Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" FEVRIER 2017

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/02/2017

Le Christianisme prétend asseoir sa supériorité sur le Judaïsme en plaçant son Dieu d'Amour bien au-dessus du soi-disant Dieu de Terreur de la maison d'Israël, au prétexte que la Torah enjoint au Juif de "vivre dans la crainte de Dieu". S'il faut craindre Dieu, c'est que ce Dieu est terrifiant. CQFD.

Notons au passage que prêter à l'homme un sentiment humain (la crainte) est on ne peut plus banal, alors que prêter à Dieu un sentiment humain (l'amour) relève d'un anthropomorphisme puéril.

Mais plus profondément, c'est l'idée de la crainte de Dieu qui est centrale et qu'il faut creuser.

En hébreu biblique, la "crainte de Dieu" est une expression qui traduit une relation au Divin exprimée par le livre du Deutéronome (6;13) : "Avec YHWH de tes dieux, tu craindras et avec lui tu serviras et dans son Nom tu te rassasieras".

Le verbe utilisé est YRA qui est proche du verbe RAH qui signifie "voir", tous deux construits sur le mot AWR : "Lumière" qui donne aussi NRAH : "apparent, ce qui se voit".

Ailleurs, dans le live des Proverbes (9;10), il est écrit : "Commencement de Sagesse est crainte de YHWH et connaissance des saintetés est intelligence".

Le mot traduit par "crainte" est YRAH.

De par son rapport avec la Lumière, le verbe YRA ne peut pas receler cette face obscure que suppose la peur panique et effroyable d'un Dieu qui serait terrifiant. On pense plutôt à ce déboussolement, à ce désarroi, à cet effondrement de soi face à l'éblouissement de la Lumière divine. Il ne s'agit pas d'effroi, mais d'anéantissement positif, de perte totale de tout repère, d'effacement complet de soi.

"Avec YHWH de tes dieux, tu craindras" signifie qu'en présence du Divin, chacun doit s'anéantir vers le haut, se dissoudre dans plus immense que soi, se fondre dans ce qui le dépasse incommensurablement. C'est d'anéantissement mystique dont il s'agit et certainement pas de peur comme un enfant aurait peur d'une punition paternelle ou comme un couard aurait peur d'un danger.

Une telle peur négative serait incompatible avec l'idée d'Alliance (et non d'amour) qui est au cœur de la Torah.

La "crainte" biblique n'est pas la peur panique ; elle est bien plutôt une intense humilité humaine face à l'immensité divine. Il s'agit d'effarement, d'émerveillement, d'extase (ex-stare : "se tenir hors de soi"), de prise de conscience de la parfaite insignifiance du soi face au Tout-Un qui l'enveloppe, le porte, le nourrit, l'inclut et lui donne sens et valeur.

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De Raphaëlle Giordano :

"Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une"

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L'autorité (de auctor : "l'auteur") s'enracine dans le passé pour nourrit le présent ; alors que le pouvoir se légitime en stimulant le présent par ses projections dans le futur. Le pouvoir est toujours fantasmagorique alors que l'autorité est mémorielle.

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Il faut revenir que la distinction pascalienne entre "esprit de finesse" qui étudie et comprend le Réel dans es moindres recoins et "esprit de géométrie" qui plaque des modèles abstraits et idéalisés sur un Réel auquel ils ne conviennent pas bien.

Sans esprit de finesse (héraclitéen), l'esprit de géométrie (cartésien) fait énormément de dégâts car il est, par essence, totalitaire.

La physique théorique actuelle est totalement sous le joug de l'esprit de géométrie.

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Non pas "avoir un corps", mais "vivre son corps".

Non pas "avoir des idées", mais "vivre ses idées".

Non pas "avoir un territoire", mais "vivre son territoire".

Non pas "avoir un corps", mais "vivre son corps".

Non pas "avoir une mémoire", mais "vivre sa mémoire".

Non pas "avoir de l'intelligence", mais "vivre son intelligence".

Etc …

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Le sphinx : tête d'Homme, corps de Taureau, pattes de Lion et ailes d'Aigle.

Quaternaire du Réel-Un.

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Elisée Reclus définissait l'Anarchisme comme un "ordre sans Etat". Cet Anarchisme n'a rien à voir avec l'anarchie qui sous-entend désordre, barbarie, violence … Cet Anarchisme tel que le conçoivent des Reclus, des Proudhon, des Kropotkine, et d'autres, s'appellerait aujourd'hui libertarisme ou, plus simplement, libéralisme. Il campe l'anti-étatisme radical.

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L'hésychasme orthodoxe vise l'hésya c'est-à-dire la paix, le calme, le silence et la sérénité de l'âme. Il est proche de l'ataraxie stoïcienne. Une forme de quiétisme, en somme.

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L'immortalité ? Pour quoi faire ?

La vérité ? Pour quoi faire ?

La liberté ? Pour quoi faire ?

Le bonheur ? Pour quoi faire ?

La richesse ? Pour quoi faire ?

L'égalité ? Pour quoi faire ?

La justice ? Pour quoi faire ?

Etc …

Le combat contre tous les idéalismes passe par ce simple chemin interrogatif : "pour quoi faire ?". Car, dans le chef d'un idéaliste, son idéal est une fin en soi, une évidence irréfragable, une affirmation finale : "Il faut que … !". Et la question suivante est : et pour quoi donc ?

Il faut que tous les hommes soient égaux ! Fort bien, mais quel en est l'intérêt pour tous et pour chacun ? Quel en est le bénéfice ? Quels en seraient les conséquences sociologiques, économiques, psychologiques, noétiques … ? Est-ce jouable dans la réalité ? Est-ce compatible avec le réel ? Admettons que d'un coup de baguette magique, un matin, tous les hommes possèdent exactement la même chose ; que se passera-t-il ? Le soir même, les humains ne seront plus égaux car les plus malins auront dépossédé, en partie, les plus idiots …

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Une Civilisation est la version dégénérée et abâtardie d'une Culture.

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De Baroukh Spinoza :

"Tout dans la Nature, procède selon une nécessité éternelle et une absolue perfection."

A partir de cette phrase, on a voulu faire de Spinoza le tenant d'un déterminisme radical. Rien n'est plus faux.

Nécessité : tout ce qui évolue est poussé par une moteur cosmique unique et éternel qui est de désir d'accomplissement (le conatus) ce qui ne signifie nullement que les chemins de cet accomplissement soient prédéterminé.

Perfection : l'évolution de toute chose se construit dans le cadre d'un principe d'économie cosmique (absolu, donc) qui est celui de la moindre tension (qui est la perfection) ; mais, encore une fois, cet optimum économique est rarement unique, n'est écrit nulle part et doit être créé en tout lieu et à tout instant

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La continuité n'implique par l'infinité (sauf, comme le font les mathématiques, à vouloir approcher la continuité de façon analytique).

La continuité réelle n'est pas la juxtaposition mathématique d'une infinité de segments infinitésimaux.

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Jérémie 32;27 :

"Voici, Moi, je suis YHWH des dieux de toute chair (…)"

Il est capital de bien lire, ici, que YHWH (le Devenant) est le moteur immobile (selon la terminologie d'Aristote) qui meut non seulement tout esprit, mais aussi toute chair. Cela extermine toutes les thèse théiste et dualiste qui ferait de Dieu, le maître des mondes spirituels et de Satan, le maître des mondes charnels.

 

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En grec, la vérité se dit alèthéia : ce qui n'est pas lèthè (oubli), c'est-à-dire que la vérité est "ce que l'on n'oublie pas" !

 

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Il est vital de combattre à mort toutes les utopies, quelles qu'elles soient.

Les u-topies sont des ou-topos (non lieu, sans lieu) des fantasmes qui n'auront jamais lieu, qui n'auront jamais de lieu. L'utopie détourne les âmes et les esprits du Réel qui, alors sombre dans l'oubli, dans la détestation ou dans la haine au profit de rêve fantasmagoriques qui n'auront jamais lieu.

Il n'y aura jamais d'autre-monde ni d'autre monde. Il y a ce monde-ci tel qu'il est et tel qu'il va, et chacun en fait intégralement partie.

L'utopisme procède de l'idéalisme, induit un messianisme et aboutit à un totalitarisme.

 

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L'éthique passe par l'ajustement des comportements.

La morale passe par l'obéissance à des normes.

 

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De Michel Maffesoli :

 

"(…) la genèse de toutes choses s'élabore dans le caché. L'exotérique ne peut exister que s'il y a de l'ésotérique."

 

Le miracle de la germination d'une graine en terre en est la parfaite illustration.

 

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Toujours de mon cher Michel :

 

"Refus de ce qui est, en fonction de ce que l'on aimerait qui soit, ce qui pourrait être et donc ce qui devrait être. Il y a un rapport de réversibilité entre le fait de se sentir aliéné, de se dire étranger (alienus) et celui de mépriser, voir de haïr ce lieu [note MH : la Nature] si étranger, si inhospitalier"

 

Dans son "Ecosophie", Michel Maffesoli ne dit rien de plus que ceci : la modernité avait organisé et mené une guerre à outrance contre la Nature (et contre la nature humaine) au nom des "idéaux" du Progrès, de l'Emancipation, de l'Anthropocentrisme. Nous vivons une mutation paradigmatique qui devra réhabiliter ("pour le servir et le protéger") le Naturel en nous et autour de nous.

 

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Deux versets époustouflants d'Isaïe :

 

"Certain, tu es un dieu mystérieux (…)" (45;15)

 

C'est l'idée du deus absconditus

Et :

 

"Formant la lumière et ensemençant la ténèbre, faisant la plénitude et ensemençant le mal, moi, YHWH, fais tout cela." (45;7)

 

Le Divin est la source de tout ce qui est positif et de tout ce qui est négatif : monisme radical. Il n'y a aucun dualité entre Dieu et Satan. Le mal vient de Dieu comme le bien.

 

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De Thomas d'Aquin, lorsqu'il arrête sa "Somme théologique" inachevée en prenant conscience que ce travail est absurde :

 

"Je ne peux plus. Tout ce que j'écris me semble de la paille en comparaison de ce que j'ai vu."

 

Le théologien est un ratiocineur qui s'évanouit devant le mystique.

 

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Dans ses "Confessions", Augustin d'Hippone écrit que la réalité du temps est un triple présent. La mémoire comme présence du passé. L'attention comme présence au présent. L'expectation comme présence du futur.

 

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De Martin Heidegger :

 

"Le questionnement est la piété de la pensée."

 

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Le 02/02/2017

 

Depuis les origines, des milliards d'humains se sont succédés sur Terre pour aboutir aux quelques milliards de ceux vivant aujourd'hui. Toutes ces existences passées et présentes se condensent seulement en quelques milliers de livres. Tout le reste est illusoire et insignifiant.

 

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Le Système complet de Hegel vise le "Savoir absolu". La "phénoménologie de l'esprit" n'en constitue qu'une propédeutique. Le Système se construit sur trois piliers : une philosophie de la Nature (le territoire d'actualisation du Réel - c'était la Physique des stoïciens), une philosophie de l'Esprit (les règles structurelles du Réel - c'était la Morale des stoïciens) et une philosophie de la Logique (l'économie dynamique du Réel dont découlera une philosophie de l'Histoire - c'était la Logique de stoïciens).

Dans cet ordre, on retrouve l'Objet (la Nature), le Sujet (l'Esprit) et ce qui les unit dans une unité dynamique et évolutive.

Par le Logos (le "langage") qui est la dynamique du langage de Dieu, du langage cosmique, l'objet se subjectivise en se présentant dans l'intérieur, et le sujet s'objectivise en s'exprimant vers l'extérieur.

L'impasse kantienne est ainsi dissoute.

 

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Sans langage, point de connaissance. A mauvais langage, mauvaise connaissance et mauvaise science.

La science-mère, matrice et racine de toutes les autres sciences, la physique, a choisi, à la modernité naissante, par la voix de Galilée, d'utiliser le langage mathématique. On sait, à présent que ce langage mathématique ne peut rendre compte que des univers à faible activité et de faible complexité. Partout ailleurs, il est caduc.

Comme il y a quatre familles de méthodes de connaissance : mécanique (analytique et objectal), algorithmique (analytique et processuel), systémique (holistique et objectal) et anagogique (holistique et processuel qui est le seul qui convienne pour les univers très          actifs et très complexes où les émergences créatives prennent place), il devra y avoir quatre familles de langages, respectivement : les langages mathématiques, les langages programmatiques, les langages schématiques et les langages symboliques.

 

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Si je dis : "Dieu est bon", c'est moi qui choisis, parmi tous les attributs divins, celui qui me convient, en fonction de mon discours : la relation est d'attribution ou de spécification.

Si je dis ; "Dieu est le Tout-Un", je ne choisis rien ; j'établis une relation d'identité que Hegel appelle une proposition spéculative (par opposition aux propositions prédicatives).

Hegel, pour construire le Savoir absolu, rejette toutes les propositions du premier type et n'accepte que les relations d'identité indépendantes du sujet pensant, ce qui semble de bon sens.

Chez Hegel comme chez Kant, un concept central est "entendement", Verstand, à ne pas confondre avec Vernunft : la "raison" qui est la voie qui mène aux concepts absolus, inexpérimentables, invérifiables ; au sein du cercle de la connaissance, l'entendement relie les points de chaque cercle concentrique propre à un niveau de connaissance, alors que la raison est le rayon qui permet de passer d'un niveau au suivant. Il y a "entendement" lorsque le philosophe entend (et donc traduit, exprime) la révélation des propositions spéculatives où ses choix n'interviennent pas et où le Logos parle de lui-même.

 

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La tragique commence lorsque l'homme est possédé et qu'il se dualise monstrueusement. Il se déchire.

 

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L'idéalisme commence dès que l'attribut devient sujet.

Lorsque l'on dit que "cette femme est belle", la beauté est attribut de cette femme. Mais Beauté tout court, comme concept, n'est plus lié à aucun sujet particulier ; elle devient Idée pure au sens de Platon, c'est-à-dire "concept".

 

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Le 03/02/2017

 

Quelqu'un a appelé cela la médiacratie : la tyrannie des médias, le fait que les médias classiques (journaux, magazines, chaînes télévisuelles, essentiellement), massivement adeptes du socialo-gauchisme, puisse éreinter, impunément, n'importe qui qui ne leur plairait pas, à n'importe quel moment, en montant en épingle n'importe quel '"fait" ou "confidence" ou "détail" plus ou moins fallacieux.

L'art de fabriquer des "scandales" au travers d'attaque ad hominem, vers une cible convenablement choisie, avec la bonne conscience de la vierge incorruptible.

Commençons par être lucide : tous les personnages publics ont des "casseroles au cul" tout simplement parce que, lorsqu'on est pris dans le maelström de la vie mondaine, on n'a ni le temps de soigner les détails, ni celui de se préoccuper des diverses intendances qui, parfois, donnent lieu à des abus ou à des dérapages. Tout ceci constitue certes une explication, mais pas une excuse ; j'en conviens. Le problème n'est pas de disculper quiconque, le problème est que tout personnage public est susceptible d'être pointé par les "fouille-merde". L'irréprochabilité n'est pas de ce monde. Et surtout pas du côté des médias non plus. Car pour se permettre d'accuser les autres, il faut d'abord être soi-même irréprochable. Et indépendant tant idéologiquement que financièrement, ce qui n'est le cas pour aucun des médias actuels.

Il est clair, en ce sens, que ces odieuses attaques ad hominem ont un but politique évident : discrédité la personne au profit de ses adversaires (parfois de son propre "camp") qui, bien sûr, se font une joie de nourrir les rumeurs, voire de les provoquer.

Donc, en ce sens, les médias, loin d'être des vierges irréprochables, sont des pions manœuvrés et des complices consentants au service des tactiques politiciennes fangeuses.

De Charlie-Hebdo au Canard enchainé, en passant par Libération, Média-part, l'Obs, France -Télévision et tant d'autres, tous ces médias sont à la botte du socialo-gauchisme et constitue une machine de guerre au service exclusif d'une minorité idéologique parisienne (minorité d'ailleurs de plus en plus minoritaire, depuis que les masses comprennent que le socialo-gauchisme est un cancer sociétal létal).

Et tout cela, drapé de bonne conscience turpide et de bien-pensance qui pense de travers, derrière l'absurde principe du "droit à l'information".

Attaquer la "grande presse" - qui n'a plus de grande que son ignorance et sa puissance de nuisance, les yeux rivés sur l'audience - procède du crime de lèse-majesté. Oser parler contre elle, et vous êtes immédiatement catalogué dans le clan des censeurs -vendus au "grand capital", cela va de soi - adepte forcené de la censure, ennemi de la liberté de la presse.

On ne pourra parler de droit à l'information qu'après avoir sérieusement défini ce qu'est une "vraie" information. Celle-ci n'est certainement pas ce ramassis de ragots, de rumeurs, de fonds de poubelle "people" que l'on sert en brouet immonde à longueur de temps. Une vraie information est une information utile non à détruire une personne aux yeux des crédules, des jaloux et des crétins, mais une information utile à enrichir la pensée et la connaissance de tout-un-chacun. Les "révélations" tonitruantes et finement orchestrées des "magouilles" ou "laxismes" ou "faiblesses" des uns et des autres que l'on veut étriller, ce n'est pas de l'information, c'est de la pollution informationnelle.

Qu'un Président de la République s'amuse à aller faire des galipettes en scooter, qu'est-ce que vous voulez que cela pèse dans l'histoire de l'humanité ?

Car voilà bien le critère unique permettant de définir une "vraie" information : c'est la relation de faits objectifs et vérifiables qui pèsent réellement sur le cours des événements à l'échelle macroscopique et durable.

Tout le reste n'est que médiocratie au service de la médiacratie.

Ou inversement !

 

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Le 04/02/2017

 

D'Albert Einstein :

 

"L'escalier de la science est l'échelle de Jacob,

il ne s'achève qu'aux pieds de Dieu."

 

Et ceci :

 

" Mais est-ce que Dieu ne serait pas un processus ?"

 

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Et du même, devenu, pour le coup, prospectiviste :

 

" Notre monde est menacé par une crise dont l'ampleur semble échapper à ceux qui ont le pouvoir de prendre de grandes décisions pour le bien ou pour le mal. La puissance déchaînée de l'homme a tout changé, sauf nos modes de pensées et nous glissons vers une catastrophe sans précédent. Une nouvelle façon de penser est essentielle si l'humanité veut vivre. Détourner cette menace est le problème le plus urgent de notre temps."

 

Eh oui, mon cher Albert, nous sommes en plein dedans … et je ne vois guère de probabilité d'en sortir. La bêtise humaine, comme tu le sais, est bien plus infinie que l'univers.

 

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Toute transformation, en analyse structurée, boucle sur trois concepts : le processeur (le déclencheur), le processus (la transformation) et le support (le flux). Dès lors, pour le Réel pris dans son ensemble, on aurait trois possibilités de définir Dieu : comme processeur (c'est le Dieu personnel du théisme), comme support (c'est le Dieu vide du matérialisme) et comme processus (c'est le Dieu vivant du panthéisme).

Dans ce dernier cas de figure, le processus (Dieu) engendre le support (la matière) qui engendre les processeurs (les être vivants dont l'homme).

Mais, derrière ce ternaire, un monisme trinitaire s'impose où Dieu (le Divin Un) est, à la fois, processeur (Désir, Intention, Âme), processus (Logos, Intelligence, Esprit) et support (Substance, Mémoire, Corps).

 

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Les masses rejettent les caciques.

Trop de manipulations. Trop de mensonges. Trop de magouilles.

Certains appellent cela du populisme ; ils ont tort même si cela pourrait être récupéré par les populistes (de droite comme de gauche).

Appelons cela un trop tardif sursaut de lucidité.

Un lucidité qui induit une soif de pureté.

Après un siècle et demi de démagogie éhontée sous couvert d'une impraticable démocratie au suffrage universel, les masses se rebiffent ; elles ne demandent pas plus de démocratie - dont elles n'ont rien à faire -, mais plus de pureté.

Mais une pureté factice, apparente, simpliste, artificielle, fabriquée. Bien ou mal. Moralisme désuet autant que castrateur et sclérosant.

 

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Dieu n'est ni le créateur, ni la création ; il est la créativité !

 

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Michée 4;5 :

 

"Comme tous les peuples iront chacun au nom de leurs dieux et nous, nous irons au nom de YHWH de nos dieux pour l'éternité et jusqu'à."

 

Pour ceux qui douteraient encore que le Judaïsme originel et orthodoxe était polythéiste et monolâtre …

 

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Chasteté n'est pas abstinence.

La chasteté est sacralisation alors que l'abstinence est absence ou manque.

 

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De Abu Tahir :

 

"En ce monde, trois individus ont trompé les hommes :

un berger, un guérisseur et un chamelier"

 

Les trois imposteurs …

 

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Le 05/02/2017

 

Animisme …

Tout ce qui existe possède une âme qui l'anime, qui fonde son identité et sa personnalité, qui détermine la singularité de ses comportements. Cette âme est sacrée car précieuse et fondatrice de soi. Elle sacralise ce qui la porte.

Ainsi, toute entité différenciée, repérable, identifiable vit comme si elle était habitée par un esprit divin (parce que sacré) qui l'enveloppe et qui lui est propre. Et ces esprits interfèrent entre eux pour fonder une harmonie cosmique de bonne intelligence. Le monde est en paix lorsque les esprits sont en paix les uns avec les autres. S'ils entrent en guerre, la vie concrète devient cataclysmique.

Dans cet ordre de vue, chaque peuple humain, même à l'échelle d'une tribu, est animée par une âme collective (Volksgeist) et incarne un esprit qui le sacralise et qu'il appelle son dieu tutélaire.

Ainsi, YHWH a été perçu par les Hébreux comme le dieu tutélaire de la Maison d'Israël. Moloch est celui des Ammonites. Assur, celui des Assyriens. Ishtar, celle de Babylone. Etc …

Deux animismes se constituent, se croisent et s'interpénètrent : celui des peuples et celui des forces. Autrement dit : celui des cultures et celui des natures.

Lorsque naît l'idée de l'unité cosmique de tout ce qui existe, naît aussi l'idée d'un Dieu cosmique et unique qui englobe et absorbe tous les dieux culturels et naturels, tous les esprits sacrés et toutes les âmes de vie qui, somme toute, n'en sont que des émanations, des incarnations, des manifestations, des expressions particulières.

Un tel panenthéisme est la suite logique et naturelle de l'animisme.

Il ne requiert aucune foi puisqu'il se fonde sur la sacralisation et l'émerveillement, parfois craintif, de ce qui existe réellement.

 

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L'idée d'un Dieu transcendant, créateur, extérieur au monde, naît avec celle de Perfection.

Le monde est imparfait (inachevé, inaccompli, en marche) et, dès lors que l'on croit en l'idée de Perfection, elle doit exister réellement et se situer, fatalement, hors du monde essentiellement imparfait.

 

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Le dualisme entre une Perfection idéaliste et l'imperfection du réel vécu doit être dénoncé et rejeté. Il ne s'agit pas d'accepter, de guerre lasse, avec tristesse et découragement, que le monde réel soit imparfait. Il s'agit d'affirmer que les notions de Perfection et d'imperfection sont absurdes, vides, ineptes, et qu'il faut impérativement les éradiquer.

La conséquence immédiate et mécanique en est l'éradication subséquente de tous les idéalismes et, avec eux, de tous les théismes et de tous les dualismes.

L'idée de Perfection est l'idée la plus funeste et la plus destructrice de toute l'histoire de la pensée humaine.

 

*

 

Dieu n'est pas ce phantasme statique et mort de ce qui est absolument et définitivement parfait. Dieu est l'expression dynamique ce qui est définitivement et absolument vivant !

 

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Tout monothéisme conséquent, en tant que dualisme ontologique séparant un mode de la Perfection et un monde de la Vie, doit nécessairement établir un pont entre ces deux mondes. Il faut qu'existe un passage de l'un à l'autre, dans les deux directions, pour que cette doctrine de la Perfection divine puisse prendre sens et valeur aux yeux de ceux qui vivent dans le monde de la Vie.

Aussi lui faut-il nécessairement, mettre en place un dispositif assurant, dans une direction, le passage de la Perfection vers la Vie (Création, Révélation, Incarnation, Rédemption, …) et, dans l'autre direction, le passage de la Vie vers la Perfection (âme personnelle immortelle, vie après la mort, jugement ou pesée des âmes, paradis ou enfer, …).

Dès lors, lorsqu'on élimine l'idée absurde de Perfection, tout ce dualisme ontologique s'effondre et, avec lui, toutes les doctrines de type idéaliste ou monothéiste.

 

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La Perfection est la négation de la Vie.

La Vie est la négation de la Perfection.

La Perfection est incompatible avec la Vie.

La Vie est incompatible avec la Perfection.

 

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Le Problème n'est pas de renoncer à la Perfection en déplorant amèrement l'imperfection de tout ce qui existe dans le Réel. Le problème est de comprendre que l'idée même de Perfection est vide, absurde et inepte.

 

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Dès lors que l'on définit Dieu en termes de Perfection absolue, il faut sortir radicalement Dieu du monde la Vie et inventer, pour Lui, un autre monde : celui de la Perfection absolue.

Dualisme ontologique incontournable.

 

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Le monde de Perfection serait-il un monde futur (un "monde qui vient") ou un monde parallèle (un au-delà définitif qui absorbe tout ce qui vient du monde de la Vie) ou un astucieux mélange des deux (un au-delà provisoire en attente de fin des temps, de parousie, de résurrection des morts et de jugement dernier) ? Les diverses traditions idéalistes et monothéistes ont longtemps hésité - et hésitent toujours. Les idéologies socialo-gauchistes qui les prolongent, ont opté, naturellement, laïcité et athéisme obligent, pour un monde futur, à venir : celui des "lendemains qui chantent", après le "grand soir". Nous sommes là dans la même eschatologie religieuse, mais désacralisée, dédivinisée, laïcisée.

 

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Dans le mot "monothéisme", il y a Théos ("Dieu") et Monos qui signifie bien plus "seul" que "unique" ; ceci marque bien, par affirmation de la divine solitude absolue, la séparation ontologique entre le monde de la Perfection et le monde de la Vie.

 

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Perfection …

Ce concept est à la base de toutes les doctrines idéalistes, qu'elles soient religieuses ou idéologiques, et, partant, de toutes les doctrines dualistes, monothéistes et … totalitaires (tout doit être inféodé à la quête de cette Perfection qui est forcément unique et incontournable).

Le hic est que la notion de Perfection est radicalement absurde, vide et inepte.

En effet …

Parfaire quelque chose, c'est l'achever, le peaufiner, l'amener à la plénitude de sa réalisation, le conduire à son état le plus sublime, etc …

Il suffit de lire cette définition pour voir qu'il s'agit d'une insidieuse et vicieuse tautologie : parfaire quelque chose, c'est l'amener à la (sa) perfection. Et, symétriquement, la perfection est l'état de quelque chose qui a été parfait. L'idée d'achèvement qui frémit à l'arrière-plan, appelle l'image d'un ouvrage que l'on fait et que l'on arrête, la tâche étant "parfaitement" achevée. Oui mais voilà : dans le Réel, rien n'est jamais parfaitement achevé ; le meilleur artisan considèrera son œuvre achevée lorsque son œil ne verra plus de défauts et lorsqu'il jugera qu'un supplément de soin non seulement, n'apportera pas plus de valeur à son œuvre, mais qu'au contraire il risquerait de la gâcher.

On comprend donc assez vite que la notion de "perfection" est toujours relative à l'œil qui l'évalue. Dès lors, la notion de Perfection absolue n'a aucun sens.

Pour le dire plus crûment : la "Perfection" est toujours relative à un phantasme humain !

Plus philosophiquement, est parfait ce qui correspond "parfaitement" (tautologie, encore) à un ordre, une échelle, un critère, une doctrine préétablis ; il n'y a plus aucun "progrès" envisageable et plus rien ne peut plus évoluer vers quelque "mieux" que ce soit.

C'est Descartes - le funeste Descartes, encore lui - qui définit la Perfection au sens "absolu" qu'il lui donne ("Réponses aux secondes objections") :

 

"La substance que nous entendons être souverainement parfaite et dans laquelle nous ne concevons rien qui enferme quelque défaut ou limitation de perfection, s'appelle Dieu."

 

Dieu est parfait puisque le Perfection est Dieu. Voilà un grand pas en avant dans l'histoire de la philosophie.

 

Pour Spinoza (préface à la 4ème partie de "Ethique"), la Perfection est l'exacte correspondance entre l'œuvre finale et le projet initial, le modèle originel. Il écrit, contre Descartes :

 

"Perfection et imperfection ne sont donc, en vérité, que des manières de penser, à savoir, des notions que nous forgeons habituellement du fait que nous comparons entre eux des individus de même espèce ou de même genre : et c'est cette raison que j'ai dit plus haut que, quant à moi, par réalité et par perfection, j'entends la même chose."

 

Leibniz ne dit pas autre chose et absorbe la notion de "perfection" dans celle de maximum : est "parfait" ce qui a atteint la limite indépassable : la perfection, c'est ce qui reste "bloqué" dans un certain stade de progression.

 

Descartes est donc bien le chantre du dualisme idéaliste que l'on connaît, dans le fil de Pythagore et Platon, et avant Kant. Spinoza et Leibniz, tout au contraire, annihilent l'idée de Perfection et affirment le monisme radical du seul monde de la Vie en posant Dieu non comme Perfection absolue, comme le principe même de la Vie absolue dans l'imperfection du Réel.

 

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Sans l'idée faîtière de Perfection absolue, il ne peut exister d'idées de Bien et de Mal absolus puisque le Bien se définit comme rapprochement de cette Perfection et le Mal comme éloignement. Donc, sans Perfection absolue idéalisée, point de morale normative ; dans ces conditions, l'harmonie sociétale se réduit aux éthiques personnelles visant l'ajustement mutuel des comportements les plus adéquats au regard des circonstances et des protagonistes.

 

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L'Intention, au fond, qui imprime à tout ce qui existe une tension vers son propre Devenir, peut aussi s'appeler Désir ou Appétence ou Volonté, mais jamais, au grand jamais, elle ne peut laisser croire qu'elle indique ou implique une finalité prédéfinie, une perfection dessinée a priori, un but de quelque nature que ce soit. Si désir, appétence ou volonté, il y a, c'est désir, appétence ou volonté de vivre tout ce qui se présente avec l'intention d'y puiser le plus d'enrichissement, le plus de complexification, le plus d'accomplissement possibles.

L'intention ne vise aucun but prédéterminé ; l'intention vise l'accomplissement optimal de tous les accomplissables en soi et autour de soi, hic et nunc.

 

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Le 06/02/2017

 

La grande guerre de notre époque et la mutation paradigmatique spirituelle qui en découle, opposent monothéisme (dualisme ontologique) et panenthéisme (monisme ontologique).

Passage d'un Dieu de Perfection, personnel, extérieur et créateur, à un Dieu de Vie, impersonnel, immanent et émanateur.

Ce basculement est colossal et entérine l'effondrement, par exemple, des théologies dogmatiques chrétiennes et musulmanes. Il implique aussi la transmutation de toutes les valeurs telle que Nietzsche la prévoyait.

La morale normative visant la Perfection s'efface au profit de l'éthique personnelle - par ajustements mutuels - visant la paix collective et l'accomplissement de soi.

L'idée d'une vie animique personnelle après la mort disparaît, laissant la place à une inscription profonde et immédiate dans la Vie éternelle cosmique au-delà des naissances et des morts.

 

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Spirituellement et métaphysiquement, il existe une chaîne logique qui relie, par sauts d'abstractions successives, l'animisme, le polythéisme, le panthéisme, le panenthéisme et le monisme radical. Cette chaîne philosophique s'oppose, par chacun de ses maillons, au théisme sous toutes ses formes donc aux dualismes, aux idéalismes et aux monothéismes.

Si l'on comprend parfaitement bien la logique d'émergence de cette chaîne moniste, on comprend moins bien ce qui a bien pu enclencher l'aberration dualiste et les idéalismes qui en découlent et qui continuent d'empoisonner la Vie réelle.

Au cœur de cet enclenchement funeste, il y a le phantasme de la Perfection.

La Perfection mathématique de Pythagore. La Perfection idéelle de Platon. La Perfection divine de Paul de Tarse et d'Augustin d'Hippone.

Mais d'où vient ce phantasme saugrenu et délétère de la Perfection, source de tous les totalitarismes - dont l'essence, toujours, est de réaliser, par la force et dans la violence, une Perfection fantasmée dans le monde réel des hommes ?

 

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Une des racines profondes de la judéophobie réside en ceci que la notion de Perfection est étrangère tant au corpus biblique qu'au corpus talmudique.

Le Dieu de la Bible hébraïque, YHWH, n'est pas du tout un Dieu absolument parfait, achevé, accompli ; il scelle son Alliance avec les hommes saints précisément pour entreprendre cet accomplissement mutuel. Ce Dieu biblique se trompe (dans le Jardin d'Eden), se repent ((avec le Déluge), se met en colère (avec Moïse), est injuste (avec Job), est cruel (avec les peuples idolâtres), est jaloux (dans ses lois), etc …

Ce Dieu est un Dieu de Vie et non point un Dieu de Perfection.

Le christianisme, avec Paul de Tarse, a d'emblée détesté et rejeté ce Dieu-là pour lui préférer un très platonicien Dieu de Perfection, extérieur au monde (dualisme et création), étranger aux hommes (d'où le Fils pour rétablir le lien).

Puisqu'elle vise surtout la pureté et la piété, l'éthique juive ne cherche aucunement une hypothétique Perfection ; cela donna aux Chrétiens et aux Musulmans prétexte à agonir les Juifs d'injures en les chargeant de toutes les turpitudes et avanies possibles et imaginables.

Puisque le Juif récuse l'idée de Perfection, il doit forcément être infâme et on peut, impunément, lui prêter tous les vices que l'on porte en soi.

Les Chrétiens et Musulmans ne s'en sont guère privés et le florilège des ignominies antisémites est impressionnant de phantasmes turpides et glauques.

 

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Pour rendre compte de l'évolutionnisme cosmique, le monisme doit impérativement se montrer tripolaire (voir mes travaux et ceux de David Ruelle sur les conditions de tout processus de complexification).

En termes philosophiques, ces trois moteurs peuvent être nommés : Matière, Vie et Esprit (Substance, Activité et Règles) ; moteurs qu'alimente une différence de potentiel entre Mémoire (ce que le Réel est devenu) et Intention ou Désir, ou Volonté … (ce que le Réel pourrait devenir).

L'erreur classique est de vouloir faire procéder deux de ces pôles du troisième, ce qui donne trois écoles aussi fallacieuses les unes que les autres : matérialisme, vitalisme et spiritualisme.

Matérialisme, vitalisme et spiritualisme sont trois aspects complémentaires et concomitants du monisme radical et intégral.

Comme le monisme est irréductible au seul matérialisme, il tombe sous le sens qu'un monisme athée est simplement impossible.

 

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Dès lors où l'esprit récuse tout ce qui n'appartiendrait pas à l'ordre du Réel, la notion de foi se vide de tout sens. Il n'y a rien à "croire", mais il y a tout à "voir", à "appréhender", à "comprendre", à "connaître".

Un tenant du monisme radical n'est ni croyant, ni incroyant : il est plus ou moins connaissant.

Dieu étant à la fois visage, cœur et vie du Réel, son existence est une évidence qui n'exige aucun credo.

 

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Porté par la spiritualité moniste, l'idée de Dieu migre vers celle du Divin.

Et ce Divin se manifeste sous divers visages.

Polysémie spirituelle du Divin.

Néo-paganisme. Néo-polythéisme. Néo-animisme.

 

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Les monothéismes sont à la source de la désacralisation du monde de la Vie au profit du monde fantasmagorique de la Perfection.

L'écologisme de notre époque rend cette désacralisation sacrilège.

 

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Le 07/02/2017

 

Il est prétendu que le développement des algorithmes de traduction de langue à langue, allié aux immenses puissances de calcul des ordinateurs, permettra des traductions quasi parfaites et immédiates de n'importe quelle langue vers n'importe quelle langue, ce qui abolira, de facto, l'anglais comme langue de référence internationale.

On se place là dans l'antithèse du mythe de la tour de Babel et de la "confusion des langues".

C'est d'ailleurs une constante de la culture numérique que de vouloir imposer de nouveaux mythes opposés à ceux que véhiculent les cultures humaines. On est à nouveau dans le culte fantasmagorique du "progrès", de "la libération", de "la désaliénation" et de "l'émancipation". La culture numérique est, en fait, une hyper-modernité, prisonnière des mythes des 17ème et 18ème siècles, mais débarrassée des lourdeurs et gabegie des 19ème et 20ème siècle.

Quoiqu'il en soit, l'efficacité des traducteurs robotisés est en augmentation constante, même si un algorithme ne pourra jamais, par essence, rendre les allusions et finesses poétiques, allégoriques ou symboliques d'un discours.

Pour reprendre le distinguo de Blaise Pascal, les traducteurs robotisés participeront de l'esprit de géométrie, mais n'atteindront jamais l'esprit de finesse.

Ce qu'il faut néanmoins retenir, c'est la disparition du problème linguistique, de la nécessité "d'apprendre les langues" et de la référence obsédante à l'anglais international.

 

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Le 08/02/2017

 

Dieu n'est pas un Dieu de Perfection enfermé dans un monde de Perfection extérieur à l'univers réel.

Dieu est un Dieu de Vie se réalisant dans un monde de Vie qui est l'univers réel.

 

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Prêter à Dieu des sentiments humains tels que Amour, Miséricorde, Humilité, Justice, Bonté, Jalousie, Beauté, Colère, etc … est aberrant. La seule approche sérieuse du Divin doit être apophatique.

 

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Dieu est impersonnel ; il est le "il" de "il y a", le point central de l'existence de tout ce qui existe. Il n'est pas le Dieu créateur de l'univers. Il est la créativité à l'œuvre dans l'univers.

 

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Dieu qui est l'âme cosmique c'est-à-dire le moteur animique du Tout-Un de ce qui existe, doit être trine ou ternaire. Sans cela, aucune évolution complexifiante de l'univers réel ne serait possible.

La Trinité chrétienne (Père/Fils/Esprit), la Trimurti hindoue (Brahma/Shiva/Vishnou), la Triade chinoise (Tao/Yin/Yang), la Triskèle celtique (Lug/Dagda/Ogme), le Ternaire grec (Zeus/Apollon/Dionysos), le Triangle maçonnique (Bible/Equerre/Compas ou Force/Sagesse/Beauté), la Triquètre nordique (Esprit/Corps/Âme) ou le Tripode kabbalistique (Eyn-Sof/YHWH/Shékinah) en sont les expressions spirituelles traditionnelles.

Mais pour couper court aux spéculations oiseuses des théologies, notamment catholiques, il faut clairement affirmer que ces ternaires expriment trois abstractions conceptuelles qui interagissent sur un même plan, sans hiérarchie entre elles, et qui concernent des modes de manifestation du Un et non des "personnes" ayant entre elles de relations anthropomorphes.

 

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Les seules théologie, christologie, sotériologie et eschatologie chrétiennes qui me parlent plus ou moins et font quelque écho en moi, sont celles émanant de la pensée mystique, apophatique et hésychasmique propres à l'Orthodoxie grecque.

 

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Il y a chez Nietzsche, à travers son combat contre l'étatisme, le moralisme, le christianisme, le socialisme, le nationalisme, … un fond d'anarchisme aristocratique éminemment sympathique.

Au fond, Nietzsche n'est pas si éloigné d'un Stirner, voire d'un Proudhon qui étaient presque ses contemporains (Nietzsche naît en 1844 ; Stirner meurt en 1856 et Proudhon en 1865).

 

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La théogonie ancienne grecque oppose les puissances naturelles originelles (les Titans) au puissances culturelles, nouvelles venues ( les Olympiens). Ceux-ci triomphent marquant déjà la victoire de l'anthropocentrisme sur le cosmocentrisme.

 

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De Frédéric Dufoing à propos de l'écologisme :

 

"L'essor de le réflexion sur l'environnement s'est (…) souvent opéré dans des milieux imprégnés de mysticisme, comme le romantisme européen, le transcendantalisme américain ou la contre-culture des années 1960."

 

Le mot "mysticisme" est dommage et faux, alors que le mot "mystique" est adéquat.

 

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La naissance de la ville signe la mort de la communion entre homme et Nature, le dénigrement systématique de l'animisme, de l'immanentisme et du monisme. Avec la ville apparaît le dualisme ontologique et l'idéalisme qui induira le monothéisme.

Il faut être singulièrement déconnecté de la réalité naturelle du monde de la Vie, pour inventer des ancrages imaginaires dans un monde de Perfection extérieur et étranger à la Nature et au Réel.

 

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Les quatre grandes voies spirituelles : celle du Corps est le rite, celle du Cœur est la foi, celle de l'Esprit est l'étude et celle de l'Âme est la contemplation.

 

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Ce qui devient, est divin.

 

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Le 09/02/2017

 

De Paul McCartney dans "Hey Jude" ;

 

"Don't you know that it's just you …

The movement you need is on your shoulder."

 

 

Ne sais-tu pas que ça dépend seulement de toi …

L'action dont tu as besoin repose sur tes seules épaules.

 

Hymne à l'autonomie et à la responsabilité personnelles.

Comme la liberté n'a pas de sens sans la responsabilité, la solidarité n'a pas de sens sans l'autonomie.

 

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D'Héraclite d'Ephèse :

 

"Tout est Un.

Tout est dirigé par tout."

 

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Un : le Réel.

Deux : la Mémoire (ce que le Réel est devenu) et le Désir (ce qu'il pourrait devenir).

Trois : la Substance (la surface de la Mémoire), la Règle (la moindre tension) et l'Activité (expansion et vibrionisme).

 

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La foi est l'art de donner force à une hypothèse pendant le temps qu'il faut pour que le Réel la confirme en évidence.

 

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De même que l'Esprit divin (le Logos) campe le principe de cohérence, fondateur du cosmos, à l'œuvre dans le Réel-Tout-Un, de même l'esprit humain vise la mise en cohérence de l'ensemble du vécu, perçu, reçu et conçu.

C'est cette cohérence que l'esprit humain appelle "vérité".

 

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D'Isaïe :

 

"Si vous ne croyez pas,

vous ne connaîtrez pas."

 

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La démesure humaine commence dès que l'homme se croit au-dessus de la Nature.

 

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Dieu ne pense pas, mais le Cosmos est sa pensée.

Dieu ne parle pas, mais la Nature est son discours.

Dieu n'agit pas, mais l'Evolution est son action.

 

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Chaque esprit est un fragment-reflet de l'Esprit.

L'Esprit pense au travers des esprits.

 

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L'essence de la Vie authentique est tragique. Non qu'elle soit un drame, une dramaturgie qui met en scène des rôles, mais bien qu'elle est une tragédie héraclitéenne où s'inscrivent les guerres perpétuelles entre Destin et Désir, donc entre mouvement et inertie, entre complexité et uniformité, entre expansion et concentration.

Rien ne se passe - donc rien n'existe - sans ces guerres-là.

 

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Exister, c'est se transformer.

 

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Toute démarche philosophique démarre sur le constat d'une bipolarité foncière entre ce qui pense (en moi) et ce qui est pensé (par moi). Le Sujet et l'Objet, donc. Ou, plus généralement, l'Esprit et le Monde.

Trois questions, alors, surgissent immédiatement :

  1. Qu'est-ce que l'Esprit ?
  2. Qu'est-ce que le Monde ?
  3. Quel rapport y a-t-il entre l'Esprit et le Monde ?

Cette dernière question est probablement celle qui a le plus intéressé les philosophes dont les réponses métaphysiques se répartissent sur un spectre allant d'un dualisme ontologique radical à un monisme ontologique radical, et conduisent à diverses écoles éthiques qui entendent régler, au mieux, ces rapports.

La deuxième question est le cœur du questionnement de la physique : comprendre le Monde et percer ses mystères et son ordre (le cosmos).

Le première question se dédouble par des questionnements sur la nature de l'Esprit, d'une part, et sur la phénoménologie de l'Esprit, d'autre part ; cette seconde branche a donné des réflexions sur la logique, et sur l'opposition entre rationalisme et empirisme, entre intuitionnisme et logicisme, entre nominalisme et idéalisme, etc …

Comme on le pressent, les trois questions posées stimulent l'émergence de toutes les branches du savoir qui se déploient comme un arbre de la connaissance sur trois racines.

 

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L'espace est la mesure des distances synchroniques entre les "corps" alors que le temps est la mesure des distances diachroniques entre leurs états successifs.

Le temps et l'espace sont des catégories dérivées ou secondes, des référentiels artificiels et conventionnels qui permettent d'exprimer des distances (en termes de successions ou de juxtapositions) c'est-à-dire d'exprimer le fait que ce qui existe, n'est pas confusion ou amalgame absolus.

L'espace et le temps suivent la différenciation.

L'espace et le temps expriment l'activité. Là où il n'y a aucune activité, il ne saurait y avoir ni espace, ni temps.

 

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Ce qui ne se transforme pas continument, n'existe pas. Ce qui se transforme beaucoup, existe beaucoup ; ce qui se transforme peu, existe peu.

La seule chose qui ne se transforme pas, est le néant (le non-étant).

N'existe que ce qui se transforme sans cesse.

Donc l'absolu, l'infini et la perfection, immuables par définition, n'existent pas. Dans ce qui existe, rien n'est absolu, rien n'est infini, rien n'est immuable.

Donc le Dieu des monothéismes idéalistes, puisqu'il est décrit et fondé comme absolu, infini et immuable, n'existe pas.

En revanche, le Dieu vivant du monisme radical, quelque imparfait et en cours d'accomplissement soit-il, existe bel et bien, par évidence, puisqu'il est un autre nom du Réel.

 

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La philosophie et l'histoire de la philosophie ne parlent pas de la même chose.

L'histoire de la philosophie étudie les philosophes pour ce qu'ils ont dit dans leur époque et pour leur époque.

La philosophie pure étudie ces mêmes philosophes pour ce qu'ils ont à dire à notre époque et pour notre époque.

 

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Son unité et unicité impliquent que le Réel soit, à la fois, continu et limité.

 

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Le temps - comme l'espace et toutes les catégories similaires, propres aux représentations humaines - n'est ni phénoménologique (puisqu'il est commun à tous les phénomène et leur sert de toile de fond), ni ontologique (puisqu'il est un référent artificiel et conventionnel propre à la représentation et non au Réel lui-même). Il faut ainsi inaugurer un troisième plan, ni ontologique, ni phénoménologique, que l'on pourrait appeler noétique.

On retrouve là ma vieille intuition des trois univers : l'univers-réel (ontologique), l'univers-image (phénoménologique) et l'univers-modèle (noétique).

 

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Le pont entre univers-réel et univers-image est l'expérimentation.

Le pont entre l'univers-image et l'univers-modèle est la théorisation.

Le pont entre l'univers-réel et l'univers-modèle est l'intuition.

 

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Le 11/02/2017

 

Maxime africaine :

 

"Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin."

 

Pas si sûr !

 

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Dans un très court texte intitulé "L'art de ne croire en rien" (De arte nihil credendi) que Raoul Vanheigem a eu la bonne idée de faire rééditer, un certain Geoffroy de la Vallée seigneur de la Planchette (1550-1574 : exécuté par pendaison et bûcher en place de Grève) pose un principe fort et vrai : Dieu ne peut être ni nier (on nie Dieu aussi par foi ou par crainte), ni appréhender par foi (la croyance positive) ou par crainte (la croyance négative) ; seule l'intelligence (sans foi ni crainte) peut mener à la "science" du Dieu authentique et à la "Sapience".

La foi et la crainte sont inutiles lorsque l'on sait !

 

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Pourquoi devoir croire en Dieu, puisqu'il est l'Evidence du Réel.

Pourquoi devoir craindre Dieu, puisqu'il est l'Âme du Réel.

 

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Dieu, c'est le Réel sacralisé.

 

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La sacralité naît du regard que l'on porte sur son objet. Est sacré ce que l'on voit comme tel, c'est-à-dire ce qui mérite d'être contempler avec dévotion et piété, ce que l'on considère comme digne d'admiration, de respect, de culte et de vénération sans borne.

 

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Les trois funestes erreurs intellectuelles de notre époque …

Le génétisme : le corps humain ne se réduit aucunement au génome qui n'est pas son programme de fabrication.

Le neuroscientisme : l'esprit humain ne se réduit aucunement au cerveau qui ne fonctionne absolument pas comme un ordinateur.

Le transhumanisme : le mécanique appauvrit l'organique et ne l'augmente jamais.

 

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Il n'y a pas de "fonctions publiques", il n'y a que des "pouvoirs publics".

 

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Par "public", il faut entendre "ennemi du privé".

 

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Il n'existe aucun "espace public" ; il n'existe qu'un vaste réseau d'espaces privés.

 

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Le 12/02/2017

 

Je ne suis ni croyant, ni religieux ; je suis mystique. Je n'ai que faire de foi ou de religion ; mon évidence mystique me comble.

 

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Durant la querelle des universaux, j'aurais été un farouche nominaliste : les "idées" ne sont jamais que des mots humains sur des lambeaux déchiquetés artificiel s du Réel.

 

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De Bernard Reymond (théologien protestant) :

 

"La négligence est le contraire de la religion."

 

Le verbe latin negligere pointe vers la même racine que religere : ligere, une fois niée (neg) et l'autre fois amplifiée (re). Le verbe latin ligere n'existe pas, mais pointe soit, préférentiellement (vu les prétérits et les supins), vers legere ("cueillir, enrouler, trier, effleurer, expliquer, lire"), soit vers ligare ("lier, attacher, ratifier").

La négligence, c'est ne pas cueillir, laisser pourrir sur pied ou sur branche ; la religion, c'est cueillir avec avidité les fruits de la vie …

 

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Il ne faut plus trop parler de religion, mais de religiosité … c'est-à-dire, en fait, de capacité ou de recherche de "reliance".

 

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Je suis né dans un grand vide.

Je me suis donc inventé.

 

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La relation entre l'homme et le réel doit relever de la plus pure intimité, de la plus intense connivence.

 

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Quand suis-je né véritablement ? Peut-être ne le suis-je pas encore …

 

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La claire conscience d'une vraie interdépendance universelle et cosmique est la source profonde et unique de toute religiosité.

 

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Le 13/02/2017

 

Schleiermacher a raison d'y insister : une religion individuelle est un non sens. Une religion est collective ou n'est pas. Ce qui est personnel, c'est la spiritualité, la mystique, la religiosité, l'intuition métaphysique ou éthique, l'illumination initiatique, … mais jamais la religion qui requiert, par essence, une appartenance communautaire.

La religion, c'est se relier à d'autres par des croyances et des rites communs.

 

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Le sectarisme et le prosélytisme sont les deux cancers du fait religieux.

 

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Toute connaissance qui ne libère pas, est mensonge.

 

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Le 14/02/2017

 

Le rapport 2015 du Conseil National du Renseignement américain a été publié, en français (chez Equateurs Document), sous le titre racoleur et mensonger de : "Le monde en 2035 vu par la CIA".

 

Ce rapport, comme il fallait s'y attendre, repose sur cinq piliers notoirement faux :

  1. Le monde est et doit rester une constellation d'Etats centraux et souverains, plus ou moins régis par le démocratisme (qui doit rester le modèle politique unique, malgré son échec notoire) et le droit-de-l'hommisme (qui doit rester le fondement unique de la morale planétaire). Ces Etats centraux développent entre eux des relations amies ou ennemies selon des logiques de guerre et de prédominance où, bien sûr, les USA devraient continuer de jouer un rôle majeur et hégémonique. Ces gens, auteurs de ce rapport, sont obsédés par la militarisation du monde, la force nucléaire, la paranoïa idéologique et la schizophrénie guerrière.
  2. Le monde, malgré 1983 en Chine et 1989 en URSS, reste, pour eux, radicalement binaire : la Russie et la Chine et leurs amis étant d'un côté, les USA, son toutou européen et ses colonies sud-américaine et océanienne étant de l'autre. Il est impensable, à leurs yeux, que l'Europe s'affranchisse clairement de la tutelle américaine pour se rapprocher, enfin, de la Russie et de la Chine contre les USA, l'OTAN, le FMI, l'OMC, et toutes ces institutions américaines, imposées au monde depuis bien trop longtemps. Ces gens ne comprennent pas que ce qu'ils appellent la "mondialisation", ne fut que l'américanisation du monde, que cette américanisation est un échec et se termine, et que le monde est en voie de continentalisations.
  3. Le moteur du monde reste et doit rester, à leurs yeux, la croissance économique qui serait la panacée à tous les maux : les gens riches ne font pas d'histoire et veulent vivre en paix, repus. Nulle part, dans ce rapport catastrophique, il n'est fait mention des immenses logiques pénuriques accélérées qui pèsent sur toutes les ressources naturelles et qui interdisent de continuer dans l'actuelle logique suicidaire de croissance économique matérielle.
  4. Nulle part dans ce rapport, il n'est fait mention du rôle infect joué par l'Arabie saoudite (indéfectible allié pétrolier des USA) dans le financement planétaire du salafisme et du djihadisme. En revanche, le rapport conspue sans cesse l'Iran et le chiisme. De même, peu est dit de l'ignoble dictature turque d'Erdogan, fidèle allié et hôte de l'OTAN.
  5. Enfin, partout, ce rapport encense la mythologie technologique et, sans trop le dire, adhère aux thèses transhumanistes.

 

Rien d'étonnant à tout cela. Les institutions américaines sont incapables d'entendre et de voir que le monde vit une mutation paradigmatique majeure, comme il en apparaît une tous les 550 ans en moyenne. La logique de la modernité, dont les USA se sont fait le parangon depuis la fin de la première guerre mondiale, est morte. Les institutions américaines (mais aussi les institutions européennes, mais dans une moindre mesure, espérons-le) ne peuvent accepter d'imaginer un seul instant que c'est leur modèle socioéconomique de base qui est moribond et que ce sont elles qui sont les responsables du marasme mondial actuel, en livrant des guerres militaires, monétaires, économiques, technologiques qui n'ont plus aucun sens, mais qui mettent la planète à feu et à sang.

 

Monsieur Trump, je vous en prie, allez au bout de votre bonne logique de repli massif des USA sur eux-mêmes, de démantèlement de l'OTAN, de rejet des grands traités commerciaux … Faites que les USA fichent enfin la paix au monde.

US GO HOME !

 

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J'ai de plus en plus la pénible impression que l'on ne presse pas au portillon pour rejoindre la vision pourtant évident de la fin de la Modernité et de ses modèles. Or, les échéances s'approchent à toute vitesse et l'urgence est là.

Et il n'y a pas que les caciques politiques qui soient des handicapés intellectuels, les élites académiques et les dirigeants économiques (FMI, OMC, MEDEF, grosses entreprises, GAFA, …) sont tout aussi incapables de comprendre et d'envisager la mutation paradigmatique en cours.

 

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Mon ennemi définitif est l'étatisme sous toutes ses formes, surtout s'il est jacobin. Le pouvoir public, le service public, la fonction publique sont des leurres absolus qui permettent à une caste de caciques (politiques et fonctionnaires) de vivre au crochet des communautés de vie et de phagocyter le pouvoir et les privilèges et prébendes qui en découlent.

 

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Outre que toutes les formes d'égalitarisme sont contre-nature et contre-productives, je reste sceptique sur les nouvelles pédagogies dites "libres", sur ces méthodes de la découverte personnelle et du projet collectif : elles sont sans doute fructueuses pour l'apprentissage des sciences et pratiques dites "humaines", mais je ne peux croire en leur efficacité pour les sciences dites "dures" ou exactes qui sont des apprentissages difficiles obligeant à nier l'évidence apparente pour accéder à des niveaux d'abstraction et exigeant une ascèse intellectuelle, une discipline de l'effort, une continuité laborieuse dans l'obstination d'en percer les arcanes.

Autrement dit, je crois ces méthodes efficaces pour l'apprentissage des savoirs et savoir-être de la vie pratique, jusque vers 14 ou 16 ans, mais je doute clairement qu'elles puissent aller beaucoup plus loin.

Mais bien sûr, je ne suis ni psychologue, ni sociologue, ni pédagogue (Dieu m'en préserve !) ... je constate seulement que le pédagogisme qui sévit en France, a fait s'effondrer le niveau scolaire global et que, pour le dire crûment, l'école est devenue une usine à fabriquer des ignares.

 

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Le 14/02/2017

 

Il est probable que nous vivons la fin du couple et, donc, de la famille au sens nucléaire.

Voici venir le règne des amours de courtes durées, des domiciles toujours séparés mais avec des visites réciproques, des activités parfois communes, des enfants en garde partagée ou pas, des communautés de vie regroupant, plus ou moins lâchement, le réseau des actuels, de leurs parents ascendants et latéraux, de leurs ex et de leurs actuels à eux, des enfants de tout ce petit monde, chacun vivant chez soi et le tout circulant chez l'un chez l'autre …

A la séparation pure et simple des biens vient se superposer la séparation pure et simple des lieux de vie : chacun sa vie … mais on se rend visite, on se téléphone, on tchatche, on s'amuse ensemble, …

 

La jeune population citadine, contre les arguments en faveur de l'union maritale et la famille nucléaire, est en train de choisir massivement une autre voie que le couple durable (que le couple tout court, d'ailleurs).

Ce fait est un fait. On peut lui trouver beaucoup de raisons (qui ne sont pas nécessairement bonnes). Les principales ? L'immédiateté et le court-termisme généralisés, le narcissisme ou le nombrilisme égotiques, la peur (le refus !) de s'engager (tant dans le couple que dans la procréation : cette population-là ne fait que très peu d'enfants, voire pratique l'abstinence sexuelle), la perte de confiance (voire la panique) en l'avenir, le refus libertaire des institutions (le mariage "officiel" en est aussi une), la désacralisation de tout (la laïcisation de la vie et le désenchantement universel), etc …

Ce que je crois, c'est qu'il ne s'agit pas d'un épiphénomène passager, mais bien d'une tendance de fond.

 

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Au contraire de l'animal humain, l'homme authentique se définit d'abord comme une personne. La personne, catégorie éthique et spirituelle, s'oppose à l'individu, catégorie sociologique et matérielle.

 

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De Nicolas Berdiaev :

 

"La démocratie est indifférente au Bien et au Mal"

 

Et :

 

"La liberté n'est pas un droit, c'est un devoir."

 

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L'essence même de l'Être est l'existence, c'est-à-dire le Devenir.

 

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Le 16/02/2017

 

La dialectique du Maître et de l'Esclave telle que l'a esquissée Hegel, est venue alimenter le cœur du mouvement des "jeunes Hégéliens" ou "Hégéliens de gauche" qui, de Engels ou Marx à Sartre ou Kojève, a complètement perverti le vaste système métaphysique, moniste et spiritualiste, de Hegel pour n'en retenir qu'un trait anecdotique.

C'est dans cette mésinterprétation parodique que s'ancre tout le gauchisme contemporain.

 

Voici l'histoire …

Chaque entité consciente de soi - habitée par un esprit qui pense son intériorité face à son extériorité - est mue par deux moteurs : le désir insatiable de survivre et le désir d'affirmer sa liberté.

Chaque Je est porteur de ces deux moteurs de vie. Lorsque un Je rencontre un Tu animé des deux mêmes désirs que lui, la confrontation s'installe entre eux. En cas d'inégalité de puissance entre eux, le plus faible, dont le désir de survie prime celui de liberté, va finir par se soumettre, et devenir l'Esclave de l'autre, devenu Maître. Ce faisant, l'Esclave perd toute autonomie et toute conscience de soi, pour devenir partie intégrante du Maître.

Le Maître pourra dès lors utiliser l'Esclave pour toutes sortes de travaux, de productions ou de services à son usage.

Progressivement, le besoin croissant qu'a le Maître desdits travaux, produits ou services qu'il ne fait plus et ne saura plus faire, rendra l'Esclave de plus en plus indispensable jusqu'au point limite de la révolution où l'Esclave devient tellement indispensablement vital au Maître que le rapport des forces s'inverse et que l'Esclave devient Maître de l'ancien Maître ravalé au rang d'Esclave.

Toute la dialectique marxiste est construite sur une telle dialectique entre le Capital et le Prolétariat.

 

Deux erreurs profondes affaiblissent tout ce montage.

 

La première, due à Hegel lui-même (alors encore hypnotisé par le mythe de la "révolution française" et de la "liberté du peuple"), fut de croire que le moteur des entités conscientes de soi, fussent le désir de survie et le désir de liberté. La liberté et la vie sont des conditions parmi bien d'autres, mais non des moteurs, au service de l'accomplissement non de soi, mais de ce qu'on porte en soi et de ce qui vit autour de soi. Dans le face à face entre le Je et le Tu, le problème n'est donc pas l'affrontement dans un rapport inégal de forces ; le problème est de s'accomplir étant donné la contrainte d'un Tu qui cherche aussi son accomplissement. Le conflit darwinien de la lutte pour la vie est loin d'être la seule issue à cette configuration de contraintes pour un processus commun d'accomplissement. De plus, la liberté posée ici en absolu moral, n'est ni un absolu (on est libre ou pas pour faire quelque chose), ni une revendication majeure des humains qui, de très loin, préfèrent la servitude volontaire au service de leur éternel panem et circenses.

 

La seconde erreur est d'être passé à côté du monisme spiritualiste hégélien et d'avoir mal lu Hegel qui résout la tension entre le Je et le Tu dans le Nous qui est une entité consciente de soi d'un niveau supérieur où une puissance synergétique émerge qui renforce à la fois le Je et le Tu, sans les léser. Ce Nous, à son tour, rencontrera et fusionnera avec d'autres Nous jusqu'à atteindre le peuple tout entier - incarné par l'Etat idéal (selon Hegel) -, puis la totalité de la sphère humaine, puis celle de la biosphère avec tous les vivants, puis celle de l'univers, puis, in fine, celle de Dieu (l'entité consciente de soi absolue qui est l'Esprit absolu et qui enveloppe et inclut toutes les autres).

 

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Le slogan de la "Liberté" est typique des aboiements de la "révolution" française de 1789 et il reste au cœur de la vie politique française. L'histoire montre sans peine que le peuple français n'a jamais été aussi peu libre que depuis l'avènement de la République (en 1870), dans la dictature sournoise de la démocratie, de la démagogie, de l'étatisme, de la bureaucratie, du laïcisme, etc … et que cette aliénation du "tout pour l'Etat" n'a, depuis, fait que croître en embellir.

 

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Le face à face du Je et du Tu est au centre de toute la problématique des notions de vie communautaire et de construction sociétale.

Il faut poser, comme prérequis, que tout être humain doué de conscience de ses limites et de ses interdépendances, mais aussi de son désir d'accomplissement le plus total, n'est ni bon, ni mauvais, mais que sa nature tend à favoriser sa paresse, son nombrilisme et son hédonisme. La voie de la moindre tension est la loi universelle pour la dissipation des situation conflictuelle.

Dans leur face à face, le Je et le Tu ne sont rivaux ou concurrents que par rapport à un Il qui leur est extérieur, sans être nécessairement humain (le Il peut être un bout de viande ou un kilo de pommes, ou un marteau).

En l'absence de toute rivalité ou concurrence potentielles, la rencontre du Je et du Tu n'est qu'une opportunité neutre de collaboration entre eux, dont chacun pourra bénéficier. Dans ces conditions, un Nous se met en place, plus ou moins durablement, selon le bénéfice de la collaboration (qui peut-être matériel ou immatériel, pratique ou hédonique, affectif ou intellectuel, moral ou spirituel, …) et l'équité de la relation.

Le Nous ainsi créé est labile, d'une durée de vie proportionnée à l'importance de la collaboration et à son bénéfice.

Remarquons que ce bénéfice même peut parfois devenir un Il au milieu de la relation entre Je et Tu.

Plus généralement, le conflit ne peut apparaître entre eux que par la présence d'un Il au sein de la relation entre le Je et le Tu.

Ce Il devient l'enjeu de la relation.

Par rapport à ce Il convoité, Je et Tu développeront bien des stratégies de guerre, de partage (de quantité ou dans le temps), d'échange, de mise en commun, …

En gros, toutes les stratégies de guerre (violente ou non, physique ou psychique, etc …) tue le Nous. Les autres le fonde selon des modalités diverses comme la confiance, l'amitié, la connivence, la fraternité, l'association, le contrat, …

Les naturalistes parlent, dans un cas, de prédation, dans l'autre, de mutuellisme, de commensalité, de symbiose, etc …

Ce qu'il faut retenir, c'est que toutes les misères humaines viennent de l'existence d'un Il tiers qui devient l'enjeu de la relation potentiellement conflictuelle entre Je et Tu.

Le secret de la paix entre les hommes revient tout entier, sinon à l'éradication, du moins à la marginalisation des enjeux tiers entre eux, par intériorité, spiritualité, frugalité, autonomie …

 

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Pourquoi parler de cataclysme "néolibéral" alors que le libéralisme (c'est-à-dire l'anti-idéologie opposée à l'étatisme et à toutes les idéologies socio-économico-politiques) est totalement étranger au marasme actuel et n'est pratiqué nulle part dans le monde, surtout pas par les Etats et consortium qui s'en réclament. Le calamiteux cataclysme actuel est dû au financiarisme c'est-à-dire à la collusion, autour de l'argent, des toutes les institutions politiques (les Etats, les administrations, les ONG, les partis, les syndicats, …), économiques (les instances et fédérations monétaires, commerciales, financières) et noétiques (les experts académiques et technologiques).

Il faut cesser de crier haro sur le libéralisme qui est précisément la seule voie de libération de l'emprise de toutes ces institutions totalitarisantes.

 

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De Raphaële Karavan à propos du livre "Pour tout résoudre, cliquez ici" d'Evgeny Morozov :

 

"Ce pouvoir d'une entreprise comme Google sur les données est accentué par sa situation de monopole. Un monopole inoffensif pour les utilisateurs finaux, dans la mesure où la plupart des services de Google sont gratuits. Et plus Google est omniprésent, plus il est utile, puisque plus il connaît les moindres recoins de votre comportement. Il va bien falloir trouver des solutions pour réguler ces nouveaux types de monopole."

 

Voici la présentation de ce livre :

 

" Le livre 'Pour tout résoudre, cliquez ici' dénonce le discours employé par les entreprises et les chantres de la Silicon Valley qui veulent nous faire croire que grâce à l internet et aux nouvelles technologies tous les aspects de notre vie seront améliorés et la plupart des problèmes du monde disparaîtront. Evgeny Morozov démontre qu il n y a pas une « application » comme réponse simple et immédiate à tous les enjeux sociétaux ni même à nos problèmes individuels. Il met en lumière deux concepts-clés, le solutionnisme et « l internet-centrisme », qui permettent de comprendre les schémas de pensée à l œuvre derrière la révolution numérique. Cet ouvrage porte un regard neuf et salutaire sur le numérique et sur nos usages. Il nous met en garde contre la croyance en un miracle technique et en un monde à l efficacité sans faille où chacun serait contraint de revêtir la camisole de force numérique de la Silicon Valley. "

 

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Pourquoi toujours vouloir débattre (c'est une maladie générationnelle) ?

Il ne sort JAMAIS rien d'un débat (le convaincus restent convaincus, les opposants restent opposants, les indécis ne comprennent rien).

On me demande mes opinions, je les donne.

Moi, je ne vous demande pas les vôtres. Je me fous de ce que les autres pensent.

Pour nourrir ma pensée, plutôt que le babil de mes contemporains, j'ai une bibliothèque contenant tous les grands penseurs de l'humanité.

Que demander de plus ?

 

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Voici l'intégrale de mes réponses à une interview posée comme douze mots-clés à commenter …

 

Douze thèmes …

 

L'écologie politique

 

L'écologie est une science, d'abord, qui étudie l'habitat biosphérique humain. L'écologie est une éthique ensuite, un mode de vie n'appartenant à aucune doctrine politique. Mais ce que n'est pas l'écologie, sous peine de perdre son âme, c'est une idéologie et, encore moins, un parti politiques. Dire que l'écologie est une idéologie de gauche est le meilleur moyen de l'assassiner pour deux raisons majeures. Le première : réduire l'écologie à une idéologie, signifierait qu'il existerait un monde idéal écologique prédéfini, ce qui est faux ! La seconde : affirmer que l'écologie devrait être de gauche c'est-à-dire populiste, égalitariste, démagogue, est une contre-vérité absolue : les citoyens les plus concernés et engagés par et pour l'écologie viennent des classes supérieures ; les masses populaires n'en ont rien à fiche.

Vivre en écologiste, aujourd'hui, est un acte aristocratique.

 

Le salariat

 

Le salariat a été un généreuse et appréciable invention du début du 20ème siècle, liée au développement rapide du modèle financiaro-industriel. Aujourd'hui, il n'y a presque plus d'usines, la classe ouvrière s'est réduite en peau de chagrin, les coûts de navette deviennent prohibitif, l'explosion des spécialités individualise les métiers et les tâches, le télétravail deviendra rapidement la norme. La salariat est mort ! Chacun sera indépendant ou associé, et se réappropriera sa propre vie professionnelle, ses propres compétences (qui est son propre fonds de commerce), sa propre autonomie économique, ses propres responsabilités de vie. Le salariat fut le dernier avatar de l'esclavage.

 

L'Etat

 

L'Etat est un invention artificielle et immonde de l'Ancien Régime, royal ou impérial. L'Etat est un machinerie administrative, fiscale et financière, qui, pour se légitimer, inventa, a postériori, et imposa, par la violence de ses hussards, les notions de Pays, de Patrie, de Nation ou de Peuple qui sont toutes vides de toute signification. La réalité sociétale est un vaste réseau intriqué de communautés de vie ayant peu de liens entre elles et donc faciles à phagocyter. C'est ce qui fit l'Etat, "ce monstre froid", disait Nietzsche. Pour asseoir ses pouvoir et gagner ses privilèges et prébendes, l'Etat a inventé les plus grands leurres absurdes de tous les temps : le pouvoir public, la fonction publique, les services publics … autant de gouffres à milliards aussi inefficaces qu'inutiles, qui ont détruit les réseaux de solidarité réelle qui existaient depuis des millénaires.

 

La démocratie

 

La démocratie porte en elle une ambiguïté majeure : celle qui différencie la "gouvernance par le peuple" (c'est la version habituelle) et celle de la "gouvernance pour le peuple" (et non au profit d'une minorité privilégiée). Cette seconde version était celle pratiquée par l'aristocratie athénienne antique.

De plus, de nos jours, on confond allègrement "démocratie" et "suffrage universel". Rien n'est plus faux. Tout au contraire : la suffrage universel institue la tyrannie des plus nombreux donc, statistiquement, des plus crétins qui poussent au pouvoir des démagogues avec des dents qui raient le parquet, à gauche, à droite et ailleurs.

Il faut retourner à une démocratie athénienne, sans élection, par tirage au sort, parmi des sages possédant les connaissances, les compétences, les talents, les valeurs, le courage et l'éthique suffisants pour gouverner, gratuitement, pour un seul mandat.

 

L'Europe

 

La mondialisation qui n'était, en fait, que l'américanisation des modèles face à la globalisation des problématiques, est en train de mourir. Plus personne ne veut vraiment de ces modèles-là (consumérisme, financiarisme, droit-de-l'hommisme, démagogisme, affairisme, militarisme, industrialisme, gigantisme, étatisme, bureaucratisme,…). Cette déliquescence de l'américanisation (qui sera accélérée grâce à Donald Trump), induit une continentalisation du monde socioéconomique et religio-culturel qui donnera raison à Samuel Huntington. L'Europe est indispensable et vitale. Sans elle, les pays qui y fanfaronnent encore en se réclamant de leur puissance ancienne, seront balayés comme fétus de paille. Mais il faut une Europe forte, fédérée réellement, non plus une Europe pyramidale des Etats, mais une Europe mosaïque et réticulée des vraies communautés de vie réelle (les terroirs et régions).

Il faut éliminer la couche nationale entre la couche locale et la couche continentale.

 

Les Etats-Unis

 

Les Etats-Unis (mon pays d'origine) se sont faits (avec la complicité européenne) les champion des valeurs positivistes, utilitaristes, démagogiques et humanitaristes du 19ème siècle, et du financiaro-industrialisme du 20ème siècle qui, ensemble, constituent les forces destructives de la dégénérescence inéluctable et irréversible du paradigme de la Modernité. Des champions armés jusqu'aux dents et capables de toutes les vilénies et trahisons, exactions et tricheries pour parvenir à leurs fins.

Depuis 1917, les USA entretiennent une guerre mondiale ininterrompue à leur bénéfice. Et ce n'est pas fini. Et les Américains, dont toute ma famille, sont incapables de comprendre que l'American way of life relève d'un paradigme moribond et mortel, qu'il faut abroger au plus vite. Les USA sont devenus l'ennemi public numéro un partout. Il faut démanteler l'OTAN, le FMI, l'OMC, etc … : US GO HOME !

 

La disruption digitale.

 

La révolution numérique ne pourra être considérée comme un vrai tremplin de libération des énergies mentales humaines, que dans la stricte mesure où l'on dénonce, avec véhémence, ces faiseurs de gadgets inutiles que sont les GAFA. Ceux-ci ne produisent aucune valeur d'utilité. Ils vendent du ludique sans intérêt. L'avenir du numérique n'est pas en Californie, mais en Europe et en Extrême-orient où s'inventent les nouvelles générations de robots qui libéreront les humains de tous les travaux inintelligents qui ne nécessitent aucune virtuosité.

L'avenir de l'humanité ne passe pas par cette mythologie absurde du transhumanisme ; elle passe par le développement de toutes les virtuosités humaines qu'aucun robot, jamais, ne pourra rêver d'égaler. N'oublions jamais, contre le mythe ridicule de "l'intelligence artificielle", que les fleurs artificielles ne sont jamais des fleurs ; qu'un ordinateur est une machine mécanique stupide que ne peut qu'ajouter des zéros et des uns en obéissant aveuglément à des programmes, méta-programmes et algorithmes conçus par de l'intelligence humaine et rien qu'humaine.

 

le futur : un médiéval-connecté ?

 

Si par "médiéval-connecté", on entend une organisation sociétale ayant éradiqué tout pouvoir étatique jacobin central et étant conçue comme un vaste réseau de petites communautés de vie interconnectées, interagissantes et fédérées par une projet d'avenir commun, alors pourquoi pas ?

 

Les présidentielles françaises de 2017.

 

A l'échelle mondiale ? Un parfait non événement. Il y a longtemps que la France "ne joue plus avec", nulle part. Parlons court. D'abord, un taux d'abstention phénoménal. Ensuite, au second tour : Le Pen contre Fillon (si cesse le lynchage) ou Macron car tout le reste est insignifiant, archaïque, passéiste. Si Marine passe : elle n'aura aucun pouvoir réel car les législatives joueront contre elle. Si Fillon ou Macron passent : la France a peut-être une chance d'enfin sortir du social-étatisme actuel, de laisser travailler, créer, inventer et entreprendre tous ceux qui en ont envie, et d'éradiquer la kyrielle des assistanats castrateurs qui empêchent beaucoup de gens de redevenir maître de leur existence et de se construire une vraie autonomie sociale.

 

Fin du monde : Armageddon ou Némésis ?

 

"Armageddon" et "Némésis" sont des titres de film. Comme je n'ai pas de temps à perdre à ne rien apprendre d'intelligent, je hais l'audiovisuel en général, la télévision et le cinéma en particulier. Je ne connais donc pas ces niaiseries hollywoodiennes.

Wikipedia m'apprend qu'Armageddon met en scène une fin de l'humanité par heurt majeur avec un astéroïde géant (la cause de la fin est donc extérieure et incontrôlable) et que Némésis met en scène une guerre entre humains "naturels" et humains "transhumanisés" (la cause de la fin de l'humanité est donc intérieure et justiciable).

Je ne crois pas au scénario "astéroïde géant", mais je n'exclus nullement les catastrophes naturelles, pandémies ou épizooties largement causées par la folie des activités humaines.

L'autre vision, liée à l'invasion mortifère et létale des technologies inhumaines n'est pas de la science-fiction : nous sommes déjà dans "1984" et dans "Le meilleur des mondes" (qui sont des livres et non des films).

 

D'après la Bible hébraïque, Har-Megiddo (la colline de Megiddo) est le lieu d'une bataille perdue des Judéens contre l'armée de Pharaon ; ce nom est utilisé dans l'Apocalypse chrétienne (Apo.:16;16) pour désigner le champ de bataille où s'affrontent la Bête (parfois identifiée au Léviathan) et la "Fureur de Dieu" symbolisée par le "Fidèle et Véritable" portant la couronne mystique, monté sur son cheval blanc (Apo.:19;11-13).

Quant à Némésis, elle ressortit de la mythologie grecque où elle campe la "Vengeance des dieux".

Dans les deux cas, la "fin des temps" serait l'ultime bataille entre l'humain et le Divin : la fin de l'orgueil du relatif qui se prend pour l'absolu, la fin de "l'homme mesure de toute chose", fondement de l'humanisme et de l'anthropocentrisme narcissique et nombriliste.

Dans les deux cas aussi, l'humanité est fendue en deux : d'un côté les Elus, en petit nombre, qui survivront et de l'autre, les Damnés qui disparaitront définitivement.

Je crois qu'il va se passer quelque chose comme cela : après le grand cataclysme (proche), il restera moins de deux milliards d'humains sur Terre qui reconstruiront une civilisation spirituelle, intériorisée, en harmonie avec la Nature. Il est temps de rentrer dans une logique "Arche de Noé".

 

L'enfance …

 

L'enfance ? Une maladie infantile dont il faut guérir le plus vite possible afin de devenir adulte, enfin (j'ai élever six enfants !). Un constat : 80% de nos contemporains sont encore des grands enfants débiles et maladroits qui croient encore aux contes de fées (ils votent à gauche), aux ogres (ils conspuent Trump et Poutine) et aux lutins maléfiques (ils admirent Mitterrand ou De Gaulle). C'est affligeant de les voir passer leur vie à jouer et à ne vouloir que jouer. Les démagogues de tous poils l'on parfaitement compris : ils leur donnent du panem et circenses (du foot et du McDo) … et ils empochent le magot collectif.

 

Un jardin secret ?

 

Des jardins, oui, mais pas secrets.

Des jardins intellectuels avec des noms qui enchantent mes pensées et remplissent mes bibliothèques : Héraclite, Anaximandre, Anaxagore, Aristote, Chrysippe, Diogène, … Bruno, Spinoza, Pascal, Leibniz, Newton, … Schelling, Hegel, Novalis, Schopenhauer, Nietzsche … Bergson, Einstein, Schrödinger, Teilhard de Chardin, Saint-Exupéry, Mounier, Whitehead, Lavelle, Heidegger, Prigogine …et, plus loin : Lao-Tseu, Tchouang-Tseu, Lie-Tseu, Shankara, Vivekananda, Svâmi Prajñânpad, Dôgen, Suzuki …

Et un autre jardin : le Morvan, ma ferme, mes bois, sources, prairies, potagers et étangs, mes ruches, mes bêtes …

Et un dernier jardin magnifique, cadeau des dieux : la dame qui consent à partager sa vie avec moi !

Et entre tout cela : un jardin spirituel : celui du monisme spiritualiste bien symbolisé par Dionysos ou Shiva.

 

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Toute création est doublement destructive puisque, d'abord, ce qui était avant est remplacé par ce qui suit l'acte et, ensuite, l'acte consomme des ressources qui ont été arrachées à ce qu'il y avait là.

 

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Moins on sait et moins on pense, plus on veut causer, échanger, partager, débattre …

Se taire et faire silence, enfin, pour lire, étudier, penser, écrire.

Tout ce qui n'est pas parfaitement silencieux est parfaitement inutile et pervers.

 

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La Nature (ce qui est indépendant de l'homme, ce qui est sauvage) se transforme en Monde (ce qui est l'habitat de l'homme) sous l'effet de l'action humaine.

Et ce monde est le réseau dense et intriqué de tous les mondes individuels et personnels de chaque humain.

Là où passe l'homme, le Monde remplace la Nature : le naturel est balayé au profit du mondain.

Sur Terre, aujourd'hui, le mondain a quasi totalement éradiqué le naturel.

Ce rapport du mondain et du naturel est central pour évaluer la capacité de survie de l'humanité.

 

 

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Comme l'exprime Kojève, Hegel, à très juste titre, reproche amèrement à la physique de Newton (je dirai à la cosmologie, depuis Galilée jusqu'à nos jours) de "réfléchir sur le Réel en se situant hors de lui, sans qu'on puisse savoir au juste où".

Au fond, cette science-là, implicitement, accepte le dualisme ontologique platonicien et chrétien et se pose à la place de Dieu hors de l'univers pour le scruter, plutôt que de se placer comme Dieu, dans l'univers, pour le vivre.

Dans ces conditions, la dialectique scientifique ne relève pas d'un dialogue entre un intérieur et son extérieur, de natures différentes, mais bien d'un dialogue entre une partie et son Tout, de même nature.

 

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Le 17/02/2017

 

La Modernité naît sur une terrible inversion qui fait passer du théocosmocentrisme à l'anthropocentrisme. Les Lumières, Kant en tête, pousseront cette funeste inversion à son acmé, avec les conséquences que l'on connaît : le criticisme du 18ème siècle, le positivisme du 19ème siècle et le nihilisme du 20ème siècle. Terrible et létale histoire d'un nombrilisme humain que l'on drape du joli nom d'humanisme, mais qui n'est qu'un profond délire d'orgueil.

Le responsable premier de cette inversion catastrophique est René Descartes.

Lorsqu'il pose son "Je pense donc je suis", il place le Je au centre de son dispositif. Et comme ce Je singulier rencontre vite d'autres Je humains qui, eux aussi, disent "Je", du Je à l'homme, il n'y a qu'un pas que Descartes franchit allègrement en scindant l'homme en deux, corps et âme, et en scindant le Réel en deux (en suite de Platon) : le monde de la Perfection idéale autour du Dieu étranger, duquel participe l'âme de l'homme, et le monde de la Vie réelle autour de la matière mécanique, duquel participe le corps de l'homme.

Le "Je pense donc je suis" est égocentrique, donc anthropocentrique puisque c'est un homme qui se revendique pour tel, qui parle.

 

Il faut remarquer que Descartes écrit : "Je pense donc je suis" et non pas : "Je pense donc j'existe". Il se fonde lui-même comme Être et non comme simple existant, comme simple étant-là, comme simple Dasein heideggérien. Il est l'Être, reléguant Dieu aux confins d'un monde de Perfection si lointain qu'il partira progressivement en exil tout au long des 17ème, 18ème, 19ème et 20ème siècles, jusqu'à disparaître de vue et, sans doute pour donner raison à la prémonition nietzschéenne, aller mourir dans un néant improbable.

L'idée que "penser est exister" est aussi vieille que superbe, mais n'a rien de cartésienne. C'est le Je qui est cartésien, qui fonde les philosophies du sujet dans lesquelles s'enlisera la philosophie, surtout au 20ème siècle.

Cette préséance du Je fut récusée très tôt par Pascal, par Spinoza, par Leibniz. Mais, las, rien n'y fit : que peuvent l'intelligence et l'esprit de finesse contre l'orgueil et l'esprit de géométrie.

De même, la rébellion romantique fit long feu avec Schelling et Hegel (dont le système théocosmocentrique fut dévoyé vers l'humanisme par les "jeunes hégéliens" ou "hégéliens de gauche").

 

Pourtant, l'alternative théocosmocentrique au "Je pense donc je suis" cartésien, eût été : "Il y a pensée donc il y a existence" : elle ne manque ni de profondeur, ni de justesse, ni de panache par son humilité véridique. L'inversion moderne est toute entière dans ce passage du "Il y a" universel, impersonnel et transcendant, au "Je". Elle fonde l'occident moderne contre le taoïsme chinois ou le védantisme indien qui affirment, haut et fort, depuis au moins trois millénaires, le "Il y a pensée donc il y a existence" : "Je pense donc je suis" leur fait horreur par l'arrogance perverse et vaniteuse qu'il démontre.

 

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Sujet et objet. Projet et trajet.

Sujet et objet sont les deux pôles du dilemme spatial et objectal.

Projet et trajet sont ceux du dilemme temporel et processuel.

Sujet : ce qui est sous le jet, celui par qui le jet jaillit.

Objet ; ce qui est en face du jet, ce qui cause le jet.

Projet : ce pour quoi est le jet, ce que vise le jet.

Trajet : ce à travers (trans) quoi passe le jet, ce que traverse le jet.

Ces quatre mots cruciaux (il y aurait aussi "rejet", "déjet" et "éjet" …) qui fondent toute philosophie, reposent sur la même racine : le "jet" venu du supin jactum du verbe latin jacere qui signifie : "jeter, lancer, envoyer".

L'acte philosophique central serait donc celui de "lancer" …

Lancer des regards pour voir … Lancer des mots pour nommer … Lancer des pierres pour détruire …

 

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On ne comprend les choses qu'en comprenant leur raison d'exister ou de se passer. C'est cela la rationalité, la "Raison". C'est pour cela que Hegel proclamait que : "Tout ce qui est réel, est rationnel et tout ce qui est rationnel, est réel". Autrement dit : tout ce qui existe, a une raison d'exister et tout ce qui a une raison d'exister, existe.

 

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Il n'y a pas Guerre sans Idéal.

Sans Idéal, il n'y a pas de Guerre.

 

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La philosophie ne devient amie des peuples et des rois qu'en se prostituant.

Les peuples ne deviennent jamais philosophes.

Les rois qui veulent être philosophes font de mauvais rois ou de mauvais philosophes.

 

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Le 18/02/2017

 

L'univers n'est pas un ensemble ; mais il est bien un Tout.

Et sur un Tout indissociable, les mathématiques ne peuvent rien dire.

 

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Pour paraphraser Spinoza, non pas : Deus sive Natura ("Dieu, autrement dit la Nature" - ce qui est en train de naître), mais plutôt : Deus sive Totum verum ("Dieu autrement dit le Tout du Réel") ou, mieux, en grec :

 

QeoV h to olon genomenon

 

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Rien de ce qui concerne les hommes ne m'intéresse vraiment, hors quelques centaines de livres.

 

Dieu et les arbres !

 

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D'Héraclite d'Ephèse :

 

"Il est sage que ceux qui ont écouté, non moi, mais le discours,

conviennent que tout est un."

 

A son propos : "Il tentait avec une rare audace de concilier l’unité ('tout est un') et le changement ('tout s’écoule')".

 

ἓν πάντα εἶναι

πάντα ῥεῖ

 

 

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Le phénoménisme, en philosophie, qui nie radicalement tout noumène (toute substance au sens de Spinoza) sous les phénomènes, est, probablement, la forme la plus extrême d'empirisme et de positivisme.

Un impasse totale qui rend impossible toute distinction entre réalité et illusion puisque ce qui est perçu, vécu, expérimenté, est le seul réel.

 

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De Louis Lavelle :

 

"(…) nous n'éprouvons aucune complaisance pour ce rêve millénaire d'une humanité qui s'acheminerait par un progrès continu et nécessaire vers un monde toujours meilleur (…)"

 

"Ne pas éprouver de complaisance" est trop peu dire !

Le progressisme est une ânerie. Progrès et regrès se compensent : ce que l'on gagne en technique et en confort, on le perd en gaieté, en liberté, en authenticité, en naturalité, en moralité, etc …

Le progrès absolu n'existe pas. Il est thermodynamiquement impossible car contraire au second principe.

Tout "progrès" est relatif, et se paie cher, ailleurs.

 

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Le grec ancien avait un joli mot : diakosmésis (qui donnerait, en français, "diacosmèse" et "diacosmétique") signifiant la "mise en ordre".

 

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De Louis Lavelle :

 

"L'homme croit toujours pouvoir inventer le monde :

mais alors il le quitte et cesse de la voir.""

 

Voilà le propre de tout idéalisme et de toute idéologie.

Et aussi :

 

"L'intellectualisme est stérile s'il n'est pas pénétré de spiritualité"

 

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L'anti-intellectualisme (si puissant, notamment aux Etats-Unis, mais aussi parmi les musulmans et chez les socialistes) est un pur produit de l'égalitarisme.

Les crétins, partout largement majoritaires, ne supportent pas cette érudition ou cette intelligence qui leur manquent si cruellement. Et les démagogues de leur emboîter le pas pour dénigrer l'intellectualisme et flatter le "bon sens populaire" qui n'existe pas ou, plutôt, qui n'est que la résultante navrante de toutes les médiocrités.

 

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La Connaissance, comme le soleil, est unique et brille pour tous. Mais, les rares qui sortent de leurs ténèbres ignares, n'en voient chacun que quelques rayons.

 

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Partout il faut bannir le mot "vérité" et le remplacer par "connaissance".

Le "vrai" n'est jamais que le "connu".

 

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Le premier pas : reconnaître la présence du Tout (qui est Un) dans chaque partie, aussi infime soit-elle.

Le second pas : reconnaître la participation de chaque partie au Tout (qui est Un).

Alors, seulement, peut commencer le cheminement initiatique vers la Vie …

 

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Il faut cultiver la gaieté pour trouver le chemin de la joie.

 

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Les principales déterminations (caractéristiques) du Réel sont son Unité, son Activité, sa Continuité, sa Cohérence, son Intrication, sa Complexité, sa Finitude, son Evolutivité, sa Créativité, son Imprévisibilité, son Organicité, sa Spiritualité.

Douze attributs - à tribus - auxquels il manque la treizième, sacerdotale : la Sacralité.

 

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D'Arthur Schopenhauer :

 

"Dire qu'une chose est belle, c'est exprimer qu'elle est l'objet de notre contemplation esthétique."

 

Mais qu'est-ce que la contemplation ? Et quand est-elle esthétique ou pas ?

Il y a contemplation lorsque son objet (le contemplé) anéantit, en l'absorbant totalement, son sujet (le contemplateur) qui n'existe plus tant il est absent de sa propre conscience de soi.

Il y a esthétique dès lors que la sensibilité (aïsthêtis), c'est-à-dire la capacité et la disponibilité à recevoir des sensations, prend la main sur toutes les autres facultés mentales.

Il y a contemplation esthétique dès lors que le sujet s'abîme totalement dans la sensibilité à l'objet.

On peut, similairement, parler de contemplation spirituelle ou intellectuelle.

Comme toutes les Idées platonicienne, la Beauté n'existe pas : il y a seulement des choses belles pour soi c'est-à-dire des déclencheurs de contemplation esthétique.

 

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Suite à la lecture d'un article - sur le site "massorti" - signé par Pierre Lazar (un ancien fonctionnaire banquier du FMI reconverti en "philosophe analytique") et intitulé "Heidegger et l'antisémitisme", bien des choses pourraient être dites.

 

Primo : Heidegger n'est pas le premier philosophe à appliquer à la lettre le "Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais".

Faut-il rappeler que : Rousseau, apôtre de la "nouvelle éducation", abandonna ses enfants à la misère ; que Voltaire, apôtre de la "nouvelle liberté", fut un lèche-botte mondain de haute volée (et un antisémite plus virulent que Heidegger) ; que Sartre, apôtre du maoïsme et de la libération, fut un collabo de Vichy (avec de Beauvoir) et un antisémite de haut vol (cfr. : "La question juive" - la cause de l'antisémitisme est les Juifs eux-mêmes !) ; que Sigmund Freud, apôtre de la psychanalyse, fut un faussaire notoire (ses "cas" de guérison sont imaginaires) en plus d'avoir été un cocaïnomane forcené (il en est mort par cancer de la mâchoire interposé) et un antisémite virulent (un Juif honteux, crachant à qui mieux mieux sur sa culture originaire) ; que Marx (encore un Juif honteux, converti au christianisme, et antisémite déclaré), apôtre de l'anticapitalisme, vécut toute sa vie aux crochets d'Engels, lui-même financé par son père banquier ; que Descartes, apôtre du rationalisme et de la hauteur de l'âme, fut un sbire mercenaire, bouffant à tous les râteliers militaires et politiques de son temps et planqué aux Pays-Bas par peur de représailles politiques ; etc …

 

Secundo : Martin Heidegger fut un lâche qui adhéra au mouvement nazi par peur de perdre sa chère place de professeur dans l'université allemande. On peut être très grand métaphysicien et très petit homme, attaché, comme un morpion à un pubis, à son petit confort bourgeois, à sa petite tranquillité et à sa petite notoriété opportuniste (la "gloire" de Heidegger ne date que des années 1950).

 

Tertio : Heidegger adhéra à l'idéologie nazie non pas du fait de l'antisémitisme (qui n'entra dans la "logique" de la "solution finale" que presque dix ans après son inscription de quelques mois comme membre du parti), mais du fait de son anticapitalisme, de son antidémocratisme, de son anti-égalitarisme (et ces trois convictions heideggériennes sont parfaitement respectables - et miennes - lorsqu'on voit les dégâts immenses causés, de nos jours, par le capitalisme financiariste, par le démagogisme démocratique et par l'égalitarisme castrateur et nivelant).

Le national-socialisme, il faut le rappeler sans cesse, comme le fascisme italien, est d'abord et avant tout un socialisme. Heidegger déchanta bien vite, mais resta dans le "système" nazi par opportunisme médiocre. De plus, il faut le rappeler, l'antisémitisme nazi est en phase avec le socialisme nazi : tous les socialismes et tous les communismes ont été farouchement antisémites pour deux raisons majeures : le communautarisme, l'élitisme et le particularisme juifs sont incompatibles avec l'égalitarisme socialiste, et l'image nauséabonde du Juif usurier ou banquier a alimenté tout l'imaginaire malsain de la gauche depuis le début du 19ème siècle.

l faut lire et relire le travail de Simon Epstein, "Un paradoxe français", qui montre que l'antisémitisme et le collaborationnisme français ont leurs racines à gauche, dans les mouvements socialistes et communistes, et non à droite où le moteur essentiel, tant de ses soutiens à Vichy que de la fondation de la Résistance, fut le patriotisme français, avant tout. En adhérant très tardivement à la "résistance", ces gauches ont réussi à se refaire une "virginité" (la gauche serait le dernier rempart contre le … fascisme) d'autant plus facilement que De Gaulle avaient besoin d'elles pour accaparer le pouvoir.

 

Quarto : c'est faire peu de cas de l'intelligence des penseurs juifs, que de laisser croire, un seul instant, que son maître Husserl, sa maîtresse Hannah Arendt et ses disciples Levinas, Jonas, Marcuse, Raymond Aron, Derrida, tous juifs, aient tous été bernés par l'antisémitisme "sournois et caché" de Heidegger.

 

Quinto : reste les "Carnets noirs" et les indiscutables allusions clairement antisémites. Il est infantile de les nier. Il serait, en revanche, judicieux et scientifique d'en faire l'exégèse : quand, comment, pourquoi, dans quelles circonstances, face à quels événements privés ou publics, ces "Carnets noirs" ont-ils été rédigés ? Reflètent-ils des convictions profondes et durables, ou reflètent-ils des mouvements d'humeur (de toutes les façons éminemment condamnables !) ?

 

Sexto : le fait que Leonardo da Vinci ou Peter-Paul Rubens ne peignaient pas eux-mêmes leurs toiles, enlève-t-il quoique ce soit à la beauté de la "Joconde" ou de la "Nuit scène", et au génie grandiose de ces maîtres des arts qui ont fait école, imposé un style, inventé des techniques, pensé des thématiques ? C'est l'œuvre qui compte et non l'homme. C'est la grandeur de l'œuvre de Heidegger qui compte et non la petitesse du bonhomme.

 

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Il est utile de constater que la plupart des Juifs qui ont été les ténors des mouvances socialo-gauchistes (Marx, Trotski, Zinoviev, Blum, etc …), aient été, aussi, des Juifs honteux, renégats, apostats et, même parfois, antisémites.

Tout au contraire, les Juifs qui ont "réussi" en affaire, avec les Rothschild en tête, se sont, au contraire, montrés fiers de leurs origines, attachés aux traditions et rites juifs, et généreux envers les communautés et mouvements juifs.

 

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Quel dommage que Michel Onfray, malgré son intelligence, sa lucidité, sa verve et son érudition, perde tant de crédibilité du fait de la virulence puérile et peu rigoureuse qu'il met dans sa haine antichrétienne et dans sa posture athéolâtre.

 

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Face au renouveau de la judéophobie (moins sous la forme de l'antijudaïsme religieux et de l'antisémitisme socioculturel, mais plus sous la forme de l'antisionisme politique), je m'interroge sur la marche à suivre : partir en guerre ouverte contre ce renouveau qui s'enracine, à la fois, dans la propagande salafiste et dans la bien-pensance socialo-gauchiste (ce combat est plutôt ma tendance actuelle) ou prendre mes cliques et mes claques et m'exiler (encore et encore …) sous d'autres cieux (lesquels ?).

Je m'affiche juif, non par fierté ou provocation, mais par affirmation de soi et par révocation de toute forme de honte ou de peur.

Mais je suis fatigué ! Le "Figaro" refuse désormais ma signature lorsque je réponds aux commentaires infects que font ses "bons lecteurs bien français" dès qu'un article concerne les Juifs ou Israël (dans "Libération" à la solde de la racaille palestinienne, je comprendrais, mais dans le "Figaro" …). Partout, une Judéophobie rampante et tous ses poncifs morbides (l'obsession juive pour l'argent, le pouvoir, la presse, …, bref : le mythe du "Protocole des Sages de Sion", ce faux notoire conçu et rédigé par les autorités tsaristes) s'expriment sans vergogne, protégés par une presse acquise (même à droite !) à la dictature culturelle du socio-gauchisme bien-pensant.

Il ne faut plus essayer de raisonner ; la bêtise mytholâtre préfère les boucs émissaires patentés à la simple lucidité. En France, malgré les dégâts actuels (et surtout à venir : une sorte de guerre civile est en marche car le salafisme a bien vu la fragilité spirituelle et culturelle de la France et va tenter d'en profiter pour islamiser ce pays, en priorité), Israël a droit à tous les opprobres malgré que ce soit le seul pays qui, depuis 1948 (70 ans l'an prochain), tienne tête à la chienlit musulmane (Fatah, Hamas, Hezbollah) et devrait, à ce titre, être pris en exemple par tous les pays occidentaux.

La France est en guerre contre l'Islam, mais en refuse le verdict et les conséquences. Et je dis bien "contre l'Islam" et non seulement contre le salafisme car, tant que les "braves" musulmans de France ne condamneront pas et ne combattront pas fermement et activement le salafisme, ils en sont les alliés et complices objectifs !

 

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Les discussions métaphysique quant à l'existence ou non de l'objet en dehors du sujet qui le perçoit et/ou conçoit, sont peut-être intellectuellement exaltantes, mais philosophiquement et spirituellement stériles.

Il faut poser un principe simple, définitivement, pour éviter de s'enliser dans des marais conceptuels sans grand intérêt pratique (car il ne suffit pas de dire sa philosophie, il faut surtout la vivre pleinement).

Ce principe simple, définitif et fondateur dit ceci : le Réel existe (il est d'ailleurs le tout de ce qui existe) et l'esprit humain qui le pense en fait partie intégrante (comme tous les sujets et tous les objets imaginables - mais cela ne signifie nullement que quelque sujet que ce soit ait une perception et/ou une conception adéquate de ce qui est réel en lui ou atour de lui).

Hors de ce principe, il n'y a que bavardages et jeux de l'esprit.

 

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Louis Lavelle forge un trépied métaphysique intéressant en disant que tout acte de pensée induit la triple conscience de la présence du Réel (sans lequel il n'y aurait pas de pensée), de sa présence au Réel (puisque la pensée s'y affirme en tant que réelle) et de son inclusion dans le Réel (puisque la pensée y et en participe),

 

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Tout ce qui existe, n'est que ce qu'il pourra devenir.

 

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Le constat est simple et péremptoire : dans ce qu'il est convenu, par euphémisme, d'appeler les démocraties occidentales, c'est l'administration bureaucratique et centralisée qui détient tous les pouvoirs (les ministres passent, l'administration reste), qui que soient les élus "démocratiques". La démocratie n'est qu'un paravent pour légitimer des pouvoirs étatiques qui fonctionnent tout seuls, sans aucune légitimité, à la solde d'un système qui n'a d'autre but que de se perpétuer et de grossir, comme une tumeur cancéreuse dans un organisme naguère sain, qui ne cesse de s'affaiblir.

 

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Le monde occidental est pentapolaire depuis longtemps : il y a la pôle latin, le pôle germanique, le pôle anglo-saxon, le pôle grec et le pôle slave.

Depuis longtemps, aussi, le pôle germanique déteint la palme de l'excellence intellectuelle avec la philosophie, la science et la musique. Et le monde anglo-saxon, celle de l'excellence économique fondée sur le pragmatisme et l'utilitarisme. Le monde grec est celui de la mémoire, mais malheureusement, n'est plus que très marginal aujourd'hui. Le monde latin brille par son obsession idéologique et politique, heureusement compensée par une vraie culture du plaisir et de la qualité de la vie. Le monde slave, lui, se singularise par son mysticisme tant religieux que patriotique.

L'Europe est donc complète : le sentimental est latin, l'intellectuel est germanique, le mémoriel est grec, le spirituel est slave et le corporel est anglo-saxon.

 

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Le 20/02/2017

 

Il faudra réétudier en détails l'effroyable imbécillité du règlement de la guerre 14-18, elle-même suite inéluctable de celle 1870-71 et cause de celle de 40-45.

Le vae victis imposé par les Alliés aux Allemands, conjugué avec l'effondrement financier de 1929, a ouvert la voie aux trois totalitarismes (socialisme-national, socialisme-fasciste et socialisme-communiste) qui ont permis aux Américains de mettre la main sur le monde pendant que l'Europe et l'Asie s'enlisaient dans leurs folies idéologiques.

 

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D'après l'hypothèse (fortement relativisée, voire contestée aujourd'hui) de Sapir-Whorf, la pensée est déterminée par le langage … peut-être, mais à condition d'ajouter : et réciproquement. La langue d'une époque absorbe et reflète les idéologies et les phraséologies qui flotte dans l'air du temps.

 

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Les conditions d'existence d'une démocratie (gouvernance pour le peuple et non par le peuple) sont les suivantes :

  1. Eradication de tous les partis politiques (et de leurs idéologies) : ce sont des personnes qui peuvent être investie d'un pouvoir ;
  2. Election par tirage au sort sur base d'une liste de personnes ayant réussi un concours préparé par les anciens mandataires ;
  3. Mandat gratuit et unique, non renouvelable et non cumulable ;
  4. Justiciabilité des mandataires qui sont personnellement responsables de la mise en œuvre de leur programme dûment enregistré comme contrat avant l'élection ;
  5. Limitation stricte des missions du politique à la paix intérieure (la loi et la police) et extérieure (la diplomatie et l'armée), et à la bonne qualité des infrastructures (les réseaux de communications) ; exclusion du politique de tous les domaines économiques (les entreprises sont des personnes morales libres et justiciables comme les autres) et noétiques (enseignement, culture, recherche).

Faute de mettre ces cinq conditions en œuvre la gouvernance politique est condamnée soit à s'enliser toujours plus dans la démagogie la plus cynique, soit à sombrer dans la dictature la plus exécrable.

 

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Aujourd'hui, 52 % du trafic sur la Toile est généré par des robots.

 

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De Gustave Le Bon :

 

"Le besoin de certitude a toujours été plus fort que le besoin de vérité."

 

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L'Intelligence Artificielle (qu'il vaudrait mieux, une fois pour toutes, débaptiser et appeler "les logiciels algorithmiques") est le résultat de la rencontre entre l'énorme (et stupide) puissance de calcul des ordinateurs, et la création humaine d'algorithmes de plus en plus sophistiqués.

La vraie révolution de notre époque est le développement de la méthode algorithmique (aujourd'hui rendue possible justement par la puissance de calcul des machines numériques), en parallèle avec la vieille méthode cartésienne et la plus récente méthode systémique.

La méthode anagogique reste encore largement à développer.

 

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La vie citadine va disparaître.

Les citadins, déjà aujourd'hui, sont en voie de momification, empêtrés dans des modes comportementaux d'une inefficacité (le téléphone, le bureau, …) et d'une nocivité (l'effervescence, le stress, …) notoires … tout en se croyant à la pointe du progrès.

Les grandes villes n'ont plus aucune raison de perdurer.

Elles sont de purs produits du gigantisme moderniste obsolète.

 

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L’instabilité est une loi fondamentale de la vie.

 

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La palme du meilleur rendement thermodynamique va, sans nul conteste, à la frugalité, c'est-à-dire à la non-consommation.

 

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Je ne me lasse d'être toujours plus sidéré par la foi des christianismes, des islamismes et du judaïsme rabbinique tardif, en l'existence d'un autre monde, d'une autre vie.

Cette foi absurde n'a aucune racine biblique.

Elle éloigne le Divin de la Vie et fait de Dieu un étranger.

Elle enlève toute valeur réelle à l'existence réelle - qui ne peut en avoir que par sa finitude, précisément -, en la Nature, en la beauté de l'univers et de son cosmos.

Elle désacralise tout ce qui existe au profit de tout ce qui n'existe pas.

C'est cette aberrante foi-là qui désenchante le monde et fait le lit de l'athéisme et du matérialisme.

Comment peut-on adorer la Vie et la Nature si celles-ci sont ravalées au rang d'une vallée de larmes, antichambre à une autre Vie et à un autre Monde noyés de Perfection ?

 

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Le 21/02/2017

 

D'un historien anonyme sur la Toile :

 

" Le front populaire majoritaire au parlement [on est en 1940] abdiqua, créa le gouvernement de collaboration. Les communistes furent dans la résistance dans les débuts de la guerre mais contre la France, un bon nombre de ses prisonniers, honorés de nos jours, ont été arrêtés par la France pour trahison après des actes de sabotage favorisant l'Allemagne alors alliée de l'URSS ; les communistes prenaient leurs ordres chez Staline ... De Gaulle fut un abonné de "l'Action Française" comme Leclerc de Hautecloque et bien d'autres parmi les quelques uns des premiers à Londres ...

Quand au gouvernement Pétain de 1940, il était composé essentiellement de membres issus en majorité du gouvernement de front populaire, premier ministre compris (Laval). Ce sont eux qui interdiront alors le Parti communiste pour Intelligence avec l’ennemi ..."

 

On est loin, là, des officines historiennes qui réécrivent l'histoire à la solde du ministère de l'éducation nationale et de l'idéologie socialo-gauchiste selon sa dictatoriale bien-pensance.

La dualisme français opposant la Résistance et le collaborationnisme ne fut pas du tout un conflit entre gauche (supposée résistante) et droite (supposée collabo), mais bien entre socialisme (au pouvoir) et patriotisme (dans les diverses forces d'opposition non pas au nazisme, mais à l'occupation allemande).

Tant De Gaulle que Pétain fonctionnent dans l'esprit patriotique maurassien de 14-18, l'un en magouillant le pouvoir à Londres, l'autre en croyant que la collaboration avec l'Allemagne pourra "sauver les meubles" de la France pendant le temps nécessaire au départ des envahisseurs. Les socialo-communistes, de leur côté, visent la prise de pouvoir en France, par tous les moyens, soit au gouvernement (les socialistes du Front Populaire), soit comme tête de pont préparant la mainmise soviétique (les communistes et cégétistes du CNR à qui De Gaulle, en 1945, déroulera le tapis rouge).

 

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En prenant fait et cause, d'office et en totale ignorance, pour la racaille palestinienne contre l'Etat d'Israël, tant l'islamisme que le socialo-gauchisme se donnent un prétexte pour exhiber et attiser leur judéophobie.

Et, malheureusement, ça marche …

Qui, à part quelques rares dont je suis, ose encore confirmer que les soi-disant "palestiniens" sont les descendants d'ouvriers jordaniens, syriens, égyptiens ou libanais venus chercher du travail sur les chantiers juifs de la reconstruction d'Israël à partir de 1948 ?

Qui ose encore confirmer que les Arabes judéens qui étaient là en bonne amitié avec les Juifs installés, depuis longtemps et toujours, en Judée, ont, lors de la constitution de l'Etat d'Israël, opté massivement pour la nationalité israélienne et ne la lâcheraient pour rien au monde (et surtout pas pour devenir "palestiniens") ?

Qui ose encore confirmer que l'OLP et l'égyptien Yasser Arafat sont des pures créations soviétiques dont le but clair était de déstabiliser le monde arabe et de combattre l'occident, en général, et les Etats-Unis en particulier dont les Juifs israéliens étaient dépeints comme les servants soumis ?

Qui ose encore confirmer que le mouvement "palestinien" est héritier du grand mufti Husseini de Jérusalem, oncle de Yasser Arafat, antisémite obsessionnel et grand ami de Hitler (il finit la guerre, protégé contre les Anglais, dans le bunker du führer) ?

Qui ose encore confirmer que les "palestiniens" sont une population hétérogène et stratifiée, composée de couches successives, toutes étrangères à la terre d'Israël, et que cet ensemble, aujourd'hui et contre son gré, est asservi à l'idéologie et à la guerre du Hamas ?

 

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De Caroline Valentin :

 

" La gauche a, au fil des années, remplacé la figure tutélaire de l'ouvrier par celle de l'immigré, intronisé nouveau damné de la terre, au prix d'une interprétation dévoyée de l'idéologie antiraciste qui s'est installée en Occident au cours du deuxième tiers du XXème siècle. L'antiracisme remplaça la lutte des classes. "

 

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Le 22/02/2017

 

La mort fait partie de ma vie.

Ma vie fait partie de la Vie.

La Vie fait partie du Réel.

 

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La notion de rareté, si intense aujourd'hui dans le domaine des ressources naturelles, ne l'est pas moins dans le domaine des ressources immatérielles car, outre le niveau croissant d'illettrisme et d'innumérisme, et la baisse constatée des QI moyens, la rareté touche aussi la quantité de fréquences hertziennes exploitables, les noms disponibles pour des marques commerciales, des URL, des adresses courrielles, etc …

Même là, la logique de pénurie est en train de s'imposer !

 

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Le Réel est la totalité de tous les possibles.

 

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D'Arthur Schopenhauer :

 

"En somme, certainement les sages de tous les temps ont toujours dit la même chose, et les sots, c'est-à-dire l'incommensurable majorité de tous les temps, ont toujours fait la même chose, savoir le contraire, et il en sera toujours ainsi."

 

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Le 23/02/2017

 

Combattre ce qui est maléfique suffit à attirer ce qui est bénéfique.

 

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Le Confucianisme cultive l'Ordre.

Le Taoïsme cultive la Nature.

Toute la sagesse chinoise oscille entre Ordre et Nature.

Il est urgent de faire la synthèse dialectique entre ces deux notions.

 

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Ce n'est pas l'homme qu'il faut apprécier ou déprécier, mais sa virtuosité - la qualité et l'excellence de ce qu'il fait.

 

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Ne jamais confondre "virtuosité" et "technicité".

 

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Notre époque cultive l'euphémisme : ce que l'on nomme le peuple, n'est que la populace, le plèbe, la masse des crétins qui gobe ce que les démagogues racontent.

 

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Je préfère m'en remettre aux dés qu'aux urnes !

 

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Les mots géométriques parlent d'eux-mêmes : un esprit obtus ne pénètre rien alors qu'un esprit aigu pénètre tout.

 

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L'exceptionnel engendre amertume et aigreur face aux joies et plaisirs du banal. Il ne faut viser l'exceptionnel que si l'on est capable de le rendre banal, sinon il détruit ce banal jusque là joyeux.

 

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De Maurice Maeterlinck :

 

"C'est grâce à quelques hommes qui paraissent inutiles qu'il y aura toujours un certain nombre d'hommes incontestablement utiles."

 

La vérité ou la fraternité ou la moralité ne font valeur pour beaucoup que parce qu'un jour, un penseur solitaire a posé ces concepts et leur a donné un sens.

 

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Le 24/02/2017

 

L'ambition humaniste vise à asservir la Nature et le monde entier aux seuls caprices humains. Cette entreprise foncièrement prométhéenne est calamiteuse. Elle fonde toute la religion délétère du "progrès" dont il faut que, d'urgence, sorte l'humanité.

 

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Tout est toujours en train de naître.

C'est ce que veut dire le mot "nature" (natura est le participe futur de nascor : "naître").

Tout est processus. Il n'y a pas d'Être.

Rien n'est permanent.

 

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Héraclite … le plus taoïste des présocratiques.

 

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La paix n'est pas dans le repos car le repos s'oppose au mouvement des choses.

La paix est dans le mouvement en harmonie avec le mouvement des choses.

Voilà l'agir du non-agir. Comme l'être du non-être est le devenir.

Tout coule.

 

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D'Osho :

 

"Dieu et Satan sont les deux faces d'une seule réalité : la Nature."

 

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Les chapitre 2, 3 et 4 du livre de la Genèse opposent 'Adam (l'Humain au sens générique, tiré de la 'Adamah : l'humus et qui fut "engendré mâle et femelle" selon Gen.:1;27) et 'Hawah (la Vivante, aussi au sens générique). Aux yeux de 'Adam, 'Hawah est tirée de lui : l'homme ne peut comprendre la Vie qu'à partir de sa propre existence. Les noms que l'homme donne, sont symptomatiques : lui-même il se nomme 'Ysh (une "personne", quelqu'un) et 'Hawah, il la nomme 'Ashah : l'Ignée, sans yod médian. La Vie est un Feu intérieur qui engendre toutes les énergies vitales (quatre mots s'entremêlent ici : 'AYSh, "Quelqu'un" ; 'ASh, "Feu" ; 'AShH, "Ignée" ; et YSh, "Existence").

YHWH interdit à 'Adam (et à lui seul !) de manger de "l'Arbre de la Connaissance du Bon et du Mauvais" (Gen.:3;17). YHWH avait fait surgir de l'humus cet Arbre fameux non loin de "l'Arbre de la Vie" qui, lui, est planté au milieu du Jardin d'Eden.

Or, sous l'instigation du Serpent-Devin (Na'hash), 'Hawah finit par cueillir du fruit de "l'arbre qui est au milieu du jardin" (Gen.3;3) qui est donc l'Arbre de la Vie, et non l'Arbre interdit de la Connaissance du Bon et du Mauvais. Ainsi, la Vivante donne du fruit de l'Arbre de la Vie (qui n'est en rien interdit) à manger à l'Humain. Personne n'a donc touché à l'Arbre de la Connaissance du Bon et du Mauvais. Le Serpent-Devin n'a en rien trahit la Loi de YHWH. Ni la Vivante, ni l'Humain. Il n'y a donc aucun péché originel et toute la théologie chrétienne de la rédemption s'effondre.

Mais un immense quiproquo s'installe …

YHWH voyant l'Humain dans un état anormal, interroge : "Cet Arbre dont je t'avais défendu de manger, tu en as donc mangé ?" (Gen.:3;11). La réponse objective est non, mais l'Humain répond : "L'Ignée qu'on donna avec moi, elle, elle donna pour moi de l'arbre et j'ai mangé". L'Humain ne sait pas de quel Arbre il s'agit. Il est troublé et répond dans le sens de la question ; il ne sait pas de quoi il parle !

Ainsi YHWH et 'Adam ne parlent pas de la même chose … du même arbre …

La grande question, ici, est celle-ci : YHWH sait-il qu'il y a un incroyable quiproquo ou est-il réellement abusé par les apparences ?

J'aime à penser qu'il y a là une "ruse de Dieu" par l'entremise de son complice, le Serpent-Devin, pour forcer l'Humain à quitter l'innocence animale (le Jardin d'Eden) afin d'assumer son existence en pleine conscience de la souffrance et de la mort.

Mais le verset 3:22 semble contredire ce vœu … puisque YHWH dit aux autres dieux : "Voici l'Humain est devenu comme un de nous pour la Connaissance du Bon et du Mauvais, et maintenant il tendra sa main, et prendre aussi de l'Arbre de la Vie, et manger, et vivre pour toujours".

A moins que, peut-être, malicieusement, YHWH mente aussi aux autres dieux pour laisser à l'Humain une chance de se hisser à un autre niveau d'existence et de conscience …

Ce qui ressort de tout ceci, c'est que pour atteindre le Divin, il faut manger des deux fruits : celui de la Vie et celui de la Connaissance. L'un sans l'autre est caduc.

 

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L'idéaliste est un somnambule.

Il vit dans son rêve et passe à côté de l'éveil et du Réel.

L'idéaliste est un ivrogne.

Il vit dans son délire et passe à côté de la lucidité et du Réel.

L'idéaliste est un malade.

Il vit dans sa morbidité et passe à côté de la santé et du Réel.

 

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D'Héraclite d'Ephèse :

 

"Pour les éveillés, il y a un seul et même monde.

Chaque dormeur a son propre monde privé."

 

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Aujourd'hui, c'est le concept même de démocratie qui est salutairement questionné et remis en cause.

Mettons dès lors les choses au point.

  1. La démocratie doit être une gouvernance pour le peuple et non pas par le peuple ; le peuple, les masses, la plèbe, la populace sont totalement incapables de se gouverner eux-mêmes ; la sagesse populaire, le bon sens populaire, cela n'existe tout simplement pas ; il n'y a là que du calcul à très courte vue visant exclusivement l'intérêt personnel primaire ; la gouvernance pour le peuple, c'est-à-dire visant la paix, la prospérité et la joie pour tous, doit être exercée par une aristocratie éthique, désintéressée et dévouée.
  2. Le suffrage universel qu'il vise une démocratie directe ou une démocratie représentative, ne peut aboutir, dans tous les cas de figures, qu'à une dictature de caciques démagogues, via des idéologies partisanes, des mandats carriéristes cumulés, et des médias sensationnalistes.
  3. Le mode de désignation des mandataires doit passer, comme dans l'Antiquité, par un tirage au sort au départ d'une listes de candidats volontaires dûment sélectionnés pour leurs compétences, leur probité et leur courage ; cette sélection est menée par les anciens mandataires et sous contrôle d'un groupe des sages ; tout mandat est gratuit, unique, non renouvelable et non cumulable.

Ce sont les concepts d'élection et de majorité qui doivent être éradiqués.

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D'Arthur Schopenhauer :

"(…) un mendiant bien portant est plus heureux qu'un roi malade.

(…) la richesse proprement dite, c'est-à-dire un grand superflu, contribue peu à notre bonheur.

(…) certainement ce qu'on est contribue bien plus à notre bonheur que ce qu'on a. (…) Ainsi, l'essentiel pour le bonheur de la vie, c'est ce que l'on a en soi-même."

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De Goethe :

"Telle est ta destinée ; tu ne peux t'échapper à toi-même (…)."

Chacun ne peut devenir que l'arbre de sa propre graine.

"Deviens ce que tu es et fais ce que toi seul peux faire".

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Les occupations et préoccupations humaines sont presque toutes vulgaires.

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Les événements en eux-mêmes sont de peu de poids ; ils ne pèsent que selon la sensibilité de notre balance intérieure.

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Le 26/02/2017

De "Parerga et paralipomena" d'Arthur Schopenhauer :

"Mais ce qui, par-dessus tout, contribue le plus directement à notre bonheur, c'est une humeur enjouée, car cette bonne qualité trouve tout de suite sa récompense en elle-même.

En effet, celui qui est gai a toujours motif de l'être par cela même qu'il l'est. Rien ne peut remplacer aussi complètement tous les autres biens de cette qualité, pendant qu'elle-même ne peut être remplacée par rien. Qu'un homme soit jeune, beau, riche et considéré ; pour pouvoir juger de son bonheur, la question sera de savoir si, en outre, il est gai ; en revanche, est-il gai, alors peu importe qu'il soit jeune ou vieux, bien fait ou bossu, pauvre ou riche ; il est heureux."

La gaieté, comme la joie de vivre, est un état d'esprit qui se cultive, qui relève de la volonté intérieure et non des circonstances extérieures.

Il faut commencer par sourire … et, seulement ensuite, se demander pourquoi l'on sourit … c'est-à-dire se donner, après, une bonne raison de sourire.

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D'Aristote :

"La Vie est dans le mouvement"

O bioV en th kinhsei esti

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D'Epictète :

"Le trouble des hommes [vient] non des choses

mais des opinions sur les choses"

Taracei touV anqrwpouV ou ta pragmata

alla ta peri pragamatwn dogmata.

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Santé du corps : jouir simplement.

Santé du cœur : aimer tendrement.

Santé de l'esprit : étudier continûment.

Santé de l'âme : pacifier doucement.

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Ce qui n'arrive pas, n'existe pas.

Ce qui arrive mal, importe peu.

Ce qui arrive bien, réjouit l'âme.

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Il n'y a à supporter que ce que l'on décide de porter.

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La joie et la souffrance.

L'œuvre et l'ennui.

Toutes les existences humaines se placent entre ces quatre points cardinaux de la Vie. La plupart cultivent l'ennui et la souffrance : l'ennui que l'on espère tromper dans les divertissements, les spectacles, les amusements, les ivresses, les plaisirs … la souffrance qui vient de ce refus obstiné du Réel tel qu'il est et va, et des chimères que l'on nomme puérilement "idéal".

L'ennui vient du vide intérieur.

La souffrance vient du vide extérieur.

Mais …

Il n'y a pas de joie sans une œuvre accomplie et il n'y a pas d'œuvre sans joie désirée.

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La Joie vient des œuvres.

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D'Arthur Schopenhauer :

"L'homme intelligent aspirera avant tout à fuir toute douleur, toute tracasserie et à trouver le repos et les loisirs [il s'agit de l'otium latin et non d'oisiveté]; il recherchera une vie tranquille, modeste, abritée autant que possible contre les importuns ; après avoir entretenu pendant quelque temps des relations avec ce que l'on appelle les hommes, il préfèrera une existence retirée, et, si c'est un esprit tout à fait supérieur, il choisira la solitude. Car plus un homme possède en lui-même, moins il a besoin du monde extérieur et moins les autres peuvent lui être utiles. Aussi la supériorité de l'intelligence conduit-elle à l'insociabilité."

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La notion latine d'Otium pointe non vers l'oisiveté ou le loisir (au sens de divertissement, de spectacle, d'amusement et de toutes ces fadaises ; et non au sens étymologique de "licence, permission, liberté" qui donne "loisible" et vient de licere : "être permis"), mais bien vers cette liberté de dégager du temps disponible pour le consacrer, à son gré, à l'engendrement de sa propre œuvre.

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Chez les crétins (et les enfants - bref : ceux qui ne se sont pas trouvés et qui ne sont que les jouets de leur extériorité), le jeu est l'antidote de l'ennui.

Plus l'humanité se crétinise, plus le ludique y gagne du terrain.

Encore et toujours … Panem et circenses.

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Partout, chez Heidegger, il vaudrait mieux traduire Dasein par "Réel" (ce qui est effectivement là) et non par "étant" ou, pire, par "être".

Alors, dans : "Qu'est-ce que la métaphysique ?", la définition devient limpide : la métaphysique "pense le Réel en tant que Réel", pendant de la définition aristotélicienne ("Métaphysique", livre G) : la métaphysique "est une science qui considère l'Être en tant qu'Être".

L'Être n'est pas ce qui est (qui est l'étant) ; il serait le fait même d'être, donc d'exister. Il serait le "il y a" qui fonde toute existence. L'Être serait le fondement de l'existence pure. Mais tout existence est Devenir ; rien n'est, en tant qu'Être.

Le Réel n'est pas l'Être puisque le Réel est Devenir pur.

Le Réel se nourrit de Devenir pur.

Ce Devenir pur est le terreau où s'enracine, par la métaphysique, l'arbre de la Connaissance.

"L'arbre de la philosophie croît du sol nourricier de la métaphysique"

Et toute la science physique (la cosmologie) avec elle et, par suite, toutes les sciences particulières, etc …

Je pense de plus en plus clairement que la question de "l'Être en tant qu'Être" est absurde, n'a aucun sens. La question de Leibniz : "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" est du même acabit d'absurdité.

Il y a - et voilà tout.

Ce "il y a" est la substance primordiale et ultime en ce sens qu'elle existe par soi, sans devoir posséder aucunes raisons ou déterminations extérieures à soi (cfr. Spinoza).

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Qu'est-ce que l'homme ? Une des multiples branches de l'arbre de la Vie sur Terre, et rien absolument rien d'autre ni de plus.

Cette branche qui pousse, et évolue, et se transforme, et se divise de plus en plus finement, possède sans doute quelques caractéristiques singulières. Mais il n'y a, dans ces caractéristiques variables et souvent peu flatteuses, rien de bien essentiel.

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La santé est plus que l'absence de maladie.

La joie est plus que l'absence de souffrance.

Etc …

Il ne s'agit pas de contraires, mais de bipolarités : plus on s'éloigne de la santé ou de la joie, plus est grande la probabilité de pâtir de maladie ou de souffrance, mais pas nécessairement. Et réciproquement.

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"J'existe" et "Je deviens" sont des propositions valides, ayant un sens. En revanche, "Je suis" - tout court - ne signifie rien.

Le verbe être est une copule et rien d'autre : on n'est pas, tout court, mais on peut être quelque chose qui existe ou qui n'existe pas, qui advient ou qui n'advient pas.

Je suis homme ou physicien ou gai ou Marc Halévy. Mais je ne suis pas, tout court.

J'existe : ce qui signifie que j'appartiens au Réel qui est le tout de ce qui existe. Et, en tant que j'existe, donc que j'appartiens au Réel, je deviens ce que je ne suis pas encore devenu au départ de ce que je suis déjà devenu.

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La métaphysique interroge la réalité profonde et ultime du tout de ce qui existe, en tant qu'il existe comme tout. Nécessairement, le métaphysicien, en tant que partie intégrante du tout qui existe, fait partie de sa propre interrogation métaphysique. On comprend donc qu'il ne peut y avoir de métaphysique que dialectique, entre le tout qui existe et la partie qui existe dans ce tout et qui l'interroge.

Mais comme la métaphysique ne s'intéresse qu'au tout en tant que tel, la partie, quelle qu'elle soit - le métaphysicien, par exemple -, ne peut être objet de son discours. En somme, la métaphysique exclut le métaphysicien.

Le Tout est, à la fois, son propre objet et son propre sujet, sans qu'il puisse y avoir quelque autre sujet ou objet que ce soit (même s'il se nomme lui-même métaphysicien)

De là, sans doute, la pertinence des approches apophatiques c'est-à-dire des métaphysiques "négatives", des métaphysiques "à reculons".

Sur l'Un, il n'y a rien à dire hors qu'il existe et qu'en lui, existe tout ce qui existe, tout ce qui évolue, vit, pense …

La métaphysique aboutit, donc, inéluctablement, à la mystique qui la dépasse : on ne peut pas "dire le Tout-Un", mais on peut peut-être le vivre.

Vivre le Tout-Un, voilà l'objet de la mystique. Et toute mystique se fonde sur un acte de foi qui pose qu'il est possible de vivre le Tout-Un, sans rien pouvoir en dire.

Et cet acte de foi est une évidence du simple fait que la partie vit de ce tout, dans ce tout, qu'elle vit le tout, de facto, en étant partie de ce tout et en participant de lui.

Ainsi, contrairement à ce qu'ont prétendu Kant et les modernes, la métaphysique n'est pas une impasse qu'il faut abandonner ; elle est un chemin provisoire et intermédiaire qui débouche sur un autre univers : celui de la mystique où le silence abolit la parole et où la Vie du Tout transcende l'existence de la partie dans ce Tout. Le problème n'est donc pas de foi, mais de conscience.

La spiritualité commence avec la claire conscience que l'au-delà de la métaphysique s'ouvre sur un Vivre d'une autre nature, au-delà de tous les discours, mots et concepts.

La spiritualité est l'autre nom de l'entrée dans l'univers mystique.

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La mystique commence par la claire conscience que le mot Dieu n'est qu'un mot parmi d'autres mots pour désigner ce qui vit au-delà de tous les mots.

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Le 27/02/2017

C'est très simple : l'économie en général et, surtout, l'économie agroalimentaire doit devenir locale (régionale) et directe (pas d'intermédiaire de distribution : ni Carrefour, ni Amazon), avec des produits de haute qualité et tout à l'opposé de la course aux prix et aux quantités de cette logique absurde appelée "agriculture intensive" qui est une machination pour stériliser les terres.

Bientôt, les prix des carburants fossiles vont sextupler. C'en sera fini des exploitations et exportations dévoreuses d'énergie et de carburants.

Il est temps d'anticiper et de revenir à une économie de proximité, tendant vers une quasi autarcie régionale.

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Le nœud gordien de toute l'évolution humaine est l'énergie et son coût.

Les organisations humaines sont d'énormes productrices de néguentropie dont le coût énergétique est incroyablement élevé, gouverné par le second principe de la thermodynamique. Et en thermodynamique, comme toujours en physique, il n'y a jamais de miracle.

En entamant l'exploitation forcenée des réserves terrestres accumulées pendant des milliards d'années, la révolution industrielle a laissé croire que la croissance (tant démographique qu'économique) pourrait être infinie, technologie aidant. On sait aujourd'hui que ce mythe est un leurre fallacieux.

Dès lors que les réserves d'énergies fossiles (hydrocarbures et matières fissiles) s'épuisent à grande vitesse et que les énergies dérivées du soleil ne pourront jamais fournir plus de 20% des besoins actuels de l'humanité, il est évident que, dans le siècle qui vient, se déplacer deviendra prohibitif. Tout se relocalisera et toutes les migrations s'arrêteront (tant les migrations estivales ou commerciales, que les migrations politiques ou faméliques).

Nous assisterons à une nouvelle féodalisation du monde humain, au sein de grands empires continentaux, construits autour de la notion de "culture commune" (cfr. Samuel Huntington).

Les guerres d'envergure ne seront plus finançables. La paix intercontinentale s'installera de facto.

Les seuls déplacements ou guerres encore possibles (du moins dans les limites de l'énergie disponible pour alimenter ces colossaux complexes informatiques) concerneront les informations, sur la(les) Toile(s). On "voyagera", on guerroiera et on échangera exclusivement de façon virtuelle.

Chaque empire continental aura sa propre Toile numérique.

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Le problème n'est pas l'existence de relais de transition énergétiques forts ou faibles, le problème est que l'on ne peut pas fabriquer quelque chose à partir de rien.

Lorsqu'on n'a plus rien (les stocks fossiles) ou plus grand' chose (le soleil qui inonde la terre de flux colossaux d'énergie à haute entropie, c'est-à-dire quasi inutilisable sans reconcentration énergivore), on ne peut produire que moins que rien, ou que moins que grand' chose.

La fusion nucléaire dont on parle tant est une piste à approfondir, mais sans espoir de miracle. En tant que physicien nucléariste, je puis confirmer qu'elle n'est pas une panacée. Elle détruit de l'eau douce (extrêmement précieuse) pour produire de l'hélium (parfaitement inutilisable, mais non polluant), avec un rendement global très faible (de l'ordre de 3%).

Il n'y a pas de miracle en physique … et surtout pas en thermodynamique !

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De Paul Valéry :

"Dans l’économie de l’intelligence, l’épargne est ruineuse."

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D'Idriss Aberkane :

"(…) le stade bureaucratique est atteint dans une organisation quand la procédure y est plus importante que le résultat."

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De Martin Heidegger  :

"(…) le caractère privilégié de la science tient à ce qu'elle laisse par principe, expressément et uniquement à la chose elle-même, le premier et le dernier mot."

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La vide, ce n'est pas que quelque chose soit nul, mais bien que les variations de ce quelque chose soient toutes nulles.

Le vide, ce n'est pas ce qui n'existe pas, mais bien ce qui ne change pas.

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Le Néant désigne tout ce qui n'existe pas. Le contraire absolu du Réel.

Il n'y a pas de Néant.

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La négation est une opération de l'esprit qui n'est pas aussi triviale qu'il y paraît.

Le contraire et l'inverse, l'opposé et le complémentaire désignent tous des opérations de négations différentes qui ne peuvent, en aucun cas, s'identifier l'une à l'autre.

Ce qui implique que la double négation, donc la négation de la négation, n'aboutit pas à l'identité comme le voudrait le principe logique du tiers-exclu.

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Il n'y a pas de chemins ; il n'y a que des cheminements.

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La méditation ci-dessous est inspirée par la lecture de Martin Heidegger.

 

L'essence de quelque chose, c'est la logique qui le régit.

Cette logique n'est pas cette chose ; elle en est l'âme !

C'est ce qui la fait devenir ce qu'elle devient.

 

L'essence (Wesen en allemand) et l'existence (Dasein en allemand) sont les deux faces concomitantes et indissociables de la chose même, vue comme objet (existence) et comme processus (essence).

 

Il est absurde de chercher une relation de précédence entre ces deux aspects : dire que l'existence précède l'essence, comme le fait l'existentialisme, est aussi ridicule que de prétendre le contraire.

Tout objet est forcément aussi un processus qui le fait.

Tout processus est forcément aussi un objet qui s'y fait.

L'existence est plutôt spatiale (objectale, volumique, dans l'instant) ; l'essence est plutôt temporelle (processuelle, dynamique, dans la durée).

L'essence de quelque chose est la logique qui régit le processus d'accomplissement de cette chose.

On ne peut connaître une chose qu'en ouvrant sa propre existence de connaissant à la logique qui régit le processus d'émergence de cette chose, à son essence.

Ainsi : connaître, c'est ouvrir l'existence à l'essence.

 

L'essence de l'homme est la logique qui régit le processus d'humanisation.

L'essence de la technique est la logique qui régit le processus de technicisation.

L'essence de l'univers est la logique qui régit le processus d'émergence universelle.

L'essence de la vérité est la logique qui régit le processus de vérification.

L'essence du bien est la logique qui régit le processus d'amélioration.

L'essence du beau est la logique qui régit le processus d'embellissement.

L'essence du sacré est la logique qui régit le processus de sacralisation.

L'essence de Dieu est la logique qui régit le processus de divinisation.

L'essence du Réel est la logique qui régit le processus de réalisation.

L'essence du Un est la logique qui régit le processus d'unification.

Etc …

 

Le savoir porte sur l'existence des choses.

La connaissance porte sur l'essence des choses.

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Le 28/02/2017

Il faut se garder de comparer l'histoire longue (le gros demi millénaire d'un cycle paradigmatique) et l'histoire courte (notre vie). Nous sommes tous nés dans la zone chaotique du changement de paradigme (commencé entre 1870 et 1914), d'où cette impression d'accélération des choses et du temps. Mais en fait, il n'y a pas d'accélération sur les fondamentaux (et c'est bien là le plus gros problème). Seule la technique s'est emballée (depuis 1920), mais elle ne joue que très marginalement. L'essentiel évolue toujours très lentement : la bêtise, la cupidité et l'arrogance humaines, par exemple.

La technique, quelque sophistiquée soit-elle, ne prend sens et valeur qu'au service d'un projet ; ce n'est donc pas la vitesse de l'évolution des techniques qui scande le temps réel de l'aventure humaine, mais bien celle des mentalités (et de la spiritualité qui en oriente le sens et la valeur).

Et sur ce plan, il faut plutôt constater un fameux regrès.

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Aujourd'hui, en matière de changement de paradigme, il y a beaucoup de micro-actions qui, même ensemble, n'atteignent pas la masse critique nécessaire face à l'urgence de la mutation en cours. Le phénomène est-il susceptible de s'amplifier suffisamment pour rencontrer cette urgence ? Je n'en sais rien. Il existe de nombreux scénarii possibles dont certains bien peu sympathiques. N'étant militant de rien, je ne puis être ni optimiste, ni pessimiste. J'essaie d'être lucide et ma lucidité s'arrête avec ce que je viens d'écrire.

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La plupart des gens cultivés font une confusion dommageable entre complexité et complication. Un lanceur aérospatial, comme un ordinateur ou des logiciels algorithmiques (faussement appelés "intelligence artificielle"), ne sont que des systèmes mécaniques, comme la plupart des artefacts humains. Et ce qui est mécanique est au niveau zéro de la complexité (une seule cellule vivante d'un brin d'herbe est infiniment plus complexe que le plus gros des systèmes informatiques qui n'est qu'une machinerie stupide additionnant des zéros et des uns).

Les seuls critères de complexité sont ceux de la capacité autopoïétique du système (c'est-à-dire sa capacité à faire émerger des dimensions nouvelles dans l'espace de ses états) et celui de son intentionnalité (c'est-à-dire sa capacité à enfreindre la pression des causalités mécaniques).

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Concevoir et construire le château de Versailles, une fusée Ariane, un TGV, un ordinateur ou un programme algorithmique pour les jeux d'échec, de go ou de poker, sont certainement des chantiers très compliqués, mais cela ne relève aucunement de la complexité.

En revanche, fabriquer convenablement du bon pain, du bon vin, de la bonne bière ou du bon fromage est très complexe, même si cela n'est pas compliqué et paraît même simple.

Le niveau de complication d'un système se mesure à la quantité de temps nécessaire pour le démonter et le remonter. Un système compliqué est toujours mécanique, donc analytique, donc démontable et remontable … moyennant beaucoup de temps.

Un système complexe, puisque sa complexité provient de ses interactions internes et externes, n'est jamais ni analytique, ni donc démontable puisque tout démontage impliquerait la destruction des interactions qui le constituent. Ce n'est donc pas la durée de démontage et remontage qui est la mesure de sa complexité, mais bien plutôt sa capacité d'autopoïèse et d'intentionnalité.

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L'INSEE vient de faire une immense découverte !

La bêtise et l'ignorance sont lourdement héréditaires … bien plus que la fortune (qui se dilue très vite après une ou deux générations).

Les crétins engendrent des crétins, très majoritairement. Mais la réciproque n'est que très partiellement vraie : des intelligents cultivés peuvent très bien aussi engendrer de parfaits crétins.

Donc, mathématiquement, la densité de crétins ne peut qu'augmenter. CQFD.

Et si, de plus, le système éducatif, scolaire et universitaire s'effondre sous la pression égalitariste et devient donc crétinophile, crétinolâtre, crétinicole et crétinogène … on n'est pas sorti de l'auberge.

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Perdre une heure - le moins souvent possible -, à "discuter" avec l'un ou l'autre "citoyen" moyen, c'est-à-dire à l'interroger sur ce qu'il croit "penser" et à l'écouter avec soin et bienveillance, révèle admirablement combien la démocratie au suffrage universel est absolument et définitivement délétère et nocive, surtout pour lui.

La démagogie se retourne toujours contre les gogos qui se laissent berner par elle.

Les histoires nationales de la Russie, de la Chine et de la France en témoignent assidument depuis plus d'un siècle.

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Par son assuétude pathologique à la politique et aux idéologies, la France est devenue le plus incroyable et mortifère système démagogique du monde.

Nulle part ailleurs, on n'accorde autant d'importance à l'Etat central et aux guignols qui s'y goinfrent.

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L'étatisme jacobin français est un vieil héritage national transmis de François Ier à Mitterrand en passant par Louis XIV, Maximilien de Robespierre, Napoléon Bonaparte, Jules Ferry, Georges Clémenceau et Charles de Gaulle.

Il est urgent qu'il s'effondre !

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Une communauté humaine saine doit accorder autant d'importance au politique (le bon ordre), à l'économique (la bonne prospérité) et au noétique (la bonne connaissance).

Aujourd'hui, l'hypertrophie économique aux Etats-Unis (et son cancer financiariste) et l'hypertrophie politique en France (et son cancer fonctionnariste) sont deux très beaux exemples de profonde maladie sociétale dont, comme on dit, "le diagnostic vital est engagé".

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La mode de "l'intelligence artificielle" en vient à construire de véritable Empire State Software dont chaque étage est une boucle algorithmique qui exploite les statistiques accumulées à l'étage inférieur afin de nourrir, avec d'autres statistiques, la boucle algorithmique de l'étage supérieur.

Tout ce qui est statistiquement modélisable, simulable et prévisible pourra, ainsi être modélisé, simulé et prévu.

Tout le reste - c'est-à-dire l'essentiel, là où tout est unique, là où règnent les "cygnes noirs", là où la loi des grands nombres ne joue pas - échappera toujours à ces délires algorithmiques.

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Curieuse persistance et pertinence des racines des langages …

En grec : Epistêmê, c'est la science, l'habileté, "ce que l'on sait bien" et Technê, c'est l'industrie, le métier, l'art, "ce que l'on fait bien" …

Opposition naturelle et originelle est la science et la technique, entre ce que l'on sait bien et ce que l'on fait bien. Entre savoir et faire. Entre connaissance et action.

La science cherche à savoir, à connaître. La technique cherche à faire, à transformer.

Mais, comme le souligne Heidegger, la science, en avançant, a besoin de la technique pour valider expérimentalement de nouvelles théories, et la technique a besoin de la science pour exploiter concrètement de nouveaux filons.

Science et technique, malgré leurs finalités opposées et même contradictoires, se retrouvent en collusion permanente.

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.Le "problème" de la définition de la complexité est tranché depuis pas mal de temps : la complexité, c'est la non démontabilité (la non analyticité, la non linéarité, la non mécanicité, etc …). Les systèmes complexes ne sont jamais des assemblages ; ils sont des émergences qui "poussent" de l'intérieur (comme un arbre). Les systèmes mécaniques compliqués sont des systèmes cybernétiques (on peut toujours les démonter et les remonter), mais pas des systèmes complexes. Pendant longtemps (jusqu'à Prigogine, Varela et Maturama, en gros), la distinction entre systèmes cybernétiques et systèmes complexes était floue. Maintenant, elle ne l'est plus. Les systèmes cybernétiques (y compris tous les systèmes informatiques) ne sont pas des systèmes complexes car ce sont des assemblages sans émergences endogènes.

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Les logiciels algorithmiques (terme préférable à "intelligence artificielle" car, comme les fleurs artificielles ne sont pas des fleurs, l'IA n'est pas de l'intelligence, mais de la simulation algorithmique) simulent de la complexité (ou de l'apprentissage), mais ne sont en rien complexes (ou apprenants).

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Ne jamais oublier que la notion de complexité vient de la thermodynamique et que la néguentropie (grandeur non additive, non conservative, non linéaire) y joue le rôle central qui va bien plus loin que la fallacieuse définition statistique (donc mécanique) qu'en a donnée Boltzmann.

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Dans un système complexe, il y a en effet perte d'identité des composants au profit des interactions. Il ne s'agit pas seulement d'influence réciproque, mais de "fusion", d'égrégore, d'un "tout qui est bien plus - ou bien moins - que la somme de ses parties".

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Dans les pays latins et (donc) catholiques, France en tête, c'est l'idée de "pouvoir" qui est centrale. L'argent (moteur des pays anglo-saxons) et la connaissance (moteur des pays germaniques) doivent y être mis au service du pouvoir (moteur des pays latins).

Le politique doit y inféoder l'économique et le noétique.

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