Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" Mars 2017

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/03/2017

Besoin de parler, de bavarder, de partager, de communiquer, d'être connecté, de débattre, d'échanger, de converser, … Tout en un seul mot : besoin de combler son propre immense vide intérieur ! Et pour combler ce vide intérieur, on fait appel à l'extérieur et on vole le temps et l'énergie des autres qui ont autre chose à faire.

Tout, alors, devient une question soit de pouvoir (le maître dispose à l'envi du temps et de l'énergie mentale de l'esclave), soit de violence (l'exigence imparable du temporairement plus puissant d'autre l'autre est supposé dépendre).

Un seul courriel suffit à transmettre d'un seul coup, en moins d'une page, toutes les informations vraiment utiles, sans gaspillage ni de temps, ni d'énergie mentale - qui sont nos biens les plus rares et les plus précieux. Oui mais voilà : que faire alors de cet immense reste de temps vide ? L'inutile est l'antidote à l'ennui. Car on s'ennuie tellement moins - mais bien mieux - à deux que tout seul. Lorsque deux vides se rencontrent, déjà, on commence à se remplir réciproquement d'un rien. Car au royaume du vide, un rien, ce n'est pas rien. Au moins, parler pour ne rien dire, ça meuble les temps morts et ça donne l'impression d'exister puisqu'un autre s'ennuie à écouter les résonances de notre vide sonorisé.

Et l'on argumente sans fin : plus de lien(s), plus de convivialité, plus de rapports humains, le retour essentiel du visage et de la voix et du sourire … L'homme, animal social … Le besoin de l'autre … Que de litanies ! Rousseau n'est pas encore mort ? Tuons-le vite, définitivement !

La solidarité humaine … Impossible d'être heureux alors que d'autres sont malheureux … Indispensable solidarité entre les frères humains ! Charité, amour du prochain, commisération, compassion … Les mots ne manquent pas ! Les mensonges non plus. Hors vingt ou trente personnes qui me sont chères, les plus de sept milliards d'humains qui saccagent et pillent la Terre, non seulement m'indiffèrent, mais me dégoûtent, me répugnent, me révulsent.

Qu'ils crèvent ! Et le plus vite sera le mieux.

 

Misanthropie ? Oui, bien sûr ! Conséquence inéluctable d'un brin de lucidité.

L'homme est un parasite, un cancer, un animal prédateur et nuisible.

Oui, bien sûr ! Il y a eu Héraclite, Chrysippe, Bach, Nietzsche, Modigliani et Einstein … Mais pour un  seul Einstein, combien de dizaines de milliards de crapules, de barbares, de sadiques, de voyous infects, cumulés depuis plus de cent mille ans d'homo demens ?

 

Mais le boboïsme socialo-gauchiste veille … surtout en ville où l'anonymat est la règle et le quant-à-soi la doctrine. Il faut renouer les liens sociaux. Il faut se "retrouver" entre humains. Il faut façonner un nouveau "vivre-ensemble" mi familial, mi tribal, mi communautaire. Idéologie et dictature du "ensemble" contre le "seul". Car il est interdit, de plus en plus, d'aimer la solitude, le silence, l'intériorité. Le solitaire n'est pas solidaire. Le solitaire est asocial, donc forcément suspect quant à sa santé mentale, quant à sa fiabilité idéologique, quant à sa conformité politique.

Car celui-là qui est solitaire, autonome, autarcique, satisfait de et dans sa propre intériorité inviolée et impartagée, est subversivement dangereux. Il n'a besoin  de personne, donc il n'a pas besoin du système, de ce système qui permet à tous les parasites et à tous les démagogues de se goinfrer sur le dos des gogos, camés et zombifiés par leur phraséologie liberticide.

 

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Rien n'est dû. Tout se mérite.

 

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Lorsqu'un système approche d'une bifurcation, il perd très logiquement beaucoup de sa résilience : la "logique d'avant" étant usée ou inadéquate, elle ne parvient plus à restaurer rapidement et efficacement l'homéostasie globale. Alors, de faibles perturbations suffisent, par "effet papillon", à perturber profondément le système.

 

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De Cynthia Fleury (une obscure philosophe gauchiste chroniqueuse à "L'Huma") :

 

"C'est parce que la politique ne fait plus de politique qu'elle déçoit les citoyens."

 

Non, Madame ! La politique doit être de l'intendance discrète et rien d'autre. Il faudrait ne jamais en entendre parler. Comme les pompiers. Comme la Croix-Rouge. La paix intérieure et extérieure, et la logistique de tous les réseaux collectifs utiles. Et surtout, rien d'autre.

La politique, c'est un minimum de lois, un minimum d'argent, un minimum de fonctionnaires et un minimum de bruit. Juste de l'intendance logistique de base.  Juste des "dames caca sociétales".

Il ne s'agit pas d'inventer, de préparer ou d'imposer une "société idéale" que personne ne veut ; il s'agit de faire tourner le boutique banale du quotidien de chacun qui fera sa vie comme il l'entend. Il faut éradiquer toutes les formes d'idéologie.

Tant aux USA qu'en UE, la tendance de fond évolue vers un rejet de la démocratie démagogique (pléonasme) surtout par ceux nés après 1990 (et plus aux USA qu'en UE).

Il faut que cesse ces discours politicien : la politique, c'est de l'intendance minimale.

 

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De Nassim Nicholas Taleb :

 

"Plus on vous présente des données (data) et plus vous devriez vous montrer suspicieux et vigilant intellectuellement.

 

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De Thomas Coville (nouveau recordman du tour du monde à la voile) :

 

"Quand une nation donne plus la parole aux sportifs qu'aux philosophes, c'est qu'elle est en danger."

 

Et quand elle donne surtout la parole à des saltimbanques, alors la fin est proche.

Ces saltimbanques de la chanson, du cinéma, de la télévision, de l'idéologie, des gazettes ou revues, des salons parisiens, … tous ces pitres pitoyables qu'il faudrait faire taire, une bonne fois pour toute.

Qu'ils se taisent, enfin !

 

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Dans le fond, les trois assassins de l'humanité sont l'ennui, l'effervescence et l'absurdité. Notre époque connaît un paroxysme des trois.

 

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D'après Ariel Ezrachi, et Maurice Stucke, la Toile paralyse la "main invisible" et impose une tricherie généralisée à l'encontre des lois du marchés (qui n'ont jamais été que des idéalisations simplistes). Quoi d'étonnant ? La Toile impose un faux collectif massif (piloté et contrôlé par une minorité très concentrée) contre la décision individuelle qui était le moteur central du libéralisme d'Adam Smith. La dictature du conformisme statistique s'impose. La soi-disant "préférence" des autres s'impose à  votre propre préférence …

 

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Le 02/03/2017

 

L'idée de Dieu vu comme principe d'autorité s'oppose à l'idée de Dieu vu comme principe de cohérence.

Comme principe d'autorité, Dieu est créateur (auteur) du monde et législateur. Face au monde

Comme principe de cohérence, Dieu est moteur (instigateur) dans le monde et ensemenceur pour le monde.

 

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Dès lors que l'essence d'une chose est la logique interne qui régit l'accomplissement de cette chose, il devient évident que l'essence de toute chose est de nature spirituelle puisqu'une "logique" n'a rien de matériel.

L'essence d'une chose est son "âme" au sens étymologique. L'évolution du Réel devient alors un immense dialogue entre l'Âme cosmique globale et des myriades d'âmes singulières, particulières et locales, entre les logiques d'accomplissement du Tout et de ses parties.

 

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Paradoxe de nos temps déboussolés …

Pour avancer, il faut prendre du recul !

En clair : c'est en reculant qu'on avance le mieux …

 

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Le 03/03/2017

 

La méditation bouddhique vise le repos du mental et la vacuité de l'âme afin d'évacuer tout ce qui pourrait être ou devenir des germes de souffrances.

Soit ! Mais il y a là comme une confusion entre repos et paix.

Le repos de l'esprit est une chose. La paix de l'esprit en est un autre.

L'effervescence mentale, l'ébullition psychique, le jaillissement d'idées ne sont aucunement synonymes de souffrances, de conflits, de heurts, de tensions …

Bien au contraire : une activité intellectuelle intense n'est certes pas du repos, mais peut-être une grande source de joie et de paix intérieures.

Le problème de la souffrance intérieure n'est en rien liée à l'activité intérieure elle-même, mais bien aux conflits entre les cinq dimensions de cette activité : ce que je suis, ce que je veux, ce que je pense, ce que je ressens, et ce dont je suis conscient.

Endormir ces cinq dimensions ou fonctions, m'élimine par les conflits entre elles, mais les anesthésie. Voilà le mot lâché … La méditation bouddhique est une anesthésie mentale, une autohypnose psychique qui fait oublier les douleurs mais n'en élimine pas la cause.

 

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Le début ontologique de la "Théogonie" d' Hésiode :

 

" Au commencement exista le Chaos, puis la Terre à la large

poitrine, demeure toujours sûre de tous les immortels qui

habitent le faîte de l’Olympe neigeux ; ensuite le sombre

Tartare, placé sous les abîmes de la Terre immense ; enfin

l’Amour, le plus beau des dieux, l’Amour, qui amollit les

âmes, et, s’emparant du cœur de toutes les divinités et de tous

les hommes, triomphe de leur sage volonté."

 

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Le 04/03/2017

 

Les enquêtes récentes sur l'usage de l'ordiphone démontrent un clivage net entre ceux qui, comme moi, ne l'utilisent pas ou peu et le plus souvent dans la fonction purement téléphonique (appels ou sms), et ceux qui sont accros et qui n'utilisent, principalement, que les fonctions ludiques (réseaux sociaux, photos, jeux, vidéo, musique, presse, …). La grande majorité de "applis" imposées ou proposées ne sont jamais utilisées.

Tout cela confirme clairement ce qui a déjà été noté : les "innovations" californiennes n'ont aucune valeur d'utilité réelle.

 

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Pendant quatre siècles, jusqu'en 1870, c'est-à-dire jusqu'avant le début de son déclin, la Modernité est l'ère des Rois et des Royaumes (France, Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Suède, Danemark, Norvège, Espagne, Portugal, Italie, Monténégro, Grèce, Pologne, Prusse, Albanie, Roumanie, Bulgarie …), des Empereurs et des Empires (Allemagne, Austro-Hongrie, Russie, France, …).

L'idée de République naît en 1870 … et n'a pas eu tant de succès que cela car sur l'ensemble des pays qui étaient des Royaumes en 1870, la plupart le sont restés - sauf ceux tombés sous la coupe du communisme qui imposa son empire et qui, à sa chute, pour des raisons qui me sont mystérieuses, n'ont pas restauré les dynasties antérieures (Grèce, Roumanie, Bulgarie, Monténégro, …).

Quoiqu'il en soit, l'idée républicaine est parallèle et concomitante à la dégénérescence de la Modernité ; pour le dire autrement, le monarchisme (ou, ce qui revient au même, l'étatisme centralisateur et pyramidal) est l'idée axiale de la Modernité ; que la monarchie soit royale ou présidentielle, importe peu.

La république présidentielle française est très certainement beaucoup plus monarchique que les royaumes de Belgique ou des Pays-Bas.

En nos temps de fin de l'ère moderne, c'est la monarchie sous toutes ses formes, impériales, royales ou républicaines, qu'il faut combattre et mettre à bas, c'est l'étatisme qu'il faut détruire, c'est le jacobinisme qu'il faut tuer.

 

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Le 05/03/2017

 

Être de gauche, c'est croire que la Culture humaine puisse être ou devenir plus puissance que la Nature cosmique. C'est être atteint de délire d'orgueil et de cécité congénitale. Et, de plus, appeler ça "progrès" et agiter le drapeau du "progressisme", c'est de la schizophrénie.

Être de gauche, c'est ne pas vouloir "voir" que l'égalitarisme est contre-nature, que l'homosexualité est contre-nature, que la confusion entre hommes et femmes est contre-nature, que le centralisme est contre-nature, que le socialisme et le communisme sont contre-nature, etc.

La gauche est cette absurdité qui veut "émanciper" ou "libérer" l'homme de la Nature ; c'est refuser de "voir" que l'homme est dans la Nature et que la Nature est dans l'homme ; c'est refuser de comprendre que l'homme et ses "cultures" sont de purs produits de la Nature et qu'ils obéissent à ses lois ; c'est refuser de comprendre que la désobéissance à ces lois naturelles est punie de mort, tôt ou tard.

La Nature est patiente, mais elle n'oublie rien !

 

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Les Etats-Unis font tout pour détruire l'idée, l'union et la monnaie européennes … parce qu'ils en ont une peur bleue. La puissance européenne, dans tous les domaines et dans toutes les dimensions, est bien plus importante que la déliquescente puissance américaine.

Oui, mais voilà : les Européens sont beaucoup trop faiblement européens ; ils restent assis sur leurs minuscules querelles obsolètes de clochers nationalistes ; ils manquent cruellement de cohésion et de cohérence … et les Américains en profitent impunément !

 

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D'Elisabeth Lévy, en parlant d'Emmanuel Macron :

 

"Désolée, mais 'une cuillère pour Jeanne d'Arc, une cuillère pour Steve Jobs', cela ne fait pas une vision pour la France. "

 

Et d'ajouter sur le cas Fillon :

 

"Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, faits que pour ma part, je trouve assez véniels (…), l'alliance contre lui de juges qui se pensent investis d'une mission de purification et de journalistes qui jouent les arbitres des élégances morales me semble bien plus grave et menaçante pour nos libertés. Des documents confidentiels qui arrivent opportunément au Canard, une instruction menée à charge et au pas de charge, et dont des morceaux choisis s'étalent dans un quotidien proche du pouvoir, (…)."

 

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Elisabeth Lévy avance un concept qui fait mouche : celui de "Parti des Médias".

Ce parti bien réel et, sinon puissant, du moins omniprésent, repose sur quelques piliers : la parisianisme, le boboïsme, le socialo-gauchisme, la bien-pensance, le droit-de-l'hommisme, etc.

Ce qui est rassurant, c'est que plus personne ne s'intéresse à cette presse et qu'elle ne subsiste qu'à grands coups de subventions d'Etat.

Il est grand temps de fermer tous ces robinets. L'information brute existe ailleurs et la désinformation systématique des médias, écrits et audio-visuels, est obsolète.

 

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Une professionnelle de l'accompagnement "social" des femmes en difficulté, me racontait, avant-hier, un cas ahurissant.

Une jeune femme de moins de trente ans, ne se sent bien dans sa vie qu'enceinte. Et à moins de trente ans, donc, elle a déjà pondu douze enfants, tous nés sous X et abandonnés illico à la DASS.

Les sacro-saints "droits-de-l'homme" interdisent de stériliser cette conne sous prétexte que ce serait une atteinte à sa dignité humaine … mais gâcher la vie de douze moutards qui n'ont rien demandé à personne, ça ce n'est aucunement une atteinte aux "droits-de-l'homme". Et le treizième est en route …

Treize à la douzaine, comme les huitres … et il n'y a aucune raison que ça s'arrête.

Révoltant !

 

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Les trois maladies de la France : bien trop peu d'européanisme, beaucoup trop d'étatisme, beaucoup trop de salafisme.

 

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Wikipedia propose ceci :

 

"Le multiculturalisme est un terme sujet à diverses interprétations. Il peut simplement désigner la coexistence de différentes cultures (ethniques, religieuses, etc.) au sein d'un même ensemble (pays, par exemple). Il peut aussi désigner différentes politiques volontaristes :

  • antidiscriminatoires, visant à assurer un statut social égal aux membres des diverses cultures ;
  • communautaires, permettant l'existence de statuts (légaux, administratifs…) spécifiques aux membres de telle ou telle communauté culturelle ;
  • identitaires, visant à favoriser l'expression des particularités des diverses cultures.

Multiculturalisme s’oppose à interculturalisme. Dans une société interculturelle, les immigrés ou leurs descendants participent à l’ensemble des activités de la société d’accueil. Une intégration culturelle réussie nécessiterait l’abandon d’une partie de la culture d’origine qui ne serait pas compatible avec les valeurs de la société d’accueil."

 

Le problème est ainsi bien exposé … sur quatre pieds.

Egalitarisme. Communautarisme. Particularisme. Intégrationnisme.

Mais est-il bien posé ? Et au bon niveau ? La réaction à l'immigration lointaine, qu'elle soit exceptionnelle ou massive, doit-elle être une question locale (actuelle), régionale (historique), nationale (culturelle) ou continentale (paradigmatique) ?

Le problème de l'immigration proche ne se pose que très peu (cultures et paradigmes semblables), et celui de l'immigration lointaine (au sens pas seulement géographique, mais aussi culturel, religieux, moral, …) se pose de façons extrêmement différentes selon que la culture immigrante est statistiquement pacifiante (les juifs, les chinois, les indiens, …), ou parasitante (les africains, …), ou agressante (les musulmans, les roms, …), voire conquérante (les salafistes, …).

On comprend vite que selon le type d'immigration lointaine auquel on a affaire, la réaction devra être radicalement différente.

Avec une culture immigrante pacifiante, le communautarisme est bienvenu. Alors que l'intégrationnisme doit être imposé fermement aux cultures immigrante agressante ou conquérante (application stricte du principe d'Ambroise de Milan : "À Rome, fais comme les Romains"). Le particularisme pourra répondre aux cultures immigrantes parasitantes, pourvu qu'elles restent pacifiques. En revanche, on comprend que ces différenciations majeures interdisent tout égalitarisme : par exemple, la réaction face à un immigré salafiste ne pourra, ni ne devra jamais être la même que face à un immigré vietnamien ou hollandais.

Mais dans tous les cas de figure, il faut laisser le temps au temps et, surtout, ne pas se précipiter à vouloir donner trop vite, sans probation solide, les nationalités, les droits, les aides, etc … Tout cela doit se mériter (et tant pis pour les sordides calculs électoraux de la gauche).

 

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De René Char :

 

"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.

A te regarder, ils s'habitueront."

 

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Le 06/03/2017

 

D'Abraham Lincoln devant le Congrès Américain en 1860 :

 

"Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne. Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur. Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l’initiative et l’indépendance. Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu’ils pourraient et devraient faire eux-mêmes."

 

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La pauvreté relative d'un ménage est bien sûr liée à son niveau de revenu. Mais on oublie trop souvent de voir que cette pauvreté relative est aussi liée à la manière plus ou moins idiote de dépenser son argent.

Et là, un cercle vicieux s'installe car ce sont les moins malins qui gagnent le moins et qui dépensent le plus idiotement.

 

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La morale n'est que l'expression des valeurs collectives, donc de l'idéologie ambiante, alors que l'éthique exprime les valeurs personnelles de chacun face à la vie réelle.

Le problème est que la grande majorité des gens n'a aucune éthique et n'a que peu le souci d'être morale.

 

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Le 07/03/2017

 

De Christoph Blocher (Confédération Helvétique) :

 

"Nous voulons que chaque citoyen porte une responsabilité politique et refusons que quelques rares fonctionnaires politiques ou diplomates décident du sort de la grande majorité des citoyens. La foi dans la toute-puissance de l’État a malheureusement une longue tradition et continue à marquer de son sceau la pensée de politiciens européens, chez les socialistes de tous les partis. C’est pourquoi nous souhaitons ne pas nous intégrer à l’UE et à ses instances, quelles que soient les sympathies que nous puissions avoir pour ces pays et les habitants de ce continent. L’idée d’une UE organisée de manière centralisée et bureaucratique "du haut vers le bas" plaît aux socialistes et socio-démocrates. Le mot magique dangereux est en l’occurrence “l’harmonisation”. Les socialistes souhaitent que la politique et l’administration décident de tout à un niveau le plus élevé possible et qu’ils décident par conséquent partout de la même façon. Ils souhaitent adhérer au plus vite à l’UE. Nous souhaitons en revanche que les décisions soient prises à un niveau le plus bas possible. C’est pourquoi nous nous battons pour une Suisse qui reste fidèle à elle-même et à ses valeurs que sont la liberté, l’indépendance, la démocratie directe et le fédéralisme."

 

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La spiritualité me semble être le terme le plus adéquat et le plus générique pour englober et spécifier toutes les démarches qui visent à hisser l'humain vers l'Esprit (que celui-ci soit pensé comme immanent ou transcendant, naturaliste ou surnaturaliste, moniste ou théiste, etc …)

Cette notion d'Esprit va beaucoup plus loin que celle, plus habituelle en occident, de Dieu. Le Dieu des religions du Livre n'est qu'une des très nombreuses conceptions et représentations de l'Esprit.

L'Esprit (spiritus) est le Souffle qui anime la totalité de tout ce qui existe.

Il est le principe de cohérence qui rassemble le tout en un Tout organique ; il est le moteur de l'évolution globale du Réel, le Logos qui ouvre toutes les trajectoires de vie au sein de la Vie.

L'Esprit peut aussi être appelé l'Âme cosmique ou la Vie cosmique ; il est le Kosmos (au sens grec), c'est-à-dire l'Ordre qui rend le Réel possible, tel qu'il est et tel qu'il va.

La spiritualité enveloppe donc toutes les démarches métaphysiques, philosophiques, religieuses, théologiques, mystiques, initiatiques, ascétiques, psychédéliques, … qui visent à élever le niveau de conscience du pratiquant et à le faire accéder à une connaissance globale et gnosique de l'Esprit.

La spiritualité est un cheminement dont toutes les "réponses" ne sont jamais que temporaires, provisoires, hypothétiques, évolutives.

La spiritualité est ainsi radicalement incompatible avec la notion de dogme, quel qu'il soit car le dogme ferme le chemin alors que la spiritualité l'ouvre sans cesse.

 

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De Dorian Astor (préface au "Dictionnaire Nietzsche" chez Bouquins) :

 

"Nietzsche se méfie des mots. Il les prend avec des pincettes, non seulement pour les ausculter, mais surtout pour ne pas s'y salir les mains. Les mots sont impropres. Ils collent, parce que le langage est une vaste toile d'araignée destinée à prendre le monde dans ses fils. Ils sentent la poussière, parce qu'ils sont chargés d'antiques conventions et de mensonges ancestraux. Ils sont souillés par trop de mains, qui les laissent circuler comme des pièces à l'effigie effacée et propices à tous les faux-monnayages, faute de jamais en soupeser à nouveau le métal. Les mots ne désignent jamais les choses, mais nos relations aux choses, nos tentatives de saisir des choses insaisissables."

 

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Le problème de Nietzsche, face à un concept ou une idée, n'est pas sa vérité ou sa fausseté, mais bien  de savoir : "jusqu'à quel point il favorise la Vie".

 

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Tout langage est un réseau.

 

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Il n'y a pas de vérité. Il n'y a que des erreurs parfois moins erronées que les autres.

 

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De Dorian Astor, aussi :

 

"(…) Hegel, le plus grand penseur des devenirs en lutte (…)"

 

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Il faut que le corps soit rassasié - mais juste assez - pour qu'il fiche enfin la paix au cœur, à l'esprit et à l'âme.

 

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Notre époque marque le sommet absolu du nihilisme : tout est in-différent non par indifférence - quoique parfois - mais par indifférenciation.

Rien n'a d'importance et tout est équivalent.

Règne de l'uniformisation entropique. Mort de tout par dilution, par égalisation, par arasement. La Vie qui vit, est tout le contraire de tout cela !

Tout doit devenir l'égal de tout alors que rien n'est l'égal de rien.

 

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L'idéaliste dit : Non ! au Réel … et, avec nihilisme, s'enlise dans ses phantasmes, illusions et mensonges.

Le sage dit : Oui ! au Réel … et se met à le découvrir, pas à pas.

Tout est dit.

 

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L'innocence victimaire n'existe pas plus que la culpabilité ontique.

 

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La souffrance n'est en rien salvatrice. Elle est juste une merde.

Le sacrifice de soi ou de l'autre ne purifie rien. Il est juste un gâchis.

Il n'y a rien à rédimer.

 

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Le 08/03/2017

 

Voter à droite signifie que l'on est égoïste.

Voter à gauche signifie que l'on est jaloux.

 

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La science ne peut être crédible que par validation expérimentale. Sinon, elle n'est que conjecture. C'est dire que les "sciences" dites humaines n'en sont pas et que le sciences dites "dures" le sont peu puisqu'un laboratoire n'est jamais le Réel et crée artificiellement les conditions qui favorisent le "bon" résultat.

 

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L'art, en tant que démarche esthétique (en grec, aïsthêsis signifie "sensibilité"), est la voie du développement de la sensibilité c'est-à-dire de la capacité de s'ouvrir au monde et d'entrer en résonance intuitive et kinésique avec lui. Il permet, en somme, de cultiver sa capacité d'émerveillement.

C'est d'ailleurs cela la Beauté : ce qui émerveille !

En rompant avec le Beau, l'art contemporain, non seulement est devenu laid, mais, plus dramatiquement, est devenu incapable de vivre ou de susciter le moindre émerveillement.

 

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Pascal disait : "La vraie éloquence se moque de l'éloquence" (j'ai d'ailleurs gagné mon premier concours d'éloquence sur ce thème en 1969). Cette Pensée de Pascal peut s'appliquer à beaucoup d'autres domaines que la seule éloquence : la science, la philosophie, l'éthique, le management, l'art, etc …

La technique pallie le génie seulement lorsque le génie est absent.

 

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De 09/03/2017

 

De Fédor Dostoïevski :

 

"L'homme est un mystère. Si, pour l'élucider, on y passe notre vie entière, nous n'avons pas perdu notre temps".

 

 

Que dire alors du temps que je passe, depuis un demi siècle, à vouloir élucider le mystère du Réel dont l'homme n'est qu'une infime et insignifiante partie.

 

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Les savoirs répondent à toutes les questions : qui, quoi, comment, où, quand, … ?

A toutes, sauf aux deux dernières, symétriques : pourquoi (cause) et pour quoi (finalité) ? Ces deux dernières questions mènent à la connaissance et, plus loin, à la Gnose, au-delà de tous les savoirs.

Les sciences fabriquent les savoirs.

La métaphysique cosmologique et les mystiques qui la sous-tendent, forment le champ de la seule vraie connaissance.

Bien des penseurs de notre temps ignore cette distinction essentielle entre "savoir" et "connaissance".

Pour le dire autrement, le savoir décrit la chose ou le phénomène ou l'objet ou l'événement, tant dans sa forme et sa structure, que dans son contexte et ses relations.

La connaissance, elle, s'intéresse à l'essence de la chose, c'est-à-dire à la logique qui régit d'accomplissement de cette chose, c'est-à-dire, encore, à ce qui lui donne sens (sa raison d'exister, d'advenir et de devenir) et valeur (la pertinence et la cohérence relatives de sa raison d'exister).

 

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Lorsque les savoirs ignorent la Connaissance, ils ne sont plus que les jouets de techniques aveugles.

 

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C'est la fine cohérence du Tout qui, seule, valide la véracité des postulats (des "visions" quasi mystiques) enclos dans le noyau de la Connaissance de ce Tout.

 

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Dans son dernier livre paru hier, mon ami Edgar Morin écrit :

 

"Nous sentons bien que le plus précieux du réel est le plus fragile - la beauté, la bonté, l'amour."

 

Non, Edgar, ton sentimentalisme te perd. Le plus précieux  du Réel n'est certainement pas à chercher dans tes trop humains anthropomorphismes. Aux regards du Tout-Un, la beauté, la bonté et l'amour ne signifient rien ; ce sont des phantasmes d'homme que tu mets là en exergue et tu aurais pu leur ajouter tes autres mots fétiches - la justice, la solidarité, l'égalité …

Non, Edgar, ce qu'il a de plus précieux dans le Réel, c'est ce qui fait le Réel, avec ou sans l'homme qui en émane et qui y vit - salement -: la Vie et l'Esprit, la Dynamis et le Logos.

 

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On n'est pas pauvre parce qu'on gagne peu, mais bien parce qu'on dépense trop !

 

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Le 10/03/2017

 

La spiritualité est l'art de poser les questions.

La religion est l'art d'imposer des réponses.

 

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Tous les vents sont favorables à qui va n'importe où.

 

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Le 11/03/2017

 

La gravitation, c'est le frein inertiel qui s'oppose à l'expansion de l'univers.

La gravitation n'est pas une force d'attraction, c'est une force de résistance. Et cette résistance, bien logiquement, est proportionnelle à la masse inertielle des corps.

 

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Tous les dualismes se construisent à partir de l'idée, simple mais fausse (voire infantile), de l'existence de deux mondes parallèles : le monde de la Perfection et le monde de la Vie ; et, bien sûr, d'un pont entre eux (sinon cette idée, pour nous qui sommes plongés dans le monde le Vie, n'aurait aucun intérêt salvifique ou sotériologique). Le monisme, quant à lui, récuse purement et simplement, mais radicalement, l'existence de ce monde de la Perfection pour ne garder que le monde de la Vie, c'est-à-dire le Réel dont "l'imperfection" (disons mieux : l'inaccomplissement perpétuel) est l'indispensable cause de toute évolution, c'est-à-dire de la Vie cosmique elle-même.

 

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De Nietzsche :

 

"Tout ce qui est né, mérite de mourir."

 

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La "brique élémentaire" de l'univers est la galaxie dont le cœur est le grand réacteur où toute l'alchimie des concrétions se déroule. C'est la galaxie qui engendre la matière, et non l'inverse.

La matière est un déchet galactique.

 

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Le "fond" de l'univers (la hylé comme l'appelait les penseurs grecs) est activité pure : une activité dont l'énergie est la mesure, mais non la substance.

 

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Tout est le produit de l'Activité cosmique dont le déchet est la matière.

Le vivant est le produit de la Vie.

Le pensant est le produit de l'Esprit.

 

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L'univers est composé surtout de vide.

Symétriquement, l'humanité est composée surtout de racaille.

 

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Edgar Morin se trompe lorsqu'il affirme que c'est la lutte contre la mort qui est le moteur de la vie. Prétendre que la naissance est la réponse à la mort, c'est mettre la charrue devant les bœufs … et ne fait que traduire le refus d'Edgar d'envisager l'intention cosmique de la complexification, son opposition à Teilhard de Chardin, son obstination à rejeter toute spiritualisation du Réel.

La Vie ne "lutte" pas "contre" la mort ; la mort est une composante de la Vie, au même titre que l'usure est une composante de la machine.

 

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Le service public ? Un prétexte pour créer des emplois fictifs !

 

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Le 12/03/2017

 

Sauf pour causes de troubles de santé, le fonctionnement du corps est quasi inconscient. Cela signifie que, la conscience étant le lieu de confrontation entre le dedans et le dehors, le corps, lorsqu'il fonctionne bien, n'est considéré ni comme dedans, ni comme dehors. Le paradoxe est intéressant … Le corps sain n'est pas un objet de confrontation, ni intérieur, ni extérieur.

 

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Beaucoup d'animaux savent "d'instinct" quelles plantes sont vénéneuses ou guérisseuses. Quand on sait combien la notion d'instinct est vide, il y a là un immense mystère qui ne peut se résoudre sans l'hypothèse de la mémoire phylétique, c'est-à-dire sans celle de l'accumulation du temps.

 

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Edgar Morin, dans "Connaissance Ignorance mystère", note ceci :

 

"Tout ce qui est activité vivante (…) comporte une dimension cognitive."

 

Allons Edgar, encore un effort … Tout ce qui est, est activité et comporte une dimension spirituelle.

 

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Tout ce qui existe, vit dans une dialectique entre individuation (par émergences néguentropiques) et intégration (par échanges entropiques).

 

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Tout a un sens.

Tout ce qui existe, a une bonne raison d'exister.

Tout ce qui émerge, a une bonne raison d'émerger.

Au commencement, était le Désir.

Au commencement, était l'Intention.

La néguentropie croissante dans les infimes zones actives et complexifiantes de l'univers (les noyaux galactiques et atomiques), engendre de l'entropie croissante dans les immenses zones inactives et vides (les vides intergalactiques et interatomiques).

Il n'y aurait aucune raison de complexification universelle s'il n'y avait pas une tension universelle entre ce qui est déjà advenu et ce qui pourrait advenir.

L'Intention cosmique est de satisfaire le Désir cosmique d'accomplir tout l'accomplissable.

 

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Tant que l'on prétendra que les systèmes complexes sont des assemblages, on ne comprendra rien à la notion et aux processus d'émergence.

Une émergence, c'est la fusion de formes antérieures (et de niveau inférieur de complexité) en une forme nouvelle (et de niveau supérieur) qui ne contient aucune des entités antérieures.

Tout ce qui entre dans un processus d'émergence, y perd son identité, sa forme, sa discernabilité.

Lorsque, pour une raison quelconque, le forme émergeante, de niveau supérieur, se désagrège, cette désagrégation produit des entités de niveau inférieur qui, souvent, ressemblent aux formes antérieures ; mais ces entités, résultant de la désagrégation, ne sont pas celles qui avaient fusionné au cours de l'émergence.

 

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Pour que se constitue un égrégore[1] humain (une communauté soudée, cohérente, solidaire, faisant bloc ou "corps"), il faut enclencher un processus d'émergence par ce que l'on peut nommer une "initiation". Il n'y a pas d'appartenance réelle à une communauté authentique, sans initiation.

De nos jours, il n'y a presque plus d'initiations ; les rites de passage ont presque tous disparu ; il n'y a plus que des individus et des assemblages mécaniques d'individus (des sociétés qui ne sont pas des communautés).

 

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"Si, génétiquement, la ressemblance entre 2 hommes ou 2 femmes est de 99,9 %, elle n'est que de 98,5 % entre un homme et une femme, comme entre un humain et un chimpanzé de même sexe !"

Exit, donc, la pseudo "théorie" du genre : ce qui est naturellement différent doit être culturellement différent, sauf anomalie résiduelle.

Exit, aussi, l'absurde principe de l'égalité entre hommes et femmes : ce qui est différent ne saurait être égal, par pure logique mathématique.

Différencialisme contre égalitarisme.

 

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De Ludwig von Mises :

 

"Le marxisme et le national-socialisme ont en commun leur opposition au libéralisme et le rejet de l'ordre social et du régime capitaliste.

Les deux visent un régime socialiste."

 

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Affirmer qu'il y a une logique à l'œuvre dans l'univers, c'est affirmer qu'il y a une volonté de logique dans l'univers. Pour-quoi, sinon, y aurait-il une logique ?

Le Logos est fils d'Eros.

 

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Mon cher Edgar, encore, écrit ceci :

 

"Il est peu plausible de réduire tant d'inventions créatrices à de simples mutations génétiques dues au hasard, encore que le hasard puisse y intervenir. (…) Il y a, je crois, une potentialité créatrice dormante à l'intérieur du vivant qui s'éveille à un défi, un désir, une aspiration."

 

Nous y voilà. Et il n'y a pas que le vivant qui soit créatif ; les réacteurs galactiques, les associations moléculaires d'atomes, les cristaux le sont autant.

Tout, à tous les niveaux, est créatif et, donc, "s'éveille à un défi, un désir, une aspiration."

Il y a donc, partout, un Désir cosmique qui tend à créer du complexe, à accomplir l'accomplissable. Cela, Edgar, s'appelle "l'Intention" … ou le "Désir" pour user d'un mot qui te plaît mieux mais qui est métaphysiquement équivalent.

 

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Pourquoi donc l'homme veut-il toujours, par la porte ou par la fenêtre, s'octroyer un statut spécial et singulier dans l'ordre du Réel ?

Les spécificités de l'homme ne sont pas plus singulières que celle du chêne ou de la mésange ou du hanneton … L'homme est différent, mais n'est en rien supérieur. Et les techniques qu'il a développées ne lui donnent aucun ascendant sur toutes les autres espèces ; au contraire, ces techniques reflètent bien plutôt une grave maladie mentale faite de mégalomanie, d'infantilisme et d'irresponsabilité.

 

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La mort ne fait problème … que pour l'homme. Et c'est bien là son problème.

Tout ce qui existe naît, croît, culmine, décline et meurt.

Où donc est le problème ? Surtout que le mythe ridicule d'une absurde immortalité est une impasse absolue qui enlèverait tout sens et toute valeur à l'existence.

 

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Le 13/03/2017

 

Le rapport entre l'Esprit et les neurones encéphaliques est de même nature que celui entre la Vie et les molécules biochimiques. L'Esprit est une émergence de la Vie, comme la Vie est une émergence de la Matière, comme la Matière est une émergence de l'Activité cosmique (qui est l'unique substance immatérielle du Tout). Mais il y a irréductibilité absolue de chacun aux autres.

 

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L'Esprit est, à la fois, sensibilité, mémoire, intelligence, volonté et conscience. L'Esprit n'est pas une émergence du seul cerveau ; il émerge du corps entier. C'est le corps entier qui ressent, qui mémorise, qui pense, qui désire et qui confronte ces diverses dimensions pour les harmoniser.

 

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Edgar Morin a raison d'insister sur la relation intime - mais non réductible - entre cerveau et Esprit car il faut éviter, à la fois, le piège neuroscientiste qui veut réduire l'Esprit au cerveau (comme Dennett ou Changeux), et le piège spiritiste qui veut exclure la biologie de l'Esprit (comme Descartes).

 

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De Nicolas Machiavel dans ‘ Le Prince” :

 

"Il n’est rien de plus difficile à prendre en main, de plus périlleux à diriger, ou de plus aléatoire, que de s’engager dans la mise en place d’un nouvel ordre des choses, car l’innovation a pour ennemis tous ceux qui ont prospéré dans les

conditions passées et a pour tièdes défenseurs tous ceux qui peuvent prospérer

dans le nouvel ordre des choses."

 

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Toujours la même erreur au fondement de la "science" économique qui postule que la concurrence est parfaite et que les acteurs sont impeccablement informés et rationnels. Aucun de ces trois postulats essentiels n'est vrai.

Même erreur fondamentale à la racine de tout ce que l'on appelle, malencontreusement, les "sciences" humaines.

Une fois pour toutes : il n'y a pas de "sciences" humaines parce qu'il n'existe pas de "science" rationnelle de l'irrationalité !

L'humain - à quelques exceptions près - est bête, inculte, ignare, orgueilleux, barbare, fourbe, vaniteux, méchant, mauvais, fou … et, à partir de tels ingrédients, il est impossible de faire une "science" - même statistique car c'est toujours le "cygne noir", donc l'absurde, qui l'emporte.

 

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D'où vient cette inadmissible prétention de l'Etat de se sentir investi du devoir de protéger l'individu contre lui-même ? Chacun possède l'imprescriptible droit de se détruire soi-même. Chacun possède l'imprescriptible droit de mourir de son crétinisme (ce serait même plutôt un devoir civique).

 

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Si la globalisation des problématiques (surpopulation, pollutions, pandémies, migrations, épizooties, dérèglement climatique, pénurie des ressources naturelles, …) est, aujourd'hui, une irréversible réalité, la mondialisation des pratiques (qui ne fut, en fait, qu'une tentative d'américanisation du monde) est un mouvement moribond qui a échoué. La réalité humaine de demain passera par une continentalisation, donnant raison à Samuel Huntington.

 

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Le mythe : le progrès médical va (est en train de) reculer les désastres du vieillissement physique et l'âge de la mort.

La lucidité : la bonne santé mentale et l'espérance de vie diminuent dans tous les pays développés.

 

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Quelqu'un qui se dit tout le temps débordé (burned-out) est soit trop faible, soit trop incompétent, soit trop désorganisé.

Le problème n'est pas "d'avoir le temps" ; le problème est de "prendre le temps" à bon escient, pour la production optimale de la meilleure valeur d'utilité.

 

*

 

Le mythe le plus persistant, mais le plus dramatiquement démenti et faux, de la phraséologie socialo-gauchiste est celui de "la communauté de destin de tous les humains sur Terre".

Cette "communauté" n'existe tout simplement pas.

Dès qu'est dépassé le seuil fatidique des deux milliards, chaque nouvel humain qui s'ajoute, nuit à tous les autres.

 

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La plus grande catastrophe philosophique est celle de l'humanisme. Dès que l'homme se définit lui-même comme la mesure de toute chose, dès que ce nombrilisme narcissique triomphe, dès que l'homme oublie qu'il est au service de ce qui le dépasse infiniment (la Vie), la folie et la démesure deviennent la norme.

Le monde d'aujourd'hui en est la preuve !

 

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Le lien entre thermodynamique et économie a fait l'objet de recherches utiles notamment, dès les années 1930, par Nicholas Georgescu-Roegen.

Le principe en est simple :

  1. la valeur théorique d'utilité d'un produit est proportionnelle à la néguentropie qu'il contient
  2. plus il faut engendrer de la néguentropie, plus il faut consommer des ressources (c'est-à-dire de l'énergie sous diverses formes),
  3. les ressources se raréfient au fur et à mesure de la production d'utilité et, plus elles se raréfient, plus il faut consommer de ressources pour accéder aux ressources rares
  4. le rendement économique (néguentropie produite/énergie consommée + déchets produits) ne peut que s'effondrer dans un système quasi fermé comme la Terre,
  5. etc …

Mais, du fait de l'irrationalité humaine, le lien entre économie (monnaie) et thermodynamique (néguentropie et énergie) n'est pas objet de science alors que le lien entre écologie (cycle des ressources) et thermodynamique (néguentropie et énergie) l'est parfaitement.

 

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D'Henri Poincaré :

 

"C'est avec la logique que nous prouvons et avec l'intuition que nous trouvons."

 

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Plus le temps passe et plus je suis persuadé de la pertinence de distinguer, face à la masse plébéienne, l'élite aristocratique (les sages qui sont au service de ce qui dépasse l'humain) de l'élite démagogique (les caciques - l'establishment - qui ne sont au service que d'eux-mêmes au travers des pouvoirs politiques, économiques, noétiques ou médiatiques qu'ils accaparent).

 

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Le 14/03/2017

 

L'univers est en expansion partout sauf là où il y a accumulation de matière (donc de temps) c'est-à-dire au voisinage des noyaux galactiques.

Il faut "inverser" la théorie de la relativité générale qui n'est pas une théorie de la gravitation universelle, mais bien une théorie de l'expansion universelle (et de la résistance que les amas matériels lui opposent localement).

Les variations temporelles de la métrique locale sont croissantes dans les immenses zones vides en expansion et décroissantes dans les rares zones galactiques actives où l'expansion s'inverse pour devenir gravitation.

 

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De Marc-Aurèle :

 

"Le reste de ta vie, passe-le en homme qui, de toute son âme, compte sur les dieux pour tout ce qui le concerne, et qui ne se fait ni le tyran ni l'esclave d'aucun des hommes ."

 

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Si l'éthique est bien l'étude du "bon" comportement et des "bonnes" règles de vie à adopter, il s'agit de définir ce qu'est la "bonne santé" ; la bonne santé du corps, celle du cœur, celle de l'intellect et celle de l'âme, du côté intérieur ; et la bonne santé dans la relation avec le monde humain, avec le monde terrestre, avec le monde cosmique et avec le monde sacré, du côté extérieur.

 

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Ne pas confondre "égoïsme" (l'opposé de l'altruisme) et "intériorisme" (l'opposé de la mondanité, de la socialité, de l'extériorité).

 

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Le destin n'est pas une fatalité. Rien n'est écrit. Mais chacun reçoit quelques "graines d'avenir" ; celles-là et aucune autre. A lui de décider de les cultiver ou pas, avec plus ou moins de soin. C'est ici que joue la liberté.

 

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L'Amor Fati n'est pas un but à atteindre ; c'est une logique de Vie.

 

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L'anarchisme n'est envisageable que s'il est radicalement aristocratique. Les anarchismes "populaires" ne sont que des éructations vulgaires et bestiales.

 

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Eternel Retour : redécouverte fascinée, après avoir compris l'impasse du temps linéaire du "progrès", de la cyclicité du temps et des cycles de Vie de tout ce qui existe …

 

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De Lou Salomé :

 

"(…) Nietzsche, à proprement parler, n'a jamais rien vécu d'extérieur."

 

Nietzsche : l'intériorité radicale … solitude, silence, promenade, méditation, écriture, … La mer, les rochers, le ciel, les arbres … et l'Esprit qui l'habite.

 

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Le monde anglo-saxon me semble reposer sur l'absurde idéalisation du compromis réaliste, c'est-à-dire de la médiocrité : l'humain est merdique, alors faisons de la "merde" un idéal qui devient norme et qui définit conformité et normalité. Au fond, le monde anglo-saxon est le parangon du démagogisme idéalisé en démocratisme.

 

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Les racines de l'antisémitisme …

  • L'anti-idéalisme juif (le Dieu de la Torah n'est pas un dieu de Perfection mais un dieu de Vie … avec plein de défauts) ;
  • L'anti-nationalisme juif (le communautarisme opposé aux étatismes) ;
  • L'anti-populisme juif (l'affirmation aristocratique du "peuple élu") ;
  • L'anti-égalitarisme juif (la promotion de l'étude et de l'intelligence) ;
  • L'anti-christianisme juif (synthèse de tout ce qui précède et que l'on doit à Paul de Tarse, l'ennemi absolu).

 

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L'ascèse aristocratique est transcendance de soi alors que l'ascèse vulgaire est contemption de soi. Les pratiques sacrificielles participent, jusqu'à l'absurde, de cette seconde voie.

 

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L'idéalisme tend à nier , rejeter, combattre, sacrifier, détruire … le monde de la Vie au profit du monde de la Perfection. Le nihilisme en est la forme la plus radicale puisque, là, la Perfection, c'est le Néant.

 

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Même la science physique fondamentale c'est-à-dire la cosmologie (au sens profond et étymologique d'étude de l'ordre du Réel), a voulu dénigrer le monde réel de la Vie cosmique au profit d'un monde idéal de ma Perfection mathématique.

 

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L'abolition du monde de la Perfection n'implique nullement l'abolition du Sacré (donc du Divin) et de la sacralisation de la Vie au sens cosmique de ce terme.

 

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Les religions affirment le monde de la Perfection.

Sans le nier, la spiritualité ne l'affirme pas mais part en quête du Sacré.

 

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Le 16/03/2017

 

Après y avoir passé quelques jours, Singapour me semble être :

  • Une démocratie autoritaire (une tyrannie démocratique "pour le peuple" au sens grec) qui fonctionne très bien, où la liberté est totale mais dans un cadre donné (pas de drogue, pas de pornographie, pas de violence, pas de tags, possibilité du tabac et de l'alcool en public seulement quand et où c'est autorisé, télésurveillance généralisée et parfaitement tolérée, police en civil partout, mais très discrète, qui n'intervient qu'en cas de flagrant délit …) ; le système pratique une totale tolérance religieuse, pourvu que chacun tolère et respecte les autres, et donne droit à chacun de parler sa langue pourvu que tous puissent parler la langue internationale : l'anglais (le Singlish qui est un anglais mâtiné de chinois et d'intonations bizarres) ; ici, tout le monde se sent en parfaite sécurité (pas de délinquance) et avance au mérite (pas d'assistanat) ; le président de la République est "élu", mais c'est la même famille qui tient le pouvoir depuis quatre-vingt ans et personne ne souhaite être élu à leur place ; les crimes graves sont puni de mort (drogue, viol, …) et les autres punis de bastonnades "musclées" … mais personne ne souhaite que le régime change. La mendicité sauvage est interdite (et réprimée) mais certains pauvres ou handicapés possèdent une patente qui leur permet de vendre des petites choses sans intérêt (des paquets de mouchoirs en papier, des bonbons) ou de faire de la musique au coin de certaines rues, et d'ainsi drainer vers eux une "charité publique" acceptée.
  • Une république où les gens se sentent les plus malheureux du monde dans leur vie privée, du vide de sens et de l'absence de toute spiritualité ; la "religion" locale ici se résume aux cinq C (aux dires d'une Chinoise singapourienne) : Credit card (le crédit à la consommation), Condominium (propriété de son appartement), Cash (l'argent), Car (la voiture) et Club (appartenance à divers groupes mondains). Je trouve que c'est le plus horrible condensé de Modernité finissante, du "dernier homme" de Nietzsche. Tout cela est effrayant … et pas si éloigné de la "religion" ambiante des masses qui nous entourent en Europe (mais avec la lucidité et le franc-parler chinois en plus).
  • Un pays où le gaspillage, la gabegie, le non-souci des ressources sont inouïs. En revanche, le souci de limiter la circulation automobile et la pollution atmosphérique, l'omniprésence d'arbres et espaces verts, sont clairement affirmés : rouler un voiture est un luxe qui se paie très cher … alors que tout le monde, en cinq ans, devient propriétaire d'un appartement correct en ville.

 

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Le 16/03/2017

 

De Brigitte Bardot, conspuant les acteurs actuels au travers des comportements exhibés lors des rituels cinématographiques :

 

"Il n'y a qu'à regarder la cérémonie des César où de gentils zombies remercient papa-maman, leur concierge et leur chauffeur de taxi, tout en lançant l'incontournable appel à la fraternité humaine et à l'antiracisme."

 

Eh oui, B.B., tant à Hollywood qu'à Cannes ou Paris, un "bon" acteur, un "bon" journaliste ou un "bon" artiste se doit d'être socialo-gauchiste et d'ânonner, avec servilité, la vulgate de la bien-pensance égalitaro-humanistariste.

Un "artiste" se doit d'avoir du "cœur", sinon il ne serait pas artiste. CQFD.

En matière d'Arts, il n'en reste que deux : la "grande" musique (pas la chansonnette) et la "vraie" poésie (pas le slam) ; tout le reste n'est que spectacle, ornementation ou divertissement.

 

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Bien des objets sont tellement lisses qu'on peut croire qu'ils ont été conçus pour ne pas être pris ou, au contraire, pour n'être pris que par des griffes acérées.

Abstention ou rapacité : les deux pôles d'aujourd'hui …

 

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Le 18/03/2017

 

Le transhumanisme est, tout à la fois, une aberration scientifique, une escroquerie intellectuelle, une idéologie hypermoderniste et une mythologie archaïque.

 

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Le 19/03/2017

 

De Jocelyn Benoist dans sa préface à "La complexité et les phénomènes" (Hermann, 2012) de Fausto Fraisopi :

 

"Le point fondamental mis en évidence par l'auteur est que l'objet n'est pas le format adéquat à la complexité. Il ne sert à rien, de ce point de vue de compliquer à l'envi les formes d'objets. Un objet compliqué reste un objet et, comme tel, épistémologiquement simple : possible corrélat d'un acte de l'esprit, si abstrait et stratifié puisse s'avérer celui-ci. Plutôt que de céder aux sirènes d'une ontologie ou méta-ontologie (qui serait ontologie continuée par d'autres moyens, jouant l'objet en prolongement de l'être) néo-meinongienne[2], Fausto Fraisopi tire au contraire comme conséquence de la révolution de la complexité la nécessité de rompre avec le cadre de ce que les modernes ont appelé 'ontologie',précisément en tant que doctrine de l'objet."

 

Enfin, on commence à comprendre que le Réel n'est pas un assemblage d'objets, mais un processus holistique dont les objets (visibles par "un acte de l'esprit") ne sont que des épiphénomènes (comme les vagues à la surface de l'océan).

 

Et du même :

 

"Le complexe ne se représente pas, il se modélise."

 

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Le terme "phénoménologie" a ouvert la porte sur un univers conceptuel et verbal (surtout verbal) qui ne lasse pas de m'interloquer.

Hegel ouvre la bal avec sa "Phénoménologie de l'esprit". Le mot, alors, a une signification claire tout droit issue de Kant : le sujet, face à l'objet, n'a accès qu'au phénomène, c'est-à-dire à sa relation à l'objet, et non au noumène, c'est-à-dire la réalité intrinsèque de l'objet lui-même. La phénoménologie prend acte de ce subjectivisme radical et aborde tout non pas en tant qu'objet, mais bien en tant que phénomène c'est-à-dire que rapport subjectif.

Jusque là, rien de très neuf, les présocratiques et, surtout, le vedanta l'avaient compris depuis plus de deux mille cinq cents ans.

L'idée de phénoménologie, ensuite, surtout avec Husserl (dont, il ne faut jamais l'oublier, le rêve absolu est un phantasme idéaliste et idéalisant : mathématiser la pensée), évolue … et commence à dérailler.

Husserl veut imiter, en philosophie, la rigueur formelle des mathématiques, sur la base d'un subjectivisme transcendantal.

La phénoménologie devient une méthodologie systématique construite sur les trois principes d'intentionnalité (l'homme ne voit que ce qu'il cherche), de réduction (réduire le tout à la perception que l'on en a et suspendre tout jugement sur ce qu'il est) et de sujet (retour radical au cogito cartésien, mais porté par un ego qui est pure intentionnalité). Husserl, en fait, réchauffe la recette de l'idéalisme pythagoricien, mis à la sauce kantienne et dans l'assiette cartésienne.

Le subjectivisme transcendantal husserlien a complètement intoxiqué la pensée occidentale du 20ème siècle (en parallèle avec un autre empoisonnement, celui de l'existentialisme qui lui est parallèle puisque le sujet se pose "hors sol", comme liberté pure, face au Réel). Suivent les délires verbaux des Derrida, Althusser, Heidegger (dans sa première période), Merleau-Ponty, Levinas, etc …

Il est temps, en cette aube du troisième millénaire, de tourner toutes les pages du subjectivisme (des "philosophies du sujet", phénoménologiques et/ou existentialistes, et des "philosophies analytiques" qui n'est qu'une critique logiciste sans fin de la tautologie langagière) pour revenir à l'essentiel : le Réel dont tous les objets et tous les sujets ne sont que des émergences épiphénoménales, provisoires et transitoires.

Le Réel existe absolument et tout ce qui se passe, tout ce qui s'y passe en fait intégralement et intégrativement partie. Tout le reste n'est que du verbiage logorrhéique.

Il n'y a aucun "face à face" entre un Sujet qui penserait et un Objet qui serait pensé ; il y a un Projet global qui cherche son Trajet global. Toute énergie, toute matière, toute vie, toute pensée font partie intégrante de ce Trajet.

Le problème philosophique, ainsi, est redevenu, d'abord, strictement métaphysique : quel est la nature de ce Projet global et quelle est l'économie du Trajet global vers lui,  telles qu'elles transparaissent au travers de l'expérience de ce  Réel ?

Ensuite, ce problème devient éthique : comment construire un comportement adéquat qui soit en harmonie avec ce Projet et ce Trajet ?

Il devient enfin épistémologique (Hegel dirait "logique") : comment valider les réponses données aux questions de la nature du Projet et de l'économie du Trajet ?

 

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Toute pensée métaphysique (même le rejet de toute métaphysique est aussi une métaphysique, mais par négation, comme l'athéisme est une foi religieuse par négation) repose nécessairement sur un acte de foi initial (un axiome par essence indémontrable, un postulat fondateur).

Il peut donc exister d'innombrables écoles métaphysiques. Mais ces diverses écoles ne sont pas équivalentes, ce qui ruine tous les scepticismes et tous les relativismes. Le critère de différenciation est triple : la simplicité, la cohérence et la fécondité intrinsèques.

 

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Le principe d'agonalité cosmique (le concept de "lutte" - agôn - universelle entre la propension à l'individuation néguentropique et celle à l'intégration entropique, déjà relevé par Héraclite d'Ephèse) doit être posé, dans l'économie du Trajet (cfr. plus haut), comme l'autre pôle (côté "yang") de la bipolarité intrinsèque du Réel. Face à lui, côté "yin", se place le principe d'optimalité qui vise la dissipation la plus grande (dans l'espace qui est engendré pour cette fin) et/ou la plus rapide (dans le temps qui est aussi engendré pour cette fin) possible des tensions qui en résultent.

 

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Le capitalisme est la doctrine du financement privé des investissements privés. Rien de plus ni de moins.

Le libéralisme est la doctrine de l'anti-étatisme. Et rien d'autre.

Il faut cesser d'en faire la cause de tous les maux de la modernité.

En revanche, il faut dénoncer les acoquinement du capitalisme bancaire et du libéralisme boursier avec les Etats endettés et dispendieux, dont sont issues les dérives alimentant ce financiarisme qui est le cancer de nos sociétés d'aujourd'hui.

 

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Le différencialisme est la doctrine du mérite personnel (l'éloge de l'autonomie, de l'effort, de la volonté et du courage), de l'aristocratisme transcendantal (la mise de l'homme au service de ce qui le dépasse infiniment : la Vie, l'Esprit, l'Un) et de l'anti-égalitarisme (qui condamne toute espèce d'asservissement de l'homme par l'homme, même au nom du plus grand nombre).

 

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En parlant de Nietzsche et de Bergson, Scheler les désigne comme les plus éminents représentants de la Lebensphilosophie : la "philosophie de la plénitude de l'expérience de la vie".

 

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De Victor Hugo :

 

"C’est une triste chose que de songer que la nature parle

et que le genre humain ne l’écoute pas ".

 

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De Friedrich Nietzsche :

 

"Contemple le troupeau qui passe devant toi en broutant. Il ne sait pas ce qu'était hier, ni ce qu'est aujourd'hui ; il court de-ci de-là, mange, se repose et se remet à courir, et ainsi du matin au soir, jour après jour, étroitement lié, au gré de son plaisir et de son déplaisir, au piquet du moment, sans en éprouver ni mélancolie ni ennui."

 

L'humain est ce troupeau.

 

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Le 20/03/2017

 

Ce que l'on appelle si abusivement "Intelligence Artificielle" (les fleurs artificielles ne sont pas des fleurs, donc …) résulte de la rencontre entre des ordinateurs mécaniques, parfaitement stupides, mais doués d'une énorme puissance mémorielle et computationnelle, avec une méthode de résolution de problèmes très ancienne - mais très lourde - qui est la méthode algorithmique.

 

Ordinateurs …

 

Quelque soit l'adjectif plus ou moins journalistique qu'on y accole, comme "neuronal" ou "quantique" (alors que ces mots sont largement inappropriés), un ordinateur est une machine analytique, déterministe et mécanique (pardon pour le pléonasme, mais on n'insiste jamais assez !) composé de réseaux connectés d'éléments possédant deux (ou plusieurs) états stables.

Dès lors que quelque chose possède une nombre fini d'états stables toujours pareils, et qu'il est possible, moyennant une impulsion précise d'énergie, de le faire basculer d'un état connu vers un état certain, ce quelque chose peut servir de base technique à un type particulier d'ordinateur.

Ensuite, il suffit de donner, conventionnellement, une valeur (numérique, souvent, comme 0 ou 1 pour les éléments binaires) à chacun de ces états stables, et l'ordinateur devient, potentiellement, un calculateur. Lorsqu'un élément binaire passe de l'état 0 à l'état 1, on dit, par convention toujours, que l'on a réalisé une opération booléenne : 0+1=1 (l'état 0, excité par 1 impulsion, donne l'état 1) ou son inverse : 1+1=0 (l'état 1, excité par 1 impulsion, donne l'état 0).

La technologie informatique tend à relever deux défis :

  • Augmenter la puissance mémorielle c'est-à-dire la capacité de mémorisation dans le volume le plus petit possible (aux dires récents de Gordon Moore, fondateur d'Intel et père des trois lois portant son nom, il n'y a plus beaucoup de progrès techniques à attendre de ce côté-là) ;
  • Augmenter la puissance computationnelle, c'est-à-dire la capacité de calcul en jouant sur trois paramètres : la vitesse de circulation des impulsions énergétiques entre les éléments (c'est la piste des nanoélectroniques), la vitesse de basculement d'un état de l'élément dans un autre (c'est la piste dite "quantique"), et le nombre d'états stables utilisables pour chaque élément (c'est la piste dite parfois "neuronale").

 

Algorithmes …

 

Le grec nous dit que l'algorithme (algos et arithmos) est un "calcul pénible".

Un algorithme est un programme processuel ; il modélise un processus. Il exprime une recette qu'on pourra dupliquer et réitérer autant de fois que nécessaire. Un boulanger ne réinvente pas le pain chaque matin ; il en maîtrise l'algorithme par dosage, pétrissage, levage, enfournage à la température idoine pendant la durée adéquate, etc …

Un algorithme, initialement, est une recette. Rien de plus. Une séquence d'opérations élémentaires, soumises à des paramètres précis, ordonnés selon un ordre précis.

Comme la recette du pain, un algorithme peut être amélioré, varié, imité, complété, corrigé … et devenir extrêmement sophistiqué comme pour les pains spéciaux ou d'autres produits très élaborés de boulange.

Dès Euclide, la notion d'algorithme symbolique était connue (mais pas sous ce nom) pour la résolution de problèmes mathématiques comme la recherche du plus petit commun dénominateur, la preuve par neuf, la construction d'un triangle rectangle ou équilatéral, d'un hexagone ou d'un pentagone, etc …

Depuis Descartes, les méthodes  objectales (on s'y intéresse plus aux objets qu'aux processus), ont pris le dessus, sous la forme des méthodes analytiques cartésiennes ou, beaucoup plus récemment, des méthodes holistiques systémiques. Depuis que l'on s'intéresse aux effets de complexité où les méthodes objectales sont inopérantes (un système complexe n'est jamais un assemblage d'objets élémentaires, mais est toujours le fruit d'un processus de déploiement et d'accomplissement par émergence), les méthodes algorithmiques sont revenues sur le devant de la scène il y a quelques vingt ans. Elles servent à simuler (et non pas à représenter ou à modéliser) des processus complexes comme, par exemple, la façon dont les fourmis cherchent et trouvent le chemin le plus court entre la fourmilière et le dépôt de nourriture.

La vénalité américaine s'est, bien sûr, assez vite emparé d'elles pour simuler les processus d'achat et, ainsi, doper les ventes des gros sites commerciaux ; plus généralement, les méthodes algorithmiques ont été appliquées pour simuler, statistiquement, les comportements grégaires et rudimentaires des humains (mais on perçoit, déjà là, un réel danger de manipulation des masses peu enclines à l'esprit critique et à l'autonomie comportementale).

Une fois que l'on a bien compris le principe général de la méthode algorithmique, il est facile d'en imaginer des usages plus sophistiqués comme d'appliquer un algorithme de niveau N aux statistiques de résultats obtenus par un algorithme de niveau N-1. On appelle cela les systèmes auto-apprenants (ou deep-learning en anglais).

Au sujet des algorithmes, deux points doivent être bien compris.

Primo : ce sont des méthodes de simulation et rien d'autre : l'ordinateur ne "sait" pas ce qu'il fait et n'a aucune "conscience" de rien. Au poker, le système algorithmique ne "bluffe" pas ; il simule un bluff parce qu'il a été programmé pour simuler ce comportement et que sa base statistique lui fait calculer quand activer son programme "bluff". Un ordinateur fait juste ce que son programme lui dit de faire et se contente d'additionner des 0 et des 1, le plus stupidement du monde. Même si, par hasard, au travers de paramètres aléatoires, un ordinateur venait à "cracher" un résultat génial, il ne pourrait jamais s'en rendre compte ; la notion de "génie" n'est pas algorithmisable et requiert un regard humain.

Secundo : la seule intelligence qui résulte du croisement des algorithmes humains et de la puissance computationnelle des ordinateurs, n'a absolument rien d'artificiel et est tout entière contenue dans les seuls algorithmes conçus par des hommes. Un ordinateur restera, à jamais, une mécanique absolument stupide.

 

Conclusion …

 

Les puissances des ordinateurs rendent désormais possibles l'usage de la méthode algorithmique pour la simulation comportementale de processus complexes. C'est une révolution très positive tant pour la recherche scientifique que pour les applications économiques.

Mais, de grâce, cessons d'appeler cela de "l'intelligence artificielle".

En revanche, ne laissons plus à la Californie le monopole quasi mondial des développements de l'algorithmie. Il est impérieux et prioritaire de créer et de faire vivre un Institut Européen d'Algorithmie, comme la Chine est en train de le développer de son côté.

 

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Lorsque sa feuille de chou disparaît, la chenille doit devenir papillon.

 

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Lorsque la route s'arrête, soit on s'assied pour pleurer, soit on rebrousse chemin pour régresser, soit on ose le hors-piste pour inventer un autre monde.

 

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De Confucius:

 

"Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu'il réside dans la façon de la gravir."

 

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Le 21/03/2017

 

Un algorithme vise la simulation approximative d'un processus s'il est réductible à un ensemble de "recettes" calculables.

Un algorithme est la transcription, en langage informatique, d'une recette pour transformer quelque chose en autre chose. Comme une addition de nombres, colonne de chiffres par colonne de chiffres, avec report des dizaines. Comme le tracé d'un pentagone avec équerre et compas. Comme une recette de cuisine. Comme le calcul de probabilité sur des évolutions de tendances statistiques sur une population nombreuse.

Il faut retenir que, dans tous les cas, un algorithme simule toujours un processus. Nous reviendrons sur le concept de simulation plus loin.

 

Lorsqu'il s'agit d'un algorithme arithmétique, comme dans le cas de l'addition suggéré ci-dessus, la simulation est exacte (le résultat obtenu par un mathématicien humain serait le même …). C'est ce type d'algorithmes exacts que l'informatique utilise depuis ses tout débuts.

Dans le cas de la construction géométrique, la simulation est approximative. Ainsi, le tracé géométrique sera juste, mais seulement au pixel près. Ce genre d'algorithme a émergé dès la numérisation des images ou des sons est devenue possible.

 

Quant à la recette de cuisine, même donnée avec une grande précision quantitative comme sait le faire Joël Robuchon, même en supposant une robot cuisinier d'une très grande dextérité et précision, la facture du mets sera très quelconque car la recette donnée ne couvre qu'une toute petite partie des informations réelles et des savoir-faire réels liés à la préparation du plat. Un cuisinier ne fait pas suivre une recette ; il observe, renifle, goûte, rectifie, surveille, improvise, par expérience du métier, des tactiques de cuisson ou d'arrosage selon l'aspect des choses tels qu'il les perçoit, d'un œil exercé et avisé.

Tout cela, un algorithme ne pourra jamais le rendre intégralement et fiablement.

 

A ce stade, il faut bien retenir qu'un algorithme simule un processus de façon analytique, c'est-à-dire qu'il décompose ledit processus en une séquence (avec ou sans boucles, de rétroaction ou autres) d'actions élémentaires. C'est en cela que l'algorithme est analytique et linéaire et qu'aucun algorithme ne pourra jamais simuler des processus holistiques (non analytiques) et complexes (non linéaires).

Si l'on veut faire un petit lien avec la physique des processus complexes, il suffit de constater qu'un algorithme est toujours réversible puisqu'il est une chaîne d'actions élémentaires fixes que l'on peut parcourir dans tous les sens. Or, les processus réels ne sont jamais réversibles puisque soumis aux jeux incessants de l'entropie (les dissipations des tensions par dilution) et de la néguentropie (les dissipations des tensions par émergence) qui relèvent du second principe de la thermodynamique (laissé à lui-même, sans tension externe, l'entropie - la déliquescence - d'un système croît toujours irréversiblement).

 

Plus un processus est complexe, moins il est algorithmisable, c'est-à-dire que les algorithmes qui tentent de le simuler, divergent et ne sont pas capables de rendre compte de ses évolutions réelles.

Ceci fait transition vers la discussion du dernier exemple proposé : celui du calcul de probabilité sur des évolutions de tendances statistiques sur une population nombreuse. Ce cas de figure est, de loin, l'application la plus utilisée aujourd'hui au cœur du mercantilisme californien.

Le problème posé est celui de la simulation des comportements statistiques d'une population. Plus celle-ci est nombreuses (d'où l'obsession des taux de fréquentation des sites et de la captation des données) et plus la loi des grands nombres peut jouer (d'où la formule big-data), plus la probabilité d'une simulation fiable augmente.

D'emblée, répétons-le, ces algorithmes de simulation des comportements ne s'adressent qu'à des comportements primaires et linéaires du genre : "Je vois, j'ai envie, j'achète". L'acte d'achat est alors enregistré afin d'alimenter, à la fois, la fiabilité des préférences statistiques et celle du ciblage personnel. De même, en cas de requête sur les moteurs de recherche : chaque requête est enregistrée, bien sûr, mais aussi l'item de réponse qui est choisi (ce qui permet, statistiquement, de simuler la "logique" de recherche du "client"). Ainsi si, sur la requête "Juif", je choisis systématiquement les réponses positives, je serai statistiquement mis dans la case "philosémite" et ne recevrai plus que des réponses allant dans ce sens. Et à l'inverse, symétriquement, si j'étais antisémite. Cela signifie que l'historique statistique des requêtes et des choix va induire le renforcement des opinions de celui qui cherche des informations.

 

Une fois de plus, il faut conclure que la Toile est un immense amplificateur sans âme, qui donne raison à tout le monde et fournit, à chacun, ce qu'il attend. En français, on appelle cela une mécanique de crétinisation. Les algorithmes sont les moteurs de cette mécanique.

 

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La transhumanisme est absurde ne serait-ce que parce qu'il prétend simuler les processus vitaux avec des algorithmes, c'est-à-dire avec des ensembles de "recettes" analytiques et linéaires.

La vie n'est jamais algorithmisable !

Cela signifie que la vie n'est pas "calculable" et est donc "indécidable" aux sens épistémologiques de ces deux termes.

 

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Comment simuler l'univers pris comme un Tout-Un … ?

Passer de "l'équation universelle" à "l'algorithme universel" …

Démathématisation de la physique théorique fondamentale …

Quel serait cet "algorithme universel" ?

Je crois que l'univers, dans sa réalité intrinsèque, n'est pas algorithmisable parce qu'il est holistique et organique, et je crois que "l'algorithme universel" n'existe pas. Cependant, il faut voir dans cette idée d'une "physique fondamentale algorithmique", un chemin précieux pour sortir de l'actuelle mathématisation outrancière de la physique (donc des méthodes cartésiennes) pour passer, via des méthodes algorithmiques, aux méthodes anagogiques qui seront seules capables de rendre compte de la complexité et de la créativité du Réel.

Tout algorithme simule une transformation plus ou moins compliquée (mais jamais complexe). Le concept "algorithme" est donc identique, en physique théorique, au concept "opérateur". Il s'agit toujours de "transformation d'état". Un algorithme sophistiqué est une composition d'algorithmes élémentaires comme on en trouve dans le formalisme quantique (l'approche quantique de la physique est, sans doute, déjà foncièrement algorithmique).

 

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La fiabilité d'un système mesure sa capacité à ne pas faire de fautes par lui-même. La sécurité d'un système mesure sa capacité à résister à des interventions extérieure à lui.

 

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Tout langage discontinu ne peut que simuler très approximativement une réalité continue. Ainsi le langage d'annotation musicale n'est pas capable de rendre exactement le chant continu d'un oiseau siffleur. De même, la décomposition d'une image en pixels même extrêmement petits avec une palette de couleurs de centaines de milliers de nuances, est incapable de rendre exactement la réalité physique d'un visage ; heureusement, notre sensibilité rétinienne fait moins bien encore … et nous n'y voyons que du feu.

 

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Le manque de curiosité entraîne une indifférence qui induit l'ignorance.

 

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La complexité (c'est-à-dire la néguentropie, l'individuation) et le vide (c'est-à-dire l'entropie, l'intégration) sont les deux modalités-mères du Réel.

 

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La pensée sur le modèle Ikea : on achète un kit philosophique, on le monte soi-même selon la notice et … on a l'impression d'avoir pensé.

 

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Superbe résumé de la situation politique française par ma complice Néa :

 

Mon ressenti à chaud suite au débat des présidentielles hier soir sur TF1 :

 

B Hamon : la démagogie dans toute sa splendeur. Pas un gramme de crédibilité. S'exprime comme Hollande, on a l'impression d'écouter un robot. Utilise le mot "puni/punir". Infantilisation des citoyens, dans la continuité de ce gouvernement. Comme Hollande, il n'aime pas les riches mais il couche avec. Ne dit que des banalités moralisatrices et propose de compliquer l'usine à gaz déjà inextricable. Incapable d'expliquer le Revenu Universel, hormis pour faire de la récup' électorale.

 

  1. Le Pen : pitbull, toujours dans la provoc et la caricature, n'écoute personne. Elle repépille comme son père.  Aucun projet économique, communiste dans toute sa splendeur, toujours plus d'Etat, et fait le Père Noël, elle distribue l'argent sans avoir la solution d’où le trouver, surtout si elle veut réindustrialiser la France de manière totalement utopique. Quand elle parle économie, ils sont tous écroulés de rire.

 

  1. Macron : a perdu sa consistance et son charisme face aux autres candidats. Ressemble à un professeur d'école qui veut séduire tous les élèves. Intelligent mais manque de réalisme, sans doute parce qu'il doit satisfaire ceux qui l'ont programmé. Hélas pour lui, il est totalement ligoté même s'il prétend le contraire. Il est tenu par les bretelles. Fait le jeu du complexe militaro-industriel. Trop de contradictions forcément, vu la diversité de ses sponsors. Ne fait pas le poids face à F. Fillon.

 

  1. Fillon : A l'inverse d'E. Macron, il a gagné en consistance, je l’ai trouvé cohérent et digne du poste. Convaincant et réaliste dans les différents domaines abordés. Il maîtrise tous les sujets. D'un calme olympien malgré l'acharnement qu'il a subi depuis des semaines. Il demande aux musulmans de combattre l'intégrisme. Malika Sorel-Sutter le soutient. Cette femme exceptionnelle mériterait d'être ministre.

 

  1. L. Mélenchon : intelligent, comédien, bon orateur mais n'a pas les moyens de son programme inapplicable. "Il faut capturer l’ennemi", dit-il J. Pareil que M. Le Pen, c'est le Père Noël qui distribue des milliards qui n'existent pas. Ils sont sur la même longueur d'onde : le communisme, et eux à la tête du petit peuple qui se croit protégé grâce aux promesses. Chaos garanti comme avec M. Le Pen.

 

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Le 22/03/2017

 

La téléphonite est une maladie mentale, surtout métropolitaine, mais assez contagieuse.

Cette maladie provient de la rencontre de deux virus mensongers : le premier fait croire que l'oral est plus "humain" que l'écrit, et le second fait croire qu'il fait gagner du temps.

Les effets secondaires de cette maladie sont infectieux …

Le premier : l'effervescence téléphonique comble les vides.

Le deuxième : déranger les autres assoit un pouvoir apparent.

Le troisième : bavasser dispense de penser rigoureusement.

 

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Le mécanique est un assemblage dont on modélise la structure.

Le complexe est un processus dont on simule la logique.

 

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Les savoir-faire se diluent très vite dans la gnole.

 

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Notre époque de fin de paradigme suit une inéluctable logique de mépris pour la cohérence la plus élémentaire. Il est tout à fait possible, dans nos "démocraties de la tolérance", d'être, à la fois, tenant du libertarisme anarchiste mais revendicataire de la sécurité sociale, d'être écologiste mais accro au fast-food, d'être défenseur de l'école publique mais de mettre ses enfants à l'école privée,  d'être de gauche mais d'être obsédé par l'argent,  d'être pour la convivialité mais de manifester contre le communautarisme, d'être républicain mais d'être abstentionniste, d'être citoyen mais de tricher sur ses impôts, d'être solidaire mais de planquer ses économies ailleurs, d'être politicien bien-pensant mais d'abuser de tous les privilèges des institutions, etc …

 

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Le désarroi et la déliquescence d'une époque sont proportionnels à son incohérence.

Mais cette dernière est la conséquence de ceux-là, et non leur cause : ce sont le désarroi et la déliquescence qui rendent incohérent.

 

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Comme la philosophie l'a été, les mathématiques, aujourd'hui, sont victime d'une "mystification formaliste" où le jargon nébuleux et l'abstraction inutile triomphent.

Bourbaki et consorts ont été et sont une calaminé !

Les mathématiciens ont oublié que le seul intérêt du langage mathématique est de résoudre des problèmes concrets issus du Réel, possédant les propriété du Réel (finitude, continuité, dérivabilité, etc …).

Les généralisations de généralisations sont peut-être un plaisant jeu de l'esprit pour qui n'a rien de mieux à faire, mais elles sont une plaie pour celui qui sait que les mathématiques ne sont qu'un outil conventionnel pour physiciens, ingénieurs ou statisticiens.

 

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Il ne s'agit pas de rendre le travail amusant.

Il s'agit de rendre le travail passionnant.

 

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La conscience étant le lieu de la confrontation entre la vie extérieure (les phénomènes) et la vie intérieure (faite essentiellement de mémoire et d'intention), la question qui se pose est celle-ci : tout ce qui existe, possède-t-il de la conscience ?

Il est clair que tout ce qui existe est confronté à une vie extérieure à lui qui le sollicite en agressions, en opportunités, en contraintes, en ressources.

Il est tout aussi clair que tout ce qui existe, possède une mémoire (l'accumulation, dans sa forme, de tout son vécu) et une intention (le désir de d'accomplir en plénitude, de dissiper les tensions imposées par le Réel).

Il est donc plausible que, dans tout ce qui existe, les potentialités internes et les opportunités externes entrent en résonance. Or, cette résonance, n'est-elle pas l'autre nom de la conscience ?

 

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Un idée nouvelle est d'abord scandaleuse, puis géniale et enfin banale.

Toute transgression est de prime abord inacceptable. Logique du tabou.

 

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Le 23/03/2017

 

La pensée humaine est passée des mythologies aux religions quelque part au sixième siècle avant l'ère vulgaire ; elle est en train de passer, aujourd'hui, des religions aux spiritualités.

 

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Pour un "branché", est "ringard" tout qui dédaigne les modes.

 

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TedX : entre spot publicitaire et fast-food …

 

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Le 24/03/2017

 

Toute entreprise doit rémunérer, comme il faut, son travail productif, lorsqu'il est légitime, et son risque patrimonial, lorsque, lui aussi, est légitime.

Tout le problème vient de ce mot : "légitime".

Le risque pris en jouant au casino boursier, n'est pas légitime puisqu'il n'a aucun projet réel autre que de l'argent vide de sens.

Le travail des 35 heures de présence syndicale n'est pas légitime non plus, puisqu'il n'a, lui aussi, aucun projet réel autre que le parasitisme systématique.

Sans prise de risque patrimonial, aucune création d'emploi.

Sans travail productif, l'entreprise disparaît.

L'antagonisme marxiste entre capital et travail est aussi vide, artificiel et absurde que toute tentative de dissociation du masculin et du féminin.

Il faut des entrepreneurs et il faut des travailleurs … et, normalement, des entrepreneurs qui travaillent (beaucoup, souvent) et des travailleurs qui entreprennent (posture en train de naître avec la fin annoncée du salariat).

 

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Le système politique français est pourri jusqu'à la moelle et le purin commence à refluer. D'ici à octobre, je parie qu'il va y avoir des dizaines de mises en examen de caciques professionnels … Je crois que tout cela est très bon pour l'avenir … car une issue à toute cette chienlit pourrait être l'effondrement de la République (jacobine et monarchique) et le passage vers un réseau girondin de régions autonomes.

 

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Le 25/03/2017

 

Tout ce qui se construit sur des relations de séduction, est condamné à fonctionner dans la perversion.

 

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Le Peuple … Ce mot, en lui-même, est une arnaque. Le Peuple : ça n'existe pas. C'est une abstraction aussi inconsistante et incantatoire que la Nation ou la Patrie. Le Peuple, c'est la Nation vue de gauche. Le Peuple, c'est l'ensemble, à géométrie variable, qui reste lorsque les gens de gauche ont éliminés tous ceux qu'ils n'aiment pas … ou dont ils ont peur.

Le Peuple, c'est plus large que le Prolétariat, mais c'est aussi artificiel et vague, un mot de propagande où tout le monde et personne se retrouvent en même temps.

La racine latine est imparable : le populus, c'est ce qui dévaste, détruit, ravage …

 

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Michel Onfray se prétend, à la fois, anti-étatiste et anti-libéral. Comme le libéralisme se définit comme l'anti-étatisme radical. On conclut que Michel Onfray a des problèmes de vocabulaire. De même, il se dit anti-jacobin et de gauche, alors que les Jacobins sont précisément la gauche de 1789.

Michel Onfray n'a toujours pas compris que libéral et libertaire, sont un seul et même concept, vu sur différents modes. Quand il parle de "libéralisme d'Etat" (sic), de bureaucratie ou de technocratie "libérales" (re-sic), il ne se rend pas compte des énormités qu'il profère.

Il se dit de gauche, donc (sic) avec le peuple (la notion la plus vide qui soit). Et il y croit parce qu'il pratique un anti-économisme rabique sans rien comprendre ni à l'économie, ni à l'entreprise, et qu'il confond, allègrement, prolétariat et salariat, travail et emploi. Il en est resté au "Germinal" de Zola et aux enfants de douze ans travaillant dans les mines de charbon …

Les "petites gens" qu'il emballe dans le grand sac vide de "peuple", n'espèrent qu'une seule chose : gagner de l'argent pour le placer en bourse et faire de l'argent facile. Il n'y a pas pires adorateurs du capitalisme financier que ces petits épargnants, fidèles du bas-de-laine. Le "peuple", cher Onfray, c'est cette grande majorité de gens qui ne demandent et ne veulent rien d'autre que panem et circenses (du McDo et du foot).

Parce qu'en économie, il n'y connait ni n'y comprend rien, Michel Onfray trace une équation absurde : droitisme = financiarisme …

L'économie ne l'intéresse pas. Soit. C'est son droit. Mais alors qu'il se taise !

A force de dénigrer ce que l'on ignore, mais dont on vit, on perd toute crédibilité dans les domaines où l'on a, légitimement, quelque chose à dire.

Cher Michel Onfray, le système économique actuel, partout dans le monde, est financiaro-étatiste, donc aux mains d'institutions de pouvoir ; nulle part, il n'est libéral-libertaire, aux mains des vraies communautés de vie, entrepreneuses et laborieuses. Cessez donc d'agiter des épouvantails journalistiques qui ne brassent que du vide ! Vous valez bien mieux que cela.

 

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L'idée d'une "parole légitime" est cruciale. La légitimité de la parole est le seul garant de la crédibilité de celui qui ose parler. Parler de ce que l'on ne connaît pas, de ce que l'on ne comprend pas, de ce que l'on ne maîtrise pas, est l'apanage des saltimbanques démagogiques de la politique, de la philosophie, de la science ou de l'art.

Il suffit, alors, d'être radical, outrancier ou caricatural pour devenir audible et, partant, d'être entendu de ceux qui ne cherche aucune vérité et ne demande que la confirmation de leurs certitudes imbéciles.

 

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Plus j'y pense et plus il m'est évident qu'il faut saborder le concept même d'élection (et abolir, du même coup, tous les électoralismes qui en sont l'inéluctable conséquence, et tous les partis politiques et tous les syndicats qui ne vivent que de ce concept périmé).

Plus de suffrage ! Ni universel, ni censitaire, ni autre …

La seule solution est le mandat unique, par tirage au sort (stochocratie ou stochastocratie) parmi une liste de personnes en "bonne santé" corporelle, affective, intellectuelle et spirituelle, dûment qualifiées, sélectionnées par un système algorithmique simple (mais ni simplet, ni simpliste), au-dessus de tout soupçon moral, idéologique ou vénal et confirmées par le collège des anciens mandataires tirés au sort.

 

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De Michel Onfray :

 

"L'abbé Grégoire, à qui l'on doit un terrible "Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs" que personne n'a lu et que, donc, tout le monde célèbre, sans savoir qu'il s'agit d'un texte violemment antisémite (…)"

 

Ah ! Enfin ! Quelqu'un qui, comme moi, a lu cet infâme "Essai" et qui en dit la vérité. Grégoire dit qu'il faut condescendre à donner les droits d'égalité aux citoyens français de confession israélite, mais pourchasser et vaincre les Juifs vraiment juifs, vivant en France. On a appelé cela, par bêtise - je n'ose croire que ce fût par machiavélisme -, l'acte héroïque et sublime d'une "émancipation des Juifs" …

Vouloir voir une "émancipation" lorsque des "représentants" autoproclamés de la populace française, gens ignares, orgueilleux et incultes, prétendent "libérer" des communautés juives, porteuses depuis quatre mille ans d'un culte de l'intelligence, de l'étude, de l'érudition et de la sagesse, participe du ridicule le plus tragique …

C'est cet imbécile d'abbé Grégoire qui est le père réel de l'antisémitisme français qui deviendra européen au dix-neuvième siècle, avec les ignobles conséquences que l'on sait, et de l'affaire Dreyfus.

Grégoire met le pied d'Hitler à l'étrier … mais cela n'empêche nullement que l'on en fasse - par crétinisme, j'imagine, et non par cynisme - un héros - héraut - de la tolérance humaniste et universaliste.

Quelle bévue ! … et le mot est faible …

 

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Le 26/03/2017

 

De mon ami Thierry Watelet, en parlant de moi :

 

Ben oui... que voulez-vous, il lit, ne regarde pas les écrans, 

réfléchit, approfondit son excellence dans l'effort de comprendre

avant de juger et partager.

 

Et il a cette élégance d'enthousiasmer et de faire espérer, de

fédérer les courages alors qu'il est profondément pessimiste.

 

Il rame avec le sourire même s'il croit qu'on atteindra jamais l'autre

rive.  Que n'aura-t-il fait pour marquer la cadence !

 

Edgar Morin dit de moi que je suis habité par le tragique nietzschéen de l'existence …

Je ne crois pas. Je suis plutôt habité par le tragique de notre époque …

 

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A propos de paysans et de PAC européenne …

Il n'y a pas de "politique agricole commune" à avoir. Il n'y a pas d'assistances, de subsides, d'aides à prévoir. Ce sont les très grosses machines à faire du fric et de la non-qualité qui en profitent, au détriment de ceux qui essaient de bien faire leur métier.

Il est temps que les paysans se reprennent en main, qu'ils cassent la grande distribution pour monter eux-mêmes, pour eux-mêmes, par eux-mêmes leurs propres circuits de distribution, qu'ils s'engagent dans des produits de qualité non pas en fonction des quotas européens, mais bien en fonction de l'évolution des habitudes alimentaires, des comportements d'achat et de la bonne santé des gens.

Une nouvelle paysannerie doit éclore d'urgence. Les métiers de la terre doivent être réinventés dans un mariage étroit entre des savoir-faire précieux, des technologies adéquates et des distributions via la Toile.

 

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Le 28/03/2017

 

Au fond, depuis un quart de siècle, je ne dis rien d 'autre que ceci :

 

"Changez de paradigme.

Privilégiez la vie intérieure."

 

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Le 30/03/2017

 

La rationalité est un pur produit des interrelations et interactions collectives et du besoin de prouver que l'on a raison. Un humain seul, totalement isolé, n'a nul besoin de rationalité ; son intuitivité et son expérience lui suffisent pour survivre.

La rationalité naît avec la collectivité.

 

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Jusqu'en 1925, l'humanité resta sous le seuil fatidique des deux milliards d'humains sur Terre. Depuis la démographie galopante a induit deux facteurs-clés qui bouleversent la priorité des préoccupations :

  • La raréfaction des ressources ;
  • Le perte du caractère rare et précieux de l'être humain.

Ces deux tendances induisent une toute nouvelle morale aux antipodes des droits-de-l'homme.

 

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Fichte voit dans le non-Moi tout ce qui s'oppose ou résiste à la liberté du Moi. Car, pour lui, le Moi est liberté absolue. Cela vient de Kant.

Celui-ci a parfaitement tort de faire du monde extérieur (celui des objets) le monde de la nécessité et du monde intérieur (celui du sujet) le monde de la liberté.

Plus un système (extérieur ou intérieur) monte en complexité, plus il monte en autonomie ; au contraire, plus il est mécanique, plus la nécessité le commande.

 

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La conscience est l'expression même de l'activité de l'Esprit.

"Être conscient de …", c'est "penser à …".

 

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Les plus grands ennemis de l'Union Européenne, ce sont les caciques nationaux et régionaux des pays membres, toutes tendances confondues.

 

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La liberté, selon le panthéisme spinoziste, se fonde sur le respect de l'ordre et de la finalité de la Nature.

Il ne peut exister de liberté contre le Réel ; en revanche de la liberté peut exister et se développer dans et avec le Réel.

 

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A l'orthopraxie (le "bon geste") antique, le christianisme superposera une orthodoxie (la "bonne opinion"). Il ne suffit alors plus d'exécuter adéquatement le rite, il faut en plus y croire profondément.

 

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Je me demande vraiment d'où vient cette idée fausse que le peuple juif attendrait ardemment la venue d'un Messie. Nulle part dans le Torah, il n'est fait mention d'un tel "sauveur de l'humanité". Le Judaïsme originel ne connait pas cette notion. Elle n'apparait que très tardivement, chez les descendants de certains pharisiens, mais ne fait aucunement partie du "corps de doctrine" du Judaïsme profond.

Cette croyance en la venue d'un Messie est plutôt à ranger du côté des légendes et superstitions populaires, au même titre que le Golem ou que l'assomption d'Elie.

La notion biblique de messia'h ne fait qu'allusion à l'onction d'huile qui faisait rituellement les rois. A ce titre, il y a eu beaucoup de Messies. Et il est évident que Jésus ne peut pas l'être puisqu'il n'y avait plus de roi depuis longtemps et qu'il n'a jamais été oint d'huile par un prophète patenté (une fonction instituée, comme celle de roi ou de grand prêtre) qu'il n'y avait plus non plus.

Non, chers amis goyim, les Juifs n'attendent aucun Messie ; ils attendent juste qu'on leur fiche la paix !

 

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Les trois fonctions institutionnalisées de la Maison d'Israël sont incroyablement actuelles.

Le Grand Prêtre est le garant du passé, de la tradition, des rites, des textes sacrés et de la fidélité.

Le Prophète est le garant du futur, de l'intention, de la vocation, de la téléologie sacrée et de la mission.

Le Roi est le garant du présent, de la vie réelle, de la communauté, de l'autorité sociétale et de la paix.

 

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Le 31/03/2017

 

L'univers, pris comme un tout (et même un Tout-Un), est un chantier en construction. Il est lui-même, dans sa globalité, un processus complexe, animé par une Intention (s'accomplir en plénitude), fondé sur une Mémoire (le temps ne passe pas, mais il s'accumule sous le présent), nourri par de la Ressource active (générée dans le cœur des galaxies, dans les fameux "trous noirs" qui ne sont ni trous, ni noirs, mais au contraire des fournaises immenses), organisé selon des Règles plus ou moins précises (les lois de la physique, par exemple) et travaillé par une Activité incroyable (la dilution entropique ou expansion dans les zones "vides" ; la complexification néguentropique dans les zones "effervescentes" sous le jeu des diverses forces et tensions y engendrées par la promiscuité).

 

Toute ma cosmologie est résumée dans ce simple petit paragraphe …

 

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Dans un processus complexe, quel qu'il soit, il n'y a jamais de "composants" ou d'organes assemblés, mais il y a toujours diverses modalités, diverses fonctionnalités, toutes indissociables, insécables, indivises. Ce point est capital !

 

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Face à la Nature, le sentiment esthétique, la claire perception d'une harmonie sous-jacente, et l'aperception d'un principe d'ordre et de cohérence à l'œuvre, sont aussi des voies d'accès à la Connaissance, à la Gnose.

 

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Le Réel seul existe. Tout ce qui a existé et tout ce qui existe : tous les objets et tous les sujets, tous les projets et tous les trajets, font partie intégrante du Réel.

Le Réel est, donc, respectivement, Mémoire, Matière, Esprit, Intention et Vie.

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Après une véritable Tabula rasa métaphysique, il ne reste plus qu'une seule certitude qui s'oppose radicalement au Cogito cartésien :

Ce qui pense ceci

fait partie intégrante d'un Réel

qui le dépasse infiniment.

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[1] D'après Wikipedia : " Un égrégore est, dans l'ésotérisme, un concept désignant un esprit de groupe influencé par les désirs communs de plusieurs individus unis dans un but bien défini. Cette force a besoin d'être constamment alimentée par ses membres au travers de rituels établis et définis".

[2] Alexius Meinong est un obscur penseur autrichien du 19ème siècle, élève, comme Husserl, de Brentano, auteur d'une nébuleuse "théorie de l'objet".