Tisserand de la compréhension du devenir
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Actualité - De l'Etre au Devenir - Juin 2021

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

 

Le 01/06/2021

 

Chaque personne humaine possède un esprit qui n'est ni un objet, ni un lieu, ni un organe, mais une fonction holistique consubstantielle à son tout (l'esprit n'est pas le cerveau, même si le cerveau gère la logistique de l'esprit). Statistiquement, la qualité de cet esprit obéit à une loi normale : 20% de débiles, 60% de médiocres et 20% de géniaux.

De même, chaque communauté humaine (c'est-à-dire un ensemble de personnes qui collaborent, unies par un patrimoine et/ou un projet commun) possède également un esprit plus ou moins débile, médiocre ou génial.

Mais de grâce, faites taire les psychosociologues ou les sociopsychologues qui rabâchent depuis trop longtemps les inepties freudiennes organisées autour de ce concept faux qu'est l'inconscient (individuel ou collectif).

L'esprit personnel ou communautaire, est un ensemble de quatre fonctions (mémoire, sensibilité, intelligence et volonté) coordonnées et harmonisées par une cinquième (la conscience qui active les quatre autres fonctions et les confronte afin de lever les tensions entre elles et d'optimiser la dissipation de leurs divergences).

Il n'y a rien d'inconscient là-dedans ; il n'y a que des degrés d'activité selon les besoins.

 

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L'esprit, selon qu'il travaille analytiquement ou holistiquement, ouvre dix types d'activité qui devraient fonder une toute nouvelle pédagogie.

 

 

Analytique

Holistique

Mémoire

Se souvenir d'un détail

Revivre une situation

Sensibilité

Aiguiser ses cinq sens

Développer son intuition

Intelligence

Trouver une solution

Comprendre le monde

Volonté

Atteindre un but

Vivre heureux

Conscience

Dissiper un conflit intérieur

Être serein

 

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Comme tous les 550 ans, en moyenne, nous vivons une "Renaissance" qu'il vaudrait mieux appeler de son nom technique : "palingénésie", c'est-à-dire une régénération, une revivification, un renouvellement, une transmutation globale, une bifurcation paradigmatique qui touche tout le "phénomène humain" pour reprendre l’expression de Teilhard.

 

La pandémie n'est que la partie émergée et visible de la chaotisation globale du monde humain que nous vivons actuellement, coincés entre deux paradigmes : l'ancien, dit "la Modernité", qui s'effondre et le nouveau (qui n'a pas encore de nom officiel mais que l’appellerais volontiers "noétique") qui émerge.

Toutes les dimensions du monde humain sont en pleine crise de chaotisation tant avec le monde extérieur : la biosphère (d'où les pandémies, le dérèglement climatique, la chute de biodiversité, la dérégulation océanique, etc ...), que dans sur toutes les dimensions intérieures de ce monde humain (science, économie, géopolitique, idéologie, éthique, culture, psychosociologie, spiritualité, etc ...)

 

Et la dimension maçonnique n'y échappe pas non plus : les "temps modernes" s'effondrant, la part du monde maçonnique qui se réfère encore aux "Lumières", à l'humanisme, au laïcisme, à l'égalitarisme, à l'universalisme, etc ... bref, à la Modernité finissante, est en train de s'effondrer avec elle. Il est donc urgent, pour la Franc-maçonnerie authentique, de retourner à ses racines intemporelles et de fermer, définitivement, la parenthèse funeste de la "voie substituée" ou de ce que l'on appelle ridiculement la maçonnerie "libérale".

Il n'y a pas deux manières de vivre la Régularité maçonnique ; celle-ci est unique et intangible, intemporelle, héritée des constructeurs d'abbayes romanes et de cathédrales gothiques, inscrite sur les plus vieux manuscrits des 13ème et 14ème siècles.

 

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De Joseph de Maistre :

 

"L'homme ne peut rien apprendre qu'en vertu de ce qu'il sait déjà."

 

Le processus de la connaissance est un constructivisme.

L'esprit est un processus qui se construit comme un édifice, chaque couche nouvelle se superposant à l'accumulation des couches antérieures.

Et il ne faut pas croire le pédagogisme ambiant : il n'y a pas de cathédrales haute et majestueuse sans fondation solide, ancrée et dure à faire.

On ne construit rien "hors sol". Sans très bonne maîtrise des langages de base, aucune connaissance ferme et aucune pensée sérieuse ne peut être construite.

En ce sens, les systèmes éducatifs actuels sont des catastrophes.

 

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L'humain nietzschéen est le pont entre l'animal humain et l'être surhumain.

Si l'animal humain est grégaire et social (seul, il ne survivrait pas en milieu sauvage), l'être surhumain, vers lequel l'humain – du moins une minorité – chemine, lui, sera autonome et asocial.

La socialité exprime l'animalité fossile de l'humain.

 

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Réduire le "Je" au "Tout" (altruisme ou entropisme ou socialisme ou mysticisme) ou réduire le "Tout" au "Je" (égotisme ou néguentropisme ou individualisme ou athéisme) sont deux erreurs délétères. Pour le dire autrement, l'individuation sans intégration comme l'intégration sans l'individuation, sont tout simplement impossibles.

La réalité, qu'elle soit sociale, écologique ou cosmologique, est une perpétuelle dialectique entre le local (l'intériorité du système) et le global (l'extériorité du milieu).

Le global engendre le local et le local vivifie le global. L'un sans l'autre sont stériles.

 

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Tout processus est une dialectique permanente entre une mémoire et un projet.

Rejeter la mémoire pour "libérer" le projet (le progressisme) ou châtrer le projet pour "préserver" la mémoire (le conservatisme) sont aussi mortifères l'un que l'autre.

 

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Le 02/06/2021

 

Ce que l'on appelle "maçonnerie libérale" est l'ensemble des dissidences nées en France à partir de Napoléon Bonaparte et amplifiées par la troisième République dès 1871 (GO, DH, et les 220 autres "obédiences" regroupant quelques centaines de milliers de membres en France et dans ses anciennes colonies) qui refusent les Règles intemporelles de la régularité universelle partagées sans souci par les 20 millions de Francs-maçons réguliers du monde.

Cet euphémisme de "libéral" signifierait "libéré des Règles de la Tradition millénaire maçonnique" telles qu'elles sont exprimées dans les "Anciens Devoirs" depuis le 13ème siècle.

Curieuse phraséologie, pour des organisations globalement socialo-humanistes, de se qualifier de "libérales". Et curieux paradoxe, pour des sociétés historiquement initiatiques traditionnelles, de rejeter l'initiation et la tradition.

Mais dans ces pseudo-mondes-là, on n'est plus à une contradiction près …

 

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Il y a, comme toujours, quatre moteurs à l'évolution de quelque société humaine que ce soit : son histoire identitaire, son écosystémie vitale, ses modèles culturels et son projet collectif.

Les pouvoirs (économiques, politiques, noétiques) ne sont là que pour dissiper optimalement les surtensions.

Dès lors que les surtensions saturent l'ensemble, cette société se chaotise afin de faire émerger un autre paradigme qui remettra en cause l'identité centrale, les principes de son écosystémie, la structure de ses modèles et la nature de ses intentions.

La transformation des pouvoirs suivra.

L'essentiel est de bien comprendre la logique de cette émergence qui est tout sauf démocratique et collective : toute société humaine est constituée de 80% de moutons qui suivent le troupeau après avoir bêlé et piétiné un bon coup.

Ce troupeau n'est jamais le moteur de la bifurcation. Ni les pouvoirs "d'avant".

 

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Ce que l'on appelle une "tradition", ce sont des idées qu'une ancienne élite a créées et rendues assez puissantes pour qu'elles se transmettent par les masses, de génération en génération.

 

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Tout arbre naît, croît, culmine, rabougrit et meurt.

Tout arbre a de multiples racines, un tronc central, des branches faîtières qui divergent et portent une frondaison faite de rameaux, feuilles, fleurs et fruits.

Dès que le terreau s'appauvrit ou que le climat se durcit, l'arbre peine à survivre.

 

Il en va ainsi de tout ce qui existe : de l'humain comme d'un paradigme, de la science comme d'une culture, d'une tradition comme d'une philosophie, d'une spiritualité comme d'une religion, d'une communauté comme d'une technologie, etc …

 

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Il est utile de voir que les tenants du relativisme philosophique disent qu'il n'y a aucune vérité absolue et que chaque époque et chaque lieu ont leurs vérités éphémères.

Mais n'est-ce pas énoncer une vérité absolue que d'affirmer la relativité absolue de toute vérité humaine ?

 

Il me semble moins prétentieux et plus cohérent d'affirmer que le Réel, par essence, est absolument vrai (puisqu'il est le Réel dans sa réalité et sa cohérence, toutes deux intrinsèques et essentielles), mais que cette vérité absolue du Réel est difficilement et rarement accessible aux esprits humains qui, peu à peu, tentent de s'en rapprocher par un vaste processus constructiviste, foisonnant d'essais et d'erreurs.

 

En regardant ce processus, on comprend que les "vérités" humaines sont de moins en moins relatives au fur et à mesure que l'on approche de la vision claire de la cohérence vraie du Réel.

En revanche, il est pertinent de dire qu'un jugement n'est jamais vrai, au sens absolu ; mais une connaissance peut le devenir.

 

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Il faut renvoyer dos-à-dos tous les "progressistes" et tous les "traditionnalistes" car, très simplement, l'évolution de tout processus complexe (et le "phénomène humain" en est un) repose, dialectiquement :

  • sur une modèle général intangible et immuable, universel et cosmologique (voilà qui fait applaudir les traditionnalistes)
  • mais qu'à chaque cycle du temps, à chaque bifurcation, à chaque mutation paradigmatique, émergent de nouvelles configurations et complexités aussi nouvelles qu'imprédictibles (voilà qui fait exulter les "progressistes", malgré que tout fantasmagorie idéologique y soit résolument inutile, inféconde et nocive).

 

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Toute idéologie "progressiste", parce qu'elle voit tout dans un rétroviseur tourné vers le passé, est la pire des expressions d'un conservatisme délétère.

 

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Toute idéologie n'est que fantasmagorie !

 

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Etymologiquement, est "moderne" ce qui est à la mode. Et ce qui est à la mode, ne vaut rien puisque la mode est soit affaire de snobs (la mode par exhibitionnisme), soit affaire de plèbe (la mode par conformisme).

 

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Il faut toujours avoir des convictions, mais jamais de certitudes.

 

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Si la sociologie – malgré que ce domaine soit, aujourd'hui, rongé par toutes les idéologies les plus nauséabondes – est le nom que l'on peut donner à l'étude des processus collectifs humains, alors :

 

  • la sociologie est, avec beaucoup d'autres, une branche d'application de la physique des processus et systèmes complexes (hors de là, il n'y a que des conjectures fantasmagoriques),
  • la sociologie englobe quelques autres sous-branches comme l'histoire, l'économie, la politique, la culture, la religion, l'écologie, etc …
  • la sociologie est une étude des relations et interactions extérieures entre humains, mais n'englobe pas l'étude du fonctionnement intérieur de l'humain qui comprend la physiologie, la noologie et les interrelations entre elles.

 

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De Paul Valéry :

 

"Parfois je pense, et parfois je suis."

 

Et pas forcément en même temps …

 

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Dans le domaine pensant de l'esprit, trois mondes se côtoient : celui des faits (fournis par la sensibilité et la mémoire), et ceux des images et des concepts (fournis par l'imagination et l'intuition).

Les "faits" sont des données brutes, plus ou moins avérées et validées, venant du vécu (des expériences).

Les "images" sont des structures imaginaires qui assemblent des faits pour en faire des chimères (des mythes).

Les "concepts" sont des idées conçues pour tenter de rendre compte de la cohérence entre les faits (des théories).

 

Ces trois mondes correspondent aux trois domaines généraux communs à tous les processus, même s'ils y portent d'autres noms.

Et comme toujours, ces trois mondes, souvent antagoniques ou contradictoires, engendrent des tensions qui doivent être optimalement dissipées par une instance harmonisante et validante que l'on peut appeler la "raison" qui est le cœur actif de l'intelligence (une des cinq composantes de l'esprit).

Lorsque la raison s'affaiblit ou démissionne (comme c'est le cas à notre époque),  ces trois mondes entrent souvent en conflit.

 

A notre époque, le monde des images tend à devenir hégémonique, détournant, dévoyant et déformant les concepts et les faits pour en alimenter ses mythes (le prototype en est le mythe complotiste). La sensibilité se fait émotivité, l'intelligence se fait falsificatrice, et l'imagination mythique prend le pouvoir au total mépris de toutes les réalités, de toutes les connaissances et de tous les savoirs.

 

L'imaginaire (et tous les caprices qui l'accompagnent) a pris le pouvoir : on se réinvente soi-même (sexe, genre, tatouage, piercings, tonsure, coloration, scarification, …) et on réinvente sa relation au monde (racialisme, islamisme, indigénisme, écologisme, véganisme, gauchisme, hyperféminisme, …).

Tout est réinventé dans des paysages imaginaires, irréels, surréalistes, mythiques et artificiels. Plus rien n'a de réalité.

Et si d'autres s'avisent à montrer la réalité du Réel et l'artificialité de tous ces mensonges mythologisés, il suffit de les assassiner pour résoudre le problème.

On en est là !

 

Trois questions se posent donc, avec une certaine urgence :

 

  • Comment restaurer la véracité des faits ?
  • Comment restaurer la validité des concepts ?
  • Comment restaurer l'efficience de la rationalité ?

Il ne s'agit pas de restaurer les piliers du paradigme "moderne" aujourd'hui révolu (rationalisme, intellectualisme, positivisme, idéologisme, laïcisme, universalisme, égalitarisme, …). Il s'agit de dépasser les mythologies reptiliennes et archaïques, inhumaines et haineuses, agressives et meurtrières, qui germent partout, et de procéder à une respiritualisation de l'Humain et à une resacralisation de la Vie … en attendant, qui sait, une sacralisation de l'Esprit.

 

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Il est vraiment dommage que Proudhon continue de souffrir de l'étiquette pesante et stérile de l'anarchisme, alors qu'il a inventé un associationnisme qui ressemble de plus en plus à nos réseaux productifs, associatifs et noétiques. Je ne lui reproche qu'une seule chose : son antisémitisme (il a assimilé, trop vite et sans attention, le monde juif et le monde financier). Mais il n'est pas le seul à être tombé dans ce panneau sordide.

 

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Pour les gens de gauche, les Juifs sont tous des banquiers, forcément véreux. Et pour les gens de droite, les Juifs sont tous des communistes, forcément sanguinaires.  Sans oublier que, pour la plupart des catholiques, voire chrétiens, les Juifs sont tous des déicides, forcément sacrilèges.

 

Le plus drôle – si j'ose dire –, c'est que les trois grandes causes de l'antisémitisme (les soupçons sur la religion, la communauté et l'argent) sont le fait de trois juifs : Jésus, Marx et Rothschild …

Heureusement, il n'y eut que les deux premiers à être des renégats !

 

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Dès que les humains ont compris leur grande inaptitude à survivre en milieu sauvage, ils se sont unis par souci d'efficacité sur deux plans : anticiper les dangers et opportunités (c'est le rôle du sorcier, de l'autorité noétique) et coordonner les actes et mouvements (c'est le rôle du chef, du pouvoir politique).

Il fallut donc, très vite, trouver les méthodes qui permettent d'asseoir stablement et durablement l'autorité du sorcier (pour croire à ce qu'il dit) et du pouvoir du chef (pour obéir à ce qu'il exige).

Il n'y en a en fait que trois possibilités : l'élection, l'hérédité ou la cooptation.

Aujourd'hui, il y a toujours ceux qui savent et ceux qui commandent (ces deux fonctions exigent des talents et des aptitudes différentes), mais les bonnes méthodes pour asseoir leurs autorités et pouvoirs ne sont toujours pas ni plus solides ni plus fiables.

Avec le néolithique et l'advenue de l'agriculture, de l'élevage et des artisanats, une troisième fonction sociétale est née : la puissance économique de l'entrepreneur dont la tâche est d'approvisionner les autres en denrées utiles ou désirables.

Voilà toute la structure triadique de toutes les collectivités humaines depuis 10.000 ans. La seule chose qui ait changer, ce sont les modalités concernant les pouvoirs (désignation, consécration, contrôle).

Et, comme par hasard, ces trois axes (politique, noétique et économique) correspondent, trait pour trait, aux trois domaines de tout processus complexe : le domaine topologique pour les territoires (politique), le domaine eidétique pour les connaissances (noétique) et le domaine dynamique pour les activités (économique).

 

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Le 03/06/2021

 

Certains se réfèrent encore à la phénoménologie.

Il est pourtant évident que le mouvement phénoménologique – comme la mouvance existentialiste, d'ailleurs – a débouché sur une échec philosophique cuisant.

Il ne peut accoucher que des questions sans réponse, des observations sans explication, des catalogues de faits sans connexions ni cohérences, un monstre de relativisme.

Le fait de se concentrer sur la perception des seules apparences et sur l'analyse des rapports entre la pensée et ces apparences, engendre un colossal – mais stérile – Ouroboros.

Parce qu'elle récuse, à la fois, l'idée que l'esprit humain n'est qu'une manifestation de l'Esprit cosmique, et l'idée que c'est ce même Esprit cosmique qui produit les phénomènes et leur aperception, dans une unité absolue qui transcende le sujet et son objet, la phénoménologie tourne en rond et psychote (comme son pénible sous-produit américanisé appelé "philosophie analytique").

La phénoménologie est, sans doute, le développement ultime des subjectivismes cartésiens et kantiens.

La phénoménologie, c'est la conscience qui tourne autour d'elle-même.

 

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L'expression substantivée du "vivre-ensemble" m'agace prodigieusement. La seule vraie vie de chacun est sa vie intérieure et intime. C'est là et là seulement que se place l'essentiel.

A part quelques très rares exceptions, "les autres" me sont totalement étrangers et indifférents : ils ne sont que des utilitaires, porteurs de flux, matériels ou immatériels, dont je peux avoir besoin.

Plus leur vie intérieure – la seule importante et authentique, rappelons-le – est pauvre et vide, plus les humains se tournent vers "les autres" pour la remplir de leurs vides à eux.

Ce n'est que cela, la socialité : la mise en commun des vides intérieurs en vue d'en détourner la conscience que l'on pourrait en avoir.

Le "vivre-ensemble" est une mutualisation du vide, de la pauvreté et de l'ennui qui habitent ces âmes médiocres. Le "vivre-ensemble" n'est que du "jouer-ensemble", du "s'amuser-ensemble",  du "perdre-son-temps-ensemble", du "tromper-l'ennui-ensemble", du "combler-le-vide-de-la-vie-ensemble".

Pour celui qui vit une vie intérieure intense et riche, "l'autre" est toujours un importun qui dérange.

 

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Le retour forcené des images, icônes, totems, tatouages, … en tous genres est le signe le plus flagrant de la régression et de la dégénérescence culturelles actuelles.

 

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Il y a, pour moi, synonymie totale entre culturel et sociétal, entre culture et socialité.

Pour moi, la culture est l'ensemble de toutes les superstructures comportementales et éthologiques qui sont communes à une collectivité, quelle qu'elle soit.

Cette superstructure fixe les mœurs – mores en latin – codifiés en morale ; elle s'est construire sur une infrastructure biologique et génétique bien spécifique

La socialité révèle de la culture qui, elle, relève de la nature collective.

Et le problème posé par certaines minorités activistes, est l'incompatibilité radicale entre leurs comportements et la culture ambiante.

 

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Platon fait dire à Socrate dans "Le Cratyle", cette ânerie grave :

 

"Mais si tout change sans cesse,

aucune science n'est possible ?"

 

Cette énormité n'a qu'une seule source : l'attachement de Platon à une métaphysique de l'Être, c'est-à-dire de l'immuable et de l'intemporel "derrière" les phénomènes, les mouvements et les mutations.

Héraclite d'Ephèse, pourtant, avait déjà penser une métaphysique du Devenir … Mais rien n'y fit : Parménide avait déjà gagné.

 

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Le paganisme n'a rien à voir avec l'athéisme comme les vociférations dualistes chrétiennes ont réussi à le faire croire.

Le paganisme est la déification et la sacralisation du Réel comme Matière, Vie et Esprit, comme Unité foncière et comme Nature intelligente.

Aujourd'hui, si l'on voulait parler de la même démarche spirituelle en évitant le piège des mots détournés et vilipendés, il faudrait parler, comme je le fait, de panenthéisme (monisme, immanentisme, émanationnisme, émergentisme, vitalisme, intentionnalisme, constructivisme, etc …).

Il ne s'agit nullement d'une négation du Divin. Tout au contraire. Mais il s'agit bien d'un refus des dualismes monothéistes ; refus qui fut celui, au sein du christianisme, des Evangiles gnostiques, d'un Denys l'Aréopagite, d'un Jean Scot Erigène, d'un Maître Eckhart d'Hochheim, d'un Angelus Silésius, d'un Pascal (parfois), d'un Teilhard de Chardin (souvent), … qui fut, ailleurs, celui des kabbalistes juifs ou des soufis musulmans, aussi, sans parler du taoïsme ou du védantisme, plus lointains.

 

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L'humain doit urgemment réapprendre à coconstruire un monde réunifié et réenchanté en collaboration avec toutes les formes et forces de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

Il doit d'urgence désapprendre à se croire venu d'ailleurs ou allant ailleurs que de ce monde-ci, tel qu'il est et tel qu'il va.

C'est lui qui doit se mettre au service du Réel et non l'inverse.

 

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La difficulté n'est pas tant de trouver une bonne solution que de bien poser le problème.

Et la difficulté de la difficulté, c'est de savoir qu'els sont les vrais problèmes de la vraie vie.

 

Au fond, il n'y en a que pas tant que cela … même bien peu, en définitive.

Vivre content de ce que l'on est devenu.

Vivre satisfait de ce que l'on gagne ou possède.

Vivre proche de la Nature.

Vivre en reliance avec le Réel.

Vivre dans l'amour de quelques-uns et dans l'indifférence de tous les autres.

Vivre en pleine conscience de la sacralité de tout ce qui existe.

Vivre !

 

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De mon ami Michel Maffesoli :

 

"La statistique est l'astrologie du monde moderne."

 

Le culte des sondages. La religion des palmarès. La grand'messe des pronostics. Le messie "probabilité".

 

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Faut-il opposer "l'image" (ce qui se trace ou se dessine) et "la parole" (ce qui se dit ou s'écrit) ?

La Torah le fait, interdisant l'image et sacralisant la parole. Pourquoi ? Parce que l'image induit l'idolâtrie (Ex.:20;4 et 5).

Mais aussi parce que l'image simplifie, caricature, infantilise et pointe vers le "Ceci n'est pas une pipe" de René Magritte, ou vers la différence cruciale entre "la carte" (l'image) et "le territoire" (le réel).

De plus, l'image se reçoit unilatéralement : elle est passive, alors que la parole s'échange et est, dès lors, active.

Le désastre, aujourd'hui, est que l'image prend toute la place avec l'audio-visuel amplifié par le numérique (sans parler de la BD), et fabrique de vrais "idiots-virtuels".

L'esprit des masses se déshabitue à utiliser des concepts jugés trop difficiles à manipuler. On ne pense plus ; on ingurgite.

La pensée, la parole et l'intelligence s'appauvrissent d'autant, et à grande vitesse.

L'image induit des fantasmes et des fantasmagories qui détournent l'humain de sa réalité et de sa mission.

 

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Chaque idéologie s'est créé son propre style artistique reflétant la manière dont il a envie d'être représenté et montré.

Plus cette idéologie est totalitaire, plus ce style est lourd et laid.

 

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La Modernité, entre Renaissance et aujourd'hui, se confond avec le Bourgeoisisme : le règne de la quantité, de la matérialité, de l'argent, de la ville (le bourg), de la marchandisation, de la moraline, du savoir-vivre, de la littérature, de la conformité, etc …

La Renaissance marque les débuts de l'économie marchande et industrielle (c'est une erreur de croire que la production de masse et en série est née avec la révolution thermique du 19ème siècle ; celle-ci n'a fait que l'amplifier et l'accélérer) et donc ceux du "bourgeois" urbain.

Le bourgeoisisme triomphe au 19ème siècle, siècle : il détrône les Rois et il installe le positivisme, le rationalisme, le nationalisme, l'industrialisme, le démocratisme (surtout censitaire), le socialisme (l'appétence des prolétaires à devenir bourgeois), l'agnosticisme, … au pouvoir.

 

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Le 04/06/2021

 

Il est temps que chacun redevienne responsable, personnellement et juridiquement, de ses propos, paroles, écrits quel qu'en soit le support.

Le principe en est simple : tout propos qui agresse une personne vivante, nommément désignée, est condamnable dès lors que la personne en question porte plainte.

En revanche, la liberté de parole doit être totale dans le champ des idées et des opinions générales – aussi stupides soient-elles.

 

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Le mépris agressif des sociologues, des politiques et autres universitaires pour l'économie est sidérante. Ces gens-là ne mangent-ils pas, ne boivent-ils pas, ne consomment-ils pas, n'habitent-ils nulle part ? Ce profond dédain pour l'économique est typique de nantis privilégiés (le plus souvent assistés parasitiques des institutions étatiques) qui s'autoproclament "au-dessus" des mesquineries concrètes de la survie banale (tout en professant des idéologies le plus souvent gauchisantes).

Ils ne veulent pas comprendre que les vilaines activités économiques forment le socle essentiel de toute socialité, préalablement à toute forme d'activité intellectuelle ou culturelle.

Sans économie, il ne reste plus rien qu'une jungle de gens affamés, armés de gourdins.

Produire, vendre et distribuer, d'abord ; le reste (qui n'intéresse, malheureusement, qu'un tout petit nombre) vient bien après.

Il n'y a pas d'intelligence sans un minimum de satiété préalable.

Il n'y a pas de culture sans un minimum de prospérité préalable.

L'économique précède l'académique.

 

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Et toujours cette même et si pénible confusion entre économisme, libéralisme, capitalisme et financiarisme.

Rappelons les définitions :

 

  • Economisme : réduction de toute socialité au pur et simple économique.
  • Libéralisme : promotion de toutes les autonomies personnelles et collectives contre toutes les formes de totalitarisme, même doux.
  • Capitalisme : puissance de l'argent comme moteur de financement des entreprises et initiatives, tant privées qu'étatisées.
  • Financiarisme : activité purement spéculative ayant pour seul but de faire de l'argent avec de l'argent, sans travail.

 

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Les masses ne pensent pas ; elles adoptent les slogans des démagogues qui les flattent.

Elles vont toujours là où ils les poussent … et s'aperçoivent, trop tard, qu'elles sont dans une impasse. Alors elles écoutent d'autres démagogues et les suivent ailleurs … si elles ne sont pas enfermées dans une prison politique.

 

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La démocratie, c'est la loi des démagogues au lieu de la loi des aristocrates.

 

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En physique, les masses sont toujours des puissances inertielles de résistance au mouvement, occupant de l'espace.

En politique aussi.

En physique, les masses, c'est ce qui résiste aux forces extérieures.

En politique aussi.

 

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La notion grecque de "bon tyran" (cfr. Aristote), c'est-à-dire d'un gouvernement aristocratique pratiquant l'évergétisme (la gouvernance au service exclusif du bien-vivre commun), est totalement d'actualité.

Les démocratismes sont obsolètes et les totalitarismes sont haïssables.

 

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L'humain ne peut plus se penser comme "un élément extérieur et hétérogène", au-dessus de la Nature cosmique. Il en est à la fois le produit et une (infime) partie intégrante.

Il est urgent que l'humain reprenne conscience de sa totale appartenance au Réel qui le dépasse infiniment, et y reprenne sa juste et modeste place.

Il est urgent de passer de l'anthropocentrisme au cosmocentrisme.

 

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Le bon sens "populaire" n'est qu'une vague trace des idées des élites ancestrales.

Il est l'art délétère de réduire la complexité actuelle aux ombres d'une "sagesse" dépassée et du passé.

 

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Un arbre, pour être et rester sain, a besoin de basses racines pour capter l'eau et les sels minéraux de la terre, et il a besoin de hautes feuilles pour capter la lumière du soleil et l'air du vent dans le ciel.

Filons la métaphore …

Un esprit, pour être et rester sain, a besoin d'un enracinement profond dans une généalogie culturelle pour y puiser les connaissances (vraies et fausses) qui ont été accumulées dans la mémoire collective, et il a besoin de capter la lumière cosmique et divine, et des inspirations fluides et abstraites pour construire sa propre vision systémique du monde.

Les quatre éléments doivent alimenter l'arbre : l'eau, la terre (les sels), le feu (la lumière) et l'air. De même en ce qui concerne l'esprit. Se contenter de l'eau et de la terre (la tradition, la mémoire, etc …) venant du bas, voue l'esprit au même dépérissement que s'il se limitait à la seule lumière et à la seule inspiration venant du haut (l'illumination, l'imaginaire, le fantasme, etc …).

La dialectique entre la Terre et le Ciel est vitalement indispensable pour construire une pensée saine.

Ni le seul enracinement dans la Terre, ni la seule illumination venue du Ciel ne suffisent : penser, c'est instaurer un dialogue entre ces deux sources de la Connaissance qui se construit et qui, ce faisant, se rapproche, progressivement, de la Vérité connue du seul Réel.

En matière de Gnose, ni "l'âge d'or" du passé, ni "la parole perdue" n'ont de signification : tout reste à construire.

Rien n'a été perdu ; tout reste à trouver.

 

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Il est intéressant de constater que partout dans les mythologies, dans les "contes et légendes", dans certains livres sacrés, il y a une constante idée récurrente : le "miracle" !

Ce qui fait l'essence même de ces histoires, c'est que, par le miracle (l'intervention des esprits surnaturels), certains humains privilégiés puissent échapper au Réel et à ses lois d'airain.

Ces "histoires" véhiculent, en fait, une peur et une haine du Réel.

D'où l'importance de la "prière" qui est supplique quémandeuse pour que l'ordre du Réel soit enfreint au profit du héros et ce, bien entendu, à la condition expresse de sa "pureté".

De là il faut conclure que le grand défi du nouveau paradigme qui s'ouvre, soit le rejet de toutes ces balivernes (le surnaturel, les miracles, la prière) et l'assomption radicale du Réel tel qu'il est et tel qu'il va.

Il va falloir, dare-dare, respiritualiser et resacraliser le Réel en tant que tel et comprendre, enfin, que rien, absolument rien, n'existe hors de lui et de son évolution par sauts successifs d'émergence.

 

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De mon ami Michel Maffesoli :

 

"Dire oui tout de même à une existence précaire et précieuse à la fois. Un tel stoïcisme (…) est un fondement de la sagesse populaire (…)."

 

Michel, comment oses-tu écrire de pareilles inepties ?

D'abord, la "sagesse populaire", cela n'existe pas : les masses sont dans l'hybris permanent (il suffit d'assister à un match de foot pour s'en convaincre).

Ensuite, le stoïcisme est le prototype de la doctrine aristocratique inaccessible à la plèbe.

Enfin, la populace n'accepte en rien la vie telle qu'elle est, et elle passe son temps à exiger des miracles (naguère religieux, aujourd'hui économiques ou politiques) que les démagogues promettent de réaliser … bientôt.

 

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Il est absurde et criminel, au nom des excès du rationalisme, de rejeter toute rationalité et de s'en remettre totalement, comme le fait notre époque, à l'émotivité.

L'émotion est ennemie jurée de la réalité du Réel ! Le Réel n'a pas d'émotion et ne connaît ni souffrance, ni morale, ni justice, ni remord, ni regret.

Il est temps d'éradiquer toutes les formes d'anthropomorphisme.

 

*

 

Le néant n'est ni le vide, ni le manque. Le néant est le non-étant ; il n'existe pas. En revanche, les vides et les manques existent bel et bien et appellent à être remplis : ce sont là des espaces de création qui attendent, plus ou moins patiemment, l'acte créateur.

 

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La vacuité hindouiste, reprise par le bouddhisme et par le zen (qui est, avant tout, un taoïsme augmenté de méditation), n'est en rien un néant !

 

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Il est effrayant de lire que certains puissent croire que chacun n'existe que par sa relation à l'autre, que dans le regard de l'autre, qu'en fonction de l'autre ; que la vraie vie est sociale et que ses manifestations les plus réelles et fondamentales s'expriment dans les "vibrations" collectives comme les spectacles populaires, les concerts pops, les compétitions sportives (sur les dégradants gradins), les grand-messes (pseudo)religieuses, les médias sociaux, les meetings politiques ou syndicaux, et toutes les manifestations de foule …

Il est affligeant de découvrir que ces mêmes idiots ne voient pas que ces "communions" populacières ne sont que le reflet dramatique d'immenses vides intérieurs que l'on comble, artificiellement et éphémèrement, par quelques illusions égrégoriques.

Gustave Le Bon avait, en son temps, étudier cette "psychologie des foules" pour en conclure qu'elle exprime une dégénérescence vers le degré "zéro" de l'intelligence humaine, un triomphe du cerveau reptilien sur le néocortex.

La liesse populaire relève de l'euphorie, de l'ivresse, de l'hypnose, de l'orgiaque, de l'hybris … mais elle est absolument étrangère à toute joie authentique. Sa seule conséquence est la gueule de bois, tant physiologique que psychologique.

D'où donc vient cette incapacité de beaucoup à comprendre que la seule vraie vie authentique est radicalement intérieure ?

 

*

 

Le vrai problème de notre époque – et du changement de paradigme qu'elle vit -, c'est le remplacement des élites d'hier par les aristocraties de demain.

 

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Hors le couple vrai qui est une communion fusionnelle d'un homme et d'une femme complémentaires, personne n'a besoin des autres ; mais tous nous avons besoin du produit de l'activité des autres. Et donc, les autres qui importent, sont ceux dont les produits témoignent d'une vraie virtuosité rare.

 

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Au-delà des authentiques communautés de vie ayant un vrai patrimoine et un vrai projet communs, les notions de solidarité, générosité, fraternité, compassion, gratuité, dévouement, abnégation, sacrifice, partage, charité, etc … sont de purs fantasmes sentimentalistes.

 

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Lorsque l'on philosophe, il ne faut surtout jamais confondre "l'autre" (l'autre humain) et l'Autre (la totalité de ce qui m'est extérieur au sein du Réel-Un).

Il est évident que "l'autre" fait intégralement partie de l'Autre, mais de façon souvent insignifiante.

L'Autre est le pendant du Soi qui est, au-delà du "moi", la totalité de ce qui m'est intérieur au sein du Réel-Un.

La tradition védantiste avait nommé l'Autre, le Brahman, et le Soi, l'Atman, et avait bien abouti à cette équation radicalement moniste que le Brahman et l'Atman sont une seule et même réalité : le Réel-Un.

Cette vérité fait s'effondrer, en même temps, toute idée d'altérité et toute idée d'ipséité.

Il ne reste alors plus que le Réel-Un paré de ses infinies manifestations phénoménales, comme autant de vagues à la surface de l'océan unique.

 

*

 

La banalité pourrait être émerveillante si tant de médiocrité ne venait la ternir trop souvent.

Il faut exercer une solide volonté pour dégager la vie concrète de toute cette fange humaine si médiocre qui la recouvre sans cesse.

Alors seulement, on s'émeut du vol d'un bourdon, du chant d'un coucou, d'une feuille de noisetier ou d'une fleur de lys.

 

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Il est récurrent, en phase de chaotisation, entre ancien et nouveau paradigmes, qu'il y ait des mouvances de nostalgie profonde – stérile, mais rassurante – qui voudrait retrouver dans la "tradition" les repères que la chaotisation a rendu obsolètes.

Un retour rassurant aux mythes des origines, de "l'âge d'or", des racines.

Le racialisme ou le fondamentalisme ne sont pas autre chose. Ils exigent une réécriture falsifiée de l'histoire pour effacer l'inéluctabilité de la chaotisation qui bouleverse tous les repères "d'avant".

Un Français naguère noir ou musulman, devient, à présent, un "racialisable" ou un "radicalisable". Il n'est plus rien par lui-même et se raccroche au plus visible, au plus élémentaire, au plus racinaire : la couleur de sa peau, les prières de son enfance.

 

Ou alors, pour échapper au Réel qui le rattrape sans cesse, il se prend à se rêver autre qu'il n'est, en termes de physionomie, de morphologie, de culture, de sexe ou de genre : même fuite éperdue et perdue d'avance.

 

*

 

Michel Maffesoli a raison lorsqu'il écrit ce constat : "Mobilisation particulièrement évidente pour les jeunes générations pour lesquelles le 'projet', sous ses diverses formes, ne fait plus recette. L'accent étant plutôt mis sur l'intensité du moment".

Au nom d'un rejet supposé d'une logicité globale de la construction de soi et de l'autour de soi, Michel s'en réjouit.

Quant à moi, je m'en attriste car, sans projet, il n'y a plus de raison d'exister, il n'y a plus d'œuvre à accomplir, il n'y a plus de sens de la vie … et il ne reste plus que des épaves dérivant au gré des courants de mode ou de caprice, à la merci de n'importe quel prêcheur ou démagogue.

Ne pas savoir où l'on va, c'est n'aller nulle part.

Ou bien l'on construit sa vie, ou bien l'on vagabonde sa vie.

Et Michel de rêver un monde de vagabonds qui vagabondent ensemble pour n'aller nulle part, au service de rien, sans aucune autre raison d'être que la satisfaction immédiate de leurs caprices du moment.

 

*

 

Au fond de lui-même, chaque humain est infiniment et définitivement seul.

Et cette solitude peut être vécue comme une grâce ou comme une souffrance.

Je la vis personnellement comme une grâce puisque mon intériorité intime et profonde est le seul lieu de ma totale et parfaite liberté.

Se savoir seul, c'est se savoir libre.

La prison de chacun, c'est les autres.

 

Dans son "La positive solitude", Hervé Magnin écrit :

 

"Quand on est constamment avec les autres, on se perd dans toutes ces relations, on subit en permanence leur influence. (…) Prendre du temps pour être seul est une source d’épanouissement car on prend de la distance par rapport à ce qu'il se passe dans le monde, dans sa vie. Cela favorise une certaine qualité d’introspection. (…) Lorsque l’on a l'habitude d'expérimenter des choses seul, on est plus serein et on ne cherche pas à tout prix à les vivre à travers et avec les autres. (…) Pour la société, si l'on est seul c’est que l’on n’est pas sociable"

 

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La phénoménologie, au fond, n'est que l'expression intellectualisée d'une allergie profonde au travail théorique qui, au-delà des phénomènes, veut comprendre le noumène, c'est-à-dire le Réel en tant qu'il est ce qu'il est, indépendamment de celui qui l'observe.

 

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La nostalgie est le non-souvenir d'un art de vivre qui n'a jamais existé.

La nostalgie est la retombée d'une fantasmagorie imaginaire.

C'est l'autre face de ce "bon vieux temps" qui n'a jamais existé mais que l'on se plaît à sempiternellement réinventer.

Michel Serres a écrit un très bon livre sur ce thème.

 

*

 

Dans l'échelle de la sensibilité, au plus bas, l'émotion est exécrable et, au plus haut, le sublime est divin.

Aujourd'hui, nous sommes tombé au plus bas de cette échelle !

L'émotivité est le cancer de l'esprit ; elle ronge tout sur son passage et surtout, avant tout, elle gangrène la réalité du Réel que l'on ne voit plus qu'au travers du verre déformant de la sensiblerie.

 

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* *

 

Le 05/06/2021

 

La sublime : oui !

L'émotion : non !

 

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Presque rien, dans le Réel, n'est linéaire (parce que presque rien n'y est additif).

La science – la physique – pendant longtemps, parce qu'obsédée de mathématisation et d'équations solubles, a cherché à tout linéariser et, de ce fait, est passée à côté de tout ce qui est complexe, de tout ce qui est irréversible, de tout ce qui est non déterministe.

 

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Il est vraiment urgent que les "sciences" sociales et humaines prennent conscience ("Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" disait François Rabelais) que, tant qu'elles resteront de pures conjectures souvent idéologiques et qu'elles n'accepteront pas de n'être que des champs d'application particuliers de la science physique (la physique des processus complexes, s'entend), elles ne seront aucunement crédibles.

L'univers réel n'a pas attendu l'émergence de l'humain pour se doter d'une logicité globale et profonde qui englobe et pilote tous les processus, l'humain compris !

Les sociologues, économistes, psychologues, historiens, etc … de demain, seront des physiciens, ou ne seront pas !

Sous peine de fondre et de disparaître, les "sciences molles" doivent devenir des "sciences dures".

 

Remarque : "sciences dures" ne signifie pas forcément "sciences exactes" … Ces sciences-là sont dures par la dureté (rigueur, précision, systématicité) de leurs méthodes. Les résultats atteints ne sont pas forcément exacts … et s'il ne le sont pas, il faut pouvoir en évaluer la marge d'erreur.

 

*

 

On ne voit que ce que l'on cherche à regarder.

On n'entend que ce que l'on cherche à écouter.

On ne pense que ce que l'on cherche à comprendre.

C'est la volonté qui dirige la perception et la conception.

 

*

 

Le Réel est une immense dialectique entre sa Mémoire et son Intention.

Tout le reste n'est que modalités et sauts émergentiels.

 

*

 

Quand donc comprendra-t-on que les objets n'existent pas en eux-mêmes puisqu'ils ne sont tous que des vagues à la surface du même océan appelé "Réel".

Une vague est une manifestation, mais pas un objet.

 

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D'Emile Durkheim :

 

"La loi suit les mœurs."

 

C'est l'évidence même. Il n'existe aucune morale naturelle, aucun droit naturel qui seraient indépendants de la réalité vécue des gens, à telle époque, dans telle contrée.

La loi n'est toujours que conventionnelle. La loi n'est jamais que la traduction technique des habitudes de vie, des peurs et aspirations du lieu et du moment.

 

*

 

La rationalité et la raison ne se réduisent heureusement pas à la seule déduction logique de conséquences exactes ("exact" ne signifie pas forcément "vrai") à partir de postulats présupposés.

La rationalité est bien plus que cette logique déductive ; elle est un processus de validation globale et systématique (c'est cette systématicité systémique qui fonde la rationalité) à la fois des conséquences déduites, mais surtout des postulats préliminaires.

Quand on prétend, par exemple, que le marxisme est "rationaliste", donc "scientifique", on se trompe : si ses déductions sont parfois logiquement exactes, ses prémisses et postulats sont profondément faux … avec les conséquences que l'on sait : une théorie fausse ne peut être appliquée sur le Réel que dans la violence totalitaire.

 

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La raison donne raison … dans les sens et à tous les niveaux de la démarche de pensée.

 

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La raison n'est qu'un des outils de l'intelligence.

 

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Aujourd'hui, au nom des abus d'un certain rationaliste positiviste et scientiste, on en vient, par raccourci, à condamner l'intelligence au profit de l'émotion.

Apologie consternante de la bêtise et de l'ignorance, de la barbarie, donc.

 

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Certains aimeraient faire de la solidarité et de la générosité (bref, de la charité chrétienne) des absolus. Rien n'est plus faux.

Toute générosité, toute solidarité, pour être réelle et efficace, doivent être sélectives et électives.

On n'est vraiment généreux et solidaire qu'envers des gens que l'on a choisi.

Pour les autres, il ne reste qu'une indifférence au mieux bienveillante.

 

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Interdépendance ne signifie pas solidarité.

Le sentiment de solidarité est une émotion vécue, mais l'interdépendance est une réalité factuelle (et utilitaire) qui n'implique aucun sentiment.

Je suis interdépendant de mon boulanger pour mon approvisionnement en bon pain, certes, mais le fait que ce boulanger soit mon ami et qu'il puisse compter sur moi en cas de pépin, est une toute autre affaire.

 

*

 

La pensée rationnelle et la passion ne sont nullement opposées ou contradictoires, dès lors que, par passion, on entende "enthousiasme" ("dans le souffle des dieux") et non "émotion" ou "désir" ou "envie" c'est-à-dire "caprice".

Mettre la pensée au service d'un enthousiasme c'est-à-dire d'un projet, d'une œuvre, d'un chantier de vie, est la meilleure chose qui puisse arriver.

 

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L'enthousiasme est probablement l'énergie qui manque le plus dans notre monde humain actuel.

La plupart de nos contemporains oscillent entre indifférence, dégoût et caprice.

 

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L'intuition n'est rien d'autre - mais c'est énorme et quasi incroyable – qu'une reliance et une résonance entre un esprit humain et l'Esprit cosmique dont il est une manifestation locale et qui se pense à travers lui.

L'intuition n'est pas rationnelle, mais elle est encore moins émotionnelle.

C'est elle qui est la source de tout processus de pensée. C'est elle qui le provoque, l'irrigue et le nourrit.

L'intuition est une sensibilité particulière, une sensibilité au sublime, non polluée par les émotions (qui ne sont aucunement des reliances, mais seulement des bulles de sensiblerie qui tournent en rond et en boucle).

 

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Pratiquer l'originalité exubérante, ce n'est pas rechercher le remarquable, c'est chercher à se faire remarquer, pour se faire croire qu'on existe.

 

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Le "pourquoi" est oiseux.

Le "comment" n'est que technique.

Seul le "pour quoi" est intéressant.

En tout, chercher l'intention !

 

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L'expression nommant le "vibrer-ensemble" qu'il est convenu d'utiliser pour caractériser toutes les manifestations de foule, surtout jeunes, est riche de sens.

Car qu'est-ce qu'une vibration sinon un simulacre de mouvement qui reste sur place. C'est donc quelque chose qui relève de l'instant vécu, hors passé et hors avenir, sans mémoire ni intention.

Juste être là et secouer quelque chose, à l'intérieur. Mais secouer quoi ? La rassurance pour le faible de se sentir fort par le nombre : "Je ne suis rien, je suis vide, je suis nul, mais, avec les autres, je me sens fort et vivant car ils me remplissent de leur médiocrité".

Peu importe le prétexte (musical, sportif, religieux, politique, syndical, …), tout est bon pour aller se croire vivant en compagnie d'autres zombies qui viennent là, pour chercher la même chose.

 

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Le mot "zombie" me fait dire que notre époque vit une processus diffus, viral et insidieux de zombification de tous ceux qui ne comprennent rien à la Vie au-delà de leur petite et médiocre existence nombriliste (surtout chez les jeunes, mais pas seulement).

Le TLF définit, très justement le zombie comme une "Personne vidée de sa substance, sans volonté.".

 

*

 

Ce que Michel Maffesoli appelle les "tribus postmodernes" ne sont que des "conglomérats de zombies", des "bandes de paumés en voie de radicalisation".

Il faut les distinguer radicalement des "réseaux noétiques" et des "clans aristocratiques".

Ce sont ces derniers qui sont déjà les moteurs du dépassement des vieilles pyramides de l'ancien paradigme ; les tribus de barbares n'y ont aucun rôle sauf celui de semer de la violence là où il n'en faudrait pas.

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"Le savant, conformément à sa nature, est infécond (…) et est animé d'une sorte de haine naturelle contre les hommes féconds. Ce qui explique pourquoi, de tous temps, les génies et les savants se sont combattus."

 

C'est le combat naturel de la mémoire (l'érudition) et de l'intention (la création).

Mais, comme toujours, cette bipolarité est indispensable et vitale, entre conservativité et constructivité.

 

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Le populisme est une aberration agaçante. Le fait de croire que le "génie" du peuple est de loin supérieur à l'intelligence des génies, est proprement sidérant.

Rien n'est jamais sorti des masses plébéiennes. Ce sont les locomotives qui tirent les wagons et non l'inverse.

 

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Il faudra bien, un jour, que les tenants de l'altruisme explicitent qui est cet "autre" pour lequel ils gesticulent tant.

Il est pour moi bien plus essentiel de sauver les abeilles du Morvan que de sauver les affamés du Sahel.

La Vie importe infiniment plus que l'humain.

Rien n'est plus détestable que l'humanisme ou, pire encore, l'humanitarisme.

Pourquoi donc le darwinisme (la sélection naturelle du plus apte) devrait-il s'appliquer à toutes les espèces sauf à l'humain ?

C'est la vie sur Terre qu'il faut sauver. Pas l'humain. Il y a aujourd'hui 5.5 milliards d'humains en trop sur notre petiote planète. Et ce "trop" tue tout le reste.

 

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Il faut se méfier de toutes les envolées idéalisantes repérées sur les médias sociaux. Notamment celles concernant le solidarisme larmoyant envers des "victimes" présentées comme telles. Le grande majorité de ces postures ne font qu'entériner une émotivité éphémère sans aucune autre conséquence pratique que d'avoir "communier" dans une sensiblerie conformiste. Pour le reste, il s'agit de mercantilisme pur et simple, fomenté par certains qui tentent de tirer des profits, sonnants et trébuchants, du larmoiement ambiant.

Il faut cesser de croire que les médias sociaux reflètent une pensée réelle et populaire, venant s'opposer au cynisme des institutions.

Les médias sociaux ne sont qu'une immense entreprise manipulatoire sur les esprits faibles en quête d'émotionnalité.

 

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Le désir est haïssable.

Le désir d'être autre que ce que l'on est ou de posséder autre chose que ce que l'on a.

Le stoïcisme et le bouddhisme, chacun à sa manière, ont clos le débat là-dessus.

Le désir exprime le refus du Réel, au présent, tel qu'il est et tel qu'il va. Il veut toujours autre chose qui n'est pas.

Si le plaisir se présente, pourquoi ne pas l'accepter ? Mais surtout, il ne faut jamais le rechercher car le plaisir, alors, devient un esclavage.

L'hédonisme est une impasse porcine qui est la négation absolue de l'ascèse de l'accomplissement de soi et de l'autour de soi.

 

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Jusqu'à aujourd'hui, j'avais utilisé, à tort, le mot grec Logos pour exprimer le fait que le Réel était gouverné par une logicité à la fois absolue et immanente que l'on pouvait assimiler à la notion d'Esprit cosmique ou de Divin ou de Dieu.

Il me faut changer de vocable et parler, dorénavant, de Nomos, de cosmonomie fondamentale pour exprimer que le Réel est absolument gouverné par des règles, des lois, des normes irréfragables qui gouvernent tout ce qui existe.

Le Logos n'est plus que la formulation, l'expression, l'explicitation du Nomos.

La cosmonomie représente l'idée fondamentale que l'ordre (Kosmos) du Réel est gouverné par une Règle unique (Nomos), transcendante et immanente, qui régit le tout de ce qui existe.

L'Esprit cosmique est ce Nomos ! Le Logos n'en est plus que l'explicitation.

 

Aurélien Barrau et Daniel Parrochia écrivent, d'ailleurs, en ce sens :

 

"La science de l’univers, du système-univers considéré dans son ensemble depuis l’éventuel instant initial jusqu’à l’éventuel instant final sans aucune limite spatiale, aurait pu se proclamer cosmonomie."

 

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Tout au long de son "L'Ordre des Choses", mon ami Michel Maffesoli ne semble pas vouloir comprendre que le "phénomène humain" (comme n'importe quel processus) évolue (doit évoluer constamment pour se perpétuer) sous la tension de trois dialectiques (trois bipolarités, donc, dont chacune induit une loi normale de répartition des individus) qui sont indispensables et vitales comme moteur de la vie :

 

  • Sur le plan topologique : chaque humain est à la fois social (intégration extérieure) et asocial (individuation intérieure).
  • Sur le plan dynamique : chaque humain est à la fois énergique (constructivité projective) et inertiel (passivité traditionaliste).
  • Sur le plan eidétique : chaque humain est à la fois rationnel (intelligence structurante) et émotionnel (sensiblerie empathique).

 

Michel espère un humain enfin débarrassé de son asocialité, de sa intellectualité et de la rationalité afin que ses racines les plus primitives (socialité tribale, traditionalisme ancestral, émotivité lacrymale) triomphent enfin contre les "méfaits" de la civilisation. Il aspire donc à une dégénérescence, à une régression, à une re-barbarisation de l'humanité, et semble croire, dur comme fer, que tel sera le nouveau paradigme en émergence.

Cette nostalgie racinaire est absurde car, l'évolution d'un processus n'étant jamais réversible, un retour à quelque "âge d'or" que ce soit est simplement impossible (l'histoire est un constructivisme accumulatif).

En revanche, ce qui est vrai, c'est que la période inter-paradigmatique (que nous vivons) est chaotique et propice à toutes les barbarisations temporaires (islamisme, wokisme, gauchisme, fascisme, genrisme, etc …).

 

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Le 06/06/2021

 

De Charles Baudelaire :

 

"(…) tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser."

 

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De Pierre-André Taguieff :

 

"L’histoire universelle est remplie de complots réels, qui ont abouti ou échoué. Mais elle est aussi pleine de complots fictifs ou imaginaires attribués à des minorités actives (francs-maçons, jésuites, Juifs, lobbies) ou aux autorités en place (gouvernements, services secrets, etc.). Ces entités, supposées maléfiques et dotées de très grands pouvoirs, sont des objets de croyances collectives depuis plus de deux siècles. Les schémas anciens, qui ont beaucoup servi au 20ème  siècle, ne cessent d’être réinvestis : ils traduisent un état psycho-social qui mérite d’être observé et analysé. Dans un monde de fortes incertitudes et de peurs, où l’adhésion aux « grands récits » a faibli, la multiplication des représentations ou des récits conspirationnistes, ainsi que leur diffusion rapide et leur banalisation, est un phénomène remarquable, mais aisément explicable : ces récits, si délirants puissent-ils paraître, présentent l’avantage de rendre lisibles les événements. Ils permettent ainsi d’échapper au spectacle terrifiant d’un monde chaotique dans lequel tout semble possible, à commencer par le pire. D’où l’engouement pour ces récits et leur succès public, marquant l’entrée dans un nouvel âge de la crédulité. Sous le regard conspirationniste, les coïncidences ne sont jamais fortuites, elles révèlent des connexions cachées et permettent de fabriquer des modèles explicatifs des événements. On y rencontre notamment le mythe répulsif du « Gouvernement mondial » occulte. Les cas fourmillent, du 11-Septembre à l’affaire DSK, en passant par la dernière grande crise financière et la mort de Ben Laden…"

 

Sans oublier les délires concernant la pandémie du coronavirus-19.

 

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Si l'on nomme, suivant l'étymologie, Ontologie les métaphysiques objectales de l'Être, il faudrait nommer Généalogie, les métaphysiques processuelles du Devenir (Nietzsche l'avait parfaitement compris).

Dans le Réel, tout est généalogie. Dans le Réel tout n'est que généalogies.

L'ensemble de toutes les généalogies spécifiques forment la Généalogie globale et totale du Réel pris comme un Tout-Un articulant Matière (une topologie), Vie (une dynamique) et Esprit (une eidétique).

Cette Généalogie globale est donc soumise à un Nomos qui est son eidétique et qui en assure la cohérence. (comme Logos a donné "logique" et "logicité", il faudrait que Nomos puisse donner, symétriquement, "nomique" et "nomicité").

 

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Ce que l'on nomme "énergie", c'est la quantité de travail fourni par unité de temps, pour une transformation au sein d'un processus.

Autrement dit : la quantité de travail fourni par unité de temps, pour diminuer l'inertie d'un processus.

 

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Inspirée, sans doute, par Héraclite, Lao-Tseu, et relayée par Nietzsche, Bergson, Einstein, Teilhard de Chardin et quelques autres dont Whitehead, la grande révolution intellectuelle, tant philosophique que scientifique, qui est en cours, consiste en le passage radical d'une vision du Réel en termes d'objets, d'assemblages et de structures (d'analycité et de hiérarchisation), à une vision du Réel en termes de processus, d'émergence et de généalogies (d'holisme et de réticulation).

 

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Tout processus doit être regardé de deux points de vue, le premier est intérieur et instantané, et le second est extérieur et global.

Du point de vue intérieur instantané, tout processus est mû par trois moteurs bipolaires, à savoir :

 

  • Le moteur topologique d'encombrement inscrit dans la tension entre volume et surface.
  • Le moteur dynamique d'activité inscrit dans la tension entre énergie et inertie.
  • Le moteur eidétique de complexité inscrit dans la tension entre néguentropie et entropie.

 

Du point de vue extérieur global, tout processus est circonscrit par quatre contraintes, à savoir :

 

  • La contrainte téléologique qui attire le processus vers sa propre raison d'exister.
  • La contrainte généalogique qui porte le processus par l'accumulation de sa propre mémoire.
  • La contrainte écosystémique qui impose au processus des limites et des échanges du fait de l'existence de tous les autres processus connexes.
  • La contrainte axiologique (autonomique et hétéronomique) qui force le processus à appliquer certaines règles d'organisation.

 

*

 

Dans le Réel il n'y a que des processus en marche ; ce qui nous prenons pour un objet n'est qu'une "image" instantanée d'un processus.

 

*

 

A vrai dire, un processus n'a aucune limite réelle, ni dans l'espace (il ne commence ni ne s'arrête nulle part, il est distribution, autour d'une ligne de vie, d'encombrement, d'activité et de complexité), ni dans le temps (il a une généalogie avant son apparition et des conséquences après sa dissolution), ni dans la forme (selon les endroits et les moments, sa complexité est fluctuante).

C'est nous qui le délimitons par des frontières artificielles liées à nos seuils de perception ou à nos conventions métrologiques.

 

*

 

Au contraire de la philosophie grecque, c'est la spiritualité hébraïque (biblique) qui institue l'idée de processus universel.

Le premier chapitre de la Genèse est évidemment limpide à ce sujet.

De même, l'idée d'Apocalypse ("dévoilement") à la fin des temps développée dans la littérature des deux siècles précédant l'ère vulgaire et reprise (et plagiée) par Jean dans le "Témoignage chrétien".

Dans cette pensée hébraïque, tant le monde global que la vie de chacun est un processus de construction. Et l'idée de l'Alliance ne fait que stipuler que la construction d'une vie humaine doit se faire au service de la construction du Tout-Un et selon ses règles à lui.

 

*

 

L'idée d'un monde statique est historiquement indo-européenne. Celle d'un monde dynamique est essentiellement orientale (de la Bible au Tao-Té-King).

 

*

 

Elle est bien curieuse cette idée vieille et fausse que seul l'immuable serait intelligible. Cette idée fausse fut le moteur de l'idéalisme (l'immuabilité est idéale) dualiste (le changement en face de l'immuable) d'un Pythagore et d'un Platon (repris par le christianisme).

 

*

 

Avec l'avènement de la pensée complexe - qui est l'autre nom de la pensée processuelle -, rien dans la Réel n'est immuable. En revanche, ce sont les méthodes d'étude qui ont tendance à se stabiliser et à s'universaliser.

 

*

 

Il n'y a rien d'immuable, mais derrière le Réel (et en lui, au plus profond), il y a de la stabilité : le Nomos qui le gouverne.

Les mêmes règles de fond pilotent tout ce qui existe.

Ces dites règles ont-elles évolué ? C'est probable, mais selon des métarègles intemporelles.

Quelles sont ces métarègles ? Accumulativité (topologique), intentionnalité (dynamique), optimalité (eidétique).

 

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L'atomisme avait enfermé l'immuabilité de l'Être dans les atomes, la variabilité venant de la mutabilité de leurs assemblages (c'était encore la vision physicienne du début du 20ème siècle) ; le modèle quantique a définitivement ruiné l'idée de briques élémentaires constitutives du Réel. Il n'y a pas d'atomes immuables, il n'y a pas de briques élémentaires immuables. Au mieux, il existe des agrégats plus ou moins stables d'une substance prématérielle que j'ai appelé (après Aristote) la hylé.

De plus, l'idée d'atome implique l'idée de vide et l'on sait, à présent, que le "vide" n'existe nulle part.

Parallèlement, l'immuabilité de l'Être a tenté de se blottir dans les constantes universelles des lois de la physique. Peine perdue, ces "lois" sont des "produits" engendrés par l'évolution et les "constantes" qu'elles recèlent se sont ajustées au fur et à mesure, par essais et erreurs.

 

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La "forme" est plus pérenne que les "constituants".

Les cellules et les atomes qui me constituent changent et se renouvellent sans cesse, sans que mon tout ne varie à la même vitesse qu'eux.

C'est donc l'organisation et la structure immatérielles qui sont plus essentielles que les composants matériels qu'elles contiennent.

La Matière passe ; l'Esprit reste !

Plus une "forme" est élémentaire et primitive, plus elle est pérenne.

 

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Les Mathèmes de Pythagore, les Idées de Platon et les Atomes de Leucippe participent d'une seule et même quête, celle de l'Être immuable au-delà des évolutions.

 

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Dans le Réel, il y a de la distanciation, de l'évolution et de la conformation. De là, l'esprit humain en a conçu les idées secondes d'espace, de temps et de structure.

 

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La Joie, la Perfection, le Sublime, le Réel, etc … ne sont pas au bout du chemin ; ils sont le cheminement lui-même !

 

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D'Henri Bergson :

 

"La réalité nous est apparue comme un perpétuel devenir. Elle se fait ou elle se défait, mais elle n'est jamais quelque chose de fait."

 

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Le 07/06/2021

 

IL faut absolument dénoncer l'impasse dans laquelle l'université se met elle-même. Elle n'a pas d'argent, donc elle ne peut rien financer de nouveau. Elle incarne ce que j'appelle le pouvoir noétique qui, avec le pouvoir politique de l'Etat et le pouvoir économique des entreprises (cfr. Dumézil) forme le tripode de toute gouvernance sociétale. Or, et c'est un drame, le pouvoir noétique, par paresse, par facilité, par dédain du réel, s'est radicalement laissé inféoder au pouvoir politique qui l'a totalement phagocyté.

Tant que l'enseignement et le recherche seront sous la férule de l'Etat, la France et les pays qui l'imitent, s'enliseront dans une logique de régression intellectuelle et de retard scientifique.

 

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De Pascal Jorne :

 

"Le travail est de moins en moins considéré. Une partie des intellectuels, des politiques et des journalistes se focalisent sur les aspects négatifs : pénibilité, stress, harcèlement moral et maladies professionnelles... Mais le connaissent-ils vraiment ? Après des études qui, en France, ont pour particularité d'être profondément déconnectées du monde économique, ils s'engagent dans la politique, le syndicalisme, la fonction publique, la recherche ... Et c'est depuis ces positions qu'ils font leur gagne-pain du pessimisme ambiant. Mais ce discours démobilise les actifs et nuit à l'image de certains secteurs ou métiers. J'affirme au contraire que le travail, plus que jamais, doit demeurer un pilier dans nos sociétés et qu'il faut en réaffirmer la valeur fondamentale.""

 

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De Pierre-Yves Gomez :

 

"Une activité qui se réduit à un résultat financier ce n'est pas une entreprise, c'est ... UNE MACHINE À SOUS !"

 

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De Jacques Monod dans "Le hasard et la nécessité" :

 

"L'ancienne alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers où il a émergé par hasard."

 

Cette phrase, archi-connue, est la définition même de l'athéisme : solitude, indifférence, hasard …

Monod fait ainsi l'apologie du nihilisme et prône la désespérance absolue.

Mais il a tout faux !

 

  1. Le hasard est incapable de faire émerger de la complexité. Pas de hasard !
  2. L'univers est cohérent, mû par un principe de cohérence qui est une eidétique immanente et intentionnelle donnant sens au Tout et à tout ce qu'il contient. Pas d'indifférence !
  3. La Vie est partout et, avec la Matière et l'Esprit, est un des trois piliers fondamentaux du Réel. Pas de solitude !

 

Il est donc temps et urgent de renouer l'Alliance entre l'humain et le Divin, entre la partie infime et le Tout-Un.

Il faut redonner du sens à la vie en allant le puiser à la source de Vie !

 

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Les gesticulations intellectuelles de ceux qui tentent de donner les critères de différenciation entre vie et non-vie, sont vaines.

Tout dans le Réel est vivant, mais à des niveaux de complexité très différents.

Comme tout dans le Réel est "pensée-conscience" mais, là encore, à des degrés de complexité répartis sur une échelle extrêmement vaste !

 

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Le fait qu'il existe plein d'autres formes de vie sur plein d'autres planètes autour de plein d'autres étoiles, me paraît une évidence.

En revanche, je tiens pour presque nulle la probabilité d'entrer en contact avec elles : quelque signal que ce soit mettrait des années pour les atteindre (s'il y arrive) et d'autres années pour revenir (si réponse il peut y avoir).

 

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Tout ce qui existe, est unique et différent de tout le reste, même de ce qui lui est le plus semblable.

En revanche, des étant semblables sont, le plus souvent, engendré par un même processus.

 

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Toutes les feuilles d'un même chêne sont dissemblables – parfois très dissemblables – mais elles manifestent toutes un seul et même processus qui, au fond, est le chêne lui-même.

 

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Ce ne sont pas les vivants qu'il faut connaître et comprendre, mais la Vie même en tant que processus unique qui assume toute la dynamique du Réel … tout comme la Matière et l'Esprit en assument, respectivement, la topologie et l'eidétique.

 

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Il est urgent que les humains se mettent au service de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

Il faut remettre les choses à l'endroit (le produit au service du projet) : établir un cosmocentrisme et abolir tout anthropocentrisme.

Le panenthéisme doit en être la composante spirituelle.

 

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Pour qu'une automobile soit utile, il faut trois choses : une carcasse matérielle, un moteur dynamique et un chauffeur intelligent.

Tout voyage est un processus qui nécessite un volet topologique (la carcasse), un volet dynamique (le moteur) et un volet eidétique (le conducteur)

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Le téléphone portable est la pire des saloperies. Il impose à la fois l'addiction à la connexion perpétuelle et la destruction de la vie intime et personnelle.

Le triomphe de la socialité sur l'individualité.

Le nouvel avatar de la "servitude volontaire" …

 

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En rejetant l'intuition, c'est-à-dire la capacité d'un esprit humain d'entrer en reliance et en résonance avec l'Esprit cosmique (le premier n'étant, en fait, qu'une manifestation locale et partielle du second), Immanuel Kant a entériné la sécession radicale entre le sujet et l'objet, et a forcé un irréfragable relativisme de toute connaissance.

Henri Bergson a eu raison de la souligner et à rejeter, pour cela, l'ensemble du kantisme.

Le dualisme phénoménologique de Kant passe à côté du monisme absolu du Réel, sujet et objet confondus.

 

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Ni causalisme (le présent est totalement déterminé par le passé), ni finalisme (le présent est entièrement déterminé par un but précis à atteindre).

Ces deux doctrines mécanicistes sont incompatibles avec la réalité du Réel.

Seul l'intentionnalisme lui est compatible : le présent est tout entier habité par une intention d'accomplissement qui tend à dissiper, le mieux possible, les tensions destructives, en faisant émerger des configurations topologiques, dynamiques et eidétiques, qui vont continuer à évoluer dans le champ des contraintes engendrés par toutes les autres configurations du Réel.

 

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Le Réel est en train de se construire !

 

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De Wikipédia :

 

"Dans le champ des sciences, le concept d'émergence permet de décrire la réalité de façon moniste, sans pour autant tomber dans le seul réductionnisme. Il présuppose quelque unité fondamentale dans la composition de la nature (que ce soit pour la matière inerte, les organismes vivants ou le psychisme) en prenant acte que la connaissance intégrale de ces phénomènes ne se déduit pas toujours de celle de leurs composants fondamentaux."

 

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Le 08/06/2021

 

Comme l'ont senti et ressenti Paul Valéry ou Stephan Zweig, la première guerre mondiale a entériné la mort de "l'esprit européen" dont l'agonie a commencé avec la montée du socialisme et des nationalismes, et avec la guerre franco-prussienne de 1870.

J'irai même jusqu'à proposer que le point de départ de la destruction de la civilisation européenne est le fait de ce mégalomane belliciste de Napoléon Bonaparte. Voire, même, le traité de Westphalie de 1648 qui a entériné, funeste ânerie, l'irréfragable souveraineté des Etats et la mort des vraies communautés de vie.

 

Le texte de Paul Valéry est poignant :

 

"Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d'empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences (…) ces naufrages après tout n'étaient pas notre affaire (…). [Mais] nous voyons maintenant que l'abîme de l'histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu'une civilisation a la même fragilité qu'une vie."

 

Il est donc temps de refuser et de combattre le totalitarisme islamiste.

Musulman : oui ! Islamiste : non !

L'islamisme est en train d'inoculer une maladie mentale aussi grave que les nationalismes d'entre 1850 et 1950 : ces particularismes victimistes qui, en pleurnichant sur leur "pauvre sort", ne rêvent que d'une seule chose : imposer leur socialo-fascisme à la planète entière !

 

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D'Anne Fagot-Largeault :

 

"Ainsi, d'après Bergson, le passé n'est pas perdu. La durée bergsonienne est mémoire, les vivants cumule les acquis su passé avec la conscience du présent."

 

C'est bien ma thèse depuis longtemps (et j'ignorais que Bergson eut la même) : le processus cosmique est accumulatif et le passé demeure intact et complet "sous" le présent puisqu'il est, en quelque sorte, la substance première et le "support" du présent, comme le bois lignifié de l'arbre est la substance et le support du cambium (le présent vivant) de cet arbre.

 

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De Xavier Bichat :

 

"La vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort."

 

En termes physiciens : la vie est une puissante organisation néguentropique qui s'oppose à la pression dilutive de l'entropie.

Cette puissance finit toujours par s'user et l'entropie finit toujours par triompher : c'est cela la maladie, la vieillesse et la mort.

 

Et Claude Bernard de confirmer, avec ses mots :

 

"Il y a nécessairement dans l'être vivant deux ordres de phénomènes :

  1. les phénomènes de création vitale ou de synthèse organisatrice,
  2. les phénomènes de mort ou de destruction organique.

(…) Chez une être vivant, tout se crée morphologiquement, s'organise, et tout meurt, se détruit … "

 

Comment décrire mieux la dialectique permanente entre "entropie" (l'uniformité statique) et "néguentropie" (la complexité dynamique) ?

 

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L

 

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Il faut absolument sortir des vieilles catégories métaphysiques insensées que sont "l'Être" et "le non-Être". Les apories permanentes entre ces deux catégories sont purement artificielles et factices.

Tout ce qui existe est en Devenir et le Tout de ce qui existe est éternel.

Tout y est transformation c'est-à-dire évolution dynamique de manifestations locales et éphémères dénuées de tout "être".

Rien de ce qui existe, n'est !

Être, c'est détenir une essence immuable à soi, en soi, par soi et pour soi, ce qui n'est le cas de rien.

Il n'y a aucune ontologie envisageable : il n'y a que de la généalogie à tous les étages.

 

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Puisque le règle universelle est celle de la dissipation optimale des surtensions, un nœud de surtensions au sein d'un processus est déjà une émergence "en puissance" (pour reprendre la terminologie d'Aristote), mais la forme de cette émergence est encore indéterminée puisqu'il y a souvent plusieurs voies possibles ; dès qu'elle aura commencé de prendre une de ces formes pour la réaliser, elle deviendra une émergence "en acte" (toujours dans la même terminologie).

Il n'y a là aucun passage du "non-Être" à "l'Être" ; il n'y a là qu'une transformation émergentielle dans le cadre d'un seul et même processus tel qu'il existe et devient continuellement en produisant des "pseudopodes" arborescents formant généalogie.

 

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Moins on voit les détails, plus on croit que les phénomènes sont stables, réguliers, statiques ou immuables.

La vision du ciel d'Aristote s'est effondrée dès lors que la puissance des télescopes a permis de "voir" les montagnes de la lune, les ellipses planétaires, les éruptions chromosphériques solaires, les fusions stellaires, les galaxies spirales, les nébuleuses, etc …

"Le diable est dans les détails" !

 

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La naissance (l'émergence) est une victoire de la néguentropie.

La mort (la dissolution) est une victoire de l'entropie.

Mais au-delà de cette bipolarité universelle (il y en a deux autres) en perpétuelle dialectique, le processus cosmique s'accumule (s'enrichit, donc) et ne cesse de Devenir.

 

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Le sens de nos existences humaines est d'enrichir le processus cosmique par ces œuvres nôtres dans lesquelles nous nous accomplissons.

 

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D'Alfred North Whitehead :

 

"Le futur est immanent dans le présent."

 

Il y est "en puissance" … mais il est pluriel, non déterminé, susceptible de plusieurs chemins

Chaque configuration locale est, si elle est suffisamment complexe, grosse de de plusieurs combinaisons de développements eidétiques (entropie et néguentropie), dynamiques (énergie et inertie) et topologiques (volume et surface).

Sauf au niveau mécanique élémentaire qui est déterministe, le futur est de moins en moins "écrit", plus on monte dans l'échelle des complexité.

 

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C'est parce que le Réel possède trois domaines de développement (topologique, dynamique et eidétique) que sa complexification non déterministe est possible (c'est une application particulière du célèbre théorème de David Ruelle).

S'il n'en possédait que deux (ce qu'a cru longtemps la physique classique avec l'espace topologique et le temps dynamique), le Réel serait condamné à n'être qu'une "machine" déterministe faite de "briques élémentaires" interagissant par des "forces élémentaires", selon des "lois élémentaires".

Toute complexification (et les grands sauts de la Matière à la Vie et de la Vie à l'Esprit) y aurait été impossible.

 

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Le 09/06/2021

 

Un processus particulier ne surgit jamais et de disparaît jamais : la naissance et la mort n'existent pas.

Tout processus procède de tous les autres processus : ceux qui l'engendrent, ceux qui interfèrent avec lui, et ceux qu'il a enclenchés, le tout au sein du "grand processus cosmique" qui est le Tout du Réel.

Un processus n'est qu'un motif noyé dans une vaste tapisserie en cours de réalisation, indissociable et indiscernable de ladite tapisserie vivante.

Aucun de ces motifs apparents n'a d'identité réelle qui lui soit propre ; ces "identités apparentes" que l'humain perçoit (là un rossignol, là un chat, là un chêne, là une jolie fillette sur une escarpolette, etc …) ne sont que des illusions. Ces illusions sont certes pratiques pour décrire la tapisserie, mais elles n'ont aucune réalité propre : ce ne sont pas des "êtres", mais seulement des manifestations.

 

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La Matière (de l'encombrement concentré) est l'expression topologique du Processus cosmique.

La Vie (de l'activité concentrée) est l'expression dynamique du Processus cosmique.

L'Esprit (le la complexité concentrée) est l'expression eidétique du Processus cosmique.

La Matière, la Vie et l'Esprit cosmiques se manifestent en toute chose, en tout lieu, à tout moment, mais avec des "dosages" très différents : la prédominance de l'un fait oublier la présence des autres.

 

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La révolution processuelle implique le rejet radical de toute méthode analytique : rien n'est un assemblage de parties discernables et séparées.

Il faut définitivement renoncer à la méthode cartésienne et, plus généralement, à toutes les formes d'atomisme : il n'existe, nulle part, de "briques élémentaires immuables".

 

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Les possibles, c'est ce qui reste quand on a éliminé tout ce qui est impossible.

Et ce qui est impossible, c'est l'ensemble de tout ce qui est incompatible avec les configurations du présent, c’est-à-dire toute évolution qui induirait un surcroît de tensions. Les possibles, alors, ce sont les diverses solutions de l'équation d'optimalité en termes de dissipation des surtensions présentes dans la configuration étudiée.

 

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Ce que l'humain appelle morale, c'est-à-dire, distinction du "Bien" et du "Mal", et promotion du "Bien" contre le "Mal", n'est que l'expression, au sein d'un processus à large prédominance néguentropique, de l'antagonisme irréductible avec les puissances entropiques : le Bien, c'est la néguentropie (la construction, l'ordre, la créativité, le fondement eidétique) … mais qui doit rester harmonieuse et raisonnable sinon on sombre dans la "démesure" au sens grec (hybris) … et le Mal, c'est l'entropie qui uniformise, désordonne, détruit, dégrade et tue … mais qui joue aussi un rôle de régulateur contre les délires.

Au fond, la morale n'est pas la lutte du Bien contre le Mal ; elle est plutôt l'optimisation entre la constructivité sans démesure et la dissolution sans violence.

Le Mal, alors, de réduit à la démesure à la violence.

Et le Bien à l'harmonie et l'optimalité.

 

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La notion d'identité n'est jamais liée à un "être" ou à une "chose" mais au processus dont cet "être" ou cette "chose" n'est que l'état instantané (la "coupe temporelle" au sens de Poincaré).

"Je" n'est pas un "moi".

"Je" n'est que le nom artificiel et conventionnel donné à ce processus singulier apparent (mais non distinct du Tout-Un) qui peut dire : "Je" manifeste de la pensée donc "Je" manifeste du Devenir.

 

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Le 10/06/2021

 

Il faut laisser l'oralité aux peuples primitifs et aux sentiments primaires.

La civilisation passe par l'écrit.

 

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Le tourisme de masse et le tourisme lointain sont des aberrations écologiques mais aussi des processus invasifs qui dénaturent tout. Il y a des milliers d'endroits, en France, où se ressourcer, se dépayser, se retrouver avec soi, avec la Nature, avec son histoire. Ailleurs, un touriste, ce n'est qu'un cochon-payeur, un porte-monnaie ambulant. Restons chez nous !

 

De Blaise Pascal :

 

"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre"

 

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A propos de la PMA …

Au-delà de l'envie capricieuse de femmes désirant un enfant, il faut rappeler que, pour son équilibre, un enfant a besoin d'une mère et d'un père. La Nature a aussi ses propres lois ! En inventant la différenciation sexuelle, la Nature a fait un coup de génie puisqu'elle induit ainsi d'une pierre quatre coups :

 

  • elle double l'enrichissement des patrimoines génétiques,
  • elle double les capacités et l'efficacité d'un couple par la complémentarité des aptitudes de la femme et de l'homme.

 

Aux yeux de la Nature, l'homosexualité est une absurdité ridicule.

 

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J'aime l'idée de rebaptiser une galaxie en "univers-île".

Chaque "univers-île" est en fait une île néguentropique perdue dans un océan entropique.

Il y a en a des milliards dans l'univers et chacune d'elles est composée de milliards d'étoiles … Des nombres à couper le souffle, inimaginables …

Mais, le plus époustouflant est que, à l'intérieur de chaque "univers-île", les lois de la physique (donc la logicité de tous les processus à l'œuvre) sont partout les mêmes (alors que l'on aurait pu imaginer que chaque "univers-île" ait les siennes propres).

Voilà bien la preuve de l'existence, à la source ultime du Réel, d'un principe de cohérence, d'un Grand Architecte de l'Univers à qui l'on peut donner tous les noms que l'on veut.

 

 

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Les six principes universels …

 

Le principe de cohérence implique l'uniformité, la régularité et la solidarité des modalités d'évolution, partout, de la même manière ; c'est un principe entropique.

Le principe d'émergence implique, lui, tout au contraire, que la présence d'un nœud de surtensions soit l'occasion d'une émersion singulière : c'est un principe néguentropique.

 

Le principe d'intégration implique la prééminence de l'interfaçage, c'est-à-dire de la surface d'échange du système avec son milieu ; c'est un principe fractal.

Le principe d'individuation implique la prééminence de la fermeture, c'est-à-dire du repli volumique sur soi du système par rapport à son milieu : c'est un principe sphéroïdal.

 

Le principe d'accumulation implique une stratégie temporelle patrimoniale, mémorielle et conservatrice, conservateur d'énergie : c'est un principe inertiel.

Le principe d'accomplissement implique une stratégie temporelle d'activité, de transformation, de progression, consommateur d'énergie : c'est un principe évolutionnel.

 

 

Eidétique

Topologique

Dynamique

Féminin

Cohérence

Intégration

Accumulation

Masculin

Emergence

Individuation

Accomplissement

 

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Toute théorie, physique ou pas, n'est applicable valablement et fiablement qu'à l'intérieur d'un certain intervalle de certaines grandeurs. Hors de ces limites, la théorie en question n'est plus applicable … et il faut alors inventer ou recourir à une autre théorie plus large (et plus abstraite) dont la première devient un cas particulier.

Ainsi, la théorie des processus complexes englobe et dépasse largement les théories mécanistes classique (newtonienne, relativiste ou quantique) et les théories thermodynamiques classiques (ignorant la néguentropie).

 

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Les interactions gravitationnelles sont purement topologiques (donc massiques).

Les interactions électrofaibles sont purement dynamiques (donc processuelles).

Les interactions nucléaires sont purement eidétiques (donc néguentropiques).

 

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La gravitation rapproche topologiquement les systèmes (les protéus originaires).

Arrivés à proximité les uns des autres, ils interagissent électromagnétiquement (pour former des molécules et cristaux) par des interactions dynamiques de partages d'orbites des électrons périphériques.

Arrivés au contact les uns contre les autres (tant la pression gravifique est énorme, par exemple dans le cœur des étoiles), il interagissent nucléairement (nucléosynthèse) par des interactions eidétiques de construction de nouveaux systèmes inédits et émergents (des atomes lourds).

 

Ce même processus fonctionne également dans l'autre sens …

Des protéus émergent du magma bosonique prématériel ; ils sont au contact les uns des autres et interagissent eidétiquement pour former des atomes de plus en plus lourds.

En refroidissant, ces atomes peuvent interagir électromagnétiquement en partageant les orbites dynamiques de leurs électrons périphériques et former des molécules et des atomes.

En se refroidissant encore, ces molécules peuvent s'associer en colonies dont certaines atteignent une certaine autonomie …. jusqu'à former des cellules procaryotes.

Et ainsi de suite …

 

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Les actuelles théories cosmologiques sont dans l'impasse parce qu'elles restreignent l'espace des représentations aux seuls domaines topologique ("l'espace") et dynamique ("le temps") et omettent complètement le domaine eidétique (celui de organisation mêlant entropie et néguentropie).

Cette omission est dramatique parce que l'eidétique n'étant de l'ordre ni du topologique, ni du dynamique, les contraintes de conservativité énergétique ou de vitesse lumineuse ne s'y appliquent pas (l'intrication, par exemple, y devient triviale).

Pour comprendre la complexification processuelle de l'univers, le théorème de David Ruelle impose une tripolarité : topologique, dynamique et eidétique. Que l'un de ces trois pôles soit négligé et tout devient bancal et opaque.

 

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Le big-bang n'a jamais eu lieu. C'est une pure extrapolation mathématique à partir d'équations approximatives (celles de la relativité générale) dans un espace des représentations trop rudimentaire (espace et temps, sans plus).

En revanche, ce que l'on appelle "big-bang" correspond probablement à l'émergence de la Matière (les protéus, siège de phénomènes dit "électromagnétiques" puisque se dégradant en un duo proton-électron, donc générateur de lumière) à partir d'un substrat prématériel bosonique et opaque (la "matière noire").

 

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Le problème de la cosmologie physique, aujourd'hui, n'est plus équationnel, mais bien plus profondément conceptuel.

Les équations ne font que traduire une structure conceptuelle.

Comme j'aime à le croire et à le répéter : il n'y a jamais de physique sans métaphysique préalable.

Au topologique (l'espace géométrique) et au dynamique (la durée), il faut adjoindre l'eidétique (la forme) et le téléologique (l'intention). Sans cela, la science restera dans l'impasse actuelle et dans des bidouillages théoriques et mathématiques stériles (ce qui est également le lot funeste du "modèle standard des particules" qui n'est qu'un assemblage baroque de conjectures surréalistes).

 

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De Jean Wahl :

 

"La réaction contre la pensée du devenir … explique en grande partie tout le développement de la métaphysique en occident après Héraclite."

 

Obsession de l'Être (de l'immutabilité) et rejet du Devenir (la Vie).

 

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Il n'y a aucune réalité objectale et l'immuabilité apparente de certains objets est pure illusion ou approximation.

Il n'y a pas d'êtres. Il n'y a pas d'Être.

Il n'y a que du Devenir.

S'il faut chercher de la récurrence, de la régularité, de la stabilité, voire de l'intemporalité, c'est du côté de la logicité des processus qu'il faut chercher, du côté du Nomos universel, du côté de la matrice méthodologique qui permet de comprendre et de prédire les évolutions probables des processus en cours, étant donnés, du point de vue externe,  leur axiologie ambiante, leur écosystémie environnementale, leur généalogie accumulée et leur téléologie possible, et étant donnés, du point de vue interne, leurs puissances d'accomplissement et d'accumulation, de cohérence et d'émergence, d'individuation et d'intégration et le principe d'optimisation qui les pilote.

 

*

 

La plupart des "honnêtes gens" admettent sans problème que toutes les espèces animales (les races bovines ou porcines) l et végétales (les variétés de blés, de tomates ou de maïs) évoluent, se transforment, s'adaptent, se spécialisent, s'améliorent ou dégénèrent, aujourd'hui encore, sous nos yeux (et l'agronomie nous en donne preuves quotidiennes) … mais ces mêmes "honnêtes gens" rejettent totalement ce fait patent dès qu'il s'agit des évolutions actuelles de l'espèce humaine et de ses races.

Les races humaines existent, dérivées de croisements différents entre différents hominidés antérieurs (africaniensis, neanderthalensis, heidelbergensis, luzonensis, floresiensis, denisovensis, etc …).

Les races humaines sont cousines. Elles évoluent donc différemment selon leurs milieux eux-mêmes évolutifs, pour le meilleur et pour le pire.

Ces évolutions sont, à la fois, génétiques (biologiques) et épigénétiques (culturelles). Certaines sont convergentes entre races (affirmées par les mouvances humanistes), certaines sont divergentes entre races (affirmées par les mouvances "woke"). Certaines sont positives et amélioratives, d'autres sont négatives et dégénératives.

Nier ces faits évidents, au nom de l'antiracisme, est une aberration !

 

*

 

De François Jacob :

 

"La sélection naturelle opère non à la manière d'un ingénieur, mais d'un bricoleur; un bricoleur qui ne sait pas encore ce qu'il va produire, mais récupère tout ce qui lui tombe sous la main (…) pouvant éventuellement lui fournir des matériaux ; bref, un bricoleur qui profite de ce qu'il trouve autour de lui pour en tirer quelque objet utilisable."

 

C'est précisément cela le constructivisme processuel : faire ce qu'on peut avec ce que l'on possède ou trouve.

 

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Il est consternant de constater que les milieux marxistes et gauchistes s'obstinent, depuis toujours, à nier la part d'inné (forcément inégalitaire), afin de réduire toute capacité mentale au seul acquis (donc au fait sociétal – éducationnel et scolaire - où l'égalitarisme absolu devrait être de mise selon eux).

Quelle bêtise !

Donc le fait d'être grand ou petit, faible ou fort, tonique ou amorphe, gourmand ou chétif, etc … devrait aussi être entièrement la faute de la société.

Quelle imbécillité !

La réalité est tellement plus simple : chacun naît avec un bagage personnel, différent de tous les autres, fait de forces et de faiblesses innées. Et selon le trajet de vie de chacun, ces forces et faiblesses pourront être amplifiées ou atrophiées.

Le don, même exceptionnel, d'un gamin pour le dessin, s'atrophiera très vite s'il ne dessine pas.

 

*

 

De Claude Bernard au Collège de France en 1847 :

 

"la médecine scientifique, que je suis chargé d'enseigner, n'existe pas."

 

Rien n'a changé !

Les médecins – comme les biologistes – ne comprennent toujours rien à la Vie parce qu'ils restent coincés dans le paradigme mécaniste (analytique et cartésien) des assemblages de briques élémentaires.

 

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* *

 

Le 11/06/2021

 

L'évolutionnisme (et l'idée concomitante de complexification et de diversification) est une idée de Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), émise en 1809 et reprise par Charles Darwin (1809-1882).

Elle est, sans doute, l'idée la plus révolutionnaire de l'histoire de la pensée occidentale qui, hors Héraclite "le relégué", a largement opté, pendant deux millénaires, pour une métaphysique de l'Être contre la métaphysique du Devenir.

 

A la suite de l'évolutionnisme biologique, vint l'évolutionnisme géologique (la tectonique des plaques d'Alfred Wegener en 1912 ), avant l'évolutionnisme universel de la relativité générale (Albert Einstein, Alexander Friedmann et Georges Lemaître entre 1922 et 1926).

Bref, l'évolutionnisme de la Vie précéda l'évolutionnisme de la Matière.

Reste donc à poser l'évolutionnisme de l'Esprit c'est-à-dire l'évolution du Nomos.

 

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Tout est évolution.

Donc tout est généalogie.

Or il ne peut y avoir de généalogie sans téléologie.

Donc tout est intention.

 

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Toute science est un art faisant appel tant à la sensibilité (expérimentale et intuitionnelle) qu'à la mémoire (l'accumulation des faits), à la volonté (le souci de la vérité) et à l'intelligence (la reliance structurante ou théorique).

Il faut sortir de la dichotomie imposée par la Renaissance entre science et art (et celle entre l'Art de l'artiste – qui produit de la décoration ou du divertissement, c'est-à-dire de l'inutile - et l'art de l'artisan).

Il faut en revenir à l'étymologie grecque : à la Technê qui est le métier, la technique, le savoir-faire, etc … !

 

Ras-le-bol du soi-disant "Art" des artistes (des fainéants parasites et nombrilistes, pour la plupart).

 

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L'immanence d'un Nomos universel qui guide les évolutions de tout ce qui existe (y compris l'humain), n'implique nullement un déterminisme général du type laplacien. Dès que l'on monte en complexité, le nombre des degrés de liberté s'accroît et le déterminisme s'atténue (sans jamais disparaître : le nombre des possibles augmente, mais tout ne devient jamais possible ; il reste des impossibles en grand nombre).

 

*

 

Deux changements opposés induisent la permanence.

Deux permanences opposées induisent le changement.

Il y a, entre ces deux, non pas opposition ou contradiction, mais bipolarité dialectique.

 

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La notion de contingence doit être réintroduite en science.

Emile Boutroux disait :

 

La marche des choses peut être comparée à la navigation."

 

Et Anne Fagot-Largeault d'expliciter :

 

"Le navigateur tient compte de l'état de la mer, mais il ne se laisse pas conduire par la mer, il va où il veut aller [ou là où il peut aller]."

 

C'est précisément cela le constructivisme : pour construire quelque chose de durable, il faut respecter les lois de la science (gravitation, résistance des matériaux, composition du mortier, etc …), mais on ne construit qu'avec ce que l'on trouve, du mieux que l'on peut, en fonction de l'intention que l'on s'est forgée, des savoir-faire que l'on maîtrise plus ou moins, de l'intelligence des choses que l'on possède et des circonstances qui se présentent.

Ni causalisme, ni finalisme. Ni déterminisme, ni anarchisme. Ni hasardisme, ni rigorisme.

 

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Les lois de la physique ne sont pas autre chose que les bonnes habitudes que le Réel a appris à appliquer parce qu'elles "marchent" mieux que les autres tentatives avortées et vite oubliées.

Au début de l'émergence de la Matière (protéique) à partir de l'activité bosonique prématérielle, il n'y avait pas encore de "lois" de la nature (matérielle).

Au début de l'émergence de la Vie (procaryote) à partir de l'activité lipidique pré-vitale, il n'y avait pas encore de "lois" de la nature (biologique).

Au début de l'émergence de l'Esprit (mnésique) à partir de l'activité anticipatrice préconsciente, il n'y avait pas encore de "lois" de la nature (noologique).

A chaque grand saut de complexité, de nouvelles "lois" émergent peu à peu, de plus en plus contingentes du fait des niveaux supérieurs atteints de complexité.

 

*

 

Il est ridicule d'extrapoler les lois cosmologiques actuelles (la relativité générale) vers le lointain passé (les "premiers instants de l'univers après le big-bang" comme le voulait ce fumiste de Stephen Hawkins) alors que lesdites "lois" n'existaient pas encore. Il n'y a jamais eu de big-bang. Il n'y a jamais eu de "singularité de l'instant zéro".

Tout cela n'est qu'extrapolation et conjecture asymptotique d'une théorie poussée largement au-delà de ses propres limites.

L'émergence de la Matière (comme celle de la Vie et de l'Esprit) furent totalement chaotique, donc non réductibles à quelque loi que ce soit qui ne pouvait pas encore exister à ce moment-là.

Le paradigme de la relativité générale ne s'est mis en place et ne s'est stabilisé, dans le Réel, qu'une fois dépassée la phase chaotique de l'émergence de la Matière : une phase de grands tumultes truffées d'essais et erreurs, sans lois établies, règne de la contingence.

 

*

 

Plus un processus est complexe, plus il est contingent.

 

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L'intention précède toutes les lois !

Les lois explicitent et déclinent l'intention.

 

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Dieu n'a pas créé le monde !

Dieu construit le monde, en lui, avec l'aide de tout ce qui existe, comme il le peut.

 

*

 

Le Devenir, c'est l'actualisation d'un possible parmi d'autres.

Pourquoi celui-là ? Parce qu'il correspond mieux à l'optimum dans cette configuration-là qui intègre tant les contraintes extérieures du milieu que les puissances intérieures du processus.

La liberté (l'autonomie relative, plutôt) d'un processus revient à transformer la structure des contraintes externes et/ou des puissances internes de façon à changer le point d'optimalité et, ainsi, à faire s'actualiser un autre possible.

*

 

Il est indispensable de préciser les mots et de rabaisser les caquets : le génie génétique ne crée pas de la vie, mais il modifie du vivant sans trop savoir où cela le mène.

"Créer de la vie", cela consisterait à bourrer une éprouvette d'atomes de carbone, d'hydrogène, d'oxygène, d'azote et de quelques métaux, et d'en sortir une cellule eucaryote.

Tout le reste n'est que de l'ingénierie bricoleuse et de la biochimie industrielle.

 

*

 

La Science tente de comprendre la Nature telle qu'elle devient en elle-même.

La Technique tente d'actualiser des possibles que la Nature a dédaignés.

La question philosophique est : pourquoi la Nature a-t-elle dédaigné ces possibles-là ?

Parce qu'ils sont nocifs ? Parce qu'ils sont inutiles ? Parce qu'elle n'en a pas eu l'opportunité ?

 

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De Hans Jonas (1979) :

 

"L'homme est devenu dangereux, non seulement pour lui-même,

mais pour la biosphère entière."

 

La cause en est simple : l'humain, parce qu'il vivait à la périphérie de la biosphère, a cru, des siècles durant, que la Vie était à son service et qu'il pouvait en user et en abuser comme bon lui semblait.

C'est évidemment faux et son "poids" écologique actuel (le produit d'une démographie délirante et d'une affolante surconsommation de tout) est devenu tel qu'il met ladite Vie (y compris la sienne) en danger majeur.

 

*

 

Agir, c'est jouer !

Agir, c'est parier !

Agir, c'est miser !

 

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* *

 

Le 14/06/2021

 

De Carl Gustav Jung :

 

"La possibilité de donner un sens profond à sa vie permet de supporter bien des choses, peut-être tout ... L'absence de sens profond empêche de donner toute plénitude à son existence et équivaut en quelque sorte à une maladie ... Ce n'est que si nous pouvons nous servir de notre liberté pour créer quelque chose de significatif qu'il est pertinent que nous soyons libres. C'est pourquoi la découverte du sens profond de la vie est plus importante pour l'individu que n'importe quoi d'autre ..."

 

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D'Albert Einstein :

 

"Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don."

 

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Conte Zen...

"Si quelqu'un te tend un cadeau et que tu ne l'acceptes pas, à qui appartient le cadeau ?" demanda le Maître.

"À celui qui a essayé de le donner", répondit un des disciples.

"Cela vaut aussi pour l'envie, la rage et les insultes - dit le Maître - ; lorsqu'elles ne sont pas acceptées, elles appartiennent toujours à celui qui les porte dans son cœur."

 

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Les trois niveaux …

 

D'abord, survivre.

Ensuite, vivre.

Enfin sur-vivre.

 

Trois niveaux de vie :  animal, humain et divin.

La plupart des contemporains restent coincés dans l'entresol.

 

*

 

Chaque humain est une île flottante sur un océan sans fond.

 

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Une vie ne sert à rien si elle ne sert pas l'Esprit.

 

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L'humanité se scinde en deux : la très grosse part se consacre à son nombril, la petite part se consacre à son œuvre.

 

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Les yeux sont des merveilles … dès qu'on les ouvre vraiment.

 

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L'Amour n'est pas un sentiment ; il est une façon de vivre.

 

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Regarde mieux … et tu verras que tu n'es rien.

 

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La seule guerre juste et indispensable, se bat contre la bêtise et l'ignorance.

 

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Rien n'est plus terrible que la barbarie et la plupart des humains sont des barbares cachés sous un vernis de civilisation.

 

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La sécurité est la vérité des lâches.

 

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Lire, écrire, enseigner : c'est là toute mon existence.

 

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Il faut avoir beaucoup donné pour apprendre à recevoir.

 

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Lorsqu'un arbre te dit bonjour, n'oublie pas de lui sourire en ami complice.

 

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La musique vraie, c'est d'abord du silence.

 

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La beauté ? C'est du sublime vendable.

 

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Il faut de l'extase pour enfin sortir de soi.

 

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Dire "oui" au Réel, là est tout le grand secret des initiés.

 

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Une violette qui pousse … Tout est là.

 

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Ma vie ? Rien.

La Vie ? Tout.

 

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La seule véritable ascèse : oublie-toi toi-même.

 

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Derrière toute pierre, il y a toujours un volcan.

Et derrière tout volcan, il y a toujours une étoile.

 

*

 

Ne te fie pas aux apparences, le Réel est derrière elles.

 

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Un oiseau qui volète de branche en branche pour gober un bourgeon ou un vermisseau : pour beaucoup, l'existence n'est que cela.

 

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La médiocrité n'est ni une tare, ni une fatalité ; elle est une "servitude volontaire".

 

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Ailleurs, c'est ici.

 

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Regarde la fleur. La vois-tu ? Et elle, te voit-elle ?

 

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La vraie Lumière est invisible.

 

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Un coléoptère qui court follement en quête d'une miette … voilà tout l'humain.

 

*

 

Une livre : du papier et des signes.

Un œuvre : tout autre chose.

 

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La météo ne dit rien du temps ; elle ne parle que du climat.

Le temps, c'est tout autre chose …

 

*

 

Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tuait.

 

*

 

Lorsque tu respires, ne prends pas de grands airs.

 

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Rire des autres fait pleurer de soi.

 

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Construire est le seul verbe qui vaille.

 

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Regarde le Ciel.

Regarde la Terre.

Entre les deux : quelques bricoles …

 

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L'orgueil est la pire des maladies. Il est le père de toutes les violences, de toutes les guerres, de toutes les barbaries.

 

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Le pain est le sourire de l'épi.

Le vin est le sourire de la vigne.

Le sel est le sourire de la mer.

Le shabbat est le sourire de la vie.

 

*

 

 

On peut vivre sans effort.

Mais il faut s'efforcer de vivre plus haut.

 

*

 

Rien ne peut s'opposer à celui qui sait où il ne va pas.

 

*

 

Un cheminement n'est qu'une suite de pas.

 

*

 

De toutes les couleurs, la plus rare est invisible.

 

*

 

Un voile recouvre toute chose ; le Réel est pudique.

 

*

 

La main a cinq doigts.

L'aubépine a cinq pétales.

La pomme a cinq pépins.

La Torah a cinq livres.

L'esprit a cinq fonctions (mémoire, sensibilité, intelligence, volonté et conscience).

Qui dit mieux ?

 

*

 

Il n'y a rien d'autre que l'ici-et-maintenant. Mais c'est immense. Riche de tout le passé accumulé. Riche de tous les futurs possibles.

Et dire que la plupart des humains préfèrent leurs fantasmes, illusions ou idéaux.

 

*

 

Les mots suffisent : tout ce qui n'est pas Réel, n'existe pas et donc n'a aucune valeur.

 

*

 

Regarde ce que tu aimes ; c'est là que tu es.

 

*

 

  • Où vas-tu ?
  • Surtout pas ailleurs, mais bien plus loin.

 

*

 

Penser, c'est relier.

 

*

 

Toutes les parties sont insignifiantes. Seul le Tout compte.

 

*

 

Comprendre la généalogie de ce qui existe, c'est oublier ce qui existe et connaître ce qui advient.

 

*

 

Oublie les choses ; vois le processus.

 

*

 

Il ne faut pas décrire ; il faut raconter.

 

*

 

  • D'où viens-tu ?
  • De mon passé !
  • Où vas-tu ?
  • Vers mon destin !
  • Pourquoi ?
  • Parce que c'est ma vocation !
  • Es-tu libre ?
  • Oui ! Si j'accomplis ma vocation.

 

*

 

Accomplis ton œuvre et cesse de croire que c'est toi qui importe.

 

*

 

Pars, quitte, sors … C'est la voie de la libération.

 

*

 

Chaque maison a une porte et plusieurs fenêtres.

Il y a plusieurs façons de voir. Il n'y a qu'une façon de sortir.

 

*

 

Observe l'herbe qui pousse ; elle t'apprend tout.

 

*

 

Sur le Un, il n'y a rien à dire.

Avec le Deux, seulement des conflits.

Seul le Trois apporte richesse et vie.

 

*

 

Toute écriture est caricature de la pensée.

 

*

 

L'essentiel est indicible.

 

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Ce qui est loin, n'est rien.

 

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Un arbre que l'on abat, c'est mille mémoires que l'on saccage, c'est mille avenirs que l'on détruit.

 

*

 

Il y a bien des humains qui n'ont pas la valeur d'un seul arbre.

 

*

 

L'humain est de Terre.

L'Eau, l'Air et le Feu le fascinent parce qu'ils ne sont pas son monde.

 

*

 

Si tu construis une maisonnette, fais-en une cathédrale.

 

*

 

Le sacrifice est ce qui fait le sacré auquel il faut se consacrer.

La souffrance ne sacralise rien.

La sacrifice vrai ne peut pas être souffrance, mais joie.

 

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Ecoute le chant des oiseaux ; il te raconte la Vie.

 

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Si tu te souviens, cela vient de sous toi.

Si tu te rappelles, cela t'appelle à nouveau.

 

*

 

L'autre n'est qu'illusion. Il n'y a que du même, mais toujours différent.

 

*

 

La vague peut-elle avoir la nostalgie de l'océan ?

 

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Une porte ouverte … Danger ou invitation ?

 

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Le vent n'est que de l'air qui passe.

L'existence n'est que du temps qui passe.

 

*

 

Ne pas seulement regarder, mais voir.

Ne pas seulement écouter, mais entendre.

Ne pas seulement apprendre, mais connaître.

Ne pas seulement exister, mais vivre.

 

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C'est chemin qui fait la destination. Et non l'inverse.

 

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Le vrai visage ne se voit pas.

Il n'y a que des masques par où cela sonne.

Personne ! Per-sona

 

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Le poing frappe.

Le point aussi …

 

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L'ombre est à la lumière, ce que le cœur est à l'esprit.

Indissociablement …

 

*

 

Quand tu vis, qui vit à travers toi ?

Quand tu penses, qui pense à travers toi ?

 

*

 

Si l'idéalisme est une promesse de gros gâteau, il est urgent de se mettre au régime.

 

*

 

Tout est processus ; il n'y a pas d'objets.

Tout est Devenir, il n'y a pas d'Être.

 

*

 

Le rire n'a rien de comique !

 

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La tendresse, c'est très dur.

 

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L'amitié, c'est une autre façon de ne plus être un ego.

 

*

 

La faute, c'est une erreur fait en conscience.

 

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Ne rien pardonner, ne rien oublier, mais tout dépasser.

 

*

 

Où sont mes meilleurs amis ? Dans ma bibliothèque.

 

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Si tu es gourmand, mange la vie à pleines dents ; rien n'est plus savoureux, rien n'est plus joyeux.

 

*

 

Au contraire du plaisir qui se prend et du bonheur qui se reçoit, la joie se construit.

Elle est une intention.

Elle est un état d'esprit.

 

*

 

Il faut négliger tout ce qui est inutile.

 

*

 

Regarde mal et tu verras tout ce qui n'existe pas.

Regarde mieux et tu verras tout ce qu'il y a à vraiment voir.

 

*

 

Un sourd, c'est quelqu'un qui n'écoute pas.

 

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Si tu étais muet, qu'aurais-tu à dire ?

 

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La Beauté, la Bonté, le Bien … les trois B qui nous Baisent.

 

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A les entendre, la vérité n'est accessible qu'aux ignares.

 

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La plupart des humains sont nocifs et toxiques.

Vivre, c'est s'immuniser.

 

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Faites moi preuve d'amitié : ne vous occupez pas de moi si je ne vous demande rien. Et réciproquement.

 

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La question cruciale est : comment remplacer les élites d'hier par les aristocraties de demain ?

 

*

 

Le pouvoir est une drogue. Il suffit d'en refuser la première dose.

 

*

 

Le plus difficile, c'est de refuser le pouvoir que l'on vous offre, que l'on vous supplie d'accepter.

 

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Il faut cultiver la modestie et abhorrer l'humilité.

 

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Savoir dire "non" est bien plus difficile et vital que dire "oui".

 

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La mort n'est rien.

Le néant (le non-étant) n'existe pas.

 

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Dis-moi ce que tu veux et je te dirai ce que tu n'es pas.

 

*

 

Par-dessus tout, il y a le Tout.

Par-dessous Tout, il y a l'Un.

 

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Les savoirs ne sont rien. La Connaissance est tout.

 

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Ouvre-moi ta main que j'y lise les lignes de mes délires.

 

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Il est urgent d'avoir un peu d'inspiration avant d'expirer.

 

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Quand l'autre parle, souvent, tu n'entends que ce que tu dirais.

 

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Tout est irréversible !

 

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Demain, c'est aujourd'hui en mieux … seulement si tu le veux.

 

*

 

Le temps est illusoire.

Seule la durée est vraie.

 

*

 

Le temps n'existe que pour autant qu'une mémoire l'accumule.

 

*

 

Faire de chaque instant un chef-d'œuvre de joie.

 

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L'histoire des humains, c'est d'abord l'éternelle répétition des mêmes bêtises avec, parfois, un éclair de génie.

 

*

 

Qui fait l'histoire humaine ? Qui en est le vrai moteur ? Ni le peuple, ni les rois.

 

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L'Art fait du lard. L'Art n'est pas l'art. L'art, c'est la technê c'est-à-dire le savoir-faire, le métier, la technique, la maîtrise des gestes, des savoirs et des paroles.

L'Art des "artistes" ne produit que de la décoration et du divertissement inutiles. L'art des artisans produit tout ce qui est utile aux humains pour vivre.

Il faut se méfier des majuscules qu'inventa la Renaissance.

 

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Donne-moi un mot. S'il est riche, j'en ferai un livre.

 

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Il ne faut rien mépriser, mais il faut tout dépasser.

 

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Le vin n'est pas une boisson. Le vin est une reliance.

 

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Une couleur est bien plus qu'une fréquence lumineuse.

Un couleur est un symbole ! A chacun d'interpréter.

 

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Ce sont les langages qui forgent la pensée … et non l'inverse.

 

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Dieu est un petit mot qui ne signifie rien, mais qui exprime tout ce qu'il y a de plus essentiel, de plus radical, de plus racinaire, de plus ultime, de plus sublime.

 

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La vie de chacun est parsemée de morts qui nous nourrissent.

Nous sommes tous nécrophages.

 

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Chaque matin, il faut dire "bonjour" au jour.

Chaque nuit, il faut dire "au revoir" au soir.

 

*

 

La Joie ne vient jamais toute seule ; il faut la vouloir !

 

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Si le tout n'est pas plus que la somme des parties, alors le tout n'est qu'un tas.

 

*

 

Regarde derrière toi et tu ne verras que ta trace.

Regarde devant toi et tu ne verras que ta vocation.

Si tu ne regardes que tes pieds, tu ne verras que des orteils.

 

*

 

La pensée est un jeu de construction où l'on ne fait qu'assembler des briques d'avant, pour construire le palais d'après.

Mais qui est l'architecte ? Mais où est le plan ?

 

*

 

Les croyances sont les ennemies de la Foi.

La croyance croit.

La Foi sait.

 

*

 

La science, c'est l'art de comprendre le Réel.

 

*

 

L'ignorance fait d'immenses progrès à notre époque.

La violence et la barbarie aussi …

 

*

 

L'égalité est un mythe.

Rien, jamais, n'est l'égal de rien.

Tout ce qui existe est unique et différent.

Ce n'est pas l'égalité qu'il faut désirer, mais la complémentarité.

 

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L'humain doit réapprendre, d'urgence, à entrer en reliance avec le reste du cosmos et cesser de se croire d'une autre nature que la Nature.

 

*

 

Le désir et l'ambition sont funestes. La volonté est une panacée.

 

*

 

Réinventer et réécrire l'histoire (et sa propre histoire) est vain, absolument vain. La mémoire est ce qu'elle est avec tout le bon et tout le mauvais, avec tout le lumineux et tout l'obscur. Ce qui a été, a été et personne n'y changera jamais rien. Dont acte !

Seule la construction de l'avenir importe.

 

*

 

La marginalité n'a jamais constitué une identité.

 

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Crier haro sur le baudet n'a jamais dérangé le baudet.

 

*

 

La vie est une âpre lutte … Oui, sans doute, mais contre qui ?

 

*

 

Il est temps d'abolir d'anthropocentrisme et d'établir un nouveau cosmocentrisme.

 

*

 

Nul ne peut vivre la vie d'un autre.

 

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Nul ne peut marcher à la place d'un autre.

 

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Nul ne peut penser à la place d'un autre.

 

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Nul ne peut ressentir à la place d'une autre.

 

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La nostalgie est une maladie mentale aussi nocive que l'utopie.

 

*

 

Vivre sa vie, c'est parcourir un chemin que l'on crée à chaque pas.

 

*

 

Chacun est totalement responsable de ce qu'il fait, de ce qu'il dit et de ce qu'il pense.

Il y a sans doute des explications, parfois, mais il n'y a jamais d'excuses.

La Vie ne connaît pas de "circonstances atténuantes".

Tout ce qui est fait, est fait par quelqu'un qui, toujours, avait aussi le choix de ne pas faire.

 

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Un livre est un ami qui ne te parle que si tu l'écoutes.

 

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Il faut se méfier de ses rêves (surtout éveillés) ; ce sont tous des mensonges.

 

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Il faut apprendre à voir le Réel et à ne plus seulement le regarder.

 

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L'humain doit retrouver sa juste place dans le cosmos.

 

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L'avenir dira si l'humanité mérite de survivre.

 

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Au début, on aime la femme que l'on désire.

Après, on désire la femme que l'on aime.

 

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De Hannah Szenes (héroïne israélo-juive incarcérée, torturée et assassinée par les nazis) :

 

Un - deux - trois... huit pieds de long

Deux enjambées, le repos est sombre...

La vie est un point d'interrogation éphémère

Un - deux - trois... peut-être une autre semaine.

Ou le mois prochain pourra me trouver encore ici,

Mais la mort, je la sens proche.

J’aurais eu 23 ans en juillet prochain.

J'ai joué à ce qui importait le plus, les dés ont roulé. J'ai perdu.

 

*

 

La Nature, ce n'est pas seulement ce qui est dehors.

La Nature est aussi ce qui est en plein au dedans.

 

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Vivre, c'est participer à la Vie au-delà de toutes les naissances et de toutes les morts.

 

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La vie est un voyage qui va de nulle part à nulle part ailleurs, en passant par ailleurs et par nulle part.

C'est le seul beau voyage qui soit possible.

 

*

 

Aucun retour n'est possible. Il faut donc accepter de prendre toujours un nouveau départ.

 

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* *

 

Le 15/06/2021

 

De Vincent Courboulay dans "Vers un numérique responsable" :

 

"Le numérique est drapé de lumière par la publicité et le jargon technologique. Ce secteur se distingue pourtant par son impact systématiquement négatif à toutes les étapes de sa production et de sa consommation."

 

De Michel Desmurget dans "La fabrique du crétin digital" :

 

"Cette révolution numérique est-elle une chance pour la jeune génération ou une sombre mécanique à fabriquer des crétins digitaux ? (…) Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable".

 

Cela fait des années que j'essaie d'attirer l'attention sur le fait que, comme toute technologie, le numérique est, en soi, neutre, ni bon ni mauvais ; tout dépend de ce que les humains en font.

Mais par certains de ses versants – les plus populaires, les plus massifs, les plus impactants -, le numérique d'aujourd'hui est une vaste entreprise de crétinisation de masse.

Les "'médias sociaux" en sont les parangons.

 

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A force de vivre "hors sol", une bonne partie de l'humanité ne vit pas "la" où elle devrait, s'en est "mi" plein le "do" et se gruge de "si", conduite par des "fa" qui n'en ont rien à "si-ré".

 

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Laissez-moi mon "prochain" et libérez-moi de mon "lointain".

 

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L'avenir, ce n'est pas demain ; c'est maintenant.

 

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L'indifférence est une forme de bonne santé.

 

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La fable devient la vérité de beaucoup d'humains, mais sans morale à la fin.

 

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Il est fascinant de constater combien les humains sont capables de s'inventer des histoires sans queue ni tête, et d'y croire dur comme fer.

 

*

 

L'univers évolue par sauts successifs de complexité, mais il n'a ni commencement, ni fin.

Il évolue depuis toujours et évoluera toujours …

La Hylé bosonique.

La Matière protéique.

La Vie biotique.

L'Esprit noétique.

Et la suite …

 

*

 

La relation entre l'idée de matière et celle d'une topologie de l'univers est tellement forte que qu'il y a quasi identité entre elles.

Il y a de "l'espace" parce qu'il y a de "la matière". Et réciproquement.

L'inertie de la matière et l'expansion de l'espace sont les deux faces de la même médaille cosmique.

 

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L'horizon cosmologique observable limite l'observation humaine à une petite portion du Réel et permet, donc, des hypothèses plus larges : structure ellipsoïdale à courbure positive non nulle, inhomogénéités, rotation globale autour d'un axe, temporalité pulsatile, non-conservativité, etc …

Dans ces conditions – comme d'ailleurs dans les autres domaines de la physique – le critère de plausibilité n'est plus l'observabilité expérimentale (puisque l'on se place au-delà de l'horizon observable), mais la cohérence et la simplicité logiques.

On passe alors des critères empiriques aux critères esthétiques.

 

*

 

La science est un art vrai (alors que les "Arts artistiques", plastiques ou autres, ne sont que des inutilités décoratives ou divertissantes) et, en tant que tel, il est normal que le critère de véridicité d'une théorie, en plus d'un accord avec les expériences possibles, soit aussi esthétique (cohérence, élégance, simplicité, économie, langage, etc …).

Aujourd'hui, la physique fondamentale (quantique pour les petites dimensions et cosmologique pour les grandes dimensions) a largement dépassé les limites de l'observable.

Le critère de validité d'une théorie n'est donc plus – ne peut plus être – la vérification expérimentale.

 

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Pour de simples raisons de bon sens (l'infini n'existe pas !), il faut considérer l'univers comme un ellipsoïde ou un sphéroïde fermés (à symétrie centrale, avec ou sans rotation sur lui-même) dont la surface est l'espace présent à trois dimensions et dont la dimension radiale est la durée.

L'intérieur de cet hypervolume (en expansion pulsatile) est rempli de Hylé (ou énergie noire) c'est-à-dire de la mémoire accumulée de tous les états cosmiques précédents.

Cet univers est beaucoup plus grand que l'horizon observable ce qui explique pourquoi, sur cette petite zone accessible, la surface ellipsoïdale ou sphéroïdale se confond avec son plan tangent à courbure quasi nulle.

 

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"Toute vérité n'est pas bonne à dire", surtout aux esprits "trop faibles" qui ne sont pas prêts à les entendre et à les comprendre.

Je ne crois nullement à l'égalité entre les humains.

Je crois au contraire que l'enseignement initiatique ne s'adresse qu'à une "aristocratie" (au sens étymologique) spirituelle et intellectuelle.

Ce constat est aussi vieux que toutes les traditions spirituelles et mystiques qui, toutes, ont clairement distingué un enseignement exotérique pour les masses et un enseignement ésotérique pour une élite.

 

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Je mesure combien ma déclaration de principe peut paraître choquante : le zéro et l'infini n'existent nulle part dans le Réel.

Pourtant, c'est le bon sens même.

Rien n'est infini, parce que l'infini ne peut pas être réel : l'infini, c'est la démesure, l'hybris grecque, l'absurdité, le "plus que tout", etc …

Et si l'infini n'existe pas, son inverse - le zéro, le nul, le néant, le vide, … - ne peut pas exister non plus.

En revanche, indépendamment de l'infini topologique, l'éternité dynamique n'a rien de choquant : le Réel n'a ni début, ni fin.

L'éternité n'est pas affaire d'infinité, mais d'intemporalité.

 

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L'infini, comme le néant, est une extrapolation, une notion asymptotique qui, pour se définir, s'utilise elle-même en une effrayante tautologie absurde : l'infini, c'est ce qui apparaît si je continue … à l'infini (rien ni personne ne peuvent aller "à l'infini").

Dans le Réel, rien n'est ni infini, ni nul : il y a toujours, partout quelque chose qui, toujours et partout, est limité dans toutes ses dimensions.

Tous les "passages à la limite" – comme disent les mathématiciens – sont faux et absurdes.

Le calcul "infinitésimal" est une "tromperie" qui idéalise le Réel en le falsifiant.

L'infinitésimal "lisse" les aspérités du Réel. Dans le Réel, rien n'est ni continu, ni dérivable ; tout est discontinu à partir d'une certaine échelle.

 

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Le Réel ne peut pas être défini. Le Réel est tout ce qui existe, a existé et existera. Le Réel est tout ce qui existe, discernable ou non, explicable ou non, observable ou non, mesurable ou non, exprimable ou non.

Le Réel, c'est l'Un, le Dieu, l'Absolu …

Ce que l'on peut en dire : il est unitaire, cohérent et intentionnel.

 

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La femme est à l'homme ce que la lumière est au ciel.

 

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De la poésie ? Oui, mais mystique et pas verbeuse !

 

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Dans le monde de l'écrit, il y a la littérature qui divertit (les 90% du marché) et les livres qui enseignent (les 10% restants).

Il en va de même pour toutes les autres productions culturelles humaines.

 

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Le 16/06/2021

 

A la question : "La campagne pour les élections régionales et départementales vous intéresse-t-elle ?", 87% des Français interrogés répondent par la négative.

Il faut en tirer les deux justes conséquences :

 

  • le processus démocratique est moribond,
  • le découpage du pays en "régions" et "départements" n'a plus aucun sens.

 

Les électeurs – de moins en moins – votent pour installer un Etat ; que cet Etat se débrouille pour administrer la totalité du territoire ! Toutes ces magouilles électoralistes n'ont aucun sens.

 

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La philosophie est affaire d'opinions personnelles.

La science est affaire de convergences consensuelles.

 

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A tous les bruits et sons humains, je préfère le silence !

 

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L'intention de la cosmologie (la mère et la source de toutes les autres sciences qui n'en sont que des déclinaisons particulières) est d'atteindre la meilleure Connaissance possible du Kosmos, c'est-à-dire de la logicité fondamentale du Réel, pris comme un tout.

Au fond, la cosmologie est, quelque part, l'autre nom de la métaphysique.

 

Quant à la philosophie, son intention profonde n'est pas aussi claire. Son étymologie pointe vers la Sagesse, mais qu'est-ce que la Sagesse sinon l'Ethique c'est-à-dire une autre logicité, comportementale cette fois, qui règle – par choix personnel et non par déduction - les rapports que l'on veut avoir avec soi-même (noologie et épistémologie), avec les autres (économie, politique et morale) et avec la Nature (écosophie[1]).

 

Tout ce qui n'est pas une déclinaison de cette Cosmologie universelle ou de cette Ethique personnelle, n'est ni Science, ni Sagesse … et n'a ni sens, ni valeur.

 

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Le soleil tourne autour du centre galactique de la "voie lactée" à une vitesse de 250 km/sec soit presque dix fois plus vite que la Terre ne tourne autour de lui.

Chacun de nous, au repos, voyage, dans la galaxie, à une vitesse de près d'un million de kilomètres à l'heure.

Ainsi, selon l'heure de la journée, chacun subit une force centrifuge qui nous écrase sur la Terre ou qui nous en décolle.

 

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De Sylvie Vauclair :

 

"A présent, les Hommes sont arrivés par leurs observations aux limites possibles de l'univers observable ce qui représente une étape importante de la connaissance."

 

Oui ! Les moyens de validation de cette connaissance ne sont plus dans l'expérimentation instrumentale.

Passage de l'empirique à l'esthétique.

 

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La science cherche l'utile à l'Esprit.

La technologie cherche l'utile à la Vie.

Tout ce qui n'est pas utile, est inutile et perte de temps.

 

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L'utilité de l'ordre – avoir de l'ordre dans la pratique quotidienne, pour l'organisation de ses matériaux et ustensiles, de ses travaux et activités, de ses pensées et réflexions – est un immense gain de temps de vie.

Chercher quelque chose qui n'est pas à sa place, est du temps perdu !

 

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Le temps de vie est la ressource la plus précieuse de chacun.

Personne n'a le droit de la gaspiller, ni de la faire gaspiller.

 

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Tout ce qui existe et se passe ici, existe et se passe partout ailleurs.

Le monde humain n'a strictement rien de particulier ou de singulier.

L'univers est fondamentalement homogène (du fait de la force entropique et des régularités qu'elle engendre), même dans ses singularités locales (du fait de la force néguentropique et des émergences qu'elle suscite).

 

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Il est urgent de passer de l'anthropocentrisme aristotélicien (nombriliste et narcissique) à un cosmocentrisme post-copernicien (totalement déshumanisé et panenthéiste).

 

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L'univers n'a que fiche de l'humain qui lui, en revanche, doit être à son service, au service de l'accomplissement de la Matière, de la Vie et de l'Esprit !

C'est sa seule raison d'exister et de devenir.

 

*

 

La seule question à se poser tous les soirs avant de s'endormir : qu'as-tu fait, aujourd'hui, pour l'univers, pour la Matière, la Vie et l'Esprit ?

Il n'y aucune autre question importante !

 

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Il n'y a que deux "briques" élémentaires stables de matière : le protéus (une association plus ou moins étroite d'un pôle protonique et d'un pôle électronique pouvant se structurer de diverses manières) et le neutrino (une sorte de proto-matière de nature fermée, individuée et sphéroïdale, repliée sur elle-même).

Toutes les pseudo-particules qu'étudie la physique quantique (d'un point de vue strictement phénoménologique, sans chercher à fonder une ontologie quelconque), ne sont que des grumeaux émergeant quelque part entre Prématière bosonique (de l'activité pure) et Matière protéique (de l'espace-masse).

Ces grumeaux sont des essais ratés, des tentatives avortées, d'une durée de "vie" ridiculement faible, à qui l'on veut obstinément imposer des "propriétés" mathématiques artificielles qui sont censées en permettre le classement.

L'intérêt de cette "physique des particules élémentaires" est d'accumuler des résultats expérimentaux qui, sans doute, serviront un jour à comprendre l'univers prématériel de la Hylé et de ses activités bosoniques.

 

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Les quarks vont par trois et moulent le protéus dans ses divers états (neutronique – monopolaire avec u, d et d - ou hydrogénique – bipolaire avec u, u et d).

Cette tripolarité suggère une parenté avec la tripolarité fondamentale : topologique, dynamique et eidétique.

 

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L'esprit humain et toutes ses inventions ne sont que des produits de l'Esprit cosmique.

Il n'y a donc rien de surprenant à ce que l'esprit humain puisse comprendre et décrire ce dont il participe pleinement.

C'est encore un effet pervers de l'anthropocentrisme de croire que "l'esprit humain" est une singularité.

Tout ce qui existe participe du même Nomos, de la même logicité globale.

Chaque esprit local n'est qu'un hologramme de l'Esprit cosmique.

 

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La "couche" mésoscopique de l'univers (celle où baigne l'humain, à son échelle) est globalement très bien connue aujourd'hui.

Mais sur les "couches" extrêmes du gigascopique et du nanoscopique, la science bute sur le mur de l'inobservabilité et donc sur le mur de l'impossibilité de toute validation expérimentale.

Le fait "rassurant" est que la connaissance ou l'inconnaissance de ces "couches" extrêmes, n'ont aucun impact réel sur la vie réelle qui se déroule tout entière au niveau mésoscopique.

Certes, c'est insatisfaisant pour l'esprit … mais cela n'empêche pas grand monde de dormir.

 

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Le mensonge, ce n'est pas de dire du faux, c'est de savoir que ce que l'on dit est faux

 

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De François Vannucci qui oppose l'hypothèse des multivers et celle d'un univers unique en regard avec la capacité humaine de comprendre et connaître le Réel :

 

"Si (…) on suppose un univers unique (…), on pourrait invoquer l'évolution du cerveau, mais il ne s'agit plus d'adaptation à des conditions extérieures. La coïncidence demanderait un accord, une connivence étroite entre l'Homme et l'Univers. Un tel scénario ne laisse plus de place au hasard, il pointe vers une intentionnalité dans la création."

 

Nous y voilà enfin (même si le mot "création" me paraît totalement inadéquat).

Mais bien sûr qu'il y a "accord", "connivence" et "intentionnalité" !

Il n'existe pas de processus sans intention, sans moteur, sans logicité, sans "âme" animante, c'est-à-dire sans cohérence dans toutes ses dimensions (y compris sa propre durée).

Et le Réel est bien un processus ; il est même et d'ailleurs le seul processus.

Donc il y a intention et il y a reliance et interdépendance entre chaque partie et son Tout.

Telle est l'évidence fondatrice de la science qui vient.

 

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La masse est, à la fois, le siège de la résistance à toute dynamique (inertie) et le siège de toute répartition matérielle dans l'espace (gravité).

 

*

 

C'est une erreur colossale mais classique de croire que les propriété d'un ensemble découle des propriétés de ses éléments. C'est la vision assembliste du monde. Elle est cependant fausse.

En réalité, les propriétés des éléments et de l'ensemble sont en rapport dialectiques du fait des phénomènes d'émergence qui apportent à l'ensemble des propriétés que ne possède aucun de ses éléments.

Les éléments induisent des tensions qui obligent l'ensemble à se réorganiser comme il peut.

L'ensemble induit des tensions qui obligent les éléments à s'entre-organiser comme ils peuvent.

 

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Bien des cosmologistes s'interrogent : alors que, selon le modèle standard des particules, toute émergence matérielle impose matière et antimatière à parts égales, pourquoi l'antimatière n'existe-t-elle nulle part ?

Parce que le modèle standard des particules est faux !

Et pourquoi est-il faux ? Parce qu'il est purement phénoménologique et mathématique, et non ontologique et constructiviste.

De plus, ce modèle standard est totalement impuissant à développer les hypothèses de "la matière noire", de "l'énergie noire" (qui constitueraient, ensemble, 96% de l'énergie cosmique totale), de l'inflation cosmologique et de la gravitation.

 

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La théorie quantique est remarquable aux niveaux atomiques et moléculaires.

Les grains protéiques avec leur bipolarité protonique et électronique (et les deux possibilités d'interaction : électrofaible intraprotéique et baryonique interprotéique) suffisent à expliquer toute la matière existante et ses infinités de combinatoires moléculaires et cristallines.

En revanche, au niveau subnucléaire, le modèle standard des particules est une conjecture fumeuse.

 

*

 

Quand une théorie peut tout expliquer et son contraire, quand cette théorie engendre une pléthore de concepts et paramètres superfétatoires qui ne servent à rien, quand cette même théorie induit une expérimentation tautologique permettant de "découvrir" absolument tout et son contraire, alors cette théorie est logiquement et mathématiquement stimulante, mais physiquement inutile.

C'est le cas du modèle standard des particules.

A condition de bien calibrer le caillou que l'on jette dans l'écuelle de lait, avec la vitesse adéquate, on peut toujours observer la goutte qui va bien et qui confirme ce que l'on veut.

C'est cela le CERN, et rien d'autre.

 

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Le Réel est un livre qui s'écrit.

Et comme tout livre qui s'écrit, il accumule les pages déjà écrites et construit celles qui suivront, en fonction de l'intrigue qu'il s'est fixé et d'un style qu'il s'est donné.

 

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De Michel Cassé :

 

"Zéro, Infini, Tout sont poétiques et mathématiques mais non point physiques."

 

Mais bien le Un indispensable et ferme.

 

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La médecine n'est pas une science. Elle est un art (éminemment respectable). L'art d'essayer de guérir. Elle y arrive parfois …

Mais il serait bon que les carabins cessent d'avoir la grosse tête, fassent acte de modestie et reconnaissent qu'ils ne sont que des apprentis-sorciers.

Réduire un fracture, tout le monde peut le faire.

Comprendre un cancer, personne ne le peut.

Or le gens meurent bien plus de cancer que de fracture !

 

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La Connaissance est-elle un progrès ? Pour ceux qui connaissent et qui cultivent la modestie, c'est incontestable. Pour ceux qui ne connaissent pas, elle n'est toujours pas commensurable. En revanche, pour ceux qui connaissent un peu, par ouï-dire, elle est souvent nocive et nuisible parce qu'elle nourrit l'orgueil et le mépris, la fatuité et l'ignorance sûre d'elle, la certitude approximative et la platitude intolérante.

Mieux vaut ne pas savoir du tout que savoir un peu mais pas assez.

 

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De Michel Cassé, encore :

 

"(…) toute clarté se paie d'un mystère."

 

*

 

Et du même encore qui confirme mes pensées explicitée dans "Essai de cosmologie complexe" :

 

"Juste avant la fin de l'inflation l'univers est pur L, vide de matière. La substance fertile de l'univers (atomes et lumière), ainsi que la matière noire, sont produits en totalité par un processus quantique de transmutation en fin d'inflation.  De surcroît, les fluctuations quantiques de l'inflaton, au terme de son existence sont germes de galaxies."

 

Sauf que mon modèle est plus simple et parle de l'émergence des noyaux galactiques (des "trous noirs" sans doute), immenses réacteurs bourré d'activité bosonique pure, générateurs de protéus en folie qui forment matière, masse et espace topologique à la surface de l'univers prématériel de la Hylé.

Ladite "inflation" est simplement l'émergence du monde matériel à partir du monde prématériel.

 

*

 

L'hypothèse des multivers (des multi-univers ou des pluri-univers) est la plus incroyable des fumisteries dont le seul but est de vouloir éliminer l'intentionnalité du sein de la cosmologie.

C'est proprement ridicule !

Cette hypothèse est une pure conjecture, à jamais validable ou vérifiable, dont le seul enjeu est métaphysique et probabiliste : il émane de purs matérialistes qui refusent, au-delà de la Matière (le topologique), tant la Vie cosmique (le dynamique) que l'Esprit cosmique (l'eidétique).

Il est pourtant simple de comprendre que le bel et juste ajustement des lois et constances physiques est le produit d'un processus d'essais et erreurs des premiers temps de l'univers matériel, guidé par l'intention de façonner un Réel capable d'un maximum de possibilités et de complexités, donc de richesses.

 

*

 

En multipliant les hypothèses et conjectures (les multivers, la supersymétrie, les supercordes, etc …), on démultiplie le nombre des combinatoires possibles et on démultiplie la possibilité d'expliquer et de démonter tout et son contraire, dans un foisonnement absurde de possibles théoriques … mais au total mépris du principe du rasoir d'Occam.

 

*

 

De Michel Cassé, encore, à propos de la qualité des paramètres d'ajustement des paramètres universels pour permettre l'émergence des complexités :

 

"Deux solutions s'offrent, et seulement deux , pour résoudre cette énigme existentielle, celle du 'grand dessein' ['intelligent design' selon l'expression anglo-saxonne consacrée] ou celle du 'plurivers'."

 

Eh oui ! Intentionnalité ou hasard. Unicité intentionnelle ou multiplicité aléatoire.

Ajustement intentionnel ou loterie combinatoire.

Le rasoir d'Occam, depuis toujours, a tranché !

L'hypothèse absurde des multivers ne fait jouir que les athées matérialistes acéphales.

 

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Les évolutions répartitives (gravitationnelle et expansive) relèvent exclusivement du domaine topologique (relativiste).

Les évolutions structurantes (électrofaible et hadronique) relèvent exclusivement du domaine eidétique (quantique).

les évolutions processuelles (entropique et néguentropique) relèvent exclusivement du domaine dynamique (émergentiel).

Il faut définitivement abandonner le fantasme de la "grande unification" : le Réel est tripolaire et non monopolaire ! Sinon, il n'existerait pas.

 

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La physique théorique, fondamentale et conceptuelle doit, impérativement, précéder la physique mathématique, sinon les délires mathématiciens font oublier que l'on parle – que l'on ne doit parler que – du Réel et non de divagations géométriques ou algébriques qui, au fond, n'importeront de moins en moins puisque la vérifiabilité expérimentale des prévisions quantitatives sera de plus en plus souvent impossible.

 

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Le 17/06/2021

 

"Faire la fête" … Voilà bien l'expression qui me répugne le plus !

Que ce soit à la discothèque, au bistrot, dans la rue, au match de foot ou n'importe où, elle exprime toute la médiocrité vulgaire des troupeaux humains.

 

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De Gilles Kepel :

 

"Aujourd'hui, les faits n'ont plus d'importance, ce qui compte, c'est la vision du monde que l'on défend."

 

Et la vision du monde woke revient à un marxisme généralisé avec, d'un côté, les victimes (le prolétariat marxien transformé en musulmans, femmes, noirs, racisés, homosexuels, ex-colonisés, descendants d'esclaves, etc …) et, de l'autre, les oppresseurs (la bourgeoisie marxienne devenue la caricature du mâle blanc, capitaliste, colonisateur, esclavagiste, homophobe, islamophobe, raciste, etc …).

Là-dessus, l'intersectionnalité fédère par un grand : "Victimes de tous les pays, unissez-vous !".

Plutôt que de wokisme ou de rétro-activisme (comme je l'avais suggéré), c'est de néo-marxisme qu'il faudrait parler. La lutte des classes est morte (elle n'a         d'ailleurs jamais existé) alors, vive la lutte des races, des genres, des religions.

Et, bien sûr, derrière ce néo-marxisme comme derrière l'archéo-marxisme, sourd une ignoble aspiration au totalitarisme que plus d'un siècle d'horreurs  facho-communistes n'a toujours pas réussi à déboulonné.

 

De Clément Pétreault :

 

"Alors que l'accès à la connaissance n'a jamais été aussi facile dans toute l'histoire de l'humanité, comment expliquer le succès d'idéologies qui cherchent à amputer le réel pour le soumettre à une vision simpliste du monde ?"

 

A quoi Pascal Perrineau répond :

 

"La construction de l'ennemi ne passe plus par la dénonciation de la bourgeoisie et du capital, mais par la place de l'homme blanc hétérosexuel dans la société. L'alliance espérée n'est plus celle de la classe ouvrière avec les intellectuels, mais celle de toutes les minorités dites opprimées. La binarité est essentielle pour mobiliser autour d'une idée simple. Autant les débats avec les marxistes valaient la peine d'être tenus ; là, on doit affronter une pensée extrêmement faible et sans incarnation."

 

De Pierre Jourde :

 

"La pensée militante dispense de penser, il suffit de s’appuyer sur des certitudes indiscutables."

 

Ceci n'est pas neuf. C'était déjà le cas lorsque j'étais étudiant (entre 1968 et 1980), époque révolue où les "gauchistes" aspiraient bruyamment à une "révolution" radicale et exerçaient leur terrorisme militant sur toutes les organisations universitaires.

Rien de neuf sous le soleil … malheureusement ! L'humain n'apprend rien.

 

De Xavier-Laurent Salvador, professeur d'université :

 

"Certains collègues disposent d'un budget de recherche de 1 300 euros par an pour l'ensemble de leur laboratoire … Quand ils voient arriver un appel à projet européen doté de 250 000 euros, qui prévoit que les travaux financés s'inscrivent 'dans un cadre de société inclusive, écologie inclusive et études de genre', on peut difficilement leur reprocher un intérêt - même superficiel - pour ces thèmes."

 

Encore une fois : rien de nouveau sous le soleil … La recherche se tourne vers là où est l'argent ! Il faut avoir des moyens ou des rentrées d'autres natures pour se permettre l'indispensable luxe de mener une recherche désintéressée.

Il est temps que le noétique se libère du politique et construise son autonomie financière.

 

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Il est urgent d'éradiquer la grille de lecture simpliste et infantile du "gauche-droite" (dont les Français se gavent à longueur de temps).

La "gauche", c'est l'égalitarisme. Mais rien, jamais, n'est l'égal de rien. Le noir n'est l'égal du blanc. La femme n'est pas l'égale de l'homme. L'homosexuel n'est pas l'égal de l'hétérosexuel. L'altruiste n'est pas l'égal de l'individualiste. La communauté n'est pas l'égale de la personne. Etc … Ni l'inégal, non plus.

Il faut sortir de ces catégories ringardes (égalité, inégalité) qui participent de la mouvance profonde du ressentiment, de la rancœur, de la revanche, de la vengeance et du complexe d'infériorité (cfr. Nietzsche).

La "droite", quant à elle, hétéroclite, oscille entre conservatisme et populisme, entre nationalisme et xénophobie, entre bourgeoisisme et affairisme, etc … La "droite" n'existe que parce que la "gauche" s'affirme, dans son total néant qui rend la "droite" glauque et indéfinissable.

Il n'y a que deux vrais pôles politiques : le libéralisme et le totalitarisme. Tout le reste est bavardage, désuet et stérile.

La "gauche" comme la "droite" sont, toutes deux, d'essence totalitariste. Leur obsession commune est d'instaurer, par tous les moyens, à n'importe quel prix (et il peut être élevé : cfr. le communisme et le nazisme qui sont de la même veine); une "société idéale" et un "homme idéal". Deux fadaises nauséabondes et stupides. Dans le monde du Réel, rien n'est "idéal".

L'idéalisme est une maladie mentale grave, contagieuse, pernicieuse et létale !

 

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L'Etat démocratique n'est que la nostalgie du Roi de droit divin.

Le besoin d'un "papa" … et en face, la "maman" : la patrie (mère-patrie).

Ni Roi, ni Patrie !

 

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Le pouvoir (comme la fortune et la gloire) devient vite obsessionnel : toujours plus (parce que les autres sont des imbéciles qui ne comprennent rien et font tout de travers), toujours plus fort (pour aller vite et ne pas perdre de temps), toujours plus centralisé (pour éviter les déviances), toujours plus incarné (pour que la personne prime sur le concept), toujours plus personnel (pour en maîtriser toutes les composantes), etc …

Cette pourriture absolue que fut Louis XIV en fut l'incarnation radicale.

 

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Un réactionnaire est un conservateur révolutionnaire : il veut retourner, par la violence et la dictature, s'il le faut, au passé mythologisé qu'il s'est fabriqué ; comme un progressiste révolutionnaire qui veut instaurer, par la violence et la dictature, son utopie infantile et idéaliste, pur fruit de son imagination débile.

 

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De Jeanne Sénéchal (Le Figaro) :

 

"D'après un sondage de l'IFOP, 80% des personnes interviewées ne pensent pas aller voter lors des régionales, et parmi elles, 48% ne savaient pas que des élections se déroulent ce dimanche. De manière générale, 72% des jeunes ne s'intéressent que peu, ou pas du tout à ces élections."

 

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Le 18/06/2021

 

Humour …

Ne pas oublier de boire si l'on boit pour oublier !

 

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De mon ami et frère Jean-Pol D. :

 

"Ne laisse pas la mort te pourrir la vie".

 

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La mort ne serait rien si l'on était seul.

 

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Cinq questions cosmologiques initiales :

 

  1. Le Réel est-il connaissable ?
  2. L'est-il partiellement ou complètement ?
  3. Quelle méthode conduit à cette connaissance ?
  4. Quel langage lui est adéquat ?
  5. Cette connaissance évolue-t-elle ?

 

Mes réponses :

 

  1. Oui car l'esprit humain est hologrammiquement relié à l'Esprit cosmique.
  2. De plus en plus complètement.
  3. Une dialectique entre intuition spirituelle et validation rationnelle.
  4. Le langage de la métaphysique, mais pas celui des mathématiques.
  5. Oui car le Nomos cosmique évolue.

 

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Dès le départ, à l'origine, depuis toujours, était l'Intention.

L'Intention engendra l'Activité afin de pouvoir s'accomplir.

L'Activité devint le domaine dynamique.

L'Activité produisit et accumula la Mémoire.

La Mémoire devint la Substance prématérielle (la Hylé).

La Substance s'accumulant, devint le domaine topologique.
L'accumulation engendra l'expansion.

L'Activité et la Substance engendrèrent la Pulsation.

A la surface du Réel, la Pulsation engendra des figures et des nœuds.

Ainsi le Nomos advint pour combiner les Formes.

Il engendra les six pôles et les trois tensions.

Le Nomos se construisant, devint le domaine eidétique.

Et les nœuds de la surface devinrent des noyaux galactiques.

Et ceux-ci furent des réacteurs puissants produisant la Matière protéique.

Alors le Réel put devenir, à sa surface, l'univers que nous connaissons.

 

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En séparant le monde de l'intelligible (les formes parfaites héritées de Pythagore) et le monde du sensible (les objets réels comme incarnations imparfaites, dans la Hylé, des formes parfaites), le "Timée" de Platon fonde une cosmologie lourde dont le dualisme ontique est totalement superfétatoire.

Platon veut obstinément séparer le temporel et l'intemporel. C'est là son erreur majeure car la temporalité est un spectre et non un binaire.

 

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Pourquoi, dans le Réel, existe-t-il des interactions ? S'il n'y avait pas une intention visant une optimalité de quelque chose, il n'y aurait aucune bonne raison pour que des interactions aient lieu.

C'est très exactement cela que nous révèle la formulation lagrangienne de la dynamique, formulation qui est commune à toutes les physiques, classique, relativiste et quantique : tout système évolue dans l'espace des états selon la trajectoire qui extrémalise "l'Action" (au sens de Maupertuis et de Lagrange).

C'est ce même principe qui est le socle basal de la cosmologie complexe.

 

Traditionnellement, l'Action est vue comme la différence entre "l'état intérieur" du système (en mécanique : son énergie cinétique) et "l'influence extérieure" sur ce système (en mécanique : l'énergie potentielle à l'endroit qu'il occupe).

 

*

 

L'Univers est un ensemble d'archipels galactiques flottants sur un océan de substance immatérielle pulsatile.

La galaxie est la "brique élémentaire" de l'Univers.

Chaque galaxie est un monde en soi.

Mais l'Univers est unique. Il est la surface présente, à trois dimensions, d'un Réel fermé ellipsoïdal en expansion continue (la durée est sa dimension radiale).

Ce Réel est unique. Il est pourvu de trois propriétés universelles :

 

  1. Un volume topologique croissant.
  2. Une activité dynamique pulsante.
  3. Un nomos eidétique complexifiant.

 

*

 

Identifier dualisme à idéalisme et monisme à matérialisme (comme le font certains) est proprement hallucinant !

La métaphysique propose en réalité trois dipôles, mais pas ceux que cette terrible confusion mélange malencontreusement :

 

  1. Le premier dipôle oppose réalisme (constructivisme) et idéalisme (causalisme ou finalisme) sur le dimension dynamique.
  2. Le second oppose matérialisme (la matière est première) et spiritualisme (l'Intention et le Nomos sont premiers) sur la dimension eidétique.
  3. Le dernier oppose monisme (le Réel est unique et unitaire) et dualisme (le Réel est pluriel et fragmenté) sur la dimension topologique.

 

Toutes les combinatoires entre eux sont envisageables.

Pour ma part, la position est claire et nette : monisme, réalisme et spiritualisme.

Les sept autres combinaisons ne tiennent pas la route.

 

*

 

La devise maçonnique "Ordo ab Chao" est sans doute l'expression la plus précise et la plus précieuse de la vérité cosmogonique.

Cette devise est le cœur même de tout constructivisme !

 

*

 

De Friedrich Engels (qui, sur ce seul point, n'a pas tout à fait tort) :

 

"Pour les philosophes grecs, le cosmos avait jailli du chaos, et il s'est par la suite développé, structuré, il a été le résultat d'un devenir."

 

D'abord, ce n'est pas vrai du tout pour tous les philosophes grecs.

Ensuite, ce monisme constructiviste ne fut en rien (sauf chez Epicure) ce matérialisme pour lequel Engels a complètement dénaturé et falsifié la philosophie grecque.

Il faut dire que son parasite, Marx, avait déjà complètement dénaturé et falsifié la philosophie hégélienne.

Un grand duo de falsificateurs et de faussaires !

 

*

 

Les trois propriétés basales du Réel sont :

 

  • le Devenir (la vitalité dynamique),
  • l'Etendue (la spatialité topologique),
  • la Cohérence (la logicité eidétique).

 

Voilà les trois "substances ", au sens de Spinoza ("Ethique" - Première partie – Définition III), qui fondent tout ce qui existe.

 

*

 

La science n'est pas du tout "une forme de pensée parmi bien d'autres" ; elle est le socle de toute pensée véritable et, hors d'elle, il n'y a que des conjecture et des bavardages (domaines qui sont devenu le "cirque" où s'exhibent de plus en plus d'universités et d'universitaires).

La connaissance scientifique est, finalement, bien simple (quoique très complexe) à définir : elle est et doit être le point de convergence entre l'intuition (la sensibilité), l'expérience (la mémoire) et le raisonnement (l'intelligence).

Ces trois pôles sont indispensables et indispensablement conjoints.

 

Cela donne une typologie :

 

  • L'intuition seule : le rêve, l'utopie, le fantasme, l'idéal.
  • L'expérience seule : le conformisme, le conservatisme, la routine.
  • Le raisonnement seul : le rationalisme, la sophistique, l'argutie.
  • L'intuition et l'expérience, sans le raisonnement : la magie.
  • L'intuition et le raisonnement, sans l'expérience : l'idéologie.
  • Le raisonnement et l'expérience, sans l'intuition : la technique.

 

Et la septième catégorie, la science, qui est seule à allier les trois.

Je passe sous silence la huitième catégorie : le crétinisme qui n'use ni d'intuition, ni d'expérience, ni de raisonnement.

 

Tous les "penseurs" appartiennent à une de ces sept catégories. Et l'évidence qui me saute aux yeux est que seuls les scientifiques ne sont pas - parce qu'ils ne peuvent pas être - nocifs et toxiques.

A tous les autres, il manque au moins un pied pour penser droit, juste et stable.

 

*

 

Je ne comprends pas pourquoi certains s'obstinent à s'intéresser à Gaston Bachelard. Par surréalisme poétique, sans doute.

Bachelard n'a rien compris ni à la science qui se faisait en son temps, ni à la philosophie qui se défaisait en son temps.

 

*

 

Il faut rappeler le sens du mot "cosmologie" …

C'est l'étude de l'ordre (kosmos) qui régit tout ce qui existe et tout ce qui se passe dans ce qui existe.

La cosmologie est l'étude du Nomos à l'œuvre en tout et partout dans le Réel.

Il n'y s'agit pas de donner une explication complète de tous les phénomènes ; il y s'agit d'expliciter le principe de cohérence qui est à la source de tous les phénomènes.

Toutes les autres sciences s'occupent d'expliciter les modalités et conséquences de l'application du Nomos cosmique sur des classes déterminées et choisies de phénomènes.

La cosmologie ne s'intéressent ni à ces classes spécifiques, ni à ces phénomènes particuliers.

Elle ne s'intéresse qu'à la logicité qui leur est absolument commune.

Et, derrière le Nomos régulateur, la cosmologie vise à comprendre et à exprimer l'Intention qui engendre ce Nomos afin de s'y accomplir.

 

*

 

On prête au pape Jean-Paul II d'avoir dit à Stephen Hawkins ceci :

 

"Nous sommes bien d'accord : ce qu'il y a après le Big-bang,

c'est pour vous, et ce qu'il y a avant, c'est pour nous."

 

En admettant la véracité de cette anecdote, et ne sachant ce que Hawkins pourrait avoir répondu, cette remarque confirmerait le dualisme ontique chrétien, mais trahirait, surtout, une incompréhension crasse (voire une tentative de récupération créationniste) du soi-disant Big-bang qui est, probablement, la plus fallacieuse et infantile extrapolation pseudo-scientifique du 20ème siècle.

Croire au Big-bang ou croire en la naissance virginale de Jésus sont du même tonneau.

 

*

 

Il n'y a pas d'origine cosmologique absolue ; il n'y a qu'une généalogie cohérente d'émergences successives, de plus en plus complexes et locales au sein d'îlots galactiques flottant sur un océan de substance  prématérielle.

La cosmologie étudie la logicité de de ces émergence et la cohérence de cette généalogie.

 

*

 

Le temps (qui est une mesure de l'activité) n'est qu'une émergence de l'intemporalité.

 

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D'Etienne Klein :

 

"Il faut bien que genèse se passe !"

 

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L'indéterminisme, fondamentalement consubstantiel à toute émergence complexe, empêche absolument de penser l'histoire cosmique comme un long fleuve tranquille, bien lisse, bien linéaire, bien prévisible.

L'émergence de la Matière, de la Vie ou de l'Esprit ne sont pas des "conséquences", mais des "miracles" pleinement naturels mais inouïs.

 

*

 

Toute émergence est un saut de complexité qui induit des "lois" nouvelles, propres à ce nouvel échelon dans l'échelle des complexités. Ces lois sont contingentes ; mais cela ne signifie nullement qu'elles ne doivent pas, d'abord, respecter les "lois" de l'échelon de complexité sous-jacent dont elles sont issues.

Ainsi, par exemple, les "lois" de la Vie ne sont pas réductibles aux "lois" de la Matière, mais elles doivent strictement les respecter.

 

Par exemple : la culture (au niveau de l'esprit) doit respecter les lois de la nature (au niveau de la vie), ce qui ruine définitivement la "théorie du genre" qui veut déconnecter, absurdement, sexe (nature) et genre (culture).

Le genre doit obéir au sexe !

 

*

 

La question originaire cosmologique n'est celle de connaître le premier terme de la série, mais bien de connaître la logique qui génère toute la série.

 

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Tout ce qui devient, conserve la totalité de ce qu'il a été, puisqu'il devient par accumulation constructiviste.

Le Devenir transcende et dépasse l'Être.

 

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Le 19/06/2021

 

La vie passe au-dessus des morts.

 

*

 

Il n'y a que trois questions :

 

  1. Celle de l'Univers (la manifestation externe du Réel) : c'est la cosmologie.
  2. Celle de l'Homme (c'est-à-dire l'esprit humain) : c'est la noologie.
  3. Celle du rapport entre l'Homme et l'Univers : c'est l'éthique.

 

Tout le reste n'est que déclinaisons, commentaires ou bavardages !

 

*

 

La cosmologie induit la fusion et la synthèse de la science et de la métaphysique.

 

*

 

On dira qu'un ensemble est doté d'une loi, si tous les éléments de cet ensemble se comportent de manière similaire dans les mêmes conditions.

Mais peut-on parler de la "loi de l'univers" lorsque l'univers est le seul élément de son ensemble ?

En fait, lorsqu'on parle de "loi de l'univers", on pèche par raccourci ; il faudrait parler de la loi régissant toutes ses manifestations à l'intérieur de l'univers ou, plus compactement, de la "loi dans l'univers".

C'est l'univers qui est l'ensemble et ses manifestations qui en sont les éléments.

Ainsi, pourra-t-on dire que l'univers est doté d'une Loi (d'un Nomos, d'une logicité) qui s'applique à tous les phénomènes qui se passent en lui.

Ou, plus généralement : le Nomos (la règle, la loi) est la face eidétique du Réel comme le Télos (l'accomplissement, le but, l'extrémité) en est la face dynamique et le Topos (le lieu, l'emplacement, l'endroit), la face topologique.

Il faut alors encore préciser : le Réel est la source unique de toutes les manifestations qui constituent l'ensemble "univers".

 

*

 

La cosmologie, comme science, et le panenthéisme, comme spiritualité, sont intimement synonymiques.

 

Pan : Tout, le tout de l'Univers.

En : dans, à l'intérieur.

Théos : Dieu c'est-à-dire le Réel.

 

Tout est en Dieu.

L'Univers est dans le Réel.

 

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Plus l'irréversibilité d'un processus est grande, plus est impossible toute expérimentabilité (puisque celle-ci implique la reproductibilité).

Deux expérimentations pourront être plus ou moins semblables, mais elles ne seront jamais identiques.

C'est la raison pour laquelle l'économie, la sociologie, l'histoire ou la psychologie, par exemple, resteront à jamais des conjectures (des affaires de croyances et d'opinions, donc d'idéologies et de fantasmes) et ne seront jamais des sciences.

 

*

 

Dès qu'il y a de l'Activité, il y a de la Durée qui s'accumule.

Le Temps est second, produit par l'Activité qu'il permet de mesurer.

Et l'Activité est engendrée par l'Intention qui, elle, est intemporelle, comme le Réel lui-même.
Ainsi, l'Intemporalité engendre la Temporalité.

Dès lors qu'il existe une Activité produisant des manifestations, l'Univers est en branle ainsi que le Temps qui en mesure les Durées.

C'est une grave erreur de continuer à raisonner avec un temps absolu newtonien.

Le temps n'existe pas "avant" l'univers. C'est l'univers actif qui engendre le temps (et l'espace) qui lui est (sont) nécessaire(s) pour s'y accomplir sous la pression de l'Intention.

 

*

 

Les interactions gravitationnelles sont topologiques.

Les interactions quantiques (électrofaible et hadronique) sont eidétiques.

Leurs natures profondes sont radicalement différentes.

La "gravitation quantique" et la "grande unification" ne sont que des mythes absurdes.

 

*

 

Le domaine interactionnel de l'espace des états est l'ensemble des domaines topologique et eidétique. Il se situe dans l'instantanéité et sa fonction est d'être le moteur pour dissiper la tension dynamique (entre accumulation mémorielle et accomplissement intentionnel).

 

*

 

L'histoire de l'univers commence sur le mode entropique : un ellipsoïde dont les trois dimensions de la surface périphérique constitue l'espace topologique et dont la dimension radiale intègre la durée de vie universelle (l'accumulation dynamique dite "énergie noire" engendrée par l'activité pulsatoire). Cet ellipsoïde connaît une expansion pulsatile par accumulation mémorielle (très lente car il ne se passe quasi rien et son hyper-surface est quasi vide puisque seulement parcourue de l'écho périphérique des ondes de pulsation).

Mais, lorsque l'ellipsoïde universel atteint une certaine taille critique, proportionnée à la fréquence de pulsation, les ondes de surface entrent en résonance et engendrent, par interférence, des "paquets d'ondes", un peu partout, dont le pôle néguentropique se saisit pour les façonner de façon durable. Ces nœuds néguentropiques deviendront les noyaux galactiques qui enclencheront les interactions gravitationnelles, symétriques aux forces d'expansion.

Dans ces noyaux galactiques, l'activité bosonique appelée "matière noire" va faire son travail d'essais et erreurs (en produisant de grandes quantités de grumeaux instables et non viables étudiés par la physique des particules) jusqu'à ce miracle qu'est l'émergence des protéus. La Matière est née et elle va pouvoir commencer son aventure nucléaire, atomique, moléculaire et cristalline.

 

*

 

La physique est là pour nous parler du Réel et pas seulement pour nous décrire l'impression que nous fait le Réel.

C'est la raison pour laquelle, malgré ses insuffisances et ses lacunes, je me rallie davantage au modèle standard relativiste qu'au modèle standard quantique, trop phénoménologiste à mon goût.

La probabilité du résultat d'une mesure expérimentale m'indiffère assez.

Ce que j'attends de la physique, en général, et de la cosmologie, surtout, c'est qu'elles me donnent une vision cohérente et ontologique du Réel, sans sombrer dans des artificialités mathématiques divagantes.

Ma conviction est que le Réel n'obéit pas au langage mathématique, mais que, dans les cas les plus rudimentaires, celui-ci permet des validations utiles, partielles et spécifiques.

Le Réel est, sans aucun doute, réductible à une logicité, mais, en aucun cas, à une équation mathématique.

Le langage mathématique n'est qu'une convention humaine utile, dans certains cas, mais n'est, en aucun cas, le "langage de Dieu".

La cosmologie actuelle se fourvoie à vouloir mathématiser un Réel qui n'est pas mathématisable (qui n'est mathématisable que dans les configurations les plus triviales).

La quantité n'est pas au centre de la logicité du Réel.

 

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La physique mathématique n'est qu'un pont artificiel entre la physique fondamentale et la physique expérimentale.

 

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La finalité du Réel n'est pas quantitative !

 

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J'en arrive à la conviction que, fondamentalement, le Réel n'est pas mathématisable, mais que, dans certains cas particuliers, la mathématisation artificielle humaine, peut rendre de grands services de clarification et de validation.

 

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Regardez l'arbre devant vous.

Il crée son territoire pour coloniser le sol et y puiser eau et sels minéraux, et l'atmosphère et y puiser lumière et oxygène ; il y développe une structure architectonique arborescente singulière résultant des conflits entre sa nature intime et les configurations ambiantes ; mais il est porté, avant tout, par une vitalité qui veut s'accomplir,

Tout ce qui existe, ressemble à cet arbre !

 

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* *

 

Le 20/06/2021

 

L'art des artistes m'emmerde. C'est de la pure masturbation narcissique. Cet art-là ne sert à rien. Il n'apporte rien à l'accomplissement du Réel. La "création" qu'il revendique, comme un "graal", ne signifie et ne vaut rien. Tout artiste n'est qu'un branleur qui se fait plaisir et qui crie au "génie" … avec pour conséquence que s'il crie bien, il pompe le pognon des snobs et que s'il  crie mal, il reste un génie méconnu.

Mon Dieu, délivrez-nous des artistes et de leurs onanismes.

 

*

 

Je me demande encore quelle est l'objectif de cette manipulation COVID-19 qui dure depuis 16 mois ...

Est-il politique (la trouille des gouvernants d'être accusé de "non assistance à peuple en danger" avec le souvenir cuisant de l'épisode "sang contaminé") ou économique (les énormes enjeux financiers pour le big-pharma qui inonde tout de pognon pour fiche la trouille à tout le monde afin de vendre leurs "testeurs" inefficaces et leurs "vaccins" bricolés à la va-vite).

Je ne suis pas complotiste et ne le serai jamais. Mais ce problème de l'aveuglement des décideurs me sidère.

 

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De Gérard Chazal :

 

"'A voir se multiplier les hypothèses avancées (…) par les cosmologues, il semble que certaines principes comme celui d'économie ontologique (rasoir d'Occam), de vérification (falsification) expérimentale, principes auxquels la science semblait très fermement attachée, ne soient plus de mise."

 

Et il n'y a pas qu'en cosmologie que la situation soit telle ; elle est bien pire en théorie quantique et au sein du modèle standard des particules …

Les limites de l'expérimentabilité ont été dépassées et les maudits mathématiciens ont pris le pouvoir en physique et laissent libre cours à leurs délires.

 

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La science se définit par un domaine (sa topologie) : le Réel.

 

La science se définit aussi par une méthode (son eidétique) : la convergence précise et stricte d'un travail d'intuition (résonance avec le Nomos cosmique), d'un travail d'intelligence (effort théorique de structuration rationnelle) et d'un travail d'expérience (collectes d'observations, de mesures, d'expérimentations).

 

La science se définit enfin par une intention (sa dynamique) : atteindre la Connaissance (gnose) c'est-à-dire le compréhension absolue (ni relative, ni anthropocentrée, ni subjective – exit Descartes, Kant et Husserl) du Réel, de sa logicité et de ses évolutions.

 

La science est un constructivisme, un chantier en marche qui accumule des couches successives de connaissances de moins en moins particulières, de moins en moins approximatives, de moins en moins suspectes de croyances diverses.

 

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Tout ce qui existe se définit (peut et doit se définir) par un territoire topologique (un domaine), une méthode eidétique (une logicité) et une intention dynamique (un projet).

 

Ainsi de ma propre vie, aujourd'hui :

 

  • Mon territoire : le Morvan et les réseaux noétiques.
  • Ma méthode : la physique des processus complexes.
  • Mon intention : la joie de vivre avec Donah.

 

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Une expression qu'il faut bannir : "le monde qui nous entoure" …

Il n'y a pas de monde qui nous (les humains) entoure ; il y a le monde dont nous faisons partie intégrante, qui nous façonne, nous nourrit et nous porte, dont nous sommes, à la fois, des émergences et des ustensiles.

Il est indispensable d'éradiquer ce dualisme orgueilleux et vaniteux.

 

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Il faut récuser radicalement tout causalisme. La relation de "cause à effet" n'existe pas : tout étant cause et effet de tout, chaque phénomène ici et maintenant est la résultante de l'évolution de tout le Réel partout et toujours.

Le fait d'isoler "une cause", même si elle est peut-être prépondérante, c'est nier l'infinité de toutes les autres.

De plus, se focaliser sur le généalogie de toute chose, c'est oublier la téléologie de toute chose.

 

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L'objet de la science est de comprendre le Réel tel qu'il est et va, et pas seulement ce que nous en percevons !

 

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Le fait qu'encore beaucoup de scientifiques refusent le principe téléologique (l'idée d'une intention universelle immanente) et ne considère que le principe généalogique (l'idée d'un causalisme universel et analytique : un effet donc "une" cause), est sans doute l'explication de l'impasse fondamentale dans laquelle se trouvent les sciences aujourd'hui.

L'idée d'accomplissement étant absente de leurs raisonnements, ils la remplacent, inconsciemment et implicitement, par celle d'élégance mathématique, sans percevoir que cette supposée élégance mathématique est aussi une téléologie : pourquoi l'univers serait-il ou devrait-il ou voudrait-il être mathématiquement élégant ?

Le rasoir d'Occam est aussi une formulation téléologique : le Réel devrait être (tend à devenir ?) le plus simple possible.

Dès lors que deux théories concurrentes rendent parfaitement compte de tous les faits expérimentaux, tout critère utilisé pour les discriminer est, en fait, un choix téléologique inconscient.

 

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Lorsque j'affirme que le zéro et l'infini n'existe jamais dans le Réel, j'affirme que l'univers ne peut pas être éternel (de durée infinie) et que le temps est pulsatile (la durée "zéro" étant impossible).

J'affirme donc que la temporalité émerge de l'intemporalité qui est un concept radicalement différent de l'éternité.

L'éternité est un temps infini.

L'intemporalité est un non-temps.

 

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D'un côté, il y a la connaissance scientifique (construite sur le tripode :  intuition, expérience et raisonnement), de l'autre, il y a la croyance mythique, théologique ou idéologique (qui ne connaît qu'un ou deux de ces trois pieds).

 

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L'idée du processus d'émergence, c'est-à-dire d'un saut de complexité, parce qu'elle institue une discontinuité, élimine la question de l'éternité, de l'origine et de la fin.

En effet, chaque émergence est un "nouveau début" (le début de l'accomplissement d'une nouvelle strate de complexité) à partir d'une autre strate de moindre complexité qui, en son temps, avait aussi été un "début".

 

Et il y a eu une première émergence : celle de l'Activité temporelle à partir de l'Intention intemporelle.

 

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La physique est devenue mathématique parce que Galilée, terrorisé par les menaces inquisitoriales de l'Eglise catholique, a cru que seules les grandeurs quantitativement mesurables seraient irréfutables.

Mais ce faisant, la science se coupa de tous les autres langages de représentation et, plus généralement, de toute approche qualitative du Réel, ce qui la rendit bancale.

Pourquoi, donc, faudrait-il que le Réel s'assujettisse à la dictature du seul quantitatif (ce qui, soit dit en passant, est une posture téléologique) ? Pourquoi le Réel ne pourrait-il pas aussi viser d'autres critères qualitatifs (esthétiques) d'optimalité ?

 

 

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L'observation se contente de regarder le Réel.

L'expérimentation le provoque ou le manipule.

Or, toute manipulation expérimentale implique nécessaire de s'appuyer sur une théorie préétablie (on ne manipule pas par hasard, mais dans le but de démontrer quelque chose).

Et, par là, s'instaure une boucle tautologique où la théorie suggère une expérience qui a pour but de valider la théorie.

C'est très exactement cela qui se passe au CERN de Genève où le "modèle standard des particules" est utilisé pour imaginer des "expériences" qui ont pour but de valider le "modèle standard des particules".

Bel Ouroboros !

 

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Le rejet de tout surnaturalisme n'implique aucunement ni matérialiste (d'autant plus que la théorie quantique démontre à souhait que le matière n'est qu'une émergence seconde), ni athéisme (d'autant plus que l'idée d'un principe immanent et fondateur de cohérence est plus que jamais nécessaire).

 

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L'ennemi définitif de la science, est le surnaturalisme. Il n'y a rien de surnaturel, même si la Nature (la manifestation du Réel, l'univers autrement dit) a encore bien des secrets à faire découvrir.

Il n'y a rien de surnaturel.

Et cette déclaration qui nie toute forme de surnaturalisme, n'implique nullement quelque matérialisme, quelque athéisme, quelques positivisme que ce soit.

 

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Le vrai miracle, le seul, c'est la vie !

 

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Le 21/06/2021

 

D'Alexis Self :

 

"Les jeunes d’aujourd’hui gagneront moins, posséderont moins, auront moins d’enfants, voire vivront moins longtemps que leurs parents. La pandémie a encore aggravé la situation : les jeunes ont été davantage sensibles à ses effets psychologiques ; le risque de perdre son emploi a frappé surtout les moins de 35 ans, alors que les plus de 50 ans sont plus nombreux à travailler qu’auparavant. Ce phénomène mondial est particulièrement visible en Allemagne et au Japon. On l’observe dans tous les milieux et même au sein des familles. Il est encore accentué par le fait que les plus âgés votent tous et les jeunes beaucoup moins : ils sont politiquement minoritaires et destinés à le rester. Les conséquences de cette profonde division se font sentir partout. Elles sont culturelles (des styles de vie et des passions propres à chaque génération) et politiques (aux Etats-Unis 50% des milléniaux préféreraient vivre dans un pays socialiste). La tension monte, elle se traduit sous des formes diverses et notamment des manifestations de plus en plus violentes."

 

Génération parasite : ne rien donner et ne rien entreprendre, tout recevoir et tout exiger.

 

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Si l'on imagine un univers où rien, absolument rien, ne change, ne bouge, ne se transforme, la notion même de temps n'aurait aucun sens.

Il n'y aurait là pas de temps. Il faut donc bien comprendre que c'est l'évolution qui engendre du temps et pas l'inverse.

Le temps est second et l'évolution première. C'est l'évolution qui s'engendre du temps pour pouvoir s'y accomplir.

Il en est symétriquement de même pour l'espace.

L'espace-temps n'est pas un contenant, mais un moyen de mesurer l'expansion-évolution de l'univers.

 

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Dire d'un objet qu'il se déplace à la vitesse de la lumière, est une aberration : à la vitesse de la lumière, il n'y a plus d'objet.

La célérité du vide est un absolu où tout se dissout.

Cette célérité limite est le symétrique du "zéro" degré Kelvin. Plus rien ne peut exister en-deçà ou au-delà de ces limites-là.

Cela signifie seulement que pour exister, l'énergie doit avoir un minimum absolu et un maximum absolu : ni zéro, ni infini.

 

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Toute mesure de l'état d'un système, quel qu'il soit, dépend aussi de l'état de l'instrument de mesure.

Toute mesure est radicalement relative. On ne mesure jamais une chose ; on mesure seulement son rapport avec cette chose.

Donc l'observateur est inclus dans l'univers qu'il observe.

C'est le point de départ de toute phénoménologie. Mais il ne faut pas en rester là sous peine de rendre tout effort de théorisation, stérile.

Dans le ternaire scientifique (expérience, raisonnement, intuition), la phénoménologie s'en tient au dipôle "expérience-raisonnement" qu'il faut dépasser par l'intuition qui, seule, peut dépasser le dilemme kantien entre sujet et objet.

 

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L'orientation claire du temps du passé vers le futur (la "flèche" du temps) n'a rien de mystérieux ou de bizarre, dès lors que l'on comprend que tout évolue par accumulation.

Le neuf s'ajoute à l'ancien sans jamais le remplacer. Ce constructivisme universel est basal. Le temps est la mesure de cette accumulation et n'a donc pas le choix de son orientation.

 

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Le formalisme quantique ne parle pas de la réalité du Réel, mais de nos rapports avec lui ; il ne parle pas des phénomènes (nanoscopiques) eux-mêmes, mais de la mesure de ces phénomènes.

 

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Les domaines d'état topologique, dynamique et eidétique sont consubstantiels à l'Intention intemporelle et primordiale. Avec l'émergence de la Matière, au départ de la Hylé, ils prennent leur expression matérielle :

 

  • gravitationnelle pour le domaine topologique,
  • cinématique pour le domaine dynamique,
  • électrofaible (intraprotéique) et hadronique (interprotéique) pour le domaine eidétique.

 

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La cosmologie étant et visant l'idée d'une ontologie, doit impérativement évacuer tout contenu phénoménologique, par exemple tout ce qui se nomme "quantique".

Le formalisme quantique est un accident mental humain qui ne parle de la réalité du Réel, mais de l'incertitude des mesures que l'humain essaie de faire sur cette réalité.

D'un point de vue pratique, le quantique est utile.

Mais d'un point de vue ontologique, le quantique est insignifiant.

Le quantique parle de l'œil et de ce qu'il voit, mais il ne parle pas du tout de ce qui doit existe au-delà de tout regard. Or, cela seul compte.

 

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Le fait d'enrichir l'espace des états au-delà du seul espace-temps à quatre dimensions, permet d'envisager un univers où la complexité s'épanouit.

Il est indispensable de dépasser les seules dimensions topologiques et dynamiques par celles de l'eidétique.

Dès lors que l'eidétique coexiste avec le topologique et le dynamique, la plupart des paradoxes (de genre EPR) s'évanouissent.

Il faut rappeler que l'espace et le temps que les humains utilisent et décrivent comme le référentiel premier et essentiel de leur univers, ne sont que de purs produits des sens de la vue et de l'ouïe qui ne concernent qu'eux.

 

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Il est vraiment indispensable que la pensée arrive à prendre toutes ses distances avec l'humain.

C'est l'Esprit cosmique qui importe. Et rien d'autre.

Il faut impérativement sortir du dilemme kantien du sujet et de l'objet.

Le subjectif doit être maudit et éradiqué.

Tout ce qui est subjectif est insignifiant.

Tout relativisme est une impasse qui tue la pensée.

La science est absolue ou n'est pas !

 

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Le 22/06/2021

 

Selon BHL, voici les cinq raisons de l'ensauvagement de notre monde par les "médias sociaux" :

 

  1. L'immédiateté de la parole.
  2. Le narcissisme voyeur.
  3. La mémoire numérisée donc oubliée.
  4. Le dédain de la vérité.
  5. La surveillance universelle.

 

Il faut encore souligner la puissance d'amplification de tout (surtout du pire) au travers de ces "médias sociaux" qui sont d'immenses caisses de résonance pour toute la bêtise, l'ignorance, la médiocrité, la violence et la méchanceté humaines.

 

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Il n'y a plus aucune bonne raison d'aller s'enterrer vivant dans les grandes villes.

 

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La promiscuité tue la proximité.

 

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A chacun son bien-être.

A chacun son bien-vivre.

Il n'y a aucune recette universelle.

 

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Publié aujourd'hui en commentaire sur un article du Point concernant la démographie :

 

Lorsque tous les réservoirs de ressources non renouvelables seront vides (entre 2150 et 2200), les ressources dites renouvelables ne couvriront que 20% des besoins actuels de l'humanité. Il faudra donc que la population mondiale redescende sous la barre de 2 milliards (qui était la population totale vers 1925). Tout le reste n'est qu'idéologie ...

 

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Un seul coup de dé (non pipé), c'est du hasard.

Beaucoup de coups de dé, c'est de la statistique et du calcul des probabilités.

Le hasard se calcule.

Le calcul se hasarde.

 

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Plus un processus est complexe, moins il est prévisible (ou déterministe). La raison en est simple : sa complexité  induit un grand nombre de voies possibles pour exprimer sa logicité interne pourtant bien présente et bien précise.

Mais le nombre des variables est grand et les non-linéarités sont importantes.

Les "effets papillons" y jouent aussi un rôle puisque, dans un tel contexte de haute complexité, des toutes petites variations (internes ou externes), presque insignifiantes, peuvent induire des effets majeurs qui peuvent sembler totalement incongrus.

 

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L'histoire humaine est imprévisible, mais elle procède d'une forte logicité.

Ainsi, le 20ème siècle : la première guerre mondiale (elle-même causée par la montée des socialismes et des nationalismes, par la guerre franco-prussienne de 1870 si mal achevée) permet le putsch communiste en Russie en 1917 ; cette guerre se termine mal dans un climat revanchard et inepte, ce qui induit le crash de 1929 et fait le lit du nazisme d'Hitler. De là, aussi, la guerre d'Espagne attisée par l'URSS et le Front-populaire qui allait donner les pleins pouvoirs à Pétain. De là, la seconde guerre mondiale et la Shoah (de 1939 à 1945). De là, ensuite, la création, en 1948 de l'Etat d'Israël (et de l'éternel conflit du proche-orient qui dure encore du fait de l'antisémitisme forcené des islamistes – le grand mufti de Jérusalem, Husseini, était un grand ami de Hitler, et son neveu égyptien, Yasser Arafat, a été recruté et formé par le KGB pour saborder tout le projet israélien en inventant, de toute pièce, le "problème palestinien"). De là, encore, dès 1945, la guerre froide. Et, du fait de celle-ci le financement, par l'URSS de tous les "mouvements de libération des peuples" et les guerres (dé)coloniales qui s'en sont suivies … avec la conséquence d'une montée des mouvances de l'islamisme radical … En parallèle, mais de la même veine, la guerre technologique effrénée entre l'URSS et l'Occident (mené par les USA) avec, comme conséquence, la course à l'électronique, à l'atomique, à l'astronautique, à l'informatique et au numérique   … jusqu'en 1989, date de l'effondrement du communisme et la victoire de l'idéologie dite "capitaliste".

De là, l'explosion du financiarisme et des crises qu'il engendre. De là, l'actuelle guerre des monnaies et l'actuelle guerre aux paradis fiscaux.

De là, aussi, le totalitarisme politique et l'impérialisme économique de la République chinoise en tant que refus radical de cette "victoire capitaliste" …

Etc …

 

Cet enchaînement est d'une logique implacable, mais cette logique ne se voit qu'a posteriori : l'histoire est logique, mais imprévisible.

C'est la Vie elle-même qui est ainsi : logique et imprévisible. La Vie cosmique comme chacune de nos vies personnelles.

 

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Il est indispensable de bien distinguer les notions de "culte" et de "rite".

Le culte est religieux, suppose un clergé et présuppose des croyances ancrées.

Le rite est spirituel, met en scène et en œuvre des symboles (verbaux, objectaux, picturaux, …) qui appellent une herméneutique.

Il est clair que le frontière entre culte et rite peut sembler floue, parfois ; il me semble, pourtant, que le culte est toujours une dévotion au Divin "connu et révélé", alors que le rite est toujours une quête du Divin "inconnu et caché".

 

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Ce que beaucoup appellent "faire la fête" et qui, souvent, connote l'orgiaque et/ou l'orgasmique, est une manifestation reptilienne, au plus bas niveau, de l'animalité sous-humaine.

 

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La Joie (qui est beaucoup plus haute que le bonheur ou le plaisir) manifeste le Sublime (qui est beaucoup plus haut que le beau ou le poétique).

La Joie se construit par une quête du Sublime.

 

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Pourquoi donc les jeunesses européennes se laissent-elles si systématiquement empoisonner, engluer, empéguer, intoxiquer et piéger par les délabrements de la sous-culture américaine (jazz de 1945 à 1955, beat de 1955 à 1965, hippy de 1965 à 1975, punk de 1975 à 1985, etc … jusqu'au woke de nos jours de 2015 à 2025).

 

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Être de gauche, c'est affirmer que la dignité humaine est un droit absolu, définitif et universel.

Ne pas être de gauche (ce qui ne signifie nullement "être de droite" – il faut sortir de cette binarité puérile), c'est affirmer que la dignité humaine doit se mériter à l'aune des œuvres, des actes, des pensées et des paroles.

 

Ceci étant posé, il semble que la notion même de "dignité humaine" fasse problème …

Car une tradition forte lie la "dignité humaine" aux croyances religieuses en ce sens que tout humain est porteur d'une âme d'essence divine, immortelle et éternelle, et que cela suffit à fonder une inaliénable et absolue dignité à tout humain, aussi abject se révèle-t-il.

 

En revanche, selon Immanuel Kant, el grand théoricien de la dignité humaine (de qui s'inspirent les auteurs de la "Déclaration universelle des droits de l'homme"),  la dignité est le fait que la personne ne doit jamais être traitée seulement comme un moyen, mais toujours aussi comme une fin en soi.

Cette définition kantienne est d'un déplorable idéalisme primaire : en effet, tout contrat signé avec un autre humain, instrumentalise cet autre et le réduit à l'objet vénal du contrat, dans le cadre strict des lois.

 

Je pense qu'il faut renvoyer ces deux définitions de la "dignité humaine" dos-à-dos car :

 

  • d'une part, on ne peut pas fonder une disposition juridique concrète sur de fumeuses croyances religieuses clairement chrétiennes ;
  • d'autre part, l'immense majorité de relations entre les humains est de nature utilitariste et ne vise que le produit du travail de l'autre (quand j'achète un pain à mon boulanger, j'instrumentalise son travail et ne m'occupe nullement de sa dignité), travail pouvant être de bonne ou de mauvaise qualité, et, à ce titre, susceptible de louanges ou de blâmes.

 

De tout cela il appert que la notion de "dignité humaine" est superfétatoire. Il s'agit d'un "concept-bateau" qui relève de la phraséologie et des idéologies gauchisantes, mais qui est totalement vide de sens.

En revanche, il est évident, sans devoir invoquer une quelconque "dignité humaine", qu'une personne humaine doive rester libre de faire tout ce qui est permis par la loi et que personne, hors un authentique "représentant de la loi", ne peut priver quiconque du droit de faire tout ce que la loi n'interdit pas.

 

L'idée de devoir considérer toute personne "comme une fin en soi" n'a strictement et pratiquement aucun sens !

Rien, dans le Réel, hors ce Réel lui-même, n'est une fin en soi.

Tout ce qui existe, est au service de ce qu'il doit faire et/ou de ce qu'il peut faire, au service de l'œuvre ou du projet pour lesquels la Vie l'appelle.

 

On dit, depuis Hegel puis d'Abraham Maslow que toute personne humaine a un impérieux besoin de reconnaissance. Soit !

Mais la reconnaissance, cela se mérite ! Et chacun a l'inaliénable droit d'avoir sa propre échelle d'évaluation du mérite de l'autre et de son droit de la reconnaissance.

C'est très exactement là que prend naissance le totalitarisme de toutes les idéologies de gauche : imposer une échelle unique et collective pour évaluer les mérites de chacun à l'aune commune.

 

*

 

Les trois premières questions de Kant sont pertinentes :

 

  1. Que puis-je connaître ?
  2. Que puis-je faire ?
  3. Que puis-je espérer ?

 

Quant à la quatrième – venue après coup …

 

  1. Qu'est-ce que l'homme ?

 

… elle ne me paraît pas réellement pertinente puisque "homme" n'est que l'indice d'une appartenance biologique à un des genres "homo" de la famille "hominidée".

Au-delà de cette catégorie taxonomique, il n'y a plus que des personnes possédant des caractéristiques génétiques, phénotypiques et culturelles très diverses.

La question : "qu'est-ce que cet humain-là ?", pourrait avoir un sens, mais celle, totalement générique : "qu'est-ce que l'homme ?", n'en a aucun … sauf à recourir, une nouvelle fois, à des critère religieux comme l'âme immortelle.

 

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D'Héraclite d'Ephèse :

 

"Ce qui est contraire est utile, et c'est de ce qui est en lutte

que naît le plus belle harmonie."

 

C'est ce fond dialectique héraclitéen du Réel que Pascal, puis Hegel, ont transmis jusqu'à la porte de la physique des processus complexes.

 

*

 

L'esprit humain, nourri par la sensibilité du présent et la mémoire du passé, est animé par une dialectique profonde entre l'intelligence (la froide rationalité) et la volonté (la chaude passion). Les équilibrages et harmonisations entre eux deux sont assumés par la conscience.

 

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C'est Hannah Arendt qui, la première, a montré et démontré que communisme, socialisme, nazisme, populisme, nationalisme, fascisme, etc … ne sont que des manifestations d'une seule et unique idéologie : le totalitarisme (c'est d'ailleurs elle qui a inventé le mot en 1951), c'est-à-dire le contrôle le plus total possible de l'Etat sur les activités des personnes, des entreprises, des organisations, etc.

Aujourd'hui, on sait aussi qu'il existe des totalitarismes "durs" (nazisme, communisme, fascisme, …) et des totalitarismes plus "doux" ou plus "mous" (socialisme, populisme, nationalisme, etc …).

A l'opposé absolu de tous ces totalitarismes, quel que soit leur position dans ce spectre abject, c'est le libéralisme - qui n'est ni le capitalisme, ni le financiarisme, … mais la défense irréfragable de toutes les autonomies, individuelles et collectives.

Ni "gauche", ni "droite" n'ont encore de sens : les totalitarismes sont autant d'un côté que de l'autre, et ne se distinguent que par les notions d'égalitarisme et d'élitarisme.

Au fond, il y a les "libéraux" et il y a les "salauds" (pour reprendre l'invective de Sartre, mais en sens inverse).

 

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Ce qui fit le succès (relatif) du communisme chez les imbéciles et les naïfs occidentaux, ce fut son art hypocrite et cynique de cacher son totalitarisme abject, sous les oripeaux d'un fraternalisme universel (assaisonné d'une haine de tout économisme dit "capitaliste", ce qui réjouissait les petits intellos, bourgeois et crétinisés, à la Sartre, entre les années 1945 et 1980).

Le sordide islamisme actuel, ce nouveau totalitarisme pire que celui de la Chine, fait la même chose en arguant d'un fraternalisme musulman contre les soi-disant islamophobes.

Il n'y a, sur le fond, aucune différence entre cet islamisme-là, et le stalinisme ou le nazisme.

 

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Mon cher Edgar Morin, qui en fut un temps l'adepte, nomme, joliment, le communisme : "la religion du salut terrestre".

On peut qualifier de même toutes les idéologies, tous les idéalismes, de quelque bord soient-elles.

Symétriquement, on peut qualifier toute religion d'idéologie du salut céleste.

Au fond, rien ne les distingue.

 

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C'est la notion de "salut" qu'il faut éradiquer.

Il n'y a rien à sauver ; il y a tout à construire !

 

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Ce qui est agaçant (le mot est faible), avec les "gens de gauche", c'est leur haine ( due à une totale ignorance et incompétence) de l'économique.

Leur haine de l'argent et des "riches" n'est que du ressentiment.

Qu'importe qu'il y ait des riches, pourvu qu'il y ait moins de pauvres et plus du tout de miséreux.

Or, pour créer des entreprises, pour financer des recherches, pour produire tout le nécessaire, pour générer des emplois, etc … il faut de l'argent et des gens capables le bien gérer (et pas des énarques ou autres politiciens incapables de gérer une épicerie).

Le mot qui fâche, c'est "profit" alors que le profit est l'indispensable carburant qui permet aux entreprises de se renforcer, de se développer, de se déployer et de financer tout ce qui lui est nécessaire pour accomplir la mission. Mais, comme par hasard, pour le gauchiste de base, le "profit" sert à payer d'énormes dividendes à des actionnaires aussi ventripotents que cupides ; il faut vraiment n'avoir jamais mis les pieds dans une entreprise réelle pour colporter des inepties pareilles.

Il est plus que temps que ces crétins comprennent que le financiarisme boursier est l'ennemi radical de l'économisme entrepreneurial … et que ce financiarisme ne concerne qu'une toute petite minorité d'entreprises.

Une entreprise authentique, c'est d'abord une belle aventure humaine, risquée, au service de la société civile qui attend d'elle les services qui lui sont nécessaires.

 

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Le 23/06/2021

 

Plus que jamais, il est impérieux de bien distinguer la globalisation des problématiques (climats, pandémies, ressources, terrorismes, idéologies, démographies, biodiversités, pollutions, risques militaires, …) et la continentalisation des solutions (en fonction de grands bassins culturels et linguistiques).

La mondialisation se termine ; les grandes manœuvres géopolitiques pour la domination du monde n'ont plus sens hors le contrôle des importants gisements de ressources rares ; l'objectif majeur est de redescendre sous la barre des deux milliards d'humains sur Terre avant 2150 ; les guerres militaires seront des guerres de drones et de robots, sans victoire possible ; les déplacements physiques se restreindront drastiquement du fait de la raréfaction des carburants : la Toile se démultipliera à l'aune des cultures continentales ; les grandes villes se dépeupleront spectaculairement ; l'industrie lourde sera largement robotisée et algorithmisée ; le dérèglement climatique s'accentuera : la dérégulation océanique, aussi ; etc …

 

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A propose de sa propre pensée, mon ami Edgar Morin écrit :

 

"L'humanisme régénéré fonde sur la reconnaissance de la complexité humaine. Il reconnaît la pleine qualité humaine et la plénitude de tous les droits humains quels que soient leur origine, sexe ou âge. Il puise aux sources de l'éthique qui sont solidarité et responsabilité. (…) L'humanisme régénéré, ce n'est donc pas seulement le sentiment d'une communauté humaine, de solidarité humaine, c'est aussi le sentiment d'être à l'intérieur de cette aventure inconnue et incroyable, et souhaiter qu'elle continue vers une métamorphose, d'où naîtra un devenir nouveau."

 

Avec tout le respect que je dois à Edgar, ce genre de déclaration, tout imbibée d'idéalisme gauchisant, obsolète et anachronique, mérite un regard critique et analytique.

 

  1. Il n'y a pas à reconnaître la complexité humaine puisque tout ce qui existe, de la galaxie à la molécule en passant par tout ce qui est organisé, variable ou en transformation, est éminemment complexe. L'humain n'a, ni à ce titre, ni à quelque autre que ce soit, le moindre statut privilégié.
  2. Reconnaître la pleine qualité humaine à tous les humains ? Certainement pas, car 85% des humains sont des animaux stupides, cruels et ignares, qui tuent et torturent la Vie juste pour satisfaire leur plaisir de sadiques psychotiques. Les barbares humains ne sont pas pleinement humains et ne méritent, en aucun cas le qualificatif d'humain.
  3. Jouir de la plénitude de tous les droits humains ? En aucun cas ; donnez à un imbécile, un droit, un pouvoir, une arme ou quoique ce soit pouvant nuire, il en abuse ipso facto. Quant à la "Déclaration universelle des droits de l'homme" de l'ONU, c'est un monument de pleurnichage américano-chrétien qui n'est qu'un cache-misère de la vilénie humaine.
  4. Nier les différences d'origine (génétique, culturelle, religieuse, morale, ethnique, …), de sexe ou d'âge, relève du plus pur aveuglement sentimentaliste et idéaliste. Le humains, ni personnellement,; ni collectivement, ne sont égaux entre eux. D'ailleurs, dans le Réel, rien n'est jamais l'égal de rien sauf, par réduction égalitariste, à dissoudre complètement toutes les différences pour atteindre le plus petit commun dénominateur qui est l'animalité des cerveaux reptiliens.
  5. L'immense majorité des humains ne connaît qu'une seule éthique : celle du "panem et circenses", et n'entend assumer aucune responsabilité d'aucune sorte ; c'est pourquoi ils confient leur vie économique et sociale à des institutions dirigées par des démagogues de tous bords et de tous poils.
  6. Il n'y a pas de communauté humaine, de fraternité humaine, de solidarité humaine : ce sont des notions vides et larmoyantes digne d'un petit catéchisme de l'Eglise catholique. En revanche, au sein de l'humanité, il y a des communautés, des fraternités et des solidarités électives et sélectives qui soudent les constructeurs d'avenir (15% des humains) contre les barbares (23% des humains) et les parasites (62% des humains).
  7. Et si l'humain participe – comme il le devrait, mais comme il ne le fait majoritairement pas – à une aventure inconnue et incroyable, ce devrait être au service de la Vie sous toutes ses formes (au lieu de tout piller et saccager) et au service de l'Esprit qui commence à émerger avec la Noosphère (mais dont ils n'ont pas la moindre idée). Il faut combattre, avec détermination, toutes les formes de l'anthropocentrisme (qui est le nom dur du gentil "humanisme") ; il faut, au contraire, fonder un antihumanisme visant un cosmocentrisme où l'humanité se met radicalement au service de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

 

Ton humanisme, mon cher Edgar, comme tout ce en quoi tu as fallacieusement cru durant ton siècle de vie, relève de l'utopie de l'adolescent attardé, romantique et poète, certes, mais vivant "hors sol" dans les jolies serres protégées des mondes académiques.

 

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C'est le socialisme qui, par haine du libéralisme et de l'autonomie des personnes et des collectivités, a engendré les Robespierre, les Napoléon Bonaparte, les Karl Marx, les Jean Jaurès, les Benito Mussolini, les Lénine, Trotski, Grigori Zinoviev et autre Staline, les Adolf Hitler, les Charles De Gaulle, les Mao-Tsé-Tong, les Nicholas Ceausescu, les François Mitterrand, les Pol-Pot, les Kamal Abdel Nasser, les Yasser Arafat, les Houari Boumediene, les Patrice Lumumba, les Mouammar Kadhafi, le Xi Ji-Ping, les Vladimir Poutine, et toutes ces autres ordures sanguinaires, destructeurs de mondes et de vies au nom de leurs pauvres et minables idéologies infantiles … et de leur insatiables appétits de pouvoir absolu.

Ces salauds notoires ont sur la conscience des centaines de millions de morts assassinés, et seulement durant le 20ème siècle.

Qu'ils soit tous maudits !

 

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Le constructivisme repose sur trois notions grecques qui fonde toutes les dialectiques : l'Eros qui veut construire, le Thanatos qui veut l'uniformité et la Polémos qui induit l'affrontement créatif des deux, débouchant soit sur une défaite : l'effondrement, soit sur une victoire : l'émergence.

 

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La démocratie au suffrage universel est à bout de souffle car incapable de faire comprendre aux masses les enjeux et processus du Réel devenu incroyablement plus complexe qu'il y a moins de cent ans (et bien trop complexe pour le niveau ambiant de crétinisme de 85% de la population).

Elle signe donc la gloire des démagogues, des opinions et des croyances infondées, des rumeurs et ragots, des dépotoirs psychiques comme les "réseaux sociaux" ou des fosses sceptiques nauséabondes comme les mouvements woke.

Comme l'alternative à cette démocratie moribonde ne peut en aucun cas divaguer du côté des totalitarismes et autres dictatures ; comme il faut impérativement reconstruire les structures du monde humain sur le libéralisme vrai (la promotion de toutes les autonomies, personnelles et collectives), il est urgent d'inventer la "troisième voie" qui portera ce troisième millénaire naissant.

 

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La démocratie au suffrage universel, fatalement et logiquement, aboutit toujours à des masses abruties, obsédées de "panem et circenses", menées à l'abattoir par de cyniques démagogues, insatiables de pouvoir et de gloriole.

 

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Comment faire comprendre cette simple et bonne logique : plus on s'écarte du Réel tel qu'il est et va, plus on se trompe et plus on s'enfonce dans l'enfer de la violence.

Aussi, une bonne fois pour toutes, au nom de la recherche spirituelle et de la  rationalité philosophique, il faut dénoncer et éradiquer, sans relâche, toutes les religions et toutes les idéologies.

Il n'y a, ici et maintenant, que le Réel, tout le Rien, rien que le Réel.

Le méta-naturel (la promesse d'un monde idéal céleste) et le méta-historique (la promesse d'un monde idéal futur) n'existent tout simplement pas.

L'avenir "radieux" n'existe nulle part ; il se construit ici et maintenant.

La Joie de Vivre, c'est maintenant ou jamais

 

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Le mot "réactionnaire" a-t-il un sens ? Pour le gauchiste de base, il est certain que sous ce nom infâme se cache l'ennemi définitif de son gauchisme à lui. Mais alors ce mot est mot de guerre, mot de haine, mot d'insulte, mot nul et non avenu.

Dans le vocabulaire "normal", qu'est-ce qu'un "réactionnaire" ? Tous les dictionnaires disent que ce mot fait partie du langage "populaire" et désigne "une personne opposée au changement et visant la restauration du passé" (ce qui, on l'admettra, ne signifie pas du tout la même chose : car refuser un certain futur peut signifier simplement le désir d'un autre futur que celui proposé  - ou imposé -, ou bien le statu quo du présent, sans régression nécessaire dans le passé).

En français normal, on appelle cela un "conservateur" (mot auquel renvoient les dictionnaires) au sens où le "conservatisme" est la famille idéologique qui s'oppose au "progressisme". Et ici encore, les mots sont flous car qu'est-ce que le progressisme ? De quel progrès parle-t-on ? Economique, social, culturel scientifique, médical, académique, technologique, financier, géopolitique, militaire, sécuritaire, … ? Et ce progrès, quel qu'il soit, à quelle aune va-t-on le mesurer ? Car progrès pour les uns sera régression pour les autres …

Le Littré, cependant, apporte une nuance importante sur le mot "réactionnaire", en disant que le réactionnaire est celui "qui coopère à la réaction contre l'action de la révolution".

Le réactionnaire est donc l'antirévolutionnaire, ce qui est un sens plus étroit que celui de conservateur puisque ce dernier s'oppose à tout changement, alors que le premier ne s'oppose qu'aux changements violents induit par une "révolution".

Je suivrai donc Littré : j'accepte donc d'être désigné comme réactionnaire, au sens d'antirévolutionnaire, c'est-à-dire au sens d'une opposition farouche et opiniâtre à ce qu'une poignée d'excités débiles impose à tous, au mépris de leur autonomie et de leur vouloir-vivre, une société totalitaire et dictatoriale au nom d'une idéologie forcément réductionniste.

 

 

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Toute connaissance construite sur base d'un analycisme, d'un réductionnisme, d'un assemblisme, d'un mécanicisme, d'un linéarisme, d'un déterminisme, d'un mathématisme, qu'un quantitativisme, sera peut-être relativement utile, mais sera toujours absolument fausse.

 

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Il doit impérativement exister un mur infranchissable entre, d'une part, le savoir, la connaissance, la gnose, l'épistèmê … et, d'autre part, la conjecture, l'opinion, la croyance, l'idéologie …

Les études humaines, tant sociale qu'économique ou comportementale; penchent de plus en plus fort vers ce second versant, au mépris de toute épistémologie et de toute déontologie ; ce mouvement délétère fut initié par les Sartre, Beauvoir, Althusser, Derrida, Foucault, Deleuze et autre Bourdieu.

Les "facultés-bidons" où ces études sont aujourd'hui "menées" et "enseignées" sont devenues des dépotoirs où toutes les intolérances, tous les délires, toutes les fureurs, toutes les censures, toutes les ostracisations, toutes les violences, toutes les inepties les plus pourries s'amoncellent dans une atmosphère totalitariste des plus nauséabondes.

 

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La valeur scientifique d'une connaissance ne se mesure pas à son contenu mais à sa méthode.

Et la méthode est immuable : il s'agit de faire converger, avec rigueur et exigence, les faits observés lors d'expériences réalisées avec soin, les hypothèses suggérées par l'intuition en reliance avec le Réel, et les raisonnements élaborés par l'intelligence avec rationalité et cohérence.

Une connaissance ne peut être considérée comme scientifique qui si elle est dûment validée, à la fois, et sans faiblesse, par l'expérience, l'intuition et le raisonnement.

 

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Entre "je suis factuellement victime" et "je me sens émotionnellement victime", il existe un abîme d'écart qu'il faut bien se garder de franchir … au risque de tomber bien bas.

 

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Le 24/06/2021

 

Comme une antienne litanique, revient sempiternellement, dans toutes les phraséologies idéologiques des politiques, la fameuse : "lutte contre les inégalités".

Cette locution n'a, en fait, aucun sens !

Les inégalités sont inhérentes au Réel, à la Nature, à l'Humanité, …

Le problème n'est pas que tous les humains soient égaux ; le problème est que ceux qui souffrent le plus, souffrent moins.

Qu'il y ait des riches et des très riches, tout le monde s'en fout, pourvu que les pauvres soient moins pauvres et qu'il n'y ait plus aucun miséreux.

 

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Les quatre biais cognitifs :

 

  1. Croire de préférence la thèse qui nous arrange.
  2. Croire que l'autorité a raison.
  3. Croire ce que nous disons à propos de ce que nous ne connaissons pas.
  4. Croire au bon sens et aux "évidences".

 

Ignorer ces biais cognitifs et les laisser proliférer et dominer mène à l'inculture et à la barbarie. C'est exactement ce qui se passe de nos jours, du fait de cet amplificateur infernal que sont les "médias sociaux".

 

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L'expression bien connue sous le nom de "révolution copernicienne" disant que : "la Terre autour du Soleil et non l'inverse", est simplement fausse.

Dans l'univers réel : rien ne tourne autour de rien et tout tourne autour de tout.

Il n'y a de centre absolu nulle part, mais tout est centre pour lui-même.

 

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La relation de domination est la plus exécrable qui soit.

La force ou la menace ne font jamais autorité, elles ne font que peur.

Faire autorité, c'est tout autre chose : c'est posséder un savoir ou un savoir-faire qui n'est pas contestable et qui ne peut être contesté que par une autorité supérieure.

Qui fait autorité, n'a nul besoin de dominer qui que ce soit.

 

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Le pouvoir ne peut être confié qu'à quelqu'un qui fait autorité en matière d'exercice du pouvoir.

 

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Faire autorité ne signifie pas être autoritaire.

 

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Le pouvoir est indispensable pour trancher et arbitrer. Mais le pouvoir doit être légitime c'est-à-dire exercé par ceux qui font autorité dans le domaine concerné par cette décision ou cet arbitrage.

 

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Le peuple ne fait autorité nulle part. La démocratie est le pouvoir de légitimer des démagogues sans autorité.

 

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Ceux qui veulent le pouvoir, font rarement autorité.

Ceux qui font autorité, veulent rarement le pouvoir.

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"Le demi-savoir triomphe plus facilement que le savoir complet : il voit les choses plus simples qu'elles ne sont, et par là donne une idée plus compréhensible et plus convaincante."

 

Dès qu'un crétin vous donne raison, méfiez-vous, vous êtes sans doute dans l'erreur.

Que dire alors d'un politicien élu au suffrage universel.

 

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Rien n'est jamais tout-à-fait vrai.

Mais beaucoup est tout-à-fait faux.

 

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Le faux est beaucoup plus facile à croire et à diffuser que le vrai.

 

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La vérité ne s'élit jamais au suffrage universel.

 

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Les deux paradoxes de Dunning-Kruger (d'après Etienne Klein) :

 

  1. Pour mesurer son incompétence, il faut être compétent.
  2. L'ignorance rend plus sûr de soi que la connaissance.

 

Pourquoi douter de ce que l'on connait, quand on ignore tout ?

 

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Trois mots français méritent d'être bien distingués et convenablement définis :

 

  • Vérité : ce qui est vrai dans l'absolu comme : "Le Réel est réel".
  • Véracité : ce que l'on croit sincèrement être véritable.
  • Véridicité : ce qui est dit, est véritablement cru.

 

L'adjectif "véritable", lui aussi, mérite un regard : est véritable ce qui pourrait être une vérité, ce qui donne une impression de certitude, ce qui traduit une conviction assurée … et qui n'est donc que plausible en attendant d'être vérifiable.

 

Comme le démontre Bernard Williams, notre époque est obsédée de véridicité (ère du soupçon et diabolisation du mensonge obligent) en vue de traquer la véracité (ce qu'il faut croire), mais se fiche, comme d'une guigne, de la vérité.

 

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D'Etienne Klein :

 

"Quelque chose dysfonctionne dans nos modes de vie rendus possibles par les technologies (…) : nous consommons davantage de ressources renouvelables qu'il ne s'en régénère et l'environnement se dégrade à toute vitesse, de mille et une façons."

 

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L'idée même de "Progrès", le cœur battant du philosophisme des "Lumières", n'a plus guère de sens, aujourd'hui.

Nous vivons plutôt un "sauve-qui-peut" généralisé, en faisant de la technologie le nouveau deus ex machina (c'est le cas de le dire).

Le "bonheur de l'humanité par la fraternité et l'égalité" est devenu, plus prosaïquement, mais plus réalistement, la "survie de chaque continent contre les autres par la maîtrise de ses propres gisements de ressources".

 

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De Friedrich Nietzsche, avec sa lucidité coutumière, dans "Humain, trop humain" (1878) :

 

"La science donne beaucoup de satisfaction à celui qui y consacre son travail et ses recherches, mais fort peu à celui qui en apprend les résultats. Mais comme toutes les vérités importantes de la science ne peuvent que devenir banales et communes, même ce peu de satisfaction disparaît (…). Aussi une civilisation supérieure devra-t-elle donner un cerveau double à l'homme (…), l'un pour être sensible à la science, l'autre à ce qui n'est pas la science (…). Si l'on ne satisfait pas à cette condition de civilisation supérieure, on peut prédire presqu'à coup sûr le cours que prendra l'évolution humaine : le goût du vrai va disparaître au fur et à mesure qu'il garantira moins de plaisir ; l'illusion, l'erreur la chimère vont reconquérir pas à pas, parce qu'il s'y rattache du plaisir, le terrain qu'elles tenaient autrefois : la ruine des sciences, le rechute dans la barbarie en seront la conséquence immédiate (…)."

 

Nous y sommes !

La science devenant de plus en plus abstraite et profonde, générale et globale, il y a de moins en moins de personnes aptes à s'y intéresser, à s'y adonner, à s'y consacrer.

Ainsi se forme un aristocratie totalement en marge des masses de plus en plus ascientifiques.

Saura-t-elle faire émerger, d'urgence, cette "civilisation supérieure" que réclame Nietzsche ?

 

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Pour les esprits de confort, la vérité fait toujours peur.

 

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Le Réel est, au sens humain, amoral ; mais il est imprégné d'une éthique cosmique colossale : est bien ce qui l'accomplit, est mal ce qui s'oppose à son accomplissement.

Et de là, vient une morale humaine : est bien ce qui accomplit le Réel, récompensé par l'accomplissement de l'humain … et est mal tout l'inverse.

Il faut cesser, comme le font ce pitre de Husserl ou cette idiote de Simone Weil (cfr. "L'Enracinement"), de dualiser le Réel et de séparer les lois de l'univers et les lois des humains (celles-ci étant, par définition, selon elle, supérieures, morales et tournées vers Dieu)
Les lois de l'univers SONT les lois de Dieu et les lois des humains sont toxiques si elles s'y opposent : l'humain est et doit être au service de la Matière, de la Vie et de l'Esprit cosmiques. C'est la seule morale acceptable.

"En tout, imite la Nature", disaient les présocratiques et les stoïciens.

Le dualisme monothéisme est une calamité !

 

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De Charles De Gaulle, lors de la proclamation de la cinquième République (tiens, au fait, pourquoi cette majuscule à un nom si commun ?) :

 

"La République est la souveraineté du peuple,

l'appel à la liberté et l'espérance de la justice."

 

La République est donc souveraineté populiste et espérance socialiste (ce qui est un pléonasme) … mais, dans la bouche de ce paternaliste mégalomane, cette "république" appelle (un appel seulement) à la "liberté" idéelle, mais surtout pas à l'autonomie réelle …

 

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La souveraineté du peuple, c'est la dictature des parasites.

 

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République …

Il n'y a pas "de chose publique", il n'y a pas "de bien commun", il n'y a pas "d'intérêt commun" …

Il n'y a qu'un Etat démagogue, toujours illégitime, que des masses d'assistés-affidés légitimisent en changeant, parfois, les guignols en tête de gondole.

Ces hordes de parasites savent aujourd'hui très bien que quels que soient les démagogues-guignols "élus", jamais ils n'oseront ne plus les assister ; ils ne votent donc même plus (65% d'abstentions aux dernières élections régionales et départementales en juin 2021).

Tant que l'Etat-Assistanat-Généralisé existera, la "démocratie", tant vantée, restera un mythe inutile : la seule réalité politique est le clientélisme !

Qui redistribue, tout le monde s'en fiche, pourvu que la redistribution continue à plein pot.

 

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L'aphorisme "Tout est relatif", s'applique donc à lui-même impliquant qu'il existe aussi de l'absolu …

Le "relativisme absolu" est oxymorique.

Et, derrière lui, le nihilisme qui proclame que "tout se vaut" (indifférencialisme) donc même l'anti-nihilisme vaut autant, et que "rien ne vaut" (indifférentisme) donc le nihilisme lui-même ne vaut rien.

 

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Tout ce qui est vraiment scientifique n'est pas forcément totalement vrai (il peut se glisser des lacunes, des erreurs, des ignorances).

Mais tout ce qui est vrai est scientifique pourvu que cela satisfasse pleinement et tout à la fois, l'expérience, le raisonnement et l'intuition. Sinon, il ne s'agit que de conjecture, d'opinion ou de croyance.

 

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Einstein a détesté l'appellation "théorie de la relativité" qui est un contre-sens ; il aurait préféré "théorie des invariants" ce qui eût été bien plus juste.

Mais on doit aux goujateries journalistiques d'autres inepties sensationnalistes comme "théorie du big-bang" (inspirée par Fred Hoyle, par dérision), "théorie du chaos" (Edward Lorenz) ou "théorie des catastrophes" (René Thom) …

Quant à la "théorie du genre", elle est une ineptie par elle-même, sans recours nécessaire aux journalistes ignares qui la propagent éhontément.

 

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Tout humain a le droit imprescriptible d'être ignorant ; mais alors il a le devoir, tout aussi imprescriptible, de fermer sa gueule.

 

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On avance vers la vérité qu'à reculons, en éliminant, à chaque pas, ce qui est avéré faux.

Est-on sûr d'une vérité ? Assurément non, mais on est sûr qu'une connerie avérée est une vraie connerie.

 

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La science devient de plus en plus véridique parce qu'elle devient de moins en moins fausse.

Ce n'est pas le cas de toutes les autres "théories" qui ne sont que conjectures et convictions.

 

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La science se construit sur un vaste chantier millénaire, pierre taillée et validée après pierre taillée et validée, couche après couche, dans un édifice de plus en plus solide et cohérent, où chaque pierre tient sa place et soutient le tout.

La conjecture et l'opinion ne sont que volatiles, expressions momentanées d'une conviction que rien n'étaie.

 

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A quiconque, de tendance "relativiste" et de singulière mauvaise foi devant les myriades d'applications techniques dont il jouit chaque jour, pose la question : "Qu'est-ce qui me prouve que la science est véridique ?", la seule réponse est une autre question : "Qu'est-ce qui me prouve que vous existez ?".

 

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D'Albert Einstein, en parlant de son travail au bureau des Brevets à Berne, alors qu'il crée la relativité restreinte :

 

"La rédaction des actes de brevets était pour moi une véritable aubaine.  (…) Avoir une activité professionnelle concrète est finalement une bénédiction pour quelqu'un comme moi. Une carrière académique condamne un jeune chercheur à une certaine production d'articles scientifiques. C'est là une invitation à la superficialité à laquelle seuls les caractères bien trempés peuvent résister."

 

C'est exactement ce qui m'est arrivé. D'où le dédain des "autorités académiques" envers mes travaux de physique et cosmologie complexes …

J'ai pourtant exercé des mandats académiques et professoraux de 1981 à 2003, mais jamais à titre "ordinaire", à plein temps, fonctionnarisé ; le plus clair de ma vie se passait sur le terrain de l'économie entrepreneuriale (faute impardonnable pour tout milieu académique forcément gauchisant).

J'ai toujours financé moi-même mes travaux de recherche … Faute idéologique impardonnable !

 

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Vivre en homme libre dans un milieu bureaucratique et fonctionnarisé est forcément un péché mortel immonde, de son point de vue.

 

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Toute théorie physique est une émergence qui dépend de déclencheurs divers dont certains relèvent de la culture ambiante ; mais une fois émergée, cette théorie devient totalement indépendante de ses déclencheurs.

Cela démontre clairement que tout – et certainement pas la science – n'est pas le produit de la société.

La société est seulement un milieu ambiant plus ou moins propice à certaines émergences qui, elles, sitôt écloses, deviennent autonomes de tout facteur sociétal.

Ce n'est pas le terreau qui est la cause et le fondement de l'arbre ; le terreau n'est que le milieu qui a favorisé, plus ou moins, la germination de la graine de l'arbre.

 

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La pensée occidentale (Platon, Augustin, Thomas, Galilée, Descartes, …) a inventé le dualisme ontique qui, s'il n'est éradiqué, causera sa perte : non, l'humain n'est pas distinct du Réel dont il n'est qu'une infime et insignifiante manifestation.

 

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Le 25/06/2021

 

90% des Francs-maçons du monde sont réguliers et reconnus ; les 10% restant (France et anciennes colonies, essentiellement) ne sont pas considérés par ces 90% comme Francs-maçons (comme, personnellement, je ne considère pas, comme des Francs-maçons, les membres du Grand Orient de France, du Droit Humain et des autres dizaines d'obédiences grotesques qui survivent vaguement).

La Franc-maçonnerie dite "libérale" d'essence française est totalement marginale, hors jeu, lilliputienne ...

 

En France, dès qu'il y a un problème, plutôt que de le régler et d'opérer un bon nettoyage, on crée une dissidence. Et cela aboutit à un total ridicule de 220 obédiences sur le territoire. Cette situation est proprement absurde et jette un discrédit mondial sur la Franc-maçonnerie française, sachant, de plus, que la Règle prévoit qu'il ne peut y avoir qu'une seule obédience par Etat. C'est cela qui est infernal et inacceptable avec "l'exception française".

Comment faire comprendre tout cela ? Comment faire comprendre que la Franc-maçonnerie mondiale est un Ordre qui a des Règles communes que PERSONNE ne peut bafouer ?
Quand on joue au football, on respecte les règles du jeu du football ; libre à d'aucuns de jouer au rugby, mais il faut alors leur interdire d'appeler leur jeu du football.

C'est cela, et rien d'autre, le principe de reconnaissance réciproque de régularité entre toutes les Grandes Loges du monde.

 

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L'espace des états - ou espace des représentations – contient trois domaines non réductibles les uns aux autres : l'espace (la topologie : les intégrations et les individuations), le temps (la dynamie : les accomplissements et les accumulations) et la consistance (l'eidétique : les cohérences et les émergences).

Cette tripartition est capitale et fondamentale, et touche tous les domaines de connaissance, de la cosmologie à la noologie en passant par la biologie, la sociologie, l'économie, le management, etc …

 

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Respiritualisation du monde …

 

La Modernité, dès la fin du 19ème siècle, a entamé la dernière phase de son cycle et cette phase porte un nom : le nihilisme.

Le 20ème siècle a été nihiliste … et le début de ce 21ème siècle l'est encore pour une bonne part.

Le nihilisme (de nihil en latin qui signifie "rien") est le rejet radical de toute valeur et de toute valorisation. Il prend deux visages assez semblables au fond : le visage qui dit : "Tout se vaut" (c'est l'indifférencialisme où tout est égal, où rien n'est mieux ni pire, où l'égalitarisme s'absolutise jusqu'au excès de la "culture" woke importée des campus pourris des USA) et le visage qui dit : "Rien ne vaut" (c'est l'indifférentisme où rien ne vaut rien, où rien ne vaut la peine, où c'est l'indifférence et le mépris qui s'absolutisent).

 

Le positivisme du 19ème siècle, au nom du rationalisme, combattit toutes les croyances religieuses … mais instaura de nouvelles croyances, scientistes ou idéologiques, celles-là comme le technologisme, l'industrialisme, le socialisme, le bourgeoisisme.

Le nihilisme du 20ème siècle va plus loin, plus profond : il sape systématiquement toutes les formes de Foi, il dénigre et détruit tout ce qui pourrait dépasser l'humain et donner sens à l'existence, à l'effort, à la transcendance.

Au 20ème siècle, on ne croit plus à rien (nihil) ou, plutôt, on ne devrait plus croire à rien. C'est la thèse centrale du phénoménologisme de Husserl ou de l'existentialisme de Sartre. Avec le nihilisme, s'instaure l'ère du nombrilisme et du narcissisme : puisqu'il n'y a rien qui soit plus haut ou plus profond, il ne reste rien … que l'ego au centre de toutes les préoccupations, pour autant que l'on se préoccupe encore de quelque chose.

 

A relire l'histoire du 20ème siècle qui ne fut, au fond, qu'une longue guerre mondiale, on comprend qu'aujourd'hui, le monde (ou plutôt, notre regard sur le monde) puisse être désenchanté. On découvre enfin que le nihilisme est une impasse délétère. On découvre enfin que les humains ont besoin de trouver ou de donner du sens à leur vie. On découvre enfin que tout vaut quelque chose et rien ne vaut rien.

On découvre enfin qu'il est impérieux de respiritualiser le Réel où chacun vit sa vie.

 

Mais que signifie "respiritualiser" ?

Retourner aux vieilles religions, qu'elles soient celle de nos ancêtres ou celles qui flattent nos goûts d'exotisme ? Pas nécessairement et certainement pas sans les revisiter de fond en comble afin d'y intégrer tout ce que la Modernité a conçu et construit de meilleur.

A mon sens, il s'agit bien plus de spiritualité que de religion, de rite que de culte, de symboles que de dogmes.

Au cœur de toute spiritualité authentique se place une idée qui est centrale pour une respiritualisation de la vie : poursuivre une quête du Divin "inconnu et caché".

Il ne s'agit de bondieuseries. Il ne s'agit pas de métaphysique savante. Il ne s'agit pas de connaître, mais de vivre.

 

La spiritualité n'est pas au bout du chemin ; la spiritualité EST le chemin … ou, plutôt, elle est le cheminement lui-même, vers ce qui dépasse l'humain, vers le Surhumain , aurait sans doute dit Nietzsche.

Donner du sens à sa vie (et donc de la valeur à ce que l'on pense, dit et fait), c'est une discipline, une ascèse, un effort permanent pour mettre son existence au service de ce qui nous dépasse. Et ce qui nous dépasse le plus, nommons-le le Divin, ou le Grand Architecte de l'Univers, ou YHWH, ou Brahman, ou le Tao, peu importe au fond … pourvu que ce ne soit pas ce Dieu personnel (personnalisé), anthropomorphe et barbu qui, assis sur son joli nuage, tire les ficelles de ses petites marionnettes humaines.

La spiritualité, au contraire des religions monothéistes ou des idéologies messianiques, ne cherche pas un au-delà du "Réel tel qu'il est et tel qu'il va". Tout au contraire, la spiritualité cherche à vivre intensément ce Réel, ici et maintenant ; elle ne cherche pas un hypothétique Salut, ailleurs (dans l'autre monde) ou plus tard (après la révolution).

Respiritualiser la vie, c'est réapprendre à vivre pour la Vie ; c'est mettre sa propre vie au service de la Vie au sens cosmique du terme.

Respiritualiser son existence, c'est aussi revivifier son esprit au service de l'Esprit, ici aussi au sens cosmique du terme : se mettre en reliance et en résonance avec le principe de cohérence qui induit l'harmonie et la beauté de l'univers et de tout ce qu'il contient.

C'est ce principe de cohérence cosmique qu'il faut appeler le Grand Architecte de l'Univers (car c'est l'architecte qui garantit la cohérence, l'harmonie et la beauté de l'édifice).

 

Respiritualiser le monde humain, c'est, en somme et enfin, comprendre que les humains sont autant d'œuvriers sur un chantier qui les dépasse infiniment : celui de la Matière, de la Vie et de l'Esprit, au sens cosmique de ces termes.

 

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Il faut hâter la mort définitive de toutes les idéologies car une idéologie, quelle qu'elle soit, tend toujours à devenir totalitaire.

Pour terrasser tous les totalitarismes, il faut commencer par éradiquer toutes les idéologies c'est-à-dire toutes ces figurations fantasmatiques d'un "avenir radieux" et de "lendemains qui chantent".

Les idéaux ne font que des morts !

Le libéralisme (au sens réel, pas dans le sens volontairement dévié de "capitalisme" ou de "financiarisme") est le seul antidote à ces maladies mentales puisque, par définition, le libéralisme est une anti-idéologie radicale et l'anti-totalitarisme absolu.

 

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Depuis trente ans, environ, le monde occidental se noie dans un océan d'indignation morale qui accoucha du trop fameux et fumeux "Indignez-vous" de ce pitre de Stéphane Hessel, qui imposa le "devoir de transparence" et le saccage de la vie privée, qui induisit des vagues de délations, de divulgations, d'accusations de toutes sortes en matière surtout sexuelle (il est de mode de dénoncer des "attouchements sexuels", surtout lorsqu'on est une grosse pute du show-business), qui déboucha sur une sorte de puritanisme verbal avec le "politiquement correct" et qui va, aujourd'hui, jusqu'au wokisme qui bat tous les records de crétinerie affligeante et de pudibonderie généralisée.

L'indignation est une mutilation mentale.

Ou bien on approuve, ou bien on ignore, ou bien on combat ; mais on ne s'indigne pas. Laissons cette coquetterie aux vierges effarouchées …

S'indigner est une lâcheté et une hypocrisie, une manière d'être à la mode sans se mouiller.

S'indigner ne coûte pas cher et fait parler de soi. Tant qu'à faire …

 

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Sur les marchés noétiques actuels, connaissances et croyances sont entrées en concurrence dure. Mais, avec les "médias sociaux", la quantité de croyances déversées par n'importe qui, à n'importe quel propos, est infiniment plus grande que celle des connaissances authentiques distillées par ceux qui font autorité. Elles s'y noient donc ; et il ne reste qu'un liquide vaseux et nauséabond d'opinions infondées et fausses.

Il est amplement temps de restaurer le respect de ceux qui font autorité dans leur domaine … et de faire taire les ignares.

 

Sans doute, le concept des "réseaux noétiques", électifs et sélectifs, qui peuvent être consultés par qui veut, mais qui ne peuvent être alimentés que par des experts faisant autorité aux yeux de leurs pairs, serait l'antidote le plus efficace face à la contagieuse pathologie délétère des "réseaux sociaux".

 

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Existe-t-il un processus de "sélection naturelle" pour les idées ?

Oui, sans doute : sur le long terme et en milieu non saturé, ce sont les idées les plus fertiles et les plus utiles qui triomphent. Mais on doit aussi appliquer, aux idées, le modèle des phénomènes d'émergence : les idées germent et se répandent doucement, puis de plus en plus vite, dans un milieu pourtant hostile (c'est là que joue la sélection naturelle). Ensuite, cette hostilité devenant de moins en moins efficace, les idées, même fausses, même fragiles, même débiles, prolifèrent et se multiplient à vitesse élevée, jusqu'à atteindre une saturation telle qu'une chaotisation se met en place : les tensions y sont maximales qui, pour être dissipées, exigent un processus d'émerge de structures neuves à une niveau supérieur de complexité.

Faute de cette émergence, c'est le monde entier des idées qui s'effondrera (et ce sera "l'apocalypse cognitive" décrite par Gérald Bronner).

 

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Une idée s'impose massivement, si elle est utile aux masses c'est-à-dire si elle répond à leur souci du moment. Que cette idée soit vraie ou fausse, importe relativement peu. Les mensonges et les caricatures qui fondent l'antisémitisme, la croyance en l'efficacité de l'homéopathie ou toutes les théories du complot sont là pour le confirmer.

 

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Un antisémite a besoin de l'antisémitisme pour reporter sur d'autres son mal de vivre, pour dissiper ses rancœurs et ressentiments sur un bouc émissaire d'autant plus efficace que le christianisme l'a promulgué dès ses débuts, dès les épîtres de Paul le romain.

Une antisémite est forcément un médiocre, mais un médiocre qui n'assume pas sa médiocrité et qui doit s'en venger sur "l'autre" qui en est la cause à ses yeux.

 

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L'antisémitisme et l'islamophobie n'ont absolument et radicalement rien de commun.

L'antisémitisme est une haine infondée, fantasmatique et irrationnelle, alors que l'islamophobie est une crainte fondée, actualisable et factualisable.

Les juifs n'ont jamais tué personne parce que non-juif. Il n'y a jamais eu de terrorisme juif, ou d'attentats juifs, ou de décapitations ou défenestrations de non-juifs par des juifs, jamais un juif n'a abattu un enfant musulman à la sortie d'une école coranique, etc …

De plus, l'état de juif ou de musulman est culturel et non racial. Il n'existe pas de "race" juive comme il n'existe pas de "race" musulmane.

Il faut donc cesser de dire que l'islamophobie est un racisme.

L'islamophobie n'est rien d'autre et rien de plus que le rejet ferme et vigoureux de l'islamisme radical, du salafisme, du djihadisme et de toutes les idéologies totalitaires musulmanes.

Un musulman (comme un juif) a le droit de pratiquer les rites et cultes de sa tradition religieuse, à la condition expresse qu'il n'impose rien à personne, pas même à ses proches. La pratique religieuse doit être et rester intérieure et personnelle ; c'est cela le principe de laïcité.

 

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Gérald Bronner, dans "Apocalypse cognitive", propose une approche très passionnante du fait noétique que je reformulerais ainsi :

  • d'un côté, le "marché" des objets noétiques (pour lesquels il faudrait trouver un nom judicieux qui regroupe tous les types d'objets informationnels) est devenu énorme et accessible très facilement (gratuitement ou non), sur la Toile, mais pas uniquement ;
  • de l'autre, l'esprit humain a une disponibilité limitée (mais qui augmente spectaculairement depuis une petite centaine d'années) et une capacité d'absorption et de compréhension très variable selon les personnes ;
  • conséquemment, une méthodologie que l'on pourrait appeler "économie noétique" est indispensable pour comprendre les interactions entre ce marché immense et ces esprits diversement limités (en temps et en capacité) ;
  • on pourrait donc parler d'un marketing noétique si l'on observait quels objets atteignent quels esprits, pour quels usages, à quelles fréquences, pour quelles durabilités.

 

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Le 26/06/2021

 

L'humain a inventé le Surnaturel dans l'espoir de pouvoir échapper aux lois de la Nature.

Pour ce faire, il a aussi inventé des sacrifices, des offrandes, des cultes, des rites magiques, etc … Les drogues et l'alcool l'ont aidé à atteindre des états seconds qu'il a cru être des manifestations de ce Surnaturel.

C'est l'essence même des religions que de promettre ce que la Nature interdit.

 

Mais c'est l'essence même des spiritualités d'inverser ce mouvement, de nier toute forme de Surnaturel et, tout au contraire, de respiritualiser et de resacraliser le Réel  afin d'apprendre à y vivre pleinement la Vie, ici et maintenant.

Le problème n'est pas d'échapper aux lois de la Nature, mais, bien au contraire, d'y voir le Nomos qui garantit la cohérence, l'harmonie et l'accomplissement de tout ce qui existe, humains compris.

 

Il est urgent que cesse cette posture atavique et dualiste d'un sempiternel face-à-face entre l'humain et cette Nature qu'il faudrait soumettre et domestiquer pour mieux la piller. On voit, aujourd'hui, où cette posture ridicule et suicidaire a mené l'humanité : pénurisation de toutes les ressources, dérèglement climatique et pandémies.

Il est urgent de comprendre que la Vie cosmique, guidée par l'Esprit cosmique, est un Tout qui nous traverse, nous les humains, comme elle traverse tout ce qui existe. Nous participons pleinement de cette Vie qui est déjà éternelle et immortelle, ici et maintenant.

Il est urgent de passer hardiment des théismes au panenthéisme.

 

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Plutôt que de bien vivre sa vraie vie, d'aucuns (et ils sont encore nombreux) ne rêve que de vivre une "autre vie" dans un "ailleurs" ou un "plus tard" qui n'existent pas. Il en est même (comme les terroristes islamistes) qui sont prêts à sacrifier leur propre vie réelle (éventuellement en assassinant d'autres gens) pour accéder à cette "autre vie" fantasmatique.

Ce qui empoisonne tout depuis des millénaires, c'est la croyance absurde en une "vie" personnelle après la mort.

Le mot "personne" est pourtant clair par lui-même : la personne, c'est personne.

La personne est un masque de comédien par lequel sonne le jeu de l'acteur.

Le "Je" est une illusion, en perpétuelle transformation ; il n'y a là rien de stable, rien de fixe, rien d'objectal : il y a le processus cosmique de la Vie qui s'incarne et se ramifie dans des myriades d'autres processus, plus particuliers, qu'il contient tous et qui se tissent et s'entremêlent. L'individu distinct et essentialisé n'existe tout simplement pas : il est un processus en évolution permanente, en constante interaction et interdépendance avec d'autres processus semblables ou complémentaires.

Il n'existe que l'éternel et immortel tissu chamarré du Vivant unique qui dessine des myriades de petits motifs imbriqués les uns dans les autres.

 

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La dialectique entre "possible" et "souhaitable" est fondamentale.

Et les humains ont souvent bien difficile à accepter que tout ce qu'ils souhaitent ne soit pas possible.

Il me semble que ce serait un excellent définition de cette Sagesse qu'aime et que cherche la philosophie, soit très précisément le fait de ne souhaiter que ce qui est possible.

 

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Il me paraît capital de sortir des logique additive (linéaire et arithmétique) pour développer les logique multiplicative (non-linéaire et géométrique).

 

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En gros, l'histoire de l'évolution technologique passe par quatre phases successives : le travail humain, le travail animal, le travail mécanique (où l'on peut distinguer la sous-phase des énergies naturelles avec le vent ou les courants d'eau, et la sous-phases des énergies artificielles avec les moteurs) et le travail numérique (où l'on distinguera, sans doute, bien des sous-phases).

Nous vivons, depuis cinquante ans, à la charnière entre les deux dernières phases qui, soit dit en passant, marque aussi le passage de l'externalisation d'activités physiques à celle d'activités mentales.

Chaque passage d'une phase à la suivante a deux conséquences : une augmentation de la productivité (les machines font plus, mieux, plus vite) et une libération de temps humain (le temps de travail humain ne fait que diminuer).

Mais ce temps disponible, à quoi sera-t-il utilisé ?

Telle est la question phare du nouveau paradigme en émergence : du temps libre pour quoi faire ?

 

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Tout ce qui est numérisable, sera numérisé.

Tout ce qui est automatisable, sera automatisé.

Tout ce qui est robotisable, sera robotisé.

Tout ce qui est algorithmisable, sera algorithmisé.

Que cela plaise ou non. C'est le principe de Gabor.

Mais une question demeure : est-ce l'humain qui se soumettra à la logique numérique, ou est-ce la machine qui enrichira la logique humaine ?

Car deux voies sont possibles dès lors que l'on comprend que l'esprit humain est infiniment et définitivement plus riche que n'importe quel ordinateur : soit l'humain, par paresse, par facilité, par nonchalance, se contente de "suivre" la machine et appauvrit son fonctionnement mental, soit l'humain enrichit son activité mentale en l'amplifiant, là où c'est possible, grâce à la puissance numérique.

 

Comme toujours, une technologie est neutre ; c'est la manière de l'utiliser qui engendre soit le pire, soit le meilleur.

 

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Le pouvoir et l'intelligence se haïssent mutuellement !

Mais l'intelligence finit toujours par prendre le dessus.

Le pouvoir n'est que momentané, l'intelligence est intemporelle.

 

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Petit florilège de Maurice Maeterlinck :

 

"Il faut ajouter quelque chose à la vie ordinaire avant de pouvoir la comprendre."

 

"Ils croient que rien n’arrivera parce qu’ils ont fermé la porte, et ils ne savent pas qu'il arrive toujours quelque chose dans les âmes et que le monde ne finit pas aux portes des maisons."

 

"Pourquoi chercher d’autres bonheurs

que ceux dont jouit la goutte d’eau dans l’océan."

 

"Le plus sage est celui qui voit le plus loin dans l’infini de son ignorance."

 

"L’âme peut être atteinte par un souffle et ignorer une tempête."

 

"Les années apprennent peu à peu, à tout homme,

que la vérité seule est merveilleuse."

 

"Les âmes se pèsent dans le silence, comme l'or et l'argent se pèsent dans l'eau pure, et les paroles que nous prononçons n'ont de sens que grâce au silence où elles baignent."

 

"On est heureux quand on a dépassé l'inquiétude du bonheur."

 

"Il n’y a pas de beauté qui se perde."

 

"L’homme n’est qu’un instant qui retombe dans l’éternel."

 

"Ce qui ébranle les faibles est ce qui raffermit les forts."

 

"Heureux les yeux qui n’ont pas besoin d’illusion

pour voir que le spectacle est grand."

 

"Tout être qui ne possède pas quelque noblesse d’âme n’a pas de vie intérieure."

 

"Tout idéal qui ne répond pas à une forte réalité intérieure n’est qu’un mensonge."

 

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Le domaine du travail humain, demain, se "cantonnera" à tout ce qui n'est ni algorithmisable du point de vue de l'activité mentale, et à tout ce qui n'est pas robotisable du point de vue de l'activité physique.

Mais ce domaine est énorme et ne fera que s'agrandir puisque, le temps disponible augmentant, de nouveaux métiers émergeront qui ne concerneront pas le monde numérique, notamment tous les métiers qui impliquent de la sensibilité, de la créativité, de l'affectivité, de l'imagination, de la relation, de la convivialité, de la virtuosité, de l'astuce, de l'improvisation, de la découverte, de l'invention, de l'originalité, etc …

Le problème ne sera pas le manque de travail, mais bien les modes de rémunération dans un monde où tout ce qui relèvera de la productivité, de la quantité, de procéduralité, etc … sera dévolu aux machines.

Comment rémunérer le travail qualitatif ? telle est la question posée.

 

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De Gérald Bonner, cet avis de pur bon sens :

 

"Il ne faut donc pas anthropomorphiser les machines sous peine de ne pas comprendre ce qui est en train de se produire. Les intelligences artificielles sont des prothèses pour l'humanité (…), mais pas beaucoup plus."

 

Il faut d'ailleurs éradiquer cette appellation sensationnaliste mais illégitime de "intelligence artificielle" et parler plutôt d'intelligence (humaine) amplifiée ou d'intelligence (humaine) augmentée.

L'intelligence artificielle, cela n'existe tout simplement pas : il s'agit de mettre de formidables puissances de calculs au service de logiciels conçus et fabriqués par des esprits humains … et rien d'autre.

 

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Je pense que l'humanité est en train de se scinder en deux. D'un côté, une élite qui maîtrisera les technologie et les mettre à sa botte. De l'autre, des masses qui se reposeront sur les technologies qui les phagocyteront.

En fait, c'est le même processus qu'avec la démocratie : d'un côté, des élites qui n'en sont pas dupes et qui canalisent les politiques, et, de l'autre, des masses qui se reposent sur des démagogues qu'elles croient contrôler.

 

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La bêtise, au fond, est un signe de paresse.

 

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L'esprit humain à des capacités et des possibilités infinies … encore faut-il en maîtriser le mode d'emploi … ce qui n'est l'apanage que d'une petite minorité.

 

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C'est sans doute cela la définition des aristocraties de demain : ceux qui maîtrisent l'usage de leur esprit.

 

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L'addiction aux écrans est un colossal facteur d'insomnie, c'est-à-dire de dérèglement mental (irritabilité, agressivité, simplisme, nombrilisme, crétinisme, narcissisme, dépendance, émotivité, etc …).

Tout le monde y est très sensible, mais plus encore les jeunes dont le cerveau n'est pas encore aguerri.

 

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Il faut le savoir :

 

  • la presse écrite est morte,
  • le théâtre est mort,
  • les musées sont morts,
  • la radio est morte,
  • la télévision est morte,
  • le cinéma est mort,
  • etc …

 

La disponibilité de nos esprit est maintenant accaparée par les écrans individuels des ordinateurs ou des ordiphones.

Nous tournons une page : les médias d'avant s'effondrent devant les médias d'après.

 

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Le 27/06/2021

 

Pour comprendre les trois domaines de l'espace des états (espace de représentation) de la physique complexe, il suffit de penser au processus d'écriture d'un poème.

D'abord, il y a l'écriture elle-même qui est un processus dynamique qui engendre une suite de signes avec l'intention de leur donner un sens.

Ensuite, ces signes se succèdent à la queue-leu-leu chacun disposant d'un espace propre à distance régulière les uns des autres, dans un format harmonieux, assujetti à des règles de dimension et de distance, de nombre de pieds par vers, de nombre de vers par strophes, de nombre de strophes, bref, dans une métrique : c'est la structure topologique du texte.

Enfin, chaque signe scripturaire a une forme particulière, plus ou moins précise et sophistiquée, avec des niveaux de signification sur divers échelons allant du signe de ponctuation à la lettre alphabétique et ces signes s'assemblent sur plusieurs niveaux pour former des syllabes, des mots, des phrases, et font émerger du sens : c'est le domaine eidétique de ce texte.

 

Et il existe beaucoup de sortes de poèmes selon qu'ils sont bâclés ou soignés, improvisés ou composés, selon la métrique utilisée, plus ou moins structurée, ou en vers libres, selon le vocabulaire ou les tournures grammaticales mis en œuvre, plus ou moins sophistiqués et savants. Etc …

Et tout cela, au fond, importe peu car ce qui compte vraiment est que le poème exprime le mieux possible l'intention du poète.

 

Le Réel est une histoire qui fait sens et qui s'écrit dynamiquement, dans un format topologique fait d'espaces, de distances et de cellules, et où se succèdent, dans ce format, des ensembles eidétiques de structures signifiantes qui émergent de l'Esprit qui compose cette histoire.

 

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La vie n'est pas faite pour s'amuser. Ceux qui le croient, passent à côté ; ils existent peut-être, mais ils ne vivent pas vraiment.

La vie est faite pour grandir, pour se réaliser, pour servir son grand-œuvre, pour servir l'accomplissement de soi et de l'autour de soi, pour servir le Divin en soi.

 

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Le sport est du spectacle ; un spectacle d'esbroufe, donné pour soi ou pour des foules ; un spectacle primaire pour des abrutis.

 

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A propos de crétinisme : aujourd'hui, les humains passent en moyenne 3,7 heures par jour sur leur ordiphone …

 

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A plus de 80%, l'usage des écrans (télévision, ordinateur et, surtout, ordiphone) est du pur divertissement, donc ne produit strictement rien et ne sert strictement à rien.

C'est du temps de vie (mentale) purement gaspillé qui, non seulement, rend l'humanité de moins en moins productive et utile, mais qui, de surcroît, crétinise les esprits et abêtit les comportements.

 

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L'esprit humain peut être, mais pas en même temps, concentré sur un objet précis (endogène ou exogène) ou ouvert à toute imprégnation (endogène ou exogène).

On pourrait parler, pour l'esprit, de phases conspirantes (individuation) et de phases inspirantes (intégration).

Les deux processus sont essentiels et doivent équilibrer leur rapport dialectique entre "fermé" et "ouvert". L'attitude du corps entier trahit, d'ailleurs, dans quelle phase est l'esprit : lorsqu'il se concentre, le corps est fermé ; lorsqu'il s'inspire, le corps est ouvert.

 

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Il existe deux sociologies : celle qui tend à devenir la plus scientifique possible et celle, la plus nombreuse, la plus bruyante, la plus pourrie, qui se contente d'être seulement idéologique (et, bien sûr, essentiellement à gauche, soutenue par la plupart des médias, également à gauche).

 

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Une question bien impertinente, donc très pertinente : à quoi, aujourd'hui, faut-il porter attention ?

Dans le brouhaha informationnel exponentiellement croissant, comment et quoi filtrer ?

Bien sûr, la réponse ne pourra pas être universelle puisque chacun regarde le monde de son propre point de vue. Mais il est des choses que l'on peut éliminer d'office, immédiatement : tout ce qui est divertissement (et c'est un fameux paquet), tout ce qui est sensationnaliste, tout ce qui touche aux "faits divers", tout ce qui est médiatico-politique, tout ce qui circule sur les "médias sociaux", tout ce qui ne vise que l'émotionnel, tout ce qui est idéologique, tout ce qui concerne les "people", tout ce qui relève du "témoignage", tout ce qui relève de la délation, de la diffamation, de la dénonciation, etc …

Et dans tout ce qui reste (peut-être quelques petits pourcents du volume), chacun peut alors faire son choix en fonction de ses centres d'intérêt.

 

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Le Destin, c'est l'autre nom de la Vocation.

 

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Le 28/06/2021

 

La "gauche" qui se dit "progressiste", n'est que rétrograde.

Elle continue de croire à des modèles surannés issus du 19ème siècle.

L'égalitarisme est une absurdité majeure.

 

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Le "parti" abstentionniste sort grand vainqueur des élections en France avec deux tiers des "voix".

66.7% d'abstention au second tour des régionales/départementales.

Cela signifie clairement que le mille-feuilles français n'intéresse pas les électeurs. Il y a les présidentielles et rien d'autre.

Le vote a perdu toute signification.

Je le répète : ce qu'attendent les citoyens, c'est leur assistanat généralisé et permanent ; la couleur de la main qui donne importe peu.

 

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Le vieux slogan "Election, piège à cons" prend de nouvelles dimensions et significations.

Les "cons", ce ne sont plus électeurs, mais les candidats !

Il faut être bigrement con pour se présenter à des élections qui n'ont plus aucune signification.

 

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Quel que soit l'élu, la manne sera la même ; alors pourquoi aller voter ?

 

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Bien des jeunes femmes d'aujourd'hui ont la grosse tête … parce qu'elles ont un gros cul.

 

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De Jeremy Hope et Tony Hope (1997) :

 

"Il est assez paradoxal de constater, alors que nous entrons enfin dans l'âge de l'information, que la dépendance des entreprises à l'égard des hommes ne cesse de croître"

 

 

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Avertissement essentiel …

 

"Attention, l'émission qui va suivre, peut contenir des traces de culture."

 

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De mon ami François I. :

 

"En 1978, Soljenitsyne, dans son célèbre discours d’Harvard diagnostique les causes de la décadence de l’Occident : l’absence de spiritualité et le déclin du courage. Il dénonce les trahisons des élites. Pour lui, le communisme, comme le monde occidental, conspirent contre la vie intérieure. Quarante ans après, son discours reste d’une brûlante actualité et jamais l’Occident n’a semblé autant manquer de courage. Soljenitsyne voit s’élever les réclamations de groupes pour lesquels le bien commun est sans intérêt et seul compte le droit absolu de “moi” : « La défense des droits de l’individu est poussée jusqu’à un tel excès que la société elle-même se trouve désarmée devant certains de ses membres. » Les actuelles revendications diversitaires aboutissent à la prise de pouvoir par des minorités vindicatives. Le désir de chaque “moi” se transforme en droit-créance : la société tout entière doit se plier à ces exigences individuelles au risque de passer pour rétrograde et arriérée. L’absence de courage et l’aveuglement des élites occidentales qui ont accepté et parfois devancé et légalisé les exigences des minorités ..."

 

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D'un anonyme s'inspirant d'Alexis de Tocqueville :

 

"Le ressentiment se nourrit des progrès de l’égalité : plus votre voisin vous ressemble, plus vous êtes choqué par les différences – naturelles ou socio-économiques – qui demeurent.

Dès lors que chacun a les moyens de son autonomie et se retrouve délié des liens communautaires de subordination qui caractérisaient la société aristocratique, il est amené à penser qu’il peut être autosuffisant et tenté de se replier sur lui-même. Pour Tocqueville, l’individualisme ne semble pas un vice mais un faux jugement, consistant à croire que l’on peut se retrancher du collectif pour mener sa petite vie tranquille.

Plus largement, Tocqueville perçoit clairement le risque paradoxal que la démocratie fait peser sur la liberté, au nom de l’égalité. Quand le poids de l’opinion majoritaire devient central, que les fortunes tendent à s’égaliser, qu’une classe moyenne émerge, que les individus sont de plus en plus absorbés par la nécessité de gagner leur vie et d’améliorer leur bien-être matériel, et que, pour cette même raison, les sociétés se tournent de plus en plus vers le commerce, l’indifférence envers la politique grandit.

Ce désintérêt – cette désaffection démocratique, comme nous dirions aujourd’hui – conduit à abandonner le pouvoir à ceux qui veulent s’en saisir."

 

Voilà qui est bien en phase avec mes quelques considérations plus haut …

 

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Un proverbe malien …

 

"C'est quand un homme voit un moustique se poser sur ses testicules qu'il comprend enfin que tous les problèmes ne peuvent se régler par la violence"

 

 

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Que faut-il penser de l'humain ? Un peu de génie et beaucoup de saccage.

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"Là où tu es, creuse profond !

La source est au fond !

Laisse donc brailler les cafards :

'C'est toujours au fond qu'est … l'enfer !'"

 

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Le vrai n'est pas le contraire du faux.

Le vrai, c'est ce qui reste quand tout le faux a été éliminé.

 

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La beauté est apparence.

Le sublime est bien au-delà.

 

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Un bon livre n'est pas ce qui se lit.

Un bon livre est une source qui ne cesse de couler.

Le reste n'est qu'amusement … donc perte de temps.

 

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Regarde bien où tu es ; c'est là qu'est la Vie.

 

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Le monde est complexe, mais rien n'est compliqué … hormis l'humain.

 

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Où est le vrai ? Derrière ton regard.

 

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Tout arbre te raconte l'arborescence.

Et l'arborescence est un modèle de vie : on part d'un germe et on arrive à des myriades de bourgeons.

 

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Les couleurs n'existent pas ; il n'y a que des fréquences lumineuses.

Méfie-toi de tes yeux …

 

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Passe ton chemin, ami ; je ne suis pas ta pierre.

 

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La vraie poésie ne joue pas avec les mots, même savants.

La vraie poésie tente de dire l'indicible.

Parfois deux mots suffisent …

 

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La musique, la vraie, c'est du silence déguisé.

 

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Lire, c'est déjà penser.

 

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Le regard est propre à celui qui regarde, mais ce qu'il regarde est commun à tous.

Le Réel est au-delà et en-deçà de tout regard sur lui.

 

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Une fleur ? Non ! Un transmetteur de Vie.

 

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Le Réel est bien là. Ne cherche pas ailleurs.

 

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Voir sans regarder.

Entendre sans écouter.

Si tu cherches, tu ne trouves que ce que tu cherches.

Et tu passes à côté de tout le reste.

 

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La vie est cheminement.

La vie est chantier.

La vie est construction.

 

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Regarde tout ce qui est autour de toi.

Tout cela n'est rien si tu n'en fais rien.

 

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L'œuvre que tu fais est bien plus importante que toi.

Tu n'es que l'artisan de ton œuvre.

 

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Le temps ne passe pas, il s'accumule.

Mais ne le perds pas car, alors, tu n'accumules que du vide.

 

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Les autres sont comme toi : uniques.

 

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Il faut apprendre tout ce qui ne s'apprends pas.

C'est cela vivre.

Il faut oser l'inaccessible.

 

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Le 29/06/2021

 

Les humains ne gouvernent pas la Vie, mais la Vie gouverne les humains.

 

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La mémoire, c'est bien plus que se souvenir de son vécu. Il existe, en chacun, une mémoire phylétique profonde.

Et ces mémoires ne se trouvent pas localisées dans le cerveau, mais se sont accumulées sous le présent. Le cerveau n'est au fond qu'une usine logistique à structurer, classer et retrouver des informations qu'il ne contient pas : le bibliothécaire n'est pas la bibliothèque.

 

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La peur est devenue un fonds de commerce sur les médias sociaux.

La peur est l'ennemie absolue de la confiance.

En "vendant" de la peur – qui se vend toujours très bien et très vite et qu'il est très difficile d'éradiquer, même avec des preuves irréfutables -, ces médias sapent le patrimoine "confiance" qui est indispensable, à une société, pour fonctionner en paix.

En paraphrasant Francis Bacon et son : "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose", les médias sociaux cultivent le : "Faites peur, faites peur, c'est bon pour le marché informationnel".

 

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Ce sont malheureusement le spectaculaire et l'émotionnel qui font recette, et non l'important ou l'urgent.

 

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Celui qui a peur de tout, a une meilleure probabilité de survie.

Nous sommes tous des descendants de couards.

 

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Confiance et crédulité ne sont pas synonymes !

 

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La "communication" n'est que l'art de la manipulation.

Il n'y a là rien d'autre.

Un "communiquant", c'est un manipulateur. Rien d'autre.

Son seul objectif : vendre quelque chose (un objet ou une idée, gratuitement ou non) à un minus habens qui pourrait prendre.

La communication, c'est l'art parfois difficile, de se faire croire que l'on maitrise le monde, la société, les autres.

Mais au fond, un communiquant, c'est quelqu'un qui a besoin d'exorciser ses propres faiblesses, ses propres manques, ses propres échecs et de reprendre le contrôle non de sa propre vie, mais de son "pouvoir" sur les autres.

 

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Le 30/06/2021

 

La vie, c'est comme la météo : on voudrait du soleil, on redoute la pluie, mais, de toutes les façons, on prendra ce qui vient.

 

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Extrait du futur rapport du GIEC :

 

"La vie sur terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L'humanité ne le peut pas."

 

Cette idée est centrale : sur le long terme, la Vie est bien plus adaptable que l'humanité.

 

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De Gérald Bronner :

 

"Dans l'état actuel des connaissances, il est possible d'être contre le nucléaire, il est possible de vouloir lutter ici et maintenant contre le réchauffement climatique, mais il n'est pas vraiment cohérent de faire les deux en même temps."

 

Cette incohérence écologique est dramatique. Il est évident que le cœur de cible écologique doit être la lutte contre tous les combustibles carbonés (charbon, pétrole, gaz naturel, … mais aussi le bois de chauffe qui est une double aberration écologique) qui, d'ailleurs, s'épuisent à toute vitesse.

L'énergie nucléaire – quelque épuisable soit-elle -  n'est donc pas contournable ; c'est la seule voie pour la transition énergétique.

Mais transition vers quoi, dès lors que l'on comprend que les énergies éoliennes ou photovoltaïques sont de vastes fumisteries tant thermodynamiques que financières ?

On en revient toujours à la même conclusion de fond : la Terre ne peut porter durablement que moins de deux milliards d'êtres humains. Tout le reste n'est que bavardage.

La priorité géopolitique et écologique est donc une drastique décroissance démographique.

Et cette priorité concerne d'urgence trois continents : l'Afroland, l'Islamiland et l'Indoland.

Il faut partout atteindre un taux de fécondité nette inférieur à deux enfants par femme. Hors de là, point de salut !

 

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Notre obsession analytique saccage la réalité complexe.

 

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La peur des masses est la voie la plus sûre vers le totalitarisme.

 

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La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut sans elle.

 

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Le temps ne passe que s'il se passe quelque chose.

 

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Les choses sont ce caleçon, disait le slip.

Les choses sont ce quel son, répondit la radio.

 

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Ce qui retient l'attention n'est que rarement ce qui le mérite.

 

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Les médiocres adorent le conflit. Il les fait exister.

 

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"Je est un autre", disait Rimbaud. Et c'est d'autant plus vrai lorsque ce "Je" se planque derrière un anonymat, un masque, un grimage ou un travestissement quelconque. Mettez des peintures de guerre sur le visage d'un quidam et il devient un tueur.

 

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La Toile est née dans l'utopie de la libération de la parole et de la démocratie des opinions. Mais elle vit de la manipulation des masses et de la dictature des médiocres.

 

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Comment faire pour que les crétins se taisent enfin ?

 

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L'indignation est devenu un nouveau sport mondial ; ça ne coûte rien et ça défoule.

 

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Plus celui qui parle est ignorant, plus la complexité réelle de ce dont il parle disparaît.

C'est à cela que l'on reconnait un ignare : tout, pour lui, est simpliste et élémentaire … mon cher Watson.

 

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La vie de l'esprit est quelque chose que la très grande majorité des humains ne connaîtra jamais.

 

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La pluie ne serait rien si elle ne mouillait pas tout.

 

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Dans un monde complexe, toute action a une infinité de conséquences tant bonnes que mauvaises.

 

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De Gérald Bronner :

 

"(…) la société numérique, avec ses effets de transparence, porte en elle une charge totalitaire d'un genre nouveau : la surveillance de tous par tous. Et dans ces conditions, plus personne n'est innocent."

 

Les autres sont devenus un réquisitoire permanent.

 

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La nouvelle morale n'a plus qu'un seul précepte : en rien il ne faut courir le risque de "heurter la sensibilité" de qui que ce soit.

Voilà qui heurte ma sensibilité !

Il ne faut pas confondre la "sensibilité" qui est cette aptitude à la reliance au monde extérieur, et la "susceptibilité" qui prend tout pour une offense personnelle … et en fait un fonds de commerce.

 

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Être victime est désormais un statut enviable puisqu'il donne tous les droits !

Et nous sommes tous victimes de cet abus de droit des victimes autoproclamées.

 

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Il n'y a personne de plus violent que ceux qui se croient victime de violences.

Ils croient, dur comme fer, que leur violence à eux est légitime … alors qu'aucune violence, jamais, n'est légitime !

 

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[1] Je reprends ce terme bien forgé à mon ami Michel Maffesoli.

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Nouveau : depuis ce 1/06/2021 : Le Tome 25 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (à télécharger gratuitement).