"De l'Etre au Devenir"
Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy (écrit en ligne)
Le 01/02/2010
De Ronald Reagan :
"L'Etat n'est pas la solution, il est le problème."
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Le christianisme oriental était néo-platonicien alors que le christianisme occidental était aristotélicien. Telle est la source profonde du grand schisme entre orthodoxie grecque et catholicisme latin. Schisme entre mystique et dogmatique, entre vision et raison, entre résonner et raisonner.
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Pour reprendre le mot de Jean Scot Erigène, Dieu (Deus sive Natura) est suressentiel, c'est-à-dire qu'il est au-dessus de toutes les essences, de toutes les idées, de toutes les formes fixes, de tous les immuables. Il est donc existence pure, Devenir pur, qui "cristallise" parfois en formes, en idées, en essences, c'est-à-dire dans certaines structures morphiques stables qui, parfois, se perpétuent en un phylum.
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L'existentialisme, sous toutes ses formes (Schopenhauer, Nietzsche, Kierkegaard, Bergson, Buber, Jaspers, Marcel, Camus, Sartre, Merleau-Ponty, Tillich, Heidegger, etc …), est un réalisme farouche, antidote puissant contre tous les idéalismes, contre tous les essentialismes.
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La phénoménologie entend, par la multiplication des points de vue, trouver les invariants qui se cachent derrière les apparences. Son hypothèse centrale est que chaque "chose" possède sa propre essence cachée que les phénomènes révèlent sans l'étaler totalement.
Mais elle refuse de prendre en considération l'existence d'un Réel sous-jacent dont les phénomènes ne seraient que les manifestations. La phénoménologie est une tentative désespérée et inutile pour éluder tout spiritualisme. Elle est, au fond, le dernier sursaut – le chant du cygne – du rationalisme.
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Le Logos, c'est l'intention primordiale ainsi qu'elle se traduit dans les "paroles" de la Genèse : "… une lumière adviendra … ", etc …
Annonce, prémonition, vision, prophétie … mais pas création !
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La classique interprétation idéaliste et dualiste du concept creatio ex nihilo doit être totalement convertie.
Le mot latin creatio traduit le verbe hébreu de la Genèse BaRA , qui signifie "engendrer" (de BaR qui signifie "fils") ou ensemencer ( de BèR qui signifie "blé"). Il s'agit d'un engendrement, d'un ensemencement du Divin par Lui-même, une parthénogenèse, en somme.
L'expression ex nihilo traduit que cette engendrement de sort de nulle part, qu'il est autoréférentiel, que ce Nihil, c'est le Divin Lui-même, pleine Vacuité absolue comme néant de forme. La forme, ainsi, émerge de la non-forme.
Il s'agit donc d'autopoïèse cosmique.
Chaque vague émerge de l'océan et y retourne et la houle des mers n'est que la manifestation superficielle de l'océan dont les profondeurs sont à jamais insondables.
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Deus omnia in omnibus est.
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Toute philosophie doit nécessairement distinguer la Nature qui est le monde extérieur à celui qui le perçoit et le conçoit, l'Intellect qui est le monde intérieur qui perçoit et conçoit, et les rapports entre cet intérieur et cet extérieur, entre cette Nature et cet Intellect.
Une telle triade reflète la Trinité chrétienne autant que la Trimurti hindoue.
Ces trois pôles sont trois reflets complémentaires du même Réel sous-jacent : ils participent de la même logique, du même Logos, c'est-à-dire, tout à la fois, de la même Intention et des mêmes processus d'accomplissement de cette Intention.
La Connaissance, en tant que rapport véridique entre Nature et Intellect, n'est possible que par cette procession d'un Logos unique. Connaître, c'est comprendre intimement et au-delà de tout mot et de tout concept, ce Logos en marche. La Connaissance aboutit alors, dans sa perfection, à la fusion totale et parfaite entre Nature et Intellect .
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Il faut encore et toujours dénoncer ces mythes, ces fantasmes, ces mensonges que sont le "propre de la homme", la "nature humaine" ou la "dignité humaine". L'homme a des spécificités, certes, mais celles-ci ne lui donnent aucune valeur suréminente par rapport à tous les autres vivants. L'homme est partiellement différent mais aucunement supérieur. Sa valeur et son mérite ne viennent que de ses œuvres, c'est-à-dire de la façon dont il met en œuvre ses spécificités et différences au service de la Vie qui, elle, lui est infiniment suréminente.
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Dieu sait qu'Il est, mais Il ne sait pas ce qu'Il est.
Dieu sait qu'Il devient, mais Il ne sait pas ce qu'Il devient.
Dieu n'est pas un "ce que".
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L'homme apparaît "dans l'image" de Dieu, mais pas "comme sa ressemblance" (Gen.:1;27) malgré que l'intention affirmée de Dieu soit telle (Gen.:1;26). L'homme appartient donc à la manifestation divine, mais il n'est que manifestation, partielle et partiale. Comme toute autre créature ; ni plus, ni moins.
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Jean Scot Erigène (IXème s. – Iohannès le Scot venu d'Irlande) est un philosophe fascinant. Issu du celtisme, il devint l'un des tout premiers monistes panenthéistes chrétiens qui inspirera fortement Maître Eckart et Nicolas de Cues. Spinoziste avant l'heure, il est un naturaliste qui clame que la Nature présente deux aspects : Dieu et la Création. Le Deus sive Natura de Spinoza lui convient parfaitement.
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La rivière unit ses deux rives "sous" le pont et non "par" le pont.
Cette métaphore est bien pertinente notamment quant au concept de Trinité puisque le Réel (Dieu) et l'Homme sont les deux rives qu'unit la rivière du Logos (l'Esprit) surplombée par le pont du Fils. Vue ainsi, cette Trinité n'a plus rien de chrétien du fait que si Dieu, l'Esprit et l'Homme sont des donnés, le pont qui les unit et surplombe, peut être infiniment multiple. Un pont est Jésus, peut-être, mais d'autres ponts peuvent, ailleurs, dans d'autres paysages, sous d'autres formes, s'appeler Moïse, Lao-Tseu, Bouddha, Muhammad, et bien d'autres.
Selon cette métaphore, il existe donc deux voies d'unification entre Dieu et l'homme, deux grandes familles de chemins de déification de l'Homme : celle des religions qui passe par un des multiples ponts, et celle de la mystique qui traverse la rivière à la nage.
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Il y a une filiation intéressante de panenthéistes monistes au sein du christianisme médiéval. Celle-ci part de Jean Scot Erigène et passe par David de Dinant, Amaury de Bène, les frères du Libre Esprit, Maître Eckart et les mystiques rhénans (Tauler, Ruysbroeck), le Béguines , etc … jusqu'à Montaigne et Giordano Bruno, etc …
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La forme spiritualisée des trois vœux monastiques selon les mystiques rhénans :
- Pauvreté : se détacher de tout Avoir.
- Obéissance : se détacher de tout Pouvoir.
- Abstinence : se détacher de tout Vouloir.
Pratiquer le vacuité et le détachement total afin d'accueillir le Réel.
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Amor fati.
L'acquiescement au Réel n'est ni démission, ni résignation, ni fatalisme. Il est la simple reconnaissance joyeuse d'un devoir préalable à tout pouvoir, d'une porte à franchir pour déboucher sur la liberté. Il s'agit simplement de reconnaître que la vraie liberté ne peut s'élaborer "contre" le Réel mais qu'elle se construit avec lui, par lui, en lui. Le Réel est. Et l'homme en fait intégralement partie. Refuser le Réel, c'est d'abord se refuser soi-même. Il ne peut y avoir d'authentique liberté contre ce que l'on est soi-même. La liberté commence avec l'acceptation de ce qui est, pour se construire avec et par ce qui est.
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Le 02/02/2010
La science est une mythologie où les dieux sont devenus concepts et où le langage poétique est devenu mathématique.
Toute connaissance est mythologique puisqu'à la fois mythique, mystique et mystagogique. Qu'ils soient des dieux ou des concepts, les pierres de l'édifice gnoséologique sont des symboles vivants structurés ensemble dans une architecture relationnelle évolutive. Qu'elle soit poétique ou mathématique (deux facettes qui ne s'excluent d'ailleurs pas du tout mutuellement : il y a une réelle poésie, une réelle élégance, une réelle esthétique même dans la formulation mathématique et conceptuelle des théories les plus fondamentales), qu'elle soit poétique ou mathématique, donc, la connaissance est toujours tautologique : un fantasme sensé représenter, au plus près, le réel perçu et ressenti.
La valeur épistémologique de tels fantasmes vient de leur capacité à faire comprendre mieux l'univers où l'on vit, à permettre de s'y intégrer plus harmonieusement et d'y pouvoir vivre avec plus de joie.
L'idée de "vérité" n'y joue aucun rôle, non par cynisme ou dédain, mais parce que cette idée est totalement vide de sens car qu'est-ce qui est vraiment vrai hors ce qui procure joie et paix et beauté ?
Car, au fond, la connaissance n'est que cette voie floue et difficile qui permet à l'homme de s'intégrer mieux dans le cosmos et d'en ressentir une béatitude et une sérénité sans égales. Ici aussi, "c'est à ses fruits que l'on reconnaît l'arbre". Sans sombrer ni dans l'utilitarisme d'un Bentham ou d'un Mill, ni dans le pragmatisme d'un Peirce ou d'une James, le seul critère de véridicité ou de plausibilité gnoséologiques est esthétique et sapiential. La science classique n'est pas si loin lorsqu'elle ne valide une théorie (un mythe nouveau, donc) que lorsque sa puissance prédictive est expérimentalement confirmée par des faits observables et mesurables, car, au fond, rien n'est mieux observable et mesurable que la joie de vivre, que la paix ressentie, que l'harmonie vécue.
Même la connaissance scientifique la plus pure, la plus abstraite, la plus théorique, n'a fondamentalement pas d'autre fonction – outre ses éventuelles retombées technologiques qui, ici, ne jouent qu'un rôle très annexe - que de procurer au physicien qui la vit, une joie immense de fusion intense et harmonieuse avec la réalité ultime du cosmos. On n'est là pas très loin de l'extase du mystique ; Einstein et tant d'autres en ont largement témoigné.
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Sujet et objet sont dans un rapport dialectique qui ne se résout que dans le projet qui les transcende.
Sans passage du binaire au ternaire, la discussion s'enlise entre matérialisme objectif (et le chosisme qui l'accompagne) et idéalisme subjectif dont les apories conduisent à un scepticisme tout en grisailles.
Pour sortir de cette impasse, le Devenir seul, au-delà de l'Être et du non-Être, fournit une base de sens qui fonde, à la fois, l'objet et le sujet comme manifestations secondaires.
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En suivant Schopenhauer, ce qui distingue le rêve de la réalité, c'est la continuité des choses et des processus : le rêve est haché au rythme des périodes de sommeil profond alors que le réel, même en cas d'absence de la conscience, continue à évoluer selon sa logique propre et continue.
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Le 03/02/2010
Skieurs, il vous faut résister à la pelle des neiges, comme les résistants ont résisté après la pelle du 18 juin.
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Le 04/02/2010
De Christiane Madeline (traductrice de Swami Chinmayananda) :
"(…) notre bonheur dépend de notre compréhension de la vie et de notre sagesse. Certes, le bien-être individuel est déterminé, dans une large mesure, par les conditions de vie et les facteurs économiques, sociaux et culturels. Cependant, dans la recherche du bonheur, un domaine est laissé à notre seule initiative : notre vie intérieure, notre destin personnel, notre relation aux autres, au monde, à nous-mêmes. La perspective dans laquelle nous considérons l'existence et l'attitude avec laquelle nous menons notre vie sont déterminantes. (…)
L'action menée avec l'attitude juste, éclairée par la connaissance, inspirée par l'amour, est le lieu où l'unité de la vie peut être réalisée, grâce à la perception des l'Existence éternelle, substrat de ce qui est en devenir, flux des évènements, des noms et des formes."
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Pour construire sa vie intérieure et sa joie de vivre, c'est-à-dire accomplir la vocation profonde de son âme, tout humain a besoin frugale de la satiété du corps, de la paix durable du cœur et de la sapience ouverte de l'esprit ; tels sont, précisément et respectivement, les missions de l'économique, du politique et du noétique.
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Sagesse : l'art de vivre en joie.
Philosophie : les chemins intellectuels vers la sagesse.
Mystique : les chemins intuitionnels vers la sagesse.
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Les trois moteurs universels selon les Védas : le déploiement (Brahma : la volumique spatiotemporelle – l'émergence), la préservation (Vishnou : l'eidétique structurelle – l'essence) et la transformation (Shiva : la dynamique motionnelle – l'impermanence).
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La Bhagavad Gîta affirme l'unité de la Vie, sa cohérence et sa cohésion, sa logique globale unique et universelle. Et cette Vie est une bataille. Une bataille contre l'ignorance et l'illusion, contre les apparences et les mensonges, contre tout ce qui s'éloigne du Réel et de sa plénitude.
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Résoudre un problème, ce n'est pas donner une réponse, c'est éradiquer la question.
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A quoi reconnaît-on un sage authentique ? A son enthousiasme.
Par contre, tous les faux prophètes et les faux maîtres sont tristes et ennuyeux à mourir.
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"Pour les gnostiques, le problème fondamental n'est pas le péché, mais l'ignorance, et la meilleure manière de traiter ce problème n'est pas d'emprunter le chemin de la foi, mais celui de la connaissance."
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Le 05/02/2010
L'immatériel N'EST PAS quantifiable. Tous les modèles de quantification qui ont été proposés sont tous plus absurdes les uns que les autres (cfr. la DG Entreprise de la Commission européenne). Il faut comprendre que nous vivons un changement de paradigme et que l'avènement de l'économie immatérielle signe aussi la fin du tout comptable, du tout financier, du tout fiscalisable. La qualitatif non quantifiable prend le dessus sur le quantitatif. A vouloir quantifier l'inquantifiable, on en arrive à construire des usines à gaz aussi lourdes, inefficaces et bureaucratiques que nuisibles et inutilisables. La valeur d'un patrimoine immatériel est une valeur d'usage et non une valeur d'échange, donc son prix dépend de l'habileté de l'acheteur à en faire quelque chose ; le passé et le vendeur n'y jouent aucun rôle. Un patrimoine immatériel n'a aucune valeur en soi, qui puisse être quantifiée dans l'absolu ; sa valeur n'est que relative à celui qui l'utilise et à la manière dont il l'utilise.
Le patrimoine immatériel n'est pas un capital immatériel pour la bonne et simple raison qu'il n'est pas capitalisable. Les patrimoines immatériels, parce qu'immatériels, précisément, sont fluides, insaisissables, impermanents, volatils ; on ne pourra jamais les fixer - ni financièrement, ni comptablement, ni fiscalement - car les fixer revient à les tuer. De plus, cette tentative de fixation ne pourra être que purement artificielle, arbitraire, capricieuse ou manipulatoire. Une idée ne vaut rien par elle-même, elle n'a pas de valeur en soi, mais peut parfois en produire au travers de la spécificité momentanée de celui qui la met en œuvre au service d'un projet qui lui est propre.
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Le 06/02/2010
L'espace et le temps, la matière et l'énergie, les forces et les champs, les lois de la physique et les constantes universelles, les formes et les mouvements, tout cela n'est que manifestations, émanations, épiphénomènes d'une "intériorité" cosmique ultime qui s'exprime et se déploie à travers eux ; aucun d'eux, en conséquence, ne peut constituer le fondement du Réel.
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Le matérialisme prend les effets pour les causes, les apparences et les manifestations pour le fondement.
Et parce que ce fondement - cette "intériorité cosmique - est caché et mystérieux - non par malice mais du fait de la myopie humaine -, il appelle une mystique pour se dévoiler (dévoilement : apocalypse).
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Kant a raison lorsqu'il écrit que les concepts d'espace et de temps, de matière et d'énergie, etc … sont des catégories mentales (des structures de classement a-priori des phénomènes) qui induisent notre vision du monde.
Kant a tort lorsqu'il pense que l'on ne peut outrepasser et transgresser ces catégories pour atteindre à la réalité du Réel.
Ce que Kant a seulement montré, c'est que le rationalisme en est incapable.
C'est donc le rationalisme qui meurt avec Kant et non la métaphysique c'est-à-dire la mystique conceptuelle.
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Ce qui meurt aujourd'hui, avec l'extinction du paradigme moderne, ce sont le matérialisme de Démocrite, l'humanisme de Socrate, l'idéalisme de Platon, le rationalisme d'Aristote et le démocratisme de Solon : bref, la pensée athénienne.
Ce qui ressuscite, c'est la pensée orientale, spiritualiste, panenthéiste, naturaliste, intuitionniste et aristocratique : le présocratisme, le taoïsme, l'hindouisme, l'hébraïsme.
Ces considérations donnent le tableau suivant :
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Paradigme moderne |
Paradigme nouveau |
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Matérialisme |
Spiritualisme |
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Humanisme |
Panenthéisme |
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Idéalisme |
Naturalisme |
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Rationalisme |
Intuitionnisme |
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Démocratisme |
Aristocratisme |
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Du Corbusier (in : "Une maison, un palais" ) :
"Admettons cette vérité de La Palice : l'œil ne mesure que ce qu'il voit. Il ne voit pas le chaos, ou plutôt il voit mal dans le chaos, l'embrouillé. Et sans hésiter, il s'est porté sur ces choses qui ont un aspect (…) géométrique."
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Cité par Steve Jobs :
"Si vous vivez chaque jour comme s'il était le dernier,
vous finirez un jour par avoir raison."
Et d'ajouter :
"Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d'éviter le piège qui consiste à croire que l'on a quelque chose à perdre."
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Pour répondre des incohérences et contradictions des traditions évangéliques "canoniques", les gnostiques chrétiens ont été obligé de construire des théogonies et cosmogonies abracadabrantesques et reléguer le Dieu de la Torah au rang d'un subalterne de seconde zone, déchu et maladroit sinon pervers.
La physique contemporaine est acculée aux mêmes expédients : pour rendre compte des incompatibilités et réfutations expérimentales des sacro-saints modèles standards, elle est contrainte de faire foisonner des hypothèses de plus en plus grand-guignolesques comme les multivers, la matière sombre, l'énergie noire, la surface écumante du vide quantique, etc …
Dans les deux cas, la conclusion est la même et participe du principe de parcimonie d'Occam : plutôt que de se lancer dans des surenchères surréalistes pour "sauver" le modèle, il faut avoir le courage d'y renoncer et de fonder une tout autre approche conceptuelle.
Ni le "canon" chrétien - défendu contre toute logique, avec la violence que l'on sait par le catholicisme -, ni le "canon" mécaniciste ne tiennent la route ; il faut donc les rejeter. C'est ce qu'a fait la mystique orthodoxe et rhénane, et c'est ce que fait la physique complexe.
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De Bernard-Henri Lévy :
"les philosophes ont trop longtemps interprété le monde ;
ils ont trop voulu le transformer"
Ce point est essentiel : la vocation de la philosophie n'est ni d'humaniser le réel (l'interpréter), ni d'idéaliser le réel (le transformer), mais de pleinement l'assumer pour pleinement l'accomplir.
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Le rapport entre sujet et objet, pour ne pas dégénérer en rudimentaire relation d'appropriation ou de domination, doit se transcender en un projet qui, au fond, est toujours l'accomplissement d'un désir. Ce désir, pour René Girard, prend sa source dans le "modèle" et n'est, en somme, que "mimétique". Ainsi le relation à l'objet devient ou cache une relation au modèle qui peut être d'amour et d'adoration (comme en religion) comme de haine et de jalousie.
Cette dialectique du sujet et de ses modèles fonde toutes les facettes de l'idéalisme.
Le message le plus fort de l'orient taoïste, hindouiste ou bouddhiste concerne précisément l'abolition de ce désir, de tout désir au sens de Girard, et la destruction de tout modèle, de toute idole, de tout idéal, afin de rendre l'existence à la vie réelle.
C'est aussi le message le plus profond du Judaïsme : quelles sont mes idoles afin que je les brûle ?
L'abolition des idoles, des modèles et des idéaux, abolit, du même coup, la séparation du sujet et de l'objet, et la cessation de tout projet.
La vie est alors rendue au Réel pur, à l'ici-et-maintenant ; et le seul désir qui puisse subsister est le désir de s'accomplir soi-même, dans la réalité du présent réel et actuel : devenir tout ce qu'il est possible de devenir dans chaque ici-et-maintenant, sans aucune norme, sans aucune limite, sans aucun but.
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La guerre des évangiles et des théologies fit rage aux IIème et IIIème siècles. Les évangiles et textes annexes, aujourd'hui dits canoniques, en sortirent vainqueurs et promurent la faction paulinienne au rang d'orthodoxie (avec destruction systématique et acharnée de toutes les traces des factions rivales). Avant ce dénouement, le christianisme primitif avait connu quatre bassins théologiques principaux : le bassin judéen, le premier en âge et en dignité (il était dirigé par les frères de sang de Jésus sous la férule de Jacques), disparut très vite après la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 ; le bassin romain fut la sphère d'influence paulinienne, d'Ephèse à Rome ; le bassin goth suscita Arius et tant d'autres hérésiarques ; et le bassin alexandrin fut berceau de ce gnosticisme venu du néoplatonisme de Plotin et de la proto-kabbale juive. Alentour, les très populaires cultes de Mithra (dont s'inspirent les récits de la "naissance" de Jésus) et d'Isis (modèle de celle qui deviendra la "vierge Marie"), et mystères d'Eleusis (source évidente des mythes de mort et de résurrection), furent absorbés par l'engeance paulinienne par diktat de l'empereur Constantin lors du concile de Nicée de 325. La messe était dite !
Ainsi finit la guerre des évangiles et des théologies, par le triomphe impérial et impérialiste de la faction paulinienne (Irénée, Justin, Tertullien suivis d'Augustin) qui devint, de ce jour, catholique et orthodoxe, avant de devenir, quelques siècles plus tard, catholique mais non orthodoxe.
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Le 07/02/2010
Le cosmos est un processus complexe en déploiement.
Le cosmos n'est ni une "chose", ni un assemblage, ni une machinerie car il est une dynamique en marche, un projet (ni objet matérialiste, ni sujet théiste) en voie d'accomplissement ; il est un Devenir pur exempt de tout Être et de tout non-Être.
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De Jean Rostand :
"Une œuvre d'art peut exiger que nous lui sacrifions jusqu'à nos scrupules."
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Vivre pleinement le présent, le ici-et-maintenant, c'est jouir intensément, à chaque instant, du flot bouillonnant de toutes ses sensations et de toutes ses pensées, sans jamais s'attacher à aucune.
Jouir sans fin de la vie de son corps, de la vie de son cœur, de la vie de son esprit et de la vie de son âme. Mais surtout, ne jamais s'attacher à rien. Tout est un flot qui coule … Penta rhéï !
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Berdiaev décrit sa méthode philosophique comme "intuitive et aphoristique plutôt que discursive et systématique". Avec Nietzsche, nous adhérons …
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L'existentialisme sartrien - comme toutes les autres variantes de l'existentialisme individualisé - est une impasse. L'individu (l'ego) n'a pas d'existence propre, il n'est qu'une manifestation superficielle et épiphénoménale de l'Existence transcendante du Réel-Un. L'existentialisme ne prend sens qu'appliqué à ce Réel-Un dont l'Existence transcende toutes les pseudo-existences microcosmiques. C'est pour le Réel-Un, pris globalement, que "l'existence précède l'essence" ou, autrement dit, que le Devenir évacue l'Être. La liberté est évidemment au centre de cet existentialisme transcendantal ; et c'est encore celui-ci qui, par ricochet, permet à l'homme d'atteindre à la liberté pourvu qu'il dépasse son ego et participe pleinement à l'Existence transcendante du Réel-Un.
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Le 08/02/2010
La démocratie est un échec.
Son concept était beau, mais le principe de réalité (sociologique, éthique, noétique) rattrape le principe de plaisir (philosophique, humaniste, moral).
La démocratie est un échec parce que, tout simplement, elle se fonde sur l'idée fausse d'un peuple sage et bienveillant, généreux et fraternel. Rien n'est plus faux : la populace est vulgaire et primaire, vile et jouisseuse, ignare et inintelligente.
La populace est incapable d'élégance, de noblesse, de vision, de transcendance, de grandeur, bref : de toutes ces vertus aristocratiques qui font que le monde peut être développé selon un principe d'harmonie au service de ce qui le dépasse infiniment.
Il faudra bien se résoudre à dépasser la démocratie sans retomber dans les totalitarismes (qui, pour la plupart, ont été établis au nom du peuple, contre les élites). Il faudra bien établir un nouveau principe aristocratique basé non sur le sang et l'hérédité, mais sur le mérite et la vertu.
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De Karl Jaspers :
"L'existence est un déchirement entre notre présence dans le monde et notre aspiration à une transcendance."
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La liberté se définit comme le rapport entre le nombre et la qualité des possibles internes et le nombre et l'intensité des contraintes externes.
La liberté augmente exponentiellement au fur et à mesure où l'on cultive et développe de nouvelles aptitudes intérieures et où l'on se désaliène du monde extérieur.
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L'évolution d'un système mécanique est déterminé par des causes extérieures. L'évolution d'un système complexe est mu par des "forces intérieures" (intention) et se déploie malgré les contraintes extérieures.
Dans ces cas, "il ne s'agit plus de savoir pourquoi quelque chose s'est produit, mais il s'agit de savoir quelles contraintes ont fait que n'importe quoi ne se soit pas produit.
Dans l'explication cybernétique dite négative, l'examen des restrictions ou contraintes du système montre que n'importe quoi ne peut se produire et que seule une réponse appropriée à ces contraintes peut survivre, se développer et se reproduire".
En bref : tout ce qui n'est pas impossible, est possible ! Ou, plus politiquement : tout ce qui n'est pas interdit, est permis.
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Wikipedia définit l'information comme : "la rencontre d'une donnée et d'un problème. Le rendement informationnel d'un système de traitement informationnel est le quotient entre le nombre de bits du réservoir de données et celui de l'information extraite. Les données sont le cost side du système, l'information, sa value side. (…) au-delà d'une certaine masse de données, la quantité d'information baisse et, à la limite, devient nulle. (…) trop d'informations tue l'information."
L'intérêt de ces remarques est de mettre l'accent sur la valeur d'échange ou d'acquisition ou de construction des systèmes d'information, et leur valeur d'usage. Comme toujours, cependant, elles pêchent par l'obsession de la quantification qui est peut-être pertinente pour les données et leur coût, mais qui ne l'est pas beaucoup pour les informations et leur usage.
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Le 09/02/2010
Comme on le sait depuis longtemps, même si certains l'oublie parfois, l'énergie n'est pas une substance, mais une manifestation. Le concept d'énergie permet d'exprimer une évolution, un changement, une transformation. Schopenhauer écrivait que l'énergie manifeste une variation d'activité.
Les notions classiques d'énergie potentielle et d'énergie cinétique expriment, respectivement, des variations du tissu (ensemble des distances) métrique et cinématique.
Il existe, symétriquement, une notion nouvelle d'énergie morphique qui exprime des variations de forme (sans, nécessairement, de variation de métrique et/ou de cinématique). Cette énergie morphique ne se conserve pas nécessairement et ressemble fort au concept d'entropie/néguentropie qui mesure, en thermodynamique classique, l'évolution de l'organisation (donc de la forme, au sens large) d'un système.
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Le 10/02/2010
De Maurice Magre :
"La réussite matérielle n'a aucun rapport avec la véritable réussite d'une existence. Elle en est même, presque toujours, le signe du contraire (…)"
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C'est la logique même de l'industrialisation qui est la cause profonde du marasme dans lequel sont en train de plonger, indissolublement interdépendants, le monde humain et le monde terrestre.
L'industrialisation induit la massification généralisée parce qu'elle ne vit que d'une logique des grandes quantités et des petites qualités, des haut rendements et des bas prix, de levier de taille et d'économie d'échelle.
L'industrialisation induit la financiarisation généralisée parce qu'elle a besoin de financer sa course aux investissements et au gigantisme, sa course au toujours plus, sa course aux leurres des gros volumes.
L'industrialisation induit la marchandisation généralisée parce qu'elle ne vit que de marketing et de publicité, d'attrape-gogo et de mensonge., de manipulations et de médias rampants à sa botte.
L'industrialisation induit la juridisation généralisée parce qu'elle table sur l'anonymat et la procéduralité, parce qu'elle compte sur ses alliances politico-législative, parce qu'elle est sûre de sa puissance démagogique et de la vénalité de ses avocats.
La nostalgie voudrait revenir aux temps, que l'on s'invente doux, de l'artisanat rural d'avant l'ère industrielle. La nostalgie est mauvaise conseillère. Mais la lucidité impose de dépasser, au plus vite cette logique industrielle, de la marginaliser, de n'en faire plus qu'un mal nécessaire, réduit à son extrême minimum, à la périphérie de nos vies.
Au mieux, on peut voir la logique industrielle comme le tremplin d'hier, que l'on peut encore faire semblant de croire probablement inévitable ; mais tout plongeur sait qu'il faut quitter le plongeoir, s'en éloigner le plus vite et le plus loin possible car s'y laisser rebondir, toujours plus fort, toujours plus haut, finit toujours par la rupture et l'accident.
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Le 11/02/2010
D'un anonyme (notes trouvées dans un livre de bouquiniste) :
"Il ya des évidences éclatantes qui perdent leur allant et même leur caractère d'évidence, dès que la parole veut les exprimer."
"C'est nous, par un travail quotidien, qui devrons arracher les racines de l'instinct pour parvenir plus vite à la vie de l'esprit."
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De Maurice Magre :
"(…) le besoin de la pensée appartient à une aristocratie des besoins (…)"
"La maîtrise est relative à l'élève."
"Une loi d'équilibre harmonise le tout. A cette loi on peut donner le nom de Dieu."
A partir de moment où l'on a réalisé que l'on est le destin, on devient libre et l'usage de la liberté personnelle se confond aussitôt avec la loi universelle."
"Tout ce que nous pouvons apprendre de l'intelligence divine nous montre que la douleur comme la joie sont des éléments pour stimuler la vie, doués d'une égale utilité."
"La sainteté n'est peut-être que la conformation absolue à l'ordre du monde."
"Il faut admettre deux lois différentes : celles des hommes vulgaires, astreints aux règles sociales, et celle de ceux qui voient Dieu derrière toutes les manifestations de la vie et respectent sa volonté."
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Le mobile profond de toute "bonne" action - comme de toute action - n'est pas de faire le Bien, mais de se faire du bien.
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Le "destin" n'est qu'un mot, il désigne seulement l'ensemble des patrimoines intérieurs sur lesquels se construit toute existence. Notre destin est en nous. Il forge ce que nous devenons, librement, ; il est notre fondation et ne présage que de la largeur de notre édifice de vie, pas de sa beauté, ni de sa hauteur.
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Sans du tout en sous-estimer ni l'importance, ni l'enjeu, la question de la cause de l'anisotropie de l'univers ne devrait faire problème que si l'univers était euclidien, infini et statique. Ce n'est pas le cas. L'univers est non-euclidien (une hypersphère en expansion), fini (mais illimité) et dynamique (tout y est en expansion, en connexion et en rotation).
Dès lors, l'anisotropie est originelle et évidente : tous les points ne sont à la même distance ni du centre, ni des pôles, ni de l'équateur, ni de la surface de l'hypersphère, et les deux pôles (points de jonction de l'hypersurface et de l'axe global de rotation) constitue d'emblée deux points remarquables totalement anisotropes.
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Le 12/02/2010
D'Oscar Wilde :
"Le cynisme consiste à voir les choses telles qu'elles sont
et non telles qu'elles devraient être. "
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Le 13/02/2010
Les grosses entreprises ont généralement tendance à croire que leur taille et leur poids sont des gages suffisants de pérennité. Les dinosaures, à la fin du jurassique, le croyaient aussi.
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Le christianisme n'est pas la religion de(s) Jésus ; il est la religion fantasmée par Paul et fondée par Constantin après la "guerre des évangiles".
Le christianisme aurait pu devenir le bouddhisme du judaïsme, il n'est devenu que son confucianisme.
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L'enseignement ésotérique d'une doctrine n'est ni secret, ni caché ; il parait tel seulement aux esprits obtus trop bruts pour le comprendre. Par sa parole même, l'ésotérisme définit sa propre élite. L'adage fondateur de l'ésotérisme est : "comprenne qui pourra". C'est l'enseigné trop inintelligent qui s'y élimine de lui-même, l'enseigneur, lui, n'élimine personne a priori.
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Ne jamais confondre "désir", de première part, "envie" ou jalousie", de seconde part, et "convoitise" ou "avidité" ou cupidité" ou "appétit" de dernière part.
Ces derniers ne portent que sur l'Avoir : accaparement, appropriation, consommation, absorption, domination, asservissement, etc …
Les deux précédents portent sur l'Être : apparence, supériorité, dominance, compétition, concurrence, etc …
Quant au premier, lui seul porte sur le Devenir, lui seul ne se réfère qu'à soi, qu'au Soi : il est un élan intérieur vers plus de noblesse, plus d'élégance, plus de simplicité, plus de frugalité, plus de parcimonie, plus de simplicité, en bref : vers plus d'accomplissement, sans aucune référence à quoi que ce soit ni qui que ce soit d'extérieur à soi. Il ne s'agit que de grandir (en prenant moins de place), de se dépasser (en devenant transparent), etc …
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L'herméneutique - du nom du dieu Hermès, le révélateur des secrets - concerne le dévoilement du contenu ésotérique de la Parole (Logos) exprimée dans l'art sacré (les textes sacrés, parce qu'ils relèvent avant tout de la poésie, appartiennent à l'art sacré dont ils constituent le cœur palpitant et l'âme la plus haute).
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Au fond, deux voies spirituelles et religieuses s'affrontent depuis l'aube de l'âme : la voie du salut et la voie de la joie.
Se sauver ou se réjouir. Sotériologie (et eschatologie) ou eudémonisme.
Mais se sauver de quoi, bon sang ? Il n'y a rien n'y personne à sauver. Idée saugrenue que celle de salvation. Je le répète : mais sauver de quoi, bon sang ? De quelle menace ? Qui ou quoi menace ? Menace de la mort ? Mais c'est la mort même - qui n'existe pas - qui donne sens et valeur à la vie. De la souffrance ? La souffrance - qui est le plus souvent imaginaire - n'est que l'expression de nos orgueils ou de nos ignorances. De la Nature ? La Nature n'est hostile qu'envers celui qui veut l'assujettir. Du Réel ? Ah ! Voilà le nœud du problème qu'il faut trancher, une bonne fois pour toute. Se sauver du Réel et s'enfuir dans l'imaginaire, dans le fantasme, dans l'Idéal. Car, au fond, c'est alors de nous-mêmes, de nos inadaptations, de nos faiblesses, de nos bêtises, de nos myopies dont nous espérons nous sauver afin de nous faire croire que l'on peut échapper à ses propres limites, à ses propres infirmités, à ses propres mutilations.
Si le mythe du salut individuel n'a proprement aucun sens, celui du salut collectif pourrait en avoir un peu plus sur base du simple constat que l'humanité, dans ses délires consommatoires et barbares, court à sa perte en tuant la Terre-Mère qui la nourrit. On pourrait alors conjecturer une sotériologie écologique et une eschatologie terrestre. Mais il ne s'agit pas encore de spiritualité ou de religion, seulement de prospective …
Toutes les religions du Salut (judaïsme tardif, christianismes, islams, bouddhismes, etc …) sont des religions (populaires, voire populacières) du mensonge dont l'idéalisme éthéré masque mal le refus du Réel tel qu'il est mais tel que l'homme vulgaire, tel que la populace sont incapables de le regarder, de le voir, de l'aimer.
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Si l'on peut parler de "vie après la mort", elle n'est pas dans un au-delà, mais dans l'en-deçà.
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J'aime infiniment mieux les arbres dont je ne connais rien des vices, que les hommes dont je sais toutes les infâmes turpitudes.
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De Maurice Magre (in : "Le livre des certitudes admirables") :
"L'existence de lois immuables et le fait absolument étonnant que le monde garde sa cohésion et ne s'écroule pas, font penser que ce monde complexe est soutenu par un principe intérieur qui le dirige. Ce principe nous anime, nous donne vie et forme, il est en nous comme dans toutes choses (…)"
"Il faut renoncer à la conception qu'il y a un au-dessus de nous (…)"
Un simple regard jeté sur le monde enseigne que l'esprit créateur donne la vie et la mort avec une égale indifférence, favorise le plus fort, ne connait ni pitié, ni justice (…)"
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De Sri Aurobindo :
"Derrière les apparences de l'univers, il y a la réalité d'un être et d'une conscience, le soi de toutes choses, unique et éternel. Tous les êtres sont unis dans cet esprit unique."
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De la Bhagavad Gita :
"Ceux qui m'adorent sont en moi et je suis en eux."
"Car je ne me manifeste pas à tous."
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Maurice Magre - encore lui - pose le problème le plus profond, au cœur de la destinée humaine et de sa séparation d'avec le Réel-Un, en ces termes :
"On ne peut expliquer (…) qu'il faille à l'âme humaine tant de peine pour reprendre sa place dans une immensité d'où elle a jailli."
Pourquoi l'homme est-il ou s'est-il séparé du Tout-Un ?
Pourquoi toutes les spiritualités doivent-elles déployer tant d'efforts, tant de triturations intérieures - souvent si stériles et douloureuses -, pour ressouder cette séparation, pour ravauder cette déchirure au sein de l'Un ?
Pourquoi l'âme humaine est-elle ou s'est-elle distanciée de l'âme cosmique ? Si l'on comprenait le pourquoi de cette déchirure, on comprendrait, ipso facto, le comment de son raccommodage.
Pourquoi l'homme nait-il à la conscience avec la profonde et fallacieuse prétention de se poser en être séparé de l'Être, de porter un devenir séparé du Devenir ?
Cette illusion est-elle le fruit d'une tare congénitale, d'une incomplétude génétique, ou bien renait-elle en chacun d'un processus bancal de construction de soi ?
Le christianisme parle, concernant cette déchirure, cette séparation, de chute, de faute, de péché originel. Il ne s'agit pas de cela. Il n'y a jamais eu un "avant" radieux et un "après" (après quoi, au juste ?) déchu. La sortie du jardin d'Eden n'est ni une déchéance ni une punition, mais, tout au contraire, une nécessaire montée initiatique vers une conscience plus éveillée.
J'avais, ailleurs, assimilé cette grande rupture avec la naissance de l'ego, de ce factice rempart bâti contre la dissolution de soi, contre la peur du monde, contre la fonte d'une bien précaire liberté. Mais c'était prendre l'effet pour la cause ; c'était déplacer le problème sans le résoudre car la vraie question alors devient celle-ci : pourquoi l'homme secrète-t-il l'illusion d'un ego séparé du reste de l'univers ? pourquoi l'homme a-t-il peur de la vastitude du Réel, de son appartenance totale à ce Réel-Un ? pourquoi l'homme ne voit-il pas que sa liberté nait, précisément, de son allégeance au Réel ?
On le sent bien : toutes ces questions n'en sont qu'une seule. D'où vient l'absurde illusion humaine de constituer un "autre" face à l'univers, face au monde, face au Réel ?
Aujourd'hui, je n'entrevois qu'une seule réponse, toute nietzschéenne : l'homme est un pont en construction, entre animalité et surhumanité. Un pont inachevé. Et la rupture, la déchirure, la séparation dont il est parlé, n'est que l'expression existentielle de cette incomplétude humaine. L'humain, parce que plus tout-à-fait animal et parce que loin du surhumain, s'imagine un ego, une altérité, une distinction qui compenseraient son infirmité native : du fait qu'il se sait "autre" que l'animal déjà dépassé, et "autre" que le surhumain non encore advenu, il en infère être "autre" que tout.
L'homme est un pont inachevé, suspendu dans le vide, entre animalité et surhumanité, un être incomplet, infirme, bancal, dont la blessure est de n'être pas encore surhumain, et dont l'orgueil blessé se rebelle contre sa propre souffrance en s'inventant une altérité foncière qui n'est que mensonge.
L'homme crève de n'être pas achevé, de n'être qu'une esquisse, qu'une étape, qu'un morceau de pont nietzschéen entre animalité et surhumanité. Il s'affirme fallacieusement "autre", séparé, par rébellion orgueilleuse contre cette condition d'intermédiaire, transitoire et incomplet, qui est la sienne.
L'homme est un chemin qui se prend pour une destination. Il doit donc comprendre que la joie n'est pas au bout du chemin, mais que la joie est le chemin même. Que le sens et la valeur de l'homme viennent précisément de l'acceptation à être et à faire ce chemin, ce pont, ce passage. Amor fati, disait Nietzsche.
La possible réconciliation avec le Réel - et la possible réinsertion en lui - ne peut venir qu'en assumant pleinement cette condition intermédiaire et bancale, ce rôle de pont inachevé, cette mission de construction qui donne, seule, sens à l'existence humaine. S'il était achevé, l'homme ne serait qu'un absurde aboutissement inutile.
L'homme n'est qu'un entre-deux et c'est cela, précisément, qui fait la grandeur de sa vocation, s'il l'accepte et l'assume.
L'animal vit dans l'être-là, sans questionnement et sans état d'âme - jardin d'Eden. L'homme a découvert le devenir et s'y voit inachevé, infirme, bancal. De l'Être au Devenir, donc, une fois encore.
Mais parce que ce Devenir le dépasse infiniment - lui en tant qu'individu, mais lui aussi en tant qu'espèce transitoire et intermédiaire -, parce que ce Devenir l'effraie, parce que ce Devenir blesse son orgueil en lui révélant son incomplétude et ses infirmités, l'homme fuit le Réel qui est ce Devenir qui le dépasse. Il fuit le Réel et s'invente un ego pour s'y réfugier. Il rompt avec ce qu'il est et ce qu'il doit devenir. Il s'enferme dans ce délire d'orgueil qui est tout le moteur, unique et profond, de l'histoire humaine.
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Le 14/02/2010
La liberté humaine nait par l'allégeance au Réel.
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La parole n'appelle pas la voix.
On ne peut dire qu'avec la voix, mais on peut parler par bien d'autre voies.
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La grande erreur de l'homme : se croire être déjà ce qu'il va peut-être devenir.
Au fond, se gargariser de mots …
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De Maurice Magre :
"Le procédé de la nature est toujours la lenteur."
"Les hommes ne parlent guère dans leurs conversations que de ce qui n'a pas d'importance. (…) la médiocrité est la base, le fonds bien-aimé où l'homme a sans cesse besoin de se retremper et où il retrouve sa plénitude. Aussi la compagnie des hommes est inutile, sauf peut-être pendant la toute première partie de la vie. Au contraire, celle des arbres est toujours instructive."
"La sagesse a été pour moi une délivrance. (…) Elle m'a appris la vanité des amours, l'erreur de croire sacrés les devoirs humains, le caractère risible de ce qui fait pleurer les larmes de la gaieté, la fausse importance attribuée à la famille, à la patrie et à certaines images des Dieux."
"La culture est presque toujours le contraire de la spiritualité."
"La solidité du lien qui unit deux êtres dépend beaucoup du rapport secret de leur avancement spirituel."
"Le sincère amour qu'un homme a pour les arbres est le signe d'une supériorité qui n'est reconnue par personne."
"Par le détachement, on acquiert la liberté."
"Tout ce que l'on appelle bonnes œuvres est bien moins important et utile que l'élan de la pensée solitaire. Les bonnes œuvres ne sont bonnes que pour celui qui n'a pas mieux à faire[1]."
"(…) la tendance du monde, tendance qui va s'accentuant, est de sacrifier ce qui est supérieur à ce qui est inférieur. Une horrible loi égalitaire tend de plus en plus à donner les mêmes obligations à tous. (…) Il doit y avoir deux poids et deux mesures, une balance pour les intelligents et les purs et une autre pour les impurs et les stupides."
"Le premier devoir pour l'homme est la réalisation de lui-même. Car celui qui travaille exclusivement à sa perfection, travaille, malgré l'apparence, à la perfection de tous (…)"
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Croire en l'existence de l'ego, c'est prendre le brancard pour le blessé.
L'ego est le brancard de l'âme malade. Que l'âme devienne saine et le brancard devient inutile.
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On ne voit et on ne vit que ce que l'on croit.
Si tu crois que la vie est un enfer, elle le sera. Si tu crois à la mort, tu mourras.
Ne plus croire en rien pour voir et vivre le Réel tel qu'il est, ici et maintenant.
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S'advenir est la joie la plus pure.
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L'infini et l'infime ont des relations directes et immédiates, permanentes et riches. Ce sont les multiples strates intermédiaires qui font obstacle à l'actualisation absolue de l'unité, parce que chacune s'est créé son monde à elle à l'intérieur du Tout qu'elle perd ainsi de vue.
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Pour se vaincre et se dépasser et s'exalter par l'escalade, il faut d'abord accepter la montagne dans son âpreté, dans sa brutalité, dans sa minéralité.
La vie libre ne prend valeur que dans son allégeance[2] au Réel vrai, c'est-à-dire, tout à la fois, par obédience et par fidélité.
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Pour le médiocre, la sagesse est folie. Pour le sage, la folie est médiocrité. Pour le fou, la médiocrité est sagesse.
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L'intelligence découvre les liens entre tout : cosmos.
La sagesse cultive la raison de tous ces liens : logos.
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La colère est une saine rébellion contre la bêtise et la médiocrité : elle est inépuisable.
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La spiritualité a reculé depuis des siècles avec la montée de la matérialité et, par elle, de la médiocrité. Cette allégeance à la médiocrité s'appelle démocratie.
Le seul salut passe par l'émergence d'un nouvel esprit aristocratique ou chevaleresque tissé de simplicité, de noblesse, d'élégance, de frugalité, de fécondité et de parcimonie, et nourri de transcendance épurée et de spiritualité libre et saine.
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Ce que l'on nomme désintéressement, c'est œuvrer dans le seul intérêt de ce qui nous dépasse infiniment, c'est-à-dire œuvrer à cultiver notre joie intime et profonde. Rien n'est plus louablement égoïste que le désintéressement.
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Mourir, c'est rejoindre la mémoire cosmique et s'y laisser bercer dans l'harmonie de toute chose avec l'intention divine ; mourir, c'est gagner son grand congé ; mourir, c'est n'avoir plus à combattre contre l'inertie et l'entropie ; mourir, c'est enfin jouir éternellement de tout ce que l'on a construit et créé et aimé ; mais mourir, c'est aussi revivre éternellement toutes ses faiblesses, toutes ses médiocrités, tous ses échecs, tous ses malheurs, toutes ses ignorances, toutes ses souffrances … toutes ces choses que ne sont négatives et pénibles que si nous le voulons bien, que si nous ne les vivons pas comme les nourritures de nos perfectionnements, de nos libérations, de nos grandissements.
Il faut donc vivre, chaque jour, chaque instant, à la perfection, avec simplicité, noblesse, élégance, frugalité, parcimonie et fécondité.
Construire naturellement et simplement la perfection de chaque moment.
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Les concepts de Spinoza ...
Natura : ce qui est en train de naître, le réel en émergence qui s'advient. Natura naturans : ce qui est en train de faire naître, l'intention cosmique qui engendre. Natura naturata : ce qui en est train d'être né, le cosmos qui est engendré. Conatus : propension à l'accomplissement de soi, à la pleine réalisation de sa nature (c'est le Dharma sanskrit ou le Logos grec).
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Dès lors que la loi des grands nombres peut jouer, quel que soit le projet posé, les individus se répartissent, statistiquement, en trois catégories universelles : 15% de moteurs, 60% de suiveurs et 25% de tricheurs.
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Le 15/02/2010
L'homme devrait apprendre à prendre exemple sur la Vie elle-même, parfaitement indifférente aux morts et aux cadavres qu'elle sème derrière elle, ignorant les souffrances et les douleurs, les terreurs et les angoisses qu'elle engendre, souriant à peine des joies et des plaisirs dont elle émaille son parcours. Car la Vie ne cherche pas le bonheur ou la paix ou le repos : elle n'est obsédée que par son plein accomplissement, que par l'épuisement de tous ses possibles qui ne seront jamais épuisés, tel le tonneau des Danaïdes. La Vie ne cherche qu'à accomplir son œuvre infinie, indifférente à tout le reste.
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Etudier les formes, structures, agencements, organisations, configurations des systèmes ne sert de rien ; la science vient seulement de la compréhension profonde de la logique des processus dont ces systèmes ne sont que la manifestation passagère, que l'expression momentanée, qu'un état particulier et instantané.
La question n'est pas : qui est Marc Halévy ? La seule question est : qu'est-ce qui fait Marc Halévy ?
Non pas : qu'est-ce que l'homme, mais : qu'est-ce qui fait l'humain ?
Non pas : qu'est-ce que l'univers, mais : qu'est-ce qui fait le cosmos ?
Il n'y a pas d'objet (d'Être) ; il n'y a que du processus (du Devenir).
La science fut très longtemps parménidienne (elle l'est encore fort souvent) ; elle doit devenir héraclitéenne.
Pour reprendre les distinguos de René Thom : le problème n'est plus ni de décrire, ni d'expliquer, ni de prévoir les "choses" - il n'est même plus de quérir de très platoniciens, illusoires et fantasmagoriques noumènes (des "essences") "derrière" les phénomènes (les "accidents") que nous croyons percevoir ; le problème, à présent, est de comprendre les "dynamiques" c'est-à-dire d'élucider les logiques profondes dont les événements, les mouvements et les objets ne sont que les manifestations superficielles.
Le problème n'est plus la description et la classification des arbres, ni même la modélisation de leur métabolisme ou de leur biochimie ; le problème est de comprendre ce qu'est la poussée - par l'intérieur - d'une arborescence, avec sa logique, son intention, ses moteurs, ses ressources, ses contraintes, ses potentialités et ses opportunités, ses possibles et ses impossibles.
Rien n'est objet. Tout est processus.
La seule science d'avenir est la science des processus.
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La science mathématique est un processus dont l'intention est d'épuiser tous les possibles (humainement imaginables), avec, pour principe d'optimisation, la conformité aux exigences de la logique choisie.
La question de "l'écologie des mathématiques" reste pendante : cette science abstraite constitue-t-elle un univers fermé sans relation avec un milieu extérieur (c'est la version idéaliste ou absolutiste mise bien à mal par le théorème de Gödel - cfr. Roger Penrose) ou est-elle un univers ouvert enraciné dans la psychè humaine (c'est la version nominaliste ou relativiste - cfr. Henri Poincaré) ?
Quoi qu'il en soit, toutes les mathématiques se résument alors aux agencements et combinaisons de trois ensembles d'objets[3] : l'ensemble des nombres de l'arithmétique (les quantités), l'ensemble des figures de la géométrie (les formes) et l'ensemble des opérateurs de transformation (les opérations). Ces trois ensembles constituent les trois capacités du processus "mathématiques" (respectivement volumique, eidétique et cinétique), dont les développements et les interférences alimentent toute son évolution, selon les règles de sa logique.
Ainsi toutes nos mathématiques dérivent de notre vision des formes et de nos mesures des distances entre elles. Nos mathématiques actuelles sont donc exclusivement visuelles. On pourrait rêver d'autres mathématiques dérivées, elles, des autres sens - auditif[4], gustatif, olfactif ou tactile -, fondées sur d'autres objets que les nombres et figures, avec d'autres opérations, avec d'autres logiques …
Là se trouve peut-être la clé de l'actuelle aporie disant l'inadéquation des mathématiques classiques aux problèmes posés par la physique de la complexité et ses non-linéarités, ses non-additivités, ses non-analycités.
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Histoire des sciences …
La première approche intellectuelle fut d'interpréter les phénomènes comme l'expression de sentiments divins analogues aux sentiments humains : la destruction de la récolte par la grêle signifiait la colère du dieu offensé.
La seconde approche fut de voir, dans le cosmos, l'expression de la sagesse profonde et insondable d'un dieu suprême et ultime.
La troisième approche fut de concevoir le monde comme une machine, une mécanique horlogère, faites de briques élémentaires subissant des forces élémentaires et obéissant aveuglément à des lois élémentaires.
La quatrième approche, celle d'aujourd'hui, est de considérer l'univers comme un vaste organisme vivant où tout est englobé, intégré, enveloppé dans une logique globale d'accomplissement qui rend tout impermanent et interdépendant.
Science magique, science philosophique, science mécaniste, science complexe : quatre étapes, trois mutations paradigmatiques. Chacune de ces mutations correspond à un changement socioéconomique fondamental.
La science magique est celle des chasseurs-cueilleurs (l'homme est soumis aux caprices de la Nature). La science philosophique est celle des agriculteurs-éleveurs (l'homme, inspiré par son dieu, met de l'ordre dans "sa" Nature). La science mécaniste est celle des marchands-industriels (l'homme maîtrise tout à la place du dieu évacué). La science complexe sera celle de l'humanité noétique (si elle réussit à émerger).
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Les mathématiques peuvent sembler "objectives", "absolues" ou "platoniciennes" lorsque l'on considère que les objets complexes sur lesquels elles débouchent, sont d'une sophistication telle que l'esprit humain n'est pas (plus) capables de les appréhender : ces objets sont alors supposés hors de l'esprit humain "donc" possédant une existence absolue en soi (dans l'univers des formes et des idées). L'argument est totalement fallacieux. Cette "échappée" hors de la préhension intellectuelle humaine vient simplement de la richesse infinie des combinatoires possibles des objets fondateurs des mathématiques qui, eux, ressortissent totalement et irréversiblement des expériences pratiques de l'esprit humain.
Il est impossible à un être humain de concevoir et de jouer toutes les parties possibles d'un jeu d'échec ou de go ; cela ne permet pas d'en inférer que ces jeux soient d'essence divine, tout droit issus d'un supposé monde des idées ou des essences, immuable, éternel, absolu et totalement étranger au monde réel ou humain ou naturel, etc …
Ces jeux - comme les mathématiques - sont de purs produits de l'imagination humaine, et rien d'autre. Le fait qu'ils permettent des combinatoires infinies n'interdit nullement leurs racines finies.
L'argument platonicien est ici une resucée des arguments de Zénon d'Elée contre le mouvement, dont on sait qu'ils sont notoirement faux et fallacieux.
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Les mathématiques ne peuvent prétendre modéliser que la part idéalisable de l'univers réel, c'est-à-dire la part où les objets et relations sont suffisamment rudimentaires pour autoriser les simplifications idéalisantes du genre : le tronc d'un arbre est un cylindre vertical, ou l'obus n'a ni volume ni surface et ne subit ni frottement, ni échauffement, ou l'espace-temps est euclidien.
Le filtre épistémologique par lequel l'esprit humain ne "voit" pas ce qui n'est pas idéalisable, explique le succès de la mathématisation de la physique qui, ipso facto, ne s'intéresse plus qu'aux phénomènes filtrés par lui.
Ce cercle apparemment vertueux est on ne peut plus vicieux : il a pollué toute l'histoire de la physique depuis Galilée.
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Les trois univers …
Notre conscience navigue entre trois univers : l'univers-réalité que nous devinons, l'univers-image que nous percevons et l'univers-modèle que nous concevons. Ces trois univers ne sont que des manifestations complémentaires du Réel qui est en-deçà d'eux trois. Ils constituent les aspects respectivement volumique, cinétique et eidétique de notre rapport au Réel sous-jacent.
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Le 16/02/2010
Mon complice Michel Cartier de l'université du Québec (les "entre-parenthèses" sont de mon cru) a raison lorsqu'il prévoit que la toile collaborative se divisera en trois ensembles : les réseaux sociaux (pour le troupeau : 60% - réseau béant et ultra-médiocre), les groupes d'intérêts (pour l'élite : 15% - groupes semi-ouverts et cooptatifs) et les groupes hacktivistes[5] (pour les saboteurs : 25% - groupes fermés et prosélytes).
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Dans le nouveau paradigme, la société (Etat, patronat, citoyens, etc …) se transforme en un réseau mosaïque de communautés autonomes intriquées.
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Solidarité et démocratie sont des valeurs liées à l'ancien paradigme.
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La "société civile" est un mythe aussi vide que le "peuple", les "classes", la "cité", la "nation", la "patrie", etc …
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Le développement des technologies de la connexion numérique, en éliminant le contact physique, permet, paradoxalement, de satisfaire la montée salvatrice d'un besoin croissant de solitude, de désengagement, d'indifférence, de recul et d'isolement.
La connexion peut être coupée bien plus facilement que le contact.
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Michel Cartier pointe, à juste titre, qu'Internet devient la nouvelle "place publique" où des milliards d'humains pourront "échanger". Oui, mais échanger quoi ? Leur vide ? Leur médiocrité ? Leur illettrisme et leur inculture ?
Il y a derrière ce mythe du "échanger" - tant à la mode aujourd'hui - un manque total de lucidité : la grande majorité des animaux humains n'ont RIEN à échanger.
De même, derrière les mythes du "participer" ou du "collaborer", il n'y a que du vide, pour les mêmes raisons. Participer ou collaborer à quoi ?
Depuis les obscures "Lumières", sévit cette absurdité que les masses seraient porteuses de tas de trésors. Rien n'est plus faux. Les masses ne sont porteuses de rien ; elles suivent bovinement leurs élites, que celles-ci soient pleines de noblesses ou de turpitudes ; elles obéissent à ceux qui leur promettent ce dont elles rêvent, même si ces rêves sont absurdes et irréalisables.
La "place publique" dont parle Michel, ne sera qu'une cour des faux miracles, une scène où se tortillent déjà les ego creux et ridicules de tous ceux - et ils sont bigrement nombreux - que rongent leur vide intérieur et leur néant existentiel.
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La toile, elle aussi, comme tous les espaces envahis par les humains, sera de plus en plus polluée (crasses, déchets, poisons, …). Cette pollution informationnelle et communicationnelle est déjà un immense problème qui est encore trop peu étudié.
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L'évolution technologique des communications semble signer le triomphe de l'image (de l'idiot-visuel) sur le texte. Pourquoi ? Parce que les masses, peu enclines à la pratique cérébrale, comme les petits enfants ou les animaux évolués, ne sont perméables qu'aux images (cinéma, BD, télévision, audio-visuel sous toutes ses formes, etc …).
Cependant, il faut se garder de généraliser et d'extrapoler : le texte est le seul support efficace du véritable travail intellectuel, qu'il soit cognitif ou créatif. Michel Cartier le note judicieusement : "Le problème est qu'à la longue, l'image risque de remplacer la substance. Notre société sera alors en danger lorsque l'image prendra toute la place ; nous pourrions vivre alors que de sensationnalismes et de canulars".
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Les moteurs de recherche ne fournissent plus les réponses les plus fiables (véracité, authenticité, qualité), mais les plus populaires (donc les plus médiocres).
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Il est intéressant de constater que l'usage fréquent, par les NTIC, de l'adjectif "intelligent" (smart) indique, en fait son contraire : la facilité d'usage par les crétins. Le danger, alors, est de confondre "facilité" et "simplicité" …
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La question est posée : la toile sera-t-elle un outil d'intelligence culturelle et d'élévation spirituelle, ou un outil d'abrutissement social et de lobotomisation individuelle ? Les deux, probablement, selon que l'on appartient aux nouvelles élites ou à l'éternelle masse. Nihil novum sub sole …
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Il n'y aura plus jamais de régulation globale, ni par les Marchés, ni par les Etats. L'avenir sera aux micro-régulations communautaires au sein du vaste réseau mondial non régulé.
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Les masses n'ont qu'un seul "projet" : se gaver de tout !
Il ne faut pas compter sur elles pour construire un quelconque avenir durable et frugal.
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De François Jullien (in : "Les métamorphoses silencieuses") :
Les trans formations silencieuses sont "(…) ce qui se produit inlassablement sous nos yeux, et qui est le plus effectif, est patent, certes, mais qui ne se voit pas."
"Vieillir? Nous ne nous voyons pas vieillir. Non seulement parce que nous vieillissons sans cesse et que ce vieillissement est trop progressif et continu pour saillir à la vue ; mais également parce que c'est tout en nous qui vieillit."
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Le 17/02/2010
Le fonctionnement des sociétés se transforme très rapidement et la connexion numérique y est pour beaucoup. Il me parait clair que, comme les marchés qui évoluent déjà vers une structure réticulée de niches de proximité économique, les sociétés évoluent vers une structure réticulée de communautés d'appartenance socioculturelle (j'ai appelé cette tendance lourde "l'effet mosaïque" ; on la retrouve partout, dans toutes les dimensions de l'humanitude actuelle). Les grandes structures institutionnelles (les Etats, notamment) - tout comme les grosses entreprises monolithiques - sont appelées, sinon à disparaitre, du moins à se voir marginalisées (parce que trop hiérarchiques, trop pyramidales, trop lourdes, trop lentes, trop rigides, trop anonymes, etc …). Nous vivons une remake de la fin du jurassique et de l'extinction des gros dinosaures au profit des petits lémuriens agiles et mobiles (dont l'ancêtre de l'homo sapiens demens). La révolution numérique en est à la fois le moteur et l'instrument.
Mais une société qui bouge et change et se métamorphose, n'est pas forcément une société qui progresse vers plus d'intelligence et plus de sagesse. Là est le hic. La révolution numérique, parce qu'elle est "démocratique" (tout quiconque est connectable quasi gratuitement, et peut "prendre la parole" et s'étaler de tout son long dans la vitrine virtuelle) est condamnée à la vulgarité et à la médiocrité. Trop d'informations tue l'information, trop de connexions tue la connexion. La problématique de la pollution massive de la toile par de l'information pléthorique mais insignifiante, inepte, débile, inutile, futile, empoisonnée, virale, etc … est immense et inquiétante. La toile peut tuer la toile. Comme la télévision et les médias de masse ont tué la télévision culturelle et la presse intelligente. Comme la démocratisation du ski a tué la montagne. Comme la démocratisation des arts martiaux en a fait des sports de combat, sans âme et sans spiritualité, sans noblesse et sans élégance. Comme la démocratisation du capitalisme (la massification de l'argent facile et de la spéculation débile) a tué l'économie capitaliste et transforme la finance en l'ennemi le plus dangereux de l'économie réelle et des entreprises.
La révolution numérique qui est la part technologique de ce que j'ai appelé la révolution noétique, tremplin d'émergence de la société de la connaissance et de l'économie de l'immatériel, la révolution numérique, dis-je, accélère la déliquescence du paradigme industriel et signe la fin de l'ère moderne, mais elle ne garantit en rien l'émergence d'une nouvelle intelligence et d'une nouvelle sagesse. Statistiquement, l'homme devient, au contraire, de plus en plus illettré (l'illettrisme était de 10% des adultes en 1980, il est à présent de 17%) et de plus en plus hédoniste (le plaisir facile et primaire à court terme, le gavage consommatoire, l'euphorie aveugle du "tout, tout de suite, et bon marché"). Comme toujours, l'histoire humaine ne se construira ni avec, ni par les masses bovines qui ne réagissent - parfois massivement - qu'à l'anecdotique, à l'événement, au spectaculaire, mais qui ne comprennent rien au fond, à l'essentiel, au long terme. L'attentat du 11 septembre, l'élection d'Obama ou la dévastation d'Haïti sont des non-événements qui ne pèsent rien dans la balance réelle de l'Histoire. La réalité crue de l'Histoire est ailleurs : il y a cinq milliards d'humains en trop sur cette planète et leur rage consommatoire est délétère ; l'humanité est entrée définitivement dans une logique de pénurie quant aux ressources naturelles fondamentales (énergie, eau douce, terre arable, métaux, etc …) ; les systèmes éducatifs sont en panne et en faillite, et nos enfants et petits-enfants sont condamnés - sauf pour l'élite qui pourra assumer une instruction et une éducation sur mesure et privilégiée - à devenir des robots ignares et lobotomisés, incapables de maîtriser les langages de base de l'intelligence et de la connaissance humaines : le vocabulaire moyen des Français de 18 ans a chuté de 2000 mots en 1970 à 800 mots en 2005 (et c'est bien pire aux USA) et les jeunes d'aujourd'hui sont devenus incapables de s'astreindre aux efforts de discipline et de rigueur exigés par l'étude des mathématiques.
Ce n'est pas parce que la révolution numérique permet à chacun de tout dire à tous, qu'il y a quelque chose à dire. Un tuyau vide ne fait circuler que du vent. Il ne faut pas se laisser aveugler : la multiplication et la dissémination des instruments de communication ne génèrent aucun contenu. Par exemple, la masse colossale des échanges entre adolescents, par SMS ou courriels, est quasi totalement vide de contenu, elle ne porte que sur le vécu immédiat et l'affectif primaire : aucune valeur n'en sort, c'est de la socialité pure, stérile et lénifiante.
La toile connecte et relie, mais cette reliance n'est pas, ne peut pas être un but en soi : être ensemble n'est pas une finalité mais un moyen. Antoine de Saint-Exupéry écrivait : "L'amour, ce n'est pas se regarder les yeux dans les yeux, c'est regarder ensemble dans la même direction". Vivre ensemble (créer du lien, pour reprendre l'antienne rabâchée), sans projet, cela s'appelle du nombrilisme vain, cela s'appelle tourner en rond autour de la médiocrité moyenne. Or, je le répète, le seul projet des masses est de se gaver de tout, tout le temps, au moindre coût.
La révolution numérique, si elle n'est pas mise - par les élites nouvelles qui ne sont ni politiques, ni économiques - au service d'un projet humain qui la dépasse, s'épuisera à prendre le brancard pour le blessé. Cela m'amène à croire que la révolution numérique ou noétique sans une profonde révolution spirituelle globale, n'est qu'un emplâtre sur une jambe de bois. C'est l'âme humaine qu'il faut transformer, et la technologie y est impuissante : l'outil ne crée pas la main !
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Notre avenir est possible, mais il est en nous et non autour de nous !
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Ceux qui croient à tort que la "crise" est passagère et courte, croient aussi, toujours à tort, que la révolution numérique est, en elle-même, porteuse d'avenir et de salut.
Je pense au contraire que Google ou Face-Book ne sont porteurs de rien de plus que ce que l'on y met, et qu'ils n'ont aucun pouvoir salvifique.
Je pense que la technologie, quelle qu'elle soit, n'est jamais une solution mais seulement un outil de solution.
Je pense qu'à force de confondre les moyens et les buts, nous ne faisons qu'amplifier le drame qui se joue.
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Le mot "coaching" a le don de me donner de l'urticaire.
Coaching : l'art de faire du pognon avec du psy de café du commerce, sans avoir l'air d'y toucher … "Au pays des aveugles, les borgnes sont rois".
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Une femme qui négocie habilement ses charmes est un corps diplomatique.
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Extrait des "Lois de Manou" (poème sanskrit écrit il y a environ 3000 ans) :
"Quand le Divin s'éveille, le monde se meut."
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Le 18/02/2010
D'Antoine de Saint-Exupéry :
"On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard.
Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître.
Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands.
"on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux."
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Le mythe de la famille nucléaire pédocentrée et le culte de la sublime maternité sacrée ont été inventés (avec la fête des mères et le culte marial catholique) dès la fin de la grande boucherie de 14-18 en vue d'un repeuplement rapide.
Aujourd'hui, enfant-roi, famille et maternité s'étiolent, surpopulation globale et hédonisme local obligent.
Il ne faudra plus longtemps avant que la procréation soit mal vue et que les allocations familiales s'inversent : les familles voulant procréer devront payer une surtaxe importante (les enfants coûtent horriblement cher à la société).
Ce sera une excellente chose : beaucoup moins d'enfants mais de meilleure qualité.
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La Modernité - et sa désacralisation puis son désenchantement de la Nature - commence avec Galilée, Leibniz (contre Newton qui était bien plus moniste) et Descartes qui posent un dualisme ontologique radical que la théologie chrétienne, avant eux, n'affirmait pas, et que les traditions hébraïque et présocratique ignoraient totalement.
En évacuant le Divin loin hors de la sphère du Réel, loin de la Nature, la Modernité a dû mettre l'humain au centre de ses préoccupations. L'humanisme est à l'origine de notre nombrilisme anthropocentrique (les philosophies du sujet).
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D'Alfred North Whitehead :
"Il est aussi vrai de dire que le Monde est immanent à Dieu,
que de dire que Dieu est immanent au Monde.
Il est aussi vrai de dire que Dieu transcende le Monde,
que de dire que le Monde transcende Dieu.
Il est aussi vrai de dire que Dieu crée le Monde,
que de dire que le Monde crée Dieu."
(Transcendant : qui passe au-delà. Immanent : qui reste au-dedans.)
Dieu reste au-dedans du Tout. Le Tout reste au-dedans de Dieu.
Dieu passe au-delà du Tout. Le Tout passe au-delà de Dieu.
Dieu crée le Tout. Le Tout crée Dieu.
L'Esprit reste au-dedans de la Matière. La Matière reste au-dedans de l'Esprit.
L'Esprit passe au-delà de la Matière. La Matière passe au-delà de l'Esprit.
L'Esprit crée la Matière. La Matière crée l'Esprit.
Le Réel reste au-dedans de l'Homme. L'Homme reste au-dedans du Réel.
Le Réel passe au-delà de l'Homme. L'Homme passe au-delà du Réel.
Le Réel crée l'Homme. L'Homme crée Le Réel.
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Le Réel est un processus.
Comme tout processus, le Réel a une intention (le Télos ) : celle de s'accomplir en plénitude et d'épuiser tous les possibles qui émergent.
Comme tout processus, le Réel est tripolaire : il s'élabore sur une trialectique entre le Monde (le Cosmos), Dieu (le Logos) et l'Evolution (le Tropos).
Comme processus absolu, le Réel n'a pas de milieu extérieur : il est autoréférentiel, il est son propre milieu en tant que mémoire accumulée (la Mnésis).
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Un mensonge ancien et souvent répété, devient souvent une "vérité" pour les ignorants …
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Le 19/02/2010
Dire que la forme du lit d'une rivière est le résultat d'une dialectique entre le terrain géologique de ses rives et la force et les cycles de ses courants, ou dire que la rivière et ses rives tissent une histoire commune qui les englobe toutes trois, revient exactement au même.
Pour le dire autrement, le milieu et le système sont deux expressions du même processus, portées toutes deux, par la même mémoire.
Il y a là un principe hologrammique qui affirme que la mémoire de tout processus inclut la totalité de l'évolution de tout son univers environnant dont il émerge.
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D'Antoine de Saint-Exupéry :
"L'avenir n'est que du passé à mettre en ordre,
tu n'as pas à le prévoir mais à le permettre."
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Je ne pourrais jamais devenir chrétien parce que la notion même d'un Christ-Messie exogène me révulse. Parce que l'idée d'un Dieu personnel m'est insupportable. Parce que les notions de péché et de salut me répugnent. Parce que le nombrilisme anthropocentrique me parait délétère.
A ces thèses chrétiennes, il faut opposer que chacun est son propre Christ-Messie. Que Dieu est l'autre nom de la Nature, de ce qui est en train de naître (Deus sive Natura). Que le péché n'existe pas et qu'il n'y a rien à sauver mais tout à connaître et à créer. Que l'homme est insignifiant et épiphénoménal et que le Réel-Un est seul digne de nos énergie et pensées.
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De Ludwig Wittgenstein :
"Ce dont on ne peut parler, il faut le taire."
Cela est vrai en toute rigueur. Et, en toute rigueur, puisque rien n'est dicible, toute parole est insignifiante, futile, inutile. Mais, si l'on assume la très approximative valeur du langage, et si l'on prend en compte, au sein de la parole, de ses manques et vides et flous, alors dire l'indicible devient une voie, non pas rationnelle et logique, mais intuitionnelle et anagogique.
Les mots sont de symboles, des signifiants sans beaucoup de signifié.
Ce que je dis m'est utile pour clarifier ma pensée à moi. Ce que je dis est parfois utile à l'autre pour ensemencer sa pensée à lui.
Mais ce que je dis et ce qu'il entend sont deux choses à tout jamais étrangères et inconciliables : la communication, prise comme échange, est tout simplement impossible. Au mieux, on peut parler d'ensemencement réciproque.
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Je ne sais pas si René Descartes a été empoisonné - par une hostie cyanurée, comme un historien allemand le prétend aujourd'hui -, mais le cartésianisme, fallacieux mélange de rationalisme et d'analycisme, de mécanicisme et de réductionnisme, empoisonne la philosophie occidentale depuis près de 400 ans.
Il est des morts qu'il faut qu'on tue sans relâche.
Ah, quel dommage que l'histoire ait donné raison à Descartes contre Pascal ...
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D'Arsène, le mystique hésychaste :
"Fuis les hommes, demeure en silence, tiens-toi en repos."
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La Mystique est l'art de vivre le Divin, fugacement ou définitivement, par l'intuition directe et immédiate, au-delà de tout mot, de tout concept, de toute ratiocination.
La théologie, c'est de la Mystique traduite dans une langue humaine qui ne lui convient pas : traduttore, traditore.
Sur Dieu, il n'y a rien à dire. Toute théologie est vaine.
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D'Abraham Joshua Herschel[6] :
"Nous vivons sur le bord du Réel et savons difficilement
comment en atteindre le cœur.
(…)
Le secret est au cœur de l'apparent ;
le connu n'est que l'aspect évident de l'inconnu.
(…)
Toute chose contient le grand secret.
(…)
Le monde est une chose que l'on apprend mais que l'on ne peut comprendre.
(…)
L'ineffable est concevable malgré qu'il soit inconnaissable.
(…)
La Bible elle-même est un Midrash."
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Au fond, que ce soit par la mystique, par la philosophie, par l'art ou par la science, la pensée humaine recherche, depuis toujours, le secret du rapport mystérieux entre le Tout (le mystère environnant) et la partie (l'homme questionnant).
Quelle est la nature de ce Tout ? Et, par effet miroir, quelle est la nature de ce Moi par rapport à ce Tout ? Ce Tout est-il face à ce Moi ou en lui ou par lui ? Et, symétriquement, ce Moi est-il face au Tout ou en lui ou par lui ? Existe-t-il un pont entre eux ? De quelle nature est-il ? Comment découvrir le lieu de ce pont ? Comment le franchir ? Le Tout et le Moi sont-il totalement, partiellement ou nullement unifiable dans une unité qui les transcende tous deux ? Cette hypothétique unification est-elle souhaitable ?
Voilà les dix questions. Il n'y en a pas d'autres …
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Le 20/02/2010
De Federico Fellini :
"Chaque langue voit le monde d'une manière différente."
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L'humain, fruit de l'évolution cosmique, est la marche qui enjambe le seuil qui va de la Vie à l'Esprit. Ce passage induit une rupture, une bifurcation entre deux logiques : celle de la Nature et celle de la Culture, celle du biologique et celle du noétique. Mais l'humain est trop faible, il n'est qu'une charnière entre deux mondes, l'un, antérieur, qui ne le reconnait plus et l'exclut, et l'autre, postérieur, qui le dépassera et l'oubliera.
L'humain est condamné au tragique et à l'héroïque, qui feront sa noblesse et son élégance s'il les assument, qui feront sa déchéance et son malheur s'il ne les assume pas.
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"L'humain est condamné au tragique et à l'héroïque …" : Nietzsche, encore une fois, avait pleinement raison …
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Du livre de Job (39;7), à propos de l'onagre libre :
"Il rira de foule de ville,
Il n'entendra pas de bruits d'oppresseur."
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Toutes les analyses économiques classiques (surtout marxistes) se fondent sur une approche bipolaire de la valeur économique, un pôle étant le capital financier, l'autre pôle étant le travail productif. Heureusement, un troisième pôle, depuis toujours implicitement présent, mais aujourd'hui clairement dominant, montre qu'une troisième source de valeur est indépendante à la fois du travail ET du capital : c'est l'idée, autrement dit le génie, l'intelligence, la créativité, le talent, etc …
Ce troisième pôle fonde l'économie immatérielle dont la logique intrinsèque la fait échapper autant à la logique de productivité qu'à la logique de spéculation. L'économie immatérielle rend singulièrement périphérique, à la fois, le capitalisme ET le socialisme. L'idée n'est réductible ni à un capital, ni à un travail.
L'idée n'est pas capitaliste parce qu'elle est éphémère, non capitalisable, et qu'elle n'a aucune valeur en soi puisqu'elle ne prend valeur que par ce que l'on en fait après qu'elle soit créée.
L'idée n'est pas socialiste parce que sa "valeur" n'est jamais proportionnelle à la quantité de temps dépensé pour qu'elle surgisse, parce qu'elle est radicalement inégalitaire et élitaire, parce que l'intelligence ne peut être partagée, parce que le talent est fort injustement réparti.
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Tout le paradoxe de l'économie immatérielle tient en ceci : si je veux que mille personnes puissent posséder une horloge, il me faudra fabriquer mille montres, mais si je veux que des milliards de personnes puissent connaître l'heure, un seul site suffit.
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Le 21/02/2010
L'art de l'expérimentation extérieure et sensorielle (science) ou intérieure et intuitionnelle (spiritualité) de sa relation intime au Réel s'associe étroitement avec l'art de la formulation qui est la maîtrise des langages (logique, mathématique, analogique, symbolique) pour construire la Connaissance.
Celle-ci devient, elle-même, objet d'expérimentation et de formulation par l'épistémologie.
La Connaissance, acquise ainsi, induit des comportements volontaires au sein de ces représentations de la vie extérieure et de la vie intérieure, et fonde une Sagesse dont l'expression relève de la philosophie (par le langage) et dont la pratique relève de l'éthique (par l'action).
Ainsi, tout processus gnoséologique s'appuie, à la fois, sur l'art de l'expérimentation et sur l'art de la formulation. Ces deux arts majeurs de la pensée s'appliquent aux deux dimensions de la vie : la Connaissance (science, spiritualité, épistémologie) et la Sagesse (philosophie et éthique).
L'art de l'expérimentation est celui de capter les informations pertinentes au moyen de nos multiples sens, c'est la sensibilité : l'art de ressentir, de filtrer, de deviner, etc …
L'art de la formulation est celui de structurer les informations pertinentes au moyen de nos multiples langages, c'est l'intelligence : l'art de relier, de comparer, d'organiser, etc …
Au fond, ces deux arts fondamentaux se réduisent à un seul : l'art de connecter, une pensée et le réel, des idées entre elles. L'art du réseau, en somme, de la réticulation. Plus généralement, l'art de la reliance.
Ainsi, l'éducation revient, au fond, à l'apprentissage approfondi et complet de cet art de l'expérimentation par la maîtrise des sens, et de cet art de la formulation par la maîtrise des langages. Elle est l'art de développer toutes les reliances, toutes les intelligences.
Le procès des systèmes éducatifs actuels passe par la reconnaissance d'une hypertrophie stérile des pratiques de l'expérimentation et d'une atrophie catastrophique de la maîtrise des langages. Or, tant la Connaissance que la Sagesse naissent de la dialectique subtile entre ces deux arts. L'un sans l'autre conduit nécessairement à l'impasse : impasse de l'intellectualisme lorsque l'expérience est méprisée, impasse du barbarisme lorsque le langage fait défaut.
La sensibilité s'apprend par le développement des habilités sensitives, c'est-à-dire par l'exercice méthodique, acharné et opiniâtre de toutes les facultés d'aperception, d'intuition et d'imagination.
L'intelligence s'apprend par le développement des habilités langagières, c'est-à-dire par la mémorisation de vocabulaires précis et riches, et par la pratique rigoureuse et disciplinée de règles strictes.
Dans les deux cas, l'apprentissage sérieux appelle l'effort et la discipline, la rigueur et la persévérance ; de ce fait, l'éducation doit être, nécessairement, élitaire (sans être élitiste, c'est-à-dire réservée aux (pseudo)élites passées).
Une dernière remarque …
Aux côtés de la Connaissance et de la Sagesse, il faut encore affirmer le Salut c'est-à-dire l'idée fondamentale que Connaissance et Sagesse ne peuvent exister et signifier qu'au sein d'une perspective, d'une histoire, d'un projet, d'une téléologie.
Aux pédagogies de l'expérimentation et de la formulation, il faut très certainement ajouter une pédagogie de l'accomplissement ou, mieux, de la sublimation : un apprentissage du dépassement de soi.
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L'intention de la quête de Connaissance est de construire la joie et l'harmonie existentielles par la parfaite adéquation au Réel[7].
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Devenir adéquat dans le Réel.
Harmoniser et féconder l'en-soi[8] et le pour-soi[9] dans le par-soi[10].
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Il est intéressant de constater qu'en latin, est "réel" ce qui se rapporte aux "choses" (res), alors qu'en grec, est "réel" ce qui est "vrai" (aléthès).
Pour le pragmatisme romain, n'est réel que ce qui est matériel, tangible, pondéral … et donc causal puisque la "chose" est la causa en latin : n'est chose - et donc n'est réel - que ce qui est causé, que ce qui a une cause …
Par contre, la synonymie grecque entre "réalité" et "vérité" est troublante …
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Le critère d'objectivité que l'on trouve dans presque tous les discours sur la science est tout bonnement une foutaise. L'objectivité est moins qu'un mythe ou un idéal, c'est une bêtise absurde : tout acte de connaissance est un acte subjectif et le fait qu'il soit plus collectif et moins individuel n'y change rien. Ce n'est pas parce que tout le monde s'accorde sur un mensonge que celui-ci devient vérité ! Ainsi en est-il de l'objectivité scientifique. Toute connaissance est le fait d'un sujet percevant et concevant, et de son rapport à ce qu'il croit être un objet "extérieur", le tout dans le contexte d'un projet cognitif souvent flou, mais toujours lié à une culture particulière et à un paradigme particulier.
Ce qui différencie la subjectivité scientifique des autres subjectivités cognitives, ce sont ses méthodes, c'est-à-dire des démarches conventionnellement admises comme probantes.
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Si la quête de la Sagesse est clairement l'objet de la Philosophie, la quête de la Connaissance, elle, ne porte pas de nom unique.
Gnose ? Trop mystique … Science ? Trop restreint … Spiritualité ? Trop typé …
Il faudrait peut-être forger un néologisme : Philognosie … L'amour (Philia) et donc la (con)quête de la Connaissance (Gnosis), comme la Philosophie est l'amour et donc aussi la (con)quête de la Sagesse (Sophia).
La notion de "philosophie" est devenue tellement vague et floue, englobante et diluante, qu'elle en devient risible, voire ridicule. C'est très dommage.
Pour redonner vigueur à l'activité philosophique, il faut en recadrer le domaine : celui, étymologique, de l'amour, de la quête, de la conquête, de la pratique et de la discipline de la Sagesse. La philosophie, ainsi, transcende l'éthique et la morale (qui ne parlent que des rapports actifs au monde) et confine à la construction d'un art de vivre tant avec soi qu'avec le monde.
L'épistémologie, la métaphysique, la théologie, etc … ne font alors plus partie de la philosophie : elles forment plutôt des domaines particuliers de la philognosie.
Cependant, cette distinction claire entre philosophie et philognosie, si elle assainit et crédibilise les deux domaines, ne doit pas sombrer dans le cloisonnement. La philosophie et la philognosie ont des rapports étroits et dialectiques entre elles du simple fait que connaissance et sagesse sont indissociable puisque la connaissance enrichit la sagesse et que la sagesse guide la connaissance.
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De Serge Carfantan :
"(…) un idiot, c'est quelqu'un qui reste hagard,
muet devant le réel, qui ne fait pas de lien !"
L'idiotie est ainsi l'antonyme de l'intelligence. L'idiot est cet "étranger au réel" qui reste "particulier"[11], particule insignifiante perdue dans un monde qui lui est étranger (c'est le sens étymologique grec de idiotès : "ignorant").
De même :
"Pour que la science retrouve son sens, il faut qu'elle retrouve sa conscience."
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Le 22/02/2010
De Raoul Dufy :
"Peindre, c'est faire apparaître une image qui n'est pas celle de l'apparence naturelle des choses, mais qui a la force de la réalité"
Le Réel est une force en marche qui se cache derrière les apparences …
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Le moyen-terme financier spéculatif s'effondre de plus en plus, pris en tenaille entre le revenu immédiat à court-terme et le patrimoine durable non financier immatériel à long-terme.
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L'individualisme est le nom donné par ceux qui n'y ont rien compris au phénomène de retrait du sociétal au profit du communautaire proche.
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L'indispensable frugalité de tout les jours est déjà prise en charge par des communautés de consommateurs qui sortent complètement de la société de consommation et représentent aujourd'hui entre 25 et 30% de la population adulte. Mais ces gens-là sont éduqués, conscientisés, prêts à se dépasser et à accepter quelques sacrifices pour que le monde redevienne viable et vivable : ils n'appartiennent pas aux masses populaires qui ne fonctionnent jamais ainsi, car la seule finalité de la populace, c'est se gaver au maximum de tout, tout de suite
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La révolution de l'intelligence ne concerne que les intelligents, c'est-à-dire qu'elle exclut les 85% de cons qui constituent le gros de l'humanité. Pour ceux-là, il n'y aura que deux solutions : le salariat industriel mal payé mais toujours là parce qu'indispensable en périphérie, ou le retour à l'agriculture non intensive de proximité. Ne plus payer d'allocation de chômage, mais prêter un hectare de terres et les outils à main utiles pour le cultiver.
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Sartre, pour une fois, n'avait qu'à demi tort en proclamant qu'il "n'est d'intellectuels que de Gauche" : il a tort parce que les intellectuels authentiques ne sont ni de droite ni de gauche (ils doivent penser au-dessus de ces clivages simplistes, sinon ils ne seraient que des idéologues, c'est-à-dire des intellectuels ratés), mais il a raison sur ceci : l'intellectualisme (c'est-à-dire l'intelligence du discours sans l'intelligence des faits et de l'expérience) est toujours bien de Gauche.
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Il y aura de moins en moins d'emplois salariés sous contrat d'emploi. Chacun sera amené à développer ses propres activités, multiples et complémentaires, certaines lucratives, d'autres pas.
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La révolte est un bon chemin vers la Sagesse, mais elle n'est qu'un chemin, un chemin qui doit être parcouru, puis oublié. La révolte prépare la Sagesse, mais ne la construit pas.
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Le Droit - ne parlons même plus de Justice, ce mot est creux et obsolète - est devenu et devient de plus en plus une machinerie - une machination - procédurale et procédurière. Le problème n'est plus d'avoir raison ou tort, le seul problème est de suivre, bien ou mal, les linéaments kafkaïens qui mènent à un jugement, toujours inique, mais parfois favorable.
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Le 23/02/2010
L'argent ne prend valeur que comme moyen au service d'une noble intention.
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Le libéralisme (régulation de l'économie par les Marchés) s'oppose à l'étatisme (régulation de l'économie par les Etats) comme le capitalisme (la rémunération prioritaire du risque financier) s'oppose au socialisme (la rémunération prioritaire du travail effectué). Ces deux oppositions tracent le tableaux des idéologies dominantes depuis le milieu du 19ème siècle.
Dans le monde émergent de l'économie immatérielle, ces oppositions idéologiques ne tiennent plus.
Au-delà du capital et du travail qui jouent un rôle de plus en plus secondaire, le nouveau paradigme économique pose la question de la rémunération de l'intelligence, du génie[12] qui ne sont ni du capital, ni du travail.
Au-delà des régulations classiques de l'économie par les Marchés ou par les Etats, ce même nouveau paradigme pose la question bien plus profonde de la "finalité de l'économie", de "l'intention économique". Celle-ci bien posée, une bonne fois pour toute, le problème de la régulation optimale de l'économie devient une simple question de cybernétique technique.
Ainsi, les deux problèmes de fond posés par le nouveau paradigme économique, sont :
- comment rémunérer le génie ?
- pour-quoi l'économie ?
Tant que ces deux questions ne seront pas dûment et clairement répondues à l'échelle mondiale, notre époque se condamne à des gesticulations juridiques et idéologiques incroyablement stériles, débiles et obsolètes.
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Etudier une chose, c'est tenter de comprendre comment elle est (philognosie), mais c'est aussi entendre les échos qu'elle éveille (philosophie). La première attitude parle d'objectivité alors que la seconde évoque la subjectivité. Cette distinction classique est fallacieuse car ces deux regards sont autant subjectifs l'un que l'autre. Ils divergent bien plutôt par leur intention, la première visant l'entendement, la seconde visant le jugement.
Il est aujourd'hui à la mode de condamner tout jugement et de cantonner la pensée au seul entendement. C'est absurde : il faudrait alors rejeter toute éthique hors de la philosophie.
Le rapport à la "chose" possède ces deux dimensions, intrinsèquement ; elles se nourrissent mutuellement. La chose "en soi" et la chose "pour moi" sont une seule et même chose, vue de deux points de vue complémentaires.
Ces deux points de vue traduisent la différence entre observateur neutre et acteur impliqué, entre neutralité (et non pas objectivité) et implication (et non pas subjectivité).
Mais est-il, hors le mythe de l'homme étranger au monde, une seule "chose" qui ne soit pas impliquante dès lors que tout est dans tout, que tout est effet et cause de tout, etc …
La condamnation de tout "jugement" - sous fallacieux prétexte de "tolérance" - cache, en fait, une allergie à l'action, à l'implication, à l'engagement : elle est le fait d'une époque molle, indifférente, vaincue, atone, ou, pour le dire autrement, d'une époque désœuvrée au sens étymologique de "sans œuvre à réaliser, sans projet".
Dans le regard philosophique engagé, toute "chose" me parle parce qu'elle me nourrit, m'interpelle : ma subjectivité s'y implique.
L'objectivité est un mythe et la neutralité est une lâcheté.
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L'astronomie chaldéenne, la prophétie hébraïque et la philosophie grecque sont toutes trois nées en Asie mineure, à peu près au même moment.
Connaissance, Salut et Sagesse …
Que vivre ? Le Réel.
Pour-quoi vivre ? Pour l'Accomplissement.
Comment vivre ? Par la Joie.
Tout le reste n'est que commentaire …
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Le 24/02/2010
Je suis pour ma part depuis longtemps convaincu qu'il ne faut pas parler de "réchauffement climatique" - qui est une foutaise -, mais bien de "dérèglement climatique" c'est-à-dire, en termes de physique complexe, de passage d'une situation homéostatique à une situation chaotique (et les pollutions humaines en sont le catalyseur, par effet papillon).
Je pense que le problème central, dans tout cela, c'est, dans tous les cas de figure, d'apprendre à l'humanité à réduire drastiquement son empreinte écologique, d'éliminer toutes ses pollutions, de réduire tous ses prélèvements et de laminer toutes ses consommations. Le problème n'est pas tel ou tel effet nuisible supposé ou inventé ou réellement observé ; le problème est globalement très simple : les activités humaines ont atteint un niveau tel qu'elles deviennent du même ordre de grandeur que les activités totales de la biosphère et que, dès lors, l'homme est en position d'apprenti-sorcier face à des processus homéostatiques globaux extrêmement subtils et très largement inconnus aujourd'hui. Le principe de précaution - que les politiques ont malheureusement totalement perverti et ridiculisé - veut que l'homme prenne conscience qu'il n'a ni le droit de foutre la planète en l'air, ni le pouvoir de maîtriser les cataclysmes qu'il déclenche par négligence, cupidité ou bêtise.
Le danger, avec la dénonciation des bourdes et erreurs des Cassandres de l'écologie (le GIEC à la solde des fiscalités étatiques, par exemple), c'est de démobiliser les masses et de leur laisser croire que la lutte écologique est risible et que l'on peut continuer à "vivre" (mais est-ce vivre ?) comme avant, en consommant et en polluant comme des malades que nous sommes.
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De Charles de Montesquieu :
" L'amour de la démocratie est celui de l'égalité."
On est bien d'accord.
Donc, l'amour fou de la différence et le constat joyeux de l'inégalité induisent la haine de la démocratie. On est toujours bien d'accord ? Dont acte !
Il est pourtant utile et amusant de constater que lorsqu'il parle de démocratie, Montesquieu comme toutes les "Lumières" (cfr. Kant et Voltaire) exclut le suffrage universel et ne considère qu'une démocratie censitaire et élitaire.
Alors, bien sûr, s'il s'agit de l'amour de l'égalité d'estime mutuelle et de respect réciproque entre êtres d'élite et s'il s'agit de démocratie élitaire, Montesquieu et moi sommes tout-à-fait d'accord. Ouf !
Du même :
" La liberté est le pouvoir de faire tout ce que les lois permettent."
On notera que Montesquieu écrit : "(…) faire tout ce que les lois permettent", et non : "(…) faire tout ce que les lois n'interdisent pas".
L'homme libre n'eut alors plus d'autre choix que de n'être plus que citoyen, c'est-à-dire esclave de l'Etat et de ses Lois, des bureaucrates et des démagogues.
Montesquieu : chantre définitif du totalitarisme d'Etat … et de l'injuste et terrible tyrannie des Lois.
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Il faut éradiquer tous les nationalismes, tous les étatisme et ouvrir la porte aux régionalismes, aux terroirs.
Les Etats-nations sont fruits d'ambitions dynastiques et territoriales, de vols et de viols, de guerres et de tromperies, d'empoisonnements et d'incestes, de massacres et de barbaries. Les Etats-nations sont de funestes produits dont la Modernité entérina le principe par le traité de Westphalie en 1648 afin d'imposer la victoire du Politique sur le Spirituel et d'acter l'emprise de la puissance royale sur les hobereaux locaux, au mépris de l'histoire, des traditions, des cultures et des langues.
La voie de l'uniformisation et de la normalisation était ouverte au rouleau compresseur de l'obsession du pouvoir pour le pouvoir et de la politique centralisée et centralisatrice ; le piège de la Cour et l'avilissement des courtisans allait bientôt faire le lit de l'Etat sans noblesse, de l'Etat démocratique, de l'Etat du suffrage universel.
Ce Politique sans Spirituel allait vite produire le Mercantilisme, puis l'Industrialisme, puis le Technicisme, puis le Capitalisme.
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Notre monde : la sacralisation de l'argent facile et banalisé, cynique et spéculateur, la promotion de la médiocrité, la vulgarité, la facilité, la cupidité.
Que faut-il encore pour en précipiter la fin ?
Il est des mondes qu'il faut qu'on tue sans fin …
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D'André Gide :
"Le Sage est celui qui s'étonne de tout."
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Le 25/02/2010
La grande distribution et sa complice en forfait contre le bien-vivre, l'industrie agroalimentaire, sont aujourd'hui devant une équation impossible. Leur modèle économique ne tient que par deux leviers : les effets de masse et d'échelle, le laminage des marges de leurs fournisseurs-producteurs. Sans parler des crédits à la consommation qui favorisent l'endettement des ménages, mais qui s'effondrent face à l'insolvabilité croissante.
En effet, la décroissance ambiante et durable (récession, inflation, déflation, raréfaction des ressources énergétiques et naturelles) va imposer, tout à la fois, une baisse forte des pouvoirs d'achat des consommateurs de masse, et le dilemme cruel entre faillite et hausse des marges pour les fournisseurs-producteurs. Ainsi, la mafia anti-bien-vivre est coincée : soit elle vise à baisser les prix pour fidéliser - bien malgré eux car ils n'ont pas le choix - la masse des indigents et elle n'aura plus de fournisseurs, soit elle préserve ses fournisseurs mais elle n'aura plus la masse : son modèle économique est brisé !
Pour préserver leur modèle, ces monstres de l'hyperconsommation érigée en système devront quitter les pays développés où ils n'ont plus d'avenir, pour aller survivre, quelques temps encore, dans les régions à faibles coûts de main-d'œuvre, à grande appétence consommatoire et à pouvoir d'achat montant : cela durera ce que durent les roses … (surtout celles qu'ils commercialisent à bas prix parce qu'elles sont les invendus des autres marchés, donc à faible durée de vie)
Dans tous les cas, le concept dispendieux et ringard de l'hypermarché est mort. De toutes les façons, la distribution alimentaire sera de proximité. De toutes les manières, quantité (le hard-discount destiné à nourrir les plus pauvres ou les moins exigeants) et qualité (les magasins plus chers pour produits de bonne gamme) sont en train de divorcer à vive allure. Sans parler de la recrudescence des petites épiceries de quartier et de village qui commercialisent des produits frais du terroir et de saison … ni des circuits de distribution alternative comme les AMAB ou autres.
La grande distribution et l'industrie agroalimentaire furent les parangons, les symboles et les grands bénéficiaires de cette folie appelée "société de consommation" selon le modèle américain exporté dans les années 1950. Ce paradigme-là est mort et bien mort.
L'agriculture intensive est un désastre. La nourriture industrielle est une calamité. L'hyperconsommation est une folie. Les prix bas sont absurdes. Le marketing de masse est nauséabond. La publicité est infernale.
Tout ce monde-là va disparaître. Enfin !
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Dans le Réel comme dans le monde d'Alice au pays des merveilles, la Reine rouge qui court pour rester sur place fait partie des banalités.
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Une bureaucratie n'a que faire de sa mission ; sa seule finalité est de s'engraisser (en pouvoirs, en effectifs, en dépenses, en rémunérations, en avantages, etc ...)
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L'entreprise est prise en tenaille entre trois parasites calamiteux: l'Etat, l'Actionnariat et le Syndicat.
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Pour les Grecs, concernant la matière, il n'y avait que deux possibilités imaginables : ou elle est continue (conception d'Aristote) ou elle est composée de petites particules
élémentaires (Démocrite). La physique actuelle donne largement raison à Aristote et son monisme spiritualiste contre Démocrite et son pluralisme matérialiste.
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Le 26/02/2010
Il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais de "révolution populaire".
La révolution populaire est un mythe : toute la Gauche cultive cette superstition sociale des supposées vertus salvatrices, purificatrices et progressistes du Peuple. La "révolution populaire" est une contradiction dans les termes puisque la populace, c'est la masse, et que la première propriété de toute masse, c'est l'inertie.
Toute "révolution" revient toujours a l'éviction d'une élite incapable par l'élite du pire (Cromwell, Robespierre, Lénine, Mussolini, Hitler, Mao, Castro … sans parler des sempiternelles "révolutions" de palais africaines ou sud-américaines).
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Une jeune journaliste de CNN avait entendu parler d'un très, très vieux Juif qui se rendait deux fois par jour prier au Mur des Lamentations depuis toujours. Pensant tenir un sujet, elle se rend sur place et voit un très vieil homme marchant lentement vers le mur.
Après trois quarts d'heure de prière et alors qu'il s'éloigne lentement, appuyé sur sa canne, elle s'approche pour l'interviewer :
- Excusez-moi, monsieur, je suis Rebecca Smith de CNN. Quel est votre nom ?
- Moshe Aknoun répond-il.
- Depuis combien de temps venez-vous prier ici ?
- Plus de 50 ans répond-il.
- 50 ans !!! C'est in-cro-ya-ble !!! Et pour quoi priez-vous ?
- Je prie pour la paix entre les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. Je prie pour la fin de toutes les guerres et de toutes les haines. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables, qui aiment leur prochain.
- Et que ressentez-vous après 50 ans de prières ?
- J'ai l'impression de parler à un mur?
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L'aspiration sécuritaire qui gangrène nos sociétés, n'est qu'une nouvelle resucée de la sempiternelle peur collective de la Mort.
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Bernard-Henri Lévy parle de l'a croyance d'une engeance "de stoïciens, puis de néo-stoïciens, qui croyaient, et croient dur comme fer (avec, pour eux, aujourd'hui, ouverture aux sagesse asiatiques en prime) que philosopher c'est fusionner avec le monde, se fondre dans le grand Tout, penser à l'unisson des choses et des êtres".
L'ironie des propos de BHL est l'exacte mesure de la fausse route sur laquelle il "pense".
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La "volonté de pureté" comme socle de tous les totalitarismes. Tout à l'opposé de la "volonté de puissance" comme socle de toute création.
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Notre monde est "en chemin vers un fragmentation grandissante et accélérée …" (BHL). Sortir enfin du monolithisme et de l'uniformisation, de la normalisation et de standardisation.
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"La philosophie se fait seul … La philosophie se fait entre soi et soi. … Il y a une famille de philosophes (… qui …) ne croit pas au dialogue … (…) ne pas s'encombrer de l'illusion communicante." (BHL)
Discuter, débattre, échanger, dialoguer, communiquer : foutaises ! La philosophie se forge seul puis s'assène à coup de marteau. Tout le reste n'est que fatras académique et universitaire.
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Cinq dimensions de Vie : Télos (intention), Eïkos (milieu), Cosmos (monde ), Logos (modèle) et Tropos (activité).
Cinq déclinaisons correspondantes de la vertu cardinale de Simplicité : Noblesse, Frugalité, Parcimonie, Elégance et Fécondité.
Cinq dimensions correspondantes de la pensée : Salut (philotélie : rapport à l'intention et à la finalité), Connaissance (philognosie: rapport à "l'autre") et triple Sagesse (philosophie : rapport à soi, décliné en Ethique, Esthétique et Maïeutique).
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Il faut acter le colossal échec des politiques humanistes d'intégration sociale et de société multiculturelle.
Parce qu'elle demande de l'intelligence, des efforts, des prises de recul et du relativisme, l'intégration culturelle et sociale ne peut pas s'adresser à la grosse masse des immigrants, généralement inculte ou illettrée, venant des pays sous-développés.
Un con borné ou violent ou barbare, après immigration, restera un con borné, violent ou barbare, quelle que soit la couleur de sa peau, sa langue ou sa religion.
Et si, en plus, on lui offre, gratis et sans effort, des allocations familiales et de chômage, il est conforté à rester très con, puisque ça rapporte. Et il expliquera à ses gamins, que cette connerie, violente et barbare, est un très bon fond de commerce.
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Le 27/02/2010
Comme il y a l'effet "mur du son" ou l'effet "mur de lumière" (effet Tcherenkov), il y a l'effet "mur de crise" lorsque la vitesse de propagation de l'économie atteint, puis dépasse, la vitesse de développement des marchés.
L'économie, alors, devance les marchés qui, donc, deviennent incapables de la réguler.
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Notre crise de civilisation suscite l'émergence de deux catégories de comportement subversif : le "militant" et le "méditant".
Le "militant" croit au changement extérieur par les institutions ; le "méditant" croit au changement intérieur par les intentions.
Tous ces militants (écologie plus ou moins verdâtre, plus ou moins sociale, plus ou moins crypto-gauchiste, simplicité volontaire, décroissance, alter-mondialisme, etc …) se trompent très lourdement et très dangereusement : ils visent à changer le système, alors que c'est l'homme et lui seul qu'il faut changer : que l'homme change en profondeur et le changement du système suivra alors naturellement.
Cela ne signifie nullement qu'il ne faille pas aller très vite et très loin et très fort dans la direction de ces "écologie", "simplicité" ou autre "décroissance" ; cela signifie plutôt que ces pratiques vitales et indispensables, ne peuvent en aucun cas devenir des idéologies parce que nous sortons (et nous devons sortir) de l'âge idéologique. Cela signifie enfin que ces pratiques doivent devenir des foyers d'exemplarité individuelle qui rayonneront pas contagion, et surtout, devenir des leviers d'élévation spirituelle personnelle (ce qui donne raison aux méditants contre les militants).
De plus, ces tristes militants ne comprennent pas que leur logique passe nécessairement par la "conversion" des masses qui, elles, par définition, sont inertes et n'ont aucune intention de renoncer ni à leur gavage consommatoire, ni à leur "panem et circenses" télévisuel ou footballistique, ni, plus généralement, à leur médiocrité foncière. Ils ne veulent pas comprendre que le suffrage universel est le pire ennemi de l'indispensable changement de paradigme en cours qui est l'affaire des élites CONTRE les masses.
La crise économique et sociale actuelle est celle de la Modernité et DONC du paradigme moderne, de tous ses modèles (égalitarisme, démocratisme, humanisme, capitalisme, social-démocratisme, étatisme, industrialisme, financiarisme, etc …) ou contre-modèles (solidarismes, révolutionnarismes, totalitarismes, marxismes, utopismes socialistes, fouriérisme, proudhonisme, anarcho-syndicalisme, phalanstèrisme, etc …).
Il est illusoire, voire dangereux, de vouloir appliquer, à nos crises de millénaire naissant, ces modèles et contre-modèles totalement dépassés (ils ont tous été conçus aux 18ème et 19ème siècles).
Or, l'on voit de plus en plus de crypto-marxistes ou de néo-trotskistes tenter de récupérer la situation au profit de leur idéologie désuète (dont l'histoire a d'ailleurs très largement démontré l'inanité et la nocivité) : en reprenant les catégories marxiennes de Travail et de Capital (et en oubliant la troisième force économique, l'Intelligence, qui n'est réductible ni à un travail, ni à un capital), ils opposent à la faillite du capitalisme un militantisme antilibéral et social (qui dérivera, comme d'habitude, en totalitarisme dès qu'ils croiront détenir une once de pouvoir).
Ils ne voient pas que le "social" n'est jamais l'antidote au "capital", puisque, aujourd'hui, le capitalisme est un capitalisme de masse via les banques et les fonds de pension. Ils ne voient pas que le "social" alimente le "capital" et que chaque achat fait par les quidams dans un supermarché nourrit et conforte l'industrialisme capitalistique au détriment de l'artisanat. La vie quotidienne des masses plébiscite (au sens profond ET étymologique) le capitalisme le plus crapuleux (celui de l'industrie agroalimentaire).
Ils ne comprennent pas (ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas comprendre) que le problème n'est plus NI économique, NI politique. Que les Marchés (ou, plus généralement, les pouvoirs économiques) ET les Etats (ou, plus généralement, les pouvoirs sociétaux) sont aussi impuissants les uns que les autres à réguler le système humain. Que l'Economique ET le Politique doivent être totalement périphérisés et asservis à ce qui les dépasse infiniment tous deux : le Noétique, c'est-à-dire l'avènement de l'Esprit et de l'Intelligence comme sublimation de la Vie (bien au-delà de toute considération humaine).
La Verticalité du Spirituel doit se substituer à l'Horizontalité du Politique et de l'Economique qui, tous deux, ne visent qu'à l'exploitation, aux seules fins de l'homme (de quelques hommes), des territoires naturels et sociaux.
Il faut redécouvrir la notion de "Noblesse d'Intention", c'est-à-dire dépasser tout humanisme et comprendre que la seule vocation (et justification) de l'humain, n'est pas du tout l'homme, mais bien le Surhumain, c'est-à-dire l'Esprit qui doit émerger de la Vie.
L'avenir sera nietzschéen et teilhardien, ou ne sera pas.
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Le 28/02/2010
Le principe de symétrie de Pierre Curie affirme que : "Lorsque les causes d'un phénomène possèdent des éléments de symétrie, ces éléments de symétrie se retrouvent dans les effets". C'est là, probablement, le fondement du principe d'exclusion de Pauli.
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Il s'agit de réconcilier "ce qui compte" avec "ce que l'on compte" (formule empruntée à l'économiste belge Isabelle Cassiers).
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Le plus paradoxal, en nos temps de fragmentations, de dislocations, de tribalisations, d'effet mosaïque généralisé, c'est que l'on n'a jamais tant parlé de "consensus". Il "faut" mettre les gens d'accord. Il "faut" discuter, partager, échanger, convaincre, argumenter, uniformiser, unanimiser, convenir, circonvenir. Bref, il "faut" débattre - car voilà lâché le mot magique de nos invétérés discutailleurs : débattre … Socialisation oblige …
Mais pourquoi et pour quoi faudrait-il échanger, partager et débattre ? Pourquoi et pour quoi faudrait-il uniformiser ce qui, de plus en plus et par essence, est pluriel, multiple, multidimensionnel, complexe, irréductible à quelque élémentaire que ce soit ? Pourquoi et pour quoi chacun ne pourrait-il pas se faire sa propre religion et se l'appliquer à soi (parce que, sans doute, la grande majorité est trop idiote, incapable de penser par elle-même et pour elle-même, incapable d'assumer la moindre autonomie) ? Pourquoi et pour quoi, en somme, faudrait-il ce sacré consensus ?
Par nostalgie, sans doute. Par nostalgie du communautaire, par nostalgie sécuritaire du "ensemble" contre la terreur du "seul".
Atavisme, sans doute … Vieux relent de cerveau primitif venu du fond des âges, venu du fond de la grotte de cet homme des cavernes, terrorisé par la Nature environnante parce que si fragile et si peureux, sans carapace ni fourrure, si malhabile à la course, à l'escalade, au combat. Sa seule force, déjà, était sa pensée, mais il l'a utilisée pour asservir la Nature et pas pour s'y inscrire en la comprenant, en la respectant, en s'y harmonisant.
Pourtant on le redécouvre, aujourd'hui - mais il est presque trop tard - : la Nature sauvage n'est ni hostile, ni dangereuse.
Le seul vrai péril pour l'homme, c'est l'autre homme.
Ah, Robinson, comme tu devais être heureux sur ton île avant l'arrivée de ce con de Vendredi, et comme tu as dû bien vite la regretter, ton île, lorsque tu embarquas sur ce maudit rafiot qui te ramena à Bristol …
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De Marie Curie :
"Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre."
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"La crise de 1929 est née de la spéculation des particuliers, les Américains
ayant eu, après la guerre de 1914, pour la première fois légalement accès aux actions, jusqu' alors réservées aux professionnels".
Voilà les vrais fruits et la vraie conséquence de la démocratisation …
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[1] Commentaire de Dominique : "Les bonnes œuvres ne sont bonnes que pour celui qui ne crée pas SON œuvre". Nietzsche n'aurait pas dit mieux !
[2] L'étymologie de "allégeance" reporte à "lige" qui suggère le verbe latin ad-ligare : "lier à". L'homme lige est un homme lié à son suzerain. L'allégeance est une reliance forte et durable. L'allégeance est une forme d'intelligence, cette capacité à "lier entre", à relier.
[3] Les mathématiques ne sont, en somme, qu'un langage particulier, qui se veut universel et univoque, et qui, comme tout langage, s'élabore sur un "vocabulaire" de base (ces "objets" que sont les figures, les nombres et les opérateurs) et sur une grammaire (ces "constructions" selon les règles de la déduction logique).
[4] Parce qu'elle est, comme la vue, un sens à longue portée, l'ouïe est probablement le sens plus apte à donner une "mathématique" globale, capable de rendre compte d'un univers vaste, large et riche. Le goût, l'odorat et le toucher semblent porter trop peu loin pour prétendre à la même chose.
[5] Néologisme fabriqué par Michel sur hacker et activiste pour désigner les pirates d'Internet comme le Djihad, les Zapatistes ou le Black-bloc, etc …)
[6] Chemin faisant, je viens de m'apercevoir que ma "Pensée hébraïque", par son naturalisme et son historicisme entre autres, était assez proche du judaïsme reconstructiviste de Herschel.
[7] C'est le fondement même du jnâna-yoga indien.
[8] Ce qui m'est donné par l'intérieur.
[9] Ce qui m'est donné par l'extérieur.
[10] Ce qui advient au travers de moi.
[11] Un idiome est un langage particulier. Une idiosyncrasie est un mélange particulier. Tous ces mots dérivent du grec eïdos : "forme".
[12] C'est tout l'enjeu de fond du faux débat actuel sur le "propriété intellectuelle" et sur les "droits d'auteur", etc …