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Progressisme et traditionnalisme

Sortir de la religion moderniste !

Le progressisme est la religion du progrès, cette perpétuelle fuite en avant vers un futur imaginaire (appelé "idéal") que l'on croit ou que l'on veut croire meilleur que le présent.

Le "progressisme" est ennemi de l'intemporel et du mémoriel ; il se veut amnésique ; il ne se complaît que dans l'effervescence, l'éphémère et le volatil. Il nie l'homme vrai qui existe depuis toujours au seul profit d'un "homme idéal" qui n'existera jamais, qui n'est que fantasmagorique et imaginaire, conforme à ce quelques uns voudraient qu'il soit.

Le progressisme nie la nature humaine dans ce qu'elle a d'intangible et d'intemporel. Il nie autant les différences naturelles et culturelles et les genres biologiques, que les contraintes et limites réelles du monde réel.

Le progrès en-soi n'existe pas. Le progrès est toujours progrès de quelqu'un ou progrès pour quelqu'un, par rapport à quelqu'un d'autre ou par rapport à quelque chose. Le progrès est toujours relatif et circonstanciel ; il n'est jamais ni absolu, ni universel.

Le traditionalisme, lui, s'ancre dans l'intemporel, au-dessus de la volatilité et de la futilité de l'éphémère, de l'effervescent, de l'actuel, de l'immédiat, de l'instantané, au-dessus des modes et des spectacles, des opinions et des factions.

L'intemporel est ce qui est au cœur de la nature des êtres et des choses, au cœur de la Nature même, c'est-à-dire du cosmos, de l'ordre cosmique et du Logos divin.

En ce sens, le traditionalisme est un antihumanisme puisqu'il refuse de mettre l'homme au centre de ses préoccupations et qu'il sait que le sens et la valeur de l'homme ne sont pas en l'homme, mais dans le service de ce qui dépasse l'homme.

Si être réactionnaire, comme le désigne la mode verbale du moment, c'est être traditionaliste c'est-à-dire s'opposer à l'illusoire religion du progrès, alors s'afficher réactionnaire est un acte de salubrité publique.

Car il est temps de faire le procès du soi-disant progrès apporté par la modernité.

Progrès en quoi ? Progrès pour qui ?

La tyrannie de la démagogie et de la médiocrité est-elle un progrès ?

La tyrannie de l'espérance de vie contre la qualité de vie est-elle un progrès ?

La tyrannie du productivisme et de l'hyper-consumérisme est-elle un progrès ?

La tyrannie du matérialisme et du carriérisme est-elle un progrès ?

La tyrannie du financiarisme et de l'industrialisme est-elle un progrès ?

La tyrannie du nihilisme contre la spiritualité est-il un progrès ?

La tyrannie de l'instantanéité et de l'effervescence est-elle un progrès ?

La tyrannie de l'opinion et des sondages est-elle un progrès ?

Arrêtons là la litanie …


Marc Halévy, 3 mars 2016.