Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" - Octobre 2017

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/10/2017

Une méthodologie anagogique …

Tout processus relève d'un paradigme qui lui est propre.

Tout paradigme doit répondre, pour se définir, à trois questions premières dont une pose trois questions secondes[1]. Ces questions universelles dressent cinq piliers qui porte la totalité du processus.

Chaque processus s'interroge lui-même, consciemment ou non, de cette façon-là afin de construire harmonieusement sa propre existence, qu'il soit un homme, une famille, une entreprise, une nation, une culture, … ou, hors de la sphère humaine, n'importe quel système complexe : une galaxie, une biosphère, une ruche, une forêt, etc …

Les trois questions premières interrogent le passé, l'avenir et le présent, dans cet ordre précis.

Pour la passé : que suis-je ? c'est-à-dire : quel est mon vécu ? qu'ai-je appris au fil de la vie, qu'ai-je appris par moi-même, par le monde, par les autres ? qu'ai-je accumulé dans ma mémoire ? et, par conséquent, puisque chacun n'est que la somme de son propre vécu accumulé : qui sais-je ? quelle est ma nature ? quelle est mon identité ? Voilà ce qui définit le sujet.

Pour le futur : que veux-je ? c'est-à-dire : quelle est ma vocation ? quelle est ma mission ? quelle est ma justification ? quels sont ma finalité, mon but profond, ma raison d'être ? quel, est mon désir noble au-delà de tous mes caprices et de toutes mes envies, au-delà de toutes mes avidités et cupidités, au-delà de toutes mes jalousies et convoitises ? Voilà ce qui définit le projet.

Pour le présent : que faut-il que je fasse pour transformer ce que je suis en ce que je pourrais être ? c'est toute la question du cheminement qui fera le pont entre le passé du "qui suis-je ?" au futur réalisé du "que veux-je ?" (qui, alors, deviendra, dialectiquement, indéfiniment, un nouveau "qui suis-je ?"). Voilà ce qui construit le trajet.

Cette troisième question du trajet est triple : faire, soit, mais : faire avec quoi ou qui ? faire comment ? faire quoi exactement ?

Faire avec quoi ou qui ? c'est toute la question des ressources dont chaque processus a besoin pour se développer, pour, dans le présent, marche du passé au futur, que ces ressources soient matérielles ou immatérielles, personnelles ou impersonnelles, individuelles ou collectives, corporelles, émotionnelles, intellectuelles ou spirituelles, relationnelles, informationnelles ou communicationnelles, … C'est toute la question de la nature, de l'indispensabilité et de l'accessibilité des ressources nécessaires. C'est répondre, au fond, à la question : que puis-je ?

Faire comment ? c'est toute la question des méthodes de cheminement, des règles de travail, des logiques internes, des maîtrises techniciennes et conceptuelles, des outils que l'on a ou pas ; c'est toute la question de l'éthique et de l'esthétique ; c'est toute la question de la conformité ou de la conformation entre ce que je fais et ce que je voudrais faire, dans le temps comme dans l'espace. C'est au fond répondre à la question : que dois-je ?

Faire quoi exactement ? c'est toute la question de l'action, de ce que l'on fait vraiment et de l'authenticité et de la qualité de ce que l'on fait ; c'est toute la question de l'ajustement permanent entre ce qu'il y a à faire, ce que l'on pourrait réellement faire (les ressources disponibles ici et maintenant) et ce que l'on devrait normalement faire. C'est au fond répondre à la simple (en apparence) question : que fais-je ?

Cinq questions imparables, donc : que suis-je ? que veux-je ? que puis-je ? que dois-je ? que fais-je ?

A poser dans cet ordre-là, par pure nécessité logique et par pur bon sens opérationnel : il est inutile de se lancer dans une étape quelconque si ses prérequis ne sont pas satisfaits.

 

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Dans le champ de connaissances, il faut distinguer les connaissances axiomatiques qui constituent les sciences (naturelles, artificielles et technologiques) et les connaissances idéonomiques qui sont des conjectures (la métaphysique, l'éthique, l'esthétique, le droit, les religions, les idéologies, …).

Cette distinction est importante du fait que les méthodologies scientifiques (expérimentation reproductible, démonstration, …) ne sont pas applicables aux connaissances idéonomiques.

 

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Ce que l'on appelle à tort "l'Intelligence Artificielle", n'est que le domaine de validité des méthodes algorithmiques c'est-à-dire des méthodes processuelles analytiques.

 

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La Nature n'est pas algorithmique puisqu'elle est téléologique, émergentiste, indéterministe, etc … ; la Nature est anagogique.

Les simulations algorithmiques des processus naturels et organiques sont aussi risibles que le déterminisme mécaniste de Laplace.

Il faut inverser les propositions : comme le comportement des objets rudimentaires est réductible aux méthodes mécaniste, le comportement des processus élémentaires est réductible aux méthodes algorithmiques.

 

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Les logiciels algorithmiques (AI) font la jonction entre trois éléments : les méthodes algorithmiques (méthodes processuelles analytiques valables pour les processus élémentaires), les grands ensembles de données (le "big data") et la puissance de calcul (les gros ordinateurs).

 

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L'invasion fulgurante des "robots" et des "intelligences artificielles" dans tous les domaines d'activité humaine, pose la question de l'avenir de l'homme. Quelle sera la place de l'homme dans le monde qu'il est lui-même en train de créer ?

La réponse paraît assez claire : le domaine de l'homme futur sera celui de la complexité et des approches holistiques ; tout ce qui est analytique sera pris en charge par des machines possédants des puissances de production et de précision bien plus grandes que les siennes.

La majorité des humains sera-t-elle capable de vraiment relever ce défi noétique colossal ? Si la réponse est négative, nous allons vers une humanité stratifiée : la caste des surhumains et la masse des humains. Quels seront alors les rapports entre ces deux humanités ? Seront-elles conflictuelles ou complémentaires ?

 

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Le 02/09/2017

 

Il est à la mode de croire dur comme fer à l'intelligence collective, alors que l'anthropologie commence à oser dire, montrer et démontrer que c'est un leurre dans la plupart des cas et que la créativité d'un groupe est presque toujours inférieure à la somme des créativités de ses membres, etc …

En réalité, un groupe ne devient "intelligent" que par le rencontre de personnes complémentaires, toutes au meilleur niveau d'excellence et de virtuosité dans leur domaine propre. Donc, on comprend aisément que l'intelligence collective n'est réelle que dans certains cas et seulement au sein d'une élite.

Les crétins, seuls ou en groupe, restent crétins.

 

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Des chiffres à méditer …

Le nombre des décès consécutifs à l’usage de drogues par million d’habitants : 7 en France, 22 en Allemagne, 60 en Grande-Bretagne et 312 aux Etats-Unis.

Où est-on le plus heureux ?

 

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D'un anonyme sur la Toile …

 

" Confier sa vie privée à Facebook, c’est un peu comme confier sa petite sœur à DSK ou réviser son bac de français avec Franck Ribéry..."

 

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Il faut bien distinguer la dualité entre le Réel et le rapport de l'homme avec ce Réel (qui est en lui autant qu'autour de lui) qui fonde une dialectique phénoménologique et le dualisme ontologique. Celui-ci est une position métaphysique indépendante de l'homme : y a-t-il deux Substances (au sens de Spinoza) ou une seule ? Le dualisme (notamment chrétien) répond : DEUX ; le monisme (donc moi aussi) répond : UNE et une seule (Spinoza : Deus sive Natura).

 

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Confusion totale (même chez des gens qui se piquent d'une formation scientifique) entre énergie et entropie.

Ce que nous consommons n'est pas de l'énergie, mais de la néguentropie : nous détruisons de l'ordre fourni par la Nature de façon à alimenter "notre" ordre humain.

Exemple : la Nature fournit des arbres (croissance lente, production néguentropique de macromolécules organiques au départ d'eau et de sels minéraux, par photosynthèse grâce à un apport d'énergie solaire hautement entropique) ; l'homme abat les arbres en quelques minutes  (avec l'énergie de ses bras ou d'une tronçonneuse de métal, d'huile et d'essence) et les laisse sécher en quelques mois ou années grâce à l'énergie solaire (chaleur et vent)  ; puis il scie en bûche (par les mêmes moyens que l'abattage) ; puis il brûle les bûches dans son âtre et donc transforme de la néguentropie chimique concentrée (la structure du bois) en entropie (la fumée et la cendre) ; cette transformation de néguentropie en entropie libère les énergies de liaisons entre molécules sous la forme d'énergie thermique ; cette énergie thermique permet à la néguentropie de nos organismes de se maintenir à une température non létale (donc survivre) pour continuer ses métabolismes.

 

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Il faut refonder toute la physique mésoscopique - celle des phénomènes à l'échelle humaine - non plus sur la conservation de l'énergie, mais sur la non-conservation de la néguentropie.

 

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Un homme chevaleresque est quelqu'un qui met totalement sa personne au service de quelque chose qui le dépasse infiniment ; et qui le fait avec des règles de vie strictes et surhumaines. Il est aristocratique au sens où il veut cultiver l'excellence et la virtuosité . L'âme chevaleresque est une intention qui concerne la manière de vivre la Vie.

 

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Le 03/10/2017

 

La très lucide devise du PS selon un anonyme sur la Toile (manifestement savoyard) :

 

" Taxer ceux qui travaillent pour entretenir ceux qui se lugent."

 

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Transmis par mon ami POG, de Thierry Afschrift, professeur de droit fiscal à l'Université Libre de Bruxelles (in : "La tyrannie de la redistribution" - Les Belles Lettres) :

 

"Notre vocation n'est pas le sacrifice perpétuel !

Le grand mot de 'solidarité' est en général invoqué comme fondement d'une obligation d'accepter la redistribution : ceux qui, sur le plan financier, ont la capacité d'aider les autres devraient le faire.

On voit immédiatement que ce raisonnement mélange deux choses très différentes : d'une part, l'aide à une personne en danger ; et d'autre part, l'acceptation d'un processus de redistribution qui porte sur l'égalisation plus ou moins poussée des moyens matériels d'existence.

On ne cesse d'asséner que ce serait un devoir de solidarité que de se soumettre à la redistribution obligatoire organisée par l'Etat. L'individu devrait se sacrifier pour les autres, moins chanceux, moins habiles ou même moins talentueux ou moins travailleurs et renoncer à une partie de ce qu'il a produit par son travail ou sa créativité pour réduire les différences de revenu ou de fortune, dans la mesure arbitrairement requise par ceux qui exercent le pouvoir."

 

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Le 04/10/2017

 

Le rapport du Nom à la Chose (cfr. Michel Foucault : "Les Mots et les Choses") 0a toujours été une question forte de la tradition juive.

Quelque chose ou quelqu'un qui n'est pas nommé, n'existe pas.

Quelque chose ou quelqu'un qui n'est plus nommé, n'existe plus.

La nomination induit l'existence.

Ce qui n'est pas nommé, est indifférencié et donc n'est pas identifié ; cela ne possède aucune identité.

Donner un Nom et prononcer ce Non, c'est affirmer l'existence et l'identité de ce qui est nommé.

Ne pas (plus) nommer quelqu'un ou quelque chose, c'est affirmer son insignifiance. Traiter quelqu'un de "ça", c'est l'anéantir …

On ne nomme que ce que l'on estime. Réciproquement, on ne nomme pas ce que l'on méprise … ou ce que l'on veut protéger. Ainsi, dans certaines familles, pour les protéger des rages de Lilith, les petits garçons juifs ne reçoivent aucun nom (ou un faux nom de fille) durant les premiers jours de leur existence (souvent jusqu'à la B'rit Milah, la circoncision, au huitième jour de vie). Ils ne peuvent ainsi pas être re-connus par la terrible "femme rebelle".

 

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Parce qu'il fut fondé par un psychopathe névrosé, Saül de Tarse dit Paul, le christianisme - surtout catholique - est bien plus une psychothérapie collective visant l'exorcisme (face au péché, à la culpabilité, par la charité, par la communauté, …) qu'une spiritualité visant l'absolue et joyeuse adhésion à la Vie et au Réel.

Il en va, d'ailleurs, de même de toutes les religions secondes tant l'islamisme (autour d'une autre psychopathe velléitaire et  frustré, nommé Mu'hammad) que le bouddhisme (autour d'un maniaco-dépressif profond - "tout n'est que souffrance mais la vacuité est libération" -  nommé Siddhârta Gautama).

 

En matière de spiritualité authentique, il faut s'en tenir aux "quatre racines définitives" qui sont des traditions et non des religions, et qui sont toutes issues de l'animisme archaïque : le judaïsme originel, l'hellénisme originel, le védantisme originel et le taoïsme originel, tous nés au 6ème siècle avant l'ère vulgaire.

Plus on avance vers les religions secondes, les dissidences tierces ou les sectes quartes, plus on sombre dans "l'humain, trop humain" : le Divin s'y estompe au profit de l'humain (le "Père" meurt pour qu'advienne le "Fils").

 

Les quatre voies qui s'ouvrirent aux traditions du Père sont celles d'une petite matrice à deux entrées : Impermanent/Permanant et Transcendant/immanent. Cela donne ceci :

 

 

Transcendant

Immanent

Permanent

JUDAÏSME

HELLENISME

Impermanent

HINDOUISME

TAOÏSME

 

 

L'animisme était la sacralisation de la Mère (le Nature). Puis vint la sacralisation de la Culture, celle du Père selon quatre voies. Puis s'ouvrirent deux solutions face à la dialectique entre la Mère naturelle et le Père culturel : le fuite dans le Fils - "humain trop humain" - ou la sublimation dans l'Un (point de mire des kabbalisme, johannisme, soufisme, shivaïsme, zen, etc …, bref : de toutes les mystiques).

 

La tâche la plus urgente du 21ème siècle est de se libérer des "Fils" (le messie, le prophète, le bouddha, le gourou, …) pour se tourner vers le "Un" c'est-à-dire le Réel, c'est-à-dire la Nature, la Vie et l'Esprit et ce, au-delà du Père quaternaire et au-delà de la Mère originaire.

 

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N'étant pas Français, j'ai beaucoup du mal à comprendre que le politique se mêle, dans ce pays, de développement économique et social ; pour moi, la mission du politique est purement logistique : fournir des infrastructures territoriales de qualité (réseaux d'échange efficaces à long terme) et garantir la paix (tant externe qu'interne, sur le long terme). Tout le reste n'est pas de son ressort, mais bien de celui de l'initiative privée.

 

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Puisque les autorités idoines du département de l'Isère me demande mon avis, je le donne …

 

"Ma position sur l'avenir des stations de montagne tient en trois points fondamentaux et incontournables.

  1. Axe écologique : le réchauffement climatique et la crise énergétique majeure à venir impliquent la fin des sports d'hiver sous quelque forme que ce soit.
  2. Axe économique : la globale décroissance économique et la baisse des pouvoirs d'achats impliquent la fin des tourismes de masse.
  3. Axe éthique : la montagne doit redevenir un poumon collectif et un vivier où la vie sauvage (la biodiversité) doit reprendre ses pleins droits.

Mon avis ne sera pas en odeur de sainteté chez vos politiques … je pense qu'ils ne regretteront pas mon absence à vos colloques."

 

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Le 05/10/2017

 

De Mathieu Laine :

 

"Le communisme a ceci de fascinant qu'en formulant la plus belle des promesses, il n'a jamais offert à ceux qui, sincèrement, y ont cru, que crime, corruption et bureaucratie, caste dirigeante, arbitraire et enfermement. Pourtant, tel un phénix renaissant des flammes de l'envie, il ressurgit, régulièrement, sur nos écrans comme dans les urnes. La liberté brandie par ses hérauts a beau toujours finir au cachot, derrière de bien sinistres barreaux, tout comme l'égalité, assassinée au cœur par la misère et la faim, l'injustice et la disharmonie, on préfère souvent, en France, haïr le patron et sa belle et grande maison, que voir grandir, dans le pays, l'ombre d'une menace et l'annonce des cris."

 

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Le 06/10/2017

 

Au contraire de certains, je ne suis en rien militant de quoique ce soit : je n'ai ni idéal, ni idéologie.

L'humanité aura l'avenir qu'elle mérite et je n'ai nulle envie de "sauver" cette démographie absurde qui nous asphyxie.

Ce que je dis et écris est ce que je pense, et je vis comme je pense. Mais je n'ai jamais ni dit, ni écrit que le sort des barbares et parasites humains (85%) était ma préoccupation. Il y aura bientôt huit milliards d'humains sur Terre et la Terre ne pourra durablement en porter que deux milliards ; cherchez l'erreur.

 

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Le 07/10/2017

 

Dès qu'elles atteignent une certaine taille, toutes les entreprises dites collaboratives ou "du partage", (Uber, AirBnB, BlaBlaCar, etc. …) sont rattrapées par le démon de la financiarisation. Ce qui devait être un "autre modèle", rentre dans le modèle ancien.

Il en va de même des entreprises qui se présentent comme "post-modernes" (les GAFA par exemple).

Bref, l'économie réelle est prisonnière du modèle financiaro-industriel parce qu'elle est mue par l'appât du gain, par la cupidité et la rapacité d'un modèle darwinien suranné.

 

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Le salafisme est la conséquence logique de l'Islam et l'Islam est la conséquence logique du Coran.

 

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Dans le monde de l'Islam, la femme doit obéissance. On la marie sans amour à quelqu'un qu'elle n'a en général pas choisi. Elle ne sera pas aimée, mais possédée, violée selon le bon vouloir de son seigneur et maître le plus souvent analphabète.

Elle reportera tout son "amour" sur ses fils par qui elle comptera prendre sa revanche. Et elle fera de ses fils des frustrés sexuels (ils sont à elle et ne peuvent "désirer" qu'elle) et des machos invétérés (les autres femmes sont des rivales qu'il faut mépriser). Elle ne connaît que la relation de maître (son mari) à esclave (elle) qu'elle reportera en norme sur toute la société : ses fils doivent la venger en se comportant en "seigneur et maître".

 

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Le boboïsme est une maladie psychiquement grave qui regroupe cinq dérangements profonds de la pensée : l'égalitarisme (dont tous les anti-élitismes), l'humanisme (dont le droit-de-l'hommisme), l'universalisme (dont tous les laïcismes), le gauchisme  (dont tous les socialismes de gauche et de droite) et l'idéalisme (dont tous les idéologismes). Ces cinq dysfonctionnements mentaux sont difficiles à dissocier tant ils s'appuient mutuellement les uns sur les autres.

Egalitarisme : la haine du différencialisme.

Humanisme : la haine du naturalisme.

Universalisme : la haine des particularismes

Gauchisme : la haine du libéralisme.

Idéalisme : la haine du réalisme.

Leur point commun est la haine de la différence, de toutes les différences individuelles, sexuelles, économiques, professionnelles, patrimoniales, culturelles, spirituelles, , intellectuelles, etc …

Une religion de l'uniformité ou, à tout le moins, de la conformité. Une tyrannie désirée de l'entropie nivelante.

Le dénominateur commun de ces cinq haines contre-nature, est la haine des lois de la Nature (la nature de la Vie est de créer de la néguentropie donc de la différenciation et de l'émergence) et la foi religieuse en cette orgueilleuse conviction que l'homme est "au-dessus" de la Nature et ne doit ni s'y soumettre, ni y trouver sa juste place.

 

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Le but de la loi (qu'elle soit morale ou juridique) n'est pas de maintenir la "cohésion sociale", mais de garantir la paix pour chacun.

 

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La vraie liberté est dans la solitude.

 

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On est d'autant plus libre que la moyenne de toutes les distances (physiques, affectives, intellectuelles et spirituelles) entre soi et tous les autres s'agrandit.

 

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La liberté n'a de valeur que pour celui capable de l'utiliser à bon escient, de façon noble, au service de ce qui le dépasse infiniment.

 

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Le besoin de transgression est un esclavage.

 

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Qui a besoin de se convaincre qu'il est libre, ne l'est pas.

 

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Et toujours Nietzsche : "La liberté pour quoi faire ?"

 

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Plus il y a d'humains sur Terre, plus il rapetissent. Le nombre tue la grandeur.

 

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Le mythe du "grand homme" qui ferait l'histoire alors que l'histoire ferait les "petits hommes" …

Mythe hégélien …

Il n'y a pas de "grands hommes" isolés, providentiels, fait par l'histoire pour qu'ils la violent.

En fait, l'humanité n'est pas faite de "grands hommes" ni de petits hommes ; cette histoire est la lutte de deux processus internes à l'humanité, deux processus où les l'hommes qui leur appartiennent, s'engendrent successivement. Ces deux processus s'appellent, pour le physicien, l'entropie et la néguentropie, et, pour le philosophe, ils forment le courant du génie qui se manifeste au travers des rares "grands hommes", et le courant de la médiocrité qui vulgarise la masse des petits hommes.

Dialectique éternelle entre génie de l'élite et médiocrité des masses. Les masses haïssent les élites et les élites méprisent les masses. Est-ce aussi simple ? Non. Du moins tant que l'on confondra "élite" et "fortuné".

Le critère de l'élite (de l'aristocratie, vaudrait-il mieux dire au regard des étymologies) n'est pas la quantité du résultat, mais la qualité du parcours.

Il existe des êtres d'élite et des montagnes de vulgarité et de médiocrité sur chaque échelon de la fantasmagorique "échelle sociale" (qui n'existe que dans la tête pourrie des idéologues).

 

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Je ne regarde jamais les évaluations de mes prestations pour évider deux vils pièges : celui de l'orgueil si elles sont bonnes et celui du mépris si elles sont mauvaises.

 

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Le 08/10/2017

 

Après "The Disney Channel" et "The Nickelodeon Channel", aujourd'hui, les parents se débarrassent de leurs enfants, dès le plus bas âges, avec des tablettes ou des ordiphones. C'est encore pire !

 

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Ce qui est prédestiné, n'est pas inéluctable.

 

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Gagner du temps, oui, peut-être … mais pour quoi en faire ?

 

 

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Faire la fête … voilà bien quelque chose que je ne comprends pas du tout … et qui, pourtant, est un des puissants moteurs de vie des myriades de crétins qui m'entourent.

Faire la fête … c'est fuir le Réel dont on ne connait rien et que l'on ne veut pas connaître tant il n'est ouvert qu'à ceux qui ont appris à l'assumer et à l'aimer.

Faire la fête … c'est fuir sa propre réalité dans des rôles, des déguisements, des masques et des postures que d'autres, aussi pauvres saltimbanques que les autres, applaudissent comme on applaudit les grimaces d'un singe.

Faire la fête … c'est-à-dire fuir le Réel dans une artificialité médiocre et vulgaire, assaisonnée d'alcool, de bruit de sexe et de drogue …

De grâce, ne confondons plus jamais "faire la fête" et magnifier des célébrations ou des commémorations.

Martin Buber parlait, à juste titre des "célébrations hassidiques" ; de même, il m'est insupportable que l'on parle de "fêtes juives" pour désigner ces célébrations mystiques que sont Pessa'h, Shavouot, Soukot, et surtout, le Shabbat, ou ces commémorations cultuelles que sont Rosh-ha-Shanah, 'Hanoukah, Pourim, ou le Yom Kippour, et tant d'autres.

 

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Michel Onfray a tout-à-fait raison de résumer en sept point la philosophie du transcendantalisme américain du 19ème siècle (Emerson et Thoreau, essentiellement) :

  1. Dieu existe.
  2. La connaissance s'effectue par l'intuition.
  3. La vie se mène loin des foules.
  4. La confiance en soi est une vertu cardinale.
  5. Le jugement d'autrui compte pour rien.
  6. La contemplation de la Nature est pourvoyeuse de jouissance.
  7. Il faut se changer soi-même plutôt que vouloir changer l'ordre du monde.

Je reformule … en spinoziste, en panenthéiste …

  1. La réalité du Divin.
  2. L'intuition gnosique.
  3. L'aristocratisme misanthrope.
  4. La confiance au Divin, en soi et autour de soi.
  5. L'insignifiance et la médiocrité humaines.
  6. La joie mystique dans la Nature qui manifeste le Divin.
  7. L'assomption de l'ordre du Réel.

 

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Vouloir faire de sa vie, une célébration !

 

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D'Henry David Thoreau :

 

"Il est bien évident que beaucoup, parmi vous,

vivent des existences médiocres et basses."

 

Oh, combien !

 

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Michel Onfray en parlant de Henry David Thoreau :

 

"Il n'a aucunement le souci de faire le bien de l'humanité .La philanthropie le dégoûte. La charité entretient l'injustice. Faire l'aumône, c'est habituer les pauvres à l'assistance. On entretient ainsi un système que l'on devrait supprimer."

 

Je persiste et je signe !

 

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Le 10/10/2017 (Mort de Myriam, il y a 44 ans)

 

A propos des filières et problèmes de l'énergie nucléaire …

Il n'y a plus de filière nucléaire française : la filière gaz-graphite fourguée aux soviétiques par l'Etat français a implosé à Tchernobyl.  La plupart des centrales d'aujourd'hui sont des PWR sous licence Westinghouse (mais il y a aussi des BWR dont la gestion des déchets se posent dans les mêmes termes).

Dans tous les cas de figures,

  1. le problème posé par le nucléaire en général et par les déchets radioactifs plus particulièrement est le produit de trois grandeurs :  la quantité Q de radioactivité (le nombre de noyaux radioactifs) dans la masse M de matériaux considérée ; l'activité A de ces noyaux (le probabilité qu'il fissionnent dans le quart d'heure qui vient, par exemple). De là on conçoit un taux de rayonnement R potentiellement dangereux ; ce taux de rayonnement (qui propre à tout ce qui existe, vous et moi compris) et indique le taux de dangerosité qui est simplement : R=Q.A/M (le produit de l'activité nucléaire A et de la concentration nucléaire Q/M)
  2. Une centrale nucléaire transforme de la haute radioactivité (matériau radioactif de haute activité et de haute concentration appelé "combustible")  en basse radioactivité (des matériaux "contaminés" à basse radioactivité diluée) puisque c'est en diminuant artificiellement la radioactivité des combustibles, que la centrale extrait, produit et canalise de l'énergie pour la transformer en électricité. Donc, et cela est en général incompris, une centrale nucléaire DIMINUE le taux général de la radioactivité terrestre : elle ne produit aucune radioactivité mais elle en consomme (fission) et elle en transfère vers d'autres matériaux (contamination).
  3. Le problème ne vient pas de là, mais de la concentration A/M . Dans la Nature, cette concentration radioactive est très faible puisque les noyaux nucléaires actifs y sont très dispersés dans l'écorce terrestre. Pour en faire du combustible utilisable, les hommes ont concentré ces matériaux fissibles qui atteignent alors, des niveaux énormes de dangerosité.
  4. Dans la centrale, ce combustible fissionne sous le contrôle très précis et très fiable de flux de neutrons. Ces fissions induisent des radioactivités secondaires faibles mais réelles dans tous les matériaux environnants, par contamination.
  5. A la sortie d'un centrale, il y a donc des déchets à faible radioactivité (des matériaux secondaires, contaminés, essentiellement) et des déchets à forte radioactivité (les combustibles usés, en gros, qui, dans tous les cas ont une radioactivité bien plus faible que du combustible neuf - il existe une filière dite de surgénération  pour exploiter cette forte radioactivité résiduaires des combustibles usés).
  6. Le problème des déchets nucléaires se propose selon deux tactiques :
    1. La dispersion où l'on dilue ces déchets dans les sols ou dans les océans de façon à ce que le taux de présence dans l'environnement soit inférieur à ce qu'il était avant concentration pour fabriquer des combustibles;
    2. Le confinement où, au fil du temps, la radioactivité naturelle fait s'effondrer naturellement et rapidement, le taux de radioactivité du matériau considéré.
    3. Toute combinaison des deux tactiques précédentes est possible (et généralement effective).

 

Le seul combat à mener pour assurer la "transition énergétique", est de renforcer la filière nucléaire car les combustibles fossiles classiques (charbon, pétrole et gaz) sont de voie de rapide extinction et que les énergies "alternatives" sont des fumisteries thermodynamiques absurdes qui, même si tout allait au mieux, même si l'on faisait fi de toutes les imperfections techniques, ne pourraient au maximum couvrir que 20% des besoins actuels de la planète.

Le vrai problème est double ; la démographie qui doit rejoindre les 2 milliards d'humains en tout dans les deux siècles qui viennent, et la frugalité c'est-à-dire une consommation moyenne de ressources par habitant de la planète égale au quart de la consommation moyenne d'un européen d'aujourd'hui.

Je tiens à répéter que hors Tchernobyl (qui n'est pas une faute technologique, mais politique), il n'y a quasi pas eu de victimes de la radioactivité au sein de la filière nucléaire. On a fait un pataquès de Fukushima en oubliant que le centrale a parfaitement tenu le coup et que les victimes ont été celles d'un tsunami et non d'un accident nucléaire.

 

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On croit parfois que les lobbies financiaro-industriels défendent une vision du monde. Rien n'est plus faux ! Ces puissants lobbies se fichent du tiers comme du quart de la filière technique utilisée : leur seul souci est que l'on consomme encore, et toujours plus de tout ; leur seul ennemi est la FRUGALITE ! Il se fiche bien de tout le reste, et de l'avenir par priorité.

Il faut vendre toujours plus et il faut acheter toujours plus : la nature du produit ou du service concerné, et leurs effets néfastes sur la santé, sur l'environnement, sur l'avenir, sur le patrimoine génétique, sur le réchauffement climatique ou sur la biodiversité n'a strictement aucune importance ; seul le flux d'argent importe

 

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L'équation économique de base n'est plus, depuis longtemps, produire et consommer, mais bien : vendre et acheter.

Jusqu'il y a vingt ans, la logique était : produire pour vendre et acheter pour consommer.

Cette logique linéaire est aujourd'hui largement dépassée.

Les quatre pôles économiques sont déstructurés ; il n'y a plus, entre eux, la moindre logique de précédence.

 

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Le 12/10/2017

 

Interview pour BrefEco …

 

  • La jeunesse actuelle, de laquelle sortiront nos futurs dirigeants d’entreprise, est-elle vraiment attirée par des valeurs nouvelles (horizontalité contre hiérarchie, sensibilité à l’environnement, rapport vie privée/vie professionnelle différente, etc.), comme on l’entend souvent (génération x, y, z...) ?

 

Je me méfie des catégorisations comme Y ou Z ou autres car il s'agit toujours de gaussiennes variables tant dans l'espace et dans le temps, que dans la structure sociétale. Ce qui est certain, c'est que nos enfants et petits-enfants ne vivent pas et ne vivront pas comme leurs parents et leurs grands-parents qui avaient confiance dans les institutions de pouvoir (Etat, syndicats, partis, contrats d'emploi, retraite, sécurité sociale, …) qui, aujourd'hui, ont démontré deux choses : leur impuissance à régler les vrais problèmes (immigration, délinquance, islamisme, illettrisme, emploi, …) et  leur cynisme à ne chercher que le pouvoir pour le pouvoir. Ces nouvelles générations utiliseront le système, mais n'en participeront pas.

 

  • Qu’est-ce qui va devoir changer dans la logique capitaliste, dans les décennies à venir ? Pourquoi ?

 

Le capitalisme a vécu, depuis 1985, deux ruptures majeures : d'abord le divorce entre l'économie et la finance, ensuite le divorce entre la finance entrepreneuriale et la finance spéculative. Celle-ci est devenue monstrueuse par la conjugaison d'une cupidité sans borne et d'algorithmes de placement qui jouent à la nanoseconde près. Ce casino robotisé est démentiel et donne une importance considérable aux rumeurs, aux fausses nouvelles, aux effets d'annonce, aux mises en scène, … Les cotations boursières et les résultats réels des entreprises "vedettes" (le cas de cet imposteur d'Elon Musk est typique) ont divorcé. La finance entrepreneuriale quitte de plus en plus les casinos boursiers et prend la forme de clubs d'investissement privés ou de crowdfundings. Comme la plupart des Etats sont surendettés et en faillite, ils n'oseront pas légiférer contre leurs financeurs qui continueront de pourrir le libéralisme.

 

  • Pourquoi repenser la gouvernance de demain, dans les entreprises ? Comment devra être managée l’entreprise de demain ?

 

La finalité de l'entreprise a changé et, ipso facto, se transforment son éthique (ses règles comportementales sur le chemin de sa finalité) et sa gouvernance (les méthodes pour réaliser cette finalité). Pendant tout le vingtième siècle, une entreprise avait, pour finalité, de servir des rentes financières à ses actionnaires et, pour contrainte, de servir des rentes sécuritaires à ses salariés. Elles étaient coincées entre banques et syndicats, dans une économie de masse et de prix bas. Aujourd'hui, trois phénomènes détruisent ce modèle : la réelle valeur d'utilité remplace la prix bas et exige des entreprises des niveaux élevés de virtuosité (qui se raréfie du fait de la déroute de nos systèmes éducatifs ; ceci marque la fin programmée du salariat) ; la montée en importance stratégique des investissements immatériels rend les investissements matériels et donc la dépendance aux actionnaires, relativement secondaires (les effets de taille et les économies d'échelle jouent de moins en moins) ; la rapide complexification du monde socioéconomique rend les modèles organisationnels classiques mécaniques (la pyramide hiérarchique, les hiérarchies matricielles, les procédures, les normes, …) obsolètes (parce que trop lents et trop lourds) et impose des organisations réticulées et fractales, très organiques, très protéiformes dont le modèle pourrait être une forêt vivante.

 

  • Ethique + gouvernance : c’est jouable ou utopique ?

 

Comme dit ci-dessus : l'éthique est l'ensemble des règles de comportement, et la gouvernance est l'ensemble des méthodes de prise de décision, qui s'imposent afin d'accomplir le projet que l'on s'est fixé. C'est le projet sociétal ou entrepreneurial qui induit les règles de l'éthique et de la gouvernance, et non l'inverse. Comme cela a été largement démontré par la philosophie, il n'y a pas de "morale naturelle", il n'y a pas de "lois absolues". C'est le projet qu'il faut juger ou jauger, et non ce qui en découle. Les grosses entreprises classiques et les Etats actuels sont esclaves de projets pauvres, sur le court-terme, obsédés de quantitatif et de paraître ; leur éthique est donc hypocrite et leur gouvernance cynique. Il faut donc marginaliser ces entreprises (par le boycott de leurs produits) et ces Etats (par la non participation), et favoriser, par notre action quotidienne, des projets nouveaux mus par des finalités nobles, à plus long terme, plus qualitatives. Il faut choisir, aujourd'hui : devenir riche en argent ou devenir riche en joie.

 

  • Qu’est-ce qui guidera l’entreprise, demain ? Le profit maximum, toujours et encore ? Ou autre chose ?

 

Le profit financier est indispensable comme carburant de l'entreprise, pour alimenter les développements et les investissements, pour limiter la dépendance à la finance ou à l'Etat, pour attirer et mobiliser les talents, pour garantir une bonne visibilité et une bonne notoriété sur la seule place publique qui vaille : la Toile. Mais le profit est un moyen, non une fin ; un carburant, non un moteur. Le moteur de l'entreprise est son projet global, un projet suscitant passion et enthousiasme, inscrit dans la durée longue, basé sur les talents et non plus sur les obéissances, visant la pleine satisfaction des utilisateurs finaux et non les commissions éhontées des intermédiaires devenus inutiles.

 

  • Mondialisation et entreprise : quelle conséquence sociale et managériale ?

 

Il ne faut plus confondre "globalisation" et "mondialisation". La globalisation des problématiques (pollution, réchauffement climatique, pénurie des ressources, migrations, pandémies, épizooties, …) est un fait ; un fait planétaire qui doit être géré comme tel. En revanche, ce que l'on a appelé "mondialisation" n'est que l'américanisation du monde depuis 1945 c'est-à-dire l'uniformisation mondiale des méthodes économiques et managériales, et des modes de vie (confort matériel au détriment de tout le reste, obsession de l'argent, gabegie et obésité, fascination hollywoodienne, anti-écologie, socialité hypocrite, éducation plus sociale qu'intellectuelle, …).

Cette américanisation est un échec (heureusement) et est de plus en plus rejetée partout. Nous assistons à une continentalisation socioéconomique proche des prédictions de Samuel Huntington. L'avenir de l'Europe est en Europe ; il faut donc y éliminer les Etats nationaux des circuits décisionnels stratégiques, économiques, fiscaux, militaires, diplomatiques et sociaux, et les y préserver au niveau culturel.

 

  • Big data, Intelligence artificielle, blockchain, etc. : révolution internet et révolution économique, dans quel monde nos enfants vivront-ils ?

 

Dans un monde débarrassé, espérons-le, des mythologies technologiques. Ce ne sont pas les technologies qui construisent le monde ; les technologies ne sont que des amplificateurs de rendement au service du projet humain (encore faut-il qu'il y en ait un). Ce qui est clair, dès aujourd'hui, c'est que toutes les tâches relevant de logiques mécaniques ou algorithmiques seront assumées par des robots (dont la seule "intelligence" est d'obéir aveuglément à des algorithmes programmatiques conçus et implémentés par des humains). Le domaine de l'humain s'expulsera ou se libérera (comme on voudra) de toutes les tâches répétitives, inintelligentes, fastidieuses, dangereuses, éreintantes, etc … et se cantonnera dans les tâches nobles, créatrices, holistiques, esthétiques, spirituelles, eudémoniques, anagogiques, c'est-à-dire, pour quitter ce vocabulaire trop technique, que le souci numéro un de l'homme de demain sera sa joie de vivre au service de la Vie et de l'Esprit.

 

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Le 13/10/2017

Les "neurosciences" s'obstinent à vouloir réduire la pensée et la conscience à de la biochimie neurologique (ce qui est une démarche non pas scientifique, mais idéologique : matérialisme, athéisme, mécanicisme …) ; cela participe d'un réductionnisme archaïque que la physique théorique la plus fondamentale a définitivement battu en brèche. L'esprit humain ne se réduit pas au cerveau et le cerveau ne se réduit pas à une mécanique neuronale. L'esprit humain (sa mémoire, sa volonté, sa sensibilité, son intelligence et sa conscience) est coextensif au corps entier et ne se résume pas au cerveau qui n'en est qu'une des bases logistiques.

Plus généralement, la Matière n'est pas réductible à des "particules élémentaires", la Vie n'est pas réductible à des "molécules élémentaires", l'Esprit n'est pas réductible à des "neurocules élémentaires". A chaque fois, il y a saut d'émergence, saut néguentropique, saut téléologique.

 

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Lorient … An Oriant, en breton … L'Orient, donc.

Le mot "orient" est dérivé du participe présent du verbe latin Oriri qui signifie : "se lever". L'Orient, c'est le Levant donc, comme on sait.

Mais pourquoi la ville bretonne de Lorient (ville artificielle créée de toute pièce sous Colbert, en 1668, en face de Port-Louis, pour abriter la Compagnie des Indes Orientales) porte-t-elle ce nom alors qu'elle est, au contraire, l'une des villes les plus à l'ouest de tout le bloc eurasien ?

Bizarrerie de la toponymie …

 

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Le 14/10/2017

 

C'est clair et définitif : je ne suis ni un vacancier, ni un touriste.

Les vacances m'ennuient et le tourisme m'exaspère.

La Joie n'est jamais ailleurs !

Ni dans l'espace, ni dans le temps, ni dans l'activité.

 

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Principe premier : le Réel est un processus complexe.

 

Ici et maintenant, il y a …

Être, c'est être-là (Matérialité), c'est la substance (volumique).

Devenir, c'est faire (Vitalité), c'est l'activité (dynamique).

Penser, c'est ordonner (Spiritualité), c'est l'ordre (eidétique).

En aval, il y a … l'Intentionnalité qui est désir et volonté.

En amont, il y a … la Mémorialité qui est accumulation et inertie.

 

Ce qui relie l'amont et l'aval du processus se mesure par le temps.

 

La Matière est de l'activité et de l'ordre capturés par la Matérialité.

La Vie est de la substance et de l'ordre capturés par la Vitalité.

L'Esprit est de la substance et de l'activité capturées par la Spiritualité.

La Matière, la Vie et l'Esprit se construisent sur de la Mémorialité.

La Matière, la Vie et l'Esprit se construisent au service de l'Intentionnalité.

 

Ces cinq potentialités (matérialité, vitalité, spiritualité, intentionnalité et mémorialité) se combinent entre elles et, de ces combinaisons, émerge tout ce qui existe.

Chaque émergence se réalise soit sous forme dilutive (diffusion entropique), soit sous forme encapsulante (concrétion néguentropique selon la voie sphéroïdale ou selon la voie fractale), soit sous la forme d'une combinaison de ces possibles.

Les émergences répondent au besoin intrinsèque et fondateur de dissiper optimalement les tensions entre l'évolution globale et l'évolution locale.

 

Les structures sphéroïdales minimisent le rapport entre la "surface"" et le "volume" de l'objet. Les structures fractales maximisent ce rapport.

Ces notions de "surface" et de "volume" s'entendent dans le référentiel des états et pas seulement dans l'espace géométrique.

 

Par exemple : le cœur d'une galaxie est néguentropique sphéroïdal, son disque d'étoiles est néguentropique fractal et sa couronne rayonnante est entropique dilutive. De même : le noyau d'un atome est néguentropique sphéroïdal, son nuage d'électrons est néguentropique fractal et son champ électromagnétique est entropique dilutif.

Plus généralement, ces trois voies de dissipation tensorielle sont toujours présentes : le centre est plutôt néguentropique sphéroïdal pour satisfaire le pôle local, la périphérie est plutôt entropique dilutive pour satisfaire le pôle global, et l'interface entre eux est plutôt néguentropique fractal afin de les ajuster ; c'est dans cette interface que se crée de la complexité. Le "dosage" de ces trois zones varie d'un cas à l'autre.

 

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Un avorton, c'est un "néanmoins" …

 

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Le 16/10/2017

 

De Macaluso (in : "La La Land") :

 

"Se demander si on doit avoir peur de l’intelligence artificielle, c’est se demander si on doit avoir peur de l’eau... Nous avons besoin de l’eau, aussi bien chimiquement qu’esthétiquement, mais ses propriétés émergentes vont de la grêle au tsunami. L’intelligence artificielle aussi a des propriétés émergentes imprévisibles. Elle est conçue comme ça, pour surprendre 1 milliard de personnes, alors si elle s’emballe, bien sûr qu’il y aura des morts. Oui, je me méfie de l’eau qui dort, donc je me méfie de l’intelligence qui dort ; celui qui me dit qu’il peut contrôler l’eau partout dans le monde, qu’il soit professeur ou PDG, je hoche la tête, mais je ne lui confie ni mes enfants, ni mes économies. Pourtant, sans être cynique, nous devons continuer à investir massivement dans l’IA, c’est la machine à vapeur du XXIe siècle … Tant qu’on reste maître de la vapeur."

 

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Michel Onfray parle de : "(…) la tyrannie des journalistes (…)".

Mais c'est bien pire …

Tyrannie de l'information, de la "transparence", du sensationnel, du glauque, de la rumeur …

Tyrannie médiatique, donc numérique …

 

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Le mauvais capitalisme commence lorsque le seul étalon de richesse envisagé, est l'argent ; lorsqu'on confond valeur et prix.

 

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De Michel Onfray parlant de la manière de vivre préconisée par Henry David Thoreau :

 

"Cette communauté permettrait la pratique des vertus prônées par le philosophe : simplicité, austérité, rusticité, fonctionnalité, vérité, authenticité, frugalité, sobriété, sincérité, félicité, liberté, bonheur, quiétude, bien-être."

 

Je ne dis rien d'autre depuis longtemps …

 

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De Michel Onfray, encore :

 

"(…) le violent n'hésitera pas à abattre le non-violent."

 

Et :

 

"(…) le pouvoir n'existe que par le consentement de ceux sur lesquels il s'exerce, il suffit de ne plus consentir pour obtenir que le pouvoir s'effondre."

 

Etienne de la Boétie disait cela, déjà, vers 1550 …

 

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Quelques citations de Henry David Thoreau :

 

"Le meilleur des gouvernement est celui qui gouverne le moins. (…) Le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout."

 

"On ne peut pas attendre d'un homme qu'il accomplisse tout, mais qu'il fasse quelque chose."

 

"Être philosophe, ce n'est pas seulement avoir des pensées philosophiques, ce n'est pas même fonder une école, c'est aimer assez la sagesse pour vivre selon ses arrêts, une vie de simplicité, d'indépendance, de générosité et de confiance."

 

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Le 17/10/2017

 

Joli thème philosophique que : " ne rien lâcher et lâcher prise ".

La solution est simple : ne rien lâcher de l'intériorité et lâcher prise sur l'extériorité.

Les taoïste parlent de wu-weï … c'est le non-agir qui est exactement la réponse à la question.

Être l'eau qui coule parce qu'elle doit couler et laisser la pierre là où elle est et doit être, la contourner sans s'en préoccuper.

Faire couler l'eau et ne jamais combattre la pierre. L'eau est toujours plus puissante que la pierre. Mais ne jamais nier la pierre. Elle est là parce qu'elle doit être là. L'eau prend force et remous et vigueur et turbulence et écume par son heurt avec la pierre. La pierre empêche l'eau dormante.

 

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La méditation, le jeûne, l'abstinence de tout sont des retraits de la Vie. Le Salut est l'assomption joyeuse de la Vie.

Le sens et la valeur de l'existence humaine sont l'assomption et l'accomplissement de la Vie en soi et autour de soi.

 

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Seuls les esclaves ont besoin d'un maître (ou, bien pire, d'un psy qui est un faux maître qui joue à l'esclave, et un vrai  esclave qui aime jouer au maître, et qui, dans tous les cas, est un ignare nocif).

Le seul Maître qui soit, est tout au fond de soi.

Si tu ne le trouves pas, tant pis pour toi : crève … ou alors va dépenser ton fric chez un psy qui est pire que toi.

La voie est aristocratique … et ne connait pas la pitié (cfr. Nietzsche) !

 

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Le 19/10/2017

 

L'anecdote est le degré zéro de la Mémoire (signe de Terre et de Corps).

L'émotion est le degré zéro de la Sensibilité (signe d'Eau et de Cœur).

La croyance est le degré zéro de l'Intelligence (signe de Feu et d'Esprit).

Le caprice est le degré zéro de la Volonté (signe d'Air et d'Âme).

L'instinct est le degré zéro de la Conscience (signe du Tout du monde et de soi).

 

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Le 23/10/2017

 

La "déferlante" liée à cette crapule de Weinstein adresse, au philosophe que j'essaie d'être, la double question difficile :

 

  • Où est la frontière entre séduction et harcèlement ?
  • Où est la frontière entre séduction et provocation ?

 

La relation de séduction reste indispensable comme ferment de la belle relation amoureuse … mais lorsque le mot "amour" n'est plus qu'un alibi pour la bestialité, la perversité ou la dépravation, ce n'est pas l'amour qu'il faut condamner, mais bien les pervers dépravés.

De plus, la perversité, sous ses mille et une facettes, n'est pas le monopole de la gent masculine même si tant de mâles, encore enlisés dans les boues du patriarcat, la pratiquent avec assiduité et complaisance.

Espérons que tout ce brassage immonde aboutisse à autre chose qu'à quelques coups de pub, à quelques grivoiseries cyniques, à quelques scoops médiatiques ou à quelques procès en dommages et intérêts dont les avocats américains sont virtuoses …

J'espère franchement que tout cela sera bénéfique pour la cause de la Femme … et aidera, par exemple, les femmes musulmanes à se libérer du joug ancestral de la domination du mâle.

 

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De Natacha Polony :

 

" Les pudibonds qui pensent régler le problème en séparant hommes et femmes, parce que les uns seraient des porcs incapables de se maîtriser et les autres des proies potentielles, nous préparent un monde à la fois sordide et dangereux."

 

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Le 24/10/2017

 

La France est le dernier pays communiste (même la Chine pratique le libéralisme économique).

L'Etat français est sur la voie du totalitarisme …

Lorsqu'un peuple choisit la sécurité plutôt que la liberté, il accepte de devenir esclave !

 

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Le 25/10/2017

 

Il faut vivre "au service de" (c'est l'intention …) et non "dans le but de" (c'est l'objectif …).

 

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De cette crapule de Mirabeau qui institue le totalitarisme :

 

"Il n'est aucun acte législatif qu'une nation ne puisse révoquer ; qu'elle ne peut changer quand il lui plaît, ses lois, sa constitution, son organisation et son mécanisme …"

 

Et comme l'idée de "nation" est une pure fiction qui cache seulement l'Etat, et comme l'Etat est une pure machinerie fonctionnaire et bureaucratique dans les mains d'une caste de démagogues obsédés par le pouvoir, portés par des minorités activistes …

 

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Le 27/10/2017

 

D'Antoine de Saint-Exupéry :

 

"Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer."

 

"Être un homme, c'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde."

 

" Le véritable voyage, ce n'est pas de parcourir le désert ou de franchir de grandes distances sous-marines, c'est de parvenir en un point exceptionnel où la saveur de l'instant baigne tous les contours de la vie intérieure."

 

" Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands."

 

" Si tu veux comprendre le bonheur, il faut l'entendre comme récompense et non comme but."

 

Il faut relire Saint-Ex. Trop oublié ! Relire "Citadelle", surtout.

 

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Viser un but, c'est se fixer quelque chose comme objectif concret à atteindre.

Affirmer une intention, c'est vivre au service de quelque chose de supérieur.

 

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De Yuval Noah Harari :

 

"Tout le contrat [de la Modernité] peut se résumer en une seule phrase :

les hommes acceptent d'abandonner le sens en échange du pouvoir."

 

L'existence ne prend sens qu'au service de ce qui la dépasse et qui, de ce fait, limite la propension à la toute-puissance (au pouvoir de libérer tout ses caprices et de se mettre au seul service de soi-même).

La notion de service induit une tension entre ce qui je deviens, d'une part, et ce qui me dépasse et que j'ai choisi librement comme voie de dépassement de moi, d'autre part ; en revanche, l'égotisme n'induit aucune tension autre que celle du caprice hédoniste qui ouvre grand les portes de l'esclavage aux plaisirs sans fond.

 

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Toute la Modernité a été le fruit d'une dialectique entre progrès technologique et progrès économique. Ces "progrès" aboutissent à deux impasses majeures : la croissance économique mène à la mort planétaire et la croissance technologique engendre le vide existentiel.

 

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Progrès humain et croissance quantitative sont devenus synonymiques. C'est tragique.

 

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La parabole du gâteau et des convives …

 

Soit un certain gâteau et un nombre donné de convives.

Comment répartir ? Chacun la même part (égalitarisme) ? Ou on permet la concurrence, avec (étatisme) ou sans (anarchisme) règles du jeu ?

Comme l'humanité est constituée d'une majorité de crétins et d'une minorité de malins, ceux-ci réussiront, toujours, à leurrer les crétins et à leur piquer une part de leur part. Donc : ni égalité totale, ni liberté totale …

Mais qui va fixer les règles de concurrence et comment (démocratisme ou autoritarisme, avec leurs si nombreuses variantes et combinaisons) ?

 

Supposons maintenant que de nouveaux convives arrivent ; que faire ?

Soit, primo, on vire les nouveaux venus (protectionnisme, eugénisme, natalisme).

Soit, secundo, chacun offre une part de sa part, la même pour tous (égalitarisme) ou de chacun selon ses avoirs (fiscalisme) ou de chacun selon sa générosité ou sa pitié (volontarisme).

Soit, tertio, les plus malins s'entendent entre eux (conservatisme) pour ne rien donner et pour laisser les crétins (qui ne sont pas nécessairement les plus pauvres, loin de là) faire œuvre - ou pas - d'assistanat (socialisme).

Soit, quarto, on cherche à produire plus de gâteau (productivisme) en dopant les ressources (financiarisme), les outils (technologisme) ou le travail (esclavagisme) … mais alors qui aura droit à une plus grosse part ?

 

Oui, mais voilà : le nombre de nouveaux convives ne cesse de croître à vive allure et, faute de farine, de sucre, d'œufs, de main-d'œuvre qualifiée et d'outils nouveaux, il est devenu impossible de faire grossir le gâteau assez vite (et, de surcroît, il devient de moins en moins nourrissant et de plus en plus infect).

 

Toute l'économie humaine mondiale n'est rien d'autre que le jeu entre toutes ces idéologies, toutes aussi impuissantes, les unes que les autres, à résoudre une équation impossible : celle d'une croissance infinie dans un monde fini.

Le gâteau ne pourra plus grossir (fin rapide de la croissance économique) et il y a beaucoup trop de convives (indispensable décroissance démographique).

Tout le reste est bavardages ou artifices, leurres ou mensonges.

 

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Pour développer la sensibilité, il faut combattre les émotions.

 

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L'expression "la volonté du peuple" est une absurdité sournoise. Le peuple n'a pas de volonté ; il n'a que des pulsions.

 

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Interrogé par Haaretz (quotidien israélien) sur les monstrueuses manipulations génétiques qu'il fait afin de décupler le pis des vaches laitières (qui deviennent incapables de marcher) ou la production de chair de poulets (qui ne tiennent plus debout), le "professeur" suédois Leif Andersson répond :

 

"Tout dépend du consommateur et du prix qu'il est prêt à payer pour la viande (…). Nous devons nous souvenir qu'il serait impossible de faire face aux niveaux actuels de consommation mondiale de viande sans le poulet moderne amélioré. (…) Si les clients nous demandent la viande la moins chère possible, voilà ce qu'ils auront (…). Aux clients de décider ce qui compte le plus pour eux : le prix ou autre chose."

 

Le raisonnement cynique, par sa monstruosité même, est inattaquable. L'offre suit la demande. Si la demande est absurde ou ignoble, l'offre sera absurde et ignoble.

 

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La révolution humaniste, déclencheur et fil rouge de la Modernité, est le résultat d'une inversion, radicale et perverse, de la logique métaphysique. Cette monstrueuse entourloupe a sournoisement réussi à mettre la partie au-dessus du Tout et à suggérer, à cette partie, que c'est elle qui donne sens et valeur au Tout.

L'homme est devenu juge, maître, mentor, disciple, guide et prince de l'homme lui-même.

L'homme se donne du sens à lui-même et au monde.

L'homme et le monde tombent au service de l'homme lui-même.

Un pas de plus a été franchi en assurant que le monde sans l'homme n'a ni sens ni valeur et que, donc, c'est l'homme, et lui seul, qui donne sens et valeur à tout le reste.

Un autre pas, plus récent, consiste à réduire le sens du mot "homme" et à ne plus le comprendre dans le sens "humanité", mais bien dans le sens "individu".

Ce n'est plus l'humanité globale qui est centre, sommet et but du Tout, mais bien l'individu, le "je", le "moi", l'ego.

 

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Résistance active …

Le pot de terre contre le pot de fer. Un héros mort est un idiot.

Résistance passive …

Non pas faire contre, mais ne rien faire pour. Vaincre par l'usure.

 

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Le 29/10/2017

 

Tout ce qui existe, hommes compris, ne prend sens et valeur qu'au service de ce qui le dépasse infiniment.

 

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La liberté commence avec la libération de soi, hors des caprices et des émotions.

La liberté, c'est choisir le Principe au service duquel on consacre son existence.

 

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Le caprice est le degré zéro de la Volonté.

L'instinct est le degré zéro de la Mémoire.

L'émotion est le degré zéro de la Sensibilité.

Le simplisme est le degré zéro de l'Intelligence.

L'ego est le degré zéro de la Conscience.

 

Le monde actuel est coincé au niveau zéro de l'Esprit.

Il y a là cinq échelles qu'il faut apprendre à monter ; partir de la médiocrité primaire et atteindre le cosmique ultime.

 

Atteindre …

La Volupté du corps et de la sensibilité.

L'Allégresse du cœur et de la conscience.

La Joie de l'esprit et de l'intelligence.

La Béatitude de l'âme et de la volonté.

Le Contentement de la paix avec soi.

Et, par synthèse de ces cinq extases, atteindre la Félicité de l'homme.

 

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L'équation centrale de la modernité est : le Tout est l'exacte somme de ses parties[2].

Dès lors, en connaissant le détail de chaque parties, on croit connaître le Tout qui, ainsi, est réduit à ses parties : c'est le réductionnisme.

Cette équation est radicalement fausse dans son principe même : la mécanicité et l'analycité sont deux propriétés contradictoires avec l'organicité et l'holisticité du Réel. Le rapport entre le Tout et ses parties n'est jamais de sommation, mais toujours d'intrication, de démultiplication, d'émergence, de fusion, etc …

Le Réel n'est pas un assemblage, mais bien un processus.

 

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L'humanisme est une religion qui connaît quatre églises et de très nombreuses chapelles plus ou moins mixtes ou œcuméniques : d'une part, l'humanisme "spatialiste"  se divise en humanisme personnaliste qui croit en l'individu (le libéralisme qui marginalise - ou nie ou détruit - la société extérieure), l'humanisme sociétaliste qui croit en l'humanité (le socialisme qui marginalise - ou nie ou détruit - la personne intérieure) ; d'autre part, l'humanisme historiciste oppose  l'humanisme décadentiste qui croit au déclin (le conservatisme qui cultiver la nostalgie d'un âge d'or révolu) et l'humanisme évolutionniste qui croit au progrès (le surhumanisme qui nie l'achèvement humain et l'unité de l'humanité) …

 

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Un semblant de démocratie ne pourrait parfois fonctionner qu'au sein d'une collectivité fondée sur une forte croyance aux mêmes mythes religieux ou idéologiques. L'opinion d'un autre, sur un thème essentiel (la vie, la mort, l'amour, la guerre, la solidarité, l'éducation, …) ne peut avoir de poids que si elle est construite sur les mêmes principes fondateurs (ne serait-ce que de croire en la démocratie ou à la valeur égale d'une autre opinion).

Lorsqu'il n'y a ni mythes, ni principes fondateurs, il ne peut y avoir l'ombre d'une démocratie viable … et la porte est grand ouverte à toutes les démagogismes ou à tous les totalitarismes.

 

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L'universalisme est une foutaise : le plus petit commun dénominateur réel et concret entre tous les hommes, s'il existe, est si petit qu'il est insignifiant.

 

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Le peuple va là où les démagogues le poussent.

 

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En Art, comme ailleurs, ce qui a le plus de valeur est ce qu'il y a de plus difficile.

La facilité ou son summum : la médiocrité, n'ont aucune valeur.

Entre les hommes, il en va de même : celui qui réussit des œuvres très difficiles est largement supérieur à celui qui ne vit que de facilité et de médiocrité.

 

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La guerre des religions modernes a commencé en 1870 et continue encore aujourd'hui.

Le 20ème siècle a été l'effroyable champ de bataille entre les diverses sectes humanistes (libéralisme : l'idéal est personnel, socialisme : l'idéal est collectif, progressisme : l'idéal est futur, et conservatisme : l'idéal est passé).

Comme tous les idéalismes, l'humanisme tend à devenir totalitaire, donc violent et sanglant.

 

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L'humanisme est l'idéalisme moderne qui, en Europe, a supplanté les idéalismes religieux antérieurs.

Si l'on veut, une fois pour toutes, sortir des guerres de religions ou d'idéologies, il faut abolir, une fois pour toutes, toutes les formes d'idéalisme et accepter et assumer le Réel, tel qu'il et va (avec ses élans humanitaires et spirituels), et ce, dans la Joie.

Aujourd'hui, nous assistons avec horreur à l'affrontement de deux formes divergentes de ces mêmes idéalismes : l'idéalisme humaniste (personnaliste et progressiste) d'un côté et l'idéalisme islamiste (sociétaliste et décadentiste) de l'autre côté.

Ce que chacun reproche à l'autre, de son propre point de vue, est parfaitement exact puisque c'est les natures même de leurs idéaux qui sont incompatibles.

Mais ils sont tous deux dans l'erreur la plus noire : l'un saccage la Nature et l'autre saccage l'Humanité.

 

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Le vieux libéralisme bourgeois commença de s'effriter à partir de 1914 et le socialisme (mélange astucieux d'idéalisme humaniste et de messianisme chrétien) monta en puissance partout dans le monde, surtout après 1945 et jusqu'en 1975. Après 1975, le libéralisme se requinqua progressivement jusqu'à laminer le socialisme un peu partout jusqu'à l'éradiquer souvent aujourd'hui.

Aujourd'hui, le libéralisme est justement triomphant mais il est rongé de deux cancers : le financiarisme (qui tue l'économie réelle et entrepreneuriale) et le non-écologisme (qui tue la Terre et la Vie).

Cet écologisme indispensable qui se place face à l'industrialisme et au financiarisme (tout deux capitalistes, mais non libéraux puisqu'ils sont imposés par les Etats et les lobbies), devra être le tremplin qui permettra de sortir de l'humanisme (et de tous les idéalismes) et de fonder un nouveau spiritualisme. De là, pourrait sortir une planche de salut : le libéralisme écologiste ou l'écologisme libéral.

 

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Les logiciels algorithmiques supplanteront l'humain dans la plupart des activités programmatiques. C'est un fait ! Cela n'implique aucune dominance de l'ordinateur sur l'homme, cela implique seulement sa supériorité dans toutes les tâches où la puissance de calcul l'emporte sur la créativité et l'intelligence.

 

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Si, tel que scandé : "L'islam est la réponse", alors la première question est : "Quelle réponse faut-il jeter aux chiottes ?".

 

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De Yuval Noah Harari :

 

"(…) l'histoire (…) est souvent façonnée par des petits groupes de visionnaires tournés vers l'avenir plutôt que par les masses tournées vers le passé."

 

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La démocratie est le fruit direct du mécanicisme social (la société est la somme statistique exacte des individus qui la composent et qui, chacun, pèsent un poids statistique identique) et de l'humanisme libéral (l'homme définit seul et librement le sens et la valeur de … l'homme qui n'est au service que de lui-même).

 

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La question de la liberté est un vrai faux problème. Savoir si "je" suis libre, présuppose un "je" qui, en réalité, n'existe pas. La vraie question, face au piège du déterminisme mécanique ou statistique, est celle de la créativité.

Y a-t-il, ou pas, des processus d'émergence inédite au sein du flux des continuités ?

La réponse est définitivement positive.

La question n'est pas : suis-je libre ? mais bien : suis-je le siège de processus créatifs ?

Face aux déterminismes, ce n'est pas la liberté qui se dresse, mais la créativité.

 

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Le cerveau n'est pas l'esprit ; il en est un des supports logistiques importants. Donc, lorsque le neuroscientisme prétend contrôler l'esprit par des électrodes dans le cerveau, il ne fait que perturber la logistique de l'esprit ce qui a, certes, des conséquences sur le fonctionnement de l'esprit, mais sans plus. L'esprit trouve très vite des parades pour se passer des fonctions logistiques sous contrôle extérieur et créer d'autres circuits.

 

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Toute immolation est vaine !

 

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Le 30/10/2017

 

La démocratie, c'est la libre concurrence et la loi du marché, de l'offre et de la demande, appliquées au champ politique.

Le démocratisme, c'est le libéralisme politique. Le libéralisme, c'est le démocratisme économique.

Et démocratisme et libéralisme sont deux application du darwinisme.

Alexis de Tocqueville l'avait parfaitement compris.

Jean-Jacques Rousseau et Bernard Mandeville : même combat.

 

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Dans le monde extrêmement numérisé, robotisé et algorithmisé, qui est déjà presque là, la grande majorité des humains ne seront plus utiles au système global. Celui-ci n'aura plus besoin que de quelques millions de virtuoses dans chaque domaine. De plus, comme il y a très largement surpopulation, que celle-ci induit un saccage permanent des ressources devenant rares, et qu'elle réduit donc d'autant la probabilité de survie de l'humanité utile sur le long terme, que croyez-vous donc qui se passera ?

Tout le système "moderne" a été construit sur l'idée centrale humaniste que chaque être humain est unique, rare et précieux.

Ce postulat est aujourd'hui … faux !

 

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Tout ce qui est affaire de "force" et de "précision" physiques, ou/et de "savoir" analytique et mnésique, sera pris en charge par des systèmes numériques ; il ne restera à l'homme que le domaine des "connaissances" holistiques et des "virtuosités" non programmatiques ou créatives.

 

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De mon ami Philippe de Saint-Cast :

 

" La joie et l’envie peuvent transformer le monde,

la peur et le pessimisme nous paralysent quelle que soit la situation …"

 

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Le 31/10/2017

 

La grande et monstrueuse erreur qui est en cours, consiste à réduire un organisme vivant à une série d'algorithmes biologiques que des algorithmes numériques pourront bientôt simuler.

C'est le dernier avatar de la réduction du biologique au mécanique.

A ce titre, Yuval Noah Harari écrit :

 

"Ce sont les sciences de la vie qui ont conclu que les organismes étaient des algorithmes. Si tel n'est pas le cas, si le fonctionnement des organismes est intrinsèquement différent de celui des algorithmes, les ordinateurs peuvent bien opérer des prodiges dans d'autres domaines, ils ne pourront jamais nous comprendre et diriger notre vie - et ils seront sans doute incapables de fusionner avec nous."

 

Mais tout n'est pas si simple … La Vie biologique et la Pensée noétique sont des émergences successives de la physico-chimie ; elles lui sont irréductibles, mais … elles gardent en elle une part de mécanique et d'algorithmique : la part la moins complexe et la plus basale, mais qui, néanmoins, lui est indispensable.

Le mécanique et le numérique peuvent renforcer, réparer, amplifier cette part ; ils peuvent aussi s'y substituer et prendre certaines de ces fonctions en charge automatiquement (c'est ce qu'on déclenché les révolutions industrielles et numériques).

Si l'on réduit l'humain à ses seules fonctions mécaniques et algorithmiques, alors les technologies sont un réel danger pour lui puisque celles-ci simuleront et assumeront ces fonctions avec plus de puissance, de précision, de vitesse et de fiabilité.

 

La vrai danger est que l'humain soit tellement fasciné et hypnotisé par ses propres technologies qu'il en vienne, par paresse ou facilité ou bêtise ou manque de talent, à se réduire lui-même à ses propres fonctions mécaniques et algorithmiques et, ainsi, à s'inféoder totalement aux systèmes artificiels.

 

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L'humanisme est devenu une impasse. Ses postulats s'effondrent les un après les autres.

Comme toujours, au fond d'une impasse, trois scénarii sont possibles.

Le retour en arrière vers les idéalismes puérils d'avant la religion humaniste.

L'amplification du mal dans l'espoir de défoncer le mur : c'est le transhumanisme des GAFA ou le post-humanisme de Peter Sloterdijk.

Le dépassement et le saut au-dessus du mur que l'on peut appeler le méta-humanisme.

 

Ce méta-humanisme implique trois conséquences majeures :

  • primo, la scission de l'humanité en deux castes distinctes :
    • l'une phagocytée par les technologies et limitée à une existence mécanico-algorithmique (ce qui n'exclut pas une vie "heureuse"),
    • l'autre dominant ces technologies pour les domestiquer et les cantonner aux fonctions basales ;
  • secundo, le développement, dans la première caste, d'une "élite" plutôt transhumaniste qui maîtrisera la création des nouvelles technologies (mécaniques et algorithmiques) et qui s'octroiera des privilèges énormes à la condition de fabriquer du "bonheur" virtuel pour le reste de la première caste ;
  • tertio, le développement, par la seconde caste, des fonctions non mécaniques et non algorithmiques avec, par exemple, la prééminence du spirituel sur le matériel, de l'intériorité sur l'extériorité, du naturel sur l'artificiel, de la sacralité sur la profanité, et du Divin sur l'humain.

 

Il ne sera évidemment plus question de démocratie. Surtout pas dans la première caste (de loin la plus nombreuses avec 85% de la population mondiale) puisque les algorithmes sauront, à la fois, ce que chacun désire et préfère recevoir, et ce que chacun veut et peut donner.

Somme toute, il y aura, d'un côté, le peuple et sa caste princière, voués au "bonheur" artificiel et, de l'autre côté, une caste sacerdotale vouée à la sacralité.

Rien de bien nouveau sous le soleil … D'un côté les douze tribus profanes et leur Roi, et de l'autre la tribu sacerdotale et ses Prophètes …

 

Mais ce schéma théorique va très vite se heurter à un autre mur : celui de la pénurie des ressources face à l'exubérante croissance démographique …

Ce second mur condamnera la première caste à disparaître, étouffée dans un fatras colossal de technologies devenues inutilisables, faute de combustibles.

 

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La boue n'éclabousse que ceux qui marchent dedans.

 

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[1] La méthodologie dite anagogique, exposée ici, relève de la physique des processus complexes. Voir mes quatre ouvrages qui lui sont consacrés : "Un univers complexe" (Oxus - 2011), "Ni hasard, ni nécessité" (Oxus - 2013), "Le paradigme des processus complexes" (Chapitre - 2016) et "Un autre regard sur la physique" (Hachette/Book Elis - 2017). Cette méthodologie est applicable à tout processus complexe. Voir par exemple mes deux livres de synthèse : "Prospective 2015-2025" (Dangles - 2013) et "Les autres dimensions de l'Esprit" (Oxus - 2018), et leurs déclinaisons dans la collection "Prospective - Vivre demain" chez Dangles ou sur le thème des réseaux chez Oxus.

[2] Un des premiers, dès 1895, Gustave Le Bon avait clairement montré qu'une foule, par exemple, n'est pas la somme des individus qui la composent.