Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" Avril 2017

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/04/2017

De Schelling (in : "De la liberté humaine") :

"(…) l'homme n'est pas hors de Dieu, mais en Dieu, et (…) son activité fait partie de la vie même de Dieu. C'est là précisément le point d'où partirent les mystiques et les esprits religieux de tous les temps, pour aboutir à cette croyance dans l'unité de l'homme avec Dieu (…)"

 

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Dieu est le tout du Réel pris dans sa sacralité.

Un est le tout du Réel pris dans son unitarité.

Tout est le tout du Réel pris dans son intégralité.

Esprit est le tout du Réel pris dans sa logicité.

Vie est le tout du Réel pris dans sa vivacité.

Matière est le tout du Réel pris dans sa substantialité.

 

Dieu, Un, Tout, Esprit, Vie, et Matière ne sont que des modalités complémentaires du même Réel unique.

Chacun de ces termes appelle tous les autres et leur répond.

 

En appeler à Dieu pour parler du Réel, c'est en faire la source du sens et de la valeur de tout ce qui existe, en faire le but de toutes les œuvres, en faire le lieu de toutes les dévotions et de tous les cultes.

En appeler à l'Un pour parler du Réel, c'est exprimer la volonté de s'unifier et s'unir avec lui et avec tout ce qui existe en lui, dans un acte fusionnel de l'esprit.

En appeler au Tout pour parler du Réel, c'est ne rien exclure, c'est en proclamer le caractère cohésif et promouvoir une interdépendance et une interrelation universelle.

En appeler à l'Esprit pour parler du Réel, c'est en affirmer la cohérence absolue et instituer ce principe de cohérence comme seul principe transcendantal de véridicité et de moralité.

En appeler à la Vie pour parler du Réel, c'est concevoir le Réel comme un vaste organisme vivant, en évolution permanente vers toujours plus d'accomplissement, par les voies de la complexification.

En appeler à la Matière pour parler du Réel, c'est affirmer la corporéité des mondes et assumer pleinement le caractère charnel de la relation à eux.

 

Puisque Dieu est inclus dans le Réel, le Réel est divin.

Puisque l'Un est inclus dans le Réel, le Réel est unique.

Puisque le Tout est inclus dans le Réel, le Réel est plus que tout.

Puisque l'Esprit est inclus dans le Réel, le Réel est pensant.

Puisque la Vie est incluse dans le Réel, le Réel est vivant.

Puisque la Matière est incluse dans le Réel, le Réel est charnel.

 

Le septième pilier est une autoréférence fondatrice : le Réel est seul réel qui engendre, porte, nourrit, enveloppe, contient, justifie et valorise tout ce qui existe.

 

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Le Réel est pour chaque homme, selon ses facultés et disponibilités, à la fois, un champ de contraintes et un champ de possibles. Si tel est son projet de vie, il lui est loisible de saisir toutes les opportunités qui se présentent en fonction de ses potentialités. Mais il faut, pour cela qu'il en ait l'intention. Le seul acte de liberté réel est de décider de cette intention et de la mettre en œuvre chaque fois que l'occasion s'en présente.

La liberté, c'est l'intention.

 

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Le 02/04/2017

 

L'Esprit (donc l'intelligence qui en est une des cinq manifestations avec la sensibilité, la mémoire, la volonté et la conscience) n'est pas du tout l'apanage des humains (ou, plutôt, d'une infime minorité d'entre eux). L'Esprit, avec la Matière et la Vie est un des trois moteurs cosmiques à l'œuvre dans l'Univers depuis son origine. Tout ce qui existe, à divers niveaux, possède donc une forme d'intelligence (d'esprit, de vie et de matière). Cela suffit à faire comprendre que l'intelligence dite artificielle, portée par des ordinateurs ou des robots mécaniques, juste capables d'additionner des zéros et des uns, selon des programmes conçus par de l'intelligence humaine de haut vol, se place au degré zéro de l'intelligence cosmique ; au même niveau qu'un caillou.

 

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Le recours systématique, par certaines firmes et par la presse, d'expressions comme "Intelligence Artificielle" ou "Théorie du genre" ou "Terrorisme planétaire", participe d'une propagande idéologique visant la crétinisation du genre humain en vue de son asservissement volontaire à la tyrannie technologique.

 

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De Gilles Richard :

 

" Sans aucun doute, l'année 1974[1] a marqué le point de départ de notre présent politique. Pour deux raisons: premièrement, s'est enfin imposée, parmi les familles de droite, la famille (néo)libérale qui, jusque-là, avait toujours dû partager le pouvoir avec d'autres - les radicaux jusqu'à 1940, les gaullistes après la Libération ; deuxièmement, en même temps - mais sans que cela ait au départ le moindre rapport avec l'élection de Valéry Giscard d'Estaing - l'économie française (comme ses voisines) est entrée de plain-pied dans la troisième révolution industrielle (automatisation, multinationalisation, délocalisations et financiarisation) et son corollaire, le chômage de masse qui, en une décennie, a porté un coup fatal au mouvement ouvrier tel qu'il s'était bâti depuis la fin du XIXe siècle et avait imposé la question sociale comme question centrale dans la vie politique."

 

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Le 03/04/2017

 

Les trois moteurs universels du Réel …

La Matière est ce qui retient.

La Vie est ce qui crée.

L'Esprit est ce qui organise.

 

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Affolant …

Les gens passent en moyenne 2h27 par jour sur leur ordiphone. Mais, pour une personne sur cinq, c’est plus de ... quatre heures par jour.

 

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Du Wall Street Journal :

 

"La question critique, où que l'on soit, c'est désormais le personnel qualifié.

La course mondiale aux talents ne fait que commencer."

 

Bravo au WSJ de découvrir ce que je clame depuis 2005 dans mon "L'âge de la connaissance" !

 

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La démocratie est condamnée à être un système inefficace et pervers pour trois raisons majeures :

  • La grande majorité des humains sont des crétins qui ne comprennent rien.
  • Les démagogues finissent toujours par accaparer les pouvoirs.
  • Les parasites finissent toujours par profiter des démagogies.

 

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Inversion de toutes les valeurs !

Ce qui est rare vaut cher et ce qui est pléthorique ne vaut rien.

Bientôt, la vie humaine ne vaudra plus grand' chose face à un litre de pétrole ou d'eau douce, face à un kilogramme de fer ou de cuivre.

 

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Le bouddhisme "réel" ne se réduit en rien ni à la méditation, ni (encore moins) à la relaxation. Laissons cela à ce bouddhisme occidentalisé qui, comme tout ce qui est occidentalisé (américanisé, devrait-on dire), est devenu profane, insipide, médiocre, etc …

Il vaut mieux étudier la branche du theravada (que ses détracteurs appellent à tort le "petit véhicule") qui, comme son nom l'indique est "la doctrine des anciens", bien plus proche du bouddhisme authentique et originel et bien loin des fumisteries tibétaines.

Comme me l'indique justement Daniel Bertheau : "Le dharma du bouddhisme Theravada (par exemple) indique que la doctrine ne se résume pas simplement à la méditation (attention et concentration).

Trois entraînements ou disciplines constituent l'octuple sentier :

  • Discipline de la conduite éthique: Parole juste, acte juste, moyens d'existences juste.
  • Discipline de la concentration: Effort juste, attention juste, concentration juste.
  • Discipline de la sagesse: Pensée juste, compréhension juste.

Les deux activités de méditation sont notamment utilisées pour entraîner l'esprit à la pleine conscience, la lucidité au quotidien afin de vivre en homme libre conduisant à la sérénité, à l’équanimité, la paix et en n'ayant des idées adéquates et non d'avoir un comportement d'homme lobotomisé (Panem et circenses) !"

 

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Le 08/04/2017

 

"Prière" se dit en hébreu téphilah qui dérive du verbe taphèl qui signifie "enduire, enrober" …

La prière est ce dont on enrobe la foi !

 

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Le 09/04/2017

 

Le peuple, c'est la masse de ceux qui exècrent l'élite, réelle ou imaginaire.

Et l'élite, c'est le petit nombre de ceux que le peuple indiffère.

 

Qui de l'exécration ou de l'indifférence est l'œuf, et qui la poule ?

 

Le peuple, c'est ce qui n'a aucun sens de l'honneur et qui est prêt à tout renier pour préserver son Panem et circenses.

 

Le peuple, c'est la masse de ceux qui n'ont aucun sens aristocratique.

 

Le peuple : ce monstre acéphale au ventre insatiablement affamé de médiocrités.

 

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Les humains sont-ils à ce point infantiles qu'il faille toujours, pour vivre ensemble, ériger une autorité pour les protéger les uns des autres.

Pourtant : il n'est besoin d'aucune politique là où règne la simple sagesse. Dès lors que le principe d'une telle inéluctable autorité est irréversiblement admis, commence l'absurde course idéologique pour définir le "société idéale" : quelle autorité ? désignée par qui ? à quel niveau ? avec quels pouvoirs ? pour combien de temps ? avec quels contrôles ? avec quels buts ? avec quels moyens ? etc …

Appelons tout cela les questions de la "logistique de l'autorité". Leurs réponses ne devraient pas être idéologiques (portées par un "Idéal"), mais prosaïquement techniques (jugées sur leur efficacité).

Ce qui importe avant tout cela, avant le "comment" de l'autorité, c'est le "pourquoi" et le "pour quoi" de la fatale nécessité d'une autorité.

Et là, la seule question qui demeure est celle-ci : la majorité des hommes est-elle capable d'atteindre un niveau suffisant d'autonomie personnelle et de sagesse collective pour se passer de toute autorité, ou est-elle condamnée à patauger éternellement dans les gadoues des jeux de pouvoirs ?

Je penche nettement pour cette seconde réponse, malheureusement. Si tel est bien le cas, alors il faut bannir la démocratie au suffrage universel : comment confier le pouvoir collectif à une majorité infantile, incapable d'assumer autonomie et sagesse ?

Si tel n'était pas le cas, alors, pour susciter un sursaut de sagesse collective, force serait de réduire au maximum cette autorité qui ne serait plus que provisoire et temporaire.

En conséquence, il n'est que deux régimes possibles : une autoritarisme aristocratique (si le crétinisme collectif est tel qu'une autorité puissante est nécessaire) ou un libéralisme anarchiste (si l'autonomie et la sagesse sont possibles et, donc, l'autorité inutile).

Hors de là n'existe qu'un marais d'ersatz idéologiques inefficaces et glauques.

 

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De Pétain :

 

"L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié."

 

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La polycratie nazie impliquait l'élimination immédiate de tout opposant au Führer et la promotion "au mérite" des "zélés". Le système était essentiellement arriviste, carriériste et opportuniste ; il jouait sur le jeu des ralliements et trahisons envers les "figures de proue" du régime. Toutes les structures formelles n'y étaient que des paravents pour des jeux de pouvoir personnel. Tous les corps militaires ou administratifs étaient concurrents entre eux et ne fonctionnaient que dans des rapports flous d'allégeances et de suzerainetés, d'entrées en grâce et de bannissements.

 

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Le 10/04/2017

 

Je ne suis pas Français, mais en tant que résident depuis longtemps ici, l'avenir de la France me regarde. Il me regarde même de travers.

Voyons quelques chiffres : il y a environ 65 millions de Français, dont environ 45 millions en droit de voter. Pour qu'un Président soit légitime, il devrait au moins être élu par 60% des Français pouvant voter, soit bénéficier d'environ 27 millions de suffrages.

Or, telles que les élections s'annoncent, dans la logique des précédentes, le nombre de votes valablement exprimés tournera autour de 15 millions de voix, dans le tout meilleur des cas.

Il n'y a, dès à présent que trois présidentiables au second tour : Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron c'est-à-dire une qui veut régresser et retourner à une France "pure" qui n'a jamais exister, et deux qui veulent continuer comme avant, droit dans le mur consumériste et financiariste, l'un sur la voie du bourgeoisisme conservateur et chrétien, l'autre sur la voie du progressisme capitaliste et internationaliste. Bref, le choix entre la peste tendance suicidaire, le choléra bleu, tendance blanc, et le choléra rose, tendance bleu.

Mais là n'est pas mon propos. Qui que ce soit qui l'emporte, il sera totalement illégitime, élu au second tour avec juste un peu moins de 10 millions de voix au tout mieux, soit avec les suffrages de bien moins d'un quart des Français en droit de voter.

 

Qu'est-ce que cela signifie ? Que la grande majorité des Français ne se sentent aucunement concernés par  cette mascarade électoraliste qui relève d'une République monarchiste et jacobine et d'un paradigme "moderne" qui sont morts, qui n'ont plus aucun sens, qu'il faut rayer de la carte.

Les plus jeunes adultes, en âge de voter, ne voteront pas. Les 20 millions qui les suivent, ne voteront plus jamais. Ce cirque électoraliste, parisianiste, télévisuel ne les concerne plus. Leurs appartenances essentielles sont tout ailleurs. Et beaucoup des moins jeunes commencent à penser la même chose.

Mais les choses sont ainsi faites, que la République veut compter comme nul, comme non existant, le plus grand parti de France : celui de ceux qui ne veulent plus de cette République monarchiste et jacobine, et de ses archaïsmes fonctionnaires et bureaucratiques ; ceux qui ne veulent plus de ces caciques prétentieux et ambitieux, démagogues, électoralistes, clientélistes et manipulateurs ; ceux qui ne veulent plus de ce centralisme jacobin et des médias parisianistes à sa botte ; ceux qui ne veulent plus de ce social-étatisme qu'il soit de gauche ou de droite.

 

Il est temps  que le plus grand parti de France (les abstentionnistes, les votes blancs et les votes nuls) soit pris au sérieux et en compte afin que soient enfin démontrés l'illégitimité foncière des "élus" et le rejet radical de cette République pourrie qu'on lui impose.

Il est temps que les scores électoraux soient exprimés en pourcentages de la population en droit de vote et non plus en pourcentages des votes valablement exprimés qui ne représentent plus grand' chose.

Aussi, ami lecteur, je t'en conjure : NE VA PAS VOTER !!! Il sera alors facile de calculer le ridicule pourcentage de la population française qui aura "élu" SON président et de mesurer, immédiatement, l'illégitimité de celui-ci pour exiger, dans la rue s'il le faut, sa démission immédiate.

La République monarchique jacobine est déjà morte. Achevons-la !

 

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L'idée de Nation est la plus nocive et détestable qui soit.

Il n'y a aucune Nation. Il n'y a que des personnes humaines que l'on a forcé à vivre sous un drapeau commun que personne, jamais n'a demandé.

 

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Il faut éradiquer toutes les frontières, tous les drapeaux, tous les Etats, toutes les Nations.

Tout cela n'est qu'artifice, résultat des crétinismes du passé.

L'avenir doit s'en passer !

 

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Il n'est jamais question d'honneur en politique.

 

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Une autorité politique n'est jamais légitime. Elle résulte toujours d'une usurpation de pouvoirs, plus ou moins légalisée.

 

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Le 11/04/2017

 

La distinction, essentielle pour sa doctrine, que Bergson fait entre "temps" et "durée" n'est, en fait, que la distinction entre "temps instantané" et "temps accumulé".

Le temps instantané "qui passe", en effet, est mécanique et spatial, alors que le temps accumulé peut être vécu dans la mesure où il est mémoriel ou mnésique.

 

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Le temps s'ajoute au temps (par émergence de l'activité qui, parce qu'elle prend de la durée, se fait de la durée) comme l'espace s'ajoute à l'espace (par l'émergence de la matière qui, parce qu'elle prend de la place, se fait de la place).

 

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Le mécanicisme rationaliste du 17ème siècle repose sur les épaules de Galilée, Descartes, Leibniz, Spinoza, Hobbes, Locke … C'est là que se consolide la Modernité inaugurée par les humanistes.

Un des "contrevenants" : Blaise Pascal (dans sa "seconde vie"), grand annonciateur, comme les philosophes romantiques ou Nietzsche ou Bergson ou Teilhard de Chardin, de la mort et du dépassement de la Modernité.

 

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Lorsqu'un choix s'offre du fait de l'émergence d'un spectre de différents possibles, la question essentielle interroge l'origine du déclencheur de la bifurcation qui fera opter pour tel scénario plutôt que tel autre. Les tenants du déterminisme argueront qu'il n'y a, en réalité, aucun choix puisque la trajectoire de vie est soumise intégralement à la loi stricte du causalisme (le libre arbitre n'est qu'une illusion liée à l'inconnaissance de la totalité des causalités et des lois de la nécessité).

D'autres invoqueront le hasardisme et réduiront le libre arbitre à une illusion réduite à des effets stochastiques non réductibles à une chaîne de causes à effets.

Mais il y a une troisième voie qui est la seule capable de fonder le libre arbitre et, partant, l'idée de liberté personnelle : la possibilité d'imaginer ou d'anticiper les conséquences du choix qui pourrait être fait. Autrement dit, c'est le futur imaginé qui devient le déclencheur de la bifurcation, à l'aune de considérations qui n'ont rien à voir ni avec les détermination du passé, ni avec le hasard du présent, selon un processus où l'irrationalité (le "sans raison"), l'inspiration, l'intuition, … peuvent jouer leur rôle.

Cela signifie clairement qu'il ne peut y avoir de liberté sans imagination … mais que, dès qu'une réelle imagination fonctionne, la vraie liberté est possible.

 

N'est libre que celui qui peut imaginer un futur autre que sa destinée !

 

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Le 12/04/2017

 

Dans "Le Figaro" d'aujourd'hui :

 

" En Tunisie, une doctorante travaille depuis 2011 à remettre en cause les fondements de l’astronomie. L’objectif ? Prouver que la terre est plate. "

 

L'étonnant n'est pas qu'une "étudiante" (?) idiote et fanatisée (pléonasme ?) puisse faire un travail aussi ridiculement absurde. L'étonnant (l'écœurant) est qu'une université (?) et, surtout, un professeur (?) d'université puissent accepter et diriger (et gaspiller l'argent des contribuables pour) une telle thèse de doctorat !

Plus de mille ans avant qu'un chamelier illettré ne dicte le Coran, Eratosthène et d'autres avaient parfaitement compris, au départ de la simple observation visuelle des choses, que la Terre était sphérique et suspendue dans le vide.

Il ne s'agit ni de religion, ni d'idéologie. L'islam imbécile suit les traces du christianisme imbécile : nier l'évidence pour donner raison à de mauvaises interprétations d'un vieux texte qui ne parlait pas de science, mais de spiritualité et de symboles poétiques.

Mais le déni de réalité et l'obsession fanatique à vouloir faire triompher un modèle faux n'est pas l'apanage que de l'islam. Il suffit d'écouter les discours idéologiques de pitres comme Le Pen, Mélenchon ou Hamon pour comprendre combien l'absurdité des thèses et l'obsolescence des grilles de lecture ne sont pas que le fait de cette "étudiante" crétinisée.

 

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Le jour où l'idée deviendra projet …

 

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Philosophiquement, la bêtise et l'ignorance, le fanatisme et l'aveuglement humains sont partie intégrante du problème humain, du côté sombre de la nature humaine et sont, malheureusement, une donnée réelle du problème réel de l'évolution de l'humanité.

La majorité des humains préfère s'emmailloter dans des mensonges douillets que de regarder la réalité en face. C'est un constat sociologique que l'on acte trop peu et qui induit notre enlisement dans des phantasmes idéologiques comme le démocratisme, l'égalitarisme, le populisme, etc …

La certitude artificielle et toute faite, pour beaucoup d'humains, est préférable à une vérité inaccessible. Le confort avant le doute et l'effort.

L'immense majorité du genre humain n'a aucune vocation à penser. Le Panem et circenses est son seul credo. Et si, pour cela, il faut nier l'évidence et tuer père et mère, "zoumaï" comme on dit en provençal : on y va.

 

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Le 13/04/2017

 

Un peu partout, en Occident, dans les écoles et les universités, il y a beaucoup de bons professeurs de philosophie qui sont des femmes. Mais il n'y a pas vraiment de philosophes-femmes qui soient connus et reconnus dans l'histoire de la pensée.

Des femmes magnifiques comme Hannah Arendt et Simone Veil, ou, même, la médiocre Simone de Beauvoir, sont bien plus sociologues, idéologues ou moralistes que réellement philosophes.

Le moyen-âge eut pourtant ses mystiques féminines fameuses : Hildegarde de Bingen, Marguerite Porète ou Haldewijch d'Anvers … mais point de philosophes.

De même, les civilisations et cultures qui ont développé un regard féminin sur le monde, comme les Indes ou la Chine anciennes, ont construit des spiritualités grandioses, mais pas de philosophies à proprement parler.

D'où vient cette défiance entre féminité et philosophie ?

D'une rationalité trop conceptuelle ou d'un conceptualisme trop rationnel, sans doute …

 

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Nous quittons sans doute une longue ère construite sur l'extériorité.

L'extériorité de la Sagesse grecque pour la Cité. L'extériorité de l'Ordre romain pour l'Empire. L'extériorité du Dieu chrétien pour la Perfection. L'extériorité du Salut féodal pour l'Eternité. Et l'extériorité du Progrès moderne pour l'Homme. L'hypermodernisme actuel a encore amplifié la puissance de l'extériorité : la plupart des gens, surtout en ville, n'existe plus, ne vive plus que par et pour leur connexion permanente à la Toile, la plus sournoise et invisible des extériorités.

Les dimensions de l'extériorité sont à présent toutes épuisées.

Il ne reste qu'une issue : l'intériorité.

Qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'après 2750 ans de vaine recherche de la paix et de la joie à l'extérieur de soi, force est faire un bilan radical : la paix et la joie ne viennent jamais de l'extérieur, réel ou imaginaire, matériel ou utopique.

La seule source de joie et de paix coule au fond de soi, au fond de l'intériorité vécue.

Le monde extérieur n'a qu'une utilité logistique ou esthétique, sans grande importance. Seule l'intériorité compte, fait sens et valeur, donne paix et joie.

La vraie vie n'est jamais à l'extérieur de soi : ni à côté de soi (la Cité), ni devant soi (le Progrès), ni derrière soi (la Tradition), ni au-dessus de soi (Dieu), ni en-dessous de soi (l'Argent).

La seule vraie vie est tout intérieure ; dans le silence et la solitude du fond de soi.

 

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La modernité a chassé le Dieu étranger et a imposé le héros Prométhée.

 

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J'aime assez cette définition de Dieu comme étant le tout de la réalité : ens realissimus (l'étant le plus réel).

 

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Tout le problème sociétal de notre époque vient de l'incompréhension crasse d'une loi thermodynamique fondamentale qui assigne un objectif d'harmonie optimale entre deux "forces" contradictoires : la force d'intégration qui n'est que la voie du maximum d'entropie (donc d'uniformité, d'homogénéisation, de dilution) et la force d'individuation qui n'est que la voie du maximum de néguentropie (donc de diversité, d'hétérogénéisation, de concentration).

Il ne s'agit pas de choisir l'une ou l'autre de ces deux voies. Il s'agit de trouver les structures dissipatives qui réduisent les tensions au sein du système à leur minimum.

La modernité, depuis les "Lumières" ne jura que par la voie intégrative : humanisme, universalisme, multiculturalisme, internationalisme, républicanisme, laïcisme, démocratisme, égalitarisme, droit-de-l'hommisme, humanitarisme, antiracisme, etc …

Mais notre époque, lassée sans doute par ce déséquilibre idéologique et consciente des dégâts terribles causés par cet entropisme délétère (l'entropie, lorsqu'elle triomphe, engendre la déliquescence, la désagrégation, la dégénérescence, la décadence et la mort), a initié un retour de balancier vers une individuation forte qui se cherche : individualisme, nombrilisme, narcissisme, différencialisme, spécisme, tribalisme, communautarisme, nationalisme, xénophobie, isolationnisme, quête d'identité personnelle ou nationale, etc …

Au point qu'aujourd'hui, ces deux pôles deviennent les symboles d'une incompatibilité idéologique grave et d'une quasi guerre civile entre apologie entropique (bien-pensance boboïste, surtout à gauche) et salut néguentropique (réaffirmation d'une identité, surtout à droite).

Or, il s'agit d'un faux débat. Les deux forces sont absolument indispensables conjointement : ni dilution ni repli sur soi, ni "moi" ni "nous", ni individuation intégrale ni intégration totale.

C'est de la dialectique entre la force d'individuation et la force d'intégration que vient la puissance d'évolution de l'homme. A tous les niveaux.

Le problème est maintenant de définir une base positive pour construire cette nouvelle individuation qui doit, nécessairement, émerger pour pallier les inexcusables excès, depuis deux siècles, d'une intégration, imposée idéologiquement, mais si stérilisante et castratrice.

Et lorsqu'il s'agit de refonder quelque chose d'essentiel, le réflexe est d'aller rechercher les modèles d'antan. En l'occurrence : l'individu pur, ou la famille, ou la tribu, ou le village ou quartier, ou la bande, ou la secte, ou la classe sociale, ou la nation, ou la langue, ou la race, ou la religion, etc … Tout cela est obsolète !

Bref : il faut redéfinir, de façon adéquate et compatible avec la mutation paradigmatique en cours, la cellule communautaire de référence pour l'avenir, en se souvenant que la notion d'appartenance a complètement changé de nature depuis la révolution numérique et l'avènement de la Toile.

Quel sera mon "prochain" (celui qui m'est proche) demain ? Tous les hommes ? Non ! La solidarité universelle est une dilution entropique qui a montré ses mortelles limites, surtout dans un monde dominé par une logique de pénuries de ressources.

A force de confondre intimité et promiscuité, la répugnance de l'autre a monté de quelques crans … et l'agressivité et l'animosité qui l'accompagnent, aussi.

Un homme n'est ni un loup pour l'homme, ni le frère de tous les hommes.

Qui donc sera mon prochain ? D'abord, celui que j'ai choisi pour tel. La Toile permet de se libérer des "contraintes de civilité" auxquelles obligeaient la proximité géographique du même village, du même quartier.

Qui fera, demain, partie de mon monde ? Ceux que j'aurai choisis, soit. Mais encore ?

L'exemple de l'Union Européenne est assez typique. L'Europe des Nations est une catastrophe. Mais la continentalisation techno-économique étant une réalité, une autre Europe devra émerger sous la forme d'un réseaux de bassins socioéconomiques cohérents, où les Etats-nations n'auront plus aucun rôle.

Mais qu'est-ce qu'un "bassin socioéconomique cohérent" ?

Revoilà posée la question de fond : quelles seront les vrais critères d'appartenance et donc de fédération, d'engagement, d'implication et de mutualisation pour demain ?

 

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(Lecture de "La philosophie critique de Kant" par Gilles Deleuze)

 

Kant veut obstinément sortir l'homme du règne de la Nature. Il veut établir, en l'homme même, un absolu (la Raison, en l'occurrence), un "transcendantal" qui, donc, ne soit au service de rien d'autre que de soi-même.

Inscrire l'humanité totalement et uniquement dans l'animalité (ou, plus généralement, la naturalité) lui est insupportable : il lui est indispensable que l'homme soit d'une autre nature que la Nature !

Il veut obstinément, dans le même bois, sculpter des principes moraux a priori qui n'auraient rien à devoir à une quelconque utilité de vie ; le Bien ne peut pas n'être que ce mieux relatif qui procure un peu plus de joie ou de paix, un peu moins de souffrance ou de lutte ; il veut fonder un Bien absolu, transcendantal.

Il veut construire un mur étanche et infranchissable entre Nature (lieu de la nécessité et de l'utilité) et la Culture (lieu de la liberté et de la moralité).

Kant est le vrai père d'une humanité idéale et transcendantale qui soit "hors-sol", typique de l'orgueilleuse et vaniteuse modernité.

Kant veut libérer la moralité de l'utilité : il veut fonder le Bien au-delà du simple mieux.

 

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Selon Kant, les trois "intérêts" du sujet sont la faculté de connaître (régulée par l'Entendement[2] - "Critique de la raison pure"), la faculté de désirer (régulée par la Raison - "Critique de la raison pratique") et la faculté de jouir (régulée par l'Imagination - "Critique de jugement").

 

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Nous ne nous représentons que ce que notre Esprit est capable de représenter. Et le Réel est sans doute bien plus riche que nos capacités de représentation. Donc, il est plus que probable que des pans entiers du Réel nous demeurent absolument (?) étrangers, insoupçonnables, insaisissables.

Mais, si notre Esprit humain est un reflet, un fragment, une manifestation de l'Esprit cosmique qui, lui, ne représente rien mais "connaît" tout immédiatement, alors la perspective change. Notre Esprit peut devenir une antenne, un miroir, un récepteur, au sens métaphorique, faute de mieux : un récepteur hologrammique de la connaissance intégrale, absolue et immédiate qu'a l'Esprit cosmique du Réel. Il peut alors y avoir une résonance entre le local relatif et la global absolu, sur les différentes dimensions de la Mémoire, de la Sensibilité, de la Volonté, de l'Intelligence et de la Conscience.

 

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La méthode transcendantale de Kant exprime cet acte de foi que la réalité du Réel est nécessairement soumise aux mêmes principes que ceux qui induisent les catégories a priori (donc non tributaires de l'expérience et antérieures à celle-ci) de la pensée humaine. Bien avant Kant, Hermès Trismégiste avait déjà dit, sur ses "Tables d'Emeraude", que : "ce qui est en bas est comme ce qui est en haut".

Mais il faut nuancer : les principes qui régissent l'Esprit humain émanent de l'Esprit cosmique, c'est une évidence. De là à en inférer que tous les principes de l'Esprit cosmique se retrouvent intégralement dans les principes qui règlent l'Esprit humain, il y a un gouffre à ne pas franchir.

Ce n'est pas parce que l'Esprit humain s'est forgé les catégories a priori de l'espace tridimensionnel et du temps unidimensionnel pour y classer ses faits d'expériences et ses représentations de l'entendement, que l'espace et le temps, ainsi conçus, devraient nécessairement être des attributs ontologiques du Réel. Tout ce que l'on peut affirmer, c'est que ces catégories-là ne sont en général pas contradictoires avec le Réel et suffisent pour contribuer à une meilleure survie des animaux "supérieurs" dont l'humain.

En pure logique, "ne pas être contradictoire" n'est pas équivalent à "être identique".

De même, Kant pose, par sa "révolution copernicienne", que l'homme peut imposer ses catégories a priori et y soumettre la Nature. Plus modestement, il serait préférable de noter le jeu dialectique entre la manière dont l'humain pense, conçoit et désire, et la manière dont se façonne son environnement immédiat (et non du Réel, pris comme un Tout cosmique).

L'homme est acteur du devenir du monde, mais seulement à son échelle et dans son environnement immédiat. Pour tout le reste, l'humain et ses catégories mentales ne sont que de purs produits du Réel, soumis aux principes, lois et catégories du Cosmos, c'est-à-dire de l'Esprit cosmique.

 

*

 

Pour Kant, la Raison permet de relier, entre elles, les représentations de l'Entendement en un tout cohérent (la connaissance), et l'Imagination (la troisième et dernière faculté de l'esprit) engendre des schèmes formels qui permettent ces reliances.

 

*

 

Pour Kant, n'a de valeur que l'universel : ce qui est valable partout, toujours.

La raison approuve un désir - une volonté - tant qu'il respecte la loi universelle c'est-à-dire la loi morale transcendantale qui fonde la liberté par principe a priori.

Lorsque la volonté est conforme à la loi, elle est libre. Lorsqu'elle ne l'est pas, elle est causée, déterminée. Kant n'est pas à un paradoxe près : la liberté, c'est la conformité ! Mais le paradoxe n'est qu'apparent …

Le mal consiste alors en une "sortie" de l'universel, en une désolidarisation du Tout cohérent qu'est le Réel.

Kant n'emploie pas ce mot (à ma connaissance), mais on retrouve là le concept de Destin, cher à Nietzsche dans son Amor Fati.

La liberté ne se pose pas contre le Destin, mais avec lui ; elle le sublime !

Kant veut que "la maxime[3] de la volonté soit l'expression de la loi universelle".

 

*

 

L'entendement est ce qui forge les représentations/concepts du monde sensible, du monde des phénomènes. La raison est ce qui valide ces représentations. L'imagination est ce qui les relie les unes aux autres dans une forme a priori.

Dans l'acte de connaître, la raison (pure) œuvre (elle consolide l'assemblage des représentations) et l'entendement juge (le fruit du travail de la raison qui est la connaissance, doit être conforme aux phénomènes).

Dans l'acte de désirer/vouloir, l'entendement œuvre (il offre le sensible désirable et ses représentations) et la raison (pratique) juge (la volonté doit être conforme à la loi morale universelle).

Au fond, Kant pose une dialectique entre "représentation" (entendement) et "cohérence" (raison).

 

*

 

La conformité entre l'acte et la loi qui est la vertu, induit la joie (que Kant appelle parfois "contentement" et, parfois, mais indûment, "bonheur").

Je me demande si Kant a lu Spinoza …

 

*

 

Le monde sensible des phénomènes et le monde suprasensible du noumène sont séparés par un abîme infranchissable. C'est la thèse centrale de Kant (c'est, au fond, une thèse archaïquement platonicienne). Mais Kant veut échapper au relativisme implicite de sa position et il souhaite fonder une "accroche" dans le suprasensible : c'est le rôle de la raison et de son ancrage dans la loi universelle.

Cette acrobatie artificielle de Kant ne tient guère la route …

On le sait, Kant désire casser toute métaphysique (puisque le noumène est hors de portée), mais il rêve secrètement d'en refonder une. D'où ces acrobaties conceptuelles qui ne tiennent pas, et que la philosophie romantique dénoncera … en pure perte puisque le positivisme triomphant du 19ème siècle sera kantien et débouchera sur le nihilisme (le relativisme radical que redoutait Kant, ô ironie) du 20ème siècle.

La chaîne philosophique de la modernité est d'une inéluctabilité logique à toute épreuve : humanisme (16e), rationalisme (17e), criticisme (18e), positivisme (19e), nihilisme (20e). Le criticisme kantien est bien au centre de ce dispositif délétère.

Si l'on veut sortir de cercle vicieux actuel, c'est à la racine qu'il faut prendre le mal, c'est l'humanisme qu'il faut éradiquer :

  • L'homme n'est pas la mesure de toute chose.
  • L'homme n'est ni le centre, ni le sommet, ni le but du Réel.
  • Le sens et la valeur de l'homme ne sont pas en l'homme, mais en ce qui le dépasse.
  • L'homme doit, humblement, reprendre sa juste petite place modeste dans le Réel.
  • L'homme n'est propriétaire de rien.
  • L'homme doit se mettre intégralement au service de ce qui le dépasse et assumer pleinement son Destin.

Le 21ème siècle devra être antihumaniste … ou il ne sera pas !

L'homme tue l'homme !

 

*

 

Le système de Kant s'effondre irréversiblement dès lors que l'on ne place plus l'homme pensant face au monde, mais qu'on le place dans le monde, partie intégrante de l'unité et de la cohérence du monde.

Schelling et Hegel avaient commencé de le bien comprendre, mais, en ridiculisant la Naturphilosophie et la métaphysique romantique sans en rien comprendre, le positivisme a organisé une vaste et funeste régression philosophique. Nietzsche reprit le flambeau, mais en vain. Puis Bergson. Puis Whitehead. Puis Teilhard de Chardin. Rien, jusqu'à aujourd'hui, n'y fit. Mais l'heure a sonné !

 

*

 

Kant admet, malgré tout, que la loi universelle enjoint au monde suprasensible, nouménal, de se "réaliser" dans le monde sensible, phénoménal. Cette réalisation, sous l'égide de la loi morale et, donc, de la raison, constitue un "pont" au-dessus de l'abîme kantien : une morale de l'accomplissement nouménal, en somme.

Mais le prix que paie Kant, pour ce pont, se nomme "Dieu" (source du noumène et de sa loi morale) et "âme immortelle" (reflet nouménal dans le monde sensible).

Kant, criticiste intransigeant, redevient chrétien moutonnier.

 

*

 

Kant reprend les catégories aristotéliciennes : le noumène est, à la fois, substance, mouvement et forme.

La substance (la chose) et ses variations sont le terrain de la critique de la raison pure, des phénomènes physiques (la Raison) et de l'entendement (connaître).

Le mouvement (l'action) et ses altérations sont le terrain de la critique de la raison pratique, des lois éthiques (la Liberté) et de la raison (vouloir).

La forme (la structure) et ses modulations sont le terrain de la critique du jugement, des sentiments esthétiques (le Sublime) et de l'imagination (jouir).

 

*

 

Après de longues pérégrinations téléologiques sur les fins et les buts, Kant en arrive à assigner comme finalité à l'homme … l'homme lui-même, comme noumène moral.

La boucle est bouclée …

L'humanisme moderne est réaffirmé ; l'anthropocentrisme triomphe !

 

*

* *

 

Le 14/042017

 

Napoléon Bonaparte a laissé derrière lui plus de cinq millions de morts entre 1795 et 1815 (cfr. l'historien David Bell).

Metternich rapporte qu'il lui aurait dit : "Je me fous de la mort d'un million d'hommes" (cfr. Peter Sloterdijk).

Comment peut-il exister des gens pour encore admirer un tel monstre meurtrier et sanguinaire ?

 

*

 

L'humanité se répartit selon trois catégories fort inégales : celle du paupérisme, celle du consumérisme et celle du frugalisme.

Le paupérisme est condamné à augmenter et le consumérisme à reculer pour le même raison : la pénurie grandissante de ressources.

Les frugaux constitueront l'aristocratie de demain.

 

*

 

Peter Sloterdijk prétend, non sans raison, que la pensée classique était enfermée dans le triangle conceptuel de l'équilibre, de la symétrie et de la circularité.

Avec l'émergence des études de la complexité, ces trois concepts volent en éclats.

 

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Edmund Burke a parfaitement raison d'opposer l'esthétique du Beau à l'esthétique du Sublime.

Est Sublime ce qui échappe à l'humain et le dépasse infiniment. Le Sublime est inhumain ou, plutôt, surhumain.

Contrairement au rapport au beau, le Sublime n'est plus une question de plaisir, mais bien de vertige ou d'anéantissement ou d'extase.

On le comprend vite : l'esthétique du Sublime est aussi une esthétique du Mystère …

Seules la Nature, la musique, la métaphysique, la poésie ou la mystique peuvent rendre ou offrir du Sublime.

 

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La loi ne doit exister que pour les méchants.

 

*

 

Avec les Lumières, la religion, de théologique, devient idéologique. Le Paradis (le monde de la Perfection, donc) n'est plus "au-dessus", mais "devant" (le "progrès", les "lendemains qui chantent", "l'avenir radieux" et autres fadaises).

 

*

* *

 

Le 15/04/2017

 

De Anne Nivat, journaliste :

 

"Prétendre que le journalisme dit la vérité, c'est de la fausse objectivité."

 

Ah, enfin !

 

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Toute ma doctrine politique tient en ceci :

 

"L'Etat, c'est l'ennemi !".

 

Dans toutes ses formes, dans toutes ses dimensions, dans tous ses mensonges, dans toutes ses prétentions : l'Etat, c'est l'ennemi.

Lorsqu'il prétend que des services, que l'éducation, que des fonctions doivent être "publics", il ment éhontément : l'Etat, c'est l'ennemi.

Il n'y a rien de "public" ; il n'y a que de l'usurpation, par l'Etat, de fonctions collectives qui doivent rester privées si l'on ne veut pas alimenter le triomphe de la bureaucratie, de la démagogie, du fonctionnarisme.

 

L'Etat, c'est l'ennemi !

 

*

 

J'ai été infiniment touché par ce mot délicieux de mon ami Edgar Morin, suite à mes vœux pour Pessa'h :

 

"Tu es donc le dernier prophète d'Israël !"

 

Voilà bien une phrase à faire exploser la tête et le cœur d'un homme juif …

 

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Chacun reçoit la Promesse qu'il mérite.

 

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De Nietzsche :

 

"Prédicateurs de l'égalité ! Vous êtes pour moi des tarentules avides de vengeances secrètes !"

 

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Joseph de Gobineau prophétise la dégénérescence de l'humanité du fait de l'idéologie de l'égalité et de l'égalitarisme.

 

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De Gustave Le Bon :

 

"Un peuple qui réclame l'égalité est bien près d'accepter la servitude."

 

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D'Ernest Renan :

 

"L'égalité est la plus grande cause d'affaiblissement

politique et militaire qu'il y ait."

 

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Le 16/04/2017

 

Jean-Luc Mélenchon est un animal politique adepte de la masturbation idéologique : il se fait jouir à dire n'importe quoi pourvu que des gens applaudissent. Il a brouté à tous les râteliers. Il a réussi à monter autour de lui une équipe de marketing/communication de très bonne efficacité. C'est de la pure démagogie. L'emballage médiatique (sur les vrais médias d'aujourd'hui dont la presse et la télévision ne font plus partie) masque le vide abyssal de contenu. Et il a des casseroles au cul comme tous les autres.

Si l'on regarde son programme (outre la 6ème république qui est la énième tentative pour sauver quelque chose qui n'existe pas et qui ne saurait exister  : la République), c'est de la pure démagogie : comment dépenser en pure perte de l'argent que l'on a pas, que l'on aura pas et que l'on ne pourras ni voler (impôts), ni emprunter (les banques sont à sec et la planche à billet est usée) ?

Jean-Luc Mélenchon est un pur escroc. Comme Hamon. Comme Le Pen.  Ignorer la réalité économique (qui ne se décide nulle part, mais qui se vit ou se subit) est proprement suicidaire.

 

*

 

Chantal Mouffe affirme que toute idéologie politique trace une frontière entre le "nous" et le "eux" ; toute idéologie serait donc binaire, dualiste donc ridiculement simpliste. Dont acte !

Le marxisme est typique, dit-elle : "nous" est le prolétariat et "eux" est la bourgeoisie.

Chantal Mouffe prétend que : "Pour les populistes, elle [cette frontière] se situe entre "ceux d'en bas" et "ceux d'en haut", entre "le peuple" et "l'establishment".

La même pauvre fille défend ceci : " La gauche défend la souveraineté populaire, mais de façon à promouvoir les idéaux qui sont l'égalité et la justice sociale." Elle n'a toujours pas compris que "la gauche", c'est une poignée d'intellectuels bobos qui posent (vite, un selfie) au nom d'un "peuple" qui n'en a rien à fiche et qui n'exige que du Panem et circenses.

Et enfin, elle se dévoile : il ne peut y avoir de "nous" sans un "il" qui l'incarne charismatiquement. Être de gauche, c'est être antilibéral et donc totalitaire.

 

*

 

Du GEAB, toujours une guerre en retard :

 

"L’année 2017 sera décisive aussi pour le monde, qui s’oriente toujours vers une organisation multipolaire mais, depuis l’élection de Trump, celle-ci semble quelque peu chamboulée : des États-Unis qui ne veulent plus jouer au gendarme du monde (pour le plus grand bien de celui-ci, d’ailleurs) et qui ne sont plus incompatibles avec la Russie, une Europe bientôt populiste qui s’insère en mode mineur (sauf sursaut) entre ces deux acteurs, une Chine en arbitre qui prend peu à peu le leadership mondial, le tout avec des barrières protectionnistes séparant les différents blocs internationaux. Un dollar affaibli, un euro à l’avenir incertain, et un yuan qui prend de l’importance, lentement mais sûrement."

 

*

 

La religion, c'est la croyance collective dominante. Dieu n'a rien à y voir.

La religion, c'est ce qui relie les humains entre eux, à un moment donné, dans un espace donné.

La religion, c'est ce qu'il y a de plus dangereux et de plus haïssable.

La salafisme, le laïcisme, le communisme, le socialisme, la catholicisme, le droit-de-l'hommisme, le financiarisme, le démocratisme, … sont des religions.

Une religion, c'est une idéologie collective exempte de spiritualité : le Divin réel en est absent.

 

*

 

En s'opposant à la spiritualité, ce sont les "Lumières" qui ont inventé la religion.

 

*

 

La modernité, c'est l'urbanité.

 

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La France est à gauche depuis 1870. C'est cela qui la tue ! Et, 150 ans plus tard, c'est cela qui l'assassinera définitivement.

 

*

 

Contrairement à ce que brayait ce crétin de Sartre, un intellectuel ne peut qu'être de droite puisque sa lucidité et son esprit critique devraient accuser les mensonges de l'égalitarisme et du fatras qui l'accompagne.

Un intellectuel, par définition, fait partie de l'élite et de l'aristocratie qui ne peuvent qu'avoir du mépris, plus ou moins bienveillant, plus ou moins condescendant, pour la populace.

Un intellectuel doit être un aristocrate bienveillant.

 

*

 

Il faut, plus que jamais, cultiver la détestation à l'égard des idées de progrès et de modernité.

 

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Quand ce pitre de Voltaire écrit et signe : "Ecrasons l'infâme !", qui est cet "infâme" ? La réponse est ambigüe … Globalement, cependant, l'infâme voltairien c'est la religion théologique concurrente de sa religion idéologique. L'infâme, c'est, pour lui, tout ce qui ne relève pas de son bourgeoisisme haineux, jaloux, fielleux et rancunier ; l'infâme, chez lui, c'est tout ce qui s'oppose à son culte de la médiocrité, à sa haine de toute forme aristocratique.

Voltaire et Rousseau, ces deux salonnards névrosés et hargneux, incarnent l'anti-Nietzsche absolu.

 

*

 

De Pierre-Joseph Proudhon :

 

"Qui dit humanité veut tromper".

 

Ou encore, de Carl Schmitt :

 

"Le concept d'humanité est un instrument idéologique particulièrement utile aux expansions impérialistes et, sous forme éthique et humanitaire, il est un véhicule spécifique de l'impérialisme économique."

 

Toute la politique des Etats colonialistes, des Etats communistes et des Etats-Unis après eux, tient en ces quelques mots !

Que ne ferait-on pour "le bien de l'humanité" ?

 

*

 

D'Oswald Spengler :

 

"Le national-socialisme, dernier triomphe du rationalisme, de l'idéologie démocratico-socialiste, de l'idéologie du troupeau, de l'égalité par la terreur, bref, de tous les idéaux des siècles passés."

 

Autrement dit : le communisme, le fascisme, le nazisme et le financiarisme sont bien les héritiers directs des "Lumières". CQFD.

 

*

 

Toute idéologie politique définit un "nous" et un "eux". Et derrière le "nous", il y a toujours un "il" qui prétend l'incarner. Ce "il" peut être un "homme providentiel"', un "leader charismatique", un "führer" ou "duce" ou "conducator", etc… , un "roi", un "empereur", un "pape", un "héros intemporel" ou, plus simplement, un "Etat" qui s'invente un "nous" qu'il nomme "nation" ou "peuple".

Aussi, le problème majeur de la pensée politique, aujourd'hui, est la déconstruction définitive du "nous".

Il n'y a pas de "nous" !

En fait, tout "nous" est précédé par la désignation d'un "eux" contre lequel le "nous" s'érige. Et, souvent, ce "eux" fondateur, est un pur phantasme. Mais pas toujours : le "eux" est parfois un barbare agressif et menaçant, aux visées conquérantes et impérialistes.

Pour Fichte, le "eux" ce sont les bien réelles armées napoléoniennes qui pillent l'Allemagne.

Pour Hitler, le "eux" ce sont les Juifs qui n'ont jamais menacé personne.

Pour les Etats-Unis, le "eux", pendant longtemps, ce furent les communistes, plus fantasmés que réels.

Pour le ridicule tyranneau nord-coréen, le "eux" c'est le reste du monde et les fantasmagories absurdes qui l'accompagne.

Pour Marine Le Pen, le "eux" ce sont les très menaçants et violents salafistes auxquels on assimile impudemment tous les musulmans.

Etc …

Il n'y a pas de "nous" possible, sans un "eux".

Et comme il n'y a jamais de "eux" réellement réel, il n'y a jamais de "nous".

 

*

 

Il ne faut plus jamais parler de gauche et de droite : il faut clairement analyser les sociétés humaines en termes d'aristocratisme (la promotion du mérite) et de populisme (la promotion de l'égalité), d'une part, et en termes d'étatisme (une gouvernance hiérarchique) et de libéralisme (une gouvernance réticulée), d'autre part.

Peut-être faudrait-il ajouter une troisième dimension qui va du naturalisme (adoration de la naturalité) au technicisme (adoration de la technicité).

 

*

 

De Louis-Claude de Saint-Martin :

 

" On ne peut pas vouloir la gloire des hommes et celle de Dieu ! Il faut choisir !"

 

C'est tout choisi mon cher F.: : la gloire des hommes est aussi vide et vaine qu'indigente et insignifiante.

 

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Topf und Söhne … spécialistes en fours crématoires … jamais inquiétés !

 

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De Benedetto Croce :

 

"Non, décidément, la démocratie c'est le néant ! C'est le troupeau conduisant le berger, c'est le monde renversé, c'est le désordre, l'inanité et l'imbécilité organisée."

 

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Le libéralisme met l'individualité au centre de son dispositif.

Le socialisme met la collectivité au centre du sien.

Il faut les renvoyer dos-à-dos : l'humain, qu'il soit individuel ou collectif, n'est au centre de rien !

Au centre du Tout, il y a la Vie, le Divin, l'Un … et rien d'autre.

L'humain, comme tout le reste, n'est que rouage.

 

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Il faut refonder la hiérocratie … mais qui ne soit ni une théocratie, ni une cléricocratie.

Remettre le Sacré au centre, et non tel dieu ou tel prêtre.

 

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Ce n'est pas le "mariage pour tous" qu'il faut soutenir, mais bien le "mariage pour personne". Le couple (fruit de l'amour complet : éros, storguê, philia et agapê) est une affaire strictement privée qui ne regarde en rien la sphère publique.

 

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Le consumérisme est la forme la plus parfaite de l'égalitarisme : peu importe qui achète, pourvu qu'il achète !

 

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* *

 

Le 17/04/2017

 

Dans l'existence réelle, les humains se répartissent en deux catégories distinctes, mais bien inégales en poids : il y a ceux qui veulent accomplir la Vie (la minorité aristocratique) et il y a ceux qui veulent profiter de la vie (la majorité démocratique).

Cette seconde catégorie est celle du Panem et circenses ; les discours sur l'épanouissement au travail ou sur la quête spirituelle, sur l'évolution sociétale ou l'avenir économique, par exemple, ne les concernent tout simplement pas.

Une seule chose les occupe : gagner de l'argent en en faisant le moins possible, pour s'amuser et s'acheter toujours plus de gadgets ludiques. Ils votent pour ceux qui les leur promettent.

Tout le reste, ils n'en ont rien à fiche. Ils forment la réserve de chalandise des partis populistes, des logiques d'assistanat, des dinosaures bureaucratiques, des administrations fonctionnaristes et des syndicats grévistes.

Ils adorent qu'on leur parle de justice sociale ce qui, pour eux, signifie gagner plus en faisant encore moins.

Ce sont des parasites, autrement dit. Ils ne construisent rien, mais profitent de tout. Et, par-dessus tout, ils applaudissent à tout rompre les discours des démagogues de tous poils qui promeuvent le "droit au parasitisme" sous le couvert de slogans plus politiquement corrects.

Mais, comme ce sont les mêmes démagogues qui veulent accueillir à bras ouverts, par pur calcul électoraliste, les parasites migrants venus d'ailleurs, ça commence à coincer : les parasites d'ici n'aime pas partager leur gâteau avec les parasites d'ailleurs.

En conséquence, ils étaient socialo-gauchistes mais deviennent massivement frontistes ; cependant, bien sûr, ils restent populistes et fermement étatistes en s'opposant vigoureusement à toutes les formes de libéralisme c'est-à-dire de système construit sur la notion de mérite réel et non sur celle de droit parasitique.

Partout en Europe, ce même mécanisme est à l'œuvre avec, pour conséquence perverse et délétère, de dégoûter tous les entrepreneurs actuels ou potentiels. Ceux-ci s'en vont alors risquer leur patrimoine et investir leurs énergies sous d'autres cieux. Les jeunes têtes bien faites ne rêvent plus d'Europe, mais d'Asie du sud-est, de Canada, d'Océanie australienne ou néozélandaise. Ils s'en vont, donc, et nous laissent la chienlit.

Qui pourrait le leur reprocher ?

 

*

 

Jean-Luc Mélenchon est un animal politique adepte de la masturbation idéologique : il se fait jouir à dire n'importe quoi pourvu que des gens applaudissent. Il a brouté à tous les râteliers. Il a réussi à monter autour de lui une équipe de marketing/communication de très bonne efficacité. C'est de la pure démagogie. L'emballage médiatique (sur les vrais médias d'aujourd'hui dont la presse et la télévision ne font plus partie) masque le vide abyssal de contenu. Et il a des casseroles au cul comme tous les autres.

Si l'on regarde son programme (outre la 6ème république qui est la énième tentative pour sauver quelque chose qui n'existe pas et qui ne saurait exister  : la République), c'est de la pure démagogie : comment dépenser en pure perte de l'argent que l'on a pas, que l'on aura pas et que l'on ne pourra ni voler (impôts), ni emprunter (les banques sont à sec et la planche à billet est usée) ?

Jean-Luc Mélenchon est un pur escroc. Comme Hamon. Comme Le Pen.  Ignorer la réalité économique (qui ne se décide nulle part, mais qui se vit ou se subit) est proprement suicidaire.

 

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De Laetitia Strauch-Bonart en parlant de sa vie dans le monde gouvernemental :

 

"(…) j'ai trouvé cet environnement absolument amateur,

confondant d'ignorance et de népotisme."

 

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De G. K. Chesterton :

 

"Si vous voulez abattre une barrière,

demandez-vous pourquoi elle a été mise."

 

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De Charles Pépin (lorsqu'il se prend pour Spinoza J) :

 

"Tout est en Dieu et Dieu est Tout."

 

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De Michel Houellebecq :

 

"Entre la population et les élites, en France, le mot 'incompréhension' est trop faible. C'est simplement de la haine."

 

*

 

Le Réel est cohérent dans toutes ses dimensions, c'est pourquoi la science peut exister. Mais la science commence à découvrir que la nature profonde de cette cohérence[4] n'est ni mécanique, ni mathématique (cela faisait pourtant de nombreux siècles qu'elle le croyait, dur comme fer).

Le principe de cohérence du Réel est de nature holistique et téléologique, et non pas de nature analytique et causaliste.

Ce sont ce principe de cohérence et sa nature profonde qui forment le fond de la réflexion métaphysique (et du plus grand des débats de ce début de troisième millénaire) : ce principe, en effet, peut, sans problème, être désigné sous le vocable de Dieu (impersonnel et immanent), du Divin, de Logos, d'Esprit cosmique, d'Âme cosmique, etc …

 

*

 

Si l'on s'en réfère aux quatre modalités d'être selon Kant (possible, impossible, nécessaire et contingent), notre vision du Réel, par sa montée en complexité, est passée du nécessaire/impossible au contingent/possible.

Donc de la certitude mécanique à l'incertitude émergentiste.

 

*

 

Le plus désolant, dans les discours politiques actuels, est de perpétuellement voir agiter, comme épouvantail ou repoussoir, un soi-disant ordre "néolibéral" ou "mondialisation néolibérale" qui n'existent que dans les phantasmes des social-étatistes. Le monde socioéconomique n'est nullement soumis à un "néolibéralisme" qui n'existe pas, mais bien à un financiaro-industrialisme américain qui n'a rien de libéral ! Quant à la mondialisation qui ne fut qu'une américanisation forcée des normes et modèles, il y a belle lurette qu'elle n'est plus actualité et qu'une réelle continentalisation est en marche.

Comment faire taire tous ces poncifs ridicules ?

 

*

 

D'accord avec Gilles Deleuze : le virtuel est du réel inactuel.

L'arbre est virtuellement déjà présent dans la graine réelle. En germant et en poussant, celle-ci actualisera, peu à peu, celui-là.

La graine réelle, dans le présent, contient déjà virtuellement l'arbre futur ou, plutôt, la promesse d'un arbre futur qui prendra la forme qu'il pourra, en fonction des climats et des sols.

Mais d'où vient cette virtualité ? Lorsqu'il s'agit de systèmes peu complexes, la chaîne des causalités fait de l'arbre du futur la conséquence généalogique de tous les arbres antérieurs. Mais lorsqu'il s'agit de systèmes beaucoup plus complexe, l'imaginaire peut aussi être à l'origine de cette graine réelle dans le présent, auquel cas, nous ne sommes plus devant une généalogie en forme de chaîne de causalité, mais bien devant une téléologie, libre et volontaire, pourvu qu'elle soit compatible avec la généalogie.

C'est là que s'enracine le libre arbitre (relatif et fragile) des êtres "supérieurs".

 

*

 

Les notions de fake-news ("désinformation ou information fausse") ou de post-vérité ("qui fait référence à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles") sont agaçantes. On fait semblant de croire que l'on a (re)découvert, sur les "réseaux sociaux", la réalité des pratiques mensongères et manipulatoires.

La Toile est seulement une énorme caisse de résonance et un vaste amplificateur bien plus puissants que les anciens médias, voilà tout.

Nihil novum sub sole …

 

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De Jean-Luc Marion :

 

"Les Etats-Unis, cet empire involontaire qui colonise la planète, n'ont aucun projet réel. Nietzsche avançait en substance que les Américains sont trop superficiels et faibles pour être les maîtres du monde. Il voyait juste."

 

Je confirme absolument !

 

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En politique, dans un monde complexe et turbulent, il ne devrait pas être questions de "programmes", mais bien de "principes" (c'est-à-dire d'une intentionnalité érigée en règle de vie pour aborder les problèmes devenus imprévisibles).

 

*

 

Selon les vieilles catégories, l'objet se manifeste, selon ses lois, dans le phénomène que le sujet perçoit, selon ses grilles. De cette dialectique entre manifestation et perception naît la relation entre objet et sujet.

Tout ce dispositif s'effondre dès lors que l'on envisage l'objet et le sujet comme deux expressions d'une même unité sous-jacente, porteuse d'un projet global et se frayant un trajet dans l'histoire du Réel.

 

*

 

Face à l'effilochement de la mesure du géomètre, il en faut revenir à l'estime du marin.

Revenir à ma bonne vieille unité polytechnicienne : le "viron", afin d'évaluer les choses "en virons".

 

*

 

La notion d'ensimismamiento forgée par José Ortega y Gasset est un mot intraduisible de l'espagnol, mais qui correspond parfaitement à ce renversement depuis l'extériorité vers l'intériorité, à ce choix principiel de retour total à la vie intérieure comme seule vraie vie.

En-si-misma-miento : le mouvement vers l'en-soi-même.

 

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Le socialo-gauchisme ne survit qu'en s'inventant une victime à défendre.

Ce furent les ouvriers. Ce furent les esclaves. Ce furent les noirs. Ce furent les colonisés. Ce furent les femmes. Ce sont les homosexuels. Ce sont les musulmans. Il lui faut des "damnés de la terre", faute de quoi il s'étiole et meurt.

Et si on lui rétorque que chacun n'est victime que de soi-même, il s'encolère et conspue, faute de pouvoir répondre.

 

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Le 18/04/2017

 

L'homme est-il le seul vivant à savoir qu'il va mourir ?

 

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Etymologiquement, est "sublime" ce qui est élevé, haut, suspendu dans l'air, au sommet de la pente montante.

Le Sublime n'a donc rien à voir avec le beau (cfr. Edmund Burke).

Le Sublime est cet inaccessible mystérieux et caché vers lequel tend asymptotiquement toute démarche initiatique et spirituelle.

Les penseurs romantiques l'avaient parfaitement compris : l'art du beau (avec minuscules) est un ersatz de l'Art du Sublime (avec majuscules) qui, lui, est de nature spirituelle, initiatique, extatique et sacrée.

Le Sublime est Divin.

Le Sublime a affaire avec la Lumière invisible du premier jour de la Genèse, alors que le beau n'a affaire qu'avec la lumière visible des astres du quatrième jour.

 

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L'œuvre de Nietzsche est une immense construction en trois étages dont le double sommet est sans conteste : "Le gai savoir" et "Ainsi parla Zarathoustra".

Toute cette construction trouve ses matériaux dans la critique absolue et radicale de la modernité, sur les plans successifs de son esthétique, de son éthique et de sa métaphysique.

 

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Le temps n'est pas celui qu'on a, mais bien celui qu'on se donne !

 

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Schopenhauer pose la Volonté comme substance unique (au sens métaphysique de Spinoza) du Réel, tout ce qui existe en étant le produit.

Le mot est fort, mais équivalent à Intention ou à Logos ou à Dieu ou à Désir …

Désirer, c'est vouloir, pensait Kant.

Cette Volonté primordiale engendre espace, temps et hylé pour s'y réaliser.

 

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Il n'y a jamais de théologie sans téléologie. Mais la réciproque n'est pas vraie.

 

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La spiritualité concerne l'art du questionnement de la foi, du sens et de la valeur.

Pour ce questionnement, plusieurs arts de bien y répondre se proposent : les concepts philosophiques, les abstractions métaphysiques, les dogmes théologiques, les extases mystiques, les croyances religieuses, les parcours initiatiques, les démarches ascétiques.

Mais, surtout, la spiritualité enseigne l'art de l'infinie dialectique qui met tous ces arts de l'esprit en mouvement perpétuel.

Dès qu'il n'y a plus de question qui surgit, la spiritualité meurt, car elle est essentiellement mouvement.

 

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La loi de causalité déterministe n'affirme rien de plus que la linéarité du processus dont les causes et effets observés ne sont que des moments particuliers.

Dans le Réel, il n'y a que très peu de processus parfaitement linéaires (probablement aucun, d'ailleurs) ; en fait, plus un processus est complexe, moins il est linéaire (et moins il est linéarisable, donc mathématisable).

 

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Pour Bergson, l'esprit ne perçoit que ce qui peut être agi au bénéfice d'une meilleure survie.

 

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Le Dieu "Père Noël" des religions théistes n'existe pas … parce que le Père Noël n'existe pas non plus.

 

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A lire absolument : "Contre les élections" de David van Reybrouck (Ed. Actes-Sud/Babel). L'auteur analyse brillamment la dégénérescence de la démocratie élective et plaide pour une démocratie par tirage au sort.

 

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La démocratie grecque est une gouvernance POUR le peuple, exercée soit par un tyran, soit par une oligarchie aristocratique désignée par cooptation ou par tirage au sort.

La démocratie moderne est une gouvernance PAR le peuple, qui est soit directe, soit représentative c'est-à-dire élective au suffrage sélectif ou au suffrage universel.

Lorsqu'en Europe - sauf en Suisse -, on parle de "démocratie" sans plus, on ne parle en fait que d'une démocratie moderne, par le peuple, représentative et élective au suffrage universel ; on ne parle donc que du seul type de démocratie qui ne fonctionne pas et qui, inéluctablement, dégénère en démagogie électoraliste, clientéliste, étatiste, népotiste et court-termiste !

Seuls 27% des Européens (Eurobaromètre - automne 2012) font encore confiance à cette démocratie-là et aux gouvernements qui en sont issus.

Aujourd'hui, en 2017, ce taux doit être encore beaucoup plus bas.

Nos contemporains rejettent massivement l'establishment politique et ses caciques professionnels (et, plus encore, les partis qui les promeuvent).

L'idée centrale est celle-ci : quels que soient les votes exprimés (et il y en a de moins en moins), on prend les mêmes et on recommence la même chose, ad nauseam … on recommence les mêmes guéguerres hystériques, les mêmes faux débats, les mêmes tricheries statistiques, les mêmes tambouilles médiatiques, les mêmes magouilles nauséabondes, les mêmes "petits meurtres entre amis", les mêmes prébendes et passe-droit,  les mêmes gabegies financières, les mêmes copinages avec les uns et les autres, les mêmes incuries incompétentes, les mêmes mépris pour les citoyens, les mêmes dénis de réalité, etc …

Les deux grands critères qui portent la vie politique sont l'efficacité dans l'action et la légitimité dans la représentation. Ces critères de bonne santé politique sont aujourd'hui tous deux gravement et irréversiblement bafoués depuis que la démocratie théorique est devenue, inéluctablement, une démagogie pratique.

Si l'on ajoute à tout cela que les idéologies qui s'affrontent dans les urnes, à gauche comme à droite ou ailleurs, sont toutes des momies héritées de la fin du 19ème siècle … et que l'on est dans un 21ème siècle où les enjeux réels et les clivages réels des sociétés n'ont plus rien à voir ni avec la lutte des classes : le bourgeoisisme ou le socialisme, ni avec les doctrines économiques : le capitalisme ou l'étatisme, ni avec les agitations névrotiques : l'anarchisme ou le cléricalisme, ni avec les crispations nationalistes ou internationalistes.

Tous ces débats sont singulièrement obsolètes face au monde numérique, pénurique, psychotique et mosaïque qui est le nôtre.

Alors ?

Alors, il est temps de faire face à cette mutation paradigmatique qui est là et qui réclame la fin des Etats-nations, la fin des appartenances géographiques, la fin des bureaucraties, la fin des pyramides hiérarchiques, la fin du fonctionnariat, du salariat, des syndicats, du patriarcat.

 

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Le 19/04/2017

 

De Freddy, mon Frère de toujours :

 

" Il avait, face à lui, un déficient psychosocial, profond, qui prêche l’individu, aime la solitude, fuit la foule et le groupe, et n’est pas loin de penser, comme le disait l’ami Georges Brassens, que quand on est plus de trois, on devient vite une bande de cons …"

 

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La notion de parti politique - comme celle de syndicat - est totalement obsolète. Avec, selon les pays, seulement entre 2 et 5% de la population qui, globalement, s'y affilient, les partis politiques ne représentent absolument plus rien.

Hors quelques gogos illuminés, camés à la colle des affichages électoraux, ne deviennent membres d'un parti que ceux qui espèrent en tirer un profit personnel.

Il est inconcevable que ces partis - leurs campagnes électorales et les organes de presse qui les soutiennent - soient subventionnés par les deniers publics, c'est-à-dire les impôts des citoyens.

Il est inacceptable que, pour pouvoir être éligible, il faille, comme c'est souvent le cas, selon les pays, être membre d'un parti reconnu.

La particratie est le levier le plus puissant de la démagogie.

 

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Par essence, le pouvoir n'est jamais moral.

C'est un leurre puéril de croire qu'un politicien professionnel (un démagogue, donc) puisse l'être.

 

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Le fond du problème : la démocratie élective et les hiérarchies pyramidales qui en procèdent[5], sont devenues obsolètes car elles sont incompatibles avec un monde réel devenu labile et instable, complexe et réticulé, mosaïque et globalisé, numérique et pénurique.

La démocratie et la hiérarchie sont des attributs pour "mondes lents".

Il faut donc imaginer d'autres modalités pour l'attribution et l'organisation des pouvoirs utiles et nécessaires, dans un monde de complexité et d'instantanéité.

Après la loi des plus forts (autocratie) et celle des plus nombreux (démocratie), voici venu le temps de la loi conjointe des plus vertueux pour la légitimité (aristocratie pour l'attribution des pouvoirs) et des plus compétents pour l'efficacité (technarchie pour l'organisation des pouvoirs).

 

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De mon complice Luc Brunet :

 

" Je crois que les électeurs de Trump représentent 6% de la production de valeur US, que les Brexiters sont des vieux des campagnes qui ne produisent pas la richesse de l’UK, que les pro-Erdogan sont des montagnards qui ne produisent que quelques pour cent de la croissance de la Turquie. Cette tendance de fond à ce que les improductifs torpillent l’avenir des productifs m’inquiète. "

 

Il faudrait ajouter les retraités qui ont voté contre l'indépendance de l'Ecosse.

Le phénomène est clair et se généralise dans ce monde vieillissant où la pyramide des âges s'inverse.

 

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Un vieux proverbe africain dit ceci :

 

"Tout ce que tu fais pour moi sans moi, tu le fais contre moi !"

 

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Le cœur profond des théories de la relativité est le principe d'invariance qui constitue le centre absolu de la pensée einsteinienne.

Ce principe d'invariance affirme que les lois de la physique doivent être partout et toujours les mêmes, quelle que soit l'approche que l'on en fait.

Mathématiquement, cela signifie que la formulation de ces lois de la physique doit être indépendante du référentiel dans lequel on l'exprime.

Ce principe d'invariance qui est au cœur de la relativité affirme donc que les phénomènes ne dépendent pas de l'observateur qui les étudie, alors que le modèle quantique affirme que la mesure du phénomène dépend expressément de l'observateur.

Ces deux visions ne sont contradictoires qu'en apparence car le modèle relativiste est ontologique (mystique et eckartienne) alors que le modèle quantique est phénoménologique (positiviste et kantienne).

 

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Ni causalisme, ni finalisme qui sont tous deux des déterminismes relevant du mécanicisme : intentionnalisme et constructivisme (ou, ce qui revient au même, émergentisme), donc, pour fonder un organicisme radical !

 

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La fonction crée l'organe.

La friction crée l'orgasme.

 

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D'Henri Bergson :

 

"La route qui mène à la ville est bien obligée de monter les côtes et de descendre les pentes, elle s'adapte aux accidents de terrain ; mais les accidents de terrain ne sont pas la cause de la route et ne lui ont pas non plus imprimé sa direction."

 

En écrivant ces mots, Bergson veut montrer que l'adaptation n'est pas le moteur de l'évolution, mais sa contrainte.

 

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  • De qui suis-je l'héritier ?
  • De la Sagesse des Grecs, de l'Ordre des Romains, du Dieu des Chrétiens, du Salut des Catholiques, du Progrès des Modernes …
  • Mais que prendre et que laisser ?
  • Je laisse le Salut et le Progrès car ils refusent, tous deux, de vivre le Réel tel qu'il est et va. Je me méfie de l'Ordre s'il est trop mécanique, juridique, hiérarchique. Je prends la Sagesse et le Dieu … pourvu que celle-là soit d'Héraclite, d'Anaxagore, d'Aristote et de Zénon de Cittium … et que celui-ci soit mystique, impersonnel et immanent.
  • Et que faire avec ce quart d'héritage accepté ?
  • Le cultiver afin de produire des fruits pour demain …

 

 

 

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Je ne suis pas de ceux qui croient que les "réseaux sociaux" aient une quelconque valeur d'utilité.

La seule connexion qui m'importe est celle avec la Nature et, à travers elle, celle avec le Divin ; la connexion avec les hommes m'est très secondaire.

 

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En fait, si l'on exclut quelques parenthèses insignifiantes comme, par exemple, la soi-disant "révolution française" de 1792 (destitution de Louis XVI) à 1793 (instauration de la Terreur et de la dictature de Robespierre, suivie de celle de Bonaparte), la Modernité a été le triomphe de la monarchie jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. Après, dans l'entre-deux-guerres, le monde occidental et la chine ont oscillé entre vision républicaine et vision autocratique.

Contrairement à ce que certains colportent, l'ère moderne a été tout ce que l'on voudra sauf démocratique. La démocratie ou, du moins, son concept moderne ou républicain, ne se sont répandus en Europe et dans le monde qu'après la seconde guerre mondiale … pour déjà s'essouffler et s'étioler à notre époque actuelle.

Il faut reconnaître clairement que la seule démocratie républicaine qui tienne est celle des Etats-Unis, instaurée dès 1776 (Indépendance) et 1787 (Constitution) et toujours debout, vaille que vaille.

Hors USA, en gros, la tentative de démocratie au suffrage universel aura duré moins de 80 ans.

 

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Le 20/04/2017

 

L'électoralisme impose inéluctablement une logique démagogique et clientéliste.

L'électoralisme (la logique électorale) a tué la démocratie.

Il faudrait donc une démocratie sans élection.

La seule solution est le tirage au sort.

Qui pourrait être éligible à un tel tirage au sort ?

Les deux critères sont la légitimité (une aristocratie de la vertu … et non du sang) et l'efficacité (une technocratie de la compétence … et non du diplôme).

Le tout assorti d'une logique de mandat unique, non cumulable.

Il s'agit donc de migrer vers un holacratie.

 

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Origène oppose "l'ordre d'Aaron" qui, pour lui, symbolise la gnose juive (et qu'il rejette vigoureusement au nom du virulent antijudaïsme chrétien des premiers siècles), à "l'ordre de Melchisédech" (Mèlkhi-tzédèq, en hébreu : "mon roi est justice") qui désigne la gnose chrétienne.

L'assimilation de ce prêtre du Dieu d'au-dessus (El Elyon) au Christ, était fréquente durant le haut moyen-âge.

On oppose là deux ordres sacerdotaux : celui des lévites, gardiens du Temple et de ses rites sacrificiels, et celui des prêtres chrétiens, gardiens de l'év-angile, de la "bonne nouvelle" (la résurrection), et de l'eu-charistie, de la "bonne grâce" liée à la communion sacrificielle par le pain et le vin (qui est un rite juif originel).

Le livre de la Genèse (14:18-20) dit :

 

" Mèlkhi-tzédèq, roi de Shalem, fit sortir du pain et du vin : lui [était] prêtre [Cohen] pour Dieu très-haut [El Elyon].

Il le bénira et il dira : 'Béni [soit] Abram pour Dieu très-haut, possesseur de ciel et terre.

Et béni [soit] Dieu très-haut, qui livra tes ennemis dans ta main'. Et il donnera pour lui une dîme de tout."

 

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Les notions de patriotisme, de fierté nationale, de grand peuple me paraissent complètement surréalistes, absurdes et ridicules.

Une appartenance qui ne s'exprime qu'en termes géographiques ou historiques me semble d'une médiocrité et d'une insignifiance colossales.

On peut parler d'appartenance culturelle, religieuse, spirituelle, linguistique … mais jamais d'appartenance nationale.

Rappelons que les notions de patrie, de nation ou de peuple ne sont que des inventions artificielles et factices des Etats pour imposer leur légitimité sur des territoires géographiques uniment usurpés par des monarques et des conquérants, des républiques et des empereurs, tous autocrates.

 

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La séduction, spirituellement, depuis toujours et dans toutes les traditions, est considérée comme l'antithèse même de la vérité.

Elle est mensonge et tromperie ; elle est dissimulation et manipulation.

Elle a la beauté du diable, donc, étymologiquement, de ce qui sépare et disjoint.

Le christianisme - et dans sa foulée, l'islamisme - a voulu faire de la femme et de ses attraits, l'emblème de la séduction, la séductrice par excellence. Quelle funeste et dramatique erreur ! Quelle sinistre bêtise de n'être pas capable de faire le distinguo entre beauté et séduction.

Le procès en séduction de l'une, n'est que le procès en faiblesse de l'autre.

 

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La guerre de 1940 à 1945 ne fut pas qu'une guerre ; ce fut une immense boucherie mondiale, tant militaire que, surtout, civile.

La civilisation moderne s'y est définitivement suicidée. Depuis, les systèmes économiques et politiques qui s'y accrochent, ne cessent de vivre de bois de rallonge, dans un corps gangréné à mort, puant déjà la charogne, sur lequel, depuis plus de 70 ans, s'échine un très vain acharnement thérapeutique.

Il est des civilisations, des paradigmes qu'il faut achever, comme des chevaux mourants, les canons cassés.

 

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Georges Bernanos, en 1946, écrivait : "Cette crise est une crise de civilisation" autrement dit, une crise paradigmatique : celle de la modernité ; "(…) une civilisation qui apparaît plutôt, en réalité, comme une liquidation de toutes les valeurs de l'esprit".

Bernanos continue : "(…) ce que nous appelons la civilisation moderne est une civilisation technique".

Le règne de la machine ! Le triomphe du mécanicisme !

La force de la technique assiste les faibles mais finira par les exterminer, au nom de la rentabilité technicienne.

 

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La monnaie dévalue lorsque sa masse excède la valeur réellement produite.

Il en va de même de l'humanité.

 

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Les hommes sont des instruments de musique. Il leur faut des virtuoses pour en sortir du sublime. Faute de ces virtuoses, le choix reste entre silence vide et cacophonie odieuse.

 

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Georges Bernanos oppose l'idée de Patrie à la notion de Nation (que l'on sait n'être qu'un déguisement de l'Etat). Il fait même du patriotisme l'antithèse du nationalisme. Mais jamais il ne définit l'essence de la Patrie … pour la bonne raison, selon moi, qu'il s'agit plus d'un mythe vide que d'une réalité distinguable.

Tout au plus, exprime-t-il que la Patrie est ce à quoi l'on est prêt à donner sa vie et à se sacrifier … comme à son Dieu. La Patrie serait-elle, pour Bernanos, une incarnation ou une hypostase divines ?

A quoi pourrait bien se raccrocher cette idée de Patrie ?

Au corporel ? Certainement pas : l'histoire des hommes est un immense melting pot (au contraire de l'ADN, la Patrie n'exprime pas la mémoire phylétique des individus).

A l'affectif ? Sans doute pour une part, mais alors comme "pays" - au sens ancien de terroir restreint où l'on est né et où l'on a grandi.

A l'intellectuel ? Ce serait plutôt la Nation qu'il faudrait aller chercher là, comme solution socioéconomique à la vie commune sur un territoire donné.

Au spirituel ? Oui, c'est bien là que Bernanos croit ancrer la Patrie ; cela signifierait que la Patrie pourrait donner sens et valeur à l'existence de chacun de ses enfants … et on ne voit pas bien comment … sauf à en faire des esclaves ou de la "chair à canons" (ce qui fut bien le cas dans les tranchées entre 1914 et 1918, à Verdun, à Ypres au Chemin des Dames ou ailleurs).

Non, décidément, Monsieur Bernanos, votre "Patrie" ne me dit rien.

 

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Au contraire des trois Evangiles synoptiques qui sont, dans l'ordre : Marc (juste après 70), Matthieu (vers 85) et Luc (entre 95 et 110) et qui ne sont que des amplifications successives d'un même texte originel écrit sur commande de Paul de Tarse et fidèle à sa réinvention "gentille" du christianisme naissant, l'Evangile de Jean (écrit entre 160 et 200) n'est pas strictement paulinien et est clairement influencé par les écoles gnosticistes d'Alexandrie.

 

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De Bernanos, encore :

 

"(…) le monde moderne est essentiellement un monde sans liberté".

 

Bernanos fut un homme libre, sans conteste, la liberté de pensée et le goût de la haute culture chevillées au corps ; mais il n'a pas lu - ou a oublié - le "Discours de la servitude volontaire" d'Etienne de la Boétie.

L'amour de la liberté est une vertu aristocratique.

La plèbe ne veut pas être libre, elle veut être repue.

Dans cette logique, le monde moderne qui est un monde plébéien, ne cherche pas à développer la liberté personnelle, mais à hypertrophier la réplétion par la consommation.

 

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L'américanisation et la soviétisation du monde, après 1945, ont instauré, partout, une hégémonie plébéienne éhontée (sous prétexte de "démocratisation") : la populace, depuis, n'a plus aucun complexe à étaler sa médiocrité insondable, ses appétits grossiers, sa vulgarité abyssale et … sa haine des aristocraties de la culture, de l'intelligence et de la vertu.

Dernier stade du nihilisme !

Il faut construire d'urgence une Arche de Noé où sauver, ce qui peut l'être encore, de l'Esprit.

Le Déluge, c'est maintenant !

 

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La gauche est devenue une infernale machination pour fabriquer, artificiellement, des opprimés factices et pour s'en prétendre les héroïques défenseurs, à grands coups de slogans pathétiques et, surtout, d'argent public, le tout au nom de la "justice sociale".

Quant au bougre un peu malin que l'on déclare "opprimé" et que l'on veut "aider" pécuniairement s'il vote, il vote. Et voilà tout.

Cela a fonctionné à plein de 1970 à 2010 (quarante années d'assistanats forcenés et de mensonges éhontés). Maintenant, le bougre un peu malin commence à comprendre que l'on a trouvé d'autres "opprimés" encore plus "opprimés" que lui et que c'est à son tour de payer pour ces soi-disant opprimés exotiques, il se rebiffe, renâcle et vote ailleurs.

 

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Si Robespierre fut un Hitler, Danton fut son Goering et Saint-Just, son Himmler.

 

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Le 21/04/2017

 

Si l'on veut bien comprendre qu'il faille sortir du principe d'une démocratie par élection pour entrer dans le principe d'une holacratie par tirage au sort, si l'on veut encore bien comprendre qu'un système politique n'est durablement viable que s'il répond au double critère de la légitimité par une aristocratie de la vertu et de l'efficacité par une technarchie de la compétence, et si l'on admet le bienfondé de la distinction de trois pouvoirs essentiels portant respectivement sur la stratégie (ex-législatif), sur la gestion (ex-exécutif) et sur la régulation (ex-judiciaire), alors il devient assez clair que le pouvoir stratégique doit être confié à une aristocratie de la vertu, que les pouvoirs gestionnaire et régulateur doivent être exercés par des technarchies compétentes.

Les pouvoirs de gestion et de régulation doivent être indépendants l'un de l'autre, sous l'égide bienveillante et fédérative du pouvoir stratégique.

 

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Nous sommes revenus aux temps de la bande à Bonnot et de la collusion entre l'anarchisme et le banditisme. Aujourd'hui, il ne s'agit plus d'anarchisme, mais de salafisme. Les terroristes sont bien plus délinquants que musulmans, mais le djihad leur est un bon masque.

 

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Le 22/04/2017

 

La source de la liberté est dans l'imagination.

 

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Un processus possède une logique interne s'il reste cohérent, c'est-à-dire s'il reste fidèle à sa mémoire et à sa vocation. Ces deux mots "mémoire" et "vocation" demandent quelque explication.

Je suis, ici et maintenant, la somme de tout mon vécu le plus réel ; voilà pour la mémoire.

Je suis, aussi, ici et maintenant, la somme de toutes mes aspirations les plus profondes ; voilà pour la vocation.

Ce qui vrai pour moi, est aussi vrai pour tout ce qui existe, pour vous, pour cet oiseau, pour cet arbre, pour ce caillou, pour cette rivière, pour ce nuage … qui tous sont le produit unique de leur histoire propre et qui tous sont portés à devenir l'actualisation de leurs propres potentialités inaccomplies.

Mémoire et vocation … Les assumer et les accomplir est le destin de tout ce qui existe. Plus on monte dans l'échelle des complexités, moins il y a aura de déterminisme, c'est-à-dire de causalisme et de finalisme, dans la réalisation de ce destin universel : être ce que l'on est devenu et devenir ce que l'on pourra être.

La fidélité à ce destin c'est-à-dire la fidélité à cette mémoire et à cette vocation que tout ce qui existe porte en lui, est sans doute, la meilleure expression générale du principe de cohérence qui fonde la logique interne de tout processus.

 

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La principe de raison suffisante que Leibniz formule dans sa "Théodicée", dit ceci :

 

"Jamais rien n'arrive sans qu'il y ait une cause ou du moins une raison déterminante, c'est-à-dire qui puisse servir à rendre raison a priori pourquoi cela est existant plutôt que non existant et pourquoi cela est ainsi plutôt que de toute autre façon."

 

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La néguentropie, qui est l'inverse de l'entropie, mesure le taux de complexité atteint par un système, c'est-à-dire le niveau de fractalité qui y est réalisé.

 

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Le 23/04/2017

 

De Pindare :

 

"Ô mes amis, n'ai-je pas tourneviré dans les carrefours enchevêtrés

Quand je suivais le droit chemin (…)"

 

Et aussi :

 

"Je ne tends qu'aux vertus communes (…)"

 

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La raison, le bon sens, la logique et le véridique sont tous le contraire de ce qui est incohérent, de ce qui ne tient pas ensemble. Il n'est pas là question de "vérité", notion vide, mais de cohérence ! Le pari fou de la raison : plus la connaissance que l'on a du monde est cohérente, plus il est probable qu'elle soit valable.

Le langage populaire le dit : "ce qui ne colle pas" est faux ("coller", en latin : haerere, d'où vient "cohérent"). Ce que nous appelons "raison" n'est que le rejet de l'incohérence.

 

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De François Rabelais :

 

"Car la privation présuppose l'habitude"

 

On n'est en manque que de ce dont on a l'habitude. Ce qui ne vous est pas routinier, ne vous manque jamais.

 

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Le 24/04/2017

 

Les résultats du premier tour de la présidentielle française donnent cinq indications :

  • Le choix qui reste, se pose entre nationalisme (Le Pen) et européanisme (Macron).
  • L'establishment politique (LR, PS) est jeté aux orties.
  • La gauche (Hamon, Mélenchon, Poutou, Artaud) est enfin morte, laminée.
  • Le parti de la presse a encore gagné (elle a éreinté Fillon comme elle avait éreinté Sarkozy)
  • Le non-vote est le parti le plus puissant, et de loin.

 

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De Nietzsche :

 

"Quand tu regardes l'abîme, l'abîme aussi te regarde."

 

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De Bernard Arnault, président de LVMH :

 

"La crise arrive, elle sera d'ampleur,

même si je ne peux vous dire quand elle aura lieu."

 

Le système financier et bancaire international (à dominance américaine) va effectivement imploser sous peu.

Personne ne sait quel sera le déclencheur de cette énorme rupture qui aura lieu entre maintenant et 2020.

Cette crise, essentiellement financière rebattra les cartes notamment en matière des dettes souveraines des Etats dont nombre sera en faillite.

Ce sera notre grande chance pour sortir du social-étatisme actuel, pour bâtir des réseaux continentaux de régions autonomes, pour passer de la démocratie par élection à la holacratie par tirage au sort, pour couper tous les liens, alliances, traités avec les USA, etc … bref : pour passer sur la "courbe verte".

 

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L'athéisme est une religion comme les autres.

 

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La spiritualité pose la question du sens et de la valeur de soi, de la vie, du monde humain,  de l'univers sans qu'un Dieu ou un non-Dieu doivent intervenir (même si la croyance religieuse a droit de cité en spiritualité).

La spiritualité est l'art de poser les questions, les religions, souvent, imposent des réponses. Ce n'est pas la même chose.

 

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Pierre-Joseph Proudhon conspue toutes les formes de l'autorité, en particulier : le Capital en économie (le financiarisme), l'Etat en politique (l'étatisme) et l'Eglise en noétique (le cléricalisme).

Il pose, dans ses fondements, la question de l'autorité c'est-à-dire, plus précisément, celle du pouvoir et de son illégitimité essentielle.

Proudhon rejette tout pouvoir, parce que pouvoir ; il fonde l'anarchisme et le libertarisme.

Rien ni personne n'a le moindre droit d'assujettir quiconque !

Il tente ensuite de penser une vie sociétale harmonieuse sans pouvoir ou autorité (à l'opposé de la vision de Hobbes où l'homme serait, par nature, un loup pour l'homme) ; car, chez lui, il ne s'agit nullement d'une apologie de l'individualisme forcené. Ce même débat anime aujourd'hui les doctrines de la pyramide hiérarchique et du réseau collaboratif.

Nihil novum sub sole.

 

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Le 25/04/2017

 

D'Umberto Eco :

 

"Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d'imbéciles qui, avant, ne parlaient qu'au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu'aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel. C'est l'invasion des imbéciles."

 

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La lecture du dernier "'La Crise n°37" de Henri Regnault m'inspire quelques réflexions …

 

1- De façon générale, les grands perdants de la mondialisation sont les classes moyennes d'Europe et d'Amérique du Nord dont le pouvoir d'achat, sur dix ans, à stagné alors que pour tous les autres, il a augmenter spectaculairement.

 

2- Au sujet des inégalités économiques, deux phénomènes sont remarquables :

  • L'écart entre les moyennes des pouvoirs d'achat (ramenés à échelle comparable) entre Etats diminue,
  • L'écart-type de ces inégalités à l'intérieur d'un même Etat augmente (spécialement en Afrique noire et en Amérique du Sud).

Cela signifie que l'on assiste à une uniformisation inter-nationale, mais à des concentrations intra-nationales.

 

3- Le mécanisme de cette uniformisation repose, essentiellement sur le fait que, dans beaucoup de domaines, les différents stades de fabrication et de commercialisation des produits et services se répartissent sur de nombreux Etats, soit au sein des grands groupes, soit au sein des réseaux de partenariats, induisant des jeux permanents et réciproques d'exportations et d'importations entre Etats. La valeur ajoutée d'un même produit a été engendrée dans une flopée d'Etats différents au gré des fabrications de pièces, des montages partiels, des montages finaux, des stockages, des transports, des ventes et des distributions . La plupart des indicateurs économiques "nationaux" n'indiquent plus rien.

 

4- La fracture entre la logique financiaro-industrielle d'une économie de masse et de prix, d'une part, et la logique noético-artisanale d'une économie de la virtuosité et de la valeur d'utilité, d'autre part, commence à devenir patente, comme annoncé depuis longtemps, et induit des clivages nets entre secteurs et au sein de chaque secteur, entre Etats et au sein de chaque Etat.

 

5- En revanche, Henri ne semble pas accorder d'importance au fait que la globalisation des problématiques étant un fait acquis, c'est entendu, la "mondialisation" (c'est-à-dire, en fait, l'américanisation des modèles et des pratiques) est en panne et que l'on assiste à une continentalisation des systèmes socioéconomiques sous la triple pression, primo, de l'augmentation imminente des prix de toutes les ressources naturelles qui, toutes, sont dans une logique de pénurisation (spécialement les combustibles fossiles, donc l'énergie), secundo, le refus croissant de l'hégémonie américaine (californienne) sur les réseaux numériques, et, tertio, de la pression migratoire et culturo-religieuse qui conforte, chaque jour un peu plus, la vision de Huntington.

 

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Le 26/04/2017

 

De Jean Mistler :

 

" La majorité a toujours raison,

mais la raison a bien rarement la majorité aux élections."

 

Je ne crois aucunement que la majorité ait toujours raison, sinon en droit, au moins dans les faits. En revanche, les processus liés à la démocratie électorale ne sont jamais rationnels ni raisonnables, c'est d'ailleurs cela qui les discrédite complètement à mes yeux.

 

Dans la même veine, d'Yves de Kerdrel :

 

"La France travaille moins que ses voisins et compte trop d'inactifs. Le problème, c'est que les partis qui ont prospéré (…) sur la colère des Français proposent de travailler encore moins."

 

Disons-le plus prosaïquement : la France est le champion du monde du parasitisme et de l'assistanat (ce qui revient au même).

Tous les populismes, à gauche comme à droite, s'organisent sur ce principe.

 

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Le premier ennemi de la France, c'est l'Île-de-France !

Là se placent la plus grande densité de parasites (fonctionnaires, apparatchiks, chômeurs, délinquants, banlieusards désœuvrés,  immigrés douteux, SDF, mendiants, bureaucrates …) et celle des états-majors sans valeur ajoutée (les sièges des grosses entreprises, groupes, fondations, "représentations" et organisations qui ne produisent rien, mais engrangent les résultats du travail des unités de province).

La contribution réelle et locale de l'Île-de-France au PIB français est infime face aux gouffres abyssaux de ses dépenses et de ses endettements.

Le jacobinisme est la plaie, le cancer et le choléra de ce pays.

 

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Nous pas "sceller" une Alliance (français) mais "couper" une Alliance (hébreu). Une Alliance, en impliquant un nouveau champ relationnel, implique aussi le renoncement aux champs relationnels anciens. Il y a coupure. Il y a changement d'état. Il y a bifurcation.

 

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Le circoncision juive est une libération de la masculinité après une existence fœtale totalement féminine et maternelle.

Abram, incirconcis et non libéré, est stérile ; Abraham, circoncis et libéré devient fécond, père d'une multitude.

Toute circoncision est symbole de libération, par seulement celle du sexe mâle, mais aussi celle des lèvres chez Moïse ou celle du cœur.

Circoncire, c'est trancher ce qui empêche de sortir, de partir : il s'agit d'ouvrir une porte pour que ce qui doit sortir du dedans puisse partir vers le dehors.

 

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De la rabbin Delphine Horvilleur :

 

"La Parole n'est adressée qu'à l'homme en exil."

 

Cette idée est très puissante : il faut que l'homme soit hors de "chez lui", pour qu'il puisse enfin entendre la Parole.

A l'intérieur de son propre monde, chacun n'entend que l'écho de sa propre voix. Il faut en sortir pour entendre la Parole du "tout Autre que soi".

 

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Le 27/04/2017

 

Selon le livre de la Genèse, la femme se sépare de l'homme lorsque Dieu lui prend un de ses échecs (et non une "côte") qu'il façonne. Le femme rattrape un des premiers échecs de l'homme ; mais lequel ? Il n'en est rien révélé …

 

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Le monde dit "artistique" (chanson, cinéma, spectacles, télévision,  …) est devenu une immense machine à vedettiser des dégénérés.

 

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Le 28/04/2017

 

Il est devenu inconcevable de prétendre que n'est "scientifique" que ce qui relève de la logique dite aristotélicienne et de ses quatre principes d'identité, de non-contradiction, de tiers-exclu et de syllogisme.

Rien, absolument rien, ne permet de prétendre et encore moins de prouver que le Réel obéisse à ces axiomes. Tout au contraire, les notions d'identité et de "ou" exclusif n'existent pas dans la Nature, les notions de vrai et de faux sont foncièrement caduques et il est préférable de réfléchir en termes de cohérence et de continuité, comme en termes de possible et de souhaitable.

L'usage de la logique formelle - et des mathématiques qui en découlent - n'est possible et parfois souhaitable, que pour des problématiques suffisamment élémentaires telles que la raison analytique puisse y être une approximation acceptable.

 

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La barbarie, c'est le souverain mépris de l'autre (quel que soit cet "autre", humain ou non), enrobé, le plus souvent, dans une indescriptible vulgarité et accompagné, aussi souvent, de brutalité et de grossièreté.

L'arrogance et la bêtise, le sans-gêne et l'agressivité , l'ostentation et le bruit, en sont les signes extérieurs. L'incivilité en est la conséquence.

Le contraire radical de la barbarie me semble être bien repris sous le terme d'élégance.

La notion d'élégance généralise celle du bienveillance qui consiste à veiller au bien de l'autre en même temps que le sien propre.

 

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Le 30/04/2017

 

Être du gauche, disent-ils, c'est être du côté des opprimés, des exploités, des exclus … bref : des faibles.

En réalité, comme l'a parfaitement montré Nietzsche, ils ne sont pas "du côté des faibles" ; cela ne signifie rien puisque tout quiconque a des faiblesses et est toujours le faible d'un plus fort que pourrait lui damer le pion. Tout le discours de la démagogie de gauche s'ancre là : affirmer à ceux qui ne se sentent pas faibles, qu'ils le sont, en fait … et leur faire avoir peur de l'autre décrit comme oppresseur potentiel. Être de gauche, c'est être jaloux des forts (réels ou, souvent, imaginaires) : morale et idéologie du ressentiment.

Être de gauche, ce n'est pas être du côté des faibles, c'est être du côté des crétins ! C'est être du côté des crétins assez crétins pour croire que leur faiblesse est une force. Être de gauche, c'est donner le pouvoir aux crétins. C'est imposer l'égalité avec les crétins devenus l'aune de l'humanité. Être de gauche, c'est crétiniser.

Être de gauche, ce n'est pas combattre la faiblesse des faibles, c'est combattre la force des forts qui, sauf rares exceptions, n'ont ni envie ni besoin d'user, de montrer, de démontrer leur force (ce serait faiblesse : une fort qui montre sa force, est un faible) ; être de gauche, c'est idolâtrer et sanctuariser la faiblesse des faibles.

Il faut absolument que les faibles le restent : ils sont un fonds de commerce. Et si les faibles perdent leur faiblesse, il faut vite en inventer d'autres pour les remplacer.

 

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[1] Election de VGE à la présidence de a République, si malheureusement détrôné, en 1981, par cette crapule de Mitterrand.

[2] Pour Kant et son époque, l'entendement est la faculté de créer une représentation synthétique globale d'un objet à partir des données phénoménales offertes par la sensibilité.

[3] La "maxime" désigne l'idée de l'expression la plus haute, la plus sublime de la règle de vie à laquelle se soumet la volonté. Cette maxime est le fruit de la raison, en tant que "synthèse a priori".

[4] Cohérent, comme adhérent ou inhérent, comme adhésif ou cohésion, dérive du verbe latin haerere qui signifie "coller". Est cohérent ou cohésif ce qui colle ensemble. Est adhérent ou adhésif ce qui colle à quelque chose. Est inhérent ce qui est collé intérieurement.

[5] Démocratie au suffrage universel (élective et représentative) et hiérarchie institutionnelle (stratification des pouvoirs locaux, régionaux, nationaux) sont les deux faces de la même médaille.