Tisserand de la compréhension du devenir
Conférencier, expert et auteur

"De l'Etre au Devenir" JUIN 2017

Dernier mois du Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy

Le 01/06/2017

 

Les problèmes fondamentaux de l'islam sont les problèmes de Mahomet et les problèmes de Mahomet furent trois :

- il était un illettré qui se prenait pour un grand penseur, et il en a conçu une haine profonde de l'intellectualité ;

- il a vécu toute sa vie comme chamelier au crochet d'une veuve beaucoup plus âgée que lui, et il en a conçu une haine profonde des femmes ;

- il a cru que les gens du Livre allait "évidemment" suivre sa doctrine alors qu'ils la dédaignèrent, et il en a conçu une haine profonde des juifs et des chrétiens.

Ces trois haines-là sont aujourd'hui encore - et probablement plus virulemment que jamais - les trois racines de l'islam.

 

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Le 02/06/2017

 

Le format TedX est typiquement le fast-food de la pensée.

Le contenu mouliné menu est de troisième catégorie, le grammage est précis, ce qu'il y a autour est purement factice, ça s'avale sans mâcher, ça n'a aucun goût sauf à y mettre des couches de sauces artificielles … et c'est destiné aux crétins qui n'ont aucun sens de la gastronomie intellectuelle.

 

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Le 03/06/2017

 

De Marc Crapez :

 

" Cette puissance d'attraction du communisme et du fascisme a promu des habitudes de malhonnêtetés intellectuelles graves. Le mensonge, la dissimulation et le refus des faits sont, chez l'intellectuel français, comme une seconde nature."

 

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Le 05/06/2017

 

Theresa May, après les actes terroristes sur Manchester et Londres, parle d'idéologie radicale comme un courant de pensée à part entière, pas spécialement liée à l'islamisme.

Cette nouvelle acception du "radicalisme" n'a, bien sûr, pas grand' chose à voir avec celle des partis politiques radicaux des troisième et quatrième républiques françaises.

Elle pointe plutôt une nouvelle manière de faire de la politique qui s'oppose, par la violence et le terrorisme, à l'immobilisme des systèmes en place et qui prône des ruptures radicales et hors-la-loi.

Le mot "radicalisme" est mal choisi parce que trop ambigu et polysémique. Il conviendrait, plus simplement et plus judicieusement, de parle de "révolutionnarisme".

Le révolutionnarisme, ces deux derniers siècles, a été illustré, jusqu'à la nausée, par les sans-culottes et des robespierristes français, les communards parisiens, les anarchistes russes (et de leurs imitateurs français et italiens), les bolchéviks, marxistes et léninistes communistes, les Sturm Abteilungen nazis, les Camiciere nere fascistes, les trotskistes, maoïstes ou autres gauchistes soixante-huitards, les Cellules Communistes Combattantes belges, les Rote Armee Fraktion allemandes, les Brigate rosso italiennes, l'Action Directe française, et tant d'autres (comme les Khmers rouges ou le Viêt-Cong).

Ce révolutionnarisme prône le renversement du monde réel par l'action violente d'une minorité "consciente et agissante"  qui, au nom de ses propres "idéaux" débiles, veut imposer sa vision totalitaire du monde à tous les autres qui n'en veulent pas.

Les islamistes, aujourd'hui, relèvent totalement de cette mouvance-là et c'est parce qu'ils en relèvent qu'ils séduisent si facilement tous les déchets de l'humanité, musulmans ou non.

 

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On qualifie d'Uber-terrorisme les actions quasi individuelles menées un peu partout, sans ordre ni stratégie autre que celle de la "terreur", et aussitôt revendiquées par Daesh qui, la plupart du temps, n'y est strictement pour rien, du moins pratiquement.

Ce qui m'intéresse c'est le nouveau préfixe "Uber-". Que signifie-t-il ? Il s'agit, en fait, d'un système nouveau qui utilise la Toile pour court-circuiter les systèmes anciens et leurs règles. Il s'agit, grâce à une plate-forme numérique, de mettre en contact direct le demandeur (le voyageur) et le prestataire (le chauffeur d'une voiture, affilié à Uber) sans plus passer par les intermédiaires institutionnels (les sociétés patentées de taxi).

Dans le cas de l'Uber-terrorisme, la plate-forme est Daesh et ses ramifications, qui font leur "pub" infecte un peu partout pour exciter les paumés du révolutionnarisme (qui forment les hordes disséminées et peu organisées des "prestataires" meurtriers). Mais, dans cette configuration, qui est le "demandeur" ? Certainement pas ceux qui seront les victimes de ces actes odieux et sanglants. Alors ? Il n'y en a qu'un seul : le mythe nauséabond de la Révolution ! En l'occurrence de la révolution salafiste financée par l'Arabie Saoudite, le Qatar et les autres pays voyous qui se gavent de l'argent du pétrole.

 

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Le 06/06/2017

 

Concernant la commémoration du 300ème anniversaire de la Franc-maçonnerie moderne …

Le 24 juin 1717, il ne s'est rien passé. Les historiens de la F.:M.: savent aujourd'hui que cette "création" de la Grande Loge de Westminster et Londres en 1717 est une invention pure et simple du Pasteur Anderson pour tenter de donner consistance et crédibilité aux "Constitutions" de 1723 qu'il avait pondu dès 1721 aux ordres de Théophile Desaguliers, membre de la Royal Society et ami d'Isaac Newton.

Ces "Constitutions", en contradiction flagrante avec toute la tradition maçonnique, avaient pour seul but de transformer la F.:M.: en un tremplin idéologique pour les idées de Desaguliers concernant la modernité rationaliste et l'instauration d'une morale supra-religieuse. La formation de la Grande Loge de Londres de 1726 en fut le point de lancement … 

Lorsque la Grande Loge de Londres décida unilatéralement et arbitrairement de se convertir en Grande Loge d'Angleterre en 1738, elle mit le feu aux poudres car cette velléité purement londonienne et anti-traditionnelle de mettre la main sur l'héritage initiatique des bâtisseurs, fut rapidement et virulemment contestée par les Grandes Loges d'York, d'Irlande et d'Ecosse qui, ensemble, en 1751, constituèrent le mouvement des Ancients pour contrer cette dissidence inacceptable des Moderns.

Dès 1736, en vue de la préparation du lancement de la Grande Loge d'Angleterre qui était censée rallier toute les Loges du Royaume, même celles qui étaient déjà totalement opposées aux premières "Constitutions", une nouvelle mouture moins inacceptable des Constitutions fut concoctée mais fut autant refusée.

La discorde entre Ancients et Moderns se perpétua jusqu'en 1813 où les Ancients triomphèrent enfin des Moderns par la signature du "Act of Union". Mais le mal était fait ; entre 1726 et 1813, l'esprit des Moderns avait franchi les mers et avait infesté, essentiellement, la France, la Belgique et l'Italie dont les Loges affiliées aux Moderns s'écartèrent de plus en plus de l'orthodoxie régulière jusqu'en 1870-1871 où, enfin, la Régularité dénonça les mouvances irrégulières comme le Grand Orient de Belgique et le Grand Orient de France. Ceux-ci (et les dissidences des dissidences … il y a aujourd'hui 220 obédiences dites "maçonniques" en France) n'en continuèrent pas moins à salir le nom de la F.:M.: avec leurs idéologies laïcardes et gauchisantes, et leur déni de toute la tradition spirituelle et initiatique de la F.:M.: régulière.

 

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Dialogue entre Colbert et Mazarin … qui n'a pas pris une seule ride depuis  :

 

  • Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…
  • Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.
  • Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?»
  • Mazarin : «On en crée d’autres.
  • Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.
  • Mazarin : Oui, c’est vrai, c’est impossible !
  • Colbert : Alors, les riches ?
  • Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres !
  • Colbert : Mais alors, comment fait-on ?
  • Mazarin : Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des honnêtes citoyens qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là… plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser. C’est un réservoir inépuisable.

 

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De Karl Jaspers :

 

"Plus il y a de contrainte, moins il y a d’autorité. (...) Une autorité entièrement vraie implique le renoncement à toute contrainte."

 

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Ainsi font aussi les hommes …

 

Des chercheurs ont placé cinq singes dans une cage. Au milieu de la cage, ils ont placé une échelle avec une banane au sommet. Chaque fois qu’un singe montait sur l’échelle, les chercheurs arrosaient les quatre autres singes avec de l’eau très froide… Après un petit moment, chaque fois qu’un singe essayait de monter sur l’échelle, les quatre autres l’en empêchaient et le battaient. Après un bout de temps, aucun des cinq singes ne tentait de monter sur l’échelle pour aller manger la banane. Les chercheurs ont ensuite substitué l’un des singes avec un nouveau singe. Évidemment, la première chose que le nouveau singe a tenté de faire, c’est d’escalader l’échelle pour manger la banane. Les quatre autres singes l’ont alors attrapé et battu pour l’en empêcher… Quelques essais plus tard, le nouveau membre ne tentait plus de monter sur l’échelle, même s’il ne comprenait pas trop pourquoi.

Les chercheurs ont ensuite substitué un deuxième singe. La même chose s’est produite. Le premier singe a également participé et a aidé ses compagnons à frapper le deuxième singe lorsqu’il tentait de monter sur l’échelle. Une fois de plus, les chercheurs ont substitué un troisième singe. Ils ont pu observer le même résultat, de même qu’en substituant un quatrième singe.

Après avoir substitué le cinquième singe, aucun des singes du groupe n’avait reçu une douche froide. Malgré cela, les agressions étaient répétées si le cinquième singe tentait de monter sur l’échelle…

Tous s’interdisent maintenant de prendre la banane ; tous ignorent pourquoi. Pourtant, tous sont les garants zélés du respect de cette interdiction.

 

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La tradition chrétienne est misogyne. La tradition juive est misanthrope.

 

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Le 07/06/2017

 

Les délires matérialistes et réductionnistes du neuroscientisme sont des fumisteries.

Le vieux rêve de réduire l'esprit aux neurones du cerveau et de réduire la vie à des jeux chimiques moléculaires est suranné, dépassé et obsolète.

La physique des systèmes complexes est passée par là et a démontré l'inanité de ce projet qui n'est pas scientifique, mais idéologique.

La vie et l'esprit sont des propriétés émergentes non réductibles à leur substrat.

 

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Le 08/06/2017

 

Vivre debout, ce n'est pas seulement être debout.

 

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Il ne peut y avoir du bien ou du mal (du mieux ou du pire) que par rapport à une intention, à une vocation, à une mission, à un projet. Sans cela, point d'éthique possible.

 

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La lucidité sans pitié.

Voir les choses et les êtres - et les dieux - tels qu'ils sont et tels qu'ils vont.

 

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Ce que la populace appelle un "grand homme", n'est jamais qu'un tyran rusé.

 

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Le 10/06/2018

 

Pour qu'un processus complexe, quel qu'il soit, puisse s'enclencher durablement et efficacement, cinq points cruciaux doivent être fixés :

  1. Sa finalité
  2. Son identité
  3. Ses ressources prioritaires
  4. Ses règles de vie
  5. Son activité centrale.

 

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Une éthique est toujours relative à une métaphysique.

Sans métaphysique pour la fonder, point d'éthique possible.

 

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La question n'est plus : "qu'est-ce que tu fais dans la vie ?", mais bien : "qu'est-ce que tu fais pour la vie ?".

 

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De Jean-Baptiste Forray :

 

"Qu'elle est loin, la gauche joyeuse des années 1970!"

 

Cette gauche que j'ai combattue pied à pied de 1970 à 1980, au conseil facultaire de l'Ecole Polytechnique, au conseil d'administration de l'Université Libre de Bruxelles et dans toutes les AG des corps universitaires … et qui a réussi à faire interdire la défense publique de ma thèse de doctorat à Bruxelles.

Joyeuse ? Non : imbécile, ne réjouissant que les crétins et les utopistes de tous poils … qui ont fini par faire "triompher" le démagogisme éhonté et électoraliste des partis socialistes environnants, qui ont fini par mettre au pouvoir des crapules comme Mitterrand dont les héritiers bourguignons (Rebsamen, Patriat, Joly et leurs cliques infectes) continuent, impunément, de mettre ma région en coupe réglée.

 

Et :

 

"Démocrates-chrétiens, gaullistes et libéraux devaient s'unir sans se renier."

 

C'est là toute l'absurdité de la "droite" française : comme si le paternalisme gauchisant de cet anachronisme que fut De Gaulle, le conservatisme bourgeois et frileux de la droite traditionnelle, le moralisme "compatissant" mais très affairiste des chrétiens … et le libéralisme pouvaient avoir quoique ce soit à se dire et à partager.

Le libéralisme authentique est autant anti-gauchiste et anti-socialiste qu'il est antigaulliste, anti-conservateur et antichrétien.

 

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Socialisme ?

Comment prendre la parole quand on n'a rien à dire …

Conservatisme ?

Comment prendre le dire quand on n'a pas de parole …

 

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Le 11/06/2017

 

Eh oui : socialisme, communisme, gauchisme, conservatisme, bourgeoisisme, syndicalisme, jacobinisme et républicanisme sont ENFIN morts. Le financiarisme et le capitalisme spéculatif vont aussi s'effondrer demain, lorsque la raréfaction des ressources naturelles aura atteint son point bas.

Il faudra s'y faire : la Modernité et tous ses "idéaux" (humanisme, rationalisme, démocratisme, positivisme et nihilisme) passent à la trappe de l'Histoire.

La fin d'un monde ! ENFIN !

 

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Le 12/06/2017

 

Abattre un arbre est beaucoup plus grave qu'abattre un salafiste ou un communiste ou un néonazi.

 

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Le 20/06/2017

 

J'avoue que j'en ai marre de ces pseudo "méthodes pédagogiques" à la mode, venues d'outre-Atlantique où l'inculture et l'inintelligence moyennes exigent des processus d'inculcation qui sont ici débilitantes, dignes de l'école gardienne.

 

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De Bossuet :

 

"Dieu se rit des hommes qui pleurent les effets dont ils chérissent les causes"

 

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Le 21/06/2017

 

La question n'est plus :

"Qu'est-ce que je fais dans la vie ?",

mais bien :

"Qu'est-ce que je fais pour la Vie ?".

Il y a là un basculement colossal …

 

 

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J'ai appris à me méfier des éditeurs qui n'éditent pas et des non-éditeurs qui disent éditer, ainsi que des écrivains qui n'écrivent pas.

 

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Le 22/06/2017

 

La Gloire du Grand Architecte de l'Univers, c'est la manifestation divine du Logos au sein même du Réel tel qu'il est et tel qu'il va. La tradition juive appelle cette Gloire divine la Shékinah : la Présence du Divin dans le monde, dans tout ce qui existe, en chacun de nous.

Mais pour approcher cette immanence radicale du Divin dans le Réel, encore faut-il avoir les yeux grand ouverts et avoir reçu la Lumière invisible du premier jour.

C'est là tout le sens de l'initiation maçonnique qui ouvre non seulement un chemin spirituel, mais aussi un cheminement mystique : voir clairement Dieu dans toute chose inerte, dans tout être vivant … ne plus voir que Dieu[1], en tout, partout, toujours.

Au-delà de l'existence personnelle, vivre dans la Vie de Dieu, vivre la Vie divine, vivre la Vie absolue et éternelle, dans chaque ici-et-maintenant.

 

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Le 23/06/2017

 

D'Alexandre Soljenitsyne :

 

"Les hommes n'étant pas dotés des mêmes capacités, s'ils sont libres, ils ne seront pas égaux, s'ils sont égaux, c'est qu'ils ne sont pas libres."

 

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Le 24/06/2017

 

D'Alexandre Devecchio :

 

"Pour les sentinelles de l'antiracisme, les minorités ethniques sont forcément victimes, tandis que les Français et les Juifs sont forcément coupables."

 

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Le 25/06/2017

 

La valeur d'une chose est proportionnelle à la néguentropie qu'elle contient.

 

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La physique peut être complexe, certes, mais elle doit rester simple ; dès qu'elle devient compliquée, elle est fausse.

 

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Les Francs-maçons réguliers travaillent à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers.

Comme on travaille à la préparation d'agapes somptueuses.

Le Temple qu'ils construisent, n'est autre que la Gloire divine elle-même c'est-à-dire le pont qui conduit les élus de la profanité à la sacralité vécue ici-et-maintenant.

La Gloire du Grand Architecte de l'Univers est cette Lumière du premier jour qui donne, à tout ce qui existe, un sens universel et une valeur sacrée.

 

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De Wikipedia :

 

" Dans une interview publié dans 'La Revue des deux Mondes' en 2016, 'L'hégémonie du camp du Bien battue en brèche', il [Jean-Pierre Le Goff] diagnostique la 'fin d'un cycle historique' marqué par le fait que, dans le domaine des mœurs, de l'école et de la culture, le gauchisme culturel serait de plus en plus rejeté par une partie de la population. Nombre de journalistes militants n'en continueraient pas moins d'exercer une 'police de la parole et de la pensée' qui ne se confond pas avec le totalitarisme mais constituerait néanmoins une mise en cause des libertés démocratiques en pratiquant la dénonciation, le lynchage médiatique et les plaintes en justice."

 

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De Pierre Glaude, à, propos des antimodernes de la fin du 19ème siècle (Jules Barbey d'Aurevilly, Léon Bloy, Auguste de Villiers-Adam, Joris-Karl Huysmans) :

 

" On a beaucoup parlé de 'crise fin de siècle' : une certaine démoralisation et un sentiment de décadence fait suite à la défaite de 1870. Ces auteurs sont aussi très méfiants à l'égard de l'idéologie du progrès, des mutations technologiques et industrielles extrêmement rapides vues par le plus grand nombre comme une bonne chose. Eux voient cela comme une course effrénée vers l'abîme."

 

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Le cycle des Pères Fondateurs : de -1250 à 400.

Le cycle des Fils Rédempteurs : de 400 à 2050.

Le cycle de l'Esprit Libérateur : de 2050 à 2600.

 

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Quelle bonne raison pourrais-tu trouver en toi de te construire toi-même si cette construction n'est pas au service de ce qui te dépasse et qui donne, aussi, une bonne raison au Tout d'aller au bout de lui-même ? A quoi servirait la construction de soi si celle-ci n'était que pour soi et, donc, vouée à la destruction finale de soi ?

C'est cette bonne raison à se construire et à construire le Tout qui est le Grand Architecte de l'Univers, moteur de l'évolution et de toute évolution, Âme cosmique qui "anime" le tout du Tout.

 

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De Baudelaire achevant Les Fleurs du Mal par ces mots:

 

"Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe?

Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau!"

 

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Ce qu'il faut célébrer dans l'élection d'Emmanuel Macron :

  • La mort des grands partis (PS, LR, FN) de l'establishment républicain, et de la ridicule et obsolète partition gauche/droite.
  • L'éviction des adeptes du retour à la grande pureté de la race ethnique (Marine Le Pen) ou de la classe sociale (Jean-Luc Mélenchon).
  • La mise au placard de la grande tribu des caciques qui avaient phagocyté le pouvoir dans toutes ses instances, depuis l'instauration de la cinquième République par le funeste De Gaulle.
  • L'évidence de la montée spectaculaire de l'abstentionnisme ainsi que du refus de l'Etat jacobin et de ses fonctionnarismes tentaculaires.
  • L'amorce d'une remise en cause de l'étatisme et du nationalisme au profit d'un européanisme renforcé … avec toute la prise de distance nécessaire vis-à-vis de l'américanisme.

Comme, aux USA, Trump est un moindre mal vis-à-vis d'Hillary Clinton (qui est une névropathe dangereuse), en France, Macron est un moindre mal vis-à-vis de tous les autres. Qu'il assume ou non l'inéluctable mutation paradigmatique en marche, il lui donne déjà un peu d'oxygène et un peu d'espace. Cela seul importe !

 

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Je ne sais pas ce qui est vrai ; mais je sais, avec plus de lucidité que beaucoup, ce qui est faux.

 

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Le révolutionnarisme est une religion et une maladie mentale.

Déjà, croire que l'on puisse, à quelques uns, détenir la vraie vérité du monde, est un comble mégalomaniaque ; mais en plus, croire que l'on puisse, par la violence et la force, l'imposer au plus grand nombre, relève de la monstruosité.

 

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Georges Bernanos écrit :

 

"Un chrétien ne peut pas désespérer de l'homme."

 

Il a théologiquement raison et c'est, entre bien d'autres, une des raisons pour lesquelles je ne pourrai jamais être chrétien. Or quelques hommes vrais qui en émergent, le marais des animaux humains est désespérant, écœurant, nauséabond.

 

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Ma propre mort ne m'apeure ni ne m'attriste. Une des multiples raisons en est que je serai enfin débarrassé des humains.

 

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Un antimoderne, comme je le suis, n'a d'autre ambition que d'inlassablement dénoncer les faux progrès du progressisme dont on nous rabâche les oreilles et que l'on appelle : démocratisme, égalitarisme, technologisme, économisme, industrialisme, nihilisme, athéisme, etc.

De progrès, il ne peut y en avoir qu'un : il est spirituel et intérieur.

 

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La spéculation … Cancer du monde et moteur de la modernité !

Spéculer : gagner aujourd'hui de l'argent en pariant sur une promesse - plus ou moins fallacieuse - pour demain.

Or l'argent est un symbole conventionnel d'un travail accompli ; donc la spéculation dénature et désacralise le travail.

 

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Je ne crois pas en la Justice ; je crois en l'Equité.

De chacun selon ses talents ; à chacun selon ses œuvres.

 

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Le christianisme a toujours eu l'art de récupérer et de s'arroger des idées bien plus anciennes qui ne viennent pas de lui. Il est un prédateur spirituel et religieux.

 

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Le 26/06/2017

 

Dans un article virulemment antimaçonnique intitulé "Pourquoi catholicisme et maçonnerie sont incompatibles ?", un catholique intégriste anonyme relève six incompatibilités entre Franc-maçonnerie et Catholicisme …

 

THEME

CATHOLICISME

FRANC-Maçonnerie

Le salut de l'homme

Salut post-mortem par la communion avec la personne du  Rédempteur dans la recherche de la Sainteté par la Foi

Salut in-vivo par passage de l'ignorance profane à la Lumière sacrale

La révélation

La vérité est donnée par Dieu lui-même en la personne de Jésus-Christ, vérité exprimée par les Ecritures Saintes, traduite en dogme par l'Eglise et intériorisée par chacun au travers des Sacrements.

La vérité n'est jamais ni révélée, ni donnée, mais elle est recherchée au moyen d'outils rituels et symboliques transmis par l'Initiation.

L'idée de Dieu

Dieu est un être personnel, unique et trine, créateur de tous les mondes, et extérieur à l'univers naturel.

Dieu est le Grand Architecte de l'Univers, source et origine ultime de tout ce qui existe, principe de cohérence universel.

Les fins dernières

L'homme catholique, s'il est en état de pureté, est appelé à une vie éternelle dans un corps ressuscité et glorifié.

Il n'y a pas vraiment de croyance en une vie éternelle personnelle, mais bien en l'éternité de la Vie et de l'Esprit impersonnels.

Les autres religions

Elles sont des erreurs et des mensonges qu'il faut combattre en les respectant, en les dénonçant et en évangélisant.

Toutes les religions sont des manifestations de la spiritualité humaine et convergent vers une mystique unique.

La morale

Elle est obéissance et application stricte des commandements de Dieu, des préceptes évangéliques et des prescriptions de l'Eglise.

La morale est une convention sociétale où tout est permis aux trois conditions de la sincérité, de la liberté et du consentement.

 

Au fond, le tableau final n'est pas si mauvais en ce qui concerne l'authentique Franc-maçonnerie régulière mondiale (les pseudo-maçonneries athées, laïcardes, affairistes, anticléricales et socialisantes qui sévissent encore une France et alentour, n'ont en effet rien à faire dans ce tableau).

Ce qui ressort, essentiellement, c'est l'irréductible incompatibilité entre dogmatique et initiatique : la vérité formelle que l'on reçoit n'est pas la vérité ineffable que l'on recherche.

Tout le reste en découle qu'il s'agisse de vérités théologiques, sotériologiques, eschatologiques, religieuses ou morales.

Toujours la même irréductible opposition entre cheminement et destination.

La posture dogmatique décrit avec force détails la destination prédéfinie, préétablie et révélée, alors que la posture initiatique nourrit, par ses symboles, un cheminement infini qui est sa propre vérité et sa propre joie.

Plus une religion est dogmatique (comme le Catholicisme et l'Islamisme), plus elle est incompatible avec la Franc-maçonnerie. CQFD.

 

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De mon ami François Introvigne :

 

" Il ne fait pas bon d’être un 'ancien' de la politique. François Bayrou était, au sein du premier gouvernement Philippe, le seul représentant de l’ancien monde, celui des Sarkozy, Fillon, Copé, Hollande, Valls, Ayrault, tous ceux qui, avaient exercé le pouvoir et prétendaient le conquérir à nouveau.

Dégagé à son tour, François Bayrou... Une fois de plus, un homme et son équipe pris à leur propre piège. Ils avaient cogné sur François Fillon...

Restera une énigme : comment tous ces politiques ont-ils pu continuer à se parer de vertu et croire que, malgré les exigences nouvelles de transparence, leur passé et leurs actes non conformes ne leur seraient pas imputés ?

Ce sentiment d’impunité, le voilà le marqueur de l’ancien monde politique."

 

Ce qui est très intéressant - et très vrai -, c'est l'expression "ancien monde" pour parler de l'establishment républicain et de ses caciques aujourd'hui tous - heureusement - dégommés, du monde idéologique de l'artificiel clivage entre gauche et droite qui ne faisaient qu'un : le social-étatisme.

Partout cet establishment a été dégommé : Hillary Clinton aux USA, James Cameron en UK, Matteo Renzi en Italie, etc …

Le grand nettoyage est en cours !

 

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De mon complice Pierre-Olivier :

 

" Il est à souhaiter que ceux qui scient la branche qui nous nourrit (la Nature), n'aient plus un jour que de la sciure à vendre !!!

(Et ce dans tous les domaines financiaro-industriels)"

 

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De Narcisse Flubacher :

 

"(…) dans un monde où la fausse science donne bonne conscience (…)"

 

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Chaque symbole est un mot d'un texte qui s'appelle le rituel.

 

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La méthode cartésienne fut fondatrice du paradigme moderne ; notre nouveau paradigme - noétique - sera-t-il fondé par les méthodes systémiques et algorithmiques ou par leur synthèse : la méthode anagogique ?

 

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Ordre …

En sanskrit : Rita

En grec : Kosmos

En hébreu : Sédèr

 

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D'Irène Mainguy :

 

"Le monde actuel se meurt de l'absence de sacré sans le savoir."

 

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Spirituellement, c'est une erreur de confondre l'origine (le point initial dans le temps) et la source (la matrice intemporelle de tout).

Il ne s'agit pas de "retourner" à la "pureté" de l'origine - avec, en arrière-fond, le mythe d'un âge d'or ou d'un paradis perdu -, mais il s'agit bien de découvrir la source (qui fut, est et sera toujours déjà là, mais que notre cécité nous cache).

 

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D'accord avec, entre autres, René Guénon, je suis désespéré de constater que la modernité a banni la sacralité et exalté le profanité.

C'est sans doute cette profanité généralisée qui est la caractéristique la plus profonde et la plus délétère de la modernité.

La modernisation est à la fois profanisation et profanation de tout.

 

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Le savoir est de l'ordre de l'érudition, de la possession, de l'avoir et de l'accumulation en piles.

La connaissance est de l'ordre de la construction, de l'édification, du devenir et de l'unification en cohérence.

 

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Le 27/06/2017

 

De mon Frère et filleul Jacques F. dans son discours de Grand Maître national en commémoration du trois centième anniversaire de la Franc-maçonnerie moderne :

 

"(…) la Maçonnerie est un des rares espaces de réelle liberté dans la vie d’aujourd’hui (…)"

 

La liberté spirituelle de penser, de croire, de méditer est largement menacée aujourd'hui par la pensée unique, le politiquement correct et le gauchisme culturel … Cette fin du paradigme moderne qui est là, tarde à s'effondrer et à rouvrir le champ des libertés communautaires contre le totalitarisme sournois et insidieux des Etats finissants.

Le secret des Loges maçonniques est le seul rempart contre ce totalitarisme étatique qui veut tout codifier, réglementer, régenter, normer, normaliser, procéduraliser, légiférer, …

Sous prétexte de "paternalisme" envers ses "enfants de la Patrie", l'Etat s'est imposer comme seule source de toutes les solutions, de toutes les solidarités, de tous les assistanats.  C'est cela le totalitarisme !

Hors l'Etat, point de Salut …

 

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Il faudrait que la Franc-maçonnerie régulière mondiale devienne rapidement le fer de lance de la respiritualisation de l'humanité au  21ème siècle.

 

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De mon complice Luc Brunet :

 

" Depuis quelques années, avec les progrès des neurosciences, de l’IRM et du calcul, les scientifiques poussent chaque jour un peu plus la psychologie et la psychanalyse dans la catégorie « pseudosciences » de Wikipedia, aux côtés de la graphologie et autres bêtises. Si tout n’est pas faux dans ces sciences humaines, des pans entiers s’effondrent : pas de cerveau droit ou gauche, pas de profil de personnalité fixe, pas de responsabilité des parents dans l’autisme, pas le moindre intérêt du brainstorming, pas de meilleures performances dans la collaboration. "

 

Enfin, voilà un scientifique (chimiste et empiriste) scrupuleux et prudent qui confirme ce que je dis depuis 30 ans à propos de cette immense imposture fumiste que l'on appelle la psy-quelque-chose.

Voilà un siècle que, depuis les délires débiles de Sigmund Freud, on échafaude "théories" sur "théories" qui ne reposent sur rien d'autre que sur les phantasmes hallucinés de leur créateur.

 

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Le /06/2017

 

Le piège des mots …

En inventant et en répandant, au travers des réseaux et des médias de la bien-pensance, du politiquement correct, du gauchisme culturel et de la pensée unique, le concept fallacieux d'islamophobie, les salafistes ont réussi un double coup.

D'une part, ils ont pu faire croire en l'idée fausse que la maison d'Islam était un bloc monolithique et jouissait d'une existence réelle alors qu'elle n'est qu'une mosaïque de communautés ennemies tant sur le plan religieux : sunnisme (salafisme, wahhabisme, malékisme, …), chiisme (duodécimanisme, zaydisme, ismaélisme, …), soufisme (diverses tarîqa), … ; que sur le plan ethnique : arabes, persans, maghrébins, égyptiens, pakistanais, afghans, … sans parler des peuples islamisés de force d'Afrique noire ou d'Asie du sud-est.

D'autre part, ils ont réussi, quelque part, à coaliser toutes ces factions ennemies dans l'idée fausse que l'occident, en particulier, et le monde entier, en général, haïssent l'Islam : pour faire exister ce qui n'existe presque pas et pour rassembler ce qui est disloqué, rien ne vaut un grand et laid ennemi commun (qui n'existe pas plus).

L'islamophobie n'existe pas ; ce qui existe c'est un refus et un rejet totaux, radicaux et irréductibles du totalitarisme salafiste et wahhabite.

Il serait en ce sens plus qu'essentiel et urgent que les communautés musulmanes non salafistes mènent, au grand jour, le même combat que les non musulmans lucides.

Tant qu'elles ne le feront pas, elles resteront suspectes d'obédience ou pire … de complicité.

Le frèrisme et le wahhabisme - ces deux faces du même salafisme - sont à l'Islam, ce que furent le nazisme et le communisme - ces deux faces du même socialisme - à l'Europe.

Leur processus,  leurs méthodes et leur finalité sont exactement les mêmes : révolutionarisme terroriste et totalitarisme mondial.

Face au salafisme, il faut que l'Europe cesse de se vautrer dans un "Munich" permanent et de reproduire la lâcheté aveugle et naïve d'un Daladier.

La salafisme n'a qu'un seul droit : mourir vite, dans le sang s'il le faut !

 

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Classiquement, les débats sur le "devoir" et sur la "liberté" se ramènent à savoir qui de l'Individu ou de la Communauté doit avoir le dessus sur l'autre ; qui doit être soumis à qui ? Liberté et autonomie, ou abnégation et sacrifice ?

Cela trace un spectre immense entre individualisme absolu et collectivisme absolu, sur lequel les idéologies s'étripent depuis des siècles : qui est au service de qui ?

Mais il y a une troisième pointe au triangle trialectique : l'œuvre !

C'est au service de l'œuvre globale (ni collective, ni personnelle) que tous les Individus et toutes les Communautés doivent se mettre à disposition.

Tout Individu comme toute Communauté ne sont que des moyens ; l'œuvre est la vocation, la mission, l'intention, la finalité, le destin des hommes.

Bien sûr, on va - et il faut - discuter à perte de vue sur ce que doivent être la nature et la définition de cette Œuvre  qui transcende et dépasse tous les Individus et toutes les Communautés.

On sait donc au moins, dès le départ, qu'elle n'est ni un Individu particulier, ni une Communauté particulière.

On sait aussi qu'il ne peut s'agir d'un "idéal" humain (Progrès, Egalité, Justice, Fraternité, Puissance, Gloire, Patrie, …) puisque tous les "idéaux" humains ne sont qu'humains sans dépasser ni les Individus, ni les Communautés - tout au contraire -, et qu'ils ne sont que des phantasmes que quelques-uns (Individus) tentent d'imposer à tous les autres (Communautés).

L'Œuvre ne peut pas être la création de ce qui n'existe pas (les "idéaux", les phantasmes), mais elle doit être l'accomplissement de ce qui existe, ici et maintenant. Et ce qui existe porte un nom : le Réel. Le Réel se manifeste selon trois modalités complémentaires : la Matière, la Vie et l'Esprit qui transcendent et dépassent toutes les matières, toutes les vies et tous les esprits.

Et que signifie "accomplir" ? Mener à son plus haut niveau de fécondité et de sagesse, de beauté et de sacralité !

 

La fécondité sans la sagesse, n'est que chance.

La sagesse sans la fécondité, n'est que simplisme.

La beauté sans la sacralité, n'est que joliesse.

La sacralité sans la beauté, n'est que dogme.

 

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Le 29/06/2017

 

Un compatriote est un pléonasme.

 

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La France, c'est l'Île-de-France.

 

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Il faut que la population mondiale revienne au niveau de 1925, soit 2 milliards en gros.

Nous avons moins de deux siècles pour y arriver. Si nous ne prenons pas ce problème en charge nous-mêmes (nous les humains), la Nature s'en chargera de façon aveugle et brutale (elle a déjà commencé : dérèglement climatique, pandémie, épizootie, famine, etc …).

Les masses ne connaissent qu'une seule logique : Panem et circenses. Je doute donc d'un sursaut de sagesse … comme je doute de l'action des politiques sur un champ aussi impopulaire …

Il ne reste que la stratégie "Noé" : préparer notre arche de survie et attendre que les cons s'entretuent, aidés par une Nature devenue hostile …

 

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Google, Apple et FaceBook fonctionne comme des sectes religieuses.

Assuétudes profondes, célébrations collectives, communions massives, lavages de cerveau, présences continuelles et connexions permanentes, mythes de l'avenir radieux et des lendemains qui chantent dans un nouveau monde avec un homme nouveau, messianismes technologiques, etc …

 

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Le 30/06/2017

 

Je reprends ce qui suit d'un de mes articles …

 

Le principe sociétal n'est pas le "vivre-ensemble", mais bien le "faire-ensemble".

On ne vit pas ensemble ; chacun ne vit qu'à l'intérieur de lui-même ; la vie est une expérience intime, non partageable (…). (…) chacun vit en soi et pour soi.

Cependant, l'interdépendance foncière qui relie bien des hommes entre eux au quotidien, (…) appelle un "faire-ensemble" (…) au service des nécessités et contraintes de la vie quotidienne (…).

 

Au-delà des idéologies, il est curieux de constater aujourd'hui, au travers de cette quête floue d'un "vivre-ensemble", une sorte de nostalgie d'un certain  tribalisme archaïque, d'une douce ferveur communautaire, comme d'un relent d'enfance perdue, niché dans la chaude chaleur d'un foyer uni …

La réalité est tout autre : on vit seul, mais on fait ensemble.

Il y a, en cette fin de modernité moribonde, comme une angoisse et un refus existentiels face à la grande solitude ontologique et face à la nécessité de s'assumer soi-même, de reprendre la responsabilité de soi, de se prendre, soi et son existence, en charge.

 

Il est symptomatique que, pour les idéologues du gauchisme culturel, la solitude, plutôt que d'être vue pour ce qu'elle est (une grande paix extérieure pour une plus grande sérénité intérieure), est confondue avec l'isolement qui est une privation de contacts avec ceux que l'on aime.

L'isolement peut être une souffrance ; la solitude, jamais ! Mais il est devenu politiquement incorrect de n'avoir nulle envie de frayer avec des humains et de vivre la "convivialité" comme une corvée horripilante.

 

Abraham Maslow avait placé, dans sa célèbre pyramide motivationnelle, les besoins d'appartenance et de reconnaissance (les "besoins sociaux", donc) entre ceux de sécurité et ceux d'accomplissement de soi.

Je pense que cette image de pyramide, de superposition  linéaire de couches successives, est fausse (elle "collait" peut-être bien à la mentalité américaine des années 1960, mais ne correspond plus aux réalités européennes d'aujourd'hui).

Je pense que l'image adéquate est celle d'un tronc commun initial visant à satisfaire les besoins "vitaux" (de survie immédiate et de sécurité dans la durée) surmonté de deux branches assez antagoniques dont l'une est celle des besoins "sociaux" et dont l'autre est celle des besoins "intérieurs".

Ces deux chemins de vie que sont l'extériorité sociale et l'intériorité personnelle, ne s'excluent pas vraiment, mais sont quasiment impossibles à suivre sérieusement en concomitance. Ce serait un peu comme exiger de soi d'être, en même temps et avec la même intensité, à la fois introverti et extraverti. Il y a forcément une des deux postures qui ne serait que de façade.

 

Cependant, cette extériorité sociale et cette intériorité personnelle, quelque antagoniques soient-elles, peuvent être transcendées à un niveau supérieur : celui de l'accomplissement de l'œuvre (de la Vie, de l'Esprit) au-delà de l'humain et des accomplissements extérieurs (appartenance et reconnaissances sociales) et intérieurs (accomplissement de soi).

Mais on quitte là le plan de l'homme de la rue pour rejoindre celui des mystiques, des initiés, des spirituels.

Là, les concepts d'individuation et d'intégration s'effondrent et ouvrent la porte vers tout autre chose : la communion intégrale avec le tout du Tout-Un.

 

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Dans son "Opium des intellectuels" (en 1955, déjà !), Raymond Aron faisait, à bon droit, le procès de trois mythes : la Gauche, la Révolution et le Prolétariat.

De ces trois mythes, aujourd'hui, ne survivent que les deux premiers et encore … La Révolution ne fait plus recette et n'a plus guère de fidèles idolâtres, hors quelques illuminés névropathes.

Le Prolétariat, évolution des structures de l'emploi oblige, n'existe plus guère ; la classe ouvrière a fondu comme neige aux soleils conjoints de la robotisation, de la désindustrialisation, de la technicisation et de la tertiairisation.

Mais le mythe n'est pas mort pour autant ; seul son intitulé a changé. Les prolétaires ont cédé leur place aux "opprimés", aux "marginaux", aux "minorités", aux "exclus", aux "faibles", aux "défavorisés", bref, aux "victimes", etc … On passe donc du mythe du Prolétariat au mythe du Victimat.

Quant au mythe de la Gauche lui-même, il a pris une raclée historique aux dernières élections françaises … mais la Gauche n'est malheureusement pas morte pour autant (ce qui n'est pas le cas du socialisme réduit à l'état de cadavre exsangue). Ce pitoyable pitre nommé Jean-Luc Mélenchon en fait ses choux gras avec sa "France insoumise" ("insoumise" à quoi ? on se le demande … en revanche, parfaitement soumise à une phraséologie et une idéologie incontestablement obsolètes qui nous ramènent aux pires moments de la fin du 19ème siècle).

Mais qu'est-ce que "la Gauche" ? Rien. Ou plutôt une immense poubelle à convictions où l'on trouve tout et son contraire, à condition que l'ennemi désigné soit le "riche".

En cela comme en beaucoup, la Gauche est une resucée du christianisme , mais on le sait bien depuis Nietzsche : une morale d'esclave, une morale du ressentiment. Si l'autre est riche et moi pas, cela signifie que cet autre est une crapule et qu'il faut lui couper la tête. Sommaire et simpliste, mais jadis efficace.

Mais la droite populaire et populiste, elle aussi, a les "riches" en exécration, au non du même christianisme décliné sur le mode bigot. Alors ? Qu'est-ce qui définit radicalement la Gauche ? Même Onfray, se prétendant indéfectiblement "de Gauche" n'est pas capable de répondre et fait appel à une "sensibilité" particulière, une solidarité atavique avec les plus faibles (sans, bien sûr définir le critère de "faiblesse" utilisé) …

Qu'est-ce qui définit la Gauche ? Rien !

La Gauche est une bouteille vide, étiquetée "Gauche", dans laquelle on a versé les pires piquettes et vinaigres. Tout le monde sait que le socialisme de Jaurès a généralisé une invention patronale au doux nom de "congé payé", mais tout le monde feint d'oublier que ce même socialisme de Jaurès a voté les plein pouvoir à Philippe Pétain pour collaborer avec Hitler, au nom du pacte germano-soviétique (la cordiale entente du socialisme nationaliste et antisémite avec le socialisme internationaliste et autant antisémite).

Comme toujours, le débat se réduit à deux questions : Etat ou pas Etat ? Si Etat, alors Etat pour les masses ou Etat pour les nantis ?

La Gauche, c'est l'idée : "Etat pour les masses". Du moins en théorie. En pratique, c'est Etat pour les caciques professionnels qui "représentent" les masses. Mais admettons …

Etat pour les masses, donc. Mais Etat pour quoi faire ? C'est la question qui fâche, à Gauche. Un Etat fort, certes, un Etat pour les masses, certes, mais un Etat qui fait quoi ? Spolier les "riches", vindiouss (égalité et justice sociale) ! Et qui est financé par qui ? Par les "riches", pardi (impôt et étatisation). N'y a-t-il pas là une contradiction flagrante et une impossibilité logique ? Non ? Ah bon …

Et la question qui tue : à partir de quelle fortune ou de quels revenus est-on "riche" ? Les fortunes comme les revenus adoptent, sur une population où joue la loi des grands nombres, cette distribution d'airain qu'est la gaussienne. Sur cette cloche continue, où commence la richesse honnie ? Si l'on y place un curseur, on sombre dans l'arbitraire : 50/50 ou 80/20 ou 99/1 ?

Mais si l'on n'en place pas alors chacun est, à la fois, plus ou moins riche ET plus ou moins pauvre … et le critère de richesse perd toute pertinence : la Gauche devient alors le nom de ma propre poche où ne se trouve pas mon propre porte-monnaie.

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L'étymologie de "religion" renvoie à "relier" avec deux dimensions, l'une verticale (mystique et spirituelle) qui relie mon intériorité (âme, esprit) avec ce qui est l'ultime tant au plus profond qu'au plus élevé ; et l'autre horizontale (cultuelle et rituélique) qui me relie aux autres croyants ou pratiquants d'une même communauté ou fraternité dans une tradition spirituelle spécifique.

La confusion de ces deux dimensions est une des grandes causes d'incompréhension entre les diverses traditions spirituelles authentiques.

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Shalom Madame Simone Veil !

Respect et admiration.

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[1] Le Dieu dont je parle ici est bien plus celui de la Kabbale, de Spinoza et d'Einstein, que celui de la théologie  et des théismes catholiques ou musulmans.