Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil "De l'Etre au Devenir" (Juillet 2016)
Actions sur le document

"De l'Etre au Devenir" (Juillet 2016)

Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy (écrit en ligne)

 

Le 02/07/2016

 

L'artiste travaille pour lui. L'artisan travaille pour l'Autre.

 

*

 

La poésie tombe en pluie sur le Réel : elle le fait germer.

 

*

 

A l'horloge du Réel, il n'y a ni petite aiguille des heures, ni grande aiguille des minutes ; seulement la fine aiguille des secondes.

 

*

 

Je ne vivais que pour elle.

Elle ne vivait que pour nos enfants.

Elle est maintenant partie vivre parmi les étoiles.

 

*

* *

 

 

Le 03/07/2016

 

La Bible n'a pas été écrite par des monothéistes !

Les monothéismes tardifs, rabbiniques et chrétiens, ont déformé la Bible pour la récupérer à leur profit, non sans forfaitures et contradictions.

 

*

* *

 

Le 04/07/2016

 

On raconte que, dans un camp d'extermination nazi, un officier SS demanda à un homme juif : "Qui vais-je tuer, ta femme ou ton enfant ?". Et le Juif, bien sûr, de répondre : "Moi !". Mais le SS ne le voyait pas ainsi et il rétorqua : "Ce n'est pas cela ma proposition. Je ne te tuerai pas … pas tout de suite. Mais tu dois choisir entre eux, sinon je les tue tous les deux, maintenant."

Je ne sais pas ce que ce Juif a choisi et, quelle que fut sa décision, il a tout mon respect. Mais je sais que moi, je choisirais de sauver ma femme !

 

*

* *

 

Le 05/07/2016

 

De  Françoise Combes, chaire de "Galaxies et Cosmologie" au Collège de France :

 

"(…) un problème de masse manquante peut être résolu, soit par la découverte de matière supplémentaire, soit par un changement de la loi de gravitation."

 

C'est exactement cela l'origine de l'hypothèse de la matière et de l'énergie noire : plutôt que de changer le modèle (la loi) pour qu'il colle au Réel, on invente du "réel" augmenté pour le faire coller au modèle.

 

*

 

Il suffit de travailler un tant soit peu les matières et objets naturels (faire la cuisine, par exemple, ou couper, fendre et empiler des bûches) pour se rendre compte que, dans la Nature réelle, rien n'est géométrique, rien n'est droit, lisse ou exact, rien n'est docile ou réductible, rien n'est rangeable dans les boîtes artificielles de nos Tupperware mentaux.

La physique fondamentale d'aujourd'hui doit enfin comprendre que, contrairement aux affirmations idéalisantes des Galilée, Newton, Einstein et Pauli ou Dirac, le langage de Dieu n'est pas mathématique.

Dieu - celui de Spinoza, bien sûr - pense comme un musicien ou comme un alchimiste, mais jamais comme un ingénieur et certainement pas comme un mathématicien ou un logicien.

L'univers réel se construit pas à pas, comme un tout organique et holistique, cohésif et cohérent, selon une démarche processuelle et intentionnelle, truffée de sauts d'émergence.

 

*

 

La mathématisation du Réel n'est envisageable que si le Réel est conservatif. S'il ne l'est pas, aucune équation n'est possible puisqu'il ne peut y avoir d'égalité entre aucun "avant" et aucun "après".

Or, il semble que la conservativité n'existe approximativement que dans les zones d'univers "tranquilles", là où le niveau d'activité cosmique est faible. Ailleurs, rien n'est conservatif.

La science des hommes a commis l'erreur de généraliser à tout l'univers, les règles de fonctionnement de cette zone de basse activité où la vie et la pensée ont pu se développer.

Au centre d'une étoile ou, mieux, dans le cœur d'une galaxie, il n'en va pas du tout ainsi.

 

*

* *

 

Le 06/07/2016

 

Si l'on s'obstine à confondre démocratie et suffrage universel, la démagogie aura de très beaux jours devant elle.

La démocratie, c'est la gouvernance POUR le peuple c'est-à-dire une gouvernance élitaire mais dédiée au bien-vivre du plus grand nombre.

Le suffrage universel, c'est la gouvernance PAR le peuple c'est-à-dire la tyrannie des démagogues élus par la masse des crétins.

 

*

* *

 

Le 07/07/2016

 

Arrêter d'être vieux !

Plus on se libère, plus on rajeunit.

 

*

 

Spinoza n'affirme pas le déterminisme ; il nie le hasard.

Ce n'est pas du tout la même chose !

Le déterminisme (ou causalisme strict) affirme l'existence d'une Règle absolue, intangible et universelle qui régit tout ce qui se passe.

Le hasardisme (ou probabilisme) affirme l'absence d'une telle norme et fait du Hasard pur le moteur du Réel.

La troisième voie, ni déterminisme, ni hasardisme, relève de l'intentionnalisme (ou téléologisme) et pose un principe d'accomplissement de l'œuvre au cœur du Réel.

Tant la Règle que le Hasard nient la Liberté créative qui permet la complexification du Réel.

Seule la notion d'œuvre (d'Intention, de Volonté au sens de Schopenhauer et de Nietzsche) ouvre les portes de la prison mécaniciste.

Pour Spinoza, Dieu est le nom du principe de cohérence, de cohésion, d'unité et d'organicité du Réel.

 

*

 

Quand quelqu'un meurt, de deux choses l'une : ou bien il n'existe plus, ou bien il sait tout. Dans les deux cas, lui parler ne sert à rien puisque ou bien il ne peut entendre quoique ce soit, ou bien il sait déjà ce qui va être dit.

 

*

 

Ce n'est pas la mort qui rend triste ; c'est l'absence qu'elle engendre.

 

*

 

D'après la théologie catholique, les sept péchés capitaux (certains sont même capiteux) seraient : la Colère, l'Orgueil, l'Avarice, l'Envie, la Luxure, la Paresse et la Gourmandise.

Il fut un temps où l'Acédie (la mollesse d'âme) remplaçait la Paresse.

Thomas d'Aquin, remarquant que ces "péchés" sont plus des dispositions générales de l'esprit que des actes répréhensibles (comme le vol, le meurtre, l'adultère, etc …) parle plutôt de "vices" capitaux.

J'y vois, moi, plutôt un excès d'extériorité et un manque d'intériorité …

 

*

* *

 

Le 10/07/2016

 

Je ne connais pas de croyance plus absurde que celle, théiste, en l'existence d'un Dieu personnel, étranger au Réel, créateur du Réel et maître du Réel.

Dieu n'est pas une personne puisque ce mot renvoie à un "moi" conscient, à une individualité distincte de ce qui ne serait pas lui, ce qui est en contradiction flagrante avec le fait que le Réel soit un Tout-Un où rien n'est distinct et séparé, où tout est interdépendant de tout. Dieu n'est pas un Être ; Dieu est la puissance interne du Réel.

Dieu n'est pas étranger au Réel. Tout ce qui n'est pas dans le Réel est irréel et, donc, n'existe pas. Dieu est dans le Réel.

Dieu n'est pas créateur de l'univers, mais il désigne la puissance créative et unitive qui est à l'œuvre continument dans le Réel et qui s'exprime dans et par l'univers physique.

Dieu n'est pas maître du Réel. Il est l'Intelligence du Réel au service du Réel et de son Intention ou Volonté d'accomplissement.

Le Réel est la source ultime de toutes les manifestations perçues ou ressenties par chacun. Le Divin est la face cachée, invisible et inconnaissable du Réel qui se révèle, à sa surface, sous la forme d'un univers physique manifeste, visible et connaissable.

Le Réel est Volonté. Le Réel est Devenir. Le Réel est Vie.

Rien n'est extérieur au Réel. Le Réel est un Vivant qui évolue de l'intérieur, comme un arbre qui pousse. L'univers physique en est l'aubier.

 

*

 

Il n'y a pas d'Être en-deçà ou en arrière-fond du Devenir : ni Dieu, ni Matière, ni quoique ce soit.

Le Réel est Devenir pur, sans Être.

Il est de l'Intention, de la Volonté, du Désir qui s'actualise.

Il est du temps réalisé et accumulé.

 

*

 

De tout ce qui existe, rien n'est mais tout advient et devient.

 

*

 

Les Lois de la Nature ne sont le fruit ni du Hasard, ni de Dieu. Elles sont des nécessités intrinsèques, des émergences indispensables ; elles sont le fruit d'une logique intentionnelle, d'une économie processuelle.

Elles sont donc secondes, et non premières.

Elles sont produites, et non inhérentes.

L'univers physique est antérieur à ses lois physiques.

La Chaos est antérieur au Kosmos.

Le Réel est habité par une volonté de mise en ordre c'est-à-dire d'optimalité néguentropique.

 

*

 

Le temps est venu d'éradiquer tous les anthropocentrismes et tous les anthropomorphismes.

Il faut éliminer le "sujet" kantien de tous les rapports à la Gnose.

Ce n'est pas l'homme qui doit marcher vers la Connaissance, mais c'est la Gnose qu'il faut laisser surgir en l'homme.

 

*

 

A un rabbin qui lui demandait s'il croyait en Dieu, Albert Einstein répondit : "Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un Dieu qui se préoccupe du sort et des agissements des êtres humains" (New-York Times - 25/04/1929).

 

*

 

Le temps est venu de développer une "religion cosmique" fondée sur un spiritualisme moniste et panenthéiste.

Il faut définitivement sortir des impasses du théisme et du providentialisme, d'une part, et du matérialisme et du hasardisme, d'autre part, et renvoyer, dos-à-dos, toutes ces absurdités.

 

*

 

Le modèle quantique (les équations de Schrödinger ou de Klein-Gordon, le principe d'incertitude d'Heisenberg et le principe d'exclusion de Pauli) ne concerne que l'électron et les interactions électromagnétiques qu'il induit.

 

*

* *

 

Le 11/07/2016

 

Les physiciens théoriciens se répartissent en quatre groupes selon deux axes : l'un allant de mystique à mathématique, l'autre allant de phénoménologique à ontologique.

 

 

Mathématique

Mystique

Phénoménologique

Galilée, Dirac

Copernic, Bohr

Ontologique

Laplace, Einstein

Newton, Schrödinger

 

Les processus cognitifs (la connaissance construite par voie phénoménologique et empirico-mathématique) et gnosiques (la gnose reçue par voie ontologique et mystique) doivent converger, nécessairement, sinon ils perdent toute véracité.

Mais l'un sans l'autre resterait, à tout jamais, une impasse car la progression scientifique est essentiellement dialectique.

 

*

* *

 

Le 12/07/2016

 

Au contraire de la Trimurti hindoue qui est purement ontologique, la Trinité chrétienne est hybride : le Père et l'Esprit sont des hypostases métaphysiques, alors que le Fils est aussi une hypostase phénoménologique et anthropologique. Et ce fut là que le bât blessa dès les discussions théologiques byzantines du 4ème au 9ème siècle (et les si multiples "hérésies" qui en découlèrent) pour se terminer par le schisme entre Orthodoxie et Catholicisme (1054).

C'est tout le "mystère" de l'incarnation et de son symétrique, la résurrection, qui est bancal et qui rend le Christianisme catholique incohérent (incohérence que le Judaïsme et l'Islamisme dénoncent depuis toujours).

L'erreur impardonnable faite (par le Catholicisme, puis par le Protestantisme) est d'avoir mélangé les genres et d'avoir mêlé théologie (la Trinité ontologique) et anthropologie (le processus sotériologique).

Il est clair qu'une passerelle christologique devait être posée entre ces deux plans, mais sans confusion entre eux (c'est malheureusement ce que fit le Catholicisme et, par suite, le Protestantisme). Les notions d'incarnation et de résurrection symbolisent parfaitement, dans les deux sens, cette passerelle entre les deux plans, mais ces notions doivent être prises dans leur si riche sens symbolique et mystique, et non au sens littéral ou historiographique.

Pour le dire autrement : Jésus (le versant anthropologique) n'est pas le Fils (versant ontologique), mais, selon la foi chrétienne, Jésus a joui d'une relation intime, mystique et évangélique avec le Fils et, à travers le Fils, avec le Père et l'Esprit.

 

A ce texte, Bertrand Vergely, orthodoxe et professeur de philosophie à l'Institut Saint Serge, me répond ceci :

 

"La trinité est l’expression de ce qu’est le Dieu vivant. Il y a une belle image qui exprime celle-ci, celle qui unit la source, le fleuve et l’ océan. La Père, la source, le Fils, le fleuve, l’Esprit Saint, l’océan. L’Orthodoxie a une belle compréhension de ce Dieu vivant source-fleuve-océan lorsque, dans le Symbole de Nicée, elle explique que le Saint Esprit procède du Père et qu’il est adoré avec le Fils est adoré. L’ontologie de la vie est respectée comme cascade de l’ineffable, débordement de l’ineffable, profusion de l’ineffable. En faisant procéder l’Esprit Saint du Père et du Fils (filioque), le Catholicisme a fait dériver l’Esprit Saint de la communauté du Père et du Fils, et non plus du Père comme source. Il a fait rentrer la communauté, au sens social du terme, dans la trinité. Résultat : on n’est plus dans l’ontologique mais dans l’anthropologique et le social. Concrètement, cela se voit dans le Catholicisme et dans le tournant qu’a pris l’Occident. Séparation du clergé en deux, clergé régulier et clergé séculier, et, par là-même, début de la sécularisation de l’Église avant l’apparition de l’athéisme. Préoccupation uniquement sociale et morale de l’église. Oubli de la relation mystique à Dieu. La souffrance remplace la mystique. Pour socialiser, il faut être aux côtés de ceux qui souffrent. Le pauvre devient de ce fait le Christ sur terre. Puisqu’il est à socialiser, c’est lui le transformateur de ce monde. De ce fait, contradiction entre apologie de la pauvreté et lutte contre elle. Le tout induit l’apparition de l’athéisme et du socialisme. Ce qui est logique. Puisque l’important est la société (cfr. Durkheim : "Dieu, c’est la société"), pas besoin de Dieu pour aller à Dieu, la société suffit. Dans ce contexte, perte du sens de l’incarnation et de la résurrection.

L’incarnation ? Dieu en la personne de son Fils est venu racheter nos fautes.

La résurrection ? Dieu est venu souffrir avec nous. D’où l’importance du Vendredi Saint, plus important que la résurrection car opérateur de transformation par la mort.

Perte complète du sens de la vie à cause du social. Dieu en la personne de son Fils s’incarne pour glorifier la vie. Et il ressuscite en la personne de son Fils pour glorifier la vie. Tout est une glorification de la vie. Dieu est un océan de vie (philosophie médiévale, Gilson).

Vision orthodoxe : la vie. Quand il y a de la vie, il y a du social possible.

Vision occidentale : quand il y a le social avant tout, si l’on oublie la vie, il n’y a plus de social.

Aujourd’hui l’Église catholique fait un retour en politique via l’amour, les pauvres et les migrants exaltés par le pape François. Le Christ lave les pieds des disciples non des pauvres ; le pape François lave les pieds des migrants. Conclusion : les migrants sont nos nouveaux apôtres. Impossible de critiquer sous peine de passer pour un salaud. Sagesse de l’Orthodoxie malgré ses erreurs et ses faiblesses : avoir maintenu le sens de Dieu comme cascade de vie.

Important ! Le Père : source non manifestée. Le Fils : visage de Dieu dans la manifestation sous la forme d’un fleuve de vie.

Ton texte: trop directement polémique. un peu trop allusif. Difficile pour les non initiés. Mais, dans son inspiration, profondément juste. Tu as parfaitement vu le détournement de la Trinité par le social , détournement qui emprisonne aujourd’hui totalement l'Europe comme je l’ai dit dans l’article que je t’ai envoyé et qui fait que les chrétiens sèment une pagaille noire sur la planète : le culte du social amenant l’obsession des moyens et l’obsession des moyens, le culte de l’argent. N’oublions pas que les États-Unis sont un pays protestant qui ne jure que par Dieu et le Dollar. Sur le Dollar est inscrit : "In God we trust".

 

Augustin d'Hippone l'avait parfaitement compris : s'il n'y a pas de Péché originel, il n'est nul besoin de Rédemption ; alors, par suite, le processus d'Incarnation, de Passion et de Résurrection n'a aucune raison d'être … et tout le Christianisme s'effondre.

Or, selon les textes originaux de la Torah hébraïque, il n'y a pas de Péché originel (qui est une pure invention augustinienne). Dont acte !

Le concept augustinien dérive de l'Epître aux Romains de Paul de Tarse qui dit :

 

" C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché… "

 

Cette idée d'un péché collectif, universel et indélébile est proprement absurde. L'Orthodoxie chrétienne ne l'accepte d'ailleurs pas.

En revanche, on pourrait évoquer une "faiblesse spirituelle et morale" congénitale à tous les hommes mais que chacun, individuellement, peut combattre jusqu'à atteindre la Gnose ou la Sainteté. Nul besoin de Rédempteur, mais bien d'un mystagogue.

 

*

 

Appétition.

Ce terme est fréquemment employé par Leibniz qui prétendait que tous les êtres qui composent la Nature, toutes les monades sans exception, sont doués de deux qualités essentielles :

−    la représentation qui est la forme la plus humble de la sensibilité et de l'intelligence ;

−    l'appétition qui est une tendance à l'action et la première ébauche de la volonté.

L'appétition leibnizienne n'est autre que l'Intention d'accomplissement, c'est-à-dire le Feu héraclitéen, l'entéléchie aristotélicienne, le conatus spinozien, la dialectique hégélienne, la volonté schopenhauerienne ou nietzschéenne, l'élan vital bergsonien, etc …

 

*

* *

 

Le 13/07/2016

 

De Jean Rostand (l'idole de mon adolescence, avec Albert Einstein) :

 

"La science a fait de nous des dieux, avant même que nous méritions d'être des hommes."

"Science: la seule façon de servir les hommes sans se rendre complice de leurs passions."

"Tous les espoirs sont permis à l'homme, même celui de disparaître."

"L'homme est un miracle sans intérêt."

"L'homme est soluble dans la nature."

"Je ne crois pas au mystère, ce serait trop simple."

 

*

 

De mon complice André-Yves Portnoff :

 

" Le mouvement humaniste prônait une vision du monde basée sur la raison et, à l’instar d’Aristote, sur l’observation individuelle des réalités, contre la vision dogmatique dominante d’une vérité révélée par Dieu et ses représentants, prêtres ou souverains."

 

*

 

Ras-le-bol des confusions et des amalgames savamment entretenus et colportés par les démagogues et leurs valets journalistiques …

Confusions et amalgames …

Entre démocratie et suffrage universel.

Entre libéralisme et financiarisme.

Entre capitalisme entrepreneurial et capitalisme spéculatif.

Entre anti-salafisme et islamophobie.

Entre dénonciation de la "théorie" du genre et homophobie.

Entre différencialisme et racisme.

Entre antisocialisme et fascisme.

Etc …

 

*

 

La vieille tentation de dualisation ontique de l'esprit et du corps (la matière) est sans doute née du constat superficiel que l'esprit serait éthiquement libre et que le corps (la matière) serait mécaniquement déterminé.

Cette dualisation est radicalement bancale ; en effet, plus on monte dans l'échelle des complexités, plus les systèmes concernés voient le spectre de leurs réponses possibles à un événement, s'élargir copieusement : la complexification des systèmes induit une plasticité processuelle grandissante manifestée par une diversité croissante de scénarii en réponse à l'événement considéré.

Entre le caillou et l'humain, il y a une "montée en liberté" qui, en revanche, n'élimine en rien le champ des contraintes que le Tout exerce sur chacune de ses parties, même plus "libres".

Cette "montée en liberté" implique aussi une "montée en créativité" liée au développement de possibilité d'émergences inédites.

 

*

 

Le hasard est au moins aussi liberticide que la loi.

 

*

 

La fleur nie le bouton. Le fruit nie la fleur. Le grain nie le fruit. Le germe nie le grain. La bouton nie le germe. Et ainsi de suite, indéfiniment …

La mort nie ce processus de négations successives.

 

*

 

Un champ de contrainte que l'on s'invente est le meilleur alibi pour ne rien oser.

 

*

 

Le TLF écrit ceci :

 

"Le principe de subsidiarité : tout échelon supérieur s'interdit de réaliser lui-même ce qu'un échelon inférieur pourrait faire."

Wikipedia dit ceci :

 

"Le principe de subsidiarité est une maxime politique et sociale selon laquelle la responsabilité d'une action publique, lorsqu'elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d'elle-même. Il va de pair avec le principe de proportionnalité et le principe de suppléance, qui veut que quand les problèmes excèdent les capacités d'une petite entité, l'échelon supérieur a alors le devoir de la soutenir, dans les limites du principe de subsidiarité.

C'est donc le souci de veiller à ne pas faire à un niveau plus élevé ce qui peut l'être avec plus d'efficacité à une échelle plus faible, c'est-à-dire la recherche du niveau pertinent d'action publique."

 

Ces définitions ne sont pas satisfaisantes car il ne s'agit, en somme, que de délégation de pouvoir (top-down) vers le bas et non d'une autre définition du pouvoir (bottom-up). Il faut aller bien plus loin …

Et fonder le concept de subsidiarité sur la puissance de fédération d'un projet collectif fort et sur le devoir de contribution optimale de chaque acteur.

 

*

* *

 

Le 15/07/2016

 

La liberté, ce n'est pas faire tout ce que l'on veut, mais c'est faire tout ce que l'on doit (pour accomplir le Vie en soi et autour de soi) quand on le peut et comme on le peut.

 

*

 

Il faut distinguer le rationalisme (qui prétend que la raison est le seul véhicule acceptable sur le chemin de la vérité) de la rationalité (qui constate que tout ce qui existe et advient a une bonne raison d'exister et d'advenir - Hegel). Il ne faut pas évacuer la raison, mais la compléter par l'intuition (la résonance) et la sensibilité (la reliance).

 

*

 

L'opposition entre les métaphysiques de l'Être (largement dominante en occident depuis Parménide jusque Kant) et les métaphysiques du Devenir (marginales, mais magistralement marginales : Héraclite, Schelling - et tous les philosophes romantiques -, Hegel, Schopenhauer, Nietzsche, Bergson, Teilhard de Chardin, Heidegger) est irréductible et s'inscrit au cœur de la mutation paradigmatique que nous vivons aujourd'hui (notamment en physique où l'on assiste au passage de l'objectalisme au processualisme, du mécanicisme à l'organicisme, du hasardisme à l'intentionnalisme, du matérialisme au spiritualisme).

Whitehead et ses successeurs (dont Ilya Prigogine et, modestement, moi-même) ont enclenché une irréversible révolution avec  la mise en place d'une métaphysique du processus (Process Metaphysics).

La recherche de l'immuable "derrière" le mouvant est totalement dépassée (exit les fumisteries liées aux particules élémentaires ; il n'y a pas de particules, ni élémentaires, ni autres ; l'atomisme abdéritain et l'analycisme cartésien sont morts).

Le temps est venu de passer de l'Être immuable à l'Un processuel.

 

*

 

Le christianisme occidental, parce que sous influence augustinienne, donc platonicienne, est devenu une religion de l'Être figé dans sa perfection et de l'Idéal prédéterminé attendant la parousie ; cette religion a dégénéré en un moralisme que Nietzsche dénonça et dont le Dieu est mort. Le catholicisme et le protestantisme ont renié leurs racines juives et orientales, et ont évacué le temps (le processus, donc) de leurs théologies. Ils se sont condamnés à un dualisme ontique qui est intenable. Les christianismes orthodoxes et orientaux ont mieux résisté au rouleau compresseur de l'ordre martial gravé dans l'airain que l'Eglise de Rome a hérité de l'Empire de Rome.

 

*

 

Les institutions de la Modernité au centre desquelles trône l'Etat national, sont en train de mourir avec cette Modernité même. Cette vision pyramidale des sociétés humaines est incapable d'assumer la vitalité foisonnante du monde réel.

 

*

 

La Nation, c'est l'Etat déguisé en Peuple.

 

*

 

La mort n'est pas l'opposé de la vie. La mort est l'opposé de la naissance. La Vie, elle, est immortelle et éternelle. Elle est le processus cosmique même.

 

*

 

Nietzsche disait qu'il n'y a que trois Arts majeurs, entourés d'un troupeau de petits arts mineurs, seconds, subalternes voire insignifiants, décoratifs ou spectaculeux.

Ces trois Arts majeurs sont la Poésie, la Musique et la Tragédie. Je fais mienne cette distinction.

La Poésie est le langage de l'Emerveillement.

La Musique est la langage de l'Harmonie.

La Tragédie est le langage du Destin.

Notre monde actuel a besoin de redécouvrir ces langages-là afin de ne pas continuer à s'enliser dans le seul langage technicien du mécanique et du quantitatif (cfr. Heidegger). Il nous faut réapprendre à poétiser, à musicaliser et à tragédiser le Réel (cfr. mon "Eloge du Romantisme - La contre-modernité" - Laurence Massaro - 2015).

 

*

 

Le mot "démocratie" a deux sens opposés.

Celui de gouvernance POUR le peuple c'est-à-dire une gouvernance confiée à une élite dûment qualifiée qui vise le bien-vivre du plus grand nombre … grand nombre qui ne demande, d'ailleurs, rien d'autre.

Et celui de la gouvernance PAR le peuple c'est-à-dire le suffrage universel et ses suites inéluctables : la démagogie, l'électoralisme, le clientélisme, le politicianisme professionnalisé et carriériste, les assistanats généralisés, la manipulation, l'abêtissement et l'infantilisation des masses (qui n'aspire qu'à "la servitude volontaire" contre du confort pratique), le règne absolu du panem et circenses assaisonné, de temps à autre, d'un gros coup de pathos, etc ….

 

*

 

Tout est relation … (cfr. Michel Bitbol).

 

*

 

Je, Tu et Nous … L'esprit de Buber et Levinas a soufflé par là.

Nous assistons à la naissance de nouveaux collectifs qui ne sont plus politiques mais qui sont communautaires (tribaux, dirait Michel Maffesoli).

Mais nous assistons surtout à un retournement capital : l'intériorité (le vécu, le ressenti, la quête) commence à primer sur l'extériorité (le monde, la morale, la loi, les autres et leur regard).

La vraie et seule vie que l'on puisse réellement vivre, est la vie intérieure ; cette vie indicible et incommunicable qui forge l'intimité la plus profonde.

 

*

* *

 

Le 16/07/2016

 

La Matière est la scorie de la Vie et la Vie, c'est l'Esprit à l'œuvre.

L'Esprit engendre la Vie qui engendre la Matière.

 

*

 

Le mythe de l'âge d'or, du bon sauvage, de la société primitive égalitaire et fraternelle, etc …  Tout cela n'est que fallacieux mensonges à visée idéologique.

 

*

 

En nos temps d'enflure emphatique et systématique du "social", il est essentiel de réaffirmer que la vie sociétale est largement secondaire par rapport à la vie intérieure de chaque individu.

Chacun vit d'abord en soi, par soi, pour soi ; les "autres" ne sont qu'épiphénomènes, certes prégnants et contraignants, mais très secondaires.

 

*

 

Ce n'est pas la mort qui fait peur ; c'est la, douleur. La mort n'est qu'un instant de passage, vers un inconnu peut-être vide. La douleur, elle, celle de soi, celle de ceux que l'on aime, est une intolérable torture qu'il faut apprendre à maîtriser par la Joie … ou par la morphine.

 

*

 

L'existence humaine s'inscrit, à la fois, dans l'espace intérieur qui la fonde, et dans l'espace cosmique qui l'enveloppe. Tous les espaces intermédiaires sont secondaires, voire insignifiants.

 

*

 

Aussi loin que l'on remonte dans le temps, même au paléolithique, les communautés humaines ont toujours été inégalitaires … tout simplement parce que les hommes sont, par nature et par culture, inégaux. Il y a toujours eu des élites, n'en déplaise à Rousseau.

Le problème n'est pas l'inégalité entre les hommes, mais bien ce que les hommes en font. Il y aura toujours des forts et des faibles. La question est : la force est-elle utilisée pour asservir ou pour épauler la faiblesse ?

 

*

 

La paléoanthropologie atteste aujourd'hui clairement (cfr. "Révolution dans nos origines" sous la direction de Jean-François Dortier), au grand dam de l'humanisme universaliste, qu'il existe des races humaines différentes.

D'une part, l'homo africanus, à peau sombre, est une branche venue en droite ligne de l'homo heidelbergensis. L'autre branche est remontée vers le nord et s'est métissée avec l'homo neanderthalensis à peau claire pour donner quatre sous-branches : méditerranéenne, sémitique, nordique et asiate. Cette dernière sous-branche, lors de sa migration vers l'est, s'est métissée avec d'autres groupes comme l'homo denisova (dérivé de l'homo heidelbergensis) ou l'homo floresiensis (dérivé plus ancien de l'homo erectus).

Le genre homo sapiens n'existe tout simplement pas.

L'homo neanderthalensis, longtemps considéré comme un rustre archaïque quasi simiesque, apparaît, aujourd'hui, comme un grand inventeur de langages symboliques, de maîtrise du feu ("La guerre du feu" de Jean-Jacques Annaud a tout faux), de pigments colorés, de bijoux, d'outils de pierre ou de bois, de rites funéraires, de créations artistiques, etc …

 

*

 

L'univers évolue et se crée continument comme se crée une toile de peintre : on y trouve de l'intention (l'inspiration), de la technique (des expériences et tours de main accumulés), des potentialités (du talent, un don), des opportunités (des défauts à rattraper, des détails particulièrement épatants, des accidents poïétiques) et des ressources (du matériel, des tubes de peinture, des brosses, couteaux et pinceaux).

 

*

 

En langage processuel …

Ceci n'est pas un arbre, mais de l'arborescent.

Ceci n'est pas une fleur, mais de l'efflorescent.

Ceci n'est pas un être, mais du vivant.

Ceci n'est pas une idée, mais du pensant.

Etc …

Bref : il n'y a pas un objet local identifié mais il y a du processus global impersonnel.

 

*

 

Dans la vision objectale (objectalisme ou atomisme ou analycisme ou mécanicisme), le changement n'opère que sur les relations entre des entités fixes et immuables (ou considérées telles ou recherchée telles).

Dans la vision processuelle (processualisme ou monisme ou holisme ou organicisme), le changement manifeste l'activité cosmique qui, parfois, s'encapsule pour se présenter sous la forme d'entités apparentes, grossièrement stables.

 

*

 

Ce que j'appelle Intention, Aristote l'appelait Entéléchie, Leibniz l'appelait Appétition et Hegel l'appelait Concept.

 

*

 

Le contraire de l'émergence qui est la manifestation néguentropique par excellence, est la déliquescence entropique.

 

*

 

On a trop tendance à amalgamer les antiquités grecque et romaine. Le passage d'une à l'autre fut pourtant une rupture paradigmatique colossale.

A la sagesse grecque fut substitué l'ordre romain avec son militarisme, son juridisme, son utilitarisme, son pragmatisme, son hiérarchisme et son impérialisme.

La philosophie grecque, à Rome, devint moralisme ; l'exemple du stoïcisme suffit à l'illustrer.*

Le monde romain fut un anthropocentrisme sans spiritualité et sans mystique, une mécanique juridique et politique, dont le catholicisme, puis le protestantisme, puis l'américanisme furent les héritiers directs.

 

*

 

Le pensée grecque était bien plus orientale qu'on la présente généralement. Le berceau de la philosophie fut l'Ionie, sur les rivages de l'actuelle Turquie. Les yeux grecs ont toujours lorgnés vers l'orient, vers la Chaldée, la Perse, l'Egypte, la Phénicie. C'est à Rome qu'est né l'occident. Pas à Athènes.

Si l'on compare les trois cycles paradigmatiques des ères antique et chrétienne, on voit bien que le cycle chaldéen correspond au cycle carolingien (un temps de mages ou de moines, et une quête de vérité spirituelle), que le cycle grec correspond au cycle féodal (un temps de cités ou de seigneuries, et une quête de pureté intellectuelle) et que le cycle romain correspond au cycle moderne (un temps d'empires ou de nations, et une quête de puissance matérielle).

Le cycle qui démarre sous nos yeux, si cette logique est respectée, est le premier d'une série de trois qui s'inaugurera sur une nouvelle quête de vérité spirituelle menée par une élite ascétique.

 

*

 

Tant que les musulmans de France ne condamneront pas ouvertement, publiquement et clairement tous les actes terroristes commis au nom d'Allah ;

Tant que les musulmans de France ne dénonceront pas, à la police, les musulmans radicalisés ou en voie de radicalisation ;

Tant que les musulmans de France ne répudieront pas solennellement les doctrines salafistes, wahhabites et djihadistes ;

Alors, ils seront tous suspects, complices et coupables, et doivent être traités comme tels.

 

*

 

La cosmologie classique voit l'univers comme un nombre immense de particules assemblées par des forces fondamentales selon de lois immuables.

Ces trois piliers sont faux. Il n'y a pas de particules. Il n'y a pas de forces. Il n'y a pas de lois.

Un cosmologie nouvelle est en train d'être construite sur trois autres principes essentiels : un processus global et accumulatif, un moteur intentionnel et une logique d'optimalité approximative.

Cette nouvelle cosmologie ne sera ni hasardiste, ni déterministe, mais émergentiste. Elle ne sera pas causaliste, mais dialectique. Elle ne sera ni mécaniciste, ni analyciste, mais organiciste et holistique.

Elle ne sera pas non plus mathématique, même si les mathématiques, inadéquates en matière de complexité, resteront un langage parmi d'autres pour en formaliser approximativement certains aspects plus "idéalisables".

 

*

 

Une bonne définition de l'idée de paradigme est donnée par Hans Küng : un modèle du monde, une weltanschauung.

 

*

 

Géocentrisme ou héliocentrisme ?

La belle affaire : il n'y a pas de centre et tout tourne autour de tout. Mais, lorsqu'on parle "gravitation", prendre le corps le plus lourd comme référentiel permet l'obtention d'une représentation beaucoup plus simple des trajectoires (qui se complexifie d'ailleurs très vite dès qu'il y a plus d'un seul corps très lourd au milieu d'autres corps bien plus légers).

Il ne s'agit donc pas de réalité physique, mais de confort mathématique.

De même pour les espaces, euclidiens ou non, utilisés en relativité générale : tout espace non euclidien à n dimensions peut toujours être décrit dans un espace euclidien à (n+1) dimensions (la surface d'une sphère, vue dans un espace à trois dimensions, peut être vue aussi comme un espace non euclidien, fermé, à courbure constante, à deux dimensions). Le débat sur la nature euclidienne ou non euclidienne de l'espace cosmique est oiseux.

Encore une fois, il ne s'agit pas de réalité physique (de toutes les façons, la notion d'espace est une fiction aux fins de représentation), mais de confort mathématique.

La Réel n'a que faire du confort mathématicien.

 

*

 

Les pays catholiques n'ont quasi pas contribué aux progrès des sciences naturelles durant les 15ème, 16ème et 17ème siècles. La peur de l'Inquisition en est évidemment la cause principale. Ce sont les Pays-Bas (Mercator, Vésale, Descartes), la Germanie (Copernic, Kepler, Brahé, Leibniz, Bernoulli) et l'Angleterre (Gilbert, Bacon, Boyle, Halley, Newton), tous protestants, qui en furent les moteurs en ces périodes obscures ; mais des moteurs bien freinés par les doctrines de Luther et, surtout, de Melanchthon.

L'Italie, hors Galilée, et l'Espagne ne produisent rien, et la France s'occupe de technique et d'ingénierie (Pascal, Papin).

 

*

 

La grande révolution paradigmatique de la physique du début du 20ème siècle se ramène à deux éléments majeurs.

Primo : la prise de conscience que l'idée d'évolution ne concerne pas seulement les espèces vivantes, mais bien la réalité du Réel dans son entièreté.

Tout évolue tout le temps depuis toujours. Tout est impermanent. L'univers est un processus. Les métaphysiques de l'Être doivent céder la place aux métaphysiques du Devenir.

Secundo : la prise de conscience de la distinction essentielle entre l'approche phénoménologique et l'approche ontologique du Réel : le résultat d'une mesure ressort de l'interférence entre l'état du phénomène mesuré (la manifestation de la réalité) et celui de l'instrument de mesure (l'artefact humain). La mesure transforme irréversiblement le système mesuré. De plus, le protocole et l'instrument d'une mesure sont conçus selon la théorie qu'ils sont censés valider.

La mesure n'est pas la réalité ; la mesure ne fait que refléter le rapport entre l'humain et le phénomène, mais ne dit rien du phénomène lui-même.

L'apparence phénoménologique (celle que révèle la physique expérimentale) n'est pas la réalité ontologique (celle que recherche la métaphysique théorique).

 

*

 

Dieu n'est pas le créateur extérieur de l'univers.

Dieu est le nom que l'on peut donner au moteur créatif à l'œuvre dans l'univers.

 

*

 

Le théorème de Gödel n'est au fond que la généralisation théorique (géniale) des vieux paradoxes d'indécidabilité connus depuis Epiménide et liés à l'autoréférence : "Le crétois dit que tous les crétois sont menteurs" ou "Cet énoncé est faux" ou "Cette phrase n'est pas autoréférente", etc ...

 

*

* *

 

Le 17/07/2016

 

La métaphysique étudie l'au-delà des phénomènes. Toute physique est d'abord métaphysique.

 

*

 

L'inauthenticité est une des idées clés de Heidegger : être inauthentique, c'est refuser son propre destin et vouloir vie une vie qui n'est pas la sienne, c'est le refus du "deviens ce que tu es" nietzschéen.

 

*

 

Le Réel est infiniment plus que ce que l'on en perçoit.

Si l'on se contente de la seule approche phénoménologique ou empirique, on ne va guère aller bien loin.

 

*

 

L'empirisme pur de Locke est aussi absurde que les idées innées de Descartes. Leibniz l'avait bien vu : la connaissance est un processus dialectique entre des donnés de la perception et des procédés du mental ; cette perception et ce mental n'étant que des conséquences de la physiologie humaine, c'est-à-dire des outils limités, fallacieux et déformants.

 

*

 

La dialectique de Hegel, en mettant en avant le jeu concomitant de la négation et de la conservation, nie l'assemblage mécanique (cartésien)  de ce qui existe, mais pointe déjà vers les processus d'émergence qui "poussent du dedans", qui transforme ce qui est (négation) en le dépassant et en le développant (conservation). La fleur nie le bouton en le dépassant comme le fruit nie la fleur en le dépassant, etc …

 

*

 

Le Bien ? La morale ? L'éthique ?

Accomplir tout l'accomplissable en soi et autour de soi.

Rien de plus. Rien de moins.

 

*

 

L'idée du caractère absolu et intangible de la dignité humaine -rabâchée ad nauseam par les droits-de-l'hommistes - vient de Kant. Celui-ci part du postulat que les choses peuvent être des moyens, mais que la personne humaine ne peut jamais l'être : elle doit être considérée comme une fin en soi. On nage là en plein orgueil anthropocentrique, en plein nombrilisme, en plein narcissisme. Comme si l'homme, ainsi que ce myosotis, cette mésange, ce chien, existait pour autre chose qu'être au service de ce qui le dépasse. Bien sûr que l'homme, comme tout ce qui existe, a une bonne raison d'exister qui est de remplir sa mission au sein du processus d'accomplissement du Réel.

Le sommet de l'indignité - et de l'inauthenticité, au sens de Heidegger - est de ne pas assumer cette vocation spécifique, ce destin propre.

En ce sens, tous les humains inauthentiques n'ont aucune dignité : ils sont des animaux dénaturés qui trahissent la Vie cosmique au profit de leurs phantasmes dérisoires et de leur illusoire ego.

 

*

 

Comme Nietzsche, Heidegger et Sloterdijk, je suis convaincu que l'humanisme est une impasse et qu'il doit être dépassé.

Le Réel, le Tout, l'Un, l'Absolu, le Divin, la Vie, l'Esprit, le Logos, le Kosmos, le Tao, le Brahman, l'Eyn-Sof, … - tout cela est synonyme - doit impérativement revenir au centre de toutes les dimensions de l'existence humaine.

L'homme, en lui-même, par lui-même, pour lui-même, n'est RIEN !

   

*

 

Le projet de la Modernité, exacerbé par Kant et les "Lumières", tient tout entier en ceci : le Progrès c'est-à-dire la Libération de l'Homme.

Cela ne signifie strictement rien.

Libérer l'homme de quoi ? Et pour quoi faire ?

Tout a été tenté : libérer l'homme de la Nature, de Dieu, de la Religion, de l'Etat, de la Souffrance, de la Mort, de l'Argent, du Travail, … et pour en arriver à quoi ? Au nihilisme prédit par Nietzsche et responsable, au cours de ce 20ème siècle qui dure encore aujourd'hui, de centaines de millions d'assassinats.

C'est de l'humain qu'il faut libérer l'homme.

C'est de lui-même, de son ego, de ses "idéaux", de ses phantasmes qu'il faut le libérer pour le subjuguer enfin à ce qui le dépasse et lui donne sens et valeur.

Le progrès par la libération de l'homme est devenu une religion : la religion du confort bourgeois d'un animal humain abêti par un système fantomatique et artificiel, hors sol, virtuel et spectaculeux, où le Réel n'a plus de place.

 

*

 

Le principe profond de la Raison (de la rationalité) est la notion de cohérence. Plus un système est cohérent, plus il est rationnel.

Hegel, en ce sens, disait que tout ce qui est réel est rationnel.

Mais cette notion de cohérence est difficile. Elle implique des liens forts et durables entre tous les ingrédients du système, sans aucune exception. Ces liens peuvent être de diverses natures, et pas seulement logiques ou causales.

 

*

 

Les philosophies existentielles (terme préférable à celui d'existentialisme, malheureusement dévoyé par les délires idéologiques de Sartre) ne disent rien d'autre que ceci : l'homme devient ce qu'il fait (il y a déjà comme un relent de processualisme dans cette idée).

Mais que fait-il ? Ce qu'il sait faire, ce qu'il peut faire, ce qu'il doit faire …

Le champ du devenir de chaque homme est donc étroitement circonscrit par ce qu'il porte en lui et qui lui est donné.

Pour le dire autrement, les philosophies existentielles mettent en avant le principe de liberté, mais celui-ci s'avère, in fine, assez limité au vu des champs de contraintes imposés par le Réel.

Ces philosophies commettent l'erreur de partir de la notion de sujet : un sujet "face au monde", un sujet "jeté dans le monde". Cet ancrage dans le subjectivisme, c'est-à-dire dans les philosophies du sujet (de Socrate à Kant), lui fait rater une ouverture vers une métaphysique intentionnaliste.

 

*

 

D'Henri Bergson :

 

"La société humaine aura beau progresser, se compliquer et se spiritualiser : le statut de sa fondation demeurera, ou plutôt l'intention de la nature."

 

C'est en musique que le concept d'intention prend son meilleur sens où il désigne, pour une œuvre donnée, l'idée de thème, de motif, de trame, voire, chez Wagner, de leitmotiv.

Il n'y a là aucune idée d'un quelconque but à atteindre : l'intentionnalisme n'est pas un finalisme !

Au fond, c'est l'intention qui est le facteur de cohérence d'un ensemble ou d'un système ; c'est elle qui en exprime la rationalité.

 

*

 

Le monde est le lieu d'une dialectique orchestrale entre un vaste processus polyphonique global et chaque petit processus mélodique local.

La musique symphonique sera la métaphore centrale de la nouvelle (méta)physique comme l'avait été la machinerie mécanique pour la physique classique.

Ainsi, l'émergence s'inscrit dans une sorte de logique du contre-point.

 

*

 

Qu'est-ce que l'Equité ?

De chacun selon ses talents et à chacun selon ses œuvres.

Qu'est-ce que la Justice ?

Appliquer sans faille, ni exception, ni passe-droit la règle d'Equité.

 

*

 

Dans le "Testament des douze Patriarches" (un pseudépigraphe intertestamentaire), au "Testament de Lévy", sont décrits les trois rôles distinctement dévolus à la tribu sacerdotale :

 

"Parmi eux, il y aura des prêtres, des juges et des scribes,

et c'est sur leur décision que sera pris ce qui est saint."

 

Ce sont les trois fonctions noétiques dédiées, respectivement, à la relation à Dieu, à la relation au monde et à la relation au temps.

 

*

 

Pour le mystique, le mot "foi" n'a aucun sens puisque, pour lui, le Divin est une évidence vécue à chaque instant.

Il n'y a rien à croire ; il y a tout à vivre.

 

*

 

Tout ce qui existe, dans toutes les dimensions, est fait de pleins et de creux ; et la somme des pleins est exactement égale à la somme des creux.

Nous vivons dans un univers à somme nulle.

Cette nullité absolue est la seule loi universelle de la physique.

 

*

* *

 

Le 18/07/2016

 

Pour qu'il y ait science, au plein sens du terme, il faut une dialectique systématique et rigoureuse entre observations et mesures reproductibles, d'une part, et modélisation logique et non falsifiable, d'autre part.

Voilà qui explique pourquoi ni les mathématiques (il n'y a ni observation, ni mesure), ni la psychologie (il n'y a pas de modélisation logique non falsifiable) ne sont des sciences.

 

*

 

Alexandre Koyré a parfaitement rendu l'impact de la révolution copernicienne en parlant du passage "du monde clos à l'univers infini". Le monde clos : celui de l'antiquité géocentrique, tout entier enfermé dans la dernière sphère des cieux. L'univers infini : celui de la modernité héliocentrique, ouvert dans toutes les dimensions.

Copernic (puis Kepler, Galilée et Newton) fut le point charnière de ce passage. Mais la modernité a, elle-même, fait machine arrière et l'univers du modèle cosmologique actuel est redevenu un monde fini et fermé.

Dans l'univers réel, il n'y a ni infinité, ni discontinuité.

Mais nous vivons une autre révolution dont Ilya Prigogine fut, sans doute, le Copernic : le passage d'une weltanschauung mécaniciste à une weltanschauung organiciste : l'univers, fini sans limite et fermé sur lui-même, n'est plus un assemblage froid et absurde de briques supposées élémentaires, gouvernées par le hasard, mais bien un organisme vivant pourvu d'une intention/volonté/désir et d'une mémoire (on pourrait parler d'un néo-animisme, d'un néo-spiritualisme, d'un néo-vitalisme ou d'un néo-hylozoïsme).

C'est dans cette révolution-là que s'inscrit tout mon travail depuis 1973.

 

*

* *

 

Le 19/07/2016

 

Toutes les démarches scientifiques, philosophiques et mystiques prennent leur source profonde et archaïque dans l'expérience double de la Souffrance/Tristesse (sans nécessairement de douleur physique) et de la Joie/Allégresse (sans nécessairement de plaisir physique).

 

Le propre de l'homme est l'imagination c'est-à-dire la capacité de se représenter un monde autre que le monde réel et d'y injecter des réponses fictives aux problématiques du Réel, Ainsi, l'expérience de la Souffrance et/ou de la Joie appelle le rêve d'un monde plein de Joie perpétuelle et exempt de toute Souffrance. A partir de là, peuvent se développer toutes les cultures humaines, toutes les religions, toutes les idéologies.

 

Philosophiquement, l'appétence pour la Joie et l'abjection pour la Souffrance amènent à poser la question de la Source ultime de la Joie et de la Souffrance.

Est-elle hors de soi ? Alors viennent les notions de grâce divine et de mérite moral, assortis de tous les binaires que les hommes se sont inventés depuis longtemps : récompense/punition, bonheur/malheur, Dieu/Diable, justice/injustice, etc …

Est-elle en soi ? Alors viennent les notions de maîtrise, d'ascèse, de purification, de discipline, de fatalité, de destin, de karma, etc …

 

La Science, initialement, pense que les Sources ultimes de la Joie et de la Souffrance sont surtout dans le monde extérieur qui nous entoure et cherche, donc,  à comprendre la logique de ce monde extérieur afin d'y découvrir les rouages des chaînes causales qui induisent Joie et Souffrance. Elle ensemence alors des techniques afin de brider ou de briser les chaînes causales négatives - celles de la Souffrance - et d'amplifier ou de créer les chaînes causales positives - celles de la Joie.

 

La Mystique, elle, à rebours, pense que les Sources ultimes de la Joie et de la Souffrance sont tout intérieures et que chacun est le créateur de son Paradis comme de son Enfer. Sans nécessairement faire appel à l'idée d'un Dieu, personnel ou non, la Mystique veut remonter les rivières tumultueuses de la vie intérieure dans une quête profonde et difficile des Sources ultimes. En remontant les eaux de la Vie vers l'amont, elle espère arriver ainsi au confluent où se conjoignent et commencent à se mêler les eaux de la Joie et les eaux de la Souffrance et là, prendre le bon bief, celui des eaux de Joie, jusqu'à atteindre la Joie pure, absolue, éternelle, à sa Source même. Là, s'originent toutes les ascèses d'initiation, de méditation, de contemplation, etc …

 

La Philosophie, enfin, n'étant ni science, ni mystique, mais les consolidant toutes deux, cherche à penser la Joie et la Souffrance en tant que concepts. Elle vise à différencier les fausses joies des vraies, les fausses souffrances des vraies. Elle voit par exemple des joies et des souffrances imaginaires. Elle voit aussi toutes les tactiques humaines pour exorciser la Souffrance par la fuite, le déni, les idoles ou la haine, ou pour créer des paradis artificiels où fleurissent les poisons du néant (la violence, la gloriole, l'argent, la drogue, le sexe, …, toutes les illusions et tous les phantasmes).

 

Avant de conclure, un remarque s'impose : la Joie n'est pas le contraire de la Souffrance comme la Souffrance n'est pas le contraire de la Joie.

Le contraire de la Souffrance est l'insensibilité. Le contraire de la Joie est l'ennui.

Depuis longtemps, les écoles philosophiques (notamment stoïcienne, épicurienne ou bouddhique) se sont attaché à éliminer la Souffrance en pratiquant l'apathie, l'ataraxie, le détachement, … ce qui mène, parfois, à l'indifférence, à l'indolence, à l'impassibilité.

Bien curieusement, aucune école philosophique ne se détache vraiment pour avoir choisi le chemin symétrique : celui de la recherche et du développement systématique de la Joie, que la philosophie nomme l'eudémonisme (à ne pas confondre avec l'Hédonisme qui n'est que la course au plaisir). Il y eut Spinoza, bien sûr. Et après lui, Nietzsche. Bergson, sans doute …

 

La quête de plus de Joie et l'espoir de moins de Souffrance semblent bien être les moteurs ultimes de toute l'aventure humaine en ce bas monde …

 

*

 

D'Henri Bergson :

 

"(…) la fonction essentielle de l’univers, qui est une machine à faire des dieux."

 

*

 

Au cœur de la Modernité qui est tout son contraire, héritier des penseurs romantiques, Hegel ravive enfin un monisme spiritualiste et processualiste.

Les 19ème et 20ème siècles s'opposeront virulemment à lui.

 

*

 

Le rationalisme cartésien - l'idolâtrie de la raison logique, innée, don du Dieu personnel - est, au fond, une forme d'idéalisme d'allure pythagoricienne où la Logique aurait pris la place des Nombres et Figures mathématiques.

 

*

 

On finit toujours par trouver ce que l'on cherche, fût-ce en (se) mentant.

 

*

 

Ce que l'on espère, si c'est raisonnable, finit toujours par arriver un jour ; il suffit d'être très patient (plus la durée est longue, plus l'occurrence est probable) et très attentif (pour que l'opportunité soit repérée et saisie).

Il n'y a là nulle magie ni secret invisible ; juste du calcul des probabilités.

 

*

 

Une grave erreur - mais est-ce erreur ou manipulation politicienne ? - s'est glissée dans le langage politique : la confusion entre "intérêt général" et "intérêt commun".

L'intérêt commun - ou collectif - est celui qui constitue le plus petit commun dénominateur des intérêts collectifs des individus (ce que les individus veulent réellement faire ensemble).

L'intérêt général - ou supérieur - est une abstraction artificielle que l'on place au-dessus des intérêts personnels des individus (ce à quoi les individus doivent impérativement se soumettre au nom d'une idéologie quelconque).

Ce glissement sémantique est lourd de conséquence puisqu'il donne à l'Etat qui, soi-disant, incarne la volonté générale, toute légitimité pour asservir les individus au nom de "l'intérêt supérieur de la Nation".

 

*

 

Dès ses écrits de jeunesse, Nietzsche fait appel à la notion de fatum (cfr. Amor Fati) dont le sens latin est multiple : oracle, prédiction, destin, sort, destinée, durée de vie, accident, malheur …

En français, le mot a donné "fatal" ou "fatalité" ou "fatalisme" : tout ce qui relève du fatum.

Pour Nietzsche le sens du fatum est celui d'incontournabilité, d'inexorabilité, d'inévitabilité …

Le fatum, le destin, c'est ce qui doit arriver, c'est le triomphe de la logique cosmique sur les logiques particulières, c'est la victoire du Tout sur toutes les parties.

Dès lors, l'Amor Fati n'est rien d'autre que le désir profond et libre s'inscrire sa propre logique de vie (son tao personnel) en parfaite harmonie avec la logique cosmique (le Tao universel) dont la trace, chez chacun, s'appelle "destin personnel".

 

*

* *

 

Le 20/07/2016

 

Le slogan "développement durable" est une pure escroquerie intellectuelle : tout développement matériel, par les destructions inéluctables de ressources non renouvelables qu'il implique, est forcément non durable.

Seul un développement immatériel pourrait être durable à la condition que la démographie humaine retombe en dessous des deux milliards qui est le niveau à partir duquel ce qui est consommé par l'homme est égal à ce qui est produit naturellement par Gaïa.

 

*

 

La ville, typique de la logique moderniste, est appelée à devenir la poubelle sociale de nos sociétés. La production de valeur ne s'y trouve pas (on n'y trouve que des commerçants, des étudiants, des "artistes", des fonctionnaires ou des apparatchiks). En se transformant en réseaux de communautés transversales et décentrées, nos sociétés engendrent de plus en plus d'exclus et de marginaux qui se retrouvent dans les banlieues urbaines pendant que les centres citadins deviennent des lieux vides.

 

*

 

La propriété n'est qu'une des réponses au besoin de garantir le disponibilité, l'accès ou l'usage vis-à-vis d'un outil de vie.

 

*

 

Si le fabricant d'un bien quelconque en restait définitivement propriétaire et, donc, responsable, il devrait en assumer la qualité tout au long de sa durée de vie et serait alors obligé de passer d'une logique de prix bas à une logique de haute valeur.

En généralisant l'idée, il vient ceci : la propriété de quoique ce soit ne devrait jamais pouvoir se vendre ; chacun devrait rester définitivement propriétaire et responsable de ce qu'il fabrique ou produit ; seul l'usufruit serait à louer.

Ce n'est pas la propriété qui est du vol, mais le commerce de la propriété qui pousse à la mauvaise qualité des choses de la vie.

Par exemple, celui qui fabrique des produits alimentaires resterait, responsable du recyclage des déchets et poubelles, de la gestion des déjections et de la santé de ses usagers.

 

*

 

Tous ces termes à la mode : relation sociale, lien social, socialité, sociabilité, convivialité, contrat social, aide sociale, insertion sociale, … sont de pures contre-vérités. L'homme est un animal asocial qui, dès qu'il en a les moyens, fuit la promiscuité.

Les gens qui ne se connaissent pas, n'ont aucune envie de se connaître.

Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer comment se remplissent les salles d'attente ou les tables d'hôte.

 

*

 

Le problème n'est pas le coût de la main d'œuvre, mais la qualité de la main-d'œuvre c'est-à-dire sa capacité à engendrer le maximum de valeur avec le minimum de ressources (et non, comme le veut la logique productiviste, le maximum de quantité pour le minimum de prix).

Le problème majeur de nos sociétés est que, tant par leurs systèmes de formation que par leurs systèmes de valeur, elles sont devenues incapables de générer de la main-d'œuvre de haute qualité.

 

*

 

Hegel et Nietzsche, héritiers, tous deux, d'Héraclite et de Leibniz, sont les premiers philosophes du troisième millénaire. Ils inaugurent une nouvelle ère philosophique à laquelle le 20ème siècle (nihiliste, matérialiste et progressiste) n'a rien compris. Ikls abolissent toutes les métaphysiques de l'Être et remettent la Vie, cosmique et dionysiaque, au centre de tout et du Tout.

 

*

 

Est libre tout qui n'a personne d'autre que lui-même pour décider ce qu'il a à faire. On est libre non par rapport à soi- chacun est mû par ses instincts, ses valeurs, ses désirs -, mais bien par rapport aux autres et à leurs influences, pouvoirs et exigences.

Le liberté n'est pas un concept transcendantal, mais seulement un constat social.

 

*

 

Toute maîtrise commence par de l'obéissance.

 

*

 

Rêve et réalité …

Quand ton rêve devient insupportable, tu te réveilles. Quand ta réalité le devient, tu ne t'endors pas.

 

*

 

Le Réel est ce qui n'est plus possible.

Le Réel est ce qui résiste, ce qui exige de l'effort.

Le Réel est ce qui entre en contact avec moi.

 

*

 

La première manifestation du Réel est mon esprit, qu'il pense ou qu'il rêve.

Si, pour éviter le solipsisme (seul mon esprit existe qui imagine tout le reste), je pose que mon corps est réel, alors tout ce qui entre en contact avec lui est aussi réel et révèle l'existence d'une externalité ; le corps est alors l'interface entre mon extériorité - mon monde - et mon intériorité - mon esprit.

Or, tout ce qui entre en contact avec mon corps (son, lumière, odeur, choc, …) possède sa propre source qui fait elle-même partie du Réel. Mais de cette source, je ne peux rien dire a priori. Ce sera la mission de mon esprit, sur base des contacts de mon corps, de construire une représentation du Réel qui comprenne ces sources et qui rende compte de ces contacts.

 

*

* *

 

Le 21/07/2016

 

Le principe d'inertie de Galilée - appelé, ensuite, première loi de Newton - affirme que, dans un espace cartésien infini, absolument vide de tout, un corps en mouvement poursuit sa trajectoire rectiligne à vitesse constante pour toute l'éternité.

Ce principe est une totale idéalisation artificielle et fictive. Pire, il est faux.

Première erreur : il pose l'existence d'un espace comme réalité physique ce qui est aberrant : l'espace n'existe pas, l'espace est un cadre de représentation produit par le psychisme humain (cfr. Kant).

Deuxième erreur : l'espace n'est ni cartésien (avec trois dimensions linéaires orthogonales), ni infini : l'espace est une fiction mathématique qui doit "suivre" l'univers pour permettre sa représentation, et l'univers réel est fini, fermé, courbe et non-linéaire, et il nécessite bien plus de trois dimensions d'état pour pouvoir être valablement modélisé.

Troisième erreur : l'espace "vide" est une autre fiction mathématique. Ce qui est "vide" n'existe pas, rien n'est "vide" dans le Réel ; l'univers réel est plein et tout est en relation avec tout, et tout interagit avec tout, et tout est interdépendant de tout. Si tel n'était pas le cas, rien n'existerait.

Quatrième erreur : un corps cela n'existe pas puisqu'il n'y a, nulle part dans l'univers, d'objets identifiables et séparables du reste de l'univers ; l'univers réel est un continuum fait d'une seule substance unique et continue, où ce que les sens de l'homme perçoivent comme des objets, ne sont que des vagues à la surface de l'océan cosmique.

Cinquième erreur : l'idée d'une vitesse éternellement constante est invérifiable ; elle n'est donc, encore une fois, qu'une fiction artificielle ; dans l'univers réel, tout interagissant avec tout, tout finit par trouver sa position d'équilibre et par s'y arrêter, et tout mouvement finit par s'épuiser (c'est le second principe de la thermodynamique).

En conséquence, toute la physique classique et la mécanique qui la sous-tend (newtonienne, d'abord, puis relativiste et quantique) est construite sur un postulat faux qui ne tient absolument pas compte de la réalité cosmique et qui n'est qu'une fiction mathématique vide de sens.

Il faut revenir à une conception plus aristotélicienne (et donc bien moins matérialiste ou mécaniciste) : il y a mouvement (évolution) parce qu'il doit y avoir mouvement (évolution). C'est le principe de la raison suffisante de Leibniz.

Les cinq concepts cruciaux dans cette weltanschauung erronée de l'univers réel sont les suivants : objet, vide, hasard, espace et force.

Les objets, le vide, le hasard, l'espace et les forces n'existent tout simplement pas.

 

*

 

Ce que certains appellent l'actuel "dérapage" sécuritaire, n'est que l'expression du champ du cygne d'un monde moribond en voie de disparition.

C'est la réaction ultime - peureuse, angoissée, paniquée - d'une vieillarde cacochyme au bord de l'agonie.

Il y a trois forces en présence :

−    La force évolutionnaire qui tend à promouvoir le nouveau monde et du nouveau paradigme qui sont en train de naître. C'est la voie de la post-modernité.

−    La force sécuritaire qui tend à s'enfoncer la tête dans les sables du déni et du refus de réalité et qui s'est mis sous très onéreuse perfusion pour rallonger, par bois de rallonge, sa survie de moribond (c'est le scénario de toutes les institutions de pouvoir, politique, économique et noétique). C'est la voie de l'hyper-modernité.

−    La force réactionnaire qui tend à imposer un retour à la "pureté" des sources (la Nature, le Coran, l'Evangile, la Nation, le Peuple, le Prolétariat, la Morale, etc …). C'est la voie de la anti-modernité.

 

*

 

L'année 2017 va probablement être une annus horribilis tant en matière économique que politique (USA, GB, UE dont France et Espagne particulièrement, Russie, Turquie, Lybie, …) : toutes les dimensions sociétales sont sursaturées de tumeurs et de ruptures en tous genres.

 

*

 

Toute philosophie de la Nature part du constat qu'il y a de l'ordre dans l'univers (un cosmos). Longtemps les philosophes de la Nature ont cru que cet ordre était immuable, hiérarchique, figé (Aristote). Puis peu à peu, l'idée d'un ordre dynamique se fit jour (Galilée, Newton).  Ce dynamisme se convertit d'abord en évolution énergétique lentement destructrice avec la thermodynamique (Carnot, Clausius), puis en évolution cosmique créatrice avec la relativité générale (Einstein, Friedmann, Lemaître, Gamow).

Aujourd'hui, la notion d'ordre mécanique doit être remplacée par la notion de processus organique. Il ne s'agit plus de trouver des "lois" immuables, mais des "logiques" processuelles.

 

*

* *

 

Le 22/07/2016

 

De Galileo Galilei :

 

"Le  livre de l’univers est écrit en langue mathématique."

 

La plus terrible erreur du millénaire !

 

*

 

Comme le montre Heidegger, le secret de la "réussite" de l'occident moderne est d'avoir allier technoscience des machines et puissance économique, politique et militaire.

 

*

 

La modernité est un cycle paradigmatique d'environ 550 ans comme tous ses prédécesseurs (l'hellénité, la romanité, la gothicité, la féodalité). Elle repose sur une structure en cinq étapes (d'environ un siècle chacune) : l'humanisme au 16ème siècle (l'enfance), le rationalisme au 17ème siècle (étape qui en est la phase de montée en puissance - la belle jeunesse pleine de force, d'illusion et d'idéal), le criticisme au 18ème siècle (la maturité, l'apogée de la modernité qui en forge toutes les croyances, toutes les valeurs, toutes les idéologies, toute l'épistémologie), le positivisme au 19ème siècle (de 1789 à 1914 - la séniorité pétrie de certitudes et d'arrogances) et le nihilisme du 20ème  siècle (la sénilité qui entre, aujourd'hui, en agonie).

Cette penta-structure des cycles paradigmatiques de 550 ans en moyenne est vérifiée non seulement dans l'histoire européenne, mais aussi dans les histoires chinoise, indienne et musulmane. De plus, toutes les mutations paradigmatiques (les bifurcations d'un cycle au suivant) sont quasi en phase à travers le monde des hommes.

Dans un univers processuel et organique, tout ce qui existe suit un penta-cycle de vie (naissance, croissance, maturité, déclin et mort). Les paradigmes civilisationnels n'échappent pas à cette règle.

De plus, il existe une intrication "gigogne" des cycles de vie qui, par trois, entre dans un hyper-cycle de niveau supérieur (c'est notamment le cas du dicton sur les trois générations dans la vie des entreprises familiales).

Pour ce qui est des cycles paradigmatiques de l'histoire humaine, en les regroupant par trois (durée d'environ 1650 ans, donc), on trouve : l'hyper-cycle de l'antiquité (chaldéité, hellénité et romanité) et l'hyper-cycle chrétien (gothicité, féodalité et modernité) qui se termine aussi sous nos yeux.

Certains pensent aussi qu'il existe des mégacycles dont celui qui commença avec la révolution néolithique (passage du chasseur-cueilleur à l'éleveur-agriculteur) et qui , lui aussi, se terminerait maintenant.

Tout cela indique que notre époque vit une des ruptures les plus profondes de toute l'histoire de l'humanité.

 

*

 

Les dix commandements de l'avenir (en réponse à une sollicitation de "Avant-Garde", le mouvement christiano-personnaliste de Charles Millon) :

 

1-    éradiquer la notion d'Etat-Nation (une invention artificielle du 19ème siècle) et rendre à chaque individu son devoir d'autonomie et de responsabilité personnelle, en abolissant toutes les formes d'étatisme et d'assistanat,

2-    réaliser une union européenne politique, monétaire, diplomatique, fiscale, économique et militaire (une Europe des régions à l'image de l'empire carolingien et non plus une Europe des nations),

3-    extirper la politique politicienne et le politicianisme carriériste, professionnel, électoraliste et clientéliste,

4-    abroger le suffrage universel et revenir à la définition grecque de la démocratie : la gouvernance pour le peuple (le bien-vivre du plus grand nombre) et non plus la gouvernance par le peuple (qui instaure la démagogie et la tyrannie des plus nombreux donc des plus imbéciles),

5-    dératiser les banlieues des foyers de non-droit où le trafic de drogue et le salafisme vont de pair,

6-    expulser tous les musulmans (et autres religieux) qui ne se plient pas aux normes de vie européennes notamment quant à la restriction de la religion à la sphère strictement privée, quant aux droits inaliénables des femmes et des enfants, etc …  

7-    favoriser le personnalisme réel qui est le primat de la vie intérieure et spirituelle sur la vie extérieure et sociale,

8-    abolir les absurdes mythes idéologiques que sont l'universalisme, l'humanisme, le droit-de-l'hommisme, le solidarisme, l'intégrationnisme, le nationalisme, le patriotisme, etc …

9-    condamner toutes les formes de socialisme qu'ils soient nationalistes (nazi), internationalistes, fascistes, communistes, marxistes, léninistes, staliniens, maoïstes, trotskistes, etc … qui sont responsables de centaines de millions d'assassinats perpétrés tout au long du 20ème siècle - mais aussi le socialisme "démocratique" du(des) PS français qui n'est qu'une resucée hypocrite, mielleuse et démagogue des autres cancers socialistes. Le socialisme est, par définition, totalitaire puisque contre-nature.

10-    séparer radicalement le politique de l'économique, en même temps qu'abolir toute l'économie spéculative et tout financiarisme.

 

*

 

D'un sondage Opinion Way :

 

" 46% des jeunes perçoivent les réseaux sociaux comme 'une source d’information peu fiable', qui 'véhicule des rumeurs infondées'."

 

Ils ont raison, mais alors pourquoi y gardent-ils un compte, puisque la valeur d'usage y est nulle ?

 

*

 

Les visions relativiste et quantique ont au moins en commun la relégation de la notion de vide. Dans la vision quantique, les fonctions d'onde remplissent tout l'espace ; dans la vision relativiste, chaque point contient un tenseur métrique non nul. Il n'y a donc pas de vide. Or, l'hypothèse du vide est la symétrique de l'hypothèse d'atomes/objets. Par symétrie, précisément, il n'y a pas non plus d'atomes/objets.

L'univers est un continuum.

 

*

 

Il ne s'agit plus de comprendre l'agencement réciproque des "briques" composant l'objet ; il s'agit de comprendre l'interaction mutuelle des logiques œuvrant dans le processus.

 

*

 

De W. H. Sheldon :

 

"(…) as if nature has an intrinsic tendency to vary

in all possible ways in any given situation."

 

Cela signifie donc que la loi fondamentale d'évolution des processus vise la néguentropie extrême.

 

*

 

Un réseau est une coupe transversale dans une arborescence.

 

*

 

Les métaphysiques de l'Être veulent évacuer le temps, en faire, sinon une illusion (Parménide), au moins un facteur inessentiel.

Les métaphysiques du Devenir, en revanche, remettent le temps au centre axial de tout ce qui existe.

 

*

 

D'Alfred North Whitehead :

 

"Les mathématiques sont la technique la plus puissante dont nous disposions, pour comprendre les formes et analyser les relations entre elles."

 

Il est utile de noter que cet immense mathématicien, maître de Russell, qualifie, à très juste titre, les mathématiques de "technique" et non pas de "science" ; et qu'il mette la forme (eidos - idée - idéalisation - idéalisme) au cœur de sa définition.

 

*

 

Puisqu'il faut abolir le terme "ontologie" (qui concerne l'étude d'un Être … qui n'existe pas), le terme à utiliser est, simplement, "cosmologie".

La cosmologie est le point de rencontre et de convergence de la science, de la philosophie et de la mystique.

La cosmologie est l'étude du Réel en tant que réel. La cosmologie est l'étude de l'ordre (kosmos) du Réel.

 

*

 

Il ne s'agit plus de parler de ce que nous voyons, sentons, expérimentons, mais de parler de ce à quoi nous participons, de ce que nous vivons et éprouvons.

 

*

 

Individuation (néguentropie) et intégration (entropie) sont les deux faces, les deux pôles de la même réalité.

 

*

 

Du point de vue objectal, la partie persiste comme telle dans l'assemblage, alors que, du point de vue processuel, l'antécédent s'évanouit - en la fécondant - dans sa propre suite (le bouton qui devient fleur, qui devient fruit).

 

*

 

D'Alfred North Whitehead :

 

"(…) les Juifs ont remplacé les Grecs

dans le développement intellectuel du monde."

 

*

* *

 

Le 23/07/2016

 

Une distinction nette doit être faite entre joie et plaisir. Un travail bien fait donne de la joie alors qu'une envie satisfaite ne donne que du plaisir. En intensité, en durée, en profondeur, la joie prime toujours le plaisir.

La joie sans le plaisir, reste de la joie ; le plaisir sans joie n'est qu'amertume, leurre ou fuite.

 

L'hédonisme (le culte du plaisir) et le ludisme (le culte du jeu) contemporains sont obsédés de plaisir immédiat, et ne comprennent clairement pas que l'eudémonisme (le culte de la joie) passe nécessairement par les chemins de l'effort.

Notre époque répugne à l'effort, et n'incline que vers la facilité et l'amusement.

 

Pour les plus jeunes, surtout, la quête du plaisir, éphémère et immédiat, et le refus de l'effort sont devenus leur moteur de vie : s'amuser ! Se faire plaisir, ici et maintenant, ne faire que ce qui fait plaisir immédiatement, n'envisager que ce qui donne du plaisir instantané.

Cette réaction étrange mais massive des jeunes (18/25 ans) suite aux attentats terroristes salafistes est atterrante : ces horreurs donnent une bonne raison pour profiter encore plus de la vie et se faire toujours plus plaisir. Il y a là une forme parfaitement désarmante de fatalisme.

Non pas construire le temps, mais piller l'instant: philosophie de squatters, de profiteurs,  de parasites.

 

Notre époque a instauré le règne du parasitisme généralisé.

Une sociologie devrait être pensée, en symétrie avec la lutte des classes (ce ridicule mythe marxien censé opposer une minorité de méchants capitalistes "exploiteurs" à la masse des gentils prolétaires), comme lutte entre la caste des constructeurs/entrepreneurs et la masse des parasites/assistés.

Les premiers sont de moins en moins nombreux et de plus en plus tondus par l'Etat qui "représente" (c'est-à-dire qui fait des cadeaux en échange de votes) la masse majoritairement parasitaire.

 

*

 

De Philippe Granarolo, en parlant de Nietzsche :

 

"(…) l'éclat de rire d'un penseur parvenu au sommet de sa terrible lucidité."

 

Ce même Nietzsche qui écrivait :

 

"Je vois d'énormes conglomérats prendre la place des capitalistes individuels.

Je vois la Bourse s'effondrer sous la malédiction sous laquelle des maisons de jeu sont déjà tombées."

 

Incroyables prémonitions … Les multinationales et les fonds de pension sont bien là. L'effondrement final des Bourses est pour très bientôt …

 

*

* *

 

Le 24/07/2016

 

L'histoire est connue : Einstein "truqua" le modèle de la relativité générale en ajoutant un terme dit "cosmologique".

Cette anecdote einsteinienne est non seulement véridique, mais révélatrice de l'aveuglement que produit l'obsession de vouloir rester dans une vision ontologique parménidienne et platonicienne.

Ce que l'on connait moins, c'est que le chanoine Lemaître n'est pas du tout le premier à avoir opté pour une vision héraclitéenne et évolutionniste de l'univers. Le pionnier (dès 1922, si je me souviens bien) en fut un Juif russe du nom d'Alexander Friedmann qui, malheureusement, mourut beaucoup trop tôt pour en recueillir les lauriers.

En fait, Einstein n'a rien truqué ; il avait bien compris que son modèle menait vers un évolutionnisme cosmique qu'à l'époque, il ne pouvait accepter pour des raisons métaphysiques. Il a alors bien vu qu'en ajoutant un terme "cosmologique" à l'équation, il pouvait éliminer cet "écueil" philosophique et revenir à un univers statique, à "l'Être" immuable …

 

*

 

En matière d'écologie, inutile de débattre des solutions tant que tout le monde n'est pas bien conscient du problème, tant qu'il y aura des benêts pour croire que la science - et la technologie qui s'en suit - pourrait contrevenir aux lois de la Nature.

 

*

 

Les bâtisseurs et les parasites … la nouvelle lutte des castes !

 

*

 

La Gauche part du principe que les hommes sont égaux (ce qui est une contre-vérité tant du point de vue biologique que du point de vue sociologique) ou devraient être égaux (ce qui est une aberration du point de vue systémique puisque l'uniformité signe la victoire de l'entropie, donc de la mort).

Partant du constat que, dans la réalité, les hommes ne sont pas égaux, deux voies militantes s'ouvrent : l'éradication de la "puissance" (à la quelle, cependant, aspirent la plupart des individus, surtout les plus médiocres) et l'émancipation de la "faiblesse" (les "opprimés").

Mais qui est "opprimé" ? Les esclaves ou le prolétariat ? Il n'y en a plus. Les chômeurs ? Ils engraissent dans les assistanats. Alors ? Il ne reste plus que les anciens "colonisés" … La Gauche est donc anti-européenne, pro-islamiste, anti-sioniste, etc …

 

*

 

L'égalitarisme étant contre-nature, il requiert forcément l'étatisme, puis le totalitarisme. La Gauche est toujours totalitaire, par essence (le nazisme, le fascisme et le communisme en sont les trois exemples les plus infâmes).

 

*

 

Dans la logique parasitaire du refus de l'effort, on voit se développer un culte du plaisir immédiat, mais aussi un culte de la haine violente.

 

*

 

Pour Thomas d'Aquin, le but de la vie humaine est la "béatitude". Ce mot est un peu oublié, aujourd'hui.

Le TLF en donne trois définitions : soit "Félicité éternelle que goûte l'homme jouissant de la vision de Dieu", soit "Sérénité apportée à l'âme par la contemplation", soit "Euphorie obtenue par la satisfaction des appétits naturels".

On comprend assez vite que si les deux premiers sens sont proches ou, au moins, compatibles, alors que le troisième (qu'il vaudrait mieux remplacer par "réplétion") ne l'est guère.

Le latin beatum pointe vers le "bonheur".

 

*

* *

 

Le 25/07/2016

 

Qu'est-ce que Dieu ? Et non pas : qui est Dieu ? Dieu est un concept, pas une personne. Et ce concept synthétise, sous un seul mot, les quatre causes aristotéliciennes du Réel cosmique.

Dieu est la cause initiale, source ultime de tout ce qui existe, de tout ce qui a émané de Lui au fil du temps ; Il est l'activité cosmique dont ce temps même est la mesure.

Dieu est la cause matérielle, substance ultime de tout ce qui existe ; Il est la chair du Réel ; Il est cet océan dont tout ce qui existe n'est que les vagues.

Dieu est la cause efficiente, principe de cohérence, Logos immanent qui maintient unité et harmonie au-delà des multiplicités et des antagonismes.

Dieu est la cause finale, principe d'accomplissement qui est la logique ultime du processus universel, moteur et Vie du Réel,

 

*

 

Thomas d'Aquin définit Dieu comme la Vérité première c'est-à-dire comme la source ultime de toutes les vérités, de tout ce qui est vrai. Or, ce qui est le plus vrai, c'est le Réel. Donc Dieu est la source ultime du Réel qui est le Réel lui-même.

 

*

 

C'est d'une révolution dont nous avons besoin, mais non d'une révolution extérieure, collective, sociale ; nous avons besoin d'une révolution intérieure, personnelle, spirituelle. Ce que le grec appelle une métanoïa et le religieux, une conversion.

Le problème de l'humanité est initiatique, spirituel, intérieur, intime … C'est chaque homme qui doit se révolutionner.

 

*

 

La figure du Messie, vieille invention juive, est différente de la figure du Prophète, autre invention juive. Le Prophète annonce le Messie, mais n'est pas le Messie. Mais ce Messie est une figure symbolique, un concept métaphysique ; pas un personnage humain.

 

*

 

La science vise la compréhension du Réel, non son exploitation. La science permet la technique, mais n'a aucune visée technologique.

 

*

* *

 

Le 26/07/2016

 

D'Oliver Stone :

 

"Google, c'est l'entreprise qui a eu la plus forte croissance jamais enregistrée, et ils ont investi des sommes d'argent énormes dans ce qu'est la surveillance, c'est-à-dire l'extraction de données. Vous allez assister à une nouvelle forme de véritable société robot, où ils sauront comment vous vous comportez. C'est ce qu'on appelle le totalitarisme. Cette organisation insidieuse nous atteint tous partout dans le monde, jusqu'à ce qu'elle manipule notre comportement et que nous commencions à nous comporter comme elle nous le demande."

 

Google n'est rien de plus qu'un immense VRP, un vendeur au porte-à-porte, un témoin de Jéhovah du Dieu "commerce", un blue foot …

Il faut lui claquer la porte au nez !

 

*

* *

 

Le 27/07/2016

 

Le fait arithmétique qu'il y ait beaucoup trop d'humains sur Terre, risque d'inverser une logique de valeur.

Lorsque l'homme est rare, il est précieux. Lorsqu'il est pléthorique, il n'a plus guère de "valeur" aux yeux de certains … et l'assassinat peut se banaliser.

C'est exactement ce qui se passe un peu partout où des esprits faibles ou affaiblis, souvent isolés, délinquants et marginaux, trouvent anodin de tuer des innocents au nom d'un quelconque mythe … et de se faire tuer en même temps.

On pourrait parler de "suicides ravageurs".

 

*

 

La nature humaine est-elle bonne ou mauvaise ?

Lorsque l'on a, comme moi, la conviction qu'elle est massivement et majoritairement mauvaise, on ne peut avoir que de bonnes (mais rares) surprises.

Il faut à l'homme beaucoup d'éducation, d'intelligence, d'effort, d'étude et de méditation pour éradiquer de lui sa mauvaise nature.

Au fond, peut-être est-ce cette mauvaise nature intrinsèque qu'Augustin d'Hippone désigna par "péché originel" …

 

*

 

De Miguel de Cervantès Saavedra :

 

" On est toujours le fils de ses œuvres."

 

*

* *

 

Le 28/07/2016

 

Chaque processus construit sa propre logique d'accomplissement dans une dialectique entre les potentialités offertes par sa mémoire phylétique et les opportunités offertes par son "monde".

 

*

 

Les objets (choses, étants) sont les apparences instantanées des trajets (processus, devenants).

 

*

 

Whitehead, pionnier du paradigme processuel, est rester fidèle au platonisme (les idées, les formes idéales) et à l'atomisme (les occasions actuelles, briques élémentaires des processus). Il n'a pas voulu voir que c'est le processus global qui induit les fibres locales, et que les lois et règles sont, elles aussi, des émergences processuelles.

Whitehead n'a voulu voir ni le monisme, ni le holisme, comme Einstein n'a voulu voir ni l'indéterminisme, ni l'évolutionnisme, comme Bohr n'a pas voulu voir le continuisme, comme Prigogine n'a voulu voir ni l'intentionnalisme, ni l'organicisme.

Tous ces génies pionniers bloquent à quitter radicalement le paradigme dont ils sont issus et qu'ils ont eux-mêmes fait s'effondrer.

 

*

 

Le présent contient tout le passé.

Tout le passé est totalement présent dans le présent.

 

*

 

Tout ce qui arrive, présente trois aspects complémentaires, mais en proportions très variables : un aspect volumétrique et "matériel" (le corps), un aspect dynamique et "vibratoire" (la vie) et un aspect eidétique et "formel" (l'esprit).

Ce sont les trois voies d'expression et de manifestation de la hylé.

Ce sont les trois domaines de l'espace des états.

Mais l'expérimentation humaine (faite à partir des sens du corps) n'a accès qu'à quelques dimensions de cet espace, presque toutes cantonnées dans le domaine volumétrique matériel (corporel). L'approche quantique, en s'intéressant aux modes "vibratoires" de la matière, a timidement commencé d'entrer dans le domaine dynamique et "vital" du processus cosmique. Le domaine eidétique, formel et spirituel est seulement approché par les mystiques, sous mandat intuitionnel.

 

*

 

Les lois de la Nature sont les servantes des processus et non leurs déesses.

 

*

* *

 

Le 29/07/2016

 

Le contraire de la Joie, ce n'est pas la Souffrance (ou la Tristesse, disait Spinoza). Le contraire de la Joie, c'est l'Ennui et le contraire de la Souffrance, c'est l'Insensibilité.

 

*

 

L'Islam ignore la Joie.

Il ne lui reste que l'ennui et la sempiternelle oscillation, à toutes les échelles, entre la souffrance des esclaves et l'insensibilité des tyrans.

 

*

 

Vouloir réduire la vie à des jeux moléculaires ou l'esprit à des jeux neuronaux est simplement un projet ridicule qui relève des vieux rêves usés du mécanicisme et du matérialisme.

Entre matière et vie et entre vie et esprit, il y a des ruptures et des sauts d'émergence où apparaissent de nouvelles logiques inédites que l'univers s'est inventées pour continuer sa marche globale vers son plein accomplissement.

 

Osons une métaphore : la vie quotidienne d'une usine industrielle ne se réduit pas à la collection et à l'articulation des pièces de ses machines. Pour comprendre réellement une telle usine, il ne suffit pas d'en comprendre le procédé de production, il faut surtout en comprendre les intentions et les processus productifs (la vie) et managériaux (l'esprit).

 

*

 

Le "Connais-toi toi-même" delphique ne vise pas ce que l'on est, mais bien ce que l'on fait.

Je ne suis que ce que je fais. Il n'y a pas d'être en moi ; il n'y a que du devenir en moi.

Et devenir, c'est faire.

Et faire, c'est agir, penser, créer, inventer, rire, jouir, vivre, ressentir, rêver …

Je ne suis que le nom du processus d'accomplissement de moi-même (mon intériorité) et de mon monde (mon extériorité).

"Je" n'est que cela : un nom, une étiquette.

 

*

 

Une machine est un ensemble mécanique et organisé de composants, qui ne fait rien par elle-même.

Un système est un ensemble organique et intriqué de processus, qui vit par lui-même.

 

*

 

Peut-on dire quelque chose de définitivement vrai à propos de quelque chose (le Réel ou l'Univers, par exemple) qui est sempiternellement impermanent, transformé et changeant ?

Voilà le problème central de l'épistémologie des processus.

Ce qui sauve la mise, c'est que l'homme n'est pas un spectateur externe, mais qu'il est lui-même un processus au sein du processus cosmique, soumis aux mêmes logiques globales que tous les autres processus. Cela signifie que les logiques à l'œuvre dans son intériorité, sont les reflets exacts de celles qui président à tout ce qui existe.

"Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas", proclame la Table d'Emeraude attribuée à Hermès Trismégiste.

 

*

* *

 

Le 30/07/2016

 

Le principe de plénitude de Lovejoy affirme que la Nature tente de réaliser toutes les combinaisons et permutations possibles. C'est une autre formulation (mais plus mécanique) du principe d'accomplissement en plénitude.

 

*

 

Les GAFA sont des vendeurs de gadgets inutiles, dénués de toute valeur d'usage et de toute production de valeur ; leur seul objectif est de capturer les gogos afin de leur vendre toujours plus d'autres gadgets encore plus inutiles.

Tel est l'univers du ludique, pur produit d'une époque chaotique et déboussolée dont le ludisme est une des voies de fuite loin du Réel - comme le sont le fanatisme et le terrorisme.

 

*

 

"Il y a bien plus choses dans les cieux et sur la terre

que tout ce que notre philosophie pourrait en rêver".

 

Cette phrase, d'un auteur inconnu de moi, plaide pour un thème qui m'est cher : le Réel est infiniment plus riche et plus fécond que tout ce que nous pouvons fantasmer sous le nom ridicule d'idéal.

Si le Réel ne nous convient pas, c'est que nous sommes aveugles et c'est à nous de nous changer, intérieurement, pour enfin percevoir et recevoir cette richesse et cette fécondité du Réel.

 

*

 

Ce sont les idéaux humains qui engendrent toutes les souffrances de l'humanité.

 

*

 

L'Islam, dans son essence profonde, est totalitaire puisqu'il entend régir toutes les dimensions de l'existence, tant intérieures qu'extérieures. Il est une idéologie impérialiste, visant la conquête intégrale du monde humain, tant intérieur qu'extérieur, au nom d'un ordre immuable dicté par un Dieu immuable.

Ce sont ces immuabilités mêmes, cet impérialisme même, ce totalitarisme même qui Islam et Occident mutuellement incompatibles.

Le "choc des civilisations" a bien lieu !

 

*

 

L'affirmation d'une dualité sujet/objet est phénoménologique.

L'affirmation de l'unité absolue du Réel est ontologique.

Celle-ci englobe et transcende celle-là.

 

*

 

La conscience n'est consciente que de sa propre activité, que de sa propre intériorité ; son existence réelle est une évidence.

"Il y a de la conscience pensante" est la seule certitude définitive. Tout le reste n'est qu'hypothèses entre lesquelles il faut choisir pour avancer. Un critère de choix efficace est celui du rasoir d'Occam.

 

La conscience devient rapidement consciente de la survenance continuelle de nouveaux matériaux de conscience dont le surgissement n'est pas de son fait (des "faits" qui s'imposent à elle).

Dès lors, l'idée d'une extériorité à cette conscience est utile comme explication la plus simple (Occam) de l'advenue constatée de ces nouveaux matériaux de conscience que l'on peut alors nommer "sensations" ou "perceptions" ou "intuitions".

Pour rester dans la vision le plus simple (Occam) et éviter de sombrer dans la dualisation entre sujet et objet, il faut d'emblée poser que la conscience pensante qui existe évidemment, n'est qu'une des modalités de manifestation d'un Réel unique et unitaire qui en possède d'autres regroupées sous le vocable "extériorité".

 

La conscience possède deux composantes mutuellement indispensables : la pensée qui en exprime le mouvement permanent et la mémoire qui en accumule le pensé?.

La conscience est donc un processus accumulatif.

 

La conscience, en tant que processus c'est-à-dire évolution dynamique, devient enfin assez vite consciente que cette évolution est cohérente c'est-à-dire qu'elle suit une logique intrinsèque, qu'elle poursuit une intention globale, qu'elle est orientée, habitée par un souci de convergence et de cohésion.

La conscience est donc un processus accumulatif orienté.

 

La conscience étant, par construction, une des manifestations du Réel, l'hypothèse la plus simple (Occam) est de poser qu'elle ne fait que refléter la réalité du Réel qu'elle manifeste, donc : le Réel est un processus accumulatif orienté.

A partir de là, toute une cosmologie peut être construite qui rende compte de ce processus réel, de cette accumulation réelle et de cette orientation réelle, ainsi que de leurs diverses modalités de manifestation phénoménologique, dont la conscience.

 

*

 

Husserl, le premier sans doute, a totalement vie la "psychologie" de tout sens, jusqu'à éliminer même ce mot de son vocabulaire, pour le remplacer par "phénoménologie" qui désigne l'étude des rapports entre perception et conception (je préfère "noologie" qui est l'étude de l'intelligence comme moteur de reliance).

La psychologie, en tant qu'étude du mental par le mental, ne peut qu'être une absurdité autoréférente comme celle du "Crétois qui affirme que tous les Crétois sont des menteurs".

A partir de telles propositions autoréférentes et, donc, indécidables, tout et son contraire peut être dit, ad nauseam.

 

*

 

Il faut catégoriquement opposer l'individualisme et le personnalisme.

L'individualisme est un narcissisme obsessionnel du Moi, alors que le personnalisme est un anéantissement du Moi par les voies de l'intériorité.

 

*

 

Le passé offre la mémoire et ses trésors de vécu.

Le futur s'ancre dans l'intention d'accomplissement.

Le présent est le lieu du passage de l'un à l'autre ; c'est là que se captent les ressources, que se forgent les modèles et que se réalisent les activités.

 

*

 

Le parcours initiatique et prophétique de Nietzsche passe par cinq étapes successives qui découvrent l'échec de l'Art, le délire de la Technique, la décadence de l'Homme, l'espérance du Surhumain et l'aristocratisme des Hyperboréens.

La décadence de l'Homme se marque par la généralisation des simulacres, l'empire de l'éphémère et l'absence de projet.

Le Surhumain marque le grande réconciliation avec soi par l'autonomie, avec l'impermanence par la créativité, avec la Nature par la sacralisation de la Vie et avec la mort par la conscience cosmique.

 

*

 

De Nietzsche, dans "Par-delà Bien et Mal" :

 

"Le christianisme est un platonisme pour le peuple."

 

*

 

Nietzsche est évolutionniste mais, en ce qui concerne l'humain, anti-darwinien : ce n'est pas le meilleur qui est censé survivre, mais la coalition des médiocres.

C'est la voie de l'uniformisation, de l'égalitarisme, de la désindividuation, de la maximisation entropique. C'est la voie des socialismes. C'est la voie de la     mort.

 

---

Le TOME 13 "DE L'ETRE AU DEVENIR" EST EN LIGNE