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"De l'Etre au Devenir" (Juin 2016)

Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy (écrit en ligne)

Le 01/06/2016

 

L'état de la France ?

Le socialisme s'effondre. Le conservatisme se fragmente. Le nationalisme démontre son irréalisme. L'étatisme atteint des niveaux insupportables d'endettement, d'absurdité, de surrèglementation, de bureaucratie et d'inefficacité. Le libéralisme ne trouve toujours pas son chemin. L'islamisme gagne du terrain. Et le gauchisme (Nuit-Debout, CGT, etc …) en profite, avec l'énergie du désespoir, pour se faire croire, dans la violence et la barbarie, qu'il existe encore.

A part cela, les cerveaux et les capitaux fuient le pays, les jeunes se désintéressent de tout et les entrepreneurs (la force vive du paysage) se découragent.

 

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Le progressisme est une religion perverse qui nie, tout à la fois, la nature humaine et la mémoire historique. Les socialismes (de droite comme de gauche, nationaliste comme internationaliste, fasciste comme communiste) en ont toujours été l'incarnation nauséabonde.

 

*

 

Tout ce qui est politique est idéologique. Et tout ce qui est idéologique est idéaliste. La politique, c'est le refus du Réel. En ce sens, la politique est toujours marxiste car, pour Marx, l'essentiel n'est pas de comprendre le monde, mais de le changer.

 

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L'utopie est encore plus délétère que la nostalgie. Il faut les éradiquer toutes deux.

 

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De Raphaël Enthoven :

 

"(…) le regret est qu'un espoir inversé (…)"

 

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Quitte à être philosophiquement incorrect, il faut redire que Socrate (l'inventeur de l'humanisme) et ses disciples (dont Platon), confrères (dont le bouddha) et successeurs (dont Descartes et Kant) furent le cancer de la pensée, les apôtres de l'antiphilosophie (l'humanisme est le refus radical du réel, de la place réelle et insignifiante de l'homme dans le cosmos), la négation navrante de la pensée métaphysique (la seule qui vaille).

Socrate symbolise l'anti-pensée parce qu'il met l'homme (et son ignorance, sa bêtise, son infirmité) au centre de son dispositif. Si la pensée a l'homme pour centre, cette pensée est nullissime. Une philosophie, quelle qu'elle soit, doit être la "pensée de Dieu" comme disait Albert Einstein, faute de quoi, elle n'est qu'une idéologie sans le moindre intérêt.

La philosophie doit être une pure ontologie mystique ; tout le reste n'est que bavardage humain sans consistance, sans portée.

 

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L'homme, ses érections et ses urticaires sont sans le moindre intérêt.

La transmutation de toutes les valeurs, telle que voulue par Nietzsche, commence par cela : évacuer l'humain - trop humain -  hors de la pensée et prendre de la hauteur pour ne plus considérer que la Vie, le Cosmos, le Divin.

L'homme, ses sociétés, ses idéaux, ses phantasmes et ses morales sont des épiphénomènes notoirement insignifiants.

 

*

 

Les seules questions qui se posent à la philosophie sont deux :

-       L'évolution du Réel a-t-elle un sens (direction, orientation, intention, signification) ?

-       Quel est le moteur de cette évolution (hasard, volonté, règle, désir) ?

Tout le reste n'est que cancanage de concierges bavardes … que voulez-vous que l'homme, ses turpitudes, ses barbaries, ses cupidités, ses ignorances et ses phantasmes aient à faire là-dedans ?

 

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De Marcel Conche :

 

"Bergson disait que rien ne sort d'une discussion."

 

Comme ils ont raison tous les deux (Conche et Bergson) contre la vulgate actuelle où tout doit être discuté, partagé, débattu, échangé … Quelle ineptie ! Ce qui peut être dit n'est que l'apparence et l'illusion ! Et plus on les dit, plus on les prend pour le réel.

C'est le propre des idéologies que de répéter, jusqu'à la nausée, des crétineries qui, à force d'être serinées, se donnent l'apparence et l'illusion d'exister si fort que plus personne n'ose les dénoncer pour ce qu'elles sont : des mensonges, des phantasmes, des impostures.

Toutes les idéologies sont construites sur ce processus d'intoxication par la répétition psalmodique, hypnotique, incantatoire.

 

*

 

La solution des problèmes de chacun n'est jamais hors de soi. Ni en le dieu, ni en le diable, ni en la société, ni en la chance, ni en le droit, ni en la providence, ni en le hasard … En soi, rien qu'en soi.

Tout ce qui arrive à chacun est le fruit du réel et la réponse éventuelle vient de soi et de nulle par ailleurs.

Il faut que chaque homme reprenne la totale responsabilité de sa propre vie. Chacun est le seul responsable de la qualité de sa propre existence.

Mais notre époque refuse cette responsabilisation personnelle et cherche ou induit la victimisation avec, pour corollaire, la culpabilisation de tous et l'astuce du bouc émissaire.

Il faut d'urgence dénoncer et combattre ces tendances délétères, partout déresponsabilisantes, misérabilistes, doloristes.

N'y a-t-il pas de victimes innocentes ? Si ! Comme chaque laitue que l'on coupe pour la manger, comme chaque fourmi que l'on écrase en marchant.

Chacun ne doit s'en prendre qu'à soi d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment.

La pitié et l'apitoiement sont aussi sordides qu'hypocrites.

 

*

 

Pour ma mort, je m'en remets à la vie ; elle choisira mon heure. C'est son problème, pas le mien ! Je suis prêt, déjà. La camarde est bienvenue quand elle veut. Mais fauche d'un coup, faucheuse ; fauche franc, net et ras. Les grains sont mûrs ; ils germeront. Et s'ils ne germent pas, ils feront du terreau. Qu'importe : c'est son problème, plus le mien.

 

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La vieillesse et la mort ne sont pas un souci. Seule la souffrance peut en être un.

 

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La mode actuelle du "coaching" frise l'imposture et l'escroquerie. Son succès tient à ce qu'elle offre à ceux qui en ont les moyens, un petit miroir de poche, pas très net, plutôt favorisant, permettant de pratiquer un nombrilisme et un narcissisme bien en phase avec notre époque. Le coaching vend de la maïeutique d'amateur, prestée par des apprentis-sorciers.

 

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Le 02/06/2016

 

La spiritualité ne se construit pas sur la base d'un système religieux, philosophique, éthique ou autre. En revanche, symétriquement, une spiritualité accomplie peut très bien féconder ou fonder des systèmes religieux, philosophiques ou éthiques qui en deviennent le développement, la conséquence, la continuation …

La spiritualité est une expérience vécue de reliance avec le Tout-Un-Réel-Divin … Ou, plutôt, elle est une démarche, un cheminement vers une telle expérimentation.

Je pense de plus en plus que la spiritualité est l'autre nom de la mystique, mais sous une forme moins radicale, moins exclusive, moins obsessionnelle.

D'autre part, spiritualité et rationalité sont complémentaires ; elles marquent toutes deux un chemin vers plus de vérité, la première immédiatement et directement, en résonnant, la seconde médiatement et indirectement, en raisonnant.

 

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Tout processus peut se représenter de la façon suivante :

QUI (acteur, mémoire, identité) fait (procède dans le présent) QUOI (activité, transformation) COMMENT (règles, organisations) AVEC QUOI (ressources) POUR-QUOI (intentionnalité, finalité) ?

 

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Lorsqu'une question se pose, il y a quatre méthodes pour y répondre : la méthode scientifique tournée vers le monde extérieur, la méthode philosophique tournée vers le monde intérieur, la méthode dialectique par le dialogue de l'extérieur et de l'intérieur, et la méthode mystique en reliance avec ce qui enveloppe et unifie l'intériorité et l'extériorité.

 

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De Marcel Gauchet :

 

"La recherche infinie est un désespoir pour les uns, une expérience passionnante pour les autres. Certains aiment les réponses, d'autres les questions."

 

Eternelle dialectique entre le cheminement et le but … Mais dans le Réel aucun but ne dure, aucun but n'est jamais atteint.

Et du même :

 

"Nous allons enfin sortir de l'enfance et pouvoir envisager un rapport non polémique entre religion et philosophie. Le 21ème siècle sera celui de la revitalisation et de la remise en forme rigoureuse des interrogations que nous avions crues trop vite derrière nous."

 

Oui : les questions qui tiendront le centre de la scène intellectuelles au 21ème siècle n'auront plus rien à voir avec celles des modernistes, des théologiens, des idéologues, etc …

 

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De Rémi Brague :

 

"Je n'ai aucune sympathie pour les marchands de soupe qui font passer le développement personnel pour de la philosophie."

 

Exit donc tous les psys, coaches et autres charlatans.

 

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De Karl Marx (11ème des "Treize thèses de Feuerbach") :

 

"Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le mondes de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer."

 

Telle est la plus démente et délétère crétinerie jamais proférée dans l'histoire de la pensée humains. Elle est radicalement fausse dans ses deux parties : les philosophes sont de n'avoir fait qu'interpréter le monde et vouloir transformer le monde est une imbécillité.

 

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De Slavoj Zizek

 

"De tous les philosophes, Hegel est peut-être le seul purement contemplatif, le seul qui ait renoncé à tout projet d'avenir et s'en soit tenu à décrire le présent 'gris sur gris'."

 

Vive Hegel, donc.

 

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Le "je" subjectif est le fait, bien avant le Cogito de Descartes, de Socrate, d'Augustin ("Les confessions") et de Montaigne. Descartes n'a rien inventé.

 

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De Yves Michaud (en parlant d'une théorie générale) :

 

"Un système est un ensemble cohérent de concepts et de représentations qui doit, du moins en principe, embrasser la totalité du réel. Il faut qu'il soit exhaustif et sans contradictions internes."

 

Tout effort de pensée doit se consacrer au seul Réel et tendre vers la construction d'un système universel, d'une théorie générale, d'un savoir absolu, d'une connaissance cosmique. Tout le reste n'est qu'opinion ou idéologie, narration ou imaginaire.

Les présocratiques, Aristote, Hegel, Bergson, Einstein, Teilhard de Chardin, Whitehead étaient habités par une telle intention. Tout au contraire des humanistes (Socrate), des idéalistes (Pythagore, Platon, Augustin), des criticistes (Kant), des phénoménologistes (Husserl) et des existentialistes (Kierkegaard, Levinas, Sartre).

Le 21ème siècle doit d'urgence sortir de l'ornière humaniste (anthropocentrique) et réhabiliter l'ontologie cosmocentrique (ou l'hénologie théocentrique, ce qui revient au même) et l'esprit de système métaphysique. Il faut cesser de perdre son temps avec l'homme et ses turpitudes.

 

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De Michel Serres :

 

"La philosophie (…) n'est pas un savoir cumulatif? Chaque philosophe doit à chaque fois la réinventer. Il n'a aucun appui, aucun collaborateur, il travaille une œuvre singulière. Un peu comme les œuvres d'art. Plus il cite, moins il pense. (…) La philosophie mobilise cette fonction cognitive inconnue et intégrale, qui lui permet de prendre en charge la totalité du réel (…)."

 

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Le Réel est l'ensemble de ce qui s'est réalisé. Le Réel est l'ensemble de tout ce qui n'est plus possible. Mais le Réel contient des potentiels qui sont tous les possibles en germe au sein de sa propre réalité. Entre ce réalisé et ces possibles, se développe une tension (une tension interne, une intention, donc) qui est le moteur intime et immobile de toutes les évolutions.

 

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Chaque homme est un être égaré dans un vaste massif montagneux, couvert de forêt, bourré de ravins et de torrents, menacé par des pluies, des orages et des tempêtes.

Lorsqu'il prend conscience de son état d'égarement existentiel (ce qui est plutôt rare vu le crétinisme ambiant), que peut-il faire ? Voilà la seule question philosophique.

 

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Quand Einstein disait : "Dieu est subtil, mais pas malicieux", il affirmait seulement ceci : le Réel est simple c'est-à-dire qu'il réfute toute complication (mais non la complexité, au contraire). Le problème de l'homme est qu'il confond simplicité et facilité.

Dès lors qu'une théorie de l'univers est compliquée, on sait d'emblée qu'elle est fausse ; et plus elle est compliquée, plus elle est fausse. C'est bien le cas des deux modèles standards actuels.

Mais cela ne signifie nullement qu'il est facile de les remplacer par un autre modèle standard satisfaisant au principe de simplicité.

 

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Le problème central de notre époque est que nous vivons non seulement un double mutation paradigmatique (la fin conjointe de la modernité et de la christianité), mais que nous sommes arrivés au bout des possibilités de l'arsenal conceptuel dont nous ont doté les quelques millénaires culturels et intellectuels passés.

Toute notre pensée repose sur des concepts, des principes, des logiques et des langages obsolètes.

C'est cela qu'il faut réparer d'urgence en inventant de tout nouveaux concepts, principes, logiques et langages. Nous sommes au fond de la plus profonde impasse gnoséologique de tous les temps !

 

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Le 03/06/2016

 

De Gérard de Nerval :

 

"Rien n’est indifférent, rien n’est impuissant dans l’univers. Un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver."

 

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Aborder les phénomènes complexes avec des méthodes mécanicistes ne peut conduire qu'à l'échec.

 

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La Vie ! Elle nous enseigne à inventer tout le temps le contraire de ce que l'on attend.

 

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Ressuscite le dionysiaque qui est en toi.

Va, mon frère, le chemin de l'impossible qui est le seul chemin raisonnable, le seul chemin qui mène quelque part ... ailleurs que l'on ne croyait.

 

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Il y a ceux qui croient aller quelque part et il y a ceux qui marche pour marcher sachant qu'il n'y a nulle part où aller.

 

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Le dilemme …

Amplifier la croissance, c'est accélérer l'appauvrissement.

Favoriser la décroissance, c'est enclencher la dépopulation.

 

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Les usagers comprendront bientôt, au grand dam des vendeurs de connexion numérique, que 80% des connexions actuellement si en vogue sont … inutiles.

 

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Le 04/06/2016

 

Les karaïtes se désignaient eux-mêmes comme les successeurs des sadducéens. Cette filiation reste à valider …

 

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Penser juste est-il plus essentiel qu'agir juste ? L'étude prime-t-elle l'action ?

Intellectualisme contre activisme …

 

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Ceux qui voient en Dieu, un Maître imposant soumission et obéissance, ou un Père offrant amour et protection, se trompent lourdement. D'abord parce que Dieu n'est pas une personne, mais un concept ; ensuite parce que Dieu n'est pas transcendant (au-dessus ou en-dehors), mais immanent (au-dessous et au-dedans); enfin parce que Dieu ne connaît ni pouvoir, ni amour : il est la source unique dont tout ce qui existe, participe et le Logos que tout ce qui existe manifeste et réalise.

 

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Il ne faut rejeter aucun texte, mais il ne faut pas attribuer le même niveau de sainteté à tous les textes d'une même tradition. Ainsi, dans le Judaïsme, seule la Torah (la Torat Moshéh, le Pentateuque) le centre unique de la réalité juive ; elle demeure à jamais le cœur vivant de toute la vie juive ; elle est le seul contrat d'Alliance entre la Maison d'Israël et son dieu tutélaire YHWH.

Tout le reste n'est que commentaires humains à caractère historique, circonstanciel et relatif.

 

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Le mot qui caractérise le mieux notre monde actuel, celui de la consommation et du paraître, du cynisme et du spectacle, de l'inculture et de vedettariat, c'est le mot "vulgarité".

 

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Tout ce qui existe a un "dedans" et un "dehors" et, entre ces deux versants, un ensemble de relations qui classent les perceptions qu'il a emmagasinées de ce "dedans" et de ce "dehors". Le "dedans" devient alors une mémoire structurée de toutes les perceptions et des rapports entre elles.

 

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La plupart de nos contemporains veulent, par toutes sortes de moyens, intensifier leur sentiment de vivre. Cela prouve seulement qu'ils ne vivent pas encore pleinement et qu'ils ne font que chercher à vivre : ils tentent de vivre, mais ils ne vivent pas. Ils existent seulement. Et encore : ils n'existent qu'en dehors de leur propre vie. Leur besoin d'intensifier leur sentiment d'exister …

 

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Trois arguments majeurs contre le transhumanisme :

1.     Quel orgueil de vouloir augmenter" et "améliorer" quelque chose que l'on ne connaît ni ne comprend !

2.    Il n'y a rien de comparable entre cerveau et ordinateur !

3.    Ce n'est pas le cerveau qui mémorise et qui pense !

 

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Spinoza affirme que notre illusion de libre arbitre provient de l'ignorance des causes profondes de nos actes et pensées. Cela signifierait-il que le philosophe d'Amsterdam prône un déterminisme absolu et mécaniciste ? Rien n'est plus douteux.

D'abord pour cette raison simple que, si tout est parfaitement déterminé, l'injonction éthique spinozienne n'aurait aucun sens car aucune utilité. Pourtant, Spinoza écrit : "Chacun s'efforcera de conserver son être et, autant qu'il peut, d'écarter le tristesse" … Si l'on peut s'efforcer … autant qu'on peut … c'est qu'on peut !

Mais plis fondamentalement, encore : avouer que chacun ignore la majorité des causalités qui le concernent, ne signifie nullement que tout a nécessairement une cause.

 

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Le 05/06/2016

 

De Michel Onfray :

 

"J'ai le sens de la transcendance, mais dans l’immanence ; pas une transcendance qui conduit au-delà de … vers ce que Nietzsche appelle un arrière-monde. La transcendance c’est ce qui nous pousse dans l’intimité de ce qui est ; il y a de la transcendance dans la construction d’une mouche ou d’une fleur, parce qu’il y a une espèce de mécanisme, d’agencement cosmique qui est partout présent, et qui peut susciter une spiritualité."

 

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Le 07/06/2016

 

J'aime le concept de l'Esprit qui souffle où il veut, qui est l'Esprit cosmique - sans qu'il dût être saint pour autant -, l'Esprit divin dont procèdent tous les esprits simplistes et benêts de ces hommes qui croient penser.

Si l'Âme est ce qui anime, l'Esprit est ce qui ordonne. Il est le Logos, mais un Logos vivant, créateur, créatif qui invente le monde comme un artiste crée son œuvre dans l'audace d'une composition qui s'organise au fur et à mesure, selon les effets produits et leurs résonances. Cet Esprit universel est le Roua'h biblique : le Souffle des dieux qui est palpitations sur la face de l'Eau.

Au fond, la spiritualité vise à entendre, aussi distinctement que se peut, cet Esprit qui habite tout ce qui existe.

 

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Dans le monde de l'Islam, il faut bien comprendre l'irréductible opposition entre la posture élitaire du chiisme et la posture populaire du sunnisme.

Le problème de la succession du prophète les déchira : qui allait être légitimement habilité à répondre aux questions laissées en suspens ? Le sunnisme (85% des musulmans) répondit : le consensus de la communauté, donc des jurisconsultes qui mènent tout ce petit monde par le bout du nez … Le chiisme préféra les incarnations nobles du prophète dans les imams successifs, au départ d'Ali, son gendre.

L'opposition entre eux n'est pas que religieuse ; elle est culturelle aussi. Le sunnisme séduisit les peuplades sémitiques, analphabètes et incultes, alors que le chiisme se développa sur le terreau de la vieille et riche culture persane, indo-européenne donc.

Le chiisme donna lieu à de beaux élans poétiques et mystiques (le soufisme) alors que le sunnisme se complut dans des scholastiques légalistes assorties d'un raffinement de punitions cruelles et barbares.

Il n'est aucunement étonnant que le wahhabisme, le salafisme, le djihadisme et Daesh soient de purs produits du sunnisme arabe (tous financés par l'argent du pétrole saoudien).

 

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L'idée chrétienne de la Grâce divine, à la fois gracieuse et gratuite, semble établir une forme de connivence entre le Tout et ses parties. Il ne s'agit pas d'une intervention miraculeuse ou surnaturelle, d'une Providence divine. Il s'agit d'autre chose qui, certes, échappe aux déterminismes des causalités mécaniques et ne peut donc s'y réduire, mais qui indique comme une congruence naturelle de deux intentions, l'une globale (divine), l'autre locale (humaine) : le Tout et la partie sont "en phase", en résonance et tout semble alors se positionner de façon favorable, tout se met en place au service du dessein particulier.

Au fond, la Grâce n'est autre qu'une des reformulations du célèbre : "Aide-toi et le Ciel t'aidera".

 

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Historiquement, le syndicalisme est double. Il y a le syndicalisme réformiste dont la mission est d'améliorer continûment la condition ouvrière (ce fut le cas des trade-unions anglaises et des social-démocraties allemandes). Et il y a le syndicalisme révolutionnaire dont la finalité est de confisquer, par la violence et le grève générale, toute l'économie au seul bénéfice du prolétariat.

En 1906, la CGT, à Amiens, adopta une charte qui fera basculer tout le syndicalisme français dans le révolutionnarisme marxiste.

Depuis, il n'y a plus - s'il y a jamais eu - de classe ouvrière, le marxisme s'est effondré face à la réalité, les entreprises sont devenues massivement people intensive et people minded, et les fonctionnaires et les "petites gens" se détournent de plus en plus des gauchismes dont les discours sont devenus ridicules tant ils sont obsolètes, illégitimes et incrédibles.

Bref : le syndicalisme - comme le gauchisme - est mort. Et ils entament leur chant du cygne avec l'énergie dévastatrice du désespoir.

 

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Il n'y a aucune différence de fond entre le cégétisme et le djihadisme : une minorité fanatique et totalitaire qui veut imposer sa tyrannie débile, dans la violence et la barbarie.

 

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L'Etat français que Philippe Pétain institue à Vichy, est un immonde chef-d'œuvre de dirigisme, d'étatisme et d'antilibéralisme dont les structures et organisations, dont les ordres corporatifs et les corps constitués, dans les règles normatives, allocataires, fonctionnaires, planificatrices, salariales et urbanistiques, fondent encore l'Etat français actuel.

N'oublions jamais que le régime de Vichy était un régime fondamentalement socialiste de la même eau que le socialisme national allemand de Hitler !

En mars 1944, l'autoproclamé Conseil national de la Résistance, noyauté par les socialistes et les communistes, érige les quatre piliers du cercueil français (joliment appelé "modèle social français") : le suffrage universel, les nationalisations et la planification économique, la sécurité sociale et les comités d'entreprise.

Charles De Gaulle, dévoré par sa mégalomanie, reprendra intégralement l'héritage pétainiste (il fut le secrétaire particulier de Pétain) et fera allégeance au CNR donc aux communistes.

Mais ce ne fut nullement ce programme gauchiste du CNR qui redressa la France dans l'immédiat après-guerre ; ce furent les dollars du plan Marshall et, derrière eux, l'émergence du marché commun européen. Tout au contraire, ce programme scélérat fut un frein terrible (via De Gaulle, Mitterrand, Chirac, Hollande) et c'est toujours lui qui bloque complètement la France d'aujourd'hui.

 

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De Charles De Gaulle, en novembre 1943 :

 

"La France veut que cesse un régime économique dans lequel les grandes sources de la richesse nationale échappent à la Nation, où les activités principales de la production et de la répartition se dérobaient à son contrôle, où la conduite des entreprises excluait la participation des organisations de travailleurs et de techniciens dont cependant elle dépendait. La France veut que ses biens profitent à tous les Français, que chaque homme et chaque femme soit assuré de vivre et travailler dans des conditions honorables de salaire, d'alimentation, d'enseignement et de loisirs."

 

Antilibéralisme, étatisme et paternalisme forcenés sous la plume de quelqu'un qui n'y connaît strictement rien en économie (comme ce fut et c'est encore le cas de l'immense majorité de ses successeurs à la tête de l'Etat français).

 

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Le 09/06/2016

 

A force de vouloir contenter tout le monde, de ne pas vouloir faire de vagues et de surtout ne froisser personne, on est condamné à ne plus faire que du médiocre.

 

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La spiritualité part à la recherche de l'Esprit ...

 

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Toute l'histoire de France a été complètement inventée à la fin du 19ème siècle, aux fins de propagande républicaine, par des Lavisse, Michelet et autres qui ont ignoré ou falsifié l'histoire réelle au profit d'une idéologie artificielle ("La République une et indivisible", laïque, francophone, ayant Paris pour centre et l'Etat pour moteur). Cette propagande simpliste et menteuse a détruit à la fois, la mémoire et l'identité nationales dans un climat de socialisme rampant et sordide.

 

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Le 10/06/2016

 

La spiritualité développe des chemins d'accès et de reliance à l'Esprit qui est le siège de l'Intelligence du Tout c'est-à-dire de ce qui relie tout à tout et au Tout, de ce qui constitue le principe de cohérence et d'unité de ce Tout-Un organique qu'est le Réel.

La spiritualité cherche à se relier à la réalité du Réel, à son principe de rationalité par lequel tout ce qui existe, prend une bonne raison d'exister et par lequel tout ce qui se passe, prend une bonne raison de se passer.

Les chemins de reliance à l'Esprit sont multiples ; oraison, méditation, étude, …

 

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La compétition sportive, sous toutes ses formes, m'apparaît comme un archaïsme navrant ; elle fabrique des héroïsmes et des chauvinismes artificiels et délétères.

 

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La seule liberté de chaque être est d'accepter, ou non, et d'assumer, ou non, son propre destin, sa propre vocation. Une fois ce premier choix fait, le second choix à poser est de décider d'assumer ce destin, cette vocation, avec virtuosité et de cultiver cette virtuosité à chaque occasion, à chaque opportunité.

C'est cela que veut dire Spinoza lorsqu'il écrit : "chaque chose, autant qu'il (le conatus) est en elle, s'efforce de persévérer dans son être". Nietzsche ne dit pas autre chose avec son : "Deviens ce que tu es et fais ce que toi seul peux faire".

La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut ; tout, là, n'est que caprice dont les causes sont essentiellement déterministes (on croit que l'on veut librement, mais cette "volonté" apparente, n'est que l'expression de déterminations profondes).

La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut, mais de devenir ce que l'on peut.

 

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Dans un assemblage mécanique, c'est la complémentarité des pièces qui permet la liaison et la solidarité entre elles.

Dans une coalescence organique, c'est la complicité des ingrédients qui permet l'émergence d'une cohérence unitive de niveau supérieur.

 

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Pour qu'une communauté de vie puisse se constituer et perdurer, cinq conditions doivent être simultanément satisfaites :

·      qu'il existe un fort projet commun,

·      qu'il existe une forte identité commune,

·      qu'il y ait de bonnes ressources communes,

·      qu'il y ait de justes règles communes,

·      qu'il y ait de joyeuses activités communes.

 

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Le 11/06/2016

 

Augustin d'Hippone en quelques mots : dualisme idéaliste platonicien (contre Aristote) impliquant une prééminence absolue de Dieu (le monde parfait et immuable) sur la Nature (le monde corrompu et tumultueux), et du Bien (la révélation morale) sur le Vrai (la connaissance rationnelle), corruption profonde de l'homme par la péché originel (sa grande invention) assortie de l'impossibilité du salut (accès au monde divin) sans grâce divine  (ce point a fortement influencé les fondateurs des protestantismes et le jansénisme).

 

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Un mot important et méconnu …

Numineux … qui émane du noumène, qui présente à l'expérience humaine le caractère du sacré, ce qui permet à un être, à une chose d'avoir un lien avec le sacré. 

 

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Le 13/06/2016

 

Il est classique de faire le distinguo entre la sphère publique, régentée par l'autorité de l'Etat, et la sphère privée, régulée par des autorités particulières (familles, associations, entreprises). De nos jours, un autre distinguo s'impose qui échappe aux anciennes régulations étatiques ou particulières : il sépare le connectif du privatif. Il se construit sur le fait d'être connecté ou pas ; ou, plus exactement, sur le volume et la densité de cette sphère connective dont chacun est le centre et où tout devient transparent, accessible à l'autre, partagé. Au risque d'un oxymore pour le moins paradoxal, on pourrait parler de collectivisme libéral : collectivisme parce que beaucoup y est mis en commun, libéral parce que les autorités, tant publiques que privées, n'y ont rien à dire.

Les espaces connectifs sont essentiellement offerts par la Toile - mais pas seulement, car il existe pléthore de réseaux pas forcément numériques. Ces espaces doivent être, à la fois, gratuits et anarchiques (au sens étymologique), faute de quoi leurs usagers les quittent. En échange de cette gratuité, ces mêmes usagers tolèrent, dans certaines limites assez floues, l'exploitation, par les opérateurs, de leurs data.

Il semble clair que nos sociétés, surtout auprès des générations les plus jeunes et des populations très urbanisées, ont tendance à voir la sphère connective s'amplifier au détriment de la sphère privative : le goût pour la solitude, pour le silence, pour l'intériorité, pour la discrétion, pour le retrait et pour l'intimité, y devient "anormal", voire pathologique. Il faut être dans le "lien", dans le "partage", dans le "collectif", dans le "collaboratif", … sous peine d'être taxé d'asocial, de ringard, de suspect.

Nous entrons, peut-être, dans l'ère de la tyrannie du collectif : faites ce que vous voulez, pourvu que ce soit ensemble. Ce "ensemble" permanent a, évidemment, été rendu possible par l'avènement de la Toile qui abolit l'espace et le temps.

 

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En total accord avec Etienne Gilson, le grand connaisseur de la philosophie médiévale, je prétends que, sans une métaphysique pour la fonder, aucune philosophie ne tient … et j'ajoute, ni aucune physique.

 

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Sophia perennis … L'autre nom du monisme spiritualiste.

 

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Avec raison, Frithjof Schuon distingue l'homme religieux qui prie un Dieu lointain, et l'homme spirituel qui vit dans un Divin immédiat ; de même il distingue l'homme noble de l'homme vulgaire.

 

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Tant qu'il y aura des foules barbares et abruties pour se déchaîner face à vingt-deux crétins courant derrière un ballon, il ne pourra y avoir ni respect ni avenir pour l'humanité.

 

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L'Au-delà, c'est l'au-delà des apparences, des phénomènes et des illusions. L'Au-delà n'est pas au-dehors, c'est nous qui ne sommes pas dedans.

 

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L'Art, depuis un siècle, a divorcé d'avec le Beau. Tant pis pour l'Art. Reste le Beau … cette disposition de l'âme à recevoir le Réel tel qu'il est.

 

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Pour se dépasser, il faut d'abord savoir se dominer.

 

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Il est tout de même curieux que l'on continue à colporter l'idée fausse d'un homme fait "à l'image de Dieu" alors que le texte biblique dit précisément que l'homme a été engendré "dans l'image de Dieu".

 

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Les interdits religieux se répartissent, toutes religions confondues, en trois catégories : les interdits d'identité qui visent à établir formellement une discrimination entre les croyants et les autres, les interdits de solidarité qui visent à raffermir les liens communautaires entre ces croyants, et les interdits de sainteté qui visent à amener le croyant vers sa perfection spirituelle.

De plus, chaque interdit peut faire l'objet d'un tout ou rien, ou d'une gradation ; on parlera alors, selon, de radicalité ou de progressivité.

 

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La Gauche est morte. Elle ne signifie plus rien. Les bobos néo-marxistes de Nuit-Debout et les enragés abrutis de la CGT en sont le chant du cygne. Il est temps de tourner la page et d'en arriver à la conclusion définitive : après un siècle de mythologie gauchiste, l'homme de la rue a enfin compris que tous les discours dualistes sont débiles et que la réalité n'est jamais réductible à une lutte entre les "bons" et les "méchants".

Être, comme je le suis, radicalement antigauchiste et antisocialiste ne signifie que ceci : tout ce qui touche l'humain est affaire de gaussiennes. Il n'y a pas des riches face à des pauvres, des exploiteurs face à des exploités, des maîtres face à des esclaves, des capitalistes face à des prolétaires, etc … Tout cela est puéril. Dans le Réel, il n'y a que des gens à la fois plus ou moins riches et plus ou moins pauvres, plus ou moins exploités et plus ou moins exploiteurs, plus ou moins maîtres et plus ou moins esclaves, etc …

La fin de la Gauche, c'est la fin des manichéismes.

 

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La substance est déterminée ; la forme ne l'est pas.

 

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Le 15/06/2016

 

De Rita Katz :

 

" (…) something new is happening: Pro-ISIS hacking groups are investing their efforts into a new style of threat, known as “kill lists,” comprised of random people’s names and information for lone wolf jihadists to attack."

 

En anglais ISIS est un acronyme équivalent à Daesh pour désigner le Califat ; l'expression "lone wolf" désigne un franc-tireur, un tireur solitaire qui se sent investi de la mission de tuer des "ennemis" de la cause, désignés par les "listes à exécuter".

De telles listes circulent désormais aux USA essentiellement mais ailleurs aussi.

 

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Le Califat ne peut faire des dégâts que parce que le monde est déboussolé ; ses tueries nous renvoie à nous-mêmes et font le procès justifié d'un paradigme "moderne" lui aussi moribond. Il faut instruire ce procès de la modernité (ce que je fais depuis près de 30 ans) afin non de la détruire, mais de la dépasser et de construire un autre paradigme.

 

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L'universalisme maçonnique n'existe pas et n'existera jamais (il suffit d'observer la multiplicité des rites ... dont le Rit Ecossais Rectifié qui, de fait, exclut les non chrétiens). Il n'y a pas de morale maçonnique. Il y a des règles formelles de régularité et des rites initiatiques de spiritualité. Il n'y a rien d'autre ... C'est cela et RIEN d'autre qui rassemble ce qui est épars. La FM n'est ni une religion, ni une philosophie, ni une idéologie, ni une doctrine, ni une école ... Elle est un véhicule de rites et de règles ... et rien d'autres. Le but de la Franc-maçonnerie n'est pas le rassemblement de tous les hommes ; le but de la Franc-maçonnerie est de constituer une élite spirituelle au service de la Gloire du Grand Architecte de l'Univers. La Fraternité maçonnique ne concerne que les Francs-maçons et ne concerne en rien les profanes.

C'est pour avoir voulu autre chose que les dissidences françaises se sont mises en place au 18ème siècle et ont complètement dénaturé l'essence maçonnique.

 

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Le 16/06/2016

 

Il faut rendre à chaque établissement d'étude et de recherche une totale autonomie. C'est la seule manière d'avoir un enseignement et une recherche qui collent avec les réalités du terrain que tous ces politicards "hors sol" ne connaissent, ni ne comprennent ; il ne ruminent que des slogans et des échéances électorales au service de leur carrière.

 

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La définition de la Régularité maçonnique n'est ni morale, ni philosophique.

 

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Faire la différence entre discrimination (je n'aime pas , je ne souhaite pas fréquenter, …) et persécution (je cherche à chasser, à spolier, à détruire, à exterminer, …).

 

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Opposer radicalement "universalisme" et "différencialisme".

Tout universalisme tend naturellement au totalitarisme.

 

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Le 17/06/2016

 

Heidegger parle de son œuvre comme Wege, nicht Werke ("comme cheminement et non comme travail").

N'est-ce pas ainsi qu'il faut lire et comprendre toute œuvre philosophique ?

 

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Le 18/06/2016

 

LE FIGARO. - Vous êtes l'un des pères de l'Intelligence artificielle, objet de nombreux fantasmes. Pouvez-vous nous en donner une définition?

 

Yann LECUN. - L'intelligence artificielle, c'est la capacité des machines à reproduire des fonctions que l'on attribue normalement aux animaux et humains. Mais les frontières sont très mouvantes. Aujourd'hui, cela porte sur les domaines de la perception par les ordinateurs, la reconnaissance d'images, la compréhension de vidéos, de sons et de textes. (…)

Le travail principal de FaceBook, c'est le tri de l'information. Chaque jour FaceBook peut vous montrer environ 2000 documents, des posts de vos amis, des photos, des vidéos mais personne n'a le temps de visionner tout cela. FaceBook doit sélectionner les centaines de documents les plus pertinents pour vous. Pour cela, il faut comprendre les contenus, savoir de quoi parlent les photos, les vidéos, les textes et comprendre vos intérêts. De son côté, Google a des problèmes de recherche d'information et teste la reconnaissance vocale pour la recherche. Ce n'est donc pas étonnant que ces deux groupes s'intéressent à l'intelligence artificielle.

 

Dans cette interview, le directeur de la recherche en IA chez FaceBook dit deux choses intéressantes que je souligne.

"Reproduire des fonctions" ? Non, vaguement imiter …

"Les documents les plus pertinents pour vous (…) et comprendre vos intérêts" ? Primo : de quoi se mêlent-ils ? Secundo : voilà un dangereux mélange de manipulation et censure.

 

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On ne peut pas savoir où l'on pourrait aller si l'on ne sait plus d'où l'on vient.

 

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Le 20/06/2016

 

D'Antoine de Saint-Exupéry :

 

" L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre.

Tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre."

 

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De mon ami Benoît de Guillebon, de l'APESA :

 

" Les récentes inondations de Paris remettent au goût du jour les réflexions indispensables à avoir sur la résilience de nos systèmes socio-écologiques et sur la vulnérabilité que nous générons parfois en oubliant que nous sommes parties prenantes de la biosphère. "

 

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Le 21/06/2016

 

Au contraire des constructions axiomatiques (Aristote) ou dialectiques (Hegel), les activités dialogiques (Socrate et Platon) ne construisent rien : le dialogue entre deux aveugles ne dira rien sur la lumière et les couleurs.

Notre époque en mettant le dialogue, le débat, le partage, l'échange au milieu de la table, se condamne à l'aveuglement des ignares.

 

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La transmutation de toutes les valeurs, selon Nietzsche, équivaut à l'éradication de tous les idéaux (ces idoles !), de tous les idéalismes (ces idolâtries !).

La souffrance humaine vient du refus du Réel et de la croyance en un idéal qui serait mieux que le Réel. Celui qui assassine ou qui torture sacrifie à l'idéal puisqu'il n'accepte pas que l'autre soit ou reste ce qu'il est, tel qu'il est.

 

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Chacun devrait, comme moi, se construire son propre monde, son propre terroir, sa propre "demeure" … Ma femme, ma maison, mes livres, mes arbres … Tout le reste est en trop ! Encombre ! Alourdit ! Emprisonne ! Empoisonne !

 

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La seule morale : s'abstenir obstinément de faire du mal (méchanceté), mais aussi de faire du bien (charité). Chacun doit se construire de l'intérieur ; tout ce qui vient de l'extérieur, affaiblit, diminue, appauvrit.

Deux modèles, en cela : Lao-Tseu en métaphysique et Nietzsche en éthique.

 

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Le républicanisme, c'est le gauchisme de droite (du Rousseau sans Marx).

 

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Il y a pensée.

Il y a pensée puisqu'il vient d'être pensé qu'il y a pensée.

Dans "il y a pensée", on trouve "il y a" qui pointe vers l'existence, et "pensée" qui pointe vers une activité.

Ainsi émerge une première conséquence : existence et activité se répondent mutuellement. La pensée est activité. Soit ! Mais qu'a-t-elle de spécifique ? Qu'est-ce qui la différencie des autres activités que l'on pourrait imaginer … comme écrire ce qui vient d'être écrit ?

A moins que la seule activité soit de penser …

 

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La philosophie se compose de trois axes :

-       L'art de la question bonne …

-       L'art de la réponse bonne …

-       L'art de la conséquence bonne …

Par ailleurs, la philosophie évolue dans trois domaines :

-       Le monde extérieur …

-       Le monde intérieur …

-       Le Réel qui englobe les deux autres …

L'ensemble fournit une matrice de neuf cases qui couvrent l'intégralité de l'activité philosophique.

 

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La démocratie n'est pas le gouvernement par le peuple, mais bien le gouvernement pour le peuple, c'est-à-dire pour l'intérêt général, pour le bien-vivre du plus grand nombre.

Qui doit exercer ce gouvernement ? Certainement pas le peuple comme le suggère le suffrage universel, mais les plus aptes, les plus capables, les plus sages, les plus compétents, les plus justes : une aristocratie de l'esprit.

 

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Le but ultime de toute philosophie, de toute science, de toute technique, est de combattre la peur, cette peur atavique que l'homme a chevillée au cœur face à la Nature et au monde qui effraie cet animal sauvage raté et infirme qu'est l'homme.

Au fond, la joie de vivre vient de l'éradication de toute peur.

 

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La nature, c'est ce qui est en train de naître (du participe futur du verbe latin nascor), c'est-à-dire ce qui est en train d'advenir et d'apparaître. La nature, c'est tout ce qui peut être perçu lorsque l'on cherche ce qui existe c'est-à-dire le Réel (en grec : Pragma, "ce qui se fait", et Praxis, "action", de Prasso : "faire"). La nature est donc la manifestation du Réel qui se fait ; elle est l'ensemble de tous les phénomènes (étymologiquement : "ce qui est perçu").

La nature est ainsi le pont entre le Réel caché qui se fait, et l'homme qui pense.

En fonction du canal par lequel il aborde les phénomènes, l'homme atteindra, à l'intérieur : la nature psychique, objet de la noologie (l'étude de l'Esprit comme un Tout organisé), et à l'extérieur : la nature physique, objet de la cosmologie (l'étude de l'Univers pris comme un Tout ordonné).

Au-delà de la noologie et de la cosmologie, l'intelligence peut tenter d'aborder le Réel lui-même (le domaine de la métaphysique) dont l'étude s'appelle hénologie ou ontologie, et de construire le noumène (étymologiquement : "ce qui est pensé") qui est l'approche de la réalité du Réel.

 

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Le 26/06/2016

 

Rêver, c'est parfois visiter la mémoire d'un "autre", vivant ou mort.

 

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Il est des morts qu'il faut qu'on tue.

 

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L'essence d'un étant est l'ensemble de tous les possibles qu'il porte en lui.

C'est l'autre nom du destin propre. C'est le projet.

L'existence d'un étant est l'ensemble de tout ce qu'il réalise.

C'est l'autre nom de l'identité propre. C'est le trajet.

L'essence alimente l'existence.

L'existence enrichit l'essence.

L'essence et l'existence sont en rapport dialectique. Leur synthèse est la Vie.

Le destin est le potentiel d'identité.

L'identité est le réel du destin.

Le destin et l'identité, le projet et le trajet, l'essence et l'existence évoluent tous au fil de la Vie.

Il est des Vies enrichissantes. Il est des Vies appauvrissantes.

Le secret de l'enrichissement de la Vie passe par l'accomplissement du destin en plénitude, c'est-à-dire par la réalisation de toutes les potentialités, dans un environnement choisi, riche en opportunités, avec une attention permanente accordée à faire émerger de nouveaux possibles.

La signature cette Vie enrichie, est la Joie.

 

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Rien n'est séparé et tout évolue.

En conséquence tous les raisonnements bâtis sur l'idée de "toute autre chose restant égale" et/ou sur l'idée de "pris isolément", sont simplement et systématiquement faux.

 

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L'Histoire (historienne, historiciste, historicisée, historiographique) n'est qu'une représentation systématisée, formalisée et théorisée de la Mémoire.

Cette Mémoire historicisée n'est que le regard d'une personne, d'une époque, d'une contrée ou d'une idéologie sur la Mémoire accumulée du Réel.

L'Histoire, en somme, réinvente la Mémoire au travers de lunettes humaines, myopes et fallacieuses.

C'est probablement cette distinction que fait Heidegger en parlant d'historique et d'historial.

L'Histoire structure l'accumulation mémorielle et cherche à y découvrir des logiques (voire un Logos) à l'œuvre. Le physicien fait exactement la même chose, non pas avec des magmas mnésiques, mais avec des magmas phénoméniques.

L'Histoire comme la Physique est un colossal effort de "mise en ordre" du Réel, passé ou actuel.

Mais que signifie "mise en ordre" ? On ne pourra dire que l'on a "compris" un "magma" informationnel que lorsqu'on l'aura mis en ordre, c'est-à-dire lorsqu'on y aura  découvert un "ordre", c'est-à-dire une structure descriptible, une logique, des "lois", des règles, un algorithme, un Logos, c'est-à-dire, encore, un principe ordonnateur que l'on peut encore nommer une "logique processuelle".

Et que signifient, alors, "principe ordonnateur" ou "logique processuelle" ?

La réponse tient en un seul mot : l'Intention. Dès lors que l'on connaît (ou devine) l'intention d'un processus, on comprend sa logique processuelle et son principe ordonnateur.

En ce sens, la seule question est : quelle est l'Intention - cosmique pour la Physique, anthropique pour l'Histoire ?

 

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Krishnamurti fait une erreur grossière lorsqu'il prétend que le Devenir est dans l'irréel futur alors que l'Être est dans le présent, seul réel.

C'est exactement l'inverse qui est vrai : parce qu'il est intemporel ou atemporel, l'Être n'existe pas, ni dans le présent, ni ailleurs, alors que le Devenir est seul réel et occupe tout le présent : c'est ce qui devient (advient) qui est présent et réel.

Krishnamurti commet cette faute parce qu'il confond le Devenir avec le "vouloir devenir autre que ce qui advient" (ce qui est la posture de tous les idéalismes).

 

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Le 27/06/2016

 

De Bérénice Levet, professeur de philosophie à l'école Polytechnique, en parlant des élèves de l'école républicaine :

 

" A leur donner la parole sans cesse, on les entretient dans l'illusion qu'ils pensent. Or, pour penser, il faut posséder la langue, une langue qui se cultive au contact de la littérature. Et c'est précisément la mission de l'école que de leur apprendre à former, élaborer une pensée articulée, argumentée."

 

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Il existe quatre regards sur l'école.

Le regard populaire qui veut l'école de l'amusement (du diplôme sans l'effort).

Le regard politique qui veut l'école de la citoyenneté (du débat démocratique).

Le regard économique qui veut l'école de la compétence (du savoir-faire).

Et le regard noétique qui veut l'école de la connaissance (de la transmission culturelle avec de vrais professeurs qui enseignent à des élèves qui se taisent et écoutent pieusement).

Séparé et isolé, chacun de ces quatre regards enclenche une école boiteuse et absurde. L'actuelle idéologie du pédagogisme "progressiste" oublie, tout à la fois, la connaissance et la compétence au profit du "tout ludique" et du "café du commerce".

En revanche, agglomérés, ces quatre regards se complètent assez bien ; question de dosage.

Selon moi, le bon dosage serait : connaissance : 55%, et les trois autres : 15% chacun. Pourquoi ? Parce que sans connaissance, les trois autres sont vides et vains.

 

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Le 28/06/2016

 

La physique a deux visages, l'un technicien, l'autre métaphysicien. L'immense majorité des physiciens sont des techniciens qui expérimentent, calculent, développent, simulent, mesurent, classifient …

Seule, une toute petite minorité fait la science en en fouillant et en en repensant sans cesse les fondamentaux, les postulats, les principes.

Les techniciens ne font que valider ou exploiter des paradigmes, ils ne les créent jamais.

Toutes les autres sciences ne font qu'investiguer une classe particulière de phénomènes qui tous, sans exception, relèvent de la physique.

 

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Les paradigmes physiciens successifs :

·      Paradigme grec : atomisme.

·      Paradigme galiléen : quantitativisme.

·      Paradigme newtonien : mécanicisme.

·      Paradigme einsteinien : relativisme.

·      Paradigme quantique : mathématisme.

·      Paradigme complexe : l'antithèse des cinq autres : holisme, esthétisme, émergentisme, autonomisme, conceptualisme.

 

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Il faut définitivement sortir du paradigme dualiste sujet/objet et investir celui, bipolaire, du projet/trajet.

Le sujet et l'objet ne sont que deux moments apparents d'un même processus unique qui porte un projet et réalise un trajet. La rencontre d'un sujet apparent et d'un objet apparent n'est qu'un aspect particulier du trajet en quête du projet.

 

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Selon le paradigme quantique - du moins dans son acception kantienne dite "de Copenhague" (Bohr et Heisenberg) -, le résultat d'une expérience donne des indications sur le rapport (la relation, l'interaction) entre l'observateur et le phénomène, mais jamais sur le phénomène lui-même. Ce paradigme rejette le Réel hors du champ de la science et, donc, de la connaissance.

Si tel est le cas, cela signifie seulement que la voie expérimentale n'est pas la bonne pour "connaître vraiment" l'univers.

Cela devient évident dès lors que l'on comprend qu'une expérimentation physique est toujours analytique, mécaniciste, idéalisante et artificielle.

 

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il n'y a pas de "Nation", il n'y a que des Etats.

La Nation, c'est un Etat déguisé en Peuple.

 

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Le 29/06/2016

 

Vers une société plus humaine et plus joyeuse …

Remettre l'homme au centre : un homme qui cultive l'autonomie, la liberté et la responsabilité, contre tous les assistanats ; un homme qui se réapproprie sa vie, ses compétences et ses talents pour en faire son propre fonds de commerce.

Remettre la joie au centre : le problème n'est plus de "réussir dans la vie", mais de "réussir sa vie" c'est-à-dire d'accomplir la Vie en soi et autour de soi ; la joie est le signe et la signature de cet accomplissement.

 

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Brexit …

Ont voté pour : les vieux (dont les fonds de pension dépendent de la City donc de Wall-Street) et les crétins (qui se sont fait monter le bourrichon par les nationalistes, souverainistes et autres populistes au prétexte d'immigration incontrôlée).

Ont "oublié" de voter les 75% des jeunes qui étaient contre et qui ont cru le Brexit inimaginable.

A provoqué le processus : Cameron pour des raisons de pure politique politicienne, électoraliste et partisane.

Et sur le fond : le procès du suffrage universel : passer le moins possible par les urnes et ne jamais faire de référendum, surtout pas sur des questions auxquelles les crétins ne comprennent rien et sur lesquelles les démagogues de tous bords ont beau jeu de sauter à pieds joints.

Le 29 mai 2005, le "non" des français, menés par Chirac, le gaulliste franchouillard, avait déjà eu raison de la Constitution de Maestricht.

La navrante leçon n'en a pas été tirée.

 

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Le 30/06/2016

 

Comme le soulignait, hier, mon vieil ami Oded Eldad, professeur d'études bibliques à l'Université Hébraïque de Jérusalem, en hébreu, le mot Panym est toujours au pluriel. Ce mot signifie "face" ou "visage".

Tout ce qui existe présente toujours plusieurs "visages", plusieurs apparences … ce qui met la théorie existentialiste du "visage de l'autre" telle que la voudrait Levinas, bien à mal.

 

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L'Union Européenne passe naturellement et indispensablement par l'éradication des Etats nationaux.

 

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Le principe de subsidiarité implique une gouvernance par exception.

 

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La démocratie ne fonctionne que lorsque les intérêts, les enjeux et les horizons sont immédiats et directs, et ressortissent de la quotidienneté locale. Les masses étant inintelligentes, au-delà de ces horizons immédiats, la démocratie vire nécessairement à la tyrannie de la bêtise manipulée par des démagogues professionnels.

 

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Il faut que l'Europe devienne un empire "carolingien", pas une foire d'empoigne.

 

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La physique théorique d'aujourd'hui, concernant les deux modèles standards, est devenue un feu d'artifices mathématiques au service de l'improbable sauvetage d'un paradigme moribond.

 

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La Nature fonctionne-t-elle "réellement" par sauts quantiques dans un univers discrétisé (Bohr et Heisenberg) ou ces "sauts" n'expriment-ils que la distance entre deux états stabilisés, séparés par un processus hautement instable, très rapide et incommensurable ou par processus de l'espace des états sans manifestation dans l'espace géométrique (telle est la réponse de fond aux grands doutes de Schrödinger contre la thèse de Copenhague) ?

 

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Chaque entité vit son temps propre (que Bergson appelait "durée") qui se manifeste par de l'accumulation mémorielle.

Les théories relativistes parlent d'autre chose : elles s'intéressent à la mesure par un système possédant son temps propre, de phénomènes temporels appartenant à un autre système possédant une autre temps propre que le sien.

Ces théories relativistes tentent, au fond, de modéliser les rapports entre temps propres différents au moyen de signaux émis et reçus.

 

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Le mot "entité" (du latin "ens, entis" qui signifie "étant") est préférable au mot "étant". Une entité est "ce qui est étant" ; quelque chose qui existe, donc, matériellement ou non.

 

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Le processus, c'est ce qui se passe globalement. L'objet c'est ce qui est localement.

S'intéresser à ce qui se passe, globalement, et non plus à ce qui est, localement.

Ce qui est, localement, n'est que l'expression limitée de ce qui se passe globalement.

 

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