Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" Août 2017

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/08/2017

 

Aujourd'hui : Tish'ah bé-Ab … (le 9 du mois de Ab)

Jour funeste.

Commémoration du sac de Jérusalem par Nabuchodonosor et de la déportation du peuple juif vers Babylone en -586.

Mais aussi : jour de la destruction du Temple par les légions romaines en 70 et début de la diaspora juive.

Et encore : jour de la signature, par Isabelle la Catholique, du décret inquisitorial d'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492.

Jour du malheur juif …

Trois expulsions, trois exils !

Il faudra un jour écrire une "Philosophie de l'Exil".

La réalité juive n'est pas compréhensible sans la notion centrale d'exil permanent (contre laquelle s'est insurgé le sionisme).

La seule vraie patrie juive est la Torah : c'est son indéfectible territoire, un territoire immatériel et sacré, mystique et immuable.

Le Juif n'est vraiment chez lui que dans l'étude du texte toraïque.

Cette intériorisation de son territoire rend le Juif indifférent aux territoires extérieurs, matériels, concrets ; il ne leur appartient pas et n'est citoyen de rien. La Cité ne le concerne pas, ni le pouvoir. Il ne demande qu'une chose : qu'on lui fiche la paix.

Chaque Juif est seul, face à Dieu, loin des hommes.

Autonomie, théocratie et misanthropie.

Il faudra aussi, un jour, écrire une "Philosophie de la Théocratie".

 

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Le savoir porte sur l'existence des choses.

La connaissance porte sur l'essence des choses.

L'essence d'une chose : la logique du processus qui l'engendre

 

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La sortie de tension par émergence consiste à "inventer" une nouvelle forme d'organisation qui plutôt que de refuser ou de combattre la tension (ce qui impliquerait qu'il faille puiser dans ses propres stocks d'énergie), en fait une opportunité et utilise l'énergie qu'elle porte ou apporte, afin d'engendrer de la néguentropie c'est-à-dire de la complexité supplémentaire.

 

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Chacun accumule son vécu dans sa mémoire personnelle. Mais l'ensemble de ces mémoires personnelles est interconnecté et forme une seule mémoire cosmique impersonnelle. La plupart des humains ne peuvent se "brancher" que sur leur propre mémoire personnelle. Certains ont la capacité de se brancher sur la mémoire cosmique impersonnelle au-delà de leur mémoire personnelle.

Ce qu'ils "voient", c'est le vécu de l'univers. Ou, à tout le moins, la vécu de la Vie sur Terre.

 

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Faire la distinction essentielle entre de Désir de devenir et les désirs de jouir.

 

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Le 02/08/2017

 

A partir d'aujourd'hui, pour cette année, l'humanité vit à crédit : toutes les ressources produites sur l'année sont déjà consommées et l'on commence à vivre sur les réserves non renouvelables. Ce n'est jamais arrivé aussi tôt.

Ce jour du basculement écologique, dit "jour du dépassement", ne cesse de reculer, d'année en année. En 1971, il était encore au 31 décembre et, en 2000, il était déjà au 1er octobre.

Mais si l'on porte un regard plus analytique, les disparités entre pays sont énormes : au Luxembourg, ce jour du dépassement est atteint dès le 17 février, aux États-Unis le 13 mars, en France le 3 mai et en Chine le 23 juin.

Si tout le monde vivait comme les Australiens, il faudrait 5,2 planètes … comme les Américains : 5 planètes … comme les Coréens du sud ou les Russes : 3,4 planètes … comme les Allemands : 3,2 planètes … comme les Suisses, les Français, les Britanniques ou les Japonais : environ 3 planètes …

En moyenne, aujourd'hui, il faudrait 1,7 planètes.

 

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Je ne vois pas beaucoup de "prospectivistes" sérieux en France hors ceux qui font la cour au pouvoir et ceux qui prêchent des idéologies

 

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Pour Leibniz, la substance, c'est l'âme c'est-à-dire ce qui perçoit et désire. Toute substance (au sens de Spinoza, donc toute âme, est appelée "monade". Leibniz a une vision atomistique du Réel et considère, donc, une infinité de monades. Leibniz est au fond une sorte d'animiste moderne.

Son "équation" de base est :

Substance = Monade = âme = esprit = perception + appétition.

L'évolution de chaque monade, de sa création à son annihilation (toutes les monades sont mortelles) est purement intrinsèque, sans cause externe : chacune évolue "de l'intérieur".

Une monade est un processus en marche ; son appétition est la propension à s'accomplir, à atteindre sa propre perfection (entéléchie, propension téléologique). L'économie de cette évolution repose sur le principe de moindre action. La coexistence et la convergence de toutes les monades sont assurée par le principe de "l'harmonie préétablie".

Il est étonnant de constater combien Leibniz était un précurseur de l'actuelle physique des processus.

 

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La technique produit de l'utilité.

La science produit de la véridicité.

La religion produit de la croyance.

 

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D'Epictète, dans ses "Entretiens" :

 

"Montre-moi un homme (…) qui désire dépouiller l'homme pour devenir un dieu."

 

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De Karl Marx :

 

"Jusqu'à présent, les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde,

il s'agit désormais de le transformer."

 

Tel est le délire d'orgueil et d'arrogance du marxisme et de tout révolutionnarisme.

D'abord, l'ordre du monde est largement hors de portée de la petitesse humaine (heureusement !). Partout où le marxisme a été appliqué (dans la violence et la barbarie puisqu'il n'y a pas d'autre moyen d'imposer un ordre contre-nature), on n'a pas transformé le monde, on l'a appauvri au détriment extrême de l'homme et de la Vie.

Ensuite, pour quoi le transformer ? avec quel autre but que le caprice imbécile de quelque idéaliste idéologue à qui le monde tel qu'il est, ne convient pas ?

Enfin, de quel droit vouloir changer le monde ?

 

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Lorsqu'il n'y a plus de projet, les moyens deviennent leur propre fin … comme la technologie de nos jours.

 

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De Blaise Pascal, dans ses "Pensées" :

 

"La vraie morale se moque de la morale."

 

Et la vraie morale tient en un seul précepte :

Tout ce qui enrichit et accomplit la Vie est Bien,

tout ce qui l'appauvrit ou la détruit est Mal.

Tout le reste n'est que commentaire …

 

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Le "révolution" de 1792 (il ne s'est rien passé en 1789) a transformé une monarchie débonnaire en totalitarisme sanguinaire.

Ce sont les Jacobins qui ont inventé le totalitarisme. Et la France, aujourd'hui, est toujours foncièrement jacobine.

 

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Ne plus être spectateur, mais acteur. Acteur de la matière, de la Vie, de l'Esprit.

Surtout de l'Esprit.

 

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Ne jamais confondre le gain (qualitatif) et le profit (quantitatif).

 

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La troisième civilisation …

Il y eut, d'abord, la civilisation antique, puis la civilisation chrétienne. Aujourd'hui commence la civilisation noétique, celle de l'Esprit et de l'Intelligence.

Chaque civilisation dure trois cycles paradigmatiques de 550 ans chacun, en moyenne, soit 1650 ans, en gros.

L'Antiquité dura de -1300 à +350. La Chrétienté de 350 à 2000.

 

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Autonomie. Ecologie. Spiritualité.

Les trois vertus dominantes de l'âge noétique.

 

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La hiérarchie sociétale chinoise ancienne s'étageait sur quatre niveaux. De haut en bas : les scribes, les paysans, les guerriers et les marchands.

Notre échelle sociétale actuelle (et mourante), est exactement inverse : les financiers en haut, les politiciens ensuite, les patrons loin derrière et les académiques tout en bas.

Cette échelle sociétale doit impérativement s'inverser à nouveau et d'urgence : en haut, les spirituels qui pensent le projet, tout de suite après, les entrepreneurs qui construisent l'économie du projet, loin derrière, les législateurs qui régulent le projet et, tout en bas, les pourvoyeurs qui drainent des ressources pour le projet.

 

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Le 03/08/2017

 

Du Rabbi Na'hman de Braslav :

 

"Rien n’offense le menteur autant que la suspicion".

 

 

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De Jacques Prévert :

 

"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie".

 

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L'antisémitisme français est le fait de la droite catholique (qui est alors plutôt de l'antijudaïsme) et de la gauche populaire - Jacobins en tête - qui véhicule, tout à la fois, les images nauséabondes du Juif banquier, du Juif capitaliste, du Juif religieux (donc anti-laïcard), du Juif communautariste (donc anti-citoyen) et du Juif cosmopolite (donc anti-patriote).

Il est temps de bien voir que, depuis toujours (depuis Paul de Tarse), le christianisme surtout catholique pratique l'antijudaïsme et que, partout, le socialisme est, par essence, antisémite puisque le socialisme s'oppose à toute forme d'élitarisme, de communautarisme, d'autonomisme et de différencialisme.

 

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Le 04/08/2017

 

Un conseil, ami …

Cultive toujours le respect de toi-même c'est-à-dire : toujours choisir ce qui t'élève et te grandit et toujours refuser, comme la peste, la facilité, la paresse, la médiocrité et la vulgarité.

 

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Le 05/08/2017

 

Le problème n'est pas la production alternative de l'énergie (ou de toute autre ressource, d'ailleurs), mais bien la consommation drastiquement frugale de l'énergie (et de toutes les ressources).

 

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La loi de Boltzmann ne dit rien d'autre que ceci : tout système composé d'un très grand nombre de sous-systèmes discernables et identifiables (par exemple des molécules de gaz dans un ballon clos), tend naturellement vers l'homogénéité et l'uniformité maximales.

Plus les sous-systèmes sont identiques les uns aux autres et plus ils seront peu interagissant entre eux (le cas d'un gaz parfait, par exemple), plus cette uniformité et cette homogénéité seront grandes et stables.

Cela signifie encore que l'écart-type des distributions des diverses grandeurs caractéristiques (impulsion cinétique/pression ou énergie cinétique/température) sera faible par rapport à leur moyenne.

Cela n'interdit nullement, tout au contraire, des fluctuations locales parfois importantes autour de cet état d'équilibre global.

Et cela interdit encore moins que certaines fluctuations particulièrement fortes, loin de cet état d'équilibre, puissent engendrer des émergences locales qui induisent des structures dissipatives locales (des émergences néguentropiques, donc) au ban de l'homogénéité et de l'uniformité globale.

Le loi de Boltzmann ne s'applique, en toute rigueur, qu'à un système parfait (écart-type nul autour de la moyenne) ; un tel système n'existe jamais dans la, réalité.

Tout cela signifie encore que la gaussienne est la répartition statistique qui est la solution globale la plus simple et le plus fréquente (parce que la plus simple), mais non la seule. Des solutions plus sophistiquées (avec deux maxima, l'un très majoritaire et l'autre plus minoritaire, par exemple) sont tout aussi possibles.

Mais quel est ce problème dont la gaussienne est la solution la plus probable ? Rendre la tension globale au sein du système la plus faible possible dans le champ (fluctuant) des contraintes et influences externes.

 

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Le 06/08/2017

 

Comme souvent, depuis '68, le capitalisme et son contraire : l'anticapitalisme, sont des mots qui semblent objectiver une réelle bipolarité ou dualité irréconciliable, mais qui, sournoisement, permettent, à peu de frais, d'encenser ou de stigmatiser le paradigme ambiant dans le cadre obsolète d'une opposition venue du 19ème siècle entre bourgeoisisme et socialisme.

Tout ce qui est anticapitaliste (socialisme, révolutionnarisme, gauchisme, anarchisme, écologisme, altermondialisme, boboïsme, marxisme, LGBTisme, droit-de-l'hommisme, …) doit absolument être mis dans le même sac (sans d'ailleurs se donner la peine de définir le capitalisme et en lui assimilant, à tort et de force, le libéralisme et le financiarisme) pour donner une impression de cohérence et de binarisme artificiel : si vous n'êtes pas pour, vous être contre … donc vous êtes comme nous … et avec nous.

Ce dualisme primaire et infantile doit être dénoncé et combattu.

Ecologisme et socialisme, marxisme et gauchisme, libéralisme et financiarisme, révolutionnarisme et progressisme, LGBTisme et naturalisme, égalitarisme et conscientisme[1], consumérisme et élitarisme sont tous radicalement et irréfragablement inconciliables.

Il est urgent de comprendre que la dichotomie entre gauche et droite, ou, ce qui revient au même, entre socialisme et bourgeoisisme, est totalement et définitivement obsolète … comme toutes les dichotomies ! Le monde réel n'est jamais binaire.

D'ailleurs, sur le plan français, l'élection d'Emmanuel Macron a au moins eu ce mérite immense, de faire s'effondrer, en même temps et définitivement, le socialisme (PS), le gauchisme (LI), le populisme (FN° et le bourgeoisisme (LR). Saura-t-il, voudra-t-il, osera-t-il être le moteur de la mutation paradigmatique qui s'impose (et ainsi être le fossoyeur attendu et espéré de l'Etat) ? On le verra assez vite.

 

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Le 07/08/2017

 

Être réactionnaire et être rétrograde, cela ne signifie pas la même chose.

Être réactionnaire ou conservateur, c'est s'opposer au changement quel qu'il soit.

Être rétrograde ou dépassé, c'est définir l'évolution en des termes totalement obsolètes.

Le bourgeoisisme est réactionnaire et conservateur ; il veut perpétuer un état sociétal qui n'existe plus.

Le socialisme est rétrograde et dépassé ; il veut perpétuer l'opposition à un état sociétal qui n'existe plus.

Vouloir figer le Réel ou vouloir s'opposer au Réel, est aussi absurde l'un que l'autre.

Plus généralement, toute idéologie est absurde ; il est ridicule de vivre dans un "Idéal" ou pour un "Idéal", alors que le Réel est tel qu'il est et tel qu'il va, sans se soucier le moins du monde des caprices, prurits ou urticaires de la gent humaine.

Entre vouloir rester figé dans un Réel passé et vouloir instaurer un Idéal futur (qui sont deux postures aussi absurdes l'une que l'autre puisque le Réel n'est jamais statique et qu'il évolue tout le temps selon ses propres lois). Il existe donc une troisième voie qui rejette autant le conservatisme que le progressisme. Il me semble que cette troisième voie ressemble bien au libéralisme, une fois que l'on débarrasse ce concept de tout le fatras capitaliste et financiariste dont le gauchisme culturel ambiant l'affuble.

Il n'y a ni progrès, ni fixité ; il y a une évolution permanente de Réel et l'homme n'y est jamais pour grand' chose ; du moins collectivement car individuellement, chacun peut et doit construire son propre cheminement au sein d'un Réel mouvant sur lequel il a peu de prise, mais qui offre, à longueur de temps, des possibilités et des opportunités qu'il faut savoir dénicher et exploiter.

Le sociétal n'est jamais un bloc que l'on dirige massivement ; il n'est que la résultante stochastique des options et efforts individuels.

Le libéralisme acte cette inanité du sociétal idéologique : la société n'est qu'une fiction statistique, sans réalité.

 

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Le 08/08/2017

 

De mon ami éditeur, Philippe L., en réponse à un billet que j'avais écrit sur le numérique productif (PC et Microsoft) et le numérique ludique (Apple et Google), et sur l'effondrement des ventes des ordinateurs (pour le productif) et des tablettes (hybrides inutiles et inefficaces) au profit des ordiphones (pour le ludique) :

 

"Pour ajouter mon grain de sel, lors de nos pérégrinations dans de lointains pays en voie de développement, on constate que nombre d'entre eux sont passés directement de rien au smartphone (et ont donc zappé les étapes ordi, tablettes). Et aussi que les cafés internet qui proliféraient ont presque tous fermé et les rares qui restent sont désertés. C'est vrai que c'est une révolution des loisirs, le smartphone a remplacé l'ordi, l'appareil photo, la console de jeux, le GPS, la montre, le réveil, l'agenda et se substitue petit à petit à cet organe humain qu'était le cerveau. Ça va probablement induire en quelques générations (3 suffisent) une évolution de la morphologie humaine, un cerveau plus petit, des yeux carrés mieux adaptés aux écrans, une courbure vers l'avant des vertèbres cervicales, et des doigts hyper habiles et plus pointus pour manipuler ces smartphones et leur mini clavier."

 

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Pierre Bourdieu est un idéologue, pas un sociologue … Mais il est si vrai, en France, que la sociologie est presque toujours de l'idéologie.

 

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Le 09/08/2017

 

De Friedrich Nietzsche :

 

"Le fanatisme est la seule forme de volonté

qui puisse être insufflée aux faibles et aux timides."

 

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L'exil est la négation du territoire et de la Cité qui en est le centre.

L'exil est la négation, donc, de la politique qui est censé être l'art de gouverner les territoires et leurs Cités (polis en grec).

L'exil force à cultiver l'art de l'autonomie : ne dépendre de rien ni de personne, n'avoir besoin de rien ni de personne, ne s'attacher à rien ni à personne.

 

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Le 10/08/2017

 

Au commencement, il y avait une liasse de feuilles blanches et un pot d'encre. Le monde a commencé à s'y écrire. Plus le texte s'élabore, moins il y a d'encre dans le pot. Mais, à tout moment, il y a toujours la même exacte quantité de papier et d'encre. Ce qui a changé : l'encre amorphe qui était dans le pot, est devenu le plus beau poème jamais concevable.

C'est la beauté même de ce poème cosmique que l'on appelle Dieu.

Chaque page remplie se tourne et dévoile une nouvelle page blanche où le récit continue de s'accumuler. Bien sûr, il y eut des ratures et des fautes … et rien ne s'efface jamais. Mais le poème continue et, continuant, il s'enrichit sans cesse de nouveaux mots, de nouvelles images, de nouvelles trouvailles artistes.

 

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Il y a des livres qui amusent.

Il y a des livres qui racontent.

Il y a des livres qui émerveillent.

Il y a des livres qui enseignent.

Seuls ces derniers m'intéressent.

 

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Le psalmiste (Ps.:1;1) expose quatre catégories d'humains : les justes (TzDKYM : ceux qui sont vertueux et innocents - qui ne nuisent pas), d'une part, et, d'autre part, les méchants (RSh'OYM : les "méchants, vicieux, criminels" : ceux qui font le mal), les pécheurs ('HTh'AYM : les "pécheurs" : ceux qui échouent, qui se trompent, qui ratent, qui faillissent) et les moqueurs (LTzYM : ceux qui sont "plaisantins, bouffons, railleurs, impies").

Belle typologie ! Ceux qui construisent face à ceux qui détruisent, ceux qui ratent et ceux qui raillent.

 

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Le 11/08/2017

 

Question posée à Dieu par le Psaume 8 :

 

"Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui (…) ?"

 

Bonne question, en effet ! Mais se souvient-Il encore de lui ?

 

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Le 12/08/2017

 

Entendu hier : "Les vieux cons deviennent de plus en plus jeunes".

 

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Les traductions chrétiennes ont mis la Bible hébraïque en capilotade.

De la charpie. De la bouillie.

Un vrai massacre ! Un vrai saccage !

Et les rabbins pharisiens et talmudistes ne sont pas en reste au point d'avoir forcé le texte à rentrer dans leur moule de théologie monothéiste et de sotériologie dualiste.

 

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Le 13/08/2017

 

D'Honoré de Balzac :

 

"Il y a deux histoires, l’officielle menteuse !

Puis l’histoire secrète où sont les véritables causes des événements !"

 

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D'Yves Grossemy :

 

"Au lieu du 'Il faut' institutionnel et si chargé, prenez l’exercice employable du 'Il suffit' si léger et disponible d’espaces de considérations nouvelles !"

 

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Apprendre à écouter et entendre ce que les gens disent,

plutôt que de n'entendre ce que l'on a envie qu'ils disent.

 

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Natacha Polony : l'égérie du socialisme souverainiste ! Donc du national socialisme et du fascisme gauchisant …

 

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Le 15/09/2017

 

Le temps et l'espace sont second.

En premier, il y a l'activité.

Et l'activité s'encapsule sous le forme de processus particuliers.

Et chaque processus est un mélange de durée propre et de volume propre : il prend du temps et il prend de la place.

Et toutes les durées engendrent du temps.

Et tous les volumes engendrent de l'espace.

 

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Avoir raison est déraisonnable ... Soyons rationnel !

 

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D'Horace :

 

"Carpe diem quam minimum credula postero."

 

"Cueille le jour, au moins crédule au futur".

 

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D'Epicure :

 

"Lorsque nous disons que le plaisir est le souverain bien, nous ne pensons pas aux plaisirs des débauchés ni à ceux qui consistent dans les jouissances physiques. […] Le plaisir dont nous parlons consiste dans l'absence de souffrance physique et de trouble de l'âme."

 

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Le 17/08/2017

 

Il n'y a que trois domaines qui méritent intérêt : la cosmologie universelle (la Nature), la socioéconomie humaine (l'Humain) et la théosophie métaphysique (le Divin).

Tout le reste est Kinderspiel.

 

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Au nom de la liberté et de la justice, les révolutions sont toujours mis en place un système étatique plus tyrannique que le précédent.

Il n'y a jamais de révolutions heureuses.

Il faut un an pour faire une révolution ; il faut de dix (socialisme national) à cent (socialisme communiste) ans pour s'en débarrasser.

Le révolutionnarisme est la face dégénérée du mauvais romantisme puéril. Il est une grave maladie mentale infantile … malheureusement pas assez mortelle.

 

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Ne jamais plus confondre la Noblesse et l'Aristocratie.

La Noblesse est affaire de titres et de privilèges.

L'Aristocratie est affaire d'excellence et d'éthique.

 

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Les terres ont fait les Nobles.

Les villes ont mangé les terres.

Et les villes ont fait les Bourgeois.

Les Bourgeois ont destitué les Nobles.

Qui mangera les villes et destituera les Bourgeois ?

 

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Tout événement peut prendre sens sur sept niveaux :

  1. Le niveau personnel (mon vécu immédiat, ma sensibilité).
  2. Le niveau communautaire (famille, village, équipe).
  3. Le niveau politique (institutions, régions, réseaux).
  4. Le niveau mondial (guerre, pollution, pandémie, climat).
  5. Le niveau paradigmatique (le grille de lecture globale humaine).
  6. Le niveau pan-historique (l'histoire de la Vie et de ses manifestations).
  7. Le niveau théosophique (plans cosmique, métaphysique, spirituel)

 

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Apprécier, c'est donner un prix quantitatif.

Evaluer, c'est donner une valeur qualitative.

Notre époque, et c'est symptomatique, confond toujours plus ces deux verbes.

 

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Le 18/08/2017

 

Toute la modernité a été façonnée par l'idée de quantité : mathématisme, calculisme, économisme, dénombrisme, statisticisme, …

Depuis Galilée, rationnel et quantitatif sont devenus synonymes.

S'il y a bien du quantitatif dans le Réel (des proportions et rapports préférables), tout le Réel ne se réduit pas à du quantitatif.

 

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Je crois qu'il faut remettre en selle le mot "théosophie", non pas dans le sens étriqué que lui donnèrent Helena Blavatsky, le colonel Olcott, Annie Besant et la société théosophique qui "fabriqua" Krishnamurti, mais bien au sens des philalèthes d'Alexandrie.

En ce sens ancien, il s'agit de développer une sagesse de nature spirituelle et intuitionnelle visant l'extase et l'union mystique.

 

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Bien que cela ne les excuse en rien, des philosophes allemands comme Martin Heidegger ou Karlfried Graf Dürckheim ont frôlé le nazisme (le socialisme national) en ses débuts, parce qu'ils y voyaient un néo-naturalisme, un antilibéralisme et un aristocratisme dont ils rêvaient, l'un au travers de la sagesse grecque et l'autre au travers de la spiritualité zen.

 

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Le libéralisme est l'anti-socialisme radical.

 

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De Georges Friedmann (in : "La Puissance et la Sagesse") :

 

"Fuir la médisance. Dépouiller la pitié et la haine.

Aimer tous les hommes libres. S'éterniser en se dépassant."

 

J'aime beaucoup l'idée d'aimer tous les hommes libres car cela permet d'être massivement misanthrope.

 

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Un autre regard sur le christianisme …

Le christianisme pourrait se présenter à moi comme une démarche spirituelle compatible avec mes convictions et ascèses personnelles, mais seulement à certaines conditions peut-être inacceptables pour beaucoup de chrétiens ?

 

Il faudrait commencer par se détacher complètement d'une lecture exotérique des Evangiles. Jésus, en tant que personnage pseudo historique n'y joue aucun autre rôle que celui de symbole de l'homme qui chemine. Le mot-clé est Messie (de l'hébreu, ou Christ du grec). Et ce Messie est immanent à chacun : chacun porte son propre Sauveur (son propre mystagogue, pourrait-on dire) en lui-même.

 

Il faudrait ensuite rejeter clairement et radicalement le dualisme ontique que véhicule le christianisme exotérique et sa distinction inacceptable entre le monde de la Perfection (céleste, divin, immatériel, où trônerait le Dieu-Père) et le monde de la Vie (terrestre, humain, matériel, où règnerait le Diable). Ce dualisme doit être éradiqué et céder la place à un monisme radical : il n'y a pas deux mondes, mais un seul : celui-ci. Dieu est en Tout et Tout est en Dieu : il s'agit d'un panenthéisme.

 

Il faudrait enfin considérer la notion de Salut, comme un passage initiatique depuis le plan de conscience humain (relatif, éphémère, singulier) jusqu'au plan de conscience divin ou cosmique (absolu, éternel, global), et non comme un saut, au moment du décès physique, depuis le monde de la Vie jusqu'au monde de la Perfection.

 

Moyennant ces trois préalables, le christianisme pourrait se définir comme un cheminement initiatique qui va de la mort du "vieil homme" profane, à la résurrection du "nouvel homme" accompli. Ce cheminement se fait "dans l'imitation du Christ" en suivant les étapes, dans leur compréhension ésotérique, de la vie de Jésus telle qu'elle a été "légendée" par les Evangiles de la mouvance paulinienne (Marc, Matthieu et Luc) ou de la mouvance gnostique (Jean et les apocryphes alexandrins).

Il s'agit de passer du "Fils de l'homme" au "Fils du Dieu-Père", sous l'inspiration de l'Esprit.

Si l'on veut bien lire la "vie de Jésus" comme la narration ésotérique d'un cheminement initiatique, et si l'on veut bien dépasser les prescriptions de la morale humaine qui y sont exposées, pour les voir comme des marches de discipline intérieure, alors le christianisme pourrait devenir intéressant, à la condition de le débarrasser, une bonne fois pour toute, de tout le fatras dogmatique et ecclésial qui l'étouffe.

Le christianisme, dans ces conditions, convergerait harmonieusement avec les autres mouvances mystiques, initiatiques et ésotériques de toutes les grandes traditions religieuses.

 

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Je suis de plus en plus persuadé que la physique fondamentale et la cosmologie sont en train de buter sur un mur conceptuel : ce sont les catégories fondatrices (espace, temps, matière, champ, lumière, force, énergie, conservation, …) qui se révèlent peu à peu caduques. Je crains qu'il ne faille refonder la physique de fond en comble.

 

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Le 19/08/2017

 

L'Islam n'est pas une spiritualité religieuse. L'Islam est une idéologie ritualisée[2] où le Divin n'est qu'un prétexte à imposer une autorité et une moralité totalitaires.

 

Trois religions sont bâties sur l'imitation du cheminement initiatique de leur fondateur : le judaïsme avec Moïse ha-Lévy, le bouddhisme avec Siddhârta Gautama et le christianisme avec Jésus-Christ.

 

Trois grandes traditions spirituelles sont construites sur des visions métaphysiques et cosmiques : le taoïsme, le védantisme et le confucianisme.

 

Un grand et archaïque courant spirituel a pris de très nombreuses formes, mais reste prégnant : l'animisme.

 

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Le socialisme est une doctrine très générale, née à la fin du 18ème siècle, pur produit de la modernité et des idéalismes politiques avec Rousseau, Kant, Owen. Le socialisme meurt et doit mourir avec cette modernité qui l'a enfanté.

 

Le socialisme est le nom générique qu'il faut donner à toutes les idéologies c'est-à-dire à toutes les formules imaginaires d'une "société idéale", c'est-à-dire d'une conception "grandiose et exaltante" de la société humaine, qui, par essence logique, ne peut que faire fi de la nature humaine et qui veut construire un "homme nouveau" dont l'existence serait dédiée à l'édification permanente de ladite "société idéale". Les socialismes diffèrent entre eux par leur territoire (national ou international), par leurs méthodes (révolutionnaires, manipulatoires, clientélistes, terroristes, ratiocinantes, phagocytantes, …) et par leurs styles (militaire, politicien, complotiste, idéaliste, exalté, …).

 

Comme cette "société idéale", quelle qu'elle soit, est contre-nature (l'idéal, par définition, s'oppose et rejette le réel), si le socialisme qui la porte arrive au pouvoir, il ne peut s'y maintenir que de deux manières : par la violence, ce qui fut le cas le plus fréquent de Robespierre à Napoléon, Hitler, Staline ou Mao, ou par la corruption à grands coups d'assistanats, de magouilles, de marchés publics, de subventions et autres gabegies, de De Gaulle à Mitterrand, Chirac ou Hollande.

 

Dans les deux cas, les ressources, qu'elles soient militaro-policières ou politico-économiques, finissent par manquer et le régime s'effondre, laissant la contrée dans un état de délabrement économique, social, moral et psychique effrayant - comme la France aujourd'hui.

 

Les formes de socialisme ont été nombreuses et ont porté bien des noms : nazisme, fascisme, marxisme, léninisme, stalinisme, populisme, polpotisme, social-réformisme, front populaire, ouvriérisme, utopisme, syndicalisme, guévarisme, castrisme, bourgeoisisme, conservatisme, suprématisme, social-démocratisme, social-écologisme, insoumission, anticapitalisme, …

Et il faut le souligner : contrairement au allégations matraquées du gauchisme culturel ambiant, le socialisme n'est pas "de gauche" ou "de droite" qui sont des notions obsolètes : une doctrine est socialiste dès lors qu'elle affiche une "société idéale" et se dit prête à l'imposer "pour le bien du peuple" (version gauche) ou "pour le bien de la nation" (version droite).

Rappelons que les notions de "peuple" ou de "nation" sont totalement artificielles, vides et factices, créées ad hoc pour servir les discours socialistes : la nation française n'existe pas plus que le peuple français ; ce sont deux inventions du 19ème siècle fabriquées dans les palais parisiens pour faire tenir ensemble un ensemble de pays placés de force, au fil des siècles, sous la coupe monarchique et républicaine.

 

Au-delà de tous ces avatars absurdes du socialisme, une seule idée est cruciale : celle d'une "société idéale" qui serait à construite, par la force s'il le faut, contre les humains réels s'il le faut, en y mettant, s'il le faut, tous les moyens : de la torture, la violence et la terreur, à la manipulation, la collusion, la "collaboration" ou la corruption.

 

C'est cette notion artificielle et vide de "société idéale" qu'il faut éradiquer. Il n'existe pas de "société idéale", comme il n'existe pas un "être humain idéal", comme il n'existe rien d'idéal qui puisse être collectif.

Chacun voit son "idéal" à sa porte !

Une société n'a pas à être "idéale" ; on lui demande juste d'être suffisamment en paix, en liberté et en bonne santé pour que chacun puisse, en toute autonomie et conscience, réaliser, pour lui, cet "idéal" qui est à sa porte et qui l'appelle comme une vocation personnelle.

C'est cela le libéralisme[3], c'est-à-dire l'anti-socialisme radical … et rien d'autre.

 

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Il est symptomatique que le terme "réalisme", dans nos dictionnaires, soit pointe vers les mouvements littéraires ou picturaux du 19ème siècle, soit reste confiné à son (absurde) acception platonicienne et scholastique, opposée au nominalisme et posant la "réalité en soi des Idées" (ce qui est le propre de l'idéalisme radical et de son dualisme ontique).

Le seul sens que lui donne la philosophie moderne, à savoir l'opposition radicale à toute forme d'idéalisme, n'apparaît presque jamais.

Pourquoi ? Parce qu'être idéaliste est largement considéré comme une vertu. Il faudrait être porté par un idéal (là, les yeux brillent, aussi imaginaire, débile ou terrifiant cet idéal soit-il - les "idéaux de la jeunesse" font rêver sauf quand ils s'appellent addictions graves à la connexion numérique, à l'alcool, aux drogues plus ou moins dures, ou au sexe "hard") : il est de bon ton, en modernité, de conchier le Réel.

Le Réel ? C'est vulgaire, c'est péquenaud, c'est cul-terreux … Et même, lorsque le bobo s'extasie devant la vraie réalité de la Nature au nom de l'authenticité, il faut que cette "Nature" soit aseptisée, nettoyée, sans fourmis ni vermine, "désauvagisée" … et qu'elle ne souille pas les chaussures.

 

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Et si on arrêtait de se mentir …

Le Hamas récompense chaque famille à laquelle appartient un terroriste qui se tue en kamikaze, d'une prime allant jusqu'à USD 25,000.

Cet argent vient bien sûr des "aides" internationales à la "cause" palestinienne.

Un pactole dûment et durablement bien exploité !

Un dicton ne dit-il pas : "La mère d'un terroriste est toujours enceinte".

En France, en 2015, les musulmans constituaient 7,5% de la population totale et 75% de la population carcérale.

Et 27% des jeunes musulmans de France, entre 18 et 24 ans, toutes classes sociales confondues, étaient favorables à Daesh et approuvaient l'attentat contre Charlie Hebdo.

 

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Un peu partout, mais surtout en terres d'Asie, d'Afrique et d'Islam, on assiste à une réelle masculinisation de la société du fait de trois phénomènes qui amplifient significativement le célibat masculin (jusqu'à 120 hommes - 55% - pour 100 femmes - 45%) :

  • L'élimination prénatale ou natale de bébés féminins parce que les familles veulent des garçons (Inde, Chine, Islam, …),
  • La polygamie (Islam, Afrique) - un homme ayant quatre femmes laisse trois autres congénères "sur le carreau",
  • La hausse des divorces d'avec des femmes plus âgées (qui resteront seules) au profit de femmes plus jeunes et au détriment d'hommes jeunes.

Tout cela condamne de plus en plus d'hommes au célibat avec pour conséquences néfastes : la hausse des viols, des agressions et délinquances sexuelles, de la drague maladive, des prostitutions, de la pornographie, de la masturbation compulsive et de la pédérastie.

On commence alors à comprendre que la monogamie, la fidélité conjugale et les limitations de l'avortement ne sont pas des tabous moraux archaïques, mais bien sont de puissants et indispensables régulateurs sociaux.

 

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La claustration des femmes en harem, l'excision, le port du voile plus ou moins intégral, les mariages forcés dès le plus jeune âge, etc … sont des conséquences directes de la polygamie, c'est-à-dire de l'appropriation obsessionnelle et exclusive de multiples femmes par l'homme qui croit exhiber ainsi sa puissance … et que les crétins alentour voudraient tant imiter.

 

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Traduction d'un extrait d'article de l'américain J.H. Kunstler à propos de l'économie américaine :

 

" Un récit connexe : l’économie américaine 'se rétablit' – supposément depuis une mystérieuse sortie de route qui l’a fait déraper en 2008. Non, ce n’est pas le cas. L’économie américaine est entrée dans un état de contraction permanente parce que nous ne pouvons pas nous permettre de payer l’énergie des combustibles fossiles qu’il faut pour continuer à développer nos activités techno-industrielles (et il n’y a pas de substituts adéquats plausibles pour les combustibles fossiles). Nous avons essayé de cacher cet état de choses en empruntant de l’argent sur l’avenir, en émettant des obligations pour 'créer de l’argent', et maintenant nous avons atteint la fin de ce racket parce qu’il est clair que nous ne pouvons pas rembourser l’ancienne dette et avoir la perspective de « nous en sortir » avec l’émission de nouvelles créances liées à la dette. Récemment, nous avons émis de nouvelles dettes principalement pour rembourser l’ancienne, et toute personne de douze ans peut voir où cela mène."

 

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Le 20/08/2017

 

Au plaisir des langues …

En anglais, "joy" a une connotation plus religieuse que "happiness" qui est plus profane. Les adjectifs "happy", "lucky" et "joyful" ne sont pas synonymes.

En français, il y a eu inversion de sens du mot "bonheur" qui signifiait, en vieux français, "avoir de la bonne chance (heur)" et correspondait au "lucky" anglais. Le mot "bonheur" a pris la place du mot "joie" qui est un doublet du mot "jouissance" venus tous deux du verbe latin "gaudere" ; la joie étant la jouissance (volontaire) de la Vie. Mais, curieusement, le mot "jouissance", aujourd'hui, en français, pointe vers le "plaisir" et non vers la "joie" … alors que l'adjectif "joyeux" (traduction littérale de "joyful") a évincé le mot "gai" qui est presque tombé en désuétude (malheureusement). Être "joyeux", comme être "gai", est un état d'esprit, une attitude volontaire, une posture de vie, qui relève de la Joie au sens profond.

Il ne faudrait plus dire "je suis heureux", mais bien "je vis un moment heureux" où la chance me sourit.

Le verbe latin "gaudere" signifie "se réjouir, être content" ; mais le contentement indique la satisfaction, le réplétion. Et le mot "content" dérive lui du verbe latin "continere" qui signifie "tenir en soi, maintenir, contenir, maîtriser, …) qui a donné un doublet à "content" avec "continent" (et son contraire, "incontinent").

Au sens stoïcien, le "contentement", sans aller jusqu'à la continence, est une philosophie de la frugalité dans toutes les dimensions de l'existence : être content (et joyeux, et gai), ici et maintenant, de ce que l'on est et de ce que l'on a (car, de toutes les façon, on n'a aucun autre choix, dans le présent immédiat, que d'être ce que l'on est et que d'avoir ce que l'on a - ce qui n'empêche nullement d'avoir le désir et l'intention de progresser pour s'accomplir).

 

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De Pascal Bruckner :

 

"Ce n'est pas l'islamophobie qui entraîne le terrorisme, mais le terrorisme qui rend l'islam haïssable et pénalise les musulmans modérés."

 

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En matière humaine, rien n'est universel, uniforme, égal ou commun ; tout est unique et singulier, relatif et hétérogène.

 

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Seul l'universel est digne d'intérêt. Laissons le singulier à la littérature.

 

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De François Julien :

 

"Quand on croit avoir atteint l'universel, c'est qu'on ne voit pas ce qui manque à cette universalité. (…) L'universel (…) est à concevoir à l'encontre de l'universalisme, celui-ci s'imposant souverain et croyant posséder l'universalité."

 

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L'universalité comme la vérité ou la sainteté … est une quête et une exigence inaccessible, mais elle est une exigence tout de même.

 

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Ne jamais confondre l'universel (ce qui est absolument la réalité du Réel) et l'idéal (ce qui est l'opposé du Réel).

 

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Si l'exposé de l'universel s'exprime par : "tout ce qui existe est ou fait ou devient …", alors je ne vois que trois universaux : le Un, le Réel et le Processus.

 

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Une identité est toujours singulière et si rarement commune.

 

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L'essence - donc l'identité - n'est pas affaire des attributs de la chose, mais bien affaire de la logique du processus qui se manifeste par la chose. L'essence - donc l'identité - ne procède pas de l'Être (malgré les mots …) mais bien du Devenir.

Mon identité n'est pas ce que je suis, mais révèle ma façon particulière de devenir, de m'accomplir, de me réaliser.

Mon identité, mon essence, c'est mon style !

Et puisque l'identité affirme ses différences ou ses "écarts" (comme le suggère François Julien) d'avec les autres (qui ne sont donc ni mes semblables, ni mes égaux), ce dont on doit parler porte sur les façons de devenir, sur les manières de vivre, sur les styles de vie, et non sur les apparences de l'être-soi.

 

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Le problème de l'identité (culturelle ou autre) ne s'impose que comme réponse et comme combat contre un envahisseur, en l'occurrence, de nos jours, en Occident, contre l'envahissement par l'agressivité et le totalitarisme musulmans des islamistes.

 

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François Julien récuse l'idée d'identité culturelle mais défend l'idée de ressources culturelles spécifiques, de fécondités culturelles spécifiques ; soit !

Cela signifie donc que l'identité se définit par les patrimoines et les talents spécifiques … mais ouverts à tous … sauf aux pilleurs et aux saccageurs. Soit. Cela ne gomme pas, pour autant, la notion d'identité, mais cela en change positivement le sens.

 

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Pourquoi toujours confondre "communautarisme" et "sectarisme". Le sectarisme est le dévoiement et la perversion du communautarisme.

Une communauté est un ensemble humain, formant égrégore et partageant un style de vie commun, sans ostracisme ni prosélytisme, sans mépris ni haine.

Une secte est un groupe actif qui cherche, par tout moyen, à imposer ses croyances, ses convictions, ses valeurs, ses comportements ou ses rites aux autres, prochains ou lointains.

 

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La Torah est communautaire. Le Coran est sectaire.

 

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Un patrimoine authentique ne s'acquiert pas par "appropriation", mais bien par "apprentissage". On n'hérite pas ; on apprend à hériter.

 

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A noter …

Le mot "idéal" n'existe pas en chinois !

 

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Le 21/08/2017

 

Le monde actuel est quadripolaire : l'Europe, les Etats-Unis, la Chine et l'Inde.

Les autres "puissances" comme la Russie, le Brésil ou la zone islamique n'ont de poids qu'à la mesure de leur sous-sol qui s'épuisent à toute allure. Quant au reste, Afrique ou Amérique du sud, ils ne jouent pas dans le jeu.

Les Etats-Unis sont en déficit commercial croissant depuis 1972 et ne fonctionne plus qu'en tirant des traites sur l'avenir (quantitative easings) et en faisant du window dressing avec les GAFA californiens qui ne produisent aucune valeur d'utilité et ne vivent que de la croissance de leur capitalisation boursière (la plupart de ces entreprises ne couvrent leurs déficit technique que par leur gain financier).

La Chine est dans un état d'hyper-instabilité et de fragilité croissante : la main-d'œuvre très bon marché n'est plus qu'un souvenir, le niveau technologique monte mais pas assez vite et le chape dictatoriale se fissure.

L'Inde étouffe du fait de sa démographie galopante, de sa pauvreté lancinante et du désintérêt "métaphysique" de ses populations pour le fait économique.

Reste l'Europe qu'affaiblissent ses divisions internes et ses souverainismes aussi dérisoires que désuets, malgré qu'elle soit, qualitativement, intellectuellement, culturellement et économiquement, la zone la mieux lotie et la plus stable.

 

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Le 22/08/2017

 

C'est quand on a perdu la vue que l'on comprend combien avoir beaucoup d'ordre est vital.

 

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De Friedrich Nietzsche, cette merveilleuse pensée :

 

"Où se dresse l'arbre de la connaissance,

c'est toujours le paradis."

 

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Les quatre "idées cosmologiques" de Kant sont l'infinitude, l'analycité, la causalité et la nécessité.

L'infinitude : l'univers est-il infini (non contenu) ?

Analycité : l'univers est-il incomposé (non contenant) ?

Causalité : l'univers est-il déterminé (non créant) ?

Nécessité : l'univers est-il autoréférentiel (non créé) ?

Mes réponses sont, dans l'ordre : oui, oui, non et oui !

 

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Le 23/08/2017

 

Ecrire "Les autres dimensions de l'Esprit" (parution en 2018 chez OXUS) n'était a priori pas évident car c'était, pour un philosophe et un physicien théoricien, se lancer à l'assaut d'une citadelle qui, depuis si longtemps, est une chasse gardée de "spécialistes", entourée de barbelés et miradors conceptuels aussi artificiels que nébuleux. Avant d'être un travail de philosophe, ce fut un travail de physicien que j'ai fait : d'un physicien qui étudie un système complexe avec les modèles et concepts de la physique des systèmes complexes. J'espère sincèrement, sans fausse modestie, mais sans orgueil, que ce livre donnera une impulsion pour le renouveau des sciences de l'esprit et permettra de jeter aux oubliettes de l'histoire de la pensée les délires (idéologiques - cfr. Foucault) psychanalytiques ou psychothérapeutiques, comme les délires (matérialistes) neuroscientistes.

 

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Dans nos pays développés, la totalité du PIB (donc de la valeur) est produite par moins de 15% de la population totale. Ce déséquilibre est létal et est une des causes de l'effondrement socioéconomique de nos sociétés qui étouffent sous le poids des assistés, des fainéants et des parasites.

 

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L'indolence est et a toujours été planétaire … et l'indolence "exotique" est aussi vieille que l'homme ; ce qui a fait la grandeur de l'Europe, pendant des siècles, c'est précisément le refus de l'indolence … qui revient au grand galop.

 

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Les masses n'ont jamais été l'avant-garde de quoique ce soit, mais, maintenant, les masses deviennent de plus en plus massives et de plus en plus massivement crétines.

 

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Quand je dis que l'homme est un raté de l'évolution biologique, je souligne que l'homme n'est pas du tout armé (bien moins que les singes qui, pourtant, ne sont pas les mieux lotis) pour affronter la vie sauvage. Il n'a pu survivre qu'en développant son intelligence et sa mémoire pour comprendre et anticiper les dangers, et s'en protéger ou fuir à temps.

 

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Sans finalisme ni théisme, l'Intention (immanente et intrinsèque) en tant que principe métaphysique, est un des fondamentaux à la base de l'origine de l'univers

 

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Le grain de sable qui a fait s'emballer le système humain, a été la révolution néolithique qui l'a sorti de sa dépendance à la Nature sauvage pour lui faire croire qu'il était "au-dessus" de la Nature

 

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L'idéologie n'est pas le fait de juger - il n'y a rien de négatif à juger ; penser, c'est juger, évaluer, peser, comparer - ; l'idéologie quelle qu'elle soit, est toujours négative et rédhibitoire en ceci qu'elle oppose le Réel tel qu'il est et va, à un "idéal" (d'où son nom) imaginaire et fantasmagorique qui relève des contes de fée et du Père Noël. Condamner toutes les idéologies n'est pas un fait idéologique, c'est le salubre parti-pris pour le Réel contre le fantasme

 

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Il y a des hommes de bien et il y a des crapules. C'est vrai. Mais le problème est la proportion totalement disproportionnée entre ces deux catégories !

 

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Le numérique inutile, ludique, "gadgètique" va bien tôt s'étioler et se cantonner aux marges des marchés pour amuser les adolescents désœuvrés, les crétins lobotomisés et les retraités grands-parents.

Adieu les GAFA et leur mythologie puérile !

Enfin, le numérique va se mettre au service de la production de vraie valeur d'utilité. Les méthodes algorithmiques (cessons de parler de "l'intelligence artificielle" qui n'existe pas) vont révolutionner l'entreprise et l'économie des biens d'utilité ; les intelligences humaines en seront libérées pour se consacrer à ce qu'aucun algorithme, jamais, ne pourra espérer imiter : le génie, la virtuosité, le sens et la joie !

 

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Lu sur la Toile à propos de l’aphorisme : “Descartes avait tort, Spinoza avait raison” :

 

"La Nature est par nature complexe : une cause produit plusieurs effets, qui eux-mêmes influencent la cause qui les a engendrés".

 

Ce commentaire sur la rétroaction est classique, mais faux. Il n'y a aucune influence de l'effet sur sa propre cause. Le temps est irréversible et la précédence de la cause sur l'effet est inaltérable.

Ce qui est vrai, en revanche, c'est que l'effet d'une cause rétroagit sur l'algorithme de réponse à une cause identique ou semblable.

 

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Le "biais cognitif de Dunning-Kruger" (ou "effet de surconfiance") affirme qu’en assemblée, ce soit le moins compétent qui s’exprime le plus et impose sa décision.

C'est la version scientifique d'un principe établi par Michel Audiard dans "Les tontons flingueurs" : "Les cons, ça osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".

Sur ce thème, Charles Darwin disait déjà : "L’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance".

 

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Il faudrait un jour qu'une femme musulmane, érudite et philosophe, écrive un livre sur le thème : "Islamisme et sexualité". Le Coran et, par suite, tout l'Islam ont un énorme problème avec la sexualité. Problème hérité de Mu'hammad lui-même qui eut une vie conjugale pour le moins … difficile.

Il n'empêche, le rapport entre les musulmans et la sexualité est névrotique.

 

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Le 24/08/2017

 

La Gnose[4] ne vise pas à dire la Vérité (ce dont elle se fiche éperdument puisque sa voie n'est ni philosophique, ni religieuse), mais elle vise à vivre la Vie du Réel dans ses tréfonds, sans rien avoir à en dire, sans rien vouloir en dire (d'où l'aura de mystère et de secret dont on la nimbe souvent). Elle ne veut rien dire parce qu'il n'y a rien à dire et qu'il y a tout à vivre. La Gnose est une mystique qui passe par le chemin de la Connaissance vécue du Tout-Un.

 

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Whitehead oppose, comme il se doit, au sein du christianisme, la voie paulinienne (dualiste, transcendantale, idéaliste) - celle des trois évangiles synoptiques - et la voie johannite (moniste, immanentiste, mystique) - celle de l'évangile de Jean et des évangiles apocryphes alexandrins.

Très clairement, le catholicisme suit obstinément la voie paulinienne, alors que l'orthodoxie chrétienne est fort imprégnée de la voie johannite.

 

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La notion de paradigme (scientifique ou autre) tel que mis à l'honneur par Thomas Samuel Kuhn (et que Whitehead appelle "schème"), est vraiment cruciale. Il s'agit vraiment de la grille de lecture implicite, voire inconsciente, qu'une personne, une culture, une époque, une civilisation utilisent pour appréhender le Réel.

En ce sens, notre époque mondialisée vit une mutation paradigmatique d'une ampleur rare.

Un paradigme agit comme une matrice à engendrer des idées ; lorsqu'un paradigme s'effondre - comme le paradigme moderne, aujourd'hui -, ce sont toutes les idées qu'il a engendrées qui s'effondrent avec lui.

Pour paraphraser Max Planck, on pourrait dire qu'un nouveau paradigme ne triomphe jamais, ce sont les fervents du paradigme précédent qui meurent les uns après les autres.

 

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Le Réel, c'est ce qui n'est pas rêvé.

 

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Buffon, en clamant que : "Le style, c'est l'homme" - expression reprise et plagiée par l'infect et illisible Céline - va bien plus loin que le seul "style littéraire" qui caractérise un auteur.

Le style, c'est la manière spécifique de vivre sa vie et pas seulement de s'exprimer. Le style de vie est l'expression de l'identité profonde de chacun.

L'étymologie du mot "style" est intéressante puisque le mot grec désigne une "colonne" c'est-à-dire "ce qui soutient" l'édifice. On ne peut mieux dire.

 

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Il ne faudrait plus confondre "logique" et "rationnel".

On pourrait aussi parler de "raison logique" et de "raison métaphysique".

L'idée de logique - comme celle de mathématique qui lui est proche - est langagière, conventionnelle, utilitaire, liée à l'esprit humain et à ses procédures.

L'idée de rationalité est métaphysique ; elle exprime simplement, mais radicalement, que tout ce qui existe a une bonne raison d'exister.

C'est le "principe de raison suffisante" de Leibniz.

C'est le : "tout ce qui est réel est rationnel" de Hegel.

La notion de "bonne raison d'exister" n'est pas si simple qu'il y paraît.

Il faut bien distinguer la raison d'exister, de la cause qui, éventuellement, fait exister. Rationalité et causalité ne se superposent pas. Le fait que l'existence ce qui existe ait été déclenchée par quelque chose, n'explique en rien l'essence de ce qui existe et qui, avec le même déclencheur, eut pu être différent. Le déclencheur d'un processus n'explicite aucunement la logique interne de ce processus. Ma cause est dans la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule ; mais ma réalité et ma raison d'exister ne se réduisent jamais ni à ce spermatozoïde, ni à cet ovule.

 

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De Bertrand Saint-Sernin en parlant de la métaphysique de Whitehead :

 

"Il y a un Logos inhérent au monde, et ce Logos est Dieu. Dieu en quelque sorte inachevé, et pâtissant du devenir qui Lui-même inspire et anime du dedans."

 

Je ne dis pas autre chose depuis quarante ans.

Whitehead écrit d'ailleurs dans "Process and reality" :

 

"La philosophie spéculative est l'entreprise qui se donne pour tâche de bâtir un système cohérent, logique et nécessaire, d'idées générales où chaque élément de notre expérience puisse prendre place et sens".

 

C'est bien ce que je fais depuis quarante ans.

Et encore :

 

"Aucun langage ne peut être autre qu'elliptique, exigeant un saut de l'imagination pour comprendre son sens et la pertinence de son application à l'expérience immédiate. (…) Aucun système métaphysique ne peut espérer subir avec un plein succès [les] épreuves de la pratique. Au mieux, un tel système restera une approximation des vérités générales qui sont recherchées."

 

Dans ce "aucun langage", il faut comprendre aussi les mathématiques.

 

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Rien ne prend sens, s'il n'est relié à tout le reste.

C'est le syndrome du dictionnaire …

C'est la réalité du Réel !

 

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Un paradigme est aussi un processus qui naît, croît, culmine, décline et meurt.

Un paradigme est un organisme vivant ; il procède de sa généalogie, il ancre sa logique interne (son essence), il déploie son style, il se donne une vocation et il cherche les moyens de l'accomplir.

Au fond, ce que l'on a longtemps appelé une "civilisation", n'est rien d'autre qu'un paradigme particulier. La civilisation, c'est ce qui constitue une "cité", c'est-à-dire une communauté organique cohérente ; toute cité est donc bien fondée sur un paradigme, c'est-à-dire une grille de lecture commune de ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur de la communauté citoyenne.

 

*

 

Quelque chose n'est véridique que lorsqu'elle trouve sa juste place dans le Tout.

 

*

 

De Bertrand Saint-Sernin en parlant du Dieu de Whitehead :

 

"(…) Dieu évolue dans un monde en devenir (…). Sans cesser d'être éternel, et de jouir de sa plénitude originaire, Dieu évolue dans le temps. Il est aussi l'histoire (naturelle, humaine, ultime) de l'univers."

 

On sort là, enfin, du Dieu de la Perfection pour rencontrer un Dieu de la Vie, un Dieu en Vie, impersonnel et vivant. Panenthéisme …

 

*

 

La métaphysique et la cosmologie se confondent dans leur définition, même si elles se différencient par leur langage : elles visent, toutes deux, l'étude des principes de la logique intrinsèque (donc de l'essence) du Réel vivant.

 

*

 

Chaque homme n'est que l'ensemble de ses idées et de ses actes. La "bonne vie" consiste à veiller sur la cohérence de ces idées et actes entre eux, d'une part, et avec l'extériorité et l'intériorité, d'autre part.

 

Cohérence des v avec >

Idées

Actes

Intériorité

Extériorité

Idées

Intelligence

Responsabilité

Identité

Véridicité

Actes

Autonomie

Intégrité

Style

Ethique

 

La philosophie, qui vise l'art de la "bonne vie", comprend donc huit dimensions.

 

*

 

L'opposition entre deux pôles dialectiques ne peut se résoudre qu'en les mettant tous deux au service d'un troisième qui les transcende pour leur donner, conjointement, sens et valeur.

Par exemple, l'opposition classique entre l'individu (l'intérêt personnel) et la communauté (l'intérêt général ou collectif) ne peut se dissiper qu'en mettant et l'individu, et la communauté au service de la Vie, ou de la Terre, ou de l'Esprit, etc …

Si l'on ne fait pas ce saut, on s'enlise dans les idéologies de la prééminence de l'individu (libéralisme) ou de la communauté (socialisme de gauche au nom du "Peuple" ou de droite au nom de la "Nation"), ou du compromis entre eux (démocratisme), ou de l'éradication des deux (écologisme).

Autre exemple, l'opposition pratique entre l'homme et la femme ne peut se résoudre qu'en mettant ces deux au service du Couple, ou de la Famille, ou de l'Amour, etc …

Dernier exemple : l'opposition économique entre le "patron" et le "personnel" ne peut se liquider qu'en les mettant tous deux au service du projet, de l'œuvre, du progrès, etc …

Dans ces divers exemples, on comprend que la vrai question est celle de la nature de ce de quoi les deux prémisses seront au service.

 

*

 

Whitehead et Bergson sont finalement assez proches …

 

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L'idée de Dieu et l'idée de Vie …

La religion est un compromis (elle relie).

La mystique est une synthèse (elle élève).

 

*

 

Si la métaphysique est bien l'étude des principes fondamentaux de la logique du Réel, elle vise une connaissance cosmologique ; elle cherche une véridicité toujours plus profonde et globale et elle appartient donc à la science et non à la philosophie.

Car, si la philosophie est bien l'art de la "bonne vie", elle est affaire de convictions, de valeurs, de méthodes, de langages … mais pas de véridicités. Sur l'humain (la nature humaine) et ses comportements (l'éthique humaine), il n'y a rien de "vrai" à dire, il n'y a que des jugements à faire, avec plus ou moins de discernement.

Toute métaphysique, cependant, induit une philosophie, un "art de la bonne vie" qui doit être en cohérence avec elle et qui implique, en conséquence, une conception précise de la nature humaine et de l'éthique humaine.

Toute métaphysique induit aussi des sciences particulières qui, chacune, étudient l'application des " principes fondamentaux de la logique du Réel" à un domaine particulier, à une classe particulière de phénomènes.

*

 

La physique théorique ou mathématique vise la mise en forme, dans le langage logique et quantitatif des mathématiques, des résultats de la recherche en physique fondamentale (que l'on appelle aussi "physique spéculative ou conceptuelle").

Mais cette physique théorique ou mathématique n'est pas la physique fondamentale ; elle est seulement à son service.

Ce fut la grande erreur du siècle qui vient de s'écouler, d'avoir cru le contraire.

Le Réel n'est jamais intégralement réductible à des grandeurs et à des quantités. De plus, le langage mathématique n'est adéquat qu'à ces niveaux de complexité faible où les principes d'égalité, de conservativité et d'additivité peuvent jouer.

 

*

 

Contrairement à ce qu'un certain mode de la désinvolture intellectuelle du 20ème siècle a proclamé, la pensée doit être systématique et systémique si elle veut éviter le chaos des croyances, convictions et opinions.

La métaphysique, et les sciences et philosophies qui en découlent, doivent former un système complet, cohérent, structuré et ordonnancé.

 

*

 

L'encyclopédie "Imago mundi" propose ceci :

 

" L'ensemble des choses se rapportant nécessairement, soit à l'objet (monde extérieur), soit au sujet (esprit), on bien l'on cherche dans le sujet l'explication de l'objet (idéalisme, spiritualisme), ou bien l'on cherche dans l'objet l'explication du sujet (matérialisme) ou bien l'on cherche l'explication du sujet et de l'objet dans un tertium quid qui, sans être actuellement l'un ou l'autre, les contienne tous deux en puissance (panthéisme, monisme) ; ou bien enfin l'on déclare impossible toute explication systématique des choses, le sujet et l'objet ne pouvant ni se réduire l'un à l'autre, ni se ramener à l'unité d'un troisième principe (scepticisme, phénoménisme, positivisme, etc.)."

 

Trois critiques s'imposent.

Primo : le spiritualisme n'est pas un subjectivisme, mais appartient au tertium quid.

Secundo : parmi les tertium quid, il manque le panenthéisme ; ou, mieux, il conviendrait de considérer le panthéisme, le panenthéisme et le spiritualisme - ainsi que le réalisme -, comme des variantes du seul monisme.

Tertio : le fait de construire cette typologie sur la seule bipolarité sujet/objet fait passer à côté de l'autre bipolarité : celle du projet/trajet.

 

Cela donnerait quatre systèmes métaphysiques liés à la bipolarité sujet/objet :

  • Celui où l'on cherche l'explication du sujet dans l'objet (matérialisme),
  • Celui où l'on cherche l'objet dans le sujet (idéalisme),
  • Celui où objet et sujet se transcendent en un tertium quid (monisme),
  • Celui qui nie et objet et sujet (scepticisme).

 

Et, symétriquement, quatre systèmes liés à la bipolarité projet/trajet :

  • Celui où l'on cherche l'explication du trajet dans le projet (finalisme),
  • Celui où l'on cherche le projet dans le trajet (constructivisme),
  • Celui où trajet et projet se transcendent en un tertium quid (intentionnalisme),
  • Celui qui nie et trajet et projet (hasardisme).

 

On peut encore s'amuser à enrichir la typologie des systèmes métaphysiques en croisant les deux bipolarités de quatre types chacune. On obtiendrait ainsi une matrice pointant seize écoles différentes : finalisme matérialiste, idéaliste, moniste ou positiviste ; constructivisme matérialiste, idéaliste, moniste ou positiviste ; intentionnalisme matérialiste, idéaliste, moniste ou positiviste ; et hasardisme matérialiste, idéaliste, moniste ou positiviste.

 

Un clin d'œil pour finir : la posture qui nie la pertinence de quelque système philosophique que ce soit appartient au système appelé hasardisme positiviste.

 

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Dans le "Timée" Platon fait allusion au trois modalités de l'Être :

  • Ce qui a une forme immuable (l'Idée),
  • Ce qui est impermanent (le Vivant),
  • Ce qui est le "réceptacle".

On retrouve là l'intuition des trois catégories processuelles, respectivement : la Forme, l'Activité et le Volume.

Dans "Procès et réalité", Whitehead décrit un ternaire homologue :

  • Les "objets éternels" (Forme)
  • Le "entités actuelles" (Activité)
  • Le "continuum extensif" (Volume)

 

*

 

Le problème d'un cheminement personnel ou collégial, le problème du partage de la "voie" se pose à toutes les traditions spirituelles et oppose depuis des siècles, par exemple, le bouddhisme theravâda et le bouddhisme mahayana.

Le fait que le cheminement initiatique soit solitaire et intime, ne relève aucunement d'un quelconque égoïsme. A ce niveau, la notion d'ego disparaît dans tous les cas. Mais il faut prendre conscience de ceci : on peut partager un discours, une connaissance, un savoir, une méthode, … mais on ne peut pas partager un vécu intime et personnel. On peut vous décrire le chemin, mais vous êtes le seul à pouvoir y marcher.

 

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* *

 

Le 25/08/2017

 

De Stendhal :

 

"Ou l'on est soi-même, ou l'on n'est rien".

 

"Donner une âme à tout, c'est le secret des anciens".

 

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Depuis 30 ou 40 ans, se déploie une économie croissante et discrète qui repose moins sur la production de choses nouvelles que sur l'exploitation des choses du passé.

 

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D'Alexis de Tocqueville :

 

"(…) la crainte du désordre et l'amour du bien-être [portent] insensiblement les peuples démocratiques à augmenter les attributions du gouvernement central, seul pouvoir qui leur paraisse de lui-même assez fort, assez intelligent, assez stable pour les protéger contre l'anarchie."

 

Le confort des masses conforte le pouvoir des démagogues.

 

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La seule obédience française qui appartienne à la Franc-maçonnerie régulière universelle est la Grande Loge Nationale Française (GLNF). Aucune de toutes les 260 autres "obédiences" pseudo-maçonniques françaises n'est reconnue comme maçonnique par toutes les autres Grandes Loges du monde (la charte de reconnaissance internationale prévoit qu'un seul corps maçonnique "bleu" puisse être reconnu dans chaque Etat). Il y a plus de 20 millions de Francs-maçons réguliers de par le monde.

Une fois de plus, la soi-disant "exception française" met la pagaille dans l'esprit du public et alimente, par presse interposée, un antimaçonnisme compréhensible lorsqu'on voit lesdites pseudo-obédiences militer en politique, en idéologie, en anti-religion, en anticléricalisme, en affairisme, en laïcisme, en "genrisme", etc ... bref, se noyer dans des boues profanes qui ne regardent en RIEN la spiritualité strictement initiatique et rituélique de la Franc-maçonnerie.

 

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De Céline Renooz (1840-1928) :

 

" Si tous les enfants étaient élevés dans la Vérité,

il n'y aurait pas d'homme méchant."

 

Est-on si sûr ?

 

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D'Alfred North Whitehead (1861-1947) :

 

" Chaque scientifique, afin de préserver sa réputation, doit dire qu'il déteste la métaphysique. Ce qu'il veut dire par là, c'est qu'il déteste voir sa métaphysique se faire critiquer"

 

La métaphysique de Whitehead est au croisement des doctrines suivantes : monisme, processualisme, organicisme, immanentisme, monadisme, finalisme, vitalisme, logicisme, rationalisme, spiritualisme, immatérialisme, impermanentisme, nominalisme, connectivisme (l'objet est la manifestation d'un nœud de relations, la matière exprime le champ), créativisme (mais non créationnisme - le Réel est autocréation continue), indéterminisme.

 

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Pour bénéficier des effets d'échelle et de statistique, l'innovation socioéconomique doit être jouée aux échelles continentales. Les Etats nationaux doivent disparaître de la scène socioéconomique et se cantonner dans le culturel et le logistique (infrastructures)..

 

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Nous vivons le passage d'une économie de masse et de prix bas, à une économie de niches et haute valeur d'utilité. Seule la virtuosité des savoir-faire (matériels et immatériels) aura une valeur économique. Les personnes sans talents, sans compétences et sans connaissances, ne pourront pas suivre. L'allocation universelle est la seule solution.

 

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Les ressources "alternatives" sont des fumisteries thermodynamiques qui ne pourront couvrir que de l'ordre de 20% des besoins). La technologie n'y changera rien (les technologies ne peuvent jamais créer quelque chose à partir de rien ; elles peuvent seulement améliorer des rendements, mais … 99% de zéro, cela fait toujours zéro).

 

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Du point de vue éthique, les philosophies du "réussir dans la vie" et du "réussir ma vie" sont mortes : les individus et les communautés humains doivent se mettre au service de la Vie, au-delà de l'humanité ; sinon, ils vont disparaître.

 

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Le contrat social de Rousseau est mort. Le droit-de-l'hommisme, le démocratisme et le solidarisme aussi. Les deux vrais problèmes humains de demain sont la démographie (il faut impérativement et rapidement redescendre au-dessous du seuil des 2 milliards d'humains sur terre) et les flux migratoires (qu'il faut arrêter cette machine infernale : partager ce qui ne reste déjà plus assez, condamne tout le monde à mort).

Fondamentalement, il faut que le ratio "ressources disponibles" par "humain vivant" augmente drastiquement. Or les ressources non renouvelables diminueront et les ressources renouvelables ne dépasseront jamais 20% des besoins actuels de l'humanité (7.5 milliards) ; mathématiquement, il n'y a qu'une issue : diminuer le nombre d'humains ; si nous, les humains, ne mettons pas en place des stratégies de planning de fécondité et de natalité, la Nature se chargera de faire le "nettoyage" ; elle agira aveuglément, brutalement et violemment (pandémies, réchauffements climatiques, famines, épizooties, catastrophes naturelles, pollutions des sols, des eaux, des airs, etc …).

 

*

 

La décroissance matérielle définitive est inéluctable (et celle des pouvoirs d'achat avec elle). Il faudra, d'urgence, apprendre à appliquer le principe de "frugalité" : en tout, "moins mais mieux". En revanche, la décroissance quantitative peut être compensée largement par une belle croissance qualitative, au sens des stoïciens grecs. Il faut cesser de viser du "plus". Il faut viser du "mieux".

 

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Le seul pari à faire est : les humains continueront-ils de se comporter en crétins en route vers le suicide collectif … ou non ? Tous les signes actuels semblent donner raison à Einstein : le seul exemple d'infini avéré est la bêtise humaine.

 

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Dès lors qu'une entreprise quelconque ne parvient pas à boucler ses fins de mois par sa propre production de valeur d'utilité pour des clients solvables, et ne parvient pas à assurer les investissements sur fonds propres nécessaires à assurer sur survie à moyen terme, elle DOIT disparaître sous peine d'être un boulet social que d'autres devront payer.

 

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Dès que j'entends le mot "social", je sors mon vitriol … afin de défigurer tous ces mensonges et toutes ces farces idéologiques.

Jean-Jacques Rousseau et son "contrat social" ont instauré la plus grande escroquerie intellectuelle de tous les temps.

 

*

 

Il est salutaire de ne pas confondre la société (au sens moderne), la cité (au sens grec) et la communauté (au sens traditionnel).

La cité et la communauté s'opposent, par bien des aspects, mais font sens.

Le concept abstrait de société - comme celui de "peuple" ou de "nation" - est complètement vide de sens.

Je connais mes villages morvandiau et provençal, mes réseaux relationnels et professionnels, mes communautés juive et maçonnique, … mais je ne connais pas la "société française" que, d'ailleurs, personne ne connaît … hors quelques sociologues qui la réinventent chaque fois que le vent tourne.

 

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* *

 

Le 26/08/2017

 

Lorsqu'envahissent les barbares protégés par la loi, il ne reste que l'exil.

 

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Le processus dialectique devient fécond dès lors que l'on tente de résoudre une opposition entre les deux pôles en présence, en posant une seule question : au service de quoi prennent-ils tous deux sens et valeur ?

A la réponse donnée, viendra sans doute s'opposer une autre réponse possible. Et le processus recommence. Ad infinitum

La question est toujours la même : le "pour quoi" de la bipolarité ? non pas sa cause (pourquoi), mais sa raison d'exister (pour quoi) ?

Transformer le rejet entre sujet et objet en projet ; puis chercher le trajet.

Quel est le projet qui enveloppe, à la fois, le sujet et l'objet ?

 

*

 

Une histoire juive authentique …

 

"Un maître demanda un jour à ses disciples :

- Quelle est, selon vous, la plus grande catastrophe qui soit arrivée au peuple juif dans son histoire ?

- Les quatre cent ans d'esclavage en Egypte, dit un premier disciple.

- Non ! dit le maître.

- La destruction du Temple, proposa un second.

- Non ! dit le maître.

- L'exil, tenta un troisième disciple.

- Non ! dit le maître.

- La Shoah, dit encore un quatrième.

- Non, dit le maître, ce n'est ni la Shoah, ni l'exil, ni la destruction du Temple, ni l'esclavage.

- Nous ne voyons pas, avouèrent en chœur les disciples.

- La plus grande catastrophe qui arriva au peuple juif, dit le maître, c'est quand la Torah est devenue une religion !"

 

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De Jean-Louis Schlegel :

 

"(…) l'écart est aussi essentiel que le lien (…)"

 

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Je ne peux respecter quelqu'un que si, à mes yeux, il le mérite.

 

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Les dix Paroles du Sinaï s'organisent en cinq couples (1 avec 6, 2 avec 7, etc. …).

Il ne reste alors que cinq principes, un par couple, chacun appelant un respect absolu d'un pilier essentiel de l'éthique :

Le premier : la Liberté (divine et humaine).

Le deuxième : la Fidélité (divine et humaine).

Le troisième : la Réalité (divine et humaine).

Le quatrième : le Sacré (le Shabbat et la vérité).

Le cinquième : l'Identité (temporelle et spatiale).

 

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Les dix Paroles du Sinaï ne sont pas de "commandements" (ça c'est le sens chrétiens), ce sont des prédictions !

Elles prédisent comment vivra la Maison d'Israël lorsque l'Alliance sera établie.

C'est à cette Maison d'Israël que YHWH s'adresse ; c'est elle le "toi".

 

Exode (20;1) : "Et il parlera des dieux avec toutes ces paroles-là pour dire …"

 

Première Parole (Deut.:5;6 - traduction personnelle), la plus envoûtante …

 

I - "Moi-même [je suis] YHWH de tes dieux qui t'ai fait sortir d'un pays de bornés d'une maison d'esclaves."

 

Et la deuxième (Deut.:5;7-10), parfois la plus obscure … :

 

II - "Il n'adviendra pas pour toi des dieux autres au-dessus de ma face.

Tu ne feras pas pour toi une sculpture, toute image [de ce] qui [est] dans le ciel par dessus et [de ce] qui [est] dans la terre par dessous et [de ce] qui [est] dans l'eau par dessous pour la terre.

Tu ne [te] prosterneras pas pour eux et tu ne les serviras pas car Moi-même YHWH de tes dieux [je suis] un dieu jaloux recensant une faute des pères sur les fils sur les troisièmes et sur les quatrièmes en reprise.

Et faire bonté pour les milles pour les amants et pour les gardiens de mes préceptes."

 

Et la suite, toujours selon la version la plus ancienne du Deutéronome …

 

III - "Tu n'élèveras pas avec un Nom de YHWH de tes dieux pour une fausseté[5] car YHWH de tes dieux ne purifiera pas avec qui élèvera avec son Nom pour une fausseté."

 

IV - "Gardant avec le jour du Shabbat pour sa sainteté ainsi que YHWH de tes dieux t'ordonnas. Six jours tu travailleras et tu feras tous tes ouvrages et au septième jour, repos pour YHWH de tes dieux : tu ne feras aucun ouvrage, toi et ton fils et ta fille et ton esclave et ta servante et ton bœuf et ton âne et tout ton bétail et ton étranger qui [est] dans tes portes, parce que il quièteras ton esclave et ta servante tout comme toi et tu auras souvenir combien esclave tu devins en terre des bornés et [que] YHWH de tes dieux t'auras sorti de là dans une main forte et dans une semence étendue, sur ce, YHWH de tes dieux t'ordonna de faire ainsi avec le jour du Shabbat."

 

V - "Considère avec ton père et avec ta mère ainsi que t'ordonnas YHWH de tes dieux afin que s'allongent tes jours et afin que [ce soit] bon pour toi sur l'humus que YHWH de tes dieux donna pour toi."

 

VI - "Tu n'homicideras pas."

 

VII - "Et tu n'adultèreras pas."

 

VIII - "Et tu ne voleras pas."

 

IX - "Et tu ne répondras pas en ton ami jusqu'à une fausseté ".

 

X- "Et tu ne désireras pas la femme de ton ami. Tu ne convoiteras pas la maison de ton ami, son champ et son esclave et sa servante et son bœuf et son âne et tout ce qui [est] pour ton ami."

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Le vide et le plein. L'écart et le lien. L'accompli et l'inaccompli.

Autant de binarités bien plus intéressantes que les dualités classiques du bien et du mal, du vrai et du faux, du beau et de laid …

Plus intéressantes parce que bien moins normatives que métaphysiques.

 

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De Marc-Alain Ouaknin :

 

"L'idolâtrie commence avec l'impatience."

 

Et l'impatience commence avec l'incontentement.

Donc Dieu commence avec le contentement. Un dieu à qui l'on quémande, que l'on supplie, auprès de qui l'on mendie, ne peut qu'être une idole.

Nous n'avons rien à demander à Dieu ; mais Dieu a tout à nous demander.

Et plus loin :

 

"(…) Dieu est un texte !"

 

Qu'il faut apprendre à lire, à comprendre, à interpréter …

 

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Il ne peut y avoir d'idole ; pas même la Torah, pas même le Temple, pas même l'Arche d'Alliance. Ce ne sont que des symboles du Divin, sans être le Divin lui-même.

L'idolâtrie, c'est confondre le signifiant et le signifié, le signe et l'enseigneur.

 

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Il ne faut pas prononcer le tétragramme divin YHWH car il y a de nombreuses prononciations possibles qui, toutes, sont valables et seraient annihilées si l'on en choisissait une seule.

Le Nom divin doit rester "ouvert". Une béance lumineuse …

 

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L'idolâtrie, c'est enfermer l'infini dans le fini.

 

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Ezéchiel distingue trois idolâtries majeures : le Pouvoir (Egypte), l'Argent (Babylone) et la Force (Canaan).

Rien n'a changé …

 

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Le 27/08/2017

 

Une enquête du Figaro d'hier est utile : à la question : "Souhaitez-vous que Macron s'exprime plus dans les médias ?", 87% des interrogés répondent : "Non".

Lors des dernières élections françaises (et américaines), ce sont les medias, au moins autant que les partis idéologiques du passé, qui ont perdu !

 

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Il est temps de commencer à comprendre la différence entre une donnée, une information (au sens médiatique et non au sens mathématique ou thermodynamique), un savoir et une connaissance.

 

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La mondialisation (l'idéologie globaliste) n'a pas réussi à tout américaniser. Le monde est en voie de continentalisation socioéconomique, culturelle et politique.

Mais la mondialisation des systèmes n'est pas la globalisation des problématiques dont certaines (les pénuries, les pollutions, les dérèglements climatiques, les pandémies et épizooties, les migrations de masse, l'effondrement de la biodiversité, le terrorisme, les trafics de produits hautement toxiques, les paradis fiscaux, les entourloupes monétaires, etc …) ne peuvent être combattues et éradiquées que par des instances mondiales (pourvu qu'elles ne soient plus inféodées à la politique hégémonique et gendarmesque des Etats-Unis).

Les technologies - cette nouvelle idole portée aux nues par les fantasmagoriques effets d'annonce californiens - n'ont rien ni à voir, ni à apporter à ce débat.

 

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La locution biblique YHWH Elohim est mystérieuse et, telle quelle, n'est traduisible, classiquement, que par "YHWH des dieux". Mais cette traduction est faible. Pourquoi faudrait-il ajouter, presque systématiquement, dans les grands textes (les dix Paroles par exemple) ce "des dieux" ou "de tes dieux" qui n'apportent rien. YHWH devrait se suffire à lui-même.

Le mot YHWH est un mystère rattaché à la racine verbale HYH qui signifie : "devenir, advenir".

Le mot Elohim (ELHYM) fait problème ; classiquement, on le dérive de El (dieu) dont le pluriel est Elim (dieux) et dont le féminin est Elohah (déesse - dont pluriel est Elohot : "déesses) ; Elohim est le pluriel masculin d'un mot singulier féminin (???).

 

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J'ai bien plus de pitié et de commisération pour les animaux sauvages (et je regarde la chasse et les chasseurs d'un très mauvais œil) que pour les animaux domestiques dont les ancêtres ont choisi la voie de la "servitude volontaire" (cfr. Etienne de la Boétie) et ont abandonné leur difficile liberté pour un confort apparent et temporaire.

 

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Chaque fois que l'on cueille une fleur, il faut se rappeler que l'on arrache à vif les organes génitaux d'un être vivant et sensible …

 

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Je crains que mon esprit ne soit orienté résolument dans un sens scientifique, mystique et philosophique … et que la littérature et le romanesque ne me restent définitivement étrangers. Au fond, la fiction ne m'intéresse pas du tout. Je n'aime que le Réel, tel qu'il est et tel qu'il va, avec ses rudesses et ses lumières, avec ses violences et ses joies, avec ses lois - que les humains sentimentalistes n'acceptent pas, alors qu'elles ont un sens et une nécessité essentiels - et ses créativités infinies. Il me reste trop peu de temps à vivre pour le gaspiller en fuites littéraires hors du Réel.

 

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Je constate qu'une bonne part de l'humanité ne vive enfermée dans des stéréotypes un peu simplistes, venus d'un monde révolu et alimentés d'idéologie désuète.

 

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Mon passé militaire israélien - à moi qui ait toujours été assez fondamentalement antimilitariste - m'a appris que le pacifisme, malgré ses charmes évidents, est une erreur colossale (comme à Munich vis-à-vis du nazisme, comme partout en occident vis-à-vis de l'islamisme). La tolérance ne peut ni ne doit tolérer l'intolérance, quelle qu'elle soit.

Le barbare doit être combattu et détruit, même s'il nous en coûte cher, moralement et tripalement.

Et lorsqu'il faut prendre les armes (intellectuelles ou guerrières) pour défendre un style de vie ouvert, libre et bienveillant, il ne faut pas hésiter un seul instant (c'est ce que j'ai fait en 1973, peu avant le déclenchement, par les Arabes, de la guerre de Kippour).

Le pacifisme, comme beaucoup d'idéologies dites "humanistes" (rousseauistes, devrait-on dire), commet un faute impardonnable en partant du principe de l'homme est bon, que l'homme est raisonnable, que l'homme est éducable, que l'homme finira par préférer la paix à la guerre. On peut l'espérer et le désirer, mais on ne peut pas le croire vraiment.

Nier la nature humaine et ses turpitudes est absurde et nocif. Les masses humaines sont et resteront barbares ; le mythe du "progrès" par l'éducation ou la civilisation, est mort à Munich et à Auschwitz !

 

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Toute éthique est inféodée à une téléologie.

Dites-moi vers où vous voulez aller et je vous dirai quelles sont les règles à appliquer pour y réussir.

Dès lors qu'il n'y a pas de téléologie, il ne peut plus y avoir d'éthique. C'est ce que notre monde vit aujourd'hui. Car on chercherait en vain une définition claire de la vocation humaine à laquelle on pourrait conformer une éthique.

Nous vivons une mutation paradigmatique dont une des dimensions est la redéfinition de cette "vocation humaine". En attendant, le plaisir et le confort immédiats font office de vocation

 

 

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La pluralité des points de vue (le relativisme, donc) n'abolit nullement l'absoluité du Réel qui se cache derrière les apparences. Mais il ne faut jamais confondre l'apparence du réel et l'illusion fantasmagorique. Le Réel a reçu plusieurs définitions métaphysiques : il est ce qui se passe et continue de se passer indépendamment du regard et des pensées des hommes, il est ce que veut étudier la physique et que cherche à cerner la métaphysique.

 

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La caricature n'est que la déformation du Réel au profit d'une idéologie.

 

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Le concept de "tragédie" est un concept métaphysique (la lutte entre le Destin et l'illusion de la liberté) avant d'être un concept théâtral.

 

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A propos de fiction, dans le roman et la littérature …

S'il s'agit de fiction pure, c'est de l'imaginaire qui peut amuser. Si c'est de la caricature, le seul intérêt est de comprendre l'idéologie qui se cache derrière.

 

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Une caricature dit plus sur le caricaturiste que sur le caricaturé.

 

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La deuxième Parole du Sinaï se termine par ceci : " Et faire bonté (apporter la joie de vivre, par exemple) pour les milles (la minorité) : pour les amants et pour les gardiens de mes préceptes".

Il est donc deux manières d'assumer l'Alliance : soit en amant, soit en gardien. Autrement dit, dans l'ordre : selon la mystique et selon la religion.

Loin de moi l'idée d'opposer mystique et religion ; mais loin de moi, aussi, de les assimiler l'une à l'autre.

L'ésotérisme des amants (le kabbalisme, par exemple) peut contenir l'exotérisme des gardiens (le talmudisme, donc) ; mais la réciproque n'est jamais vraie.

 

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Ceux qui ne trouvent pas ou qui ne donnent pas de sens à leur existence, sont condamnés soit au suicide (brutal ou lent), soit à la révolte (révolutionnarisme ou terrorisme, idéologie ou violence), soit à la fuite (dans les paradis artificiels), soit dans la régression (hédonisme bestial et abruti).

 

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Les trois premiers versets du second chapitre de la Genèse, sont lumineux :

 

"Et s'accompliront le ciel et la terre et toute leur multitude.

Et inl accomplira des dieux au septième jour de son ouvrage qu'il fit et il reposera au septième jour de tout son ouvrage qu'il fit.

Et il bénira des dieux avec le septième jour et il sanctifiera avec lui car en lui il reposa de tout l'ouvrage qu'il ensemença de dieux pour"

 

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Relaté par mon complice Luc Brunel :

 

" Mais le dominateur est-il si heureux? La très dérangeante expérience des rats

plongeurs peut en faire douter. Elle consiste à placer six rats - dont la violence n'est pas sans évoquer celle de l'homme- au bout d'un tunnel rempli d'eau. Pour obtenir la nourriture placée à l'autre bout, le rat doit plonger dans l'eau froide et revenir. Très rapidement, trois types de rats apparaissent: le ravitailleur, qui va chercher la nourriture, mais se la fait voler en partie par les dominants, le radin, qui plonge, mais mange la nourriture seul, et le raquetteur qui vole la nourriture au ravitailleur.

Quel que soit le nombre de rats, la proportion est fixe : 3 ravitailleurs, un radin, deux raquetteurs."

 

A méditer ! C'est exactement ce qui se passe dans nos sociétés "humaines" … !

Traduisons : 33% de parasites, 50% de soumis et 17% d'autonomes.

 

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Le28/08/2017

 

Du prophète Amos :

 

" Car mon Seigneur YHWH ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs : les prophètes. "

 

"Car ainsi parle YHWH à la maison d'Israël : Cherchez-moi, et vous vivrez !"

(Amos : 5;4)

 

"   J'ai suscité parmi vos fils des Prophètes, Et parmi vos jeunes hommes des Nazirs. (…). Et vous avez fait boire du vin aux Nazirs ! Et aux Prophètes vous avez donné cet ordre : Ne prophétisez pas! "

 

"Vous serez comme un homme qui fuit devant un lion Et que rencontre un ours, Qui gagne sa demeure, appuie sa main sur la muraille, Et que mord un serpent."

 

"Vous croyez éloigner le jour du malheur, Et vous faites approcher le règne de la violence."

 

Toutes ces prophéties sont parfaitement d'actualité. La lucidité de ceux qui comprennent mais qui parlent à des sourds ; l'injonction de respiritualisation, de resacralisation et de redéification du monde ; la persécution des spirituels ; l'impasse totale du monde coincée entre le lion et l'ours, au dehors, et le serpent, au dedans ; le déni de réalité et la lâcheté érigée en sagesse.

 

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Le nazir ou naziréen a fait vœu de naziréat. Cela est explicité dans le livre des Nombres (6;1-21). Le texte dit ceci :

 

Et YHWH parlera à Moshéh pour dire.

"Parle aux fils d'Israël et tu leur diras : un homme ou une femme, quand il émerveillera par un vœu, un vœu de nazir pour s'écarter pour YHWH.

Des vin et alcool il s'écartera, de ferment de vin et de ferment d'alcool il ne boira pas et de toute macération de raisin, il ne boira pas et des raisins frais et secs, il ne mangera pas. Tous les jours du vœu de son naziréat, un rasoir ne passera pas sur sa tête jusqu'à l'accomplissement des jours où il s'écartera pour YHWH, saint il deviendra une grande toison de chevelure de sa tête.

Tous les jours de son naziréat pour YHWH au-dessus de l'âme d'un mort, il ne viendra pas."

 

Telle est, sans doute, l'origine de tous les vœux monastiques occidentaux et de la vie d'anachorète que certains décident de mener.

En gros, trois piliers soutiennent le naziréat : pas de boisson alcoolisée, pas de coupe de cheveux, pas de contact avec un cadavre.

L'alcool est symbole de folie, de délire, de fête profane.

La chevelure est symbole de la force spirituelle (cfr. Samson). : ces fines antennes qui sortent de la tête à la rencontre du Ciel c'est-à-dire à ce qui transcende tout ce qui existe, au Tout-Un (de plus, son opulente chevelure le désigne immédiatement comme retiré du monde aux yeux des profanes).

Le cadavre est symbole de mort, négation de Vie.

Ainsi, le Nazir consacre sa vie au Sacré, au Tout-Un et à la Vie.

 

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La réalité est souvent dure. Mais il n'y a qu'elle et c'est elle, et elle seule, qui donne la mesure, le sens et la valeur de tout ce qui existe.

Dura lex, sed lex.

 

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L'anachorétisme est sans doute le mode de vie qui me convient le mieux.

 

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Comme pour mieux noyer le poisson et étourdir le gogo, le concept "Art" est devenu un fourre-tout indescriptible où l'on trouve quelques rares œuvres sublimes, enlisées dans un fatras d'absurdités infécondes, ridicules, stériles, voire répugnantes, etc …

Depuis le début des années 1930 et l'abolition du "beau", il suffit de proclamer "artistique" n'importe quelle merde pour que le monde des snobs et des gogos s'extasie.

On a tout confondu : beauté, joliesse, sublimité, créativité, originalité, bouffonnerie, provocation, …

Il faut distinguer dans le bordélique grand fourre-tout des arts :

  • les "œuvres" d'ornement de la vie (distractions musicales et théâtrales, comédies, peintures, sculptures, ballets, opéras et opérettes, architecture profane, littérature romanesque et de fiction, design, poésie populaire, musique populaire, spectacles divers, …) ;
  • Les œuvres belles qui nourrissent l'esprit (littérature de fond philosophique, scientifique, religieuse spirituelle et/ou historique, musique symphonique à portée métaphysique, tragédie grecque (à lire plus qu'à vivre), …)
  • Les œuvres sublimes qui illuminent l'âme (architecture sacrée, musique sacrée, poésie mystique).

Il est évident que, pour ce qui me concerne, seule cette troisième catégorie possède intérêt et valeur : j'ai bien mieux à faire du peu de temps qui m'est imparti pour vivre, c'est-à-dire le contraire de s'amuser, de se distraire, de rigoler, de se divertir, de visiter, etc … (cfr. Blaise Pascal).

Il est tout aussi évident que les frontières entre ces trois catégories sont poreuses, et diffèrent légèrement d'une personne à l'autre (pourvu qu'elles soient capables de comprendre de quoi l'on parle, ce qui élimine déjà 90% de la population).

 

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Chacun vit au centre de son propre monde et ce monde-là est unique, façonné par l'histoire de vie de la personne, révélatrice de son style de vie c'est-à-dire de la logique qu'il met en œuvre, consciemment ou non, pour construire sa propre vie.

Ce monde personnel est comme un territoire à soi, avec sa géographie, ses climats, ses saisons. Il est tissé de myriades de relations durables ou éphémères vers tous les lieux de vie, vers tous les centres d'intérêts, vers tous les vivants, humains ou non humains, qui y vivent constamment ou temporairement là, à l'intérieur de ce domaine.

Ce monde n'est pas clos et hermétique ; il est poreux, plus ou moins ouvert à certains endroits, pour certaines gens, pour certaines informations.

Ce monde personnel est inscrit dans un monde plus large, celui des autres, celui de la Vie, celui de l'Esprit, celui du Cosmos, et il est influencé, parfois terriblement, par eux.

Cette pression extérieure peut être positive, lorsqu'elle donne de l'énergie vitale, et négative, lorsqu'elle en pompe.

Malgré toutes ces contraintes, malgré les limites de soi, de ses forces et de ses talents, malgré le poids des héritages, la liberté se définit, sans doute, par la volonté de se construire un monde en harmonie avec son propre style de vie, selon son identité, selon sa vocation, selon sa mission, selon son intention à soi.

Cette liberté n'est pas gratuite, que du contraire : plus elle se veut forte et exigeante, plus le prix à payer en est cher. C'est de la simple thermodynamique : plus un centre néguentropique est puissant, plus il consomme d'énergie pour combattre la pression entropique ambiante.

 

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Les dix Paroles du Sinaï se ramènent, au fond, à ceci …

Face au Divin, il convient de respecter son Unité, son Inconnaissance, son Nom, son Accomplissement et ses Généalogies.

Face à l'autre, pourvu que la réciproque s'avère, il convient de respecter sa Vie, son Amour, son Bien, sa Vérité et son Monde.

 

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Ne pas craindre l'incontrôlable.

Ne pas désirer l'inutile.

 

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La mort ne fait pas partie de la Vie.

 

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La seule joie est la Joie de vivre ; toutes les autres joies, tous les plaisirs et tous les bonheurs, s'ils sont véridiques et authentiques, s'y ramènent.

 

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Jusqu'à ma mort, je suis quasi assuré de n'avoir ni faim, ni soif, ni froid … et de garder au moins trois livres (tous bilingues) : le Tanakh, le Zarathoustra de Nietzsche et les Fragments d'Héraclite.

Il ne me faut, somme toute, rien de plus … sauf mon Amour et la Nature !

 

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Je crois vraiment qu'une monnaie unique mondiale (associées à de multiples monnaies parallèles privées et locales) serait une efficace manière de casser les immenses spéculations monétaires actuelles qui ruinent beaucoup de monde au profit des banksters.

Le DTS (un panier variable de devises : Euro, USD, Yuan, Yen, Livre Sterling et Franc suisse) tel que créé le 1er octobre 2016, va dans ce sens … et permettra, enfin, de tuer le dollar américain comme réserve de change international.

 

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Le 29/08/2017

 

Lu dans le Figaro d'aujourd'hui /

 

"La grisaille quotidienne et son lot de transport en commun commencent à peser sérieusement sur le moral des cadres franciliens. À tel point que 56 % se disent prêts à toucher un salaire inférieur pour pouvoir s’installer hors de la région parisienne. Parmi eux, 58 % déclarent être capables de sacrifier 5 000 euros bruts annuel, soit 10 % de leur salaire moyen."

 

Voilà le début annoncé de "la fin de la ville" !

 

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Le Réel est ce qui échappe à toute subjectivité, dont aussi à toute objectivité, puisque l'objectivité n'est que le revers symétrique de la subjectivité. Le Réel n'est ni objet, ni sujet. Le Réel n'est ni objet de subjectivité, ni sujet à objectivité. C'est cela même son essence. Il est ce qui existe, indépendamment du regard qu'on lui porte ou des pensées qu'on en infère.

 

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L'univers des "Arts, ses artistes, ses critiques, ses historiens, ses "philosophes", … est un monde - les mots parlent d'eux-mêmes - parfaitement artificiel.

Il est construit tout entier sur la notion d'émotion - qu'il ne faut, surtout, pas confondre avec la notion de sensibilité qui, elle, définit la capacité à entrer en résonance avec le Réel.

L'émotion n'est que la part primitive et rudimentaire de la sensibilité.

 

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Le 18ème siècle fit grand cas d'une bipolarité entre "raison" et "passion". Il déclarait que la sagesse consiste à soumettre ses passions (considérées comme une fatalité subjective) et d'assurer le triomphe de la raison (considérée comme une réalité objective).

Cette bipolarité est aujourd'hui totalement désuète, tant sur son pôle "raison" que la philosophie a complètement déconstruit et remis à sa juste place, que sur son pôle "passion" dont la polysémie éteint la pertinence.

En revanche, cette bipolarité peut être réactualisée, mais sous d'autres vocables, entre "intelligence" et "émotion".

Cette réactualisation est rendue indispensable notamment par ce fait connu que les médias et les discours politiques, aujourd'hui, manipule les masses en anesthésiant le peu d'intelligence qu'elles ont au profit d'avalanches émotionnelles qui tiennent lieu de vérité.

Le TLF définit parfaitement l'émotion : "Conduite réactive, réflexe, involontaire vécue simultanément au niveau du corps d'une manière plus ou moins violente et affectivement sur le mode du plaisir ou de la douleur".

Etymologiquement, l'émotion est ce qui fait "mouvoir hors" de soi, autrement dit ce qui fait sortir de sa propre consistance, de sa propre cohérence, de sa propre pertinence.

L'idée de "l'intelligence émotionnelle", malgré ses travers psychologistes, est précisément l'effort de l'intelligence de maîtriser les émotions et de les transcender en sensibilité supérieure afin d'échapper à la tyrannie primaire du "tripal".

 

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Le contraire de l'artificiel n'est pas seulement le naturel, mais aussi le spirituel.

Le contraire de l'émotionnel est l'intellectuel.

 

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Le combat de l'intelligence contre l'émotion est un des fils rouges de toute la pensée grecque (surtout stoïcienne).

Le christianisme, parce qu'il est populaire, a remis l'émotion au centre de son discours … imité en cela par les idéologies (de gauche) qui en sont les héritières démagogiques.

Il faut, à nouveau, rependre les armes de l'intelligence contre la tyrannie des émotions qui, aujourd'hui, puisque privée de sa charpente spirituelle, devient une molle et délétère régression massive (anti-intellectuelle et anti-culturelle). Suivre ses émotions est la voie de la paresse et de la nonchalance, puisqu'il n'y a aucun effort à faire pour descendre cette pente douce du réflexe primaire et rudimentaire vers les marais de la médiocrité, de la bêtise et de l'indolence.

 

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Il faut opposer la liberté de l'intelligence à l'esclavage de l'émotion.

 

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Les émotions forment le niveau le plus bas de la sensibilité, comme le ratiocinage constitue le niveau le plus élémentaire de l'intelligence, comme la superstition façonne le niveau le plus médiocre de la spiritualité.

 

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D'Arthur Schopenhauer :

 

"(…) quand toute volonté disparaît de la conscience,

voit-on subsister l'état de joie (…)"

 

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Chacun vit au centre de son propre monde (qui, selon Schopenhauer, s'exprime d'abord comme volonté, puis comme représentation). Mais l'ensemble de tous ces mondes personnels qui se chevauchent et s'emmêlent parfois - et qui constitue le monde -, ne restitue nullement la totalité de l'Univers, loin s'en faut.

Ce monde pluriel n'est que la représentation humaine de l'Univers qui n'est, lui-même, que la manifestation du Réel que l'on peut aussi appelé le Tout-Un ou le Divin.

 

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Pendant longtemps, la guerre n'était qu'une occupation des "princes de sang", qui mettait en jeu des mercenaires et qui ne concernait pas grand monde (sauf les malheureux propriétaires ou tenanciers des terrains "élus" champ de bataille ou les malheureux habitants soumis au sac des soudards).

En bref, le militaire et le civil étaient disjoints.

Les villes, les villages, les "pays" se fichaient éperdument du nom, de la langue et de l'étendard du prince variable dont ils relevaient et qu'ils ne connaissaient que par les taxes et corvées qu'il prélevait (un peu comme aujourd'hui quand les salariés se fichent éperdument de la nationalité et de l'identité de leurs actionnaires).

Le militaire et le civil ont été mélangés et confondus avec l'avènement aberrant des idées artificielles de citoyenneté, de nation et de peuple, idées absurdes héritées des Rousseau, Helvétius et autre Montesquieu, des Kant et Fichte, et devenues la norme dans le courant du dernier quart du 19ème siècle.

Avec un peu de chance, les guerres de demain, entre les "princes de vote", se feront à grands coups d'algorithmes et de robots, et laisseront les gens en paix … on changera régulièrement de drapeau et d'hymne "nationaux", de photographies officielles dans les bâtiments publics, de systèmes fiscaux et de réglementations bureaucratiques, voilà tout !

La vraie Vie n'a que faire des frontières et des princes.

 

*

 

L'erreur radicale - que rectifia Nietzsche - de Schopenhauer est de n'avoir pas vu que le Réel est Volonté et d'avoir cru que la volonté humaine n'était qu'un pur fantasme illusoire, alors qu'elle n'est qu'une manifestation locale de la Volonté cosmique.

Le Désir est le moteur du Réel vers toujours plus d'accomplissement de tous ces possibles qui émergent sans cesse.

A ne voir le Réel que comme un Être sans Devenir, apathique et atone, soumis au hasard et à la nécessité (d'où vient, d'ailleurs, cette soi-disant "nécessité" ?), on comprend le désenchantement, la désespérance et le pessimisme de ce bon Arthur … et de bien d'autres, avant et après lui.

Si le Réel n'a pas d'intention, rien ne peut en avoir et tout est absurde.

 

*

 

Avoir une intention, ce n'est pas viser une destination précise, c'est, en fonction des vents, des courants et des marées, se choisir un cap (temporaire, dicté par un projet) et de manœuvrer pour s'y tenir.

D'ailleurs, le lexique marin ne s'y est pas tromper : on parle de garder une "allure", c'est-à-dire une manière de "marcher".

 

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Plus je regarde nos sociétés, plus je constate la prégnance du principe de servitude volontaire : celle des salariés vis-à-vis de leur entreprise, celle des femmes vis-à-vis de leur homme, celle des citoyens vis-à-vis de leur Etat, …

Pour au moins 60% de la population, les projets de "libération" ou de "désaliénation" entrainent des rejets catégoriques.

On parle de "libération de l'entreprise", mais la plupart des salariés ne veulent pas être autonomes, créatifs, responsables.

On parle de "libération de la femme", mais la plupart des femmes ne rêvent que de se mettre sous l'aile d'un beau mâle costaud qui les protègent et les régentent (gentiment, mais fermement).

Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les enquêtes et études faites par des scientifiques universitaires (pourtant peu suspect de libéralisme et de machisme).

C'est sidérant, mais c'est ainsi.

Disons-le d'un mot : les masses humaines ne veulent surtout pas être libres, autonomes, responsables d'elles-mêmes ; elles ne rêvent que de sécurité, de confort et de plaisir (panem et circenses). Malgré mes espoirs, les femmes n'échappent pas du tout à cette règle générale.

De là, il faut le conclure : la démocratie au suffrage universel est un leurre, une menterie, une forfaiture ! Un fétiche, un colifichet, une baudruche pour intellectuel idéologue.

 

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Selon Pierre Hadot, les épicuriens (les vrais, pas ceux qu'on confond avec les rabelaisiens), avec une préscience inouïe, se représentaient l'univers comme un monde clos en dilatation infinie.

 

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Si l'on devait penser au mauvais usage que les détraqués pourraient faire de toutes les inventions humaines (matérielles ou immatérielles), on n'inventerait plus rien … ce qui n'empêcherait nullement tous ces détraqués de continuer à nuire de façon terrifiante.

 

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D'Horace :

 

"Dum loquimur fugerit inuida aetas :

carpe diem, tam minimum credula postero."

 

Pendant que nous parlons, le temps envieux aura fui :

cueille le jour, autant [être] minimalement crédules au futur".

 

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Pierre Hadot définit la méditation comme "un dialogue avec soi-même". C'est la version occidentale qui a bien peu à voir avec l'acception orientale (celle du zen, essentiellement) qui est de ne penser volontairement à rien, de laisser le cours des pensées nous traverser sans s'attacher à aucune (et qui n'a pas grand-chose à voir avec les pratiques "relaxantes" dont leur américanisation a accouché).

Ces deux pratiques méditatives (hors les effets de mode actuels liés à la fascination bobo pour les comiques tibétains) se complètent assez bien, mais l'ambivalence du mot est dérangeante.

Il est affligeant de voir dévalorisée ou négligée la méditation "à l'occidentale" du fait de l'ambiguïté d'un mot cannibalisé par une mode.

 

La méditation, comme dialogue avec soi-même, part toujours d'un questionnement ou, plutôt, d'un étonnement qui deviendra questions. Cet étonnement est le point de départ d'un cheminement, comme dans un paysage à la fois familier (le monde de "mes" idées qui s'étale) et inconnu (un regard nouveau s'impose du fait de l'étonnement).

Toute la méditation prendra la forme d'une dialectique entre ces deux pôles : ce que l'on connaît et ce qui étonne, et visera à relier en cohérence et harmonie (c'est la fonction de l'intelligence) cet étonnement émergent et cette connaissance déjà acquise. Le but de la méditation est de dissiper la tension de perplexité suscitée par l'émergence de l'étonnement (qui est perplexité). L'intelligence créative procèdera par essais et erreurs, par hypothèses et validations, par questions et réponses, donc - chaque nouvelle réponse temporaire et intermédiaire suscitant des nouvelles questions, tout au long du cheminement.

 

Les stoïciens attachaient grand prix à la rigueur et au systématisme méthodologiques de leurs démarches méditatives. Ils en faisaient un véritable "exercice spirituel". La méthode est toujours la même : face à une bipolarité, la dissiper en cherchant à comprendre "au service de quoi" peuvent être mis les deux pôles qui, ainsi, s'absorbent dans un troisième. Comme toujours, le cheminement importe et apporte plus que la solution trouvée.

 

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Bien avant que le christianisme n'en fasse son socle, Socrate eut à choisir entre la Vie et la Perfection devant la coupe de cigüe. Il choisit la Perfection (la Vertu, le Bien … les mots) et ce fut l'acte fondateur du platonisme : la décision la plus durablement délétère de l'histoire de la pensée occidentale.

Socrate a abdiqué dans le Réel pour fuir dans l'Idéal.

C'est toute la signification de la notion de "martyre pour la Foi", l'apologie du sacrifice, de l'abnégation ou, plus prosaïquement, de l'héroïsme (cela fait partie de la tradition sentimentaliste européenne).

Or, l'histoire réelle, débarrassée de toutes les légendes inventées a posteriori pour l'historier, montre clairement que les actes de martyre ou d'héroïsme ne servent en général à rien ; ils alimentent seulement, après-coup, les mythes que l'on se raconte.

Georges Brassens le résumait admirablement : "Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente".

 

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La philosophie ne demande pas que l'on meure à la Vie, mais bien que l'on meure à soi-même.

 

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De Montaigne :

 

"Qui a appris à mourir, a désappris à servir".

 

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Apologie de la physique par Aristote :

 

"La nature réserve à qui étudie ses productions, de merveilleuses jouissances, pourvu qu'il soit capable de remonter aux causes et qu'il soit vraiment philosophe."

 

Et par Philon d'Alexandrie :

 

"Ceux qui pratiquent la sagesse, contemplent d'une manière excellente la nature et tout ce qu'elle contient (…)"

 

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Dans un avion à dix-mille pieds, par temps clair, lorsque l'on voit les villes, villages et champs d'en-bas, j'ai souvent eu cette pensée : là-bas, que de haines, d'appétits, de jalousies, de complots, d'intrigues quotidiennes, qui, d'ici, apparaissent si dérisoires, inanes, insanes et insignifiantes.

Que penserait, en ce sens, Dieu lorsque son regard embrasse tout l'univers … et dire qu'il y en a qui croient qu'Il se préoccupe de nous, qu'Il entend nos prières, qu'Il décompte nos fautes et nos échecs … A regarder les choses ainsi, on comprend combien toute cette foi en un Dieu personnel, attentif aux hommes et sensible à leurs souffrances, est proprement inepte et ridicule.

Il ne s'agit aucunement d'athéisme, tout au contraire ; il s'agit de considérer le Divin comme impersonnel, comme la source ultime de tout ce qui donne sens et valeur à tout ce qui existe, mais aussi, aux termes de l'Alliance universelle, comme le seul bénéficiaire de tous nos actes et de toutes nos pensées.

C'est Dieu qui a besoin des hommes - et de tout ce qui existe -, et non l'inverse.

C'est l'homme qui doit travailler pour Dieu, et non l'inverse.

C'est l'homme qui doit œuvrer à l'accomplissement du Divin, et non l'inverse.

Dieu est omniprésent et omniscient ; mais il n'est pas omnipotent ; Il n'est aucunement la Perfection, mais Il est le seul chemin de tous les accomplissements.

 

Plotin, bien sûr, va dans ce sens :

 

"Tu étais déjà le Tout, mais parce que quelque chose s'est ajouté à toi en plus du Tout, tu es devenu moindre que le Tout par cette addition même. Cette addition n'avait rien de positif (qu'ajouterait-on en effet à ce qui est Tout ?), elle était négative. En devenant quelqu'un, on n'est plus le Tout, on lui ajoute une négation. Et cela dure jusqu'à ce que l'on écarte cette négation. Tu t'agrandis donc en rejetant tout ce qui est autre que le Tout : si tu rejettes cela, le Tout te sera présent …"

 

Un Dieu personnel ne peut pas être le Divin absolu, mais seulement sa caricature primitive et puérile.

 

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Toutes les écoles de pensée de la Grèce antique (cfr. Pierre Hadot) sont d'accord sur l'idée que tout le malheur des hommes vient de leur esclavage aux émotions et aux appétitions. Il faut donc s'en libérer pour construire sa propre autonomie responsable comme chemin de sagesse.

 

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Les œuvres d'art s'organisent selon une pyramide hiérarchique à base très large et obèse, et à pointe très haute et effilée, exactement comme s'organise la sensibilité humaine : à la base, empâtée et massive, lourdaude et empesée, formant au moins quatre-vingt-dix pourcents du tout, il y a l'émotion avec ce qu'elle a de tripal, de lourd, de primaire, de rudimentaire et de plébéien, souvent vulgaire, toujours médiocre ; et, à la pointe, il y a la sensibilité mystique la plus éthérée, la plus fine, la plus spirituelle (essentiellement poétique et musicale). Et entre ces deux, s'étagent quelques strates intermédiaires qui tâchent de faire raccord.

Il est probable que les œuvres intellectuelles et leur vis-à-vis, l'intelligence, s'organisent sur un schéma un peu semblable, mais sans doute plus nuancé, plus progressif.

L'échelle de la sensibilité - et donc des "œuvres" d'art - va du joli puis du beau (très relatifs) … jusqu'au sublime (quasi absolu).

Celle de l'intelligence - et donc des œuvres intellectuelles, scientifiques et philosophiques - va de l'ennuyeux puis de l'intéressant … au génial.

Les œuvres sublimes ou géniales sont, on s'en doute, extrêmement rares : quelques centaines au plus sur les cent mille années de production humaine.

 

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Le 30/08/2017

 

Final du Qohélèt (12;13) :

 

" Fin de Parole, nous entendrons le tout :

Craindre avec les dieux et garder avec ses préceptes car voici tout l'homme."

 

Rien à ajouter. Rien à retrancher.

 

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A propos de la décomposition et de la recomposition du paysage politique français … par Jérôme Fourquet :

 

" Pour qu'il y ait recomposition, il faut qu'il y ait eu décomposition. Je dirais que la décomposition est quasi-terminée, mais que la recomposition, elle, n'est pas encore arrivée complètement à son terme. L'ancien monde n'a pas totalement été renversé.

(…) La réalité du paysage électoral français, ce sont quatre grands blocs qui se tiennent à quelques points d'écart. D'un côté, les deux tenants de l'ancien monde, Fillon et Mélenchon, incarnations chimiquement pures du clivage droite/gauche traditionnel. De l'autre, les deux représentants du clivage entre 'patriotes et mondialistes' ou 'nationalistes et progressistes' que sont Emmanuel Macron et Marine Le Pen."

 

La seule question est : Macron pourra-t-il, voudra-t-il, saura-t-il s'opposer (s'imposer) au trois autres (le bourgeoisisme, le socialisme et le souverainisme) pour combattre l'étatisme (c'est-à-dire le niveau national entre le niveau continental et le niveau régional) et renforcer le libéralisme en France ?

 

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Il faudrait retirer le droit de vote aux inactifs (retraités, chômeurs, étudiants, etc …), aux fonctionnaires (on ne peut être juge et partie) et aux crétins (faire passer un "examen de capacité citoyenne" à tout le monde en termes de culture générale, linguistique, civique, économique et politique).

 

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La cohérence d'un système implique que chacune de ses parties ne prend sens et valeur que dans et par son interrelation avec toutes les autres.

Les notions de cohérence, de consistance et d'intégrativité sont proches les unes des autres, et connotent celle de complexité..

 

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En français, le mot "surrection" est quasi synonyme d'émergence ou de surgissement. Cela signifie qu'une "insurrection" est une émergence interne, alors qu'une "résurrection" est une émergence à nouveau, une "résurgence", en somme.

 

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Toute le travail critique de Kant s'effondre dès lors que l'on conçoit l'artificialité de la scission entre sujet et objet, artificialité fausse, s'il en est, car sujet et objet émergent d'un même Tout-Un et obéissent aux mêmes logiques, aux mêmes schèmes, aux mêmes modèles. Dès lors la pensée du sujet n'invente pas l'objet et ses attributs, mais il en participe comme de tout le reste.

 

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Platon, Descartes et Kant : les trois casseurs de Réel.

 

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Les penseurs grecs n'ont pas été systématiques, ils n'ont pas construit de systèmes de nature axiomatique. Leur logos est une longue série de logoï souvent contradictoires entre eux, mais nimbée, bien sûr, d'une "ambiance globale" émanant de quelques clés qui fondent chaque école.

L'esprit de système naît sans doute avec Spinoza et, en Allemagne, avec Leibniz et Schelling, pour culminer avec Hegel. On pourrait aussi penser à Bergson.

C'est probablement la plus grande faiblesse de la philosophie que de n'avoir pas été plus systématisée et axiomatisée, car ce manque la rend parfois fragile et moins crédible.

En revanche, la plupart des écoles philosophiques se sont édifiées, non pas sur un corpus axiomatique, mais bien sur un corpus méthodologique : ce qui les distingue, c'est leur méthode d'approche des questionnements.

 

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Un paradigme métaphysique systématique et axiomatique ne peut se construire qu'à partir de trois constats immédiats primordiaux, à faire ici-et-maintenant.

Premier constat : il existe un "dedans" et un "dehors que l'on peut nommer, respectivement, un Esprit (qui ressent, qui pense, qui sait, qui veut) et un Univers (qui est ressenti).

Deuxième constat : il existe un "avant" et un "après" que l'Esprit constate et qui le concerne autant lui-même que l'Univers, et que l'on peut nommer, respectivement, une Mémoire (l'accumulation de tous les vécus de l'avant) et une Potentialité (l'éventail de tous les possibles pour l'après).

La totalité du "dedans" et du "dehors" peut être défini comme le Réel, avec sa face intérieure et sa face extérieure.

La totalité du "avant" et du "après" peut être défini comme la Vie, aussi avec sa face intérieure et sa face extérieure.

Un premier axiome apparaît : le Réel est la Vie et la Vie est le Réel.

Troisième constat : il existe de la "joie" et de la "peine" que l'Esprit constate tant en lui qu'autour de lui, et que l'on peut nommer, respectivement, une Harmonie (la présence d'une cohérence) et une Confusion (l'existence de conflits).

La totalité de cette "joie" et de cette "peine" peut être défini comme la Loi, avec sa face intérieure et sa face extérieure.

Un second axiome apparaît : le Réel est la Loi et la Loi est le Réel.

Un troisième axiome apparaît : la Loi est la Vie et la Vie est la Loi.

A partir de ce grand ternaire apodictique, toutes les doctrines philosophiques peuvent se déployer par arborescence d'hypothèses sur la nature de ces trois piliers apodictiques et les modalités de leurs interrelations.

Toute réflexion métaphysique ou mystique part de ces trois constats :

  • Il y a le Réel (mais qu'est-ce que ce Réel bipolaire ?).
  • Il y a la Vie (mais qu'est-ce que cette Vie bipolaire ?).
  • Il y a la Loi (mais quelle est cette Loi bipolaire ?).

Tout le reste n'est que déclinaisons et commentaires.

 

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La culture humaine a quatre racines : la juive, la grecque, la chinoise et l'indienne. Tout le reste est soit dérivé ou hybride, soit insignifiant, soit anecdotique, soit archéologique.

Ils forment un tétraèdre régulier : sur quelque face qu'on le pose, le sommet opposé pointera toujours vers le haut (souvent avec orgueil et arrogance chez les imbéciles), mais la forme globale restera identique à elle-même.

 

Ces quatre paradigmes racinaires fournissent des éclairages combien différents (en quoi diffèrent-ils ?) … mais combien complémentaires (en quoi se complètent-ils ?).

Il faudrait pouvoir comparer ces paradigmes racinaires, non pour en dresser un classement, mais pour y découvrir les différences et les complémentarités.

Il faut donc, pour chacun des quatre paradigmes racinaires, répondre aux six questions suivantes :

  • Qu'est-ce que le Réel ?
  • Qu'est-ce que la Vie ?
  • Qu'est-ce que la Loi ?
  • Quelle est la relation entre le Réel et la Vie ?
  • Quelle est la relation entre la Vie et la Loi ?
  • Quelle est la relation entre la Loi et le Réel ?

 

*

 

Par ce ternaire (Réel, Vie, Loi), toute métaphysique se subdivise en une cosmologie, en une téléologie et en une axiologie.

 

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Peut-être faut-il envisager de disjoindre la métaphysique qui est l'étude du Réel en tant que Réel (déclinée en cosmologie, téléologie et axiologie) et la philosophie qui est l'art et la méthode pour mener une "bonne vie".

Evidemment, il ne peut y avoir de philosophie - de science - sans métaphysique pour la fonder. Mais cette fondation une fois réalisée, pourvu qu'elles restent cohérentes et fidèles, la philosophie et les sciences font leur vie de leur côté.

 

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Le 31/08/2017

 

Quant on veut comprendre la bonne santé de demain, on ne va pas dans les asiles pour regarder la folie d'hier.

Les Américains, de quelque bord qu'ils soient, ne connaissent pas le monde, ne regardent pas le monde, ne comprennent pas le monde.

Les Américains sont nombrilistes et ne voient que les USA ; et tout ce qui n'est pas bon pour les USA est mauvais … et transformé en complot d'une élite cachée qui tend à gouverner le monde (on est là, toujours, dans les légendes propres aux Comics du genre Superman). Maintenant, c'est le globalisme et Soros. Bien avant c'était le communisme et Staline, puis ce fut l'islamisme et Ben Laden.

Les Américains sont incapables d'entendre qu'ils sont la cause de leur propre malheur … alors on s'invente des mythologies (ultra-numérisme, AI et transhumanisme en Californie), des complots (les Russes qui trafiquent les élections de Trump) et des boucs émissaires (les "fascistes", les Coréens, Poutine, les "racistes", les "nègres", Wall Street, Trump, …). La mondialisation a été, de 1945 à 2008, l'américanisation forcée des cinq continents sur le plan des modes de vie et des modèles et méthodes managériales et militaires (du tape-à-l'œil avec strass, stuc et confettis).

La nombrilisme américain étant toujours accompagné d'un simplisme effarant et d'un court-termisme suicidaire, l'américanisation du monde (testée dès 1945 en Europe avec le plan Marshall et au Japon avec le plan McArthur) fonctionne entre carotte (je vous apporte plein de sous et de marchés si vous adoptez mon paradigme) et bâton (je vous envoie les GI's si vous y résistez). Mais cela ne fonctionne plus parce que les USA sont en faillite et n'ont plus les moyens ni pour financer l'American Way of Life mondial, ni pour entretenir la plus mauvaise armée du monde qui a perdu toutes ses guerres depuis 1945.

Les Américains sont en train, très confusément, Trump en tête, de comprendre qu'ils ont perdu leur guerre de l'avenir, que leur hégémonie sur le monde est morte, que leur santé économique, corporelle et mentale est déplorable, que leurs méthodes et modèles sont exécrables et de plus en plus rejetés partout … et que les puériles mythologies californiennes ne sont que du window dressing (des façades à la Catherine II si vous préférez).

 

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Une monnaie mondiale unique (pour désamorcer les immondes trafics spéculatifs et pour éradiquer les artificiels jeux de yoyo des sous-évaluations, surévaluations, dévaluations et réévaluations) construite par les DST refondés ce 1er octobre 2016 sur un panier variable de monnaies fortes et stables (Euro, USD, Livre, Yen, Yuan, Franc suisse, …), est une excellente chose … pourvu que sa fragilité intrinsèque soit compensée par l'émergence d'une foule de monnaies privées, locales et spécifiques (matérielles ou immatérielles).

Les banques devront se reconvertir profondément (et accepter de redevenir "pauvres") et retourner à leur métier d'origine : l'épargne et le crédit, et quitter les marais immondes de la spéculation monétaire ou financière. Les banques, leurs officines et leurs tentacules doivent être "interdites de Casino" sur les places boursières. Le métier de banquier aura toujours un sens (un site de crowdfunding EST une banque) pourvu qu'il s'exerce de façon transparente, au service exclusif des épargnants et avec des prises de risques très raisonnables (sinon comment l'homme de la rue financera-t-il ses outils de vie ?) ; il faut revenir aux taux et règles "lombards".

Au niveau des banques centrales, il est essentiel d'interdire, en quelque circonstance que ce soit, de faire tourner "à blanc" la "planche à billets" : la masse monétaire en circulation d'un pays doit être strictement corrélée à la quantité de valeur d'utilité réelle produite par ce pays, dans le présent et non dans un futur hypothétique.

Enfin, il faut que, très rapidement, le dollar américain ne soit plus la monnaie d'échange de référence au niveau international car cette monnaie est de la monnaie de singe (combien de "quantitative easings" ?) entée sur une économie en faillite grave. Si l'USD est "viré" de la scène mondiale, il perd illico 30 à 40% de sa "valeur" d'échange plongeant les USA dans une récession noire (ce qui ne serait que justice après 70 ans de gavage éhonté d'un peuple de 250 millions de crétins qui ravage et saccage toute la planète sans frein).

 

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La Foi ce n'est pas croire en quelque chose ou quelqu'un, ce n'est pas croire en ceci ou cela. La Foi n'a pas d'objet. Lorsqu'elle porte sur un objet, elle devient croyance ou superstition. C'est cela l'idolâtrie : la Foi qui se définit un objet.

La Foi, ce n'est pas croire en un objet ; la Foi c'est croire "qu'il y a". La Foi pointe vers cette idée qu'il y a un principe ultime (une source primordiale, un fondement unique, une puissance cosmique) qui dépasse l'humain, et vers cette autre idée que l'humain doit se dépasser pour tendre vers ce principe afin de donner sens et valeur à son existence.

Ce principe n'a pas de nom … et ne peut en avoir, sinon on retomberait en idolâtrie. Les communautés les plus sages l'ont compris et désignent, sans le nommer, ce principe par YHWH (mot ineffable et symbole tétragrammique), par le Divin, par l'Un, par le Tao, par le Réel ou par … le Grand Architecte de l'Univers.

Toute Religion qui sort du cadre strict de cette inconnaissance mystique, de cet apophatisme essentiel, devient une idolâtrie. Alors s'ouvrent à elle toutes les portes de la guerre des croyances.

 

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Au fond, la poésie et la pensée de la Renaissance sont un immense hymne à la Vie dirigé contre ce culte de la Mort qu'est le Christianisme médiéval où l'on ne vit que pour bien mourir et vivre ensuite et enfin dans la mort.

 

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De Charles Baudelaire … caustique :

 

"Plus l'homme cultive les arts, moins il bande.”

 

Et aussi :

 

" Il est plus difficile d'aimer Dieu que de croire en lui."

 

Et surtout, comme d'habitude :

 

"La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers."

 

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De Matthieu Auzanneau :

 

"(…) L'humanité est soumise à ces équilibres naturels, elle ne saurait s'en échapper. Le danger est de détruire les équilibres climatiques à l'œuvre car cela entraînerait irrémédiablement la destruction des équilibres humains que nous connaissons."

 

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On ne désaime pas, on aime autrement, c'est tout.

 

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Le drapeau européen a été conçu par Paul Lévy, sur base d'un texte de l'Apocalypse :

 

"Un signe grandiose est apparu dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de 12 étoiles."

 

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Au fond, le Judaïsme est une mystique de la Libération, c'est-à-dire du rejet radical de toute forme d'esclavage et d'idolâtrie (l'idolâtrie n'étant qu'un esclavage mental, intellectuel et/ou spirituel).

La Torah est le guide initiatique de cette Libération.

L'Alliance est la raison de cette Libération.

Et l'Alliance vise la plénitude accomplie (Shalom) de l'union avec le Réel, à la fois ineffable et divin (l'Eyn-Sof manifesté par YHWH et les Elohim).

 

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L'Alexandrin Origène (183-253) est probablement celui par qui la philosophie grecque est entrée dans le christianisme. Augustin d'Hippone prendra le relai.

 

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[1] Je définis le "conscientisme" comme le fait avéré qu'à toute époque, seule une minorité éclairée peut prendre conscience des contradictions, impasses et tragédies du monde alentour … et peut éventuellement engendrer une mouvance tendant à une mutation paradigmatique.

[2] Comme le furent le nazisme, le stalinisme, la maoïsme et leurs émules socialistes, mais tous ces fléaux éliminèrent même la notion de Dieu..

[3] Et, répétons-le encore et encore, le libéralisme n'a rien à voir ni avec le capitalisme industrialiste, ni avec le financiarisme spéculatif qui gangrène le monde en parfaite collusion avec les Etats trop souvent socialisants.

[4] La Gnose que j'évoque ici n'a, bien entendu, rien à voir avec les gnosticismes du début de l'ère chrétienne, qui opposaient le Dieu parfait de l'au-delà absolu, et le démiurge orgueilleux et maladroit (sinon carrément mauvais) créateur de notre monde de souffrance et de malignité.

[5] ShW'A = vanité, fausseté, inanité