Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" JANVIER 2017

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/01/2017

La révolution industrielle du 19ème siècle comme la révolution agraire du 13ème siècle ne furent pas des ruptures paradigmatiques car elles ne remirent pas en cause les institutions de pouvoir en place - bien au contraire, elles les renforcèrent et s'appuyèrent sur elles - ; en revanche, toutes deux enclenchèrent une amplification exceptionnelle d'un phénomène existant (l'agriculture médiévale et les manufactures modernes) qui induira, deux siècles plus tard, la rupture paradigmatique suivante.

Avec la révolution agraire, les rendements à l'hectare ont tant cru que les surplus durent être écoulés ailleurs, plus loin, d'où la naissance des marchands, des villes et des marchés (et des banques, et des bourses) qui induisirent la modernité.

De même, la révolution industrielle du 19ème siècle permit une démultiplication incroyable des rendements manufacturiers qui donna naissance à l'industrialisme, au financiarisme et au socialisme qui sont les causes profondes de la rupture actuelle.

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De Romain Sarnel :

"La philosophie nous ouvre les portes de l’avenir."

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Il est consternant de constater que ce que l'on appelle pompeusement les "sciences et techniques de la cognition" (ou sciences cognitives) partent de trois présupposés radicalement faux :

- Primo : la pensée et l'esprit seraient produits par les neurones du cerveau. Faux ! Le cerveau n'est pas le siège de l'esprit : il en est un des organes seulement : l'esprit et la pensée sont consubstantiels à tout l'organisme.

- Secundo : le cerveau serait une machine logique. Faux ! La pensée ne fonctionne jamais à la manière de la logique formelle et l'algèbre booléenne ne lui est jamais applicable : l'esprit fonctionne de façon anagogique.

- Tertio : le cerveau fonctionnerait comme un superordinateur. Faux ! L'analogie entre le cerveau - ou pire, l'esprit - qui est organique, et l'ordinateur qui est mécanique, est une absurdité : la pensée fonctionne par émergences de formes (idées) et non par assemblages d'unités d'information.

Tant que ces "sciences" réduiront l'esprit au cerveau et le cerveau à l'ordinateur, elles ne pourront que débiter des âneries.

 

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Le 02/01/2017

De Serge Dassault :

" Le temps de l'argent facile est derrière nous. Dans le monde entier, poussés par la hausse des prix du pétrole, l'inflation renaissante et la nouvelle politique américaine, les taux d'intérêt remontent."

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Le programme du Conseil National de la Résistance n'est rien d'autre qu'un vaste programme de soviétisation et de stalinisation de la France dont les héritiers[1] sont toujours des chancres purulents et pestilentiels. La dernière phrase du programme du CNR est symptomatique . Il y est écrit :

" L’union des représentants de la Résistance [ils sont cinq en tout et pour tout - n.d.MH] pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi."

Ainsi s'imposent un égalitarisme, un conformisme, un uniformisme, une obéissance servile à "l'intérêt supérieur de la patrie" (donc à De Gaulle qui en a payé le prix fort en jetant l'économie française - à laquelle il ne comprit jamais rien - dans les mains communistes). Les cinq membres du bureau du CNR ayant cosigné ce programme sont un étatiste (Blocq-Mascart), deux socialisants (Bidault et Copeau) et deux communistes (Saillant et Villon).

Si ce n'était tragique, ce serait à mourir de rire.

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Ce n'est jamais la Nation - c'est-à-dire un vaste ensemble disparates de gens différents - qui engendre l'Etat. C'est l'Etat qui s'autoproclame légitime propriétaire de ces gens qui ne demandent rien.

Le concept de Nation ne précède jamais celui de l'Etat. Au contraire, c'est l'Etat qui, par sa seule présence et puissance, invente et impose l'idée de Nation qui n'est qu'un sac artificiel où fourrer tous les gens sur lesquels il a jeté son dévolu.

L'Etat impose un statut qu'il a inventé - celui de citoyen - à des gens qui ne le demande pas, qui n'ont aucun droit de le refuser et qui leur impose toute une série d'obligations dont ils ne veulent pas.

Un enfant naît à l'intérieur du système de l'Etat ; lui demande-t-on son avis quant à son appartenance nationale ? Non. Il est trop petit pour comprendre. Soit, donnons-lui celle de ses parents en attendant, et, à  sa majorité, demandons-lui s'il souhaite la conserver ou lui préférer d'autres appartenances nationales ou non nationales … Mais vous n'y pensez pas ? Si ! L'appartenance nationale doit être un choix personnel sans aucune transmissibilité héréditaire.

Les citoyens et tous leurs descendants appartiennent à l'Etat qui a capturé leurs aïeux le jour où tel Roi ou telle République a décidé de s'annexer le terroir où cette famille vivait paisiblement sans rien demander à personne … et surtout pas aux Parisiens ou Londoniens ou Berlinois.

Les Etats-nations ne sont pas des émergences naturelles qui monteraient du bas vers le haut. Les Etats-Nations sont clairement des montages artificiels (récents, entérinés par le Traité de Westphalie en 1648 et consolidés à partir de 1870), construits par le haut et imposés au bas.

C'est cette mécanique étatique et artificielle que le nouveau paradigme doit abolir d'urgence.

L'ennemi absolu et prioritaire, c'est l'Etat sous toutes ses formes !

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On ne change jamais le monde démocratiquement parce que les mous et les masses ne pensent jamais qu'à leur intérêt immédiat et à leurs risques personnels finement calculés avec une grande mesquinerie.

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J'ai une toute théorie personnelle - et nullement consolidée - sur l'étymologie du OK américain. Cette expression est apparue lors de la guerre de sécession sous la plume d'un  général réputé inculte et assez primaire (un pléonasme ?).

Regardez bien : OK c'est juste le contraire de KO (knock-out c'est-à-dire "tapé dehors", inapte à continuer, hors-jeu, ayant fini la partie) ; est KO ce qu'il faut arrêter, ce qui s'arrête, ce qui est au bout du rouleau.

OK c'est donc le contraire : GO !, vas-y, fonce, continue, roule, etc …

Ce n'est que ma théorie, mais elle me plaît bien …

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Le 03/12/2017

Il est impossible de percevoir les ruptures avec les yeux de la continuité.

Ainsi, il est impossible de comprendre le changement de paradigme avec les grilles de lecture du paradigme d'avant.

Cette bévue explique les inepties véhiculées par les discours politiques, économiques et médiatiques : tant qu'ils n'accepteront pas l'idée d'un changement de paradigme, ils resteront aveugles, stupides et pétrifiés.

L'œil du marteau ne voit que des clous, partout …

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Sur les 28 présidents de la République française, il y eut 11 avocats, 9 fonctionnaires, 5 journalistes et … 3 industriels.

Ces chiffres parlent d'eux-mêmes et sonnent un dramatique verdict.

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Victor Hugo, au début de "La légende des siècles", écrit que l'humanité est "un seul et immense mouvement d'ascension vers la lumière …". On reconnaît le lyrisme du poète de l'Homme et du Progrès.

Peut-être moins de lyrisme et plus de réalisme permettraient d'écrire : du fangeux terreau de l'humanité émergent, de temps à autre, de délicats mouvements d'ascension vers la lumière.

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Face à l'antisémitisme, le Juif a trois options : soit le nier (la Shoah n'a été possible qu'en ce sens), soit le détruire (c'est la racine même du sionisme), soit l'assumer et le dépasser en s'affirmant juif sans complexe, mais sans concession aux poncifs lamentables.

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La judéité n'est pas une race ; le biologie l'a démontré depuis longtemps. La judéité est une culture, un système de croyances et de valeurs. A l'origine de toute cette tragédie multimillénaire qu'est l'antisémitisme, il y a l'antijudaïsme chrétien c'est-à-dire le besoin vital, existentiel et transcendantal du christianisme naissant de s'accaparer de ce qui était juif en en expulsant les Juifs.

A la racine de tout cela, il y a Paul de Tarse. Après lui, il n'y eut plus qu'à broder, en l'amplifiant, sur le mythe du Juif réputé négatif (qui ne renonce pas à ce qu'il est alors qu'il est "dans l'erreur" et qui n'accepte pas la foi chrétienne qui est la "vérité"). Il a suffi alors d'amplifier ce négativisme (le Juif est tout ce qu'il ne faut pas être) pour sombrer dans les caricatures absurdes et les clichés nauséabonds véhiculés par tous les mouvements antisémites faisant du  Juif le bouc émissaire universel. Puisque le Juif est tout ce qu'il ne faut pas être : il est riche pour les pauvres, menteur pour les bien-pensants,  pouilleux pour les bourgeois, commerçant pour les consommateurs, maquignon pour les propriétaires, roublard pour les moralisateurs, prix Nobel pour les cons, banquier pour les prolétaires, traître pour les patriotes,  cosmopolite pour les nationalistes, révolutionnaire pour les conservateurs, traditionnaliste pour les progressistes, particulariste pour les universalistes, communautariste pour les républicains, etc …

Le juif est devenu le symbole de tout ce qu'il faut pas être 

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Le 04/01/2017

D'Alphonse Allais :

" Je ne prendrai pas de calendrier cette année,

car j’ai été très mécontent de celui de l’année dernière"

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Ce que François Cheng appelle, avec finesse, le "ricanement voltairien" exprime une profonde déspiritualisation du monde occidental.

Ce qu'en 1985, Marcel Gauchet appelait le "désenchantement du monde", ne présentait que la partie visible de cet iceberg monstrueux qu'est la déspiritualisation de la Vie

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Comment l'Art a-t-il pu chasser la beauté de son horizon, alors que la beauté est la plus sublime et profonde aspiration de l'âme ? L'Art ne veut plus parler à l'âme. A quoi donc veut-il parler, à présent ? Au portefeuille, sans doute. Aux feuilles de chou, sans conteste. Mais, plus tristement, l'Art ne veut plus parler à quoique ce soit, il veut seulement qu'on parle de lui.

L'œuvre n'est plus au centre ; elle devient de plus en plus éphémère, d'ailleurs. C'est le créateur qui veut occuper toute la place.

Apologie d'un narcissisme artistique dérisoire.

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De François Cheng :

 

"(…) je me sens relié à ce Désir initial par lequel l'univers est advenu (…)

le Désir initial qui du Rien fait advenir le Tout."

Au commencement était le Désir … l'autre nom de l'Intention.

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De Georges Bernanos, dans le fabuleux "Dialogue des Carmélites" :

"Cette simplicité de l'âme, nous consacrons notre vie à l'acquérir (…)"

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Selon Augustin d'Hippone, l'Âme serait composée de Mémoire, d'Intelligence et de Volonté.

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Le livre fascinant de Simon Epstein : "Un paradoxe français" (Albin Michel - 2008), analyse l'évolution de l'antisémitisme en France chez les "collabos" et chez les "résistants" entre les années 1935 et 1945 … Il montre que les "bouffeurs de sales Juifs" ne sont pas toujours là où on croit.

La gauche française a toujours été beaucoup plus antisémite et collaboratrice[2] que la droite traditionnelle qui, elle, est plutôt vieille-France, franchouillarde, cocardière, chauvine, souverainiste, catholique, etc … avec un sens de l'honneur et de la patrie où la collaboration ferait tache !

Les principes d'égalitarisme et d'universalisme de la gauche sont foncièrement en guerre avec l'élitisme et le communautarisme (le particularisme) juifs.

La gauche s'est refait une virginité après la guerre (comme Mitterrand et Sartre, entre autres).

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Je suis de plus en plus convaincu qu'entre "socialisme" et "populisme", il n'y a aucune différence.

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Je suis arrivé à une conclusion simple : les Juifs ne demandent rien à personne et c'est cela que tout le monde leur reproche !

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Il faut bien méditer sur les notions d'antijudaïsme (religieux et théologique), d'antisémitisme (racial et culturel) et d'antisionisme (politique et idéologique) et, surtout, sur les interrelations entre ces trois.

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De Jacques Bénesteau :

" La psychanalyse n'est pas un objet sacré au-delà de toute critique et du jugement de l'histoire. Certaines impostures du freudisme ont déjà, depuis longtemps, été dénoncées. Mais depuis un quart de siècle, de nombreuses études historiques fouillées accumulent les données accablantes et dénoncent ce qui apparaît de plus en plus comme une invention mensongère, voire une escroquerie, et en tout cas comme une prodigieuse rhétorique de désinformation. Les procédés mis en œuvre remontent au héros fondateur lui-même, sa fabrication de la psychanalyse. Sigmund Freud fut d'emblée un expert qui inventa des patients, une étiologie, et de prétendus effets thérapeutiques. Pas un seul cas traité par Freud n'a été guéri ni même amélioré par sa méthode, et tous furent des faillites qu'il érigea en victoires pour l'édification de ses fidèles et la manipulation de ses admirateurs. Ses successeurs ont fait leurs ces procédés, n'exhibant guère de preuves de leurs réussites, tout en tenant avec assurance des discours théoriques fermés à la critique. Solidement organisés en réseaux auto-protecteurs, les psychanalystes se sont solidairement ingéniés à maintenir leur pouvoir et leur mystique, n'hésitant pas à recourir à d'abondantes falsifications"

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Le 05/01/2017

Le "problème palestinien" a été créé de toutes pièces par l'Union Soviétique. L'antisionisme arabe a été fabriqué et alimenté depuis Moscou, à grands coups de "Protocoles des Sages de Sion", par 6000 agents bolchéviques répartis dans les pays concernés. L'Egyptien Yasser Arafat (de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini, neveu du grand mufti de Jérusalem, al-Husseini, grand ami de Hitler, militairement formé, durant la guerre, par des Waffen-SS) était une pure créature du KGB, instigateur et organisateur de l'OLP et du Fatah. Et toute cette simagrée continue encore, malgré l'effondrement de l'URSS en 1989, il y a 28 ans.

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D'après les traditions chrétiennes et kantiennes, l'homme, parce que né humain, serait doté d'une inaliénable dignité qui imposerait de le respecter, quel qu'il soit et quoi qu'il fasse.

Kant insiste : c'est parce qu'il est investit d'une dignité quasi divine (l'homme n'est-il pas fait à l'image de Dieu ?) que jamais un homme ne peut être instrumentalisé : l'homme ne peut jamais être un moyen car il est une fin en soi.

On comprend bien que cette notion de dignité est caduque sur au moins trois points.

Primo : pourquoi l'humain jouirait-il d'une dignité que n'auraient pas les autres vivants, les autres étants qui composent le Réel ? En quoi l'homme serait-il plus digne de respect que ce chêne ?

Secundo : pourquoi l'homme serait-il un fin en soi ? L'homme, comme tout ce qui existe, n'existe que comme moyen au service de l'accomplissement du Réel ; aucune partie du Tout ne peut être une fin en soi, car seul le Tout l'est.

Tertio : alors qu'ils ne sont égaux en rien, pourquoi les hommes devraient-ils être considérés comme égaux en dignité ? Je pense que la dignité d'un homme (son honneur, le respect qui lui est dû) est proportionnelle à sa valeur et que cette valeur est proportionnelle à la qualité de ses œuvres au service de la Vie et de l'Esprit. En ce sens, il faudrait alors constater qu'il y a pléthore d'animaux humains sans la moindre valeur, donc clairement indignes.

On le sent bien vite : la notion de dignité humaine ressortit centralement de l'idéologie humaniste (anthropocentrée) ; dès que l'on s'écarte un tant soit peu de cet humanisme, le concept s'effondre.

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De Hildegarde de Bingen (13ème s.) :

"Le corps est le chantier de l'âme où l'esprit vient faire ses gammes."

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En Inde, on ne dit pas d'un mourant qu'il rend son âme ; on dit qu'il abandonne son corps.

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Pour le Talmud (Babli - Berakhot, 10a), "Dieu emplit le monde entier" ; Dieu est l'Âme du monde.

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Avec Edwy Plenel, on touche le fond du fond du gauchisme culturel le plus infect. Mais qu'est-ce qui peut donc bien se passer de tordu dans la tête d'un psychopathe pareil ? Encore oser se prétendre "trotskiste culturel" de nos jours relève de la bouffonnerie dramatique.

Jacobinisme, marxisme, léninisme, trotskisme, stalinisme, maoïsme, … : toutes ces absurdes doctrines mortifères ont échoués en provoquant la mort de centaines de millions de personnes, de par le monde, durant le 20ème siècle ; tout qui s'en réclame, peu ou prou, devrait être guillotiné, séance tenante.

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L'imagerie gauchiste offre souvent l'image d'une petit nombre d'humains extrêmement cupides qui exploite et pille le monde autour d'eux, à leur seul profit. L'image est juste, à ceci près que ce "petit nombre", c'est 85% de l'humanité.

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Le 06/01/2017

Si le Judaïsme est évidemment incompatible avec le Catholicisme, des ponts mystiques peuvent exister entre lui et l'Orthodoxie chrétienne grecque.

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On adore, dans ce pays, entretenir des confusions de vocabulaire qui arrangent bien les idéologues de tous bords. Celui entre financiarisme, capitalisme et libéralisme. Celui entre laïcité, laïcisme, anticléricalisme et athéisme. Et celui qui tourne autour du mot "racisme" et qui ne veut pas distinguer la première version qui consiste à constater des différences parfois énormes, entre les races et les cultures, et la seconde version qui prend prétexte de ces différences pour prêcher la supériorité d'une race ou culture, sur une autre.

J'avais écrit un article sur ce thème en 1976 qui m'a coûté très cher dans ce monde académique alors déjà, autant que maintenant, victime du gauchisme culturel.

Désolé : constater une différence et affirmer une supériorité ne reviennent pas au même.

Il en va de même, à propos du sexisme : constater des différences irréductibles (et riches et précieuses) en homme et femme, n'implique nullement une quelconque justification du masculin à opprimer le féminin.

La complémentarité des talents et aptitudes est bien plus féconde et fertile que l'égalitarisme stérilisant.

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Le boboïsme ambiant, prenant prétexte - et c'est vrai - que l'esprit humain a besoin d'être sollicité en permanence pour garder sa vivacité et son agilité, met en avant le slogan de l'impérieuse nécessité de la socialité. Cependant, celle-ci est bien moins féconde qu'une bibliothèque de bons livres ou que la Nature.

Les immenses médiocrités humaines ne sont que rarement fertiles.

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En chinois, l'apothéose de l'amour physique se dit "fusion des âmes".

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Le 07/01/2017

Beaumarchais, en évoquant les "révolutionnaires" de 1789, parlait des "tartuffes de la probité".  Le terme est plus que jamais d'actualité pour qualifier les bien-pensants du gauchisme culturel qui voudraient bien devenir les Robespierre d'aujourd'hui, parés de leur guillotine idéologique.

Mais la guillotine est émoussée et démantibulée, et Robespierre est plus que pourrissant.

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La mystique s'occupe de l'Âme du Réel.

La (méta)physique s'occupe de l'Esprit du Réel.

La poésie s'occupe du Cœur du Réel.

La science[3] s'occupe du Corps du Réel.

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A propos de Simone Weil, François Cheng écrit ceci :

"Elle est persuadée, comme Pascal, que 'l'homme passe l'homme', que son destin fait partie d'une advenir qui le dépasse, qu'il ne saurait être 'la mesure de toutes choses', encore moins le critère de valeur lui-même."

Tout le combat contre la malignité moderne s'enracine là. Tant que l'humain ne sera qu'au service de lui-même - c'est-à-dire de ses caprices puérils -, il pillera et saccagera tout. C'est là toute l'histoire des temps modernes.

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De Simone Weil, précisément :

"(…) le christianisme est par excellence la religion des esclaves,

(…) des esclaves ne peuvent pas ne pas y adhérer (…)"

On pourrait paraphraser : l'islamisme est par excellence la religion des incultes, des incultes ne peuvent pas ne pas y adhérer. On pourrait substituer à "incultes" le mot "frustrés".

De même : la socialo-gauchisme est par excellence la religion des envieux, des envieux ne peuvent pas ne pas y adhérer. On pourrait aussi substituer à "envieux" le mot "parasites".

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Lorsque Simone Weil - qui était juive, mais largement ignorante du judaïsme - affirme que : "le christianisme est par excellence la religion des esclaves", elle se place elle-même au rang des esclaves et deviendra, d'ailleurs, chrétienne de cœur.

Mais il faut prendre cette affirmation de Simone Weil très au sérieux. Le judaïsme se fonde lui, très précisément (et c'est tout le sens de la fête centrale qu'est Pessa'h - la Pâque), sur la "libération de l'esclavage". La sortie d'esclavage, sous la conduite de Moïse, est l'acte fondateur de la judéité. Ce n'est qu'après la Libération des esclavages que l'on peut prétendre à la Révélation (Shavouot) et à la Purification (Soukot), avant l'Accomplissement.

D'un côté l'obéissance et la soumission au Père ; de l'autre la Libération et l'Alliance avec Dieu.

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Le socialo-gauchisme, comme toutes les militances ou idéologies, est une religion comme les autres. Une religion athée (comme le bouddhisme ou le taoïsme), avec ses dogmes, son clergé, ses saints et ses martyrs, ses diables et ses péchés, ses sacralisations collectives, ses communions fusionnelles et ses grand-messes rituelles. Le communisme soviétique l'avait parfaitement montré en son temps. Les gesticulations débiles actuelles (des "Indignés" à "Nuit debout") relèvent de ces mêmes sordides eaux-là.

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Le socialo-gauchisme est le dernier avatar du christianisme. Nietzsche l'avait parfaitement compris, comme Simone Weil : une religion pour les esclaves qui ne veulent pas se libérer et qui exigent qu'on les engraissent.

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Le 08/01/2017

Se battre pour des idées ? Oui bien sûr : se battre pour l'anti-égalitarisme, l'anti-étatisme, l'anti-socialisme (ou l'anti-totalitarisme, ce qui est pareil), l'anti-nationalisme, l'anti-souverainisme, l'anti-bourgeoisisme, l'anti-matérialisme, l'anti-démocratisme, l'anti-humanisme ... Bref : se battre contre la philosophie des "Lumières" et ses conséquences socialo-gauchistes.

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Sans adopter les archaïsmes de la droite ni les compromissions du centre, il faut combattre farouchement la gauche sous toutes ses formes parce qu'elle prône des "idéaux" radicalement contre-nature qui ne peuvent conduire qu'à la violence bureaucratique et/ou au totalitarisme étatiste.

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Un constat lu sur la Toile et validé :

" La France apporte son soutien à l’Autorité palestinienne et à Mahmoud Abbas qui défend le camp de la paix. La France contribue activement au développement économique palestinien et à la consolidation des institutions du futur Etat palestinien. Elle consacre des sommes considérables (près de 400 M€ sur la période 2008-2014, et 40 M€ en 2015) à l’aide à la Palestine, dont environ un tiers en faveur de Gaza. La Palestine demeure le premier bénéficiaire de l’aide budgétaire française."

Le saviez-vous, chers contribuables français, que vous financez le terrorisme international, le Hamas, etc … au nom du vieil antisémitisme républicain et socialiste de France ?

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Le 09/01/2017

De Xavier Fontanet :

"Le problème, c’est notre éducation. Regardez les enquêtes PISA ! Elles montrent une baisse très préoccupante du niveau des élèves. C’est de là aussi que vient notre appauvrissement. On peut toujours nous raconter qu’une partie des actifs sera mise de côté à cause de la robotisation des usines et du numérique, mais le vrai sujet est que les exclus seront ceux qui ne maîtrisent pas les savoirs. La société devient de plus en plus sophistiquée : pouvoir bien s’y développer personnellement demande des compétences en matière d’expression, de calcul, de compréhension par la lecture ; il faut aussi un minimum de connaissances techniques même pour les littéraires. Si on ne donne pas aux enfants les moyens de progresser, le futur promet d’être sombre, en particulier dans un monde de plus en plus ouvert et concurrentiel. (…) Les entreprises installeront leurs sites et leurs usines là où les gens seront les plus qualifiés et les plus agiles. Notre système scolaire a la responsabilité de donner les outils à nos enfants. (…) Et c’est lui qui est jugé par PISA, pas les élèves !"

Nous entrons dans une économie de la connaissance (ce qui est bien plus qu'une simple économie de l'information et de la technologie). Pour maîtriser de la connaissance, il faut maîtriser trois choses : les sources mémorielles, les langages formels et les méthodes opérationnelles.

Aucun de ces trois piliers de la connaissance n'est plus sérieusement enseigné.

 

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Tant que l'on confond "instruction publique" ou "enseignement", avec "éducation nationale", l'avenir des enfants est foutu.

 

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La judéophobie prend trois visages : l'antijudaïsme qui est une haine religieuse et spirituelle, l'antisémitisme qui est une haine ethnique[4] et culturelle, et l'antisionisme qui est une haine politique et idéologique.

Mais il ne faut pas se leurrer : ces trois ne font qu'un.

 

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Il faudra un jour qu'on écrive : "Le livre noir du palestinisme" afin qu'éclate enfin au grand jour l'immense imposture géopolitique qu'est ce "peuple palestinien" qui n'existe pas et qui a été fabriqué de toutes pièces par le KGB.

 

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Plus je vieillis et plus je crois que la rigueur est une vertu cardinale. L'indulgence, la pitié, la compassion, la charité, sont des lâchetés qui hypothèquent l'avenir.

Plus le chas de l'aiguille est étroit, plus il faut être précis pour que le fil y passe.

 

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Si la culture - la vraie - intéressait les masses, il y a longtemps que cela se saurait[5].

Les subventions d'Etat à la "culture" sont de la gabegie et du gaspillage purs et simples.

La culture ne se subventionne ni ne se promotionne ; les incultes le resteront.

 

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L'idée de culture populaire est un oxymore.

 

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Le mot et l'idée de "vulgarisation" me révulsent. Vulgariser : rendre vulgaire !

 

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De Svâmi Prajñânpad :

 

"Le concept de Dieu en tant que personne est une illusion complète. Et l'illusion est venue du besoin de compensation du père et de la mère terrestres. Le concept de Dieu est le concept de l'enfant éternel. Les gens sont enfantins. Ils grandissent en années mais mentalement ils restent enfantins. Alors il veulent un Dieu personnel."

 

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Le 10/01/2017

 

Toute idéologie est un système plus ou moins cohérent d'idées concernant une société réputée "idéale" aux yeux de ses militants. La notion d'idéologie s'oppose aux notions de réalisme et de pragmatisme. L'idéologue refuse le monde tel qu'il est et tel qu'il va, et il s'ingénie, par la violence s'il le juge bon, à faire rentrer toute la richesse du monde réel dans le moule étriqué de ses convictions, au total mépris des convictions adverses.

Le socialisme, quel qu'en soit la forme, est une idéologie.

Le libéralisme est l'anti-idéologie par excellence.

 

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Du Talmud :

 

"Il existe pour nous de grandes paroles pour dire Un"

 

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Quel dommage que la philosophie des Cyniques, inaugurée par Antisthène (446-365), ait donné ce mot infâme de "cynisme".

 

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Si l'on veut éviter le piège de Narcisse, il faut assumer le retour aux sources avec Ulysse.

 

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A la racine, il y a l'Un.

L'Un s'accumulant à lui-même devint Mémoire. Et la Mémoire se regardant elle-même, engendra le Désir.

De la tension entre Mémoire et Désir, naquit l'Intention.

De l'Intention sortirent les trois piliers : La Substance, la Forme et l'Activité.

 

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Pour moi, la seule vraie vie authentique est tout intérieure ; le monde extérieur (tous les humains compris) n'est, toujours pour moi, qu'un sujet d'étude … comme les fourmilières le sont pour l'entomologiste.

 

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La cosmologie fait la jonction entre métaphysique (l'étude des fondements du Réel) et physique (l'étude des manifestations du Réel). Toutes les autres disciplines scientifiques ou philosophiques en découlent.

 

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Le 11/01/2017

 

La notion d'intelligence artificielle est un mythe. Les fleurs artificielles ne sont pas des fleurs. L'IA, c'est de l'intelligence algorithmique humaine amplifiée par une machine stupidissime, appelée ordinateur, qui additionne des 0 et des 1 à des vitesses hallucinantes.

 

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De mon complice Alain Glon :

 

"Quand quelque chose bouge : taxez-le.

Si ça bouge encore : réglementez-le.

Si ça ne bouge plus : subventionnez-le."

 

Parfait résumé du système français.

 

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Le modèle organisationnel dominant, jusqu'aujourd'hui, a été la pyramide hiérarchique qui est un modèle solide, mais totalement inefficace dans l'univers complexe, effervescent et imprévisible comme l'est durablement le nôtre. Les dinosaures de l'ère financiaro-industrielle vont tous disparaître dans les quinze ou vingt ans qui viennent.

Le modèle émergeant qui le remplace, est le réseau. L'entreprise, dès lors, deviendra un réseau collaboratif de personnes qui s'engagent fortement dans la réussite d'un projet commun, en échange de différentes marques, matérielles ou non, financières ou non, de reconnaissance.

Le statut de ces personnes sera celui d'associé, de partenaire ou de fournisseur, plus celui de salarié. La notion de salariat est morte et, avec lui, en toute bonne logique, la notion même de syndicat.

Chacun devra se réapproprier sa propre vie professionnelle, son propre fond de commerce, sa propre expertise virtuose. Chacun deviendra un néo-artisan indépendant impliqué, par choix, dans une série de projets entrepreneuriaux avec d'autres néo-artisans.

 

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Pour ceux qui n'ont pas de talent ou pas d'énergie, il faudra remplacer le fatras des assistanats actuels - souvent absurdes par incompétence et dilapidés par clientélisme - et appliquer à tous et partout la simple idée d'allocation universelle. De sa naissance à sa mort, chaque citoyen touchera une allocation mensuelle et rien d'autre. (cette allocation universelle peut être financée par une hausse de la TVA à 30% accompagnée par la suppression de tous les impôts sur les revenus). S'il s'en contente, tant pis pour lui : il survivra chichement, sa vie durant, sans effort, mais sans joie. S'il ne s'en contente pas, il se formera pour devenir un néo-artisan plus ou moins virtuose et pour participer à des projets qui le rémunèreront en plus.

 

 

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Il faut être lucide : toutes les ressources naturelles, indispensables à nos activités, sont déjà pénuriques aujourd'hui et deviendront toujours plus chères. Il faudra donc que chacun décide avec soin ses priorités. L'activité humaine deviendra de plus en plus locale (les coûts de déplacement deviendront bientôt prohibitifs) et se concentrera dans un terroir physique restreint, mais numériquement connecté avec la totalité des activités des autres, partout, à tout moment.

 

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Le scientisme du 19ème siècle et le nihilisme du 20ème siècle ont démontré amplement, par l'absurde, jusqu'à l'absurde, que l'essentiel de la vie de chacun est en lui et non autour de lui ; que l'extériorité a bien moins de valeur de vie que l'intériorité ; qu'avoir et paraître sont stupides et qu'être et devenir sont l'essentiel ; que la consommation tue et que la frugalité illumine …

Bref : il est temps que les temps libres de chacun soient consacrés à la quête de joie intérieure, de paix intérieure et de richesse intérieure. Cela s'appelle "spiritualité".

 

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Mon cher ami, le philosophe Bertrand Vergely, et moi sommes en train de finaliser un ouvrage commun qui est intitulé : "Obscures Lumières", et qui veut en finir avec ces idéaux simplistes du 18ème siècle qui polluent encore dramatiquement notre présent et qui empêchent, souvent gravement, l'indispensable changement de paradigme qui tente de percer aujourd'hui.

Ce livre cherche éditeur (et ce ne sera pas facile vu la bien-pensance socialo-gauchiste des milieux éditoriaux français, en général, et parisiens, en particulier).

 

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Sur le concept de compétition, il y a aurait beaucoup à dire selon que l'idée maîtresse en soit la destruction de l'autre, ou qu'elle en soit la différenciation des virtuosités et la stimulation des intelligences.

 

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Les Lumières et leurs universalismes à la gomme sont la cause profonde de la troisième République et, par suite, de l'écrasement, sans pitié, de la riche et féconde diversité des idiosyncrasies locales.

 

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L'universalisme est toujours un appauvrissement, une uniformisation, une entropisation menant à la bien-pensance, à la pensée unique, au conformisme et à la conformité.

 

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L'actuel paysage politique français professe encore viscéralement un anti-libéralisme, donc un idéologisme et un étatisme obsolètes et archaïques.

Au sein de cet étatisme, s'inscrivent deux axes de ségrégation.

L'un va de l'universalisme (internationalisme ou mondialisation, marxisme ou financiarisme, …) au différencialisme (nationalisme, patriotisme, souverainisme, isolationnisme, protectionnisme, …). L'autre va du populisme (socialisme, ouvriérisme, misérabilisme, poujadisme, …) à l'élitarisme (bourgeoisisme,  …).

Cela donne quatre candidats possibles pour les élections présidentielles du mois de mai prochain :

  • Mélenchon (populisme, internationalisme) : universalisme marxiste.
  • Le Pen (populisme, différencialisme) : populisme patriote.
  • Macron (élitarisme, internationalisme) : social-démocratisme mondialiste.
  • Fillon (élitarisme, différencialisme) : bourgeoisisme nationaliste.

Les autres formations ou candidats sont d'ores et déjà hors course.

Mélenchon sera expédié au premier tour.

Le second tour probable se disputera entre Le Pen et Fillon. Mais …

 

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Depuis deux ou trois ans, les faits donnent de plus en plus raison au modèle du changement de paradigme et de l'éviction de l'establishment de la "courbe rouge" (Brexit, élection Trump, victoire de Fillon contre Sarkozy et Juppé, montée de Macron, sortie de Hollande, sortie de Renzi, difficultés de Merkel, …). L'économie mondiale est en berne … et le restera ; nous sommes en récession durable. Les ressources continuent leur pénurisation à marche forcée. Hors les effets d'annonce des faiseurs de gadget californiens, la technologie stagne. La Chine et la Russie haussent le col, mais au prix de fragilisations colossales intérieures. Daesh et Al Qaïda sont moribonds (mais peuvent encore nuire intensément). Les Etats-Unis d'Obama et l'Arabie saoudite (les deux derniers dinosaures de l'ère du pétrole et du financiaro-industrialisme) continuent de "foutre la merde" dans le monde entier, la main dans la main.

 

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La remontée (que j'espère rapide) des taux bancaires (et une augmentation spectaculaire des prix des énergies fossiles et des ressources naturelles) est une aubaine à espérer car elle va faire s'écrouler les faux systèmes (notamment étatiques) construits sur une dette effarante, elle va faire s'effondrer l'économie spéculative et remettre enfin l'économie réelle des vraies entreprises productrices de vraie valeur d'usage, au centre du jeu.

Fin du paradigme financiaro-industriel.

Qu'il y aura des tonnes de plumes à perdre, oui, et alors ? Il est temps de sonner la fin de la récréation spéculative qui plombe l'économie mondiale depuis un quart de siècle. Non ?

 

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Le 12/01/2017

 

L'idéologie bobo qui voudrait voir "du lien" et de la "convivialité" un peu partout, parle d'économie collaborative. Un euphémisme ridicule et idéalisant pour parler de troc, d'échanges directs, d'achats et de ventes sans intermédiation ou de travail au gris, dont l'objectif n'est pas de "raffermir les liens sociaux trop distanciés dans ce monde froid", mais bien de faire des économies directes, sonnantes et trébuchantes. Il n'y a rien de collaboratif (cum laborare : travailler ensemble). Juste du commerce "gris". Non imposable, qui plus est. Du moins pour l'instant …. L'Etat aux abois, va se réveiller.

 

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Sans trancher abruptement, comme le fait Michel Onfray, quant à la nature ou bien totalement historique, ou bien totalement symbolique des récits évangéliques, force est d'admettre que, s'il existe probablement quelques infimes germes historiques - l'existence d'un agitateur pharisien dissident (un peu essénien, un peu zélote) nommé Jésus, et son exécution en crucifié par les Romains -, la masse de ces récits est purement symbolique, née dans l'imaginaire névrosé de Paul de Tarse et développée pendant plus de deux siècles par les sectateurs et zélateurs de celui-ci, en de multiples écrits dont certains ont été désignés plus tard comme canoniques.

De plus, la grande majorité des épisodes prêtés par les Evangiles à la vie de Jésus, sont des copiés et collés, souvent mot à mot, de textes, bien antérieurs, de la Bible hébraïque que l'on a rassemblés ad hoc pour accréditer une thèse fabriquée de toutes pièces a posteriori : le Jésus des Evangiles est bien le "Messager", le "Sauveur" ou le "Messie" (le "Christ" en grec) annoncé par certains livres de la Bible hébraïque. La "biographie" de Jésus a été écrite en vertu et au service de cette thèse ; elle n'a rien d'historique.

L'homme Jésus fut un prétexte insignifiant pour la réinvention du Christ, mais hors du Judaïsme, à l'usage des "Gentils" endoctrinés par Paul de Tarse.

Mutatis mutandis, presque la totalité des récits "chronographiques" de la Bible hébraïque et les multiples fables et légendes qui façonnent le Coran ou la Bhagavad Gîta ou le Tchouang-Tseu, … sont purement fictifs, imaginaires et allégoriques. Cela ne change rien quant à la portée spirituelle de ces écrits, ni quant à leur importance traditionnelle pour les communautés qui s'y reconnaissent et qui s'y fondent.

La tragédie et le délire commencent lorsque des forcenés débiles proclament la totale historicité de ces récits pourtant si évidemment falsifiables (au sens de Popper).

 

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Ce qui ne lasse pas de m'étonner c'est combien les récits humains foisonnent de miracles absurdes alors qu'ils passent à côté des merveilles réelles.

Il y a, dans la logique du miracle, l'expression d'un refus et d'un rejet du Réel, une manifestation terrible de l'orgueil humain qui n'accepte pas de se soumettre à la Nature.

 

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Le 13/01/2017

 

Le christianisme, comme tous les processus complexes, est passé par un ensemble de phases successives de vie, fidèlement au modèle de la "courbe de vie". Le cycle chrétien couvre trois cycles paradigmatiques (le haut moyen-âge, la féodalité et la modernité) de 550 ans chacun, en moyenne.

Le germe : la période légendaire de Jésus et ses apôtres, sur laquelle on ne sait rien (et sur laquelle il y a bien peu à connaître … puisque c'est Paul de Tarse qui invente le christianisme et qui provoque les écrits néotestamentaires).

La naissance : la période évangéliste qui commence avec Paul (et ses "Epîtres") et qui produit tous les écrits évangéliques dont bien peu seront reconnus "canoniques" avec le temps.

La croissance : la période patristique qui couvre le haut moyen-âge (325-843), en démarrant avec Augustin d'Hippone et le concile de Nicée, et qui est la période théologique la plus foisonnante avec deux moments : la patristique grecque, extraordinaire, et la patristique latine, de moindre intérêt.

L'apogée : la période scholastique ou ecclésiastique du bas moyen-âge (843-1453) qui voit l'institutionnalisation de l'orthodoxie et du catholicisme césaro-papiste (qui est dissident et hérétique face à l'orthodoxie, ne l'oublions pas), et qui culmine, du côté catholique, avec Thomas d'Aquin.

Le déclin : la période moderne qui, avec la Renaissance, voit naître l'Inquisition catholique, les Réformes protestantes, la Contre-réforme débilitante catholique, la percée des grands mystiques, la montée des critiques et des doutes,  l'aggiornamento raté de Vatican II, et le triomphe progressif, au fil des 19ème et 20ème siècles, du matérialisme, de l'athéisme, de l'anticléricalisme, du laïcisme, etc …

La mort : la période que nous vivons aujourd'hui.

La question qui se pose aujourd'hui est celle de l'éventuelle émergence d'un néo-christianisme qui prendrait le relais du vétéro-christianisme. Des penseurs mystiques comme Joachim de Flore avaient pressenti la fin de l'Eglise du Fils et le passage à l'Eglise de l'Esprit. Il est clair que des germes d'un néo-christianisme ont été semés par Pierre Teilhard de Chardin, Emmanuel Mounier, Hans Küng ou d'autres …

Le scénario le plus probable, me semble-t-il, est l'extinction définitive du christianisme proprement dit et l'émergence d'une nouvelle spiritualité areligieuse (incluant, pourquoi pas, une part de néo-christianisme), probablement plus syncrétiste, orientalisante, panenthéiste, adogmatique et très intériorisée, dans une ligne New-age "rectifiée".

 

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Les principaux auteurs français de la French Theory, développée par des "penseurs" américains (comme Judith Butler !) et dénoncée virulemment et pertinemment par Alan Sokal et Jean Bricmont, sont : Louis Althusser, Jean Baudrillard, Simone de Beauvoir, Pierre Bourdieu, Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Michel Foucault, Félix Guattari, Luce Irigaray, Julia Kristeva, Jacques Lacan, Claude Lévi-Strauss, Jean-François Lyotard, Jacques Rancière et Monique Wittig.

Presque tous se revendiquent de la psychanalyse … C'est dire !

Bref, la lie, souvent gauchisante, de la pensée universitaire française des années 1960 à 1990, championne de l'imposture intellectuelle et des logorrhées vides mais absconses. Tous ces "penseurs" sont bons pour les poubelles de l'histoire culturelle. Ils démontrent à souhait que les soi-disant "sciences humaines" ne sont pas des sciences, mais des délires verbaux, sans fondement.

 

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Les Juifs sont et restent le vrai grand problème des Chrétiens, depuis le tout début, depuis les Epîtres de Paul (notamment aux Thessaloniciens).

Pourquoi ? Parce qu'il est impossible de légitimer la spoliation radicale de l'héritage spirituel juif par des non-Juifs qui s'en prétendent, a posteriori, les légitimes propriétaires.

De là, cette judéophobie qui, selon les époques, s'exprime comme antijudaïsme (religieux et cultuel), comme antisémitisme (ethnique et culturel) ou comme antisionisme (politique et idéologique).

Il en va des Musulmans comme des Chrétiens : le Coran sait parfaitement tout ce qu'il doit à la révélation mosaïque (Abraham, Agar et Ismaël, le monothéisme, les interdits alimentaires, le rejet des idolâtries, le prophétisme, le messianisme, les archanges dont Gabriel, …) et il ne peut viscéralement pas l'accepter. Il dénie alors, au Juif, tout droit à son propre héritage, y compris la Terre promise de Judée et la place centrale de Jérusalem (revendiquée comme "lieu saint" par l'Islam, au nom d'un "voyage" onirique fait par le Prophète, selon le Coran … on croit rêver).

La judéophobie est consubstantielle au christianisme et, par conséquent, à son succédané arabe qu'est l'islamisme et à son héritier moderne qu'est le socialisme (national ou non).

 

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D'Antoine de Saint-Exupéry :

 

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir,

mais de le rendre possible"

 

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Il me paraît assez évident que les trois Evangiles synoptiques - et les Actes des Apôtres qui les prolongent - sont des écrits de propagande paulinienne. En revanche, l'Evangile dit de Jean - et non le livre de l'Apocalypse qu'on lui attribue, qui est un texte juif ancien, préchrétien, remis à la sauce chrétienne - est d'une autre nature ; beaucoup plus tardif, il propage un johannisme grec beaucoup plus ésotérique et philosophique que les récits synoptiques qui forment les strates d'une même surenchère : Marc, puis Matthieu, puis Luc et les Actes.

L'Evangile de Jean, "aigle de Patmos", outre l'antijudaïsme forcené qu'il professe, appelle des concepts abstraits et fonde une christologie mystique qui pointe déjà vers l'esprit orthodoxe, alors que les synoptiques, plus exotériques et "édifiants", seront mieux accueillis par le catholicisme.

 

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Le 14/01/2017

 

L'Etat, progressivement, à pas de loup, s'est transformé en Mafia totalitaire avec ses clans et ses familles, avec ses parrains "grands élus" et ses rackets fiscaux, avec son omerta médiatique et ses crimes secrets, avec sa violence banale et sa loi inique et arbitraire, avec ses porte-flingues contrôleurs et ses tueurs inspectoriaux.

 

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On oublie trop souvent la définition du tyran telle qu'héritée de l'Antiquité. Un tyran est un chef politique, généralement d'origine populaire, qui a usurpé le pouvoir dans une cité ou un Etat libre.

Que voilà une bonne définition du socialisme.

 

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D'Henri Bergson :

 

" L’homme devrait mettre autant d’ardeur à simplifier sa vie qu’il en met à la compliquer. (…)

L'humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu'elle a faits. Elle ne sait pas assez que son avenir dépend d'elle. (…)

On a raison de dire que ce que nous faisons dépend de ce que nous sommes. Mais il faut ajouter que nous sommes, dans une certaine mesure, ce que nous faisons, et que nous nous créons continuellement nous-mêmes. (…)

Le besoin toujours croissant de bien-être, la soif d'amusement, le goût effréné du luxe, tout ce qui nous inspire une si grande inquiétude pour l'avenir de l'humanité parce qu'elle a l'air d'y trouver des satisfactions solides, tout cela apparaîtra comme un ballon qu'on remplit furieusement d'air et qui se dégonflera aussi tout d'un coup. (…)

Le temps est une invention ou il n'est rien du tout."

 

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Un trait commun et caractéristique de Paul de Tarse et Mahomet de la Mecque : la paranoïa épileptique.

 

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La rationalité est quadruple : mécanique, algorithmique, systémique et anagogique. Se contenter de la seule rationalité mécanique, comme le fit la modernité, c'est se condamner à l'ignorance.

 

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Le 15/01/2017

 

Les trois piliers de la cosmologie classique sont la foi en l'existence de briques élémentaires, de forces élémentaires et de lois élémentaires.

Ces trois croyances sont simplement fausses ou, plus exactement, ne sont que des approximations grossières, plus ou moins valides seulement dans des contextes de faible activité.

 

L'atomisme est le premier des piliers de cette science classique qui, aujourd'hui, part en quenouille.

Le Réel n'obéit pas à une logique d'assemblage de briques élémentaires.

Les théories quantiques et particulaires, prolongations de l'atomisme de Démocrite et d'Epicure, débouchent sur un continuum actif où n'existent aucunes briques élémentaires.

La Matière et ses "grains" sont des émergences ; ils sont seconds et non premiers.

 

Le causalisme est le deuxième pilier de la science classique ; il postule l'existence de forces élémentaires qui sont la cause de tous les phénomènes. Dans l'état actuel des choses, on en distingue quatre : gravifique, électromagnétique, leptonique (nucléaire faible) et baryonique (nucléaire forte). Les deux premières sont des forces "à distance", les deux autres sont des forces "de contact". Mais on découvre que, sur chaque échelon de l'échelle des complexités, de nouveaux modes d'interactions apparaissent qui ne sont pas réductibles à ces forces dites élémentaires.

Les "forces" de la physique sont des recettes comportementales et interactives au niveau le plus rudimentaire. Elles traduisent un fait plus profond : le moteur de toute évolution est une intention et non une chaîne causale. Ainsi, les "forces" sont encore des émergences particulières ; elles aussi sont secondes (apparentes, illusoires) et non premières.

 

Le mathématisme est le troisième pilier de la science classique qui affirme l'existence de lois élémentaires, universelles, immuables et mathématiques. Les théories relativistes en sont le parangon qui débouchent sur une totale géométrisation de la physique … et sur des contradictions internes qui ne peuvent être surmontées qu'au prix d'hypothèses "magiques" de plus en plus saugrenues, totalement contraires au principe du rasoir d'Occam. Le Réel n'est pas mathématique ou, plus exactement, il n'est approximativement mathématisable que là où règne suffisamment de stabilité. Philosophiquement, le mathématisme pose d'insurmontables apories :  pourquoi des lois strictement quantitatives alors que l'essentiel ne l'est pas ? pourquoi le choix de ces lois-là et pas d'autres ? pourquoi seraient-elles immuables alors que rien ne l'est dans le Réel ?

Les "lois" de la physique sont aussi des émergences ; elles aussi sont secondes et non premières.

 

En bref, dans le Réel, il n'y a ni briques élémentaires, ni forces élémentaires, ni lois élémentaires.

Il est temps de passer à autre chose. Quelle autre chose ?

 

Premier principe : le Réel est un continuum d'activité dont émerge parfois des configurations locales plus ou moins stables et plus ou moins sophistiquées. Emergentisme.

Deuxième principe : le Réel évolue vers son plein accomplissement c'est-à-dire vers la réalisation d'un maximum de ses potentiels actuels. Intentionnalisme.

Troisième principe : dans le Réel, tout processus est piloté par le principe de moindre tension c'est-à-dire par une économie de la dissipation la plus efficace des divergences soit par dilution entropique, soit par complexification néguentropique. Opportunisme.

 

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Jean-Jacques Rousseau : le plus nuisible et nocif ectoplasme psychotique de l'histoire philosophique, le faussaire absolu, le parangon du déni de réalité, le fondateur de l'idéologie la plus nauséabonde qui est à la racine de tous les étatismes, de tous les socialismes, de tous les totalitarismes.

 

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Prédire, comme Marx, la fin du bourgeoisisme, est un truisme. Tout paradigme est mortel. La vraie difficulté est de discerner le germe du paradigme suivant. Et là, Marx a tout faux : le prolétariat ouvrier urbain n'a eu et n'aura aucun rôle historique ; il s'est embourgeoisé et radicalisé à droite. Le noyau dur de la mutation paradigmatique actuelle est tout ailleurs et ne porte aucun nom particulier ("créatifs culturels" fut une bonne tentative). Les néo-gauchistes et les bobos ne représentent que des nostalgies sentimentalistes, sans le moindre intérêt : ils ne jouent pas dans le jeu.

 

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Le prolétaire anonyme, Marx et Lénine furent au communisme ce que Jésus l'inconnu, Paul et Constantin furent au christianisme.

 

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De Maxime Tandonnet :

 

"(…) il me semble que globalement, la vie politique médiatisée, apparente, nationale, sombre dans une médiocrité toujours plus grande, de l'extrême droite à l'extrême gauche. Je ne suis pas sûr qu'il existe en ce moment des hommes ou femmes d'État potentiels, visionnaires, davantage concernés par le bien public que par leur destin personnel, sans peur et déterminés. La vie politique médiatisée devient de plus en plus une affaire d'image, de coups médiatiques, de manipulations, de polémiques et de posture. Elle est orientée vers le culte du «moi», le bavardage, la communication narcissique au détriment de l'action et du bien public. "

 

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Les Noirs que d'autres Noirs ont vendus aux Arabes qui en ont fait des esclaves, les ont gardés pour eux ou revendus à des Blancs, auraient été tués par leurs "frères noirs" s'ils n'avaient été achetés. Les Noirs d'aujourd'hui, aux Etats-Unis, dans les Antilles ou au Brésil n'ont d'existence que parce que leurs ancêtres ont été sauvés par l'esclavage.

Il ne s'agit pas, dans mon propos, de dépénaliser l'esclavage dont le moteur a été - et est toujours - les Arabes ; il s'agit de replacer l'enjeu réel des choses : c'était l'esclavage chez les Blancs ou la mort par les Noirs.

 

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Le 16/01/2017

 

La dette mondiale atteint 152 000 milliards de dollars, plus de 2 fois le poids total de l’économie de la planète. Cette situation est explosive et … donc … explosera.

 

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L'Etat doit être recentré strictement sur la seule sphère régalienne et celle-ci doit être réduite au maximum : paix intérieure et extérieure, infrastructures matérielles et immatérielles.

Il faut acter la séparation complète du politique et de l'économique.

 

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De mon collègue André Comte-Sponville :

 

" Un spectre hante le monde : le spectre de la post-vérité. De quoi s’agit-il ? D’un concept, apparu vers le milieu des années 2000, auquel les récentes campagnes de Donald Trump et des partisans du Brexit donnent une inquiétante actualité. La notion de post-vérité désigne 'les circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux croyances personnelles'. Pour les partisans de la post-vérité, l’important n’est pas qu’un discours soit vrai mais qu’il soit cru, non qu’il corresponde aux faits mais qu’il suscite l’adhésion. Le mensonge n’est pas une idée neuve ... Opposer le bon peuple, supposé avoir toujours raison, aux méchantes élites, c’est accorder plus d’importance à l’opinion qu’à l’information, aux croyances qu’au savoir, aux émotions qu’aux faits. Comment en sommes-nous arrivés là ? Soumettre le pouvoir au vote, c’est toujours risquer d’élire le plus persuasif plutôt que le plus véridique."

 

Mon ami André tombe de son nuage bisounours et comprend enfin que la politique n'est rien d'autre que la manipulation professionnelle des masses idiotes par des démagogues assoiffés de pouvoirs et de prébendes.

La conclusion logique est simple : éradiquer le suffrage universel.

 

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Un mot japonais intraduisible, shokunin, désigne la parfaite maîtrise, la parfaite virtuosité dans son activité professionnelle, quelle que soit celle-ci.

La noblesse ne vient pas de la tâche, mais de la manière dont on l'accomplit.

 

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De Jean-François Revel :

 

"L’idéologie, c’est ce qui pense à votre place."

 

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Le 17/01/2017

 

Les humains sont condamnés à parasiter la Nature parce qu'ils consomment beaucoup plus que ce qu'ils peuvent produire.

La Nature est condamnée à mourir parce que la vitesse de reconstitution de ses ressources est plus faible que la vitesse d'accroissement de la démographie et de l'avidité humaines. CQFD.

 

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De Michel Onfray :

 

" Avec le Concile de Vatican II, l’Eglise a rayé d’un trait de plume vingt siècles de théologie, d’ontologie, de patristique, de scolastique, de philosophie, d’herméneutique, elle a bradé les œuvres d’Augustin et de Thomas d’Aquin pour se concentrer sur une morale moralisatrice de boy-scout réduite à une règle du jeu humaniste selon laquelle il vaut mieux faire le bien que le mal, plutôt la paix que la guerre, (…). La religion chrétienne a perdu tout caractère transcendant au profit de la plus plate immanence. Elle a remplacé le chant grégorien et les grandes orgues des églises par la guitare et la flûte des feux de camp."

 

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Notre monde - et la dégénérescence de l'école et de l'université publiques le démontre un peu plus chaque jour - renonce à l'ascèse de la rigueur. D'un côté, en tout, il faudrait "se faire plaisir" et de l'autre, en tout, il faudrait préférer "l'échange, le partage, le débat, le lien, le subjectif, l'émotionnel, le relationnel, etc …" ; ces deux tendances me paraissent délétères car ce n'est pas sur elles que l'on pourra construire une indispensable et vitale mutation paradigmatique.

 

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La presse, sous presque toutes ses formes, ne survit qu'à coup de subventions que le social-étatisme ambiant paie au nom du "droit à l'information" et de la "liberté d'expression". Mais derrière ces paravents idéologiques gnangnans, se cache autre chose : la presse classique, contrôlable par le pouvoir dans des jeux puérils de "donnant-donnant", n'a presque plus aucune audience (sauf les canards régionaux qui alimentent la "rumeur des hameaux" et les "obscurs egos locaux"). En face, la Toile qui fournit l'essentiel de l'information à des parts grandissantes de la population, n'est pas contrôlable par le politique ; elle n'est pas plus crédible et correcte pour autant, puisque esclave des pactoles publicitaires et sectaires.

Depuis que les médias existent, il n'y a jamais eu de déontologie de l'information, mais bien de perpétuels jeux de pouvoir entre censures, financements, influences et prébendes.

Les médias en ont conçu une mythologie du "contre-pouvoir"  libre et indépendant qui n'a jamais été qu'un prétexte et un monopole socialo-gauchistes … à la solde du socialo-gauchisme et sa "bien-pensance" dogmatique et artificielle - mais tellement délétère.

Toute ces mythologies-là sont mortes aujourd'hui.

 

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Le 18/01/2017

 

Quand on parle des "élites" aujourd'hui, on parle, en fait, de la caste des démagogues carriéristes et politiciens professionnels, issus des grandes écoles type ENA ou Science-Po. Pour moi, le mot "élite" est positif (une élite professionnelle ou scientifique, des troupes d'élite, une élite morale ou intellectuelle, les Compagnons du Devoir forment une élite de la virtuosité manuelle, etc …).

Aussi, que l'on appelle "élites" ces gens nauséabonds qui ne vivent que pour l'accaparement du pouvoir et ses prébendes, sous toutes leurs formes, me hérisse. Mais je sais que c'est un lieu commun de nos jours de confondre "élites" et "establishment" (mot qui n'a, à ma connaissance, pas d'équivalent en français). L'élection de Trump, le Brexit, le désaveu de Hollande, Sarkozy ou Renzi, la montée d'un Fillon, d'un Macron ou d'une Le Pen, etc … ne marquent pas la rupture entre les peuples et les élites (les nominés au Nobel ou les médaillés Field ne subissent aucun désaveu populaire), mais bien celle des peuples avec l'establishment c'est-à-dire les institutions en place confisquées par une caste prédatrice qui se croyait définitivement légitimée.

Cette caste immonde, je l'appellerai désormais les "caciques".

 

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La domination de l'Empire romain n'était qu'administrative, fiscale et militaire ; il se désintéressait souverainement (c'est le cas de le dire) de l'identité culturelle, ethnique, religieuse, morale et linguistique des régions conquises.

Il faut qu'il en soit de même demain, en Europe : un Europe "impériale", exerçant les droits régaliens minimaux (paix intérieure et extérieure, excellence des réseaux infrastructurels), au service de petites communautés régionales autonomes, libres de définir et de cultiver leur identité, et d'affirmer leur idiosyncrasie.

 

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Le 19/01/2017

 

Pour se faire de l'espoir ou du désespoir, il faut avoir une vision de ce que serait l'avenir "idéal".

En ce qui me concerne, n'étant ni idéaliste, ni militant, je ne conçois ni espoir ni désespoir, ni optimisme ni pessimisme.

 

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Ce n'est pas la gauche qui est malade ; c'est la gauche qui est la maladie.

 

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Depuis que, grâce à la Toile, tout le monde a le droit de répandre n'importe quelle ineptie et comme la majorité des humains a tendance à croire aux inepties qui l'arrangent plutôt qu'aux vérités qui la dérangent, nous sommes entrés dans un processus majeur de suicide culturel et intellectuel.

 

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Comme l'autorité politique doit être le garant de la qualité de la Paix et que l'autorité économique doit être celui de la qualité de la Prospérité, l'autorité noétique doit être garante de la qualité de la Connaissance.

Aujourd'hui, le pouvoir (qui ne fait plus autorité) politique est au service de ses propres prébendes, et les institutions économiques (bancaires, boursières, patronales et syndicales) restent prisonnières d'un paradigme obsolète ; quant à l'autorité noétique, il y a bien longtemps qu'elle n'existe plus, inféodée aux pouvoirs politiques ou économiques du fait de son incapacité financière.

 

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Peu importe de dire la vérité quand ce qui importe c'est d'être cru.

 

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Dès l'instant où l'on accepte de faire ce constat simple et réaliste que 85% des humains sont des crétins qui ne savent rien, ni ne comprennent rien, on arrive assez vite à rejeter radicalement le suffrage universel et les "idéaux" égalitaristes dits "de gauche".

 

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Le 20/01/2017

 

Lorsqu'on lit des auteurs de gauche - comme ce pitre de Jean-Claude Michéa -, on débusque assez vite un amalgame entre libéralisme et financiarisme. L'un impliquerait l'autre et l'autre soutiendrait l'un.

Rien n'est évidemment plus faux.

Par essence, le libéralisme s'oppose virulemment à toute forme d'étatisme, alors qu'étatisme et financiarisme vont main  dans la main : la "grande" finance spéculative, boursière et bancaire s'est installée, avec la complicité des Etats, comme un vaste et profond pouvoir économique centralisé et totalitaire. Le libéralisme, parce qu'il refuse toute forme de centralisation des pouvoirs, s'oppose autant à l'étatisme, tant celui du socialisme que celui du bourgeoisisme, qu'au financiarisme, tant privé que public.

 

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Les notions de prolétariat, de classe ouvrière ou de classe populaire qui fondent le socialo-gauchisme, sont de pures fictions idéologiques qui n'ont aucune réalité sociologique.

 

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Le 21/01/2017

 

Il faut encore et encore le répéter : la croyance en une vie personnelle après la mort personnelle est totalement étrangère au Judaïsme originel. Cette fiction vient des hérétiques - les pharisiens - à partir du 2ème siècle avant l'ère vulgaire.

L'âme personnelle - la nishamah - qui symbolise la personnalité, l'idiosyncrasie d'un individu, meurt avec lui et disparaît.

L'Âme de Vie - la néphèsh - et l'Âme cosmique - le roua'h -, en revanche, sont éternelles et immortelles, consubstantielles au Tout-Un divin, mais sont totalement impersonnelles.

Cette funeste croyance en l'immortalité de l'âme personnelle détourne les hommes du Réel et de leur vocation et destin dans ce Réel, pour les enivrer des fables d'un "autre-monde" qui n'existe pas, mais qui disqualifie totalement le vrai monde du Réel.

Le Christianisme est totalement miné jusqu'à l'os par cette perversion philosophique : pour lui, le Réel n'est qu'une parenthèse de peu d'importance sur le chemin de l'Idéal … Quelle absurdité !

 

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En latin, le verbe legere qui donna "lire" en français, signifiait, originellement, "cueillir". Lire, c'est cueillir des mots en bouquets.

 

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Les spectaculaires retournements que nous vivons (Brexit ; élection de Trump ; désaveu massif d'Obama, de Hollande, de Sarkozy, de Renzi, montée de Fillon, Macron et Le Pen, …), figurent la fin des caciques démagogiques héritiers des "idéaux des Lumières" …

 

Ce que l'on appelle la "philosophie des Lumières" porte un nom technique : le "criticisme" dont le penseur-clé, sur le continent européen, fut Immanuel Kant. En France, il n'y eut pas à proprement parler de "philosophes des Lumières", mais bien des idéologues (Rousseau, Montesquieu), des encyclopédistes (Diderot, d'Alembert, …) et des pamphlétaires (Voltaire, d'Holbach, …). Hors Kant, tout cela ne vole pas très haut.

Le criticisme s'inscrit dans la chaîne de la pensée moderne : l'humanisme au 16ème siècle (Erasme, Montaigne, La Boétie, Pic de la Mirandole, Marsile Ficin …), puis le rationalisme du 17ème siècle (Galilée, Leibniz, Descartes, Pascal, Spinoza, Hobbes, Newton, …), puis le criticisme du 18ème siècle (Kant, Hume, Locke, Stuart Mill, …), puis le positivisme du 19ème siècle (Comte, William James, Marx, …), … pour arriver, en fin de course, au nihilisme du 20ème siècle (Kierkegaard, Husserl, Wittgenstein, Russell, Sartre, Foucault, …).

 

Ces cinq étapes successives de la même pensée moderne, se sont construites sur l'idée centrale de Progrès. Puisque la modernité voulait rejeté toute théologie et, dans la foulée, toute métaphysique, l'homme se sentit libéré - ou, à tout le moins, libérable - de tout ce qui le dépasse (que cela s'appelle Dieu, Nature, Cosmos, … importe peu).

L'homme se plaça lui-même comme centre, but et sommet de l'univers entier.

Le problème n'était plus, pour l'homme, de trouver sa juste place dans l'ordre d'un Réel tel qu'il est et tel qu'il va, gouverné par un Principe transcendant ou immanent qui lui donnait sens et valeur.

Le problème était d'évacuer le Réel, de s'en extraire, de vivre "hors sol" et de construire une société humaine "idéale", enfin émancipée d'un Réel si encombrant.

A ce carrefour, la mort supposée de l'ontologie ouvrit grandes les portes à l'idéologie.

Toute métaphysique ayant été évacuée au rang de "bavardages stériles", l'homme put enfin penser exclusivement à lui, sans les boulets du Réel, de sa logique cosmique et de ses contraintes vitales.

 

L'homme se sentit "libre" et "libéré" de tout : des religions (grâce à l'athéisme), des rois (grâce au démocratisme), des lois de la Nature (grâce au technologisme).

Et les idéologues - qui avaient banni les métaphysiciens - se penchèrent avec frénésie sur cette question de la liberté.

Liberté pour qui ? Liberté comment ? Liberté pour quoi faire ? Liberté quand ? Liberté absolue ou relative ?

Puisque toute obéissance à un Dieu ou à un Roi était devenue inconcevable, la dure réalité humaine effectua, assez vite, un choc en retour terrible. La Terreur de Robespierre tenta, en vain, de rejeter cette réalité humaine. La voici : la masse des hommes n'a que faire de la liberté ; du pain et des jeux, c'est tout ce qu'elle demande. De plus, lorsqu'on lui parle de liberté, elle entend "caprice" : le droit de faire tout et n'importe quoi, quand on veut et comme on veut … Et voilà cette masse inintelligente prête à s'enfoncer dans la barbarie la plus sanglante, comme en 1792, en 1848, en 1870, en 1917, etc …

 

Heureusement, la mémoire occidentale avait gardé souvenir de l'ancien Empire romain et des deux notions capitales d'Etat et de Loi. Le devoir d'obéissance des masses avait muté et était passé de Dieu et du Roi (le sujet chrétien), à l'Etat et à la Loi (le citoyen crétin).

Quel progrès ! Changement de maîtres, nouvel esclavage … et la masses furent satisfaites d'être débarrassées de cet encombrant fardeau qu'elles n'avaient pas demandé : la liberté.

Mais quel Etat ? Mais quelle Loi ?

Le 19ème siècle forgea trois idéologies toujours centrales aujourd'hui afin de répondre, le moins mal possible, à ces questions qu'il jugeait cruciales …

 

Le bourgeoisisme (la "droite") : l'Etat doit être au service de la plus grande prospérité possible, ensuite répartie équitablement selon le mérite au travail de chacun ; on retrouve sous cette bannière le conservatisme, le souverainisme, le protectionnisme, le nationalisme, etc ….

Le socialisme (la "gauche") : l'Etat doit être au service de la plus grande égalité dans une lutte forcenée contre tous les particularismes, contre tous les individualismes, contre tous les différencialismes (on distingue habituellement, mais à tort, les socialismes nazi, fasciste, communiste, gauchiste, révolutionnaire et populiste : ce sont tous des facettes d'un même totalitarisme plus ou moins insidieux).

Le libéralisme : le libéralisme combat l'Etat et l'étatisme, tant bourgeois que social, sous toutes ses formes ; il donna lieu à de nombreuses écoles qui vont de l'anarcho-syndicalisme de Proudhon, au libre associationnisme d'Owen en passant par le libertarisme de David Friedman ou le libéralisme entrepreneurial de Friedrich von Hayek.

 

De ces trois idéologies, les deux premières sont délétères dans la simple mesure où elles tendent toutes deux à proroger les institutions moribondes d'une modernité déjà morte.

Seul le libéralisme est capable de remettre toutes ces institutions en question (à commencer par celle de l'Etat jacobin et national) et à initier le nouveau paradigme qui devra prendre le relais du précédent : feu le paradigme des Lumières et de l'ère moderne, feu le paradigme du financiaro-industrialisme, du géo-nationalisme et du social-étatisme.

 

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De Bertrand Vergely, mon ami et complice :

 

" La Révolution Française est une demi-révolution. Antireligieuse en apparence, elle reste religieuse dans les faits. D’où sa violence. On n’est jamais autant en colère que quand on est en colère contre soi."

 

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Du théologien Gustave Thibon (1903-2001) :

 

"Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard,

c’est notre regard qui manque de lumière"

 

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Vouloir construire une société supposée "idéale" en opposition flagrante avec la profonde nature humaine, telle est l'absurde idéologie du socialisme, sous toutes ses formes.

Les humains ne veulent pas être libres surtout quand ils manquent totalement d'audace, de courage et de ténacité.

Les humains ne veulent pas être solidaires sauf pour devenir des assistés quand ils sont, eux, dans la dèche.

Les humains ne veulent pas être égaux sauf pour rapetisser ceux qui sont plus grands qu'eux.

 

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Tout ce qui existe émane de la Substance par la Vie selon l'Esprit pour l'Âme.

 

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Le 23/01/2017

 

Philippe Bilger dit ceci : "N'étant absolument pas doué pour les arts sociaux qui sont le lot quotidien et souvent festif de l'homme urbain, (…)" .

Je me retrouve tout-à-fait dans cette inaptitude … que je bénis.

 

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La France s'enlise, à toute vitesse, dans des jeux et des guérillas de pouvoir, et dans des joutes d'idéologies obsolètes ; tout cela est le reflet le plus clair de la fin du paradigme moderne.

Les caciques s'entretuent pour des institutions qui n'intéressent plus personne et qui n'ont, hors celui de nuire, plus aucun pouvoir réel.

 

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L'échiquier politique français d'avant les élections de 2017 possède quatre cases.

Le socialisme égalitariste (PS et consorts) qui est mort.

Le socialisme populiste (FN) qui mise sur l'islamophobie (légitime) des "petites gens".

Le bourgeoisisme paternaliste (Fillon) qui campe la tradition positive.

Le bourgeoisisme créatif (Macron) qui tente un syncrétisme "en marche".

Malheureusement pour elle, mais sans surprise, la France a éliminé du jeu l'européanisme (la continentalisation) et le libéralisme (la désétatisation).

Quelle que soit l'issue électorale, la France est donc vaincue par ses propres démons.

L'avenir du continent reposera alors tout entier sur l'Europe du Nord, c'est-à-dire sur l'Europe protestante (ce qui, une fois de plus, donne raison à Max Weber) : Allemagne et Scandinavie en tête.

 

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En tant que prospectiviste professionnel et reconnu, mais aussi en tant qu'écologue passionné et terrifié par le saccage et le pillage de la Terre par les humains, j'affirme que tant que l'Ecologie sera présentée comme une "idéologie de gauche", les idées écologiques n'ont aucune chance, ni en France, ni ailleurs. Ce sont les "riches" qui se sentent concernés par l'écologie ; les "pauvres" s'en fichent comme d'une guigne. Il suffit de regarder qui achète quoi dans quel magasin … et ce n'est pas une question de prix.

L'écologie n'est ni de droite, ni de gauche. Elle n'a rien à faire ni avec le bourgeoisisme (nationaliste ou mondialiste), ni avec le socialisme (égalitariste ou populiste).

Tant que les écologistes, notamment français, n'auront pas compris cela, la pensée écologique demeurera l'esclave servile des idéologies navrantes et obsolètes, de droite comme de gauche, héritées du 19ème siècle.

C'est au paradigme de la Modernité tout entier que l'écologisme doit déclarer la guerre.

 

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Voici trois assertions extraites d'un de mes travaux en cours, étranger à la FM :

 

  1. Dans toute religion, il faut clairement distinguer les prêtres et les moines.
  2. Les prêtres exercent une mission "pastorale" face au "troupeau" des fidèles.
  3. Les moines se concentrent sur leur quête mystique, intérieure et personnelle.

 

Si l'on veut bien étendre l'idée de "religion" à tout système aspirant à relier les hommes initiés entre eux et au Principe, ces remarques touchent aussi la FM.

J'aperçois là une des différences essentielles entre les obédiences régulières qui sont "monacales" (construire le Temple à l'intérieur de soi) et les mouvances irrégulières qui sont "pastorales" (construire le Temple dans la société des hommes profanes).

En ce sens, mon expérience des obédiences anglo-saxonnes (surtout américaines) y voit bien plus du pastoral que du monacal (c'est sans doute là la cause des énormes défections actuelles).

Notre monde ne vise plus la "société idéale", mais bien la "spiritualité intérieure".

Si l'on veut que la FM ait un avenir, il faut tenir bon : condamner les illusoires tentations sociétales (politiques en France et philanthropiques aux Etats-Unis) et leurs aspirations au pouvoir (d'influence), et cultiver, plus que jamais, la vocation exclusivement initiatique, spirituelle et mystique de la quête maçonnique.

 

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Le laïcisme rejette les caciques religieux, mais accueille les caciques idéologiques. Quelle différence fait-il entre religion et idéologie ? Quelle différence entre socialisme et christianisme ? Quelle différence entre obscurantisme catholique et obscurantisme socialo-gauchiste ?

 

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Le jour où l'on aura bien compris que le socialisme est une religion, donc un système dogmatique et pastoral, le monde aura fait un grand pas en avant.

 

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Depuis 1999, le prix de la baguette de pain a augmenté de 2 % par an, tandis que le Smic a progressé de 3,1 % par an.

 

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De mon copain Nicolas Bouzou :

 

"79,6 % de reçus au premier coup du bac, alors que 40 % des CM2 ont des difficultés de lecture. Si le ridicule tuait, ce ministère serait décimé."

 

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Les traductions habituelles de la grande révélation ontologique (Ex.:3;14) sont des escroqueries intellectuelles qui voudraient faire de Dieu l'Être absolu.

Elles traduisent : Ahyéh ashèr ahyéh, par "Je suis celui qui est". Cette dernière formule, en hébreu, donnerait : Any my ysh ("Moi [je suis] celui qui [est] existence").

Le verbe "être" n'existe pas en hébreu. La traduction exacte de la révélation ontologique est : "Je deviendrai ce que je deviendrai".

L'escroquerie tient en ceci que l'on trahit une métaphysique du Devenir pur en la déguisant en une métaphysique de l'Être pur.

 

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Les médias classiques vont tous disparaître : journaux, magazines, radios et télévisions. Les plus jeunes - et beaucoup de moins jeunes - les désertent radicalement.

Les médias "fermés", programmés et monolithiques, dans les kiosques ou sur les ondes, cèdent la place aux médias "ouverts", "à la carte" et protéiformes sur la Toile.

 

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Les plus gros contributeurs à cette pollution informationnelle appelée "publicité", sont les constructeurs automobiles … à une époque où l'automobile n'intéresse plus guère que les défaillants sexuels en quête de séduction artificielle.

 

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Puisque le racisme s'organise autour de l'idée fantasmagorique d'une hiérarchie entre les races, ethnies et cultures humaines, l'antiracisme s'impose avec évidence. Tout racisme est inacceptable et doit être combattu.

Est-ce une raison pour nier le fait des races, ethnies et cultures humaines ? Non.

Est-ce une raison pour nier le fait de caractéristiques  propres à chaque race, ethnie ou culture humaine ? Non.

Est-ce une raison pour ne pas combattre, autant que le racisme infect, l'universalisme et l'indifférencialisme qui, aujourd'hui, sont devenus de quasi synonymes d'antiracisme ? Non.

Les races, ethnies et cultures humaines sont toutes différentes, et c'est très bien ainsi.  Chacune a ses forces et ses faiblesses, et c'est très bien ainsi. La palette des caractéristiques humaines est suffisamment riche et large pour que chaque race, ethnie et culture puisse trouver ses domaines d'excellence.

Et si, de plus, on comprend qu'au sein de chaque race, ethnie et culture - qui sont des phénomènes statistiques soumis aux courbes de Gauss -, les personnes sont toutes différentes entre elles et développent, chacune, des idiosyncrasies particulières, alors les thèses racistes, comme les thèses indifférencialistes, s'effondrent. Et c'est très bien ainsi.

La hiérarchisation est aussi délétère que l'uniformisation !

 

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La grande question que posent les générations montantes : leur attrait pour l'horizontalité (la relation aux entités humaines) semble primer sur leur verticalité (la relation au Réel cosmique) ce qui signerait la fin de toute spiritualité au profit d'une moralité bien-pensante et bobo.

 

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Le 25/01/2017

 

La grande majorité des Français ne comprend pas la nocivité délétère du jacobinisme et de l'étatisme qui tuent le pays.

L'école républicaine a bien fait son boulot : les dégâts sont immenses et l'idéologie jacobine continue de triompher dans ces têtes mal faites qui ne pensent plus par elles-mêmes depuis longtemps.

 

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Liberté. Egalité. Fraternité.

Le plus immense vœu pieux de tous les temps !

Au plus profond de leur nature réelle, les hommes ne désirent aucunement - que du contraire - ni être libres, ni être égaux et ni être solidaires.

 

La liberté, pour eux, c'est d'abord le droit de faire tous leurs caprices, mais en aucun cas le devoir de prendre ses responsabilités, d'assumer sa vie et sa vocation, de construire sa propre autonomie.

L'égalité, pour eux, c'est d'abord pouvoir exprimer leur ressentiment, leur jalousie et leur haine à l'égard de ceux qui "réussissent" mieux dans les différentes dimensions de la vie, mais cette égalité, ils la foulent au pied dès lors qu'il s'agit de frimer, de briller, de faire le coq, de faire le fier à bras, de rouler des mécaniques.

La fraternité, pour eux, c'est profiter au maximum de la générosité collective et d'en parasiter au maximum les potentiels, tout en y contribuant le moins possible et en boycottant, autant que faire se peut, toutes les impositions que cela implique.

 

En conséquence, de deux choses l'une.

Ou bien, comme on le fait maintenant, on conspue cette nature humaine profonde, on culpabilise - en vain -  les humains et on pallie la manque radical de spontanéité par une violence légale, administrative ou policière.

Ou bien, on ose conclure que les "idéaux" des Lumières sont des stupidités, on prend acte de la nature humaine telle qu'elle est, on rompt définitivement ce "contrat social" qui n'a jamais existé, on élimine l'Etat, sous toutes ses formes, et on laisse enfin chaque communauté de vie s'organiser librement selon ses lois et ses membres.

Très évidemment, seule cette seconde branche de l'alternative est viable à long terme. La première branche a été imposée un peu partout depuis 1870 ; elle a déclenché un siècle de guerres mondiales (militaires, économiques, coloniales, technologiques et monétaires) et elle aboutit au fiasco notoire actuel de toutes les démocraties au suffrage universel.

Il est urgent, en conclusion, de considérer l'humanité non plus comme une mosaïque d'Etats souverains juxtaposés, mais comme un réseau de communautés de vie intriquées les unes aux autres.

 

Il faut signer la fin de l'universalisme occidentaliste et humaniste, et reconstruire le monde humain sur le principe du différencialisme dans toutes les dimensions corporelles, émotionnelles, intellectuelles et spirituelles des hommes.

Les "Nations" n'existent pas ; ce sont des inventions artificielles créées par les Etats pour tenter de se légitimer aux yeux des populations qu'ils ont phagocytées. L'idée de "Nation" est la matrice de tous les nationalismes c'est-à-dire de ce cancer mental et idéologique qui ronge l'humanité depuis que les Etats ont pris le pouvoir sur les communautés de vie, dès la Renaissance.

Toute cette logique délétère et obsolète doit être dénoncée !

 

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Plus il y a d'information, moins elle est utile.

Plus il y en a, plus les lois statistiques jouent, plus les ailes des gaussiennes (là où se nichent les signaux faibles) s'auto-éliminent et plus le règle du cygne noir joue.

Plus il y en a, plus elles sont contradictoires et s'annulent réciproquement.

Plus il y en a, plus on s'y noie, donc plus l'émotion, la croyance et le sentiment prévalent.

Si à tout cela, on ajoute ce simple constat que les usines algorithmiques distillent des informations partielles et partiales vers des cibles censées les apprécier parce qu'elles correspondent à leurs "préférences",  on comprend que l'information pléthorique non seulement devient inutile, inutilisable et insignifiante (puisqu'elle ne "signifie" plus rien), mais qu'elle devient, surtout, nuisible car manipulatoire à un niveau jamais atteint.

 

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Le bourgeoisisme et le socialisme sont deux variantes de l'étatisme, le premier basé sur la promotion du mérite personnel ou familial, et le second basé sur l'exigence d'un égalitarisme uniforme.

On retrouve là la définition la plus classique du clivage entre gauche et droite.

A l'opposé de ces deux formes d'étatisme, il y a l'anti-étatisme c'est-à-dire le libéralisme qui, lui aussi, mais de façon plus floue, prend deux colorations : l'une plus individualiste (le libertarisme californien), l'autre plus communaliste (associationnisme, coopérativisme, anarcho-syndicalisme).

 

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Les divers partis socialistes occidentaux sont aujourd'hui en phase finale de dislocation, irréconciliablement tenaillés entre une aile doctrinaire (crypto-marxiste, révolutionnariste, gauchiste, archaïque, éconophobe et dogmatique, définitivement discréditée par l'histoire des 19ème et 20ème siècles, mais alimentée par une ferveur religieuse quasi mystique et portée par une mythologie artificielle et mensongère, faite pour les esprits faibles) et une aile éconophile (équivalant à un vague centre-gauche avec quelques relents socio-libéraux, mais une continuité étatiste incontestable).

 

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Le 26/01/2017

 

Le Shatan (qui donne "Satan" en français) en hébreu, n'est pas celui qui "fait le mal", mais bien celui qui "dit le mal qui est fait" ; il est l'accusateur, le dénonciateur ; il accuse, tant Dieu que les hommes ; il est, en somme la (mauvaise) conscience divine …

 

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Le livre de Job pose la question du "pourquoi" de la souffrance. Ses trois amis donnent chacun une réponse particulière : parce que l'homme, même le meilleur, fait le mal et est pêcheur, parce que l'homme de bien est orgueilleux d'être homme de bien, parce que Dieu est injuste ou méchant ou cruel. Ces trois réponses sont jugées fausses.

Une quatrième réponse est suggérée : Dieu sait ce qu'il fait et la souffrance d'aujourd'hui est le chemin, indiscernable à l'homme, de la béatitude future (cette option sera reprise par le christianisme : "les voies du Seigneur sont impénétrables").

Le livre de Job ne va pas plus loin et il se termine par un happy end en eau-de-boudin … Il esquive la dernière et seule bonne réponse : Dieu n'a rien à voir avec les souffrances humaines. L'homme se fait souffrir tout seul, comme un grand.

Tant que l'homme ne s'inscrira pas totalement dans le flux cosmique et n'en participera pas pleinement, tant qu'il voudra, par orgueil, croire qu'il peut vivre "hors sol" et que ses technologies lui permettent d'échapper aux lois du monde, il souffrira.

 

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Je ne veux plus être un étranger !

Plus je vieillis, plus je refuse toute situation où je pourrais me sentir étranger.

Je le fus trop. Etranger comme interne dans une école à majorité externe. Etranger comme Juif en chrétienté, comme frenchie aux USA, comme flamand en France, comme belge en Israël, comme français en Belgique.

Au fond, je me sens de plus en plus étranger au monde des hommes qui, en se dénaturant, en se profanant, en s'urbanisant (je me sens étranger à la ville), devient méchant, agressif, hypocrite, violent, hâbleur, superficiel, frimeur, barbare, parasite, inculte, ignare … et j'en passe.

Je veux demeurer désormais dans mon monde à moi, regardant le reste du monde comme l'entomologiste observe une ruche.

J'aspire à vivre reclus, dans mon petit village morvandiau, avec la dame de ma vie, avec mes arbres et mes bêtes, avec une poignée d'amis.

Le reste de l'humanité, au mieux, m'indiffère, au pis, me révulse.

 

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En France, nous vivons dans un pays socialo-gauchiste où les pauvres petits prolétaires exploités par le grand capital ont toujours (syndicalement, idéologiquement, juridiquement, …) raison face aux salauds de propriétaire, sanguinaires et exploiteurs en diable, qui mangent leur pain blanc sur l'échine martyrisée des gagne-rien.

 

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Une explication n'est jamais une excuse.

Une idéologie n'est jamais une explication.

 

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Nous, les humains, regroupons sous le terme "beauté" l'émotion esthétique (sensible, donc) liée à la vue d'une femme, d'un arbre, d'une cascade, d'une fleur, d'un paysage, d'un coucher de soleil … De même, sous la notion de "justice", se cristallisent nos ressentis moraux face à tout un ensemble de gestes, de décisions, de paroles, des postures, etc …

Il en va de même pour tous les "grands mots" dont Platon a fait les "Idées", en leur donnant une existence essentielle réelle, en soi et par soi, …

Mais tous ces "grands mots" ne sont que des abstractions artificielles et conventionnelles, censées ordonnancer des ensembles flous de ressentis très disparates.

Les Idées, au sens platonicien, ne sont qu'un catalogue imprécis et incohérent de sentiments personnels, incomparables entre eux.

Elles n'existent donc pas. "Beauté, "Justice", "Amour", "Vérité", "Homme", "Salut", etc …, tout cela n'existe tout simplement pas.

La querelle des universaux est donc close (en donnant tort, une fois de plus, au catholicisme) !

 

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L'histoire regorge d'épisodes où l'imaginaire d'un névropathe a fini par l'emporter sur le réalité.

Ainsi de Paul de Tarse qui parvient à convaincre les croyants qu'il connaîtrait mieux Jésus qu'il n'a "vu" qu'en crise épileptique, que les apôtres qui l'ont suivi de son vivant.

Ainsi de Mahomet qui permet à l'Islam de s'approprier Jérusalem sous prétexte qu'il y aurait fait une visite en rêve.

Ainsi de Marx qui phagocyte l'Internationale au nom de la fiction de la lutte des classes qui est une foutaise et à laquelle personne ne croit.

Ainsi de Freud qui s'invente des faux "cas" de guérison au nom d'une fantasmagorie charlatanesque appelée "psychanalyse".

Ainsi de Hitler, petit, noiraud malingre, qui se fait führer d'un peuple en se prévalant d'une race aryenne de grand blond aux yeux bleus.

 

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A regarder les choses avec un œil politicard : contre la légitimité de Jacques, Paul a fait de Pierre son homme de paille, profitant de sa grande faiblesse d'âme et d'esprit, comme le montre l'épisode du reniement au troisième chant du coq.

 

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Le 27/01/2017

 

Le Figaro titre : "L'univers s'étendrait plus vite que prévu. De nouveaux travaux montrent que la vitesse d'expansion de l'Univers serait plus importante que celle déduite des observations des premiers instants après le big bang. Ce qui plonge les astrophysiciens dans la perplexité."

Pour le comprendre, il suffit de lire le chapitre "cosmologie" de mon "Paradigme des systèmes complexes".

 

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Sans du tout nier la globalisation des problématiques comme l'épuisement des ressources, les évolutions climatiques, les pandémies ou épizooties, les catastrophes naturelles, les pollutions majeures, etc …, il faut admettre ceci : la mondialisation (américanisation) du monde a reçu un fatal coup d'arrêt en buttant sur le réalité de la diversité des natures humaines. La restructuration de l'humanité passe désormais par une continentalisation et une régionalisation des pouvoirs, des marchés et activités, et des cultures.

Les conséquences majeures en sont triples.

Du point de vue politique, les Etats nationaux n'ont plus aucun rôle à jouer entre le continent et les régions.

Du point de vue noétique, chaque continent s'enracinera dans sa culture originelle (donnant ainsi raison à Samuel Huntington).

Du point de vue économique, les entreprises réelles de production et de distribution seront locales, aux mains de dirigeants locaux (disparition rapide de la caste absurde et "hors-sol" des "expats"), éventuellement reliées entre elles par des réseaux fédérés autour d'un projet commun (synergies techniques) ou d'un capital commun (multinationales financières).

 

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Au confort matériel, je préfère, et de loin, la quiétude existentielle.

L'idée de quiétude existentielle est cruciale, aujourd'hui : une quiétude existentielle construite dans un monde clos, étanche et naturel, loin des miasmes humains.

Elle recouvre les notions de retraite spirituelle, de sérénité, de paix, de renoncement aux "valeurs" humaines,  de distanciation, de mise en retrait, de prise de recul, de détachement, de lâcher-prise, …

Elle implique une grande simplicité de vie, un retour à la priorité intérieure, une emphase sur les versants intellectuels et spirituels de l'existence, …

L'intériorité y triomphe de l'extériorité …

Le monde extérieur ne compte presque plus, sauf à peine à titre logistique …

 

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Les humains ? Des pleurnichards toujours en train de geindre pour que "on" assume leur vie à leur place.

Le drame des humains, c'est leur mère maternante. Plus la mère est maternante, plus les enfants sont avides d'assistanat à vie. Plus l'enfant est couvé, plus l'adulte ne le devient jamais et plus reste, toute sa vie, coincé dans une relation verticale de dépendance.

Cette relation verticale, incapable d'horizontalité, fut bien explicitée par l'analyse transactionnelle qui se construisit sur les deux types de relations : parents-enfants et adultes-adultes.

C'est ce type de relation qui engendre toutes les relations entre le citoyen et l'Etat, entre le salarié et le patron, entre le soumis et le tyran, entre l'esclave et le maître, etc …

Mais le processus ne s'arrête pas là car tout assisté cultive une aigreur, une rancœur, un ressentiment envers qui l'assiste en permanence (le chien mord la main qui le nourrit). Cela induit mécaniquement une ambivalence qui va de l'obéissance à la violence.

La mère maternante engendre aussi bien des moutons que des enragés (cela est particulièrement vrai, aujourd'hui, dans les populations musulmanes déchirées entre assimilation discrète et djihadisme salafiste).

Les deux rôles coexistent toujours : le mouton, si l'occasion lui en est donnée avec un maximum d'impunité, jouira intensément de jouer les enragés.

Les révolutionnaires et les terroristes sont essentiellement des frustrés, couvés par une mère trop maternante.

L'enfant-roi devient un non-adulte teigneux.

 

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Le 28/012017

 

Dès lors qu'une religion quitte la perspective monacale (mystique) au profit d'une perspective pastorale (dogmatique), elle entre dans une logique institutionnelle, intolérante, théologique et inquisitoriale, obsédée de prosélytisme, de conversion, d'orthopraxie plus que d'orthodoxie, et de lutte contre l'hérésie et l'incroyance. Cette religion perd alors toute substance et tout intérêt spirituels.

 

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L'empire romain fut, à la fin du grand cycle antique, ce que l'empire américain (mondialisé) est à la fin du grand cycle christique. La pax americana est l'équivalent de la pax romana.

L'empire romain s'effondra sous les coups intérieurs du christianisme et sous les coups extérieurs des "barbares" germains.

L'empire américain, de même, s'effondre sous nos yeux sous les coups des "barbares" chinois et d'une idéologie informulée et innommée, encore. Comme le christianisme était largement informulé à Nicée en 325, bien avant que le haut moyen-âge ne passât cinq siècles à forger, pierre à pierre, la théologie chrétienne, l'idéologie qui ronge déjà l'empire américain mondial pourrait bien être désignée comme un écologisme mystique ou un monisme naturaliste.

 

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Notre monde contemporain engendre toute une série de "théories" visant l'universalisme égalitariste et la négation de toutes les différences entre genres, entre races, entre cultures, etc …

Mais dans le Réel, rien n'est jamais l'égal de rien. Tout est unique et tout est différent. L'égalité n'existe nulle part. La complexification cosmique induit, tout au contraire, un enrichissement par différenciations de plus en plus divergentes.

La "théorie" du genre, par exemple, vise l'uniformité humaine et relègue au rang d'illusions artificielles la distinction entre homme et femme, entre masculin et féminin. On retourne là à la grande querelle des universaux qui, pendant des siècles, empoisonna l'histoire de la pensée. Ce sont les catégories de genre : le "masculin" et le "féminin", qui sont des illusions nominalistes. Il y a de vrais hommes et de vraies femmes de chair et de sang qui vivent leur vie selon leur sexe et les caractéristiques qui y sont liées ; en revanche le genre humain neutre, ni masculin, ni féminin, cela n'existe pas. Autrement dit, les deux sexes existent évidemment, mais le genre humain asexué n'existe pas.

Ceci est un garçon et ceci est une fille ; ils sont biologiquement et psychiquement différents dès la naissance, et la société, si elle comprend la richesse de la diversité et des différenciations, doit faire au mieux pour que le garçon devienne pleinement un homme accompli et que la fille devienne pleinement une femme accomplie, avec leurs déterminations et leurs qualifications spécifiques.

Maintenant, s'il advient que tel homme se sente plus femme ou que telle femme se sente plus homme, et qu'ils en conçoivent une sexualité déviante par rapport aux voies de la Nature, tout le monde s'en fout ; c'est leur problème. Il faut seulement bien comprendre que, globalement, de tels accidents sont très marginaux (même si, aujourd'hui, dans certains milieux, s'exhiber LGBT est très "tendance") et contre Nature (le génie de la Nature a "inventé" la différenciation sexuelle, ce n'est ni par hasard, ni "pour des prunes").

De même, les races et cultures existent bel et bien, dans la réalité, avec leurs grandes différences, leurs points forts et leurs points faibles, alors que le genre humain "aracial" ou "aculturel" n'existe pas : tout humain appartient forcément à une race et à une culture spécifiables.

De manière plus générale, il faut combattre toutes ces forces qui visent à l'uniformisation, à l'universalisation, à l'égalitarisation car ces forces sont entropiques et mènent au désordre et à la mort.

 

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Le 29/01/2017

 

Concernant les débats et études générationnelles et les typologies Baby-boomers (nés après 1940), X (nés après 1960), Y (nés après 1980) et Z (nés après 2000), il me paraît clair, quant à moi, qu'il y a une belle couche de "marketing pour consultant", mais qu'il n'y a pas de fumée sans feu : il y a une bifurcation réelle entre l'avant-numérique et l'après-numérique. Disons que, pour ceux nés à partir de 1980, ils ne connaissent pas de monde sans ordinateur et, pour ceux nés après 2000, ils ne connaissent pas de monde sans ordiphone (c'est le nom autorisé par l'académie française pour désigner le smartphone ou l'iPhone).

 

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De David Le Breton :

 

"Dans une société où s'impose la flexibilité, l'urgence, la vitesse, la concurrence, l'efficacité, etc., être soi ne coule plus de source dans la mesure où il faut à tout instant se mettre au monde, s'ajuster aux circonstances, assumer son autonomie. Il ne suffit plus de naître ou de grandir, il faut désormais se construire en permanence, demeurer mobilisé, donner un sens à sa vie, étayer ses actions sur des valeurs. La tâche d'être un individu est ardue, surtout s'il s'agit justement de devenir soi. "

 

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Les quatre voies de l'accomplissement spirituel …

La voie du Corps dans la Virtuosité opérative.

La voie du Cœur dans la Dévotion naturelle.

La voie de l'Esprit dans l'Etude métaphysique.

La voie de l'âme dans l'Anagogie initiatique.

 

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De Deepak Chopra :

 

"Rien ne protège mieux la foi que l'ignorance."

 

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Julian de Norwich est une mystique chrétienne qui prônait le contact direct avec le Divin et jetait le discrédit radical sur toute intermédiation de l'Eglise en général et des prêtres en particulier.

La vision de Julian de Norwich - sainte anglicane et béatifiée catholique, semble-t-il - est intéressante, quoique passablement hérétique, sans doute, aux yeux du dogme chrétien.

Pour Julian, Jésus-Christ figure l'humanité entière, comme incarnation divine au sein du règne de la Nature,  et la vie évangélique de Jésus-Christ est le symbole de l'histoire spirituelle de l'humanité dont les différentes étapes initiatiques sont, sommairement, le baptême essénien, la retraite et la tentation au désert, la prédication avec paraboles et miracles, la transfiguration, la cène, l'arrestation, le procès, la passion, la crucifixion, la mort, la mise au tombeau, la résurrection et l'ascension. Tels seraient les différents stades successifs de l'histoire de l'humanité.

Selon Julian, l'humanité de son temps (15ème siècle) en était au stade de l'agonie sur le croix.

 

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La discussion entre géocentrisme et héliocentrisme n'est pas un problème astronomique - d'ailleurs résolu depuis l'Antiquité -, mais un problème métaphysique entre anthropocentrisme et cosmocentrisme.

La condamnation, par Rome (le centre de l'occident), de l'héliocentrisme de Brahé, Copernic, Bruno, Galilée ou Kepler fut, en fait, une affirmation radicale d'anthropocentrisme qui dure encore aujourd'hui, au grand dam de la Nature et de la Vie.

Le christianisme, obsédé par "l'autre monde" de l'idéalisme platonicien, a une sainte horreur du Réel, de la Nature et de la Vie, royaumes de Satan et du péché, de la vile matière enfantant la chair et le désir.

Cette haine chrétienne du Réel, de la Vie et de la Nature explique sa fascination morbide pour l'Idéal, pour la Mort et pour l'Incréé.

 

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L'aristocratisme est une attitude éthique et philosophique qui affirme que la vie d'un homme ne prend sens et valeur qu'au service de ce qui le dépasse radicalement.

L'homme au service de lui-même - ce qui est le fondement même de l'humanisme - est une impasse totale.

Aristocratisme et humanisme s'opposent irrémédiablement.

 

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De mon ami Michel Maffesoli :

 

"Il est une nature des choses, et on a eu la prétention de la changer !"

 

Ainsi commence le livre "Ecosophie" de Michel. J'ai traduit, dans mes mots : "Le Réel a une Nature et l'homme a encore la prétention de la changer !".

Plus loin Michel parle avec justesse :

 

"(…) du mythe progressiste dont le résultat avéré est, tout simplement, la dévastation du monde".

 

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La question du critère de réalité est difficile et ancienne : Tchouang-Tseu qui rêve qu'il est papillon, dans une vie, ou le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-Tseu, dans l'autre vie.

Rêve ou réalité ? Comment savoir ? Peut-être, disait Shankara, ce que nous appelons "réalité" n'est-il qu'un rêve de la conscience …

Ces apories apparentes n'en sont pas.

Les rêves endormis des nuits et les rêves éveillés des jours possèdent des caractéristiques opposées : au fil des nuits qui se suivent, les rêves endormis n'ont aucune continuité, ni aucune cohérence entre eux : chaque cycle de sommeil déclenche des rêves endormis généralement sans rapport avec les précédents.

En revanche, au fil des jours qui s'engrènent, les rêves éveillés s'enchaînent et révèlent une logique commune qui dénote un principe de continuité et de cohérence.

Et voilà bien le critère de réalité : est Réel ce qui est continu et cohérent, ce qui est porté par une logique interne, même si la conscience ne la perçoit que par intermittence et de façon floue.

Que ce Réel soit perçu et conçu aux travers des fantasmagories humaines du rêve éveillé (pour reprendre l'allégorie de Shankara), qui le nierait ? Mais cela n'empêche aucunement de percevoir, derrière ces fantaisies subjectives, une continuité et une cohérence, c'est-à-dire une logique qui soit à l'œuvre indépendamment de cette perception.

Voilà donc la définition pertinente : le Réel est ce fond continu et cohérent, animé par un Logos, sur lequel se vit l'expérience humaine de vie, quelque subjective ou fantasmagorique soit-elle.

 

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Dans le récit de la Genèse (qui n'est en aucun cas celui d'une "Création"), il n'y a qu'une seule "séparation", une seule dissociation : celle du funeste - ainsi que le nomme la Kabbale - deuxième jour qui sépare les eaux en les eaux du dessus et en les eaux du dessous. Ailleurs, il s'agit d'émergences : celle de la Lumière à partir de la ténèbre, celle du Sec à partir des eaux d'en-bas, celle du Végétal à partir du sec, etc …

La Genèse n'est donc pas un processus de séparation, de dissociation, de distinction, mais bien un processus d'émanation. Même la "séparation" du deuxième jour n'en est pas vraiment une, puisque l'unité de l'eau n'est pas rompue, mais seulement creusée pour y loger un "espace" qui deviendra le ciel.

Ces quelques remarques illustrent parfaitement que la logique biblique n'est un rien ni analytique, ni cartésienne, mais bien holistique et émanationniste.

 

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Si la phénoménologie se borne à affirmer, à bon droit, que lorsque l'homme dit penser le monde, il ne fait que penser son rapport au monde, qui pourrait la contredire ?

Si la phénoménologie reste bloquée dans l'impasse du dualisme kantien (le mur infranchissable entre le sujet et l'objet) et en déduit l'inanité de toute ontologie ; elle devient stérile et dogmatique.

La reliance de l'homme au monde ne se limite pas, ô combien, à la seule expérience sensorielle.

 

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Le 30/010/2017

 

Le clivage gauche-droite est obsolète. Tout le monde commence à en convenir.

Le "nouveau" grand clivage binaire actuel - puisqu'il faut que tout soit binaire pour être compréhensible par les masses votantes - se poserait, selon certains comme Jérôme Sainte-Marie, entre libéralisme et souverainisme.

C'est peut-être vrai ailleurs. Ce ne l'est certainement pas au plan français. La France est antilibérale dans ses gènes ; il n'y a pas de force libérale en France … et c'est ce qui la tue.

En France, il n'existe qu'une seule idéologie, bien archaïque : le social-étatisme avec un versant souverainiste, il est vrai, surtout incarné par le Front National (le camp de Marine Le Pen), et avec un versant plus économiste scindé entre bourgeoisisme (le camp de François Fillon) et progressisme (le camp d'Emmanuel Macron).

Quant à l'ancienne "gauche", elle est enfin morte. Le parti socialiste, comme le parti communiste naguère, est entraîné dans la tombe par l'incroyable masses de ses échecs, de ses incuries, de ses "idéaux" puérils, de ses arithmétiques électorales, de ses manipulations rhétoriques, de ses magouilles financières, …

Désormais, cette "gauche" (les camps des Jean-Luc Mélenchon et autre Benoît Hamon, suivis de toutes les casseroles gauchistes) est réduit à la portion congrue. Il n'y a plus que les syndicats comme la CGT, Sud ou FO qui, parce qu'ils profitent de lois et de subsidiations honteusement iniques, cadeaux empoisonnés de De Gaulle, puissent saboter le pays au nom de ridicules slogans crypto-marxistes portés par des groupuscules insignifiants.

Bref : la "gauche" est morte et bien morte, enfin !

Le libéralisme (c'est-à-dire l'anti-étatisme, rappelons-le) est inconnu, ici. Le social-étatisme, lui, hésite entre économisme (bourgeois ou social) et souverainisme. Si le crétinisme populaire fait triompher le souverainisme frontiste, c'en est fini de la France qui ne pèse plus rien, depuis longtemps, à l'échelle continentale et mondiale. De plus, au contraire de l'Angleterre qui a entraîné la Grande-Bretagne dans le Brexit et qui croit pouvoir compter sur l'appui économique du grand frère américain, la France ne pourra se retourner vers rien ni personne, et elle s'effondrera rapidement.

Si la sagesse française choisit l'économisme (un économisme très relatif, sous contrôle d'un Etat fonctionnaire et bureaucratique aussi omnipotent qu'archaïque), à la condition expresse de renoncer à son jacobinisme et de s'intégrer profondément dans une fédération européenne forte et unifiée, la France a une chance de s'en sortir et de redresser plus de 35 ans de débilités politiciennes et partisanes à courte vue (Mitterrand, Chirac, Sarkozy et, pis que tous, Hollande).

Ce ne sera pas tant l'élection présidentielle qui sera déterminante. Mais bien plutôt les élections législatives. Même présidente, sans la Chambre et le Sénat à sa botte, Marine Le Pen serait totalement impuissante.

 

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La mouvance de pensée dont je me réclame et qui intègre, à la fois, le libéralisme et l'écologisme, ne représente que 6% de l'électorat français. C'est assez dire !

 

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L'Etat n'a pas à être généreux.

L'argent dont il dispose n'est pas le sien, puisqu'il l'a volé par la violence. Il doit, tout au contraire, se montrer d'une avarice sordide.

Peu d'assistanats, peu de fonctionnaires, peu de subsides, peu de participations entrepreneuriales, peu d'aides, peu d'émoluments politiciens, … voire pas du tout.

L'Etat le moins haïssable est l'Etat le plus pauvre !

Dès qu'un Etat devient riche et puissant, il devient totalitaire.

 

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Le libéralisme est l'opposé de l'étatisme. Et comme un Etat tend toujours à devenir totalitaire (par la violence policière des matraques ou par la violence morale des lois), le libéralisme est l'antidote à tous les totalitarismes.

Tous ! Même le totalitarisme financier, même le totalitariste consumériste, même le totalitarisme mercantiliste.

 

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Les seules vraies nourritures vitales sont la Nature (les arbres) et la Culture (les livres). Tout le reste est superfétatoire.

 

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Tout ce qui existe est un hapax.

 

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Dans un monde fini (au sens mathématique), doté de quantités finies et exponentiellement décroissantes de ressources, non renouvelables pour la plupart, soumis aux incontournables lois naturelles de l'univers, l'humanité actuelle est condamnée, sous peine de mort, à la décroissance démographique et à la décroissance consommatoire. Décroissances qui doivent être drastiques et rapides.

Aujourd'hui, pour les masses humaines, aucune de ces deux décroissances vitales n'est acceptable.

Ainsi, sauf "miracle" bien peu probable, l'humanité est condamnée à mort à brève échéance. Quatre ou cinq générations au mieux.

Y aura-t-il des survivants ? Sans doute … Peu …

Les plus sages ou les plus barbares ? Qui le sait ? …

Fin du film !

 

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La terrible erreur de l'empirisme est de croire que la reliance de l'homme au Réel se limite à la seule expérience sensorielle. Rien n'est plus faux.

L'homme est relié au Réel aussi par sa mémoire profonde et par la propension universelle à s'accomplir.

Cette reliance de l'homme au Réel n'est pas que spatiale (les sensations ici et maintenant) ; elle est aussi temporelle (par le flux cosmique entre mémoire et intention).

Le Réel n'est pas seulement autour ou en face de l'homme ; il est aussi - et beaucoup - en l'homme !

 

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Ce que j'observe, c'est que presque tous les "penseurs" actuels qui incriminent la Bible hébraïque de tous les maux de l'occident chrétien, ne l'ont jamais lue sérieusement. Ce qu'ils croient être des "messages" bibliques, ne sont, le plus souvent, que des inventions chrétiennes bien postérieures, issues notamment des délires idéologiques d'un Paul de Tarse ou d'un Augustin d'Hippone.

Pour le rappeler fermement, dans la Torah, il n'est jamais question de péché originel, de monothéisme, d'un au-delà, d'un autre-monde, de vie après la mort, d'immortalité de l'âme personnelle, d'obéissance au Dieu-Père, d'intermédiation pastorale[6] entre Dieu et les hommes, de révélation divine, de dogmes religieux, etc …

Il faut que cesse cette invocation permanente au "judéo-christianisme". Le christianisme n'a RIEN en commun avec le judaïsme. Le christianisme a phagocyté la Bible hébraïque pour la détourner au moyen de traductions fallacieuses au profit de sa propre idéologie. Tout commence au tout début du plus vieux des Evangiles, celui de Marc qui construit toute la légende de Jésus (que ce Marc n'a jamais connu : il perpétue les récits de Paul qui n'a jamais connu Jésus non plus) de manière à ce qu'elle "colle" avec la prophétie d'Isaïe.

Le christianisme a eu besoin d'accaparer et de détourner la Bible hébraïque pour légitimer son putsch sur la notion de "peuple élu" (auquel il n'a d'ailleurs strictement rien compris).

 

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D'Henry Miller :

 

"Ce qui va mal, ce n’est pas le monde, c’est notre manière de le regarder."

 

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De Joël de Rosnay :

 

"Aujourd’hui, il devient plus difficile de prédire les évolutions exponentielles auxquelles nous sommes confrontés dans les domaines scientifique, technologique, économique et politique. Mon message vise à alerter les prospectivistes, les politiques, les économistes, les scientifiques, non seulement sur la vitesse de ces évolutions, mais surtout sur les interdépendances émergentes entre intelligence artificielle, robotique, travail humain et modifications de l’ADN d’Internet. Mal comprises, ces évolutions peuvent engendrer des mouvements tels que le transhumanisme. Mieux intégrées à nos réflexions, elles peuvent en revanche mener à une nouvelle étape de l’évolution de l’humanité..."

 

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De Gustave Le Bon :

 

"Le droit divin des foules remplace le droit divin des rois."

 

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D'Emmanuel Berl contre les modes homosexuelles :

 

" Je voudrais que les invertis pratiquent sans être inquiétés la sodomie et renoncent à un sodomisme qui devient une sorte de nationalisme avec cérémonie et fanfares, haine de l'étranger, culte des grands hommes, panthéon des invertis célèbres et, sous l'arc de triomphe, la tombe du pédéraste inconnu. […] Ce n'est pas de là que vient la liberté et il faut réellement regretter que tant de talents se crispent à la défense de l'inversion quand ils auraient par ailleurs à accomplir tant de tâches urgentes"

 

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Au fond, ce n'est pas Apollon qui s'oppose à Dionysos, mais bien plutôt Prométhée.

 

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Quelles sont les racines et fondements de la judéité ?

Ils ne sont pas raciaux ; la judéité n'est pas une race ne serait-ce que, depuis la déportation à Babylone il y a presque trois mille ans, du fait des si nombreux métissages et conversions au fil des millénaires.

Ils ne sont pas culturels car, diaspora oblige, les Juifs, partout dans le monde, ont adopté les coutumes, langues, mélodies, danses, gastronomies et costumes locaux.

Ils ne sont pas comportementaux : qu'y a-t-il de commun, dans les comportements, entre des ashkénazes polonais, des sépharades marocains, des loubavitchs de Brooklyn, des israélites yéménites ou alexandrins, et des sabras israéliens ?

Alors ? Trois traits unissent tous les Juifs de toutes les régions et de toutes les époques :

  • La référence racinaire à la Torah.
  • Le goût de l'étude et des œuvres de l'intelligence.
  • Le souci du questionnement.

 

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Les dramatiques turbulences de la mutation paradigmatique que nous vivons se placent entre la décadence moderne et la renaissance noétique.

Comment caractériser cette renaissance en marche ? Les mots manquent et l'on doit faire appel à des hybrides … comme le pagano-spiritualisme, le libéral-écologisme, le continental-communalisme qui s'appuient, ensemble, sur les valeurs fondatrices de la frugalité, de l'autonomie, de la réticularité, de la virtuosité et de l'intériorité.

 

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La proximité engendre la promiscuité.

Le trop plein de lien social induit le trop peu d'espace vital.

 

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Etymologie, encore … "Respect" vient du latin re-spicere qui signifie "regarder en arrière".

Respecter quelqu'un ou quelque chose, c'est regarder derrière soi, après passage, pour voir si l'on a pas fait de dégats.

Respecter l'autre, quelqu'il soit, c'est ne produire aucun dégat chez cet autre.

 

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Au fronton du Temple d'Isis, la déesse Mère-Nature, il était inscrit :

 

"Je suis tout ce qui est, tout ce qui était et tout ce qui sera,

et nul mortel n'a soulevé mon voile."

 

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D'Angélus Silesius :

 

"Die Rose ist ohne warum

Si blühet weil si blühet."

 

Traduction : "La Rose est sans pourquoi / Elle fleurit comme elle fleurit".

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La Culture est tout ce qui a été accumulé dans la mémoire par l'Esprit qui pense.

Comme l'Esprit émane de la Vie, il n'est guère difficile de comprendre que la Culture appartient de la Nature en tant qu'émergence issue d'elle. Il n'y a donc aucune raison d'opposer Culture et Nature ; tout au contraire.

En revanche, aucune vraie Culture ne saurait être contre-Nature. Le critère d'une Culture véridique et authentique est donc d'être en conformité et en harmonie avec la Nature, à son service et à sa dévotion.

A contrario, toute Culture qui s'inscrit ou se définit contre la Nature, qui la nie ou la rejette, qui la fuit ou la hait, est une Culture mensongère, une fausse Culture, une Culture nocive et funeste.

Depuis deux mille ans, l'Occident érige aigrement une telle pseudo-Culture contre la Nature ; l'homme voudrait assujettir, subjuguer, asservir la Nature par le biais de la Culture transformée en machine de guerre, d'oppression et de domination contre elle.

Aujourd'hui, la Nature est exsangue et cette pseudo-Culture se révèle vide.

 

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Depuis les "Lumières", il n'est question que de l'émancipation des humains, en bloc ou par catégorie (les noirs, le femmes, les prolétaires, les homosexuels).

En latin juridique, emancipare signifie : "libérer de l'autorité du père".

Il faut donc tuer le Père, tous les avatars du Père, toutes les incarnations du Père. Il faut libérer l'homme, dit-on.

Mais veut-il variement, ce brave humain, être libre et émancipé ? Et le libérer de quoi ? Et le libérer pour quoi faire ?

Tous les sages, toutes époques et contrées confondues, savent depuis longtemps que toute servitude est volontaire. Que ce sont des idoles que l'on a en soi - à commencer par son propre ego -, qui sont les chaînes de tous les esclavages humains. Que pour se libérer de ces chaînes-là, chacun ne peut compter que sur lui-même. Personne ne peut libérer quiconque de rien, à sa place.

Et à nouveau cette question nietzschéenne : libérer soit, mais pour quoi faire ? On n'est jamais libre dans l'absolu. Ce n'aurait aucun sens. On ne peut jamais être libre que de quelque chose, que de faire quelque chose. Et encore, pour faire quelque chose de possible. Sur Terre, personne ne peut se libérer de la gravité. Le Réel est ce qu'il est, indépendamment des caprices humaines.

Il faut donc, encore et encore, poser les deux questions : libérer de quoi, et pour quoi faire ?

 

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Au fond, le stoïcisme - la plus belle, la plus juste et la plus vraie des philosophies antiques - ne dit que ceci : l'homme doit s'ajuster au monde sans chercher à le dominer. Il doit y trouver sa juste place, comme écrivait Aristote. Ou, murmuré en termes musicaux : il doit s'accorder et s'harmoniser avec le cosmos.

Lao-Tseu ne dit pas autre chose : chaque tao particulier doit entrer en parfaite résonance avec le Tao cosmique.

Il est urgent de sortir de cette imbécillité de "l'homme face à la Nature hostile" pour retrouver "l'homme dans la Nature dont il fait partie intégrante".

 

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Parle-t-on de "corps social" ? Prenons l'allégorie au mot. Un corps est constitué de milliards de cellules individuelles dont aucune n'est libre : chacune est spécialisée dans une fonction précise et il n'est nulle question d'en changer au fil de la vie. Chaque cellule est priée de répondre, du tac au tac, aux signaux et stimulations que lui envoient les divers systèmes de régulation nerveuse, lymphatique, hormonale, sanguine, etc … Chaque cellule appartient à un tissu et à un organe hyper-régulé et hyperspécialisé. Aucun organe n'est le "chef" de l'anatomie, mais chacun prend la main du pouvoir chaque fois que sa spécialisation est la bonne réponse au problème d'ensemble.

L'analogie est peut-être bonne pour parler d'une ruche, d'une fourmilière ou d'une termitière ; mais je vois mal des hommes fonctionner au sein d'un tel "corps social".

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[1] SNCF, EDF, CGT, CFDT, la Sécu, l'EN, les "sévices publics", les banques semi publiques, les mutuelles d'assurances et les industries contrôlées par l'Etat,  etc … et leurs organes de presse en faillite, mais bien grassement subsidiés : Libé, L'Obs, l'Humanité, etc …

[2] N'oublions jamais que le nazisme est un national-SOCIALISME et que le fascisme mussolinien fut aussi un mouvement socialiste (étatiste et antilibéral).

[3] Un mot d'explication, sans doute, est utile. Je crois que la physique théorique qui décline une vision métaphysique du cosmos, ne peut être classée dans les "sciences" au sens courant. Celles-ci en sont toutes des déclinaisons ou des applications, spécifiques et particulières. La physique s'occupe de l'architecture cosmique alors que le reste des sciences s'occupent des réalisations particulières.

[4] Je prends, ici, le mot "ethnie" au sens de "communauté phylétique" et non au sens de "race". Les Juifs ne sont pas une race au sens biologique. La plupart des Juifs n'ont plus une goutte de sang hébreu dans leurs veines.

[5] Il suffit de regarder ce que les médias de masse placent sous la rubrique "culture". Tout est dit.

[6] Il ne faut jamais confondre l'intermédiation pastorale d'un prêtre et la fonction sacerdotale d'un lévite.