Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Mars 2019

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/03/2019

 

La famille Rothschild a joué un rôle majeur dans l'effondrement final du régime napoléonien (ce sont donc des bienfaiteurs de l'humanité !). Ce ne fut pas tant à coup d'argent, que par transfert rapide d'informations entre les trois succursales (Allemagne, Angleterre et France) de leur banque. De là, cette ridicule idée du "complot mondial des Juifs pour contrôler la Terre" qui a été reprise et amplifiée par ce fameux faux de la police tsariste (1903) intitulé "Le protocole des sages de Sion". Encore aujourd'hui, cet opuscule infâme circule, partout dans le monde, entre les sales mains des antisémites

 

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L'obsession connective …

Quand donc nos contemporains comprendront-ils que plus ils sont connectés (aux autres, aux médias, aux objets, …), plus ils sont prisonniers.

Comme des moucherons pris dans une immense et terrible  toile d'araignée.

Cela me semble le signe terrifiant que notre époque hait la liberté, l'indépendance, l'autonomie …

Nos contemporains, de plus en plus, sont des adeptes forcenés de la "servitude volontaire" : ces crétins de "gilets jaunes" en sont la démonstration hebdomadaire.

 

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Ce sont ceux qui ont l'identité la plus faible qui la revendique le plus virulemment.

Celui qui sait qui il est et d'où il vient, ne le gueule pas sur tous les toits.

L'exhibitionnisme est une preuve de grande faiblesse et de grand vide déguisé en appartenance.

 

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Il est peut-être plus que temps de se demander pourquoi les mondes sous-développés (euphémiquement nommés "en développement) sont encore sous-développés. De se demander pourquoi aucune contribution notoire à l'humanité n'est jamais sortie des mondes africains, arabes (je n'ai pas dit persans) ou autres …

On peut bien sûr se consoler avec les mythes rousseauistes du "bon sauvage" ou des "civilisations premières". Mais ce sont des mythes. En fait, là où il n'y a rien, il n'y a rien.

 

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Connecter entre eux des crétins, c'est amplifier exponentiellement leur crétinisme.

Deux exemples qui n'en sont, en fait, qu'un seul : les "réseaux sociaux" et les "gilets jaunes".

 

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Le 02/03/2019

 

De mon ami Pierre Marchand :

 

"La beauté émeut sinon par ce qu'on en voit, par ce qu'on en sait."

 

J'aurais peut-être écrit : la beauté émeut moins par ce que l'on en voit que par ce que l'on en sait …

En ce sens, "savoir" en latin se dit sapire qui signifie : "goûter, apprécier, savourer".

C'est là, sans doute, que se niche la terrible différence entre la "beauté" que l'on connaît et la "joliesse" que l'on voit.

 

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La "philosophie analytique" relève de ce que Pascal appelait "l'esprit" de géométrie ; et c'est en cela qu'elle est stérile. Non que la géométrie soit inféconde, loin de là, mais de que cette méthode déductive ne peut s'appliquer qu'aux langages axiomatiques, ce qui n'est jamais le cas des langages vernaculaires construits par l'usage et les besoins pratiques, et non selon un processus mathématisé.

La philosophie, aux antipodes des sciences pratiques, requiert bien plus "d'esprit de finesse" que "d'esprit de géométrie".

Tel que je le comprends chez Pascal, "l'esprit de finesse" s'appuie sur des vues plus intuitives et holistiques de son objet.

Mais, toujours en suivant Pascal, l'esprit doit dépasser cette opposition dualiste et entrer dans sa mise en dialectique.

Ainsi, la physique fondamentale - la cosmologie - doit dépasser en les intégrant et la mathématique et la métaphysique. En n'étant que mathématique, comme elle l'est aujourd'hui, elle se condamne à la stérilité et à la tautologie ; en ne restant que métaphysique, elle s'enlise dans la mystique contemplative du "Principe absolu".

Et Pascal de conclure :

 

"Mais les esprits faux ne sont jamais ni fins, ni géomètres."

 

Ainsi de la morale, dit Pascal, qui relève de l'esprit de finesse et non de l'esprit de géométrie. Une morale "géométrisée" donne du droit codifié qui ouvre les portes à tous les juridismes aussi artificiels que argutieux.

 

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De Charles-Julien Lioult de Chênedollé ("Journal" - 1822) :

 

"Et Rousseau? Monsieur de Rivarol. − Oh! pour celui-là (...). C'est un maître sophiste qui ne pense pas un mot de ce qu'il dit ou de ce qu'il écrit, c'est le paradoxe incarné."

 

Jean-Jacques Rousseau … Le funeste guignol de la pensée française !

 

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De Blaise Pascal :

 

"A mesure qu'on a plus d'esprit, on trouve qu'il y a plus d'hommes originaux.

Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes."

 

L'égalité est un principe d'aveugles !

Elle est aussi un alibi : si tout est égal, pourquoi faire un effort ?

Elle est aussi une rassurance : puisque tous sont égaux, je ne suis pas inférieur.

 

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De Jean-Joël Duhot :

 

"(…) pour le Portique [le stoïcisme], la preuve de l'action divine  ne réside pas seulement dans la géométrie [du cosmos - cfr. Pythagore et Platon], mais d'abord dans l'harmonie. La complexité, l'équilibre et la beauté du monde (…) ne peuvent se comprendre que comme effet d'une action divine."

 

L'harmonie est l'art des justes proportions alors que la géométrie est l'étude des proportions. C'est l'adjectif "juste" qui les départage.

Le "juste" de "justesse" et non de "justice", bien évidemment.

Cette "action divine" est la mise en œuvre du principe de belle cohérence (l'autre nom de Dieu ou du Divin immanents) qui se manifeste dans tous ce qui existe.

Cette belle cohérence et ces justes proportions ne sont pas effets du hasard ; elles sont le fruit d'astucieux compromis optimaux entre voies contraires (entropie et néguentropie). Le bel exemple en est, chez l'arbre, l'optimalisation fractale (spécifique à chaque essence) du rapport entre surface foliaire et racinaire (pour les captages maxima de lumière, d'oxygène, d'eau, de sels minéraux) et du volume de bois. Engendrer la plus grande surface d'échange possible, avec le moins de volume de bois possible. Si ce volume est trop petit, l'arbre se fragilise et casse ; si ce volume est trop gros, l'arbre s'épuise et meurt. De plus, une belle et juste répartition des volumes et surfaces est indispensable afin que l'arbre ne souffre d'aucuns déséquilibres ni horizontaux  (ni trop d'un côté ou ni trop de l'autre, pour garder un bon équilibre gravifique), ni verticaux (le plus haut possible pour capter le plus de lumière, mais pas trop pour que la pression osmotique suffise ; le plus profond possible pour aller chercher les bons nutriments, mais pas trop pour les mêmes raisons de remontée osmotique).

C'est parce que ces équilibres doivent être trouvés que la Nature paraît équilibrée, bien proportionnée et harmonieuse.

La dialectique des contradictions fait émerger l'harmonie.

 

"Ce qui est propre au stoïcisme est immanence du "feu artiste" qui produit le monde. La Nature y est conçue non pas comme effet, création, mais en tant que principe actif, divin, qui organise l'univers. (…) Si la Nature tend en quelque sorte à s'identifier à Dieu, ce n'est pas au sens où Dieu se dissoudrait dans la Nature, mais, inversement, que l'ordre manifesté par les phénomènes s'explique uniquement par une action divine omniprésente qui relève de la providence. Le monde est donc un être vivant dont le principe actif (…) est la Nature qui n'est autre que le "feu artiste" ordonnateur de l'univers."

 

En grec, le mot physis qui désigne la Nature, dérive du verbe phyô qui signifie : "faire émerger, faire pousser, faire croître" ; la Nature est ce qui émerge et croît, et la physique est l'étude des modalités de cette émergence et de cette croissance.

Cette émergence et cette croissance fondent la Nature, c'est-à-dire la nature intime de l'univers manifesté et de la réalité du Réel.

 

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Chercheur à l'université de Virginie, Matthew Crawford s'inquiète du "progressisme radical" de la gauche américaine. Il déplore que les identités, le "genre" et l'ethnie demeurent centraux dans le discours des démocrates.

Cette "lutte contre le mâle blanc hétérosexuel" est devenue le seul moteur du "progressisme" américain … et pas seulement américain.

Je ne vois vraiment pas en quoi la destruction acharnée d'une stéréotype, même s'il est largement fantasmé, pourrait être considérée comme un "progrès".

De plus :

  1. La Nature a différencié, clairement, les "genres" afin d'instaurer une complémentarité (et non une égalité) entre les pôles "mâle et femelle" en vue d'une sécurisation globale, dans la durée, du "nid".
  2. La Nature a, tout aussi clairement, différencié les "sexes" et instauré une norme biologique essentielle : l'hétérosexualité, en vue d'un enrichissement des patrimoines génétiques.
  3. Les cultures européennes et asiatiques ont très clairement fait beaucoup plus pour le progrès de l'humanité, depuis quatre mille ans, que les cultures africaines ou arabes dont les seuls moteurs ont toujours été le pillage et le parasitisme.

Pour le dire autrement, le "progressisme" est devenu synonyme de "victimisme" qui s'invente des catégories victimaires marginales et hors-jeu, dont tout le monde normal se fiche éperdument.

Les immenses défis auxquels est confrontée l'humanité, aujourd'hui, est d'une autre ampleur que ces pleurnicheries d'une clique de paumés, assistés et mal dans leur peau.

 

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Le 03/03/2019

 

L'article 2 des constitutions de la Grande Loge Régulière de Belgique définit la Franc-maçonnerie de belle manière :

 

"La Franc-maçonnerie est une association initiatique qui, par son enseignement symbolique, élève l’homme spirituellement et moralement, et contribue ainsi au perfectionnement de l’humanité par la pratique d’un idéal de paix, d’amour et de fraternité."

 

Je reformulerais cependant …

 

La Franc-maçonnerie est une communauté traditionnelle, fraternelle et initiatique, unique et mondiale, qui, par la mise en œuvre rituélique de son patrimoine symbolique, vise à contribuer à l'accomplissement spirituel et moral de ses membres et, par ricochet, à celui de l'humanité, par les chemins de la force de l'esprit, de la sagesse de l'âme et de la beauté du cœur.

 

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D'Alain Chouraqui :

 

"La minorité accède au pouvoir par la force ou par les urnes. En s’appuyant sur la perte généralisée des repères pour attaquer et ébranler les institutions. Les crises sont devenues hors de contrôle, les désordres et les agressions se sont intensifiés, les violences et les réactions sont immaîtrisables, et on s’habitue à la violence."

 

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Le Financial Stability Board a identifié 29 banques en fragilité systémique (autant qu’en 2008). Huit sont américaines, huit font partie de la zone euro dont 4 françaises. Quatre sont chinoises, trois britanniques, trois japonaises, deux suisses et une canadienne.

Les quatre banques françaises sont : BNP-Paribas, le groupe BPCE (organe central des Banques Populaires et Caisses d’Epargne, et maison-mère de Natixis), la Société Générale et le Crédit Agricole. Si l’une d’elles venait à connaître de grandes difficultés, elle pourrait entraîner, par effet dominos, une crise équivalente à celle de 2008 (crise des subprimes et faillite de Lehmann-Brother).

 

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Le 04/03/2019

 

Le marché manufacturier européen devient tranquillement plus autonome et endogène. En revanche, la dépendance numérique de l'Europe est énorme. Mais est-ce si grave si l'on sait que 90% du numérique n'a aucune valeur d'utilité ?

 

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L'égalité homme-femme est une chose aussi absurde que l'égalité pomme-orange. Et l'obsession de la parité revient à imposer l'idée qu'une coupe à fruit doit présenter autant de pommes que d'oranges, quelle que soit la saison, quels que soient les goûts des convives, quels que soient leurs prix d'achat, etc …

 

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L'adjectif "social" a été complètement détourné de son sens originaire. Le "fait social" est un terme générique qui désignait l'ensemble des toute les relations et rapports entre les membres d'une même société et leurs diverses catégories. En ce sens, on utiliserait plutôt, aujourd'hui, les adjectifs "sociologique" ou "sociétal".

L'idéologie socialo-gauchiste s'est emparée de ce terme à la fin du 19ème siècle et l'a restreint et dénaturé pour désigner un activisme allant dans le sens de la "promotion" sociale, de la "solidarité" sociale ou de la "justice sociale". Cette dénaturation du terme découle d'une vision complètement tronquée, simpliste et fausse du "fait social" qui reposerait, selon elle, sur une inconciliable opposition entre des "forts" qui sont des dominants minoritaires (forcément exploiteurs, cyniques et haïssables) et des "faibles", majoritaires, qui sont forcément des victimes qu'il faut donc "défendre" ou "organiser" ou "libérer" ou "émanciper".

Les populismes d'aujourd'hui (les élites contre le peuple), comme les marxismes d'antan (les bourgeois contre les prolétaires), se nourrissent quasi exclusivement de ces dualités imaginaires, artificielles et mensongères.

Dans la réalité, le "fait social" est un tissu de multiples répartitions gaussiennes où l'on peut parfois trouver des jeux de corrélations variables dans le temps ; nulle part, il n'existe de binarités qui ne sont que des mythes idéologiques sans fondement.

Non seulement, ces grilles de lecture binaires sont fausses et puériles, mais elle attise tout ce qu'il peut exister de plus exécrable en l'homme : le ressentiment et la jalousie, l'utopie et la nostalgie.

Cela conduit à oublier que :

  1. Le monde se construit au présent, non tel qu'on le veut, mais tel qu'on le peut.
  2. Chacun est seul responsable de ses propres misères.
  3. La solidarité n'existe qu'entre personnes qui se ressemblent, en confiance.

 

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Quand on parle de la richesses des riches, de quoi parle-t-on ? De leur revenu ? De leur patrimoine réel et matériel ? De leur patrimoine virtuel et financier ?

De plus, on devrait aussi savoir que ce qui compte vraiment dans l'existence, ne peut que très rarement s'exprimer en unités monétaires. De quelle richesse parle-t-on, encore une fois ?

 

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Le modèle industriel, dit-on, scinde le monde du travail en deux catégories distinctes : les entrepreneurs et les salariés. C'est oublier un peu vite (comme l'a fait Marx, entre autres) les dizaines d'autres catégories ni ne relèvent ni de l'une, ni de l'autre. Mais peu importe ici car mon propos est d'affirmer que le nouveau paradigme en émergence ne connaîtra plus qu'une seule catégorie de "travailleurs" : les entrepreneurs. Chacun sera son propre fond de commerce. Tout le travail "physique" sera assumé par des robots (le futur prolétariat). Les humains se développeront par du travail purement "mental" ne nécessitant pas ou peu d'investissement financier ; la fonction purement capitalistique sera presque complètement déconnectée des intérêts humains. Les centres de production "physique" appartiendront à des fonds d'investissement et utiliseront les talents, connaissances et sensibilités de toute une escouade de free-lances, eux-mêmes plus ou moins membres de réseaux autonomes.

 

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Le 05/03/2019

 

Définissons un journaliste au sens le plus large comme quelqu'un qui est payé, d'une manière ou d'une autre, pour produire des messages sur un média quelconque.

Mais ce qui est connu ou banal, n'intéresse personne. Il faut donc surprendre, terrifier, traumatiser, choquer par l'incongruité du "texte" ou le spectacle du "contexte".

Le métier d'un journaliste est toujours de produire de la désinformation spectaculaire ou spectacularisée. Son but n'est jamais d'informer, mais de capter de l'audience ; le fait brut n'est qu'un prétexte qu'il faut "couvrir". La déontologie journalistique n'est plus qu'un paravent mité depuis longtemps (si elle a jamais existé).

L'information brute n'existe pas. Tout média agrège, traduit, structure, exploite et (re)formule une nébuleuse de témoignages, plus ou moins directs, teintés parfois d'un poudrage de faits vaguement bruts (mais toujours déformés par les instruments et angles d'attaque) en vue construire des informations sophistiquées censées attirer le gogo et gonfler son public - afin, au passage, de lui voler de l'attention afin de faire rapporter de la publicité.

L'idéologie institutionnelle du média ou celle propre au journaliste font évidemment partie du processus de construction du message final. Elle apparaîtra peu ou prou selon que cette idéologie est, ou non, un argument d'audience.

 

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La carriérisation de la vie politique au niveau étatique a construit, au fil des temps - depuis 1945, en gros - une caste politicienne (métropolitaine, essentiellement) qui vit "hors-sol", nourrie de rapports provenant de technocrates ou d'instituts, de rumeurs et, surtout, de l'absorption massive et  assidue des messages venant des médias, etc … mais pas de la vie réelle.

La question centrale n'est pas : "Comment piloter la nation vers un avenir plus ou moins radieux ?" ; ils savent tous qu'une nation n'est plus pilotable depuis longtemps.

La seule question cruciale est : "Comment plaire ou déplaire ? Et à qui ? Comment séduire ? Et qui ?"

Dans cette caste métropolitaine de quelques centaines de gugusses et gonzesses, au plus, tout le monde s'épie, s'entreregarde, s'entredéchire ; tout est sujet à cancan, à rumeur, à voyeurismes et à exhibitionnismes - surtout depuis que tweeter fait office d'intelligence collective - ; on élabore, avec son "état-major", des stratégies et tactiques en vue d'une "photo", d'une "une", d'un "prime-time", d'une "interview fleuve" auxquels quasi personne, hors ceux de la caste des "hors-sol", n'attachera la moindre importance.

 

Philosophiquement, ce qu'il faut conclure de tout ceci c'est que lorsqu'une communauté, aussi petite ou grande soit-elle, est construite quasi exclusivement sur des relations de séduction, cette communauté s'étiole et meurt.

 

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Il faudra écrire une "Philosophie de l'anti-séduction" …

 

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Le 06/03/2019

 

De Jacques Prévert :

 

"On reconnait le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va."

 

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La technique est l'art de transformer la connaissance scientifique en outils afin d'exploiter ou de transformer le Réel au profit de l'humain. Bergson prétendait que la technique était le propre de l'homme. L'essence humaine serait donc démiurgique (créer un monde) et prométhéenne (détourner le monde).

Friedrich Nietzsche, Henry David Thoreau, Waldo Emerson, Martin Heidegger, Hans Jonas, Hannah Arendt, Norbert Wiener, Georges Bernanos, Aldous Huxley, George Orwell et tant d'autres, depuis plus d'un siècle, n'ont cessé d'en dénoncer sinon les méfaits, du moins les limites. Mais aujourd'hui, il semble que la technologie n'entende plus rien d'autre qu'elle-même et ne soit devenue le cheval fou, sans mors, de sa propre démesure.

Le transhumanisme n'en est que l'épisode burlesque, démentiel et fantasmagorique, mais qui masque une réalité de robotisation et d'algorithmisation généralisées dont on peut attendre le meilleur, mais surtout le pire.

 

Comme toujours, notre époque nous force à nous poser la lancinante même question éthique : le technologie, certes, mais au service de quoi ?

Cette même question se pose, encore et toujours, à propos de la finance, de l'économie, de l'entreprise, de la société, de l'humanité … et de l'existence personnelle même.

Et ma réponse est toujours la même aussi : il faut que tout cela soit au service du meilleur accomplissement, dans la durée, de la Vie et de l'Esprit, au sens surhumain de ces termes, de la grande et vraie Nature (l'univers biotique) et de la grande et vraie Culture (l'univers noétique), dont les humains doivent être les servants et non les maîtres.

 

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Peut-être l'homme doit-il être dépassé. Peut-être l'homme doit-il être surpassé. Peut-être n'est-il que le support ou le milieu intermédiaires de la prochaine grande émergence, du prochain big-bang. Tout cela est plus que probable.

Mais la technologie en est-elle le bon chemin ? La spiritualité n'en est-elle pas la voie royale ?

 

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Le 07/03/2018

 

Le temps minimum de travail d'un fonctionnaire en France est de 1607 heures par an (35 heures pendant 45,9 semaines sur 52 donc avec plus de 6 semaines de vacances par an). La moyenne du travail effectivement presté est de 1567 heures (soit 2,5% trop peu, sur lesquels on ferme allègrement les yeux). Mais à la Seine-Saint-Denis et autres lieux pourris, on tombe à 1463 heures par an, soit à 93% du temps plein théorique.

De plus, la caste planquée des enseignants ne doit prester que 1350 pour être considérée à l'équivalence, soit à 84% d'un temps plein fonctionnaire théorique et ce de manière totalement injustifiée : les soi-disant temps de préparation devraient être prestés, à l'école, au service de l'école, afin qu'il y ait un vrai temps plein effectué (avec réduction des vacances fonctionnaires aux 6 semaines normales afin de ne plus confondre les vacances fonctionnaires des enseignants et les vacances scolaires des gamins).

De plus, les mêmes pourcentages de non prestation s'appliquent aux enseignants ce qui réduit leur prestation de 1350 heures théoriques à entre 1255 et 1309 heures effectives par an.

Sachant que, en plus de toutes ces non prestations injustifiées passées "inaperçues", viennent se greffer tous les congés-bidons "pour grosse fatigue", pour "tendance dépressive" et autres maladies imaginaires, on en arrive à une gabegie phénoménale.

Et enfin, pompon : même si le fonctionnaire est présent n heures, cela ne signifie nullement qu'il travaille efficacement durant ces n heures. On considère généralement que 60 à 40% du temps de présence ne produit rien d'utile à la mission de l'agent et sert à "fumer sa clope", boire son café, discuter le bout de gras avec les copains, préparer la prochaine grève ou la prochaine manif ou, simplement, "glander". … ou utiliser son ordinateur pour régler ses affaires domestiques et ses vacances, ou simplement jouer en ligne.

On peut donc considérer globalement que, dans le paysage actuel de la fonction publique, toutes missions et catégories confondues, on pourrait réduire de moitié environ les effectifs et les coûts salariaux publics. Cela signifie que, globalement, la moitié du temps de "travail" payé dans la fonction publique est du temps totalement improductif pour les citoyens.

De plus, si l'on convient que la France est de loin le pays le plus sur-étatisée par rapport aux pays développés et efficients, et que 60% des missions que l'Etat s'est octroyées, devraient être rendus au secteur privé, cela réduirait le nombre des fonctionnaires ou équivalents à 30% du nombre actuel.

Autrement dit : 70% des fonctionnaires actuels et assimilés devraient être enfin virés !

 

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N'en déplaise aux souverainistes et populistes de tous poils, la continentalisation du bassin humain et la disparition des Etats-nations ne confirment en rien leur complotisme paranoïde, mais bien l'inexorable conséquence d'une logique métahistorique qui les dépasse de mille lieues.

 

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Le complotisme … Retour à la pensée magique avec ses forces maléfiques, ses sorciers aux pouvoirs surnaturels, ses armées de zombies lobotomisés, … et au centre de toute cette fantasmagorie, le Grand Architecte judéo-maçonnique, Antéchrist absolu, qui veut transformer le monde en empire du Mal et en éradiquer ce qui serait censé glorifier la grandeur de l'homme libre, amant de sa terre !

Si un Antéchrist il faut trouver, allez donc plutôt voir du côté des Frères musulmans et du salafisme qu'il distille. Là au moins, il ne s'agit pas de complot secret et sournois, mais de guerre déclarée ouverte à l'occident et à toutes les valeurs "maléfiques et pécheresses" qu'il incarne.

 

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Les grands facteurs d'augmentation de l'espérance de vie en Europe (doublée entre 1870 et aujourd'hui) :

  1. L'hygiène générale.
  2. Le combat contre la mortalité infantile.
  3. Le combat contre la mortalité obstétricale
  4. Les antiseptiques.

Donc pour un homme : bonne hygiène vie (la défense contre les dérèglements internes) et pénicilline suffisent (la défense contre les attaques externes).

Et le reste : du pipeau ? Non, pas nécessairement, mais surtout du "confort de vie" au-delà de l'espérance de vie.

De quoi meurt-on, alors ? De maladies non transmissibles : 30% de cancers, 25% de maladies cardiovasculaires, 6% de maladies respiratoires chroniques et 2% de diabète (un tiers, donc, seulement, meurt bêtement de vieillesse). En gros, on meurt de dysfonctionnements holistiques (émergentiels) de l'organisme contre lesquels la médecine mécanicisme analytique occidentale est largement impuissante.

Cependant, depuis 2003, l'espérance moyenne de vie diminue dans les pays développés du fait de deux effets :

  1. Le premier est que l'on atteint, asymptotiquement, la barrière fatidique des 110 ans de longévité maximale humaine et que, donc, l'espérance de vie ne pourra plus beaucoup progresser.
  2. Les causes majeures de décès  - qui échappent à la médecine occidentale officielle qui peut en atténuer ou en différer les effets, mais non les guérir - ressortissent essentiellement de causes écologiques (pollutions), nutritives (tabac, drogues, alcool, agrochimie, …) et psychiques (stress, angoisse, anxiété, …).

 

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D'un souverainiste français attardé, Edouard Husson, mais plus lucide que le saltimbanque Gérard de Villiers :

 

"Monnet, Schuman, Hallstein ne sont pas des marionnettes: ils ont leur personnalité propre. (…). ; ils étaient habités par une véritable passion antinationale. (…) Ils sont de vrais “pères fondateurs”, habités par la passion de substituer l’administration des choses au gouvernement des hommes, la technocratie européenne aux nations. (…) la volonté de tuer la politique qui animait Jean Monnet, héritier du saint-simonisme."

 

Quel bonheur d'entendre ces mots inespérés : "passion antinationale", "tuer la politique", "substituer l’administration des choses au gouvernement des hommes ", "technocratie européenne", … C'est bien aussi le discours européaniste de Macron et d'autres.

Tuer définitivement le nationalisme sous toutes ses formes : voilà le grand défi socioéthique de ce 21ème siècle naissant. Faire renaître, à la fois - car ils sont totalement complémentaires - le continentalisme civilisationnel et culturel, et le communautalisme socioéconomique.

 

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On a terriblement détourné la pensée d'Alan Turing. Son fameux test ne cherche pas à discerner la "vraie" intelligence de la "fausse" intelligence. Turing sait parfaitement bien que ce que l'on appellera l'IA n'est pas de l'intelligence, mais bien de la simulation de certains processus participant de l'intelligence humaine. Son "test" ne vise qu'à mesurer à partir de quel moment le simulacre devient évident et est donc dénoncé.

 

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Il est urgent de rappeler la "loi de Gabor" du physicien Dennis Gabor (1900-1979) : "Tout ce qui est techniquement possible sera nécessairement réalisé."

Tout ce qui sera robotisable, sera robotisé.

Tout ce qui sera algorithmisable, sera algorithmisé.

Même pour le pire des possibles, il y a aura toujours le pire des pervers pour le faire.

 

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La technico-économie a amené un changement de regard qu'a parfaitement dénoncé Martin Heidegger : le Réel n'y est plus vu que comme un réservoir de ressources. Il y a utilitarisation, donc profanisation, donc profanation, donc sacrilège à l'égard du Tout qui dépasse infiniment le nombrilisme humain. On a oublié ce que la Bible appelle "la crainte de Dieu" qui n'est pas un peur puérile ni une culpabilisation névrotique, mais bien, une respect incommensurable pour ce qui dépasse les humains.

 

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Le problème n'est pas l'égalité (rien n'est jamais l'égal de rien). La question sociétale unique est de laisser à chacun le choix de construire - ou pas - sa propre joie de vivre, à sa mode, sans blesser ni léser quiconque. Si certains veulent s'entraider et se solidariser, c'est leur choix. Si d'autres préfèrent la solitude et l'autonomie, c'est leur choix aussi. Il n'y a pas à statuer sur toutes ces questions, ni moralement, ni politiquement, ni juridiquement.

 

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Ce que les marxistes (Marx) et les néo-marxistes (Marcuse) psalmodient sur la même scie des "contradictions internes du capitalisme", revient simplement à observer que le Réel est une superposition de bipolarités qui, chacune, construit sa propre régulation circulaire. La demande de consommation appelle la consommation qui induit la surproduction. Oui. Comme l'appétit sexuel appelle la copulation qui induit la prostitution. Oui. Comme la pauvreté appelle la richesse qui induit le ressentiment. Oui. Comme l'ignorance appelle la connaissance qui induit le populisme. Oui.

D'une façon plus générale, ainsi que l'exprime la posture bouddhique : le désir appelle la satisfaction qui induit la frustration.

Ce schéma des circularités bipolaires n'est en rien propre au capitalisme ; il est la vie même.

Ivan Illich avait parfaitement désidéologisé ce schéma en montrant que l'homme moderne est, d'un côté, "consommateur et prisonnier de la société des loisirs", de l'autre, "producteur et asservi à l'industrialisation", donc au capitalisme, privé ou étatique.

 

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Ivan Illich écrivait en 1971 : "L'école finit par nuire à l'éducation".

Notre époque, déjà depuis 1975, vous donne malheureusement raison, Monsieur.

La plupart des jeunes sont devenus non-instruits (incultes) et non-éduqués (barbares). Ce néo-primitivisme est un signe flagrant de dégénérescence et de déclinisme irréversibles, dans le cadre du paradigme ancien.

 

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Le passage du mécanique ou numérique, n'est pas une affaire de degré, mais de nature. La technologie mécanique prolongeait et amplifiait la main de l'homme, sur le plan de la Matière. La technologie numérique ambitionne de prolonger et d'amplifier la pensée de l'homme sur le plan de l'Esprit. Le hic est que l'on a voulu court-circuiter l'indispensable niveau intermédiaire de la Vie, entre Matière et Esprit. Car, depuis presque deux siècles, la biologie se heurte frontalement à une incapacité foncière à maîtriser et reproduire la moindre cellule vivante.

Or, l'Esprit est une émergence directe de la Vie, et non de la Matière ; il est donc oiseux et puéril de croire que l'on va pouvoir courir avant que de marcher et produire de l'Esprit artificiel au départ de la Matière de circuits électroniques ; et si l'on court malgré tout, c'est vers la grande chute.

 

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Pendant des siècles, la culture, la science, la connaissance ont été le symbole de l'émancipation humaine ; le travail manuel, agricole, d'abord, ouvrier, ensuite, a été longtemps - depuis les "hommes libres" grecs - symbole d'aliénation, de servitude, voire d'esclavage.

La "liberté par l'esprit et la pensée", en somme. Aujourd'hui, par un curieux renversement, de plus en plus de jeunes refusent la voie des savoirs, devenue trop aliénante, paraît-il, et s'en vont recréer un pseudo-primitivisme, réinventé et fantasmé par les baba-cools post-soixante-huitards.

Ces expériences néo-naturalistes et néo-minimalistes me sont extrêmement sympathiques, mais ne sont qu'une utopie puérile de plus à enfiler sur le chapelet oratoire des perles fantasmagoriques.

Mon grand-père, fermier flamand, peu soupçonnable de modernisme, disait souvent : "On ne devient pas paysan ; on naît paysan". Le rejet de la culture ne prédispose pas spécialement à l'agriculture …

C'est par la science - et avec de tout autres techniques - que l'on doit réinventer tous les métiers de demain, et non par son refus.

 

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Je voudrais tant que l'on cesse de parler de fake-news alors que le français offre de splendides "infos-bidons".

 

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Le 08/03/2019

 

Si vous pensez que l'aventure est trop dangereuse, vous pouvez essayer la routine : c'est mortel !

 

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Les étymologies sont toujours édifiantes.

Le mot "physique" (l'étude de la Nature) vient du grec physis (la Nature) qui dérive du verbe physein qui signifie : "croître, se développer, s'accomplir" : la Nature,  c'est ce qui est en croissance, en développement et en accomplissement.

Et le mot "nature" lui-même dérive du latin natura qui est le participe futur de nasquior qui signifie : "naître" : la Nature, c'est qui est à naître, ce qui est en train de naître.

Ces étymologies invitent à mesurer combien la science moderne classique a perdu le contact avec le Réel en le réduisant à un assemblage de briques immuables interagissant par des forces immuables selon des lois immuables : l'univers y est devenu un objet assemblé et non plus un processus vivant en accomplissement.

 

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Dans son "De natura deorum" (réplique au "De natura rerum" de l'épicurien atomiste Lucrèce), le stoïcien Cicéron écrit :

 

"(…) le monde lui-même est Dieu, dont l'âme se répand partout. "

 

De même, dans "Questions naturelles", le stoïcien Sénèque écrit cette phrase sublime :

 

"Qu'est-ce que Dieu ? L'intelligence de la Nature.

Qu'est-ce que Dieu ? Le tout que tu vois, et le tout que tu ne vois pas."

 

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Il est clair que, tant les végétaux que les animaux, jouissent d'un mental actif construit sur le dialogue permanent, dans un embryon de Conscience, entre la Sensibilité (ce qu'ils perçoivent) et la Mémoire (ce qu'ils sont). La Volonté y est réduite au seul instinct de survie individuelle et collective. Et l'Intelligence, pour les plus évolués d'entre les animaux, révèle un embryon de puissance anticipative. Donc, l'Esprit est bien présent dans tout ce qui vit et la différence, si souvent mise en exergue, entre les humains et les autres vivants, est une question de degré, mais certainement pas de nature.

 

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Le 09/03/2019

 

Au livre des Proverbes (8;5), il est écrit :

 

" Distinguez, benêts, une sagacité et, stupides, distinguez un cœur."  

 

Dans la tradition hébraïque, le cœur était le siège de l'intelligence et non celui de la sensibilité.

 

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De Sénèque :

 

"Oh ! que l'homme est petit, s'il ne s'élève pas au-dessus des choses humaines. (…) Je ne vois pas qu'on doive s'applaudir d'être le pus valide d'une infirmerie."

 

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Le 10/03/2019

 

De mon complice Paul Matthys :

 

" Je suis persuadé que toutes les notions fondamentales en physique sont en grande partie des tautologies.  Le physique est forte comme discipline opérationnelle mais faible ontologiquement."

 

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Je suis atterré de constater que l'étude des langues fondatrices de toute la culture européenne (l'hébreu, le grec et le latin) est en voie de disparition ; c'est une catastrophe intellectuelle incommensurable !

 

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L'homme faible a besoin d'espérance. Il a besoin de croire en quelque chose d'autre que ce qui existe ; il a besoin de mettre des fantasmes derrière le Réel.

Ce quelque chose qu'il met derrière le Réel qui existe, peut s'appeler une religion ou une idéologie (deux concepts qui, pour moi, deviennent de plus en plus synonymes).

Il faut qu'il ait l'espérance d'une autre vie que celle qu'il vit ; une autre vie qui soit ailleurs (religion) ou plus tard (idéologie). Il cherche son "salut" hors du Réel, dans l'irréel, dans l'imaginaire.

L'idée même d'initiation spirituelle vise, précisément, à inverser ce regard et à comprendre que le Sacré, que le Salut, que la Vérité, que la Connaissance, que la Joie n'existent pas hors du Réel, mais sont dans la fusion spirituelle totale avec ce Réel lui-même.

Recevoir l'initiation, c'est être amené à commencer à regarder et à voir autrement, de manière inversée, à commencer à déconstruire tous les fantasmes, tous les idéaux, toutes les spéculations qui éloignent l'homme du Réel … Car, hors du Réel, il n'y a rien ! Absolument rien ! Mais dans le Réel, il y a tout pour vivre pleinement, pour s'accomplir pleinement, pour connaître la plénitude de la Joie absolue.

 

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De Néa, à propos des délires de Koons ou autres, comme négation de la substance de l'art ou de l'oeuvre :

 

"On appelle ça de l'art contemporain,

mais c'est en réalité de l'art comptant pour rien."

 

Et aussi, plus sérieusement :

 

" L’OMS explique que croire qu’on est une femme quand on est un homme, ça n’est plus une pathologie. Tout cela participe d’une entreprise générale de négation de l’essence, de la substance. En niant cette donne, on croit permettre l’effacement de la question qu’on ne parvient plus à résoudre."

 

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De façon largement consensuelle dans l'Union européenne (entre 55 et 75% de la population, selon les pays), le problème majeur est de restaurer le primat de la culture européenne contre la culture musulmane envahissante (et, bien sûr, contre l'immigration et le terrorisme qui l'accompagnent).

Il faut le dire clairement : les Européens estiment que l'ennemi n°1, aujourd'hui, c'est l'Islam. Et qui pourrait leur donner tort ?

Or l'islamo-gauchisme ambiant, fanatiquement défendu par les castes politiciennes et journalistiques, oppose une déni hallucinant et dictatorial à cette réalité sociologique. Ce faisant, il fait le lit de tous ces populismes qui infectent la vie sociale et politique.

Il est temps que l'Europe s'affiche comme définitivement et profondément occidentale et non musulmane.

Il est temps que l'on parle vrai et que l'on désigne les Frères musulmans comme ennemis à abattre et que l'on somme les pays arabes - surtout ceux qui vivent du pétrole - de cesser de financer ou de soutenir les mouvances salafistes sous peine d'embargo.

 

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I l existe un consensus apparent sur des thèmes comme relevé par certains sociologues comme Chloé Morin :

 

"Nous sommes tous ou presque favorables à une réduction des déficits publics ; tous favorables ou presque à ce que l’hôpital public soit doté de davantage de moyens ; tous hostiles ou presque à ce que les services publics désertent les zones rurales ; tous favorables ou presque à ce qu’il y ait davantage de redistribution des richesses des plus riches vers les plus pauvres…";

 

mais on ne prend pas en compte le fait indéniable que toutes ces mesures coûtent très cher à une communauté qui refuse d'en payer le prix au travers d'une augmentation des impôts ; on veut tout, mais sans en payer le prix ; on veut le beurre et l'argent du beurre ; on veut que les "riches" (en quoi ?) paient tout pour les (faux) "pauvres" qui dépensent un argent fou en loisirs, malbouffes et gadgets absurdes.

Cela s'appelle de l'infantilisme politique et économique.

 

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Clifford Young définit le populisme : "comme une stratégie de conquête du pouvoir, s’appuyant sur une volonté populaire, à travers la confrontation avec différents boucs-émissaires (le système, les étrangers, les élites, les assistés…), plutôt que par une ou des idéologies bien définies".

 

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L'inefficacité du système politique ne vient pas des politiques, mais des institutions et administrations qui, toutes sans exception, participent de cette logique bureaucratique à laquelle même les élus détenteurs des plus hauts pouvoirs sont incapables de s'opposer.

Ce ne sont pas les politiques qu'il faut blâmer de l'inefficience et de l'absurdité du système, mais bien les fonctionnaires.

La seule issue est de démanteler quasi toutes ces institutions (et de virer tous les fonctionnaires) et d'obliger l'Etat à ne rien faire par lui-même et à tout sous-traiter à des firmes privées soigneusement sélectionnées et contrôlées (par d'autre firmes privées).

 

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De Michel Drac :

 

" On sera Européen ou rien. Mais l'actuelle Union Européenne ne ressemble à rien et n'est pas un projet sérieux. C'est la construction d'une Europe intégrée qui peut nous sauver au 21ème siècle. La France toute seule, ça n'est pas possible. On doit être Européen, c'est comme ça. "

 

Rien à ajouter !

 

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Quand on vit sur un niveau spirituel au-dessus de la populace, il faut s'attendre, si cela se sait, à ce que la populace montre ses dents et sorte ses griffes.

Les Juifs et les Francs-maçons sont des boucs émissaires tout désignés aux yeux de tout ce qui est médiocre dans ce monde humain.

 

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Chaque culture profonde, qu'elle soit régionale, nationale ou continentale, est un mélange particulier d'économique, de politique et de noétique. Chacune cultive son propre dosage.

La France (comme l'Italie et la Russie), avec son hypertrophie politique et ses anciennes gloires noétiques (de Descartes et Pascal à Bergson ou Teilhard), est économiquement nulle.

L'Allemagne, avec les pays scandinaves, est probablement, aujourd'hui, l'un des exemples les plus remarquables d'un dosage équilibré.

La Grande-Bretagne a abandonné le noétique il y a longtemps et cultive l'indolence économique et politique.

Les USA - suivis de loin par le Canada, comme la Chine -, obsédés d'économique, ne savent même pas que le noétique existe et balbutient une oscillation politique permanente entre cynisme et puritanisme.

Les contrées multiples de l'Islamie ne connaissent que le politique dans ses versions les plus perfides et perverses : là, l'économique est synonyme de pillage de la Nature ou des autres, et le noétique se résume à de l'idéologie primitive.

L'Inde hypertrophie le noétique, et brouillonne l'économique et le politique.

L'Afrique noire est au niveau zéro dans les trois dimensions.

De plus, ce bon dosage vital entre économique, politique et noétique, devrait répondre à une tension dynamique entre identité locale (ce que l'on est déjà devenu) et projet sociétal (ce que l'on pourrait encore devenir).  Comme ces projets et ces identités sont presque partout laminés par une bien-pensance humaniste, universaliste, égalitariste, matérialiste et hédoniste, les trois moteurs économiques, politiques et noétiques pédalent, presque partout, dans le vide.

S'il n'y a ni identité affirmée, ni projet partagé, l'économique, le politique et le noétique ne sont qu'au service d'eux-mêmes ce qui ne peut conduire qu'à l'effervescence inefficiente sinon aux conflits en tous genres.

 

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Payer de l'impôt en échange de services publics efficaces : oui !

Payer de l'impôt pour engraisser des parasites sociaux : non !

Voilà où l'on en est, aujourd'hui.

Les idéologues - surtout ceux du socialo-gauchisme - ont oublié ce principe fondamental du fonctionnement humain : chacun ne peut être solidaire que de ceux qui lui ressemblent.

 

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Le 11/03/2019

 

De Annegret Kramp-Karrenbauer (leader CDU en Allemagne) :

 

"Avant de distribuer les richesses, il faut les créer. Nous devons miser résolument sur un système de subsidiarité et de responsabilité individuelle impliquant que chacun assume ses engagements. Le centralisme européen, l'étatisme européen, la mutualisation des dettes, l'européanisation des systèmes sociaux et du salaire minimum seraient la mauvaise voie. (…) Le sentiment d'appartenance commune et de sécurité en Europe a besoin de frontières extérieures sûres. Nous devons parachever Schengen par un accord sur une protection sans faille des frontières, par la mise en place d'un registre électronique des entrées et sorties et par le développement du système d'information Schengen. "

 

Stop définitif à toutes les formes de socialo-gauchisme ! Chacun est seul responsable de ses propres déboires.

 

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De Théodore Monod :

 

"L’utopie, ce n’est pas l’irréalisable, mais l’irréalité."

 

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Le 12/03/2019

 

D'Hubert Reeves (extrait de : "Le Banc du temps qui passe") :

 

" Un empereur chinois, amateur d'oiseaux, demande un jour à un peintre de la cour, connu pour son talent, de lui faire un tableau d'un rouge-gorge. Le peintre lui promet de se mettre à l'ouvrage mais refuse de donner une date d'achèvement de son travail. L'empereur revient souvent aux nouvelles mais sans succès. Après de nombreuses années, il s'impatiente, pénètre dans l'atelier et aperçoit le peintre devant une toile blanche.

"Tu t'es moqué de moi, tu mourras."

"Accorde-moi encore quelques minutes", répond le peintre.

Il prend son pinceau et, d'un trait, dessine le plus sublime rouge-gorge."

 

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Notre époque vit le divorce radical entre ceux qui génèrent la richesse sous forme de valeur d'utilité (les entrepreneurs au sens large), ceux qui en profitent légitimement (les consommateurs et les salariés) et ceux qui la détournent éhontément (la finance, l'Etat et les parasites sociaux).

Il faut éliminer ces troisième catégorie du jeu, le plus vite possible en cassant l'économie spéculative, en bridant l'étatisme et en éradiquant les assistanats.

 

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Dans "Mein Kampf", Adolf Hitler, en "bon" homme de gauche qu'il était, veut "protéger le peuple allemand" contre le capitalisme spéculatif (la finance), en soumettant l'économie industrielle et le capitalisme entrepreneurial allemands à l'Etat central et autoritaire qui, selon lui, est l'incarnation véritable la Nation allemande (cfr. Hegel).

Or, dans le droit fil des "Protocoles des Sages de Sion" et de Gottfried Feder, son maître à "penser" en matière économique, Hitler assimile absurdement la finance spéculative internationale aux Juifs (le vieux souvenir de la banque Rothschild responsable de la chute de Napoléon Bonaparte) …

On connaît la suite !

Les populistes et autres "gilets jaunes" antisémites d'aujourd'hui, ne disent pas autre chose … 

 

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Le 13/03/2019

 

En physique, il n'y a jamais de miracle .. et, en thermodynamique, on finit toujours par payer plus que ce que l'on ne gagne.

Tous les gogos des mythologies technologiques devraient s'en souvenir tous les jours …

 

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De Delphine Horvilleur :

 

"Le Juif (…) est souvent haï, non pour ce qu'il N'A PAS, mais pour ce qu'il A."

 

Les racismes vulgaires vise ceux qui sont supposés être moins (au moins dans l'apparence). L'antisémitisme vise une communauté qui est supposée être plus.

 

"Voilà pourquoi on a tant de mal à lui pardonner le mal qu'on lui a fait …"

 

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Dès la légende d'Abraham, le terme "hébreu" ne désigne pas une race, mais un état : l'état de celui qui "passe", de celui qui "traverse", de celui qui "féconde".

Il ne s'agit pas du nomade ; il s'agit de l'exilé.

C'est l'exil qui fonde la nature hébraïque et, partant, juive.

La racine 'EBR forge le nom de l'ancêtre éponyme du peuple hébreu (au sens culturel et non au sens génétique) (Gen.:11;14-16) : Ebèr ! l'arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père d'Abram qui deviendra Abraham. D'Ebèr, on ne sait rien. La Torah n'en dit rien, hors qu'il devint père à 34 ans et mourut à 464 ans.

Ebèr est fils de Shéla'h (ShL'H : "envoyer, expédier") et père de Phélèg (PLG : "différer, opposer").

Tout cela se tient : le père envoie, l'homme passe et le fils diffère … La logique est sauve.

 

Sur ordre de son dieu (Lèkh lèkha : "Va-t-en pour toi de ton terroir, de ton berceau et de la maison de ton père vers le terroir que je te montrerai"), Abraham quittera définitivement sa patrie originelle, et, avec sa femme Sarah et son neveu Loth, ils quittèrent définitivement de pays de 'Haran , dont le midrash dit que c'était un pays d'idolâtrie (avec la Pâque, Moïse, le lévite, fera de même : sortir le peuple hébreu de la "maison d'esclavage").

Voilà sans doute ce qui fonde l'identité hébraïque et juive : le refus radical et indéfectible de toutes formes d'idolâtrie, donc d'esclavage. Le refus de toute "servitude volontaire".

 

Si l'on écrit Abram ou Abraham en deux syllabes, il vient 'ABR-M ou 'ABR-HM, et l'on ne peut s'empêcher de rapprocher ce 'ABR du 'EBR. Or le mot 'ABR signifie, si bellement, "aile" ou "envol" ou "s'envoler" : après "le passage", "l'envol".

L'essence même de la judéité est le mouvement, la dynamique, le devenir (ni l'avoir, ni l'être) ; non pas l'errance hasardeuse du nomade, mais la quête obstinée du cherchant, la quête d'une "terre promise" … improbable.

Le mot Torah, lui-même", signifie "parcours, exploration".

 

Cela inspire une typologie culturelle humaine en trois pôles :

  1. Le sédentaire qui demeure.
  2. Le nomade qui maraude.
  3. L'exilé qui chemine.

Le chrétien est sédentaire. Le musulman est nomade. Le juif est exilé.

La nature profonde de l'antisémitisme est la haine, tant par le sédentaire que par le nomade (mais pour des raisons sensiblement différentes), de l'exilé cheminant qui ne veut ni demeurer, ni marauder.

Et en ne demeurant ni ne maraudant, l'exilé donne mauvaise conscience aux sédentaires qui stagnent et aux nomades qui grappillent.

Et il s'attire donc leur haine.

 

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Le fondateur tutélaire de l'antisémitisme, selon la Bible, est 'Amalèq, descendant d'Esaü, l'ennemi absolu du peuple hébreu et de la Maison d'Israël. Son nom ne signifie … rien. Il est l'insignifiance absolue !

 

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Le 14/03/2019

 

L'innovation en tout, partout, tout le temps.

 

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On ne peut pas décider où l'on va si l'on ne sait ni qui l'on est, ni d'où l'on vient.

 

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L'homme s'oblige.

 

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Le 15/03/2019

 

L'Etat et toutes ses ramifications sont des inventions modernistes condamnées à disparaître avec la Modernité. Il ne sert désormais plus de rien, ni de les combattre, ni de les servir.

La politique (l'art de vivre harmonieusement en communauté) n'est plus l'affaire de l'Etat.

 

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L'évolution démographique humaine dépend de deux paramètres essentiels : la natalité nette et l'espérance de vie. Partout dans le monde, la natalité nette ne cesse de diminuer (il faut 2,1 enfants par femme pour qu'une population reste constante). Partout dans le monde, ces trente dernières années, l'espérance de vie a augmenté, mais dans les pays développés, depuis quelques années, elle commence à diminuer.

Le résultat global de tout ceci donne un maximum de population aux alentours de 10 milliards vers 2050, puis une lente décroissance démographique (la population mondiale sera revenue au niveau d'aujourd'hui vers 2100, soit autour des 7,5 milliards).

Certains se prévalent de ceci pour affirmer que le problème de la surpopulation mondiale n'en est pas (plus) un. C'est proprement imbécile. Le problème n'est pas le chiffre absolu de la population mais bien le rapport entre la quantité de ressources disponibles (qui diminue à toute vitesse, partout) et le nombre des humains qui vivent sur son dos.

Pour que l'humanité reste viable dans la durée, il faut revenir à une population totale en-dessous des 2 milliards à une vitesse bien plus grande que ce que ces projections prévoient.

Non seulement la natalité nette doit diminuer beaucoup plus vite que cela, mais l'espérance de vie des pays en développement doit suivre la même tendance à la baisse que celle des pays développés (le surpeuplement des villes, l'obésité et le diabète, les pollutions et les changements climatiques vont y pourvoir).

 

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Enlevez le divin de l'homme et il ne reste que l'inhumain.

 

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Le Sacré est le chemin qui mène au Divin.

 

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De Michel Eyquem de Montaigne :

 

"Ô la vile créature que l'homme, et abjecte,

s'il ne se sent soulevé par quelque chose de céleste !"

 

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De Sénèque :

 

"(…) il n'y a rien, en Dieu, qui ne soit âme. Il est tout raison (…)."

 

Derrière cette idée d'âme, de ce qui anime tout, se trouve l'idée d'intention cosmique (une téléologie), antérieure au Logos (une axiologie) qui en exprime les modalités de mise en œuvre. Et ce que Sénèque appelle "raison", n'est autre que le principe de cohérence qui est au cœur de ce Logos cosmique.

 

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Dans son De otio ("A propos d'oisiveté"), Sénèque organise le temps existentiel et distingue le temps "pour le monde" et le temps "pour soi" (Otium). Il appelle "retraite" (le fait de se retirer) la part de ce temps consacré à l'intériorité, à la méditation, au perfectionnement de soi, à l'étude, etc …

Ce thème est d'actualité en notre époque où l'extériorité (le faire, l'avoir, le paraître) a rongé tous les espaces intérieurs et a réduit l'homme à n'être plus qu'un humain, producteur et consommateur, privé de sens et de valeur, condamné à n'être ni ne devenir rien par lui-même, fuyant l'autonomie, la solitude et le silence, vivant "hors sol", loin du Réel, de la Vie et de l'Esprit.

Sénèque fait l'apologie de ce temps de l'intériorité, de ce temps intériorisé dont notre époque manque tant ou, plutôt, dont notre époque ne veut pas.

 

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Je pense que la notion d'utilité va devenir cruciale dans le nouveau paradigme.

Non plus le prix, mais la valeur d'utilité. Non plus l'abondance ni la surconsommation, mais le frugalité minimaliste concentrée sur l'indispensablement utile.

Seul ce qui est utile donne sens et valeur ; et ce qui est utile, c'est ce qui sert à "quelque chose", ce qui sert "quelque chose" qui dépasse l'humain. Est utile ce qui contribue au service de ce "quelque chose" que l'on peut qualifier de "sacré". Car le "sacré", c'est ce à quoi l'on se "consacre", ce à quoi l'on "sacrifie" son ego et ses caprices.

Cela implique - notamment mais pas seulement - une nouvelle esthétique proche du dépouillement et du minimalisme de la tradition zen : éliminer tout ce qui est inutile et esthétiser le peu qui est utile.

Cela implique, aussi, une nouvelle éthique : le bien correspond à l'élimination de tous les superflus et à la concentration exclusive de l'existence sur l'utile.

Cela implique, encore, un nouvel économique fondé sur l'intériorité, sur la qualité de la vie, sur l'utilité maximale et sur la dépense minimale (en termes de ressources en général, et de temps et de travail productif, en particulier).

Cela implique, de même, une nouvelle socialité, minimaliste : peu de contacts, peu d'échanges, peu de relations.

Cela implique, enfin, une nouvelle spiritualité : celle de la quête du "quelque chose" intérieur qui fonde l'utilité et vers où mène le sacré.

Cela implique une nouvelle pédagogie, une nouvelle déontologie, une nouvelle sociologie, une nouvelle politologie, etc … Bref : cela implique un nouveau paradigme (qu'il ne faudra surtout pas confondre avec l'utilitarisme anglo-saxon, tout entier fondé sur l'extériorité, la socialité et la consommation) !

 

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Les nobles capacités d'émerveillement et de curiosité  sont les moins bien partagés des talents humains. La plupart des humains sont tellement obnubilés par leur nombril que, bien vite, ils ne sont plus capables de voir autre chose.

L'humain est un animal narcissique.

Autocentré, égocentré.

Aveugle au monde, à la Vie et à l'Esprit.

 

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Entre le Divin et le Soi, il y a le funeste nombril.

 

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D' Henry David Thoreau :

 

"Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins."

 

et aussi :

 

"L'homme que je rencontre bien souvent n'est pas aussi instructif

que le silence qu'il rompt."

 

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Le 18/03/2019

 

Le syndrome "gilets jaunes" …

Qu'est-ce qu'un "gilet jaune" ? L'expression grégaire d'un type particulièrement médiocre de comportement humain …

 

Bréviaire d'un "gilet jaune" :

 

  1. Le "gilet jaune" ne contribue à rien mais veut profiter de tout.
  2. Le "gilet jaune" est envieux de tout ce qu'il n'est pas.
  3. Le "gilet jaune" cultive tous les ressentiments.
  4. Le "gilet jaune" est assisté en tout, incapable d'autonomie.
  5. Le ,"gilet jaune" n'assume aucune responsabilité.
  6. Le "gilet jaune" estime que tout lui est dû, gratuitement.
  7. Le "gilet jaune" est un animal moutonnier et panurgien.
  8. Le "gilet jaune" croit tous les mensonges qui l'arrangent.
  9. Le "gilet jaune" mesure tout à l'aune de sa propre médiocrité.
  10. Le "gilet jaune" a la nostalgie d'un bon-vieux-temps imaginaire.
  11. Le "gilet jaune" dépense plus qu'il ne gagne, et en veut aux autres.
  12. Le "gilet jaune" ne comprend rien au monde réel.

 

Il n'y a pas que sur les ronds-points que l'on trouve des "gilets jaunes", on en trouve partout, depuis longtemps : dans les syndicats, dans les conseils d'entreprise, chez les fonctionnaires de base, aux cafés du commerce, au parti socialiste qui fut longtemps leur point de ralliement, dans les associations "sociales", chez les bobos urbains, chez les écolos, chez les gauchistes, chez les frontistes, …

 

Le "gilet jaune" est un mécontent ; il est très mécontent de lui-même et en fait le reproche aux autres, à tous ceux qui ne sont pas comme lui, et, bien sûr, d'abord, aux Juifs qu'il ne connaît pas mais qui, depuis toujours, font profession de bouc émissaire pour tous les mécontents d'eux-mêmes, pour tous les jaloux et envieux, pour tous ceux qui refusent d'assumer leurs propres tares.

Le "gilet jaune", au fond, c'est le crétin de base qui ferait mieux de se taire plutôt que de cracher ses insanités.

 

Il y a deux catégories de "gilets jaunes" : les "barbares débiles" qui forment une minorité extrême, agressive et violente, et représentent 23% de la population, et les "médiocres négatifs" qui ne sont pas méchants, brillent surtout par leur bêtise et représentent 40% de la population.

Selon la force d'attraction des "barbares débiles" et la force de répulsion des "élites en place", les "médiocres négatifs" vont, ou pas, rallier - pour un petit temps seulement -  les "barbares débiles".

 

Aujourd'hui, les "médiocres négatifs" sont retournés à leur sacro-saint panem et circenses (foot et McDo) et il ne reste plus que les "barbares débiles" qu'il est urgent de museler et de mettre en cage.

 

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Depuis 2000, les décès par overdose, par suicide et par alcoolisme ont triplé aux USA. De 2006 à 2015 : un million de décès par ces trois causes.

Cela étonne qui ?

 

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De Peter Sloterdijk :

 

" Il faut relire 'Le gai savoir' de Nietzsche : la plupart des gens, depuis toujours, préfèrent des illusions agréables aux vérités déplaisantes."

 

Et du même, sur l'Europe :

 

" L'Union européenne comprend 27 membres : autant de caprices, autant de névroses, autant de ressentiments des plus petits contre les plus grands ! Mais, en même temps, les interactions de ces 27 pays ont pour conséquence une armée de fonctionnaires et d'experts qui ont compris, eux, que l'Europe incarne un miracle politique dans l'histoire humaine. Rendons-nous compte : une entité regroupant 500 millions de personnes sans empereur ni projet impérial. Et unies exclusivement par une vision de coexistence aussi libre que possible, aussi coopérative que faisable. Alors gardons-nous d'une vision surpolitisée du fait européen : l'Europe est le résultat de l'échec historique d'une dizaine de projets nationaux-impériaux. L'Europe-pour-soi, c'est-à-dire l'Europe concrète, a vu le jour au moment de son écroulement, en 1945, alors que l'Europe-en-soi, utopique, est un fantôme de l'historiographie. L'Europe-pour-soi est très jeune, plus jeune que la Russie et les Etats-Unis, mais cette jeune Europe existe déjà beaucoup plus concrètement que les professionnels du 'élargir-et-approfondir-l'Europe' ne le reconnaissent. Le réseau européen est tissé par des dizaines de millions de fils et de nœuds plus stables que les paragraphes du traité de Maastricht ! "

 

Et concernant l'atmosphère mentale globale depuis 20 ans :

 

"(…) l’imposture est devenue l’esprit du monde."

 

*

 

D'Albert Einstein :

 

" Notre époque se caractérise par la profusion des moyens

et la confusion des intentions "

 

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De Jean Tirole, prix Nobel d'économie, au sujet du déplacement du centre de gravité des emplois humains :

 

" Cela fait déjà deux siècles que l’on observe que le progrès technologique prend  les emplois. Mais s’il est vrai qu’il en détruit, il en crée aussi beaucoup. Heureusement, sinon nous serions tous au chômage depuis longtemps. Il ne faut pas être trop inquiet de la mondialisation ou du progrès technologique. La richesse globale augmente. En revanche, il existe un problème de transition mais aussi de perdants à l’intérieur de ce phénomène. La destruction des emplois, qualifiés ou non, va être très rapide, plus qu’auparavant. C’est la seule différence que l’on peut noter avec ce qui s’est passé dans les deux cents dernières années. Ces nouvelles technologies, parmi lesquelles on compte l’intelligence artificielle,

permettent effectivement de se passer d’un certain nombre d’emplois qualifiés ou pas. Par exemple, un médecin généraliste aura des problèmes dans un avenir proche, puisqu’un logiciel bien conçu pourra effectuer une grande partie du travail. Regardez ce qui se passe en Chine : Ant Financial, la filiale bancaire d’AliBaba permet à des millions de PME chinoises d’emprunter jusqu’à 4000 dollars, et donne la réponse à leur demande de prêts en une seconde. Il n’y a pas un seul humain qui soit impliqué dans ce processus. C’est simplement un logiciel, fonctionnant avec des bases de données très importantes, qui prend la décision. Pas trop mal, d’ailleurs puisque le taux de défaillance est d’environ 1 %, un chiffre plus faible que pour les prêts réalisés par d’autres établissements chinois. Ce système permet donc beaucoup d’efficacité économique, mais malheureusement pas de créer des emplois dans les banques. Les emplois créés, eux, sont ailleurs : ces millions de PME, qui, grâce aux financements obtenus, ont pu générer de nouvelles activités."

 

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De mon collègue André Comte-Sponville :

 

"Dans la lutte contre le populisme, la démagogie et les fake-news. Qui peut croire qu’on peut baisser les impôts et augmenter les dépenses sociales ? Qu’on peut accroître indéfiniment la dette de notre pays, donc de nos enfants ?

Qu’on va récupérer comme par enchantement les quelque 80 milliards d’euros d’évasion fiscale ? Qu’on va faire payer beaucoup plus les plus riches sans augmenter l’exil fiscal et appauvrir par là les plus pauvres ? Pauvres 'Gilets jaunes', qui prennent leur colère pour une analyse et leur détresse pour un programme !"

 

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De Franz-Olivier Giesbert :

 

L'intellectuel de gauche "continue, ces temps-ci, à tomber dans tous les panneaux, de l'islamisme à l'antiracisme identitaire importé des universités américaines.".

 

Bref, il tombe dans tous les panneaux des rétro-activismes victimaires (rétro-racisme, rétro-sexualisme, rétro-féminisme, rétro-islamisme, etc …) dont beaucoup, effectivement, ont été importés depuis les campus américains dont le crétinisme et l'inculture ne sont plus à démontrer.

 

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Le 19/03/2019

 

A force de courir partout, ils ne vont nulle part.

A force de courir en rond, ils n'arrivent nulle part.

 

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Il est toujours bien plus facile de vaincre un ennemi que de convaincre un ami.

 

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Le 20/03/2019

 

Je ne rêve jamais et je hais tous les idéaux, toutes les utopies, toutes les idéologies avec ou sans lendemains qui chantent !

J'ai une allergie définitive et profonde pour tous les bobos, baba-cools, écolos citadins, geeks, rétro-activistes de tous poils, amis des pauvres, amis des migrants, amis des victimes, amis des assistés, amis des parasites, amis des immigrés, amis des SDF, amis des chômeurs, amis des trisomiques, amis des sidaïques, amis de toutes les malades du corps ou de l'esprit, amis des LGBT, amis des délinquants, amis des banlieues "défavorisées mais néanmoins délinquantes et rongées de trafics nauséabonds", … et autres "gilet jaunes" débiles, plus ou moins violents, qui imposent leur mal-être au monde.

Je vis dans le Réel, pour le Réel, malgré les 85% de crétins humains qui m'entourent … et qui ne veulent pas connaître le Réel.

L'espèce humaine est une espèce ratée et tarée (l'anagramme est là) : pour un Einstein ou un Montaigne, il y a des milliards de crapules abjectes. Telle est l'humanité.

Humaniste, moi ? Jamais. Plus je connais les hommes, plus j'aime les arbres !

 

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Dans " La médiocratie", Alain Deneault annonce :

 

"La principale compétence d’un médiocre ? Reconnaître un autre médiocre."

 

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De Robert Musil :

 

"Si la bêtise ne ressemblait pas à s’y méprendre au progrès, au talent, à l’espoir ou au perfectionnement, personne ne voudrait être bête."

 

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De Michel Serres :

 

"Beaucoup de nos institutions se trouvent comme ces étoiles dont nous recevons la lumière et dont les astrophysiciens nous disent qu'elles sont mortes depuis bien longtemps".

 

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De Michel Drac :

 

"Que nous reste-t-il à faire ? Et bien commencer à travailler et à jeter les bases de ce qui viendra après la crise (le nouveau monde), c’est la seule façon de faire

pour que notre vie ne soit pas vaine. Voilà la seule chose qu’il nous reste à faire."

 

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D'Alain Deneault :

 

"(…) la révolution anesthésiante à laquelle nous poussent les théories du management et la propension aux petits arrangements institutionnels qui caractérisent les dernières décennies. Parce que les glaciers fondent, parce que le désert avance, parce que les sols s'érodent, parce que les déchets nucléaires irradient, parce que la température planétaire augmente, parce qu'une majorité d'écosystèmes se délitent, parce que l'Etat social s'écroule, parce que l'économie réduite à la finance s'aliène, parce que les repères philosophiques se perdent, notre époque n'a plus le luxe de se laisser conduire à la petite semaine par les médiocres qui dominent."

 

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Le 25/03/2019

 

De Sylvain Tesson :

 

"Revenant de Syrie où j’ai vu des cœurs aventureux relever leurs ruines, n’ayant pas de goût pour le désordre, pas assez sûr de moi pour m’improviser contrôleur de ronds-points, me trouvant trop bien loti par les fées, concevant une horreur du principe de révolution (dont je pense qu’elle est un changement de propriétaire), je préférai m’épargner de porter un gilet sans pour autant critiquer ceux qui les revêtaient. (…) La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer. (…) Fallait-il que le peuple français ait perdu ses nerfs pour se penser le plus malheureux de la Terre ? Oui, la France est un paradis. Et oui, il faut se garder des appels à la révolution. Car une fois la citadelle abattue, si l’on a rien à reconstruire, ne subsistent que les décombres où l’on peut, dans la fumée des pneus, regretter ce que l’on vient de démolir. La révolution est la métamorphose d’une situation qui aurait dû être meilleure en une situation qui ne peut pas être pire."

 

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Le coût estimé des "gilets jaunes" : 200 millions d’euros de dégâts, 10.000 déclarations de sinistres, 500 millions d’euros de chiffre d’affaires perdus en France et 60.000 salariés en chômage partiel.

Qui va payer la facture de ce crétinisme abyssal ?

 

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De Nicolas Baverez :

 

"Ce n'est pas l'Europe qui défait les nations

mais la crise des nations qui menace l'Europe."

 

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Il faudra bien un jour l'admettre définitivement : l'égalité est une absurdité !

 

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De Friedrich Nietzsche (1882) :

 

"Encore un siècle de journalisme et les mots pueront !"

 

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De Martin Heidegger :

 

"C’est le refus de l’animalité qui conduit à la bestialité."

 

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Les notions de "droite" et "gauche" sont nées en France, lors des Etats-généraux de 1789 où le Tiers-Etat était assis à la gauche du Roi et la Noblesse (d'épée et de robe) à sa droite.

Donc, originellement, cette dualité franco-française opposait populisme et élitisme. Rien n'a changé !

 

Comment expliquer, en France, que tout en n'étant absolument pas de "droite" (bourgeoisisme, conservatisme, légalisme, hiérarchisme, etc …), je sois absolument, radicalement et farouchement "anti-gauche" (égalitarisme, populisme, étatisme, progressisme, révolutionnarisme, démocratisme, etc …) ?

La France est un pays profondément idéologisé et idéologique, mais son idéologie dominante est tristement dualiste, enserrée dans l'étau ridicule du "gauche" et du "droite".

 

Le "débat" obsolète entre "gauche" et "droite" appartenait au paradigme moderniste qui meurt sous nos yeux et qui entraine dans sa tombe tous les partis politiques dits "traditionnels" (PC, PS, Ecolo, MODEM, LR, etc …).

Le spectacle politique réel pour aujourd'hui a été également binarisé avec, d'un côté, le populo-démagogisme (FI et RN) et, de l'autre, le libertarianisme (LREM).

Dans ce nouveau débat, ma position est aussi radicale : il faut anéantir le populo-démagogisme sous toutes ses formes car il fait le lit de tous les totalitarismes de demain (y compris celui du salafisme et de tous les rétro-activismes).

 

Derrière tous les rétro-activismes, se terre une victimocratie généralisée.

L'idée est (trop) simple : il y a des minorités victimaires … "donc" la majorité est oppressive, c'est-à-dire un ramassis de bourreaux hypocrites.

Et que signifie "victimaire" ? Cela signifie "victime d'un mal-être dont on rend l'autre responsable". Or, chacun est totalement et personnellement responsable de toutes les joies et souffrances qu'il accepte de vivre.

 

Avant de devenir libre, il faut accepter d'être responsable !

Avant de construire une communauté, il faut d'abord s'assumer pleinement et dédouaner les "autres" de tout ce que l'on aimerait les accuser et de tout ce qu'on voudrait pouvoir se décharger sur eux.

Les autres ne sont pas responsables de soi !

Tant que l'on n'aura pas compris et intégré cela, aucune société humaine pacifiée et féconde ne sera possible.

 

A "gauche", on pleurniche, depuis longtemps, sur deux notions aussi vides l'une que l'autre : "émancipation sociale" et "justice sociale".

Ces deux expressions, propres à la bien-pensance, recouvrent, en fait, deux autres notions beaucoup moins reluisantes : "assistanat généralisé" et "égalitarisme généralisé", deux négations virulentes de la responsabilité de soi et de l'autonomie de soi.

 

La responsabilité personnelle de soi et l'autonomie personnelle pour soi sont les deux conditions sine-qua-non de la construction d'une réalité sociétale positive et féconde. Ces conditions, aujourd'hui, ne sont pas remplies. Cela condamne la réalité sociétale actuelle à n'être qu'une vache à lait perpétuelle au profit de parasites perpétuels.

 

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Aucune liberté n'est permise à ceux qui refusent d'être responsables d'eux-mêmes.

 

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La société doit vivre par-delà l'individu, et non au-dessus de lui.

 

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Il est temps de déclasser définitivement les Marx, Engels, Lénine, Mao-Tsé-toung, d'abord, les Sartre, Beauvoir, Althusser, Derrida, Lacan, Habermas, Deleuze, Foucault, Chomsky, Badiou et tant d'autres, ensuite ; tous héritiers de Hobbes et de son plagiaire Rousseau ; de les considérer comme des faussaires, des imposteurs, des menteurs ; de les jeter dans le cul-de-basse-fosse de la "pensée" humaine, dans les oubliettes définitives de l'histoire intellectuelle et culturelle.

Les monstrueuses erreurs et absurdités idéologiques de ces gens, furent les ferments purulents de l'intoxication et des empoisonnements majeurs du 20ème siècle, jusqu'au début de notre 21ème siècle.

Toutes leurs théories idéologiques sont fausses, mais furent et sont encore les pires ferments de la haine, du ressentiment et de la rage des crétins.

Leur credo tient en ceci : tout ce qui m'arrive de négatif est de la faute de ceux à qui ce négatif n'arrive pas.

 

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De Georges Bernanos ("Les grands cimetières sous la lune") :

 

"La colère des imbéciles m'a toujours empli de tristesse,

mais aujourd'hui elle m'épouvanterait plutôt."

 

Ô combien d'actualité sur nos ronds-points et dans le saccage de nos villes !

 

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Je hais la plèbe … et plus encore les plébiscites.

 

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Le socialo-gauchisme n'est rien d'autre qu'une religion, plutôt laïque et plutôt athée, avec ses prophètes, ses martyrs, ses saints, ses mystiques, ses épiscopats, son clergé, ses messes, ses sacrements, ses histoires saintes, ses livres sacrés, ses miracles inventés, ses fidèles, ses croyants, ses hérésies, ses anathèmes, …

Une religion sur laquelle, comme sur toutes les autres, le flux des faits a autant d'effet de l'eau sur les plumes d'un canard.

Les religions idéologiques, comme les religions théologiques, n'ont que faire du Réel et ne prisent que leurs phantasmes baptisés "idéaux".

 

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Les institutions sociétales ne sont que des superstructures artificielles dont l'infrastructure est la réalité économique.

C'est ce que dit Marx, avec raison.

Mais ce que ne dit pas Marx - et pour cause -, c'est que le fondement de l'infrastructure économique n'est pas financiaro-capitalistique, mais techno-scientifique.

Le capital court derrière l'intelligence, et non l'inverse. Et l'intelligence est foncièrement élitaire et inégalitaire.

L'intelligence (la puissance de création) attire le capital (la puissance d'investissement) et de leur rencontre naît du travail (la puissance d'exécution) et des institutions (la puissance de régulation).

 

Ce qui change radicalement, aujourd'hui, c'est que l'intelligence a de moins en moins besoin d'investissement (de capitaux) et d'exécution (de travail humain), et que les problèmes de régulation se posent bien plus dans le champ éthique que dans le champ économique.

 

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Le 26/03/2019

 

Il ne faut pas négliger la dimension psychologique et culturelle - mais non scientifique - de cette problématique du traitement des déchets sous prétexte qu'ils sont "nucléaires". Sans nier du tout le sérieux et l'importance de cette problématique, il faut aussi apprendre à la replacer à sa place exacte en regard des pollutions, dangers et morts liés aux autres filières énergétiques.

Transformer la Nature au profit de l'homme est toujours une aventure entachée de risques et de dangers, … même en agriculture !

Rien, dans notre univers, n'est ni neutre, ni gratuit.

 

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Le 27/03/2019

 

Les bonnes solutions ne sont ni populaires, ni politiquement correctes, mais la croyance aux miracles et aux fariboles le sont intensément.

C'est curieux ce besoin, même chez des scientifiques de haut niveau, de vouloir croire aux miracles …

 

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La notion d'entropie, pourtant cruciale et fondamentale, n'est pas comprise, même par les scientifiques issus de la physique mécaniciste. C'est agaçant, mais c'est ainsi. Que demander alors à l'homme de la rue ?

 

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Se rappeler la "métaphore de l’artichaut": on a plus de matière dans l'assiette après qu'avant.

 

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D'Edouard Husson :

 

" Historiquement, la violence politique moderne est essentiellement une violence de gauche. La Révolution française voit une nouvelle génération bourgeoise et individualiste s’imposer par l’intimidation, le piétinement des règles de cette civilisation si raffinée qu’était l’Europe du XVIIIe siècle. La France n’échappe aux ravages de la guerre civile déclenchée par les Jacobins qu’en exportant sa violence dans toute l’Europe. Or, parce qu’elle prêchait la liberté et l’égalité, la Révolution a réussi à imposer l’idée qu’il y avait une violence politique légitime, à gauche; et une violence politique inadmissible, celle venant de la droite. Le communisme soviétique, le maoïsme ont eu pendant très longtemps une véritable aura en Occident. C’est sans doute le régime des Khmers Rouges, sorte de réalisation hystérique du rousseauisme, qui a fait basculer l’intelligentsia, définitivement, contre le communisme. Mais nos intellectuels et la gauche en sont-ils devenus plus raisonnables pour autant? Il ne faut pas oublier que beaucoup des néoconservateurs américains venaient du trotskisme. En Europe comme aux Etats-Unis, on a détruit les Etats irakien, yougoslave, libyen au nom de la lutte contre un dictateur devenu une sorte de réincarnation de Hitler. Tony Blair a pu mentir effrontément sur les armes de destruction massive irakiennes parce qu’il était, il est de gauche."

 

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Ce que nous appelons "vie" est un émergence néguentropique et ce que nous appelons "mort" est une dilution entropique. La Vie (au sens cosmique et non individuel) est une oscillation perpétuelle entre ces deux pôles.

 

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Le 28/03/2019

 

La démocratie, c'est enquiquiner tout le monde avec des réglementations idiotes afin de protéger quelques crétins de leurs propres crétineries.

 

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La Bible n'est une collection ni de croyances, ni de dogmes, ni de commandements, ni d'historiographies, ni de révélations religieuses ; la Bible est un jardin d'idées qu'il convient de cultiver sans fin. ; la Bible est le jardin du Sacré qui est le chemin vers le Divin.

 

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L'existence humaine n'a aucun sens ni en elle-même, ni par elle-même ; elle ne peut prendre sens qu'en rapport étroit avec l'intention divine et cosmique qui donne sens et valeur à tout ce qui existe et évolue.

C'est le sens du Tout qui donne sens à ses parties.

 

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La pensée juive restera inaccessible à quiconque ne comprend pas que l'Exil y est fondateur.

L'humain est en Exil par rapport au Divin et l'exil géographique, inscrit dans l'histoire juive depuis le départ d'Abraham loin d'Our et d'Haran, n'en est que le symbole, tout comme les exils en Egypte, à Babylone ou en diaspora.

L'Exil exprime l'éloignement de la Source.

Et sur Terre, les humains sont de plus en plus en Exil profond, puisqu'ils s'éloignent, de plus en plus, de la Source ultime de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

 

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Un humain totalement seul et isolé depuis la naissance, penserait-il ? Autrement dit, la pensée, donc l'Esprit, sont-ils des émergences de la socialité ? Un humain totalement isolé s'inventerait-il son propre langage pour pouvoir penser ?

L'histoire des enfants-loups semble prouver le contraire et ancrer la pensée dans la socialité.

 

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Toute conscience est toujours conscience de quelque chose.

 

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La plus simple et meilleure définition de l'Esprit est d'être la "faculté de penser", c'est-à-dire la faculté de confronter une sensibilité, une mémoire, une volonté et une intelligence dans un champ appelé "conscience" ; cette confrontation a pour souci d'harmoniser les quatre moteurs informationnels et de permettre, ainsi, une anticipation partielle et approximative de l'évolution intérieure et extérieure de l'entité pensante.

 

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Le Réel pris comme un Tout-Un a-t-il la faculté de penser ? A-t-il ou est-il un "Esprit" ? Il n'est plus contestable qu'il ait une mémoire (l'accumulation de tous ses états antérieurs), une volonté (l'intention de s'accomplir en plénitude) et une intelligence (des règles d'évolution dans le cadre d'une économie globale optimisante). La question, alors, devient : a-t-il une sensibilité et une conscience (un champ de confrontation effectif entre tout cela) ? Autrement dit : ressent-il ses propres dysharmonies internes et cherche-t-il à les combattre ou à les atténuer ? Localement, c'est indéniable ne serait-ce qu'au sein de nos propres esprits humains qui font intégralement parties de lui ? Mais globalement ? Il y a des esprits dans le Réel-Un, mais est-il ou a-t-il un Esprit ? Ressent-il et conscientise-t-il globalement son état d'imperfection actuelle ? Je pense devoir répondre par l'affirmative. Non pour des raisons de croyances ou de Foi, mais pour une vraie raison logique : celle d'épurer la dynamique cosmique d'une bonne part de hasard.

 

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Y a-t-il encore moyen d'innover en philosophie (et, surtout, en métaphysique) ? Ou tout a-t-il déjà été pensé  ?

Autrement dit : le philosophe de demain est-il condamné à n'être plus qu'enseignant ?

 

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La phénoménologie de Husserl remet à l'ordre du jour l'idée d'intentionnalité c'est-à-dire l'idée qu'aucun contact de l'esprit avec le monde (intérieur ou extérieur) n'est ni gratuit, ni désintéressé, mais est toujours motivé par une intention, souvent inconsciente.

 

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La mode récente du port de la barbe est, probablement, un dernier sursaut de virilité face aux tsunamis quasi hystériques de l'hyper-féminisme ambiant.

 

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Je viens de comprendre pourquoi les livres d'Emmanuel Levinas m'ennuient tant et me concernent si peu. Outre le fait qu'il soit adepte de la phénoménologie et disciple de Husserl et du premier Heidegger (celui de la phénoménologie du Sein und Zeit), je viens de comprendre (in : "Ethique et infini") que l'impersonnalité du Réel (le "il y a" pur qu'il déteste tant parce qu'il évoque sa terreur pathologique de la solitude) est, pour lui, une source effrayante d'angoisse qu'il cherche, à toute fin, à exorciser dans la personnalisation (souvent absconse et verbeuse) du rapport à l'autre ("le visage de l'autre").

 

Alors que pour moi, la dépersonnalisation radicale de tout, est une condition sine-qua-non de l'accès à la Gnose, au Sacré et au Divin.

La Personne (la per-sona) n'est pas un Visage qu'il faut contempler, mais un Masque qu'il faut arracher.

Ce qui tue la spiritualité, c'est la personnalisation de Dieu.

 

La répulsion profonde de Levinas (qu'il emprunte à Franz Rosenzweig) pour l'idée de "Totalité" englobante (le Tout-Un) est du même tonneau que celle qu'il a à l'égard de l'Impersonnalité. Il lui préfère le face à face entre les "êtres" c'est-à-dire la rupture d'unité du Réel au profit de l'illusion (phénoménologique) intersubjective. Levinas est l'antithèse absolue d'Aristote, de Hegel ou de Schelling ; il récuse radicalement tout "esprit de système" et, implicitement, toute métaphysique, toute ontologie, toute cosmologie profonde qu'il balaie pour la remplacer par une "éthique première" aussi artificielle qu'insignifiante.

 

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La reliance de soi avec le Réel, pris comme Tout-Un, n'est jamais dans l'horizontalité du rapport avec l'Autre ou les autres, mais dans la verticalité du rapport avec ce qui fonde tout ce qui existe  (par-dessous) et ce qui enveloppe tout ce qui existe (par-dessus).

Le rapport horizontal avec l'Autre (et son "visage") est une impasse puisqu'il entretient l'illusoire dualisme ontique entre sujet et objet.

 

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On ne peut partager que ce que l'on possède. On ne peut pas partager ce que l'on ne possède pas. Comme personne, au fond, ne possède jamais rien réellement (pas même sa propre vie), il n'y a donc rien à partager.

Au mieux, on peut seulement échanger de l'usage.

 

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Plus la reliance verticale (hénologique et spirituelle) est faible, plus la reliance horizontale (écosystémique et sociale) sera pauvre.

Chacun devrait se construire, d'abord, dans sa propre verticalité pour l'enrichir, après coup, d'une horizontalité minimale.

Or, nos systèmes éducatifs font précisément l'inverse : on socialise intensément (jusqu'à cette nausée qui favorise la barbarisation) et on déspiritualise à tout-va (jusqu'à favoriser toutes les fuites hors du Réel).

 

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L'écologisme actuel est un échec du fait qu'il est d'abord politique (socialo-gauchiste) et idéologique. L'écologie doit devenir spirituelle (culte mystique de la Vie sous toutes ses formes) ou elle n'adviendra pas. Et si elle n'advient pas, l'humanité disparaîtra.

 

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Le couple authentique, unissant un homme et une femme, est une entité unitaire indissociable, construite, en tant que fusion existentielle, au départ d'une bipolarité qu'il conserve en la transcendant. Comme la molécule est une entité unitaire indissociable ayant émergé de la fusion périphérique (électronique) de deux atomes qui, chacun, garde cependant son noyau originel intact.

 

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Les structures et relations sociales sont totalement similaires, dans leurs principes, au structures et relations chimiques au sein d'ensemble moléculaires.

Des atomes (les individus), des molécules et macromolécules communautaires (de la famille nucléaire aux communautés sociales, professionnelles ou religieuses), des cristaux institutionnels (les bureaucraties), et des fluides sociétaux visqueux (liquides ou gazeux), etc …

 

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L'éthique personnelle et la morale sociétale sont de natures totalement différentes (ce qui n'implique pas qu'elles ne puissent pas converger, de temps à autre). Dans les deux cas, il s'agit d'une axiologie construite en dialectique avec une téléologie. Sans téléologie en dialogue avec elle, toute axiologie est arbitraire et artificielle (c'est d'ailleurs bien ce qui se passe dans les sociétés occidentales actuelles où, en l'absence de téléologie, la morale sociétale se vide et s'atrophie, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les barbarisations).

L'éthique personnelle, de son côté, vise à définir les règles de vie qui valorisent ce qui est bon pour son accomplissement personnel(dans ses quatre composantes charnelle, émotionnelle, intellectuelle et spirituelle).

La morale sociétale vise à établir le "bon" pour un certain accomplissement sociétal lorsque celui-ci est défini, désiré et partagé.

 

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Les moteurs actuels de la barbarisation occidentale sont, essentiellement, les salafismes, les populismes, les rétro-activismes (rétro-racisme, rétro-sexualisme, rétro-féminisme, rétro-sionisme, etc …), les illibéralismes, les victimismes, les insurrectionnalismes, etc …

 

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Est considéré comme éthique ce qui est personnellement utile.

Est considéré comme moral ce qui est politiquement utile.

Ce n'est pas ce que je souhaite ; c'est ce que je constate.

 

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Le 30/03/2019

 

De Patrick Artus :

 

" Quand la situation économique empire, le poids électoral des mouvements populistes ne cesse de croître. (…) La grande illusion du populisme est que les difficultés économiques (déficit de compétitivité, déficit public, …) peuvent être corrigées à court terme par des politiques expansionnistes, budgétaires ou monétaires (monétisation des dettes publiques, dévaluation), sans que les électeurs des partis populistes en subissent les conséquences négatives à long terme (ces conséquences seraient supportées par les autres pays, par les riches…). Ceci n'est bien sûr pas vrai : les dégradations de la compétitivité et les dettes excessives sont toujours à moyen terme une charge pour les salariés et pour les classes moyennes (…)."

 

L'ignorance crasse des masses en matière économique et leur propension à préférer les fables et les mythes aux réalités, me semble être un argument majeur contre le suffrage universel.

 

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Le 31/03/2019

 

Les ronds-points sont des lieux où l'on tourne en rond.

 

 

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NOUVEAU (depuis ce 2/4/2019) : Le Tome 19 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (370 pages à télécharger gratuitement).