toujours, loin s'en faut.

Ethique … qu'est-ce que je considère, pour moi, comme un bien ?

Morale … qu'est-ce que la majorité, autour de moi, considère comme bien ?

Droit … comment les institutions de pouvoir traduisent-elles la morale ?

Justice …

  • extrinsèque : le droit respecte-t-il la morale ?
  • intrinsèque : le droit respecte-t-il mon éthique ?

Ethique : dans quel but ? Une éthique n'a de sens que par rapport à un projet : est bien/mal ce qui est bien/mal pour l'accomplissement de ce projet.

Morale : elle est un improbable cocktail entre tradition et éthique collectives, entre mémoire et projet communs. Qu'y a-t-il de commun ?

Droit : pour qui ? Qui a des droits ? En cas de conflit de droits, qui a le droit pour lui ?

Justice : par rapport à quoi ? Un jugement n'est jamais juste dans l'absolu ; il ne l'est que par rapport à des critères idéologiques, religieux, moraux ou éthiques.

Donc, encore une fois, ces notions d'éthique, de morale, de droit ou de justice n'ont de sens que par rapport au projet qui les détermine.

C'est donc ce projet qu'il faut jauger/juger ; tout le reste en découle.

L'histoire humaine monte que ce sont les totalitarisme qui se construisent sur un projet global et "collectif" (téléguidé par quelques despotes ou démagogues).

Le monde libéral n'a pas de tels projets globaux puisque son fondement est de favoriser, en tout, les projets personnels et locaux les plus constructifs, les plus positifs, les plus créatifs, les plus accomplissants.

Dans un monde libéral, les notions de morale et de droit s'étiolent au profit des notions d'éthique (personnelle) et de justice (au cas le cas) : pas de codes, que des juges.

 

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Le socialisme est une idée morte et enterrée.

 

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Le libéralisme est l'exact opposé du totalitarisme, quelle qu'en soit la forme, radicalisée ou molle, insidieuse ou flemmarde, autoritaire ou démocratique, progressiste ou conservatrice.

Le libéralisme, c'est mettre la politique (c'est-à-dire les systèmes infrastructurels et régulatoires) au service des personnes, physiques et morales.

Le libéralisme s'oppose aux notions mêmes de "société", de "nation" ou de "peuple" qui ne sont que des abstractions artificielles.

 

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Le 02/11/2020

 

De Christophe Haag :

 

"J'ai entendu un jour Alain Mérieux, âgé de quatre-vingts ans et à la tête de l'entreprise qui porte son nom, donner un conseil plein de bon sens à des étudiants : "Arrêtons de nous entourer de cons, de personnes toxiques... j'ai attendu mes soixante-dix ans pour le faire et depuis, je suis heureux !"

Suivons son conseil, et essayons de limiter nos interactions avec ces personnes toxiques que Robert Sutton appelle affectueusement les "sales cons" et dont nous avons révélé la contagiosité. Et en passant, que les personnes qui se sentent à l'aise dans un environnement pollué par ce type d'enflures émotionnellement toxiques se posent des questions, car ce n'est pas un signe de bonne santé mentale que de s'y être adapté."

 

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D'Alan Jones, journaliste qui travaille à Sky News Australie, à des jeunes qui manifestaient pour le climat :

 

"Vous êtes la première génération à avoir demandé la climatisation dans chaque salle de classe ; vous apprenez vos leçons sur un ordinateur ; vous avez une télévision dans chaque pièce et vous utilisez toute la journée des moyens électroniques ; au lieu de marcher pour aller à l’école, vous prenez toutes sortes de moyens de transport. Vous êtes les plus grands consommateurs de biens de

consommation de toute l’histoire de l’humanité, vous achetez sans cesse les vêtements les plus chers pour être “tendance” et votre protestation est annoncée par voie numérique. Alors, les mômes, avant de protester, éteignez

la clim, allez à l’école à pied, rangez vos smartphones et lisez un livre… Ce qui n’arrivera pas, parce que vous êtes mal élevés et manipulés par des gens qui vous utilisent en disant que votre cause est noble tout en vous plongeant dans le luxe occidental le plus fou. Réveillez-vous, et fermez-la. Informez-vous des faits avant de protester et commencez par respecter vos aînés."

 

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Agriculture en France ...

Ils sont 400 000 en 2019 ! C'est-à-dire 1,5 % de l'emploi total. Ils étaient 6,2 millions en 1955 (31 % de l'emploi total) et 1,6 millions en 1982 (7,1 %). 55 % ont plus de 50 ans, 73 % sont des hommes et 19 % ont une conjointe. La durée du travail : plus de 55 heures de travail hebdomadaire. (Source : Insee)

 

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Je pense que l'heure est venue de dépasser la notion de "communauté" au moyen de celle de "réseau".

L'histoire sociale humaine est passée, successivement, de l'idée de communauté  à celle de société puis, aujourd'hui, à celle de réseau.

 

Un réseau est une communauté en ce sens qu'il se construit sur l'idée d'un patrimoine et/ou d'un projet communs (FaceBook n'est donc pas du tout un réseau, mais bien une plateforme) ; mais il s'en distingue par le fait que les liens qui unissent ses membres, sont largement dématérialisés. Une communauté est liée à un lieu physique ; le réseau ne l'est pas.

 

Cependant, tant l'idée de communauté que celle de réseau s'opposent au concept de "société" c'est-à-dire d'appartenance contractuelle (le "contrat social" de Hobbes repris par Rousseau, ou le "contrat d'emploi" en entreprise).

La société repose sur la notion d'échange contractualisé alors que la communauté et le réseau reposent sur la notion d'une intention commune.

 

Des concepts anciens tels que ceux, entre autres, de famille (au sens large) ou d'entreprise (au sens de projet entrepreneurial) doivent être reconceptualisés comme réseaux de vie et non plus seulement comme communauté de vie.

Pour faire simple – peut-être trop simple – un réseau, c'est une communauté plus de la dématérialisation.

 

Le monde noétique qui vient, sera une mosaïque de réseaux intriqués. Cette mosaïque évoluera sur une plateforme commune où tous les réseaux seront en contact, les uns avec les autres, au travers des multi-appartenances de leurs membres ; cette plate-forme, certainement continentale, aura la mission de réguler et de réglementer les relations entre les réseaux privés qui s'y déploieront (par exemple, exclure et neutraliser les réseaux dont l'intention est malsaine, violente, destructrice ou radicalisée).

 

Il faut en profiter, ici, pour faire l'essentielle distinction entre une plateforme et un réseau. Une plateforme n'a aucun autre but que de permettre des échanges ou des rencontres (c'est le cas de tous les si mal nommés "réseaux sociaux") ; alors qu'un vrai réseau a une "'âme" qui l'anime, une intention forte qui consiste, habituellement, à faire fructifier un patrimoine commun et/ou à faire s'accomplir un projet commun.

 

Un réseau noétique est un lieu réel (donc non virtuel) mais essentiellement immatériel dont les rencontres physiques ne seront pas exclues – loin de là dans certains cas -, mais où elles ne seront plus centrales.

Un réseau noétique est donc un lieu de rencontre d'esprits humains au service d'une intention commune ; un réseau noétique qui réussit, sera tel qu'il fera communier (du latin cum munire : "construire ensemble") des esprits séparés dans un Esprit commun semblable à un Egrégore (un joli mot de grec ancien, ressuscité par Victor Hugo, qu'il faut nettoyer de toutes ses acceptions "surnaturelles", "occultistes" ou "magiques").

 

Wikipédia donne une très bonne définition du mot "égrégore" : "Un égrégore est, un concept désignant un esprit de groupe constitué par l'agrégation des intentions, des énergies et des désirs de plusieurs individus unis dans un but bien défini". C'est bien cela la définition d'un réseau noétique.

 

Le monde noétique de demain sera donc un monde d'égrégores interagissants sur des plateformes continentales ("continent" doit ici être pris au sens historico-culturel au-delà du sens géographique).

 

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Ne jamais confondre "bienveillance" et "complaisance" !

Tout au contraire, il n'y a jamais de "bienveillance" sans "exigence".

On peut en dire autant (et même beaucoup plus) de la "fraternité" qui, aussi, est une "exigence" puissante d'honorer le "Père" (le projet commun) et la "Mère" (le patrimoine commun) qui fondent l'intention qui rassemble des "frères" pour "communier" (construire ensemble).

 

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Le sionisme est, originellement, une idée ashkénaze (plutôt socialiste et athée). Les pères fondateurs de l'Etat d'Israël était d'ailleurs tous issus des pays d'Europe de l'Est ; anciens communistes déçus, souvent, mais toujours ardemment socialistes, habités par une idéologie messianiste laïque).

Les sépharades d'Afrique du Nord ne rejoignirent l'idée sioniste qu'après la décolonisation et la montée d'un islamisme foncièrement antisémite (comme le Coran). C'est de cette époque que datent les mouvements religieux sur l'échiquier politique israélien.

 

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Au fondement intime de l'antijudaïsme sous toutes ses formes (de l'antisémitisme à l'antisionisme), il y a l'attachement des Juifs à leur autonomie dans toutes les dimensions économiques, culturelles, cultuelles, spirituelles,  religieuses, éthiques, … de la vie concrète. Cette obsession de l'autonomie vient sans doute de l'expérience fondatrice de la Maison d'Israël, à savoir l'esclavage en Egypte et la libération pascale par Moïse.

Ce goût immodéré pour l'autonomie (personnelle et communautaire) a alimenté conjointement – et c'est là le comble du paradoxe - le ressentiment de tous les opprimés (qui voient les Juifs comme des arrivistes refusant la pleurnicherie des pleutres) et la haine de tous les oppresseurs (qui voient les Juifs comme des arrogants "à la nuque raide" refusant de se soumettre aux pouvoirs en place, qu'ils soient politiques ou religieux). En étant désignés comme l'ennemi commun, les Juifs ont joué le rôle de repoussoir commun – et donc, quelque part, de réconciliateur - des oppresseurs et de leurs opprimés.

 

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Le 03/11/2020

 

De Valérie Toranian :

 

"Les islamistes s’attaquent-ils à la France ou à la République ? À notre culture et à nos mœurs, ou à la laïcité ? Aux deux, bien entendu. À 'ce que nous sommes', qui est fondé sur nos multiples héritages, et à ce que nous défendons, un projet de société qui ne reconnaît que des individus et non des communautés."

 

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Il faut détruire le mythe de la Silicon Valley, de sa "contre-culture" et de sa capacité d'innovation (contrarian thinking après le lateral thinking de de Bono). Il faut remettre les pendules à l'heure : il s'agit d'un pur mythe qui attire autant les mythomanes (du genre Elon Musk) que les adulescents hystériques ou attardés (Mark Zuckerberg en est le prototype avec son éternel look de teenager).

Il ne sort de là que des gadgets parfois amusants et le plus souvent parfaitement inutiles, sans aucune valeur d'utilité économique, car il faut le dire clairement : FaceBook, YouTube, SnapChat, NetFlix, Twitter, Instagram, etc … etc … sont des jouets qui ne servent à rien, des fumisteries pour adulescents.

Le vrai numérique utile qui fera le monde de demain, n'est pas californien.

 

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La seule vraie vie est toute intérieure. Elle seule importe.

Prendre la Vie très au sérieux sans se prendre au sérieux.

Si l'on éliminait tout ce dont on peut se passer, quel épurement de la Vie ce serait.

Pour vivre "dehors", il faut d'abord vivre "dedans".

Il faut tout un univers intérieur, bien consistant et bien vivant, pour rayonner vers le monde extérieur sans jamais dépendre le lui. C'est à l'intérieur de soi que l'on s'accomplit, et nulle part ailleurs. Et cet accomplissement, tout intérieur, alimente un immense réservoir d'énergie vitale.

C'est, au contraire, l'abyssal vide intérieur des contemporains qui leur fait donner un poids hypertrophié, artificiel et illusoire à la socialité, au lien social. Ce que l'on n'est pas capable de vivre au-dedans, on essaie de se le faire jouer au dehors.

 

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Les radicalisations actuelles sont les nouveaux avatars d'un concept unique : celui d'extrémisme. Trois questions se posent : qu'est-ce que l'extrémisme ? quelle est la finalité de l'extrémisme ? quel est l'antidote à l'extrémisme ?

 

Qu'est-ce que l'extrémisme ? Il nécessite deux ingrédients de base : une dualisation générale (le bon et le méchant) et une haine aveugle (le bon veut détruire le méchant).

Toute dualisation (du monde, de l'humanité, de l'humain, d'un problème quelconque, …) étant toujours un simplisme débilitant, tout extrémisme, par construction, est une débilité.

De plus, même si un esprit simple ne peut voir les choses que duellement (ce qui montre à l'évidence que le meilleur remède aux extrémismes est l'instruction et que l'illettrisme ambiant leur est un terreau plus que favorable), la réponse à cette dualisation ne doit pas nécessairement devenir une guerre à mort (sauf à qui le martyre – de soi ou de l'autre - apparaît être le comble de la réussite, posture qui n'est plus le propre seulement d'un esprit simple, mais bien plus la folie d'un esprit malade).

 

Quelle est la finalité de l'extrémisme ? La destruction de "l'ennemi" désigné. A ses propre yeux, l'extrémiste incarne "le bon" ; mais qui est, pour lui, le "méchant" c'est-à-dire l'ennemi absolu ? C'est celui que son ressentiment violent et viscéral lui désigne comme la cause (le bouc émissaire) de sa propre médiocrité. Cette médiocrité de l'extrémiste prend deux formes. Celle d'être incapable d'accepter ce qu'il est, face aux autres qui lui apparaissent comme injustement dotés ou doués de toutes les richesses ; et/ou celle d'être incapable de dépasser une "blessure", souvent imaginaire, qu'il n'a en général pas subie lui-même. Dans les deux cas de figure, c'est sa propre incapacité, sa propre médiocrité qui anime et alimente l'extrémiste.

 

Quel est l'antidote à l'extrémisme ? Les politiques et les médias ne savent plus à quels saints se vouer : cet antidote est-il la démocratie, la laïcité, les droits de l'homme, le républicanisme, la tolérance, le mépris, l'autoflagellation, le repentir, la conversion, la force, l'expulsion, etc … ? Rien de tout cela (même si ces pistes anciennes posent parfois de bonnes questions) !

Quelle est la source profonde de l'impuissance des systèmes civilisés face aux boutoirs barbares ? La même que celle qui fait que les organismes vivants sont naturellement incapables de lutter contre le développement de cellules et de tumeurs cancéreuses. Car c'est bien d'un cancer social dont on parle. Des tumeurs d'abord bénignes qui prolifèrent peu à peu et que l'on peut encore faire disparaître à coups de chimiothérapies légères. Des tumeurs ensuite malignes qu'il fait extraire chirurgicalement pour les détruire et dont il faut traiter impitoyablement les éventuelles (quasi certaines) métastases.

Les divers rétro-activismes en sont encore au stade de la tumeur bénigne ; mais l'islamisme en est clairement au stade malin et tueur.

Ce n'est plus de politologues ou d'idéologues que nos sociétés ont besoin, mais de vrais cancérologues, armés de bons scalpels, de redoutables rayons lasers et de chimios lourdes ! Et dès qu'une cellule est suspecte, il faut la tuer de crainte qu'elle ne contamine … : il faut expulser, séance tenante, tout musulman (français ou pas, mineur ou pas) qui ne serait pas impeccablement républicain !

Il faut dorénavant parler de tumeurs islamistes qui rongent les organes les plus faibles de nos corps sociaux !

 

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Les philosophes médiatisés d'aujourd'hui (Ferry, Onfray, Enthoven, etc …) ne comprennent plus rien à ce qui se passe ; ils sont prisonniers de leur ancien paradigme (tout comme les médias qui les médiatisent) et sont totalement incapables d'en sortir pour voir, accepter et assumer la mutation paradigmatique ambiante. Ils sont perdus !

Ils pleurnichent sur le "tout fout l'camp" et ne jurent plus que par leurs anciennes utopies simplistes et obsolètes : qui la "gauche", qui les "lumières", qui le "marxisme", qui la "république", qui les "droits de l'homme", qui la "laïcité", qui le "peuple", qui la "nation", …

Ils ne comprennent pas que nous vivons une apocalypse (un "dévoilement" au sens spirituel) de même nature et de même ampleur que celle vécue lors du passage, au 4ème siècle, du théocentrisme antique à l'anthropocentrisme chrétien.

Notre apocalypse à nous, nous fait passer de l'anthropocentrisme chrétien (déchristianisé par la Modernité), à un cosmocentrisme panenthéiste qui remet l'homme à sa juste et petite place, et qui rejette toute forme de surnaturalisme.

 

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Aujourd'hui, par "effet numérique", lorsqu'un patient se présente chez son médecin, ce n'est plus (seulement) contre la maladie que celui-ci doit se battre, mais contre ce que l'on en dit sur la Toile et que le patient croit en avoir compris.

 

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Plus l'ignorance s'approfondit, plus ceux qui la portent, deviennent incapables de reconnaître un simple : "je ne sais pas".

 

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Plus quelqu'un a une opinion sur tout, plus il prouve qu'il n'y connaît rien.

 

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Il faut apprendre aux pauvres à devenir plus riches.

 

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Le 04/11/2020

 

Contrairement à ce que voudraient croire nos fantasmes mathématiques humains, rien, dans l'univers n'est symétrique, rien n'est géométrique (tous ceux qui, un jour, ont fait de la cuisine ont expérimenté qu'aucun fruit ou légume, qu'aucun morceau de viande ou de poisson ne "colle" avec les droites et les cercles de nos outils humains).

Même si les mathématiques peuvent parfois en simuler certains aspects, le cosmos n'est pas mathématique.

 

Le Réel participe d'une autre logique ( constructive et non déductive, opportuniste et non légaliste, intentionnelle et non causale, …) que celle du langage mathématique. Le processus cosmique n'est pas un assemblage additif de grandeurs quantitatives qui se conservent : il n'y a pas d'immuabilité de l'Être, mais il y a un Devenir en construction permanente selon un principe d'optimalité eidétique.

Ce principe eidétique n'est ni purement "quantitatif" (mathématique), ni purement "qualitatif" (esthétique), mais qui relève d'une "troisième voie".

Celle-ci est celle du "constructif" : celle de l'accomplissement optimal – la fois quantitativement et qualitativement , celle de  l'intentionnalité.

 

Il n'y a aucune "loi", ni mathématique, ni esthétique, donnée a priori ; c'est en se construisant que le cosmos s'est donné (par émergence, après essais et erreurs) des règles d'efficience qui sont, progressivement, devenues des "lois universelles" avec des "constantes universelles".

Il faut apprendre à comprendre le Réel comme un organisme vivant qui, selon ce qu'il vit, adopte et adapte des comportements les plus adéquats possibles qui, s'ils se révèlent vraiment efficaces, deviennent ses réflexes (son instinct), puis ses règles de vie.

 

Et il faut apprendre à tirer toutes les conséquences fondamentales de cette nouvelle posture cosmologique, par exemple :

 

  • Comprendre que le Réel prématériel n'avait encore rien de "mathématisable" et donc qu'extrapoler mathématiquement les lois actuelles du cosmos vers le passé, en amont du stade d'émergence des lois conservatives qui ne concernent que la Matière, n'a aucun sens : le big-bang n'est pas l'émergence du Tout à partir du Rien, il est l'émergence des lois de la Matière au départ de la soupe prématérielle.
  • Comprendre que l'esprit humain avec tous ses attirails est un pur produit de la "couche" matérielle du Réel, qu'il est donc coincé entre la couche prématérielle et la couche immatérielle (celle des principes intentionnels atemporels) ; les langages humains qui sont tous des émergences de notre expérience matérielle, sont donc totalement inadéquats pour aborder la réalité prématérielle et la réalité immatérielle.
  • Comprendre que l'originelle "couche" prématérielle est purement dynamique ; elle consiste en de l'activité pure (que l'on peut qualifier de "bosonique" pour faire un pont avec le modèle standard quantique) où les notions de volumes et de formes n'ont aucun sens. Ainsi, les dimensions topologiques (le volume spatial) et eidétiques (la complexité formelle) du cosmos n'y étaient que latentes ou embryonnaires ; elles ne se sont déployées, dans un mouvement d'expansion, qu'avec l'émergence de la Matière qui avait besoin d'espace volumique et de complexité eidétique pour s'accomplir.

 

Ce qui change profondément, dans cette nouvelle vision cosmologique, c'est l'idée axiale du téléocentrisme (la primauté de l'intention) qui exprime que l'évolution de l'univers n'est pas due à une "poussée" du passé, mais bien à une "attraction" du futur. Cet intentionnalisme (dénué de tout finalisme) ouvre les portes à un créativisme cosmique et donc à des espaces d'autonomies locales que le déterminisme mécaniciste rendait impossibles.

Le cosmos n'est pas mathématicien, il est architecte, mi-ingénieur astucieux et économe, mi-virtuose créatif et génial.

La vieille intuition maçonnique du "Grand Architecte de l'Univers" est absolument fantastique.

 

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Le 05/11/2020

 

Elections américaines …

En gros, l'Amérique de l'argent, l'Amérique financiaro-industrielle (et noire) choisit Biden …

L'Amérique de la terre, l'Amérique des red-necks (et des latinos) choisit Trump (à quelques exceptions surprenantes près …) …

Et les deux camps sont approximativement de même poids.

La devise qui symbolisait l'unité des USA était : one money, one army, one language … le premier et le dernier de ces trois points ne sont plus tout-à-fait d'actualité (cfr. euro et bitcoin, d'une part, et espagnol et chinois, d'autre part). Quant à l'armée, elle est le dernier refuge des noirs …

Je suis tenté de croire que les Etats-Unis sont au bord de l'implosion et que l'Angloland sera moins monolithique que l'on aurait pu le croire.

 

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"De grâce, pas d'amalgame …" ; cette antienne revient perpétuellement dans la bouche et dans les médias de la bien-pensance (surtout islamo-gauchiste et socialo-gauchiste).

Il ne s'agit pas d'amalgame ; il s'agit de bien lire le Coran et de comprendre que le sens premier de ce texte (ainsi qu'il est lu par les imams islamistes et salafistes, mais pas seulement, loin s'en faut) repose clairement et indubitablement sur la domination (contre toutes les libertés), sur le totalitarisme (contre tous les libéralismes), sur l'ostracisme (contre tout ce qui est non-musulman), sur l'intolérance (contre tous les différencialismes), sur le culte du sang versé (contre tout respect de la vie), sur le mythe du martyr (contre tout bon sens) et sur la guerre sainte (contre tous les "infidèles").

Il ne faut jamais oublier que ce texte a été écrit dans un milieu quasi-illettré (où l'inspiration chrétienne était dominante), dans une région désertique sans culture, dans un septième siècle d'une rare obscurité et dans une société où le pillage étaient la norme.

L'Islam de base en est resté là !

C'est cet Islam qui forge l'actuel islamisme. Et oublions le "politique" qu'on s'obstine à adjoindre au mot "islamisme" : l'islamisme a toujours été une idéologie religieuse à visée essentiellement politique.

Les représentants du Prophète doivent être soumis à Allah. Les musulmans mâles adultes doivent être soumis aux représentants d'Allah et tous les autres (femmes, enfants et non musulmans) doivent être soumis aux musulmans mâles adultes. Idéologie absolue de la soumission hiérarchique et primaire.

En arabe, islam signifie "soumission", ne l'oublions pas.

 

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Le 06/11/2020

 

Toutes les preuves logiques, théologiques et ontologiques de l'existence de Dieu ont échoué …

Essayez ceci : libellez un de vos chèques à hauteur de 1.000 euros et envoyez-le à : "Dieu – Le Paradis – France".

Si le chèque est encaissé, c'est que Dieu existe (peu importe, d'ailleurs, l'adresse exacte puisque Dieu est partout) !

 

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Tout ce qui existe, n'existe que parce qu'il est une solution à un problème local préexistant.

Tout ce qui existe, ne continue d'exister que parce qu'il contribue à la résolution d'un problème plus global.

Exemple …

Un être humain ne naît que parce que sa naissance résout un problème socio-bio-existentiel de ses parents.

Un être humain ne continue à vivre que s'il trouve un sens à sa vie, c'est-à-dire que s'il comprend qu'il doit contribuer à ce qui le dépasse.

 

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Si la Nature a opté pour la différenciation sexuelle entre hommes et femmes (et plus généralement, pour toutes les espèces sexuées, entre mâles et femelles), c'est que cette différence a un sens et une valeur au service de l'efficience de la Vie, une différenciation qu'il faut donc respecter (qui sommes-nous pour dire à la Nature ce qu'elle peut faire ou pas ?).

Cette différence appelle un respect réciproque et une complémentarité mutuelle, où il ne saurait être question ni de supériorité ou d'infériorité, ni de domination ou de soumission. Cette différence tant physique que mentale, oblige à rejeter, ipso facto, comme logiquement absurde, toute notion d'égalité (ce qui est différent ne saurait être égal), de parité obligatoire (ce qui est un égalitarisme arbitraire encore plus ridicule, puisqu'il est artificiellement statistique et ne tient pas compte des aptitudes et des goûts des personnes), ou de mixité de principe (la complémentarité ne joue pas sur tous les tableaux, notamment là où les relations de séduction entre les sexes seraient nocives).

 

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Le 07/11/2020

 

Je crois que l'on a tort de confondre "réchauffement climatique" et "dérèglement (chaotisation) climatique". Les chiffres sur le long terme le montrent bien. Et cette actuelle chaotisation touche toutes les dimensions du "système" Terre-Humanité" (pas seulement les dimensions écosystémiques, mais aussi toutes les dimensions clairement anthropiques).

Cela dit, il reste une énigme : la succession des ères de glaciation/déglaciation sur Terre n'ont rien à voir avec l'activité solaire, alors quelle est sa logicité ?

 

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Malgré qu'elle naisse avec le christianisme de masse, l'ère civilisationnelle qui est en train de s'effondrer doit être appelée "messianique" plutôt que "christique" (qui veut dire la même chose, mais qui fait plus chrétien : Christos, en grec, et Messia'h, en hébreu, signifient la même chose : celui qui est oint, qui est élu, qui est investi d'une mission sacrale).

Ce messianisme qui n'a rien ni de biblique, ni de lévitique (le lévitisme est le judaïsme originel tel que le reflète la Torah) est un idéalisme qui pose que le Sacré est HORS de la Nature et du Cosmos, que le Réel est "mauvais" et que l'idéal est dans un autre monde qu'il faut "mériter par le Salut" (version religieuse) ou "révolutionner par l'Emancipation" (version idéologique).

 

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Structure de l'histoire occidentale :

  • Ere antique : holocentrisme (de -1250 à 400)
    • Chaldéité de -1250 à -700
    • Hellénité de -700 à -150
    • Romanité de -150 à 400
  • Ere messianique : endocentrisme (de 400 à 2050)
    • Christianité de 400 à 950
    • Féodalité de 950 à 1500
    • Modernité de 1500 à 2050
  • Ere noétique : téléocentrisme (de 2050 à 3700)
    • Noéticité de 2050 à 2600

 

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Tu sais pourquoi la Vie est magnifique ? Par le regard de ceux qu'on aime !

 

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Le 08/11/2020

 

L.es âges ontique et messianique sont derrière nous. Nous entrons dans l'âge initiatique qui fait de la Construction du Réel, son activité (constructivisme) et de l'Intention du Réel, son guide (téléosophie ou téléocentrisme).

 

L'histoire de la culture occidentale s'est organisée en trois âges successifs.

Ces trois âges civilisationnels correspondent aux trois questions premières :

 

  • Où suis-je ? C'est prendre conscience que l'on est "jeté au monde" selon l'expression de Martin Heidegger, que l'on est pris dans un "quelque chose" qui est extérieur à soi et qu'il faut comprendre pour y survivre. En route vers cette compréhension de l'Ordre du monde, deux chemins s'ouvrent : celui du Kosmos qui est immanent à la Nature et celui du Théos qui est transcendant à la Nature. Ce cosmocentrisme et ce théocentrisme constituent les deux faces complémentaires de l'âge ontique (de -1250 à 400), celui de l'holocentrisme (le centre est le Tout).
  • Qui suis-je ? C'est prendre conscience d'une intériorité intime qui est face au monde, qui nous habite et nous anime : il existe "quelque chose" en chacun qui fait l'humain contre l'inhumain du monde, et ce qui fait cet humain doit être libéré pour être sauvé de l'inhumanité. Encore une fois, cet anthropocentrisme peut prendre deux voies : celle qui choisit le Salut hors du monde, au-delà du monde, dans le monde de l'au-delà, et celle qui choisit l'Emancipation dans un monde qu'il faut humaniser par un immense effort de "progrès" contre-nature. Ces deux voies, l'une sotériologique, l'autre idéologique, constituent les deux visages de l'âge messianique (de 400 à 2050), celui de l'endocentrisme (le centre est l'âme humaine).
  • Que fais-je ? C'est prendre conscience que le monde "extérieur" et le moi "intérieur" ne sont que deux manifestations complémentaires d'un même processus de construction, d'un même chantier qu'expriment, en même temps, l'Ordre du monde extérieur et la Libération de l'âme intérieure. Mais il ne peut exister de chantier s'il n'existe pas d'abord, "sous lui", une Intention de construire "quelque chose". C'est cette Intention originelle qui est l'Architecte de tout ce qui existe, avec deux beaux visages complémentaires : celui de l'Architecte-ingénieur (qui calcule, planifie, économise, optimise, solidifie, …) et celui de l'Architecte-artiste (qui improvise, crée, invente, essaie, ose, …). Il faut alors prendre conscience que l'accomplissement holocentré du monde et l'accomplissement endocentré du moi ne sont que les deux faces complémentaires du seul et unique accomplissement de l'Intention originelle : l'un ne va pas sans l'autre car l'accomplissement de soi passe aussi par l'accomplissement de l'autour de soi. Ce chantier de l'accomplissement de l'Intention par l'accomplissement de l'Ordre du monde et l'accomplissement de la Libération de l'âme, appelle un téléocentrisme (le centre est l'intention) qui sera le cœur vivant de l'âge initiatique qui vient.

 

En somme, il faut dépasser l'illusion de l'Être extérieur et l'illusion de l'Être intérieur pour enfin embrasser le Devenir au-delà de toute notion d'Être.

Cet embrassement est un embrasement qui "initie" le voyage vers l'accomplissement de l'Intention.

 

La seule grande question qui reste alors est celle-ci : quelle est l'Intention originelle qui alimente, justifie et donne sens à tous les accomplissements ? quelle est la nature profonde de cette Intention qui fera (fait déjà, sans que nous le sachions clairement) tout communier (du latin cum munire : "construire ensemble") ?

 

Le téléocentrisme est un constructivisme.

Le constructivisme n'est jamais assemblage, mais il est toujours émergence, comme un arbre qui pousse à partir de sa graine fécondée.

Tout ce qui existe se construit par accumulation, sans plan mais mû par une intention unique et immanente, en inventant, au fil du chantier, les pratiques de construction les plus adéquates pour que le processus d'ensemble s'accomplisse, optimalement, en plénitude.

 

La plénitude n'est pas un but final, mais bien une intention continuellement présente, dans chaque ici et maintenant.

Pour les hommes, "plénitude" et "sacré" se confondent.

Pour une personne ou une communauté, qu'est-ce qui est "sacré" ?

Qu'est-ce qui exprime ce pour quoi on est prêt à faire tous les "sacrifices" (ce qui fait le "sacré") en s'y "consacrant" (se "sacraliser" avec) totalement ?

 

On peut affirmer que le Réel a un sens, non parce qu'il est orienté vers une finalité qui aurait été définie a priori, mais bien parce qu'il est guidé par une même intention renouvelée à chaque instant présent.

 

L'unité cohésive et cohérente de l'univers est induite et maintenue par l'unicité et la cohérence de l'Intention cosmique.

Un processus n'est possible et ne s'accomplit qu'en interdépendance avec les autres processus avec lesquels il interfèrent.

 

Accomplir, c'est croître en cohérence.

L'univers entier, et tout ce qu'il contient, vise, dans toutes les dimensions, à atteindre la cohérence maximale ; toute son évolution n'a que cette intention-là.

S'accomplir, c'est faire croître sa cohérence personnelle dans toutes les dimensions de son devenir.

Accomplir le monde, c'est en faire émerger une cohérence plus forte.

L'ennemi de la cohérence, c'est le chaos.

L'univers a horreur du chaos bien plus que du vide.

 

Le Réel n'est en aucun cas "aveugle", livré au non-sens ou au hasard, à l'absurde et au n'importe quoi ; faute de savoir où il va, il sait au moins quels sont son désir, sa soif, son appétit, son souhait, son goût, sa volonté, son ambition, son inclination, son aspiration, sa demande, sa tendance, etc … bref : son Intention !

Le Réel a donc une Âme c'est-à-dire un "moteur" qui l'anime.

Le Réel ne va pas quelque part, le Réel évolue vers la construction de sa propre plénitude.

 

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La prospective est un métier qui n'est pas celui d'historien … comme être entrepreneur pour le futur est un métier qui n'est pas celui d'un comptable axé sur le passé.

 

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Si, comme le prétend la vulgate politologique et sociologique, la "démocratie" est synonyme de- ou incontournablement liée au– "débat" d'idées, de doctrines, d'idéologies, de visions du monde … etc., alors, il y a un vrai problème racinaire : il n'y a jamais eu ce genre de débat pour la bonne et simple raison que 85% de la population humaine est radicalement incapable d'en comprendre les enjeux, les concepts, les arguments, etc … Quant aux 15% restants, ils n'ont que faire des jeux de pouvoir

Donc, cela signifie que la démocratie n'existe pas et ne peut pas exister, puisqu'elle se réduit à un faux débat artificiel et superficiel, entre manipulateurs et rhéteurs professionnels qui font semblant de "débattre", mais qui se contentent, en réalité, d'asséner, à tour de rôle – ou en même temps, lorsque le vent tourne au pugilat médiatique, au spectacle à la Debord -, des slogans aguicheurs sans cohérence logique et sans engagement réel.

Cela dit : il vaut mieux conserver ces faux débats et ces faux pugilats idéologiques qui ne riment à rien, qui amusent ou excitent les crétins et qui simulent un semblant de démocratie (qui est tout sauf démocratique, mais qui est cadenassé par des échéances, des suffrages, des limites, des justiciabilités, …). En un mot, cette fausse démocratie est la meilleure défense contre la vraie dictature !

 

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De Vincent Tournier :

 

"Loin d’avoir unifié l’humanité, les réseaux sociaux ont amplifié la segmentation des espaces de discussion, de sorte que les individus ont tendance à se refermer sur leur univers idéologique. Il y a donc un vrai défi aujourd’hui : comment parvenir à maintenir un dialogue par-delà les spécificités culturelles, sexuelles, ethniques ou religieuses. Mais la solution proposée ici [celle d'un délirant algorithmicien américain nommé Ashique KhudaBukhsh] semble pour le moins étrange, à tout le moins naïve, voire dangereuse. Est-ce une bonne idée de vouloir sélectionner les mots par les algorithmes ? C’est typiquement le genre de solutions qui émanent de milieux fascinés par la technique, qui sont persuadés que celle-ci peut tout résoudre. Mais les mots sont rarement la cause du problème : c’est plutôt la façon de les utiliser, le sens qu’on leur attribue, qui peut poser problème. Si on expurge le vocabulaire de tous les mots qui sont idéologiquement connotés, ou qui déplaisent à certains, non seulement on risque de créer un grand vide et de limiter drastiquement notre champ lexical, donc nos possibilités d’expression et de discussion, mais de plus on se condamne à faire une chasse permanente aux mots tabous parce que les gens vont forcément trouver des parades, contourner les interdits, attribuer des sens nouveaux à des mots anciens. En fait, on voit mal comment on peut faciliter la compréhension entre les hommes si on restreint leur possibilité de dialoguer."

 

Il faut dire et redire, répéter et rerépéter que la technique ne résout jamais un problème, quel qu'il soit ; elle le déplace. C'est tout. Elle consiste toujours à creuser un trou pour en remplir un autre. Et comme il y a de plus en plus de problèmes nouveaux, il y a de plus en plus de trous nouveaux. La technologie fait évoluer l'humanité vers le grand trou final.

Pour faire progresser l'humanité, ce n'est pas sur la technologie qu'il faut compter, mais sur le développement de l'esprit humain et de ses talents.

 

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Les cinq fonctions de base du numérique sont de mémoriser (c'est le domaine du mnésique), de calculer (c'est le domaine du programmatique), de simuler (c'est le domaine de l'algorithmie), d'interconnecter (c'est le domaine de la réticulation) et d'exécuter (c'est le domaine de la robotique).

Ces cinq fonctions, le plus souvent, interagissent entre elles.

 

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On appelle "biais" (cognitif, algorithmique ou autre) le fait de baser une modélisation ou une simulation sur une analogie inadéquate (quoique "facile" ou "évidente") c'est-à-dire sur une "ressemblance" qui n'en est pas tout-à-fait une et qui, ipso facto, induit des résultats et des conséquences biaisés.

Prendre pour évidence ce qui ne l'est pas : tout ce qui paraît évident, est faux (c'est ma devise scientifique depuis cinquante ans).

 

Il n'y a pas de plus grave biais philosophique et épistémologique que cette "évidence" cartésienne qui fonde la "méthode" : "Je pense donc je suis" qui pose quatre biais incontournables : le "Je", le "Penser", le "Donc" et le "Être".

  • "Je est un autre" (Rimbaud) ou, plutôt, "Je" n'existe pas, est une illusion.
  • "Penser" est une activité mentale apparente et superficielle qui implique quantités d'autres activités mentales bien plus profondes.
  • "Donc" invoque une logique syllogistique fausse.
  • "Être" est l'antithèse de "Devenir" ; or rien "n'est" puisque tout devient.

 

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La politique et la science ne se parlent pas. N'ont-elles rien à se dire ?

 

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Dans tous les domaines et dans toutes leurs dimensions, l'orgueil technologique a transformé beaucoup d'humains en apprentis-sorciers du plus haut niveau de dangerosité.

L'orgueil est toujours mauvais conseiller. Il faut remettre beaucoup de modestie dans le monde humain !

 

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De Richard Feynman :

 

"Si vous ne savez pas expliquez quelque chose simplement,

c'est que vous ne l'avez pas compris."

 

J'adhère, bien sûr. Mais il est nécessaire, pour que cela fonctionne, que la personne qui vous écoute, ait un cerveau … et son mode d'emploi.

 

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Le 09/11/2020

 

Un bel exemple d'imbroglio sémantique avec le mot "radicalisme" dont le TLF donne quatre définitions particulièrement hétérogènes …

 

  1. − Attitude qui refuse tout compromis en allant jusqu'au bout de la logique de ses convictions.
  2. – En politique :
  3. [À l'étranger, en particulier en Grande-Bretagne] Doctrine libérale, inspirée de J. Bentham et J. Mill, préconisant de profondes réformes dans les domaines économique et politique, visant au bien-être du plus grand nombre:
  4. [En France]
  5. a) [Dans la 2e moitié du 19e] Doctrine de ceux qui revendiquent l'héritage de 1789, marquée en particulier par l'anticléricalisme et la défense du suffrage universel.
  6. b) [De nos jours] Doctrine réformiste fondée sur l'attachement à la démocratie, à la propriété privée, à la laïcité de l'enseignement;

 

Si, à tout cela, on ajoute les diverses mouvances actuelles de radicalisation (que je préfère appeler les rétro-activismes), la notion de radicalité part encore sur d'autres chemins …

 

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La Modernité s'achève et, avec elle, disparaît l'obsolète clivage gauche-droite. Le vieille opposition entre égalitarisme et élitarisme doit à présent être dépassée. L'ancien paradigme moderniste s'effondre et entraîne avec lui ses derniers ennemis comme ses derniers nostalgiques. Une nouveau paradigme émerge où les notions d'Etat, de Nation et de Peuple n'ont plus leur place. En gros, et les toutes récentes élections présidentielles américaines le confirment encore, le paysage politique se dessine comme suit :

 

  • La démocratie est toujours le dernier rempart contre les dictatures en tous genres, mais elle est devenue une mascarade où 85% de la population se laisse manipuler par des groupes d'intérêt divers et variés, dont les réseaux sociaux sont les vecteurs dominants (les médias classiques ne font plus que les relayer).
  • Lesdits groupes d'intérêts se répartissent en trois grandes catégories :
    • les groupes financiaro-industriels défenseurs de la "courbe rouge" c'est-à-dire de la promotion de l'ancien paradigme socioéconomique moderniste ;
    • les groupes rétro-activistes, promoteurs de la "courbe noire" c'est-à-dire de la destruction de l'ancien paradigme moderniste ;
    • les groupes constructifs, promoteurs de la "courbe verte" c'est-à-dire de l'émergence du nouveau paradigme (ce dernier groupe est de loin le moins nombreux et le moins puissant).
  • Derrière ce paysage politique se profilent des doctrines opposées dont le schéma global est le suivant :
    • les doctrines du libéralisme qui s'opposent à toutes les formes d'idéologie (c'est-à-dire à tous les fantasmes sur "la société idéale" et "l'homme idéal"). Le libéralisme prend aujourd'hui trois couleurs :
      • le libéralisme mondialiste,
      • le libéralisme continentaliste,
      • Le libéralisme écologue.
    • les doctrines de l'idéologisme qui, chacune, rêve plus ou moins confusément d'une société idéale qu'il faudrait construire soit par évolution, soit par révolution. On y distingue cinq catégories dont les deux premières se taillent la part du lion :
      • les idéologies populistes (les illibéralismes, les patriotismes, les réactionnarismes, les souverainismes, …) [RN],
      • les idéologies nostalgiques (le "bon vieux temps", les bourgeoisismes, les conservatismes, les folklorismes, …) [LR]
      • les idéologies égalitaristes (qui alimentent les rétro-activismes gauchisants) [FI],
      • les idéologies totalitaristes (socialisme, communisme, fascisme, marxisme, césarisme, autoritarisme, …) [PCF, PS]
      • les idéologies théocratiques (les diverses branches de l'islamisme, par exemple) [UOIF],

 

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De Shoshana Zuboff, professeur à Harvard :

 

"À notre insu, Google et Facebook nous volent nos vies !

Ces entreprises savent tout de nous, nous ne savons rien d'elles et ce fossé grandit sans cesse ! La collecte massive des données n'est pas légitime. Une grande partie de ces données ne devrait pas exister, elles sont en effet profondément illégitimes : elles nous ont été volées, sans que nous le sachions, et sans que nous y consentions. Ce qui est pris en secret, c'est du vol. Mais nous sommes hésitants à le nommer clairement : ils volent nos vies ! Certaines entreprises ont décidé de convertir nos existences en données comportementales, de se les approprier et de les traiter dans leurs "usines", qui sont de plus en plus complexes : l'intelligence artificielle, le "machine learning". Dans ces usines, ils fabriquent des produits : des prédictions de nos comportements futurs, basées sur cette quantité inédite de données. Facebook produit 6 millions de prédictions de ce type chaque seconde. Elles ont de la valeur car elles s'approchent de la certitude, et doivent pour cela s'appuyer sur une grande variété de données, dans des quantités inimaginables. C'est ce que j'appelle le pouvoir instrumentiste. Il est très différent du totalitarisme, qui utilise la violence, vous pointe un pistolet au visage. Le pouvoir instrumentiste est invisible. Si vous l'apercevez, il marche sur la pointe des pieds à vos côtés, avec un sourire au visage, il vous offre un cappuccino ! Mais pour autant il est capable de modifier les comportements des individus et de la société. La manipulation d'une élection à l'aide de publicités Facebook, par exemple, ne se fera pas via un message disant "Ne votez pas". Mais plutôt "Voter est une perte de temps"... C'est plus pernicieux."

 

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D'une source statistique fiable …

 

"Etats-Unis : aujourd'hui, c'est 60 % de Blancs, 19 % d'Hispaniques,

13 % des Noirs et 6 % d'Asiatiques."

 

A ma connaissance, les Latinos et les Chicanos sont des blancs aussi ! Pourquoi ce distinguo ?

Donc : 79% de Blancs, 13% de Noirs et 6% d'Asiatiques … et 2% d'E.T. pour faire le compte.

Mais dans les prisons américaines, la proportion entre Blancs et Noirs est presqu'inverse.

 

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De Dominique Dupuy, Présidente des "Mères pour la Paix" :

 

"Je pense à tous les musulmans que je connais en France, à tous ces gens qui vivent tranquillement, qui travaillent et paient des impôts, qui envoient leurs enfants à l'école et sont en désarroi profond quand un criminel jette l'opprobre

sur leur religion. Je pense aussi à celles et ceux musulmans de foi ou de culture, réfugiés en France pour fuir qui une dictature qui un conflit effroyable. Je pense enfin à celles et ceux qui dans les associations d'accueil sont témoins des souffrances et des peurs de ces demandeurs d'asile montrés du doigt.

Oui, nous avons un vrai problème avec l'islam radical et oui l'islamisme est une idéologie meurtrière qui essaie de s'imposer au monde comme le nazisme et le communisme le firent en d'autres temps, avec des moyens qui correspondent

au nouvel état du monde. Mais non, nous n'avons pas de problème avec les musulmans. N'oublions pas que les musulmans figurent en France comme partout dans le monde au nombre des victimes de l'islamisme. En Afghanistan, au Sahel, en RCA cette idéologie se déguise en islam pour manipuler les esprits faibles ou corrompus.

Face à cette idéologie qui cherche à détruire nos sociétés ici, l'empowerment des femmes là-bas est l'arme ultime car elles sont le socle des société et sont nos meilleures alliées."

 

Il est évident que la destruction de l'islamisme se fera de l'intérieur, par les femmes !

 

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Il faut que cesse l'amalgame entre "différenciation" et "discrimination". Différence ne signifie pas inégalité.

Et le contraire de l'inégalité, n'est pas l'égalité mais bien la différence !

 

Hommes et Femmes ne sont pas égaux, mais différents.

Noirs et Blancs ne sont las égaux, mais différents,

Hétéros et Homos ne sont pas égaux, mais différents.

En revanche, tous les crétins sont égaux entre eux et largement inférieurs aux autres quels que soient leur genre, leur sexualité ou leur race.

L'égalitarisme est vraiment une idée de cons !

 

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Ne jamais confondre "libéral" au sens européen (doctrine de la suprématie de l'autonomie personnelle) avec "liberal" au sens américain (généreux, partageur, solidaire, quelqu'un qui fait des "'libéralités", réformateur de centre-gauche).

Les Américains ne sont pas du tout libéraux, au sens européen ; ils sont au contraire très peu autonomes, incroyablement conformistes (et, donc, hypocrites), extrêmement dépendants de leur Church ou de leur Community et, plus généralement, du regard des autres. Même la cool-itude californienne est un conformisme, un dress-code, un habitus très strict héritier du puritanisme fondateur.

 

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Gaspard Koenig comme Yuval Noah Harari font la même grossière erreur de surestimer les capacités algorithmiques qui, en réalité, ne sont efficaces que pour un tout petit périmètre de problématiques (celles qui relèvent du mécanicisme, de l'analycisme et du réductionnisme). Au-delà de ce petit cercle, il reste des continents entiers d'activités mentales qui demeureront à jamais irréductibles à des algorithmes, quels qu'ils soient.

En revanche, ils ont raison de poser la question de savoir si les humains résisteront au confort bête d'un monde algorithmisé où la rationalité primaire permettra de susciter et de combler tous les désirs. Le problème n'est pas l'algorithme, mais l'humain ! Le vrai problème de fond est posé par le film "Matrix" : choisir entre le confort DANS la Matrice (un monde totalement algorithmisé) ou la liberté HORS de la Matrice (un monde radicalement surhumain).

 

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Liberté. Egalité. Fraternité.

La Liberté : la grande majorité des humains n'est veut pas et lui préfère la servitude volontaire du panem et circenses, de la sécurité et du confort.

L'Egalité est une absurdité logique dans un monde où tout est différent de tout sur tous les plans, dans toutes les dimensions.

La Fraternité universelle est une ânerie ; la Fraternité n'est possible qu'élective et sélective, parmi des  gens qui communient sur le même chantier.

 

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Dès lors que l'on prétend que les humains sont ou doivent être égaux entre eux, l'obsession permanente est de" réduire les écarts" au nom de la "justice sociale" (comme si l'égalité artificiellement imposée était "juste"). Cette obsession porte un nom : la médiocrisation uniforme (ou son euphémisme : la démocratisation). Ou, en termes physiciens : l'uniformité entropique, c'est-à-dire la mort sociale. Une société ne vit, n'évolue et ne progresse que parce qu'il existe des différence, des différenciations et des différentiels, que parce qu'il y a des locomotives qui tirent et des wagons qui se font tirer, que parce qu'il y a des entrepreneurs qui risquent face à la masse des parasites qui vivotent.

 

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Je pense que dans quelques siècles, lorsque les historiens étudieront la "Modernité", ils diront que ce paradigme a été tué par un cancer atavique et originel, constitutif et incurable, hérité de la christianité : l'égalitarisme.

 

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Une pomme n'est jamais égale à une poire.

Et cette pomme-ci n'est jamais égale à cette pomme-là.

Que dire alors de cette pomme-ci et de cet écureuil-là ?

 

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La meilleure et la plus profonde définition de l'égalitarisme : "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !".

 

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Non les humains ne sont pas tous frères … Ils sont tous peut-être vaguement cousins des mêmes singes … Beaucoup sont encore barbares !

 

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L'IA (américaine) est à la technologie, ce que la "philosophie analytique" (américaine, elle aussi) est à la pensée : un rationalisme réductionniste aussi prétentieux que stérile. Il est vital que l'algorithmie sorte du carcan de l'étroit logicisme mercantile américain et qu'elle devienne une vraie science (et non plus du bricolage d'arrière-boutique) au service de la Vie et de l'Intelligence.

 

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La philosophie analytique porte très bien son nom : elle récuse profondément tout ce qui est holistique (y compris le sens d'un énoncé philosophique) ; or le Réel est holistique et non analytique.

La philosophie analytique est une philosophique logique : elle confond logicité (l'existence d'un Logos caché) et logicisme (le recours à la logique formelle).

La philosophie analytique est une philosophie du langage vu comme l'ensemble d'un lexique dont chaque mot devrait être d'une précision parfaite et univoque, et d'une syntaxe qui devrait, en tout, être homomorphe à la logique aristotélicienne ; un tel langage serait absurde tant par sa pauvreté que par la perte de toute dimension symbolique, poétique ou mystique.

Bref : la philosophie analytique (américaine) doit rejoindre, au plus vite, les poubelles de l'histoire de la pensée.

 

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Le 10/11/2020

 

Une des composantes essentielles de la révolution numérique est la désintermédiation (l'ubérisation) : la relation directe entre acheteur et producteur (de biens comme de services) sur une plateforme numérique. Pour que la désintermédiation fonctionne bien, il faut que l'acheteur puisse formuler son besoin et y trouver la réponse adéquate (l'identité du producteur est assez subsidiaire), d'une part, et que ce producteur puisse livrer adéquatement (au bon lieu, au bon moment, sous la bonne forme) le produit (bien ou service) à l'acheteur, d'autre part.

Aujourd'hui, les plateformes de désintermédiation proposent des solutions, mais n'accompagnent que très peu et très mal la formulation adéquate du besoin.

 

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Structure de l'économie :

  • L'économie des biens :
    • transfert d'un droit de propriété (ex.: achat d'un bien)
    • transfert d'un droit d'usage (ex;: location d'un bien)
  • L'économie des services (solutionner un problème) :
    • apport d'une solution matérielle (ex.: résoudre un problème de déplacement avec un taxi).
    • apport d'une solution immatérielle (ex.: résoudre un problème de conception avec une méthode).

 

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Le journaliste néerlandais Rudger Bregman postule un principe : "La plupart des gens sont bons". Ce n'est probablement pas totalement faux quoiqu'un tantinet angélique … mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel à bien comprendre ? Il suffit de changer une seule lettre : "La plupart des gens sont cons".

Et non seulement, ils le sont, mais ils le deviennent de plus en plus.

 

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Sous le pseudonyme de "Nicolas L." et dans une publication à compte d'auteur, une opuscule intitulé "L'égalitarisme est une haine de l'homme" remet en cause la vulgate égalitaire, bien sûr, mais aussi l'idée fausse que nos sociétés deviennent de plus en plus individualistes.

Cet individualisme asséné à tous bouts de champ par la bien-pensance, est un mensonge. L'individualisme est la doctrine éthique qui réclame, pour chacun, le maximum d'autonomie … ce qui est l'exact contraire de ce qui se passe dans nos sociétés et de ce qui préoccupe nos contemporains (certes, d'un égoïsme et d'un égocentrisme délirants, mais pas individualistes pour un sou).

 

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Une belle histoire juive …

- C'est bon comme chez moi …

- C'est où chez toi ?

- C'est là ! (dit-il en mettant son index sur son cœur)

 

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Lu dans Atlantico :

 

"Les Emirats arabes unis annoncent un allégement des contraintes de la loi islamique sur les libertés personnelles de leurs citoyens : coup de com' ou amorce d'une révolution silencieuse dans le monde arabo-musulman ?"

 

Même eux en ont marre … !

 

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Qu'importe l'événement d'actualité, aussi atroce soit-il.  Il ne peut qu'être soit anecdotique, soit symptomatique. S'il est anecdotique, il n'est que très temporairement affligeant. S'il est symptomatique, alors parlons de la maladie et non du symptôme !

 

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Les mots précèdent les idées.

Le langage instruit la pensée.

 

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Les ultras des systèmes algorithmiques affirment que le deep learning, nourri avec des quantités astronomiques (c'est le mot !) de données empiriques, peut donner une représentation du cosmos qui se passe totalement de théorie, de lois mathématiques, de vision cosmologique. Cela consacrerait l'empirisme radical anglais du 18ème siècle.

C'est une absurdité totale puisqu'elle extermine les sciences fondamentales (la cosmologie) et ne laisse plus voix au chapitre qu'aux sciences appliquées, pratiques et utilitaires (ce qui est typiquement une position anglo-saxonne, en général, et surtout américaine, en particulier). Il s'agit donc, très clairement, de répudier totalement toute vision holistique du Réel et de ne plus considérer, comme scientifiques, que des "recettes" de résolution de problèmes concrets.

Bref, la question ne serait même plus : "comment fonctionne globalement  l'univers ?" (et encore moins : "pourquoi et/ou pour quoi l'univers ?"), mais se réduirait, très médiocrement à : "quels genres de trucs la Nature utilise-t-elle dans tel ou tel cas ?" (il ne s'agirait plus de comprendre le pour-quoi et le comment de l'alimentation, mais de collationner un gros livre de recettes hétéroclites pour satisfaire les demandes : c'est la négation même de la Science avec une S majuscule).

Cela signifie que les systèmes algorithmiques qui ne font que simuler de la connaissance, en viendrait à nier la Connaissance.

 

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Calculer et prédire n'est pas expliquer et comprendre !

 

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Le problème de fond, quant à la connaissance scientifique oppose, aujourd'hui, les sciences de la causalité (celles - logiquement fragiles - des sciences classiques) aux "sciences" de la corrélation (celles – statistiquement biaisées - des systèmes algorithmiques) ; la sortie de ce débat passe par le haut, par les sciences complexes de l'intention holistique qui détermine, à la fois, les lois de la causalité (lorsqu'elles existent) et les constats de corrélation (lorsqu'ils ne sont pas trop biaisés).

 

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Les systèmes algorithmiques (lorsqu'ils sont basés sur le machine learning et les réseaux neuronaux) relèvent de la pure empirie (le constat de corrélations statistiques, le plus souvent biaisées, au départ d'une grande quantité de "faits" dûment constatés, mais triés avec soin) et rejettent toute forme de théorie (relevant d'intuitions quasi mystiques et impliquant une résonance holistique entre l'esprit du scientifique et l'Esprit cosmique). Ce débat est crucial du point de vue philosophique (métaphysique et épistémologique, tout à la fois). Comme toujours, il convient de ne pas se laisser piéger par un tel dualisme, mais de le dépasser. La Connaissance n'a de sens et de valeur que si elle témoigne de la réelle cohérence du Réel, cohérence dont témoignent les corrélations empiriques et qui fondent les intuitions théoriques. Théorie et empirie sont, non dans un rapport d'opposition, mais dans un rapport dialectique.

 

Plus profondément, ces extracteurs de corrélations (si souvent biaisées) que sont les systèmes algorithmiques, offrent l'occasion d'un mouvement intellectuel et culturel pernicieux. En effet, la guerre est déclarée par certains entre les savoirs corrélatifs et la connaissance théorique au seul but de "déthéoriser" le monde, de le déstructurer c'est-à-dire de lui ôter toute structure c'est-à-dire toute cohérence et, in fine, tout ordre. Et s'il n'existe ni structure, ni cohérence, ni ordre, tout se vaut ; il n'y a aucune hiérarchie ni des formes, ni des comportements, ni des valeurs ; il y a atomisation du monde et des sociétés, donc leur désagrégation.

En un mot, osons-le : il y a derrière tout cela une promotion du nihilisme ("tout se vaut" et "rien ne vaut") qui est ce cancer culturel qui infecte les campus américains (où sont formés les algorithmiciens) et dont relèvent tous les rétro-activismes (derniers rejetons putrides de la soi-disant contre-culture "californienne" qui n'est que la religion des addictions sous toutes leurs formes).

 

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Le 11/11/2020

 

La volonté de déstructurer le Réel (il n'y a pas d'ordre, seulement des corrélations) et, donc, d'y nier toute structure (contraignante), révèle une volonté (inconsciente ?) de nier le Réel … au profit du Virtuel c'est-à-dire d'un dramatique imaginaire infantile et infantilisant (dont participent pleinement les délires transhumanistes autant que les jeux vidéos ou les séries fictionnelles de Netflix, etc …). Tout cela relève d'une tragique logique schizophrénique collective.

 

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Non ! La vie n'est pas un jeu vidéo dans un univers algorithmique où tout est possible. Dans la vie réelle, il n'y a jamais de touche "reset" !

 

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La puissance algorithmique et virtuelle ouvre toutes les portes à toutes les mégalomanies. En éliminant toutes les contraintes dues à la cohérence foncière du Réel, on élimine, du même coup, toutes les raisons d'une discipline pour soi et d'un dépassement de soi.

 

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Pour que les "corrélations" (et leurs biais) deviennent réellement prédictives et normatives, il est essentiel de robotiser tous les humains afin que leurs comportements "collent" avec les corrélations algorithmisées. Les systèmes algorithmiques ont donc tendances à être "conformants" ; ainsi, la vieille logique libérale des lois du marché (offre, demande, prix, qualité, utilité, …) doit impérativement être inversée et les comportements économiques (besoins, achats, usages, …) doivent être manipulés et téléguidés par les systèmes algorithmiques dont les "corrélations" savent mieux que chacun ce qui est le "meilleur".

 

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Pour que les statistiques triomphent, il faut que l'individuel s'efface et que la loi des grands nombres joue continuellement. Cela nécessite un conformisme profond qui est envisageable (parce que déjà bien en place) en Angloland et en Sinoland, mais qui ne l'est pas en Euroland.

L'individualisme (le culte et la doctrine de l'autonomie personnelle dans toutes les dimensions de la vie) est l'ennemi le plus profond de l'algorithmisme c'est-à-dire de l'idéologie du règne des algorithmes et des corrélations statistiques. On comprend immédiatement que cet algorithmisme est un totalitarisme potentiel déjà en marche (un totalitarisme évergétiste du panem et circenses qui s'appuie sur la propension humaine à "la servitude volontaire").

L'algorithmisme est un totalitarisme qui repose sur deux prémices : l'omniscience (la maîtrise de toutes les corrélations du fait de la possession de toutes les informations) et la logique (un rationalisme strict du traitement des toutes données et de tous les comportements humains) ; cette dernière condition fonde évidemment la prédiction de l'échec calamiteux de tout algorithmisme, comme elle l'a été de celui de tous les totalitarismes avant lui. L'humain n'est pas une machine logique parce que le Réel n'est pas une machine logique (contrairement à ce qu'ont cru tous les mécanicismes logicistes de l'histoire de la philosophie et des sciences).

 

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Tous les totalitarismes sont des mécanicismes logicistes ; donc, par construction, malgré les immenses et tragiques dégâts qu'ils induisent, ils sont tous voués, tôt ou tard, à l'échec (comme tous les idéologismes et tous les idéalismes) !

 

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Le nouveau paradigme qui vient, pour être viable et vivable, devra absolument réussir une profonde synthèse entre individualisme (l'exigence et le culte de l'autonomie personnelle) et écosystémisme (l'exigence et le respect de la cohérence holistique du Réel) : autonomie éthique ET interdépendance systémique.

 

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De Gaspard Koenig (dans son remarquable "La fin de l'individu") :

 

"La lutte contre les discriminations est devenue une obsession de tous les instants dans les cercles progressistes américains (…). Il faut prouver continuellement que l'on n'est pas dans le camp de l'oppression."

 

Voilà bien implanté le terreau de tous les rétro-activismes (la "courbe noire" qui n'est que le revers de la "courbe rouge", toutes deux contre la "courbe verte").

Il y a d'ailleurs une certaine ironie à remarquer que "progressisme" et "rétro-activisme" sont devenus des quasi synonymes.

Mais au-delà de cette ironie, il y a une évidence : le "progressisme" et le "rétro-activisme" sont des archaïsmes modernistes fondés, tous deux, sur une alliance sulfureuse entre idéalisme (le monde humain est laid et il doit être forcé à devenir "meilleur"), égalitarisme (tous les humains sont totalement égaux et toutes les différences doivent être niées) et dualisme (toute la réalité humaine se réduit à une dialectique entre oppresseurs et victimes).

 

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Les corrélations algorithmiques mettent à mal les obsessions égalitaristes puisqu'elles révèlent, évidemment, que les humains ne sont pas égaux et qu'il existe des corrélations réelles non discutables entre certaines caractéristiques physiques et certaines caractéristiques mentales, entre certaines caractéristiques sociales et certaines caractéristiques culturelles et cultuelles, entre certaines caractéristiques sexuelles et certaines caractéristiques éducationnelles, etc … Aussi, afin que l'algorithmisme puissent rencontrer les délires "progressistes" des rétro-activistes (anti-différencialistes, donc), est-il impérieux de biaiser, encore plus, les recherches de corrélations algorithmiques bien-pensantes.

 

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Quel besoin pourrait-il bien y avoir de recourir à la machinerie électorale alors que les préférences, opinions, tendances et aspirations sont "parfaitement" connues en permanence grâce au big-data et aux corrélations algorithmiques (et à leurs biais) que l'on y trouve et découvre continuellement. Il s'agit, donc, d'imposer  "naturellement" la dictature impersonnelle du sondage permanent : c'est l'hyper-démocratie "en temps réel". Cette dictature du sondage permanent est évidemment aussi celle du court-termisme absolu et de la médiocratie la plus abyssale.

 

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L'Euroland est, aujourd'hui et de loin, le continent le mieux placé pour combattre l'algorithmisme prôné par l'Angloland et le Sinoland, et pour limiter l'usage des corrélations algorithmiques à ce qui est leur seul et unique domaine d'efficacité et de validité : l'analyse de données fiables et reproductibles, selon des méthodes mécaniques et logiques … c'est-à-dire, en fait, un tout petit domaine utilitaire dont on peut débarrasser la pensée humaine qui a mieux à faire.

 

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Liberté de parole …

Toutes les doctrines peuvent-elles, doivent-elles être tolérées ?

Quels pourraient ou devraient être les critères de non tolérance ?

Celui de ne pas tolérer les autres doctrines …

Celui de prôner le violence …

Celui de prôner l'oppression …

Celui de vouloir imposer un autre monde …

Celui d'être un totalitarisme …

 

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L'autonomie n'est jamais égoïste.

L'autonomie impose une interdépendance (c'est-à-dire une certaine solidarité mais toujours élective et sélective).

 

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Il faut toujours se méfier de tous les "messies".

Il faut toujours combattre tous les messianismes.

 

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Le 12/11/2020

 

Pour représenter/modéliser un processus complexe, il est nécessaire de recourir à un espace des états (qui est un espace de représentation) comprenant trois domaines distincts mais complémentaires :

 

  • le domaine dynamique (ou temporel) qui contient la dimension du temps et qui relie le passé objectif du processus à son avenir projectif,
  • le domaine topologique (ou spatial) qui contient les dimensions de l'espace géométrique et qui relie sa réalité propre et son environnement,
  • le domaine eidétique (ou formel) qui contient les dimensions de forme (ou d'organisation, ou d'ordre, etc …) et qui relie sa complexité propre et l'uniformité ambiante.

 

Chaque domaine est l'objet d'une tension (une différence de potentiel, selon le jargon physicien classique). Ces trois tensions universelles constituent le moteur ultime de tous les évolutions et, donc, de tous les processus à l'œuvre dans le Réel.

 

Ces trois tensions universelles sont les suivantes :

 

  • dans le domaine dynamique, la tension dynamique oppose :
    • la propension conservative qui porte la généalogie du processus,
    • et la propension constructive qui porte sa téléologie ;
  • dans le domaine topologique, la tension topologique oppose :
    • la propension individuante qui porte l'endosystémie du processus,
    • et la propension intégrante qui porte son écosystémie ;
  • dans le domaine eidétique, la tension eidétique oppose :
    • la propension dissipative qui porte le catabolisme (Kata : "vers le bas" et Bolos : "jet") du processus,
    • et la propension émergentielle qui porte son anabolisme (Ana : "vers le haut" et Bolos : "jet").

 

On remarquera, sans doute, que les propensions individuante (endosystémique) et émergentielle (anabolique ou néguentropique) concernent l'intériorité du processus, son "en-soi", alors que les propensions intégrante (écosystémique) et dissipative (catabolique ou entropique) concernent l'extériorité du processus, son "autour-de-soi".

 

L'ensemble de ces tensions doit être, en permanence, optimalement harmonisé. C'est cette harmonisation optimale qui constitue le cœur du processus, son métabolisme, c'est-à-dire, en somme, la logique globale de son évolution dans une dialectique permanente entre ses potentialités intérieures et les opportunités extérieures, entre ses besoins intérieurs et ses contraintes extérieures, entre son "en-soi" et son "autour-de-soi".

 

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De Georges Wolinski :

 

"Les journalistes ne disent pas la vérité, même quand ils la disent."

 

Dire la vérité telle qu'elle est … et la dire telle qu'on voudrait qu'elle paraisse …

 

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Le populisme, c'est le socialisme de droite.

Le socialisme, c'est le populisme de gauche.

Chou vert et vert chou !

Illibéralisme dans les deux cas.

 

 

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C'est sa gestion du coronavirus qui a tué Trump et ce sont ses performances économiques qui l'ont presque sauvé.

 

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Les Américains forment un peuple sans histoire et sans culture. Ils ne sont, donc, que purement utilitaristes, n'ayant aucun patrimoine immatériel à transmettre ; ils vivent dans le pur matériel.

 

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Ne nous y trompons pas : il existe deux bien-pensances : celle de Madame Michu qui est celle du crétin de base qui se sent sempiternellement menacé par un monde auquel il ne comprend rien et dont il se sent victime … ; et celle des pseudo-intellos qui encensent (sans bien le connaître) l'héritage des soi-disant "Lumières" sans savoir qu'ils rangent sous cette étiquette commode mais trompeuse tous les philosophistes du 18ème siècle, c'est-à-dire les pamphlétaires français (sans aucune envergure philosophique), les criticistes allemands et les utilitaristes britanniques.

 

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Il est désolant de continuer à appeler "amérindiens" les descendants des hordes asiates et sibériennes, animistes et primitives, qui passèrent le détroit de Béring pour coloniser les deux Amériques. Ils n'avaient strictement rien d'indien et ne se doutaient aucunement de l'existences  des Amériques.

Mais quand on n'a aucune histoire, on se raccroche à ce que l'on peut.

 

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Aux Etats-Unis, il n'y a aucune pensée ; il n'y a que des techniques.

Des techniques pour tout … même pour simuler la pensée.

Tout s'y réduit à de la technique c'est-à-dire à de la mécanique.

 

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L'Angloland est condamné à la dislocation.

Le Sinoland est condamné à la fuite en avant.

Le Russoland et l'Islamiland sont condamnés par la fin des hydrocarbures.

L'Afroland, l'Indoland et le Latinoland sont condamnés à l'effondrement.

L'Euroland doit être l'Arche de Noé, non des humains en perdition, mais du Surhumain en émergence !

 

 

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De Stefan Zweig :

 

"Cet antagonisme entre la liberté et l'autorité, toutes les époques, tous les peuples l'ont connu. Car la liberté est impossible sans une certaine autorité, sous peine de dégénérer en chaos, pas plus que l'autorité n'est possible sans liberté à moins de devenir tyrannie."

 

La liberté est l'art de choisir ce que l'on va servir au-delà de soi !

 

"(-…) la majorité des hommes redoutent en fait leur propre liberté."

 

Ils préfèrent, et de loin, la "servitude volontaire" au profit du panem et circenses, au profit de la sécurité et du confort.

 

"Et il est bien vrai que, par lassitude devant l'effroyable multiplicité des problèmes, la complexité et les difficultés de la vie, la grande masse des hommes aspirent à une mécanisation du monde, à un ordre définitif, valable une fois pour toutes, qui leur éviterait tout travail de la pensée."

 

La messe est dite !

C'est cette promesse d'un tel monde mécanique et d'un tel ordre définitif qui fait la force de tous les messies. Mais ce monde mécanique et cet ordre définitif portent le même nom : la Mort !

 

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Toute dualisation (surtout celle qui oppose, artificiellement, des soi-disant "oppresseurs" à des soi-disant "victimes") est un péché contre l'intelligence.

Le Réel n'est jamais binaire !

En revanche, la bêtise humaine l'est toujours.

 

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De Stefan Zweig, encore :

 

"Presque toujours il en est ainsi dans la vie :

ceux qui savent ne sont pas ceux qui agissent

et ceux qui agissent ne sont pas ceux qui savent."

 

Terrible vérité  ! Sans doute … Mais qu'est-ce qu'agir ?

 

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Et de Stefan Zweig, enfin :

 

"L'histoire n'a pas le temps d'être juste."

 

La notion de "justice" n'a aucun sens dans le Réel tel qu'il est et va. Cette notion est vide. Est juste ce qui advient ! Le juste nomme la justesse et n'appelle aucune justice.

Est juste ce qui tombe à point, dans les bonnes proportions, de la bonne manière.

Les morales humaines n'ont rien à y voir, mais l'éthique personnelle doit y répondre.

 

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Le 13/11/2020

 

La Vie sort de la Matière comme le Bois de l'Arbre sort de la Terre humide (vers la Lumière et la Chaleur qui descendent du Soleil).

L'Esprit sort de la Vie comme le Feu sort du Bois sec de l'Arbre (par une Lumière et une Chaleur qui montent vers le Soleil).

 

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Le 14/11/2020

 

D'Henri Gougaud :

 

"Le rire est meilleur que la prière pour le salut de l’âme."

 

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Au-delà de la Matière, c'est la Matérialité qui fait exister.

Au-delà de la Vie, c'est la Vitalité qui fait vivre.

Au-delà de l'Esprit, c'est la Spiritualité qui fait penser.

 

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Chaque vie se déroule entre Âme et Jardin.

L'Âme, c'est le travail de l'intériorité.

Le Jardin, c'est le travail de l'extériorité.

 

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Sortir de l'adolescence, ce n'est pas encore entrer dans l'âge adulte.

 

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Comment peut-on encenser l'enfance alors que c'est l'âge de l'ignorance, de la dépendance et de l'égoïsme portés à leur paroxysme.

 

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Devenir humain, c'est combattre l'enfance, dans toutes ses dimensions.

 

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Il faut aimer les enfants pour qu'ils deviennent adultes le plus vite possible.

 

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Sans amour, un enfant le reste … et ça empire avec l'âge.

 

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Tout rêve est ennemi du Réel. Il faut tuer tous les rêves !

 

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Les pires rêves sont ceux qui vous font croire qu'ils sont possibles.

 

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Rêver, c'est fuir !

Rêver, c'est trahir !

Rêver, c'est déserter !

 

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La réalité du Réel est infiniment plus riche, plus complexe, plus mystérieuse, plus époustouflante que n'importe quel rêve humain.

 

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Il ne faut jamais rêver à ce qui serait mieux ; il faut toujours faire le meilleur.

 

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Le pire des rêves est celui que l'on voudrait imposer aux autres.

Cela s'appelle une religion ou une idéologie.

 

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Non pas rêver, mais assumer !

 

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Les pires des humains sont ceux qui ne construisent rien, mais qui écoutent les rêves des malades qui les font rêver : ceux-là deviennent militants, fanatiques, sanguinaires, tortionnaires …

 

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Construire … Tel est le plus beau mot pour soi.

Communier … Tel est le plus beau mot pour nous.

 

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Il ne faut pas rêver le monde, il faut le vivre !

 

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Lee verbe "rêver" est comme son anagramme le "verre", c'est un contenant transparent avec du vide dedans. Il sert à se saouler avec le mauvais alcool des faux prophètes. Briser le verre que cesse l'ivrognerie.

 

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Que nous dit Dieu ? Que tout reste à construire … et que ce que chacun devrait construire mais ne construit pas, personne ne le construira à sa place.

 

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La tâche de l'humain sur Terre est de faire germer la noosphère dans le terreau de la biosphère.

Il faut donc enrichir le terreau (et non l'appauvrir comme l'humain fait).

Il faut donc fabriquer et planter la graine (et non la moudre).

Il faut donc cultiver le germe (et non le manger).

 

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IL n'y a que deux types d'humains : les constructeurs et les parasites.

Les parasites sont de très loin les plus nombreux. C'est pour eux que l'on a inventer la société (qui est devenu l'Etat), des rois (qui sont devenus les démagogues, ces parasites exponentiels) et des lois (qui sont devenus des normes et des réglementations).

Les constructeurs n'ont nul besoin de tout ce fatras !

 

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Où en sommes-nous ? Réponse en dix points …

 

  1. Nous sommes en plein milieu du gué d'une bifurcation paradigmatique (la fin de la Modernité née à la Renaissance et l'émergence d'un nouveau paradigme qui n'a pas encore de nom mais que j'appellerais volontiers le paradigme de la Noéticité).
  2. Ce passage d'un paradigme à l'autre est une zone chaotique dont les pandémies, le dérèglement climatique, l'effondrement de la biodiversité, l'exponentielle pollutoire … et les marasmes socio-politico-économiques (guerres des ressources, des marchés, des monnaies, des technologies, des normes, des influences, …) ne sont que les manifestations.
  3. Les institutions de pouvoir que la Modernité, dès le 16ème siècle, a mis en place pour assurer sa pérennité (Etat-Nation, Banque, Bourse, Patronat, Syndicat, Université et Médias) sont toutes devenues obsolètes, incapables de faire face à la montée en complexité du monde et à sa chaotisation actuelle (ainsi, les Etats sont paumés face à la pandémie … entre beaucoup d'autres choses comme la crise économique qui vient).
  4. Les nouvelles institutions de pouvoir qui seront les instruments régulatoires de la Noéticité, ne sont pas encore en place (elles le seront, sans doute, vers 2050 et balaieront toutes les structures propres à la Modernité, les Etats-Nations et la Finance mondiale en tête de liste).
  5. En l'absence de systèmes régulatoires efficients, la chaotisation prospère (et avec elle, ceux qui veulent profiter d'elle, comme les rétro-activismes ou l'islamisme, pour imposer leur vision nauséabonde du monde).
  6. Les Etats-Nations n'en sont probablement pas encore conscients, mais ils vont disparaître au profit d'organisations réticulées à l'échelle continentale (l'actuelle dislocation des Etats-Unis et l'actuelle paralysie de l'Union Européenne en sont de belles illustrations symétriques).
  7. Les Etats-Nations qui croient devoir survivre (pour allaiter tout un peuple infantilisé, étatisé et parasitique qu'ils ont rendu dépendant), agissent et réagissent de façon à préserver, voire à consolider, leur illusoire pouvoir sur le monde (et sur ses manifestations chaotiques comme les pandémies). Leurs réflexes prennent donc une tournure autoritariste qui amplifie la défiance à leur égard. De plus, l'inefficience flagrante de ces réflexes ne fait qu'accélérer leur inexorable déconfiture.
  8. De son côté, l'Economie n'est pas en reste et la chaotisation globale en secoue les fondements : elle vit un "crise" au sens du mot grec krisis : un tri ! Comme à la fin du jurassique, les gros dinosaures inadaptés sont en train de mourir (et appelle leurs alliés historiques, les Etats-Nations exsangues, à leur rescousse … au nom de la préservation d'un emploi qui, de toutes les façons, va disparaître) et les petits lémuriens rapides et agiles sont en train d'envahir les territoires économiques.
  9. Tout le tissu entrepreneurial doit se restructurer face à la révolution numérique (la robotisation et l'algorithmisation de 40 à 50% des opérations et le déplacement subséquent du centre de gravité des activités proprement humaines), la fin du salariat (en conséquence de la généralisation du télétravail), la pénurisation des ressources matérielles (notamment énergétiques) et l'apocalypse des illusoires ressources alternatives dites renouvelables, la réticularisation complexe des noyaux entrepreneuriaux, surtout à l'échelle continentale, l'effondrement imminent de la finance spéculative, la montée en puissance d'un modèle économique qui ne suivra plus les logiques de masse et de prix bas, mais bien celles de proximité et de valeur d'utilité (avec pour conséquence l'exigence montante de la qualité des produits et de la virtuosité des entreprises), la fin des idéologies du "profit" et la montée d'une exigence de "sens" et d'éthique.
  10. L'idée même de socialité s'en trouve tourneboulée : les idéaux des "Lumières", purs produits de la Modernité, meurent avec elle. Un nouveau "vivre-ensemble" émerge déjà qui se construit sur les concepts d'autonomie individuelle, de vocation spirituelle, d'identité continentale, de frugalité naturelle, d'interdépendance élective et sélective, et d'une intimité intériorisée.

 

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De Nicolas L. (dans : "L'égalitarisme est une haine de l'homme") :

 

"(…) disons-le tout net : l'égalitarisme est une utopie consolatrice pour jaloux et frustrés. Un baume narcissique pour tous les nuls, les stériles, les insipides, les castrés. (…) l'homme ne s'oppose à l'idée de hiérarchie que parce qu'il ne se trouve pas à son sommet. Il est égalitariste dans l'exacte mesure où il aspire à dominer. (…) égalitarisme est un mot poli pour nivellement par le bas. (…) On ne s'accomplit qu'en devenant inégal."

 

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* *

 

Le 15/11/2020

 

L'égalitarisme et l'universalisme sont les deux faces de la même médaille entropique d'uniformisation.

 

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Tout processus réel évolue selon trois axes : accomplir, organiser et conquérir.

"Accomplir" correspond à l'axe temporel ou dynamique (devenir autre et rester soi).

"Conquérir" correspond à l'axe spatial ou topologique (s'individuer et s'intégrer).

"Organiser" correspond à l'axe formel ou eidétique (se former et instruire).

Au centre de ce dispositif triaxial, la quatrième fonction est "Optimiser" c'est-à-dire harmoniser, par dissipation, l'ensemble des tensions qui travaillent constamment les trois axes de base.

 

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Toute la Modernité s'est construite sur l'obsession d'abolition des distinctions, donc d'uniformisation des différences. C'est cette obsession entropique que l'on appelle "l'idéal des Lumières".

Face à un Autre (quel qu'il soit : dieu, arbre ou homme), l'uniformisation (donc la dissolution de l'altérité) ne connaît que quatre modalités :

  • la victoire de l'Autre,
  • la défaite de l'Autre,
  • le compromis avec l'Autre,
  • la synthèse avec l'Autre (et donc, la disparition de l'Un et de l'Autre).

La Modernité n'a pratiqué que les trois premières voies : la victoire de l'Humanité (humanisme, universalisme), la défaite de Dieu (athéisme, nihilisme) et de la Nature (scientisme, technologisme) et le compromis entre Hommes (égalitarisme, démocratisme, légalisme, étatisme).

Le nouveau paradigme devra apprendre la synthèse dialectique.

 

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A propos du numérique, quelques définitions et commentaires s'imposent …

 

  1. Technicité (hardware) : quant aux puissances computationnelle et connective, les deux grandes voies d'évolution que je vois du point de vue de la généalogie technique, touchent la puissance de calcul (intérieure aux ordinateurs) grâce aux technologies quantiques, et la puissance connective (extérieure aux ordinateurs) grâce à la 5G et à la diversification des techniques de connexion (fibres, filaires, hertzien, satellites, etc …)
  2. Algorithmes mimétiques : j'appelle "algorithmes mimétiques" les systèmes-experts qui simulent des processus grâce à des modèles du type "ordinogrammes" avec un réelle puissance d'auto-apprentissage du fait de nombreuses itérations sur des boucles de rétroaction concernant les divers paramètres qui interviennent dans la computation. Ce sont ces types d'algorithmes qui équipent les "robots" divers et variés qui, vers 2035, en Europe, assumeront de 40 à 50% des tâches actuellement assumées par des humains. Cette inéluctable robotisation des activités humaines (notamment la désintermédiation) posent des questions de fond en matière économique, sociale, comportementale, etc …
  3. Algorithmes corrélatifs : j'appelle "algorithmes corrélatifs" les systèmes-experts qui brassent des énormes quantités de données (introduites par les "prolétaires du numérique" ou pompées – le plus souvent à leur insu – dans les ordinateurs privés) au moyen, notamment, des réseaux neuronaux artificiels (appellation journalistiques totalement fallacieuse) afin d'en "déduire" des corrélations entre divers paramètres, le but étant de prédire, avec plus ou moins de précision, des comportements divers, individuels ou collectifs, au service du commerce, de la politique, de la santé, de la finance, etc … Un point qui est ici essentiel, est la notion de "biais de corrélation".
  4. Réseaux dissipatifs : j'appelle "réseaux dissipatifs" les réseaux de connexion entre processeurs (tant humains qu'informatiques) dont la fonction principale est de diffuser efficacement des informations ; les actuels "réseaux sociaux" qui ne sont pas de vrais "réseaux" – car un réseau n'existe que s'il a une intention et une utilité communes -, n'en sont que les balbutiements puérils et les maladies infantiles : ils ne servent à rien et n'ont aucune efficacité … sauf manipulatoire.
  5. Réseaux noétiques : j'appelle "réseaux noétiques" les réseaux (fermés ou semi-fermés, électifs et sélectifs) de connexion entre processeurs (tant humains qu'informatiques) dont la mission principale est de construire des connaissances à partir de "communautés" élitaires (voir mon article sur les "réseaux noétiques").
  6. Interfaçage (homme/machine) : j'appelle "interfaçage" la problématique cruciale de l'optimisation du dialogue entre l'esprit humain, les algorithmes et les réseaux, tant du point de vue hardware (des "ustensiles" de connexion jusqu'aux implants transhumanistes), que du point de vue software (la programmation des machines ET la formation des humains).
  7. Vocation et éthique numériques : "Et tout ça au service de quoi ?" A quoi sert le numérique ? Quelles sont sa mission et sa finalité ? Quelles sont les limites du numérique (séquentialité, biais, manipulation, amplification du pire, …) ? Quelle éthique faut-il mettre en place (dans chaque continent) pour écarter le pire du numérique et pour n'en garder que le meilleur (le pire et le meilleur définis selon quels critères ?).Un choix terrible se dessine : soit la "servitude volontaire", par algorithmisation et robotisation des humains au seul service de leur confort sécuritaire et de leur amusement ludique (panem et circenses) … soit la libération de l'humain, grâce au numérique, des activités algorithmisables et robotisables, aux fins de se consacrer à des tâches plus riches.

 

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On s'habille et on se comporte comme un pute … et on s'étonne d'être traitée de pute ou comme une pute … et on hurle au harcèlement sexuel, voire au viol !

La pudeur et la décence sont des signes de civilisation ; la putasserie en est un de barbarie qui appelle, fatalement, des comportements barbares.

Entre "niqab" et "ras-del-touf", il existe ce qui s'appelle l'élégance.

 

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La civilité n'est jamais innée.

Il faut être aussi ignare et sot que Jean-Jacques Rousseau pour prétendre que : "l'homme naît bon". Rien n'est plus faux ! L'humain est un animal nuisible et parasite, roublard et profanateur, nombriliste et pilleur, charognard et méchant.

L'humain primitif, comme l'enfant, est un barbare !

Seul l'immense effort civilisateur poursuivi depuis cinq mille ans par les élites spirituelles et intellectuelles, a parfois réussi à hisser l'humain hors de sa barbarie native.

Aujourd'hui, à force de ne plus transmettre cette civilité, à force de conchier – par souci d'égalitarisme – les élites civilisatrices et à force de ne plus cultiver la distinction, la civilisation recule et la barbarie (c'est-à-dire, d'abord, la médiocrité, la grossièreté, la vulgarité, et, ensuite, la violence sous toutes ses formes) gagne du terrain.

Le soi-disant "progressisme" de ce dernier siècle, a fait régresser l'humain vers la barbarie.

 

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La tatouage est au corps, ce que le mensonge est à l'esprit : un déguisement artificiel et vulgaire.

Et pourquoi ces déguisements ? Pour se faire croire que l'on est autre que ce que l'on est. Mais personne n'est dupe ; surtout pas soi-même.

 

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Le narcissisme humain répugne à l'idée que chacun est, par soi seul, la cause et le responsable de sa propre médiocrité, et des déboires qui s'ensuivent.

Ce refus de s'assumer est la source de tous les ressentiments au sens nietzschéen.

 

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La peur (que les institutions de pouvoir exploitent à fond ces derniers temps) est consubstantielle à la nature humaine, l'homme étant un animal dénaturé en permanente défensive par rapport à la Vie.

 

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Le 06/11/2020

 

Les "conservatismes" ne mènent qu'à des démocratures populistes et les "progressismes" ne mènent qu'à la barbarie des égalitarismes totalitaires.

La logique de la vraie vie se réalise par l'émulation des différences et la construction des distinctions.

 

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Le progressisme humain a été, depuis des siècles, le plus grand crime contre la Vie et contre l'Esprit : comment l'orgueil humain a-t-il pu croire, un seul instant qu'il allait infléchir les intemporelles Lois du Cosmos au profit de ses petits caprices puérils ?

Le progressisme (la religion du progrès, selon Auguste Comte) est né dans les délires de la Renaissance, avec l'urbanisme (comme fondement et comme assise), avec l'industrialisme (comme fournisseur de ressources), avec le financiarisme (comme métabolisme global où l'argent devient le régulateur de tout), avec l'étatisme (comme gardien des lois), avec le nihilisme (comme seul horizon spirituel).

Le progressisme, en ayant la prétention de "libérer" les humains des lois de la Nature,

 

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De Pierre Vermeren (Sorbonne – Auteur du "Défi français") :

 

"La France s'est mise à croire que la modernité arabe venait de l'islamisme."

 

La "modernité arabe" ne vient évidemment pas de l'islamisme, puisque la Coran est un ramassis d'archaïsmes (même spirituels) pris, le plus souvent, au pied de la lettre. Cette soi-disant "modernité" vise surtout la libération de la femme et le droit à la laïcité (donc le droit de ne pas suivre les prescriptions et pratiques religieuses qui doivent ressortir exclusivement de la sphère privée). Ces deux visées n'ont absolument rien de musulman, mais viennent tout droit de la modernité européenne, exportées et transplantées en islamie lors de la période coloniale.

Chez la grande majorité des jeunes musulmans d'aujourd'hui (sauf les petits caïds de banlieue, grands trafiquants de drogues diverses et intoxiqués par des imams ignares et rétrogrades qu'il est urgent de refouler hors Europe), l'énorme tension  actuelle, dans les milieux et les contrées musulmans, est européanophile et islamofuge (ce qui n'implique nullement un quelconque rejet des croyances et traditions musulmanes, mais intériorisées, spiritualisées, métabolisées, tournées vers l'intérieur de en-soi et non plus vers l'extérieur de l'autour-de-soi).

 

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Rapporté par François Introvigne :

 

"La Turquie est un des acteurs de l'instabilité en Méditerranée orientale. Confronté à une crise économique grave, le président Erdogan rend l'étranger responsable de la crise en ayant comme objectif la renaissance de l'empire Ottoman, face aux Iraniens et face aux musulmans sunnites. Jusqu'où ira le sultan ?"

 

Jusqu'où ? Jusqu'à une balle de 9 mm entre ses deux yeux … le plus vite possible.

 

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Le fondement de l'ère noétique qui s'ouvre, n'est pas l'information. Cette ère noétique se construit sur deux piliers : la Connaissance et l'Esprit (qui sont les deux sens du mot grec Noûs qui donne "noétique").

Les informations ne sont que les infimes grains des matériaux divers et interchangeables que l'Esprit met en œuvre pour construire l'édifice de la Connaissance.

Réduire la civilisation noétique (qui est celle de la Connaissance et de l'Esprit dans la noosphère) à une soi-disant économie de l'information, est d'une myopie ridicule.

 

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Le logique du ressentiment (mise en évidence par Nietzsche et amplement documentée, faute d'être théorisée, par le livre de Marc Ferro : "Le ressentiment dans l'Histoire") est assez limpide.

Tout part d'une souffrance (réelle ou imaginaire, subie par soi ou par d'autres) que l'on ne parvient pas à métaboliser : une blessure ouverte et purulente au cœur d'un esprit faible.

Cet esprit étant faible, il n'est pas capable de métaboliser cette souffrance (qui, rappelons-le, est très souvent imaginaire ou supposée ou importée) ; cet esprit faible est incapable d'en faire son deuil (cfr. Elisabeth Kübler-Ross) : il la rumine comme on mâche un chewing-gum même quand il n'a plus aucun goût.

 

Et, face à sa "souffrance", l'esprit faible qui, par essence, est incapable de faire son deuil de ses frustrations (blessures non métabolisées), n'a plus qu'une voie : accuser un bouc émissaire qui est décrété responsable de tous ses affres. Puisqu'il n'est pas bien dans sa vie et qu'il lui est inconcevable qu'il en soit lui-même responsable, l'esprit faible DOIT désigner un "autre" qui DOIT être responsable de sa propre médiocrité, de sa propre infirmité.

 

Marc Ferro écrit, très justement :

 

"Dans l'Histoire, le ressentiment a été la matrice des idéologies contestataires, de gauche comme de droite." 

 

La seule question qui reste : qui est responsable du mal que je ressens : moi ou les autres ?

La seule réponse qui vaille : moi seul ! Puisque c'est moi qui ressens le "mal", qui ressens mal ! Le Réel est ce qu'il est ; et ce que je ressens mal, c'est moi qui le ressens mal. Libre à moi de regarder autrement ou d'aller ailleurs ! Sinon : j'aurai "mal" et j'en serai seul responsable.

 

Voilà la posture d'un esprit fort. Quant à l'esprit faible – qui fait, malheureusement, la norme humaine – s'ouvre devant lui l'immense univers des ressentiments à ruminer sans fin avec toutes les stratégies, de fuite, de mensonge, de déguisements, d'hypocrisées et avec toutes les désignations de boucs émissaires commodes et imaginaires qu'il faut, oniriquement, abattre.

 

Comment sortir ce cette impasse millénaire ? En renforçant les esprits faibles ! C'est-à-dire en disant et répétant à chacun qu'il est seul responsable de ce qu'il est, de ce qu'il pense, de ce qu'il ressent, de ce qu'il vit (et accepte de vivre) et de ce qu'il devient (ou accepte de devenir) ; qu'il n'y a jamais eu, nulle part, ni de fatalité, ni de bouc émissaire ; qu'il faut se prendre en charge soi-même, devenir autonome et cesser de chercher à l'extérieur de soi les causes de sa propre médiocrité.

 

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Plus un bouc émissaire fait consensus, plus il est crédible : il est tellement plus aisé de haïr ce que les autres, beaucoup d'autres, haïssent, d'ailleurs pour des causes diverses ! Plus la haine est généralisée, plus ça fait plausible faute de véracité : c'est là toute l'origine de l'antisémitisme depuis l'absurde accusation chrétienne de déicide … alors que les Juifs n'en ont jamais rien eu à fiche de ce connard de Jésus que les Romains ont crucifié pour sédition – si, du moins, l'on en croit les dubitables légendes pauliniennes qui ne sont corroborées par aucune autre source d'époque, ni juive, ni latine.

 

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De Paul Valéry :

 

"Les événements sont l'écume des choses.

Mais c'est la mer qui m'intéresse."

 

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Le 17/11/2020

 

L'univers manifeste le Réel selon trois domaines :

 

  • le domaine temporel ou dynamique où s'exprime la tension entre conservation et accomplissement,
  • le domaine spatial ou topologique où s'exprime la tension entre expansion et contraction (gravitationnelle),
  • le domaine formel ou eidétique où s'exprime la tension entre uniformisation (entropique) et complexification (néguentropique selon deux voies : intraprotéique électrofaible et interprotéique nucléaire).

 

La dissipation optimale permanente de ces tensions est le moteur métabolique de l'univers et explique tous les mouvements (transformations topologiques-dynamiques), toutes les émergences (transformations dynamiques-eidétiques) et toutes les réticulations (transformations eidétiques-topologiques).

 

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Le 18/11/2020

 

Erdogan est un con sultan !

 

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Le 20/11/2020

 

Une vérité peut-elle avoir plus de valeur qu'une vie d'homme ?

Voilà toute la question de la "tolérance" telle qu'elle fut posée par Sébastien de Castellion (contre Calvin) et reprise par John Locke puis plagiée par Voltaire.

 

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Lu dans "Le Point" :

 

"Comme on commence à le comprendre, le complotisme est une maladie du finalisme. Elle découle de l'incapacité qu'a notre cerveau à admettre que des choses puissent survenir par hasard, ou un concours de circonstances."

 

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Les trois crises majeures selon Franz-Olivier Giesbert :

 

"1. La crise sanitaire, qui n'est pas terminée et aura révélé la déplorable gestion de notre système de santé, sa suradministration et les délires de notre bureaucratie.

  1. La crise économique, dont les dégâts frapperont toutes les catégories sociales du secteur privé, malgré les amortisseurs mis en place par le gouvernement.
  2. La crise sécuritaire et même identitaire que provoque un islamisme de plus en plus conquérant, frénétique."

 

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En France, le gauchisme nauséabond de la magistrature devient un cancer grave qui sape les fondements mêmes d'un système démocratiques.

Il existe depuis trop longtemps une collusion idéologique délétère entre magistrature et socialo-gauchisme.

 

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De Lao-Tseu :

 

"Chaque vague sait qu'elle est la mer.

Ce qui la défait ne la dérange pas car ce qui la brise la recrée."

 

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Le 21/11/2020

 

De Benjamin Franklin :

 

"They who can give up essential liberty to obtain a little temporary safety deserve neither liberty nor safety."

 

"Ceux qui peuvent abandonner une liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté, ni la sécurité."

 

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De Nicolas Baverez :

 

"Cent-cinquante ans après sa mort, Alexis de Tocqueville reste un mystère. Trop libéral pour la droite, trop aristocrate pour la gauche, il est un démocrate de raison et non de cœur. Son génie est d'avoir pensé la démocratie dans toutes ses dimensions, notamment sa face sombre - la tyrannie de la majorité et sa passion pour l'égalité - qui peut la faire basculer dans le despotisme. Voilà pourquoi il est d'une actualité saisissante au moment où les nations libres traversent une crise sans précédent depuis les années 1930. Nul mieux que lui n'a montré que la démocratie peut s'effondrer de l'intérieur, sous l'effet de l'individualisme, des émotions collectives et de la fascination pour la violence. Nul mieux que lui n'a souligné qu'elle dispose de formidables ressources pour relever les défis nés des transformations du capitalisme, des régimes ou des idéologies qui entendent la détruire."

 

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De Régis Debray :

 

Mieux nous sommes connectés dans l'espace, plus nous sommes déconnectés du temps. On localise de mieux en mieux, on périodise de moins en moins."

 

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Communiquer n'est pas transmettre.

 

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Face à la pandémie, il y avait deux attitudes possibles d'un point de vue (pseudo) scientifique (la médecine est un art, pas une science) : la protection individuelle (masque, barrières, confinement, …) ou l'immunisation réciproque collective.

En France et dans certains autres pays, la guerre des experts s'est organisée autour de cette dualisation quasi idéologique : deux clans se sont opposés dont un devait mourir à grands coups d'infox … et avec les échecs cinglants que l'on connaît.

Les pays gagnants sont ceux qui ont compris qu'il fallait sortir de cette dualisation débile et appliquer les deux tactiques en même temps : l'immunisation collective pour les populations saines et l'isolement individuel strict pour les individus gravement contaminés.

Pour ces pays-là : peu de casse économique et une mortalité au pire équivalente.

 

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Ce sont des Noirs qui ont réduit d'autres Noirs en esclavage lors de guerres ethniques.

Ce sont des Arabes qui ont trafiqué ces esclaves noirs.

Ce sont des Blancs qui ont transporté et utilisé (parfois avec humanité, parfois avec inhumanité) certains de ces esclaves noirs (les autres sont devenus les esclaves des Arabes ou des autres Noirs).

Si ces Noirs n'avaient pas été réduits en esclavage, ils auraient été massacrés par les autres Noirs.

 

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Aujourd'hui, le problème n'est plus tant entre "peuple" et "élite", qu'entre "ressentiment" d'une certaine populace et "pouvoir" d'une certaine élite.

Tous les braves gens ne cultivent pas du ressentiment. Au contraire.

Toutes les vraies élites ne briguent pas du pouvoir. Au contraire.

Et tous ceux-là restent muets, dans le contentement (parfois doux, parfois difficile) de ce qu'ils vivent : majorités silencieuses qui laissent braire.

Cela est vieux comme l'humain !

 

La donne change avec les réseaux sociaux qui permettent aux crétins du ressentiment (les factieux) et aux obsédés du pouvoir (les démagogues) de faire plus de "bruit" que les silencieux et, ainsi, de laisser croire qu'ils "sont" les forces de la dynamique sociétale … alors qu'ils ne sont que des braillards clownesques et narcissiques qui occupent la scène de la Toile.

Cette calamité que sont les réseaux sociaux, ont ceci de pernicieux qu'ils amplifient le bruit des braillards et occultent le silence des "bonnes gens" (élitaires ou populaires) qui commencent à en avoir assez du bruit artificiellement amplifié des nombrilistes narcissiques.

 

La bataille qui vient, ne sera pas celle entre ressentiment et pouvoir (la "crise sociale" tant prédite par les faux prophètes intoxiqués de réseaux sociaux).

La bataille qui vient, sera celle entre ceux qui construisent en silence et ceux qui parasitent en braillant.

 

La matrice suivante me paraît être le modèle correct des enjeux sociétaux à venir :

 

 

Constructeurs

Parasites

Elite

Entrepreneurs

Démagogues

Peuple

Œuvriers

Factieux

 

Les constructeurs sont lents à la colère. Mais elle monte !

 

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Un groupe est uni non pas parce que ses membres pensent la même chose, mais parce qu'ils poursuivent le même but.

 

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Le 22/11/2020

 

Il faut toujours avoir le principe de Gabor en tête : l'inventeur du marteau est un génie qui a permis de démarrer toutes les industries de la construction etb de la fabrication … mais pouvait-il imaginer qu'un jour, quelqu'un utiliserait "son" marteau pour fracasser le crâne de son voisin.

Une technique, en soi, est éthiquement neutre. C'est la façon dont les humains l'utilisent qui pourra être faste ou néfaste. Une technique, quelle qu'elle soit, n'est jamais ni bonne, ni mauvaise. Ce sont les humains qui peuvent choisir d'être bons ou mauvais.

 

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Nous entrons dans l'ère noétique, dans l'économie immatérielle, dans la révolution numérique. Nous changeons de paradigme et le numérique y joue déjà un rôle majeur et amplificateur.

Car n'oublions jamais que la puissance de calcul des ordinateurs n'est qu'un amplificateur, rien qu'un amplificateur neutre, amoral, sans volonté ni conscience ; un énorme amplificateur qui ne fera qu'une seule chose : révéler l'humain à lui-même !

 

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Le droit ne sert à rien mais la barbarie est la pire des choses.

La démocratie ne sert à rien mais la dictature est la pire des choses.

 

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La bêtise n'est pas grave en soi, tant qu'elle se tait.

C'est la bêtise prétentieuse qui est calamiteuse.

 

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Le droit ne sert à rien tant que l'on ne dispose pas des moyens de le faire appliquer.

 

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Le 23/11/2020

 

Tout ce qui existe est mû par une tension fondamentale d'accomplissement entre généalogie accumulative et téléologie attractive.

 

Tout ce qui existe se déploie selon une triple structure :

 

  • Une structure topologique qui sculpte l'espace entre individuation et intégration.
  • Une structure eidétique qui sculpte la forme entre complexité et uniformité.
  • Une structure dynamique (métabolisme) qui sculpte la durée entre progressivité et cyclicité.

 


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De Saïd Mahrane :

 

"D'où, aujourd'hui, l'exhibition des sensibilités froissées qui se doivent d'être toutes reconnues et respectées."

 

Telle est la source probable de tous les rétro-activismes (y compris de l'islamisme, du décolonialisme, de l'homosexualisme, du racialisme, du gilet-jaunisme, etc …).

L'expression "sensibilités froissées" est particulièrement bien choisie. Et tel est bien le fait : tout quiconque se sent "froissé", s'octroie le droit d'exiger l'élimination ("cancel culture") de tous ceux qui affirment une sensibilité contraire.

De façon globale et fondamentale, tous ces urticaires rétro-activistes issus de la "gauche identitaire" américaine (populiste ou socialiste) peuvent se réduire à l'opposition franche entre la "sensibilité égalitariste" et la "sensibilité différencialiste".

 

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De Jean Rostand :

 

"Former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler, leur communiquer une force dont ils puissent faire leur force, les séduire au vrai pour les amener à leur propre vérité et leur donner le meilleur de soi sans attendre ce salaire qu'est la ressemblance."

 

Tout ce que l'on ne fait pas, de nos jours …

 

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Un Français sur 4, entre 18 et 35 ans, s'est fait tatouer.

Quel est le message derrière cette pratique aussi absurde que laide ?

Il n'y en a qu'un : "regardez-moi !" … Symbole puéril d'un narcissisme et d'un nombrilisme dévoyés.

 

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Il est beaucoup plus efficace et économique de déplacer de l'immatériel que du matériel.

Ce constat d'évidence va sculpter notre avenir …

Le voyage intérieur prendra le dessus sur les voyages extérieurs …

 

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En entrant dans la société de la connaissance et l'économie de l'immatériel, la question d'apprendre revient au centre du système sociétal :

 

  • Apprendre quoi ? Les invariants …
  • Apprendre pour-quoi ? L'accomplissement …
  • Apprendre comment ? le méta-numérique …

 

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En quittant une économie fondée sur la logique du prix et en entrant dans une économie fondée sur la logique de la valeur, celle-ci doit se décliner, en même temps, sur trois axes :

 

  • La valeur d'utilité : la chasse au superflu …
  • La valeur d'utilisation : la chasse à l'inefficace …
  • La valeur d'utilisabilité : la chasse au jetable …

 

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Un ordinateur est une machine électromécanique capable d'additionner, à très grande vitesse et en très grande quantité, des "zéros" et des "uns". Moyennant certains codes assez simples, au fond, toute donnée (un nombre, une image, un texte, un son, etc …) peut être traduite en "zéros" et "uns". Dès que cela est fait, cette donnée devient une "data" et est susceptible d'être transformée par un ordinateur, à la condition que l'intelligence humaine fournisse, à cet ordinateur, un programme (lui aussi traduit en "zéros" et "uns") qui décrive, dans ses moindres détails, la transformation désirée. Un ordinateur ne fait qu'exécuter ce qu'on lui dit d'exécuter : rien de plus, rien de moins. Il n'a ni intelligence, ni conscience, ni volonté : il n'est que et restera toujours une machine exécutante, même si cette exécution devient horriblement compliquée, inexécutable par un esprit humain.

Il faut donc bien distinguer la notion de conception (consciente et volontaire) qui est le fait humain et l'exécution (servile et bête) qui est le fait informatique.

Le fait que cette exécution du programme prend parfois des allures similaires aux comportements humains, ne signifie nullement qu'il y ait quoi que ce soit d'humain dans ce comportement mécanique. Le peintre René Magritte l'avait parfaitement exprimé dans un tableau représentant une pipe et intitulé : "Ceci n'est pas une pipe".

De même, ce que fait un ordinateur est toujours une simulation qui n'a rien d'humain, ni même de vivant, ou de pensant, ou de conscient. Un ordinateur n'a pas d'idée. Il n'a pas la moindre idée d'exister. Il n'a pas la moindre idée de ce qu'il fait. Il simule que qu'on lui dit de simuler et de la manière dont on lui dit de simuler.

 

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Si l'on veut construire une relation saine et efficace avec le numérique, il faut éradiquer toute forme d'anthropomorphisme. Un ordinateur est et restera une machine aussi stupide qu'un marteau-pilon ou une débroussailleuse. Parfois utile, mais toujours stupide !

 

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Il est devenu absurde de voter pour donner des pouvoirs à des gens qui, de toutes les façons, n'en auront aucun.

On ne maîtrise pas le monde, on le vit !

 

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Plus le territoire est grand, moins on le maîtrise.

Que dire alors de ces territoires infinis que nous ouvre l'immatériel.

 

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Plus les spots sont réels, plus la gloire est artificielle.

 

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Le 24/11/2020

 

Les trois mots-clés des publicité d'aujourd'hui : expérience, émotion et pureté …

 

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Dans le monde numérique, la technique devient tellement peu apparente qu'on a l'impression (fallacieuse et dangereuse) qu'elle n'existe plus et que l'ordinateur ou le robot est un être humain comme les autres … alors qu'il n'est qu'une machine bête et stupide qui ne réfléchit pas, ne pense pas, ne veut rien, etc …

A force, sur nos écrans, ne plus voir que des images du monde humain et de ne plus entendre, dans nos haut-parleurs que des voix (quasi) humaines, on en finit par croire aux balivernes des doux dingues qui font, de l'ordinateur ou du robot, un ami, un confident, un conseiller, un collaborateur, un associé, un partenaire, un conjoint, etc …

On en finit par oublier que ce que nous voyons et entendons, n'est rien d'autre que la manifestation humanisée, mais terriblement technicisée, d'un modèle conçu et encodé par des humains qui sont au service de quelque chose qui n'est pas nécessairement notre bonheur, notre accomplissement ou notre "bien".

Le biais est n'ennemi du bien !

 

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Les savoirs représentent l'empirie c'est-à-dire l'ensemble de ce qui a été et est vécu, par soi ou par d'autres. Cette empirie est organisée, on l'a vu, par des relations et corrélations spatiales, temporelles et logiques. Elle est l'Image du monde. En revanche, la connaissance relève de l'effort théorique c'est-à-dire non plus de l'Image du monde, mais d'un Modèle du monde. La connaissance exprime la cohérence globale de tout ce qui a été vécu, de tout ce qui est vécu et de tout ce qui sera vécu.

L'empirie des savoirs vient de la sensibilité (sensorielle et intuitive).

La théorie de la connaissance vient de l'intelligence (logique et anagogique).

Sensibilité et intelligence sont les deux pôles à partir desquels l'esprit humain se construit.

 

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Il est navrant de constater, de plus en plus, que les systèmes éducatifs sont des machines à accumuler, à classer et à retrouver des savoirs, tout en s'éloignant, de plus en plus, du champ de la connaissance : on sait, mais on ne connaît pas !

Sans la connaissance, les savoirs sont inutiles et stériles.

 

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Le numérique s'occupe exclusivement de savoirs et est absolument incapable de connaissance. Quand le numérique parle de "base de connaissances", il y a abus de langage et confusion entre savoirs et connaissance.

Le numérique ne pourra traité de "connaissance" qu'une fois celle-ci traduite sous forme d'un savoir, fruit d'un vécu intellectuel et d'un travail anagogique dont il est incapable, par essence et construction.

Un ordinateur est capable de faire de puissants calcul à partir des équations de la théorie de la relativité générale, mais il est absolument et définitivement incapable de concevoir ladite théorie.

 

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Les savoirs ne font pas la connaissance. Or, c'est la connaissance qui importe, puisque c'est elle qui façonne la cohérence de notre vision de l'univers, de la nature, du monde, de la société, de l'économie, des idéologies, des autres … et de nous-même.

Or, cette idée de cohérence est centrale : l'existence n'est-elle pas une constante recherche de cohérence intérieure et extérieure. S'il n'y a que des savoirs sans connaissance, il ne peut pas y avoir de cohérence au quotidien : tout va dans tous les sens et l'incohérence (c'est-à-dire, aussi, la barbarie) s'installe.

 

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Un terrible danger guette nos sociétés en ceci que la profusion incroyable des savoirs fasse oublier que "savoirs" n'est pas "connaissance", et que la recherche de savoirs est autrement plus facile que la construction de connaissances.

"Savoir que l'eau bout à 100°C" ne signifie pas "connaître la physicochimie thermodynamique" et signifie encore moins "pouvoir mettre en œuvre cette connaissance scientifique pour inventer la machine dont on rêve".

Tant que l'on confondra "réussir un examen" avec "réussir un copier-coller de Wikipédia", il y a de sacrés soucis à se faire !

 

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Mais que signifie "automatiser" ?

Automatiser revient à faire faire, par un "automate" (au sens le plus large), quelque chose de similaire à ce que l'humain faisait avec ses mains, avec son corps, avec ses sens, avec ses savoir-faire.

Automatiser, c'est programmer un machine c'est-à-dire décomposer un processus de "fabrication" (matérielle ou immatérielle) en une suite linéaire d'opérations élémentaires que l'on modélisera et que l'on encodera ensuite afin qu'un ordinateur puisse commander des organes mécaniques pour faire ce qu'il est prévu de faire.

Un tel automate, piloté par un ordinateur (ici encore, le mot "ordinateur" est pris au sens le plus large incluant tout, depuis le microprocesseur jusqu'au système-expert ou au réseau neuronal), peut être appelé "robot" (d'un mot tchèque robota qui fut créé par Čapek en 1920 et qui signifie : "travail, besogne, corvée").

 

A propos de ce concept de "robot", sous peine de sombrer dans la fiction, deux notions doivent être bien comprises et bien intégrées :

 

Le principe de Gabor : Tout ce qui est robotisable, sera robotisé !

Le principe de discernement : Tout n'est pas robotisable !

 

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A force de confondre "écologie" et "socialo-gauchisme", on tue l'écologie et on fait le lit de tous les rétro-activismes.

Si l'écologie est bien le respect de la Nature et des lois naturelles, l'écologie passe nécessairement par la lutte contre tous les égalitarismes et l'affirmation de tous les différencialismes.

La Vie, dans la Nature, fait tout, depuis toujours, pour faire émerger des différences entre règnes, entre espèces, entre races, entre sexes et entre individus. Elle sait que la richesse vient des différences. Et elle promeut toutes ces différences en luttant contre toutes les uniformités égalisantes qui sont le fait de l'entropie, donc de l'anti-Vie.

La Vie, dans la Nature, crée des différences par essais et erreurs ; et elle se trompe souvent, mais ses propres régulations éliminent ses ratés et promeuvent ses réussites.

La Vie, dans la Nature, n'a pas à être "juste" ou "injuste" ; elle ne connaît pas la Justice (la Justice n'est que l'autre nom de l'égalitarisme qui est un fantasme humain).

La Vie, dans la Nature, ne connaît que l'apte et sa promotion, et l'inapte et sa disparition.

Alors, pour contrer la Nature qu'ils haïssent, les humains ont inventé la Culture et ont cru, dans leur orgueil incommensurable, pourvoir ainsi s'affranchir des lois de la Nature.

Mais ils n'ont pas compris que la Culture n'est qu'un pur produit de la Nature. La Culture doit suivre la Nature, comme la psychologie doit suivre la physiologie, comme le noologique doit suivre le biologique … et toute exception à cette règle, conduit à des inaptitudes délétères.

 

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Ce que l'on dit peu, mais qui est pourtant flagrant, c'est que la crise pandémique s'est particulièrement mal passée en France pour deux raisons : l'inefficience dramatique de l'administration hospitalière (fonctionnaire, bureaucratique et étatique) et la posture idéologique de l'ordre des médecins (et de ses deux guignols que sont Olivier Véran et Jean-François Delfraissy).

La seule faute de Macron, c'est d'avoir fait confiance à l'ordre des médecins.

 

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L'ordre des médecins (comme tous les "ordres" professionnels – notaires, architectes, avocats, experts-comptables, etc …) n'a jamais eu aucune raison d'être : les universités qui délivrent un diplôme de médecine sont les seules responsables des apprentis-sorciers qu'elles lâchent sur le marché. Le corporatisme de l'ordre des médecins n'a aucun autre but que celui d'éjecter toutes les autres formes de médecine que l'ignorante et mécanique médecine occidentale, que de restreindre la concurrence en pratiquant le numerus clausus et que de faire des procès en "hérésie" à l'encontre de médecins un peu autonomes qui pratiquent d'autres voies que celles du 19ème siècle.

 

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A faire comprendre d'urgence à la médecine occidentale  …

 

  • La Vie englobe tous les vivants qui la manifestent.
  • La Vie est irréductible à la chimie.
  • La Santé est holistique et non analytique.
  • L'Organique est irréductible au mécanique.
  • Un Organisme est beaucoup plus que la somme de ses organes.
  • La Symbiose est le fondement de la biologie.

 

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A lire les articles de gastronomie ou d'œnologie, on comprend la profonde inanité d'une approche analytique du goût.

Des qualifications du genre "pêche blanche", ou "queue de cerise", ou "vieille prune", ou "moisi terreux", ou "peau de banane", ou "pierre à feu", etc … ou, lorsqu'on ne trouve plus rien à dire, "noisette" … sont proprement ridicules.

Un goût est par définition holistique et peut jamais être analycisé !

 

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Ne plus jamais dire du "blanc de poulet", mais du "caucasien de poulet.te".

Ne plus jamais dire du "noir de fumée", mais du "bullshit africain".

Mais surtout, ne plus jamais dire des "chiffres arabes", mais bien des "chiffres indiens" … et là, c'est sérieux !

 

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On nous parle des dangers d'amalgame entre "musulman" et "islamiste". Mais élargissons le regard …

Il y a presque toujours eu synonymie entre "religion" et "idéologie", entre "dualisme" et "impérialisme" (puisqu'un seul des deux pôles devrait être dans le vrai pur, l'autre pôle devrait être exterminé sous toutes ses formes), entre "monothéisme" et "totalitarisme" (puisqu'il n'y a qu'un seul dieu personnel, omniscient et omnipotent, il a forcément raison sur tout).

L'islam d'aujourd'hui n'est qu'une des dernières en date des résurgences des idéologies/religions dualistes/impérialistes et monothéistes/totalitaires.

Il n'y a aucune différence de fond entre paulinisme, augustinisme, catholicisme, calvinisme, catharisme, socialisme, antisémitisme, marxisme, léninisme, stalinisme, maoïsme, nazisme, fascisme, communisme, islamisme, salafisme, djihadisme, égalitarisme, écologisme, rétro-activisme, …

Tous ces courants merdiques relèvent de la même maladie mentale : le dualisme paranoïde !

 

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Le 26/11/2020

 

Un peu partout champignonnent des minorités "agissantes" qui sabotent, détruisent, vandalisent, saccagent, … au nom de leur cause … ou au nom d'une "désobéissance civile" (David Thoreau) singulièrement revisitée et dénaturée.

On a là affaire à des groupuscules d'extrémistes (rétro-activistes) qui profitent de la chaotisation ambiante pour se faire croire qu'ils existent et qu'ils ont quelque chose à dire (toujours les mêmes slogans vides construits sur des mots déviés comme "libéralisme").

Il y a toujours eu des extrémistes et il y en aura sans doute toujours.

Et bien sûr, on ne les voit et ne les entend que lorsque "tout va mal" (lorsque tout va bien, ils sont simplement ridicules). Leurs actions ne servent jamais à rien hors leur donner de l'adrénaline narcissique et nombriliste.

Ils salopent tout, simplement, mais intolérablement.

 

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Le 28/11/2020

 

D'Eric-Emmanuel Schmitt :

 

"Si je m'intéresse à ce que pensent les cons,

je n'aurai plus de temps pour ce que pensent les gens intelligents."

 

ou ceci :

 

"En notre siècle où, comme jadis, on tue au nom de Dieu, il importe de ne pas amalgamer les croyants et les imposteurs : les amis de Dieu restent ceux qui Le cherchent, pas ceux qui parlent à Sa place en prétendant L'avoir trouvé."

 

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Répétons-le : tout ce qui est robotisable, sera robotisé et tout ce qui est algorithmisable, sera algorithmisé … que cela nous plaise ou non, que cela participe ou pas au meilleur ou au pire du numérique.

Le principe de Gabor est souverain.

Autant, dès lors, en prendre notre parti : le centre de gravité des activités humaines est en train de se déplacer à toute vitesse. Nous pensons qu'il faut s'abstenir de ces rêves infantiles (ou seraient-ce des cauchemars) d'un monde où tout serait pris en charge par des robots et des algorithmes et où l'humain pourrait se contenter de vivoter et de s'ennuyer dans un vide existentiel aussi morbide que suicidaire.

Non ! Le robots ne feront pas tout – ni les algorithmes. En revanche, ils ouvriront des portes et des pistes vers d'autres univers, vers d'autres horizons où les talents et capacités spécifiques de l'humain pourront, mieux que jamais, s'exprimler et exceller.

 

Au fond, nous voilà ramener à la vieille question que posait Immanuel Kant à la fin du 18ème siècle : "Qu'est-ce que l'homme ?". Qu'est-ce qui est typiquement humain, si typiquement humain que jamais ni un robot, ni un algorithme ne seront capables de le prendre en charge ?

 

Ce qui nous distingue des robots et algorithmes, c'est d'abord que nous ne sommes pas des artefacts : nous sommes des enfants de la Nature et nous faisons entièrement et intimement partie d'elle. Nous sommes naturels et non artificiels (même si nos progrès technologiques tendent à nous artificialisés partiellement).

Comme beaucoup d'autres choses, nous sommes naturels, nous faisons partie intégrante de la Nature, mais nous nous distinguons des autres êtres naturels par le fait que nous pensons, que nous possédons un esprit qui mémorise, qui ressent, qui veut, qui intellige, et qu'au centre de cet esprit qui nous habite, nous avons une conscience qu'aucun robot ou algorithme ne possédera jamais par eux-mêmes, pour eux-mêmes et en eux-mêmes.

 

C'est de cette conjonction entre Naturalité et Conscience que surgit la spécificité de l'humain (du moins des humains qui ne sont pas complètement abrutis et abêtis par le panem et circenses).

Conscience et Nature, donc. Nous avons Conscience de participer pleinement de la Nature, c'est-à-dire de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, au sens cosmique de ces termes.

Nous sommes en reliance globale avec la Nature et avec tout ce qui y existe, avec tout ce qui y vit et avec tout ce qui y ressent, veut, sait et pense.

C'est cette reliance consciente et naturelle, cette reliance globale avec tout le reste qui font la spécificité humaine et qui feront le substrat de toutes les activités et de tous les métiers de demain.

 

Concrètement, cela signifie que l'humain évoluera toujours plus vers les métiers de l'intuition, de la relation (la reliance), de l'inspiration, de la préscience, de la valorisation, de l'éthique, de l'harmonie, de la spiritualité, de la mystique, de l'accomplissement, de l'équilibre, du respect, de la frugalité, de la modestie, de la sagesse, … bref de toutes les activités qui ressortissent du holisme plus que de l'analycisme, du constructivisme plus que du déterminisme, de l'organicisme plus que du mécanicisme, du qualitatif plus que du quantitatif, de la virtuosité plus que de la productivité, de l'intériorité plus que de l'extériorité, de la sublimation plus que de l'émotion, … etc.

Sur ces chemins-là, tout – ou presque – reste à inventer !

 

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De Léonidas Kalogeropoulos :

 

"En France,  on pose les questions en des termes biaisés qui conduisent, face à chaque problème, à réfléchir à la loi, la réglementation, la taxe ou la subvention qui pourra résoudre chaque question d’intérêt général."

 

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Les entreprises d'un sud-africain appelé Elon Musk :

 

  • PayPal : sa seule réussite entrepreneuriale, mais sans aucun intérêt.
  • Tesla : un bide entrepreneurial sur une vraie très mauvaise idée.
  • SpaceX : l'absurdité de la colonisation d'autres planètes par les humains.
  • NeuraLink : un délire sur l'exploitation massive de la télépathie.

 

Le tout sur fond de crétinerie transhumaniste. Faisons taire ce fumiste.

 

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Notre époque oppose à nouveau, mais dans le mauvais sens, la connaissance et la croyance.

La connaissance est difficile et prudentielle.

La croyance est facile et péremptoire.

L'opinion générale qui est celle des crétins et des ignorants, a toujours préféré la croyance toujours présente, à la connaissance hors d'atteinte pour elle.

Le problème, aujourd'hui, est l'amplification médiatique de l'opinion des masses qui relève d'un nouvel obscurantisme.

 

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D'Yves Bréchet :

 

"Les structures qui nous gouvernent n’ont aucune culture scientifique.

Nos dirigeants peuvent avaler n’importe quelle ânerie

que leur servira un conseiller courtisan."

 

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Quelques vieux dictons juifs …

 

"Sans disciples, il n'y a pas de maître" (Midrash Rabah)

 

Cette idée et récurrente dans la tradition juive : il faut rendre par l'enseignement, ce que l'on a reçu par l'étude. C'est l'idée de la continuité amplifiante des flux de la Connaissance.

 

"Les doigts ne sont pas tous égaux" (Talmud – Pessahim)

 

Ce dicton affirme l'inexistence de quelque "égalité" que ce soit dans la réalité, mais, primo, les doigts de la main sont unis et ils forment une unité active et, secundo, leurs inégalités induisent des différences qui les rend efficients par leurs complémentarités mêmes.

 

"Jérusalem n'a été détruite

que parce que les enfants cessèrent d'aller à l'école." (Talmud – Shabbat)

 

L'accomplissement des humains passe exclusivement par l'étude. Dès que cet élan spirituel et intellectuel s'affaiblit, la barbarisation et la décivilisation prennent le relais … comme c'est le cas à notre époque, surtout en France.

 

"La maison de l'homme, c'est sa femme." (Talmud – Yoma)

 

Cet hommage au couple en tant qu'entité centrale de toute vie sociétale, et à la femme en tant que centre enveloppant du foyer, est centrale dans la tradition juive. La vie conjugale, familiale, communautaire et sociétale se déploie autour d'un seul centre : la femme.

La femme est le centre. Et derrière elle : la Vie. Et derrière la Vie : le Divin.

 

"Qui ne pense qu'à lui-même, est un idolâtre"

 

La question : "au service de quoi vais-je mettre ma vie ?" est au cœur de ce diction. Il n'y a, au fond, que deux réponses possibles : au service du Tout ou au service de soi. C'est cette deuxième réponse qui résume toutes les idolâtrie.

 

La loi du pays, c'est la loi." (Talmud – Kama)

 

Ce dernier dicton est au cœur de notre vie quotidienne dans les grande villes européennes où les minorités islamistes refusent la loi du pays qui les accueille et veulent imposer la loi coranique

 

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Le 29/11/2020

 

La tradition juive raconte les débuts du rabbinisme autour de deux rabbins, Hillel et Shammaï qui, chacun, symbolisent un des deux pôles de toute dialectique religieuse. Hillel représente la voie souple et populaire, alors que Shammaï la voie rigoureuse et élitaire.

 

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La tradition hébraïque permet d'éclairer un point pour moi obscur depuis toujours : celui de "l'honneur". Qu'est-ce que "l'honneur", considéré depuis longtemps comme une vertu cardinale dans les milieux nobiliaires ou afférents ?

L'hébreu m'a ouvert la piste …

L'honneur d'une personne, c'est ce qui le rend honorable et que le fait honorer. Or, en hébreu, "honorer" est KBD qui signifie "donner du poids, alourdir, donner de l'importance" … et donc donner de la valeur.

Ainsi, l'honneur est cette fidélité que l'on cultive envers ce qui a de l'importance, à ce qui fait valeur.

Avoir de l'honneur, c'est rester fidèle à ses propres valeurs …

Encore faut-il prendre conscience; clairement, de ces valeurs constitutives de notre âme, c'est-à-dire de ce centre de Vie qui anime tout ce que l'on pense, dit et fait.

 

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Le 30/11/2020

 

D'Albert Jacquard :

 

"L'objectif premier de l'éducation est évidemment de révéler à un petit d'homme sa qualité d'homme, de lui apprendre à participer à la construction de l'humanitude et, pour cela, de l'inciter à devenir son propre créateur, à

sortir de lui-même pour devenir un sujet qui choisit son devenir et non un objet qui subit sa fabrication."

 

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Au-delà des problèmes de savoirs et de connaissances, grâce aux robotisations et algorithmisations accélérées, s'est déjà bien mise en route la libération de l'humain des tâches éreintantes, harassantes, dangereuses, répugnantes, avilissantes, inintelligentes, répétitives, routinières, etc … Même la guerre, déjà, est plus l'affaire des drones et des robots, que des "chairs à canon" ; et c'est tant mieux.

Mais libérer l'humain (de plus en plus ignorant) de toutes ces tâches "négatives" n'est que le premier pas. Car la question vient immédiatement : la liberté pour quoi en faire ?

Tous les hommes sont-ils capables de développer leur esprit et d'y trouver des voies d'accomplissement de soi ? La réponse est sans doute négative et pointe vers une humanité à deux vitesses : l'humanité noétique qui accomplira l'Esprit dans les noosphères qui se dessinent déjà, et l'humanité ludique qui se vautrera dans le panem et circenses, comptant sur l'évergétisme des hommes noétiques.

 

Il y aura donc (il y a déjà) trois mondes numériques :

 

  • le monde du numérique technique qui concevra, fabriquera et distribuera les outils numériques propres aux deux autres mondes numériques ;
  • le monde numérique ludique qui fournira à l'humanité ludique un monde "big-brotherisé", très proche de celui génialement décrit dans le film "Matrix" ;
  • le monde numérique noétique qui fournira aux hommes noétiques, les moyens de construire la noosphère et d'y faire émerger l'Esprit.

 

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Aujourd'hui, le numérique nage plutôt à contre-courant puisqu'il encourage plutôt l'ignorance et la paresse, le ludique et la passivité, l'inintelligence et la médiocrité.

Peut-être, tout simplement, les gros promoteurs actuels du numérique sont-ils encore prisonniers de la "courbe rouge", c'est-à-dire de l'économie de masse (donc de la non-qualité) et du prix bas (donc de la soi-disant gratuité).  Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que ce numérique-là mette l'accent sur une logique du panem et circenses, de la facilité et du loisir, plutôt que sur l'évolution positive de l'intelligence humaine et de ses prouesses.

 

Pourtant, dès aujourd'hui, tous les ingrédients y sont : le partage des savoirs, le partage des projets, le partage des informations, le partage des opportunités … tout est là.

Tout est possible !

Et c'est cela le miracle numérique : tout est possible puisque le numérique est une incroyable boîte d'amplification de l'humain : un amplificateur de paresse et de médiocrité  (voir Fesse-Bouc ou Netflix) ou un amplificateur d'intelligence et de virtuosité.

 

Avec le numérique, l'humain est face à lui-même, comme devant un miroir extrêmement grossissant.

Dans la meilleure de sa version, il offre plein de chemins vers plus d'intelligence, vers plus de virtuosité, vers plus d'accomplissement de soi et de l'autour de soi. Redisons-le : tout est déjà là !

 

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Le monde qui vient, sur la "courbe verte", voudra donner du sens à tout ce qu'il fait, propose ou cherche ; il voudra sortir enfin du nihilisme et de la barbarie du 20ème siècle qui n'en finit pas de finir. Et pour cela, il a immensément besoin de spiritualité (pour chercher du sens à donner) et d'éthique (pour choisir les bons chemins pour y parvenir).

 

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Ce sont les efforts qui accomplissent, pas les penchants.

 

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Proverbe juif :

 

"Ne mets pas d'obstacles sur le chemin d'un aveugle."

 

Tel est le meilleur résumé possible de l'éthique la plus profonde et générale.

Un aveugle est un aveugle ; il ne faut pas croire qu'il deviendra voyant.

Son chemin est son chemin ; il ne faut pas croire qu'il faille l'en dévier.

Ne pas vouloir l'aider à cheminer, il est autonome.

Mais au moins, ne l'entraver en rien et respecter ce qu'il est et ce qu'il fait.

 

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Le premier livre des Rois (1;5) dit ceci :

 

"Chacun sous sa vigne et sous son figuier."

 

Belle définition simple et limpide de l'autonomie !

 

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Si tu veux rencontrer des personnes de qualité, deviens d'abord toi-même une personne de qualité.

 

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Le "Traité des Pères" (1;2) dit ceci :

 

"Sur trois paroles, le monde se tient debout :

la Torah, le Service et les Générosités des pieux."

 

La Torah : les règles universelles de cohérence et d'harmonie …

Le Service : être au service de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi …

La Générosité des pieux : le don de soi, de son énergie et de son temps (générosité) à la sublimité du Sacré (la piété) …

L'indispensable et vital ternaire … Toujours le Trois …

 

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Nouveau : depuis le 3/10/2020: Le Tome 23 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).