Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

Actualité - De l'Etre au Devenir - Août 2019

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy.

Le 01/08/2019

 

Selon Aristote, tout ce qui existe, relève, à la fois, de la substance, de la forme et du mouvement. Ce tripode fonde la métaphysique occidentale. La substance ne pose pas de problème : elle se définit par elle-même, la Substance (que j'appelle la Hylé dans mes travaux physiciens et qui est de l'activité pure). La forme (eidos, en grec) est une idée, un bloc d'informations : elle appelle l'Esprit qui la pense. Quant au mouvement, il implique nécessairement une évolution, un processus qui est le fruit soit du hasard, soit d'une Intention (un "désir", une "volonté").

La piste du "hasard" métaphysique est absurde pour deux raisons : on sait aujourd'hui que le hasard est incapable de produire de la complexité, d'une part, et, d'autre part, l'idée du hasard comme fondement métaphysique du Tout est une aporie car le hasard désigne l'absence d'ordre, l'absence de cohérence, l'absence de intention, l'absence de sens : comment mettre une absence à la source de la présence ?

J'en conclus que les trois fondements de toute métaphysique sont la Substance, l'Esprit et l'Intention.

 

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L'art de faire rien est tout le contraire de la paresse de ne rien faire !

 

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Il faut poser justement la différence essentielle entre le PROJET qui relève plus de l'atemporalité et le TRAJET qui, lui, relève de la temporalité.

 

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L'actuelle guerre des monnaies n'est que, plus précisément, la guerre des monnaies et du commerce du monde entier contre le dollar américain, devenu une monnaie de singes imposée par la force

 

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Je crains que les notions sociopolitiques habituelles n'aient plus beaucoup de sens face à ce qui se révèle être une mutation épigénétique majeure, comme lors de la rencontre entre homo africanus et homo neanderthalensis pour donner homo sapiens.

Nous vivons bien une apocalypse, dans son sens grec : un "dévoilement".

 

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Nous sommes dans un monde où la globalisation des problématiques est toujours plus réelle (pénuries, migrations, pollutions, climats, …) mais où la mondialisation (l'américanisation, devrait-on dire) des solutions a copieusement raté.

Notre monde est en voie de continentalisation. Huit "continents" sont en émergence, que j'ai appelé : Euroland, Angloland, Russoland, Latinoland, Afroland, Islamiland, Indoland et Sinoland.

Si gouvernance il doit et peut y avoir, c'est seulement au niveau continental. Les Etats nationaux sont moribonds et ne jouent plus dans la cour des grands.

 

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L'avenir du monde industriel ?

Trois axes de décroissance :

  1. de moins en moins d'emplois pour cause de robotisation ;
  2. de moins en moins de productions pour cause de pénuries de ressources ;
  3. de moins en moins de valeur d'utilité pour cause de pénurie d'intelligences.

L'avenir économique ne sera pas industriel, mais noétique. L'industrie suivra, à petites marges, comme le reste.

 

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Initiation et religion sont inconciliables.

L'initiation est une quête personnelle et ésotérique, sans intermédiaire, vers le Divin : une montée de l'âme sur les chemins abrupts de l'anagogie.

La religion est une croyance inculquée, par l'intermédiaire d'un clergé, qui affirme une manière exotérique de Divin : une obéissance de l'âme à une dogmatique.

En condamnant sans cesse la Franc-maçonnerie depuis 1735, l'Eglise catholique romaine l'a parfaitement compris. Tant pis pour elle.

 

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Dans la tradition chrétienne - et, surtout, catholique - le pharisaïsme s'oppose au moralisme. De quoi s'agit-il ? Tout simplement de ceci : le moralisme juge un acte bon ou mauvais en lui-même alors que, selon les Evangiles canoniques, le pharisaïsme jugerait un acte selon ce qu'il est, mais aussi selon les intentions, le contexte et les parties prenantes … ce qui induit, naturellement, une complexe casuistique qui s'oppose au simplisme moraliste.

En conspuant le pharisaïsme, ses contempteurs lui rendent un bel hommage.

 

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L'anticléricalisme, dont le laïcisme est l'expression "positive", est une ânerie. Il est assez évident que chacun fait ses choix politiques et sociétaux en fonction de ses convictions et croyances spirituelles et religieuses.

 

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Le 02/08/2019

 

Le chaos est à l'espace ce que le hasard est au temps : une absence d'ordre, une absence de cohérence, une absence de intention, une absence de sens.

 

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Le problème n'est pas de changer le monde, mais d'y trouver son meilleur chemin.

 

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Il faut d'abord se libérer avant de partir.

Sinon, tout départ est une fuite.

 

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Pour la deuxième fois de ma vie, j'ai lu ce torchon intitulé "Le canard enchaîné" et qu'il aurait mieux valu appeler "Le connard déchaîné". Un ramassis de méchancetés gratuites, de ragots nauséabonds, d'allusions abjectes, de négativité absolue envers tout … et tout cela pour vendre de la merde à public féru de merde.

 

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Il y a génocide et génocide …

Un génocide, par définition, est une tragédie odieuse et nauséabonde ; et ses promoteurs doivent être traités avec la plus extrême sévérité (mais justice n'est jamais vengeance).Mais il y a génocide et génocide.

Désolé de l'affirmer, mais là encore, il n'y a pas d'égalité et l'amalgame est insupportable. Les génocides des Arméniens, des Tziganes; des Tutsis, des Cambodgiens, des Yézidis et de tant d'autres … sont de l'horreur pure, bien sûr, mais face à la longue histoire de l'humanité et vu le très faible apport spirituel, intellectuel et culturel de leurs victimes, ces génocides, quoiqu'impardonnables, sont dérisoires au regard de l'histoire longue.

Pour les Juifs, il n'en va pas de même. Les Juifs, depuis toujours, ont été un des puissants moteurs de l'élévation spirituelle, intellectuelle et culturelle du monde (au moins occidental). Il n'est pas difficile de s'en convaincre, ne serait-ce qu'en comptant les nombres des génies juifs (prix Nobel, écrivains, économistes, philosophes, sociologues, physiciens, médecins, …) qui ont œuvré aux progrès de l'humanité.

Le génocide juif, au contraire des autres, fut un monstrueux gâchis pour l'élévation de l'Esprit sur cette Terre.

 

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Le problème de la Foi ou de Dieu, sont des faux problèmes. La seule question est celle-ci : le Réel est-il cohérent (ordonné) dans l'espace et dans le temps (et dans toutes les autres dimensions que l'on peut évoquer). La réponse est évidemment affirmative. Et cette évidence même élimine les faux problèmes de la Foi ou de l'existence de Dieu (d'ailleurs qu'est-ce que Dieu) ?

Dès lors que cohérence il y a (et les lois de la physique en attestent suffisamment), l'évidence est là : un principe de cohérence, qui lui est immanent, gouverne le Réel ; un Logos engendre un Kosmos. L'évidence de ce principe de cohérence est la négation absolue des idées de chaos et de hasard (ce qui ne signifie nullement qu'il ne puisse y avoir, ci ou là, des miettes de hasard ou de chaos). Mais, en même temps, il est la négation d'un Dieu personnel extérieur au Réel tel que les théismes le définissent. Hypothèse superfétatoire et inutile, contraire au principe du rasoir d'Occam.

La cohérence du Réel dans l'espace appelle un principe de Construction.

La cohérence du Réel dans le temps appelle un principe d'Intention.

 

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Le 03/08/2019

 

D'une part, les musulmans ne forment pas une race ; il y a des musulmans de toutes les races.

D'autre part, l'islamisme est une idéologie et cette idéologie est totalitaire, intolérante et fondée sur la haine, la soumission et la violence.

Donc, contrairement à ce qu'essaient de faire croire les Frères musulmans, l'islamophobie n'est pas un "racisme", mais le rejet radical d'une idéologie totalitaire qui, en de nombreux points, s'apparente au nazisme.

 

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L'islamisme est une idéologie alors que le judaïsme est une culture.

Cette différence est plus qu'une nuance ou un jeu sur les mots, c'est une différence essentielle. C'est cette même différence qui s'installe entre catholicisme et orthodoxie, entre calvinisme et luthérianisme, entre confucianisme et taoïsme, entre les obédiences pseudo-maçonniques (GOF, DH, etc …) et la Franc-maçonnerie régulière mondiale.

 

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Une culture est une manière de vivre, de parler et de penser, avec des valeurs, des us et des coutumes.

Une idéologie vise à imposer une ordre prédéfini.

 

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Le Réel est un Tout-Un, fini dans toutes ses dimensions. Rien n'y est ni nul, ni infini. Le Réel est un Tout-Un plein.

 

Le Réel possède trois modalités : la Substance (la modalité volumique ou entropique : la "masse"), l'Esprit (la modalité eidétique ou néguentropique : la "forme") et l'Intention (la modalité dynamique ou énergétique : la "variation").

 

Le Réel-Un est un processus ; il engendre de l'espace (de la spatialité) et du temps (de la temporalité) pour s'y accomplir. Le Réel-Un est un processus accumulatif : en s'accomplissant, il engendre toujours plus de Substance (de la mémoire, de la matière), toujours plus d'Esprit (de la complexité, des lois physiques, des structures organisationnelles) et toujours plus d'Intention (des émergences créatives, de la liberté, de l'intentionnalité affinée et diversifiée).

 

Le Réel se construit perpétuellement, inlassablement. Il se construit par engendrement de lui-même, en partant de l'atemporalité pleine et en descendant, monde après monde, vers la temporalité pleine. Chaque monde engendre des invariants moins invariants que ceux du monde précédent, mais plus invariants que ceux du monde suivant.

 

La conscience des hommes vit dans le monde de la temporalité pleine.

La conscience des hommes pieux remonte l'échelle des mondes à la rencontre de l'Invariable dont sont issus tous les invariants, de plus en plus relatifs, successifs.

 

Cet Invariable absolu, cœur de l'atemporalité pleine, ne porte aucun nom hors celui-ci : "Je deviendrai ce que je deviendrai" … ce qui donne le tétragramme mystique : 'Alèf, Hé, Waw, Yod.

 

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La tradition juive insiste sur ce devoir de la "crainte de Dieu". Mais son expression française est malheureuse car, en fait, il n'y a aucune peur de Dieu à avoir. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Craindre Dieu consiste à ne rien oser entreprendre qui ne contribue pas à l'Accomplissement universel, qui ne soit pas conforme à l'Intention universelle. Il ne s'agit ni d'obéissance (chrétienne), ni de soumission (musulmane). Il s'agit d'Alliance. Et si crainte il y a, c'est celle de voir cette Alliance rompue de sorte que la personne et, derrière elle, l'humanité perde tout sens et toute valeur.

 

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Il ne faut surtout pas se détacher du monde ; mais il faut se détacher, d'urgence, de l'apparence et des illusions du monde.

Il faut apprendre à vivre dans le noumène, dans la réalité du monde ou, mieux, dans le Réel dont le monde n'est que la manifestation.

 

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Le principe hassidique du "service divin" est capital : vivre, c'est "servir Dieu" et non les hommes. Et "servir Dieu", signifie se mettre au service de l'Accomplissement divin.

 

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De rabbi Nathan, disciple de rabbi Na'hman de Brèslèv, lui-même petit-fils du Baal Shem Tov :

 

"(…) le plus grand stratagème, c'est de ne pas faire de stratagème. La simplicité et la sincérité sans complication, sont le meilleur moyen de s'approcher du Divin."

 

Et de rabbi Na'hman :

 

"Ne considérer que le jour présent."

 

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La période hellénique (-490 à -330) a inventé l'humanisme (Socrate), l'idéalisme (Platon) et le rationalisme (Aristote) : ce sont les philosophies de l'extériorité et du rapport au monde.

La période hellénistique qui la suit (-330 à -150) a inventé le stoïcisme (Zénon de Cittium et Chrysippe), l'hédonisme (Epicure) et le scepticisme (Pyrrhon) : ce sont les philosophies de l'intériorité et du rapport à soi.

Ensemble, ces six écoles constituent des couples qui se répondent : humanisme et hédonisme (héritiers des éléates et des abdéritains, où prédomine la Substance), rationalisme et stoïcisme (héritiers des ioniens, où prédomine l'Intention), idéalisme et scepticisme (héritiers du samosate, où prédomine l'Esprit).

 

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Les USA sont à l'Europe exactement ce que fut Rome à la Grèce : un empire militaire et inculte, obsédé de logistique, de technique et de juridisme, plagiant, souvent mal, avec simplisme, la culture de l'autre.

 

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Alexandrie est devenue un immense centre intellectuel (science et philosophie) et spirituel dès le début de l'ère hellénistique, soit sur la fin du 4ème siècle avant l'EV.

C'est là que les Juifs inventèrent l'alchimie et la kabbale, et inoculèrent, dans la pensée grecque, l'idée de la flèche du temps.

 

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Dans le livre apocryphe et alexandrin de "La Sagesse de Salomon" (1;7) :

 

 

L'Esprit divin emplit tout l'Univers … C'est la Shékhinah, le "Présence" du Divin dans chaque parcelle de ce qui existe …

 

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D'après Wikipedia :

 

"Philon est le premier à avoir pensé Dieu en architecte de l'univers (…)"

 

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Le 05/08/2019

 

Si Moïse est bien le fondateur de la Maison d'Israël et du Judaïsme, Philon d'Alexandrie définit deux triade de patriarches précurseurs : Enosh, Hénokh et Noé, pour l'ère pré-diluvienne, Abraham, Isaac et Jacob pour la période post-diluvienne.

Enosh est l'homme (profane). Hénokh est le saint (l'homme du sacré, l'homme consacré). Noé est le tranquille.

Abraham est le croyant. Isaac est le mystique. Jacob est le religieux.

Moïse ferme la série dont il est la septième et dernier.

 

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D'après Philon, ce qui, depuis toujours, distingue le Juif parmi les nations, ce sont la Milah (la circoncision), le Shabbat (le congé hebdomadaire du septième jour) et la Kashrout (les interdits alimentaires).

Ces trois éléments sont d'une grande portée symbolique.

La Milah pointe à la fois vers la mission humaine de contribuer au  parachèvement de l'accomplissement du Réel, et de la nécessité de libérer sa vitalité et sa fécondité.

Le Shabbat indique d'un devoir essentiel de l'homme est de consacrer une part de son temps au Divin.

La Kashrout enjoint d'imposer des limites à la recherche du plaisir et de maîtriser sa liberté par une ascèse spirituelle disciplinée.

Toute ascèse est discipline (c'est d'ailleurs le sens du mot grec askêsis) : la circoncision est la discipline du cœur, le shabbat est la discipline de l'âme et la kashrout est la discipline du corps. Il faut y ajouter l'étude qui est la discipline de l'esprit et que Philon omet.

 

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Platon décrit trois parties de l'âme qui correspondent à la sensibilité (âme émotive), à l'intelligence (l'âme rationnelle) et à la volonté (l'âme désirante).

Il manque la mémoire et la conscience pour avoir la vision complète de l'esprit.

 

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Quand donc l'humanité comprendra-t-elle qu'elle n'est en rien propriétaire de la Nature, de la Vie, de l'Esprit ?

 

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Le stoïcisme affirme que la liberté est d'abord intérieure, qu'elle est d'abord liberté de penser.

Les libertés de parler et d'agir sont au fond très secondaires ; elles ne concernent que les relations aux autres qui n'ont rien d'essentiel. L'essentiel d'une existence authentique est vertical et non horizontal ; l'essentiel existentiel est la relation à ce qui nous fonde et la relation à ce qui nous aqppelle.

 

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La notion de providence "divine" est également un concept typiquement stoïcien, vivement combattu par le platonisme, l'aristotélisme et l'épicurisme. Selon moi, cette notion dit seulement que tout ce qui existe à une seule bonne raison d'exister au service de l'accomplissement cosmique.

Ce qui sert le Divin, est servi en retour.

Ce qui sert le Sacré, est consacré.

 

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Philon distingue quatre "passions" : le chagrin, la crainte, le désir et le plaisir. Si l'on suit Philon, la crainte et le désir sont des projections dans le futur alors que le chagrin et le plaisir sont des ressentis dans le présent. On pourrait, ainsi, opposer la satiété (présente ou désirée) et le manque (présent ou craint). Le Panem et circenses, moteur de tous les populismes, au fond, parle de la (médiocre) satiété du corps (le pain) et de l'esprit (les jeux) : il s'agit, en somme, de faire taire les deux.

Aux quatre "passions" de Philon, le stoïcisme en rajoute trois dites positives ; la joie, la prudence et la volonté. Contre les "passions", la tradition stoïcienne parle de quatre vertus : la prudence, la tempérance, le courage et la justice, auxquelles Philon en rajoute deux : le contrôle de soi et l'endurance. Il ajoute encore la piété et la sainteté.

Spinoza ne distingue que deux "passions" : la joie et la tristesse. Mais elles ne sont pas du même registre. Ce sont des "passions" liées à l'évolution et non plus à des états (vécus ou imaginés) ; la seule vertu, alors, est l'accomplissement de son conatus.

 

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Lorsque l'on oppose Nature et Bible, philosophie et spiritualité, science et foi, on oppose en fait rationalité et intuitivité. Ces oppositions sont ridicules. L'accès à la Gnose passe par ces deux chemins au cours d'un parcours dialectique entre ces deux pôles.

 

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L'idée d'un Dieu personnel, est simplement puérile.

 

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De mon frère Freddy … Dialogue improbable entre Jean-Claude Van Damme et Albert Einstein …

 

Jean-Claude Van Damme:

 

"Hi. Le monde est composé de flèches et de molécules, et d’électricité,

Comme le big-bang tu vois … Et tout ça ensemble, ça forme l’Univers."

 

Albert Einstein :

 

"! ? † ¿ ☺ ֍ ¤… ??? … ??? Eh  !?! … … Va savoir…"

 

Jean-Claude :

 

"… Va savoir ?!?..."

 

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La voie de la théologie négative est la seule possible. De Dieu, rien ne peut être dit. Le Divin - l'Absolu, l'Un, etc … - est absolument ineffable. Il existe et tout ce qui existe émane de lui et retourne à lui. L'intelligence analytique humaine progresse en connaissance par comparaison, analogie, différence et similitude. Mais l'Un n'est comparable à rien. Rien ne peut donc en être pensé. Il est donc totalement transcendant.

Mais c'est aussi lui qui fonde tout ce qui existe ; il est donc aussi totalement immanent.

Sa transcendance et son immanence sont absolument indissociables et essentiellement complémentaires.

Le Réel est absolument Un, tant "par le haut" que "par le bas".

Dieu n'est ni intelligible, ni connaissable par la raison analytique pour la bonne et simple raison qu'il est l'Un indécomposable. En revanche , il est connaissable par anagogie, par intuition, par reliance et résonance, par "révélation" et "illumination".

La Gnose consiste à vivre l'Un au-delà de tous les intelligibles et de tous les sensibles.

 

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De Friedrich Hegel :

 

"La raison ne peut penser et agir dans le monde

que parce que le monde n'est pas un pur chaos."

 

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De Michaël Segall :

 

"Il ne peut y avoir de progression sans transgression."

 

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Au contraire de ce qu'affirmait la thermodynamique classique, l'entropie croissante, ce n'est pas le désordre. Un entropie très grande implique un ordre par l'uniformité, par le vide, par l'homogénéité … Le désordre c'est, à la fois, une entropie petite ET une néguentropie petite. Il y a l'ordre par la complexité mesuré par la néguentropie et l'ordre par l'uniformité mesuré par l'entropie.

 

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De Kishore Mahbubani, s'adressant directement aux USA :

 

"Que ressens-tu à présent que l’horreur a fait irruption dans ta cour et non dans la salle de séjour de ton voisin ?… Sais-tu qu’entre 1824 et 1994, ton pays a envahi soixante-treize fois des États d’Amérique latine ?… Depuis près d’un siècle, ton pays est en guerre contre le monde entier… Que ressens-tu, Yankee, à l’idée que le 11 Septembre, la longue guerre t’a finalement atteint chez toi ?"

 

Et de continuer :

 

"Pendant la guerre froide, la CIA a poussé la création d’Al-Qaïda pour combattre l’occupation de l’Afghanistan par l’Union soviétique. (…)

Afin de renverser le régime d’Assad en Syrie, l’administration Obama y a transporté des combattants de l’État islamique (EI) depuis l’Afghanistan. Afin de s’assurer que ces combattants disposeraient de fonds suffisants, les États-Unis n’ont pas bombardé leurs exploitations de pétrole depuis la Syrie vers la Turquie. Pendant tout ce temps, l’Amérique se déclarait opposée à l’EI. En réalité, certaines de ses agences le soutenaient, directement ou indirectement."

 

Cette accusation directe et forte des USA et de leur politique étrangère depuis 1942 est légitime et parfaitement correcte. Mais les USA et leurs satellites anglophones ne sont pas l'occident. L'occident, c'est l'Europe. Les USA n'en sont qu'une pâle copie ratée.

 

Un journaliste australien renchérit en écrivant : "Le diplomate singapourien Kishore Mahbubani pointe un étrange paradoxe. A bien des égards, le monde n'a jamais été en meilleure forme qu'aujourd'hui. Les gens vivent plus longtemps, en meilleure santé, plus paisiblement et en sécurité qu'à n'importe quel autre moment de l'histoire. Selon Mahbubani, cette considérable amélioration de la condition humaine est le résultat d'idées et de pratiques occidentales – la science moderne, la démocratie libérale, le libre marché – qui se sont propagées à d'autres sociétés. Reste qu'aucune autre population sur cette planète n'a de vision plus sombre de l'avenir que les Occidentaux".

Observons l'amalgame, voulu je suppose, entre les crétins américains et intellectuels européens.

 

Et ce journaliste de continuer : "Aujourd'hui, le pessimisme occidental touche quantité de sujets : la surpopulation, le changement (ou la surchauffe) climatique, les ravages du néolibéralisme, la déforestation et l'extinction des espèces, l'augmentation des inégalités, la montée du populisme d'extrême droite, l'immigration massive, l'épidémie de dépression et de burn-out, l'islamisation progressive des sociétés occidentales, les robots qui envahissent le monde (…)"

 

Ce pessimisme n'est que du bon sens de la réalité. Les progrès que le donneur de leçons singapourien encense, ont eu un coût écologique, économique et humain terrible. Ce coût a été payé et son prix exorbitant conduit le monde, dans toutes ses dimensions, dans une situation chaotique irréversible.

 

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D'Emmanuel Salanskis :

 

" Les comportements ne se propagent pas d'une personne à l'autre, tels des virus. Ils se diffusent par le biais de plusieurs sources simultanées, comme le montre le sociologue Damon Centola dans son livre 'How Behavior Spreads'. C'est ce qu'il appelle la « contagion complexe ». Ainsi, les incitations issues du voisinage des individus dans des réseaux forts et regroupés comptent beaucoup plus que l'influence d'une seule personne. Cela explique que les réseaux sociaux, quand ils sont densément structurés, provoquent des changements de comportement radicaux… pour le meilleur ou pour le pire."

 

Cet apprenti-sorcier de Centola termine son livre sur cette phrase effrayante :

 

" Les individus n'ont pas besoin d'être rationnels : le renforcement social promeut l'extension des comportements même si les acteurs ne connaissent pas l'importance du renforcement social."

 

J'avais, il y a longtemps (en 2002), écrit un article sur ce thème de "l'effet de meute" qui est aussi bien connu que redoutable.

J'y écrivais notamment ceci :

 

" C'est dans l'effet de meute, en effet, que l'on trouve les racines profondes de phénomènes bien connus tels que la rumeur ou l'embrigadement idéologique (les exemples nazis et communistes sont flagrants) ou les mouvements de mode ou les comportements de foule (…). Au fond, le problème s'apparente à l'électronique : un signal faible quelconque, le plus souvent artificiel ou imaginaire, enclenche un processus d'amplification en boucle qui, lorsqu'il s'enfle jusqu'à l'effet Larsen, peut faire éclater le système qui le subit."

 

Les réseaux sociaux sont, aujourd'hui, d'immenses caisses de résonance pour amplifier, sans amortisseurs, toutes les crétineries humaines, dont les plus populaires sont évidemment aussi les plus médiocres et les plus dangereuses.

 

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Le 06/08/2019

 

La première caractéristique de l'humain est d'être bruyant. L'homme fait du bruit. Partout et tout le temps. Les autres animaux cultivent le silence et la discrétion. L'homme pas. Non seulement il fait - beaucoup trop - du bruit, mais il en a profondément besoin. Le silence de la Nature l'effraie. Le bruit emplit son vide et lui donne l'illusion d'être consistant.

 

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Les hommes vulgaires ont horreur du Sacré parce qu'il leur signifie, perpétuellement, constamment, leur propre vacuité, leur propre absurdité, leur existence vide de sens et de valeur.

 

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Le 08/08/2019

 

Est divin ce qui engendre l'avenir, est devin qui comprend l'engendrement de l'avenir.

 

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De Georg Wilhelm Friedrich Hegel :

 

"Je ne suis pas propriétaire de ma vie."

 

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L'esprit de légèreté … La profonde légèreté est tout sauf de la superficialité, de la futilité, de la frivolité. Est léger tout ce qui s'est désencombré. La légèreté commence là où commence le détachement, là où priment, sur tout le reste, l'ici et le maintenant, là où se meurent l'angoisse et l'anxiété, la nostalgie et l'utopie, le remord et le regret.

 

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Est vrai ce qui est fécond.

Il convient donc de fonder une logique de la fécondité. Non plus une logique qui garantisse que le vrai induise du vrai, mais bien une logique qui garantisse que le fécond engendre du fécond.

 

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Une vie plus saine, plus simple et plus joyeuse … un résumé radical et compact du défi majeur de notre époque.

 

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Toute personne ne vaut que par ses œuvres ; non par ce qu'elle est, mais par ce qu'elle fait. Il faut remplacer l'éthique des droits de la personne par une éthique des devoirs d'œuvre.

 

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Le contact-direct (malheureusement encore appelé "ubérisation") consiste à permettre à deux personnes qui ne se connaissent pas, d'établir une relation (le plus souvent unique et éphémère … mais parfois plus durable) indépendamment de la distance géographique qui les séparent.

Quelques exemples de contact-direct …

 

  • L'un possède un objet qu'il voudrait vendre à un inconnu qui souhaiterait l'acheter (BonCoin).
  • L'un fabrique un bien de consommation qu'il voudrait vendre à un inconnu qui souhaiterait l'acheter (Amazon).
  • L'un propose un service qu'il voudrait vendre à un inconnu qui souhaiterait l'acheter (Uber).
  • L'un possède quelque chose qu'il voudrait louer à un inconnu qui souhaiterait l'utiliser (AirBnB).
  • Les deux inconnus cherchent à troquer des objets ou des services (MyTroc).
  • Les deux inconnus souhaitent tenter une relation sexuelle ou amoureuse (Meetic).
  • Les deux inconnus souhaitent établir une relation professionnelle (AvoStart).

 

Cette liste n'a de limites que celles de l'imagination humaine.

 

La grande différence entre une plateforme de contact-direct et une plateforme de messagerie électronique, est que, pour celle-ci, l'émetteur et le receveur de l'information partagée doivent se connaître préalablement.

 

La grande différence entre une plateforme de contact-direct et un réseau social est que celui-là vise une transaction alors que celui-ci n'est qu'un immense bassin où l'on jette des bouteilles à la mer (des bouteilles remplies de toxiques, le plus souvent) que d'autres peuvent boire.

En résumé : une plateforme de contact-direct a une valeur d'utilité économique qu'un réseau social n'a pas. La seule "réalité" d'un réseau social, c'est d'être une décharge publique où s'entassent toutes les psychopathies humaines.

En conclusion : pour les entreprises, le développement des plateformes de contact-direct est en train de révolutionner radicalement toutes les pratiques commerciales selon  deux grands axes :

 

  • Entre le fabricant et l'acheteur, le plus souvent, il n'est plus besoin de vendeur (cfr. Amazon) ; la fonction commerciale doit être complètement repensée voire, dans beaucoup de cas, disparaître (l'ère du bonimenteur s'achève).
  • Les échanges d'expérience et de savoir-faire ne passent plus nécessairement par les professionnels de ces matières (ex.: dans le cadre d'un souci mineur, juridique ou médical, prendre conseil auprès de gens ayant bien connu la même situation plutôt que passer par un avocat ou un médecin). Certains "forum" en offre un exemple.

 

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Le meilleur moyen pour éviter les éventuels "dérapages" des forces de l'ordre, c'est de ne pas les provoquer.

Si un manifestant est blessé ou violenté lors d'une manifestation quelconque, il en est seul la cause et le responsable.

 

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Le 09/08/2019

 

De Michel Onfray :

 

" Sous la férule bolchevique, l’art était fait pour parler simplement et directement au peuple. Il était réaliste, parce qu’il prétendait représenter la réalité telle qu’elle était, alors qu’elle se trouvait en fait magnifiée dans le sens communiste : sublimité de Marx et Engels en tant que théoriciens de la révolution ; génie de Lénine qui met en application la doctrine des deux philosophes ; grandeur d’Octobre 1917, en fait un coup d’Etat ; puissance de l’industrie soviétique ; magnificence de l’agriculture kolkhozienne ; beauté virile du prolétaire ; visage héroïque du soldat ; formes généreuses de la femme pleinement réalisée en tant qu’épouse, mère et travailleuse ; pureté de la race de l’Homme nouveau avec ses beaux enfants caucasiens blonds ; drapeaux immenses, affûts de canon interminables, tracteurs homériques, moissonneuses-batteuses dantesques, forges titanesques : il s’agit, on l’a compris, d’un art de propagande."

 

Les arts visuels, surtout, mais aussi musicaux, sont toujours le reflet d'une idéologie. Un artiste authentique (il y en a très peu) est un créateur, mais personne, jamais, ne crée quoi que ce soit à partir de rien : toute création émerge d'une image que l'on se fait de son époque.

Tout art est toujours propagande.

 

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Politiquement incorrect, mais vrai …

 

Franco a sauvé l'Espagne du communisme. Il a épargné la seconde guerre mondiale à son pays en décrétant la neutralité espagnole et en prenant toutes les distances nécessaires d'avec Hitler. En inventant la "loi du retour" (lui, descendant de marranes), il a sauvé la vie de milliers de Juifs séfarades ... Pendant que Pétain et sa clique, aidé des communistes, était les bons élèves de l'hitlérisme.

 

Il ne faut jamais oublier que la guerre civile espagnole fut une guerre idéologique contre les communistes. Ceux-ci étaient soutenus par l'URSS et aidés par les "idiots utiles" des soi-disant brigades internationales (la moitié de leurs effectifs était française, le reste étant surtout italien et allemand) qui croyaient sottement jouer les héros de la démocratie.

 

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Toujours d'Onfray :

 

"(…) ces idoles majuscules que sont le Peuple, le Prolétariat, le Capitalisme, l’Histoire, la Révolution."

 

Il faudrait ajouter à cette liste des "Idoles majuscules" (ce qui est l'autre nom des mythes idéologiques) : la Nation, l'Etat, la Démocratie, la Classe sociale, l'Egalité, la Morale (mais non l'éthique), la Religion (mais non la spiritualité), la République, la Souveraineté, etc …

Et il faut encore préciser que si l'Histoire est bien une idole idéologique, il n'en va pas du tout de même de l'évolution et de son sens (le flèche du temps et l'Intention cosmique).

 

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Et d'Onfray encore, cet excellent portrait de Karl Marx :

 

" Marx a été et fut un bourgeois en tout. Son origine sociale : il est le fils d’un avocat juif qui se convertit au protestantisme afin de pouvoir exercer son métier. Ses études : il s’inscrit en droit afin de devenir avocat mais aussi en philosophie pour devenir professeur d’université. Sa profession : il écrit dans les journaux. Son mariage : il épouse la baronne Jenny Von Westphalen, une femme issue de la noblesse prussienne, ce dont il est suffisamment fier pour le signaler sur ses cartes de visite. Sa famille : il a sept enfants. Sa vie intime : il engrosse la servante qui habite sous son toit et fait reconnaître l’enfant par Engels, tout ce petit monde, servante comprise, sort en balade sur les bords de la Tamise le dimanche. Son rapport au travail : très vite, il vit de l’argent donné par son ami de beuverie et de bohème, Friedrich Engels, qui a hérité d’une manufacture en Angleterre où les deux comparses prennent bien garde de ne pas appliquer leur doctrine ! Son mépris de classe : il attaque Proudhon parce qu’il n’a pas fait d’études et qu’il est ouvrier, il déteste les paysans parce qu’ils seraient intrinsèquement contre-révolutionnaires, il méprise le sous-prolétariat parce qu’il n’est pas dans la conscience de soi, il poursuit de sa haine et de sa vindicte toute gauche qui n’est pas la sienne et sur laquelle il prend le pouvoir sans reculer devant les moyens les plus immoraux – il est vrai qu’en distinguant la morale bourgeoise et la morale révolutionnaire, il peut réussir à justifier qu’une action immorale selon la bourgeoisie – le mensonge, le bourrage d’urnes, la calomnie, la haine, le mépris, la déconsidération de l’adversaire… – s’avère éminemment morale d’un point de vue révolutionnaire."

 

Dire que cette crapule minable est responsable de centaines de millions de mort étalés sur tout le 20ème siècle.

 

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Proudhon disait de Marx qu'il était "le ténia du socialisme". De là, sans doute, que le marxisme, sous toutes ses formes, fut et est encore le cancer de la civilisation.

 

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D'Onfray toujours :

 

"Pour un révolutionnaire, mieux vaut un crime de gauche qu’une vérité de droite."

 

La Morale est bien un mythe idéologique. La Morale est un déguisement qui masque l'absence d'éthique.

 

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De Paul de Tarse à Marx et Hitler, en passant par Mahomet et Robespierre, le mythe d'un "Homme nouveau", héros et héraut de l'idéologie messianique, indique un refus de l'humain réel chez ces idéalistes qui ne rêvent que d'imposer leur moule étroit et simpliste à la pâte humaine.

 

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Marx n'a retenu d'Hegel que la notion du sens de l'évolution et de la flèche du temps. Mais il n'a pas compris du tout la direction de cette flèche. Avec lui et ses thuriféraires, la flèche va droit dans le mur où elle s'écrase.

 

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Le messianisme n'est absolument pas juif. La Torah ne fait nulle part mention à un Messie quelconque. Le messianisme (comme les mythes de la résurrection des morts, de la vie après la mort, de jugement dernier, … et de toute la sotériologie et eschatologie issue du christianisme) a été importé en catimini dans le Judaïsme d'abord par les esséniens, puis par le rabbinisme talmudique, en extrapolant les propos des prophètes Isaïe et Jérémie ; le messianisme y est symbolisé par le mythe du retour à Sion et de la reconstruction, à Jérusalem, du Temple de Salomon à la fin des temps de souffrance.

Le mot hébreu Mashia'h signifie (comme le mot grec Christos) simplement "oint" car, selon la tradition juive ancienne, les Rois, Pontifes et Prophètes d'Israël étaient tous oints d'huile sacrée, en signe de leur sacerdoce.

Le mot Mashia'h n'apparaît qu'une seule fois dans la Torah (Lev.:4;3-5) où il est écrit : ha-Cohen ha-Mashia'h, "le pontife oint".

 

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L'homme ne doit pas être sauvé (messianisme) ; l'homme doit être dépassé !

 

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Tout révolutionnarisme est une alliance étroite entre idéologie et violence.

 

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Selon la théorie hégélienne, le moment de la négativité permet de passer d’un état rongé de contradictions à un nouvel état, pacifié, en le dépassant tout en le conservant. Ainsi, par exemple, le salariat est la résolution dialectique de l'esclavage (dialectique de la liberté et du travail).

Notre époque, en ce sens, est rongée d'une contradiction flagrante entre financiarisme (la croissance de tout, à tout prix) et l'écologisme (la frugalité en tout). L'écologisme (la frugalité) est la négation hégélienne du financiarisme (la croissance), ce qui a laissé croire au socialo-gauchisme que l'écologisme était forcément de gauche, c'est-à-dire anti-libéral … c'est l'erreur la plus profonde de ces quarante dernières années.

Il est temps de résoudre dialectiquement cette contradiction entre croissance et frugalité en dépassant le financiarisme au moyen de l'écologisme afin de fonder un nouvel économisme écolo-libéral.

 

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L'hégélianisme n'est pas un christianisme alambiqué.

Hegel (qui était luthérien) a tenté la résolution dialectique des contradictions du christianisme face au matérialisme qui en est la négation, en les dépassant tous deux dans la logique de "l'Âme du monde" de Schelling, au moyen d'un monisme qui soit immanentiste, spiritualiste et évolutionniste.

 

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De Théodore Kaczynski, dès le début des années 1990, dans son livre "La société industrielle et son avenir" (à lire d'urgence pour sortir de la mélasse idéologique actuelle) :

 

"Quand nous parlerons ici des progressistes, nous ferons surtout référence aux socialistes, aux collectivistes, aux gens 'politiquement corrects', aux féministes, aux défenseurs des homosexuels et des handicapés, aux défenseurs du droit des animaux, etc."

 

J'ajouterais volontiers, les anti-islamophobes …

Bref : Kaczynski désignent les socialo-gauchistes qui, depuis avant 1968, empoisonnent toute la vie réelle par leur déni global de réalité et leurs conceptions "hors sol". Depuis l'époque de Kaczynski, ils ont changé de tactique et manient le victimisme et la culpabilisation presqu'aussi bien que Paul de Tarse.

Pour Kaczynski, le progressisme relève de deux dégénérescences noologiques : le complexe d'infériorité et la sursocialisation.

Il ajoute, en parlant des USA :

 

"Le bastion du 'politiquement correct' se trouve dans les universités, en majorité chez des professeurs, blancs, de sexe masculin, hétérosexuels, issus de la classe moyenne, avec emploi fixe et bon salaire."

 

Mais le phénomène s'est progressivement étendu, depuis, aux "militants professionnels" qui tentent en vain de donner du sens à leur vie vide et haineuse en défendant une "cause" aussi débile qu'artificielle. C'est la logique de la religion du ressentiment, dirait Nietzsche.

Il renchérit :

 

"Le progressistes ont tendance à haïr tout ce qui renvoie

une image de force, d'habileté et de réussite."

 

Les faibles en tout cultivent un ressentiment inextinguible contre ceux pour qui la notion de 'faiblesse" n'existe pas et qui fondent leur "force" sur ce dépassement de la faiblesse.

Il n'y a pas des "faibles" et des "forts", des "pauvres" et des "riches" ; il y a bien des paresseux et des courageux.

Ce que l'on nomme "faiblesse", n'est en fait que de la paresse. Et le slogan du socialo-gauchisme ou du progressisme, comme l'on voudra, est : "Paresseux de tous les pays, unissez-vous".  Tout le marxisme est résumé dans ce pastiche du slogan communiste.

 

Et plus loin :

 

"Les philosophes progressistes modernes dévalorisent la raison, la science, la réalité objective et assurent que tout est culturellement relatif. (…) Ils sont profondément et émotionnellement impliqués dans leurs attaques contre la vérité et la réalité (…).(…) beaucoup d'entre eux rejettent le concept de maladie mentale ou la validité de la mesure du QI. Ils sont hostiles aux explications génétiques des capacités ou du comportement humains parce que de telles explications font apparaître des inégalités entre les gens. Ils préfèrent rendre la société responsable de la disparité entre les individus. Si quelqu'un est 'inférieur', ce n'est pas sa faute mais celle de la société, qui ne l'a pas élevé comme il faut. (…) La haine de soi est un trait de caractère typique du progressiste."

 

Egalitarisme oblige ! L'égalité entre les humains, les races, les cultures, les religions, etc … est le plus énorme et fallacieux déni de réalité et de vérité qui puisse être.

Tout est "social", rien n'est ni personnel ni individuel. Rien n'existe en dehors du "social". C'est cela la sursocialisation. Le socialo-gauchiste est forcément, sans le dire, voire sans le savoir, un collectiviste. La haine de la personne individuelle qui, forcément, est autonomie et ne dépend ni des autres, ni de la société.

 

Les notions-clés qui ressortent du texte sont, du côté anti-progressiste, l'autonomie et l'accomplissement personnel, en vue de l'estime de soi, de la confiance en soi et du sentiment de puissance (au sens de Nietzsche : "potentialité accrue").

Les problèmes évoqués comme symptômes de la dégénérescence de nos sociétés modernes sont, essentiellement, la promiscuité, la dénaturation, l'effervescence et la décommunautarisation ; tous phénomènes typiquement urbains. La ville, comme invention et parangon de la modernité est la vraie calamité du monde ; chaque grande ville agit, sur le corps social, comme une tumeur cancéreuse qui se nourrit des tissus alentour en les tuant.

 

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Les crétins rejettent de plus en plus la rationalité au profit de l'émotivité, parce que leur QI est incapable d'atteindre un niveau suffisant de rationalité pour utiliser leur intelligence à comprendre leur propre médiocrité.

 

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La démocratie au suffrage universel, c'est la dictature des crétins.

 

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Tripartition :

  • le progressiste socialo-gauchiste (65%) qui est un faible qui se sait faible et qui veut que tous soient son égal.
  • L'arrogant (20%) qui se sait faible, mais joue au fort en usant de tous les ressort de la violence (posturale, verbale, mentale, physique, morale).
  • L'entrepreneur (15%) qui se fiche des notions de force ou de faiblesse et qui mène sa vie, en toute autonomie, apprenant en marchant, en utilisant au mieux ce qu'il est et ce qu'il a, en adéquation avec le monde tel qu'il est et tel qu'il va.

 

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De mon ami Jean-Marc Jancovici :

 

" Il ne faut pas se voiler la face : le développement durable, aujourd’hui, est selon les cas de figure, une auberge espagnole, où chacun met très exactement ce qui l’arrange, un vœu pieux, une escroquerie intellectuelle, un parfait exemple de schizophrénie, ou … un dialogue de sourds."

 

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Il faut cesser de parler du réchauffement climatique. La température de l'atmosphère n'a jamais cessé de fluctuer et, bien sûr, les activités humaines surenchérissent sur ces fluctuations. Le vrai problème n'est pas là. Le vrai problème est le dérèglement climatique. L'inhomogénéité des centres de pollution, d'activité énergétique, de densité de population, etc … induit une néguentropie déstabilisante qui est en train de faire entrer le climat dans une phase chaotique irréversible. Le problème n'est pas seulement la température qui monte, même si elle entraîne une accélération des désertifications. Le problème est surtout l'amplification des phénomènes de déséquilibre climatique entrainant des catastrophes météorologiques de plus en plus fréquentes et intenses.

 

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Les catégories de besoin …

D'une part :

  • les faciles à satisfaire,
  • les difficiles à satisfaire,
  • les impossibles à satisfaire.

D'autre part :

  • les essentiels,
  • les superflus.

Toutes les stratégies politiques tournent autour de cela, à commencer par les assistanats ou le Panem et Circenses. Sans oublier l'obsession sécuritaire.

 

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Ne jamais confondre la sécurité physique vécue et la sécurité psychique ressentie.

 

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Le 10/08/2019

 

Du mathématicien Benoît Rittaud :

 

"La vulnérabilité des élites réside précisément dans leur certitude de ne pas être manipulables."

 

Mais aussi :

 

" Dociles par nature, les ordinateurs ne font que refléter les inquiétudes insérées dans les algorithmes."

 

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De Club de Rome en 1195 :

 

"L'ennemi commun de l'humanité est l'homme."

 

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La transition écologique - dont la transition énergétique fait partie - devrai permettre de passer d'un paradigme humain basé sur l'abondance et la consommation vers une autre paradigme basé que la pénurie et la frugalité … tout en préservant la qualité de la joie de vivre des humains en passant d'une existence extériorisée à une existence intériorisée.

Le problème n'est pas de produire autrement ; le problème est de consommer moins.

 

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De Jiddu Krishnamurti :

 

"Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale

d’être bien adapté à une société malade."

 

"C'est l'intelligence qui engendre l'ordre, non la discipline."

 

"Si vous vous basez sur ce que disent les spécialistes, les psychologues, les analystes, ce sont leurs théories, leurs dogmes, leurs connaissances que vous comprenez, ce n'est pas vous-même."

 

"Il est impossible d'être à soi-même sa propre lumière si l'on est pris dans les ténèbres de l'autorité, du dogme, des conclusions."

 

" Être sérieux, c'est se dévouer à quelque chose,

et de mener cette même chose jusqu'au bout. "

 

"Essayez, faire de son mieux, cela n'existe pas :

on fait la chose ou on ne la fait pas."

 

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Il n'y a pas que le réchauffement climatique qui mette la planète en danger ; il a aussi le dérèglement chaotique du climat et de l'atmosphère, la pénurisation accélérée de toutes les ressources matérielles et alimentaires, l'effondrement de la biodiversité, la pénurie d'eau douce, la pollution dramatique des océans notamment par les plastiques, l'inhomogénéité des habitats et des activités humaines qui créent des vortex néguentropiques immenses, etc …

 

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Contre les "scientifiques appointés", la science a beaucoup d'autres choses à dire sur la réalité de notre monde, notamment ceci : le système terrestre global (la "nature") et le système humain global (la "culture") qui en fait partie intégrante, sont entrés irréversiblement dans une phase d'évolution chaotique dont les deux seules issues sont soit l'effondrement, soit l'émergence de nouvelles structures dissipatives, inconnues et imprévisibles …

Qui aurait pu prédire l'émergence des cellules procaryotes à partir des soupes thermo-océaniques ? Qui pourra prédire l'issue du scénario de non-effondrement qui sauvera, partiellement, la Vie et l'Esprit que Terre ?

 

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Le dérèglement climatique n'est que le symptôme le plus apparent de la chaotisation du système terrestre global.

 

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Si le scénario "effondrement" se met en place pour sortir du chaos, un immense problème planétaire surgit ; mais un autre scénario - pas forcément plus sympathique - est possible : l'émergence inédite.

 

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La seule certitude : la croissance dans toutes les dimensions est finie et la frugalité doit être pratiquéet dans toutes les dimensions.

 

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Il nous faut cesser de prendre l'avion, non pas tant pour l'empreinte carbone que pour les coûts absurdes de fabrication, d'entretien, de rebutage des avions, des aéroports et des installations y afférentes … alors que les voyages aériens ont une valeur d'utilité proche de zéro.

Se déplacer, aujourd'hui, n'a plus de sens dans 99% des cas.

 

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Les éoliennes sont des absurdités thermodynamiques, économiques et écologiques.

 

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Ceux qui doutent du propos, de la prophétie ou de l'intérêt de ce nouveau monde à venir, seraient, dit-on, des idiots ou des criminels … et ceux qui croient que tout peut continuer tout comme avant, sont encore bien pires;

 

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Le bien-être qui, soi-disant, augmente depuis de décennies, n'est pas une grandeur scientifique ! En revanche, la baisse de l'espérance de vie dans les pays développés, la baisse de la fécondité nette partout, la hausse du taux des cancers, des diabètes, des allergies graves, des problèmes pulmonaires, etc … tous liées à l'activité industrielle (notamment agroindustrielle) sont des indicateurs indiscutables et leurs tendances sont catastrophiques.

 

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La cause de l'effondrement potentiel terrestre n'est pas QUE le réchauffement du climat, mais un complexe systémique de dizaines d'évolutions alarmantes qui, prises isolément, ne prédisent rien de trop grave, mais qui, prises ensemble, engendrent une évolution chaotique colossalement catastrophique.

 

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Le manque cruel de connaissances scientifiques de la part des politiques et des médiatiques est catastrophique. De plus, l'idéologie du "catastrophisme" induit un climat politique tout aussi chaotique que l'est le dérèglement climatique.

 

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A qui profite le crime ?

On donne volontiers la liste de ceux à qui profite le crime de lèse-climat. Soit. Mais il faut alors dresser la liste de ceux à qui profite le crime de lèse-nature ! Comme la fièvre est le symptôme de la grippe, le climat est le symptôme de la chaotisation du monde. Casser le thermomètre ne guérit pas grippe.

 

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La recherche scientifique, partout dans le monde, est financée soit par les Etats, soit par les firmes privées. On sait depuis toujours que celui qui finance, tente directement ou indirectement d'influencer les parcours de recherche dans le but d'obtenir les résultats qui sont au plus près de ses espérances.

Nihil novum sub sole .

 

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Le réchauffement climatique n'est qu'une des pièces du puzzle. Dans les systèmes complexes (et la biosphère en est un), toute approche analytique est nécessairement fausse car, en fonction du petit point de vue qu'elle choisira, elle pourra prédire tout et son contraire. Si l'on veut parler de l'avenir de la Terre, il faut nécessairement adopter un point de vue holistique, global, systémique.

 

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Parangon de la mauvaise foi …

Les rendements agricoles à l'hectare croissent …

La réalité : Ils croissent un peu un peu grâce au CO2, mais surtout, grâce aux engrais et pesticides chimiques et aux OGM des apprentis-sorciers : voilà pour le rendement à l'hectare … MAIS : le nombre des hectares arables diminue à toute vitesse et ceux qui restent, sont des sols de plus en plus pauvres, en voies de désertification pour cause non pas climatique, mais chimique.

 

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La lèpre de la bien-pensance socialo-gauchiste ne survit que dans le constant déni de réalité : elle devenue un religion dogmatique et sacrificielle de la négation du monde et de sa réalité.

 

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Le nucléaire est le seul pont possible vers l'après-pétrole.

 

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La Nature, la Vie et l'Esprit n'appartiennent pas à l'homme et, donc, contrairement à ce qui s'est fait depuis plus de deux siècles, il est temps que l'homme respecte la Nature, la Vie et l'Esprit et y trouve sa juste et frugale place. Ce n'est pas une morale magistrale dont nous avons besoin, mais une vitale éthique. En revanche, il est fondamentalement vrai que la bien-pensance socialo-gauchiste voudrait imposer son magistère moral universel.

 

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Toutes les sciences de la nature reposent sur un "triangle d'or", ou plutôt un "trépied" qui a besoin de ses trois pieds pour assurer sa stabilité ; ces trois pieds sont, désormais que les mathématiques sont devenues impuissantes : la mesure, la théorie et la simulation comme pont entre les deux autres.

 

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Il me paraît clair que les effets solaires sur les effets climatiques sont majeurs et déterminants. Mais cela ne doit pas amener à disculper l'humanité de son hybris démagogique, technologique, industriel et consommatoire qui, soleil ou pas, fait un tort considérable aux évolutions du système terrestre. Encore une fois, le problème est holistique ! Oui, le soleil y joue un rôle, mais il n'en est pas le seul acteur et l'humain y joue un rôle très néfaste.

 

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La transition écologique - dont la transition énergétique fait partie - devrait permettre de passer d'un paradigme humain basé sur l'abondance et la consommation vers une autre paradigme basé que la pénurie et la frugalité … tout en préservant la qualité de la joie de vivre des humains en passant d'une existence extériorisée à une existence intériorisée. Le problème n'est pas de produire autrement ; le problème est de consommer moins.

 

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Les énergies renouvelables, cela n'existe pas : si le carburant (la lumière,  le vent) est renouvelable et gratuit, le moteur nécessaire à leur exploitabilité et à leur transformation en électricité, est un monstre technologique qui nécessite de grandes quantités de  ressources non renouvelables. De plus, ces énergies "renouvelables" sont intermittentes et impliquent, pour palier leurs carences, la construction de nouvelles centrales classiques.

 

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Il n'y a ni pauvres, ni faibles ; il n'y a que des fainéants ou des parasites.

 

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Il n'y aura plus jamais de croissance économique ; tout au contraire, il faut orchestrer une radicale décroissance démographique ET consommatoire !

 

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Une sortie du nucléaire serait la plus grosse ineptie française : au contraire, plus de nucléaire et d'hydroélectrique, et moins de tout le reste (et surtout pas d'éoliennes ni de photovoltaïque).

 

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L'entropie mesure le niveau d'homogénéité, d'uniformité : plus tout est étale et égal, plus l'entropie et grande : l'entropie dissipe de l'énergie.

La néguentropie mesure le niveau de complexité, d'organisation : plus tout est intriqué et structuré, plus la néguentropie est grande : la néguentropie capture et  encapsule de l'énergie. Ce sont deux processus complémentaires qui visent une optimalisation qui les dépasse ; ce sont deux voies, deux chemins qui se complètent dialectiquement et se confortent mutuellement. Sans cette dialectique fondamentale, aucune émergence ne serait possible..

La néguentropie et l'entropie ne sont pas le contraire l'une de l'autre. Elles mesurent des dimensions différentes.

Elles sont complémentaires comme le Yin et le Yang, mais certainement pas opposées comme le Bien et le Mal (ou autres binaires dont la civilisation occidentale a le goût).

 

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Jolie définition de "l’honnête homme" …

"Homme du monde, d'un commerce agréable, aux manières distinguées, à l'esprit fin et cultivé, mais non pédant".

 

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Une jolie expression de Marcel Bol de Balle qui parlait à la fois du Grand Architecte de l’Univers, et du petit architecte de son univers (intérieur).

 

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Le 11/08/2019

 

Bien vivre, c'est accorder son tao intérieur avec le Tao cosmique.

Mais qu'est le Tao ? On pourrait l'apparier avec le mot hébreu Roua'h (le Souffle), le mot grec Logos (la logique) ou le mot français Âme (ce qui anime).

Au fond, la meilleure traduction serait "Processus" … Accorder son processus de vie au processus cosmique.

 

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On peut toujours faire ce que l'on veut, pourvu que ce que l'on fasse soit sans importance … et sans conséquence, donc.

Il y a du cynisme dans cette définition de la liberté …

 

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La seule raison d'exister des rapports sociaux entre humains est d'être une facilitation pour l'accomplissement de la personne individuelle. Chaque fois qu'ils ne le sont pas, ils sont nocifs.

Autrement dit : la société doit être au service des personnes individuelles, et non l'inverse.

 

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Les trois moteurs primitifs du comportement humain sont la recherche de la Fortune, de la Gloire et de la Puissance. Celles-ci peuvent être individuelles ou collectives. Si elles sont individuelles, leur carburant est le Plaisir. Si elles sont collectives, elles deviennent de puissants facteurs d'appartenance, qui prennent le nom de "Fierté". Ces trois moteurs de base sont essentiellement émotionnels et charnels, et tournés vers l'extérieur : ils font vivre dans le regard des autres et concernent, surtout, les esprits faibles.

La Connaissance ou la Joie sont d'autres voies, intérieures cette fois (intellectuelles et spirituelles), mais elles n'attirent pas les foules …

 

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Il est étrange et nocif cet amalgame que beaucoup font entre la science et la technique … donc entre comprendre l'univers et exploiter l'univers. Pourtant, les mondes scientifiques et technologiques, quoique proches puisque l'un nourrit l'autre en connaissance et l'autre fournit les instruments demandés par les premiers, procèdent l'un de mise en théorie et l'autre de mise en pratique.

Le savant et l'ingénieur sont deux types noologiques très différents, souvent à l'opposé l'un de l'autre.

 

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De Théodore Kaczynski :

 

"Le liberté signifie la maîtrise - en tant qu'individu isolé ou membre d'un groupe restreint - des questions vitales de sa propre existence : la nourriture, l'habillement, l'habitat et la défense contre toute menace éventuelle. Être libre signifie avoir du pouvoir ; non pas celui de dominer les autres, mais celui de dominer ses conditions de vie."

 

Cette définition n'est pas celle d'une "liberté" (intérieure), mais celle d'une "autonomie" (extérieure).

 

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Ce ne sont pas les individus qui "composent" la société. C'est la société qui fait émerger des personnes. La société n'est pas un assemblage d'individus autonomes, indépendants et libres ; le "contrat social" de Hobbes plagié par Rousseau est une fumisterie.

C'est contraire qui est vrai. Un bébé humain vient au monde dans une société dont il dépend totalement ; il en est un membre au sens biologique du terme, un organe. En grandissant, il demeure totalement dépendant de la société. Beaucoup d'adultes et de vieillards le restent encore totalement toute leur vie … par amour de la "servitude volontaire" et de la sécurité intra-utérine. Tous ceux-là constituent la masse ou le magma sociétal.

Devenir un homme, c'est s'affranchir de la société, non pas contre elle comme le fait le rebelle, mais au-delà et au-dessus d'elle comme le vivent le Sage ou le Saint.

La société est un milieu nourricier global dont peuvent parfois émerger des hommes authentiques.

 

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Un paradigme socioéconomique ne change ni par réformes, ni par révolutions. Tant qu'il possède les ressources qui sont nécessaires à sa logique interne, les réformes et révolutions politiques fonctionneront comme on change de vêtement (et il existe une foule de stylistes-idéologues, pour sempiternellement redessiner la plus belle tenue … selon eux).

Les paradigmes ne meurent que par le tarissement des ressources nécessaires à leur logique interne. Ainsi, notre époque voit l'effondrement progressif et déjà très entamé, de la logique moderniste du "progrès" qui n'est qu'une logique d'accumulation matérielle, acculée par la pénurisation de toutes les ressources matérielles.

Dès lors, deux voies s'ouvrent : celle de l'extinction humaine et celle de l'émergence d'un nouveau paradigme dont les ressources ne seront que très peu matérielles (frugalité oblige).

 

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Aujourd'hui, c'est la technologie (numérique et énergétique, mais pas seulement) qui s'impose comme fondement du système socioéconomique ; elle est devenue la seule idéologie au-delà de toutes les utopies socialo-politiques. Refuser ces technologies revient à se mettre hors-jeu, hors-caste comme un paria.

La technologie prolifère toujours plus, à son propre service (comme les bureaucraties).

 

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Quel qu'en soit le prix à payer (notamment en termes de dépendance), les masses adhèrent immédiatement à n'importe quelle technologie pourvu qu'elle soit facilitante ou amusante.

Facilitez-moi la vie. Egayez-moi la vie.

Avec ces deux leviers, les GAFA et consorts pourraient encore avoir de beaux jours devant eux … tant que les ressources nécessaires à la fabrication et au fonctionnement de leurs jouets débiles resteront disponibles … c'est-à-dire plus très longtemps.

 

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Paradoxalement, si l'on y regarde de plus près, l'automobile a restreint la mobilité plutôt que de l'augmenter.

Ce que l'on a gagné en distances et en vitesse (mais pourquoi donc aller loin ?), on l'a largement perdu en souplesse, en alternatives et en qualité de la vie, tant en ville qu'à la campagne.

 

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Après Martin Heidegger et Jacques Ellul, pour ne citer qu'eux, il est nécessaire de refaire le procès de la technologie, et de revoir les binaires entre progrès matériel et progrès intérieur, entre performance quantitative et vie qualitative.

 

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De Jacques Ellul, fervent théologien converti au protestantisme :

 

"Le christianisme est la pire trahison du Christ."

 

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L'homme n'est que ce qu'il fait et il n'a de droit qu'à la mesure du mérite de ses œuvres.

Il n'existe aucun droit universel, ni aucun droit naturel.

 

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Depuis quarante ans, les quatre premiers versets du livre de la Genèse qui contiennent totalement la cosmogonie biblique, ne cessent de me fasciner au travers de traductions toujours plus mystiques … comme celle-ci :

 

Dans un commencement, Il ensemença des Vocations avec le Ciel et avec la Terre.

Et la Terre devint vide et consternation : et une Ténèbre sur les faces de l'Abîme et un Souffle de Vocations barattements sur les faces de l'Eau.

Et Il dira des Vocations : "Une Lumière adviendra", et une Lumière adviendra.

Et Il verra des Vocations avec la Lumière ; comme [c'est] bon ; et il séparera des Vocations entre la Lumière et entre la Ténèbre.

 

Tout y est.

L'Intention (les Vocations), le Volume (le Ciel) et la Substance (la Terre) dans un état d'activité chaotique et incohérente.

Puis advint le quadripôle avec l'Abîme (l'écologie encore vide), la Ténèbre (l'axiologie encore opaque) le Souffle (la téléologie active) et l'Eau (la généalogie encore vierge).

De la rencontre de ces quatre, sous la pression de l'Intention, jaillit la Lumière qui enclenche le processus cosmique grâce à la séparation des deux principes moteurs l'entropie de la Ténèbre et la néguentropie de la Lumière.

Ensuite, poussée par le Souffle de l'Intention, l'Eau, aussi, se sépare en l'Eau d'en-haut (la mémoire globale ou gigascopique) et l'Eau d'en-bas (la mémoire locale ou nanoscopique).

L'Eau d'en-haut engendre les Astres du firmament.

L'Eau d'en-bas, elle, engendre le Sec (la Matière).

La Matière engendre la Vie, végétale et animale. Et la Vie engendre l'Esprit.

 

Où donc trouve-t-on un quelconque créationnisme, là-dedans. Tout n'y est qu'évolutionnisme avant la lettre.

 

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Philon le Juif, d'Alexandrie, dès le tout début de l'ère vulgaire, pose deux principes universels, l'un actif (l'Intellect ou Noûs) et l'autre passif (la Substance qu'il ne nomme pas). Ces deux sont guidé par le Pronoïa, la Providence stoïcienne qui s'apparente au destin, à l'intention, à une téléologie.

Mais tout cela émane de ce que Philon appelle l'Inengendré ou le "Père" qui est l'Un intemporel.

 

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La temporalité émane de l'intemporalité et la manifeste. Mais il n'y a pas de séparation dualiste entre temporalité et intemporalité ; il y a entre elles un spectre parfaitement continu de manifestations de plus en plus temporalisées au fur et à mesure du voyage qui va depuis la centre de la sphère intemporel cosmique vers sa périphérie jusqu'à atteindre la surface extérieure qui est le présent et où se manifestent toutes les activités temporelles.

Comme dans le tronc d'un arbre où l'on part du cœur dense, pour passer d'abord au bois dur, puis à l'aubier tendre, puis au cambium vivant.

 

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Chacun ne reçoit de Dieu que ce qu'il est capable de recevoir.

 

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Le temps naît avec la lumière.

 

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Le 12/08/2019

 

De Philon qui parle des hommes selon ce qu'en pense de Dieu :

 

"(…) sachant (…) au sujet des hommes (…) quelles seraient les qualités de leurs pensées, aptes à conjecturer le vraisemblable et le probable qui donnent lieu à beaucoup de spéciosité, mais non point à saisir la vérité pure, sachant qu'ils se fieraient aux apparences, plus qu'à Dieu, en admirateurs de la sophistique plus que de la sagesse (etc …)"

 

Portrait remarquable du crétinisme humain !

 

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Philon dit aussi ceci :

 

"Car tout est possible à Dieu."

 

Je crois que cette assertion est particulièrement fausse. Dieu n'est pas omnipotent. Il est le Réel ou, plutôt, l'Esprit du Réel (son Logos) qui ne peut, en aucun cas, déroger à sa propre cohérence immanente. Il est la logique même du cosmos qui, par essence, doit rester conforme à elle-même en toute circonstance.

De même, Dieu n'est pas omniscient : il ne "connait" que la totalité du passé et du présent, mais le détail du futur lui échappe puisque le Réel se crée par émergences locales imprédictibles.

Le Logos divin n'est pas déterministe sinon il n'y aurait aucune créativité, ni aucune liberté, ni aucune éthique.

Si ce Logos était déterministe, il n'y aurait nul besoin d'une évolution constructiviste et créativiste ; le Tout serait achevé d'emblée.

 

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La philosophie grecque faisait grand cas de la distinction forte entre les intelligibles (ce qui est perçu par l'esprit) et les sensibles (ce qui est perçu par les sens). Nous parlerions, aujourd'hui, de perception analytique (par observations et mesures) et de perception holistique (par intuitivité).

De Descartes à Kant et consorts, tout le rationalisme moderne a totalement rejeté l'intuitivité comme instrument de connaissance véritable. Depuis Bergson, on sait que ce rejet est infantile puisque l'intuition précède l'observation : on ne trouve jamais rien si l'on ne pressent pas où il faut chercher.

 

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Parce que les nombres entiers sont les plus simples à manier, leurs rapports devraient être la clé de toutes les harmonies. Tel était le principe fondateur du pythagorisme dont, par exemple, la gamme pentatonique était construite sur les rapports (n+1)/n [4/3 pour la quarte, 3/2 pour la quinte et 2/1 pour l'octave] ou dont le nombre d'or répondait à 1/n = n/(n+1), etc …

On sait aujourd'hui que les rapports entiers sont sans doute les plus harmonieux à l'œil et à l'oreille humaines, mais qu'ils ne gouvernent pas les lois de l'univers.

 

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Dans un couple, la tendresse, c'est la somme de tous ces petits gestes, de toutes ces petites paroles que l'on offre pour la joie quotidienne de l'autre.

La tendresse, c'est l'anti-égocentrisme radical.

 

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La censure intime, par crainte de la bien-pensance, est bien pire que la censure bureaucratique et juridique.

 

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Il y a trois sortes de livres. Ceux qui m'apprennent vraiment quelque chose (et qui engendrent des pages et des pages de notes). Ceux qui ne m'apprennent rien ou presque rien. Et ceux qui parlent de ce qui ne m'intéresse pas ou pas assez.

Le problème est que ceux de la première catégorie sont les plus rares … mais que leur valeur "nutritionnelle" est difficile à apprécier avant d'avoir acheté le livre et commencé de le livre sérieusement.

 

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En 1944, dans leur "Dialectique de la Raison", Horkheimer et Adorno s'interrogent sur "la cause de cette régression  de la Raison vers la mythologie" dont nous vivons un nouvel et dramatique épisode depuis 2007 (la grande crise financière qui a fait perdre confiance à la supposée rationalité de l'économique et du politique).

Aujourd'hui, à nouveau, l'émotionnel et le sensationnel triomphe du rationnel et du réel.

Les racines marxistes de ces deux auteurs les empêche de voir que le "peuple", la populace, les masses ne sont jamais rationnelles parce qu'inintelligentes. Elles sont toujours manipulées. Donc l'avenir des civilisations dépend du profil des démagogues qui les manipulent. Et je crains qu'il n'y ait que deux catégories d'idéologies démagogiques : celle qui se fonde sur la tranquillité pour soi et celle qui se fonde sur la haine de l'autre. Cette dernière fonde tous les totalitarismes. La première fonde tous les bourgeoisismes.

Mais toutes deux ne fonctionnent qu'en s'appuyant sur le Panem et circenses, le seul leitmotiv audible (mais les "jeux du cirque" peuvent être tranquilles et sots comme des séries télévisées, ou sordides et violents comme des émeutes à la "gilets jaunes").

 

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L'effondrement de la modernité implique nécessairement l'effondrement de la rationalité. Mais la rationalité doit être dépassée et transcendée, et non bafouée et écrasée. La rationalité est indispensable, mais elle n'est pas suffisante. Ce fut l'immense erreur des philosophismes du 18ème siècle que de le croire.

Albert Einstein l'avait dit depuis longtemps : "La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle". Reformulons : la rationalité sans spiritualité est boiteuse, la spiritualité sans rationalité est aveugle.

Ainsi, l'antidote à l'hypertrophie du rationnel n'est pas l'émotionnel, comme cela se passe maintenant, mais le spirituel.

L'antidote à la dictature de l'intelligence, n'est pas dans la sensibilité, mais dans la quête du sens.

Autrement dit : l'antidote à la dictature de l'esprit, n'est pas dans le cœur, mais dans l'âme.

 

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On ne le dira jamais assez : toute technologie engendre de la dépendance. Plus un civilisation est technologique, plus elle rend esclave par "servitude volontaire".

 

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Ce qui rend plus malin, rend moins intelligent.

Le commerce y devient arnaque et le discours y devient ruse.

 

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Les philosophismes du 18ème siècle, l'Aufklärung allemande, l'Enlightenment anglaise et, très subsidiairement, les "Lumières" françaises, ont promu le triomphe absolu de la Raison contre le soi-disant "obscurantisme". Ils ont engendré un monstre civilisationnel cause de tous les totalitarismes absurdes qui sévissent depuis deux siècles : bourgeoisisme, étatisme, scientisme, nationalisme, socialisme, fascisme, communisme, nazisme, gauchisme, démagogisme, écologisme, populisme … qui, tous, ont deux puissants traits communs : leur déni de réalité et leur irrationalité foncière.

Rabelais disait déjà : "Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme". Paraphrasons : rationalité sans spiritualité n'est que ruine de l'âme.

 

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Le seul but de la connaissance authentique est d'établir un pont solide et fiable entre l'intelligence humaine et la nature véridique du Réel.

La solidité et la fiabilité de ce pont s'appellent la double "cohérence" intrinsèque (la cohérence globale de la connaissance, pour la solidité, et la cohérence entre cette connaissance et les manifestations du Réel, pour la fiabilité).

 

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Dans les sociétés humaines (je ne parle pas de ceux qui ont choisi de vivre au-delà de ces sociétés), il n'y a que deux catégories d'hommes : les entrepreneurs (15%) et les "esclaves" (85%).  Pour qu'il n'existe plus d'esclaves, il convient que tous soient entrepreneurs, c'est-à-dire autonomes et responsables d'eux-mêmes et de leurs proches, renonçant à toutes ces chaînes de dépendance que sont le salariat et les assistanats.

Pierre-Joseph Proudhon ne disait pas autre chose avec son associationnisme anarcho-syndicaliste … qui est l'exact opposé (Marx l'avait parfaitement compris) de tous les socialismes dont l'objectif final (cfr. URSS et Mao) est d'abolir l'entrepreneuriat et de généraliser l'esclavage : nivellement par le bas sous prétexte d'égalitarisme.

"Tous égaux", cela signifie "tous esclaves".

 

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Le grand slogan de Francis Bacon, repris par les philosophismes, était : "Libérer le monde de la magie".

En réalité, ce mouvement moderniste n'a fait que changer de magie … noire !

 

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La Raison est analytique. La vérité est holistique.

Elles ne peuvent pas se parler sans un canal intuitionnel entre elles.

Et l'intuition, il est vrai, a quelque chose de "magique" …

 

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La modernité a voulu extraire l'homme du Réel et appeler cet arrachement "libération", ou "affranchissement", ou désaliénation". L'homme est devenu largement hors-sol, et hors-sens, et hors-réel. Il vit en vase clos dans sa propre artificialité qu'il affirme être rationnelle.

Aujourd'hui, cet arrachement s'avère être une monstrueuse impasse.

 

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Pourquoi toujours vouloir réduire l'Esprit à la seule Intelligence alors que celle-ci n'est rien sans la Mémoire, la Sensibilité, la Volonté et la Conscience ?

Pourquoi toujours vouloir réduire l'Intelligence à la seule Raison alors que celle-ci n'est rien sans l'Intuition, l'Imagination, l'Analogie et le Jugement ?

 

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Comment des intelligences brillantes et érudites comme Horkheimer ou Adorno et tant d'autres entre 1920 et 1990, ont-ils pu se laisser fasciner et intoxiquer par cette funeste fumisterie qu'est le marxisme. Marx a tout faux sur toute la ligne, sur ses théories artificielles comme sur ses prédictions débiles, sur ses concepts fantasmagoriques (le Peuple, la Classe, le Capital, le Prolétariat, l'Egalité, la Justice, etc …) comme sur ses principes idéologiques ?

Tout est faux chez ce petit bourgeois parasite qui voulait jouer au révolutionnaire en chambre.

 

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Rien n'est plus favorable à l'égalitarisme que le règne du quantitativisme. Quand tout peut être ramené aux mêmes unités de mesure, tout devient semblable.

 

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De Hegel :

 

"Le Troupeau est le produit de la Raison"

 

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Ce que je crois être, depuis les origines, le fondement ultime du Judaïsme, c'est le combat de fond contre l'idolâtrie et l'esclavage (les esclavages intérieurs et les servitudes volontaires), sous toutes leurs formes.

En luttant contre les idolâtries, le Judaïsme vise la démythification radicale du Réel.

En luttant contre les esclavages, la Judaïsme vise le dépassement radical de l'humain en l'homme.

Et comme la Torah en relate les exemples nombreux, parmi les Juifs (orthodoxes, littéralistes, intégristes, fondamentalistes) la pratique de l'ascèse juive frise souvent l'idolâtrie textuelle et l'esclavage formel.

 

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Le 13/08/2019

 

A un lecteur intoxiqué par la propagande ignare de Greenpeace (financée par les lobbies du charbon allemand) et qui s'indigne de mon acharnement à promouvoir le nucléaire et à démolir l'éolien, j'ai répondu ceci : les problèmes liés aux nucléaires (qui sont bien moindre que ceux impliqués par le charbon ou les hydrocarbures, notamment en termes de victimes humaines) sont trop bien (mé)connus pour y revenir, alors que l'éolien est une calamité (thermodynamique autant qu'économique et écologique) dont on refuse de voir les méfaits sous la pression des lobbies industriels allemands (qui tentent de sauver leur peau en fourguant en France des technologies dont on ne veut plus en Allemagne, en Suède et en Espagne pourtant pionnières en la matière).

 

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Juxtaposition n'est ni lien, ni rapport de cause à effet.

 

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La science montre que le Réel est globalement inégalitaire et différentialiste (principe de complexification néguentropique oblige), tant des points de vue de l'inné que de l'acquis, y compris parmi les individus, les ethnies, les cultures, les religions humains. C'est ainsi.

Quel que soit le paramètre mesuré sur une population quelconque (végétale, animale ou humaine), la répartition des résultats est gaussienne ; pour chaque paramètre envisagé et sérieusement mesuré, on trouve des "faibles" et des "forts". Voilà ce que dit la science la plus neutre et objective … qui n'approuve ni ne condamne, pour autant, l'oppression du "faible" par le "fort", ni l'oppression des "forts" par des coalitions de "faibles". La science est amorale.

Mais ce discours simple révulse radicalement les égalitaristes de tous poils dont ceux qui veulent bannir, jusque dans le langage, toutes les différences entre les humains, en général, et, en particulier, entre hommes et femmes, entre blancs et noirs, entre chrétiens et musulmans, etc …

Aussi, ces hurluberlus acéphales s'installent-ils dans un total déni de réalité, refusent de voir et d'entendre la vérité, calomnient les travaux scientifiques et instaurent une volonté de censure allant jusqu'à la violence … produisant, de plus en plus, une autocensure timorée de la part de ceux qui n'approuvent pas leurs délires égalitaristes.

La tyrannie de la bien-pensance égalitariste est un fait de société, aujourd'hui, une maladie mentale venue, essentiellement des campus américains sous férule "démocrate", phagocytés par tous les rétro-activismes (rétro-féminisme, rétro-sexualisme, rétro-racisme, rétro-islamisme, etc …).

 

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Dans le Réel, la probabilité que deux entités soient parfaitement égales, est nulle. La probabilité qu'elles soient différentes est donc égale à un.

 

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Stephen Jay Gould : matérialisme, hasardisme et marxisme. Poubelle !

 

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Les mathématiques sont un mythe, au sens originel de ce mot : une manière de raconter certaines choses (mythos en grec signifie : "parole, discours, narration, récit").

Mais comme tous les mythes, elle a une utilité réelle pour formuler certaines questions ou pour stimuler certains cheminements.

La grande erreur de la modernité, c'est, depuis Galilée, d'en avoir fait le "langage" de Dieu, c'est-à-dire l'essence même du Réel.

 

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Tout ce que les humains se racontent au sujet du Réel relève d'une mythologie (un discours narratif exprimé dans un langage humain) ; la science n'y fait pas exception.

Seulement, il y a des mythologies plus cohérentes et plus utiles que d'autres. La science est de celles-là.

 

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L'art est un secteur particulier de l'activité sociale qui n'a rien à voir avec la connaissance (c'est-à-dire avec le dépassement radical de l'humain en vue d'approcher le Surhumain).

L'art aboutit toujours soit à une forme de divertissement, soit à une forme de prière, qui ne concernent, toutes deux, que des humains enfermés dans le monde humain. L'art, toujours, est une forme, plus ou moins sophistiquée ou plus ou moins alambiquée, de narcissisme nombriliste (plus ou moins joyeux ou religieux, mais aujourd'hui, le plus souvent, plutôt maladif lorsqu'il n'est pas simplement lucratif).

 

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Ce qui est naturel est réel ; mais cela n'implique pas, a priori, que ce qui est naturel soit moral. Le Réel est amoral. La moralité n'est qu'un mythe humain visant à protéger le plus d'humains possible contre les dangers de l'existence. La Nature, elle, n'a que faire de l'humain.

Cependant, si l'on quitte le domaine si relatif de la moralité, mais que l'on veuille pénétrer le domaine de l'éthique c'est-à-dire celui des comportements adéquats pour vivre une bonne vie, alors, ainsi que le préconisaient les doctrines philosophiques grecques et en particulier le stoïcisme, l'imitation de la Nature induit une voie éthique cohérente puisque la Nature et l'homme sont tous deux au service du même accomplissement cosmique, au sein du même Logos universel.

 

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Toute consommation est aliénation et dépendance.

Ces deux mots sont importants.

L'aliénation couvre le fait de "devenir autre" (alius en latin) c'est-à-dire de sortir de soi, de se quitter pour devenir autre, cet autre pouvant être un stéréotype véhiculé par la mode ou le conformisme ; "devenir un autre" signifie aussi quitter sa propre vocation, sa propre ligne de vie, son propre destin, sa propre intériorité pour suivre des chemins suggérés ou imposés par le monde extérieur.

La dépendance, sans atteindre nécessairement l'addiction ou l'assuétude, s'apparente à la "servitude volontaire" et à une forme douce d'esclavage, plus ou moins doré ; dans tous les cas, la dépendance signe une perte réelle d'autonomie existentielle au profit du "système" extérieur.

Reformulons : toute consommation conduit à une perte de liberté personnelle.

Plus l'appétit consommatoire grandit, plus la perte de liberté est conséquente.

C'est là toute la logique de la société de consommation dont le fonds de commerce véritable est la capacité de "servitude volontaire" des masses.

Avec la pénurisation de toutes les ressources, le sevrage va être douloureux !

 

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Paradoxalement, l'aliénation consommatoire est la conséquence directe de la volonté moderne de désaliéner l'humain grâce à la technique et à la démocratie.

Le philosophisme, en désacralisant le monde, en détruisant toute intentionnalité et en voulant rendre l'homme à lui-même, a débouché sur un monde d'esclaves humains asservis à leurs envies, à leurs phantasmes, à leurs ressentiments, à leurs jalousies, à leurs caprices, à leurs jeux, à leurs distractions, à leurs concupiscences.

 

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De Horkheimer et Adorno :

 

"L'animisme avait donné un âme à la chose,

l'industrialisme transforme l'âme de l'homme en chose."

 

L'industrialisme (qu'il faudrait aussi nommer "marchandisation" et "financiarisation" pour lesquelles tout peut se vendre et s'acheter moyennant argent), l'industrialisme, en effet, induit une réification universelle : l'homme et son esprit n'y font pas exception.

 

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Devant le spectacle évident de la "servitude volontaire" des masses, les complotistes de tous poils inventent et dénoncent des puissances occultes capables de manipuler des milliards de gens.

La réalité est beaucoup plus simple : les humains médiocres (donc l'immense majorité) adorent - comme on adore un dieu - leur "servitude volontaire" pour les chansons d'irresponsabilité, d'assistanat et de sécurité qu'elle leur chante.

C'est une erreur de croire que les hommes veulent être libres ; ils veulent seulement être repus et divertis ; c'est ce qui a fait le lit de tous les totalitarismes et de toutes les dictatures.

 

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Plus que jamais, il faut combattre les gardiens de la vertu et de la bien-pensance socialo-gauchistes.

 

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La "Dialectique de la Raison" intente en fait le procès de la "rationalisation" systématique et universelle comme pur produit du paradigme moderne, diabolisé sous sa forme industrialo-économiste (Adorno et Horkheimer ont été imprégnés de marxisme jusqu'à l'os).

Ce procès n'est légitime que si l'on veut bien y déceler l'identification abusive entre "rationalisation" et "rationalisme", que si l'on veut bien voir que cette rationalisation moderniste est analytique, mécaniste et simplifiante jusqu'au simplisme, que si l'on veut bien comprendre que la rationalité saine dépasse, et de loin, cette rationalisation quasi bureaucratique.

Ce livre a été écrit en 1944 et fut publié (revu et augmenté) en 1969. Depuis, l'eau a beaucoup coulé sous les ponts et le réquisitoire de l'école de Francfort a terriblement vieilli. L'effondrement des communismes et les révolutions numérique et écologique sont pour beaucoup dans cette obsolescence. Ce livre est typique des "trente glorieuses" et de l'américanisation du monde à marche forcée. Ces temps sont révolus.

 

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Une épidémie globale de nostalgie a pris le relais de l'épidémie de frénésie progressiste.

La seule double issue : ni regret, ni remord avec ni nostalgie, ni utopie.

 

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N'y-a-t'il pas encore assez d'assistanats dans nos contrées ? Je rappelle que les assistanats amplifient le mal sans le résorber (cfr. donner un poisson vs. apprendre à pêcher). Les soi-disant "plus démunis" sont déjà pris en charge par l'Etat … ou pas pris en charge parce que "réfugiés" clandestins à expulser d'urgence. Nous voilà entraînés par le torrent de la démagogie nauséabonde, par les gardiens de la vertu et de la bien-pensance socialo-gauchistes. Il ne faut pas confondre "philanthropique" et "social". Des bourses pour aider des étudiants méritants ou cofinancer des start-up intelligentes : oui. Du fric gaspillé dont la majorité bénéficiera à des parasites professionnels ou des immigrés islamistes : non !

Notre mission est de construire le futur, pas de vaseliner le présent.

 

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Être libre, c'est pouvoir et oser prendre des risques.

La liberté appelle donc, en même temps, la responsabilité et la non sécurité.

Ceux qui espèrent pouvoir allier la liberté, l'irresponsabilité et la sécurité, nagent en pleine utopie puérile et délétère.

Le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière.

 

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La civilisation transforme parfois les comportements humains, mais jamais la nature humaine. L'humain naît barbare et beaucoup le reste.

 

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Dans son "Retrotopia", Zygmunt Bauman stigmatise un retournement du sens de l'histoire qui, de nos jours, n'aspire plus à l'avènement d'un avenir meilleur, mais bien à un retour à un passé réinventé. Ce retournement est dû à l'effondrement des sociétés étatisées : les promesses de Hobbes quant au "contrat social" n'ont pas été tenues et ne pourront plus jamais l'être.

Bauman caractérise ce retournement par quatre retours :

  1. Le retour aux tribus : le mythe des communautés égrégoriques et fraternelles …
  2. Le retour aux inégalités : la dislocation des liens de cohérence qui tenait la société étatisée plus ou moins unitive …
  3. Le retour au nombrilisme : le culte du moi ou, plutôt, l'invention fantasmagorique du moi en dépit de toute réalité du soi …

Bauman termine en concluant que nos sociétés étatisées sont entrées - selon ma terminologie à moi - en phase chaotique, déstabilisées par la puissance des flux transnationaux et supranationaux et devenues incapables de financer les coûts d'achat d'une paix sociale raisonnable, semant inquiétude et méfiance.

Bauman finit son livre contre les nostalgies par une utopie stérile : le cosmopolitisme et la poussée de l'intégration de la société humaine au niveau mondial. Il ne voit pas - mais c'est normal - que c'est précisément le mot "intégration" et ce qu'il recèle qui fait problème.

 

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Le 14/08/2019

 

On a tort de confondre alphabétisation et intelligence. Il est clair que pour développer et cultiver une intelligence, il est indispensable de disposer d'un langage approprié, voire sophistiqué. Mais la maîtrise d'un langage est totalement insuffisante pour qu'il existe une intelligence. Le langage s'apprend, certes, mais le QI est largement inné. Un crétin alphabétisé restera un crétin.

Il est évident que, depuis des décennies, le taux d'alphabétisation augmente spectaculairement partout - sauf dans les pays musulmans - mais cela n'implique nullement que l'humanité devienne plus intelligente.

 

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De Luc de Barochez :

 

"La Russie et la Chine ont de nombreux traits semblables: gouvernance autoritaire appuyée sur des services secrets omniprésents, capitalisme d'Etat aux mains d'oligarques qui profitent de leur proximité avec le régime, corruption répandue."

 

Et un populisme du même tonneau dans maints pays d'Europe …

 

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De Vladimir Poutine :

 

"La pensée libérale est dépassée. Elle entre en conflit avec l'intérêt de la majorité écrasante de la population."

 

Le libéralisme est la doctrine de la locomotive que suit la théorie des wagons à bestiaux. Elle est un aristocratisme qui ouvre ses portes à tous ceux qui montrent du courage, du talent et de l'intelligence.

Poutine est bien mal placé pour parler de "l'intérêt de la majorité écrasante de la population", lui dont le pouvoir, plus que contesté, repose sur la corruption généralisée, la police secrète et des oligarques qui traient le pays à longueur de temps;

 

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De Paul Valéry :

 

"Il est remarquable que la dictature soit à présent contagieuse,

comme le fut jadis la liberté."

 

La liberté n'a jamais été désirée par les masses - autrement qu'en paroles dans le discours de leurs démagogues - qui ne sauraient qu'en faire, tant elle ne vivent que de dépendances.

La dictature est la face noire et détestable d'un évergétisme détourné", malhonnête, éphémère et fragile … mais elle ne change rien à l'idée que l'évergétisme soit la seule manière de mener le troupeau au mieux.

 

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La première et la pire des dictatures actuelles est celle des "réseaux sociaux" qui, par effet de meute, façonne les opinions publiques, non sur des faits et des raisonnements, mais sur des rumeurs (le plus souvent fausses) et des émotions.

 

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"- Que venez-vous faire en Franc-maçonnerie ?

- Vaincre mes 'passions' et faire de nouveau progrès (…)"

 

Langage du 18ème siècle où "passion" (ce que l'on subit avec patience, ce dont on souffre, étymologiquement) signifiait "émotion" !

Mon Dieu, épargnez-moi les "émotions" ! L'émotion : du latin ex motione  ce qui sort (fait sortir) de la trajectoire, … ce qui déjante et provoque la sortie de route.

 

*

 

Ni suffrage universel ni dictature, ni démocratisme ni totalitarisme.

Ni tyrannie de la masse des médiocres, ni tyrannie d'un démagogue mégalomaniaque.

Telle est l'incroyable équation impossible du 21ème siècle

 

*

 

D'Olivier Guez :

 

"Au départ, une dictature surgit toujours d'une crise fondamentale, économique, internationale ou d'une guerre civile. C'est du chaos qu'émerge la figure de l'homme fort."

 

Un dictateur, c'est un démagogue qui "réussit" … et il ne peut "réussir" que si la populace croit n'avoir plus suffisamment ni de pain, ni de jeu ; il suffit alors de désigner un bouc émissaire et de lancer l'effet de meute.

Loi inexorable depuis plus de 10.000 ans.

 

Et du même :

 

"Deux dictateurs ont néanmoins réussi à redresser l'économie de leur pays : Franco a jeté les bases de l'économie moderne espagnole en la désenclavant ; Pinochet, ce drôle de dictateur - il fut un tyran impitoyable pour l'opposition de gauche -, s'entoura d'économistes libéraux et prépara l'économie chilienne du 21ème siècle."

 

Quelqu'un qui sauve son pays de la misère, qui assure sa neutralité dans les guerres mondiales et qui éradique sans pitié ni scrupule le socialo-gauchisme, n'est pas un dictateur, mais un bienfaiteur !

 

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Les vraies dictatures durables viennent du peuple ; les dictatures venues de coups d'état sont le plus souvent éphémères.

 

Et encore, du même :

 

"Lénine était un idéologue fanatique et Staline le prototype du dirigeant totalitaire. Tous deux ont perpétré de gigantesques massacres, humains, bien sûr, mais aussi économiques et environnementaux. On a souvent dit que Staline avait dénaturé le projet de Lénine. C'est faux. Dès le départ, le projet de Lénine est mortifère.

 

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Une dictature, parce que contre-nature, ne se maintient que par la violence qui, toujours, coûte bien trop cher. Pour la financer, elle n'a que deux voies : la guerre militaire d'invasion et de spoliation, ou le productivisme économique pour une guerre commerciale et monétaire.

 

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Les trois attentes de la populace d'aujourd'hui sont l'identité, la consommation et la sécurité.

 

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L'homo festivus de Philippe Muray est un bon portrait de ces crétins qui veulent sempiternellement "s'amuser" en "convivialité" et qui cherche du "plaisir" (et non de la joie) au fil de toutes les débilités qui tissent leurs pauvres et vides existences.

 

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 La mauvaise ivresse physique baisse les défenses de la discipline et ouvre les portes à l'erreur. La belle ivresse mystique les renforce.

 

 

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A propos du mythe marxiste du "vol de la plus-value" …

La métaphore de Proudhon est lumineuse …

Dresser l'obélisque de Louxor sur la place de Paris a nécessité 200 grenadiers pendant un jour. Or, un seul homme, pendant deux cents jours, n'y serait point arrivé.

Donc 200 jour.hommes ne valent pas 200 jours.homme. Les quantités de travail sont les mêmes mais le résultat n'est pas le même : c'est là l'origine de la spécieuse notion marxiste de plus-value qui concerne le surprix de la synergie, le prix de la survaleur du travail collectif qui est plus que la somme des valeurs travaux individuels.

 

A ce constat, Marx hurle à la spoliation, par le capitaliste bourgeois, de cette plus-value, mais il perd de vue l'essentiel : le porteur-entrepreneur  de cette opération NE paie PAS des jour(s).homme(s) mais un résultat attendu : un obélisque parfaitement debout à la bonne place. La quantité de travail et le nombre des travailleurs ne sont pas son problème.

 

Un entrepreneur paie un résultat ; il ne paie pas des gens et des heures. Libre à ces gens d'accepter ou de refuser le contrat qui leur est proposé. Si le prix proposé pour leur travail leur semble trop bas, ils n'acceptent pas le travail : point-barre. L'entrepreneur ou bien trouvera d'autres personnes qui accepteront sa proposition, ou comprendra qu'il doit augmenter ses prix proposés pour le travail s'il veut qu'il soit réalisé.

 

Le coût des moyens et la valeur du résultat sont deux notions totalement distinctes et indépendantes l'une de l'autre. Le seul lien entre eux, c'est l'entrepreneur qui prend le risque de monter l'opération avec deux contrats : celui, amont, des moyens et celui, aval, des résultats attendus par ses commanditaires. Le rapport entre ces deux contrats est son affaire, à lui seul. Personne n'empêche quiconque de tenter de monter la même opération avec des contrats différents.

C'est cela le libéralisme.

 

Le travail et le capital ne sont que deux ressources et rien que des ressources qui s'achètent au prix (subjectif et variable) du marché, comme toutes les autres. Et ces ressources alimentent un projet porté par un entrepreneur qui en assume tous les risques et qui n'en attend pas nécessairement un profit financier mais, le plus souvent, une satisfaction et une joie de l'œuvre accomplie.

La vraie dialectique économique n'est pas entre "capital" et "travail", mais entre "entreprendre" ou "besogner".

 

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Le 15/08/2019

 

La Torat Moshé (le Pentateuque) est le cœur central du Judaïsme. Ses cinq livres possèdent une structure claire.

Le plus ancien - on le sait clairement, maintenant - est le Deutéronome qui expose l'essentiel : Moïse, face à la Terre promise, est mourant, et il récapitule la Loi avant de bénir ses treize tribus (les douze tribus profanes et la tribu sacerdotale). Ce livre a été rédigé au retour de l'exil de Babylone, sous l'inspiration d'Esdras ; il fonde la religion désormais judéenne que l'on appellera le Lévitisme.

Les quatre autres livres de la Torah, plus tardifs, complètent et développent les "Paroles" (c'est le titre exact hébreu du Deutéronome).

Ces quatre livres ne sont pas homogènes. Il y a deux livres majeurs et deux livres particuliers.

Les deux livres majeurs sont Shèmot (l'Exode) et Bémidbar (les Nombres) qui racontent le périple incroyable des Hébreux depuis leur esclavage en Egypte jusqu'à leur arrivée au seuil de la Terre promise. La césure entre ces deux livres se place juste après la Révélation et juste avant le Désert.

Les deux livres qui restent, sont particuliers en ce sens que le premier (B'rèshit, la Genèse) ne concerne pas que les Juifs, puisqu'il est une cosmogonie (qui se termine après l'épisode du Déluge), prolongée de récits mythiques concernant la vie des Patriarches hébreux (Abraham, Isaac et Jacob) ; et que le second (Wayiqrah, le Lévitique) ne concerne que la tribu sacerdotale à l'exclusion de tous les autres, juifs ou non-juifs.

 

Cette structure des cinq livres s'exprime bien dans le schéma suivant :

 

 

DCe qui donne, de façon simplifiée :

 

 

Le Sacré

(lévitique)

 

La libération et

la Révélation

(Exode)

La Loi

(Deutéronome)

La Purification

(Nombres)

 

La Généalogie

(Genèse)

 

 

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Michel Onfray résume bien toute la posture de Pierre-Joseph Proudhon :

 

"Au nom du socialisme libertaire, il attaque le capital [le financiarisme], le gouvernement [l'étatisme] et la religion catholique [l'obéissance aux dogmes idéologiques] et, sans croire ni à la théorie du contrat social de Rousseau [une fumisterie que Rousseau a plagié chez Hobbes], ni à la formule de la démocratie directe [qui ne peut aboutir qu'à des guerres civiles permanentes], ni au suffrage universel [qui ne peut aboutir qu'à de la démagogie électoraliste et clientéliste], ni au socialisme jacobin hérité de la Révolution française [qui ne fut que la répétition générale des communismes marxistes], il souhaite une organisation des travailleurs [donc de tous les humains] par eux-mêmes et pour eux-mêmes."    

 

Proudhon croit aux processus librement associationnistes. D'où cette expression doublement malheureuse de sa doctrine centrale appelée "anarcho-syndicalisme" alors qu'elle n'est ni anarchiste, ni syndicaliste (au sens qu'ont ces mots aujourd'hui). Il vaudrait mieux, aujourd'hui, parler de ses thèses comme de la doctrine de l'autogestion libérale.

 

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La "'révolution" dite française (qui n'a été que parisienne) n'a été que l'enclenchement d'une série de changement de "maîtres", toujours autocratiques, pour la France : Louis XVI, puis Robespierre, puis Bonaparte avant le retour de deux ou trois rois et d'un second empereur. La seule vraie "révolution française" date de 1871 et instaure la seule vraie république (la soi-disant "troisième) et le vrai bourgeoisisme socialisant absolu qui perdure jusqu'à nos jours, parfois plus bourgeois (gouvernements dits de droite), parfois plus socialisant (gouvernements dits de gauche) ou paternaliste (De Gaulle, le faux général). Mais toujours affreusement bourgeois avec ses quatre valeurs dominantes : la sécurité, l'hédonisme, le confort et le moindre-effort.

 

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Glanés au fil de l'eau …

L’OMC, pensée par des riches pour des riches, conduit à un désastre écologique et humanitaire.

L’OMC a semé la misère chez les populations qui vivaient sur des terres riches, riches au point d’intéresser les multinationales alimentaires.

 

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De Mircea Eliade :

 

"Dans la Kabbale, nous avons affaire à une nouvelle et réelle création du génie religieux judaïque, due au besoin de récupérer une partie de la 'religiosité cosmique' étouffée et persécutée tant par les prophètes que par les rigoristes talmudiques ultérieurs."

 

Autrement dit, la Kabbale est le versant mystique, panenthéiste, zoharique et ésotérique du judaïsme, qui fait face à son versant rabbinique, théiste, talmudique et exotérique.

 

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D'Albert Einstein :

 

"Ce qu'un homme peut expérimenter de plus beau et de plus profond, c'est le sens du mystère. C'est le principe qui sous-tend la religion et toute entreprise artistique et scientifique sérieuse. Celui qui n'a pas expérimenté cela, s'il n'est pas mort, est au moins aveugle. Saisir que derrière chaque expérience de la vie il y a quelque chose qui échappe à notre entendement, dont la beauté et le sublime ne nous atteignent qu'indirectement, c'est ça la religiosité. Dans ce sens, je suis religieux. Pour moi, il suffit de s'émerveiller devant ces secrets et tenter humblement de saisir par l'esprit ne serait-ce qu'une image de la structure grandiose de tout ce qui existe."

 

Voilà, en quelques lignes, décrit parfaitement le fil rouge de mon existence ! Merci, Papa, Albert …

 

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De Charles Mopsik :

 

"(…) la cabale est la forme de pensée la plus féconde qui se soit développée au sein du judaïsme."

 

Oui, mais de grâce, utilisons la graphie "kabbale" (que le TLF désapprouve) et laissons la "cabale" aux fomenteurs de complots …

La kabbalisme est effectivement une pensée bien plus profonde et féconde que le talmudisme qui n'est, au fond, qu'un vaste ensemble de ratiocinations sans intérêt sur les règles de vie juive où l'on se perd dans des détails casuistiques insignifiants.

Sur le thème de la vie juive pratique, contentons-nous de la Mishnah et du Shoul'han Arouk … C'est amplement suffisant.

 

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La Kabbale est la mystique ésotérique ou l'ésotérisme mystique qui est au cœur de l'âme de la tradition spirituelle juive.

Elle se moque éperdument des rituels synagogaux et de l'application pratique des mitzwot exotériques. Elle sait que le Divin se moque éperdument de comment les humains - même juifs - mangent, boivent, dorment, prient, forniquent, dansent, pleurent, rient, souffrent, naissent et meurent.

La seule chose qui Lui importe, c'est que les humains, en général, et les Juifs, en particulier, règlent leur vie de façon à s'accomplir pleinement au service de Son accomplissement en plénitude. Bref, la seule chose qui Lui importe, est la fidélité à l'Alliance entre l'humain et le Divin. Tout le reste n'est que simagrées ou béquilles.

 

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Sinon le mot d'Adolphe Franck, la Kabbale est une "philosophie religieuse".

 

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Suite à l'exil, dans la diaspora, les Juifs n'ont plus que la Torah pour y habiter, y abriter la Maison d'Israël et y faire habiter la Gloire divine.

Or la Torah parle de deux choses : de Dieu et des Commandements, donc de métaphysique (le secret de la réalité du Réel) et d'éthique (le comportement pratique quotidien adéquat). Le kabbalisme s'est occupé de la métaphysique juive et le talmudisme s'est occupé de l'éthique juive.

Pour le métaphysicien (que je suis), l'éthique n'est qu'une évidente conséquence insignifiante, mais utile.

Pour l'éthicien (que je ne suis pas), la métaphysique n'est qu'une conjecture souvent inutile et toujours nébuleuse.

Toujours la même dualité : le Tout et l'Homme … dans leur réalité à tous deux.

Pour le métaphysicien, seul Dieu est intéressant.

Pour l'éthicien, seul l'Homme est intéressant.

Dilemme irréconciliable. Kabbalisme et talmudisme ne parlent pas de la même chose.

 

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De Charles Mopsik, en parlant de la vision kabbalistique :

 

"Mais Dieu, pour les cabalistes, se dilue et se distribue dans la tradition. Il ne règne pas de l'extérieur sur un univers qu'il règle comme un horloger, mais il germe et croît comme un arbre qui étend ses rameaux à travers les généalogies humaines, tandis que son tronc principal, caché derrière son écorce est constitué de la tradition d'Israël au sein de laquelle trône 'la tradition de la tradition" de la cabale."

 

Que dire de plus ?

 

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What ever exists has a Past (what it has already become) , a Future (what it should become), an Inside (what it has to become) and an Outside (what it can become). Life is just the best optimization of the interactions between these four : to become as best as possible knowing the described four fields of constraints.

 

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Le 16/08/2019

 

La philosophie de Michel Foucault pourrait être nommée "conventionnalisme". Tout est convention, du sens des mots à la définition de la folie. Il y a là comme un hyper-nominalisme, un hyper-relativisme, voire un hyper-scepticisme.

 

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Raymond Aron dans son "Introduction à la philosophie de l'histoire", en se basant sur le concept des chaînes causales de Cournot, pose la question de la rencontre entre déterminisme (l'ordre cosmique) et le hasardisme (la fortuité des télescopages entre chaînes causales indépendantes).

L'histoire humaine est un processus complexe ; probablement l'un des plus complexe connu puisqu'il est le seul à joindre les trois plans de la Matière, de la Vie et de l'Esprit.

L'histoire humaine est "orientée", non VERS une finalité, mais PAR une intention (faire émerger l'Esprit au départ de la Vie) ; c'est ce point capital que Hegel n'avait pas compris.

Il n'y a ni déterminisme (ni causal, ni final), ni hasardisme (le hasard ne complexifie rien) ; il y a constructivisme doublement dialectique entre intention et mémoire, d'une part, entre potentialités internes et opportunités externes, d'autre part.

Plus un processus se place haut dans l'échelle de la complexité, plus il peut "jouer" (sans jamais pouvoir s'en libérer) avec le déterminisme des lois universelles de la Matière (qui sont les lois fondamentales de la physique).

L'histoire humaine se construit au fil de l'eau ; elle respecte bien sûr les lois cosmiques qui est un champ de contraintes plus qu'un champ de déterminations ; sa construction ne relève en rien du mécanicisme ; elle se construit systémiquement au travers de phénomènes de bifurcations et d'émergences imprédictibles et créatifs, liés à des configurations contingentes où le hasard peut jouer un rôle, sans être jamais déterminant. L'histoire possède une logique intentionnelle globale, mais elle est activée, localement, par des déclencheurs singuliers, voulus ou fortuits : ce qui n'émerge pas aujourd'hui, émergera plus tard lorsqu'une autre configuration favorable se présentera.

L'histoire a le temps.

 

L'histoire de la Vie sur Terre, de ses évolutions, bifurcations, émergences et différenciations arborescentes, suit la même logique intrinsèque, immanente et intentionnelle que l'"histoire humaine qui, au fond, n'est que le tout début de l'histoire de l'Esprit sur Terre, dont les linéaments futurs restent à construire.

 

Parallèlement, l'histoire de la Matière dans l'Univers, elle aussi, a été guidée par la même logique globale : de la hylé au protéus (couple proton-électron), puis aux structures nucléaires et atomiques, puis aux cristaux et molécules, puis des conglomérats d'où sortiront les premières cellules procaryotes qui, en s'intriquant, produiront des cellules eucaryotes.

 

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Le 17/08/2019

 

L'évolutionnisme est, sans aucun doute, la plus grande révolution intellectuelle de ces derniers siècles. Il possède deux faces.

La première est la reconstitution et la description de l'arborescence évolutive ; cela ne pose généralement que peu de problèmes pourvu que l'on dispose de traces suffisantes.

La seconde est la saisie de la logique interne du processus d'évolution, ce qui est beaucoup plus difficile.

Bref, il y a le "comment" de l'évolution qui est traçable et il y a le "pour-quoi" de l'évolution qui est une autre paire de manches.

Depuis longtemps, les études du "pour-quoi" des évolutions constatées sombrent dans des impasses monstrueuses (les aventures du lamarckisme, du darwinisme, du néo-darwinisme et de l'épigénétisme en donnent un fabuleux bel exemple).

Ces impasses sont dues à la méthodologie utilisée qui est fondée sur un contradictoire mélange de matérialisme, de  mécanicisme, d'analycisme, de déterminisme et de hasardisme. Pour éviter ces impasses dommageables, il convient de changer radicalement de regard et de fonder une méthodologie processualiste posée sur trois piliers forts : l'intentionnalisme (la tension cosmique vers une complexification positive au travers d'une dialectique entre vocation et mémoire), l'émergentisme (la dialectique entre surtensions et dissipations créatives) et le constructivisme (la dialectique entre potentialités et opportunités).

Ce qui vient d'être dit est vrai pour tout ce qui évolue dans l'univers : des galaxies aux sociétés humaines, des colonies protozoaires aux traditions religieuses, des forêts aux entreprises industrielles.

 

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On n'explique pas le Tout par ses parties (analycisme), ni les parties par le Tout (fonctionnalisme). Tout processus est une dialectique permanente entre le Tout (avec vocation et mémoire) et les parties (avec vocations et mémoires).

 

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Tout ce qui vit, est poussé par une intention … ne serait-ce que celle de survivre au mieux. Et l'intention fondamentale de "survivre au mieux" est commune à tout ce qui vit. Il est donc aisé d'inverser le regard : c'est l'intention générale de la meilleure survie qui est le moteur de la Vie, qui est la logique de son évolution et qui est à l'origine de toutes ses innovations géniales.

Et l'on peut aisément généraliser : tout ce qui existe, n'existe que comme ustensile au service de l'accomplissement de l'Intention cosmique : la complexification positive qui a engendré, successivement, toutes les formes de la Matière, toutes les formes de la Vie et l'embryon balbutiant de l'Esprit.

 

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Si l'on prend le second principe de la thermodynamique classique à savoir que, globalement, l'évolution universelle engendre de l'entropie c'est-à-dire de l'uniformité et que, donc, l'univers est condamné, à terme, à subir une mort thermique, alors force est d'admettre que l'univers, à ses débuts ou dans sa jeunesse, devait avoir une entropie très faible et donc une organisation extrêmement complexe … ce qui est notoirement faux. C'est le mouvement inverse que l'on constate : une montée en complexité, dans les îlots galactiques et une croissance entropique par expansion dans le vaste océan du vide intergalactique.

Force est donc de poser l'existence de deux "seconds principes", l'un concerne la croissance entropique et l'autre concerne la croissance néguentropique.

Cela signifie, alors, qu'il existe deux propensions principielles à l'œuvre dans l'univers : l'entropie qui uniformise et la néguentropie qui complexifie.

Ces deux principes ne sont pas le contraire l'un de l'autre car la complexité n'est pas le contraire de l'uniformité. Ces deux principes se conjuguent, visant, chacun, sa propre extrémisation … sous la contrainte de l'autre … ce qui entraîne, en conséquence, ce que les mathématiciens appellent des extrema liés c'est-à-dire une configuration optimale qui allie, au mieux, les deux propensions principielles à l'extrémisation.

Cette propension, pour l'entropie et pour la néguentropie, de viser l'optimisation de leurs conjugaisons, s'appelle une intention.

L'accomplissement de cette intention implique des règles d'optimisation c'est-à-dire une "économie" cosmique appuyée sur des lois universelles.

Cet accomplissement cosmique appelle une activité cosmique dont le niveau se mesure en termes d'énergie qui peut être libre ou encapsulée (dans la matière, par exemple, comme le souligne la célèbre formule d'Einstein : E=m.c²).

Nous voilà donc en possession des cinq piliers de la réalité de l'univers : l'énergie, l'entropie et la néguentropie soumises à une intention d'optimalisation et à une économie de l'optimalité.

 

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Chaque niveau évolutif développe un type de champ holistique qui a la propriété non pas de déterminer les interactions particulières entre deux entités généralement quelconques, mais de "porter" et de "favoriser" les congruences entre toutes les entités du même ordre naturel. Ainsi en va-t-il, successivement du champ gravifique au niveau le plus fondamental (au niveau hylétique), du champ magnétique au niveau de la Matière, du champ biotique au niveau de la Vie et du champ noétique au niveau de l'Esprit.

L'existence de tels champs holistiques a déjà été soupçonnée notamment avec le champ morphique de Rupert Sheldrake ou le champ akashique d'Erwin Laszlo, mais sans aboutir à une théorie bien sérieuse. J'en développe une autre approche plus rigoureuse dans "La Complexité du Réel".

Le champ gravifique existe partout, "oriente" toutes les activités énergétiques et permet, notamment, à toute entité hylétique de "sentir" la présence d'autres entités hylétiques.

Le champ magnétique est partout, "oriente" toutes les activités matérielles et permet, notamment, à toute entité matérielle de "sentir" la présence d'autres entités matérielles.

Le champ biotique est partout, "oriente" toutes les activités vivantes et permet, notamment, à toute entité vivante de "sentir" la présence d'autres entités vivantes.

Le champ noétique est partout, "oriente" toutes les activités pensantes et permet, notamment, à toute entité pensante de "sentir" la présence d'autres entités pensantes.

 

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A partir de l'activité hylétique pré-matérielle et originelle, le Réel, travaillé par les trois propensions fondamentales et premières (le volume, l'activité et la forme), a parcouru une trajectoire qui est passée successivement dans les trois sous-espaces des états. D'abord dans les dimensions volumiques, il a engendré la Matière, puis dans les dimensions dynamiques, il a engendré la Vie, enfin dans les dimensions eidétiques, il a engendré l'Esprit.

 

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On ne comprend un  processus (ou un comportement humain) qu'en comprenant la logique de l'intention profonde qui le meut.

Comprendre un être humain, c'est comprendre la logique de son désir profond dans le cadre contraignant de son milieu et de ses capacités.

Comprendre une entreprise économique, c'est comprendre la logique des attentes profondes de son patron dans le cadre contraignant de son marché et de ses ressources.

Etc …

 

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Les éternelles spéciosités phénoménologiques finissent par être agaçantes. Le Réel existe tel qu'il est et tel qu'il va,  et la perception que nous, humains, en avons n'est que partiale et partielle. Soit. On a compris. Stop !

Le Réel vit sa Vie indépendamment des humains qui cherchent à le connaître mais qui, quoiqu'on dise, en font intégralement partie. L'humain n'est pas en face du Réel, il en est totalement partie intégrante. Le Réel est totalement en lui et il n'est que par ce Réel qui l'a engendré. L'humain participe intégralement du et au Réel.

Il faut définitivement faire taire Kant et Husserl, et leurs suiveurs.

Il, faut faire taire la phénoménologie. Oui, tout est phénomène, y compris la pensée phénoménologique qui nage dans un clapotis de phénomènes en ignorant la réalité de l'océan dont ces vaguelettes ne sont que des manifestations superficielles.

Il est temps de cesser de jouer avec les vagues et de plonger dans l'océan qui est ce chacun est au plus profond.

Au fond du soi, il y a le Soi : tat tvam asi !

 

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Toutes les "philosophies du sujet" depuis Descartes jusqu'aux existentialismes et aux phénoménologismes, en passant par le kantisme, sont simplement ridicules. Il faut abandonner définitivement la dialectique entre "sujet" et "objet" et comprendre qu'il y a un "projet" global (divin, cosmique) et qu'il y a autant de "trajets" vers l'accomplissement de ce "projet" qu'il existe d'entités actives dans le Réel. L'homme n'échappe évidemment pas à ce schéma, quelque orgueil narcissique démesuré puisse-t-il concevoir.

L'homme n'est pas un "sujet" face à un "objet" ; il est un "trajet" au service du "projet".

 

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Le 18/08/2019

 

Le thermodynamique est la branche de la physique qui étudie les conditions et performances des transformations d'un ensemble matière-énergie en un autre ensemble de matière-énergie.

Tout processus est thermodynamique.

 

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Méditation zoharique du jour …

 

  • Le livre de la Genèse (2;15) dit : "Et YHWH Elohim prendra avec  l'Humain et il le posera au Jardin d'Eden pour le servir et pour le garder". Comment le Divin peut-il "prendre" et "poser" ? En esprit ! L'intuition (la reliance avec la réalité profonde du Tout-Un) suscite l'image du Jardin d'Eden dans l'esprit de l'Humain. Le Jardin d'Eden symbolise la parfaite Sagesse, la parfaite Connaissance (toutes deux aussi symbolisées par la Torah) … Le Jardin d'Eden est donc le symbole de la Terre promise.
  • Le livre de Job (28;28) dit : "(…) la Crainte du Seigneur était Sagesse". Cette Crainte-là n'a rien à faire avec la peur ou l'angoisse. Par "Crainte", il faut entendre la subordination de l'Humain au Divin : l'Humain ne prend sens et valeur qu'au service du Divin et de Son accomplissement en plénitude.
  • Le Zohar dit que Samaël (le "parfum de Dieu"), jaloux de l'Humain, descendit des cieux comme "ombre du serpent" ; serpent que l'on assimila à Lilith (la "nocturne", la "chouette" .. comme Athéna/Minerve, déesse de la sagesse et de la connaissance), la première femme, la femme rebelle qui ne voulait pas faire d'enfant. Ce serpent du Jardin d'Eden est l'agent de l'initiation de l'Humain, le forçant, ainsi, à sortir de l'état d'ignorance, d'aveuglement et d'innocence qui est celui des animaux, qui est celui de la Vie sans l'Esprit. C'est donc Lilith, enveloppée par Samaël, qui initie Eve ('Hawah, la "vivante").
  • Le Zohar continue en disant que des paroles de 'Hawah, Samaël-Lilith a extrait, successivement les lettres M, W et T pour former MWT, c'est-à-dire révéler la "mort". C'est cela la révélation faite à la Vivante : la Mort. Et la Vivante initia l'Humain a son tour afin qu'il sache qu'il est mortel et que sa finitude implique de mettre sa vie au service de ce qui est au-delà de la mort.
  • Alors, parce qu'il "sait", le Divin s'adresse à l'Humain (Gen.:3;9) : "AYKH" qui signifie, à la fois : "Où es-tu ?" et "Hélas !". Cela indique une question et une certitude. La certitude : hélas, ta mort est inéluctable ! Et la question : où en es-tu avec ta mort ?
  • L'Esprit vint à l'Humain par l'angoisse de la Mort …
  • Le livre de la Genèse (Gen.:3;7) dit : "Et d'eux deux, les yeux se dessilleront et ils connaîtront combien eux sont Eyroumym ("nus" ou "intelligents" d'une même racine ERM) et ils coudront de la feuille de figuier (la figue est symbole de la fécondité) et ils feront pour eux des ceintures". L'interprétation classique dit : "Et d'eux deux, les yeux se dessilleront et ils connaîtront combien eux sont nus et ils coudront de la feuille de figuier  et ils feront pour eux des pagnes" … Prise de conscience de la nudité et de la nécessité de la pudeur …

L'autre interprétation : "Et d'eux deux, les yeux se dessilleront et ils connaîtront combien eux sont intelligents et ils coudront de la feuille de fécondité et ils feront pour eux des ceintures" … lecture ô combien plus profonde : l'Esprit est entré dans l'Humain qui en devient intelligent et qui comprend combien cette intelligence lui permet de féconder la vie et le monde, mais qu'il est nécessaire de ceinturer cette intelligence, de la discipliner en séparant, par des ceintures éthiques, le bas du haut, le service des instincts du service du Divin.

 

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La technologie est à la science ce que la religion est à la spiritualité.

 

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L'Un ne se dit pas - sur l'Un, il n'y a rien à dire - l'Un se vit dans se dire, sans devoir dire.

 

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Il est très facile de savoir si la lampe du frigo reste allumée lorsque la porte est fermée : faire un petit trou dans la porte, mettre une sonde lumineuse ou thermique devant l'ampoule avant de fermer la porte, etc … La légende du chat d'Heisenberg est une connerie, et le formalisme quantique ne parle pas du Réel, mais de la MESURE humaine du Réel.

 

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Shankara a écrit :

 

"Avant l'éveil, on ne peut comprendre les Écritures ;

après, on n'en a plus besoin."

 

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Le grand ascète (Maharshi) Ramana, d’après les upanishads, dit en 1935 :

 

"Seul celui qui a atteint sa propre réalisation peut être qualifié d'humain, avant cela, l'Homme n'est au mieux qu'un animal, et souvent il est bien pire."

 

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Einstein disait que les faibles se vengent, les forts pardonnent et les savants ignorent.

 

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De mon complice Luc B.:

 

"Aucun des initiateurs de religion ne les a vraiment fondées."

 

 Et aussi, où je me retrouve pleinement :

 

" La réalité est simple et complexe

et la mécanique y répond par du simplifié et du compliqué."

 

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Le 19/08/2019

 

Méditation zoharique du jour …

 

  • La notion de "Présence" divine dans chaque parcelle du Réel est la Shékhinah. Cette notion renferme tout l'immanentisme essentiel et fondamental de la Kabbale.
  • D'après le livre de la Genèse (3;15) : "Inimitié je (YHWH) placerai entre toi (le Serpent) et la femme". Pour le Zohar, le Serpent, c'est Samaël, le "parfum de Dieu", l'initiateur … et la femme, c'est la Shékhinah, la Présence immanente divine … L'inimitié dont il est parlé, est l'incompatibilité  apparente entre la révélation/transmission (extérieure et transcendante) de la connaissance et l'intuition (intérieure et immanente). Connaître par l'extérieur et connaître par l'intérieur …
  • La brisure dont parle le Zohar, est celle du deuxième jour (Gen.:1;6-7) qui sépare, avec une "barrière", le monde d'en-haut et le monde d'en-bas, la vision de la transcendance divine et le monde de l'immanence divine. La réparation de cette brisure (le Tiqoun d'Isaac Louria) est la restauration de l'unité intemporelle au-delà des manifestation temporelle.
  • Il est écrit (Gen.:1;6-7) : "Et il dira des intentions (Elohim) : 'Il adviendra un espace au milieu de l'eau et il adviendra une barrière (Mabdil) entre l'eau pour l'eau'.". Le deuxième jour est celui de la déchirure ontologique (Louria parlait du Tzimtzoum) : de l'unité ontologique émerge la manifestation phénoménologique (et la multiplicité apparente, existentielle). De ce deuxième jour, au contraire des cinq autres, il n'est pas dit Ki Thov : "comme c'est bon" … Un physicien d'aujourd'hui parlerait de "rupture de symétrie" : la puissance entropique et la puissance néguentropique introduisent une bipolarité au sein même de l'unité hylétique. De là pourra naître toute l'évolution cosmique et, avec elle, la temporalité.
  • Le Zohar fait le parallèle entre la déchirure du deuxième jour et la destruction du Temple de Jérusalem comme moment fondateur de l'histoire du peuple juif séparé de sa Terre. Là commence l'exil ! L'exil des Juifs. L'exil de la Shékhinah. Le deuil (cfr. l'inimitié) de l'unité à réparer.

 

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Charles De Gaulle était un archaïsme sur pattes ; sa très "haute" idée - très personnelle - de l'Etat était, sans doute, digne de Louis XIV mais totalement inadéquate au 20ème siècle. Il a fait reculer la France et y a instauré, durablement, le pire des poisons politiques : l'étatisme jacobin assaisonné de paternalisme populiste. En termes d'analyse transactionnelle, il a instillé une relation de "parent" à "enfant" entre l'Etat et la population ; il aurait voulu que ce fût une relation de "parent nourricier" à "enfant soumis", mais, pour une part de la population, cela a vite viré à une relation "enfant rebelle" à "parent autoritaire" (cfr. mai '68 et la suite - c'est De Gaulle qui a fait le lit de l'élection de cette crapule de Mitterrand en 1981).

Aujourd'hui, la France est toujours engluée dans cette même relation de parent-Etat à enfant-population, sans aucune maturité politique, les masses oscillant entre "enfant soumis" et "enfant rebelle" … une petite fraction optant pour le scénario - horriblement latin - de se comporter en "enfant créatif", histoire de contourner les lois, les règles, les normes, les impôts, les convenances, etc …

Quand donc la relation des Français à la politique (et à l'économique, bien plus encore) sera-t-elle adulte ? Quand sortira-t-on du caprice érigé en système ? Quand donc le principe (puéril) de plaisir sera-t-il remplacé par le principe (adulte) de réalité ?

Il est urgent de flinguer l'étatisme, le populisme, le paternalisme et le jacobinisme … bref : l'infantilisme politique.

La loi prévoit qu'il faut avoir atteint la majorité pour voter : il faut donc interdire de voter à 85% de la population française qui ne comprend rien ni à l'économie, ni au monde, qui ne voit pas plus loin que le bout de leur nez et de leurs petits intérêts mesquins à court terme.

L'Italie et, dans une moindre mesure, l'Espagne sont du même tonneau débile que la France. L'esprit latin est un esprit infantile.

 

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Le totalitarisme ne détruit pas la liberté ; il s'installe et prolifère sur le renoncement à la liberté au profit de la sécurité.

Le populisme n'est rien d'autre que cela.

 

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La technique désacralise. La technique déspiritualise.

En étant la servante de tous les caprices humaines, elle habitue les humains à ne plus regarder au-dessus d'eux, à ne plus rien servir mais à se laisser servir.

 

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Les deux concepts de "beauté" et de "vérité" sont aussi vides l'un que l'être du point de vue philosophique. Rien n'est beau ou laid, dans l'absolu. Rien n'est vrai ou faux, dans l'absolu. "Beauté" et "vérité" ne sont que des jugements humains, dans le cadre d'une culture donnée (valeurs, langages, etc …).

Mais si l'on remplace ces deux concepts par celui, unique, de "cohérence", alors "beauté" et "vérité" deviennent synonymes.

Ce qui est cohérent est vrai. Ce qui est cohérent est beau.

 

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De Platon :

 

"Le problème de la philosophie est de trouver, pour tout ce qui existe de manière contingente, un fondement non contingent et absolu."

 

Et pour résoudre ce problème, Platon a inventé un autre monde, celui des Idées, qui lui est "non contingent et absolu" qui puisse faire face à ce monde-ci, réputé contingent … Cette solution est la plus mauvaise.

De plus, le problème est mal posé. Ce n'est ni le mouvement ni la contingence qui doivent être "dépassés" par un absolu réputé essentiel, immuable et intemporel. Autrement dit, il n'existe pas de "monde" vil et imparfait que la philosophie devrait renier pour atteindre ou inventer un monde de pureté et de perfection.

Tout au contraire, le rôle - la mission - de la philosophie est d'unification synthétique et d'harmonisation cohérente, au-delà de toutes les dualités apparentes (y compris celle d'absolu et de relatif, ou celle de contingence et de nécessité).

Pour le dire autrement, le Réel est un processus unique, unitaire et unitif dont la philosophie a charge de découvrir le Logos.

 

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La Matière, la Vie et l'Esprit sont les trois modalités fondamentales de la manifestation du Réel - respectivement volumique, dynamique et eidétique.

Mais ce ne sont que des modalités dont aucune n'a de statut métaphysique : matérialisme, vitalisme et idéalisme sont donc des loufoqueries.

L'erreur monstrueuse de ces trois loufoqueries est de vouloir subordonner deux des modalités à la seule restante qui, alors, devient un absolu, une source unique et ultime dont tout précèderait.

Aucune des trois modalités de la manifestation ne peut exister sans l'intégralité concomitante des deux autres.

Même ensemble, elles ne constituent pas le fondement métaphysique ultime. Ce fondement n'a pas de nom propre puisqu'il ne peut être comparé à rien ; mais la pensée humaine lui a donné de très nombreux surnoms[1] : Réel, Tout-Un, Divin, Dieu, Eyn-Sof, Brahman, Tao, … Mais ce ne sont que des surnoms.

 

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La notion chrétienne de "péché originel" est la plus horrible notion ayant jamais germé dans un esprit humain (merci, Augustin d'Hippone). Comment construire une vie sur la notion de malédiction ? Comment construire une vie sur la notion d'une éventuelle rédemption par la mort ? Le christianisme et l'islamisme, construits tous deux sur le même moule, sont deux calamités !

Que l'homme ait un chemin d'accomplissement à parcourir, un accomplissement difficile à construire (et que très peu entreprenne), c'est une évidence. Mais pas sur l'idée d'une malédiction à rédimer !

Ce n'est pas cela que dit le troisième chapitre du livre de la Genèse : la sortie du Jardin d'Eden n'est pas une condamnation maléfique, mais, tout au contraire, elle est la sortie, grâce à l'initiation du Serpent, de l'animalité et l'entrée dans la conscience et la connaissance de la réalité de la vie et de la mort.

Le funeste platonicien que fut Augustin d'Hippone (psychologiquement et freudiennement perturbé par sa culpabilité concernant sa vie de débauché) a profondément dénaturé le message évangélique, déjà gravement détourné par cet autre psychopathe que fut Paul de Tarse.

 

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L'audio-visuel rend idiot !

 

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Le 20/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • L'Arbre qui est milieu du Jardin d'Eden, est l'Arbre de Vie (l'Arbre séphirotique). C'est du fruit de cet Arbre - et non de celui de la Connaissance - que mangea l'humain (ha-Adam) par l'entremise de la Vivante ('Hawah - Eve) et à l'instigation de Samaël/Lilith, le Serpent mystagogue. Il y a eu une colossale méprise entre les Arbres sacrés (Gen.:2;9 : "(…) l'arbre de vie au milieu du jardin (…)" - Gen.:2;17 : "(…) l'arbre de la connaissance du bon et du mauvais, tu n'en mangeras pas (…)" - Gen.:3;3 : "La femme répondit au serpent (…) de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : vous n'en mangerez pas (…)" - Gen.:3;6 : "(…) elle cueillit de son fruit et en mangea (…) et il mangea.". C'est donc bien du fruit de l'Arbre de Vie qui est au milieu du Jardon dont l'humain mangea … et lorsque Dieu lui demande (Gen.:3;11) : "Cet arbre dont je t'avais défendu de manger, tu en as donc manger ?", ce benêt d'humain répond (Gen.:3;12) : "(…) elle m'a donné du fruit de l'arbre et j'ai mangé." … et Dieu fait semblant de le croire. Dieu sait que l'humain a mangé de l'Arbre de Vie, mais celui-ci croit qu'il a mangé de l'Arbre de la Connaissance. L'humain sait désormais qu'il est mortel … mais la plupart des humains ne sauront jamais pourquoi …
  • Les mystères de la Vie et de la Mort lui ayant été révélés, l'humain quitte le Jardin de l'innocence et de l'inconscience animale. Le fruit de l'Arbre de la Connaissance ne lui est désormais plus à portée de la main … mais il reste au cœur (mais non au "centre") de la Terre promise.
  • Le fruit de l'Arbre de la Connaissance est l'équivalent du Savoir absolu de Hegel : la Gnose.
  • L'accès à l'Arbre de la Connaissance est gardé par les Kéroubim et par la lame d'une épée flamboyante (Gen.:3;24). Ce sont deux de ces mêmes Kéroubim qui gardent l'Arche d'Alliance dans le Tabernacle, en surmontant son propitiatoire. Les Kéroubim gardent donc le chemin qui mène de l'humain au Divin. Mais que signifie "garder" : interdire ou protéger ? Interdire le profane et protéger le sacré.
  • Le mot Kéroubim est curieux. Il dérive de la racine KRB qui signifie "labourer".  Les Kéroubim seraient alors les "labourants", ceux qui labourent les cieux pour les rendre fertiles et pour que l'on puisse y semer. Certains pensent que les quatre "Vivants" qui soutiennent le Trône dans la vision du Char d'Ezéchiel, sont aussi des Kéroubim.
  • Le livre de l'Exode est le seul à décrire - très vaguement - les Kéroubim (25;18-20) : "Tu feras deux Kéroubim d'or, tu les feras d'or battu, aux deux extrémités du propitiatoire. Fais un Kéroub à l'une des extrémités et un Kéroub à l'autre extrémité ; vous ferez les Kéroubim sortant du propitiatoire à ses deux extrémités. Les Kéroubim étendront les ailes par-dessus, couvrant de leurs ailes le propitiatoire, et se faisant face l'un à l'autre ; les Kéroubim auront la face tournée vers le propitiatoire".
  • Les Kéroubim ont donc des ailes et une face (un visage) …

 

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Au livre de l'Exode (23;20) :

 

"Voici : Moi-même j'ai envoyé un messager vers tes faces pour te garder en chemin et pour te faire aller vers le lieu que j'ai fait établir.

 

Toute une tradition messianique s'est construite sur ce verset, le "messager" en question étant identifié au Messie … avec le hic que le verbe "envoyer" est conjugué sur le mode accompli, donc passé ! Le "Messie" n'est pas "à venir", mais "était déjà venu" au temps de l'Exode ! Ce "messager" qui est venu pour indiquer le voie et donner la loi, n'est autre que Moïse lui-même. Le Judaïsme originel n'était pas messianiste, ne croyait ni à la fin des temps, ni à la résurrection de morts, ni à l'immortalité de l'âme personnelle, nu au jugement dernier, ni aux paradis et enfer, etc … Ce Judaïsme originel n'avait ni théologie, ni eschatologie, ni sotériologie …

Il y avait Dieu qui était tout en tout et il y avait Sa Loi pour guider la Maison d'Israël vers son destin.

Mais peu importe, au fond. L'idée mystagogale est là tout entière : l'idée d'un messager sacré (le Messie intérieur que l'initié porte en lui) qui est missionné pour le garder en chemin et pour le faire aller vers le lieu que le Divin a fait établir.

 

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Le nom du Dieu tutélaire de la Maison d'Israël, qui est le plus souvent utilisé dans la Torah, est : YHWH-Elohim.

Ce nom peut être traduit littéralement par : le "Devenir-devenant des Intentions" … et il désigne le guide de l'accomplissement des destins du peuple juif.

Ce Dieu n'est pas un dieu universel : il est un dieu tutélaire spécifique à la Maison d'Israël. Mais il est, lui-même, une manifestation particulière du Eyn-Sof qui est le Divin conçu comme absolu, cosmique et intemporel.

Ce Dieu spécifique juif était encore celui de Jésus, mais il n'est déjà plus celui de Paul de Tarse, déjà trop romain et presque plus juif.

 

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Dieu est l'autre nom du Logos cosmique c'est-à-dire de la logique fondamentale à l'œuvre dans la construction du Réel. On peut aussi l'appeler "Esprit" divin ou cosmique.

Ralph Waldo Emerson écrit, si justement : "Et nul n'approche ces essences divines sans devenir divin lui-même jusqu'à un certain point. Comme une âme nouvelle, elles régénèrent les corps. (…) la vie cesse de nous accabler (…). Nul ne redoute l'âge, le malheur ou la mort en leur sereine compagnie car il se sent transporter hors du royaume de la tribulation. (…) Nous appréhendons l'absolu. En quelque sorte, nous existons pour la première fois. Nous devenons immortels, car nous apprenons que le temps et l'espace (…) n'ont aucun rapport avec la perception de la vérité ou le désir de la vertu."

Mais, pour Emerson, à très juste titre, tout cela n'a de sens que dans une vision moniste où le visible et l'invisible se complémentent dans l'Un tel que la Nature nous le manifeste. Emerson condamne radicalement tous les dualismes qui opposent les Idées et la Nature.

La Nature est la création permanente, jamais achevée, de l'Esprit dans le Réel.

Emerson continue : "(…) le plus noble ministère de la Nature est de se présenter comme la manifestation apparente de Dieu. Elle est l'organe à travers lequel l'esprit universel parle à l'individu et s'efforce de le ramener à lui."

Et d'ajouter : "Nous sommes aussi extérieurs à la Nature que nous sommes étrangers à Dieu."

La technique a amené l'humain à vivre "hors-sol", dans la pure artificialité et la pure virtualité des villes.

 

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La science divinise les hommes qui l'épouse.

La technique profanise les humains qu'elle asservit.

 

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D'Emerson, encore :

 

"La marque constante de la sagesse est de voir le miraculeux dans le banal."

 

Le Réel est infiniment plus miraculeux que l'Imaginaire.

Je n'en veux pour preuve que ceci : c'est le Réel qui a fait émerger l'imagination.

 

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Le 21/08/2019

 

La méditation zoharique du jour … :

 

  • Le Tabernacle (qui deviendra le Temple de Jérusalem) est la Tente de la Rencontre, la Demeure de la Shékhinah, le lieu de la théophanie (la révélation divine) ou, mieux, de l'Epiphanie (la révélation de ce qui est caché).
  • Le Temple a été détruit deux fois, par les Babyloniens en -587 et par les Romains en +70. Et à chaque fois, la destruction de la Demeure fut accompagnée d'un Exil, l'un à Babylone et l'autre en diaspora.
  • Les deux notions "destruction de la Demeure" et "Exil" sont profondément liées et spirituellement lourdes de sens.
  • Sans Epiphanie, l'âme humaine est en Exil, hors du monde du Réel, engluée dans le monde des illusions et apparences, des manifestations et phénomènes. Elle est orphelin de père, le Divin, et de mère, la Présence.
  • L'ascèse spirituelle, mystique et initiatique vise la sortie d'Exil et la restauration de l'Epiphanie non plus dans un lieu matériel extérieur (le Tabernacle, le Temple), mais dans un lieu spirituel intérieur (l'Esprit).
  • L'étude approfondie des deux Livres sacrés (la Nature et la Torah) est la voie de cette restauration afin d'atteindre le seul objectif philosophique et spirituel : vivre pleinement la Vie et l'Esprit (et non pas "sa" vie ou "son" esprit à soi).
  • L'accomplissement de l'étude mène, pas à pas, vers la communion cosmique dans la Matière (avec le corps), dans la Vie (-avec le cœur) et dans l'Esprit (avec l'âme). Cette communion totale marque l'absolue et parfaite convergence de l'accomplissement de la partie (la personne humaine) avec l'accomplissement du Tout (le Divin impersonnel). Alors advient la suprême réalisation de soi.
  • Il faut se garder de confondre l'Esclavage en Egypte (le pays des limites) et l'Exil à Babylone (le pays de la confusion des langues). L'Esclavage est un Exil, certes, mais tous les Exils ne réduisent pas en Esclavage. On peut s'être libéré de tous les esclavages intérieurs (les "servitudes volontaires") sans, pour autant, vouloir ou être capable de réparer l'Exil. Mais il est évident que pour atteindre la parfaite communion cosmique, il faut d'abord briser les Esclavages et, seulement ensuite, réparer l'Exil.
  • Entre la sortie d'Exil et la restauration de l'Epiphanie, il y a l'épreuve du Retour (Téshouvah), de la Traversée du Désert, de la Purification : telle est l'essence de l'étude des deux Livres.
  • Le Zohar y insiste : si les Exilés pleurent l'absence, la Présence (la Shékhinah) pleure ses enfants. Il y a réciprocité entre l'humain et le Divin. L'Exil est l'antithèse de l'Alliance qui lie étroitement accomplissement divin et accomplissement humain.
  • L'humanité moderne, non seulement, a rompu l'Alliance théophanique et a choisi l'Exil de la désacralisation et de la déspiritualisation, … mais elle a construit ses propres Esclavages avec la technique. Voilà le triste constat de notre époque qui mérite bien des Lamentations d'un nouveau Jérémie. Le monde d'aujourd'hui a besoin d'une nouvelle Libération pour sortir de ses Esclavages, d'une nouvelle Révélation épiphanique pour sortir de son Exil, et d'une nouvelle Purification pour sceller son Retour dans l'Alliance, dans la parfaite Communion cosmique, dans le Jardin d'Eden, dans la Terre promise.

 

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Pour les problèmes climatiques, deux attitudes s'affrontent : l'agnosticisme (qui pratique l'épochè et ne prend pas parti) et le scepticisme (qui pratique la critique radicale et démolit toute opinion). Ces deux voies me paraissent stériles.

Je propose une troisième voie :

  1. Un constat : les instruments analytiques et quantitatifs sont inadéquats face à toute problématique de grande complexité et de grande instabilité. Les "experts" scientifiques sont presque tous analycistes et réductionnistes (ainsi le veut, encore, malheureusement, l'actuel paradigme épistémologique ayant voix au chapitre)
  2. Une question : il est patent que les activités humaines (et l'hybris humaine) provoque de profonds dégâts dans toutes les dimensions du monde terrestre ; pourquoi le climat serait-il épargné alors que la faune, la flore, les sols, les sous-sols, les océans, l'air sont partout intensément saccagés ?
  3. Une conclusion intermédiaire : donc le niveau des activités humaines est devenu tellement haut que le milieu terrestre n'est plus capable de les absorber c'est-à-dire de dissiper les immenses tensions  entropiques et néguentropiques qui sont engendrées. La planète Terre et le système humain sont tous deux entrés dans un processus chaotique (pas seulement physique, mais aussi économique, financier et politique) où tout et son contraire sont possibles, et où presque plus rien n'est prévisible.
  4. Une objection : il est très probable que le processus chaotique à l'œuvre sur la planète Terre ait aussi d'autres causes que l'activité humaine.
  5. Un contre-objection : le stoïcisme enseigne que l'homme se doit de se préoccuper des processus qu'il est capable de maîtriser … et d'accepter les autres avec sérénité.
  6. Une conclusion finale : puisque le trop haut niveau des activités humaines est un des amplificateurs chaotiques, mais qu'il est le seul dont les hommes aient la maîtrise, il convient de diminuer drastiquement ce niveau d'activités en pratiquant efficacement deux décroissances : celle de la démographie globale et celle de la consommation matérielle par humain. Peu importe que soient connus ou pas les mécanismes complets de la situation chaotique, elle est ce qu'elle est, et tout doit être mis en œuvre pour contribuer à la construction d'une issue qui ne soit pas l'effondrement, au mieux, du système humain ou, au pis, du système biosphérique.

 

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Il faut réactiver le tétralemme de Nagarjuna … qui est une vraie logique efficiente pour sortir des incessantes dualités artificielles dont se gave l'occident.

 

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De Søren Kierkegaard :

 

"Le Dieu que l’on peut apercevoir est une idole, et la religiosité qui se manifeste par des gestes est une forme imparfaite de religiosité."

 

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Dieu n'exauce rien. Les prières et les sacrifices lui sont totalement indifférents et inutiles. Il n'y a rien ni à octroyer, ni à expier.

Les prières et sacrifices sont des thérapies personnelles ou sociales ; ils ne concernent en rien le Divin.

Dieu n'est pas là pour servir les humains ; les hommes sont là pour servir Dieu.

 

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On ne peut se perdre que lorsque l’on croit être quelque part.

 

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Je termine "Paroles essentielles" de Ramana Maharshi (1879-1950).

On présente ce sage comme l'un des plus éminents représentants du védantisme advaïta.

Je sors de cette lecture avec un grande déception : je ne lis là qu'un tissu de banalités que n'importe quel débutant en "monisme" pourrait débiter … assaisonnées, il est vrai, d'un bon talent de la métaphore. C'est de la bouillie pour bobos occidentaux.

Mais peut-être suis-je passé à côté de "l'insondable profondeur" …

Résumé en une phrase : tout ce qui croit exister en particulier (et qui dit "je") n'est qu'une vague à la surface de l'océan (appelé le Soi) - seul l'océan existe en-soi et pour-soi.

Pour le moniste radical, adepte de la plus claire non-dualité que je suis depuis les 17 ans, soit depuis un demi-siècle cette année, tout cela est d'une évidence consternante.

 

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Il est intéressant et utile de savoir que l'enseignement du Bouddha historique (Siddhârta Gautama) est considéré, par les sages du vedanta, comme un "nihilisme" du simple fait qu'il méprisait souverainement tout enseignement métaphysique ou mystique (sur la réalité du réel), et se préoccupait exclusivement de l'évolution psychologique personnelle de ses disciples. Mais toutes ces notions sont vides pour un védantiste.

 

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Le 22/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • "La destruction du Temple est plus qu'une démolition physique, c'est une catastrophe métaphysique (…)". Rupture de l'Epiphanie, du pont entre le Divin et l'humain. Rupture non de l'Alliance, mais de sa condition. Chacun doit alors reconstruire un Temple intérieur où l'épiphanie pourra se renouveler et se perpétuer.
  • Le livre d'Isaïe (22;5) dit : "(…) jour de tumulte, défaite et confusion pour YHWH Elohim Tzébaot [le "Devenant des Intentions des Multitudes"], dans la vallée de la Vision (…)". La vallée de la Vision symbolise le don de prophétie. Mais la prophétie n'est pas la prédiction ; la prophétie est un appel au retour (Téshouvah) sur la Voie de l'Epiphanie (de la "Rencontre" : Mo'èd) qui inclut l'énoncer des conséquences d'un non-retour.
  • Il y a loin du Royaume (tout en bas de l'Arbre de Vie) à la Couronne (tout en haut de l'Arbre de Vie). Le Tabernacle, la Tente de la Rencontre, le Temple symbolise la séphirah Tiphérèt (la Beauté - au milieu de l'Arbre de Vie dont elle est le verrou central).
  • La Beauté est au centre des cinq séphirot médianes (Fondement - Yésod, Splendeur - 'Hod, Gloire - Nètza'h, Bonté - 'Héssèd, Fécondité - Guébourah). Ces six séphirot surplombent le Royaume et portent la Sagesse ('Hokhmah) et le Discernement (Binah) sous la Couronne (Kétèr). La Beauté est aussi le centre du monde de la Fabrication (Yètzirah) sous le monde des Emanations (Atzilout) et au-dessus des mondes de l'Engendrement (Bériah) et de l'Action (Assiah).
  • La séphirah du Fondement (Yésod) est un autre verrou central ; mais de niveau inférieur, juste au-dessus du Royaume (Malkout). Comme la Beauté pointe l'Epiphanie du Tabernacle qui symbolise la sortie de l'Exil sur la voie de la Purification mystique, le Fondement pointe la Traversée de la mer des limites qui symbolise la sortie de l'Esclavage sur la voie de la Révélation épiphanique.
  • Le Zohar identifie la destruction du Sanctuaire (Tabernacle ou Temple) avec la séparation de YHWH (le Divin manifesté) d'avec sa parèdre la Shékhinah (la Présence effective). Les mondes divin et humain sont séparés et leur amour réciproque est disloqué : "tumulte, défaite et confusion". Notre époque vit une telle séparation voulue par la modernité qui, durant cinq siècles, s'est échinée à tout désacraliser et à tout déspiritualiser.
  • La Zohar appelle le Sh'm'a Israël ("Entends Israël, le Devenant de nos Vocations, le Devenant est Un" - Deut.:6;4) du nom de "les vingt-cinq lettres de l'unification". Or le nombre 25, en hébreu, s'écrit KH qui donne Koh, c'est-à-dire "Où ?". Où est le chemin de l'Epiphanie ? Où est la Demeure ? Où est le Sanctuaire ? Cela rappelle la question : "Où es-tu ?", que pose le Divin à l'humain (Gen.:3;9) … Où en es-tu, homme ?

 

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La question écologique n'est pas une question idéologique ; elle est transversale à toutes les idéologies qui, chacune, tentent de la récupérer à leur profit, de l'écolo-fascisme à l'écolo-gauchisme.

 

Il est cependant deux certitudes claires :

  1. l'indispensabilité d'une vraie décroissance démographique (il faut redescendre sous la barre des 2 milliards d'humains sur Terre)
  2. et d'une vraie décroissance de l'économie matérielle (il faut appliquer partout et strictement le principe Frugalité).

 

Ceci posé, les idéologies vont, chacune, proposer (ou tenter d'imposer par la violence) leur méthode pour atteindre ces deux objectifs incontournables (si l'on veut éviter l'effondrement de l'humanité et de la planète).

 

Pour rappel, les récentes tueries d'El Paso (USA) et de Christchurch (NZ) ont toutes deux été revendiquées par des écolo-fascistes voulant, par leur geste barbare, contribuer à la décroissance démographique en éliminant des humains considérés comme indésirables (respectivement des migrants mexicains et musulmans).

 

Il faut donc bien prendre garde à ne jamais amalgamer le très concret, très urgent et très factuel problème écologique et les voies idéologiques de sa résolution. La barbarie de certaines de ces voies ne peut pas occulter la réalité du problème.

 

Je plaide, quant à moi, pour un écolo-libéralisme qui passe directement et intensivement par le monde des entreprises sans passer par le monde des politiques. C'est d'un nouveau modèle économique dont l'humanité a besoin et non d'une énième idéologie sociopolitique.

 

Ce nouveau modèle économique doit reposer sur les trois piliers suivants :

  1. Une drastique diminution de l'offre de produits matériels dans le cadre d'une stratégie mondiale de frugalité maximale.
  2. Le passage d'une économie de masse et de minimalisation des prix, à une économie de niches et de maximalisation de l'utilité réelle.
  3. Le passage du règne de la quantité (toujours plus) à la qualité (mieux), le passage du plaisir à la joie, le passage de l'extériorité à l'intériorité, le passage de la puissance à l'intelligence, le passage de la productivité à la virtuosité.

 

Seules les entreprises sont capables de construire ce nouveau paradigme, mais il faut, pour y réussir, se défaire du financiarisme ambiant et des grands groupes transnationaux qui ne fonctionnent qu'en termes de profits et de capitalisations boursières. Nous revivons le passage du jurassique au crétacé : les dinosaures économiques vont bientôt disparaître, incapables de s'adapter à la pénurisation des ressources. Ce sera la revanche des petits lémuriens (les PME) qui vivront en colonies (en réseaux).

 

Pour accélérer ce mouvement de disparition des dinosaures, chacun peut contribuer à boycotter, systématiquement, tous les produits de masse, tous les gadgets amusants mais inutiles, tous les caprices consommatoires et, surtout, tous les grands groupes industriels de production et de distribution pour se replier sur une économie strictement locale, de proximité.

 

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L'inégalité entre les humains n'est pas un problème, mais un constat. L'égalité et l'égalitarisme sont des mythes vides. Les humains ne sont égaux en rien, ni en nature, ni en culture. N'importe quel train ne possède qu'une seule locomotive (15% de la population) pour de nombreux wagons (85% de la population). L'égalité est, en thermodynamique, la manifestation de l'entropie (l'uniformisation, l'homogénéisation ... donc la mort). Peu importe que les humains soient égaux ou non, pourvu qu'ils soient contents de leur sort. Cela appelle l'évergétisme et l'application du vieux principe : gouverner par le "panem et circenses".

Les obscures "Lumières" ont tout faux !

 

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En suivant n'importe quel méridien terrestre, en descendant vers le sud (Scandinavie, Allemagne, France, Maghreb, Niger, Nigéria, Cameroun - Pologne, Roumanie, Bulgarie, Turquie, Egypte, Soudan, Congo - Japon, Corée, Chine, Vietnam, Indonésie, Papouasie - Canada, Etats-Unis, Mexique, Colombie, Brésil), on trouve des mentalités de plus en plus bordéliques, inefficaces, roublardes, glauques, parasitiques et incompétentes.

Ce constat est factuel. La question est : pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi le sud pourrit-il la pensée, l'efficience et l'éthique humaines vues du point de vue occidental ?

Il suffit de lire les classiques antiques (bibliques, grecs ou romain) pour comprendre que ce phénomène est connu et reconnu depuis toujours (sauf dans nos époques de bien-pensance socialo-gauchiste et égalitariste) ; cela pose questions ! Questions génétiques et culturelles.

A toutes ces questions, la réponse unique est simple : la conjugaison de la nature intérieure (génétique) et de la Nature extérieure (climato-biotique) engendre des phyla humains radicalement divergents et souvent incompatibles. Ce n'est pas une question d'individus, mais une question de "races" ; il faut cesser de nier cette réalité. Mais il ne s'agit pas d'instaurer d'imaginaires et stupides relations d'infériorité ou de supériorité. Il y a seulement de grandes différences comportementales, héritées de conditions génétiques et climatiques très différentes. Un Suédois aura de grandes difficultés à survivre dans le brousse (urbaine ou végétale) africaine, un Africain aura de très grandes difficultés à travailler en Suède.

C'est aussi simple que cela !

A chacun son écosystème. Sans jugement, mais avec différenciation.

 

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Le 23/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Le Shabbat est, lui aussi, une Epiphanie, une jonction - au moins - entre le Divin et l'humain. Aussi le Shabbat doit-il être considéré comme un Sanctuaire, un moment réservé à la Rencontre, comme la Tente du Tabernacle.
  • Les deux candélabres du Shabbat : la Lumière du premier jour et celle du quatrième jour se rejoignent …
  • Trois bénédiction du Shabbat : la Lumière, le Pain et le Vin : les trois nourritures de l'âme, du corps et de l'esprit. Trois nourritures pures, sans souillure.
  • Se "délecter (…) par la joie de tout", dit la Zohar .. La Joie, tellement au-dessus et au-delà des ^plaisirs et des bonheurs.
  • Chaque jour doit devenir un Shabbat : c'est cela la plénitude de l'accomplissement dans la Joie constante.

 

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La résolution des problèmes humains concrets …

Il y a l'initiative personnelle : celui qui a un problème le résout lui-même.

Il y a l'initiative contractuelle : le commanditaire qui a un problème, rémunère, d'une façon ou d'une autre, la personne ou l'équipe qui le lui résolvent.

Il y a l'initiative entrepreneuriale : un groupe d'associés construisent une organisation (usine, magasin, clinique, …) pour fabriquer et/ou distribuer des produits (biens ou services) supposés utiles et utilisables à destination d'un marché de clients potentiels.

Il y a l'initiative communautaire : un groupe de personnes s'associent pour résoudre ensemble un problème collectif qui les concerne tous (école, pratiques sportives ou religieuses, sécurité, garderies, …).

Ainsi sont résolus la grande majorité - sinon la totalité - des problèmes humains.

Face à ces initiatives privées (qui réussissent ou ratent - au gain ou aux frais des initiateurs - selon les talents et les configurations), il y a l'initiative étatique qui, en général, se mêle de ce qui ne la regarde pas. La seule chose que l'initiative privée demande à la puissance étatique, c'est d'être la garante de l'éthique de toutes les transactions privées. Tout le reste, elle peut s'en occuper.

Nous voilà au cœur de la doctrine libérale.

Pourquoi, dès lors, nos sociétés ont-elles quitté la voie du libéralisme naturel pour aboutir à une initiative étatique qui, dans toutes les dimensions, empiète, envahit, subjugue, asservit ou anéantit l'initiative privée ?

Le fond de la réponse est celui-ci : les humains sont naturellement très inégaux en matière de capacité d'initiative. C'est un constat. Et les sociétés étatisées modernes se sont octroyé la mission de contrebalancer ces inégalités naturelles par des systèmes égalitaires de compensation artificielle. Dès lors, la puissance étatique s'est dotée d'une force d'initiative publique (financée par l'impôt) pour pallier - plus ou moins autoritairement, plus ou moins arbitrairement, plus ou moins violemment … - les déficits d'initiative privée … induisant, de ce fait, une infantilisation des populations et une amplification des paresses entrepreneuriales.

Aujourd'hui, la puissance étatique d'initiative publique est devenue telle que le système étatique a quasi complètement abandonné sa mission éthique - quand elle ne la bafoue pas - jusqu'à la sous-traiter, en quelque sorte, à la sphère privée.

Il est vital d'édicter une règle de séparation absolue du politique (qui doit revenir à la seule éthique) et de l'économique (qui doit relever exclusivement de l'initiative privée).

 

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Il semble que le salafisme sous toutes ses formes, soit, sinon en perte de vitesse, du moins activement contesté dans certains pays musulmans (Arabie saoudite, Tunisie, Algérie, Turquie, Iran …).

Mais le salafisme est loin d'être mort, activé par les Frères musulmans égyptiens, financé par le Qatar, purulent avec Daesh (notamment en Afghanistan et en Afrique noire) … et efficacement soutenu, paradoxalement, tant par les rétro-activismes indigénistes que par les laxismes socialo-gauchistes européens.

Il est urgent de déclarer la guerre totale (et plus encore dans les banlieues parisiennes qu'en Syrie ou en Irak) contre toutes les formes de salafisme (qui est le nouvel avatar du totalitarisme ressuscité).

 

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Comme le titre Pierre-Antoine Delhommais sans "Le Point" : "Faites du commerce, pas la guerre". Il écrit :

 

"Depuis trente ans, les Etats ne partent plus à la conquête de nouveaux territoires mais de parts de marché à l'export, les porte-conteneurs sillonnent inlassablement les mers quand les porte-avions restent le plus souvent à quai."

 

Et de citer quelques chiffres que tous les antilibéraux du monde devraient méditer …

Entre 1990 et 2018, les conflits armés de toutes natures (y compris les actes terroristes) ont fait 81.712 victimes par an, en moyenne, contre 180.000 par an entre 1950 et 1989. Ces conflits ont été longtemps 3ème au hit-parade des causes de mortalité humaine, mais n'occupent plus, désormais, que la 28ème place. Ils représentent 0,15% des 57 millions de décès annuels, soit 16 fois moins que les accidents de la route …

Essayons de nous rappeler que les campagnes napoléoniennes, entre 1803 et 1815 ont fait 3 millions de morts au combat.

 

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L'éthique est un ensemble de principes, de valeurs et de modèles dont la vocation est de réguler optimalement les rapports de chacun à soi-même, aux autres et au monde (notamment la Nature).

L'éthique collective est le fondement de la politique.

 

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La philosophie répond à la question : "Que faire ?".

La métaphysique répond à la question : "Pour quoi le faire ?".

L'éthique répond à la question : "Comment le faire ?"

 

Mes réponses personnelle …

Que faire ? Comprendre la logique du Réel.

Pour quoi le faire ? Pour servir l'accomplissement du Réel.

Comment le faire ? Dans l'intériorité de l'Esprit, loin des humains.

 

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J'ai l'impression de plus en plus vivace, que l'inhumaine humanité est en train de "tout foutre en l'air".

Cette inhumanité est le pur produit de l'humanisme moderne qui a mis l'homme abstrait et idéal au centre de son dispositif de conquête et de domination de tout ce qui existe, y compris la Nature et les humains réels.

 

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L'idée de l'Homme (avec majuscule) assujettit les humains réels.

Les religions dogmatiques font de même avec l'idée de Dieu.

 

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Le 24/08/2019

 

Méditation shabbatique du jour (section Eqev dans D'varim - Deut.:7;12 à 11;25)

 

  • En échange de la fidélité de la Maison d'Israël au pacte d'Alliance, Dieu promet bienveillance, prospérité, protection et … victoire sur les "peuples" d'impiété et d'impureté. Cette dernière mention indique un état de guerre permanente entre Israël et les "peuples" d'impiété et d'impureté. Même si, au sens littéral, il peut sembler qu'il s'agisse de guerres militaires, il s'agit, en fait, de guerre spirituelle contre l'impiété et l'impureté. Qu'est-ce que l'impiété ? La non-reconnaissance du Divin comme source et justification de tout ce qui existe, et comme Logos de tout ce qui arrive. Qu'est-ce que l'impureté ? La non-fidélité à la vocation fondamentale de la Maison d'Israël qui est de combattre toutes les idolâtries et d'inaugurer le règne (Malkout) et la gloire (Kétèr) de l'Esprit sur la Terre.
  • "Tu te rappelleras cette traversée de quarante ans que l'Advenant de tes Vocations t'a fait subir dans le désert afin de t'éprouver par l'adversité, afin de connaître le fond de ton cœur, si tu resterais fidèle à ses lois ou non". Epreuve de la Purification initiatique après la Libération et la Révélation afin de prendre conscience de sa capacité de rester fidèle à l'ascèse.
  • "(…) l'homme n'advint pas seulement sur le pain, car l'homme advint sur toute ordonnance de la bouche de YHWH". L'homme (ha-Adam) est d'abord une vocation !
  • Aux versets 8;7 et 8, est donnée la grande description de la Terre de la promesse : "Car l'Advenant de tes Vocations te conduit vers une terre belle [beauté], une terre remplie d'eau [intelligence] des sources [pureté] et des torrents [vitalité] sortant par la vallée [profondeur] et par la montagne [élévation]. Une terre de blé [reliance] et d'orge [pensée] et de vigne [joie] et de figue [fécondité] et de grenade [fraternité], une terre d'olive huileuse [paix du corps] et de miel [paix du cœur].". On y trouve treize attributs symboliques qui font correspondance avec les treize attributs divins. Ces treize délices de la promesse sont donc : Beauté (le pays), Intelligence (l'eau), Pureté (les sources), Vitalité (les torrents), Profondeur (la vallée), Elévation (la montagne), Reliance (le blé), Pensée (l'orge), Joie (la vigne), Fécondité (la figue), Fraternité (la grenade), Paix du corps (l'olive) et Paix du cœur (le miel).
  • Le texte parle des "fils d'Anak" un "peuple grand et élevé". Qui est cet Anak ? Il est le "géant" … la race des géants … le pire ennemi de la Maison d'Israël. Le mythe de "la race des géants" traverse toutes les mythologies antiques. Elle symbolise l'arrogance et l'orgueil de ceux qui prennent tout "de haut".
  • Plus loin (Deut.:10;8,9), il est écrit : "A cette époque, YHWH fit séparer la tribu de Lévy pour porter l'arche de l'Alliance de YHWH, pour se tenir face à YHWH pour le servir, et pour bénir en son Nom jusqu'à ce jour". Ainsi est défini le sacerdoce lévitique : porter (l'Alliance), servir (le Divin) et bénir (le Monde). Et il est ajouté que les lévites ne pourront pas hériter d'un patrimoine humain car : "YHWH, lui [est] son héritage".
  • Plus loin (Deut.:10;14), il est écrit : "Voici, pour YHWH de tes Elohim [sont] le ciel et le ciel du ciel, la terre et tout ce qui [est] en elle". Tout ce qui existe est destiné au Divin. L'expression "le ciel du ciel" intrigue … Le texte est symétrique. D'une part : le ciel et tout ce qui le dépasse, et d'autre part : la terre et tout ce qu'elle contient. Il s'agit bien d'une bipolarité et non d'une dualité puisque le tout est pour YHWH qui est le Devenir en marche. Le judaïsme biblique originel n'est pas un dualisme !
  • Puis (Deut.:10;17), un verset exprime ceci : "Car l'Advenant [est] vos dieux, lui [est] dieux des dieux et maîtres des maîtres, le dieu grand, fécond et terrible (…)". Ce mélange de pluriel et de singulier est curieux … Le Devenir (YHWH) est, à la fois, globalement unique et localement multiple : il est le même Esprit unique (le Logos cosmique) qui opère partout, mais qui se démultiplie en de nombreux esprits particuliers qui le manifestent.
  • Aussi (Deut.:11;18-20) : "Et imprimez avec ma Parole là sur vos cœurs et sur vos âmes, et attachez avec elle, pour signe, sur vos mains et elle [aussi], pour insignes, entre vos yeux. Et enseignez avec elle avec vos fils pour parler en eux dans ton repos dans ta maison et en chemin dans ton voyage, et dans ton coucher et dans ton lever. Et écrivez sur les poteaux de ta maison et de tes portes". Institution des rites des tephillin, de l'étude et de la Mezouzah. Plus symboliquement, la Parole divine doit porter toute sensibilité (cœur) et toute intention (âme) ; elle doit inspirer toutes les actions (la main) et pensées (entre les yeux) de l'existence ; elle doit imprégner chaque lieu de vie (les poteaux et portes de la maison) ; elle doit être enseignée à tout moment de la vie. Mais quelle est cette Parole ? La tradition a choisi le Sh'm'a Israël : "Entends, Israël, l'Advenant de tes Vocations [YHWH Elohim], l'Advenant est Un". Cette Parole, selon la tradition juive, résume toutes les autres.

 

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Le Grand Maître de la Grande Loge Régulière de Belgique écrit ceci (c'est moi qui souligne) :

 

  • "La rigueur accrue des travaux maçonniques, menés en témoignage des valeurs portées par notre Ordre,
  • la prudence des Frères dans le choix des mots et le soin mis pour les traduire en actes mûrement réfléchis,
  • l'amour réciproque des Frères porté par la pleine conscience d'une communauté d'âmes unies dans leur quête."

 

En trois points (bien sûr), voici bien croqué le portrait de l'esprit maçonnique.

 

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Il me semble de plus en plus clair que la future organisation mondiale devrait être un réseau d'entités "régionales" fédérées par une solide éthique commune (mondiale), sans frontières (sans Nations ni Etats), s'ancrant dans une mémoire et une culture locales faisant identité, exerçant partout la "liberté de passer", économiquement autonomes et libres d'absorber ou non l'étranger passant, possédant un droit de tirage monétaire local dans le cadre d'une monnaie mondiale unique servant d'étalon.

Ce système futur pourra judicieusement s'inspirer de l'organisation et des pratiques des nombreuses et diverses Loges de la Franc-maçonnerie régulière universelle qui, déjà depuis longtemps, fonctionnent sur ces principes.

 

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De Jean-Joël Duhot :

 

"(…) les épicuriens (…) recherchent le calme et la retraite

entre amis, loin de la foule (…)"

 

Comme je les comprends !

Et du même, en parlant d'Epictète :

 

"(…) le livre n'est (…) sans doute plus indispensable au philosophe véritable,

qui trouve en lui sa propre pensée (…)"

 

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Le stoïcisme est héritier de l'héraclitéisme.

Il fut, en son temps, avec Chrysippe, le premier essai de synthèse de toutes les écoles antérieures.

 

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De Cédric Villani :

 

"De toute façon, un destin dépend de tant de choses ! Brassage génétique, brassage des idées, brassage des expériences et des rencontres, tout cela participe à la merveilleuse et dramatique loterie de la vie. Ni les gènes, ni l'environnement ne peuvent tout expliquer, et c'est bien ainsi."

 

D'où que les différences viennent, le constat demeure : les humains ne sont pas du tout égaux.

 

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Quand Weinstein ou Epstein sont nauséabonds, on dit que c'est Jérusalem qui pue.

On oublie Maïmonide, Halevi, Mendelssohn, Einstein, Bohr, Feynman, Von Neumann, … et tant d'autres (dont Brian Epstein qui a façonné les Beatles).

Chaque Juif, dans le monde, porte une immense responsabilité car nous sommes la seule culture sur Terre de laquelle les autres ne tolèrent aucun faux pas, aucune bavure, aucun voyou.

Un Juif fait la moindre erreur, il devient un salaud irrémédiable.

On assassine un Juif, c'est de sa faute … (cfr. cet infect livre : "La question juive" de l'infect Sartre)

 

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Il faut en finir avec l'obsession académique des références. Quand on lit un bon livre, on l'intègre à sa propre pensée qu'il nourrit, sans qu'il y ait ni plagiat, ni citations. Ce que l'on intègre, ce n'est pas le texte, mais ce qui est derrière le texte, ce qui surgit du texte, ce qu'inspire le texte. Ce que j'ai retenu des milliers de livres que j'ai lus, fait intégralement et holistiquement partie de moi sans qu'il soit possible de retracer, analytiquement, ce qui vient d'où exactement. Au fond, tout cela n'a aucune importance.

Chaque pensée est le résultat d'une confuse dialectique entre des lectures et des méditations qui ne s'additionnent pas, mais qui se multiplient.

 

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De François Jacob :

 

"La proportion d’imbéciles et de malfaisants est une constante qu’on retrouve dans tous les échantillons d’une population, chez les scientifiques comme chez les agents d’assurances, chez les écrivains comme chez les paysans, chez les prêtres comme chez les hommes politiques."

 

Comme quoi, il n'y a pas que moi qui le dit … Où qu'on aille, la densité de crétins au mètre carré est la même … seulement, leur connerie ne s'exprime pas de la même manière selon le lieu.

 

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Une mesure définitive à prendre d'urgence : interdire radicalement tous les loisirs motorisés.

 

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Les USA ont toujours eu impérieusement besoin d'un bouc émissaire (d'un repoussoir) pour asseoir leurs "certitudes" de pacotille. L'inculture américaine est totalement inapte à assumer le doute. Il leur est nécessaire qu'il y ait un camp du Bien (eux) et un camp du Mal (d'autres à définir qui changent selon les époques). La culture et l'identité américaines étant vides (ce qui tient d'identité, c'est le dollar), ce monstre ne vit que dans le rapport de domination ou de suprématie à l'autre. Les Américains n'existent jamais par eux-mêmes.

 

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Le seul véritable secret originel de la Franc-maçonnerie est la Géométrie et l'Art du Trait, c'est-à-dire l'art de tracer un plan précis et fiable, bien avant que Gaspard Monge n'inventât la géométrie descriptive par projection en plan, coupe et élévation.

Ce secret crucial de tous les métiers de la construction (et c'est cela qui rassembla les différentes corporations de la pierre et du bois) n'était transmis qu'aux Compagnons ayant réussi les épreuves de l'Apprentissage.

Avec le passage progressif de la Franc-maçonnerie opérative à la Franc-maçonnerie spéculative, aux 16ème et, surtout, 17ème siècles, la Géométrie sacrée  quitta les planches à dessin pour vivifier les Planches à Tracer symboliques.

Mais originellement, il s'agissait de concevoir, avec précision, telle poutre, telle solive, telle sablière, telle pierre d'angle, tel chapiteau, telle clé de voûte, telle ogive, etc … ainsi que tous leurs détails et leurs modalités d'appareillage.

 

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Qu'est la Géométrie sinon l'étude des formes et figures, des structures et des graphes ? Mais cet ensemble de mots techniques engendrent, eux-mêmes, immédiatement, un flou colossal : forme, figure, structure, graphe … qu'est-ce que cela désigne ? On parle aussi de proportions, de mesure (c'est l'étymologie grecque de "géométrie" qui est la "mesure de la terre", la science de l'arpentage, donc). Du fait de l'entourloupe de Descartes, dès le 17ème siècle, la géométrie a été réduite à l'étude des dimensions des figures dans un référentiel adéquat, sous la forme de fonctions algébriques. Et la géométrie devint une science seconde, succursale de l'algèbre et de l'arithmétique … jusqu'à ce que l'on invente, assez récemment, la topologie (autour des idées de voisinage et de déformation continue).

Il faudra répondre à la question : qu'est-ce que la Géométrie ?

La géométrie la plus élémentaire est, effectivement, la plus facilement algébrisable - c'est ce que réussit Descartes. Mais aucune des formes  qu'elle parvient à décrire, ne correspond JAMAIS à une forme réelle que l'on peut constater et observer dans la Nature : un tronc d'arbre n'est jamais un cylindre lisse. Depuis, l'utilisation de fractales a permis de simuler des textures plus proches des formes réelles. Mais c'est une illusion d'optique liée aux imperfections de nos yeux. Non, la vraie question porte sur la description rigoureuse des vraies formes présentes dans le Réel.

Au-delà de la Géométrie, la question est : qu'est-ce qu'une Forme ? Car si la Géométrie n'est que mesure des formes - donc leur réduction à l'arithmétique -, reste entier le mystère de l'existence même de la Forme, de sa genèse, de sa raison d'être (dans un Réel absolument continu, comment des dérivées premières abruptes, faisant "frontières", sont-elles possibles ou indispensables ?).

 

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La différenciel et l'universel ne s'excluent pas mutuellement. Les penseurs grecs déjà, avaient du mal à concilier l'unité et la multiplicité. Il est pourtant simple de se rappeler de la métaphore de l'océan et des vagues à sa surface : l'unité est essentielle, nouménale, propre à la réalité intrinsèque du Réel, alors que la multiplicité est existentielle, phénoménale, propre à la manifestation extrinsèque du Réel.

On peut légitimement, en conséquence, parler de l'humain en général - de façon générique, de la "nature humaine" - sans pour autant gommer les profondes différences et inégalités de tous ordres entre les personnes humaines.

C'est le très artificiel principe d'égalité qui a jeté la pagaille dans ce domaine, en édictant un principe supposé universel (l'égalité) au-dessus d'un ensemble réel de personnes résolument différentes et jamais réductibles à quelque "égalité" que ce soit. L'égalité entre les humains est un certain axiome idéologique qui est aussi étranger que l'on veut à la réalité humaine. Elle est une croyance, ni plus vraie, ni plus fausse que les autres croyance concernant les humains ; mais en tant que croyance, elle est simplement sans intérêt.

 

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Tout relativisme aboutit, fatalement, au nihilisme.

Si tout est relatif, rien (nihil) n'est absolu.

Si tout est différenciel, rien n'est universel.

 

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Michel Serres parle, très élégamment, du "logiciel de l'Univers". C'est du Logos, c'est de l'Esprit cosmique, c'est de Dieu qu'il veut parler. Mais de quel type de logiciel s'agit-il ? Certainement pas programmatique, ce serait trop déterministe. Peut-être, ici ou là, quelques traces d'algorithmique ; certes, mais là n'est pas l'essentiel puisque le cosmos est inventif, créatif, émergentiel, holistique et que ces outils, venus de l'artificialité et de l'analycité humaines, en sont incapables.

Là où tu te trompes, Michel, paix à ton âme, c'est que le mot "logiciel" établit sournoisement une analogie implicite entre le cosmos et l'ordinateur. Cette analogie est radicalement fausse. L'univers réel n'est pas mécanique (comme l'est un ordinateur), mais organique : il est un organisme vivant qui invente sa propre Vie, selon certaines règles approximatives d'optimisation, au fil du chemin de son accomplissement. Au fond du Réel, il y a une téléologie dont aucun logiciel, jamais, ne pourra rendre compte.

 

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Le 25/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Le livre du Deutéronome rend compte de cette louange de Moïse (3;24) : "Mon Seigneur YHWH, toi tu as profané pour une apparition avec ton serviteur ; avec ta grandeur et avec ta main forte, [cela fait] que qui [est un] dieu ['El] dans le ciel et dans la terre qui fera comme tes actes et comme tes fécondations". Le Divin, en apparaissant, profane le secret de son intimité indicible ; il devient présence au monde (Shékhinah). Il y a là une théophanie comme prélude à l'épiphanie finale.
  • Dieu se révèle par "ses actes" et "ses fécondations". Pourquoi donner ces deux mots ? Parce que les actes s'inscrivent dans la continuité de la logique globale et que les fécondations induisent une rupture d'avec elle. Les fécondations ouvrent de nouvelles pistes inédites d'accomplissement.
  • L'étude de la Torah est une ascèse spirituelle qui permet au sage de se hisser bien au-dessus de la condition humaine, bien au-dessus du monde profane. Il entre dans le Royaume, dans le monde de l'Action divine, et remonte vers la Couronne. Il peut faire les trois grands pas initiatiques en remontant l'échelle de la temporalité c'est-à-dire en passant du Royaume de la temporalité absolue à la Couronne de l'atemporalité absolue :
    • le premier pas de Libération : le passage du Royaume (le principe d'unité cosmique) au Fondement (le principe d'accomplissement cosmique) qui se nourrit de la Gloire divine et de la Splendeur divine dans le monde de l'Engendrement (Bériah) divin (le monde de l'Action (Assiah) s'y engendre),
    • le deuxième pas de Révélation : le passage du Fondement à la Beauté (le principe d'harmonie cosmique) qui se nourrit de la Bonté divine et de la Fécondité divine dans le monde du Façonnage (Yètzirah) divin (le monde de l'Engendrement s'y façonne),
    • le dernier pas de Purification : le passage de la Beauté à la Couronne (le Principe des principes) qui se nourrit de la Sagesse divine et du Discernement divin, dans le monde des Emanations (Atzilout) divines (le monde de l'Engendrement en émane).
  • Au livre de Josué (1;8), il est écrit : "Ce livre de la Torah ne s'écartera pas de ta bouche et tu méditeras en lui jour et nuit (…)". La bouche est le lieu, à la fois, de la langue et des lèvres, de la Parole et du Baiser … La Parole de la Rigueur et le Baiser de la Miséricorde forment les deux colonnes extérieures de l'Arbre de Vie autour de la colonne centrale qui monte du Royaume (le principe d'unité) à la Couronne (le principe des principes)  en passant par le Fondement (le principe d'accomplissement) et la Beauté (le principe d'harmonie).
  • L'élévation de la conscience spirituelle et initiatique de l'homme passe par ces étapes successives :
      • Point de départ
    • Le principe d'Unité : comprendre que le Réel est Un, comprendre que tous les étants sont autant de vaguelettes sur l'océan qu'Il est, et comprendre que tout y est interdépendant de tout et relié à tout.
      • Premier pas.
    • Le principe d'Accomplissement : comprendre que tout ce qui existe engendre son évolution vers le plein accomplissement et que, comme tout est relié à tout, l'accomplissement de soi passe par l'accomplissement de l'autour de soi au service de l'accomplissement du Tout.
      • Deuxième pas.
    • Le principe d'Harmonie : comprendre que l'évolution de tout et du Tout induit, nécessairement, des tensions et conflits entre les parties ou entre la partie et le Tout, et comprendre que ces tensions doivent être dissipées optimalement par le façonnage de structures inédites.
      • Troisième et dernier pas.
    • Le Principe des principes : comprendre que la source du Réel est en lui-même et demeure le Mystère le plus profond qu'il faut vivre sans pourvoir le dire.
  • Les trois âmes :
    • Roua'h : l'immortelle Âme cosmique qui anime Tout.
    • Néphèsh : l'immortelle Âme de Vie qui anime le Vivant.
    • Nishamah : l'âme personnelle qui n'est que la vocation de chacun et qui s'éteint avec celui qui la porte.
    • Et, à nouveau, les trois pas de l'initiation spirituelle :
      • premier pas : découvrir son âme personnelle et accomplir la vocation singulière qu'elle porte.
      • Deuxième pas : découvrir l'Âme de Vie commune à tout ce qui vit et accomplir la Vie.
      • Troisième et dernier pas : découvrir l'Âme cosmique et accomplir l'Esprit divin qui est cette Âme cosmique même.
  • Le Zohar dit : "Du fait que tout le monde goûte le goût de la mort, alors l'arbre de la mort demeure dans le monde". La mort est une illusion liée à l'illusion d'un "moi". Tant que les hommes croiront avoir un "moi", tant qu'il ne verront pas qu'ils ne sont qu'une vaguelette à la surface de l'océan sans être-en-soi, tant qu'il croiront à la mort qui n'est que l'extinction de l'illusion du moi, tant que ces croyances et illusions perdureront, les hommes souffriront de la mort, dans l'angoisse et la tristesse.
    • Un homme ne vit pas ; c'est la Vie qui se vit à travers lui.
    • Un homme ne pense pas ; c'est l'Esprit qui se pense à travers lui.
    • La mort, c'est l'usure finale de l'ustensile intermédiaire, mais ni la Vie, ni l'Esprit ne meurent jamais.
  • La tradition zoharique considère que le sommeil est un retour de l'âme à l'Âme, de l'esprit à l'Esprit - une "petite mort" de soi, en somme. Je crois que c'est une profonde vérité ! Les rêves sont les vagues souvenirs que l'on garde un peu de ces retours au Tout.

 

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De mon F.: Michel P. :

 

" Quand saurons-nous transmettre ? La question est d’importance, car l’avenir du Franc-maçon est tout tracé, il doit développer son aura, son charisme, son influence discrète pour rayonner hors du temps, les enseignements de l’Initiation."

 

Rien à ajouter … Le Franc-maçon régulier n'a pas à intervenir dans le monde profane qui n'est pas son monde et qui ne le regarde pas. En revanche, il peut y rayonner.

 

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Dans ma tradition juive, il y a la Lumière du premier jour (Cfr. Genèse) qui est une Lumière spirituelle et invisible, et il y a les lumières du quatrième jour, matérielles et visibles. L'initiation fait passer de celles-ci à celle-là.

 

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Le problème n'est ni les migrants, ni les migrations. Le problème réside dans les modalités d'accueil. Les migrations doivent enrichir les pays d'accueil et non les appauvrir. Le migrant inacceptable est celui qui vient ici pour piller et s'approprier les assistanats mis en place par les socialo-gauchistes depuis un demi siècle, financés par des contribuables qui n'ont aucune voix au chapitre (ce qui fait le lit chaud des populismes). Il ne faut accepter sur notre sol que quelqu'un qui a quelque chose à apporter sans rien prendre, et jamais quelqu'un qui a quelque chose à prendre sans rien apporter.

De plus, tout migrant est un traître à ses semblables : il vient voler ailleurs ce qu'il ne produit pas chez lui. Parasitisme, donc ! Ces soi-disant "réfugiés" ne fuient rien d'autre que leur propre paresse.

Il faut les refouler sans aucune pitié ! Il faut détruire les ONG qui facilitent leur entrée semi-clandestine, il faut éliminer les "passeurs"  qui font leur fortune sur ces trafics immondes.

 

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Le 26/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Le Zohar et, plus généralement, la Kabbale utilisent souvent le mot "Ange" ou, plutôt, le mot hébreu Mal'akh qui est l'envoyé, le messager (comme le mot grec aggélos qui a donné "ange" - et évangile et angélus - et qui signifie aussi : "messager, message"). Au-delà des angélologies souvent aussi abracadabrantesques que les démonologies qui leur répondent, l'idée centrale, venue de la magnifique métaphore de "l'échelle de Jacob", est qu'entre le plan humain et le plan divin circulent des messages ou, plus profondément, des énergies, des flux, des signes qu'il faut savoir capter et décrypter.
  • Le livre de la Genèse (28;12) dit : "Et il rêva et voici : une échelle (Soulam) dressée [en] terre et sa tête touchant le ciel et voici : des messagers des dieux montant et descendant en elle". A noter : "des messagers des Elohim" et non pas "des messagers de YHWH". YHWH n'a pas besoin de messagers puisqu'il peut s'adresser directement aux hommes de foi. Il s'agit ici des Elohim c'est-à-dire soit des dieux (les forces et énergies cosmiques), soit des intentions divines (ce qui est le sens privilégié et prioritaire). Les "anges" sont ainsi l'expression des intentions divines pour qui peut les saisir et les comprendre.
  • Le Zohar précise que pour que la Prière (Tzilout'a) soit recevable, il faut que le priant soit debout, pieds joints, la tête couverte et les yeux fermés. A noter que le mot Tzilout'a est le parfait anagramme de 'Atzilout qui désigne les trois premières Emanations : la Couronne, la Sagesse et le Discernement. A noter aussi que le mot Tzilout'a est ici préféré au mot Téphilah qui désigne aussi la prière, mais celle que l'on récite rituellement, alors que Tzilout'a désigne plutôt la prière intime et silencieuse : l'oraison. C'est évidemment celle-ci qui a un sens mystique. Il faut donc bien distinguer la prière mystique (ou oraison) de la prière religieuse ou rituelle (ou récitation). L'oraison est un monologue personnel et intime vers le Divin qui ne demande rien en échange ; c'est une méditation (au sens occidental).
  • Pour prier valablement, le Zohar dit qu'il faut regarder intérieurement la Shékhinah, la Présence immanente du Divin en soi.

 

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Pendant toute l'Antiquité, tant grecque ou romaine, que biblique, un esclave est très loin de l'image terrible et effrayante que l'on a fantasmée depuis deux siècles. Un esclave n'est rien d'autre qu'un prolétaire rémunéré en nature, lié à son employeur par une "contrat" de subordination et d'exclusivité.

Comme aujourd'hui selon les statuts et professions, selon la qualité de ses talents et compétences, de sa virtuosité professionnelle ou verbale, un esclave pouvait devenir très important et investi de missions, de responsabilités ou d'honneurs remarquables. Le cas d'Epictète est bien connu.

Il faut sortir, une bonne fois pour toutes, en ce qui concerne l'esclavage, des clichés misérabilistes colportés par des fictions comme "La case de l'oncle Tom" (Stowe était un pasteur yankee du Connecticut qui n'a jamais vu un "esclave" de près).

Un esclave, pour être une force de travail efficace et rentable, doit être bien traité et bien entretenu ; non par douce humanité, mais par simple bon sens.

Qu'il y ait eu des "maîtres" odieux et abjects - comme il y a aujourd'hui encore des "patrons" infects et nauséabonds -, c'est l'évidence même ; mais pour les uns comme pour les autres, ce sont des abrutis qui n'ont rien compris ni à l'éthique la plus élémentaire, ni à leur propre intérêt à moyen et long terme.

Maltraiter des gens, esclaves ou pas, est une pure absurdité ! Le statut de ces gens n'a rien à y voir.

Que la rémunération soit en nature ou en espèce, que le contrat soit coutumier ou juridique, rien n'y change : il y a des gens qui acceptent ("servitude volontaire") de vivre en dépendance des autres et d'autres pas.

En revanche, au-delà du statut d'esclave, ce sont les "négriers" qu'il faut conchier, ceux d'hier (les Arabes) et ceux d'aujourd'hui (les "agences").

 

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Toute la Géométrie repose sur deux notions basales : le point et la distance.

A peine ceci établi, les questions fusent …

Mais qu'est-ce qu'un point ? Une distance nulle. Tout revient donc à la notion de distance. Soit. Mais dans le Réel, rien n'est jamais ni nul, ni infini. Donc, le point n'existe pas dans le Réel ; il est une idéalisation, un passage à la limite.

Mais admettons temporairement et prenons la notion intuitive et approximative du point : la trace de la pointe d'un crayon sur une feuille de papier … Soit.

Alors, les choses s'ouvrent … pour se refermer aussitôt : qu'est-ce que la distance entre deux "points" ? La mesure de la longueur du trait qui les relie.

Mesure : quelle mesure ? quel instrument ? quel étalon ?

Trait : quel trait ? quelle forme ? quel tracé ?

Parmi ces questions, la plus ardue est : quel tracé du trait ? En effet, la réponse classique est le segment de droite. Fort bien, mais une droite, c'est quoi ? Qu'est-ce qui est "droit" dans le Réel ? Rien ! La droite, comme le point est une idéalisation conventionnelle sans aucun rapport avec la réalité. Einstein a été plus subtil : le tracé du trait entre deux point est le rayon lumineux qui les relie. Bravo. Mais ce rayon, on le sait grâce au même Einstein, ne va pas tout "droit", il s'incurve et sinue au gré des masses gravitationnelles qui le dévient.

Ainsi, la notion de géométrie repose sur la notion de distance, mais la notion de distance repose sur la géométrie de l'espace considéré. Aporie !

Et, en conséquence, la géométrie du Réel n'est jamais une géométrie euclidienne qui, en  gros, sauf pour quelques spécialistes, est la seule qui soit mathématiquement maîtrisable. Impasse !

 

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Le 27/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Le livre de la Genèse dit (3;21) : "Et YHWH des Elohim fera pour l'humain et pour sa parèdre des tuniques de peau et il les revêtira". Cette "investiture" se place après que la Vivante, dûment initiée par le Serpent devin (Samaël), ait initié l'homme à son tour.
  • Cette tunique de peau fait penser au tablier de peau dont est revêtu le Franc-maçon en Loge.
  • Pour sceller l'entrée de l'homme dans son nouveau rôle (engendrer la connaissance de l'Esprit au cœur de la Vie), Dieu l'habille de tuniques de 'Or qui signifie "peau", mais aussi "éveil" et "aveuglement". Ainsi, l'ouverture de la conscience  peut engendrer tant l'éveil que l'aveuglement.
  • La connaissance peut ouvrir le chemin de la révélation du Réel et de l'éveil au Réel. Mais elle peut aussi pousser l'homme au dogmatisme et au fanatisme qui sont aveuglements.
  • Le prophète Isaïe (42;16) dit : "Et je conduirai les aveugles sur un chemin qu'ils ne connaissaient pas". C'est exactement ce chemin-là qui s'ouvre aux pas de l'humain après avoir reçu l'initiation de l'Arbre de Vie. Mais la plupart des humains, une fois poussés sur ce chemin-là, restent aveugles … Ils n'atteignent aucune intelligence. Seule une infime minorité de "justes" entreront dans la Connaissance véritable.
  • Et le Zohar ajoute : "Heureux ces justes qui mériteront cette Sagesse car il n'y a pas de sagesse comme cette Sagesse ('Hokhmah), pas de connaissance comme cette Connaissance (Yédi'ah), et pas de communion comme cette Communion (Dévéqout)". La gradation est importante : d'abord la vraie Sagesse (la Libération de tous les esclavages) pour atteindre la Connaissance (la Révélation de tous les mystères), ensuite la vraie Connaissance pour atteindre l'Union mystique (la Purification de toutes les idolâtries). Les trois étapes spirituelles de toute initiation authentique.
  • La pensée profane (celle qui est donnée à l'homme, par le mystagogue Samaël, dans le Jardin d'Eden) est la porte d'entrée de tout cheminement spirituel ; mais elle reste le plus souvent et très naturellement dans l'aveuglement des dogmatismes et des fanatismes, prisonnière des illusions, des fantasmes, des "idéaux" et des apparences, incapable ne serait-ce que de se figurer qu'elle est en esclavage et qu'elle doit d'urgence se libérer … Elle n'envisage nullement sa propre Pâque.
  • Le verbe DBQ (106 à 7 : Sacré) qui donne Dévéqout (512 à 8 : Alliance), signifie "coller, adhérer, s'attacher, se lier" … Autrement dit : ne plus faire qu'Un avec … La vague est devenue l'océan et a perdu l'illusion d'exister par elle-même : elle n'est plus que manifestation locale qui reflète et vit l'océan tout entier.

 

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Le 28/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Toute mézouzah porte un des Noms divins : Shaday formé des lettres Shin (la "dent"), Dalèt (la "porte") et Yod (la "main"). Sa valeur guématrique est le nombre 314 qui correspond à un verset fameux du livre de l'Exode (3:14) : "Je deviendrai ce que je deviendrai" qui est la grande révélation métaphysique. Le nombre 314 donne 8, le chiffre de l'Alliance (la circoncision, signe de l'Alliance, a lieu le huitième jour de vie).
  • Le mot Shaday possède deux sens : "champêtre" et "démonique" et renvoie, probablement, aux vieilles croyances animistes aux lutin, faune et autre "démon" (Shad), bref aux forces de la Nature.
  • La mézouzah consacre la maisonnée, mais la protège, aussi. Elle est à la fois prière perpétuelle et amulette.

 

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Plus je lis le Coran, moins l'Islam m'apparaît comme une spiritualité, et plus il m'apparaît comme une idéologie moralisante et uniformisante, comme une idéologie de conquête et de domination, comme une idéologie mortifère et débilitante.

Les sourates mecquoises sont banales. Les sourates médinoises sont haineuses.

 

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L'Intelligence artificielle, ça n'existe pas ! Mais des logiciels algorithmiques bien utilisés peuvent amplifier l'intelligence humaine.

 

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La technique et l'éthique tentent toutes deux de répondre à la question : comment vivre mieux ? La première par plus d'efficacité, la seconde par plus de noblesse. Le première plus quantitative, le seconde plus qualitative.

 

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Une technique est toujours neutre. C'est la façon dont les hommes l'utilisent qui peut donner le pire ou le meilleur.

 

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Le numérique devient la pire des techniques dès lors qu'il tend à la crétinisation profonde du genre humain.

 

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Dans les pays occidentaux, on compte environ un Franc-maçon régulier et reconnu sur deux mille personnes. C'est incroyablement peu. Beaucoup trop peu dans un monde qui a un impérieux et urgent besoin de resacralisation et de respiritualisation. Le Divin - le Grand Architecte de l'Univers, donc - doit être remis au centre de la Vie (l'existence quotidienne) et de l'Esprit (la culture universelle), tant aux plans personnels que collectifs.

 

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Dans la Torah, le Shéol (Deut.:32;22) désigne l'Abîme, le Vide, le Néant …

Ce n'est que bien plus tard que certains parmi les Pharisiens croyant en une immortalité de l'âme et en une vie après la mort (parfois sous forme métempsychosiste), en ont fait l'équivalent de l'Hadès grec. Ceux-ci croyaient également au fait que chacun porte un lui un destin particulier imposé par la volonté divine. Le pharisaïsme fut le terreau où se développa le rabbinisme talmudique (dualiste).

Les Sadducéens, l'aristocratie gardienne du Temple et de ses rites et enseignements, ne croyaient nullement à ces fadaises qu'ils reprochaient amèrement aux Pharisiens. Ils croyaient que le bien et le mal sur Terre, la joie ou la souffrance parmi les humains dépendaient exclusivement de la volonté et du courage de chacun à vivre selon l'éthique de la Torah, sans aucune attente ni aucun espoir de quelques punitions ou récompenses que ce soit.

Après la destruction du Temple et l'effondrement du sadducéisme, cet aristocratisme spirituel s'est transmis au kabbalisme alexandrin (mystique vs. religieux, ésotérique vs. exotérique, émanationniste vs. créationniste, élitaire vs. populaire, moniste vs. dualiste, etc …).

 

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Pour-quoi faire Deux quand on peut faire Un ?

 

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Le verset 1;7 du livre de la Sagesse de Salomon, dans la version alexandrine des LXX, reprend un idée spécifiquement stoïcienne. Selon ma propre traduction du texte grec, on a :

 

"Aussi, le Souffle du Seigneur emplit la Terre

et la cohérence du Tout connaît toute voix."

 

Le mot "Souffle" traduit le grec   qui, lui-même, rend l'hébreu Roua'h : l'Âme cosmique. L'apport stoïcien passe par l'idée que ce Souffle qui emplit tout, assure la cohérence de ce Tout.

Plus loin (7;25), il est parlé de , c'est-à-dire de "Souffle intelligent" ce qui renforce l'idée de "cohérence" puisque tout, par lui, est inter-lié. Ce Souffle d'Intelligence est : "(…) une vapeur de la puissance du Dieu, émanée de la gloire pure du Tout-Puissant (…)"

 

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Au contraire de leurs congénères judéens, les Juifs alexandrins s'étaient enracinés depuis longtemps dans leur ville helléno-égyptienne, et la Terre promise, pour eux, n'était plus un territoire physique. La Torah et l'Alliance, la Promesse et le Temple devaient être relus tout autrement, spirituellement et non plus politiquement. La Judée alors sous le joug helléno-romain pouvait continuer à espérer la venue d'un libérateur et inventer un messianisme qui n'avait plus aucune place à Alexandrie. C'est dans cette ville que le Dieu tutélaire de la très théocratique Maison d'Israël, sera désormais regardé comme un Dieu unique universel, compatible avec la culture philosophique grecque.

 

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Le stoïcisme est l'ennemi juré de l'atomisme (et donc de l'épicurisme) qui, il faut bien le reconnaître, est une aberration intellectuelle, une pirouette ontologique des Abdéritains, pour concilier l'Être immuable de Parménide avec la réalité de l'impermanence de tout. L'atome a été le dernier refuge de cette idée absurde de l'Être : les atomes seraient éternels et immuables, mais leurs mouvements et interactions rendraient compte de la labilité des phénomènes.

On sait depuis un siècle, environ, que rien n'est immuable et que les "atomes" ou les "particules élémentaires" sont des vues de l'esprit qui cachent, en fait, un continuum absolu dont ils ne sont que les manifestations locales, apparentes et temporairement stables.

 

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De Jean-Joël Duhot, à propos du stoïcisme :

 

"La philosophie est à l'image de l'univers, qui est continu et un. Le monde est un être vivant dans lequel tout est relié à tout. (…) l'univers est un tout harmonieusement ordonné. Cette harmonie exclut le hasard et le vide (…)."

 

On ne saurait mieux dire !

 

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Il y a un principe passif : la Substance (la Hylé).

Il y a un principe actif : la Volonté (l'intention d'accomplissement)

Il y a un principe d'optimalité : une économie de l'évolution appelée aussi le Logos (Dieu, le Grand Architecte)

 

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Pour toute fondation métaphysique, il n'y a que deux points de départ possibles : le "Je" cartésien ou le "Il y a" spinoziste.

Parallèlement, du point de vue méthodologique, deux spectres se proposent : l'un passe par la sensibilité extérieure, soit analytique et sensitive (l'expérimentation), soit holistique et intuitive (la contemplation), et l'autre passe par l'intelligibilité intérieure, soit analytique et intellective (la théorisation), soit holistique et illuminative (la révélation).

Ces quatre chemins méthodologiques sont complémentaires et doivent être mis en œuvre de concert.

En revanche, il faut bannir toute approche subjectiviste (le "Je" de Socrate, Platon, Descartes, Kant, Kierkegaard, Husserl, Sartre, etc …), pour ne partir que du "Il y a" (les ioniens, les védantistes, les taoïstes, les kabbalistes, les stoïciens, les spinozistes, les pascaliens, les romantiques, les bergsoniens, les teilhardiens, etc …)..

 

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Le dualisme ontique du platonisme ou du christianisme pose un insoluble problème métaphysique et logique qui est insurmontable et qui, par conséquent, le disqualifie irrémédiablement. En effet, si Dieu est trop pur, trop parfait, trop spirituel pour se compromettre avec ce monde corrompu et imparfait qui est celui de la Matière, alors de deux choses l'une : ou bien il faut interposer des dieux ou anges intermédiaires de moins en moins parfaits, comme dans le néoplatonisme, ou bien il faut introduire un dieu mauvais, responsable de la matérialité, comme dans le manichéisme.

Et si l'on y réfléchit un peu, on comprend vite que ces deux "solutions" à l'aporie monothéiste reviennent à une seule et même triade : un Divin parfait, un démiurge imparfait ou franchement mauvais, et un monde et des hommes vraiment ratés.

C'est d'ailleurs l'option chrétienne : face à Dieu (trine ou pas), il faut qu'il existe un Diable (Satan, Démon ou Lucifer) ; cela implique, hors du monde que nous connaissons l'existence non pas d'un, mais de deux dieux suivis, chacun, de leur cohorte angélologique ou démonologique.

Il semble que l'islam, lui aussi empêtré dans un monothéisme impossible et aporétique, n'ai pas bien compris l'impasse théologique qui est la sienne … mais la tradition populaire l'a très bien entrevu, elle qui a (ré)introduit un Iblis (que cite déjà le Coran) ou un Al-Shaïtan, ou qui s'est rappelé des djinns ou autres "esprits maléfiques"  de l'animisme ancien.

 

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Entre hasardisme et intentionnalisme, il n'y a aucun compromis possible et il n'y a aucune alternative possible.

Or le hasard est stérile et ne peut jamais engendrer la moindre complexité. Or le Réel monte en complexité. Dont l'intentionnalisme est la seule posture tenable.

Mais, répétons-le inlassablement : l'intentionnalisme n'est ni un déterminisme, ni un finalisme.

Le fait que je désire connaître le plus joie à chaque instant de ma vie (intention) n'implique nullement qu'il n'y ait qu'une seule voie toute tracée pour connaître la joie (détermination), ni que la joie soit une "récompense" qui serait au bout de mon chemin de vie (la joie n'est pas au bout du chemin, la joie est dans le cheminement).

 

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Le hasard, c'est l'absence de règles, l'absence de cohérence, l'absence de corrélations, l'absence de logique (de Logos), l'absence de volonté, l'absence d'intention. Fortuitement, il peut y avoir du hasard dans le Réel, mais le moteur du Réel est l'Intention, pas le hasard. Le hasard n'est pas un moteur … et ce qui n'a pas de moteur ne construit rien, ni ne va nulle part.

 

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Les atomiste abdéritains et épicuriens supposaient l'existence d'atomes immuables et éternels évoluant dans le vide absolu et se heurtant par hasard du fait de déviations induites par un mystérieux clinamen. On comprend vite que l'atomisme fut une astucieuse tentative pour sauver la théorie de l'Être immuable de Parménide, mise en défaut par n'importe quelle expérience existentielle (on se souvient des incroyables contorsions ratiocinantes de Zénon d'Elée pour "prouver" que le mouvement n'existait pas).

De plus, que l'on puisse imaginer que chaque atome soit une monade absolue est une chose, mais poser le vide comme lieu des interactions entre les atomes est absurde puisque, si vide il y a, il n'y a pas d'interactions possibles, hors les chocs aléatoires qui ne construisent rien ; la physique moderne a dû introduire la notion de champ pour "sauver" temporairement son atomisme qui est aujourd'hui mort de sa belle mort (avec l'effondrement de ce mythe que furent les "particules élémentaires").

 

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Le déterminisme et le hasardisme détruisent tous deux la possibilité d'une quelconque liberté des étants. Pour qu'il puisse y avoir une certaine liberté, il faut que s'installe une dialectique entre une intention intérieure et un champ extérieur de contraintes. La liberté devient possible si le champ de contraintes extérieur s'affaiblit et si l'intention intérieure se renforce. Pour que l'impact de la pression extérieure puisse s'affaiblir, il est indispensable que le niveau de complexité du système soit suffisante pour absorber et dissiper l'énergie de ces contraintes. Pour que l'intention du système se renforce, il faut également un niveau de complexité suffisant pour nourrir une dialectique profonde entre son "dedans" et son "dehors".

Plus un système est rudimentaire, plus il est condamné à un déterminisme radical, comme ce caillou qui est là, roule dans la rivière, s'érode au vent ou à la pluie, tombe dans un fossé poussé par un pied, etc …

 

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Pour beaucoup, la liberté humaine se définit dans le champ sociopolitique et non dans le champ métaphysique. Pour ceux-là, la liberté n'est que le contraire de la servitude. Et là commence la belle absurdité humaine car ceux qui veulent se "libérer" de la servitude sociale ou sociétale (une des grandes revendications des idéologies socialo-gauchistes) sont les premiers à s'enchaîner dans d'incroyables "servitudes volontaires" inouïes (les loisirs, les jeux, les plaisirs, les addictions, les vacances, le confort, la télévision, l'ordiphone, les copains, les sorties, etc …).

Et fait, ces revendications crétines ne demandent pas à se libérer des servitudes, mais à pouvoir choisir ses servitudes : non pas se libérer des esclavages, mais choisir ses maîtres.

 

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L'idée de destin traverse toutes les philosophies, mais elle est rarement bien définie. On parle aussi de "sort", de "destinée", etc …

Pour éclaircir cette importante question, il faut sans doute, utiliser d'autres mots. Chacun reçoit, possède et développe des potentialités, soit innées, soit acquises. Ces potentialités façonneront son "destin", c'est-à-dire sa capacité à suivre sa voie, c'est-à-dire à accomplir sa vocation. Il existe une loi cosmique : tout ce qui existe, tend à s'accomplir en plénitude ; le Tout, comme chacune de ses parties, comme chacun de leur fragments.

S'accomplir, c'est veiller à faire se rencontrer, autant que faire se peut, les potentialités du "dedans" et les opportunités du "dehors".

Au fond, accomplir sa vocation (son "destin") ou exploiter au mieux toutes ses potentialités innées ou acquises, sont des expressions si proches qu'elles en deviennent synonymiques.

Encore faut-il, d'abord, réaliser et réussir le travail indispensable pour découvrir, au fond de soi, cette vocation ou ces potentialités. Encore faut-il, ensuite, accepter et assumer totalement cette vocation et ces potentialités, et abandonner les fantasmes que la société a semés dans nos esprit, sous la forme d'idoles en tous genres. Encore faut-il, enfin, s'astreindre, chaque jour, à une discipline de vie (une ascèse, donc) afin de ne pas dévier d'un pouce de l'accomplissement de sa vocation, et de rejeter tout le reste - que l'on appelle, très justement, selon l'étymologie, des "divertissements" (des détournements, donc).

 

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La grande - et unique - question d'Epictète est : qu'est-ce qui dépend de moi ?

Ce qui dépend de moi exprime ma liberté et engage ma responsabilité (éthique, sociale, etc …). Ce qui ne dépend pas de moi, doit m'indifférer : c'est l'ataraxie.

Mais deux questions secondes surgissent :

  • Qui est "moi" ?
  • Comment connaître ce qui dépend de ce "moi" ?

Le "moi" est un épiphénomène local, une conscience, c'est-à-dire un lieu de confrontation entre une mémoire, une volonté, une sensibilité et une intelligence. Et, au fond, une seule chose dépend de moi : l'optimisation de la dissipation de leurs oppositions et contradictions (donc de construire et nourrir ma sérénité).

Mais évidemment, cette optimisation dépendra lourdement de l'acuité de cette volonté, de cette sensibilité, de cette intelligence et de cette mémorisation. Plus cette acuité sera faible, plus les contradictions seront inconciliables, du fait de la vulgarité et de la primarité des rapports avec le monde et soi.

D'où la posture d'Epictète qui exprime que seul le sage qui a développé ses acuités au mieux, est à la fois capable de responsabilité, de sérénité, d'efficience, de liberté et d'ataraxie.

 

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Jean-Joël Duhot conclut son étude sur les stoïciens par cette belle phrase : "La liberté (…) est un état intérieur d'adhésion à l'ordre divin du monde auquel (…) nous participons pleinement."

 

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L'ennemi de l'homme, ce sont ses émotions.

 

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Le 29/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Dans la mézouzah qui protège la maisonnée de chacun et la Maison d'Israël en général, il y a un petit parchemin qui contient deux extraits bibliques. Il y a le texte du "Entends Israël" (Deut.:6;4-9) qui affirme l'Unicité absolue et l'Unité absolue du Divin et il y a le texte du "Si entendre vous avez entendu" (Deut.:11;13-21) qui décrit les treize délices de la Terre de la Promesse : Beauté (le pays), Intelligence (l'eau), Pureté (les sources), Vitalité (les torrents), Profondeur (la vallée), Elévation (la montagne), Reliance (le blé), Pensée (l'orge), Joie (la vigne), Fécondité (la figue), Fraternité (la grenade), Paix du corps (l'olive) et Paix du cœur (le miel).
  • Toute l'ascèse spirituelle juive tient en trois pas : la libération de tous les esclavages, la réception de la révélation de la Loi et la purification de toutes les idolâtries. Rien de plus. Rien de moins. Mais c'est énorme ! Et au bout de ce long chemin, se placent la réalisation radicale et absolue de l'Union avec le Divin (c'est le "Entends Israël") et l'accomplissement des treize délices de la Promesse (c'est le "Si entendre vous avez entendu").
  • La mézouzah est, en fait, le poteau vertical qui fait le montant de la porte d'entrée. Par extension, ce mot nomme aussi la petite boîte votive qui est fixée à ce montant. La correspondance entre les deux poteaux de la porte de la maison et les deux colonnes à l'entrée du Temple de Salomon est immédiate. Et sur ces colonnes, le maître fondeur Hiram a écrit deux mots, un mot sur chaque colonne, comme deux mézouzot : Yakin Boaz, ce qui signifie : "J'affirmerai - en Force". Il y a là l'expression d'une indéfectible Certitude. Il n'y a pas besoin de croire en Dieu ; Dieu est une évidence. Il suffit, pour s'en convaincre, de se laisser traverser et irriguer par la Matière, par la Vie et par l'Esprit. Il suffit, pour s'en convaincre, d'admirer et de contempler la cohérence de tout ce qui existe et de nommer "Dieu" le principe même de cette cohérence.
  • Les deux poteaux de la porte sont aussi les deux colonnes externes de l'Arbre de Vie avec du côté gauche la colonne de Rigueur : Discernement, Fécondité et Splendeur, et du côté droit la colonne de Miséricorde : Sagesse, Bonté et Gloire. Entre ces deux colonnes, se place la quadruple porte elle-même : Couronne, Beauté, Fondement et Royaume. Derrière cette quadruple porte brille la Lumière-Sans-Limite ('Or Eyn Sof), la Lumière mystique et invisible du premier jour.
  • Le Zohar dit : "Toute la Torah est un seul Nom saint". La Torah n'est pas Dieu ; elle est un Nom de Dieu … Un Nom écrit d'une traite avec ses 304.805 lettres … Ce nombre donne 20 et donc 2. La binarité de la Torah : les deux Tables de la Loi, la Loi écrite (la Bible) et la Loi orale (le Talmud).
  • Là où la Présence est ressentie, là règne la Paix (Shalom : paix, plénitude).

 

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On connaît l'histoire talmudique des quatre amis qui entrent dans le Verger mystique (le Pardès) pour contempler la Gloire divine. Le premier tombe mort. le deuxième devient fou, le troisième apostasie ("coupe les arbrisseaux", dit le texte) et le quatrième sort sain et sauf.

Et la tradition en conclut que seul un rabbin dûment formé à la 'halakhah (la casuistique légaliste talmudique) peut supporter cette épreuve.

J'en ai une tout autre lecture.

Celui qui "meurt" (ben Az'ay) entre immédiatement en communion et fusion mystique avec le Divin et il voit immédiatement son "moi" mourir.

Celui qui "devient fou" (ben Zom'a) obtient immédiatement la Connaissance absolue, la Gnose et sa pensée, devenue divine, devient incompréhensible aux autres hommes qui le prennent pour fou.

Celui qui "apostasie" ('A'her : l'autre) comprend immédiatement que le Divin est au-delà de toutes les religions qui ne sont que des ersatz pour la populace incapable d'accéder à la mystique la plus haute.

Celui qui "sort sain et sauf" (Rabbi 'Aqib'a) est le seul 'halakhiste : il est entré dans le Verger mystique, mais il n'y a rien vu, rien compris : le talmudisme est l'antithèse du kabbalisme.

Ainsi, face au religieux exotérique et quasi profane, se dressent trois grandes voies mystiques :

  1. la mystique unitive qui est la mystique du cœur ou de la fusion,
  2. la mystique gnosique qui est la mystique de l'âme ou de l'intuition,
  3. la mystique métaphysique qui est la mystique de l'esprit ou de l'intelligence.

Ces trois mystiques convergent si elles sont menées suffisamment loin.

 

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L'humanisme est une idolâtrie !

 

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De Guillaume Chaslot, algorithmicien repenti de chez YouTube :

 

" Facebook et Google sont dans une course pour capter notre attention. La réalité et le dialogue civique sont souvent vus comme des freins qui risquent de leur faire perdre la course. Leur modèle économique repose sur l'addiction. Ces plateformes sont à l'information ce que McDonald's est à la nutrition."

 

Il y a avait le Fast-food et la Malbouffe avec l'obésité et le diabète en prime ; il y a désormais aussi la Fast-data et l'Infox avec la crétinisation et le complotisme en prime.

 

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Le "dégagisme" (quel affreux néologisme) est une posture socialo-gauchiste qui prétend que le vide politique est préférable à toute politique qui ne serait pas socialo-gauchiste.

 

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Du philosophe Laurent de Sutter (prof. à la VUB) :

 

"La démocratisation de la bêtise moderne éclate à son plus visible. Notre relation avec le monde se résume aujourd'hui à un cri théâtral de mauvaise humeur. L'indignation, qu'elle soit de gauche ou de droite, justifiée ou injustifiée, place celui qui parle dans une situation de triomphe garanti. On ne peut pas rater une indignation ! On ne peut pas perdre, car être indigné, c'est écraser ce que l'on voit sous des principes moraux."

 

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Pour vivre demain, il faut que l'homme émerge de l'humain et se guérisse de la socialité.

 

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Dieu n'est pas juste parce que Dieu n'est pas juge.

L'accomplissement est un fait et non une appréciation.

La joie ou la souffrance de chaque homme ne font qu'exprimer sa contribution factuelle et accumulée à l'accomplissement de son existence.

Il n'y a là ni justice, ni jugement. Seulement un simple bilan gravé dans la mémoire du Réel dont rien, jamais, ne s'efface.

 

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Ce n'est pas Dieu qui construit l'histoire des hommes, mais ce sont les hommes qui construisent l'histoire de Dieu.

Ce n'est pas Dieu qui accomplit les hommes, mais ce sont les hommes qui accomplissent Dieu.

 

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Auschwitz est une histoire d'hommes qui a détruit Dieu en partie. Dieu n'y est pour rien ; il n'a aucun pouvoir autre que ceux que portent les hommes en eux. Dieu a souffert à Auschwitz encore plus que les hommes que l'on y détruisait.

Maintenant, Dieu a été partiellement détruit, pas seulement à Auschwitz, mais aussi à Verdun, à Kolyma, à Hiroshima, à Bhopal, … Et l'on continue de Le détruire un peu partout.

Il faut maintenant reconstruire Dieu et sortir du nihilisme moderne pour respiritualiser le monde, pour resacraliser la Vie et l'Esprit !

 

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Mon 'haver, Frank Lalou, dans "Accueillir l'Autre", écrit :

 

"Si nous écoutons cet argument [celui qui dit que la volonté divine a décidé de laisser les humains totalement libres, pour leur bien] Dieu n'intervient plus dans notre existence. Il nous laisse complètement autonomes. Si nous sommes condamnés à cette liberté, à quoi peut bien servir la religion ou des prières qui ne recevront aucune écoute de leur destinataire sacré ?"

 

La religion et ses rites et prières, n'ont pas pour mission d'infantiliser l'humain, de le prendre par la main et de l'amener à la rencontre de Dieu, avec force babeluttes et brimborions, à coup de verroteries et de colifichets.

Leur mission, tout au contraire, devrait être de fortifier l'homme, pour qu'il accomplisse sa vocation dans le monde réel, en adulte, sans récompense ni punition, sans aide ni privilège.

C'est ce que n'ont pas compris, par exemple, le christianisme et l'islamisme.

 

Et Frank continue :

 

" (…) Ce terrible constat d'absence remet en question à la fois

Son amour, Son omniscience et Son omnipotence"

 

Mais Dieu n'a jamais été ni Amour (aimer est un activité humaine), ni omnipotent puisque Son action est limitée par Sa nature même qui est d'être le principe de cohérence du Réel. Quant à l'omniscience, Il l'a évidemment puisqu'Il le Tout lui-même et qu'Il Se connaît parfaitement. Mais cette omniscience ne peut que constater les défections humaines.

C'est Dieu qui a besoin des hommes, et non l'inverse.

 

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Grâce à son "Ethique juive en dix Paroles, Francis Weill m'a fourni la meilleure traduction du mot pluriel Elohim : les Puissances. Car puissance fait bien lien entre le premier sens qui est "déités" et le second sens qui est "destinations, intentions, vocations". Pour réaliser des intentions divines, ils faut des puissances divines. Parfait !

Exemples :

  • "Dans un commencement on ensemença des Puissances avec le Ciel et avec la Terre."
  • "Et il dira : 'Puissances, nous ferons un homme …"
  • "Moi-même je suis YHWH de tes Puissances …"
  • "Entends, Israël YHWH de tes Puissances, YHWH est Un."

 

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Le monde profane est clairement le "pays des limites" et "la maison des esclavages" (Ex.:20;2). Pour gagner en liberté, il faut quitter la profanité. Il n'y a de liberté que dans le sacré.

 

"Moi-même [je suis] YHWH tes Puissances qui t'ai fait sortir

du territoire des limites, de la maison des esclaves."

 

Première des dix Paroles su Sinaï (Ex;:20:2).

 

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Le Zohar exprime cette sentence apparemment paradoxale : "L'homme est libre mais Dieu prévoit à l'avance ses errements".

Dieu ne prédit rien, mais il exerce son pouvoir de prophétie : si les choses ne se passent pas bien, de différentes manières, alors voilà comment elles pourraient mal se passer, de différentes manières.

 

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Le 30/08/2019

 

La méditation zoharique du jour …

 

  • Le livre de l'Exode (31;17) dit : "Entre moi et entre les fils d'Israël, un Signe pour l'éternité est tel car six jours YHWH œuvra avec le ciel et avec la terre et au septième jour Il arrêta et Il spiritualisera". Le verbe utilisé est NPSh qui se construit à la fois sur l'idée d'un "repos" et sur l'idée d'une "âme". Le Shabbat est le septième jour consacrer à l'Esprit alors que les six précédents sont consacrés à l'Œuvre. L'Esprit est l'apothéose de l'Œuvre.
  • L'âme mortelle (Nishamah) que l'homme possède durant sa vie, est infiltrée par l'immortelle Âme de Vie (Néfèsh Hay) lors du premier soir du Shabbat. Et cette Âme de Vie est revivifiée, en même temps, par l'immortelle Âme cosmique (Roua'h Elohim : le "Souffle des Puissances"). Cette Âme de Vie est ce qui anime le Royaume ; elle est la Shékhinah (la Présence). Son énergie provient des huit autres Séphirot supérieures qui sont les Elohim, les "Puissances divines", elles-mêmes alimentées en Lumière-Sans-Limite par Kétèr, la Couronne, la dixième Séphirah tout en haut de l'Arbre de Vie : elle est YHWH.
  • Le fait qu'il existe huit Elohim (huit "Puissances divines") dans l'Arbre de Vie, ramène au chiffre Huit qui est le chiffre de l'Alliance. Le Huit vient après le Sept. L'Alliance vient après le Sacré car le Sacré est le chemin vers l'Alliance, puis vers la Plénitude accomplie (le Neuf : les neuf mois de grossesse nécessaire pour accomplir pleinement le façonnage d'un petit d'homme).
  • Les huit Puissances divines qui œuvrent entre YHWH (la Couronne), en haut, et la Shékhinah (le Royaume), en bas, se répartissent en deux groupes. Les cinq Puissances supérieures avec, autour de la Beauté, la Sagesse, le Discernement, la Bonté et la Fécondité. Et les trois Puissances inférieures avec, autour du Fondement (El Shaday), la Splendeur (El Elyon) et la Gloire (El Tzébaot).

 

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N'inversons pas les rôles : ce n'est pas l'Occident qui rejette l'Islam, c'est l'Islam qui est fermé et hostile à tout ce qui n'est pas lui-même. L'Islam est un autisme idéologique.

 

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Le monde humain qui vient, s'il évite l'effondrement qui s'annonce, reposera sur six piliers :

 

  • Du point de vue de la Matière :
    • Décroissance matérielle.
    • Décroissance démographique.
  • Du point de vue de la Vie :
    • Désurbanisation généralisée.
    • Semi autarcie alimentaire de chacun.
  • Du point de vue de l'Esprit :
    • Accélération de la construction de la noosphère.
    • Emergence de cultures ouvertes et fractales.

 

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Comme le G.:A.: de l'U.: est, précisément un Architecte, il n'y a guère de hasard et ce qui doit se mettre en place, arrive.

 

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De Jean d'Ormesson :

 

"L'écran, c'est ce qui fait écran.

Or c'est lui qui désormais a préséance sur l'existence."

 

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De Guillaume Chaslot :

 

"Nous devons passer d’une économie de l’extraction de l’attention

à une économie qui valorise la concentration."

 

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Ne jamais psychoter …

Prendre chaque seconde comme un cadeau. Il y a tellement de merveilles dans chaque brin d'herbe. Mais nous, les humains, avons oublié de vivre ; nous avons oublié comment bien vivre.

Et, pourtant, la Vie et l'Esprit te portent et t'illuminent à chaque instant.

Sors de ton nombril. Tout est là, déjà, depuis toujours !

 

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Il est un problème économique aussi vieux que l'économie : le rapport entre le PRIX et la VALEUR.

Et la physique peut aider à éclaircir cette problématique car la VALEUR, c'est l'utilité ou utilisabilité, c'est-à-dire la quantité de néguentropie que contient la "chose" - bien ou service. Alors que le PRIX reflète le consensus approximatif et spéculatif sur l'appréciation de cette utilité à un moment donné, relativement à d'autres utilités supposées ou préconisées.

 

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Il paraît que j'ai dit ceci lors d'un de mes séminaires de "Spiritualité" :

 

" Mais la spiritualité consiste à cultiver une foi

sans sombrer dans la croyance.

Alors que la religion consiste à cultiver des croyances

sans avoir nécessairement une foi "

 

D'accord. Je prends.

 

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Il n’y a pas de chemin parfait vers la spiritualité. L’important, c’est le cheminement. L’important, c’est la joie !

 

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L'Italie, plus encore que la Grèce, est devenue le cloaque de l'Europe.

L'arrogance ne suffit pas pour fonder l'efficacité.

L'excentricité ne suffit pas pour fonder l'élégance.

Le verbiage ne suffit pas pour fonder l'intelligence.

 

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Les deux racines de l'envahissement du domaine professionnel par les algorithmes de l'Intelligence Amplifiée sont : la mémoire et la sensitivité analytiques et l'intelligence logique et procédurale. Tout le reste restera du domaine de l'humain : la mémoire holistique, l'intelligence analogique, anagogique, créative ou insolite, la sensibilité affective ou intuitive et tout ce qui touche au sens, à l'éthique à la raison d'exister et d'agir. En gros, l'essentiel !

 

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Est dit "transcendant" tout ce qui se place tout au-delà des mots humains, ce qui est indicible (et non ce qui serait en dehors ou au-delà du Réel.

Le Réel transcende toutes ses manifestations.

 

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Avec leurs idées exogènes de messianisme et de sotériologie, Isaïe est le corrupteur du Judaïsme originel et Louria est le corrupteur du Kabbalisme authentique.

 

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Il n'y a rien à sauver !

Il y a tout à construire !

 

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Le livre du Lévitique (19;18) dit littéralement ceci :

 

"(…) tu auras aimé envers ton ami (ré'a) autant que toi (…)"

 

Cette phrase a été trop souvent traduite, erronément et fallacieusement, par : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Il ne s'agit nullement d'un "prochain" universel, mais de l'ami que l'on considère, librement et volontairement, comme son égal.

Le contexte ne trompe pas puisque le début du verset dit :

 

"Point de vengeance et point de rancune envers les fils de ton peuple (…)"

 

L'amour du prochain, au sens universaliste et égalitariste est une fumisterie idéaliste chrétienne.

La Torah proscrit la haine de l'autre, mais ne prescrit nullement l'amour de l'autre, sauf l'ami, le frère, l'épouse et la famille.

L'interdiction de la haine n'implique nullement l'obligation de l'amour. Une telle obligation serait d'ailleurs absurde : il y a tellement de gens haïssables. Pour ceux-là, que l'indifférence soit, au mieux, leur lot.

 

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Dans le fond, la meilleure traduction du Yang chinois serait la néguentropie, celle du Yin, serait l'entropie.

 

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Le 31/08/2019

 

La Méditation shabbatique du jour …

Parashah Réèh du livre D'varim (Deut.:11;26 à 16:17)

 

  • "Vois : Moi-même donne, pour vos faces ce jour, une bénédiction et une malédiction.

[C'est] avec la bénédiction que vous écouterez vers les ordonnances du Devenir (YHWH) de vos Puissances (Elohim) que Moi-même [je suis] ordonnance avec vous ce jour.

Et [c'est] la malédiction si vous n'écoutez pas vers les ordonnances du Devenir de vos Puissances et [si] vous vous écartez du chemin que Moi-même [je suis] ordonnance avec vous ce jour pour suivre d'autres Puissances des autres que vous ne connaissez pas." (Deut.:11;26-28)

 

  • Ce texte essentiel fait dire au Divin qu'il est Lui-même l'ordonnance (mitzwah) et le chemin (dérèk) du Devenir de nos Puissances (c'est-à-dire de nos accomplissements) et non de celui des autres.

"Accomplissement" est, en effet, la meilleure traduction possible de YHWH Elohim qui est le Devenant des Puissances, autrement dit : la réalisation de potentialités. D'un côté, il y a l'idée du devenir, de l'advenir, de la réalisation du processus (YHWH) et, de l'autre côté, il y a l'idée des puissances, des potentialités, des forces, des vertus (au sens de "virtualités").

Les "Lois de YHWH" (les mitzwot) deviennent alors les règles processuelles du Devenir cosmique et, par conséquent, humain, qui garantissent la cohérence du Tout-Un et de son évolution globale et locale. La Torah se mue alors en une vaste cosmogonie spirituelle.

De plus, les mots "bénédiction" et "malédiction" dépassent largement les concepts moraux de "bien" et de "mal". Il n'y a pas de bien et de mal ; mais il y a des actes qui font du bien et d'autres qui font du mal.

 

  • L'ordonnance centrale, donnée ici (Deut.:12;2-3), est de détruire toutes les formes d'idolâtrie. Au fond, le Judaïsme est d'abord et avant tout, une lutte sans merci contre toutes les idolâtries. Pas seulement contre les idoles religieuses que l'on trouve dans tous les temples du monde (en ce compris le crucifix chrétien). Mais surtout, une lutte sans merci contre toutes ces idolâtries laïques comme la quête effrénée de l'argent, des glorioles, des succès, des titres, des pouvoirs, … Le Talmud raconte qu'il n'y a aucune différence entre le bois taillé en idole et la bûche dont elle provient ; c'est faux : l'idole, c'est la bûche plus l'idée qui lui donne sa forme (eidos, en grec qui est l'étymologie commune de "idole", de "idée" … et de "idiot"). Dans l'adoration de l'idole, ce n'est pas le bois qui est adoré, mais bien la forme, donc l'idée. L'idolâtrie, c'est donc le culte d'une Idée qui exprime un Idéal (c'est-à-dire une projection fantasmagorique étrangère au Réel qu'il faut assumer tel qu'il est et tel qu'il va) ; toute idolâtrie est une idéologie et toute idéologie est une idolâtrie. C'est la raison pour laquelle le Judaïsme interdit formellement de représenter le Divin dont le Nom même est ineffable, indicible et inconnaissable. Dieu ne se réduit pas à une idée : aucune idée n'est assez grande et riche pour contenir le Divin. C'est en ce sens que le Divin, quoique totalement immanent, est aussi totalement transcendant, c'est-à-dire au-delà de tout mot, de tout concept, de toute idée. De là vient que les seules démarches philosophiques vers le Divin doivent nécessairement être apophatiques, comme l'on très bien compris tous les mystiques authentiques de toutes les traditions. Il n'est pas possible de "dire" Dieu, mais il est possible de "vivre" le Divin.
  • Le Jourdain marque la frontière entre le monde profane et le monde sacré, entre la terre des sueurs et le jardin des délices (Eden). Yordan, en hébreu, n'a aucune signification seconde ; ses quatre lettres, Y R D N, évoquent "la main", " la tête", "la porte" et "le serpent" : l'acte et la pensée pour franchir la porte du verger où vit le mystagogue. En coupant YRDN en deux, il vient Yar et Din, ce qui évoque le fait de "craindre" et l'idée de "jugement" : passer l'autre côté du Jourdain, c'est ne plus craindre le jugement … La guématrie de YRDN donne 10+200+4+50=264  soit 12, soit 3 (le mouvement, la dynamique cosmique). 264 c'est aussi : 3x8x11, la combinaison intime du mouvement avec l'amour et avec le firmament. Passer de l'autre côté du Jourdain, c'est le mouvement amoureux vers le monde céleste.
  • Suit une longue insistance (Deut.:12;4-19) sur l'interdiction de mélanger le sacré et le profane, le consacré et le quelconque, le temple et la ville, l'offrande et la victuaille, etc … Le Sacré doit rester pur. Les lois sur la pureté, nombreuses dans la Torah, portent toutes sur le non mélange, sur la séparation, sur la distinction et le discernement : ne pas mélanger le carné et le lacté, le lin et la laine, le sang et la nourriture, la vie et la mort, le Shabbat et les jours de semaine, la Maison d'Israël et les autres nations, etc …
  • Le texte dit (Deut.:12;23) : "Seulement, sois fort pour ne pas manger le sang car le sang, lui [est] l'âme et tu ne mangeras pas l'âme avec la chair". Le mot traduit par "âme" est Néphèsh qui est l'Âme de Vie c'est-à-dire le principe de Vie, le fondement de la Vie qui irrigue tout ce qui vit, tous les vivants. Autre distinction de pureté, il faut séparer le sang de la chair (c'est une des conditions pour qu'une viande puisse être kasher). Avec le sang qui coule, c'est la vie qui part. Et le sang qui coule doit retourner à la terre qui le reçoit et en réintègre le principe dans le cosmos. Et c'est depuis la terre que "le sang crie" vers le ciel lorsque l'innocent a été tué par le méchant (voir, par exemple, Gen.:4;10).
  • Même face à la prédication d'un prophète ou d'un visionnaire, face à la séduction d'un être aimé, etc … jamais il ne faut se détourner du Divin pour suivre des idoles. Il faut au contraire éradiquer ces tentations de la façon la plus radicale. L'idolâtrie est le cancer des âmes et des communautés humaines. Tout ce qui est idolâtre doit être rejeté sans pitié.
  • Viennent ensuite les grandes exigences de pureté alimentaire (la Kashrout - Deut.:14;3-21). Les règles semblent compliquées, mais elles sont simples au fond : il est interdit de consommer tout ce qui se nourrit de sang ou qui mutile la terre (le ruminant recrache la terre qu'il a avalée avec son herbe, les sabots fendus d'un mouton l'écrase moins que le sabot large du cheval ou du chameau, les coquillage, les crustacés et les poissons plats sans écailles ou sans nageoires vivent dans la vase et la mangent, etc …). La grande règle de pureté alimentaire revient au respect absolu de la terre et du sang. Le sang, on le sait, est l'âme de la vie. Quant à la terre, c'est elle qui constitue notre propre chair puisque nous venons d'elle et retournons à elle. Aujourd'hui, on dirait que la diététique juive conduit à une végétarisme bio.
  • Le livre dit (Deut.:15;1) : "Après sept ans tu feras rémission (Shmithah)". Tous les sept, tous les "compteurs" sont remis à zéro. La racine ShMTh signifie "abandonner, lâcher". Tous les sept ans, au sein de la communauté, toutes les dettes sont effacées, tous les servants et servantes sont libérés, tous les premiers-nés sont consacrés. Cette pratique est socialement très révolutionnaire : tous les sept ans, en somme, on efface tout et on recommence. Cela désamorce tout ressentiment, toute rente à vie, toute exploitation indéfinie.
  • Enfin, sont décrites (Deut.:16:1-17) les trois grandes célébrations de la Libération (Pessa'h), de la Révélation (Shavouot) et de la Purification (Soukot). C'est tout le grand cycle initiatique juif qui est ainsi prescrit ; un cycle parallèle à celui, agricole, de la Nature puisque ces trois fêtes sont aussi celles, respectivement, de la Germination, de la Moisson et des Vendanges. Le texte parle de "la fête des azymes" pour commémorer le pain sans levain consommé au moment de la Libération, de la délivrance hors de la maison d'esclavage, de "la fête des semaines" pour commémorer les sept semaines qui sépare la Libération de la Révélation de la Torah sur la montagne du désert de Sin, et de "la fête des cabanes" pour commémorer l'habitat précaire des Hébreux tout au long des quarante années de Purification dans le désert.

 

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L'antisémitisme français, surtout à gauche, s'ancre dans une haine corse à l'endroit de la banque Rothschild dont la stratégie de financement a été une des causes de la chute de Napoléon, donc de l'échec de la "révolution" de 1789, et de restauration de la monarchie.

De plus, l'antisémitisme du Juif renégat Karl Marx, s'alimente aussi à cette source, mais il y ajoute la haine totale de l'élitisme et du particularisme juifs qui sont en contradiction totale avec l'égalitarisme socialiste. Cet antisémitisme socialiste fut repris et amplifié tant par Lénine et Staline, que par Hitler qui, tous, identifiaient Juif et Argent (ou banque).

Face à cet antisémitisme de gauche (toujours bien réel aujourd'hui), s'est aussi développé un antisémitisme nationaliste - qui s'exprima si bien lors de l'affaire Dreyfus - et qui reprochait aux Juifs leur "cosmopolitisme", leur "non patriotisme" et leur "double allégeance" qui sont trois fantasmes absurdes complètement démentis par l'histoire réelle.

Qu'il soit socialiste ou populiste (ces deux mots sont, pour moi, synonymes), l'antisémitisme sévit surtout parmi les classes populaires, ou chez les "nouveaux riches" qui en sont issus.

A cela, depuis peu, est venu s'ajouter un virulent et violent antisémitisme musulman (totalement légitimé et protégé par la bien-pensance socialo-gauchiste) qui, sous couvert d'antisionisme et de solidarité avec les "frères palestiniens",  se développe, à grande vitesse et en totale impunité, dans toutes les banlieues et tous les quartiers en voie d'islamisation, et devenus "zones de non-droit".

 

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Parmi les intellectuels juifs de gauche qui se piquent de connaissance biblique ou talmudique, circule l'absurde conviction que les dix Paroles du Sinaï sont le pendant de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme alors qu'elles ne sont que l'affirmation particulariste des devoirs du Juif.

Ces dix Paroles - et les 603 mitzwot qui les accompagnent dans la Torah - n'ont rien d'égalitariste, ni rien d'humaniste. L'idéal politique dans la Torah est la théocratie. Elle prône le rejet radical de tous les idolâtres ; où est l'universalisme et l'égalitarisme là-dedans ? La hiérarchie existentielle est claire et nette : Dieu (le Saint des saints), puis les lévites (le Saint), puis les douze tribus (le Parvis), puis les nations (la profanité).

Plus généralement, il est essentiel que notre époque cesse de vouloir identifier ses puériles idéologies finissantes avec la matrice des traditions spirituelles intemporelles. Ces idéologies modernes ont inventé et imposé ces absurdités philosophiques que sont l'humanisme, l'égalitarisme, le démocratisme, le solidarisme ou le laïcisme. Elles n'ont pas vu ou voulu voir que toutes les traditions spirituelles authentiques (ce que n'est pas le cas du bouddhisme, par exemple, qui relève plus de la psychothérapie que de la spiritualité … d'où l'engouement qu'il provoque dans notre occident désacralisé et déspiritualisé) se basent, tout au contraire d'elles, sur un théocentrisme, un élitarisme, un aristocratisme, un hiérarchisme et un sacralisme … qui traduisent la réalité du Réel aux antipodes ces idéalismes et utopismes qui sont responsables de centaines de millions d'assassinats durant le seul 20ème siècle.

 

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L'humanisme induit l'extermination de masse (car il faut d'abord définir ce qu'est un homme véritable, à l'aune d'un homme idéal fantasmé).

L'égalitarisme induit le ressentiment de masse (car une société a besoin, comme un train, d'un petit nombre de locomotives pour beaucoup de wagons : les masses ne supportent pas que la réalité révèle leur médiocrité).

Le démocratisme induit le crétinisme de masse (car la bêtise humaine n'étant plus à démontrer, les masses sont incapables d'évaluer la réalité du monde et se borne à une courte vue, apologie de la médiocrité).

Le solidarisme induit le nombrilisme de masse (car, lorsque tout le monde se définit comme "victime", tout le monde exige d'être bénéficiaire de la solidarité des autres).

Le laïcisme induit l'amoralisme de masse (car l'éthique sans autorité est une ascèse dont sont incapables les animaux humains).

 

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[1] Le TLF définit délicieusement le mot "surnom" : "Appellation familière ou pittoresque que l'on substitue au véritable nom d'une personne".

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NOUVEAU (depuis ce 2/9/2019) : Le Tome 20 "De l'Etre au Devenir" est en ligne (384 pages à télécharger gratuitement).