Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil "De l'Etre au Devenir" (MAI 2016)
Actions sur le document

"De l'Etre au Devenir" (MAI 2016)

Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy (écrit en ligne)

Le 01/05/2016

 

 

La "fête du travail" est surtout la fête de ceux qui ne travaillent presque jamais.

 

*

 

Je ne suis ni de droite, ni d'extrême-droite ; je suis d'extrême-anti-gauche.

Cela signifie que je porte une haine radicale aux concepts d'étatisme (jacobinisme, si l'on préfère), d'égalitarisme (indifférencialisme, si l'on préfère), de démagogisme (démocratisme au suffrage universel, si l'on préfère) et d'universalisme (idéalisme, si l'on préfère).

Je veux ramener le politique à ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : assurer la qualité des territoires c'est-à-dire la qualité des infrastructures d'échange et la qualité de la paix, intérieure et extérieure. Tout le reste relève de la sphère privée ou des pouvoirs économiques et noétiques.

La politique, c'est de la logistique … et rien de plus !

 

*

 

En nos temps de "tentation totalitaire" de tant de nos politiques en mal de légitimité, il est vital que le principe de subsidiarité triomphe à tous les niveaux, dans toutes les sphères tant politiques qu'économiques ou noétiques.

Le principe en est simple : tout problème doit être résolu au niveau local, là où il se pose, par les gens auxquels il se pose. Si ceux-là échouent et que le problème persiste, alors, et seulement alors, le problème est pris en charge par l'échelon immédiatement supérieur (en prenant garde qu'il ne 'agisse pas d'une évacuation paresseuse des problèmes "vers le haut").

Où que le problème soit résolu, il doit l'être en conformité avec une charte constitutionnelle globale qui précise la finalité du faire-ensemble (la vocation collective) et les modalités acceptables de résolution (l'écologie collective).

Cette charte se limite à exprimer "l'esprit" de quelques grands principes et laisse à chacun le droit, le devoir et le soin de les interpréter, de bonne foi, au mieux des circonstances particulières.

 

*

 

Le principe sociétal n'est pas la "vivre-ensemble" tel que je me le suis laissé croire, mais le faire-ensemble.

On ne vit pas ensemble ; chacun ne vit qu'à l'intérieur de lui-même, la vie est une expérience intime, non partageable ; la vie est un processus interne qui peut entrer en résonance avec d'autres processus de vie, voire entrer en fusion avec eux, mais ces cas égrégoriques sont rares. Pour l'homme de la rue, peu enclin à la mystique communautaire, il n'y a pas de vivre-ensemble et il n'y en aura jamais : chacun vit en soi et pour soi. Cependant, l'interdépendance foncière qui relie bien des hommes entre eux au quotidien, dans la vie réelle telle qu'elle est concrètement vécue (je ne parle donc pas d'une vision mystique et holistique d'une vie cosmique qui relie intimement et secrètement tout ce qui existe), cette interdépendance appelle un "faire-ensemble" c'est-à-dire implique des finalités et des modalités de collaboration entre les hommes non pas au service de fumeux idéaux transcendantaux, mais simplement au service des nécessités et contraintes de la vie quotidienne, banale et réelle.

 

*

 

Les litanies actuellement à la mode sur le "vivre-ensemble" véhiculent, en fait, une idéologie et un idéalisme gauchisants du primat du social sur le personnel, primat que l'on déguise souvent sous les oripeaux chatoyants et sympathiques de la "convivialité" : les vieux mythes de l'Eden communautaire, du kibboutz pionnier, de la cellule communiste, de la tribu primitive (merci, Monsieur Claude Lévi-Strauss), de la fraternité de comptoir, du comité des fêtes de quartier, de l'amicale des non-membres d'amicales, etc …

 

*

 

La tyrannie du "gauchisme culturel" ambiant, selon l'expression de Jean-Pierre Le Goff (dont je suis cependant très loin de partager tous les points de vue), est né dans l'immédiat après-guerre, en France, au nez et à la barbe de ce grand mégalomaniaque imbécile que fut l'autoproclamé Charles De Gaulle ; celui-ci n'en a rien vu venir tant il était aveuglé par son obsession de pouvoir personnel, sous couvert de nationalisme, de paternalisme et de social-étatisme (De Gaulle est un authentique homme de gauche, détestant l'économie, l'entreprise, le patronat,  l'argent, les banques, les bourses, … qui a réussi à faire croire qu'il était de droite). Bref …

 

Dans cet immédiat après-guerre, la France doit résoudre un gros problème intérieur qui fut vite dualisé entre les "collabos" et les "résistants".  Les communistes - comme ces collabos de Sartre et de Beauvoir - se sont "ralliés" à la résistance à la dernière minute (après l'effondrement du pacte germano-soviétique) et ont phagocyté les réseaux pour se présenter en héros aux jours de la Libération. Il leur était alors aisé de subvertir ce grand idiot militaire de De Gaulle pour qu'il nationalise et syndicalise à qui mieux-mieux et leur offre des territoires entiers qu'ils possèdent encore (SNCF, Syndicat du Livre, Education nationale, etc …).

La situation fut donc caricaturée : il y avait les héros et les salauds. Et il ne fallut guère de temps pour des Sartre et autres pervers de la pensée, forcent l'identification simpliste : les héros sont de gauche et les salauds sont de droite.

On oublie, alors, consciencieusement, que les principaux partis affidés à Pétain et, donc, à Hitler, étaient dirigés par des socialistes ou des communistes : Déat (socialiste), Château (radical-socialiste), Doriot (communiste), Clémenti (radical-socialiste), et, bien sûr … cette crapule de François Mitterrand.

Malgré les faits, les gauches manipulèrent durablement les opinions : les salauds étaient de droite ! Donc, pour être un "chic type", il fallait évidemment partager les "idéaux" - donc l'idéologie - de la gauche : humanisme, égalitarisme, étatisme, universalisme, démocratisme, populisme, internationalisme, ouvriérisme, syndicalisme, antilibéralisme, pacifisme, tiers-mondisme, etc … (et antisémitisme qui est une valeur souterraine, mais forte de toutes les gauches, puisque les Juifs sont particularistes, élitistes et communautaristes).

 

De 1944 à 1975, telle fut la situation qui permit à Sartre de médiatiquement prospérer et de proférer la plus énorme connerie philosophique : "Il n'est d'intellectuel que de gauche" … pauvre clown !

Il fallut attendre 1975 pour qu'André Glucksmann réussisse à publier : " La Cuisinière et le mangeur d'hommes - Réflexions sur l'État, le marxisme et les camps de concentration", où, enfin, la vérité éclate : tous les totalitarismes, qu'ils soient jacobins, communistes, fascistes ou national-socialistes, sont des socialismes c'est-à-dire des rejetons de la gauche antilibérale, anti-personnaliste, anti-différencialiste, anti-communautariste.

 

Aujourd'hui, 40 ans plus tard, le message n'est pas encore bien passé. L'idéologie gauchisante, posée sur ses "idéaux" gnangnans de pacotille (les obscures "Lumières" !), experte en manipulations de masse, en tricheries nauséabondes, en dilapidations de fonds publics, en manœuvres et tactiques électoralistes et clientélistes, en mensonges faramineux et permanents, cette idéologie gauchisante qui devrait, depuis longtemps, être marquée au fer rouge de l'infamie, au même titre que le fascisme, le léninisme, le stalinisme, le maoïsme ou le nazisme, - qui sont ses expressions les plus sincères et les plus claires -, cette idéologie gauchisante continue de caracoler dans les médias et sur les listes électorales, et à prononcer ses jugements et diktats définitifs sur la pensée et la parole, sur les idées et les critiques, au nom de son autoproclamé "politiquement correct". Et à traiter de "facho" ou de "réac" quiconque se mêle de démontrer son inanité !

On vilipende, à juste titre, Jean-Marie Le Pen (populiste, nationaliste, antilibéral, donc de gauche), mais on soutient des faux-jetons notoires comme Mélenchon ou Montebourg, Hamon ou Aubry, Emmanuelli ou Belkacem, Royal ou Fabius.

 

Quand donc la France se guérira-t-elle de ses absurdités idéologiques et mythologiques ?

 

*

* *

 

Le 02/05/2016

 

L'idée centrale de l'existentialisme est : chacun est ce qu'il fait. Chacun est : essence. Ce qu'il fait : existence. L'essence de chacun est le fruit de son existence. Ce qui permet cet aphorisme, repris par Sartre : l'existence précède l'essence.

Face à l'existentialisme, l'essentialisme postule que dès sa naissance, chacun est porteur d'une identité qui lui est propre et qui déterminera son parcours de vie, plus ou moins strictement. D'après les théologies chrétiennes, par exemple, chacun, au stade du fœtus ou à la naissance, reçoit une âme éternelle qui lui est destinée en propre, et qui prédestine, plus ou moins profondément, son sort (le calvinisme, par exemple, pose une prédestination totale en matière de salut : dès la naissance, les jeux sont faits, en somme).

Mais il faut reformuler plus précisément l'idée centrale existentialiste : ce que chacun est (son identité) à un instant donné est le pur résultat de tout ce qu'il a vécu et fait jusqu'à cet instant (son trajet). Cela confirme l'impermanence du soi et l'évanescence de l'identité personnelle. Mais cela n'infirme en rien l'idée que chacun vit sa vie comme il peut, bien plus que comme il veut.

On comprend donc assez vite que la dualité entre existentialisme et essentialisme, n'est qu'une dialectique menant à une troisième voie.

En effet, la thèse essentialiste "pure" ne peut tenir que dans un contexte théologique fermé (Dieu désigne des âmes immuables préfabriquée, comme on joue aux dés) ou mécaniciste étroit (les lois de la physique ne laissent aucune place pour quelque libre-arbitre que ce soit ; la liberté est une illusion due à l'ignorance des déterminations profondes). Il semble clair qu'une existence humaine (et non humaine) est toujours plus que le résultat d'une quelconque prédestination. D'ailleurs, qui la déterminerait, et pourquoi celle-ci plutôt que celle-là, et selon quel critère ?

En revanche, la thèse existentialiste "pure" fait s'interroger sur la motivation profonde de ce qui est vécu, et fait remarquer que la liberté absolue revendiquée par un Sartre, par exemple, est une absurdité au vu des contraintes et des potentiels réels, propres à chaque existence. Si ce que je suis résulte de ce que je fais, mais si ce que je fais résulte de ce que je vis sans le vouloir, alors l'existentialisme sombre dans l'impasse ou le sophisme.

Il faut donc en conclure que l'existentialisme et l'essentialisme sont deux apories et que la troisième voie doit affirmer que chacun naît avec un destin (la somme de ses possibles à lui, latents, potentiels) et une vocation (la réalisation pleine de son destin), mais aussi avec la liberté potentielle de refuser ce destin ou de mal assumer sa vocation, et avec la possibilité d'enrichir à la fois le destin (les potentiels) et la vocation (le moteur de vie) par émergence de nouveaux possibles d'un niveau plus élevé.

Dans cette perspective, toute vie se construit sur la dialectique entre destin et vocation innés, d'une part, et liberté et enrichissement assumés, d'autre part.

De là, une conclusion s'impose qui rejoindra la thèse existentialiste : chacun est responsable de soi et nul n'est responsable de la vie d'un autre (mais bien parfois, par la violence, de sa mort ou de sa souffrance). Personne ne peut vivre la vie d'un autre à sa place et prendre ou assumer ses propres choix.

 

*

 

La phénoménologie - la méthode phénoménologique, vaudrait-il mieux dire - de Husserl est un dispositif à deux étages.

Le premier étage, essentiellement kantien, relève que la conscience humaine n'a accès qu'aux phénomènes et reste étrangère au noumène : la connaissance n'est pas connaissance du Réel, mais reconnaissance d'un rapport entre la conscience et ce Réel.

Le second étage (dialectique) permet d'échapper au pur solipsisme subjectiviste en désignant la confrontation constructive et positive de la multiplicité des points de vue, comme méthode pour cerner au mieux la réalité du phénomène.

Mais Husserl est logicien et mathématicien, prisonnier d'un rationalisme étroit qui l'empêche, comme Bergson le fera à la même époque, d'ouvrir la porte à l'intuition qui, elle, par résonance, a accès au noumène "derrière" les phénomènes.

 

*

 

De Wikipedia :

 

" La philosophie du processus (ou l'ontologie du devenir) identifie la réalité métaphysique avec le changement et le développement. Depuis Platon (mais pas Aristote), la majorité des philosophes ont posé en principe la vraie réalité comme "éternelle", fondée sur les substances permanentes, tandis que les processus sont niés ou subordonnés aux substances éternelles. L'ontologie classique refuse toute réalité complète du changement, qui est conçu comme seulement accidentel et pas comme l'élément essentiel.

En opposition avec le modèle classique de changement comme accidentel ou illusoire, la philosophie du processus considère le changement comme la pierre angulaire de la réalité – la pierre angulaire de l'être pensé comme devenir. Les philosophes modernes qui font appel au processus plutôt qu'à la substance incluent Nietzsche, Heidegger, Charles Peirce, Alfred North Whitehead (…). En physique, Ilya Prigogine fait la distinction entre "la physique d'être" et "la physique du devenir"."

 

On oublie, comme d'habitude, Héraclite, Schelling, Hegel, Henri Bergson, Pierre Teilhard de Chardin … et, surtout, la Bible hébraïque (cfr. "Les bâtisseurs du temps" d'Abraham Heschel). Sans parler du Taoïsme dont c'est le fondement radical …

 

*

 

Dieu …

Architecte ? Oui … Géomètre ? Non … Horloger ? Non … Potier ? Oui … Mathématicien ? Non … Ingénieur ? Non … Artiste ? Oui … Moteur ? Oui …

Maître ? Non … Juge ? Non … Substrat ? Oui … Totalité ? Oui … Unité ? Oui …

 

*

 

De Michaël Foley :

 

"La plupart d'entre nous croyons (…) que le bien suprême

réside dans le bien-être et dans le plaisir".

 

Le constat est exact. Les masses sont ainsi. Mais elles se trompent immensément. Le bien suprême est tout ailleurs : dans l'exaltation de sa propre existence, dans la joie de l'accomplissement de soi, dans le vécu intense de sa propre vie et de la Vie en soi.

Le bien-être, le plaisir, le confort ne sont que les déguisements d'une passivité paresseuse qui confine l'ennui, qui ne débouche sur rien de plus que l'amertume des envies sempiternellement insatisfaites. Bergson écrit :

 

"Plaisir et bien-être sont quelque chose, la joie est davantage".

 

*

 

De Michaël Foley, toujours :

 

"(…) rien n'est plus futile que de tenter de raisonner avec les bien-pensants (…)"

 

Que dire, alors, en nos jours de tyrannie du gauchisme culturel et d'idolâtrie des obscures "Lumières" ?

Plus un monde est en pleine dégénérescence, plus la bien-pensance y devient terrible. C'est vrai pour le gauchisme en Europe, c'est vrai pour le salafisme en Islam, c'est vrai pour le patriotisme aux Etats-Unis, ...

 

*

 

Patriotisme …

Voilà bien un mot qui ne veut absolument plus rien dire.

Qu'est-ce que la Patrie ? Un Etat politicien qui vous a désigné, d'office et de force, pour être sa chair à canon !

Et les "canons" peuvent être de différentes natures : militaire, fiscale, électorale, …

 

*

 

La plus grande escroquerie intellectuelle de la Modernité est d'avoir amalgamé les notions de Peuple, de Patrie, de Nation, de Pays et d'Etat.

Ces cinq mots sont de pures fictions. Des abstractions vides, inventées par des démagogues et des idéologues en quête de légitimité artificielle.

Tout cela n'existe pas. Seules existent réellement, des communautés de vie, bien concrètes, objectivées comme nœuds d'interactions denses entre membres.

 

*

 

Le Réel ne connaît ni but, ni plan.  Il ne dépend guère du hasard non plus. Il se construit, couche de mémoire après couche de mémoire, mû par le projet immanent de s'accomplir pleinement au fil des circonstances rencontrées.

 

*

 

L'intention est une tension intérieure qui doit être dissipée (au sens de Prigogine) ; une pulsion (mais pas au sens occasionnel, morbide ou inconscient de la psychanalyse) qui pousse de l'intérieur ; un moteur immobile (au sens d'Aristote) ou, plutôt, permanent ; une ascèse (une discipline intérieure, donc) ou, mieux, une règle ascétique qui cultive la voie la plus riche chaque fois qu'un choix s'impose ; un quête permanente qui anime (une âme, donc) la vie intérieure sans chercher un objet particulier, mais plutôt l'état le plus accomplissant.

 

*

 

Le théologien et philosophe irlandais, Jean Scot Erigène (800-876), réintroduisit la pensée et la tradition grecque dans un monde théologique latin dominé par la figure d'Augustin d'Hippone. Il fait connaître le pseudo-Denys l'Aréopagite, Grégoire de Nysse et Maxime le Confesseur au monde carolingien.

 

*

* *

 

Le 03/05/2016

 

Je retranscris ci-dessous l'échange que j'ai eu à la revue suisse NiceFuture :

 

1.     Qu’avez-vous fait de plus grand par Amour (avec un grand A) ?

 

Je n'aime pas le mot Amour dès qu'il sort de la relation profonde et durable (dans les quatre dimensions grecques du corps, du cœur, de l'esprit et de l'âme) entre un homme et sa femme. Je lui préfère le mot "Passion". Alors, ce que je fais avec Passion depuis 50 ans, c'est étudier pour comprendre selon les trois voies de la connaissance : la science, la philosophie et la mystique.

 

2.     Que signifie pour vous l’abondance ?

 

Il ne s'agit aucunement de matérialité où la frugalité s'impose tant pour des raisons philosophiques (stoïciennes) qu'écologiques (la raréfaction des ressources). L'abondance doit être spirituelle c'est-à-dire abondance de Joie pour et dans le Réel et la Vie.

 

3.     Pour les lecteurs qui l’ignoreraient, pouvez-vous expliquer concrètement en quoi consiste la noétique et quels sont ses champs d’application ?

 

La noétique (du grec Noûs : "intelligence") est la partie pratique de la noologie (l'étude de l'intelligence). L'intelligence est cette capacité qu'ont certains vivants (même parfois certains humains), de faire le lien entre les faits, les choses, les affects, les idées, les concepts, les êtres, les projets, etc … L'intelligence est la capacité de reliance, l'art de relier ce qui semble épars et étranger l'un à l'autre. La noétique, en tant que discipline, s'attache à deux choses, essentiellement, aujourd'hui : l'évolution vers la société de la connaissance et de l'intelligence, au plan global, et les techniques de développement de toutes les formes d'intelligence, tant personnelle que collective, au plan local.

 

4.     Vous avez fonctionné comme manager de crise durant plus de dix ans. Selon vous, quelles sont les meilleures ressources de résilience dont disposent les chefs d’entreprise ?

 

La notion de résilience vient de la physique des matériaux et qualifie un matériau qui, lorsque la tension qu'il subit se relâche, revient à sa forme initiale. Le concept a été étendu à la psychologie humaine avec plus ou moins de bonheur.  Quoiqu'il en soit, un dirigeant n'est durablement solide et fiable que s'il est au clair, en lui-même, avec sa propre vocation, avec son propre projet de vie et avec ses propres valeurs de vie. En bref, il doit être au clair avec ce qui l'anime, c'est-à-dire, au sens latin de anima : avec son "âme".

Qu'est ce qui est essentiel, important, crucial, vital pour lui ? Tout le reste n'est que détails et superflu ; il faut s'en désencombrer.

 

5.     Vous avez également étudié la philosophie et l’histoire des religions. Est-ce que les entreprises actuelles parviennent à obtenir plus de leurs employés que les religions de leurs adeptes ?

 

La question est mal posée. Le problème n'est pas "d'obtenir quelque chose de quelqu'un", le problème est de susciter et d'entretenir, dans les deux cas, une ferveur collective. Une ferveur par rapport à une croyance, dans le cas d'une religion, et une ferveur par rapport à un projet dans le cas d'une entreprise. Dans les deux cas, une observation séculaire s'impose : plus la communauté est petite, plus la ferveur est grande : l'anonymat dilue la ferveur. C'est ce que les grandes religions et les grandes entreprises n'ont pas compris et c'est la raison pour laquelle elles disparaîtront d'autant plus vite que le monde se transforme et se démassifie à toute vitesse. Tout ce qui est "de masse", est en train de s'effondrer.

 

6.     Quelle est selon vous la valeur à diffuser en priorité pour davantage d’épanouissement au travail ?

 

L'autonomie ! Nous vivrons bientôt la fin du salariat. Chacun deviendra son propre fonds de commerce et en sera seul responsable. Les entreprises seront des regroupements d'associés en vue d'un projet clair et précis.

Mais la plupart des humains réclament la liberté, mais n'en veulent surtout pas. Ils préfèrent la "servitude volontaire" (cfr. Etienne de la Boétie) et l'irresponsabilité (les Etats ont d'ailleurs tout fait pour infantiliser les citoyens et les rendre dépendants).

 

7.     Nous avons besoin d’un autre système économique. Mais pouvons-nous utiliser les instruments d’aujourd’hui pour construire une société alternative ?

 

Evidemment, non. Les cinq ruptures qu'il faut acter pour comprendre et piloter le changement de paradigme que nous vivons, sont celles-ci :

 

-       Nous sommes entrés dans une logique de pénurie accélérée et irréversible de toutes les ressources matérielles indispensables ; donc, la démographie doit impérativement être jugulée (si les hommes ne le font pas, la Nature s'en chargera) ; et donc, il nous faut pratiquer la frugalité du « moins mais mieux » sans modération ; il nous faut réinventer la joie de vivre dans la frugalité bienfaisante.

-       La révolution numérique a modifié, en profondeur, toute la substance de nos relations aux autres, au monde, aux savoirs, à la connaissance, au travail… et à notre propre cerveau ; le monde qui vient sera celui des intelligences pour lesquelles la technologie doit être un amplificateur et non un maître ; une civilisation des intelligences, de l'esprit et de la connaissance est à présent ouverte et à explorer.

-       Nos vieilles habitudes hiérarchiques, quantifiantes, procédurières et planificatrices sont obsolètes dans un monde toujours plus complexe, toujours plus imprévisible, toujours plus qualitatif, toujours plus effervescent ; le monde qui vient sera celui des réseaux collaboratifs, des activités nomades, de l'abolition du salariat, du développement permanent de soi, avec tout ce que cela veut dire de nouveaux métiers à créer.

-       Le modèle économique encore dominant que l'on peut qualifier de financiaro-industriel, est mort, rongé à l'os par la guerre des prix bas, par le rabotage absurde des marges et par la médiocrité voire la non-qualité généralisées ; le seul antidote est la virtuosité personnelle et collective afin de toujours et partout affirmer sa différence ; le facile ne vaut rien, le facile, tout le monde peut le faire.

-       Enfin, le passage de l'avoir et du paraître vers l'être et le devenir est indispensable : la vraie vie est la vie intérieure, la vie spirituelle qui donne sens et valeur à tout ; un nouvel art de vivre, avec soi-même, avec les autres et avec la Nature doit être inventé avec enthousiasme.

 

8.     On a le sentiment aujourd'hui que sciences, technique et économie, toutes incontrôlées, nous propulsent dans la course effrénée d’un vaisseau sans pilote. Comment remettre l'humanité au cœur de notre civilisation ?

 

La science ne nous propulse nulle part ; elle cherche seulement à comprendre. Quant à la technique et l'économie, ainsi que les systèmes démagogiques que vous occultez, ils nous "propulsent" vers un monde qui mourra d'anémie. Je sais qu'il n'est pas politiquement correct de le dire, mais j'affirme, avec Nietzsche, que l'humanité est très majoritairement un système délétère qui détruit tout, au seul service de ses caprices, de ses phantasmes, de ses turpitudes et cupidités. Je crois qu'il faut renoncer aux idéaux de l'humanisme (qui n'est qu'un narcissisme nombriliste et anthropocentrique) et remettre l'homme au service de ce qui le dépasse. Le sens et la valeur de l'homme ne sont pas en l'homme, mais au-dessus de lui.

 

Q : Selon vous, quel est le phénomène actuel le plus porteur pour construire l’avenir ?

 

Nous vivons, dans le tumulte et les crises, l'effondrement de la Modernité et la naissance d'un nouveau paradigme. Les institutions de pouvoir dont l'ancien paradigme est le fonds commerce, pratiquent un acharnement thérapeutique délétère.

Je pense que le facteur crucial de l'accélération de cette indispensable et vitale mutation, est le démantèlement et la déliquescence de tout ce qui est "de masse".

 

*

 

Le Figaro d'aujourd'hui :

 

" C'est un scrutin historique ! Le 3 mai 1936, le Front populaire, coalition formée entre les communistes, les socialistes et les radicaux remporte les élections législatives. Pour la première fois sous la IIIe République, la gauche, conduite par Léon Blum, va gouverner la France. La suite de l'histoire, on la connaît. D'abord les grandes conquêtes sociales : accords de Matignon, création des conventions collectives, congés payés, semaine de 40 heures puis, de nouveau, les tensions, le chômage, les grèves, la démission de Léon Blum en 1937 et enfin la rupture en 1938."

 

Extraits des commentaires, dans Le Figaro d'aujourd'hui, sur les 80 ans du Front Populaire. Enfin de la lucidité …

 

"Une chose est claire et systématiquement occultée : le Front Populaire est le premier responsable de la défaite de 40 ce qui veut dire en clair que c'est le Front Populaire qui est intégralement responsable de ce qui suivit. Le responsable n'est pas Pétain : que je sache, aucun stratège, aucun historien, aucun politique n'a JAMAIS décrit ce que Pétain aurait dû faire durant cette période. Les mêmes partis qui ont causés la perte de la France et de son Honneur pendant les quatre années sous la botte Nazie sont ceux qui ont repris le pouvoir en 45 !!! Leur responsabilité fut occulté par le transfert de l'intégrale responsabilité sur le régime de Vichy. Mais bon, la France préfère les légendes. Comme celle des congés payés que l'on doit à l'Eglise Catholique, seule à les proposer et qui ne figuraient pas dans les propositions initiales de FP et qui ne furent ajouter qu'in extrémis.... et dont se targuent sans cesse la gauche."

 

" Le front populaire, l'un des pires gouvernements que la France ait connu !

Démagogie, lâcheté et tartufferie à tous les étages.

Pour finir en 40 avec le parlement issu de ces élections en votant les pleins pouvoirs à Pétain."

 

" Inconscience totale de la gauche face à une immense catastrophe écrite d'avance, on réduit le temps de travail, on s'accorde des vacances, on s'amuse et on chante ("Tout va très bien, madame la marquise …"). Le 22 août 1939, Hitler devient l'allié de Staline, entrainant tous les communistes du monde derrière lui et 12 jours après, le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l'Allemagne. Tous les pions de la catastrophe sont en place et 50 millions d'individus y laisseront leur vie. Beaucoup d'autres y laisseront leur honneur, mais ce n'est pas mortel, n'est-ce pas ?"

 

Comme toujours, après avoir été "élue", la gauche délire pendant un an, hypothèque l'avenir irréversiblement et irresponsablement par des mesures démagogiques, clientélistes et électoralistes, et … s'en va ou s'effondre.

Ce fut le cas en 1936, en 1981 et en 2012 …*

Quand donc les Français, comme tous les autres peuples développés et intelligents, renonceront-ils au mythe de la "gauche". Voilà bien la seule exception française ; elle est létale.

 

*

 

L'Etat n'est là pour s'occuper ni des gens, ni des communautés de vie, ni des entreprises. L'Etat n'est là que pour s'occuper des infrastructures, c'est-à-dire pour assurer la paix et la qualité du territoire. Et pour rien d'autre ! La vie des gens, des communautés de vie, des entreprises ne regarde pas l'Etat. L'Etat, c'est de la logistique et rien d'autre.

 

*

 

Les trois monstrueuses absurdités de la "gauche" ; l'égalitarisme, l'étatisme et le progressisme.

Trois mythes, infâmes parce que contre-natures. Trois moteurs de totalitarisme.

La "gauche", comme tous les idéalismes, comme tous les idéologismes, refuse le Réel tel qu'il est et va, et elle veut, à toutes fins, dans la violence, le faire entrer dans le moule puéril, simpliste et étroit de ses "idéaux" fantasmagoriques.

Il veut fabriquer, de force, un "homme idéal" qui n'est pas l'homme réel et qui n'existera jamais, en apparence seulement, que sous la menace d'un fusil.

 

*

* *

 

Le 04/05/2016

 

Il est urgent de réaliser l'Europe politique et de mettre définitivement fin aux Etats souverains, vieux relents de ces nationalismes du 19ème siècle qui, malgré l'idée fallacieuse de "patriotisme, sont responsable de tous les marasmes du 20ème siècle, le plus meurtrier de l'histoire planétaire des hommes.

 

*

 

Chaque continent est le bassin d'une civilisation spécifique.

L'Europe est le bassin judéo-helléno-chrétien, avec trois continents adjoints : l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud et l'Océanie.

L'Asie de l'Est est le bassin sino-asiate.

L'Asie centrale est le bassin indo-persan.

L'Asie de l'Ouest est le bassin islamo-berbère.

L'Afrique est le bassin négro-animiste.

Ces divers bassins sont aujourd'hui entraînés par une histoire humaine commune, mais celle-ci ne doit pas faire oublier les incompatibilité linguistique et

 

 

*

 

Le vrai problème politique est de construire un système de gouvernance qui allie la liberté individuelle (c'est-à-dire l'extension maximale de la sphère privée) et l'efficacité collective (c'est-à-dire la désignation adéquate des problématiques prioritaires, et la mise en œuvre des solutions et moyens optimaux). Il est clair que la démocratie au suffrage universel n'atteint aucun de ces deux objectifs fondamentaux puisqu'elle instaure, en même temps, la tyrannie des plus nombreux (donc la tyrannie des crétins) et la bureaucratie généralisée.

 

*

* *

 

Le 05/05/2016

 

Au sein d'une religion, lorsque la communauté croît, la spiritualité décroît.

Effet de dilution entropique …

 

*

 

Plus une organisation devient grande, plus elle est orientée vers des résultats à court terme, plus elle devient bureaucratique et moins elle accepte le risque. Donc … elle n'innove plus, se sclérose et ne peut plus survivre que par sa puissance financière, que par le phagocytage de petites organisations créatives et que par la destruction de ses concurrents.

 

*

 

La théorie classique de l'optimisation des risques repose sur deux prémisses fausses : elle pose implicitement que les risques sont indépendants les uns des autres (ce qui occulte les corrélations amplificatrices, les effets "boule de neige" et les effets "domino") et elle pose implicitement que les risques réels sont majoritairement discernables (ce qui occulte les effets "cygne noir", l'incertitude chaotique, le non déterminisme, etc …).

 

*

 

L'actuelle rupture technologique fait passer des technologies mécaniques aux technologies numériques. Avec ceci d'original que la révolution numérique développe un facteur d'amplification jamais atteint jusqu'aujourd'hui.

Comme toujours, depuis la nuit des temps, une technologie n'est ni bonne ni mauvaise en soi, mais elle rend possible le pire et le meilleur.

 

Le meilleur :

-       L'accès quasi gratuit à tous les savoirs (mais savoir n'est pas connaître).

-       La communication par écrit, son et image, quasi instantanée, avec quiconque, où qu'il soit (abolition des contraintes de temps et d'espace).

-       La libération, pour l'homme, des tâches fastidieuses, éreintantes, laborieuses, répétitives et inintelligentes grâce à des programmes informatiques et/ou des robots sophistiqués, tant sur le plan domestique que sur le plan professionnel (mais que fera l'homme de ce temps gagné et disponible ?).

-       Le développement de prothèses efficaces pour pallier certaines déficiences ou certains handicaps, pourvu que ceux-ci soient liés à des organes ou à des fonctions purement mécaniques, non complexes.

-       Le développement de talents ou capacités mentales jusque là laissés en friche du fait des outils et méthodes liés aux seules approches livresques (qui demeureront néanmoins essentielles).

-       La désaliénation du travail avec l'abolition progressive du salariat et la réappropriation, par chacun, de son propre fonds de commerce professionnel, avec, donc, le passage de l'entreprise de salariés à l'entreprise d'associés.

-       Le développement rapide du télétravail et la marginalisation des fastidieuses navettes onéreuses et inutiles, destructrices de temps utile et productrices de stress inutile.

-       Le désengorgement des grandes villes métropolitaines au profit des petites villes et bourgs de province où se cultive la qualité de la vie.

 

Le pire :

-       La confusion entre savoir et connaissance : ce n'est pas parce que l'on peut trouver la réponse factuelle à une question, que l'on est capable de penser cette question et de critiquer ou mettre en œuvre intelligemment la réponse.

-       La crétinisation et la lobotomisation des masses par l'audiovisuel triomphant aux mains de vendeurs d'usines numériques destinées à fabriquer de la paresse mentale et physique sur mesure.

-       La mythologie absurde du transhumanisme et de ses idéologues apprentis-sorciers qui font rêver d'immortalité et d'humanité augmentée alors que la science sérieuse n'est de loin pas encore capable de comprendre les processus de base d'une simple cellule vivante.

-       L'assuétude hystérique à toutes les formes de connexion qui rendent impossibles les indispensables et vitales plages temporelles destinées à l'intimité, à l'intériorité, à la solitude et au silence.

-       La perte totale du contrôle de soi et de son libre-arbitre par la généralisation du big-data qui vise une totale esclavagisation de l'humanité au profit des vendeurs de facilité et de paresse.

-       Le déni de réalité des systèmes éducatifs qui se révèlent incapables de faire leur deuil de leurs principes pédagogiques gauchisants et obsolètes, et d'anticiper les hauts besoins de virtuosité du futur.

 

Ces deux listes n'ont pas la prétention d'être exhaustives. Elles tentent seulement de montrer des pistes et des dangers qu'il serait fou de ne pas prendre au sérieux.

 

*

* *

 

Le 06/05/2016

 

L'anarchisme est une poétique de la vie sociétale. Il produit des textes parfois très inspirés et des actes souvent destructeurs. Mais il est un impasse pratique puisqu'il repose tout entier sur deux prémisses fausses : celle que les masses ont envie d'être réellement libres et celle qu'elles seraient capables d'assumer dignement cette liberté.

Pour être viable et enviable, l'anarchisme doit impérativement être élitaire et aristocratique ; il ne peut s'adresser qu'à des communautés fermées de personnes spirituellement et moralement accomplies, ayant dépasser toutes les velléités égotiques et prêtes à se mettre au service d'un égrégore dédié à un projet transcendantal.

Il faut veiller à ne pas confondre l'anarchisme et le libertarisme est une attitude rebelle individuelle, rétive à toute forme d'autorité et de pouvoir, affirmant, en tout, une liberté personnelle inaliénable.

L'anarchisme est une utopie communautaire alors que le libertarisme est un comportement personnel.

 

*

 

Pierre de Lauzun, en bon chroniqueur catholique, nationaliste et souverainiste de "L'Avant-Garde", affirme ceci :

 

"(…) une nation est une communauté de destin. (…) tout pays a (…) un besoin vital de restaurer son sentiment d’être une communauté de destin, comprise comme communauté de communautés. (…) l’Europe n’est pas une communauté et ne le sera pas à vue humaine : il n’y a ni nation ni peuple européen, seulement des éléments de civilisation".

 

Ce texte, typique d'une certaine droite souverainiste, regorge de contre-sens.

Une communauté de communautés n'est pas une communauté de vie (ni ces communautés de communes qui détruisent l'autonomie citoyenne de nos villages), mais elle est une superstructure artificielle, qu'elle soit française ou européenne. N'existent, dans la réalité, que des communautés de vie directe qui, de plus en plus, n'ont plus rien à voir avec les territoires matérialisés par les frontières nationales.

L'Europe, en termes de communauté culturelle (indo-européenne, celte, chrétienne), est bien moins artificielle que la France qui n'est qu'une construction récente, purement idéologique. "Il n’y a ni nation ni peuple français" seulement les manigances turpides et cupides de quelques rois franciliens cyniques et ambitieux, relayés, ensuite, par des politiciens et idéologues parisiens professionnels.

La notion même de communauté de destin est absurde. Seule l'humanité, prise comme un tout, a mission de faire éclore l'Esprit sur Terre. Outre cela, il n'y a jamais de destin collectif ; il y a seulement, parfois, un morceau de mémoire plus ou moins collective. Une nation, un peuple, un pays n'ont jamais aucune vocation spécifique. Au mieux, c'est une illusion infantile ; au pire, c'est une manipulation narcissique et ethnocentrique.

 

*

 

Quelle est cette "bonne nouvelle" que les Evangiles annoncent et qui fonde toute la construction chrétienne ?

Fondamentalement, la "bonne nouvelle" est celle, colportée notamment par les disciples d'Emmaüs (Luc :24;13-35), de la résurrection de Jésus considéré comme le Christ.

La "bonne nouvelle" est celle du triomphe sur la mort : l'accès de chaque personne à l'immortalité éternelle, moyennant la vie ascétique nécessaire.

Car la mort et le scandale de la mort sont au centre de toute la construction chrétienne.

La mort comme conséquence du péché originel tel que l'a inventé Augustin d'Hippone, à partir de l'épitre aux Romains (5:12) de Paul de Tarse : "C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché … "

La mort comme sas entre les deux mondes platoniciens : d'une part, celui de l'éphémère et de l'impermanence, celui de la matière et de la chair, celui de la vie et du diabolique, et, d'autre part, celui de l'éternel et de l'immuable, celui de l'esprit et de l'âme, celui de la béatitude et du divin.

Le christianisme se réduit tout entier à la "bonne nouvelle" du triomphe sur la mort. Tout le reste n'est que commentaires et modalités.

 

Et tout cela vient de Platon (Timée, 27d-28a) :

 

" Or, il y a lieu, à mon sens, d'établir tout d'abord les divisions que voici. Qu'est-ce qui est toujours et n'a point de devenir ? Qu'est-ce qui devient toujours, mais qui n'est jamais ? L'un, de toute évidence, saisissable par l'intellection accompagnée de raison, toujours est de façon identique ; l'autre, au contraire, qui fait l'objet de l'opinion accompagnée de sensation irraisonnée, il devient et s'en vient, mais réellement jamais il n'est."

 

Tel est posé l'absurde dualisme ontologique - exacerbé par Descartes pour fonder la modernité - qui a pourri toute l'histoire de la pensée occidentale.

 

*

 

A travers l'histoire du christianisme, l'étude de ce que le dogme ecclésial appelle les "hérésies", met en évidence toutes les immenses faiblesses du dispositif théologique chrétien. Car toutes ces "hérésies" ne font qu'une chose : tenter de résoudre les incohérences, incompatibilités et contradictions internes du corpus des croyances.

Arius (le Christ est créé), Marcion (le judaïsme est étranger au christianisme), Pélage (le salut dépend de l'ascèse personnelle et peu de la grâce) et autres Montanus (johannisme), accusent la stabilité et la fragilité de l'édifice théologique chrétien.

 

*

 

D'Irénée de Lyon :

 

"C'est l'honneur de Dieu que l'homme vive,

mais la vie de l'homme, c'est de voir Dieu."

 

*

 

D'Omraam Mikhaël Aïvanhov :

 

"Les êtres humains sont faibles, c’est vrai, mais s’ils sont tellement faibles, c’est parce qu’ils ont fini par considérer cette faiblesse comme naturelle, allant de soi. C’est même le sujet de prédilection de la morale et de la religion : la nature humaine est faible, pécheresse… En réalité les humains ne sont pas tellement faibles, mais ils sont paresseux, ça oui ! Ils ne veulent pas se prendre en main et ils se laissent aller à toutes leurs impulsions égoïstes, agressives, et ensuite évidemment, ils ne peuvent que constater leurs échecs."

 

*

* *

 

Le 07/05/2016

 

Il est vrai que le Réel n'est pas évident, mais il est, et … il est tellement plus riche que tous les phantasmes humains.

 

*

* *

 

Le 08/05/2016

 

De Hans von Campenhausen :

 

"La chrétienté primitive ne faisait pas de théologie."

 

Tant qu'une religion ou une spiritualité ne concernent que la foi vécue, profonde, intuitive, mystique et viscérale, sans besoin de convaincre ou d'argumenter, toute théologie est inutile.

La théologie est à la spiritualité ce que les analyse diétético-biochimiques sont à la gastronomie.

 

*

 

De Friedrich Nietzsche, au début de la quatrième partie de son "Zarathoustra" :

 

"Ô Zarathoustra, dirent-ils, est-ce ton bonheur que tu cherches des yeux?

- Qu'importe le bonheur ! répondit-il, il y a bien longtemps que je n'aspire plus au bonheur, ce à quoi j'aspire, c'est à mon œuvre."

 

La finalité de chacun n'est pas le bonheur, mais l'accomplissement de son destin; c'est cela l'œuvre d'une vie.

 

*

 

De Bias de Priène (6ème s. avant EC) :

 

"La majorité des hommes est méchante".

 

Exit Rousseau et tous les humanismes. Exit égalitarisme et démocratie. Exit charité et solidarité.

 

*

 

Liberté et égalité (démocratie) ne sont pas conciliables. La démocratie au suffrage universel et l'égalitarisme qui la porte, institutionnalisent la tyrannie des crétins et la bureaucratie qu'elle secrète inexorablement.

Dès la promulgation de la constitution et de la démocratie athéniennes, un auteur anonyme a écrit un opuscule incendiaire contre l'égalité : "De la démocratie comme violence".

 

*

* *

 

Le 09/05/2016

 

Lorsque je vivais dans le Maghreb, un vieil ami Tunisien m'avait expliqué pourquoi les trois pays de cette région ne s'entendaient pas entre eux. Il disait qu'il existe trois catégories de mentalité humaine qui sont incompatibles entre elles : le paysan (le Marocain), le montagnard (l'Algérien) et le marin (le Tunisien) … Peut-être faudrait-il ajouter le nomade … et, maintenant, le citadin …

 

*

 

Les processus expriment mieux le Réel que les objets.

Le processualisme (au sens fort selon Héraclite et faible selon Empédocle) s'oppose au substantialisme (au sens faible selon Démocrite et fort selon Parménide).

La philosophie des processus (au sens fort, héraclitéen) pose qu'en tout, le processus a une absolue primauté sur la substance et les objets qui ne sont que des tissages ou nœuds processuels.

 

*

 

De Maxime Tandonnet (c'est moi qui souligne) :

 

" Aujourd'hui, le latin et le grec disparaissent du programme des collèges. La 'mémoire' n'existe que pour aviver la mauvaise conscience. La connaissance de l'histoire, voire la simple curiosité historique, factuelle, bien au contraire, paraissent vouées à s'effacer. La logique dominante est celle de la table rase, héritée des idéologies totalitaires du XXe siècle. L'entreprise de déculturation bat son plein : l'histoire politique et littéraire, les langues anciennes, l'orthographe. L'idéal, conscient ou inconscient, est d'engendrer peu à peu un homme neuf, un Européen parfait, apuré de son patrimoine culturel, religieux, intellectuel. C'est-à-dire un homme réduit à sa fonction de consommateur et d'agent économique, privé des outils de l'esprit critique et qui se prêtera plus facilement à toutes les manipulations idéologiques y compris extrémistes, de droite comme de gauche."

 

Le gauchisme culturel ambiant oppose, au nom d'un humanisme, d'un universalisme et d'un égalitarisme (un indifférencialisme) tous plus absurdes et mensongers l'un que l'autre, un déni ridicule et scandaleux aux profondes différences (et incompatibilités) civilisationnelles, historiques et intellectuelles qui séparent les grands bassins continentaux.

Je hais ce que la modernité européenne a fait de la Terre depuis près de deux siècles, mais ce n'est pas une raison pour nier l'européanité et pour ignorer son intense et riche spécificité  culturelle multimillénaire.

 

*

 

Si l'homme, un jour, parvenait, comme il devrait, à éliminer tout ce qui est vain et superflu, le monde ne serait plus que silence, pureté et Nature.

 

*

* *

 

Le 10/05/2016

 

La déclaration universelle des droits de l'homme est un texte idéologique, idéalisant et complètement déconnecté du Réel.

Ainsi, le premier article déclare :

 

" Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."

 

Quand un bébé naît, il est tout sauf libre. Il n'est égal qu'à lui-même et il est différent de tous les autres ; les notions de dignité et de droit lui sont totalement étrangères. De plus, la grande majorité des humains utilisent très peu leur raison et n'ont presque pas de conscience ; quant à l'esprit de fraternité universelle, il est un idéal utopique et un vœu pieux qui ne parle qu'à une minorité de doux rêveurs nantis, et que l'histoire humaine dément un peu plus chaque jour.

Et l'on s'étonne alors que toutes les civilisations non christiano-occidentales rejettent cette déclaration qui ne les concerne pas, tant elle fantasme sur une vision de l'humain qui n'est soi-disant "idéale" qu'au travers du prisme déformant de l'idéalisme moderne occidental.

On devrait reformuler toute la déclaration universelle de façon radicalement autre. Ainsi, le premier article devrait devenir :

 

"Tout les hommes naissent différents, dépendants de la Nature et de leur communauté de vie, et égaux en devoirs. C'est par leur talent et leur travail personnels qu'ils doivent construire leur autonomie, leur dignité et leur liberté."

 

On aurait alors en main une :

 

"Déclaration universelle des statuts et devoirs de l'homme sur Terre"

 

*

 

La peur est le cancer de l'âme.

 

*

 

Dans un système basé sur l'esclavage, le maître est plus esclave de ses esclaves que ces esclaves ne le sont de leur maître (cfr. Hegel). L'esclavage aliène au moins autant le maître que l'esclave. La raison ? Le maître a bien plus besoin de ses esclaves que l'inverse.

 

*

 

Ce que l'on appelle "justice" n'est en fait qu'un compromis plus ou moins équilibré entre les intérêts particuliers des parties. Il n'y a aucune "justice", au sens fort et éthique, là-dedans.

 

*

 

Les bandits malins rapportent plus aux Etats que les honnêtes gens.

 

*

 

Comme presque tous les hommes ne recherchent que leur propre intérêt, il est statistiquement mathématique que, puisque la démocratie est la tyrannie des médiocres, elle aboutisse inexorablement à accroître la médiocrité.

 

*

 

La démocratie scelle le triomphe de la statistique.

 

*

 

Chez Aristote et d'autres auteurs politiques grecs, le démos était, en fait, la classe moyenne c'est-à-dire la classe qui n'est ni la plus riche (les nobles), ni la plus nombreuse (les esclaves, métèques et journaliers). Pour Aristote, en somme, la démocratie athénienne s'apparente au bourgeoisisme que réinstaura le 19ème siècle moderne.

 

*

 

Pour Aristote, toujours, la démocratie est condamnée à ne se maintenir au pouvoir que dans et par la violence, tant ce système est contre-nature.

 

*

 

Puisque la liberté est, avant tout, la liberté d'être soi, d'exalter ses propres différences et d'accomplir son propre destin, elle est radicalement incompatible avec le principe d'uniformité (déguisé sous les oripeaux du mot "égalité") qui fonde la démocratie au suffrage universel. Cette démocratie au suffrage universel impose une conformité aux exigences du plus grand nombre c'est-à-dire, dans les faits, à celles des démagogues qui prétendent le représenter.  Ce fut le cas lors de la dictature "au nom du peuple" des Jacobins et de la "dictature du prolétariat" des totalitaristes socialistes.

 

*

 

Il ne faut jamais oublier que la "démocratie athénienne" était fort similaire à la terreur jacobine. A la différence qu'à la guillotine étaient préférés le bannissement, l'exil forcé et l'ostracisme.

 

*

* *

 

Le 11/05/2016

 

La mode est un ersatz de créativité - artificielle et conforme - pour les gens sans imagination.

 

*

 

Il faut sortir du mythe de l'IA et de l'auto-apprentissage qui n'est que l'application mécanique et stupide d'une algorithme humain et intelligent (assorti d'une générateur d'aléatoire pour faire croire à de la créativité). Le mécanique n'engendre jamais de propriétés émergentes ; or l'ordinateur et ses programmes sont purement mécaniques ; donc … CQFD.

 

*

 

L'idée de démocratie

 

L'idée de "démocratie" - surtout au suffrage universel - est le plus grande imposture intellectuelle et la plus grande manipulation politicienne de tous les temps : les démagogues savent très bien que, sorties du "café du commerce", les masses sont notoirement incapables de comprendre le monde réel et d'administrer l'intérêt commun, ils savent qu'elles réclament la liberté et la responsabilité mais qu'elles n'en veulent surtout pas, ils savent qu'elles ne rêvent que de panem et circenses.

En disant : "Je représente le peuple", le démagogue inféode les masses qui en sont soulagées.

Un citoyen est un esclave à qui l'on fait croire qu'il est libre et qui est ravi d'être asservi. Le confort, la sécurité et la paresse lui sont bien plus chers que la liberté, l'autonomie et la joie … pourvu qu'il puisse râler de temps à autre.

Car c'est cela la "liberté" démocratique : avoir le droit de râler de temps en temps, mais rester conforme le reste du temps.

 

En réalité, tout le jeu politique se joue entre les démagogues professionnels (la classe politique et ses affidés, avides de prébendes) avec deux issues possibles : soit l'un d'eux gagne et c'est la dictature "du peuple" (Robespierre, Hitler) ou "du prolétariat" (Marx, Lénine, Mao), soit le match dure éternellement comme une succession de "manches" où, tantôt, l'un gagne, puis, tantôt, l'autre, indéfiniment, et c'est la "démocratie". Il va de soi que la "démocratie" est le jeu préféré des démagogues puisqu'elle leur permet à tous, perdants ou gagnants, de continuer à développer leur fonds de commerce.

Dans ce jeu "entre soi", les masses citoyennes ne jouent aucun rôle : elles ne sont que le prétexte des "pouvoirs" et l'alibi des "légitimités".

 

Tout ce jeu est d'une perversité diabolique dès lors qu'il instaure, à son seul profit, ces ersatz de moralité que sont la bien-pensance et le politiquement correct qui, au fond, reviennent à ne jamais remettre en cause le jeu "démocratique" des tyranneaux démagogues.

La "démocratie" est devenue un idole sacrée au seul service de ses prêtres autoproclamés : les démagogues professionnels. Les débats électoraux ne sont que des luttes intestines entre factions sacerdotales concurrentes qui n'ont que faire du sort de leurs ouailles engraissées à grands coups de clientélisme et d'électoralisme.

 

L'origine de tout ce mal, de tout ce cancer sociétal, habite, tout entière, dans le concept d'Etat c'est-à-dire de cette superstructure artificielle mise en place par les démagogues professionnels "dictatoriaux" ou "démocratiques", qui a supplanté les communautés de vie pour leur substituer des appareils bureaucratiques anonymes. La suprême astuce a été de faire de l'Etat, le serviteur de la Nation, du Peuple, de la Patrie ou de la Société, alors que ces notions sont, toutes ensemble, des créations artificielles, abstraites et imaginaires de l'Etat lui-même pour tenter de se légitimer.

Les masses veulent des démagogues, qui créent l'Etat, qui invente la Nation pour phagocyter les masses. La boucle est bouclée …

"Dormez, braves gens … L'Etat veille sur votre sommeil !"

 

*

 

Qu'est-ce qu'un "profil de dirigeant de grande entreprise" ? Un apparatchik salarié à la solde d'actionnaires cupides, qui est un non-entrepreneur notoire (sinon il ne serait pas salarié), un passéiste qui s'accroche à un système socioéconomique déliquescent, et un "stratège" parachuté généralement incapable de gérer l'épicerie du coin.

Les "grandes entreprises" sont les dinosaures en voie d'extinction que la mutation socioéconomique va balayer dans les prochaines vingt années.

 

*

 

La démocratie est la dictature des appareils démagogues portée par la tyrannie des médiocres. Il n'y a pas à choisir entre dictature et démocratie : c'est chou vert et vert chou. Je préfèrerais vivre dans la Bourgogne de Philippe le Bon ou dans la Hollande de Guillaume d'Orange, que dans la France de François Hollande ou dans les USA de Donald Trump.

 

*

 

La démokratia athénienne antique n'est par un gouvernement par le peuple, mais bien un gouvernement pour le peuple. Cela signifie que les élites gouvernantes veulent y favoriser les classes laborieuses (artisans, paysans, commerçants, marins, esclaves, métèques, …) dont le travail productif est indispensable à la croissance de la richesse des classes supérieures.

Il n'y s'agit aucunement de donner un quelconque pouvoir à la populace jugée, avec mépris, comme ignare, primaire, vulgaire, violente, inculte, etc …

La "démocratie" moderne, au suffrage universel, est une invention récente, d'après 1870, qui était largement récusée, même par les "Lumières" (Kant, Voltaire,  …) qui optaient, majoritairement, pour une "démocratie" élitaire ou censitaire, ou

 

*

 

Contre le mythe fallacieux de la soi-disant indispensabilité de la démocratie pour contrer la dictature (comme si le choix se limitait à ces deux pôles qui, en fait, n'en forment qu'un, celui de la tyrannie du(des) plus fort(s) contre les hommes libres), un exemple est limpide : les entreprises européennes ne sont pas des démocraties, elles sont efficaces au service des marchés (donc du plus grand nombre) et elles respectent et font grandir les hommes et les femmes qui y collaborent, sans distinction de classe (mais avec distinction des compétences, des talents et des efforts).

 

*

 

Une "doctrine politique pour et par les hommes libres" est encore à penser et à inventer. Aujourd'hui encore, toutes les idéologies politiques décrivent des "sociétés idéales" pour hommes domptés.

 

*

 

Les notions "d'intérêt général" et "d'homme libre" convergent car il en va de l'intérêt général que les hommes deviennent enfin plus libres, c'est-à-dire plus autonomes dans toutes les dimensions existentielles, c'est-à-dire, encore, moins esclave des ressources, des opinions, des préjugés, des croyances, des lois, des règles, des attentes, etc … des autres et du système sociétal.

 

*

 

Les notions d'intérêt général et d'intérêt commun ou collectif ne se recoupent pas du tout. Leur amalgame arrange cependant très bien les démagogues professionnels pour lesquels l'intérêt collectif colle avec leurs intérêts personnels.

Les adjectifs "commun" ou "collectif" qualifient une personne morale symbolisée par la Nation et incarnée par l'Etat, propriété privée des démagogues. L'adjectif général, lui, désigne toutes les personnes physiques, sans qu'il ne puisse y avoir rien ni personne pour l'incarner.

 

*

 

De mon ami et complice Xavier Guilhou, géopolitologue et polémologue, en réponse à mon article : "L'idée de démocratie" (ci-dessus) :

 

" Cela fait depuis plusieurs décennies que nous ne sommes plus en démocratie mais sous le joug de synarchies qui, assistées de "spin doctor" , ont pris en otage nos sociétés. Leurs armes sont la loi fiscale et la réduction des libertés publiques. Nous glissons progressivement vers des gouvernances totalitaires molles qui vont instrumentaliser de plus en plus les questions sécuritaires et les peurs existentielles pour abrutir les populations et les enfermer dans des logorrhées abêtissantes. La seule solution pour se libérer de cette strangulation sociétale c'est soit le recours à la violence anarchique prônée par tous les collectifs de Nuit-Debout aux Forchetos, en passant par les Bonnets rouges, les Indignés  (le problème de ces mouvements archaïques est qu'ils n'ont aucune conscience politique) ... soit la noétique  et la symbiotique."

 

*

* *

 

Le 12/05/2016

 

La SNCF est devenue l'impératrice de l'euphémisme et de la langue de bois. La femme de ménage y devient "l'hôtesse de propreté", les contrôleurs fainéants et inutiles y deviennent "l'équipage de bord", et le je-m'en-foutisme d'un fonctionnaire-conducteur retardataire relève des "difficultés d'acheminement du personnel" … et tout le reste des règlements, vexations, contrôles et inepties bureaucratiques est bien sûr imposé "pour votre sécurité" au nom d'un "service public" qui n'est qu'au service de lui-même.

A elle toute seule, la SNCF est l'image de la France fonctionnarisée, bureaucratisée, assistée, inefficiente, syndicalisée, paresseuse, parasite, pléthorique …

 

*

 

La révolution française de 1789 est un pur mythe. Il y a eu, à Paris seulement, un coup d'état jacobin qui a éliminé, par le sang, la peur et la misère, la royauté pour la remplacer d'abord par la Terreur de Robespierre, puis par l'Empire de Bonaparte. Une parenthèse de 26 ans en tout qui ne signifie rien d'autre que le triomphe éphémère de la violence et de l'idéologie populistes  : une répétition générale de la "révolution" bolchévique, qui eut lieu un siècle plus tard, qui a mis le monde entier à feu et à sang (comme Napoléon) et qui a "tenu" un peu plus longtemps : 72 ans.

En revanche, ce coup d'état parisien fut fatal à l'idée d'autocratie : l'avortement rapide de la Restauration et du second Empire en fut la preuve.

La seule vraie révolution française fut celle de 1870 qui instaura la République socialo-bourgeoise (non pas la troisième, mais la première ; les deux précédentes n'étaient que des fantasmes passagers et insignifiants).

Cependant, le conte de la révolution de 1789 fondit la mythologie française (largement inventée par le socialiste Michelet autour de 1848 au bénéfice de la très parisienne idéologie communarde qui en avait grand besoin) et, partant, l'idée d'une France nationale, "une et indivisible" qui n'a jamais existé (malgré les persécutions des "hussards noirs de la République") et qui existe de moins en moins.

Toutes les "Patries" artificiellement créées à la fin du 19ème siècle, ont dû doter leur imaginaire collectif d'une mythologie fondatrice qui n'a que peu à voir avec la réalité historique : ce furent les "Pères fondateurs" (théorisés par Benjamin Franklin) aux USA, les Carbonari garibaldiens (exploités par Manzinni et Cavour) en Italie, le "das Volk" bismarckien (théorisé par Fichte) en Allemagne, l'Empire victorien (théorisé par Darwin) en Grande-Bretagne, etc …

Comme le nota Louis XVI dans son journal personnel à son retour de chasse, il ne s'est rien passé le 14 juillet 1789 … seulement le début de la mainmise parisienne sur le reste des Gaules.

 

*

 

Il n'y a, au fond, que deux modèles sociétaux : celui de l'hellénité qui constitue un réseau de cités autonomes et fédérées, et celui de la romanité qui impose une pyramide monolithique, centralisée et autoritaire.

L'histoire oscille de l'un à l'autre. Après la romanité, la christianité resta pyramidale (après une parenthèse réticulée des "maîtres des villae"), la féodalité fut réticulée et la modernité redevint pyramidale (d'abord autocratique, puis, à la fin, après 1870, démagogique). Nous sommes, aujourd'hui, à l'aube d'une indispensable réticularité nouvelle : celle des communautés de vie fédérées à l'échelle continentale et reliées par la Toile numérique.

 

*

 

Le Califat d'aujourd'hui et les Communistes d'hier n'ont fait que reproduire, à leur échelle, les infâmes crapuleries, morbides et psychopathologiques, de la Terreur robespierriste : têtes coupées, exécutions sommaires de masse, enrôlements de force, emprisonnements arbitraires, justices expéditives, lavages de cerveaux, mutilations et destructions de monuments culturels (symboles des "anciens régimes"), subordination et dégradation des femmes, mythification d'un "Peuple" imaginaire, ici, et d'un "Islam" imaginaire, là-bas.

 

*

 

De Michel Onfray (in : "La force du sexe faible") :

 

"L'aigle (…) ignore le détail, la taupe (…) ne voit que lui."

 

Il faut être mésange ou merle, sans doute …

 

*

 

Tout le gauchisme culturel et idéologique, depuis presque trois siècles, n'a qu'une seule source moderne : Jean-Jacques Rousseau ! L'infâme Jean-Jacques Rousseau, esprit débile et paranoïde, pathologiquement schizoïde, écartelé entre le "ce que je dis" et le "ce que je fais", habité par tous les ectoplasmes et phantasmes des idéalismes les plus absurdes et par les miasmes d'un christianisme inquisiteur et populiste que Nietzsche, plus tard, saura dénoncer comme une morale du ressentiment et comme une morale d'esclaves.

 

*

 

L'émancipation des femmes de la tutelle machiste séculaire passe par leur accès à l'éducation, à la connaissance, à la culture, à l'érudition … et à l'autonomie. Il est sidérant de constater que les très jeunes femmes d'aujourd'hui, rechignent aux études et préfèrent vouer un culte à la virilité de rouleurs de mécanique, aussi débiles et incultes que bellâtres. Elles gloussent, se trémoussent et criaillent dès que deux coqs dûment tatoués, rasés et percés, viennent jouer des pectoraux et se saouler dans des binge drinking's généralisés et reptiliens. Elles baisent de plus en plus tôt, et se complaisent dans un rôle de marie-couche-toi-là débilitant.

Les mouvements de libération de la femme semblent avoir définitivement échoué (exit les féministes socialistes comme Elisabeth Badinter et autre Gisèle Halimi). La merveilleuse Françoise Giroud l'avait bien vu dès la fin des années 1970.

 

*

 

Kant (avec la tradition maçonnique) a raison : pour pouvoir être éligible et/ou électeur, il faut démontrer que l'on est autonome ("libre et de bonnes mœurs"). Celui qui est dépendant de quoique ce soit est foncièrement esclave de sa dépendance, soit pour la généraliser et l'amplifier, soit pour l'exorciser et la maudire. Sa dépendance est le seul référentiel qu'il connaisse et utilise. Il ne peut fonctionner que par égotisme, narcissisme ou nombrilisme, aux antipodes de l'intérêt général.

 

*

 

Toute société humaine se divise en deux factions : une minorité d'hommes libres et une majorité d'esclaves (cfr. "Discours sur la servitude volontaire" d'Etienne de la Boétie, au 16ème siècle). La démocratie au suffrage universel instaure la tyrannie des esclaves et n'a qu'un seul but : esclavagiser les hommes libres.

En France, ce but morbide et létal est presque atteint, aujourd'hui.

 

*

 

Il y a une quarantaine d'années, j'étais réputé, auprès de mes bons amis, pour rédiger, avec succès et outre mes propres travaux, leurs mémoires de fin d'études. J'ai ainsi pensé et écrit des mémoires en droit, criminologie, sociologie, astrophysique et philologie germanique (en néerlandais).

De belles aventures intellectuelles …

 

*

 

Ceux qui font tout pour se faire remarquer (par leur parures, tatouages, piercings, colorations ou rasages de cheveu, accoutrements divers, etc …), ceux qui mendie, donc, un regard d'autrui (même réprobateur ou dégoûté) en guise d'ersatz de reconnaissance, sont ceux qui sont incapables de vivre en eux-mêmes, par eux-mêmes. Ils sont esclaves de leur extériorité.

 

*

 

Pour la gauche, la démocratie est une gouvernance par le peuple dont il faut interpréter les votes au travers de la grille de lecture des impératifs idéologiques bien compris.

Pour la droite, la démocratie est une gouvernance pour le peuple dont il faut interpréter les votes au travers de la grille de lecture des impératifs économiques bien compris.

 

 

*

 

La France a basculé durablement dans la médiocrité au jour où les Montagnards et les Jacobins ont anéanti les Girondins.

 

*

 

Pur fruit de la modernité, la révolution industrielle du début du 19ème siècle en a sonné le glas en amplifiant son socialo-bourgeoisisme endémique au point que le paradigme moderne ne puisse plus en absorber les effets. C'est le financiaro-industrialisme qui, en tant que démesure de la modernité qui l'enfanta, en a révélé les limites, les faiblesses et les incapacités.

 Il en fut de même avec la révolution agraire du 14ème siècle qui fut la cause intérieure de l'effondrement de la féodalité et de l'émergence de la bourgeoisie marchande, matrice de la modernité.

 

*

 

Je viens de lire, en graffiti sur un mur de Nantes, un sauvage : "Mort au capital", proféré par quelque lycéen boutonneux en mal d'adrénaline révolutionnaire. Ce "mort au capital" est non seulement absurde, mais preuve d'une triste ignorance. Car qu'est un capital sinon une somme d'argent ? Ce "mort au capital" serait donc équivalent à un "mort à l'argent" aussi ridicule qu'un "mort aux marteaux" ou qu'un "mort aux faucilles" (sous le prétexte que ces deux outils, séparés, ont été parfois des instruments d'assassinat et , entrecroisés, le symbole d'hécatombes dont notre lycéen, sans s'en douter, se revendique) … L'argent n'est qu'un moyen, un outil, permettant une plus grande souplesse dans le temps que le troc primitif ne tolérait pas.

Il semble donc que derrière ce "mort au capital", il faille comprendre un "mort au capitalisme" et ce, bien sûr, sans que notre chérubin fasse de distinction entre le capitalisme entrepreneurial (qui permet d'investir afin de produire les biens et services nécessaires à tous) et le capitalisme spéculatif (le financiarisme qui, de fait, est bien le cancer de l'économie).

Ce n'est pas le procès du capital qu'il faut instruire, mais le procès de la cupidité humaine à propos de laquelle il n'y a aucune lutte des classes : riches et pauvres s'en donnent autant à cœur joie.

 

*

 

Sur le temple d'Apollon, à Delphes, il y avait quelques aphorismes gravés. L'un deux est : "Rien de trop" qui signifie, en tout, le trop et le trop peu sont ennemis du beau, du bon, du vrai et du bien.

La sagesse accompagne la pythie.

 

*

 

A tous les utopistes qui rêvent d'un monde débarrassé de l'argent - ce qui ne changerait rien à la cupidité de l'homme (riche ou pauvre) et à son insatiable besoin d'accumuler -, je suggère l'idée suivante : toute pièce ou coupure monétaire seraient soumises à une date de péremption à court terme (un mois par exemple), clairement indiquée, au-delà de laquelle elles perdraient toute valeur : autrement dit, tout argent reçu ou gagné, et non dépensé dans le mois, ne vaudrait plus rien.

 

*

 

Dans mon esprit, l'esclavagisme est une horreur inacceptable, que cela soit clair et net !

Il faut néanmoins dire que, s'ils n'avaient pu être vendus en esclavage aux Arabes (ce sont eux les grands trafiquants), puis aux Blancs (ce sont eux les grands bénéficiaires), la plupart des Noirs capturés par leurs ennemis tribaux, Noirs comme eux, auraient été occis sur place et n'auraient jamais eu les descendants que nous rencontrons aux Antilles, au Brésil, à Manhattan, à Chicago ou ailleurs.

C'est, en somme, l'esclavage qui leur a sauvé la vie.

 

De plus, au prix que s'achetaient les esclaves, mieux valait en prendre grand soin et ne pas les maltraiter : ce fut majoritairement le cas comme en témoigne la volonté de très nombreux Noirs américains, juste après la guerre de sécession, de refuser la "liberté" et de rester les "serviteurs" de leurs "maîtres".

Il faut cesser de colporter l'image absurde du Blanc sanguinaire, cruel et sadique qui se serait "amusé" à continuellement martyriser et torturer le pauvre Noir esclave. Il y eut des crapules comme celle-là, c'est indéniable, et je n'ai pas de mots assez durs envers ces salauds. Mais, globalement, le bon sens voulait qu'il eût été absurde de maltraiter une si onéreuse force de travail.

D'ailleurs, déjà les antiques textes grecs et bibliques témoignent de l'aberration (morale autant qu'économique) qu'aurait été la maltraitance des esclaves. Il faut casser le fonds de commerce victimaire et lucratif des "descendants des victimes de l'esclavage", et les incessantes culpabilisations qui l'accompagne.

 

Il en va de même en ce qui concerne ces esclaves actuels que sont les salariés des entreprises. N'est-il pas managérialement et économiquement évident qu'il faille "cajoler" le petit personnel avec bienveillance, si l'on veut qu'il soit motivé, impliqué, engagé et productif ? C'est ce que font les "patrons" entrepreneurs depuis longtemps, qui n'ont pas attendu les gesticulations socialistes ou syndicales, pour établir des congés payés, des horaires de travail décents, des rémunérations convenables et des accompagnements sociaux (écoles, dispensaires, cités ouvrières, visites médicales, etc …).

Il faut faire cesser les médisances misérabilistes et victimaires que l'histoire ne confirme pas. Ce sont là des images d'Epinal fallacieuses, fruits de la propagande socialiste : la condition ouvrière ne se résume pas à du "Germinal", même s'il y eut des moments et des lieux d'exploitation éhontée.

 

C'est précisément parce que j'abhorre le principe même de toute espèce d'esclavage qui je milite pour l'abolition du salariat et celle de toutes les formes de contrat d'emploi.

Chacun est sa propre entreprise et doit s'assumer et s'organiser comme tel !

 

*

 

D'Etienne de la Boétie, ce célèbre aphorisme à rappeler inlassablement :

 

"Soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libre."

 

*

* *

 

Le 13/05/2016

 

De LEAP :

 

" Depuis le milieu des années 2000 au moins, l'ensemble des grands acteurs mondiaux, au premier rang desquels se trouvent bien entendu les Etats-Unis et son cortège de pays occidentaux, ne fait plus que de la communication, de la gesticulation. Dans la réalité, rien ne va plus (…)"

 

Plutôt que de défoncer des portes ouvertes, le LEAP ferait bien de lire mes travaux …

 

*

* *

 

Le 14/05/2016

 

Là où sévit l'idéalisme, les prisons débordent et le sang coule !

 

*

 

De Pierre-Joseph Proudhon :

 

"En général, l'homme de bien n'arrive pas au pouvoir, parce qu'il y a entre eux une antipathie secrète et naturelle."

 

*

 

Michel Onfray, en parlant de certains écrits de Pierre-Joseph Proudhon, résume parfaitement le contenu de mes quatre ou cinq milles pages intitulées "De l'Être au Devenir" :

 

"(…) ce sont des notes, avec le caractère aléatoire de ce genre d'écrit où l'on pense tout haut, où la pensée se cherche et ne s'est pas encore trouvée."

 

 

*

 

Michel Onfray est charmant et inspirant, mais trop plein de confusions : il confond athéisme et antithéisme, religion et spiritualité, anarchisme et libertarisme, égalité et justice, hédonisme et eudémonisme, financiarisme et libéralisme, philosophie et sentimentalité, gauchisme et ouvriérisme, raison et passion, subjectivisme et subjectivité, communautarisme et communalisme ; il se réclame de la "gauche" sans jamais la définir ; il rejette d'un même geste - et avec raison - la gauche dogmatique et égalitariste (la gauche de la gauche, essentiellement marxiste) et la gauche affairiste et étatiste (la droite de la gauche, essentiellement jaurésienne), mais il postule une hypothétique troisième voie de gauche qui serait, selon son vœu, libertaire (essentiellement proudhonienne), comme si le culte de la liberté personnelle et intérieure (le personnalisme) avait quoique ce soit à voir avec la notion de gauche (ni avec celle de droite, d'ailleurs) ; il prévoit l'effondrement du paradigme chrétien (en quoi il a raison si l'on entend par là l'ontologie dualiste et idéaliste platonicienne enrobée d'une morale des esclaves et du ressentiment venue de Paul de Tarse), mais il le nomme "judéo-christianisme" (en quoi il a tort : la tradition juive n'a rien à voir avec le paradigme chrétien qu'elle a clairement rejeté ;  il est vrai que, hors les délétères dogmatismes catholiques et islamiques, Michel Onfray ne connaît, ni ne comprend grand' chose aux traditions et phénomènes spirituels et religieux).

Parce qu'il est dévoré par une exaltation aussi aveuglante que productive, Michel Onfray n'est pas un philosophe, mais un idéologue qui se veut anti-idéologique, un idéologue qui ne s'embarrasse pas de contre-sens, ni d'à-peu-près lexicaux en ce qui concerne le vocabulaire technique de la philosophie. Il est, avant tout, l'idéologue militant d'un athéisme simpliste (il confond le Dieu personnel et le Divin immanent), d'un hédonisme approximatif (il confond le plaisir, le bonheur et la joie), d'un ouvriérisme nostalgique (il n'y a presque plus d'ouvriers depuis longtemps, et il n'y a jamais eu de classe ouvrière), d'un gauchisme misérabiliste (avec exécration exorcisante et bienvenue du confort, de la consommation, de la propriété, du bourgeoisisme, de l'argent, de la bien-pensance, de l'inculture, du divertissement, du cynisme, de l'égoïsme dont les plus féroces partisans sont … les couches populaires) et d'un libertarisme flou (le "peuple" ne demande jamais la liberté, seulement "du pain et des jeux" : la liberté est une exigence élitaire ; de plus, la liberté pour quoi faire ? la liberté au service de quoi ? la liberté qui s'affirme comme fin en soi, n'est que du caprice puéril et stérile …).

Nonobstant tout cela, moi, je l'aime bien Michel Onfray …

Je lui reproche une seule chose : son antienne absurde sur "la misère du peuple", d'aujourd'hui comme d'hier … Indigence intellectuelle ? C'est l'évidente conséquence de la lobotomisation adorée et exigée induite par le triomphe de l'audiovisuel de masse. Indigence spirituelle ? Depuis toujours les masses ne se posent aucune question métaphysique ou existentielle. Misère matérielle ? Allons, cher Michel, va faire la sortie des hypermarchés populaires et regarde le contenu des caddies ! Une misère comme celle-là aurait été une bénédiction pour les pauvres des deux derniers millénaires.

 

*

 

Pour tous les genres d'organisation humaine (politique, économique, noétique), il est deux modalités opposées : celle fondée sur l'autorité, celle fondée sur la subsidiarité.

L'autorité impose ; la subsidiarité pallie.

Notre époque évolue, doucement mais sûrement, de l'autorité (le mode de la dominance et des pouvoirs) vers la subsidiarité (le mode de l'autonomie et des responsabilités).

Le principe de subsidiarité repose sur ceci de simple : personne n'intervient chez quiconque (personne ou communauté) tant que personne ne demande intervention.

 

*

 

De Pierre-Joseph Proudhon, encore :

 

"(…) la révolution de 89, n'ayant rien fondé, ne nous a point affranchis, mais seulement changé de misère (…). Dieu, délivrez-nous du jacobinisme !"

 

*

 

La dictature de la connexion numérique et du big-data s'installe, sournoisement, selon le processus bien connu et sûr de "la servitude volontaire" ! Aucune tactique n'est plus efficace et rentable que de tabler sur la paresse humaine.

Etienne de la Boétie, reviens vite, ils sont devenus fous : riches et pauvres, intelligents et crétins, travailleurs et retraités, tous communient avec ferveur devant la nouvelle idole numérique dont les grands prêtres, souvent californiens, ne cherchent qu'à gagner énormément d'argent pour imposer leur nouvelle idéologie : celle du transhumanisme, de l'homme augmenté, de la vie mécanisée, de la société aseptisée, du tout-sous-contrôle.

George Orwell, Aldous Huxley, de grâce, revenez leur dire ! Des milliards sont devenus des moutons dociles que l'on conduit, de leur plein gré, lobotomisés, béats, aux abattoirs de l'intelligence et de la liberté.

Il faut tuer Google, Apple et FaceBook (et tous leurs clones, toutes leurs métastases), qui ne sont plus que des succursales des CIA, NSA et autre FBI c'est-à-dire à la solde du néo-impérialisme américain. Il faut d'urgence continentaliser la Toile.

 

*

 

Robespierre, Marat, Danton, Saint-Just et quelques autres, furent les plus immondes crapules sanguinaires de l'histoire de France ; la propagande socialiste ne se priva pas, cependant, de les travestir durablement en héroïques icônes sacralisées de la cause de ce "peuple" qu'ils massacrèrent allègrement (Vendée, Nantes et ailleurs). Entre jacobins totalitaires, il faut bien s'entraider …

Il faut d'urgence que les manuels d'histoire de France élimine le mythe absurde de la "révolution française de 1789" et rétablisse la vérité : il y a eu la Terreur et il y eut l'Empire, deux totalitarismes qui mirent l'Europe à feu et à sang et qui coûtèrent la vie à des dizaines de milliers de gens du peuple : une parenthèse immonde et sanglante de 26 ans, un chancre purulent et nauséabond sur le beau visage gaulois.

 

*

* *

 

Le 15/05/2016

 

De Sénèque :

 

"L'espoir est la plus grande entrave à la vie.

En prévoyant demain, aujourd'hui se perd."

 

Carpe diem, mon bon Sénèque … Carpe diem ! Et Augustin d'Hippone d'ajouter :

 

"Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède."

 

*

* *

 

Le 16/05/2016

 

Les ternaires alimentent la mystique de la plupart des traditions spirituelles : la Trinité chrétienne (Père, Fils et Esprit), la Trimurti indienne (Brahma, Shiva, Vishnou), le Triskèle celtique (Lug, Dagda, Ogmé), la Triade chinoise (Tao, Yin et Yang), etc … mais qui fondent aussi la physique complexe (les ressources vitales, les règles organisationnelles et les activités évolutives) et les sociétés humaines (fonction politique visant la qualité des territoires, fonction économique visant la qualité des richesses, et fonction noétique visant la qualité des connaissances).

 

*

* *

 

Le 17/05/2016

 

Le socialisme est au gauchisme, ce qu'est le catholicisme au christianisme.

 

*

 

La gauche entretient fallacieusement, frauduleusement, à plaisir et dans son plus grand intérêt, une confusion sémantique sur bien des notions clés du vocabulaire philosophique, économique ou politique.

 

Ainsi de l'humanisme qui est une doctrine philosophique faisant de l'homme le centre, le but et le sommet du monde, et n'a strictement rien à voir avec le fait de traiter autrui avec respect et bienveillance, avec humanité.

Ainsi du capitalisme qui est une doctrine économique prônant le financement des entreprises privées par des capitaux privés, et n'a strictement rien à voir avec la cupidité éhontée et cynique de la spéculation financière.

Ainsi du libéralisme qui est une doctrine politique voulant réduire l'Etat - et toutes les institutions de pouvoir - à sa plus simple expression, et n'a strictement rien à voir avec le refus de règles éthiques fermes ou avec l'abandon de l'homme à ses instincts les plus bestiaux et sauvages.

Ainsi de l'égalitarisme qui est une doctrine éthique imposant un principe artificiel d'égalité entre des humains fondamentalement différents entre eux, et n'a strictement rien à voir avec la justice qui vise l'équité et la justesse dans le règlement des différends.

Ainsi du solidarisme qui est une doctrine sociale imposant à chacun d'être financièrement solidaire avec tous, et n'a strictement rien à voir avec l'altruisme qui prône une entraide sélective, librement choisie.

Ainsi de l'universalisme qui est une doctrine idéologique rejetant toute forme de différencialisme, de particularisme, de régionalisme ou de communautarisme, et n'a strictement rien à voir avec une authentique tolérance refusant tout ostracisme mais affirmant une identité légitime.

 

Autrement dit, sur ces exemples - et il y en a des centaines d'autres -, une confusion est sournoisement entretenue entre des principes idéologiques particuliers et des vertus sanctifiantes générales. Cette tactique gauchiste est, malheureusement, ancienne et crapuleuse, basée sur l'aphorisme de Talleyrand : "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose".

Depuis toujours - et l'exemple des Robespierre, Danton, Marat ou Saint-Just est éclairant en ce sens (Lire : "La force du sexe faible" de Michel Onfray) -, la gauche a posé, comme principe inaliénable et définitif, qu'elle incarnait le peuple entier et la vertu suprême. S'opposer à elle, c'est donc "évidemment", s'opposer au "peuple" et à la "vertu", donc être, selon la vulgate sartrienne, un "salaud".

Il est dès lors "indiscutable" que tout ce qu'elle fait, notamment les clientélismes et bidouillages électoralistes, les assistanats débiles ou la dilapidation éhontée des finances publiques, ne peut être condamnable puisqu'il en va d'un bien commun et d'une vertu suprême que les "salauds" ne peuvent ni ne veulent comprendre. Vertu outragée, donc …

Les résultats de la présidence de Hollande ne sont-ils pas remarquables et tellement  au-dessus de toute critique possible ?

 

*

 

De Georges Bernanos (1888-1948) :

 

"On dirait que les survivants de ces générations formées par le plaisir, en ne refusant rien, ont appris à se passer de tout."

 

*

 

De James Henry, ex-McKinsey :

 

"Le total des sommes détournées par les dictateurs et les dirigeants économiques des pays pauvres avoisinerait la somme astronomique de 12 000 milliards de dollars. Ce n’est pas moins de 150 nations qui auraient vu leur argent pillé et dissimulé dans des paradis fiscaux. D’où l’extrême pauvreté des peuples quand bien même leur pays bénéficie d’un PIB par habitant supérieur à la moyenne mondiale."

 

*

* *

 

Le 18/05/2016

 

Jean Jaurès, un pur idéologue bavard qui n'a jamais exercé la moindre responsabilité. Théoricien de l'ouvriérisme et d'un marxisme robespierriste, fondateur du torchon "L'Humanité", antisémite sournois, qui plus est 

Bref, un "héros" socialiste. Normal.

 

*

 

La sacralisation est, pour les masses, tout autre chose que le sacré des spirituels et des mystiques.

La sacralisation (des vedettes, de l'enfance, des spectacles, de la politique, du sport, …) chez les masses populaires ne fait qu'exprimer leur besoin d'idoles et d'idolâtrie, un palliatif de leur médiocrité ressentie mais refusée, une aspiration à remplir leur vide intérieur par ce qui brille, par ce qui fait rêver, par ce qui émeut, etc …

 

*

* *

 

Le 19/05/2016

 

On ne choisit pas sa vocation propre, elle nous est donnée comme "raison de vivre". Mais chacun est libre, pour son malheur, de la refuser et de poursuivre une chimère illusoire qui n'est pas réellement lui.

 

*

 

Si tout le monde était concis, franc et direct, imaginez le nombre d'heures gagnées tous les jours pour la vraie vie : la vie intérieure, dans le silence et la solitude.

 

*

* *

 

Le 21/05/2016

 

Ne simus homines

"Ne soyons plus des hommes".

 

C'est un extrait de Job, semble-t-il, dont voici le texte entier selon la Vulgate :

 

"Ad hoc ergo vocat nos Deus, ne simus homines. Sed tunc in melius non erimus homines si prius nos homines esse agnoscamus, id est, ut ad illam celsitudinem ab humilitate surgamus, ne cum putamus nos aliquid esse, cum nihil simus non solum non accipiamus quod non sumus sed et amittamus quod sumus."

 

"Donc Dieu nous appelle à ceci : ne soyons plus des hommes. Mais alors, au mieux, nous ne serons des hommes que si, auparavant, nous ignorions être des hommes, c'est-à-dire, pour que nous atteignions cette grandeur depuis l'humilité, alors que nous nous pensions être autre chose, alors que nous ne sommes rien, non seulement nous n'acceptons pas ce que nous sommes, mais encore nous abandonnons ce que nous sommes".

 

*

 

De Ludwig Wittgenstein :

 

"Les frontières de mon langage sont les frontières de mon monde."

 

*

 

D'après Massimo Cacciari, Nietzsche considère le christianisme (et même les Evangiles) comme une dégénérescence paulinienne, ecclésiale et théologique du message de Jésus qui n'est pas le Christ-sauveur qu'ont fait de lui les Eglises chrétiennes.

Jésus - le crucifié - serait, bien plutôt, l'Antéchrist : un prophète du Surhumain qui, comme Zarathoustra en Perse, aurait raté sa prophétie et serait, pour cela, mort sur la croix romaine. Vae victis

Celui que les christianismes appellent Jésus-Christ ne seraient qu'une invention, inspirée du vrai prophète Jésus, mais dégénéré en porteur d'une morale des esclaves, d'une morale du ressentiment au nom d'un Dieu qui est déjà mort.

A la fin de sa vie consciente, en signant "l'Antéchrist" ou "Le Crucifié", Nietzsche s'identifiait à ces deux figures de prophète du Surhumain que furent Jésus et Zarathoustra. A Peter Gast, Nietzsche écrivait, le 28 août 1883, en latin : "Aut Christus, aut Zarathustra". Soit … soit … L'un ou l'autre. Soit un "sauveur" des masses humaines en quémande d'apitoiement, soit un "mystagogue" des hommes nobles, des "hommes supérieurs" en quête du Surhumain.

Ce n'est pas Jésus et son message, mais la figure du Christ-sauveur que récuse virulemment Nietzsche : il n'y a rien à "sauver" et il ne peut, donc, y avoir de sauveur. C'est la doctrine du Salut que combat Nietzsche (qui nie, radicalement, la nature divine d'un Jésus, homme, totalement humain) ; c'est le Dieu personnel, distant, étranger, d'ailleurs, qui va avec la doctrine du Salut, dont Nietzsche dévoile le cadavre pourrissant. C'est ce Dieu-là qui est mort ! Mais pas le Dieu vivant et immanent, pas le Dionysos qui anime le Réel et cette Nature qui en est la peau.

Le Surhumain est le dépassement de l'homme, pas son salut.

Mais un dépassement non dans l'humilité, mais dans la joie, l'exultation, l'émancipation et la libération ; c'est sur ce point que Nietzsche s'écarte de Jésus, l'Antéchrist.

 

*

 

Le Réel s'habille de Nature !

 

*

 

La théosophie chrétienne parle de trois âges successifs de l'homme : l'âge du Père (les paradigmes à vocation chaldéenne, puis grecque, puis romaine), l'âge du Fils (les paradigmes à vocation monacale, puis féodale, puis moderne) suivi de l'âge de l'Esprit qui commence sous nos yeux et durera aussi trois cycles paradigmatiques, de l'ordre de 550 ans chacun (d'abord à prédominance noétique, puis politique, puis économique ; d'abord organisé en peuples, puis en cités, puis en empires), soit environ 1650 ans en tout.

L'ère qui commence, sous le signe de l'Esprit, sera noétique (plus qu'économique ou politique) et affaires de "peuples" c'est-à-dire de communautés noétiques (et non de cités ou d'empires).

 

*

 

L'heure est à le recherche de nouvelles identités collectives : qui est ce "nous" dont chacun voudrait se réclamer ? Les identités nationales, patriotiques, idéologiques ou religieuses ne veulent plus dire grand' chose, sauf pour quelques poignées de nostalgiques, plus ou moins violents (les tenants de la pureté originelle et du retour aux sources).

Quelles seront ces nouvelles identités qui gouverneront et partitionneront le monde de demain ? Quels seront leurs critères de distinction ? Qu'est-ce qui fera "appartenance" ?

 

A cette question, mon ami Michel Maffesoli me répond :

 

"Comme tu le sais, mon œuvre tourne autour d'une idée simple, c'est que l'épistémè postmoderne remplace progressivement l'épistémè moderne. Et cela donne lieu à toute une série de successions : au principe individualiste (Descartes) succède le Nous  et le lien social est plutôt communautaire que sociétaire (contrat social). Ce nous n'est cependant pas à rapporter au nous collectif du contrat social ou du mouvement de conquête du pouvoir. Car nous sommes plus à l'époque de la puissance (celle qui institue, qui part d'en bas, qui se développe horizontalement) qu'à celle du pouvoir (qui veut changer le monde, d'en haut, selon des critères a priori de bien et de mal).

Dès lors la question des identités collectives se pose autrement. En effet, celles-ci étaient comme tu le dis justement religieuses, politiques, intellectuelles, artistiques, etc  … le contenu autour duquel on se rassemblait avait plus d'importance que le contenant, le rassemblement, le Nous.

Il en est autrement de nos jours : peu importe ce qui rassemble, pourvu que ça agrège, que ça colle. Dès lors je ne parle plus et je m'en suis souvent expliqué, d'identité (modernité), mais d'identification et même d'identifications multiples.  (…) Ce qu'il est important de comprendre c'est que cette époque vit dans l'ici et maintenant et non pas dans la projection sur le futur. On ne veut pas construire un monde meilleur, mais on veut vivre ici et maintenant, en fusion avec les autres. C'est cela le nous et comme je l'ai expliqué dans mes livres épistémologiques, "la forme est formante", ce qui importe c'est cet être avec les autres et non pas le motif de ce rassemblement. Celui ci est de l'ordre de l'étant. "

 

Ce qui me turlupine, c'est précisément ce que tu écris : " ce qui importe c'est cet être avec les autres et non pas le motif de ce rassemblement " ; je comprends cela, je sais bien que l'on est dans le "faire ensemble ici et maintenant", plutôt que dans le "construire ensemble pour plus tard". Ce qui me questionne, c'est la nature du catalyseur (excuse le vocabulaire scientifique du physicien que je suis) qui fait qu'un "être-ensemble", même éphémère, se mette en place et, éventuellement, dure un peu. Un exemple : Nuit-Debout est un mouvement de bobos parisiens, vaguement imité par d'autres citadins qui veulent jouer aux Parisiens, mais son catalyseur est le douloureux réveil de l'extrême-gauche qui se désolidarise radicalement du gouvernement socialiste, qui veut se faire croire qu'elle n'est pas idéologiquement complètement morte et qui rêve de refaire un "mai '68" un demi siècle plus tard.

Je pense qu'il y a toujours un tel catalyseur social et ma question est : quels sont ceux qui fonctionnent bien aujourd'hui ?

 

*

 

Toute libération est une kénôsis, c'est-à-dire une vidange, un nettoyage par le vide, une purge, un lavement … une désintoxication.

 

*

* *

 

Le 22/05/2016

 

D'Eugène Guillevic (poète breton) :

 

Le silence, ma lumière,

Est devenue joie.

 

*

 

Il y a l'art de l'artisan qui vit de travail et de virtuosité, et qui produit de l'utile sublime.

Il y a l'art de l'artiste qui vit de subvention ou de spéculation, et qui produit de l'inutile dérisoire.

 

*

* *

 

Le 23/05/2016

 

Un des points de divergence majeurs entre ce qu'il est encore convenu d'appeler la "droite" et la "gauche", concerne la notion cruciale de propriété. La "gauche" fait sienne, sans l'avoir lue, la thèse de Pierre-Joseph Proudhon disant que : "La propriété, c'est le vol". Pour elle, les propriétaires sont les ennemis, les spoliateurs du peuple, les exploiteurs des travailleurs, etc … et tout doit être fait pour que la loi donne toujours raison au prolétaire contre le propriétaire : c'est cela qu'elle appelle la "justice sociale" et c'est bien le cas, encore aujourd'hui, en matière de droits syndicaux, de jugements prudhommaux, de protection abusive des locataires mauvais payeurs, de surprotection des parasites, des simulateurs et des fainéants, de gabegies liées à tous les assistanats, etc …

Tout le malentendu vient de ce que l'on n'a pas bien lu Proudhon. Une distinction essentielle doit être faite entre la propriété opérative des outils de vie et la propriété spéculative de patrimoines rentables (qui fournissent des rentes, donc). La propriété opérative des outils de vie n'est pas discutable ; elle est essentielle et fonde la sécurité personnelle de base contre la précarité venue de la loi du plus violent.

En revanche, la notion de propriété spéculative doit être discutée, surtout lorsqu'elle est abusive et conduit à des accumulations capitalistiques qui bloquent l'économie réelle (comme c'est le cas aujourd'hui, où le monde entier est mis en coupe réglée par le financiarisme boursier).

 

*

 

Les 80% des revenus de Google ou de FaceBook proviennent de la publicité. Cela signifie qu'une fois installés dans le nouveau paradigme où la publicité ne servira plus à rien (elle sera considérée comme une pollution informationnelle aussi intolérable que la pollution de l'air ou des eaux), ce modèle économique s'effondrera car personne n'est prêt à payer pour les gadgets ridicules de Google ou FaceBook. (déjà aujourd'hui, beaucoup "d'amis" s'enfuient à toutes jambes).

De même, Apple est déjà en train de reculer nettement du fait de sa stratégie entièrement bâtie sur des gadgets ludiques improductifs (musiques, photos, films, vidéos, réseaux sociaux, …) plutôt que sur des outils de production de valeur (ce qui a toujours été plutôt la stratégie de Microsoft que beaucoup considèrent, totalement à tort, comme ringarde).

Tout cela signifie que, dans moins de dix ans, ces dinosaures californiens qui rêvent de transhumanisme et d'humanité augmentée, se retrouveront prosaïquement sur la paille et disparaîtront.

Plus généralement, dès que les effets de modes s'effacent et que les utilisateurs de ces technologies parviennent à un stade de maturité suffisante, le principe d'utilité objective reprend ses droits et les joyeux déguisements vides s'évaporent.

Il en va de même pour tous les processus actuels d'ubérisation (blablacar, airbnb, uber, amazon, ebook, etc …) vont trouver leur juste place dans le paysage économique, les effets de mode, de nouveauté, de snobisme et d'engouement vont d'évanouir, et le soufflé, artificiellement entretenu par la presse et les gogos citadins, va se dégonfler à toute vitesse.

Il ne s'agit pas de prédire la disparition de ces techniques nouvelles ; il s'agit d'affirmer que, bientôt, ces marchés seront à maturité et que ces techniques y auront trouver leur juste place, non pas en concurrence contre les autres techniques, mais en complémentarité d'elles.

Il est donc essentiel de bien voir ces effets de mode afin de ne rien construire de durable sur eux.

Par exemple : les réseaux sociaux sont en train de se rétracter comme peau de chagrin ; il faut donc les considérer comme une vogue temporaire et surtout pas comme un média stratégique pour l'avenir d'une activité économique quelle qu'elle soit.

Nous sommes dans la dialectique du maître et de l'esclave de Hegel. Le maître devient vite esclave de ses esclaves (il ne peut plus s'en passer et il a impérativement besoin d'eux puisque sa vie à lui est construite sur l'esclavage). Donc, progressivement, c'est l'esclave qui devient le maitre de la situation alors que le maître en est l'esclave. C'est ce qui se passe en ce moment où bien des humains deviennent esclaves de leurs esclaves numériques … Mais ces nouveaux maîtres subissent en retour la même dialectique : la technologie devenue maître du monde, a besoin, pour se perpétuer, que ses esclaves humains lui restent parfaitement fidèles, ce qui remet lesdits esclaves en position de force pour imposer, aux technologies, leur façon de concevoir leurs relations à elles.

Et ainsi de suite …

 

*

 

Ce qu'Einstein appelle la "religiosité cosmique", on pourrait aussi bien l'appeler la spiritualité naturaliste ou le monisme spiritualiste.

C'était la religion adogmatique de l'immanence divine qu'il partageait avec Héraclite, les stoïciens grecs, Aristote, (contre Pythagore et Platon), Jean Scot Erigène (contre Augustin d'Hippone et la plupart des pères latins de l'Eglise), Giordano Bruno (contre Galilée), Spinoza (contre Descartes), Schelling, Hegel, Nietzsche (tous trois contre Kant), Bergson (contre tous le 19ème siècle mécaniste et rationaliste), Teilhard de Chardin (contre le Vatican), Wittgenstein, Schrödinger, Whitehead … et moi.

 

*

 

Tout ce qui existe, influence le Tout qui existe et est influencé par le Tout qui existe. En conséquence, tout ce qui existe, est interdépendant de tout ce qui existe. En tout lieu à l'intérieur du Tout, il existe une influence du Tout sur ce lieu : la notion de champ recouvre cette idée d'influence du Tout sur chaque lieu en lui. Tout ce qui existe, possède une sensibilité plus ou moins forte à l'influence que le Tout exerce sur lui en son lieu. Cette sensibilité spécifique mesure la résistance que l'entité considérée oppose au champ ; on l'appelle la charge de l'entité. Selon la nature de l'influence étudiée, une charge spécifique à ce champ devra être prise en compte (pour le champ gravitationnel, la charge est la masse d'inertie m ; pour le champ électrique, la charge est la charge électrique ; etc …).

La variation relative de l'état e de l'entité sera proportionnée à l'influence du champ I local et inversement proportionnée à la charge q de cette entité.

On aura donc quelque chose comme : dte/e=a.I/q (1) où a est une constante de proportionnalité. Symétriquement, si l'on regarde l'influence i de l'entité sur l'état E du reste de l'univers dont la charge est Q (c'est la sensibilité du reste de l'univers à l'influence de l'entité considérée), il vient : dtE/E=b.i/Q (2) où b est une autre constante de proportionnalité, mais pas nécessairement égale à a.

Quel pourrait bien être le rapport réciproque entre l'évolution de l'état de l'entité et celle de l'état du reste de l'univers ? Mais avant cela, il faut d'abord définir la manière de caractériser l'état d'une entité. La mécanique classique identifiait l'état du point matériel aux trois composantes de sa seule vitesse.

 

*

 

De Olivier TORRES, professeur de l’Université de Montpellier :

 

"Il faut passer d’une politique de l’entrepreneuriat à un entrepreneuriat politique, de façon à remettre l’entreprise à la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter : le cœur de l’économie. Le plus grand danger que court la cause entrepreneuriale en France, c’est l’étatisation des esprits y compris au sein du monde patronal."

 

*

 

De mon ami Frédéric Morvan, historien de la Bretagne et empêcheur de délirer en rond :

 

"On estime qu’à peine 20 % des Français au XVIIIe siècle parlaient le français"

 

*

* *

 

Le 24 mai 2016

 

L'infecte morale du ressentiment qui, aujourd'hui, s'appelle "justice sociale", dit ceci : "Ecrasez socialement ceux qui ont ou qui sont ce que je n'ai pas ou ce que je ne suis pas".

 

*

 

De Maurice Maeterlinck :

 

"Dès que nous avons vraiment quelque chose à dire,

nous sommes obligés de nous taire …"

 

*

 

Démocratie en tant que gouvernement par le peuple : démagogisme au suffrage universel.

Démocratie en tant que gouvernement pour le peuple : aristocratisme bienveillant et altruiste.

La confusion entre ces deux types de démocratie (celle de Rousseau et celle d'Athènes, en gros) est le cancer de notre époque.

 

*

 

Xylolalie : le mot savant pour "langue de bois" …

 

*

 

De Raphaël Enthoven :

 

"Le langage est une bureaucratie qui soumet le réel à ses catégories."

 

*

 

De LEAP :

 

"Les mécanismes déflationnistes sont à l’œuvre partout en Occident, exacerbés par les politiques roulantes de QE (ZIRP, NIRP) et non pas amoindris par elles. Le taux de rendement obligataire à 10 ans de l'eurozone (European Financial Stability Facility) plonge en territoire négatif avec un plus bas historique atteint à -0,3%, tout comme le taux à 10 ans de la Suisse (-0,258%, se dirigeant vers le plus bas historique de -0,38 enregistré en décembre dernier), le taux à 5 ans de l'Allemagne (-0,3%), et désormais le taux à 5 ans du Japon (-0,18%). Ces taux négatifs dévorent le capital investi. Sur le front de la dé-dollarisation de l'économie mondiale que nous avons été les premiers à anticiper, deux développements emblématiques sont à signaler ce mois-ci :

-       suite à l'arrêt des sanctions contre l'Iran, ce pays et les groupes pétroliers européens ont convenu de régler l'achat de pétrole en euro ; pour enfoncer le clou les échanges commerciaux entre l'Iran, la Russie et la Chine se feront en devises nationales ;

-       la vente d'actifs en dollar (bons du Trésor...) par les banques centrales continue de plus belle : la Chine a vendu 100 milliards de dollar de sa réserve en janvier et plus de 200 milliards en 2 mois ce qui constitue un nouveau record de vitesse de délestage. Ceci est à mettre en parallèle avec le fait que la Chine continue d'acheter de plus en plus d'or en barres

On le voit, rien ne va plus aux États-Unis. Quand le maître est affaibli, il est attaqué de toutes parts. C'est pourquoi la dé-dollarisation s'amplifie inexorablement.

La finance, qui permettait aux États-Unis de maintenir encore leur joug international, est maintenant fragilisée à l'extrême, au bord du gouffre ..."

 

*

 

Dans RFI :

 

"L’islam soufi veut se mobiliser contre le radicalisme. Des représentants de l’islam soufi sont réunis en Algérie pour créer une Union mondiale soufie afin de lutter contre la violence et le radicalisme. Un projet inédit, mais fragile. « Isoler les charlatans », « résister » et « combattre le radicalisme ». A la tribune, Mahmoud Omar Chaalal, le président de l’union des zaouïas algériennes, appelle au rassemblement des musulmans soufis pour faire entendre la voix de leur islam, 'un islam authentique qui prône la paix' ..."

 

*

* *

 

Le 26/05/2016

 

Les diverses castes de fonctionnaires ne sont qu'un des multiples rouages que compte la machination jacobine. Il est temps de bien voir que la France "une et indivisible" est un pur mythe fantasmagorique né vers 1870 avec le parisianisme, le nationalisme et le patriotisme, cause unique et forte de cette gabegie humaine que fut la guerre 14-18 et de ses funestes conséquences encore actuelles.

Il ne s'agit pas de nier la mémoire, la langue et la culture commune et ancestrale de ces pays que l'on agglutine sous le nom de France, il s'agit de récuser définitivement le phagocytage, au nom d'une hypothétique "république française" artificielle, d'une pluralité culturelle, linguistique et mémorielle qui ne se reconnaît pas dans les machineries étatiques d'une bureaucratie parisianocentrée aussi absurde qu'ignorante des réalités socioéconomiques.

 

*

 

L'apparence …

Les générations montantes (et les bobos qui essaient de les imiter) se mettent en scène : tatouages, piercings, colorations et coupes des cheveux, vêtements kitch ou en lambeaux, caleçons apparents, etc … Très bien. Il s'agit de leur apparence corporelle. Ce qui est intéressant - surtout chez les filles, mais aussi, avec moins d'intelligence, comme il se doit, chez les garçons -, c'est que ce sont les moches - qui n'ont donc rien à perdre - qui se dénaturent le plus fort (elles veulent attirer le regard et, maintenant, c'est "permis"). Lorsque l'on sait que, de toutes les façons, naturellement, on n'attirera pas le regard : il ne reste que l'artifice … et, vu les statistiques de mochetés (intérieures et extérieures, spirituelles et charnelles) et d'obèses (dont l'obésité, souvent, reflète un mal-être), les vendeurs d'artifices d'attraction de regards ont de quoi prospérer. Les menteurs de la relativisation de l'esthétique et du charme et de l'attirance sexuelle ont aussi un bel avenir démagogique (le charme des grandes tailles ?) : une obèse, même avec un très joli visage et tout le reste, n'est jamais qu'une grosse pouffe grasse qu'on peut baiser, mais pas marier (et réciproquement pour les filles … mais là, personne n'essaie de vendre le concept de la "beauté exceptionnelle du gros mec"). Ce qui est rassurant, c'est que les jolies filles ne jouent que rarement ce jeu de la défiguration de soi. Quand on est belle, on tient à le rester, malgré les modes, malgré les cons … Restez-le mesdames ! Laissons les défigurations aux mochetés, c'est leur thérapie.

Quelqu'un de moche, qui s'amoche encore plus avec des artifices, se donne un alibi : il croit s'être libéré de la tyrannie du charme et du "plaire" aux autres : il "veut" déplaire … c'est donc pour cela qu'il déplait.

L'apparence a toujours été l'antidote de la faiblesse intérieure.

 

*

* *

 

Le 27/05/2016

 

L'utile et le futile …

On peux définir l'utile et la valeur d'utilité d'un point de vue universel et concret (la valeur d'usage, ce qui engendre de la valeur par soi, etc ... cfr. l'éthique et l'esthétique zen au Japon). Quant au futile, il n'est définissable que subjectivement, individuellement, relativement.

Le problème n'est plus là. Le problème est que toutes les ressources naturelles sont pénuriques et que plus personne n'a le droit de les gaspiller à faire des choses futiles. D'où mon principe de frugalité, de simplicité, de minimalisme : on DOIT se passer de tout ce dont on PEUT se passer.

 

*

* *

 

 

Le 28/05/2016

 

L'argent, en lui-même, n'a ni valeur, ni même dimension morale ; il est éthiquement neutre ; c'est ce qu'on en fait qui a une portée éthique. Il en va de même pour tous les outils, pour toutes les techniques, pour tous les savoirs. Il est plus facile - et plus lâche - de faire le procès de l'argent - et, donc, du capitalisme - que de faire le procès de la nature humaine (cupidité, immoralité, cruauté, absence de scrupule, …).

 

*

* *

 

Le 29/05/2016

 

De Pascal Bruckner :

 

"Quand Le Monde et Libération essayent de dresser une liste des 'intellectuels de gauche', ils n'en trouvent pas ou très peu. Les colonnes vides remplacent celles qui, dans les années 1970, débordaient de noms puisque les deux termes étaient synonymes. On rameute des profs obscurs, des théoriciens de seconde zone dont le seul mode de penser est l'anathème (…) Cette gauche qui est en train de perdre le magistère de la pensée n'a d'autres ressources que de qualifier les déviants de 'réactionnaires'. Mais est réactionnaire à ses yeux celui qui prend en compte la complexité des choses et se refuse à réduire le réel à une seule idée, un seul slogan. Cette injure doit devenir un titre de fierté. (…) La gauche, aux abois, devrait saisir l'occasion historique de se réformer. Mais elle reste incapable de se détacher du surmoi de l'ultragauche (qui influence aussi une partie de la droite) et continue de lui obéir. C'est à elle qu'elle continue à rendre des comptes. Quiconque agit, légifère doit se mesurer à cette toise idéologique qui a remplacé l'Église et les autorités morales. Tant que la social-démocratie restera hantée par ce bolchevisme mou, elle sera incapable de se transformer. Le gauchisme est devenu la maladie sénile du socialisme."

 

*

* *

 

Le 30/05/2016

 

De Jean Guicheteau (commentaires à un article sur les grévistes) :

 

"La France aux ordre d'un cadavre" disait Maurice Druon, dans un ouvrage prémonitoire.

On ne mesure pas à quel point, nos idées, nos conceptions, nos valeurs, même apparemment les plus innocentes et les mieux intentionnées, sont "polluées" par l'idéologie communiste, qui, à défaut de régner dans les urnes, règne dans les barrages ... et dans les têtes, malgré son effondrement politique.

Nous n'admettons l'économie de marché, que de façon théorique mais pas de façon pratique, car nous ne voulons pas, par caprice idéologique, en assumer les conséquences.

 

*

* *

 

 

 

 

  ---

Le TOME 13 "DE L'ETRE AU DEVENIR" EST EN LIGNE