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"De l'Etre au Devenir"

Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy (écrit en ligne)

Le 01/01/2012

 

2012 … 2+0+1+2=5.

5 : symbole de la vérité qui dépasse le 4 de la matérialité (le matérialisme) antérieure … Année de vérité, donc …

5772 … 5+7+6+2=21à3

3 : symbole de mouvement qui dépasse la binarité (le dualisme) antérieure …

Année de transformation, donc …

Une année de vérité dans la transformation ; année de dépassement de tous les matérialismes et de tous les dualismes.

Deux mondes se séparent, l'un pour mourir, l'autre pour créer l'avenir.

L'heure de vérité a sonné : la Modernité se meurt, la Modernité est morte !

 

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Le 02/01/2012

 

On m'écrit, en guise de vœu de nouvel an :

 

"La feuille est blanche, il ne nous reste plus qu’à faire mentir les augures."

 

Et je réponds :

 

"Oui, la feuille est blanche, mais elle est devenue bien petite pour y réécrire tout un monde. Mais qu'importe, il est encore temps de s'y mettre."

 

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Ce que nous savons ou croyons savoir, est le plus grand obstacle à l'acquisition de ce que nous ne savons pas.

 

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De Henri Bergson :

 

"Partout où il y a de la joie, il y a de la création."

 

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Le 03/01/2012

 

Les sciences de la complexité, malgré le Nobel de mon maître Ilya Prigogine, ne sont guère prisées par l'establishment scientifique (surtout chez les anglo-saxons qui font la loi dans les systèmes de publication). Il est donc rare de voir ces matières enseignées dans les universités et grandes écoles. C'est une bataille de tous les jours pour mes collègues et moi. Mon ami Edgar Morin avec qui je co-animais, récemment un congrès en Tunisie, me confiait que même lui, malgré sa notoriété et ses succès sociologiques et méthodologiques incontestables, était le plus souvent regardé comme un pestiféré au sein du CNRS.

 

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De François Mauriac :

 

"Moins les gens ont d'idées à exprimer, plus ils parlent fort."

 

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Le 06/01/2012

 

De Jean Laherrère :

 

"La croissance est le Père Noël des économistes (et des politiciens) :

elle permet de reporter à demain les problèmes d'aujourd'hui."

 

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L'ère médiévale voulait "sauver les âmes". L'ère moderne voulait "fabriquer le bonheur". Deux immenses échecs ! On ne sauve pas les âmes de l'extérieur, même à grands coups d'Inquisition. On ne fabrique pas du bonheur à l'extérieur, même à grands renforts de surconsommation.

Le salut et le bonheur se construisent de l'intérieur.

 

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Le 07/01/2012

 

Retour à la métaphysique …

Quel en est le moteur ultime du Devenir : hasard ou dessein ou intention ? Quel en est le sens : causalité qui pousse ou finalité qui attire ou fécondité qui crée ? Quelle en est la tendance : déchéance entropique à la Carnot-Clausius ou apothéose néguentropique à la Teilhard de Chardin ou construction fractale indéterminée ?

Ainsi, la physique complexe ouvre une troisième voie au-delà du matérialisme causaliste et tragique, et de l'idéalisme finaliste et apothéotique : l'intentionnalisme autocréateur et jubilatoire …

 

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Nous sommes bien plus enfants des philosophes ioniens ou des prophètes bibliques que des bouffonneries pseudo-philosophiques d'un Voltaire …

 

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La Modernité qui s'achève, était toute construite, depuis la Renaissance italienne, autour de trois concepts centraux : libérer l'homme de toutes les contraintes, ériger l'idée de progrès au rang de religion universelle, et faire de la civilisation occidentale un socle définitif pour toute l'humanité.

 

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En voulant "libérer" l'homme du monde réel, de la Nature et de sa nature, l'homo s'est déraciné, il s'est arraché à l'humus d'où lui venait sa sève.

 

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La joie ne dépend nullement du "dehors". Elle est affaire d'état d'esprit, de volonté, d'attitude intérieure. On ne peut décréter la jouissance ni le bonheur. On peut/doit parfaitement décréter la joie de vivre. C'est une question de regard, de disponibilité aux immenses richesses du réel, mais que nous ne voyons plus, tant nous sommes aveuglés par nos artifices. Nous sommes tous devenus nos propres esclaves.

La joie, en un mot, est un état permanent et volontairement construit de communion parfaite avec le réel, tant dans l'espace qui nous nourrit que dans le temps qui nous construit.

 

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L'éveil, au sens spirituel, consiste simplement à laisser là les illusions et les fantasmes, et à apprendre à regarder et à voir réellement le réel tel qu'il est. Nous passons notre vie à fuir le réel qui est en nous et autour de nous, et à nous enfermer dans des imaginaires d'une pauvreté ahurissante , alors que le réel est plein.

 

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Chaque accomplissement individuel se construit en accomplissant ce qui le constitue et ce qui l'enveloppe. La volonté de s'accomplir est individuelle - et rare, manifestement - mais le mouvement d'accomplissement est cosmique.

 

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L'anarchisme philosophique est un refus obstiné de suivre et de guider.

L'anarchisme philosophique consiste à faire de la solitude un bonheur et un honneur.

 

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Le roman national français qu’écrivit le 19ème siècle, a réinventé des Clovis, Roland, Charlemagne, Jeanne d'Arc[1], etc … sans parler de la (pseudo)révolution de 1789 et de l'(anti)épopée napoléonienne, "afin de faire croire en l'incarnation d’une France en voie de se constituer, d’une France dont les racines gallo-romaines, les longs siècles chrétiens et le présent républicain n’étaient qu’un même fil se dévidant peu à peu". Ce roman est une pure fable, une pure fiction idéologique.

La France, ce n'est que l'île de France, que l'îlot des Francs, qui, au fil des siècles, a assujetti par la ruse ou l'argent, la guerre ou l'amour, des régions qui n'ont rien à voir avec cette image d'Epinal réinventée.

La Bourgogne, la Bretagne, l'Aquitaine, la Provence, la Savoie, la Lorraine, l'Alsace, le comté niçois, la Normandie, la Flandre, le pays basque, le Catalogne et tant d'autres, ne sont pas la France, ne participent pas de cette histoire récemment réinventée à la gloire de Paris et de l'Etat qui s'y est autoproclamé.

Les rois francs, mérovingiens, carolingiens, capétiens, valois, bourbons ont assujetti par la violence des régions où ils n'avaient - et où ils n'ont toujours pas - la moindre légitimité ; les historiographes de la troisième république ont maquillé ces vilénies en roman patriotique national et le zèle imbécile des hussards de la République, fonctionnaires (socialistes) de l'instruction publique, a fait le reste à grands coups de chasse terrible et cruelle à tous les régionalismes déclarés ignobles ; c'était pour mieux préparer la grande boucherie de 1914.

 

L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Grande -Bretagne - sans parler des Etats-Unis - sont logées à la même enseigne : ces Etats modernes sont des constructions totalement artificielles, le fait d'une lignée de "princes" dont les intrigues et les fourberies ont été peu à peu escamotées à grand coups de légendes fausses, d'épopées hollywoodiennes et de contes de fée lénifiants, afin d'être enfin "légitimées" par la "trahison des clercs" de l'historiographie servile.

 

Le concept "France" est une illusion purement artificielle autour de laquelle le 19ème siècle a réinventé une "Histoire" … Pour que la "révolution française" puisse exister, il fallut bien que la France existât et que Paris en fût le centre. CQFD.

 

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Le 08/01/2012

 

D'Antoine de Saint-Exupéry :

 

Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir,

mais de le rendre possible."

 

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Le 09/01/2012

 

La raison explore les rapports et relations entre les parties d'un tout ; si ces rapports et relations sont cohérents et structurés, on dira que ce tout est rationnel. La rationalité ne peut qu'être analytique, en conséquence. C'est en ce sens que Hegel put dire : "tout ce qui est réel est rationnel, tout ce qui est rationnel est réel".

Mais, en revanche, la raison ne peut rien dire sur ce tout qui transcende, à la fois, ses parties et leurs rapports et relations.

Le holisme dépasse la raison.

 

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De Pierre Dac :

 

"Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires !"

 

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Olivier Parks me rappelle cette belle citation de Steve Jobs :

 

"Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant

une existence qui n’est pas la vôtre.

Ne soyez pas prisonnier de la pensée d’autrui.

Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voie intérieure.

Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition.

L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir.

Le reste est secondaire."

 

Spinozisme et conatus

 

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Ma grande métanoïa personnelle : celle de ma compréhension que ce que je croyais être mon athéisme adolescent n'était en fait que de l'antithéisme (position de rejet d'un Dieu personnel extérieur à l'univers et créateur de celui-ci - position qui est toujours la mienne aujourd'hui) et que cet antithéisme invitait à un non-athéisme, précisément, c'est-à-dire à une spiritualité et à une mystique de la divinisation de la Nature, du Un, à un monisme naturaliste et hylozoïste, à un intentionnalisme immanentiste que l'on retrouve dans le kabbalisme, dans le taoïsme, dans le shivaïsme et chez les présocratiques surtout ioniens.

 

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Lu dans le Figaro d'aujourd'hui :

 

"Mais dans le contexte très inquiétant de la crise de l'euro, l'Europe est surtout présentée comme un anti-modèle économique, l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire.(…)

Tout à leur credo antieuropéen, les républicains semblent oublier que la crise financière a été déclenchée par la dérégulation sauvage de Wall Street et la crise immobilière américaine. Ils taisent allégrement le comportement irresponsable de leurs banques et de leurs citoyens en matière d'endettement, une amnésie qui exaspère les Européens et notamment les Allemands. Tout le monde est mis dans le même sac, Grèce, France, Allemagne et bien sûr Obama, dans le but évident de discréditer ce dernier. Il est pourtant intéressant de constater que le président n'est pas beaucoup plus amateur d'Europe que ses adversaires. Depuis le début de son mandat, il y a été largement indifférent."

 

Effectivement, les Américains (républicains comme démocrates) n'ont toujours pas compris qu'ils ne comprendront jamais parce qu'ils ne peuvent pas comprendre, parce qu'ils sont incapables ne serait-ce que d'imaginer qu'il puisse y avoir d'autres modèles que le leur. Que c'est le modèle américain qui est obsolète depuis des décennies. Que ce modèle n'a été qu'un mirage pour enfants riches et gâtés : une walt-disniaiserie. Que le prix à payer pour cette illusion a induit l'épuisement irréversible de 80% des ressources naturelles. Que l'autre prix à payer fut un nombre incalculable de guerres locales, de guérillas pourries, de despotes téléguidés et de régimes fantoches, tous financés par la CIA pour mettre le monde à l'heure et à la botte américaines. Que l'American dream n'a été, en effet, qu'un rêve, aussi éloigné que possible de la réalité naturelle, humaine, culturelle et économique du monde réel. Que l'American dream est devenu l'American nightmare mondial. Qu'il est LE problème central de l'avenir du monde. Que le modèle américain a voulu, à grands coups de dollars aussi vides que verts, contraindre le monde à entrer de force dans le moule étroit de ses "valeurs" puériles. Et que c'est raté !

 

Il est urgent de désaméricaniser radicalement l'économie, la finance, le management, la géopolitique, l'idéologie, les médias, la recherche scientifique, l'enseignement universitaire, etc … : le "modèle" américain ne fut qu'un mythe, une immense mystification sur fond de propagande hollywoodienne, une mise en scène surréaliste et infantile, financée par la planche à billets verts et remboursée par le travail du reste du monde.

 

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Le 10/01/2012

 

Celui qui souffre malgré qu'il fasse le "bien", voit le méchant qui jouit malgré qu'il fasse le "mal" : injustice ! Il n'y a là, contrairement à ce que Camus ou d'autres en ont écrit, aucune révolte profonde, transcendantale, absolue contre l'injustice face à une soi-disant "justice" érigée en absolu, allant de soi, principe naturel et intangible : il n'y a là qu'un effet de jalousie. On trouve injuste ce dont on est jaloux. Comme si le mal que fait le méchant pouvait avoir une quelconque corrélation avec le bien que fait le malheureux. Comme si la jouissance de l'un devait entrer en équation avec la souffrance de l'autre. L'idée de justice naît avec celle de partage.

Mais, d'un point de vue existentiel, il n'y a rien à partager : chacun fait son "bien" ou son "mal", et chacun construit ou subit sa jouissance et sa souffrance. Il n'y a nulle part de vases communicants entre un "toi" et un "moi". Pour user des concepts physiciens, la souffrance/jouissance et le bien/mal ne sont pas des grandeurs conservatives : la croissance de l'un n'implique nullement la décroissance de l'autre.

C'est en effet un curieux effet de simplisme et de myopie de croire que si les hommes font plus de bien et engendre plus de bonheur, le mal et la souffrance reculeront nécessairement. Rien n'est plus faux. Plus de bien ET plus de mal vont le plus souvent de pair.

Le mal n'est pas le contraire du bien. La jouissance n'est pas le contraire de la souffrance. On peut parfaitement - et c'est si souvent le cas - jouir et souffrir en même temps.

 

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La croyance en la réincarnation (que, personnellement, je ne partage pas mais qui fournit un bon outil symbolique, philosophique et méthodologique) pose ces trois questions cruciales …

Quelle est cette âme non personnelle, plus profonde, plus large, plus essentielle que moi, qui s'incarne en moi et que je manifeste ?

Quelle est cette âme et pour quoi passe-t-elle par moi ?

Quelle est cette âme et comment accomplir ma vie en la servant ?

 

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L'animal humain, au contraire des animaux non humains, n'accepte pas naturellement la perspective de sa propre finitude, de sa propre mortalité, de sa propre mort. Curieusement, il ne parvient pas à comprendre que, si son existence est précieuse, c'est précisément parce qu'elle est rare, c'est-à-dire limitée dans l'espace et le temps.

 

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Ou bien l'homme individuel se diminue et se met au service de ce qui le dépasse éminemment (son âme, en somme) et, dès lors, sa vie se libère des illusions de l'ego et prend sens et valeur.

Ou bien l'homme individuel se gonfle, fait de son ego le nombril du monde, fait de l'humanisme - au mieux -, de l'hédonisme égoïste - au pis -,  le cœur de sa doctrine existentielle et, dès lors, sa vie se passe à côté du réel, dans l'illusion narcissique, et ne prend ni sens ni valeur.

 

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Dans ces Parerga und Paralipomena, Arthur Schopenhauer pose le distinguo désormais classique entre le professeur de philosophie qui vit de la philosophie, et le philosophe qui vit sa philosophie.

Que Dieu - c'est-à-dire la Vie - me préserve à jamais des professeurs de philosophie ...

Que Dieu - c'est encore la Vie - me préserve à jamais de devenir un professeur de philosophie ...

On pourrait dire exactement la même chose du physicien et du professeur de physique, de l'artiste et du critique d'art, du musicien et du maître de contrepoint, du mystique (qui vit Dieu) et du théologien (qui parle de Dieu), etc …

C'est Dionysos face à Apollon !

 

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A ma connaissance, le premier professeur de philosophie fut Emmanuel Kant. Et Kant, de fait, ne vécut jamais en philosophe, mais en professeur, réglé comme un papier à musique. Il fut aussi le premier, avant Hegel que le valut bien, c'est peu dire, à sombrer dans la construction verbale confuse et filandreuse, l'obscurité conceptuelle, l'apologie des néologismes inutiles,  … bref : il fut aussi le premier à devenir illisible, inaugurant ainsi les tristes et ennuyeuses filiations du galimatias philosophique dont le 20ème siècle, notamment français, usa et abusa avec des Sartre, des Althusser, des Levinas, des Lacan, des Derrida, des Laborde, des Deleuze, des Badiou[2] et tous les autres du même acabit.

Heureusement, il y eut Camus, Foucault, Hadot et Conche, il y eut Heidegger.

 

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De Léon Chestov[3], dans : "Descartes et Spinoza" :

 

"(…) s’il n’y avait pas de lois, il n’y aurait pas de crimes."

 

… et encore, dans : "Qu'est-ce que le Bolchévisme ?" (1920) :

 

"Et, si bizarre que cela paraisse au premier abord, ce sont ces hommes-là, les hommes de l’au-jour-le-jour, entièrement absorbés par leurs petits intérêts, qui créent l’histoire. C’est entre leurs mains que se trouve l’avenir de la Russie, l’avenir de l’humanité, l’avenir du monde."

 

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Au fond, Hegel a été  le premier à oser et à vouloir penser une philosophie processuelle au-delà de toutes les philosophies conceptuelles ou objectuelles. Héraclite avait déjà tenté l'aventure. Whitehead fera un autre essai, bien plus tard. L'obscurité de leurs écrits à tous révèlent la difficulté de l'entreprise.

Comment penser le monde avec des mots qui tous désignent des objets (donc des éclats apparents et morts d'une dynamique sous-jacente), lorsque cette pensée et ce monde sont tous deux des processus se réalisant en amont de tous les objets (les concepts de la pensée et les choses du monde) ?

 

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Être de gauche est une insulte à l'intelligence puisqu'être de gauche, c'est nier la réalité et lui préférer le fantasme.

 

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La tabula rasa est un mythe, le doute méthodique est une escroquerie : tout ce qui se construit, se construit, toujours et d'abord, dans un contexte et avec des matériaux qui sont antérieurs.

Hegel a raison contre Descartes.

Logique de processus dans l'histoire et le réel, contre logique de système dans l'absolu et l'imaginaire.

 

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Psychologue : comment se faire croire que l'on existe intellectuellement quand on est incompétent en tout et que l'on ne connait rien sur rien.

 

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De Pindare :

 

"Ô mon âme, n'aspire pas à la vie immortelle,

mais épuise le champ du possible."

 

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D'après Michel Onfray, Camus "définit l'étranger comme l'individu dépourvu d'illusions condamné à composer avec un réel qu'il ne sert à rien de nier"  (cfr. "L'ordre libertaire" - p.85).

Le chez-soi habituel humain ne serait donc que l'illusion du rêve, le fantasme de l'idéal, le refus du réel … L'homme normal ne serait donc qu'un animal schizophrène … enfermé dans un autisme ontique face à la Nature, à l'univers, au cosmos réels qu'il récuse au profit de ses chimères !

L'étranger, le barbare, le surhumain inhumain serait alors celui qui, avec Nietzsche, dirait "oui" au réel, à tout le réel, rien qu'au réel.

 

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D'Albert Camus :

 

"On ne naît pas fort, faible ou volontaire.

On devient fort, on devient lucide."

 

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Le 11/01/2012

 

Le psychologisme est, à notre époque, ce que la magie, l'astrologie, la sorcellerie ou l'alchimie furent au moyen-âge : une "science" occulte.

Les psys forment une secte avec ses gourous (Freud, Jung, Adler, Klein), ses tribus rivales (behavioristes, transpersonnalistes, systémiques), ses rites (divan, fauteuil, cabinet) et incantations (racontez-moi votre enfance, vos rêves, vos désirs), ses grimoires (fabrication de neuroleptiques et autres psychotropes) et ses mots magiques (inconscient, fantasme, complexe), ses logorrhées surréalistes (Lacan) … et ses troupeaux de dévots dûment endoctrinés où beaucoup cultivent le rêve secret d'un jour pouvoir se présenter comme coach ou comme thérapeute.

 

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L'esprit est la conscience pensante.

Il est une propriété émergente des organismes les plus complexes de la biosphère. Mais l'esprit n'existe et ne fonctionne qu'au service de la Vie sous-jacente qui le suscite et le nourrit ; il n' a aucun autre but que d'améliorer les chances de survie - de bonne vie - du phylum dont il émane.

Sa fonction première est d'être capable de mobiliser la mémoire à laquelle il a accès, afin d'en tirer, par rationalité  analytique ou intuitivité holistique, des projections et anticipations quant aux évolutions possibles, probables ou souhaitables, ainsi qu'aux dangers et opportunités qui pourraient s'y présenter.

L'attribut premier de l'esprit est sa perception de la durée : la conscience pensante dépasse l'instant et se place dans une perspective, dans une marche en-avant, dans une logique en déroulement, dans un processus, dans une dynamique cohérente. L'intelligence, au sein de la conscience pensante, est précisément la capacité à repérer, à formuler et à exploiter cette cohérence logique des événements et d'y fonder des choix comportementaux.

En revanche, les cultures humaines les plus archaïques et les plus primitives, ont une perception extrêmement pauvre du temps (les animaux les plus évolués n'en ont pas du tout, semble-t-il). Souvent, entre éternité et instant, on n'y trouve rien : il y a ce qu'il y a maintenant, et il y a ce qu'il y a toujours.

 

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Toute pensée est une histoire au sein de l'histoire de la pensée.

 

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Le psychologisme repose sur deux erreurs majeures.

La première est de croire que le mental constitue un objet en soi et de ne pas comprendre qu'il n'est qu'un des nombreux processus vitaux au service de la Vie et de sa survie.

La seconde est de croire qu'il puisse y avoir une thérapie en soi du mental (cette seconde erreur est une conséquence de la première) et de ne pas comprendre que ce n'est pas le mental qu'il faut manipuler, que ce n'est pas le mental qui est "malade", que c'est la vie qui est malade, c'est-à-dire qu'elle s'est mise, par tare, par erreur ou par hasard, en situation de non survie.

Le mental, lui, n'est qu'un produit qu'engendre la vie pour survivre selon sa logique propre : si cette vie est tordue, le mental qu'elle produira sera tordu.

En prenant le mental comme objet et comme cible, le psychologisme fournit la même preuve d'ignorance que ces chamanes qui font la danse de la pluie pour conjurer la sècheresse : il prennent la pluie pour objet et pour cible alors que la pluie n'est qu'un épiphénomène. qui n'est que la conséquence de processus physiques beaucoup plus subtils, profonds et fondamentaux.

 

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La connectitude est un néologisme que je propose pour caractériser "l'assuétude à la connexion généralisée" qui semble un syndrome basal de notre époque où quiconque vit - si l'on peut appeler cela "vivre" - connecté aux autres en permanence au moyen de ces prothèses connectiques aux doux noms de i.phone, i.pod, i.pad ou tant d'autres …

La connectitude est la négation même, l'antithèse même de l'autonomie, de la libre disposition de soi-même et de son temps.

La connectitude est la nouvelle forme du conformisme social, du collectivisme communicationnel, de l'hétéronomie rampante, bref : de l'anti-individualisme radical car "tu n'existes que connecté" est le grand crédo actuel des éternels ados de tous âges, en guerre avec leur vide intérieur.

La connectitude implique la disponibilité totale et permanente, l'impérieux devoir de zapping immédiat dès que la sonnerie se fait entendre … et tant pis pour le repas, le dialogue, la réunion ou le travail en cours. Le "lointain" a toujours priorité sur le prochain, le nouveau sur l'en-cours.

 

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Acquiescence … : fait d'acquiescer, de dire "oui". Le "grand oui" de Nietzsche qui débouche sur l'Amor fati, est l'acquiescence radicale !

 

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Le 13/01/2012

 

En économie, le mythe de la taille et de la croissance est un fantasme de dinosaures. Nous vivons la fin du jurassique : les dinosaures sont déjà condamnés à disparaître et le règne des petits lémuriens agiles et graciles va bientôt commencer.

 

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L'évolution économique, demain, reposera, en même temps, sur la décroissance quantitative des volumes et sur le développement qualitatif des valeurs d'usage.

 

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La doctrine absurde de la croissance est le fait des marchands d'endettement.

 

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L'économie a engendré deux monstres qui l'ont dévoyée : ces deux cancers sont la finance et la publicité. Elles consistent à vendre, respectivement, de l'endettement et de l'illusion, à vendre du virtuel, à vendre de la promesse avec rien derrière. La finance et la publicité sont des escroqueries ; les financiers et les publicitaires sont des criminels qu'il faut empêcher de nuire à tout prix.

 

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La romanité a enfanté la christianité, comme celle-ci enfanta la féodalité qui enfanta la modernité qui est en train d'enfanter la noéticité. Il s'agit d'enfantements successifs. et non de révolutions.

La christianité a mis un gros siècle à naître, mais elle était déjà là. L'invasion des barbares goths n'en a été que le révélateur ; ni la cause, ni le moteur.

Il en fut de même pour les autres enfantements qui étaient déjà en gestation depuis un bon siècle avant que leur révélateur n'apparaissent.

La gestation de la féodalité a commencé avec le putsch des carolingiens contre les mérovingiens ; celle de la modernité avec la naissance de l'université ; celle de la noéticité avec l'invention du téléphone.

 

 

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De Goethe :

 

"Je marche pour savoir où je vais !"

 

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Le 15/01/2012

 

La Kabbale décrit la "descente" du monde à partir du Divin, alors que l'initiation décrit la "montée" du monde vers le Divin. Les énergies divines descendent l'arbre séphirotique alors que les énergies spirituelles humaines le montent. Elles passent donc par les mêmes étapes, mais en sens inverse !

 

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"Dans un commencement, Il engendra des dieux avec le ciel et avec la terre.

Et la terre devenait tohu (abîme) et bohu (consternation) ;

Et une ténèbre (absence de Feu) [était] sur les faces d'un abîme (absence de Terre)

Et un souffle (Air) des dieux [était] palpitations sur les faces d'une eau (Eau). Et Il dira : "dieux, il adviendra une lumière (Feu)" et une lumière adviendra."

 

Puis l'Eau engendre l'Air (Gen.:1;6).

Puis l'Eau engendre la Terre (Gen.:1;9).

Puis l'Air engendre le Feu (Gen.:1;14).

Puis l'Eau engendre la Vie (1;20).

 

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De Georges Bernanos :

 

"On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne

si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle

contre toute espèce de vie intérieure."

 

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Le 18/01/2012

 

La passion pour le football, le rugby ou n'importe quel sport, est un symptôme lourd de profonde débilité mentale.

 

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La génération dite Y abhorre le "jugement" : ne pas juger !

En théorie, cela signifie qu'il n'y a pas d'avis à avoir sur le comportement et la vie des autres : tous les comportements se valent donc. Il n'y a pas d'échelle des valeurs. Voilà une forme particulière d'égalitarisme, donc. Et d'amoralisme, aussi. L'expérience, le vécu, l'analyse, le travail, l'étude ou la connaissance ne comptent pour rien : chacun a le droit de vivre sa vie comme il l'entend (ce qui est vrai) et il n'existe aucun critère d'excellence existentielle (ce qui est faux). Tout se vaut car rien ne vaut. Cette allergie au jugement, cette haine du jugement relève du nihilisme, de la philosophie du "dernier homme" selon Nietzsche.

En pratique, cette prétendue aversion de tout jugement va à sens unique : en aucun cas on ne peut "les" juger, mais eux sont de fieffés donneurs de leçon et s'octroie le droit imprescriptible de juger négativement, voire méchamment, ceux qui les jaugent et décryptent leur inconsistance, leur vide, leur superficialité, leur conformisme ou leur médiocrité. Au fond, leur détestation du jugement n'est que le reflet de leur incapacité à oser se regarder en face et à se voir comme ils sont.

 

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L'économisme (la "science" économique, si l'on préfère) est un pur produit de la Modernité ; elle reflète, en somme, le fond de son idéologie faite de scientificité feinte, de quantification et de pseudo-mathématisation, de rationalité forcée, d'objectivation et d'objectivité illusoire, d'idéalisation du réel. L'économisme est né au 17ème siècle avec les physiocrates et les mercantilistes qui sont, au discours sociétal, ce que Descartes est à la philosophie et Newton, à la physique : des mécanicistes.

 

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L'économisme, en tant que discipline de la "scientification" de l'idéologie dominante, est né avec la Modernité et mourra avec elle.

 

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Economisme et socialisme sont les deux faces de la même médaille : celle de la Modernité ! Religions du "progrès", tous deux : celui d'une certaine "prospérité" pour le premier et celui d'une certaine "égalité" pour le second.

 

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L'hypothèse économiste de l'individu purement préoccupé de maximiser son intérêt personnel est fausse, ne serait-ce que parce que la paresse triomphe souvent de cette pseudo rationalité de la maximisation. En l'homme, la paresse est souvent plus puissante que la rationalité. la flemme est plus forte que l'appât du gain. L'ambition modélisatrice de l'économisme est ainsi réduite à néant.

 

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Agences de cotation[4] : ras-le-bol !

Avec un peu de recul, la situation est la suivante : le modèle financiaro-économiste américain qui fut dominant depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est, comme un cancer généralisé, en phase terminale. Il sombre, et la finance anglo-saxonne et le dollar avec lui. Or, dans sa logique propre, ce modèle a secrété les agences de cotation. Celles-ci donnent un avis destiné au troupeau des spéculateurs crédules sur la qualité supposée des acteurs économiques. Pour ce faire, elles ont construit une grille d'analyse financière simpliste et artificielle dont les paramètres, critères et normes sont le pur produit d'une vision du monde qui est précisément celle du modèle financiaro-économiste américain. On comprend que le serpent se mord la queue. On comprend aussi que les acteurs économiques qui s'inscrivent déjà dans le nouveau modèle et dans la nouvelle logique économiques - ceux donc qui prendront, qui prennent déjà, le relais, après la déconfiture imminente des USA - sortent totalement de la grille d'évaluation des agences de cotation qui ne comprennent rien aux nouvelles définitions de la richesse, de la valeur et de la prospérité.

Les agences de cotation appartiennent à la logique périmée et obsolète de la Modernité ; elles en furent d'ailleurs la caricature puérile !

 

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L a vulgarité est bruyante, toujours.

Le bruit est vulgaire, toujours.

 

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Au fronton d'une villa italienne :

 

"In magnificentia naturae, resurgit spiritus.[5]"

 

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Il est piquant de voir, souvent, que pour l'homme de gauche, être de droite consiste à donner la préséance à l'individu sur la société, à mettre celle-ci au service de celui-là, alors que lui-même - l'homme de gauche - se prévaut de cette bévue de mettre la Vie au service de la société, de subordonner le vital au social.

Le libertarisme individualiste et l'écologisme vitaliste sont, en somme, des anarchismes de droite qui condamnent et conspuent tous deux le socialisme, l'un au nom de l'Esprit et l'autre au nom de la Vie.

 

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Seul, le réel est : il n'y a que cette certitude et il faut en profiter pleinement.

 

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Le socialisme sacralise cette illusion désincarnée qu'on appelle "société humaine".

La société, cela n'existe pas ; il n'existe que des mosaïques de communautés de proches.

 

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Le 23/01/2012

 

Etudier l'économie, ce n'est pas faire de la science, mais c'est faire de l'idéologie.

 

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Les distinctions entre économie, psychologie, histoire, sociologie, politique, droit, morale, etc … sont purement artificielles. Ces diverses disciplines, dont aucune n'est scientifique au sens de l'épistémologie, n'offrent que des éclairages particuliers, partiels et partiaux, sur le fait humain. Il ne s'agit, en somme, que d'éthologie humaine - une autre nom pour l'anthropologie. Il n'y a pas de "science humaine" … ni de "sciences humaines". Cette fragmentation académique de l'éthologie humaine vient d'un découpage  arbitraire de "catégories" artificielles dans le tissu infini des modalités interactives et relationnelles, totalement intriquées, des êtres humains avec eux-mêmes, avec les autres, avec la nature, avec les croyances, avec les idées, avec les sentiments et sensations, etc …

L'humain n'est pas saucissonnable : ses divers rôles, affects, croyances, réflexes, envies, peurs, talents, connaissances, sont inextricablement liés les uns aux autres. Rien n'y est isolable. Lorsque les économistes prétendent que dans ses comportements économiques[6], l'homme est un acteur rationnel visant à maximiser son intérêt personnel, tout le monde sait bien que rien n'est plus faux. Si l'économie vise la modélisation des comportements rationnels humains en vue de maximiser le profit tiré de chaque interaction, l'économie est simplement vide ; c'est simplement infantile !

Toutes ces disciplines cognitives et intellectuelles ne pourront prétendre à un quelconque sérieux - et ne pourront devenir pragmatiquement et concrètement efficaces - qu'en abandonnant les mythes de la rationalité, de la réductivité, de l'objectivité, de la scientificité, de la mécanicité, de la cartésianité, etc … L'étude de l'homme par l'homme ne peut qu'être holistique et subjective.

 

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La science - au sens de l'épistémologie idéaliste - n'existe pas : il n'existe que des idéologies c'est-à-dire des mythologies plus ou moins rationnalisées et formalisées.

Même au niveau le plus éloigné de l'homme et de ses fantasmes, celui de la physique théorique pure, la métaphysique rattrape toujours les physiciens et alimente leur discours.

 

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Le 25/01/2012

 

Freud a fait de ses phantasmes personnels des dogmes principiels. C'est flagrant. Mais cela est tout autant flagrant pour tous les autres théoriciens et "penseurs" de la psychologie, même pour Jung pourtant bien loin de la mythologie freudienne.

 

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Le socialisme est un cancer sociétal, une tumeur maligne qui ronge les tissus sains et qui y prolifère, en parasite, jusqu'à tuer l'organisme qui le porte.

 

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Lorsque Hegel écrit : "La Raison se révèle dans l'Histoire", il dit que le Logos - c'est-à-dire le Divin ou l'Intention immanente primordiale - fonde et nourrit sa propre manifestation, il dit que l'Histoire - qui est le réel manifesté - exprime ce Logos comme les vagues de la surface marine, révèle les courants, reliefs et flux immenses des profondeurs océaniques.

 

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L'Europe, héritière de la romanité et de la christianité, a tourné le dos, durant plus de deux millénaires aux deux piliers de l'esprit grec, surtout présocratique : la Nature et la Beauté. L'heure a sonné d'y revenir d'urgence !

 

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Le syndicalisme meurt, sous nos yeux, de la même mort que ses ennemis jurés. Il y a beaucoup de morts réjouissantes de nos jours.

 

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Le 20ème siècle fut celui des révolutions technologiques (nucléaire, numérique, nanotique) ; le 21ème siècle sera celui des révolutions méthodologiques (holisme, anagogie, intuitivité, etc …).

 

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Être de gauche, c'est croire que les cons sont capables de penser.

Être politicien de gauche, c'est savoir que les gens de gauche sont des cons.

 

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Le 26/01/2012

 

L'homme assassine sa Terre dont la mort le tuera.

 

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La civilisation urbaine et moderne me donne la nausée.

 

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L'ataraxie est la sublimation de la paresse.

 

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Comme pour le personnage de Meursault chez Camus, tout ce qui est humain m'est étranger.

 

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Vous qui vous dites "croyant", mais qu'est-ce que vous connaissez donc de Dieu ? Qu'est-ce que vous croyez, mécréants idolâtres ? Tous vos livres, symboles ou rites sont des simagrées. Tous vos dogmes et vos morales sont dérisoires.

Dieu n'est ni une Personne, ni une Idée, ni un Autre.

Dieu est tout ce qui advient, ici et maintenant, partout et toujours.

 

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Avec Kant et ses successeurs, la philosophie des Sages (d'Héraclite à Montaigne, à Pascal, à Spinoza, à Nietzsche ou à Teilhard de Chardin) est devenue une philosophie de professeurs. Ce glissement d'une philosophie méditerranéenne vers une philosophie germanique est un dérapage funeste.

La question n'y est plus : comment vivre mieux ? mais bien plutôt : que signifie "penser" ? Pourtant, cette seconde question est soit une aporie (un système ne peut jamais dire quoi que ce soit de lui-même), soit un truisme (penser, c'est construire une vie meilleure, ce qui renvoie à la première question).

Au fond, c'est le concept moderne de "vérité" (au sens logique et absolu d'un Descartes, d'un Leibniz, d'un Kant) qui est à l'origine de ce funeste dérapage. La seule finalité de toute philosophie authentique est la joie et la sérénité ; la "vérité" n'en est que l'expression transitoire. Est vrai ce qui apporte durablement de la joie et de la sérénité. Le reste est bavardage stérile.

 

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En se gavant d'idéal, l'homme devient étranger au réel.

 

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Camus termine son "Mythe de Sisyphe" par le célèbre : "Il faut imaginer Sisyphe heureux". Mais il n'y a rien à imaginer. La joie de Sisyphe n'est pas dans le sens extérieur donné à son activité, mais au sens intérieur que lui-même en donne. Il ne s'agit pas de savoir si monter éternellement une pierre qui redescendra de l'autre côté est absurde ou non. Il s'agit de comprendre que le sens - et la joie -  vient de la perfection, éternellement inaccessible, avec laquelle Sisyphe roule sa pierre sur les flancs de sa colline.

Le sens de la vie et la joie de la vie viennent exclusivement de l'effort que l'on met à la vivre le plus parfaitement, le plus pleinement, le plus intensément, le plus joyeusement, le plus sereinement possible, dans chaque ici-et-maintenant.

 

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Que dirait donc Etienne de La Boétie, l'ami de cœur de Michel-Eyquem de Montaigne et l'auteur de "Discours sur la servitude volontaire", de l'état généralisé - ou presque - de sujétion abrutie et servile de nos contemporains aux esclavages de l'argent et de la consommation ? Rien de plus, sans doute, que ce qu'il écrivit il y a 500 ans, … mais avec combien d'effarement en plus au vu de l'ampleur abyssale du phénomène ?

 

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Être libertaire, c'est être autonome, c'est-à-dire ne reconnaître aucune autre loi que la sienne propre, même si celle-ci est plus exigeante, plus dure, plus contraignante que la loi des autres, des légistes, des morales admises.

 

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D'Albert Camus :

 

"Ceux qui ont une grandeur en eux ne font pas de politique."

 

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L'ignorance parle des apparences, la métaphysique parle du réel et la physique tente de construire le pont entre ces deux berges de la vie.

 

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Depuis longtemps, les seules discussions vraiment intéressantes, je ne les ai eues qu'avec moi-même.

Envers les autres, lorsque je ne me tais pas, j'enseigne[7] - ou, parfois mais rarement, j'écoute en silence -, mais je ne discute jamais. Leur "vérité" ne m'intéresse pas du tout, seul mon cheminement à moi pour moi compte (et je n'écoute vraiment ou ne lis vraiment que ce qui me nourrit vraiment). Je n'ai nul besoin d'avoir raison, de convaincre ou d'argumenter. Je me fiche au moins autant de ce que pensent les autres que de ce que les autres pensent de moi.

 

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"Ni dieux, ni mètres" pourrait devenir une jolie devise pour le monde qui vient. "Ni dieux …" : renoncement radical à toutes les idoles, à tous les idéaux, à tous les idéalismes (ces trois mots ont même étymologie).

"Ni mètres …" : rejet radical de tous les chiffres, de toutes les mesures, de toutes les quantifications et de la tyrannie de la quantité.

 

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Contre l'augustinisme, le calvinisme et le jansénisme, le jésuitisme proclame la capacité qu'aurait l'homme - du moins l'élite humaine - de contribuer rationnellement à son propre Salut : la raison personnelle serait une voie salvifique. On comprend que cet individualisme un peu libertaire ne convînt guère aux totalitarismes politiques et théologiques … 

 

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Le Réel est bienveillant envers ceux qui l'aiment tel qu'il est.

Il est favorable à ceux qui œuvrent sincèrement pour lui en contribuant à son accomplissement.

 

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Le 27/01/2012

 

L'évidence est là : le "progrès" matériel a entrainé un regrès spirituel. Plus de consommation et moins de sublimation. Plus de puissances et moins de noblesse. Plus de technologies et moins de sagesse. Plus de longévités et moins de joie. Plus d'ânes et moins d'âme.

 

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La Kabbale ne fait que chercher à atteindre le Divin au travers du texte hébreu de la Torah.

 

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La physique vise la compréhension, dans son langage propre mathématique et à travers sa méthodologie empirico-inductive, des fondements de ce cosmos qui manifeste l'ordre du Réel.

 

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A force de vouloir sortir une pensée de sa finalité et de vouloir la faire servir d'autres desseins que les siens propres, on en vient à lui faire dire tout et n'importe quoi.

 

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Une pensée n'a de sens que dans son langage à elle : la Torah en hébreu, les Upanishad en sanskrit, le Tao-Té-King en mandarin, les Evangiles ou les présocratiques en grec, la Physique en mathématique, Bach en partition, etc …

L'italien dit très bien : "traduttore, traditore".

 

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Ce qui donne sens à l'effort et grandeur à l'ouvrage, c'est bien moins la qualité de l'œuvre que la perfection du geste.

 

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Il m'est totalement impossible, aujourd'hui, de renoncer à la flèche du temps et de penser un quelconque "âge d'or" primordial, une quelconque "parole perdue". A ce titre (Gen.:3;23-24), "Adam fut chassé du jardin d'Eden" offre deux lectures.

L'une, chrétienne et fausse, voudrait qu'Eden fût cet âge d'or que la fin des temps restaurera après parousie.

L'autre marque le passage - indispensable au vu de la mission spirituelle de l'homme - de l'état d'inconscience béate et stupide, à l'état de conscience naissante et tragique ("Ils connurent qu'ils étaient nus" - Gen.:3;7). Car la prise de conscience initiale (celle de la finitude, celle de la souffrance et de la mort, celle du beau et du faux) est tragique ; la joie et la sérénité naissent dans la sublimation de ce tragique originel (qui n'est pas un "péché" fatidique et éternel, mais une ignorance à vaincre) ; elles exigent l'approfondissement de cette conscience, le dépassement du "je" en quête du "Il" ou du "ça".

 

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Le plérome, chez les gnostiques, pointe "la plénitude divine dont les êtres spirituels sont l'émanation" (TLF).

Il est le brahman indien et le tao chinois, en somme.

 

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Au fond, tout le discours politique se place entre les deux pôles du libéralisme et du totalitarisme c'est-à-dire au centre de la dialectique entre l'homme (c'est-à-dire l'individu libre, autonome et responsable de lui) et l'idéologie (c'est-à-dire l'idéalisme sociétal).

Le nazisme, le fascisme, le communisme, le socialisme, le catholicisme et toutes les formes de césarisme et d'étatisme sont ennemis jurés de la pensée libérale ou libertaire. C'est là le nœud de leur alliance éternelle.

 

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Le peuple est toujours ami du tyran, pourvu que ce tyran change régulièrement son nom.

 

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Tout domaine d'étude se définit par son domaine (sa dimension métrique), son langage (sa dimension eidétique) et sa méthodologie (sa dimension dynamique).

 

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Le 28/01/2012

 

Chaque fois qu'un illuminé[8] se prend pour le messie ou pour son porte-parole, il s'en prend aux Juifs. Normal : comment parler légitimement d'un Dieu qui est celui des Juifs sans devoir et vouloir discréditer ceux-ci pour prendre leur place dans le schéma de l'élection - qui est un schéma d'abord chrétien, puis musulman, que le Judaïsme ne revendique jamais - l'idée d'un "peuple élu", au sens qu'on lui donne habituellement, est une notion artificielle et antisémite.

 

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En politique, il n'y a que deux postures possibles : la posture totalitaire et la posture libertaire[9].

 

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La démocratie est un totalitarisme hypocrite, insidieux, rampant : celui des plus nombreux et des plus cons, et donc celui de ceux qui les manipulent.

 

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La notion de service public est un mythe délétère particulièrement virulent en France.

Elle proclame que des pans entiers de l'activité sociétale doivent impérativement être soumis à la tyrannie de l'Etat, au prétexte de "justice sociale" et d'égalitarisme rampant.

Le principe est louable : le droit de chacun, même parmi les plus démunis, d'avoir accès à des ressources de base, vitales et essentielles. Nouvel avatar de la vieille charité chrétienne. Mais l'idée a été complètement pervertie au but unique de renforcer les pouvoirs de la machination étatique.

Ainsi, plutôt que de créer des écoles gratuites destinées aux seuls vrais pauvres, impose-t-on la pauvreté des écoles à tous.

Ainsi, plutôt que d'offrir des billets gratuits de train aux seuls miséreux qui en auraient réellement besoin pour des raisons sérieuses (et non pour aller en vacances), offre-t-on à tous des réductions de prix absurdes qui mettent les chemins de fer systématiquement en banqueroute et qui obligent tous les contribuables - qu'ils voyagent ou non - à payer leurs déficits abyssaux.

Ainsi, plutôt que d'offrir des soins gratuits aux seuls corps en détresse économique, permet-on à tous d'abuser des urgences et des actes médicaux, ou de s'empiffrer de drogues médicamenteuses, le tout aux frais du contribuable.

L'assistanat doit devenir rare, exceptionnel, temporaire et seulement lorsqu'il est impossible de faire autrement. Le service public doit devenir totalement périphérique et marginal. Cela signifie que 95% de la population doit payer tout ce qu'elle consomme au prix plein et fort.

Voilà la voie de la sagesse et de la frugalité !

 

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Eduquer des enfants, ce n'est pas les rendre heureux, mais bien les rendre adultes.

Mais les parents d'aujourd'hui ont tellement besoin d'être aimés qu'ils en deviennent incapables d'assumer leur vraie mission. Et leurs enfants le savent et, sataniquement, les manipulent à tire larigot. Ces parents-là fabriquent donc des adulescents médiocres, à leur image, qui jouent à la vie, qui refusent le "jugement", qui sont allergiques à la responsabilité et à la décision, qui sont obsédés du paraître et du plaire.

 

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Chez Nietzsche, la fidélité à la terre ne proclame, contrairement à ce que les malveillants colportent,  aucun nationalisme ; elle récuse simplement et radicalement tout exil dans les cieux des idéaux et des idéalismes.

 

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Lorsque la philosophie idéalisante s'embrouille face à la barbarie du quotidien qui s'impose : que faire ?

Lorsque l'imbécilité des masses récuse évidemment l'intelligence des penseurs du mieux : que faire ?

Lorsque les mots et les slogans ne parviennent plus à cacher, mais révèlent, la médiocrité barbare des foules : que faire ?

Lorsque la censure des bien-pensants se heurte aux images et aux faits des cruautés les plus infâmes : que faire ?

Lorsque l'humanité réelle, de chair et de sang, de gabegie et de méchanceté, discrédite tous les discours humanistes et idéalistes : que faire ?

Oui : que faire ? Rien ! Laissez l'homme se détruire et laissez la Vie trouver son chemin … Le surhumain - le dépassement de l'homme - est déjà là !

 

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C'est un travers courant à notre époque : une pensée ne peut, croit-on, être prise au sérieux que si elle parle - mal, souvent - de physique, de science[10]. Regardez les économistes et leur mathématisation oiseuse de la vie des hommes,  regardez les effets nocifs et délétères - et pourtant tellement écoutés - de leurs avis sur notre monde.

 

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Le nazisme et le communisme ont appris à l'Europe à se méfier de l'homme et de ses mots. Du moins, je l'espère !

 

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Le 29/01/2012

 

Paradoxe : à force de choisir toujours la plus grosse cerise du bol pour la manger, on finit toujours par garder la dernière plus grosse cerise pour la fin.

 

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Devant le face-à-face du Moi et du Monde, la philosophie dut choisir lequel des deux pôles serait son point de départ. Cela donne deux grandes branches maîtresses de l'arbre philosophique : la philosophie de la Nature (le présocratisme parménidien, le stoïcisme, François d'Assise, Bonaventure, Leibniz, Goethe, Lessing, Einstein, etc …) et la philosophie de l'Esprit (Pythagore, Socrate, Platon, Augustin d'Hippone, Thomas d'Aquin, Descartes, Kant, Comte, Husserl, Sartre, etc …). Une troisième branche naquit pour tenter la synthèse dialectique de ces deux branches ennemies : la philosophie du Devenir (le présocratisme héraclitéen, Aristote, Pascal, Spinoza, Hegel, Nietzsche, Bergson, Teilhard de Chardin, Heidegger, etc …).

La Modernité s'est tout enlisée dans la seule philosophie de l'Esprit qui débouche sur une impasse totale : l'homme ne peut strictement rien dire ni rien fonder sur lui-même. Il ne prend sens et valeur que dans son intégration radicale et active au Tout vivant dont il émane.

Le troisième millénaire sera celui de la Philosophie du Devenir.

 

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L'homme ne vit pas le réel : il s'imagine un monde qu'il se réinvente à tous bouts de champ. L'homme vulgaire[11] est prisonnier de son imaginaire[12]. Il n'a aucune lucidité. Il ne voit que ce qui l'arrange, que ce qui conforte ses fantasmes. Là se trouve la racine profonde de tous les idéalismes.

L'homme vulgaire théâtralise sa vie : il "se la joue", il se met en scène et cherche en tout un "lieu" qui puisse devenir sa scène. Et pour "se la jouer", il a besoin des autres qui seront ses spectateurs et qui conforteront ses fantasmes et son imaginaire de vie.

Lorsque cet imaginaire personnel devient, au moins partiellement, collectif, la socialité se fonde, la tribu se concrétise, la communauté émerge qui, en retour, nourrit, conforte, enrichit l'imaginaire des individus qui les composent.

La culture idiosyncratique d'une communauté n'est rien d'autre que son imaginaire commun, que la collection de ses fantasmes collectifs. Et ces cultures se structurent et se hiérarchisent entre elles dans un vaste système multidimensionnel de poupées russes intriquées. On parle alors de culture planétaire, ou nationale, ou ethnique, ou communautaire, ou locale, etc …

 

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La socialité humaine nait en réponse artificielle et aliénante au désarroi de l'homme libre et seul face au monde réel.

 

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L'homme est un animal mythologique.

 

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Toute idée est un mythe.

 

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La fédération anarchiste (www.federation-anarchiste.org) s'assigne pour but de construire :

 

"(…) une société libre, sans classes ni Etats, sans patries ni frontières[13]."

 

A méditer …

Que peut bien signifier "une société libre" ? Une liberté collective, donc. Cela a-t-il un sens ? La liberté n'est-elle pas, par définition, totalement personnelle et individuelle ?

Sans classes ? C'est fait. Les classes sociales sont de pures fictions sociologiques qui n'ont jamais exister. Il y a des gaussiennes, c'est tout.

Sans Etats, sans patries et sans frontières ? D'accord sans réserve, mais alors comment combattre la barbarie que tout homme porte en lui et que certains - notamment parmi les anarchistes violents - trépignent d'extérioriser ?

Le problème est moins de combattre et de détruire les classes, les Etats, les patries et les frontières, que de les dépasser, de les marginaliser, de les périphériser.

A cet anarchisme politique et révolutionnaire (donc romantique et égocentré, puéril en somme), il faut opposer un anarchisme intégral, écologique, non-violent, posthumaniste, métaphysique et mystique, au-delà de toute considération politique, économique ou sociale, un anarchisme vitaliste, au fond.

 

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La Vie comme seule Loi, au-delà de toutes les lois des hommes.

 

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Le problème révolutionnaire n'a jamais été l'abolition des privilèges, mais leur transformation tant en nature qu'en destinataires.

La Droite voulait préserver les anciens privilèges alors que la Gauche veut toujours fabriquer de nouveaux privilégiés.

Les privilèges sont passés de la noblesse et du clergé aux fonctionnaires et aux assistés. Mais, sur le fond, rien n'a changé : c'est toujours la majorité industrieuse qui travaille pour des minorités parasites.

Une révolution, au fond, n'est qu'une redéfinition des parasites.

 

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Un an avant le débarquement de Normandie, De Gaulle commandite à Jean Moulin la création du Conseil National de la Résistance[14] qui, entre autres, élabora la politique pour la reconstruction de la France dont les effets continuent, aujourd'hui, de pourrir la vie sociétale française.

Cette politique allie le paternalisme gaullien et le collectivisme socialiste (deux totalitarismes rampants) dans cette haine radicale du libéralisme[15], haine toujours bien ancrée dans les mentalités d'aujourd'hui.

 

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Tout l'après-guerre a vu s'affronter deux totalitarismes concurrents qui déchirèrent le monde entier. D'une part, le totalitarisme soviétique qui fut un totalitarisme idéologique. D'autre part, le totalitarisme américain qui fut un totalitarisme économique.

En 1984 en Chine et en 1989 en Russie, le totalitarisme communiste s'est effondré sous le poids de sa propre et absurde ineptie utopiste. Depuis 2008 et spécialement en cette année 2012, on verra s'effondrer le totalitarisme économique américain sous le poids de sa propre et délirante hypertrophie militaro-financière.

La seule issue est un renouveau du monde dans le commun dépassement de la frénésie idéologique et de la cupidité économique. Il faudra y tuer toute "tentation totalitaire" tant politique qu'économique, tant idéologique que financière.

La seule réponse possible, alors, sera le libéralisme philosophique et libertaire, anti-étatiste et antisocialiste, antihumaniste et anti-spéculatif.

 

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Le parisianisme est une maladie sociétale et mentale qui n'affecte pas que les Parisiens mais qui est un phénomène typiquement urbain[16] revêtant une consistance universelle faite de snobisme, de nombrilisme, d'arrogance, de superficialité, de mondanité, d'artificialité.

Le parisianisme vit à Droite mais parle à Gauche. Il ne lit pas les livres mais les critique par grégarisme et par effet de mode. Il admire la méchanceté gratuite des polémistes cyniques - et grassement payés - au nom de "l'esprit parisien".

Un exemple ancien, mais symptomatique : au nom d'un pseudo intellectualisme artificiel, il adule Sartre, le normalien collabo devenu chantre d'un gauchisme écœurant, qu'il ne lit pas (surtout pas "L'être et le néant" qui est illisible) et conchie, avec lui,  Camus, le résistant métèque.

Au total, ce que le parisianisme adore possède deux caractéristiques : il est éphémère - donc vite oublié - et il est vide - ceci expliquant cela - lorsqu'il n'est pas dangereusement délétère tant la haine de soi, du monde et de la vie est forte en milieu urbain.

 

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Mon Dieu ! Délivrez-nous des villes[17]

 

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Le 30/01/2012

 

Lorsque la pensée devient idéaliste ou idéalisante, intellectualiste ou intellectualisante, elle se perd et s'enlise et meurt.

 

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D'après la phénoménologie, le fait brut devient phénomène, pour celui qui l'observe, dès lors qu'il y décrypte une intention. Le phénomène n'est plus alors que la manifestation de son intention. Mais l'intention n'apparait telle que pour celui qui la décrypte. La phénoménologie, dès lors, serait un pur subjectivisme.

 

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Le combat de Nietzsche contre toutes les formes de nihilisme - qui est négation de toute valeur -, est équipollent à son combat pour la transmutation de toutes les valeurs. L'évidente obsolescence des valeurs chrétiennes - reprises, mais désinfectées de l'idée de Dieu, par tous les socialismes - n'aboutit pas, ne peut pas aboutir à la fin de toute mystique, de toute métaphysique, de toute éthique, mais elle appelle, tout au contraire, une nouvelle mystique - celle du surhumain -, une nouvelle métaphysique - celle de l'éternel retour - et une nouvelle éthique - celle de la volonté de puissance.

 

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De René Char :

 

"C'est le peu qui est réellement tout.

Le peu occupe une place immense.

Il nous accepte indisponibles."

 

Et :

 

"Si tu rencontres la mort durant ton labeur,

Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,

En t'inclinant."

 

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Contre Marx, Camus a raison : la révolution doit d'abord être spirituelle (noétique) avant d'être économique ou politique.

 

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Proverbe latin :

 

"Les lois sont très nombreuses lorsque l’État est très corrompu."

 

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De Michel Onfray :

 

"(…) l'idéologie marxiste ne repose sur rien d'autre que sur des conjectures idéalistes, des propositions conceptuelles gratuites. Marx est un philosophe qui rêve ; les marxistes, des idéologues qui exterminent symboliquement ou réellement quiconque ne souscrit pas à ces rêves."

 

On ne saurait mieux dire ! Sauf que Marx n'est même pas un philosophe, ni même un économiste … il n'est qu'un rêveur d'idéologie fausse, un bavard du café du commerce, un fou de pouvoir qui s'est autorisé les pires vilénies pour prendre pouvoir sur la première Internationale et pour détruire Proudhon et Bakounine.

 

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Tout ce qui est possible, sera réalisé. Tôt ou tard. Le pire comme le meilleur. Et le meilleur finit toujours par se banaliser. Et le pire finit toujours par s'effondrer. Et la mémoire s'enrichit de ces banalisations et de ces effondrements … ce qui n'est jamais un antidote pour quelque nouveau pire à venir. Le cosmos progresse par essais et erreurs. Et il apprend aussi, de chaque succès, de chaque échec.

Chaque instant ensemence toute l'éternité !

 

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La lucidité conduit à l'exécration de l'homme. Et cette haine échafaude des camps d'extermination massive. Comment cultiver la lucidité sans éveiller cette haine ? La question est surhumaine. La réponse aussi.

 

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Tout le pouvoir à l'intelligence, pas au nombre !

 

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En parlant de 1789, Michel Onfray écrit très justement ceci :

 

"(…) cette révolution contre le pouvoir d'un seul, le Roi, a généré le pouvoir d'un seul, l'Etat. Le jacobinisme a triomphé et, avec lui, l'Etat centralisé (…)."

 

Ah, quel malheur que les Jacobins et les Montagnards aient écrasé les Girondins.

 

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L'histoire humaine montre ceci : que les hommes, en tout, ont l'art de choisir la solution la plus mauvaise, par facilité, par paresse. Il est plus aisé et moins fatigant d'obéir à la bêtise qu'au sage, à la masse qu'au génie, etc …

 

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Le 31/01/2012

 

Toute la mythologie romantique de la Révolution politique repose sur un couple duel : le révolutionnaire, héros, et le réactionnaire, salaud. Tout cela est navrant de simplisme et de bêtise. Il n'est pas étonnant qu'aucune, je dis bien aucune, révolution politique, jamais, n'ait réussi. Toujours la tyrannie antérieure a cédé, dans la violence et le sang, le pouvoir à une tyrannie pire. Toujours Torquemada, Cromwell, Robespierre, Saint-Just, Marat, Napoléon Bonaparte, Bakounine, Lénine, Staline, Hitler, Mao Tsé-toung, Ho-chi-min, Pol-Pot et tous leurs infâmes clones de toutes les époques, de toutes les contrées, ont été les maîtres incontestables du crime contre l'humanité[18].

 

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En politique, révolutionnarisme, terrorisme et totalitarisme sont synonymes. Hannah Arendt ne me contredira pas sur ce point …

 

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Dans la sphère technologique, la révolution industrielle avait engendré la classe ouvrière, le syndicalisme, les socialismes ; la révolution numérique est paisiblement en train de marginaliser tout cela, par voie d'obsolescence.

Dans la sphère culturelle, la révolution moderne de la Renaissance avait engendré  la bourgeoisie marchande et son monde de la finance, la société de consommation et son économie de masse, l'étatisme et son démocratisme ; la révolution noétique d'aujourd'hui va paisiblement marginaliser tout cela bientôt, par le même chemin.

 

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Paris (et seulement Paris) a connu, au 19ème siècle, trois révolutions politiques très différentes.

Celle de 1789, inspirée de Rousseau, engendra l'éphémère première république. Celle de 1848, inspirée par Lamartine[19], engendra la deuxième république. Et celle de 1871, dite de la "Commune", inspirée de Proudhon, engendra la troisième république. Toutes les trois ont échoué et ont fini dans d'épouvantables bains de sang.

 

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Depuis toujours, libertaire et autoritaire s'affrontent en des jeux parfois comiques parfois sanglants, parfois futiles parfois atroces, et construisent des compromis toujours instables, toujours bancals.

Quand donc l'homme sera-t-il suffisamment adulte pour s'assumer individuellement en toute autonomie, sans plus de recours à quelque autorité que ce soit ?

 

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Trois anarchismes …

L'anarchisme autoritaire : nous devons devenir libres.

L'anarchisme libertaire : je veux être libre.

L'anarchisme élitaire (le mien) : certains savent vivre libres.

 

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A Kant qui demande : "Qu'est-ce que l'homme ?", il faudrait répondre : un animal raté, vaniteux et peureux, égotique et narcissique, malin souvent mais rarement intelligent, globalement nuisible et destructeur, barbare et pilleur, mais capable, chez de très rares spécimens, d'un véritable génie créateur.

L'humanité : des milliards de racaille et une poignée de centaines de génies, répartis sur quelques dizaines de millénaires.

 

 

 

 



[1] Pour s'en convaincre, il faut relire les livres d'histoire de France que les potaches que nous étions, durent étudier, frappés au plus profond de leurs imaginations par les gravures de Sainte Geneviève ou Blandine sur sa muraille, du vase de Soissons, du baptême de Clovis à Reims par St Rémi … et tant d'autres images merveilleuses et magiques censées éveiller une indéfectible fibre patriotique dans nos âmes d'enfant. Cela s'appelle de la manipulation éhontée, de l'embrigadement, de l'abus d'innocence, ou je ne m'y connais pas.

[2] A remarquer, dans cette liste non exhaustive qu'à part Levinas, la plupart de ces "penseurs" sont bien plus des idéologues que des philosophes ; des apôtres du gauchisme, qui plus est, c'est-à-dire de l'antiphilosophie.

[3] Léon Issaakovitch Chestov (1866-1938), né Yéhoudah Leib Schwarzmann est un philosophe juif russe exilé en France, pour lequel Albert Camus avait beaucoup d'admiration.

 

[4] En anglais, notation signifie "cotation" et non pas "notation".

[5] "De la magnificence de la nature sourd l'esprit" …

[6] On pourrait prétendre que tout comportement est économique puisque tout comportement vise à acquérir un maximum de plaisir ou de joie face à des désirs et des peurs, face à des ressources et des contraintes … Et l'on pourrait tout aussi bien prétendre qu'aucun comportement n'est "économique" puisque chaque relation humaine, chaque interaction humaine est imprégnée, jusqu'à la moelle, d'une infinité de paramètres et catégories qui n'ont aucun lien avec le discours économique. Dès que l'économique quitte le tout petit champ des purs échanges matériels directs et quantifiables, l'économie se dissout et disparaît.

[7] Enseigner signifie "poser un signe dans …". Ce beau verbe est quasi synonyme d'ensemencer : "poser une semence dans …".

[8] Deux beaux exemples : Saül de Tarse, dit Saint Paul, et Mu'hammad …

[9] A remarquer que les expressions classiques de "libertaire de gauche", de "socialisme libertaire", de "anarcho-syndicalisme", etc … sont des absurdités oxymoriques : la prééminence radicale de l'individu est incompatible avec la socialité, avec la masse, avec "le peuple". Stirner ("L'unique et sa propriété") l'a définitivement démontré. Symétriquement, des expressions rarement usitées comme "libertaire de droite", libertarien ou équivalent, sont aussi ambigus : l'individu libre se construit par rapport à lui-même (à sa propre idiosyncrasie et à sa propre phylogenèse) et non par rapport à des valeurs, des traditions, des usages, des institutions, des "ordres" sociétaux qui ne sont, pour lui, que "chiens de paille".

[10] Le cas de Karl Marx fut flagrant qui, pour crédibiliser son messianisme utopiste et délirant, a cru nécessaire d'en faire un "matérialisme dialectique et scientifique", de parler de "socialisme scientifique", etc …

[11] Au sens philosophique, l'homme vulgaire est le contraire de l'homme initié … et il lui arrive souvent d'être vulgaire au sens vulgaire de ce mot.

[12] Cfr. Jean-François Lyotard et Michel Maffesoli.

[13] C'était tout le projet de Victor Hugo dans son discours de 1849 au congrès international pour la Paix.

[14] Vite noyauté par les communistes qui, jusque là, ignoraient totalement la résistance et cultivaient plutôt l'antisémitisme et le collaborationnisme. Rappelons que jusqu'en 1943-1944, Sartre resta chroniqueur  dans un journal pétainiste et de Beauvoir continua d'être journaliste à Radio-Vichy ! Et que dire de Marguerite Duras, de Merleau-Ponty, de François Mitterrand et de tant d'autres qui devinrent les chantres de la Gauche d'après-guerre.

[15] Mai 68, avant d'être "récupéré" et manipulé par les communistes et les gauchistes, fut un mouvement libertaire qui s'opposa farouchement au totalitarisme hypocrite et sournois du Gaullisme. On se souvient de cette affiche : "La chienlit, c'est lui !", en désignant le calamiteux De Gaulle. Il est intéressant de noter que De Gaulle identifiait, à tort, le libéralisme et les USA. Son anti-américanisme, même s'il s'est révélé d'assez bon aloi, n'était en fait que de l'antilibéralisme. Il faut n'avoir jamais vécu aux USA pour croire que le système américain est un système libéral - ou ultralibéral comme disent idiotement les gendelettres d'aujourd'hui. La culture américaine est tout sauf permissive, libertaire ou anarchique.

[16] On trouve le même phénomène insupportable tant à New-York qu'à Los Angeles, à Madrid qu'à Bruxelles pour ne parler que de quelques "grandes villes" que je connais bien.

[17] Pour rappel, la ville - comme l'Etat régalien - est une invention de la Modernité, de la royauté et de la bourgeoisie pour "casser" le lieu de l'authenticité rurale : le château féodal, symbole de l'autonomie d'un terroir et de la liberté noble.

[18] A remarquer que tous ces odieux personnages appartiennent à la Modernité.

[19] Et fortement influente sur Jules Michelet - qui en inventa la mythologie révolutionnaire de 1789 - et sur Victor Hugo.