Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" (Décembre 2016)

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy


 

 

Le 01/12/2016

 

De Jean Clair :

 

"Il faudra bien un jour reconnaître que l'événement majeur du 20ème siècle n'aura pas été l'arrivée du prolétariat, mais la disparition de la paysannerie."

 

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Comme je l'avais écrit il y a longtemps :

 

"La liberté n'est pas 'fais ce que tu veux', mais 'fais tout ce que tu peux'. "

 

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Le événements, referenda, élections de ces derniers mois (et de ceux qui suivront), tant en Europe qu'en Amérique, expriment clairement la totale perte de crédibilité de la caste politique, des institutions prébendières, des instituts de sondage ou de statistique, et des médias, toutes tendances confondues.

Contrairement à ce que, par confort intellectuel ou peur de la vérité, certains désignent comme le triomphe du populisme, il s'agit de bien autre chose, bien plus profonde … Mais ce mouvement confus et diffus, faute d'être appelé par son nom, peut très bien être récupéré par les mouvances populistes.

Ce nom est multiple : fin de la modernité, fin du modèle financiaro-industriel, fin de la technolâtrie, fin des idéologies issues des "Lumières", fin de la gabegie économique, fin du pillage des ressources, fin de toutes les formes de socialisme et de financiarisme.

 

Les masses ne comprennent pas grand' chose à ce qui arrive, mais elles ressentent, instinctivement, animalement, un ras-le-bol nauséeux devant tant d'incompétences, de mensonges, de manipulations, de magouilles, … dans un climat délétère de terrorisme religieux et de déflation économique.

Faut-il tourner le fer dans la plaie et parler du retour à la saine logique économique sur les prix des ressources énergétiques et sur les taux d'intérêts financiers ? Faut-il insister sur leurs pour conséquences prochaines : un retour de l'inflation, une hausse de tous les prix, une baisse des pouvoirs d'achat, la banqueroute des pays les plus endettés, la faillite des banques les plus pourries, la montée du chômage, l'effondrement des cours de bourse, la fin du consumérisme, …

 

Beaucoup, parmi les mains aveugles, appellent un revirement, un "ni ni" : ni la clique politicienne démagogue (de gauche comme de droite), ni le populisme simpliste et archaïsant. On recherche avidement l'homme providentiel (une vieux mythe bien français).

Mais il est trop tard. Le mal est fait. Et il faudra boire ce vin aigre jusqu'à la lie.

La crédulité imbécile des masses leur à fait préférer, pendant trop longtemps, l'écoute des promesses absurdes des démagogues et la pratique de la politique de l'autruche, plutôt que d'ouvrir les yeux.

Mais n'est-ce pas le propre de la populace que de préférer le pain et les jeux, à l'austérité et au changement de ses habitudes somptuaires ?

 

Cela fait 30 ans que la plupart des pays occidentaux vivent largement au-dessus de leurs moyens réels, que l'on affirme aux pauvres qu'ils peuvent vivre comme des riches, et que les castes politiques endettent leurs pays à mort pour faire semblant de maintenir la liesse populaire.

Maintenant, la fête est finie et la fin de la récré a été sifflée. Bas les masques.

Le cirque ferme ses rideaux.

 

Il faut revenir aux standards de vie des années 1920, tant en termes de démographie mondiale (2 milliards d'humains maximum) qu'en termes de niveau de vie et de pratique de la frugalité. Le délire des "trente glorieuses" (et celui des "trente foireuses" qui ont cru pouvoir les perpétuer) a été une parenthèse absurde, un accident sur le fleuve de l'histoire, une anomalie économique et sociale.

Retour au réel !

 

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Le 02/12/2016

 

Les mathématiques ne s'appliquent qu'à ce qui peut être compter. Elles forment un langage analytique et objectal, mécaniste donc, purement quantitatif. Elles ne sont adéquates que pour représenter des phénomènes de la même catégorie qu'elles. L'univers pris comme un tout n'appartient pas à cette catégorie.

 

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La Renaissance a commis l'erreur de saborder Aristote et de lui préférer Platon et son maître Pythagore. La science est devenue déconnectée du Réel au profit d'idéalisations mathématiques. Cette mathématisation idéalisante a engendré le mécanicisme.

 

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Le 03/12/2016

 

L'espace phénoménologique (l'espace volumétrique que nous appelons "l'espace") est une coupe (au sens de Poincaré) dans l'espace ontologique. La conscience appartient à cette coupe et ne perçoit donc pas les autres dimensions de l'espace ontologique qui forment les espaces eidétique et dynamique. La conscience appréhende les "objets" volumétriques, mais elle ne peut observer que les effets des évolutions eidétiques et dynamiques sur le monde phénoménologique ; elle ne peut pas les appréhender directement car elle est étrangère à la logique intrinsèque des formes (les "objets" eidétiques purs) et des activités (les "objets" dynamiques purs).

Si l'on appelle "Matière" l'ensemble des "objets" volumétriques, "Vie", celui des "objets" dynamiques et "Esprit", celui des "objets" eidétiques, on comprend que ce que nous appelons vie et esprit, au sens humain, ne sont que des projections locales de la Vie et de l'Esprit dans l'espace volumétrique matériel.

Chaque être dans l'espace phénoménologique est donc le résultat d'une vitalisation et d'une spiritualisation d'une part locale de Matière.

On comprend de plus que, par symétrie, on pourra parler de matérialisation et de vitalisation de l'Esprit dans l'espace eidétique et de matérialisation et de spiritualisation de la Vie dans l'espace dynamique.

Ce que nous appelons "naissance" serait alors le passage de la Vie à la Matière (et abandon de la vitalité pure) et ce que nous appelons "mort" serait le passage de la Matière à l'Esprit (et abandon de la matérialité pure : notre corps).

Logiquement, il devrait donc exister un troisième passage : celui de l'Esprit à la Vie (avec abandon de la spiritualité pure).

La boucle ainsi se referme et fait intensément penser à la vieille intuition indienne du samsara. Cette intuition dit qu'il est possible de quitter les "coupes" phénoménologiques de l'espace ontologique (que l'on peut appeler l'Un ou Dieu, ou ce que l'on voudra pourvu que ce soit l'Absolu ultime) et de rejoindre cet espace divin où Matière, Vie et Esprit s'accomplissent ensemble, en plénitude. C'est alors la "libération", le moksha.

Chaque "monde" est travaillé par une loi de conservation et une loi d'opposition.

Pour le monde matériel auquel appartiennent notre conscience, notre corps, notre vie et notre esprit, la loi de conservation concerne l'activité, la dynamique, la vitalité, bref : l'énergie qui mesure tout cela (le monde "d'avant") ; la loi d'opposition concerne la matérialisation (la voie entropique qui veut que la Matière règne sur son royaume) et la spiritualisation (la voie néguentropique qui tend à favoriser le passage vers le monde suivant, celui de l'Esprit).

Le même raisonnement peut être appliquer aux deux autres "mondes" que la conscience ne connaît pas.

Pour le monde spirituel, la loi de conservation concerne l'uniformité, l'homogénéité, l'inertie bref : l'entropie qui mesure tout cela (le monde "d'avant") ; la loi d'opposition concerne la spiritualisation (la voie néguentropique qui veut que l'Esprit règne sur son royaume) et la vitalisation (la voie énergétique qui tend à favoriser le passage vers le monde suivant, celui de la Vie).

Pour le monde vital, la loi de conservation concerne la complexité, l'organisation l'ordre, bref : la néguentropie qui mesure tout cela (le monde "d'avant") ; la loi d'opposition concerne la vitalisation (la voie dynamique qui veut que la Vie règne sur son royaume) et la matérialisation (la voie entropique qui tend à favoriser le passage vers le monde suivant, celui de la Matière).

 

 

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Prendre le moins de place possible dans le monde extérieur, celui des autres, et ouvrir un espace intérieur infini.

 

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La seule œuvre d'art, c'est la femme !

 

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Le 04/12/2016

 

On ne se construit que dans la révolte, semble-t-il. Et il est trois révoltes.

La plus simpliste, la plus élémentaire, la plus stérile … mais la plus commune : la révolte contre le Réel, (source de toutes les idéalismes), contre la société (source de toutes les idéologies), contre le système, contre le "père", contre ce que notre caprice et notre ignorance n'ont pas pu choisir.

Ensuite, vient la révolte contre soi : le "connais-toi toi-même", la psychanalyse, le nombrilisme narcissique, le développement personnel et toutes les fariboles de cet acabit.

Enfin, vient la troisième révolte. Le seule qui soit féconde. La seule qui soit réellement sérieuse : la révolte contre Dieu. Contre l'essentiel. Contre l'inconnu et l'inconnaissable. Contre les croyances et les idolâtries. Contre la tragédie de l'homme qui se sait néant insignifiant face au Réel.

Toutes les autres révoltes ne sont que rébellions dérisoires et infantiles. La révolte contre Dieu met l'âme à nu face à ce qui importe : Dieu, c'est-à-dire l'Un, l'Absolu, … qu'importe le nom : Tao, Brahman, Eyn-Sof … !

Dieu n'est pas l'ennemi ; il est l'adversaire, l'obstacle (Shatan, en hébreu), la question qui exige réponse, la raison d'exister de tout ce qui existe, la volonté qui veut la cohérence et l'harmonie de tout ce qui existe, le Logos qui exige les Lois de l'univers.

Le seul moteur de la vraie vie spirituelle et intellectuelle est la révolte contre Dieu.

 

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Jonas. Le Qohélèt. Moïse qui rechigne à libérer les Hébreux du joug de l'esclavage égyptien.

Le judaïsme, à l'exact opposé de l'Islam qui est soumission au dieu, est une sempiternelle révolte contre le Dieu.

L'Alliance est un contrat, une convention, un face à face, une négociation de tous les instants.

Le judaïsme est une éternelle révolte, tout au contraire d'une obéissance (chrétienne) ou d'une soumission (musulmane).

 

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La vraie foi, c'est la révolte contre toutes les croyances.

La vraie religion, c'est la révolte contre toutes les idolâtries.

 

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De Jacques Lacan :

 

“Le langage est une prothèse dans l’économie psychique du névrosé.”

 

Et l'on s'étonne que l'intelligentzia de gauche française fasse rire … !

 

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De Maxime Tandonnet :

 

" La politique devient un grand exercice de posture, de communication, de spectacle et de culte du moi. "

 

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Le 05/12/2016

 

De Harold PINTER, Prix Nobel de Littérature en 2005 :

 

"(...) La majorité des hommes politiques, à ce qu’on voit, ne s’intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour conserver ce pouvoir, il est essentiel que les gens demeurent dans l’ignorance, qu’ils vivent dans l’ignorance de la vérité, y compris de la vérité de leur propre vie."

 

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Le travail dit  "social" (réinsertions, réintégrations, rééducations, assistances, accompagnements, déradicalisations, accueils, déprécarisations, etc …) n'aboutit qu'à des échecs patents et avérés (sauf quelques rares exceptions individuelles vite repérées et pour lesquelles la solution est immédiate et nécessite peu de moyens). Les "victimes de la société" sont, au mieux irrécupérables, au pis des parasites cyniques ou des délinquants multirécidivistes. Qu'il existe des gens qui croient donner un sens à leur vie en se "dévouant" à ces activités "sociales", grand bien leur fasse ; c'est tant mieux pour eux. Mais que ce soit alors sans financement de l'Etat, autrement dit, sans cette gabegie des impôts qui doivent être investis dans des projets moins évidemment inutiles.

La solidarité humaine doit appartenir à la sphère privée et bénévole. Le solidarisme est un choix philosophique ou éthique, presque religieux … il n'est pas un choix politique.

Le social étatisé, c'est du pur gaspillage.

 

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Toute existence humaine, si elle veut participer de la vraie vie, doit passer par cinq stades …

Celui de la révolte contre rien : le temps animal de l'innocence imbécile et de l'animalité crétine, de la médiocrité grégaire et "du pain et des jeux".

Celui dela révolte contre le monde : le temps puéril de l'infantilisme idéaliste, du militantisme, du révolutionnarisme et de l'idéologisme.

Celui de la révolte contre soi : le temps adolescent du nombrilisme et du narcissisme, de l'humanisme et de l'anthropocentrisme.

Celui de la révolte contre Dieu : le temps adulte et béni de la sortie "de l'homme" vers le Réel inaccessible, vers la Gnose inatteignable, vers le rejet de toutes les idolâtries et de toutes les croyances qui trahissent le Divin.

Celui de la Paix absolue : le temps éternel de la pacification sereine, avec tout, avec le monde, avec soi et avec Dieu.

Il y a donc cinq niveaux d'humanité et 85% des humains restent cantonnés au niveau zéro : celui des moutons stomacaux.

 

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La foi est un combat avec Dieu. Lorsque la paix s'établit, la foi n'est plus nécessaire ; il ne reste que l'évidence sereine du Divin.

 

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Les anciennes écoles philosophiques grecques furent plutôt des sectes, plus religieuses que spirituelles, avec un enseignement exotérique et un enseignement ésotérique.

 

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Comme déjà mentionné : n'est manipulable que ce qui est prévisible.

De plus : n'est prévisible que ce qui est mécanique.

Le big-data, en conséquence, ne concerne que le mécanique en l'homme.

 

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Au fond, il y a une grande similitude entre les enseignements d'Epicure et les enseignement du Bouddha historique : ataraxie, atomisme, …

 

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Nous sommes entrer dans une idéologie où il faut "accompagner". On y confond solitude et isolement. Il faut "écouter", "échanger", "débattre", "discuter", "créer du lien", "compassionner", "rencontrer", …

Il faut dire "nous". Il faut un "coach" qui nous révèle à nous-mêmes … et personne ne dé nonce, derrière tout ce cirque, un terrible processus d'uniformisation, de conformation, de manipulation, de désindividualisation.

 

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Il n'y a pas de vérité ; il n'y a que des certitude, plus ou moins communes, plus ou moins durables.

 

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Le 06/12/2016

 

Dieu contient tout ce qui porte un nom.

Panenthéisme !

Dieu est au-delà de tout ce qui porte un nom.

Dieu est un mot qui désigne ce qui n'a pas de nom.

Tout ce qui porte un nom est définissable ; Dieu est indéfinissable.

Apophatisme !

 

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Quelques citations d'Epicure extraites de sa "Lettre à Ménécée" ;

 

"(…) garantir la santé de l'âme."

"(…) le dieu est un vivant (…)"

"(…) les dieux existent : en effet, évident est la connaissance que l'on a d'eux ; en revanche, tels que la multitude les considère, ils n'existent pas."

"(…) la mort, avec nous, n'a aucun rapport (…)"

"(…) tant que nous sommes, la mort n'est pas là, et une fois que la mort est là, alors nous ne sommes plus."

"(…) ce pourquoi nous faisons toutes choses, c'est ne pas souffrir et ne pas être dans l'effroi."

"(…) le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse."

"(…) la suffisance à soi (autarcie : se suffire à soi-même) est un grand bien (…)"

"(…) l'absence de douleur en son corps, et de trouble dans son âme."

"De tout cela le principe et le plus grand bien est la prudence."

"(…) rien n'est fait au hasard par un dieu (…)"

"(…) tu vivras comme un dieu parmi les hommes."

 

L'épicurien n'est pas un rabelaisien. Tout au contraire. Il pratique un minimalisme ascétique, un hédonisme du "peu". Ses mots clés sont ataraxie (l'absence de souffrance) et autarcie (se contenter de ce que l'on a et de ce que l'on est). Il pratique la "prudence" c'est-à-dire quelque chose qui s'apparente au détachement, au non-agir taoïste, comme un retrait des affaires humaines. Il est panenthéiste mais récuse toutes les idolâtries, toutes les superstitions, toutes les croyances populacières. Son atomisme n'est pas un matérialisme puisque que le monde matériel fait d'atomes fonctionne à l'intérieur d'un monde immatériel peuplé de dieux vivants (cfr. la "Lettre à Pythoclès").

 

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L'anti-systémisme est devenu une quasi doctrine politique alternative ; il pourrait, peut-être, incarner ce que j'appelle, depuis si longtemps, la "courbe verte".

C'est lui qui a provoqué la chute de Cameron, de Hillary Clinton, de Hollande, de Renzi, etc …

 

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De Michel Rocard :

 

"Il ne suffit pas d'être bien pensant pour penser juste".

 

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Une des plus insidieuse et révoltante disposition juridique française est celle de la très gauchiste "loi Badinter" sur "l'indemnisation des victimes".

 

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Le 07/12/2016

 

Tout le cheminement de Nietzsche (1844-1900) se résume en une magnifique et épuisante quête du nouveau Messie, porteur de la nouvelle "bonne nouvelle" pour après la "Mort de Dieu" ; un nouveau Messie annonciateur du nouvel Evangile de la transmutation de toutes les valeurs par la sacralisation dionysiaque de la Vie, par la vision de l'Eternel Retour, par le biais de la Volonté de Puissance et, surtout, par l'avènement du Surhumain.

Ce Messie qu'il chercha, il crut d'abord le voir incarné en Wagner, l'artiste absolu, ou en Schopenhauer, le sceptique intégral, jusqu'à ce qu'il le trouvât en lui-même dans un miroir nommé Zarathoustra, à la fois "Crucifié" et "Antéchrist".

Ses deux grands livres furent: "Le Gai Savoir" et "Ainsi parla Zarathoustra".

 

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La seule vocation de l'homme est de s'élever vers l'Esprit.

Il n'en a pas d'autre.

Faute de cette élévation humaine, il ne resterait que de l'élevage humain.

 

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A la lecture des "Premiers écrits chrétiens" ("La Pléiade") …

 

Ce qui frappe les Romains (Tacite, Pline, Galien, Lucien de Samosate, Celse) chez les anciens Chrétiens, c'est leur indifférence vis-à-vis de la vie réelle (leur propre vie, celle de leur conjoint et enfants, leurs biens, …) et leur acceptation béate de la mort ; pour eux, la "vraie" vie est à venir, après la mort qui est une délivrance. Une vie éternelle …

Voilà qui est probablement la caractéristique première et fondamentale du christianisme - et de l'islamisme à sa suite : le mépris, voire le rejet ou le refus de la vie et du monde réels au profit d'une vie et d'un monde imaginaires, ultérieurs et fantasmagoriques.

C'est cette croyance en une "autre" vie dans un "autre" monde qui m'est proprement, radicalement et définitivement insupportable : un déni de réalité, un refus du Réel au profit d'un fantasme d'éternité factice. Le choix de l'imaginaire contre la réalité.

Qui plus est, ces prétentions puériles qui se réclament de la Bible hébraïque, sont foncièrement incompatibles avec les fondements et les sources toraïques du Judaïsme profond : nulle part, dans la Torah, n'est-il fait mention, en bonne logique réaliste et moniste, d'une quelconque immortalité de l'âme, d'une quelconque vie après la mort, d'un quelconque monde "au-delà", d'une quelconque résurrection des morts, ni d'aucune de ces balivernes qui ne sont que signes du refus du Réel - c'est-à-dire du Divin, de Dieu - tel qu'il est et tel qu'il va.

Le christianisme originel, dualiste, platonicien est une incongruité métaphysique et une hérésie théologique qui affirme un Dieu en niant son essence première !

Credo quia absurdum, écrivait Augustin d'Hippone … Ne l'en félicitons pas.

 

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Au fondement ultime du Judaïsme, il y a une volonté de sacralisation des moindres détails de la vie réelle. Rien n'est anodin. Rien n'est profane. Tout est sacré. Tout est divin.

La piété juive est l'exercice incessant de cette sacralisation du banal, de l'anodin, du quotidien. Elle reconnait Dieu dans tout ce qui se passe.

Tout ce qui demeure est un don. Tout ce qui arrive est un miracle.

 

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Ah, que le monde humain serait paradisiaque sans les 85% de crétins qui le peuplent.

 

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Le 08/12/2016

 

L'idée que le cerveau humain engendrerait de la pensée comme un ordinateur calcule ses résultats, est l'analogie la plus fausse et la plus dangereuse de notre époque.

 

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Un peu partout, depuis peu, les masses prennent conscience que les institutions de pouvoir et les castes qui les ont phagocytées, incarnent un paradigme socioéconomique obsolète. Ce rejet massif, mais diffus et confus, de l'establishment (incarné par Hillary Clinton aux USA, par Cameron en Grande-Bretagne, par Renzi en Italie ou par Hollande ou Sarkozy en France) ouvre la porte sur deux scénarii : un néolibéralisme (en France : un Fillon ou un Macron) qui favorise (à son insu) l'émergence du nouveau paradigme socioéconomique, (avec, pour conséquences, l'éradication des institutions de pouvoir de la modernité : Etats, Syndicats, Salariat, Bourses, Banques, Universités, Médias) ou un néo-populisme (en France : une Le Pen ou un Mélenchon) qui instaure une idéologie mortifère, au nom de la nostalgie d'une "pureté" imaginaire, incarnée dans un mythe (la Nation, le Prolétariat).

 

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Le paradigme mécaniste, hérité de Galilée et Descartes, voudrait que l'univers soit un assemblage d'objets identifiables élémentaires interagissant par des forces aveugles élémentaires, selon des lois déterministes élémentaires.

Le paradigme complexe qui émerge récuse radicalement les quatre piliers du mécanicisme :

  • Il n'y a pas d'assemblage, mais bien des émergences.
  • Il n'y a pas d'objets identifiables, mais bien des processus.
  • Il n'y a pas de forces aveugles, mais bien des dissipations tensionnelles intelligentes.
  • Il n'y a pas de lois déterministes causales, mais bien une économie intentionnelle.

 

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Tout ce qui existe, est tenaillé par deux dialectiques complémentaires.

La première est la dialectique entre le Tout et ses parties : le Tout ayant tendance à instrumentaliser ses parties pour "résoudre ses problèmes" et les parties ayant la tendance inverse et réciproque.

La seconde est la dialectique entre la propension inertielle de la mémoire accumulée (la matérialité) qui tend à préserver son statu quo, et la propension évolutive de l'intention intrinsèque (l'intentionnalité) qui tend à accomplir tous les possibles.

Le croisement perpétuel de ces deux dialectiques engendre des tensions, l'une structurelle, l'autre temporelle, que l'économie globale tend à vouloir dissiper le plus efficacement possible (et non pas le plus exactement possible). Cette économie des dissipations tensionnelles est le moteur intime de tous les phénomènes.

 

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Un haut responsable de l'UNESCO constate : "L'universalisme recule !".

Un ministre socialiste constate : "La puissance publique n'en est plus une !".

Enfin deux bonnes nouvelles …

 

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Les mots ne suffisent jamais, mais les mots sont parfois nécessaires.

 

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Pour tout système mécanique, si on connaît son programme (son algorithme), on connaît tout de son comportement.

Rien de complexe n'est mécanique. Le transhumanisme est une imposture. Une imposture dangereuse visant la lobotomisation numérique des masses humaines, au profit de quelques privilégiés

 

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D'Héraclite d'Ephèse :

 

"Vivre de mort et mourir de vie."

 

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Mon ami Edgar Morin (95 ans …) aime à répéter que le fondement de toute éthique tient en deux mots : "Solidarité et Responsabilité".

Je peux adhérer à cette définition à la condition expresse que l'on parle bien de solidarité cosmique et de responsabilité personnelle … et non pas de solidarité humaine et de responsabilité collective !

 

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Tout le monde connaît l'allégorie indienne des cinq aveugles qui rencontrent un éléphant : le premier touche la patte et parle d'arbre, le deuxième touche la queue et parle de liane, le troisième touche la trompe et parle de serpent, le quatrième touche l'oreille et parle de voile et le dernier touche le flanc et parle de paroi rocheuse.

Cette allégorie, souvent, est utilisée pour affirmer une pédagogie telle que les perceptions individuelles sont partielles et partiales et qu'il faut une intelligence collective pour effectuer une synthèse valable en termes de vérité.

C'est la version bobo gauchiste de l'histoire …

Il existe cependant deux autres façons de l'interpréter …

La première : un seul aveugle, s'il prend le temps, pourra toucher tous les éléments de l'éléphant et faire sa synthèse seul, bien plus vite et plus efficacement (sans palabres stériles), car il n'aura pas à se charger des erreurs d'interprétation des autres aveugles (qui tous croiront avoir raison).

La seconde : il suffit d'un professeur qui connaisse bien les éléphants, pour expliquer en quoi tous les aveugles ont tout faux.

 

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Certains caractérisent notre époque comme celle de "la fin des certitudes"[1], comme celle de la mort du concept de vérité, comme celle du début de l'ère de l'incertitude, des vérités relatives et précaires, des croyances inétablies, etc …

Mais il en a toujours été ainsi en philosophie.

La validité d'une connaissance, quelle qu'elle soit, n'a jamais pu être mesurée en termes de vérité absolue ou de certitude définitive ; la validité d'une connaissance n'est mesurable qu'en termes de cohérence avec les autres connaissances déjà acquises.

 

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Il faut revenir sur l'idée centrale que toute connaissance, pour s'établir, a besoin de trois processus :

  1. Un processus mnésique qui accumule et classe les faits fiables et avérés dans une mémoire idoine et stable ;
  2. Un processus linguistique qui formalise et conceptualise ces faits dans un langage convenablement et adéquatement choisi ;
  3. Un processus méthodique qui associe, par un travail de l'intelligence, ces faits formalisés entre eux, pour produire de la connaissance cohérente.

L'univers fonctionne de la même manière.

La hylé ou la ousia, si l'on préfère, la substance ultime qui constitue le fond de tout ce qui existe, qui n'est pas matérielle puisque toute matière n'en est qu'une manifestation particulière, la hylé, donc, est activité pure, bouillonnement cosmique primordial (vibration ou vibrionisme du vide quantique, disent certains physiciens).

Ainsi, l'univers accumule des émergences, il les capture et les formalise selon ses règles logiques, et il les relie entre eux au sein de structures de plus en plus complexes pour former des ensembles cohérents et stables.

 

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Il est symptomatique que l'hypothèse intentionnaliste fasse tant trouiller les mondes académiques. L'univers doit être aveugle, inintelligent, hasardiste, sans désir ni volonté, sans projet surtout, sans vocation, sans flèche du temps.

Cette grande peur est, en fait, celle de voir réapparaître le spectre maudit du grand Dieu créateur, celui des (mono)théismes. Ces mondes-là, rivés aux croyances athées et matérialistes, sont incapables d'entrevoir l'idée d'une intention intrinsèque et immanente.

Toute ma rupture avec Ilya Prigogine vient de là.

Tout mon désaccord avec Edgar Morin vient de là.

Ces deux Juifs athées sont, depuis toujours, hantés par une crainte ontologique du YHWH de leur enfance … alors qu'il n'est nullement question d'un quelconque Dieu personnel extérieur à l'univers et maître de celui-ci ; il ne s'agit que de constater, simplement, que tout, dans cet univers, évolue dans le même sens, que le temps, qui n'est qu'une mesure, n'est mesure que de l'avancement du chantier cosmique vers son propre accomplissement, jamais achevé.

 

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Le 09/12/2016

 

Peut-être, pour s'opposer à cette uniformisation agglutinante que l'on nomme universalisme, faut-il inventer un multiversalisme ?

 

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Vivre, c'est se donner à ce qui nous dépasse. Sinon, on ne fait qu'exister ou survivre.

 

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Edgar Morin et bien d'autres réduisent la complexité à la résolution "dialogique" d'une bipolarité. Mais dans le Réel, rien de complexe n'est jamais bipolaire car tout doit y être tripolaire (cfr. le mathématicien David Ruelle).

 

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Face à un problème quelconque, il n'y a que trois attitudes possibles : l'ignorer, le détruire et l'assumer. En gros : la lâcheté, la violence et l'intelligence.

 

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Constructivisme : tout ce qui est pensé par l'homme est construit par l'homme, à partir de ses capacités d'homme.

 

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Principe de cohérence …

Tout système tend à renforcer sa propre cohérence ou cohésion.

(Ainsi : "j'ai bien raison d'être, de penser, de croire, de faire … ce que je suis, pense, crois et fais …").

 

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Le simplisme est l'ennemi suprême de l'intelligence. Simplifier pour agir … Le simplisme vise, souvent, l'efficacité et la performance immédiates, et s'enlise, donc, dans le court-termisme.

Le simplisme est la négation de la complexité du Réel.

 

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La virtuosité technique permet de faire parfaitement ce qui est difficile sans même devoir y penser … avec le danger de ne plus penser et de n'avoir plus que des réflexes sans réflexion.

 

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Le professeur Montuori de Los Angeles affirme que 50% des doctorants américains ne finissent jamais leur PhD parce qu'ils sont incapables de penser par eux-mêmes. Pour eux, étudier c'est se rendre capable de réussir un test à choix multiples. Ils sont dans le savoir, mais pas dans la connaissance ; ils sont dans la connexion mais jamais dans la création.

 

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N'ont le droit d'avoir des convictions que ceux qui les assument pleinement.

 

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Le transhumanisme vise à transformer l'homme en robot.

Il ne devrait jamais s'agir d'augmenter l'homme, mais de l'améliorer, de le bonifier.

 

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A part l'histoire et l'anatomie, il n'existe aucune "sciences humaines" ; il n'existe qu'un fatras de théories et modèles infondés, inexpérimentables et fantasmagoriques, tous contradictoires entre eux.

 

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Jusqu'en 1900, partout dans le monde, il y eut beaucoup de migrations humaines, souvent massives, … mais ce monde était encore "vide", avec beaucoup de place disponible un peu partout.

Depuis 1920, les migrations humaines ont lieu dans un monde "plein" où ceux qui arrivent doivent prétendre prendre la place de ceux qui y étaient.

Voilà qui est nouveau … et dramatique.

 

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Les mouvements libertaires ou libertariens sont toujours très vite phagocytés par des idéologies totalitaires.

Ce fut le cas des hippies, de Mai'68, de l'écologie, de la Toile, des logiciels "open source", de la nouvelle mythologie californienne du transhumanisme …

 

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De Candido Mendès :

 

"(…) [il faut acter] le dépassement de l'Etat-nation, vu comme achèvement de l'identité collective, après l'humanisme des Lumière"

 

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Nous vivons la fin de l'idée d'Humanité.

Sera-ce pour monter vers la Vie et l'Esprit qui dépassent l'humain ?

Sera-ce pour descendre vers la Barbarie qui avilit l'humain ?

 

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Il ne faudrait plus confondre la globalisation des problématiques (ressources, démographies, pollutions, climats, …), la mondialisation des connaissances et des technologies, et l'américanisation planétaire des modèles, des mœurs et des pratiques socioéconomiques.

La globalisation et la mondialisation restent des tendances pertinentes ; mais l'américanisation s'effondre. De plus, il faut constater la montée d'une continentalisation des modèles civilisationnels.

La vision de Samuel Huntington ("Le choc des civilisations") est validée …

 

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Que faut-il opposer aux totalitarismes ? Il faut affirmer et imposer, par tous les moyens, la primauté radicale et absolue de la Vie et de l'Esprit, sous toutes leurs formes et dans leur diversité.

 

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Dans un monde déterministe, voire seulement prévisible,  la question éthique n'a aucun sens.

 

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Le militantisme social ne cesse de pleurnicher sur le désintérêt des gens pour leur "combat" et sur leur indifférence à leurs "idéaux". Ces "militants" feraient bien d'en tirer toute la leçon démocratique, à savoir qu'ils n'ont pas à imposer leur vision du "social", de la citoyenneté", du bien commun, du vivre-ensemble.

Tout homme a le plein droit d'être asocial, d'être indifférent à l'autre et à ses misères, de n'avoir aucune envie de "convivialité", de "rencontre", de "partage", etc …

L'égotisme et l'indifférence sont, à leurs yeux, méprisables et condamnables, mais ce sont des droits imprescriptibles ; la violence et la tyrannie de leurs tentatives de culpabilisation n'y changeront rien.

Ce militantisme devrait comprendre, une bonne fois pour toute, que son idéologie sociale est morte et enterrée. Que la course aux assistanats et aux subsides est finie. Que les initiatives collectives, les associations citoyennes, les bénévolats sociaux, les comités de quartier et tutti quanti sont tous bienvenus à la condition expresse qu'ils renoncent à toute violence et qu'ils s'autofinancent et ne dépendent en rien des contribuables.

 

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Le 10/12/2016

 

Tout ce qui est social m'indiffère.

 

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La susceptibilité est une coquetterie de faible.

 

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D'Alexandre Kojève :

 

" Par le théisme, l'homme se rattache à quelque chose qui n'est pas de ce monde, qui ne tient pas du temps"

 

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On sait tous les problèmes liés aux addictions chimiques : nourritures, alcools, tabacs, drogues, médicaments, …

On commence aussi à parler des addictions communicationnelles et informationnelles, et des esclavages volontaires envers le numérique et ses dérivés.

On parle beaucoup moins des addictions affectives (besoin compulsif de reconnaissance, de présence, d'amour, d'amitié, …) et des addictions intellectuelles (besoin de certitudes, besoin d'avoir raison, d'être conforté, …).

Ces dernières sont pernicieusement exploitées par le big-data qui, par le suivi statistique de nos comportements numériques, s'arrange pour fournir les informations qui les corroborent.

 

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Les logiques de séduction forment l'essentiel des stratégies et des comportements dans le monde profane. C'est la raison essentielle pour laquelle la politique, la mixité et l'homosexualité ne sont pas admis dans le monde initiatique et fraternel de la régularité maçonnique.

Il ne s'agit aucunement de jugements de valeur ; seulement d'incompatibilité radicale entre fraternité et séduction.

 

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De Bob Marley :

 

" Some people feel the rain. Others just get wet."

 

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Le Figaro vient de republier un commentaire que j'avais fait, l'an dernier, le 24 décembre à 17:17, sur l'analyse des psys de service quant au fait qu'un tiers des Français voient la "fête" de Noël comme une corvée … Voici :

 

Plutôt que de lire les débilités de "psychologues", il vaudrait mieux simplement savoir que, pour bien des gens, les "fêtes" obligatoires sont des moments d'ennui, de promiscuité et de bêtise qu'il convient d'éviter. Il y en a pour qui la Vie est une fête de chaque jour et pour qui les bombances et les bruits, préfabriqués par une société de surconsommation, relèvent de la pure médiocrité.

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Le 11/12/2016

 

Husserl et la phénoménologie, à la suite de Platon, de Descartes et de Kant, pose la connaissance comme étude du rapport entre sujet et objet, sans que ni l'intimité du sujet, ni la réalité de l'objet ne soient accessibles.

Comme tous les dualismes subjectivistes, ils ignorent une vérité fondamentale qui change tout et rend la phénoménologie inutile : l'homme et sa pensée sont parties prenantes et intégrantes de l'univers. Si l'homme y a survécu, c'est bien que son approche du monde est adéquate et en phase avec la réalité de ce monde.

 

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Dès lors que l'on admet l'idée simple que l'univers existe et que l'homme en fait partie, deux regards sont possibles : le regard phénoménologique et empirique qui est celui de l'homme-sujet-subjectif, et le regard ontologique et cosmologique qui est celui de "Dieu". Ces deux regards sont indispensables conjointement, dans une dialectique entre ce que l'homme croit "voir" et ce que Dieu "pourrait" penser.

L'un sans l'autre est stérile, comme le démontre, depuis longtemps, la pensée scientifique qui est une dialectique entre théorie et empirie. Le pur regard phénoménologique aboutit à un psychologisme fantasmagorique stérile, le pur regard ontologique aboutit à un théologisme dogmatique tout aussi stérile.

C'est la dialectique entre ces deux regards qui enclenche et alimente le processus cognitif, jamais achevé.

 

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D'Elisabeth Lévy :

 

"Les caves qui se rebiffent ces jours-ci ne sont pas tous des perdants économiques mais, dans un monde où les canons de la bienséance sont ceux du gauchisme sociétal et idéologique, ils se vivent tous comme des perdants culturels. (…) Certes, chaque électeur a sa petite idée sur ceux qui ont, pense-t-il, confisqué la parole : les politiciens, les milieux d'affaire, les artistes, les intellectuels, les sondeurs. Mais les journalistes figurent toujours, et en première place, dans ce palmarès de l'impopularité. (…) le gauchisme culturel est en train de perdre de sa superbe. En clair, il n'est plus le seul arbitre des élégances intellectuelles et morales. Et c'est vrai, en dépit des différences de situation, aux Etats-Unis comme en France. (…) le crime populiste qui est dénoncé rituellement ne désigne pas des mauvaises réponses mais des mauvaises questions : pour les bons esprits, le populiste n'est pas celui qui dit ce que les gens veulent entendre mais celui qui entend ce qu'ils veulent dire. Être populiste, dans ce sens, c'est parler des sujets qui fâchent, c'est-à-dire qui fâchent la gauche, ou plus précisément en parler autrement que sur le mode irénique et ravi qui sied."

 

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Le 12/12/2016

 

Elle est curieuse, mais cohérente avec l'air du temps, cette croyance contemporaine que le travail scientifique et philosophique est affaire d'équipes, de collectifs, de groupes. Cependant, rien n'est plus faux ! De tous temps, les grandes synthèses qui permettent à la connaissance de faire un vrai bond en avant, est affaire de génies solitaires. Le mythe du travail collectif (la fonctionnarisation de la recherche) n'est que le signe et la preuve d'une stagnation de la connaissance.

Remarquons que depuis 1930, ni la science, ni la philosophie - ni l'art - n'ont réellement fait de progrès significatifs ; des régressions, plutôt.

L'histoire de la culture regardera le 20ème siècle (de 1930 à aujourd'hui), comme une longue traversée du désert : la fin piteuse et déplorable d'un paradigme devenu stérile.

 

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Cette fin de modernité qui n'en finit pas …

Le corps moribond de la modernité a été mis sous perfusion par acharnement thérapeutique : trop de fonds de commerce, trop de prébendes, trop de privilèges, trop de carrières et trop de statuts sont en jeu.

Il est des morts qu'il faut qu'on tue !

 

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Le rôle de la philosophie n'est pas de s'occuper d'idéologie, de sociologie, de psychologie, de morale, de linguistique, de droit, de politique, d'économie, de mœurs, … bref : des affaires humaines.

Le terrain philosophique se limite à trois questions : celle de la métaphysique (quelle est la logique du Réel ?), celle de l'éthique (comment vivre une vie bonne au sein du Réel ?) et celle de l'épistémologie (ce que je pense du Réel est-il valide ?).

Seules, ces trois question relèvent de la philosophie. Tout le reste relève soit de la cosmologie, soit de l'anthropologie. Et, bien sûr, le contenu de ces deux domaines pratiques, dépend largement des réponses que l'on donnera aux trois questions philosophiques. Il n'y a aucune étanchéité entre tous ces domaines, seulement une relation de précédence : sans fondement métaphysique, éthique et épistémologique, aucune considération cosmologique ou anthropologie n'a de réelle légitimité.

 

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De Victor Hugo :

 

" Le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre."

 

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De Jean-François Revel :

 

" Depuis le temps que la France "rayonne", je me demande comment le monde entier n’est pas mort d’insolation."

 

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Les entreprises économiques, afin de préserver leur efficience et leur pertinence, ne peuvent pas être des lieux de démocratie au suffrage universel. Cependant, la plupart d'entre elles sont respectueuses des hommes et pratiquent une forme de démocratie censitaire où le bien commun est reconnu comme un facteur de réussite.

 

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Le suffrage universel ne fonctionne nulle part, n'a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais. Le bien commun est une notion théorique ; dans la pratique, l'immense majorité ne considère que son intérêt personnel. De plus cette majorité écrasante est incapable de comprendre et de jauger les enjeux collectifs, surtout sur le moyen et le long terme. Le "bon sens populaire" ou la "sagesse populaire" ne sont que des vaste foutaises.

Le suffrage universel, c'est confier le volant de l'autobus sociétal à un enfant de quatre ans aveugle.

 

 

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Je suis de ceux qui refusent de voir en Voltaire un philosophe et qui le réduisent à n'être qu'un polémiste méchant.

Je suis de ceux qui refusent de voir en Rousseau un philosophe et qui le réduisent à n'être qu'un politologue paranoïaque.

Je suis de ceux qui refusent de voir en Marx un philosophe et qui le réduisent à n'être qu'un idéologue absurde.

Je suis de ceux qui refusent de voir en Freud un philosophe et qui le réduisent à n'être qu'un charlatan menteur.

 

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Le "Candide" de Voltaire n'est qu'un conte ridicule n'ayant d'autre visée que le discrédit de Leibniz auquel ce crétin d'Arouet n'a strictement rien compris.

 

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Lu dans Wikipedia à propos de Michel Henry, le philosophe de la Vie absolue :

 

Le communisme et le capitalisme ne sont pour Michel Henry que les deux visages d’une même mort, qui consiste en une même négation de la vie. Le communisme élimine la vie individuelle au profit d’abstractions universelles comme la société, le peuple, l’histoire ou les classes sociales. La dogmatisation du Marxisme est une forme de fascisme, c’est-à-dire une doctrine qui procède de l’abaissement de l’individu dont elle considère l’élimination comme légitime. Tandis que le capitalisme substitue des entités économiques telles que l’argent, le profit ou l’intérêt aux besoins véritables de la vie. Le capitalisme reconnaît cependant la vie comme source de la valeur, le salaire étant la représentation objective du travail réel subjectif et vivant. Mais le capitalisme cède progressivement la place à l’exclusion de la subjectivité par la technique moderne, qui remplace le travail vivant par des processus techniques automatisés, éliminant du même coup le pouvoir de créer de la valeur et ainsi la valeur elle-même : les biens sont produits en abondance, mais le chômage augmente et l’argent manque constamment pour les acheter. Ces thèmes sont développés dans son livre Du communisme au capitalisme, théorie d’une catastrophe.

 

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Le fait qu'elles soient celles d'une majorité, fût-elle écrasante, ne confère ni légitimité, ni crédibilité à une idée, à une croyance, à une conviction ou à une opinion, quelles qu'elles soient.

La véracité ne se vote pas. La quantité et la masse n'y jouent pas.

On peut très bien avoir tort à beaucoup, et raison tout seul.

 

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Avec Karl Popper, je réaffirme vigoureusement que ni le marxisme, ni le freudisme n'ont la moindre assise scientifique. Ce sont, tous deux, de purs fantasmes théorisés reposant sur des concepts totalement vides comme "classe sociale" ou comme "inconscient".

 

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Ma vieille théorie des trois univers et de leurs interrelations triangulaires n'a pas pris une ride depuis près de 50 ans.

L'univers-réel est le Réel nouménal. L'univers-image (l'empirie expérimentale) est l'ensemble de tous les faits, c'est-à-dire de tous les phénomènes captés et formalisés dans un des langages humains. L'univers-modèle (la théorie contemplative) est le résultat du travail de l'intelligence et de la mise en cohérence réciproque de ces faits.

Entre ces trois univers s'instaure un trialogue dialectique et permanent qui fait évoluer la connaissance vers une convergence de meilleure en meilleure avec le Réel.

Le Réel alimente l'empirie qui nourrit la théorie qui provoque le Réel …

 

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Au 19ème siècle, le rationalisme allemand qui était spiritualiste et dialecticien, s'opposa à l'empirisme britannique qui était athée et matérialiste. Cette guerre n'est toujours pas finie.

 

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De rationalisme, le TLF donne quatre définitions divergentes :

  1. Doctrine d'après laquelle tout ce qui existe a sa raison d'être de telle sorte que tout est intelligible (Leibniz).
  2. Doctrine selon laquelle toute connaissance vient de principes a-priori pouvant être logiquement formulés, ne dépendant pas de l'expérience et dont nous avons une connaissance raisonnée et innée (Descartes).
  3. Doctrine d'après laquelle la raison, en tant que système de principes organisateurs des données empiriques, fonde la possibilité de l'expérience (Kant).
  4. Doctrine d'après laquelle on ne doit admettre (…) que ce qui est conforme à la raison reconnue comme la seule source de la connaissance (Spinoza).

Je ne garde de ces quatre définitions que le première.

 

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Le 13/12/2016

 

La période allant de 1918 à 1930 a été extraordinairement féconde du point de vue artistique (surréalisme, musiques sérielle, dodécaphonique et atonale, expressionisme, cubisme, …) et scientifique (validation et développement de la relativité générale, fondation et développement de la physique quantique - ce qui n'est pas rien).

Cet élan a été brisé par les totalitarismes communiste, national-socialiste et fasciste. L'art est devenu serviteur de l'idéologie, puis, avec les années 1960, de la contre-idéologie.

Depuis que l'art a abandonné l'idée du beau, il s'est vidé et ne reste plus qu'une bête machine à délivrer des "messages".

 

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La triple racine nietzschéenne : la tragédie grecque, la métaphysique schopenhauerienne et l'art wagnérien …

De là surgira un arbre à quatre branches : le Surhumain, l'Eternel Retour, la Volonté de Puissance et la Vie dionysiaque.

Entre racines et branches, un tronc : le nouvel Evangile du nouveau Messie pour après la Mort de Dieu.

 

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Il faut expulser l'idée d'espérance. Il n'y a rien à espérer. Espérer, c'est attendre, c'est mendier, c'est pleurnicher. Il faut dés-espérer, c'est-à-dire désapprendre à espérer.

Accomplir ce qu'il y a à accomplir, ici et maintenant. Point-barre.

Il n'y a rien à attendre, il n'y a rien à espérer. Amor fati !

Chaque homme doit devenir l'artisan de sa propre vie, le maître de sa propre vie, le responsable de sa propre vie. L'alternative revient à accepter la servitude et l'esclavage. Fussent-ils volontaires.

Ce sera le grand débat du 21ème siècle que la scission de l'humanité en deux blocs très inégaux, mais inconciliables : les hommes libres, artisans d'eux-mêmes et aristocrates de la vie, et les esclaves, accrochés aux mamelles narcotiques des systèmes politiques, économiques et numériques, dirigés par des démagogues totalitaires.

 

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La société, c'est "on".

La communauté, c'est "nous".

L'Etat qui invente la société à son profit, veut tuer les communautés.

L'Etat est impersonnel et il ne supporte pas les personnes.

Il ne veut plus personne.

 

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Hegel a enclenché une nouvelle philosophie des processus et une métaphysique du Devenir, bien oubliée depuis Héraclite, Aristote et les stoïciens grecs. Ce courant, à sa suite, est resté très marginal ; il passe par Nietzsche, par Bergson, par Teilhard de Chardin, par Whitehead …

 

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Le premier "congrès mondial pour la pensée complexe", qui fut organisé par l'Unesco (Paris, 8 et 9 décembre 2016) et où j'ai été invité, par Edgar Morin et Jean-Louis Le Moigne, à faire une communication sur la "révolution épistémologique et paradigmatique", semblait penser que notre époque serait le point de bascule de la métaphysique de l'Être vers la métaphysique du Devenir.

Ce n'est pas impossible … mais est-ce probable ?

 

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Dieu n'est pas moral !

La morale est une pure convention humaine, variable dans le temps et dans l'espace.

 

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De Dorian Astor :

 

"La Terre est promesse d'avenir chez les uns [les Juifs], le Ciel est refuge d'après la mort chez les autres [les Chrétiens] (…)"

 

Cette remarque est particulièrement pertinente. Le Judaïsme biblique récuse l'idée d'un "autre monde", d'un "au-delà", d'une "vie après la mort"[2]. En revanche, il préconise la construction du "monde qui vient" ('Olam ha-Ba) mais qui n'est pas encore là : la Terre promise sera le fruit de l'Alliance accomplie.

Le Judaïsme est un monisme du Devenir, alors que le Christianisme est un dualisme de l'Être.

 

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La modernité, c'est le triomphe de la "morale des esclaves" que l'on a subtilement érigée en "idéaux des Lumières" : une laïcisation hypocrite et sournoise du christianisme (Rousseau en tête).

 

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Les mythes font des trous dans les tissus de l'intelligence.

 

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Il y a ceux qui veulent ignorer les problèmes : ce sont les philistins.

Il y a ceux qui veulent détruire les problèmes : ce sont les barbares.

Il y a ceux qui veulent assumer les problèmes : ce sont les prophètes.

 

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Je crois que la philosophie anthropocentrée nuit énormément à la philosophie en général, en masquant la philosophie cosmocentrée (métaphysique, épistémologie et éthique) : elle n(o)ie l'essentiel au profit de l'accessoire.

 

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Tout ce qui existe, évolue. Et le moteur universel de l'évolution a reçu bien des noms : entéléchie, âme cosmique, vouloir-vivre, volonté de puissance, élan vital, intention d'accomplissement. Toutes ces appellations sont synonymiques.

Derrière elles, se cache le "dernier Mystère" …

Le mystère de l'évidence sans nom. Comme Dieu.

 

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L'idéalisme et le nihilisme sont les complices morbides d'un même mouvement : la dévaluation destructive systématique du Réel, l'un par l'affirmation de l'Autre (et sa promesse d'extase), l'autre par celle du Rien (et sa promesse de silence).

 

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La modernité a voulu "libérer" l'homme par le "progrès". Mais derrière ce projet alléchant, se dissimule une vérité catastrophique : la modernité a réussi à écarter l'homme de son destin.

Cette "libération" a dépossédé l'homme de ce qui lui donnait du sens.

 

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L'homme s'est inventé des montagnes de complications artificielles pour s'y cacher de la simple complexité du Réel.

 

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De Spinoza :

 

" Bien agir et être dans la Joie"

 

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La modernité est la fille naturelle du "Progrès" et de la "Raison".

Rationalisme et idéalisme, donc … Généalogie du nihilisme.

 

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Il n'y a que trois catégories d'hommes : les constructeurs, les prédateurs (y compris les profiteurs et les glandeurs) et les serviteurs.

 

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Descartes à réduit la géométrie à l'algèbre. Je rêve de faire le contraire et d'abolir la quantité et ses calculs, au profit de la forme et de ses déploiements.

 

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Le 14/12/2016

 

Le contraire de la vérité, ce n'est pas l'erreur ; c'est le mensonge.

 

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Le premier philosophe occidental et le seul penseur présocratique à avoir pressenti et affirmé la complexité du Réel (ainsi que l'impermanence universelle et le Devenir contre l'Être), fut Héraclite d'Ephèse.

Héraclite était seul contre les autres Ioniens obnubilés par la nature de la substance inaltérable sous tous les phénomènes (la ousia) et contre les Eléates qui affirmaient l'Être immuable et éternel, et qui rejetaient, tout à la fois, le Devenir et l'impermanence.

Nietzsche, dans le "Crépuscule des idoles", écrit que l'idiosyncrasie des philosophes consiste en une "haine contre l'idée même de devenir".

Il faudra que Hegel relance cette voie-là qui est en train de devenir celle de l'après-modernité.

 

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Il faut refaire le procès de Socrate, non plus pour détournement de la jeunesse, mais pour détournement de la philosophie. En mettant l'homme au centre de ses préoccupations, Socrate a profané, profanisé et avili la philosophie. Il a réinventé l'humanisme de Protagoras d'Abdère et a instauré la plus fausse et la plus pernicieuse des équations (bien dénoncée par Nietzsche) qui dit : raison = vertu = bonheur.

La raison n'est qu'humaine : une convention sur le vie logique. Le vertu n'est qu'humaine : une convention sur le vie morale. Le bonheur n'est qu'humain : une convention sur le vie sociale.

Qu'est-ce que tout ce fatras humain et conventionnel à affaire avec la philosophie ? Au mieux : c'est du ressort de la sociologie.

Socrate est un anti-philosophe et, bien pire, un anti-métaphysicien.

 

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Le paradoxe de Kant est immense. D'une part, dans sa "Critique de la raison pure", il récuse catégoriquement toute possibilité de connaître le noumène et cantonne l'homme au seul monde de l'apparence et des phénomènes (ce qui est vrai si l'on exclut les voies multiples de l'intuition). D'autre part, dans sa "Critique de la raison pratique", il s'empresse de fonder la morale et ses vertus sur des impératifs catégoriques émanant, directement, … du noumène qui, en somme, est Dieu.

Kant est dans l'impasse : ou bien le Réel est connaissable et l'on peut y fixer une éthique (i.e. conformer son comportement aux lois transcendantes ou cosmiques), ou bien le Réel est inconnaissable et toute morale est condamnée à n'être que convention locale et temporaire.

Métaphysique, éthique et épistémologie (les trois seules branches de la philosophie) forment un tout qui doit être unitaire et cohérent, sinon il n'y a aucune possibilité de fonder une quelconque philosophie.

 

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Hegel a eu la prodigieuse intuition de la doctrine du Devenir universel. Mais il n'a pas eu le courage ou l'audace de l'assumer jusqu'au bout : il est retombé dans le fixisme politique et moral …

C'est le drame d'avoir raison trop tôt dans un univers intellectuel impréparé et inadéquat.

En conséquence, en lui donnant Héraclite comme ancêtre mythique, Hegel comme éclaireur initiatique  et Nietzsche comme précurseur mystique, c'est sans doute Henri Bergson qu'il faudra considérer comme le vrai fondateur de la métaphysique du Devenir.

 

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Plus j'y pense et plus il m'apparaît qu'il y a totale incompatibilité entre intentionnalisme et émergentisme, d'une part, et rationalisme, d'autre part. L'émergence répond à l'intention, mais elle n'est jamais rationnelle ; elle est créativité en marche, certes dans un champs de contraintes que l'on peut raisonner, mais dans une logique d'imprévisibilité, de spontanéité et d'approximativité qui brise la logique de rationalité.

 

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Le 16/12/2016

 

Dans le langage des historiens des âges lointains, un "objet d'art" est un artefact, c'est-à-dire un objet créé par un artisan, qui remplit, d'abord, une fonction d'utilité  et, ensuite et accessoirement, une fonction de beauté.

Souvent, le degré de beauté d'un objet traduit le degré de sacralité de son usage.

Ce qui est beau est sacré. Ce qui est sacré est beau.

Il n'est d'Art que sacré.

 

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Le 17/12/2016

 

Une prière synagogale, récitée par les hommes, dit ceci :

 

"Béni sois-Tu de ne pas m’avoir fait femme."

 

Que l'on interprète souvent dans un sens misogyne. Rien n'est plus faux lorsque l'on sait la place suréminente de la femme dans l'histoire, l'éthique et la pensée juives. Ce passage est la reconnaissance du simple fait qu'être femme est bien plus difficile et douloureux que d'être homme.

 

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D'Élie Barnavi :

 

"Les textes sacrés sont des auberges espagnoles

où l’on peut trouver ce qu’on veut".

 

Et le rabbin libéral, Delphine Horvilleur, d'ajouter :

 

"Le principal, c’est de savoir avec quelle intention on lit les textes religieux".

 

Effectivement, cette intention qui anime l'étude du texte, est cruciale.

La foi juive repose sur une telle intention : l'étude de la Torah va me révéler ma vérité.

 

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La représentation de l'ADN comme programme de construction de tout l'organisme est résolument fausse. L'ADN est un code de duplication des cellules individuelles, toutes les mêmes, toutes assorties des mêmes potentialités et des mêmes déficiences. Les processus d'association et de spécialisation des cellules entre elles, ne ressortissent pas de l'ADN, mais de processus d'émergence enracinés dans la mémoire phylétique.

Autrement dit, l'ADN régule la production et la qualité du matériau fabriqué, mais n'intervient pas dans l'utilisation de ce matériau pour construire l'organisme : l'ADN régule les processus de duplication cellulaire, mais n'a rien à voir avec les processus tissulaires.

Ainsi s'effondre le "dogme génétique" et le matérialisme biologique mécaniciste à la Dawkins.

 

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Il faut impérativement distingués les animaux sociaux (abeilles, fourmis, termites, …) chez lesquels l'organisme est le tout de la colonie et où chaque individu n'est qu'un rouage incapable de survivre seul, et les animaux tribaux (dont l'homme) qui, pour diverses raisons, sont des associations d'individus tout-à-fait capables de survivre individuellement de façon autonome.

L'homme n'est pas un animal social ; mais sa constitution étant peu adaptée à la vie sauvage, il a vite compris qu'il était plus aisé de survivre en tribu que seul.

Les associations humaines sont purement utilitaires.

Aujourd'hui, la vie sauvage a été détruite par l'homme, partout, et l'abondance des régions les plus riches, rend l'association tribale inutile ; telle est l'explication évidente de la montée des individualismes dans les zones les plus développées (dans les villes, par exemple).

Mais il est tout aussi évident que, si cette abondance s'effondre - ce qui ne tardera guère - ces citadins dénaturés sont condamnés à l'extinction.

 

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La taille optimale d'une tribu a été discutées (notamment par R. Dunbar). La calcul en est simple : une famille moyenne est de 7 personnes et un chef de famille ne peut pas gérer plus de 20 relations personnelles conniventes avec d'autres chefs de famille. La taille optimale d'une tribu est dont de 140 personnes, environ.

 

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Le vrai mystère des organisations tribales se situe au niveau du couple parental durable sans laquelle la notion de "famille" au sein de la "tribu" s'effondre. Pourquoi un mâle choisit-il de vivre "en famille" plutôt que de papillonner sans attache, comme la plupart des autres animaux, d'une femelle à l'autre ? Quel y est son intérêt à lui - celui de la femelle engrossée est, en revanche, évident ?

D'où lui vient ce besoin de possession de sa femelle et de sa progéniture ?

On trouve ce type de comportement chez pas mal d'animaux évolués : le coq et ses poules, le lion et ses lionnes, le gorille et ses femelles, etc … Mais la monogamie est bien plus rare (on la trouve chez certains oiseaux "fidèles", notamment) et peut témoigner, à mon sens, chez l'homme au moins, d'un processus de spiritualisation de la Vie au-delà des seuls individus.

 

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Le mythe de l'origine africaine des Sapiens vient du fait que c'est en Afrique de l'est que l'on a trouvé la plus grande quantité de vestiges les plus anciens. En fait, c'est l'activité éruptive et érosive particulièrement intenses dans ces régions, qui fait remonter vers les couches géologiques accessibles bien plus de choses que partout ailleurs (cfr. "Révolution dans nos origines" sous la direction de Jean-François Dortier).

Le discours des archéologues de terrain contredit notoirement l'idéologie des anthropologues qui veulent à tout prix affirmer l'unicité de l'espèce humaine.

L'idée universaliste d'une émergence unique, bien localisée et bien temporalisée, du "phénomène humain" est aujourd'hui battue en brèche.

Il y a plusieurs types d'humains, certes proches, mais nettement distincts. Quitte à faire hurler le gauchisme culturel, il faut réhabiliter la notion de "races humaines" distinctes et bien différenciées, naturellement et culturellement.

Il ne s'agit nullement de ressusciter les thèses racistes de la supériorité ou de l'infériorité de telle race sur telle autre (sur base de quel critère d'évaluation "universel" ?) ; il s'agit, bien plus simplement, d'acter le constat d'aptitudes différentes de l'une à l'autre.

 

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L'idée que les techniques de fabrication des artéfacts aient été inventées en un seul lieu, puis propagées du fait des migrations, est, elle aussi, un mythe. Les mêmes techniques ont été "inventées" en différents lieux, à des époques souvent différentes, et les migrations ont été bien moins importantes que ne le supposent la plupart des anthropologues. Ici encore, l'idéologie anthropologique et la réalité archéologique s'opposent.

 

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Le 18/12/2016

 

L'analogie est la grande méthode d'interprétation de l'inconnu.

Ce qui se ressemble est artificiellement assemblé dans la représentation que l'on s'en construit.

 

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La sémiologie est, étymologiquement, l'étude des signes, c'est-à-dire, au fond, l'étude de la pensée symbolique et des rapports entre les systèmes de signifiants et les systèmes signifiés par eux.

Tout objet est porteur de l'intention de celui qui l'a créé et, ainsi, devient porteur de sens au-delà de son utilité pratique.

Lorsque cette intention est oubliée, l'objet devient inepte, incompréhensible ; ainsi, par exemple, les peintures rupestres léguées par la préhistoire … : plus personne ne sait à quoi elles servaient.

D'où deux écoles d'interprétation : l'une est l'école chamanique (universaliste et longtemps largement dominante) qui postule que partout, ces peintures sont le reflet d'états de conscience modifiée dus, essentiellement à des prises de drogues hallucinogènes … ; l'autre est l'école mythologique (différencialiste) qui interprète ces œuvres comme des condensés d'une cosmogonie, d'une rituélie, d'une religiosité et d'une spiritualité à la fois singulières et locales (selon Michel Lorblanchet, la grotte est une des matrices de la Nature où se formèrent les vivants originels, primitifs et primordiaux, avant d'être "mis au monde" ; le parcours de la grotte est un retour profond aux sources et aux origines de la Vie).

 

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Les vieilles traditions panenthéistes sont souvent affublées de noms obscurs : animisme, chamanisme, totémisme, paganisme, etc …

L'animisme est une croyance aux esprits naturels : tout ce qui existe, vivant ou non, est animé par une "âme" spirituelle qui peut entrer en communication, connexion ou résonance avec d'autres âmes naturelles.

Le chamanisme relève de l'animisme mais avec ceci de particulier que seul le sorcier (le chamane, l'homme-médecine, …) a le don de faire entrer les esprits en communication, grâce à ses transes et à ses drogues hallucinogènes.

Le totémisme est un animisme pour lequel il existe une "âme" spirituelle particulière et collective, propre au clan, qui fonde, par certains tabous, les règles morales de ce clan particulier.

Quant au paganisme, il est synonyme de polythéisme et n'a à voir avec le panenthéisme que si les dieux symbolisent des forces et puissances du Tout-Un.

En résumé : l'animisme (totémiste ou non, chamaniste ou non) relève du panenthéisme qui est un monisme spiritualiste (donc ni matérialiste, ni idéaliste), mais y ajoute la croyance en l'existence d'esprits particuliers et individuels, différenciés et singuliers, liés aux étants qu'ils animent.

On pourrait presque dire que l'animisme est un panenthéisme "analytique" face à un panenthéisme "holistique" où l'Esprit est unique et global, dans le ton du Logos grec (les "esprits" particuliers deviennent alors de simples reflets locaux et temporaires de l'Esprit global et éternel).

 

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Le "dilemme du trolley" est bien connu en matière de philosophie morale. Le récit est le suivant : un trolley fou va tuer cinq personnes en contrebas sauf si l'on tue un homme isolé sur un pont qu'il faudrait pousser (peu importe la vraisemblance du récit). La plupart des personnes testées par ce récit, refusent de pousser l'homme seul sur le pont et donc se résignent à voir les cinq personnes du bas être tuées par le trolley.

On en déduit l'existence d'un sens universel de la moralité, c'est-à-dire le refus d'une morale utilitariste rationnelle (tuer un pour sauver cinq) au profit d'une morale déontologique "supérieure" (ne pas tuer même si des morts en résultent).

Rien n'est plus faux que cette "déduction" moralisatrice.

En réalité, l'explication est bien plus cynique que cela : aucun passager du trolley ne risque quoique ce soit et donc se fiche comme d'une guigne qu'il y ait un ou cinq morts ; en revanche, aucun  d'eux ne veut prendre la responsabilité de tuer pour sauver. Ce dilemme ne conduit pas à l'affirmation d'une moralité universelle, mais bien à celle d'une lâcheté universelle.

 

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La morale n'est que l'ensemble des règles qui, pour un groupe donné, fournit les meilleures chances de paix intérieure et d'efficacité extérieure.

Ces règles sont conventionnelles et temporaires puisqu'elles dépendent des évolutions tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du groupe concerné.

Il n'existe aucune morale transcendante, éternelle ou absolue ; seulement des règles pratiques d'optimalité.

 

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De Robert Redeker :

 

" La rhétorique creuse des valeurs est le linceul

dans lequel a été enveloppé le cadavre de la gauche. "

 

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De Vladimir Fédorovski :

 

"Il y en Russie deux écoles de pensée concernant la fin de l'Union soviétique. Une première école, qui est la mienne, considère que la Russie a connu une sorte de suicide avec le coup d'État de 1917 et que le bolchévisme a tué un pays qui se développait alors rapidement. (…)

l'Union soviétique est morte parce que Gorbatchev a cessé de tuer pour gouverner. Sans tuer, un tel régime ne pouvait que s'écrouler.

 

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Le 19/12/2016

 

D'Albert Einstein :

 

"L'idée que l'ordre et la précision de l'univers, dans ses aspects innombrables, serait le résultat d'un hasard aveugle, est aussi peu crédible que si, après l'explosion d'une imprimerie, tous les caractères retombaient par terre dans l'ordre d'un dictionnaire"

 

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D'Anita Lehikoinen, secrétaire d’Etat au ministère finlandais de l’Education :

 

"Ce sont les proviseurs qui recrutent les professeurs et ça change tout !"

 

Depuis longtemps je plaide pour l'autonomie totale des établissements scolaires, universitaires et de recherche en termes de programmes, d'organisation, de finance et de recrutement. Chaque établissement doit être considéré comme une entreprise privée. Ce sont aux parents à payer le fonctionnement de l'établissement, quitte à ce que la solidarité collective, les fonds d'épargne ou les banques financent les études pour les jeunes des familles les plus miséreuses. L'Etat n'a rien à y voir.

 

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Il est horripilant de voir, en éthologie comme en sociobiologie, les comportements collectifs être étiquetés comme des "manifestations d'altruisme". Il n'y a rien d'altruiste là-dedans : seulement, la simple application, dans les systèmes sociaux, du principe de moindre tension. Il faut cesser de vouloir "moraliser" - c'est-à-dire "idéaliser" - la Nature : les idéaux moraux ne sont que des fantasmes humains. La Nature les ignore absolument.

Tout comme elle ignore la "lutte pour la vie" darwinienne qui est aussi un fantasme culturel humain : la violence et l'agressivité sont des amplificateurs de tension et ne sont une "solution" qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres tactiques ont échoué.

 

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De l'ethnologue Alain Testart du Collège de France :

 

"(…) l'idée d'une société primitive 'égalitaire' est une absurdité."

 

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Tout paradigme sociétal se caractérise par trois éléments : les modalités de définition de la richesse, de détention/appropriation /accumulation de la richesse et de production/transformation/circulation/transmission de la richesse.

Ensuite, il faut encore spécifier le rapport entre richesse et pouvoir (la décision collective), et le rapport entre richesse et travail (libre ou forcé, gratuit ou rémunéré).

 

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Lorsque D. Raoult écrit que : "le darwinisme est dépassé" (2011), ou que T. Lodé proclame que : "l'ère de l'après-Darwin est arrivée" (2014), ce n'est pas la théorie de l'évolution qui est remise en cause, mais bien le principe de la sélection naturelle.

Le darwinisme est un évolutionnisme qui fait de la sélection naturelle son moteur.

Dès le départ, le darwinisme eut des concurrents : le lamarckisme (la transmission des acquis), le saltationnisme (des sauts brusques), le vitalisme et  l'intentionnalisme (la poussée complexifiante), …

Le darwinisme moderne né entre 1940 et 1950 - ou néodarwinisme ou théorie synthétique de l'évolution - repose sur trois postulat faux.

Primo : le postulat que l'ADN est le programme de fabrication de tout l'organisme et que ce génome subit des mutation "par hasard".

Secundo : le postulat qu'il ne peut y avoir de transmission des caractères acquis.

Tertio : le postulat que ces mutations sont triées par la sélection naturelle ; ce postulat, on l'a vu, n'a jamais fait l'unanimité, dès le départ.

Quant au premier postulat, il s'effondre dès l'an 2000 (à l'occasion du décryptage du génome humain) lorsqu'on se rend compte que les séquences génétiques, en elles-mêmes, ne donnent rien si elles ne sont pas activées ou désactivées par les facteurs épigénétiques (essentiellement environnementaux, mais pas seulement).

En bref : les gènes sont sous dépendance de facteurs extérieurs.  Par exemple, malgré le fait que toutes les larves de la ruche possèdent le même génome, cette larve d'abeille deviendra reine ou ouvrière selon ce qu'on lui donne à manger (gelée royale ou miel ordinaire).

Il en va de même pour la spécialisation des cellules de notre corps qui, quoiqu'ayant le même génome, deviendront du neurone ou du leucocyte, du foie ou du rein, du muscle ou de l'os. Avec l'épigénétique, c'est toute la morphogénétique (c'est-à-dire la physique des émergences et des processus complexes) qui est - enfin, à nouveau - propulsée sur le devant de la scène scientifique.

Le second postulat du néodarwinisme se fissure depuis que l'on sait avec certitude que certains caractères acquis se transmettent d'une génération à l'autre, par voie génétique, même, chez l'homme (2002 : Bygren et Pembrey) .

Le troisième postulat affirme la sélection naturelle des caractères les mieux adaptés (l'adaptationnisme) ; l'erreur est de croire en une logique booléenne à l'œuvre dans la sélection. Suite à l'émergence d'un caractère nouveau, il n'y a pas de "bon" ou "mauvais" ; il y a tout un éventail de possibles, plus ou moins favorables, dont l'efficacité dépendra fortement de l'habileté du bénéficiaire dans son rapport dialectique avec son milieu.

Déjà Darwin avait compris qu'il fallait compléter la sélection naturelle ; il inventa la sélection sexuelle (les caractères de séduction). Mais il faut aujourd'hui aller beaucoup plus loin. Les caractères sociaux sont aussi des caractéristiques qui, via la cohésion et l'efficience de la collectivité (qui est aussi un organisme vivant de niveau "supérieur"), permettent de meilleures chances de survie et de perpétuation. Or, ces caractères associatifs, séducteurs et combattifs ne sont pas nécessairement convergents ; ils sont même souvent antagoniques.

Les facteurs associatifs, en permettant le développement de comportements collectifs de synergies, d'alliances, de symbioses, de mutualismes,  sont aussi des "amplificateurs de survie" essentiels, quoique non génétiques. Avec les espèces les plus développées, il faudra encore envisager des facteurs culturels (langages, intelligences, imaginations, mémoires, …).

 

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Le 20/12/2016

 

Nous vivons une mutation paradigmatique d'une ampleur colossale. C'est la fin du paradigme de la modernité dans toutes ses dimensions : politique (la mort de l'étatisme), économique (la mort du financiaro-industrialisme) et noétique (la mort du mécanicisme).

 

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Psaume 62;13 :

 

"Une seule parole des dieux, ces deux-ci j'ai entendu"

 

Toute parole sacrée a au moins deux sens …

 

Exode 18;11 :

 

"Maintenant je connus combien grand [est] YHWH

parmi tous les dieux (…)"

 

Le lévitisme (l'orthodoxie juive originelle) est un polythéisme …

 

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Pour moi, ontologie (étude de ce qui existe, du Réel), cosmologie (étude de l'ordre universel) et théologie (étude du Divin) sont de parfaits synonymes que l'on peut appeler aussi "métaphysique".

 

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L'erreur la plus fondamentale jamais faite en physique, fut de croire en l'existence réelle de l'espace et du temps, d'en faire un "contenant" pour tout le reste.

L'espace et le temps n'existent pas par eux-mêmes ; il ne sont que des référentiels de mesure inventés par l'homme pour lui permettre de se représenter ce qui préexiste à tout le reste : l'activité cosmique.

Le Réel est activité pure, qui n'est "dans" rien, qui existe par soi et en soi, et qui nécessite, pour être représentée par l'homme, un espace des états infiniment plus riche que les quatre pauvres dimensions de l'espace-temps.

On a octroyé à celui-ci un statut prééminent tout simplement parce qu'il est l'exacte transposition des sens de la vue et de l'ouïe qui sont prédominants chez l'homme.

 

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Ce qui est curieux dans le système solaire, c'est que les quatre petites planètes rocheuses (Mercure, Vénus, Terre et Mars) les plus proches du soleil, et les quatre énormes planètes gazeuses (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune) les plus éloignées, soient séparées entre elles par une ceinture d'astéroïdes, c'est-à-dire un anneau désordonné de roches.

Qui plus est, la bande des obèses planètes gazeuses est, elle aussi, ceinturée par un vaste anneau de grosses boules de neige sale (la ceinture de Kuiper dont Pluton fait partie). Au-delà, le nuage d'Oort enveloppe le tout de myriades de comètes, aux confins du système solaire.

Cette succession de couches disparates ne lasse pas de laisser perplexe.

 

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D'un certain Fred34 sur la Toile, suite à l'attentat au camion commis à Berlin, perpétré par un salafiste tunisien et commandité par un Califat en pleine déliquescence :

 

"(…) il est temps de protéger les personnes contre tous ces fous furieux dangereux, de cesser d'ouvrir les portes de l'Europe à tous ceux qui ne pensent qu'à détruire pour exorciser leur violence, quitte à les renvoyer chez eux se battre contre le Daesh, Al-Qaïda et le reste. Nombreux parmi ces prétendus réfugiés ne sont ni des intellectuels, ni des hauts potentiels, il faut reconnaître que ce sont des droits communs qui fuient la prison dans leur pays et viennent en Europe attirés par toutes les aides et la possibilité de commettre des exactions de toutes sortes chez nous."

 

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La force et la faiblesse, chez Nietzsche, sont celles de l'esprit.

Ce qui tue, désigne les faiblesses de l'esprit qui aliènent la pensée à quelque bien-pensance ou conformisme que ce soient. La faiblesse, c'est ce qui aliène. Ce qui tue, c'est ce qui rend esclave. Les esprits forts sont des esprits libres. Mais liberté n'est pas caprice. La liberté, ce n'est pas faire tout ce que l'on veut quand on le veut ; la liberté c'est choisir de faire tout ce que l'on doit quand on le peut.

Lorsque l'on réussit à écarter toutes ces faiblesses qui nous tuent, alors, et alors seulement, peut commencer la longue et difficile ascèse du renforcement de nos forces. Cette ascèse est philosophique, spirituelle ou sapientiale. Initiatique, parfois.

 

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Le 21/12/2016

 

Dans quatre milliards d'années, donc un milliard d'années avant l'extinction du Soleil, la Voie lactée (notre galaxie) sera avalée par Andromède (une énorme galaxie autre qui s'approche de nous à cent kilomètres par seconde) …

Je crains que changer de planète, voire de soleil, ne changera pas grand' chose.

 

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Lorsqu'on lui parle de découvrir d'autres espèces intelligentes ailleurs dans l'espace, Stephen Hawking rétorque qu'il faudrait d'abord en découvrir une sur la Terre …

 

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L'existence d'espèces intelligentes extraterrestres impose une grandiose aporie aux théologiens chrétiens : s'il existe ailleurs d'autres âmes au moins aussi conscientes et développées que celles des humains, pourquoi Dieu-le-Père, en contradiction avec sa Justice divine et parfaite, aurait-il envoyé son Fils unique sur la Terre seulement ? Et s'il l'a envoyé ailleurs aussi, cela signifie soit que ce Fils n'est pas unique (ce qui brise à la fois le dogme de la Trinité et du monothéisme), soit que ce pauvre Fils unique doit se laisser crucifier sans cesse, d'un monde à un autre, portant son calvaire à une échelle industrielle, sans plus aucune signification sacrale (sans parler de la cruauté infinie d'un tel Père).

Pour sauver une telle théologie du ridicule, il est indispensable de relire toute la doctrine évangélique sur un plan strictement symbolique, ésotérique, mystique ou initiatique.

Le christianisme devient alors une voie spirituelle faite par des hommes pour des hommes (comme le judaïsme, l'hindouisme, le bouddhisme, le taoïsme … mais pas du tout comme l'islamisme qui est encore - malheureusement - focalisé sur l'idée absurde d'une Révélation divine de la Vérité absolue à un homme singulier, désigné comme son Prophète universel).

Soyons clairs : les textes sacrés des diverses traditions spirituelles et initiatiques, religieuses et mystiques, ont été écrits par des hommes pour des hommes, dans une langue humaine donnée, pour une culture humaine spécifique, dans un espace-temps singulier et précis.

Dieu n'y est pour rien et cela n'enlève absolument rien à la qualité anagogique de ces textes et au respect immense qu'on leur doit, ainsi qu'aux hommes sincères et pieux, bons et pacifiques, qui croient y trouver leur vérité.

 

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Tu n'es pas une poussière insignifiante …

Tu es un éclat du Divin dans le flot immense de la Vie.

 

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Les masses commencent à comprendre que les dirigeants politiques nationaux sont totalement impuissants face au fait économique mondialisé ou, plutôt, continentalisé. Aussi, leurs intentions de vote se portent-elles désormais vers des considérations culturelles, identitaires et sécuritaires. Elles ont enfin compris que la séparation de l'économique et du politique est consommée, et que les gesticulations politiciennes pour rétablir un Etat "au-dessus" de l'économie étaient au mieux une vanité, au pis un immense et trop onéreux gâchis de ressources.

 

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Le 22/12/2016

 

D'Yves de Kerdrel :

 

"Si la France a donné naissance à quelques-uns des plus grands penseurs libéraux, comme Tocqueville, Bastiat, Rueff ou Aron, elle ne s'est jamais illustrée jusqu'à présent par la mise en œuvre d'un vrai libéralisme économique. "

 

C'est le moins qu'on puisse dire …

 

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Les hommes ne veulent pas vivre libres. Ils veulent seulement savoir qu'ils pourraient être libre s'ils le voulaient.

 

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De mon cher ami Bertrand Vergely :

 

"Le peur de perdre le pouvoir tue la politique."

 

Et aussi :

 

"Avoir souci de l'esprit, c'est dire la vérité."

 

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Tous les totalitarismes ont peur de la vérité ou, plutôt, ont peur du contraire de leurs mensonges.

 

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Le totalitarisme commence dès que quelqu'un prétend avoir réponse à tout.

 

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Quand la force devient violence, elle est faiblesse.

 

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Le "mariage pour tous" ne met pas le "famille" en danger : il entérine la fin de cette "famille".

 

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Il faut de la chaleur pour aimer. Il faut de la lumière pour rayonner. Mais il ne faut pas que cette chaleur et cette lumière se rejoignent et forment du feu car le feu brule, consume, anéantit ...

 

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On a oublié - et c'est dommage - que le Parti Populaire Français (PPF, de 1936 à 1945), parti fasciste et collaborationniste, a été fondé et dirigé par des communistes et des socialistes.

 

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Le 23/12/2016

 

Idéologie ... Idéaux ... Idéalité ... Idéalisme ...

Même étymologie[3] que : idole ... idolâtrie ...

Quant à optimisme et pessimisme, ces mots de me concernent pas parce qu'ils sont vides de toute réalité et de tout réalisme.

Pour être optimiste ou pessimiste, il faut croire en la réussite ou en l'échec d'une idéologie que l'on a. Il faut être militant.

Et la militance aboutit toujours au totalitarisme.

Et le totalitarisme sournois, non violent, insidieux, bien-pensant, censurant ... est pire que les totalitarismes barbares et violents qui, eux, ne durent jamais très longtemps (la violence coûte toujours trop cher, à terme).

L'idéologie, la militance et le totalitarisme doucereux n'ensanglantent pas moins la planète car ils tuent l'âme au profit d'une apparence proprette.

 

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La solution au marasme présent tient en deux sentences : beaucoup moins d'humains sur terre, beaucoup moins de consommation par humain. Point-barre.

Comme personne ne veut ni mourir, ni faire mourir, ni cesser de procréer et comme personne (sauf rares exceptions) ne veut moins consommer, nous courons dans le mur à toute vitesse, accélérée par la démagogie des discours ambiants : "dormez et consommez ; tout va bien".

Il n'y a aucun pessimisme là-dedans. Ou alors, c'est faire preuve de pessimisme que de dire que la galaxie Andromède va avaler la galaxie Voie lactée, dans 4 milliards d'années et que notre Soleil, s'il en réchappe, va exploser dans 5 milliards d'années. Comme ce serait faire preuve de pessimisme d'affirmer que tous ceux que j'aime sont condamnés à mourir dans quelques décennies.

Heureusement, en ces temps de fin décembre, il y a le Père Noël (qui porte, lui aussi, une sacrée idéologie mortifère) ...

 

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Le 24/12/2016

 

Eclaircissements terminologiques …

Financiarisme : réduction de toute l'économie humaine au seul profit financier à court terme.

Economisme : réduction de toute l'activité humaine à ses seuls aspects quantitatifs et monétisés.

Capitalisme : technique de financement privé des investissement en vue de la juste rétribution du risque patrimonial pris.

Libéralisme : opposition à l'étatisme sous toutes ses formes : libertarisme, associationnisme, anarcho-syndicalisme, …

Le gauchisme culturel a scélératement et insidieusement fait de tous ces mots, des synonymes. Les bobos et les gogos l'ont cru et propagent l'erreur de fond.

 

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De Jean-Pierre Le Goff :

 

" La société démocratique n'est pas une pâte à modeler ou un lieu d'expérimentation de moralistes-technocrates qui veulent faire le bonheur des gens malgré eux. Le pouvoir socialiste a tendance à l'oublier, tellement il semble persuadé qu'il incarne naturellement l'idée de progrès dans tous les domaines."

 

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Le /12/2016

 

De Véronique Anger :

 

" En laissant croire à tout un chacun qu’il pourrait se faire remarquer ou influencer les foules, le digital a totalement bouleversé la donne. Désormais, chaque individu se revendique comme un être incomparable, une personne si singulière que les moindres détails de la vie valent d’être racontés en direct sur les réseaux sociaux.

Cette soif de réagir sur tout et n’importe quoi à tout moment, de crier ses convictions - sincères juste le temps de balancer son twit à la terre entière - cette obsession de la renommée et de l’autopromotion, cette course à la notoriété, poussent de plus en plus d’anonymes à se mettre en scène. Quitte à s’inventer une légende. Une démarche qui, parfois, tient plus du storytelling, il est vrai, que de la transparence tant le besoin de s’extraire du brouhaha ambiant est devenu… pathologique."

 

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Le harcèlement obsessionnel et  systématique, quasi maladif de l’ONU à l’encontre d’Israël, devient ridicule, voire risible.
Les statistiques ne mentent pas (chiffres fournis directement par l’ONU).
De 1955 à 1992, Israël fût l’objet de 65 résolutions de l’ONU.

Les Palestiniens : 0.
Sur les 175 résolutions votées par le Conseil de Sécurité de l’ONU avant 1990, 97 l’ont été contre Israël.
Sur les 690 résolutions votées par l’Assemblée générale des Nations Unies avant 1990, 429 l’ont été contre Israël.
En 2014, Israël a été condamné 20 fois par l’ONU. Il y a eu 2 204 morts durant le conflit, essentiellement du côté palestinien, militaires et civils palestiniens (victimes de l’odieux bouclier humain imposé par le Hamas).
Dans le même temps, il y a eu :
● 50 000 à 90 000 morts au Soudan : 0 condamnation.
● 30 000 morts en Syrie, 1 seule condamnation.
● 20 000 viols, mutilations et tortures au Congo : 0 condamnation.
● 14 000 morts en Irak : 0 condamnation.
● 10 000 morts en Afghanistan : 0 condamnation.
● 5 000 morts au Pakistan : 0 condamnation.
● 5 000 morts en Centrafrique : 0 condamnation.
● 4 800 morts en Ukraine : 0 condamnation.
● 2 600 morts en Libye : 0 condamnation.
● 2 400 exécutions et 500 morts en Chine : 0 condamnation.
● 753 exécutions en Iran : 1 condamnation.
● 78 exécutions en Arabie Saoudite : 0 condamnation.
Entre 2006 et 2015, la CDH a condamné Israël 61 fois, le reste du monde : 56 fois.

 

 

Et voici le commentaires de mon ami, le géopolitologue Xavier Guilhou :

 

" Il suffit de regarder qui est à l'origine de la résolution ... Les USA qui sont le meilleur ami d'Israël, sont sûrement son adversaire le plus résolu, surtout avec Obama. On ne peut pas vouloir incarner la "nouvelle alliance" - "in God we trust" - et laisser à Israël un leadership historique ... Les États-Unis veulent bien des technologies israéliennes, et gagner toujours plus aux talents financiers juifs de  Wall street, contre un soutien financier et militaire, mais sans contreparties en termes de leadership sur leur zone de domination mondiale que constitue le proche et moyen orient. C'est une relation unilatérale et l'ONU sert de boîte a claques pour rappeler aux uns et aux autres qui est le chef ... sauf que cela ne marche plus depuis quelques temps et qu'avec Obama, les USA sont en train de perdre des pans entiers de ces leaderships scellés dans le marbre lors du traité de Yalta et du pacte de Quincy. Pourquoi Obama a-t-il été fait "prix Nobel de la paix" juste deux mois après son élection ? Belle construction marketing pour habiller la toute puissance de l'empire américain qui ne peut être forcément que l'apôtre (au sens évangélique) du Bien alors qu'Israël est forcément (au sens biblique) la caricature du Mal ... voire, plus pervers, la caricature de la faute vis-à-vis du monde palestinien dans l'inconscient collectif ... Tout ceci est très bien propagé par les organisations des droits de l'homme et tous leurs relais certifiés."

 

CQFD !

 

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Le 26/12/2016

 

L'audiovisuel … me répugne absolument, sous toutes ses formes : cinéma, télévision, vidéos ; je ne connais rien de plus bêtement bovin que de regarder un film ou une émission.

L'audio … m'exaspère (je hais le bruit et n'apprécie que le silence) sauf un éventail très étroit de musique classique occidentale ou indienne, pourvu que ce ne soit pas chanté.

Le visuel … m'agace (bandes dessinées, affiches, street-art , …), même l'art pictural hors quelques rares très grands (Van Gogh, Monet, Modigliani, …).

Le textuel ! Le textuel ! Le textuel ! Et rien d'autre.

 

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Jusqu'au 24 décembre au matin, tout allait magnifiquement bien pour ces dindes bien grasses, bien nourries, bien chouchoutées … Tout allait si bien depuis si longtemps …

Et nous, aujourd'hui, qui nous engraisse pour quel sacrifice ?

 

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Selon mon ami Bertrand Vergely, Socrate affirmait que, "si aujourd'hui l'homme est la mesure de toute chose, demain la folie deviendra la mesure d'un tel homme".

J'ai coutume, quant à moi, de proposer les choses en peu différemment : si l'homme est la mesure de toute chose, il devient aussi la mesure de sa propre démesure.

Toutes ces formules désignent une seule et unique idée : l'humanisme est une folie. S'il n'y a rien de plus haut, de plus important, de plus précieux que l'homme, l'homme est condamné à la démesure, à l'infatuation, à la vanité et à l'absurdité.

C'est sans doute cela que le Qohélèt tenta de nous faire comprendre, il y a près de trois mille ans.

 

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De mon collègue André Comte-Sponville :

 

""(…) la bêtise de l'art contemporain qui veut que l'art soit de l'art

parce qu'il est contemporain".

 

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Vivre d''esprit aristocratique, chevaleresque, élégant, au-dessus de la mêlée, bienveillant par le haut.

Autant d'expressions qui me signifient le même détachement libre de soi, loin de la plébécule, dans l'élévation mystique de l'âme et dans le refus radical de toute médiocrité, de toute vulgarité, de toute mesquinerie.

 

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Avec la chute du mur de Berlin et l'effondrement définitif du communisme, le socialo-gauchisme est passé du rêve d'une économie égalitaire à celui d'une idéologie égalitaire.

Le vœu est de passer du "tous gagnent la même chose et possèdent la même chose, c'est-à-dire rien" au "tous sont la même chose et pensent la même chose, c'est-à-dire rien".

 

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La nature précède la culture !

 

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De mon fils Pitou, né un 24 décembre … :

 

"Noël est annulé... Joseph a avoué !"

 

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Lorsque la politique combat la religion, elle devient religion.

 

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Dans les années 1960, quelqu'un a dit qu'il "valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron". A elle seule, cette petite phrase idiote résume tout le gauchisme culturel, toute la bien-pensance bobo, toute la pensée unique, tout le politiquement correct où le socialo-gauchisme enlise encore nos sociétés.

 

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Le moteur de Sartre ? Sa haine pathologique du bourgeoisisme dont il était, totalement et irréversiblement, issu et imbibé.

En ce sens, il a épousé et fait épouser une quantité de causes et de menteries, d'impostures et d'infamies, toutes plus insoutenables les unes que les autres.

Cette attitude continue d'infester l'esprit politique et médiatique d'aujourd'hui.

Un bel exemple en est le soutien indéfectible du socialo-gauchisme à la "cause" palestinienne, au total mépris des réalités historiques, idéologiques, géographiques, religieuses, ethniques, culturelles et politiques que tente d'occulter cette montagne d'escroqueries qu'est ce "peuple" palestinien qui n'existe pas et qui n'a jamais existé.

Dans la même veine et pour les mêmes raisons, Beauvoir, dans son "Deuxième sexe", croit se disculper de son lesbianisme inassumé en fondant cette absurdité qu'est la "théorie" du genre, reprise il y a peu, par cette autre lesbienne désaxée qu'est Judith Butler.

 

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Le 27/12/2016

 

C'est cela la maladie bretonne : vouloir l'autonomie sans l'oser !

 

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Les hommes ne veulent pas la liberté ; il veulent seulement se convaincre qu'ils pourraient l'avoir s'ils la voulaient vraiment. Mais ils ne la veulent pas vraiment.

 

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Le 28/12/2016

 

Barak Hussein Obama, blanc par sa mère, musulman par son père, avocat roublard par profession, fourbe, manipulateur et crétin par conviction.

 

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Algorithme …

Pourquoi donc aller chercher une étymologie abracadabrantesque dans le nom improbable d'un astrologue ouzbèk, Al-Khawarizmi, alors que l'étymologie grecque est limpide : algos : "douloureux, pénible" et arithmos : "calcul".

Un algorithme est un "calcul pénible", tout simplement … si pénible qu'il faut un ordinateur pour le mettre en œuvre.

 

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Une expression plus que courante illustre parfaitement la dégénérescence et la décrépitude de la civilisation occidentale : "se faire plaisir".

Je ne prêche nullement une quelconque apologie de la souffrance ou du sacrifice ; je laisse cela aux chrétiens tristes.

J'affirme seulement que "se faire plaisir" signifie que l'hédonisme et l'égotisme sont les moteurs principaux de l'action, ce qui est navrant.

Il y a trois quêtes possibles dans la vie : le Salut, le Bonheur et l'Œuvre.

Le Salut est un mythe. Le Bonheur est imbécile. Seule l'Œuvre compte (cfr. Nietzsche).

 

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De Friedrich Nietzsche, in : "Humain, trop humain " :

 

" Le socialisme est le fantastique frère cadet du despotisme presque défunt, dont il veut recueillir l’héritage ; ses efforts sont donc, au sens le plus profond, réactionnaires. Car il désire une plénitude de puissance de l’État telle que le despotisme seul l’a jamais eue, même il dépasse tout ce que montre le passé, parce qu’il travaille à l’anéantissement formel de l’individu : c’est que celui-ci lui apparaît comme un luxe injustifiable de la nature, qui doit être par lui corrigé en un organe utile de la communauté."

 

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On parle parfois des grands bienfaiteurs de l'humanité.

Mais on ne parle jamais de ses plus grands malfaiteurs.

Ma liste : Socrate, Platon, Paul de Tarse, Augustin d'Hippone, Torquemada, Colbert, Jean-Jacques Rousseau, Maximilien de Robespierre, Napoléon Bonaparte, Karl Marx, Sigmund Freud, Henry Ford, Lénine, Keynes, Ibn Saoud, Adolf Hitler, Staline, Mao Tsé-toung, Hirohito, Hô-chi-Minh, Pol-Pot, Yasser Arafat, …

 

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Le 29/12/2016

 

Les relations sacrales de fraternité et les relations profanes de séduction sont totalement incompatibles.

Voilà pourquoi la Franc-maçonnerie interdit les Loges mixtes et se méfie du recrutement de tous ceux qui vivent de blandices (notamment les politiciens professionnels).

 

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Tout est relié à tout. Dans l'espace comme dans le temps.

Tout est interdépendant de tout.

Tous les êtres, vivants ou non, sont les organes interconnectés d'un immense organisme vivant : l'univers.

 

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Tout ce qui existe, évolue et vit, est le fruit d'une dialectique entre l'Esprit et la Nature au sein de l'Un.

 

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L'impressionnisme rend ce qui est perçu subjectivement par l'artiste et reflète le rapport qu'il a avec son extériorité.

L'expressionnisme rend ce qui est conçu subjectivement par l'artiste et reflète le rapport qu'il a avec son intériorité.

 

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Le bourgeoisisme et son symétrique, le socialisme, sont les deux manifestations très proches du même orgueil humain, de cet homme "mesure de toutes choses", de cet humain "maître de l'univers et du destin", de cet anthropocentrisme déguisé en humanisme, de ce refus de considérer l'homme comme un élément minuscule et insignifiant d'un Devenir qui le dépasse infiniment.

Bourgeoisisme (droite) et socialisme (gauche) convergent naturellement vers le même social-étatisme, qui est un totalitarisme mou, insidieux, séduisant et démagogue.

Bourgeoisisme et socialisme s'opposent, de toutes leurs forces, à toutes les formes de spiritualité.

Athéisme et laïcisme du 19ème siècle, socle du nihilisme du 20ème siècle, terreau - a contrario - du nouveau paradigme spiritualiste du 21ème siècle.

 

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Le grand défi, aujourd'hui, est de restaurer une authentique spiritualité mystique (moniste, panenthéiste) en évitant le double piège de l'agnosticisme laïciste (la fuite) et du fanatisme religieux (la guerre).

La question du sens reste ouverte et fait problème, aujourd'hui plus que jamais ; trois attitudes, comme toujours, sont possibles : ignorer la question dans la fuite agnostique, dynamiter le questionnement par le dogme religieux et assumer le problème dans une quête spiritualiste.

 

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Le social est devenu la nouvelle divinité.

Dans ce monde aux racines chrétiennes, le corps social a remplacé le "corps du Christ". Il y a une mystique de la socialité, du vivre-ensemble, de la convivialité qui s'est installée au travers de la bien-pensance de la fin du 20ème siècle (l'exaspérant boboïsme en est issu).

Elle a remplacé la mystique de la charité, du sacrifice de soi et de l'amour du prochain, prêchés par les curés chrétiens de naguère (les grands prêtres du socialisme ont pris le relai sur le mode laïque).

Les grand-messes ne se donnent plus à Notre-Dame mais place de la République.

L'homme avait tué Dieu et, se retrouvant bien seul, il s'est inventé le social : la chaude camaraderie des étourdissements logorrhéiques, des extases militantes, des valeurs humanistes. La fraternité du vide que l'on remplit d'idées creuses et de "bons sentiments" dont on veut ignorer les effets dévastateurs (les assistanats sont les pires de poisons, des ferments de haine, des insultes à la dignité).

Qu'importe que cela n'ait ni sens ni valeur, l'important est d'être ensemble, dans la chaleur artificielle d'un pathos partagé.

Nietzsche avait prévu et prédit tout cela, il y a près de 150 ans …

 

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La vérité n'existe pas ; toute vérité est relative et temporaire ; toute vérité n'est que ma vérité, ici et maintenant. Cela ne signifie nullement qu'il faille sombrer dans le relativisme nihiliste et, ainsi, échapper à toute éthique, à toute conscience, à tout jugement.

La qualité d'une acte se mesure, conjointement, par la qualité de l'intention qui le motive et par la qualité des conséquences qui s'ensuivent.

Point besoin d'une recours au concept nébuleux de "vérité", là-dedans.

Ce n'est pas la "vérité" qui sera le critère ultime pour jauger la qualité d'un acte, de son intention et de ses conséquences ; c'est l'ampleur de sa contribution positive à l'accomplissement de la Vie.

La Vie ! Voilà le seul critère. La Vie se place infiniment plus haut que n'importe quelle vérité : elle est la réalité absolue à laquelle tout ce qui existe, est et doit être absolument soumis.

Ce qui est bon pour la Vie, est bien. Ce qui est mauvais pour la Vie, est mal.[4]

A cette aune, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que nous vivons une époque où triomphe le Mal : financiaro-industrialisme (l'absurde délire économique), social-étatisme (l'absurde délire politique), islamo-fanatisme (l'absurde délire noétique), …

 

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Ce qui fonde une communauté, c'est son projet.

Sans projet commun, il n'y a pas de communauté ; seulement une collection d'individus plus ou moins associés dans la poursuite de leurs intérêts personnels.

 

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Il ne faut jamais confondre "science" et "technique"[5].

La science est un savoir passif, une connaissance que l'on approfondit et que l'on valide ou invalide sans cesse ; elle sculpte le regard mais n'implique aucune action.

La technique, en revanche, met la science en œuvre afin de transformer le monde et de le mettre, illusoirement souvent, à portée de l'homme et de ses phantasmes.

Etymologiquement, le latin scientia signifie "ce qui permet de savoir"[6] ; alors que le grec tèchnè désigne "l'art (de l'artisan), l'industrie, le métier".

Pour reprendre les catégories de Heidegger, la technique est à l'opposé du poétique, alors que la science en est une forme radieuse et supérieure.

 

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Il faut d'urgence diviniser la Vie, au sens cosmique et métaphysique de ce terme.

Une mystique du Devenir universel.

Dionysisme radical ! Panvitalisme absolu !

 

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La Vie, c'est le Réel en marche vers son propre accomplissement.

La Vie est un concept qui se place bien au-dessus de ce qu'étudie la biologie, cantonnée à certaines manifestations particulières de la Vie parmi les vivants terrestres.

 

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En 1978, dans "Le Pouvoir des sans-pouvoir", Vaclav Havel lista cinq critères pour débusquer le totalitarisme : la surveillance généralisée, l'amnésie historique, le cynisme politique, la manipulation médiatique et l'anesthésie consommatoire.

Nous y sommes !

 

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La France de Hollande a parachevé la France de Mitterrand et est devenue totalitaire, insidieusement, sournoisement.

 

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De mon ami Bertrand Vergely :

 

"Tout part de la création. Comme l'a vu Bergson, à l'origine, il y a un élan, l'élan primordial. Ce qui est ne reste pas replié sur lui-même. Il s'élance. Il va au-delà de lui-même."

 

"L'évolution créatrice" : un très grand livre ! Trop peu connu. Trop peu lu.

 

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Au moins 85% de nos contemporains n'utilisent la Toile que pour trouver du "meilleur marché" à acheter, pour dégoter des petits boulots d'appoint ou pour exploiter l'inépuisable silo des divertissements et jeux débiles.

La révolution numérique amplifie le crétinisme des masses et accélère la sécession de l'humanité en deux mondes disjoints.

L'intelligence et la culture ont toujours été l'apanage du petit nombre qui se perpétue en vase presque clos. Les enfants d'intellectuels deviennent, en général, des intellectuels ; les enfants de crétins restent, en général, des crétins. La culture et l'intelligence engendre la culture et l'intelligence ; ce n'est pas à l'école que l'on devient intelligent et cultivé (au mieux, on y devient un singe savant et, souvent, on n'y devient rien du tout).

Cette transmission est épigénétique et phylétique. Non démocratisable.

Oui, je sais, ce discours est politiquement incorrect … malgré qu'il soit, depuis au moins cinquante ans, celui du sociologue Pierre Bourdieu, parfois compagnon de route des gauchisants (cfr. "Les héritiers" - 1964).

A juste titre, Pierre Bourdieu refuse la lutte des classes et lui substitue la lutte des champs sociaux qui, chacun, organisent leurs transmissions héréditaires autour d'archétypes socioprofessionnels (artistes, intellectuels, indépendants, commerçants, libéraux, entrepreneurs, industriels, ouvriers, chômeurs, syndicalistes, paysans, …).

C'est la thèse réaliste du : "je suis devenu comme ça parce que je suis né là-dedans".

Bref : apologie de la prééminence de l'école de la vie (qui parfois est cette "école de la rue" qui fait les voyous) contre le mythe de l'école républicaine (qui, par exemple, ne pourra jamais rien contre l'islamisme rampant véhiculé par les familles).

Déterminisme social donc (ce qui a été amèrement reproché à Bourdieu par les idéalistes et idéologues cons-cons du progressisme et de l'égalitarisme).

Comme toujours, l'idéalisme et les idéologues refusent le monde tel qu'il est et ses lois telles qu'elles sont, et prétendent imposer un monde qui n'est pas et ne sera jamais, mais qui "leur plaît mieux".

Refus du destin et de la fatalité, mais aussi refus du génie et de la chance.

Tous égaux. Tous médiocres. Tous esclaves.

 

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30/12/2016

 

Les Etats-nations sont morts. L'acharnement thérapeutique est la règle.

Le Brexit, le désaveu cinglant d'Obama (le plus grand menteur et manipulateur de la Terre), l'élection de Donald Trump et la déconfiture de cette folle d'Hillary Clinton, l'éviction de ce pitre de Hollande et de ce clown de Renzi, l'affaiblissement de Merkel et de Marine Le Pen, la montée de Poutine et d'Erdogan, les succès de Fillon et Macron, l'hégémonie chinoise de Xi Jinping … tout cela pointe un seul phénomène : l'effondrement des establishments politico-carriéristes et des idéologies social-étatiques et  social-démocratiques, bref, de la politique à la petite semaine comme on l'a faite depuis 1870, c'est-à-dire depuis l'instauration d'une longue guerre mondiale (parfois militaire, parfois idéologique, parfois technologique, parfois monétaire, parfois commerciale, parfois numérique…) de tous contre tous qui perdure encore de nos jours, sous la baguette des Etats-Unis, en pleine déliquescence. Cela fait un siècle et demi que les Etats-nations nous imposent un paradigme de guerre mondiale au nom de concepts absolument crétins comme nationalisme, patriotisme, chauvinisme, souveraineté nationale, et autres billevesées. A titre d'exemple, il est essentiel de se rappeler que le concept "France" a été imposé par les hussards de la République à partir de 1870, à des gens qui étaient Morvandiaux, Alsaciens, Provençaux, Flamands, Bretons ou Basques, et n'avaient strictement rien à fiche des gesticulations parisiennes (et c'est toujours le cas !).

 

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Daesh est mort et Al Qaïda est moribond … même s'ils gardent encore tous deux de vraies capacités de nuisance au travers d'attentats spectaculaires à venir, fonctionnant par viralité. Le problème de fond est ailleurs : c'est le salafisme ! Une forme d'islamisme particulièrement agressive et haineuse, prônant un retour à la "pureté" d'un Islam qui n'a jamais existé, basé sur des interprétations fallacieuses et tronquées de la lecture la plus primaire du Coran. Cette déviance religieuse n'aurait été que ridicule si elle n'était devenue le wahhabisme, c'est-à-dire la religion d'Etat de l'Arabie Saoudite qui utilise l'argent du pétrole pour financer et propager tout le mouvement djihadiste dans le monde … avec le soutien total de son ami de toujours : les Etats-Unis (dont l'intérêt est de garder la main sur la nébuleuse pétrolière). En conséquence, l'Europe doit se faire des alliés de la Chine et de la Russie, rompre radicalement le cordon ombilical qui la lie aux Etats-Unis, et boycotter et combattre, systématiquement, sur tous les plans, l'Arabie Saoudite et les pays arabo-musulmans qui lui sont amis ou inféodés.

 

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Nous assistons à une continentalisation du monde humain parfaitement en phase avec les thèses - si décriées par le gauchisme culturel, confit d'universalisme, d'égalitarisme et d'humanisme - de Samuel Huntington. En ce sens, il est urgent, en Europe,  de démanteler les Etats-nations afin de construire, enfin, une Europe fédérale de Régions autonomes : une Europe "réseau" au-delà de l'obsolète Europe "pyramidale" actuelle.

 

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Les PME qui sont l'avenir économique de nos pays (c'est là que se créent les idées, les produits, les savoir-faire, les talents et les métiers de demain) étouffent sous le poids exorbitant de technologies inutiles, de normes et réglementations absurdes, de financements confidentiels, d'un droit du travail obsolète, de fiscalités paralysantes, de syndicats obsolètes et parasitaires qu'il faut dynamiter au plus vite.

Il faut surtout acter la fin du salariat (chaque travailleur devient sa propre petite entreprise autonome, responsable de soi, de sa clientèle et de ses savoir-faire) et faciliter l'avènement de l'allocation universelle (accompagnée de la suppression pure et simple de toutes les autres subventions, aides et assistanats … et des fonctionnaires, administrations et ministères qui vont avec).

 

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Les vieux gros dinosaures financiaro-industriels profitent d'une immense manne de monnaie sans valeur, émise par les banques centrales, pour consolider leur propre acharnement thérapeutique en se greffant les cellules souches de milliers de petites start-up inventives, qu'ils phagocytent avec de l'argent qu'ils ne paient pas.

Pour sauver l'économie en émergence contre les dinosaures, il faudrait donc dynamiter le système boursier et toute la finance spéculative qui sont le cancer de l'économie réelle.

Heureusement, cette manne se vide pour deux raisons : les taux des banques centrales doivent augmenter rapidement et les prix du pétrole ont commencé une remontée qui sera spectaculaire : les deux vaches à lait sont épuisées …

 

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Il est deux rapports au monde : celui du jardinier qui cultive et développe, et celui du guerrier qui conquiert et pille.

 

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De mon ami Julien Louis :

 

" Le monde actuel est une pyramide qui se délite par la base

sans que le sommet ne s'en aperçoive."

 

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Le 31/12/2016

 

Puisque les pouvoirs institutionnels sont confisqués au nom de la démocratie, il ne reste plus qu'à instaurer des pouvoirs insurrectionnels …

 

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Ce que l'on appelle le "populisme" (un terme issu du boboïsme et du gauchisme culturel ambiants), n'est que l'expression, par l'homme de la rue, d'un ras-le-bol vertigineux d'être grugé par des faquins, des imposteurs, des pitres, des manipulateurs et des voyous, tous carriéristes, qui phagocytent tous les pouvoirs institutionnels, politiques (les Etats), économiques (les Syndicats) et noétiques (les médias) aux seules fins de leurs intérêts personnels.

Ce soi-disant "populisme", dans le plus banal des cas, ne produira rien d'autre qu'un renouvellement des faquins. Mais dans le meilleur des cas, il pourrait être le déclencheur d'un effet "domino" qui pourrait inverser totalement la donne et initialiser la mise en place du nouveau paradigme tant attendu.

Par ailleurs, l'immense fragilité du système bancaire, de la finance spéculative et des monnaies de singe émises par les banques centrales, sont un terrain privilégié pour un "grand clash" imminent. Là, le déclencheur pourrait être l'inéluctable remontée des taux directeurs, une faramineuse augmentation du prix du pétrole, l'effondrement de l'Arabie Saoudite et de ses affidés, et/ou la décision de la Chine ou de la Russie de faire péter le système américain.

 

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Le rapport entre individu et société, et leurs dettes réciproques, est une question qui remonte à Platon et qui ne débouche sur rien d'autre que l'opposition irréductible entre étatisme et anti-étatisme, entre socialisme et personnalisme, entre républicanisme et communalisme. Dans la bonne tradition hégélienne, ces dualismes ne peuvent être dépassés que dans le rejet de l'extériorité (la socialité, l'horizontalité, la société, les autres, le monde humain, le paraître, l'avoir, etc …) et le reflux vers l'intériorité (la spiritualité, la verticalité, la profondeur et l'élévation, la quête intérieure, le devenir, etc …).

Ces querelles d'école, aussi futiles qu'oiseuses, appellent cependant une prise de conscience : celle de l'essentialité de l'autonomie personnelle, celle du refus de toute servitude, fût-elle volontaire et dorée, celle du rejet du salariat et de la citoyenneté, par exemple, celle du rejet de l'Etat, sous toute ses formes, … Il est temps que chaque être humain se prenne en charge et en main, assume son destin et sa réalité, son identité et ses capacités, sa liberté et sa responsabilité.

 

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John Maynard Keynes : haut fonctionnaire grassement payé, "économiste" n'ayant jamais vu une entreprise réelle de près, bisexuel moralisateur, dandy victorien, apôtre du court-termisme, de l'étatisme et du consumérisme, … Un triste sire à jeter tout de suite dans les oubliettes de l'histoire économique (comme Marx).

 

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[1] Cfr. le livre de Prigogine et Stengers, sous ce titre, où Ilya plaide pour le passage, en tout, d'un déterminisme mécaniste strict à un déterminisme probabiliste, … mais tout aussi mécaniste

[2] C'était le fond de l'orthodoxie sadducéenne, héritière du lévitisme originel, contre l'hérésie pharisienne qui deviendra la base du talmudisme et du rabbinisme.

[3] Le mot grec eidos signifie : "image, apparence, forme". L'idéologie est le discours sur l'image d'un monde idéal c'est-à-dire d'un monde imaginaire.

[4] Deutéronome : 30;15 : "Vois j'ai donné face à toi, ce jour, la vie et le bon et la mort et le mauvais."

[5] Quoique, à la base, polytechnicien et ingénieur, j'ai toujours vénéré la science (la physique théorique, pour être précis) et exécré la technique. Je ne parviendrai jamais à m'extasier devant une machine, quelle qu'elle soit. La technique est peut-être un mal nécessaire, mais elle est d'abord un mal puisqu'elle met l'artificiel au-dessus du naturel.

[6] Comme la sapientia est "ce qui permet la sagesse", la prudentia "ce qui permet de prévoir", ou la patientia "ce qui permet d'endurer la souffrance"